Dans le quartier le plus riche de Satan City, une maison attirait plus le regard que les autres. Elle était grande, protégée par un grand mur de sorte à ce qu'aucun regard curieux ne puisse apercevoir quoique ce soit. La seule porte d'entrée de cette propriété était un grand portail en métal accompagné de caméras de surveillance. Le reste de la maison ressemblait à une villa, d'un nombre incalculable de pièces, avec un étage et disposant d'un balcon commun à chaque chambre. Et malgré la grandiosité de cette demeure, peu de personnes y vivaient. Seulement quelques domestiques avaient droit à leur propre chambre, d'autres pièces étaient réservées aux invités de prestiges, et bien évidemment les propriétaires de cet endroit. Les domestiques faisaient une grande partie de l'entretien des lieux mais une seule pièce semblait épargnée aujourd'hui.
Une jeune femme brune de dix-sept ans rangeait la grande bibliothèque de la demeure, triant certains livres inutilisés pour les remplacer par des nouveaux plus attrayants. Cette bibliothèque était remplie de souvenirs de famille, des goodies apportés de vacances, des objets de décorations provenant des ancêtres de la famille, et plein d'autres trésors que la jeune femme chérissait. Elle prenait le temps de bien dépoussiérer les bibelots et n'avait pas remarqué la présence de son père derrière elle.
"Videl, tu devrais laisser les domestiques faire tout ça." conseilla l'homme en tenue de détente.
"Non, je préfère m'en occuper. Au moins je suis sûre que rien n'est cassé et que rien ne manque."
"C'est des attrapes poussière."
Videl soupira à ses réflexions, il répétait sans arrêt la même chose. Même si cette pièce n'avait plus aucun secret pour elle, Videl adorait se replonger dans ces souvenirs. Cette pièce était la préférée de sa mère… Quand elle était petite, sa mère adorait s'installer sur le canapé et dévorer un livre avec la fenêtre grande ouverte. Il lui arrivait de la rejoindre pour jouer sur le tapis juste devant elle, et parfois elle s'endormait avec elle sur le canapé, sa tête reposant sur les jambes douces de sa mère. C'était ces fragments de mémoire que Videl gardait au chaud dans son cœur. Mais son père n'avait pas la même vision qu'elle, cette pièce représentait un vestige du passé, un passé douloureux qui rappelait sans cesse une absence. Hercule avait demandé de nombreuses fois de remplacer cette pièce par autre chose, de jeter les meubles et autre. Mais Videl s'était toujours opposée à cela, se barricadant parfois dans la pièce jusqu'à ce que son père cède et promette de ne plus toucher à cette pièce. Depuis, Videl entretenait la salle au moins une fois par semaine.
Videl rangeait certains livres dans un carton, ceux les plus lus pour lesquels il était inutile de garder à la vue de tous, pour les ranger ensuite au grenier. Elle ouvrit ensuite un autre carton où elle avait déjà rangé certains livres dans le passé et ainsi réaliser un roulement des ouvrages. Hercule s'était installé sur le canapé jugeant qu'il n'avait pas grand chose à faire d'autre. Sa présence n'était pas dérangeante mais la jeune fille savait qu'il la regardait attentivement.
Tout à coup, Videl aperçu un livre qu'elle reconnut immédiatement. C'était le livre que sa mère adorait lui lire quand elle était petite. Un recueil de contes de tout genre, adapté pour les enfants. Une grande nostalgie envahit Videl et elle se mit à feuilleter l'ouvrage. Elle avait cherché ce livre dans le passé mais elle ne se souvenait plus du carton où elle l'avait rangé. Il y avait tellement de livres ! En feuilletant les pages, une petite carte tomba au sol, semblant servir de marque page. Videl s'empressa de la ramasser et découvrit une photo. Elle connaissait tous les albums de famille, mais c'était la première fois qu'elle voyait cette photo ! Elle reconnaissait sa mère, un grand sourire au visage. Elle était également sur la photo, elle devait avoir environ cinq ans, c'est-à-dire deux ans avant la tragédie. Puis Videl porta son attention sur un petit garçon présent également à ses côtés. Elle ne se souvenait pas de ce garçon, pourtant il semblait proche d'elle. Il tenait la main de Videl d'un air timide et sa mère le tenait chaleureusement à l'épaule. Il avait les cheveux bruns visiblement long avec une queue de cheval et portait une tenue traditionnelle jaune. Contrairement à Videl qui arborait un sourire radieux, il semblait forcer un sourire timidement et ne fixait pas totalement l'objectif de l'appareil photo.
"Papa… C'est la première fois que je vois cette photo. Quand a-t-elle été prise ? Et qui est-ce ?" demanda Videl très curieuse.
Hercule, toujours assis sur le canapé, prit la photo et l'examina attentivement.
"J'avais oublié qu'on avait cette photo…" Hercule soupira, relâchant la pression que générait ce souvenir. "C'est un ami que tu t'es fait quand tu avais à peine quatre ans, un petit garçon très timide et calme. Vous vous baladiez souvent dans la forêt ou près de ruisseaux. Il ne te lâchait jamais…"
Après avoir pris connaissance de ces nouveaux détails, Videl se rappela enfin d'un bref souvenir de petite fille… Très flou…
Videl courait dans une herbe parfaitement verte, le vent volant dans ses cheveux attachés en queue de cheval. Ses petites jambes d'enfant disparaissaient avec les brins d'herbe mais elle était désireuse d'aventure, elle voulait voir au delà de cette plaine !
"Attends moi Vi…" se plaignait un petit garçon derrière elle. Il était plus lent qu'elle, ou du moins il traînait des pieds. A cet âge, Videl était déjà très énergique, elle se différenciait beaucoup des autres enfants de son âge. Plus courageuse, plus téméraire et surtout plus ambitieuse. Elle voulait déjà devenir comme son père, elle s'entraînait avec son père par amusement mais aussi par passion, elle voulait devenir championne du monde, comme papa !
Videl continuait de courir, toujours suivit par le garçon qui ne voulait pas être tout seul. Ils arrivèrent enfin devant un lac qui leur paraissait énorme à leur échelle.
"J'ai trouvé la mer !" s'exclama Videl naïvement sans faire de différence entre la mer et un simple lac. Le petit garçon parvint à la rattraper mais contrairement à elle, il savait reconnaître une étendu d'eau.
"Ce n'est pas la mer !" se plaignit le petit garçon.
"Si c'est la mer !" ronchonna la petite fille de colère. Bien qu'ayant raison, le petit garçon ne continua pas et accepta ses croyances. Puis Videl se précipita vers un rocher plus grand qu'eux. Pour un adulte, il était facile de monter sur ce rocher, mais Videl voyait en lui un défi à réaliser. Elle se mit à l'escalader assez facilement sous le regard craintif du garçon.
"Non Vi… C'est dangereux ! Reviens s'il te plait…" Mais Videl n'écoutait pas et monta jusqu'au sommet du petit rocher.
"Allez monte ! C'est pas difficile !" invita la petite fille.
Le petit garçon ne semblait pas apprécier rester tout seul, il hésita un moment mais accepta de monter à son tour, Videl l'aida également. Une fois en haut, le petit garçon se mit à trembler de peur, surement à cause de la hauteur.
"Je veux descendre Vi…" tremblait-il, les larmes au bord des yeux.
"D'accord !" s'exclama la petite fille qui regardait l'eau en dessous d'eux. "On va sauter dans l'eau !"
"Quoi ?!" s'exclama-t-il. Il s'approcha aussi du bord et réalisa la hauteur qui le séparait de l'eau. C'était beaucoup trop haut pour lui ! Il s'écarta un peu et s'agrippa au rocher en répétant qu'il ne pouvait pas sauter. Puis il réalisa qu'il ne pouvait pas non plus descendre tout seul, il était coincé.
"Je veux descendre Vi…"
"Alors saute dans l'eau avec moi !"
"Mais j'ai peur…"
"Tu n'es qu'une poule mouillée !" s'exclama Videl en imitant le cri d'une poule. "Si tu veux pas rester coincé, t'es obligé de me suivre !" Puis sans perdre plus de temps, la petite fille sauta du rocher et tomba dans l'eau fraîche. Peur pour son amie, le petit garçon se rapprocha hâtivement du bord et scruta l'eau dans l'espoir de voir son amie. Heureusement, l'eau n'était pas profonde et la petite fille avait pratiquement pied.
"Tu vois, tout va bien. Allez, à toi !" motiva-t-elle, mais rien n'y faisait, le petit garçon était trop craintif. Pendant que le petit garçon était bloqué, elle continuait de s'amuser dans l'eau, l'éclaboussant par taquinerie. Puis une voix familière la stoppa dans son amusement.
"Videl ! Qu'est-ce que tu es encore entrain de faire !" La petite fille sortit vivement de l'eau en reconnaissant la voix de sa mère. Elle connaissait cette voix autoritaire, elle allait se faire gronder.
"Je vous ai dit de rester à côté ! Et vous, vous vous éloignez. Il aurait pu vous arriver quelque chose !" Le petit garçon était toujours sur le rocher, tremblant de peur et retenant ses larmes au mieux. Comprenant la situation, la mère attrapa sans mal le petit garçon et le posa au sol. Il tremblait encore des jambes mais était plus à l'aise.
"Regarde toi ! Tu es toute trempée !" gronda la mère à sa fille. Elle prit la main de sa fille et du petit garçon et les obligea à la suivre. "Allez on rentre ! Vous allez être puni en arrivant."
Videl se mit à sourire faiblement à ce souvenir, elle avait complètement oublié ce moment, c'était comme un rêve oublié.
"Ce petit garçon est le fils d'un ancien champion du Budokai. J'ai souhaité rencontrer cet homme pour le défier en combat. Après avoir gagné le Budokai de nombreuses fois, il n'avait jamais remis son titre en jeu et était jusqu'à présent imbattu." continuait d'expliquer Hercule. "Vu qu'il vivait dans la montagne, ta mère voulait également venir pour y passer des vacances en famille. Et on a finit par créer des liens avec sa famille, bien que nous n'ayons plus eut de leurs nouvelles du jour au lendemain. Cette famille était très spéciale... " Hercule tendit la photo à Videl qui la récupéra volontiers et il poursuivit tandis que Videl continuait de fixer la photo.
"Le petit garçon sur la photo… Tu ne l'as surement pas remarqué avec cet angle, mais il a une queue de singe."
"Comment ?" demanda Videl très intriguée.
"Tu as bien entendu, une vrai queue de singe dans le bas de son dos." Et en y prétend plus d'attention, elle vit très distinctement cette queue sur la photo.
"Mais c'est impossible… Tu me fais marcher papa, c'est une fausse queue."
"Je te jure que c'est la vérité. Une authentique queue de singe et ses parents n'ont jamais voulu nous expliquer la raison. Il faut dire que ses parents le surprotégeaient."
Videl était très enthousiaste à l'idée de connaître cette nouvelle histoire de la vie de son père, mais surtout de sa mère.
"Et au final, qui a gagné entre toi et cet ex-champion ?"
Hercule se gratta la gorge et se leva tout à coup du canapé pour sortir de la pièce. En se levant, il lâcha un: "Ca n'a aucune importance…"
Videl était stupéfaite ! Avait-il perdu contre cet homme ? Son père qui avait battu Cell, sauvé le monde et était considéré comme l'Homme le plus fort du monde. Mais elle trouva une explication au fait que son père était surement novice à l'époque et devait encore apprendre des autres. Mais elle était quand même curieuse de connaître cet homme…
"Comment s'appelait cet homme papa ?" Hercule s'arrêta avant de sortir de la pièce et se mit à réfléchir silencieusement.
"Je ne… Je suis incapable de m'en souvenir…" répondit sincèrement Hercule, tiraillant son esprit pour essayer de sortir ce nom de sa mémoire. Puis il disparut, laissant Videl seule avec cette photo et ses cartons. Elle ne pouvait quitter son regard de la photo, sa mère était si belle et heureuse… Elle était magnifique ! Videl ne préféra pas ranger cette photo avec les autres et la garda pour elle. Cela remontait tant de souvenirs et de nostalgie qu'elle voulait la garder précieusement, même si cela lui rappelait qu'elle avait perdu sa mère suite à une maladie. C'était triste, mais Videl s'accrochait à ce passé désespérément.
Les vacances scolaires de Videl étaient malheureusement finies et elle se préparait pour sa rentrée en enseignement secondaire. Cette nouvelle année scolaire était marquée par un changement d'établissement, elle rentrait à la célèbre école Orange Star High School. Mais malgré cela, elle savait qu'elle y retrouverait une majorité d'élève qu'elle connaissait déjà de son ancien collège. Entre autre, sa meilleure amie Eresa et un camarade, certes agaçant mais bien présent dans son cercle d'ami: Sharpner. Elle connaissait plus de la moitié des élèves de la classe mais n'entretenait pas de réelle relation avec eux. En effet, Videl était considérée par tous comme une fille froide et distante avec les gens pour lesquels elle ne partageait pas d'affinité. Ainsi, elle les ignorait et pouvait se montrer méchante envers toute personne sauf Eresa et de temps en temps Sharpner. Les nouvelles têtes ne changeaient rien à sa politique et les nouveaux qui reconnaissaient la célèbre fille d'Hercule se sont très vite fait refroidir par cette beauté glaciale. Toute personne confondu, fille comme garçon se sont fait négligemment jeter par Videl, tous sauf un… Un nouveau garçon qui selon les dires n'a jamais étudié dans une école. Ayant réalisé sa scolarité à domicile, il se montrait très timide et très studieux. Bien qu'ayant tapé dans l'œil d'Eresa qui lui trouvait un certain charme et surtout le trouvait très mignon, Videl ne portait aucune importance à ce garçon. C'était un nerd ! Même si contrairement aux autres, il n'avait pas eu affaire à elle et semblait la respecter sur un pied d'égalité avec les autres élèves, elle considérait sa présence comme secondaire.
Comme chaque année, Videl se présenta pour le rôle de présidente du conseil des élèves. Elle tenait si bien son rôle de meneur qu'elle fut de nouveau nommée, bien que ne jouissant pas d'une popularité positive. Elle se montrait très autoritaire et tenait à cœur de faire régner l'ordre et le respect autour d'elle.
La scolarité de Videl continuait de s'écouler, trouvant un rythme très confortable entre les études et ses occupations extrascolaires. Elle avait prit pour habitude de se balader avec la photo de sa mère avec elle, la rangeant régulièrement dans son trieur. Il lui arrivait de regarder la photo dans la journée pour se remonter le moral mais faisait très attention à cacher son sourire chaleureux à chaque fois qu'elle la regardait.
Un jour, Videl était installée à la bibliothèque du lycée, tentant désespérément de comprendre un exercice de chimie. Elle n'y comprenait rien, elle reprochait au professeur de ne pas savoir expliquer correctement la leçon ! La bibliothèque était remplie d'étudiants, mais Videl avait le droit à sa table personnelle, personne n'osait la déranger et encore moins empiéter sur son espace personnel. Bien qu'elle aurait apprécié une aide extérieur pour réaliser son exercice, seul Eresa et Sharpner auraient pu la rejoindre. Or Sharpner était une bille dans toutes les matières sauf le sport et les matières littéraires, et Eresa était aux abonnés absents, se baladant en ville avec d'autres étudiants de la classe.
Soudain, une personne s'approcha d'elle, debout devant elle. Videl n'aimait pas ça, avant même de regarder l'étudiant qui était posé devant elle, il lui faisait de l'ombre sur la table ! Elle releva la tête avec un regard agressif, et tomba nez à nez avec une personne relativement grande. Mais elle préserva son regard et reconnut le nerd de la classe. Il avait des bouquins en main et semblait attendre son feu vert pour lui adresser la parole.
"Quoi !" s'exclama Videl. Aussitôt après, le garçon s'éclaircit la voix de malaise et gratta l'arrière de sa tête avec sa main libre.
"Bonjour Videl Satan…" commença le garçon poliment. "Pourrais-je m'installer à cette table, s'il te plait ?" Videl ne s'attendait pas à autant de politesse et bien que agréablement surprise, elle trouvait que cela renforçait son côté nerd. Elle voulut tout de même le renvoyer mais elle regarda autour d'elle avant. Il ne semblait pas y avoir d'autres places dans la bibliothèque, toutes les tables étaient prises. Mais il pouvait toujours partager une table avec d'autres élèves qui pouvaient se serrer et seulement lui emprunter une chaise. Pourquoi avec elle ! Surtout que le nerd semblait entretenir plus de contacte avec les autres étudiants... Bien que timide il lui arrivait de discuter avec eux et surtout il les aidait pour faire des devoirs. Pourquoi diable se risquait-il à l'aborder ?
Malgré tout, Videl soupira et l'accepta exceptionnellement à sa table. Sans plus tarder, le jeune homme s'installa en évitant de faire le plus de bruit possible, puis il se plongea dans son bouquin de chimie, le même que Videl. Elle reconnut l'exercice sur lequel elle travaillait depuis bien trop longtemps et observa le nerd discrètement.
C'était la première fois qu'elle était aussi près de lui et elle commençait à comprendre pourquoi Eresa le trouvait craquant. Il n'avait aucune imperfection au visage, une mâchoire parfaitement ciselée, ses cheveux ébouriffés semblaient incroyablement soyeux et ses yeux possédaient des iris si noires qu'elle pourrait s'y noyer. Ses traits étaient relativement fins pour un homme mais ses pommettes et sa mâchoire lui donnaient un aspect très virile. Alors que Videl l'examinait de très près, le jeune homme releva brièvement son regard et remarqua le regard pesant de la petite brune. Il abaissa immédiatement sa tête sur son exercice et Videl remarqua un léger rougissement sur ses joues. Même s'il avait une belle gueule, elle ne se voyait pas sortir avec un mec comme lui.
Videl continuait de chercher la solution de son exercice de chimie, en vain… Elle travaillait dessus depuis une trentaine de minutes, elle se demandait si elle ne devait pas abandonner cet énième exercice. Alors qu'elle soupirait sur sa feuille d'exercice, elle fut étonnée de voir son voisin de table s'exciter sur sa place. Il ferma son livre de chimie, posa à part la feuille d'exercice parfaitement complétée. Videl se mit à le maudire intérieurement, visiblement elle ne pouvait pas apprécier ce gars trop parfait ! Il avait fait son exercice si facilement, alors qu'elle travaillait dessus plus longtemps que lui. Sale nerd… pensa Videl.
Alors que le jeune homme préparait un exercice d'une autre matière, il remarqua de nouveau le regard méfiant de Videl. Il sembla très gêné et sa jambe se mit à bouger sous la table.
"Quelque chose ne va pas ?" demanda-t-il finalement.
"Tu t'appelles comment déjà ?" Videl pensa qu'il était préférable de l'appeler par son prénom plutôt que par Nerd.
"Gohan… SonGohan." répondit-il, toujours sur sa garde.
"Gohan, très bien…" commença Videl optant pour le prénom sans s'embêter avec la politesse du nom de famille. Après une légère hésitation, elle ravala son orgueil et se lança enfin. Elle lui tendit son exercice de chimie. "Peux-tu jeter un coup d'œil ?"
Le jeune homme hésita avant de prendre la feuille mais portait plus d'attention à Videl qui continuait de l'épier.
"Je n'y arrive pas du tout ! J'ai beau essayer, je ne trouve pas ce qu'il faut." Le nerd regarda le document et en seulement quelques secondes il lui tendit de nouveau la feuille.
"Tu y étais presque ici." expliqua-t-il en montrant le brouillon de Videl. "Il te suffisait juste d'ajouter un élément d'hydrogène ici et ici."
La brune écouta sa correction et comprit enfin. C'était comme si la solution était sous ses yeux depuis le début mais qu'elle ne pouvait pas mettre le doigt dessus.
"Ho… Je vois. Merci !" rétorqua Videl qui s'empressa de noter la solution sur sa feuille. Mais le jeune homme ne semblait pas convaincu.
"Videl Satan, tu ne sembles pas très à l'aise avec la chimie. Que dirais-tu que je t'aide un peu ?" demanda poliment le nerd non sans rougeur aux joues. Mais la fille d'Hercule ne l'entendit pas comme ça.
"Comment ça ? Tu me trouves stupide ?" grogna-t-elle. Les étudiants sur les tables alentours entendirent sa voix mais au lieu de sauver le pauvre Gohan, ils préférèrent se cacher derrière leur cahier. Le jeune homme avala difficilement sa salive, réalisant qu'il était seul face à la terrible Videl.
"Non ! Je ne dis pas ça… Juste…"
"Juste quoi !" s'agaçait Videl au grand désespoir de sa proie.
"Je… Je veux juste aider."
"Et pourquoi aurais-je besoin de toi ?"
"C'est juste que... " le jeune homme semblait transpirer de plus en plus face à la féroce jeune fille. "Je te trouve très courageuse. Tu aides les forces de l'ordre, tu t'occupes du conseil des étudiants et tu trouves le temps pour étudier. Et je pensais qu'un petit coup de main te serait favorable et ainsi te faire gagner du temps." expliqua-t-il. Mais bien que ses arguments étaient convaincants, Videl n'était pas prête à demander son aide.
"Je n'ai pas besoin de tes compliments et encore moins de ta pitié. Tu peux aider les autres étudiants, mais continues de garder une distance avec moi."
Suite à ses paroles pleines de dureté, le jeune homme parut se décomposer et continuait de la fixer bouche bée. Après tout, que pouvait-il répondre à ça ?
Videl réalisa qu'elle s'était bien trop fait remarqué à la bibliothèque et décida qu'il était temps de prendre retraite. Elle ramassa ses affaires en vitesse, rangeant son exercice de chimie rapidement dans son trieur. Elle ne prit pas la peine de ranger son trieur et son bouquin dans le sac, mais se contenta de les prendre dans ses bras. Mais elle partit si vite qu'elle ne fit pas attention à son trieur mal attaché et ses feuilles de cours sortirent du porte documents. Restant gentleman, le jeune homme se jeta sur ses feuilles au sol et s'empressa de tout ramasser soigneusement. Videl le suivit de très près, visiblement très agacée par cet accident qui retardait sa retraite. Alors que Videl rangeait les feuilles au fur-et-à-mesure avec l'aide de Gohan, l'adolescent tomba sur la photo si précieuse. Sans plus attendre, il attrapa la photo et la tendit à Videl où il jeta un léger coup d'œil indiscret. La jeune femme vit l'objet en question être tendu poliment et alors qu'elle s'apprêtait à l'arracher des mains, elle vit le jeune homme devenir blanc comme un linge. Elle récupéra la photo plus doucement que prévu et alors qu'elle allait lui demander ce qui n'allait pas, Gohan se redressa et se précipita sur ses effets personnels. Il prit négligemment ses affaires et sortit de la bibliothèque en renversant sa chaise au passage.
Videl était bien trop surprise pour réagir et lui courir après, de plus il lui restait des feuilles au sol. Ne comprenant pas ce qui venait de se passer, Videl fixa sa photo avec perplexité. Qu'est-ce qui l'avait fait fuir ? Puis Videl eut une étincelle. Et s'il connaissait ce garçon ? Ou était-ce lui ?
Après avoir envisagé que le Nerd était cet ami d'enfance, Videl se ravisa en notifiant que le garçon sur la photo avait une queue de singe. Or une queue de singe, ça ne devait pas facilement se cacher. Mais son comportement restait suspect...
