Hellow mes petits chats!

En ce mois de juillet, je vous offre enfin le chapitre 10 de cette fiction! Je profite d'être en congés (12 jours, ça passe tellement vite... snif!) pour écrire la suite et corriger deux ou trois autres textes qui surchargent mon ordinateur.

Cela fait si longtemps que je n'ai pas publié que je ne sais plus si j'avais répondu à tous les commentaires! Il me semble que oui, mais si jamais vous n'avez pas eu de réponse, je vous prie de bien vouloir m'en excuser!

Mille mercis, en tout cas, à ceux qui ont commenté et à ceux qui suivent cette aventure!

PS: Le chapitre sera corrigé plus profondément dans les jours à venir. Après une première relecture, j'espère néanmoins avoir supprimé les plus grosses fautes.

PS2: A un moment, j'utilise deux dialogues issus et ou fortement inspiré de l'original: Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, Chapitre 7


- 10 -

Le matin du premier septembre fut éprouvant pour Molly Weasley, tant physiquement que moralement.

Evidemment, la rentrée demandait toujours la mise en place d'une organisation incroyable mais, mère de sept enfants, Molly était devenue experte en la matière depuis longtemps! Non, ce qui la tracassait le plus, en voyant toutes ces valises et malles entassées dans le hall d'entrée du Square Grimaud, c'était le besoin qu'elle ressentait d'avoir tous ses enfants près d'elle à jamais.

Savoir que ses deux plus jeunes enfants allaient reprendre le chemin vers Poudlard était déjà bien compliqué, mais l'absence de Fred et Georges tout juste âgés de dix-sept ans rendait leur décision de ne plus y aller encore plus réelle. Elle essayait de "se faire une raison", comme le lui avait sans cesse répété son époux, vraiment, mais son cœur de mère lui criait que le chemin de traverse était bien trop dangereux en ces temps troubles. Au château, ils auraient au moins été en sécurité avec Dumbledore.

Déjà que Bill était revenu dans un état impossible hier soir! Mission secrète, apparemment. Il s'était isolé avec Remus dans une pièce à l'étage et n'était ressorti qu'une heure plus tard. Une large cicatrice lui entaillait le bras droit. "Ce n'est rien, maman, ça disparaitra vite" avait-il dit en lui embrassant le front. Elle en doutait, mais avait sourit. Elle devait être forte, comme toujours.

Molly ferma les yeux un instant.

Cela faisait un an et trois mois que Percy avait quitté le terrier après une dispute avec son père. Cela faisait sept mois, trois semaines et deux jours que Molly ne l'avait plus vu.

La matriarche repoussa au loin ses tristes pensées.

Heureusement, Charlie rejoignait Ron et Ginny à Poudlard. Au moins, pouvait-elle être rassurée pour ceux là. Un peu, du moins.

- Maman? Je ne trouve pas mes chaussures noires... Tu sais où elles peuvent être?

Ginny avait grandi. C'était une jeune femme maintenant. Molly s'en rendait compte. Mais c'était son bébé. Et son bébé, tous ses bébés, étaient en danger tant que Voldemort vivrait. Réprimant un soupir, la mère de famille sourit tendrement à sa fille.

- Il me semble les avoir vues derrière le canapé, ma Chérie.

Et je te promets que la monde sera bientôt plus beau et plus sûr, ma puce, lui promit-elle mentalement.

oOoOoOo

- Tu es prête?

Victoria, debout devant l'immense cheminée du salon, hocha la tête à la question de sa cousine.

- Plus que jamais!

Les deux jeunes femmes se sourirent et des pas résonnèrent derrière elles. Charlie portait un costume trois pièces gris très élégant, qui le faisait paraître un peu plus vieux qu'habituellement. Ses cheveux étaient noués à l'arrière de son cou et il tenait dans ses mains un attaché-case noir qui avait l'air de venir du siècle dernier tant il était abîmé. Tonks haussa un sourcil, sourire en coin. Ce n'était tellement pas son Charlie!

- Tu as volé les vêtements de ton père, Charles?

- Moque-toi de moi autant que tu le souhaites, Nymphadora. Je ferais bonne impression aux autres professeurs, moi, au moins.

La jeune auror avisa sa tunique rouge sang et ses bottes noires serties de pointes, puis haussa les épaules.

- Aucune envie d'être celle que je ne suis pas. Tu devrais en faire de même, mon petit Charlie. Ce conseil vaut aussi pour toi, Tory.

Charlie grimaça, plutôt d'accord avec sa meilleure amie. Sa mère avait insisté pour l'aider à choisir sa tenue et, stressé à un point inimaginable, il avait accepté.

- Je me changerai avant la répartition.

- Ah voilà! Très bonne idée, petit chaton! sourit la femme aux cheveux roses. Et si on y allait, hein?

Les deux autres acquiescèrent et Tonks prit une poignée de poudre verte dans le bocal en haut de l'âtre, puis elle le tendit à Victoria.

- Pour faire fonctionner la cheminée, tu n'as qu'à prendre une bonne poignée, te placer bien au milieu de la cheminée, ouvrir la main et dire ta destination. Il faut bien articuler et surtout, surtout, ferme les yeux. C'est horriblement désagréable de tout voir tournoyer autour de soi. Je vais le faire la première, tu n'auras qu'à m'imiter.

Tonks se plaça dans l'âtre et leur fit un clin d'œil.

- On se retrouve dans deux secondes! Bureau d'Albus Dumbledore, Poudlard.

Les flammes derrière elle grandirent et devinrent vertes émeraudes, entourant la jeune métamorphomage de toutes parts. Quand elles reprirent leur teinte et taille normale, Dora avait disparue.

- Stressée?

Victoria se tourna vers le rouquin et secoua négativement la tête. Charlie émit un petit rire, et haussa les sourcils l'air de dire "Et tu penses que je vais gober ça?", ce qui fit grimacer la jeune Malfoy.

- Bon, c'est vrai, je stresse beaucoup..., concéda la jeune fille.

- Moi aussi, tu sais? Mais tout ira bien. L'année va bien se passer, tu verras. Je ne vois pas ce qui pourrai arriver de mauvais...

- C'est moi que tu essaies de rassurer ou toi-même? questionna la blonde, amusée.

- Les deux, je crois. Ca fonctionne?

- Pas tellement, avoua Victoria en souriant. Mais c'est sympa d'essayer.

- Mouais... Tu as raison. J'ai peur de tuer un élève pendant un de mes cours, c'est normal?

- Quoi?

- Un accident est si vite arrivé, tu sais... Une démonstration mal avisée et puis, pouf, ça touche un élève et voilà...

La blonde rouvrit plus grand encore ses yeux.

- Mais qu'est ce que tu racontes?

- Non, rien, oublie... souffla le dragonnier en secouant vivement la tête. Prends cette fichue poignée de poudre et allons voir ce foutu Dumbledore.

Victoria secoua la tête, cachant un rire derrière sa main de libre. Elle plongea la main dans le pot en verre et en ressortit une poignée de poudre verdoyante. Avant d'énoncer sa destination, elle apostropha Charlie.

- Tu feras un excellent professeur, je n'en doute pas une seule seconde.

Puis elle disparut à son tour.

oOoOoOo

- Bienvenue à Poudlard Miss Malfoy!

Victoria observa autour d'elle. Le bureau du directeur était tel qu'elle l'avait imaginé d'après les descriptions de Draco. Une grande partie des murs était couvert de livres, l'autre de tableaux. Plusieurs petits bureaux ronds ou rectangulaires étaient disposés ici et là, et dessus, d'innombrables et mystérieux objets reposaient. Il ne restait que très peu de place et pourtant, la pièce ne semblait pas si chargée non plus... Une sorte d'ordre et de désordre dont seul le maitre des lieux pouvait y comprendre et retrouver quoi que ce soit.

- Merci Professeur Dumbledore.

Nymphadora était déjà installée sur un des sièges devant le grand bureau, derrière lequel le directeur la fixait de ses yeux bleus clairs.

Derrière elle, la cheminée reprit vie et la seconde suivante, Charlie était à ses côtés.

- Je suis content de voir tous, mes chers enfants, reprit le plus âgés après avoir saluer le jeune Weasley. Nous avons quatre heure avant l'arrivée des élèves et le banquet de ce soir. Une réunion avec le corps professoral aura lieue une heure avant cela. Ce qui vous laisse peu de temps, finalement, pour visiter et vous familiariser avec les lieux, Miss Malfoy. C'est pourquoi, nous allons faire au plus court.

L'ancien professeur de métamorphose réajusta ses lunettes en demi-lune et sortit, d'un de ces tiroirs, un petit coffre en bois à clapet.

- Nous allons commencer par votre transformation physique afin que vous deveniez Victoire Delauney, sourit-il ensuite. J'ai enchanté ce collier pour qu'il vous procure une nouvelle apparence, continua t-il en poussant la boite vers Victoria.

Cette dernière prit le coffret dans ses mains, traçant de son index le "P" calligraphié et gravé en lettres d'or sur le dessus, et l'ouvrit. Dans un petit écrin bleu nuit, un pendentif en forme de Lys blanc reposait. Il était magnifique et la chaine de mailles fines qui l'accompagnait était très élégante.

- Ce collier appartenait à la mère de Harry. James l'avait enchanté pour la protéger des mauvais sorts qui pourraient l'atteindre. L'un des plus beaux cadeau de mariage qui soit, si vous voulez mon avis. Quand les mangemorts et Voldemort étaient à leur poursuite, James y a ajouté un puissant charme de métamorphose qui permettait à Lily de sortir sans qu'on puisse la reconnaitre. Elle était si pleine de vivacité, que sans ce stratagème, elle aurait fini par devenir folle, enfermée chez elle. Le seul sortilège que le pendentif n'a sut déjouer a été celui qui lui a été fatal, finalement.

La jeune femme hésita un instant puis pris délicatement la chaîne entre ses doigts. Aussitôt une douce chaleur se répandit en elle. Elle savait ce que c'était. Elle avait appris à la reconnaitre. La Magie. Une magie pure, lui avait un jour expliquer Severus. Celle qui venait du cœur, qui était projetée quand le sorcier qui en usait le faisait pour quelqu'un d'autre et non pour lui-même.

C'était la magie que Draco utilisait inconsciemment, enfant, pour venir la retrouver malgré son incapacité à transplaner au sein du manoir. Celle qu'elle-même utilisait pour le rassurer, les soirs d'orage, en invoquant un ciel d'étoiles sur le plafond de sa petite chambre. Et enfin, la magie dans laquelle elle-même puisait pour soigner les blessures de son frère quand il revenait de ses entrevues avec Voldemort.

C'était de la belle magie, avait aussi dit Severus. Une magie si blanche qu'elle représentait tout l'amour qu'un sorcier pouvait avoir envers un.e autre.

- James était un très grand sorcier, ajouta Dumbledore comme s'il avait lu dans ses pensées. Et à force de le porter, le collier a fini par puiser un peu de la magie de Lily également. J'aurai certainement pu créer un charme identique à celui-ci, mais malgré toute mes capacités, il n'aurait jamais été aussi sûr et efficace que ce pendentif-là.

- Harry était-il d'accord pour cela?

- Quand je lui ai demandé si je pouvais récupérer cette chaine dans le coffre familial des Potter, et que je lui ai expliqué ses caractéristiques, il n'a pas hésité une seule seconde. Je ne sais pas comment vous vous y êtes prise, mademoiselle, mais il semblerait que ce jeune garçon tienne à vous aider corps et âme.

Victoria eut un mince sourire. Elle non plus ne savait pas pourquoi Harry l'avait cru aussi vite. Peut-être avait-il eut envie de croire que son frère n'était pas si mauvais que ce qu'il laissait voir? Ou peut-être était-ce juste dans la nature de Harry de voir le bien partout?

- Vas-y, essaie-le, lui conseilla Nymphadora en posant une main sur épaule.

La blonde ne se fit pas plus prier et revêtit le collier. Une suite de picotements parcouru tout son être et sans qu'elle ait à le voir, elle su chacun des changements physiques que son corps avait soudain subi.

Ses longs cheveux blonds avaient perdus de leur taille et lui arrivaient maintenant au-dessus des épaules. Les mèches devenues vénitiennes entouraient un visage un peu plus rond, et ses yeux s'étaient assombris vers une couleur bleue nuit. Seul son nez semblait ne pas avoir été touché par le charme. Victoria avait aussi l'impression d'avoir perdu quelques centimètres, mais pas suffisamment pour que son pantalon en devienne trop long.

- Cool! souffla sa cousine, émerveillée.

- Tu es métamorphomage, Dora, répliqua Charlie, incrédule.

- Et alors? N'empêche, que c'est impressionnant à voir, s'expliqua simplement l'auror.

- Je suis ravi de voir que vous partagez toujours la même complicité qu'à votre adolescence, tous les deux, sourit le directeur. Ce sera sans doute un atout crucial pour vos cours!

- En parlant de cela, avez-vous le programme de vos anciens professeurs de DCFM pour que nous puissions voir ce qui a été vu ou non, ou même pour nous appuyer dessus? questionna Charlie, retrouvant son sérieux.

- Ils se trouvent dans vos apparentements, approuva le vieil homme. Cependant, mes anciens collègues n'étaient pas forcément des pointures dans le domaine, comme on dit. C'est pour cela que j'ai invité, en secret cela va s'en dire, le seul qui méritait réellement le titre de professeur à venir quand bon lui semble au château. Remus est pour le moment en mission, mais il devrait revenir en Angleterre d'ici quelques jours. En plus de vous aider pour les cours, il pourra ainsi vous rencontrer, Victoria, et vous aider, si vous le souhaitez, avec le contrôle de votre magie. Il me semble qu'on vous a déjà suggérer cette option, Miss.

- C'est exact. Et son aide ne sera pas de refus. Je... je ne veux pas blesser qui que ce soit. Surtout pas ici, à Poudlard, avec autant de monde...

- Ne vous inquiétez pas de cela, Miss Malfoy. Vous n'êtes en aucun cas un danger et si, par malchance, il vous arriverez de perdre le contrôle, le château regorge de professeurs aptes à gérer ceci.

L'enseignant semblait si sûr de lui, que Victoria se sentit de suite plus rassurée. Bien sûr, elle avait peur de ce qui pourrait arriver dans un tel cas, mais elle n'était plus seule. Elle avait des gens à qui parler. A qui se confier. Son regard croisa celui de sa cousine, et elle lui rendit son sourire.

- En ce qui concerne votre baguette, reprit le directeur en regardant la jeune fille, j'ose espérer que votre cousine puisse vous conduire chez Ollivander dès demain. Une apprentie maitre des potions sans baguette magique serait bien trop étrange, et c'est le genre de détails que ne manquerait pas de relever une partie de nous élèves trop curieux.

- Nous pourrons y aller demain matin, confirma Tonks.

- Bien, dans ce cas, il n'y a plus grand chose sur laquelle nous attarder. Charlie, vos quartiers sont ceux habituels des professeurs de DCFM, je me doute que vous sachiez les trouver sans mon aide.

- Il me semble bien avoir passer quelques heures en retenue là-bas pendant ma sixième année, rit Charlie.

- C'est bien ce que je pensais, reprit Dumbledore. Je me suis permis de vous attribuer des appartements communs Mesdames, puisque, comme vous le savez, l'Ordre ne souhaite pas que vous vous retrouviez seule trop longtemps Victoria. Ils se trouvent dans les cachots, près de ceux de Severus. Il doit d'ailleurs vous attendre à cette heure-ci.

Victoria grimaça, mais le vieil homme ne le vit pas, ou l'ignora, et continua.

- Profitez du temps qu'il vous reste pour vous balader dans le château et rendez-vous à la salle des professeur pour notre réunion à dix-huit heures tapantes, jeunes gens!

Et comme cela ressemblez vivement à un congédiement, les trois amis se hâtèrent de quitter le bureau du directeur.

oOoOoOo

Le quai 9 3/4 grouillait de sorciers et sorcières, comme à chaque rentrée, et chacun essayaient de rejoindre les wagons tant bien que mal. Harry avait été séparé de Ron et Hermione, qui étaient partis devant s'enquérir du nom des préfets des autres maisons, et cherchait un compartiment libre, en vain. Poussant sa lourde valise derrière lui sur encore quelques mètres, il fini par apercevoir Luna et Neville dans l'un d'eux.

- Harry! s'exclama la Serdaigle en le voyant. Tu peux venir avec nous maintenant, je viens de faire partir les derniers joncheruines qui étaient présents ici.

Le gryffondor échangea un rapide coup d'œil avec Neville qui haussa simplement les épaules. "C'est Luna", semblait-il dire. Le survivant secoua la tête, indulgeant, et entra dans la cabine, la refermant derrière lui.

- Je te remercie, Luna! Que ferions nous sans toi? lui dit-il avec un clin d'œil.

- Vous vous feriez probablement infester l'esprit d'idées noires... déclara la blonde comme s'il s'agissait de la chose la plus logique au monde.

- Probablement, approuva Neville, un doux sourire aux lèvres.

Ce dernier se leva pour aider son camarade à hisser dans l'espace dédié à cela avant de s'inquiéter de l'absence de Ron et Hermione.

- Apparemment, les préfets se réunissent dans un des compartiments pour se rencontrer et discuter de leurs rôles. Ils m'ont dit qu'il y avait peu de chance pour qu'on les voit durant le voyage. Je crois même que Hermione va commencer ses rondes dès que le train va se mettre en route, rit doucement Harry.

- Je refuserai la demande de Dumbledore pour être préfète s'il me le propose l'année prochaine.

Le commentaire de la Serdaigle fit relever vivement les yeux des deux gryffondors vers elle.

- On peut refuser de l'être? fut la question de Harry.

- Pourquoi? celle de Neville.

La jeune fille les regarder avec des yeux ronds. N'était-ce pas évident?

- Les autres élèves ne me prennent jamais au sérieux et se moquent toujours de moi. Et puis, je disais ça comme ça. Si jamais cela arrive, il faudra vérifier si le directeur est sein d'esprit.

- Luna, fit sérieusement Harry. Il ne faut pas te fier à ce que disent ces idiots. S'ils apprenaient à te connaître, ils verraient qu'elle fille formidable tu es!

- Et puis, moi, je suis certain que tu ferais une préfète parfaite! Bien mieux que ne pourra jamais l'être Draco Malfoy.

- C'est gentil de dire ça. Mais je ne souhaite quand même pas être préfète, répéta Luna, sûre d'elle.

- C'est Malfoy le préfet de Serpentard?

- Oui, grimaça le châtain, je l'ai vu se pavaner sur le quai avec son insigne. Lui et Pansy Parkinson.

- En même temps, c'est le meilleur élève de notre promotion, après Hermione.

- C'est vrai... M'enfin, je suis certain qu'il va en profiter encore pour que Serpentard soit premier cette année.

- Il n'en a pas le droit, asséna la seule jeune fille.

- Mais c'est Malfoy! répliqua Neville, les yeux ronds. Et l'année passée, avec Ombrage, il y a prit goût, j'en suis sûr.

Harry observa ses deux amis se chamailler gentiment sur le sujet. Avec ce que lui avait dit Victoria, son regard sur le blond commençait à changer peu à peu. Et si elle avait raison et que Draco n'était pas du tout celui qu'il pensait?

La porte de leur compartiment s'ouvrit soudainement et Blaise Zabini y passa la tête.

- Oh, Potter... commenta t-il d'une voix trainante. C'est fou combien il est compliqué de trouver une cabine en particulier dans ce train!

Et comme il était apparu, Zabini disparut, laissant les deux gryffons et la serdaigle dans l'expectative.

- Et nous, nous sommes là pour la déco? questionna sérieusement Luna.

Neville secoua la tête, encore ahuri par le passage éclair du serpentard, mais ne put rien répondre puisque Harry se leva brusquement, faisant tomber les nombreux tirages du Chicaneur que Luna avait posé sur la banquette en arrivant.

- Oups Désolé, fit-il en ramassant les magazines au sol et de les empiler à la va vite sur le siège. Je reviens... J'ai... Euh.. Je dois vérifier quelque chose.

Et sur ces paroles, le brun quitta ses amis et s'élança à la poursuite de Zabini. Surement allait-il finir par retrouver Malfoy -ou bien serait-ce l'inverse- et, étrangement, lui aussi voulait voir le blond.

Heureusement pour lui, Blaise n'avait pas avancé trop rapidement et les couloirs étaient bien moins occupés que lorsqu'il était entré dans le train. Il fut facile de suivre le serpentard. Tout en marchant, le gryffondor retira de sa poche élargie par la magie -sortilège très utile de Hermione- un lourd tissu aux reflets d'argent. Après avoir vérifier que personne ne faisait attention à lui, Harry profita que Zabini ouvrait un énième compartiment pour enfiler sa cape d'invisibilité.

Il marcha dans les traces du métisse encore quelques minutes avant que ce dernier ne trouve ce qu'il cherchait.

- Ah! Enfin! J'ai l'impression que ça fait des heures que je vous cherche! lança Blaise sur un ton joyeux en repoussant la porte derrière lui.

In-extrémis, Harry plaça son pied dans l'embrassure de la porte coulissante, l'empêchant ainsi de se refermer complètement. Ce détail rendit perplexe le serpentard qui tenta en vain de fermer à nouveau à la porte.

- Que se passe t-il Blaise? En plus de n'avoir aucun sens de l'orientation, te voilà incapable de refermer une maudite porte?

La raillerie de Goyle fit se retourner Blaise et Harry sauta sur l'occasion pour ré-ouvrir la dite porte et se précipiter à l'intérieur de la cabine tandis que les occupants continuaient à charrier leur ami.

Réfléchissant à toute vitesse, le brun sauta sur l'un des sièges vides, qui se trouvait être aux côtés de Malfoy et grimpa dans le filet à bagage. Dans sa précipitation, il ne vit pas le froncement de sourcil du blond, ni son regard vers le haut, où il se trouvait, pourtant invisible.

- Qu'est ce que vous faîtes déjà là? questionna Zabini dans un mouvement de tête vers Draco et Pansy. Vous n'aviez pas une réunion avec les professeurs?

- Elle est terminée depuis quelques temps déjà, expliqua la jeune fille. Du moins, la partie obligatoire. On pouvait rester si on avait des questions, ou si on voulait en savoir plus, mais bon, Draco a jugé que ce n'était pas nécessaire.

Du haut de son porte-bagage, Harry se retint de lever les au ciel. Bien sûr, si c'est Draco qui le disait... N'était-elle pas capable de penser par elle-même?

- Vous ne devinerez jamais qui cet idiot de Dumbledore a choisi pour être préfet chez les bouffondors... fit le blond à son tour.

- Granger? hasarda Blaise.

- Bien sûr, Granger, ça c'est évident Zabini, je parle de l'autre... Ce vieux fou a nommé la belette!

Harry ne pouvait voir l'expression de dégout sur le visage de sa némésis, mais il put très bien l'imaginer vu le ton employé.

- Tu aurais préféré que ce soit Potter? continua Blaise. Pouvoir te balader et te frotter à lui dans les couloirs sans rien craindre de personne grâce votre statut?

La ton plutôt espiègle du serpentard fit froncer les sourcils à Harry. Il fixait le blond de son regard chocolat avec un immense sourire entendu sur le visage, comme s'il essayait secrètement de lui faire passer un message.

- Ne dis pas n'importe quoi, gronda le blond en réponse, faisant élargir d'autant plus le sourire du métisse. Mais au moins, j'aurai compris pourquoi!

- Peut-être sera t-il préfet en chef en 7ème année? fit Vincent en haussant les épaules.

- C'est rare qu'un préfet en chef ne soit pas choisi parmi ceux ayant déjà été préfet, souligna Pansy en levant les yeux de son magasine de Sorcière Hebdo.

- De toute manière, moi j'ai peu de chance de l'être en 7ème, reprit Malfoy de sa voix trainante. Il se peut que je ne sois même plus à Poudlard l'année prochaine.

- Qu'est ce que tu veux dire? s'exclama Pansy d'un ton indigné en se tournant vers lui.

- On ne sait jamais, répondit Malfoy avec l'ombre d'un sourire. Il est possible que ... heu... je m'occupe de choses plus importantes et plus intéressantes.

Harry arrêta de respirer le temps d'un instant. Il allait en parler, là, dans un wagon avec n'importe qui qui pouvait débarquer à n'importe quel moment? Le gryffondor tendit l'oreille et attendit la suite.

A l'instar de Harry, les amis de Draco semblait intrigués par ce que leur annonçait leur leader. Au vu des regards curieux, aucun d'eux ne semblait voir ce qui était plus important que Poudlard pour le moment.

- Tu veux dire... Lui? comprit enfin Zabini.

Malfoy haussa les épaules.

- Ma mère veut que je finisse mes études, mais personnellement, je ne crois pas que cela soit si utile, de nos jours. Quand le Seigneur des ténèbres aura pris le pouvoir, vous croyez qu'il s'occupera de savoir combien de B.U.S.E. et d'A.S.P.I.C. chacun peut avoir? Ce qui comptera, c'est le genre de services qu'on lui aura rendus et le degré de dévotion qu'on lui aura montré.

- Et tu crois que toi, tu seras capable de faire quelque chose pour lui? demanda Zabini d'un ton cinglant. Seize ans et même pas diplômé?

- Je viens de te le dire, non? Peut-être que le travail qu'il m'a confié ne nécessite pas de diplôme? répondit Draco à voix basse.

Harry frissonna. Alors c'était vrai. Hermione, Ron et lui avait eu raison. Voldemort avait bien confié une tâche à Malfoy. Une tâche qui avait nécessité une visite dans cette boutique glauque et qui changerait la vie de Malfoy au point qu'il ne retournerait pas à l'école l'an prochain...

Tant à ses réflexions, il ne vit pas Goyle se lever pour récupérer sa valise qui se trouvait près de sa tête. Cette dernière heurta son crâne, si violemment, qu'il ne put empêcher un gémissement franchir la barrière de ses lèvres. Son estomac se contracta quand il vit les yeux de Malfoy le fixer malgré la cape. Ca y est, il le sentait, il était fichu...

Harry resta figé jusqu'à l'arrêt du Poudlard Express. Les serpentards commencèrent à se lever et à récupérer les derniers bagages. Cette fois, Harry fit bien attention à ne pas se faire toucher. Malfoy, cependant, resta sagement assis à sa place, les jambes croisées.

- Tu ne viens pas Draco? s'inquiéta la seule fille du groupe.

- Allez-y devant, je vous rejoindrai. Je dois vérifier quelque chose.

Pansy hésita un instant, mais Blaise la tira vers lui. Goyle et Crabbe étaient déjà sortis et un grand nombre d'étudiants affluaient déjà dans les couloirs.

- Comme tu veux, accepta finalement Parkinson avant de suivre le métisse.

Enfin seul, Draco se releva et se tourna vers l'endroit où Harry était caché, baguette en main. Ce dernier sentit son cœur se serrer.

- J'espère que tu t'es bien amusé, Potter... commença le blond.

Le sortilège frappa Harry avant qu'il ne puisse effectuer un seul mouvement. Son corps se tendit et ses muscles se figèrent instantanément, si bien qu'il fini par tomber de son perchoir et rouler jusqu'aux pieds de Malfoy. La cape, qui avait évidement glisser en même temps que lui, fut arrachée d'un geste brusque.

- La prochaine fois que tu essaieras d'espionner quelqu'un, essaie de faire preuve d'un peu plus de discrétion! railla le serpentard avant de rire mollement à sa propre plaisanterie.

Mais bien vite, son rire se fana et il plissa dangereusement les yeux.

- Tu n'as rien pu entendre d'important de toute façon...

Ne pouvant plus bouger d'un pouce, Harry observa sa némésis faire les cent pas devant lui, semblant réfléchir à toute vitesse.

- Tu n'aurais jamais dû fouiner dans mes affaires, Potty... Vraiment. Je pourrai te dire que cela me désole de devoir te laisser retourner Londres, mais ce serait mentir. Tout le monde a quitté le train maintenant et personne ne saura que tu es resté dedans, continua Draco en le recouvrant entièrement de la cape sous le regard horrifié du brun. Quand on te retrouvera, tu seras peut-être déjà mort de faim, qui sait?

Et pour faire bonne figure, Draco balança son pied dans la masse invisible. Pied qui atterrit judicieusement au niveau du visage de Harry, brisant ainsi ses lunettes. S'il l'avait pu, le brun aurait certainement hurler sous la douleur. Il sentit un liquide chaud couler le long de ses lèvres. Immanquablement, Draco avait du lui briser le nez.

- Ca c'était de la part de mon père… Bon voyage, Potter, déclara le serpentard avant de quitter la cabine, d'un ton faussement joyeux.

oOoOoOo

Quasiment tous les regards de la grande salle étaient tournés vers le vieux chapeau rapiécé posé sur l'estrade. Ce dernier avait entamé, pour une énième année, sa chanson en parlant de coopération et d'alliance. Un message d'espoir et de mise en garde à la fois.

Parmi les membres du corps professoral, beaucoup se promirent de reprendre les mots du Choixpeau au cours de l'année à venir en cas de dispute ou bagarre inter-maison.

Un à un, les nouveaux élèves défilèrent devant eux pour être répartis, et furent chaleureusement applaudis par leurs nouveaux camarades.

Charlie Weasley était heureux. Un sentiment qu'il avait tant de mal à ressentir ces derniers temps qu'il fallait absolument le noter. Voir ces élèves aux couleurs de leur maison rire et chahuter avec leur amis lui rappela ses propres années à l'école.

Ses pensées nostalgiques furent coupées par un raclement de gorge du directeur qui s'était levé pour son éternel discours de bienvenu.

- Mes chers élèves, bienvenue pour cette nouvelle année! Aujourd'hui je me passerai de vous rappeler vos obligations en tant qu'étudiant, mes collègues, vos directeurs de maison s'en chargeront très bien. Les élèves ne sont toujours pas autorisés à sortir de leur dortoir en dehors du couvre feu, les horaires sont affichés dans le hall. De même, l'accès à la forêt reste... et bien, interdite aux élèves, continua t-il en fixant son regard sur les quelques élèves plus âgés. Ce n'est pas pour vous contraindre à quoi que ce soit que ces règles sont établies. La forêt recèle de créatures dangereuses et ses quelques habitants tiennent à leur intimité. La liste des objets interdits peut être consultée auprès de notre concierge, Monsieur Rusard.

Après une pause où Dumbledore jaugea l'assemblée de son regard bleu ciel, il reprit.

- Bien, après ces quelques recommandations, l'heure est venue de vous présenter les nouveaux professeurs de cette année. Pour le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal, exceptionnellement, vous aurez droit à deux enseignants: Charlie Weasley et Nymphadora Tonks. Ils se partageront les classes et les cours afin que vous ayez tous l'occasion de travailler sous leur tutelle. Vous remarquerez aussi une troisième nouvelle tête à notre table aujourd'hui. Cette jeune femme, Victoire Delauney, est apprentie maitre de potion. Bien qu'elle sera majoritairement présente auprès du Professeur Snape, elle pourra aussi s'investir dans nombreux autres cours, comme assistante, pour parfaire sa formation. Ne soyez donc pas surpris de la voir ici et là durant vos heures de cours. Son statut particulier lui donne quelques privilèges, certes, mais étant encore étudiante, elle doit aussi suivre quelques règles, comme vous tous. Cependant, elle peut aussi choisir de se balader parmi vous, de s'assoir à vos tables ou à la notre, et d'échanger avec vous si vous et elle le souhaitez. Je compte sur vous pour lui faire bon accueil.

Victoria se leva, à l'instar de Charlie et Dora quand le professeur les avait présenté, pour chaque étudiant puisse la voir. Elle put clairement voir la curiosité sur le visage de la plupart d'entre eux. En même temps, il était plus que rare qu'un maitre des potions prenne un apprenti dans son atelier, alors qu'il en prennent un.e alors même qu'il travaillait dans une école, c'était du jamais vu.

Son regard s'attarda sur la table des gryffondors, et plus précisément vers Hermione, s'attendant à la voir lui sourire. Ce qui fut le cas, mais son sourire ne lui semblait pas naturel, la jeune fille avait l'air soucieuse. En regardant autour de la brune, Victoria en compris très vite la raison.

Elle se rassit brusquement, ne portant plus du tout attention à ce que pouvait raconter le directeur.

- Où est Harry? souffla t-elle doucement à sa cousine qui avait d'autorité prit place à ses côtés.

- Quoi?

- Harry n'est pas avec ses amis. Je ne le vois nulle part.

Leur dialogue attira le regard de Charlie, assis entre Tonks et le professeur Chourave, ainsi que celui de Snape, à la gauche de Victoria.

- Que se passe t-il pour que vous vous agitiez autant? gronda la voix du maitre de potion.

- Harry n'est pas à sa table, expliqua Nymphadora après avoir jeter un coup d'œil à la tablée rouge et or. Quelqu'un l'a t-il vu depuis l'arrivée du train?

- Potter veut surement se rendre encore plus intéressant, comme d'habitude.

- Hermione et Ron semblent inquiets, cela ne leur ressemble pas, ajouta Charlie, ignorant la verve du potionniste.

Dumbledore avait terminé de discourir et, en un pop sonore, les tables se recouvrirent de victuailles. Ignorant tout de l'agitation qui avait envahi une partie des professeurs, les élèves commencèrent à remplir leur assiette, tout en se racontant leur vacances.

- Je vais aller voir Ron, je reviens, fit Charlie avant de se lever vivement.

En passant, il glissa quelques mot à l'intention de Dumbledore et ce dernier, ainsi que son adjointe froncèrent les sourcils.

Quand le cadet des Weasley se détourna de son frère son visage ne reflétait qu'une profonde inquiétude. Dumbledore se rapprocha d'eux imperceptiblement quand Charlie le rejoignit. De toute évidence, la disparition du garçon avait fait le voyage jusqu'au bout de la table professoral, puisque tous attendait que le jeune homme prenne la parole.

- Ron et Hermione ne l'ont pas vu du voyage et le jeune Londubat m'a dit que Harry les avait quittés, lui et son amie, une trentaine de minutes avant l'arrêt du train, exposa le rouquin, le ton grave. Depuis, plus rien.

Tonks sauta littéralement sur pied, faisant ainsi tomber sa chaise, qui fut rattrapée in-extremis par un Snape ennuyé avant de toucher le sol.

- Je retourne à la gare, décida la jeune femme. S'il est resté dans le train, je le retrouverai.

- Bien, allez-y, approuvé Albus. Charlie, Severus, voudriez-vous bien aller voir à Pré-au-Lard? Hagrid, allez faire un tour dans la forêt interdite, voir si quelqu'un aurait vu quelque chose. Filius, Pomona, pourrez-vous vous prendre en charge les nouveaux serpentards et gryffondors, en plus de vos poufsouffles et serdaigles? Minerva et moi-même devons inspecter les alentours du château.

- Bien entendu, Albus, acquiesça Flitwick tandis que chacun partait à sa tâche.

- Pensez-vous que Vous-Savez-Qui aurait pu s'en prendre à Potter entre le Poudlard Express et ici? questionna le professeur Chourave.

Le directeur secoua vivement la tête de gauche à droite. Impossible. Certains professeurs avaient été à la gare de King Cross, et Hagrid était là à l'arrivé du train à Pré-au-Lard. Ils auraient forcément vu ou entendu quelque chose!

- Je ne l'espère pas, ma chère, finit-il par répondre. Mais nous allons néanmoins vérifier que les protections autour du château n'aient pas sautées...

oOoOoOo

Il n'y avait jamais eu autant de remue ménage dans le bureau du directeur un soir de la rentrée. Quoiqu'en y réfléchissant bien, celle de 1992 avait été assez mouvementée. La voiture volante aperçue dans le ciel de l'Angleterre par des centaines de moldu avait vite remonté jusqu'à Dumbledore et ses professeurs, après tout.

Toujours est-il, qu'à l'heure où tous les étudiants auraient dû être dans leur lit pour affronter les premiers cours le lendemain, les quatre directeurs de maison, Charlie, Pompom Pomfresh ainsi que Victoire Delacour, Ron et Hermione attendaient l'arrivée de Nymphadora et Harry Potter.

Quand le patronus de l'auror les avait prévenu qu'elle avait retrouvé le garçon dans la train, blessé, immobilisé et caché sous sa cape d'invisibilité, le corps professoral avait été soulagé, un premier temps, puis préoccupé. Si une éventuelle menace de Voldemort avait été écartée, il n'en restait pas moins que quelqu'un -un étudiant pour ce qu'ils en savaient-, s'en été pris délibérément à Harry.

D'après Hermione, Neville leur aurait rapporté que leur ami était parti précipitamment sans leur donner de raison. Le jeune gryffondor s'en voulait d'ailleurs de ne pas l'avoir suivi. Hermione avait dû jouer des pieds et des mains pour qu'il ne les suives pas au bureau du directeur, arguant que ce n'était pas de sa faute, qu'il ne pouvait pas savoir. De plus, elle avait ajouté que leur premier cours était celui de potion et qu'il devrait plutôt aller relire son essai, puisque dans tous les cas, personne ne pouvait rien faire pour ramener Harry plus vite. Ron était persuadé que c'était ce dernier argument qui avait finalement décidé Neville à rejoindre son dortoir.

La porte du bureau s'ouvrit lourdement et un Harry pour le moins décidé entra dans la pièce. Il s'arrêta cependant quand il vit le nombre de personne présentes.

- Harry! Mais que t'es t-il arrivé?

Le brun rassura rapidement sa meilleure amie, qui était venue l'entourer succinctement de ses bras. Malgré qu'il ait la moitié du visage souillé de sang, ce n'était pas grand chose.

- Ca c'est à moi d'en juger, Monsieur Potter, déclara l'infirmière en lançant les premiers sortilèges.

- Tonks m'a déjà réparé le nez, et elle a refermé aussi la blessure que j'avais au front, je vous assure que je n'ai rien.

Pomfresh souffla mais elle ne put que constater qu'il avait raison, sous le regard plutôt fier de Nymphadora. Les soins qu'elle lui avait apporté avait été presque parfait.

- Peux-tu nous raconter ce qui s'est passé, Harry, s'il te plait? fit le directeur en invitant le garçon à s'asseoir.

Harry prit place sur le sofa, au fond de la pièce, entre Hermione et Ron mais hésita un instant, son regard allant des professeurs à Victoire.

- Tu peux parler sans crainte, Harry. Ici, ils sont tous au courant de l'identité réelle de Miss Delauney, savent ce qu'est l'Ordre du Phoenix, et ont toute ma confiance.

- Oh? Ok... Draco Malfoy m'a jeté un stupéfix avant de me couvrir de ma cape d'invisibilité juste après l'arrêt du train, confia Harry, hésitant sur les mots sachant qu'on ne le laisserai pas partir juste après cette déclaration.

- Vous en êtes venus aux mains, aussi, non? questionna Tory.

- Il en est venu au mains, précisa amèrement le brun. Moi j'étais déjà stupéfixé. Un lâche, comme d'habitude...

- Mr Potter! gronda la voix de sa directrice de maison.

- Et pourquoi l'a t-il fait?

Le gryffondor se tourna vers Snape, qui avec son regard noir et les bras croisés sur sa poitrine, donnait l'impression à Harry d'être questionné par les policiers d'une des séries que Dudley ne ratait jamais.

- J'avais espionné une de ses conversations et il l'a découvert, avoua le survivant, n'essayant même pas de mentir.

Il avait appris l'année passée qu'avec Snape, c'était chose inutile. Le type pouvait lire dans les pensées! Il avait tiré un trait sur l'occlumentie, alors à quoi bon?

Le professeur sembla un instant surpris par sa réponse, et grogna quelque chose qui ressemblait à "fichue curiosité gryffondorienne", ce qui fit sourire Minerva, malgré les circonstances.

- Pourquoi as-tu fait une chose pareille? reprit Dumbledore.

- Tonks a du vous le dire, Professeur, mais nous pensons que Malfoy a reçu une mission. La conversation que j'ai surprise allait en ce sens aussi. Il l'a quasiment avouer!

- Quasiment, releva Snape. Vous vous êtes mis dans une situation impossible, sans réfléchir au conséquences, comme toujours, pour rien du tout, Potter. Quand apprendrez-vous à rester à votre place? Ce n'est pas à vous de jouer aux espions apprenti sauveur du monde! Ne croyez pas tout ce qui dit la gazette!

- Severus, s'il vous plait... plaida Minerva.

- Pourtant ce que dit le professeur Snape est vrai, Harry. Cela aurait pu être plus dangereux. Nymphadora vous a retrouvé parce que nous savions que vous aviez une cape d'invisibilité. Autrement, nous aurions pu vous chercher des mois. Si vous ne faîtes pas partis de l'Ordre, mes enfants, c'est pour une raison. Nous savons certaines choses et nous vous en disons certaines... Et cela est bien suffisant pour le moment.

- Je ne suis pas d'accord, professeur. Et je vous l'ai fait savoir après la bataille du ministère d'il y a trois mois. L'avez vous déjà oublié? Je suis concerné par tout ça! La prophétie l'a prédit. Ce n'est pas votre combat! C'est le mien aussi! Et vous m'avez bien fait comprendre que je n'avais pas le choix! Alors pourquoi ne pas tout nous dire directement?

A coté de lui, Ron et Hermione approuvaient vigoureusement. Le professeur Dumbledore croisa ses mains ridées sur son bureau et observa les trois jeunes gens en face de lui avec un sourire triste.

- Parce que j'essaie de vous protéger mes chers enfants, rien de plus...

- Mais cela ne fonctionne pas, Albus, fit gravement Filius.

- Regardez seulement combien de nos élèves se sont retrouvés en danger, ou pire, à cause d'un non-dit... ajouta Pomona Chourave, ses pensées virevoltant vers Cédric Diggory, élève de sa maison.

- Je le sais bien...

Pendant un instant, un silence inconfortable s'installa dans le grand bureau. Puis, avec un soupir, le directeur se leva de son siège et s'adressa à tous.

- Je pense qu'il est grand temps que nous rejoignons tous notre lit. J'ai bien en compte ce qui a été dit, mais tout cela peux attendre plus tard, non? Severus, je vous laisse le soin de choisir la punition du jeune Draco. Sur ce, bonne nuit.

Quand tout le monde quitta le bureau, Victoria suivit docilement sa cousine jusque dans les logements qui leur avait été attribué. Elles avaient partagé un bout de chemin avec le trio de gryffondor et Charlie. Harry en avait profité pour remercier Tonks, n'ayant pas eu l'occasion de la faire avant cela et Victoria avait voulu savoir exactement ce que Draco avait dit.

Le brun essaya de retranscrire la conversation la plus fidèlement possible.

- Tu es en colère, n'est ce pas? questionna t-elle ensuite.

- Contre ton frère?

- Non, enfin, si, aussi... En fait je parlais du Directeur et du fait qu'on te cache des choses qui te concerne.

- En ce qui concerne ton frère, je ne suis pas en colère après lui. Pas vraiment. On se bat tout le temps, lui et moi, on se lance des sorts, on fini par se blesser mutuellement. C'est pas nouveau. Le truc, c'est qu'avec ton arrivée, j'ai essayé d'imaginer un Malfoy différent et là je me demande simplement s'il n'allait pas me laisser crever de faim sous cette cape, tu vois? S'il est pas mauvais à ce point là?

- Je ne comprend pas qu'il n'ai pas réfléchi à ses actes avant... Il est en colère et je peux t'assurer qu'il a peur, aussi. Mais je n'aurai jamais pensé qu'il soit capable de faire ça. Pourtant, je reste persuadée qu'il ne t'aurait pas laissé mourir. Il en serait incapable.

- Qu'en sais-tu?

- Je le sais, c'est tout, sourit doucement la blonde. Tu n'as pas répondu à ma deuxième question.

Harry poussa un soupir, fatigué.

- Bien sûr que je suis en colère contre lui. Contre Dumbledore et tous les adultes qui pensent que je ne dois rien savoir! Toujours est-il que c'est moi qui ai dû affronter un basilic, voir Voldemort renaître de ses cendres, assister à la mort de Cédric et à celle... à celle de Sirius. Eux n'étaient pas là. Ou arrivaient trop tard... Et ils s'acharnent à dire que je suis trop jeune... Tu parles, ce ne sont que des conneries...

- Je te comprend, tu sais. Et tu as raison de faire rugir ta colère. C'est mauvais de la garder en soi. Partage-là au moins avec quelqu'un, tu te sentiras mieux, crois-moi. Moi, je suis toujours très en colère contre Severus, par exemple. Pourtant, il m'a très bien expliqué le pourquoi il ne pouvait pas m'emmener avec lui, mais malgré tout, j'ai dû mal à voir cela autrement que comme des excuses qu'il se trouvait pour ne pas le faire.

- C'était si moche que ça chez toi?

Victoria eut un petit rire sans joie. Moche? Enfermée, seule la majorité du temps, n'ayant aucun contrôle sur sa vie et sur ses pouvoirs? Oui, c'était "moche".

- J'ai pas eu la meilleure des enfances, ça c'est certain. Comme toi, d'après ce que j'ai pu comprendre. Charlie m'en a un peu parlé, expliqua t-elle devant le regard perplexe du brun. Enfin, un tout petit peu. Mais je suis très observatrice, vois-tu. J'en ai vite déduit quelques trucs. Je ne pense pas que nous soyons très différents l'un de l'autre, tous les deux.

- On devrait se faire un après-midi tranquilles au bord du lac pour se raconter tout ce qui ne va pas dans nos misérables existences...

Victoria éclata de rire.

- Il nous en faudrait au moins deux!

- Au moins ça! Au fait, top ta nouvelle apparence, continua t-il plus doucement. Même si je préfère la vraie.

- Merci. Moi aussi. C'est étrange de marcher dans sur des jambes qui ne sont pas exactement les siennes, rit la jeune femme. Merci d'ailleurs pour le pendentif. Je suppose que ce n'était pas évident pour toi de laisser une totale étrangère d'utiliser un objet avec lequel tu dois avoir un lien affectif.

- Détrompes-toi... Avant que Dumbledore m'en parle, je n'en connaissais même pas l'existence. Je suis content qu'il puisse te servir.

Ils discutèrent encore quelques instants des propriétés de l'objet magique, rejoints très vite par Hermione. Apparemment, Charlie et Ron, en bon exemple de fratrie, commençaient à se chamailler sur la meilleure équipe de Quidpot des Etats-unis, à priori un sport similaire au Quidditch, Tonks avait décidé de faire l'arbitre.

Quand les gryffondors se séparèrent du groupe pour rejoindre leur tour, Harry se sentait bien plus apaisé.

oOoOoOo

Draco avait mal. Son dos le brulait atrocement et les muscles de ses bras le tiraillaient tellement qu'il avait l'impression qu'ils pesaient une tonne chacun. Mais il ne flancherait pas.

Derrière lui, il pouvait entendre le rire gras de Greyback et celui, effrayant, de sa tante. Un regard vers sa mère et son parrain, immobiles, les yeux fixés sur lui, lui donna la force nécessaire pour ne pas craquer.

S'il le faisait, il imaginait sans mal les remontrances de Bellatrix et la punition qui allait avec. Sans compter les innombrables railleries dont il aurait été le sujet. Qu'importe qu'il état chez lui, qu'importe qu'il n'était qu'un adolescent, qu'importe que son père avait été longtemps le favori du Seigneur des Ténèbres... Aujourd'hui il n'était rien.

Les mangemorts présents au manoir prenaient un malin plaisir à le lui rappeler chaque jour.

Alors, ce jour-là, debout devant le Mage Noir qui détruisait sa vie peu à peu, Draco Malfoy ne pleura pas. Il garda le regard fier et la tête haute. Il ne lui ferait pas ce plaisir. Il avait peur, mais il ne montrerait pas de faiblesse devant lui.

Quand Voldemort releva la baguette, arrêtant par là sa torture, un rire déformant son visage déjà à peine humain, l'assemblée se mit à les ignora, les points serrés et le souffle court.

- Je vois que tu as bien plus d'endurance et de force de caractère que ton couard de père, siffla l'homme, la baguette toujours pointée sur l'adolescent. Si rien ne t'atteint, sache que je peux très bien choisir de lancer ces mêmes sortilèges à...je ne sais pas? Ta mère, peut-être?

Narcissa perdit le peu de couleur qu'elle avait et son fils grogna avec vigueur, faisant éclater de rire le mage noir.

- Je suis certain maintenant, reprit-il, que tu suivras mes ordres avec ardeur, n'est ce pas, mon cher et loyal Draco?

Draco réprima une grimace. Loyal? Il s'agissait plus d'une recommandation que d'un fait établi. Néanmoins, il se pencha obligeamment devant le sorcier qui avait abusé de la magie au point de n'avoir plus qu'un substitut de nez et prononça les mots que ce dernier attendait.

- Il en sera fait comme vous le désirez, Mon Seigneur.

_._

Draco se réveilla en sursaut, le dos en sueur. Sa tête lui faisait mal, comme si elle était prise dans un étau et il sentait déjà les larmes de douleurs perler au coin de ses yeux.

Première nuit à Poudlard et le voilà déjà assailli de cauchemars. Comment allait-il survivre à cette année sans sombrer dans la folie?

Les images de son rêve, de ses souvenirs re-défilèrent devant ses yeux. A ceux-là, s'ajouta l'image fugace d'un brun aux yeux verts, allongé sur le sol d'une cabine de train.

Potter n'était pas réapparu au banquet. Personne ne l'avait donc trouvé? Draco ne savait s'il fallait s'en réjouir ou, au contraire, laisser ses larmes couler. En même temps, s'ils l'avaient ramené au château, lui n'y serai plus à l'heure qu'il était. Nul doute que ce foutu Dumbledore le renverrai de l'école si Potter lui racontait ce qui s'était passé.

Dans quel pétrin s'était-il encore mis?