Bonsoir !

Dans la série "Les histoires pas prévues qui ont été inspirées parce que je passe trop de temps à écouter de la musique", laissez-moi vous présenter Drive Away From The Past !

Elle a été inspirée par "SQY" d'Hoshi, très exactement par la phrase "Ça fait un bail que j'l'ai pas dit, mais SQY, tu fais partie de ma vie. Pour avancer, j'ai dû partir, je t'ai laissé tous mes souvenirs".

Cette histoire est totalement centrée sur Izuna. Est-ce que je suis en train de me faire la main sur un perso random avec peu de caractérisation pour préparer le NaNo ? Peut-être, oui. En tout cas, j'espère que ça vous plaira !

Attention, cette histoire spoile l'épisode V de Star Wars. Si vous ne savez pas qui est le père de Luke, à la fin, vous saurez.
(Ce message vous est offert par LapinDépice, mon beta préféré.)


Drive Away From The Past – Partie 1

« … de suite le bulletin météo de ce 17 décembre. La journée commence avec des températures négatives, au-dessus des normales saisonnières, il fait actuellement -2°C à Iwa. Les températures maximales attendues atteindront péniblement les 3°C en fin d'après-midi. Le temps sera gris et de la neige sera attendue dans la soirée. »

Avec un grognement, Izuna roula dans son lit pour écraser sa main sur son réveil et l'éteindre, tâtonnant avec difficulté pour trouver l'interrupteur de sa lampe de chevet. Au passage, il fit tomber son téléphone au sol, ses lunettes suivirent le même chemin, puis le livre qu'il lisait et il jura mollement, sa main chutant contre le bord du lit.

Sa joue resta enfoncée dans son oreiller encore quelques instants avant la seconde tentative et il mit ces quelques minutes à profit pour lever les yeux vers la fenêtre de sa chambre. Il n'avait pas fermé les volets, la veille, et le lampadaire diffusait une lumière douce qui commençait à vaciller avec le lever du soleil.

Soupirant avec force et bruit, il murmura « Bouge-toi, personne le fera à ta place » et il se força à lever la main pour enclencher l'interrupteur et se sortir du brouillard du sommeil. Quand il dégagea les couvertures, il réprima un frisson comme il le put, grimaçant sous la morsure du froid qui s'installait dans son appartement.

Depuis sept ans qu'il y vivait, il s'était habitué à la mauvaise isolation et aux températures glaciales en hiver. Il enfila un pull en laine par-dessus son pyjama, dégageant ses longs cheveux du col et passant une main dans les mèches folles bien plus courtes que celles au niveau de sa nuque.

C'était le compromis qu'il avait trouvé avec son manager quand il avait commencé son travail. Pour maintenir le prestige de l'hôtel, la direction avait demandé qu'il coupe ses cheveux, mais il n'avait pas voulu. Et comme son supérieur direct était quelqu'un d'incroyablement compréhensif, il avait pu conserver quelques mèches longues, qu'il cachait sous son uniforme.

Le carrelage était glacé sous ses pieds, quand il traversa l'appartement pour atteindre la cuisine et préparer son petit-déjeuner. Frissonnant toujours, il changea d'avis, décidant de modifier l'ordre habituel de sa routine du matin, commençant plutôt par se laver.

Il se débarrassa rapidement de ses vêtements sur le carrelage bleu foncé de la salle de bains et se hissa sans attendre dans la douche. Il baissa la tête pour laisser l'eau chaude dévaler son corps, s'écrasant sur sa nuque et ses rétines glissèrent sur sa peau.

Ses yeux finirent par accrocher les bords de son tatouage, qui commençait au niveau de son aine et se terminait sur ses côtes gauches. Depuis le temps, il s'était habitué à ces lignes noires qui faisaient à présent partie de son corps. Pour autant, il ne parvenait pas à les contempler avec l'indifférence qui lui avait été promise.

Bien entendu, ce n'était plus le dégoût qu'il éprouvait avant de posséder ce tatouage. Il ressentait une certaine fierté à l'idée de le porter et de devoir le garder toute sa vie. La grande majorité de ses partenaires l'avaient caressé du bout des doigts, comme subjuguées par les lignes qui présentaient un léger relief. Quand elles demandaient ce qu'il signifiait, la plupart du temps, il inventait une histoire, un joli mensonge, pour ne pas avoir à révéler certaines parties de son passé qui étaient bien mieux dans l'ombre de sa mémoire.

Le tatouage cachait une cicatrice.

Le rappel de la plaie béante et la douleur fantôme qui le saisissait parfois le forcèrent à secouer la tête, passant ses mains sur son visage pour se dégager de ses souvenirs.

Les gestes mécaniques qu'il effectua sans même y penser lui permirent de se réchauffer et de recentrer ses réflexions.

La journée serait chargée. Il rentrait à peine de congés et d'après les informations qu'Onoki lui avait communiquées, les clients étaient plus agités que d'ordinaire.

Rapidement, il se sécha et s'habilla. Sans le badge frappé de son prénom, Izuna aurait presque pu passer pour un de ces cadres qui travaillaient à la City d'Iwa. Son uniforme était taillé sur mesure dans des tissus de qualité, lavé directement dans le pressing de l'hôtel. Le beige tranchait nettement avec son manteau trois quarts, mais avec son écharpe, ses gants et sa sacoche, il ressemblait réellement à un de ces courtiers qui jouaient avec des millions chaque jour.

Régulièrement, il les voyait passer, au bar du Jinton Inn. Ces gars-là respiraient le fric et la suffisance, méprisaient Suzumebachi qui s'occupait de l'accueil, la réduisant à son physique avantageux alors qu'elle était tellement plus que ça.

Ils ne venaient là que pour séduire les filles des hommes puissants qui séjournaient à l'hôtel. Ou pour étaler leur argent au visage des autres.

Izuna les détestait tous.

Et la période des fêtes incitait ces hommes à venir faire l'étalage de leurs richesses, ce qui annonçait une reprise difficile pour lui, après deux semaines de vacances bien méritées.

Comme chaque année, il s'était dévoué pour prendre la permanence de Noël, afin de laisser à ses collègues la possibilité de retrouver leurs familles pour les fêtes. Lui-même les passait seul, alors il préférait encore être au travail.

Il claqua la porte de son appartement après avoir vérifié qu'il avait bien ses clés et son téléphone, puis, après avoir salué chaleureusement la mamie qui vivait à côté (elle lui répondit par un sourire doux et enchanté. Izuna avait appris par son propriétaire que la vieille dame avait un énorme faible pour lui, elle le trouvait mignon et discret), il enfila son casque pour pouvoir brancher de la musique sur son téléphone, avant de se jeter dans le froid.

Quand il franchit les portes de l'hôtel, saluant Tatsuma qui avait le service de nuit, ses joues étaient rougies par le froid, il trembla devant le contraste saisissant, tant au niveau de la température que de la luminosité.

Il se dirigea directement vers le comptoir de la réception, où il fut accueilli par l'immense sourire de Suzumebachi, un de ceux qu'elle réservait aux personnes qu'elle aimait bien. Il contourna le comptoir pour venir se placer derrière elle, déposant un baiser sur sa joue.

— Tu m'as manqué, lança-t-elle de sa voix grave et profonde. Les traders ont été pénibles en ton absence.

Elle roula les yeux et il pouffa, se pencha pour saisir la clé de son vestiaire.

— Ces types sont de la saloperie, affirma-t-il à voix basse en espérant que le maître d'hôtel ne l'entendrait pas. Tu es beaucoup trop bien pour eux.

— Tu voudrais pas sortir avec moi ? demanda-t-elle, amusée. Tu es le mec le plus décent que j'aie jamais connu.

Il jappa, faisant tinter ses clés.

— Change de fréquentations. Je devrais être le pire de tous, pas le meilleur. Tu sais bien que je suis un salaud.

Elle eut une moue peu convaincue et il lui adressa un sourire avant de disparaître dans les vestiaires, rejoignant son casier d'une allure un peu pressée. La porte métallique couina quand il l'ouvrit, révélant ce qu'il laissait en permanence au travail : son émetteur radio et son oreillette, bien sûr, un paquet de cigarettes d'urgence, une paire de lacets de rechange, les gants blancs de son uniforme et un vieux briquet Zippo.

Il retira son manteau et son écharpe, les glissant sur un cintre, laissa le paquet de cigarettes et le Zippo mais embarqua le reste, prenant le soin d'épingler son badge sur sa veste.

Refermant le casier, il retourna vers l'accueil, où il eut la surprise de tomber nez à nez avec le Sénateur Kamizuru. Izuna s'inclina le plus possible en le saluant et l'homme le contemplant avec affection.

— Oh bonjour, Izuna, vous êtes enfin rentré de vacances !

— Bonjour, Monsieur le Sénateur, je viens de revenir à l'instant. Votre séjour est-il agréable ?

— Très bien, très bien. Venez plus près, approchez-vous, que je vous présente à mon ami. Un ambassadeur du Pays du Feu.

Izuna inspira un peu plus fortement avant de s'approcher du sénateur pour observer l'homme qu'il souhaitait lui présenter. Il était grand, possédait de longs cheveux blancs et une barbe taillée en pointe. Sous son visage ridé, Izuna pouvait lire une détermination farouche et un goût pour les joutes verbales rondement mené. Il s'inclina bas en se souvenant de la position de l'homme – un ambassadeur, tout de même – puis il laissa le Sénateur Kamizuru se tourner vers son ami.

— Ashina, laisse-moi te présenter Izuna Uchiha. Le meilleur voiturier de cet hôtel. Un véritable pilier de cet établissement, efficace et poli, d'une discrétion incroyable – si tu vois ce que je veux dire – et extrêmement dévoué à sa profession. Il rend les voitures qu'il conduit encore plus propres et plus fonctionnelles qu'il ne les a reçues ! Il est heureux qu'il soit toujours là et qu'il ne soit pas près de partir !

Se tournant ensuite dans l'autre direction, le Sénateur enchaîna sans se soucier du frémissement qui passa sur le visage d'Izuna.

— Izuna, voici Ashina Uzumaki, ambassadeur pour le Pays du Feu. Il est venu dans le cadre des négociations commerciales en cours.

Izuna ravala le sentiment négatif qu'avait provoqué la tirade du Sénateur à propos de lui. Il savait que ça ne partait pas d'une mauvaise intention : le politicien s'était attaché à lui depuis qu'il avait réparé un léger problème sur sa voiture.

Ishikawa Kamizuru était un habitué du Jinton Inn. Quand il venait, il restait généralement plusieurs semaines d'affilée, présent pour des délibérations longues au Parlement. Durant ses séjours dans la capitale, il résidait dans la suite présidentielle et il n'était pas rare qu'Izuna se retrouve au volant de son cabriolet. C'était une voiture de la marque Amaterasu, spécialisée dans les engins motorisés de luxe. Avec son salaire actuel, Izuna avait calculé qu'il lui faudrait trois vies pour s'en payer une, à condition de n'avoir aucune dépense annexe.

Malgré la somme colossale que cette voiture coûtait, le sénateur l'avait averti, bien embêté, qu'elle avait un problème : quand il la stationnait, il se retrouvait immanquablement avec une flaque qui dégoulinait vers l'arrière. Lorsque Izuna avait constaté qu'il ne s'agissait que d'une fuite du lave-glace, qu'il suffisait de chercher l'origine de cette perte, il l'avait fait et avait vite découvert que le tuyau qui guidait le liquide vers les essuie-glaces s'était simplement déconnecté. Une opération rapide qui avait permis de l'occuper au moins une heure.

Et depuis, le Sénateur était son plus grand fan.

— Celles visant à renouveler les accords commerciaux régissant les échanges de produits à base de pétrole transformé ?

Il avait entendu les informations, en venant. La fréquence qu'il écoutait le plus quand il travaillait était la chaîne économique, pour pouvoir se tenir informé de ce qu'il se passait et tenter de deviner les afflux de la clientèle. Ça ne marchait pas toujours, mais la plupart du temps, il parvenait à avoir une bonne estimation.

Les deux hommes hochèrent la tête et Ashina Uzumaki le considéra d'un œil nouveau.

— Uchiha, dites-vous ? Un lien avec Madara Uchiha, l'avocat fiscaliste de Konoha ?

— Absolument aucun.

Peut-être qu'Izuna avait été trop rapide pour répondre, peut-être que sa voix était devenue incontrôlable, tremblant sur la dernière syllabe, trop aigüe.

Cependant, aucun des politiciens ne sembla le noter, se contentant de hocher la tête alors qu'il souriait, s'inclinant de nouveau.

— Si vous voulez bien m'excuser, messieurs, je dois relever Tatsuma. Je vous souhaite un agréable séjour à Iwa et dans notre hôtel et je reste à votre disposition à tout moment de mon service. Vous pouvez me joindre en composant le 89, c'est le service voiturerie, ils vous mettront en rapport direct avec moi.

Il s'inclinant encore et se détourna le cœur battant et le souffle court.

Il ne s'était pas attendu à entendre parler de Madara.

C'est vrai qu'il a passé le barreau, se souvint Izuna, et qu'il a réussi haut la main. Ils ont ouvert leur cabinet, avec Hashirama, pas très loin du studio de Tobirama. Ils l'ont mis sur Instagram.

Ses doigts le démangèrent, mais il résista à l'envie de récupérer son téléphone au fond de sa poche pour aller regarder Instagram.

Izuna n'avait pas vu son frère depuis sept ans. Nier leur lien de parenté était peut-être ce qu'il y avait de plus facile : Madara ne voulait probablement plus rien avoir à faire avec lui, de toute façon. C'était pour ça qu'il était parti en premier lieu. Un grand avocat comme Madara ne pouvait pas avoir un assassin pour petit frère. Ce n'était pas possible.

Il traîna un cafard épouvantable toute la journée.


L'antenne de la télévision eut des ratés, comme souvent en hiver. La neige promise par la météo le matin même avait fini par arriver, mais Izuna n'avait pas eu la force de s'extirper de son canapé pour aller contempler la rue qui se couvrait de blanc.

Il savait très bien que dès le lendemain, les trottoirs seraient dégagés, les routes salées et le tramway de nouveau praticable. Bien loin du chaos qui régnait à Konoha à chaque fois que la neige prenait les habitants par surprise, comme si c'était réellement étonnant qu'il neige en hiver.

Un sourire amer ourla ses lèvres alors qu'il portait ses yeux sur l'écran lui aussi couvert de neige numérique. Avec un soupir, il replaça le plaid sur ses genoux et, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il décida qu'il était de toute façon en train de se faire du mal en regardant une nouvelle fois l'épisode V de Star Wars.

C'était une rediffusion courante à l'approche de Noël et il ne les ratait jamais. La mention de Madara qui avait jailli plus tôt dans la journée l'avait poussé à se torturer, à revoir encore ces films que son frère aimait tant.

Madara lui manquait. Il était évident que son aîné était mieux sans lui, mais Izuna ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui, à combien il était fier de lui, de l'homme qu'il semblait devenir.

Izuna suivait son frère sur les réseaux sociaux. Madara était assez peu présent sur Twitter, le manque de place devait sans doute le frustrer, mais il était très actif sur Instagram. Et c'était le plus grand des bonheurs d'Izuna, et sa plus grande torture, de contempler le visage de son frère quand il postait des photos.

Dissimulé dans l'anonymat d'un pseudo mal pensé, Izuna l'avait vu partir à la fac, en voyage et en vacances. Il avait vu le duo composé de Madara et Hashirama s'enrichir de Tobirama, puis le perdre au profit de Mito, puis le trio était devenu quatuor alors que Tobirama revenait. Il avait assisté en différé aux remises de diplôme, aux soirées déguisées et aux avant-premières.

Chacun de ces événements lui avait brisé le cœur, lui rappelant que lui n'était pas là-bas, qu'il en avait fait le choix et qu'il avait de très bonnes raisons de ne plus vouloir être à Konoha.

Il fronça les sourcils, portant sa main à son flanc, massant la cicatrice par-dessus les vêtements et le plaid en polaire et ses doigts dévièrent tout naturellement vers son téléphone qu'il déverrouilla pour ouvrir Instagram.

La première image qui se présenta était une photo avant-après d'un tatouage encore rougi, des fleurs de cerisier qui décoraient la peau ridée d'un sein tombant. La photo avant, laissait voir que la femme n'avait plus de téton, une large cicatrice assez hideuse déformant le galbe de son sein. À présent, le tatouage dissimulait tout à la fois la cicatrice et l'ablation du téton, et cette femme, autrefois survivante d'un cancer était maintenant une quinquagénaire rayonnante, mais fatiguée qui souriait à l'objectif.

Izuna suivait beaucoup trop de comptes de ce genre, ça le faisait se sentir mieux. À chaque fois qu'il croisait le visage rayonnant d'un autre balafré restauré dans son amour-propre grâce à un peu d'encre, beaucoup de talent et encore plus d'abnégation, il avait envie de sourire aussi, de prendre une photo de son propre tatouage qui cachait à la fois son hideuse cicatrice et sa culpabilité.

Mais il renonçait systématiquement. Le dessin sur sa peau était trop reconnaissable, le design avait été fait uniquement pour lui, un renard à neuf queues majestueux et magnifique, responsable de son pseudo, StupidFox.

La photo suivante présentait la carte du jour de son bar préféré, où il sortait de temps à autre avec Onoki quand ce dernier n'était pas complètement pris par ses études et examens. Ou après les examens, pour écouter le futur ingénieur pleurnicher sur ses échecs supposés.

Il déglutit à la troisième image, sachant déjà qu'il allait croiser le regard de son frère rien qu'avec le haut de l'image et des cheveux fous de Madara. Il écarta l'idée que les siens étaient pareils quand il les avait longs, qu'il avait été fier, dans son adolescence, de ressembler à son frère préféré.

Sur la photo, les yeux noirs de Madara étaient illuminés de joie, alors qu'il posait à côté d'une figurine d'Ahsoka Tano.


Red_Leader_Mads Elle est enfin arrivée ! Après des mois d'attente, elle va pouvoir rejoindre la place idéale que je lui ai faite sur mon étagère, entre mon édition collector de la saga complète et les Blu-ray de The Mandalorian. #StarWars

Sad_Ink_Tobi Red_Leader_Mads et tu as dépensé un quart de mes dépenses semestrielles pour ça…

Red_Leader_Mads Sad_Ink_Tobi Alors de un, sache que je t'emmerde, je fais ce que je veux de mon argent. De deux, « ça », c'est Ahsoka Tano, le meilleur personnage de TOUTE LA SAGA (vous fatiguez pas à essayer de me faire changer d'avis, les autres, elle casse des culs avec style et c'est tout).

Ink_Master_Mito Ah je sais pas, Red_Leader_Mads, parce que Mara Jade, quand même…

Red_Leader_Mads Ink_Master_Mito Ne m'adresse même plus la parole. Tu es désinvitée de toutes mes soirées. Toi aussi, Sad_Ink_Tobi.

Sad_Ink_Tobi Je n'étais déjà pas invité, mais je venais quand même. Rien ne change, donc. Je passerai à la fin de la soirée spéciale.


Izuna sentit un léger rire – teinté d'amertume et d'un soupçon de « je devrais être avec eux » – remonter le long de sa gorge, qu'il laissa s'épanouir dans le crépitement de la télévision. Il imaginait très bien Madara sortir de ses gonds et prononcer cette phrase, il entendait presque la voix de Tobirama répondre de ce ton indifférent qu'il employait toujours, principalement parce qu'il savait que les Uchiha peinaient à distinguer ses plaisanteries de son sérieux quand il en usait et que ça l'amusait, ce bâtard sadique, de les voir se débattre pour démêler le vrai de la blague.

C'était presque comme s'il n'était jamais parti. Il reverrouilla son téléphone et sa main retomba. C'était presque comme s'il ne manquait à personne. Comme si son absence n'avait rien changé.

Secouant la tête, il balança son téléphone plus loin sur le canapé et ramena un peu plus le plaid sur lui, tentant de se ressaisir. Il ne pouvait pas leur reprocher d'avoir continué à vivre après son départ, c'était ridicule. En plus, il savait très bien que Madara avait été malheureux à crever, qu'il avait mis des années à se rétablir du choc de la disparition de son cadet et que seules ses études lui avaient permis de tenir.

Son frère s'était jeté à corps perdu dans le travail pour parvenir à oublier.

Alors bien sûr, Madara n'avait jamais eu à forcer beaucoup pour être doué dans tout ce qu'il touchait. Si ça n'avait pas rempli Izuna d'autant de fierté, il en aurait été vert de jalousie. Pourtant, quand il était enfant, il bombait le torse à chaque fois qu'il entendait quelqu'un complimenter Madara, comme si c'était lui qui recevait les louanges.

Longtemps inégalé, son frère avait été le petit prodige à suivre pendant des années. Il avait fallu attendre Hashirama dont le potentiel équivalait celui de Madara pour qu'il trouve le défi dont il avait besoin.

Ces deux-là, ça avait été une rencontre et, un moment, Izuna avait craint qu'Hashirama n'usurpe sa position auprès de Madara, mais il s'était empressé de le rassurer : il y avait bien assez de place dans le cœur de Madara pour porter à la fois Izuna comme frère préféré et Hashirama comme meilleur ami, les deux personnes qu'il voudrait pour toujours près de lui.

Le jeune frère de Madara avait mis du temps, mais il avait fini par comprendre et par accepter l'idée qu'il était possible d'avoir plusieurs personnes spéciales. Puis il y avait eu Hikaku, son cousin qui avait emménagé chez eux après ses parents furent partis à l'étranger et qui était rapidement devenu le meilleur complice d'Izuna pour toutes les bêtises du monde.

Derrière eux, il y avait toujours Tobirama qui soupirait, expliquait à quel point ce qu'ils s'apprêtaient à faire était une connerie, mais qui était là pour leur sauver la mise malgré tout : il aimait beaucoup trop siffler son « je vous avais prévenus » quand les choses tournaient mal.

Coincé dans ses souvenirs, Izuna passa le reste de la soirée à ruminer, ne remarquant qu'à peine quand la télévision recommença à fonctionner, alors qu'Anakin Skywalker sous le masque de Dark Vador révélait à Luke qu'il était son père.


J'espère que cette partie 1 vous a plu !