Partie 2 – 20 décembre

La première pensée qui le traversa quand il se réveilla en sursaut, trempé de sueur, fut que Madara était mort et que c'était sa faute, comme pour Hikaku, qu'il fallait qu'il prévienne les secours immédiatement, mais qu'il ne pouvait pas bouger.

Quand il réalisa qu'il était dans sa chambre à Iwa, sa respiration tremblante se brisa sur un sanglot. Il remonta ses genoux contre sa poitrine, entraînant ses couvertures avec lui, se courbant pour serrer contre lui ses jambes et tenter de faire refluer la panique qui l'envahissait parce que

Ce n'était pas un cauchemar. J'ai tué Madara, j'ai tué Madara.

Le sentiment poisseux s'accrocha à lui alors qu'il se forçait à se souvenir qu'il était seul, que personne ne franchirait la porte pour le rassurer, pour lui dire qu'il n'avait pas tué son frère, qu'il fallait qu'il bouge, qu'il respire, qu'il arrête de paniquer, que ce n'était qu'un cauchemar.

Mais la partie encore rationnelle de son esprit n'était plus vraiment aux commandes. Son cœur palpitait si fort, ses mains tremblaient et sa respiration sifflait, se bloquait, le faisant hoqueter pour tenter d'aspirer la plus petite goulée d'air. Le moindre mouvement paraissait lui coûter si cher qu'il ne parvenait pas à en esquisser un seul.

— Calme-toi, supplia-t-il en soufflant fébrilement sans savoir s'il s'adressait à lui-même ou à son cœur qui battait une cadence erratique. Calme-toi. Tu es à la maison. Tu dormais. Madara va bien. Il va bien. Il est avec Hashirama. Hashirama ne le laissera pas mourir. Jamais. Calme-toi.

Il repoussa les arrière-pensées qui lui rappelaient que lui avait laissé mourir son meilleur ami, qu'il l'avait tué, se forçant à se concentrer sur les mots qu'il répéta en litanie, laissant le son de sa propre voix l'apaiser, contrôlant son souffle du mieux qu'il pouvait.

Madara va bien, Madara va bien. Il est à la maison, il va bien.

Quand les tremblements finirent par se calmer, que les bouffées de chaleur et les sueurs froides s'apaisèrent enfin, il tendit la main vers son téléphone, le déverrouillant rapidement pour accéder à Instagram. Il rechercha directement le pseudo de son frère, pour aller regarder son compte.

La dernière image qu'il avait postée remontait à quatre heures avant, le montrant avec Mito et Hashirama, arborant tous trois des vestes avec l'écusson de l'Alliance de Star Wars.


Red_Leader_Mads Ce soir, c'est #StarWarsEpisode8 avec Ink_Master_Mito et God_Of_Avocados ! On va passer un bon moment !

God_Of_Avocados Pourquoi tu cites Mito en premier ?

Red_Leader_Mads Parce que c'est elle ma préférée, bien entendu.

Ink_Master_Mito Awww, moi aussi, je t'aime, Mads !

God_Of_Avocados Trahison ! Disgrâce ! Sad_Ink_Tobi aide-moi, ils me maltraitent !

Sad_Ink_Tobi Je t'avais prévenu, mon frère, que c'était une mauvaise idée de les faire se rencontrer. Tu es celui qui est responsable de cette association de malfaiteurs. Débrouille-toi avec. Et laisse-moi en dehors de ça.


— Tu vois, il va bien. Il a regardé Les Derniers Jedi puis il a dû assommer Hashirama et Mito avec des théories fumeuses sorties droit du fanlore. Et quand personne ne l'aura écouté, il aura relancé The Old Republic et aura décidé de jouer avec Tobirama. Ils sont tous les deux des Jedi, parce que Madara ne veut pas être Dark Machin-chose parce qu'« être dark ne fait pas de toi mieux qu'un emo nul et qu'il sera jamais du côté d'un paquet d'emos nuls ». Respire. Tu n'as pas tué Madara. C'était seulement un cauchemar. Tu n'as pas tué Madara.

« Tu n'as tué personne » refusa de franchir ses lèvres et il finit par se laisser retomber dans son oreiller, un peu aveuglé par la lumière de son téléphone. Pour plus d'assurance, il regarda davantage de photos, se renfonçant dans les couvertures.

Il finit par se rendormir, son téléphone dans la main.


20 décembre. Malgré la neige et la nuit tombée, la foule s'amassait toujours dans les rues décorées de lumières chatoyantes, se pressant contre les vitrines et dans les boutiques pour faire quelques achats de dernière minute.

Avant de sortir de chez lui, Izuna avait déplié son arbre de Noël en plastique, qu'il avait posé à côté de la télé, l'étoile de guingois. Il rajouterait sans doute quelques guirlandes le lendemain, déposerait les faux cadeaux tout autour pour se donner une illusion d'abondance.

C'était une habitude qu'il avait prise son premier Noël loin de sa famille. Quand il y pensait, le reste de l'année, il trouvait sa solitude pathétique, mais il ne pouvait s'empêcher de le faire, chaque année. Ça lui donnait l'impression de retrouver l'ambiance festive qui régnait chez les Uchiha à l'approche des fêtes.

Généralement, il déposait le cadeau qu'il s'offrait le 24 au soir et l'ouvrait en rentrant du travail le 25. Ce n'était pas vraiment de gros achats qu'il faisait, il n'était pas du genre à se priver toute l'année pour avoir un seul joli truc. C'était plus pour la beauté du geste et le plaisir de déchirer un paquet.

Loin de l'artère principale du centre-ville, les rues étaient bien moins animées, moins colorées, aussi. Un vent gelé soufflait, s'infiltrant sous son écharpe et il resserra un peu plus son manteau sur lui, pressant l'allure.

Le cauchemar qu'il avait fait pendant la nuit l'avait rendu d'une humeur solitaire. Encore plus que d'habitude. Quand Onoki avait proposé qu'ils aillent boire un verre tous les trois, avec Suzumebachi, il avait demandé un temps seul à seul, plutôt qu'avec leur amie qui pouvait être réellement trop à supporter, parfois.

Izuna ne socialisait pas. Jamais. Avec personne. Ce n'était pas son genre de socialiser. Il n'avait jamais eu énormément d'amis et c'était encore pire depuis qu'il était arrivé à Iwa. Onoki avait réussi à enfoncer ses défenses parce qu'il l'avait eu à l'usure et que tant d'acharnement lui rappelait quelqu'un d'autre, quelqu'un qu'il avait connu dans sa vie d'avant.

Pour autant, malgré tout le bien qu'il pensait de Suzumebachi, il ne l'avait jamais laissé s'approcher de lui comme le faisait Onoki.

Et l'idée d'un verre tous les trois, un soir après un de ses cauchemars, ce n'était vraiment pas dans ses projets.

C'était à peu près toujours le même qu'il faisait, depuis l'hôpital, depuis les fièvres qui l'avaient saisi alors qu'il luttait pour vivre. Dans ce rêve horrible, Madara traversait le plancher. Madara s'empalait sur ce renfort de béton armé mal sécurisé. Et il contemplait la scène, impuissant, déjà brisé, incapable d'appeler au secours, de bouger, de sauver son frère qui hurlait de douleur, les cheveux couverts de poussière, de toiles d'araignée et de son propre sang.

Fermant les yeux alors que le souvenir paraissait presque l'ensevelir de nouveau, il se força à ne pas y repenser. Parce que Madara était en sécurité depuis sept ans. Izuna était parti pour que Madara soit en sécurité.

Personne n'avait rien vu venir. Il avait mené sa convalescence comme il le pouvait, entre les opérations et la cicatrisation, rencontrant des gastro-entérologues qui lui avaient expliqué qu'il traînerait des douleurs et des fragilités des intestins pour le reste de sa vie, qu'il avait eu de la chance, tellement de chance, que les secours soient arrivés si vite.

Il n'était jamais parvenu à voir ça comme de la chance.

Il ne se souvenait pas exactement de ce qui s'était passé. À un moment, il explorait un étage désaffecté de cette vieille usine derrière des barrières, à l'instant d'après il y avait une secousse et une douleur explosait dans son côté gauche, une tige de fer sortait de son corps, couverte de sang et de morceaux, et Hikaku gisait près de lui, la nuque rompue dans un drôle d'angle.

Quelque part au-dessus de lui, il y avait la voix de Tobirama qui l'appelait en lui disant de s'accrocher, de ne pas regarder à droite, de rester concentré sur lui et uniquement lui.

Il avait fini par s'en remettre, physiquement. Quand il était sorti de l'hôpital, la première chose qu'il avait faite était de demander à Tobirama de l'aider à cacher la cicatrice. Il avait fallu quatre fois trois heures pour piquer le renard sur sa peau et lors de la dernière séance, Tobirama avait posé ses aiguilles et la machine, puis retiré ses gants, contemplant le dessin.

« Tu devrais te faire soigner, Izuna », avait-il dit d'un air mortellement sérieux, mais Izuna n'en avait pas tenu compte. À cette époque, Tobirama avait déjà fait tatouer la ligne rouge qui partait de sa lèvre et allait jusqu'à son menton, mais il ne portait pas encore celles sur ses joues. Izuna les avait découvertes sur Instagram. Il avait trouvé ça bizarre, mais il s'était habitué.

Il savait que Tobirama l'appelait par son prénom uniquement pour dire des choses vraiment sérieuses et intimes.

Mais aucune thérapie n'aurait pu l'aider. Hikaku était mort et c'était sa faute, parce que c'était lui qui avait insisté pour aller explorer cette usine, malgré les interdictions et les grillages disposés tout autour. Il avait tué son cousin et aucune thérapie ne pourrait le soigner de ça.

« C'était un accident », avait affirmé Tobirama. Il n'avait pas insisté. Il lui avait remis plusieurs flacons de cette crème cicatrisante, lui avait prodigué des conseils sur l'entretien de son tatouage, puis n'avait pas annoncé la possibilité de faire des retouches.

Sur le moment, Izuna avait cru que Tobirama considérait son dessin comme parfait. Il avait fallu des semaines entières, le temps que le tatouage cesse de le gratter, pour qu'il comprenne que Tobirama avait seulement deviné qu'il avait l'intention de partir. Et qu'il l'avait laissé faire sans prévenir personne. Pour autant, il était difficile de trancher : était-ce une preuve d'amitié ou une démonstration d'indifférence ?

Grimpant les marches quatre à quatre, Izuna se précipita à l'intérieur de son appartement, le contraste de température le faisant pousser un soupir de soulagement.

— Je suis rentré, lança-t-il en direction du sapin alors qu'il posait son sac sur le portemanteau et déroulait l'écharpe qu'il avait autour du cou.

Le silence qui lui répondit fut seulement brisé par la sonnerie de son téléphone. Il l'extirpa de sa poche, abandonnant son écharpe, puis il décrocha.


Entre les deux amis régnait un silence solidifié par la fatigue qui courait dans leurs veines. Le brouhaha du bar dans lequel ils étaient installés avait quelque chose de somnifère et finalement Onoki fronça les sourcils.

— Traîner avec toi, c'est l'assurance de rentrer tout seul.

Ses yeux s'attardaient sur la silhouette d'une jeune femme à l'autre bout du café. Elle n'avait jeté que quelques regards vers leur table et l'ami d'Izuna ne se risquait pas à penser que c'était lui qu'elle trouvait à son goût.

Izuna haussa un sourcil et leva la tête, cherchant quelle femme pouvait attirer l'attention d'Onoki au point qu'il commence à se dévaloriser.

— Tu dis n'importe quoi, lança-t-il sans conviction.

Il avait conscience d'être plus attirant qu'Onoki. Son ami n'avait pas un visage gracieux avec son gros nez et ses yeux renfoncés, et il était petit – ce qui était un sacré constat venant d'Izuna qui n'était pas bien haut non plus – et les femmes recherchaient rarement le contact d'hommes moins grands qu'elles.

Il saisit son verre pour avaler une gorgée de son jus de fruits – il ne consommait jamais d'alcool, à cause de la blessure – et secoua la tête.

— Ne nie pas, grommela Onoki, c'est toujours pareil. Tu as du style, une jolie gueule et tu sais y faire. Je n'ai pas le souvenir d'une seule fois où la fille t'a dit non.

Izuna rit un peu, reposa son verre et saisit son téléphone pour le faire tournoyer entre ses mains. L'affirmation prouvait qu'ils ne se connaissaient pas tant que ça. L'adolescence n'avait pas été tendre avec lui, et, dans les faits, beaucoup lui avaient dit non, notamment parce qu'il était trop petit, ce qui était accentué lorsqu'il traînait avec les frères Senju, chacun d'eux mesurant bien plus qu'1m80 quand Izuna culminait à un peu moins d'1m75.

— Les femmes finiront par venir vers toi. Nous vieillissons, elles voudront se poser et je sortirai de leurs désirs parce que je ne veux pas de relation durable. Et tu seras bientôt largement mieux payé que moi, tu auras une meilleure situation. Donc tu seras plus attractif sur le long terme.

— Fasse le ciel que Suzumebachi n'entende jamais tes propos sexistes, statua Onoki. Et j'aimerais vraiment ne pas les entendre non plus.

Izuna haussa les épaules.

— C'est pas moi qui fais les règles du jeu, écarta-t-il rapidement. Et Suzumebachi sait très bien que mes coups d'un soir sont totalement consensuels, je dis toujours que c'est uniquement pour une nuit, les femmes qui acceptent le font en connaissance de cause.

— Puisqu'on parle d'elle…

Onoki finit par détourner ses yeux de la blonde qu'il observait pour revenir vers son ami, lui offrant une moue perplexe.

— Tu lui as encore dit non ?

— Elle n'est pas sérieuse, tu sais, répondit Izuna en roulant des yeux. Elle n'est absolument pas attirée par moi.

Onoki cilla.

— Et si elle était sérieuse ? Tu dirais oui ?

Entre les mains d'Izuna, le téléphone vibra, signalant une nouvelle notification sur Instagram. Il reporta sa réponse le temps de la consulter. C'était une photo datant de la veille où on les voyait tous les trois, installés sur le capot d'une voiture abandonnée décorée de guirlandes et de boules. Le compte Instagram de Suzumebachi était en privé, et c'était l'unique raison pour laquelle il la laissait poster des photos de lui.


Queen_Bee Au boulot aussi c'est ambiance festive avec StupidFox et You_Know_Who_I_Am Love you, guys. ❤


Il leva les yeux de son téléphone et soupira.

— Non, je serai seulement plus sympa en refusant ses avances. Je ne veux pas d'attaches, répéta-t-il encore une fois.

Il scrolla un peu, s'arrêtant sur une image postée par Tobirama. Il posait avec une expression impassible devant un sapin décoré sommairement.


Sad_Ink_Tobi Mon frère a insisté pour que j'aie un arbre de Noël. Yay. 🎄

God_Of_Avocados Oui, c'est festif les arbres de Noël 🎄😁

Red_Leader_Mads God_Of_Avocados le problème c'est que ton frère est pas du tout festif. Tu sais bien qu'il est la réincarnation du Dieu de l'antifun.

Sad_Ink_Tobi Red_Leader_Mads Viens-tu d'admettre que je suis divin ? C'est flatteur mais je me dois de refuser tes avances, tu ne m'intéresses pas.

Red_Leader_Mads CE N'EST PAS DU TOUT CE QUE JE VEUX DIRE ET TU LE SAIS TRÈS BIEN.

Obito_Uchiha_Photographe C'est donc pour ça que Mads s'est mis à s'étouffer dans ses ramens et qu'il rougissait !

Red_Leader_Mads JE NE ROUGISSAIS PAS ! ARRÊTE DE SOUS-ENTENDRE DES CHOSES BIZARRES !


Un demi-sourire prit naissance sur ses lèvres et il écarta son téléphone aussi bien que le sentiment de regret qui jaillissait dans ses entrailles, ou le léger retour du malaise de son cauchemar.

Onoki soupira à pierre fendre, ramenant son verre contre son sternum.

— Et je ne comprends pas pourquoi. Tu m'as bien laissé devenir ton ami.

Il ne laissa pas le temps à Izuna de répondre, écartant toute tentative d'un geste agacé de la main.

— Tu veux que je te dise ? Je m'en fiche de ce qu'il s'est passé dans ta vie avant. Ça me regarde pas vraiment et bon tu sais que je suis là si tu veux en parler. Mais. Quoique tu sois en train de fuir, ça pourra pas durer éternellement.

— Je ne fuis–

— T-t-t-t-t-t, pas à moi, s'il te plaît, interrompit Onoki une fois de plus. Tu as sciemment choisi de venir vivre à Iwa. Personne ne choisit de venir vivre à Iwa. Et je sais que ça a un rapport avec ton tatouage. Tu deviens glacial et tu te refermes à chaque fois que quiconque l'évoque.

— Tu as donc décidé que nous ne passerions pas une bonne soirée, soupira Izuna en ramenant son dos ses mèches de cheveux longs. J'aurais préféré le savoir avant de me déplacer, je me serais épargné le trajet.

Il fit un mouvement pour se lever, déterminé à s'en aller, mais son ami le retint par le poignet, lui lançant un regard éloquent.

— 'Zu, attends, c'est pas ça… Je suis seulement inquiet pour toi.

Jaugeant la sincérité de l'affirmation, Izuna resta debout, statique, puis il accepta de se rasseoir avec un hochement de tête un peu sec.

— J'apprécie le sentiment, mais je vais bien. Certaines choses doivent simplement être laissées derrière et c'est ce que j'ai fait. Ce n'est ni une fuite ni quelque chose dont je souhaite parler.

Et si les premiers mois, il avait eu l'impression de fuir, cela faisait longtemps qu'il avait fait la paix avec lui-même à ce propos. Ce n'était pas une fuite. Il protégeait seulement les personnes qu'il aimait.

Et ça n'importait que peu que ça lui déchire le cœur, que les cauchemars ne se calment pas et que chaque année à l'approche de l'anniversaire de son frère, il n'ait qu'une envie : rentrer à la maison.

— J'ai trouvé un boulot, annonça Onoki.

Le changement de sujet était brutal, mais sincère. Izuna appréciait Onoki pour ça, il savait quand il poussait trop loin et n'hésitait pas à reculer pour ne forcer personne en dehors de sa zone de confort.

— Ah, c'est une bonne nouvelle, sourit Izuna.

Puis il réalisa la signification profonde de ce que venait de prononcer son ami, le sens de ce discours et il déglutit, un bloc de glace descendant dans sa gorge. Il essaya d'avaler la dernière lampée de son jus de fruits, mais elle eut du mal à passer. Et Onoki le fixait d'un air désolé, ne faisant pas un geste pour l'empêcher de s'étouffer dans cette gorgée, dans sa mauvaise foi et dans sa solitude.

— Tu t'en vas. Tu quittes l'hôtel, murmura finalement Izuna quand il eut repris son souffle.

Il avait les larmes aux yeux, mais elles étaient probablement seulement dues à cette gorgée de travers.

Il n'écouta pas vraiment sa propre voix qui félicitait son ami, le bourdonnement terrible du sang pulsant contre ses oreilles formant un barrage opaque entre les sons et son cerveau.

Quand il rentra chez lui, des heures plus tard, il y avait un fond d'horreur qui persistait dans son humeur et, pour une fois, Instagram ne lui apporta aucun réconfort, les photos de son frère avec Tobirama accentuant davantage encore le sentiment poisseux qu'il traînait depuis qu'il avait appris la nouvelle.

Il finit par fondre en larmes désordonnées et cette fois-ci, c'était son cœur qui s'étouffait dans son chagrin.