Note de l'auteur: Bonjour tout le monde ! Ca y est, je vous partage le chapitre 40 ! Dernier lemon de cette histoire pour vous consoler de la fin des vacances. Mais l'histoire a encore quelques chapitres en réserve après ça, pas d'inquiétude.
Je remercie toutes les personnes qui prennent le temps de m'écrire des reviews quand je publie, la vie est assez mouvementée en ce moment donc je réponds et je publie comme je peux mais vous aurez toujours des réponses et cette histoire sera publiée en entier. Je ne peux juste pas promettre de rythme. Tous vos encouragements me touchent beaucoup et m'aident à avancer dans mes publications !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 40 – Etourdissements
Quelques jours passèrent tranquillement.
Milo continua à se rétablir au fil des journées. Il le sentait, désormais, qu'il était davantage en forme. Il n'avait plus besoin de sieste, il avait repris un poids honorable… Restaient ses muscles, qu'il devrait aider à récupérer. Grâce à Camus, il avait finalement réussi à se remettre à marcher, la veille. Sans aide. Désormais, il était autonome. Encore un peu fatigué, encore faible… Mais autonome. Il n'avait plus du tout besoin d'aide pour se déplacer, et Camus en était ravi.
A Hyôga, en revanche, cela lui faisait bizarre. Il n'avait jamais rencontré Milo dans un état de santé normal. Alors il découvrait, davantage qu'il ne redécouvrait, qui était ce chevalier que Camus abritait encore dans sa chambre.
D'ailleurs, l'élève de Camus ne comprenait toujours pas ce que le chevalier fichait encore dans la chambre de son maître. Il avait proposé un jour, lors d'un repas, d'aménager leur bureau peu utilisé pour faire une chambre à Milo, à terme, mais Camus lui avait simplement froidement ordonné de s'occuper de ses affaires. Hyôga trouvait cela très bizarre que Camus laisse Milo dormir avec lui ainsi. Même alors qu'il allait beaucoup mieux et qu'il savait désormais se débrouiller seul. Camus lui avait dit pour se justifier que c'était un arrangement dont ils avaient pris l'habitude, et que s'ils avaient envie de changer, ils verraient entre eux. A cela, le disciple n'avait plus fait aucune objection. Après tout… effectivement, Camus gérait bien sa chambre comme il le voulait. Hyôga n'avait jamais vu son maître avoir d'ami… Alors il se disait que toute singulière que fût la situation, c'était bien lui qui voyait avec Milo.
Ce soir-là, à l'issue d'un dîner calme où le disciple avait gentiment aidé à faire la cuisine, Milo décida d'aller prendre un bain pour se détendre. Hyôga partit rapidement lire le nouveau livre que son maître lui avait offert dans sa chambre, et Camus s'adonna au même genre d'activité, une fois qu'il eut rangé tous les ustensiles de leur repas dans la cuisine.
Perché sur sa chaise, dans sa chambre, il avait ouvert un gros bouquin qu'il avait commencé la semaine précédente. Il en appréciait la lecture. C'était une histoire qu'il n'avait lue que rarement, et il la redécouvrait avec plaisir. Il regrettait de l'avoir laissée s'empoussiérer autant dans sa bibliothèque.
Il se passa une bonne demi-heure où le mage des glaces profita de la tranquillité de sa chambre. Il était bien, là, au calme. Avec son amant qui avait repris des forces, et le caractère parfois un peu fatiguant de Hyôga, il n'était pas contre un peu de solitude de temps à autre. Ce petit moment de lecture solitaire n'était pas désagréable.
Ce fut donc au milieu de sa concentration que Camus entendit la porte de la pièce s'ouvrir et se refermer discrètement. Le mage ne releva même pas la tête de son ouvrage. Il savait pertinemment que c'était Milo qui venait de revenir dans la chambre. Il put entendre le son de ses pas se répercuter sur le sol à mesure qu'il faisait son chemin dans la pièce. Celui-ci n'était pas très discret… Sans doute n'avait-il aucune intention de l'être. Mais cela ne déconcentra pas Camus le moins du monde. Il était en train de parcourir un passage crucial de l'œuvre… Palpitant… Pas question de perdre le fil. Il avait envie de savoir la suite de cette histoire. Hors de question qu'il lâche son livre maintenant.
Milo, cependant, semblait avoir d'autres projets en tête.
Alors que le mage était en train de tout faire pour éviter de se tromper de ligne dans ce qu'il lisait, deux mains se posèrent sur ses épaules. La chaleur qui émanait d'elles s'insinua rapidement contre sa peau.
Camus n'eut aucune réaction. La manœuvre ne le surprit absolument pas. Que son amant ait envie de contact… C'était courant. Il aurait du mal à l'empêcher de faire quoi que ce soit, il le savait d'avance. Mais il avait vraiment envie de poursuivre son ouvrage. Camus se contenta donc de continuer à lire, sans pour autant refuser la présence de son amant derrière lui. S'il ne bougeait pas trop, il restait encore quelques chances que Milo le laisse plus ou moins tranquille, et qu'il se satisfasse du simple calme de la pièce.
Bien vite, et semblant contrecarrer ces plans, les mains halées du chevalier voyagèrent encore, et vinrent enserrer le haut de son torse. Un rideau de cheveux bleu-violet cascada sur ses épaules, chatouillant la peau de son cou. Milo déposa son menton au-dessus de sa clavicule, pour amener son regard à la hauteur de celui son amant. Il tenta de déchiffrer les lignes du roman que Camus lisait depuis son angle de vue. De la fiction, visiblement.
« C'est quoi, que tu lis ?
- Un livre », marmonna Camus, qui tentait toujours de ne pas se laisser perturber.
Milo haussa les sourcils. Ah ouais… Camus ne devait pas du tout avoir envie de parler. Cela lui arrivait, parfois, il le savait. Son amant faisait des sortes d'excès de silence, de temps en temps. Milo commençait à connaitre, désormais. Il n'allait pas se vexer pour ça.
Et puis, ce n'était pas grave, s'il ne voulait pas discuter. Le chevalier n'avait pas vraiment en tête de s'épancher en bavardages, ce soir-là. Et il n'allait pas se décourager pour si peu. Avec Camus, ne pas se décourager était la clé du succès.
« Et c'est bien, au moins, ce livre ? » Reprit-il à voix basse.
Camus grogna. Milo allait vraiment lui faire perdre le fil.
« Cesse de poser des questions, Milo. Je lis. »
Satisfait de cette injonction péremptoire, le mage tourna une page.
Hé beh, se dit le chevalier, qui ne se perturba pas pour autant de ce rejet. Quand Camus voulait qu'on le laisse lire… Il n'y allait pas à moitié. Mais puisque le mage le voulait, il ne poserait plus de questions. Il allait employer une autre méthode pour arriver à ses fins. Une méthode prouvée pour être efficace, de son modeste point de vue.
Milo fit un simple sourire pour lui-même, et doucement, il déposa ses lèvres sur l'épaule de Camus. Celui-ci étant habillé, la bouche du chevalier ne toucha pas sa peau. Le mage n'eut pas l'air de se déconcentrer plus que cela sous la caresse. Il s'obstina simplement à lire ce qui l'accaparait. Milo prit cela pour une acceptation de sa présence. Si Camus ne l'avait pas déjà engueulé, c'était qu'il s'y prenait sans doute comme il fallait.
Le chevalier fit migrer sa bouche un peu plus haut. Il la déposa lentement à la base de son cou légèrement frais. Progressivement. Il laissa d'abord son souffle s'échouer sur l'épiderme de Camus, puis, en un effleurement doux, il fit rentrer ses lèvres en contact avec la peau claire. Cette fois, sa bouche s'était frayée un chemin derrière le col que portait Camus. Le baiser que le mage ressentit fut très léger. D'une délicatesse incomparable. Un simple contact fugace. Tout doux.
Rien ne se passa, du côté de Camus. Milo l'embrassa une deuxième fois. Le contact fut davantage appuyé, mais il resta chaste. Rien de trop déconcentrant. Satisfait de ce qu'il venait d'accomplir, le chevalier remonta un peu sur la peau neigeuse. Son souffle erra dessus à mesure qu'il laissa voyager sa bouche. Et il la redéposa avec la même délicatesse, seulement quelques centimètres plus haut. Le chevalier savoura le grain de peau sous ses lèvres. Le cœur de Camus battait calmement dans sa poitrine. Il pouvait sentir son cou pulser légèrement sous son baiser.
Milo commença à lui en faire plusieurs dans cette même zone-là. Petits d'abord, puis, de plus en plus fermes. Camus ne bougea pas plus que ça, définitivement concentré sur sa lecture. Milo, déterminé à avoir gain de cause, ne se ravisa absolument pas. Il se délectait tout simplement de ce qu'il faisait. Tant que cela lui suffisait presque. La peau claire de Camus était si belle, si délicate qu'il pourrait l'embrasser des heures. Alors, petit à petit, il s'attacha à remonter jusqu'à l'oreille de son amant. Sa bouche finit par s'en approcher, mais avec une hésitation taquine. Camus ne dit rien, mais Milo entendit sa respiration changer imperceptiblement sous cet effleurement. Ce qui le ravit. Il avait quelques chances de gagner la bataille, se dit-il en se rapprochant de nouveau, amusé de son propre petit jeu. Ce fut lorsque les lèvres de Milo attrapèrent plus fermement le lobe d'oreille devant elles que Camus réagit vraiment.
« Qu'est-ce que tu fais… Milo ? Daigna-t-il le gronder.
- Je t'embrasse » répondit son amant. Il y eut la même évidence dans sa voix que le mage précédemment, lorsqu'il l'avait informé qu'il lisait « un livre ».
Milo enserra davantage les épaules de Camus pour illustrer son propos. Sa langue alla finalement trouver la ligne de son oreille. Elle la retraça avec une lenteur alarmante. Le mage des glaces sentit une chaleur fulgurante fuser de l'oreille malmenée, pour se répandre entièrement dans son corps. Il dut se contrôler pour éviter de bouger sous la caresse. Milo n'avait rien perdu de son habileté. S'il continuait comme ça, il allait vraiment finir par ne plus comprendre ce qu'il avait sous les yeux. Le chevalier était trop doué… Ou peut-être était-il trop amoureux. Allez savoir…
« Tu ne vois pas que j'essaye de lire… S'exaspéra Camus dans un souffle.
- Et toi, tu ne vois pas que je t'embrasse ? » Répliqua Milo du tac au tac.
Camus leva les yeux au ciel. Il avait déjà pensé que son amant était impossible… Des centaines de fois. Et il avait encore envie de le dire en cet instant. Ce qu'il ne fit pas. Pas besoin. Le chevalier connaissait déjà le message.
Milo continua son ouvrage sur son oreille, concentré. Camus allait se rendre, s'encouragea-t-il. Ce n'était qu'une question de secondes. Le chevalier l'embrassa goulûment sous le lobe malmené, au creux de son cou.
Voyant qu'il n'y aurait pas moyen qu'il lise tranquillement, Camus se résigna. Il déposa un marque-page d'un geste dépité dans son livre, pendant que Milo, pas décontenancé pour un sou, continuait à l'étourdir tranquillement. Il fit un simple sourire victorieux, entre ses baisers, en voyant son amant refermer son livre et le poser doucement sur la table devant lui. Gagné, pensa-t-il, très fier de son petit effet.
Camus, une fois qu'il eut lâché son fichu bouquin, se contenta de déposer ses mains à plat sur ses cuisses, et de fermer les yeux. Milo traduisit rapidement. Cela voulait dire « vas-y », en langage camuesque. Il n'y avait pas besoin de mots.
Milo obtempéra devant la demande muette. De là où il était, il continua à embrasser Camus dans le cou, avec plus de fermeté et d'avidité que précédemment. Il laissa sa langue taquiner franchement l'épiderme de son amant, grisé. Il aimait tant son goût et sa senteur d'hiver. Alors qu'il s'attelait à cet intéressant exercice, ses doigts glissèrent contre le torse de Camus, qui en inclina légèrement la tête en arrière sous le plaisir, au fil des baisers de plus en plus passionnés de Milo contre sa nuque.
Finalement, au bout de quelques minutes de caresses et de baisers, Camus rouvrit les yeux, et il leva un bras pour guider le menton de Milo à lui. Celui-ci se laissa faire complaisamment. Lorsque leurs lèvres se rejoignirent, Camus échangea avec Milo un baiser affamé. Le chevalier fut ravi de le voir devenir si réceptif. Il adorait ça. Observer son mage des glaces s'abandonner progressivement à lui était vraiment l'un de ses plus grands plaisirs.
« Tu es sûr de toi, Milo ? » L'interrogea Camus lorsque leurs bouches se séparèrent. Celui-ci planta son regard bleu foncé dans le sien, un air à la fois soucieux et grave au visage. Il savait parfaitement ce que le chevalier était en train de commencer à faire. Et même si tant d'attentions amoureuses le ravissaient… Il n'avait pas le luxe de pouvoir se concentrer uniquement sur son bien-être à lui.
Milo reporta une des mains qu'il avait laissées sur le torse de Camus et la posa sur sa joue, tendrement. Celui-ci soutient son regard. Il y avait de la détermination et de la résolution dans ces yeux myosotis.
« Oui », murmura le chevalier. Celui-ci le cloua de son regard hypnotique.
« Je sais que tu remarches, hésita Camus. Mais… Il y a quand même une marge… Je ne voudrais pas que tu te sentes mal…
- Camus… Ça va aller… Lui assura Milo avec un sourire conciliant. Honnêtement… Je crois qu'il est temps. »
Son amant se contenta de hocher de la tête silencieusement. Il espérait que Milo avait raison. Camus était inquiet, mine de rien. Milo avait repris du poil de la bête, c'était sûr, et il y avait dorénavant beaucoup d'assurance et d'énergie dans ses baisers… Mais il était parfois encore un peu fatigué, il le sentait. Alors, il voulait bien faire confiance à son amant… Cependant, il ne voulait pas risquer que cela se passe mal. Ce serait trop dommage, et Milo aurait sans doute du mal à se remettre d'une telle déception.
Et puis Camus se ravisa. Il n'avait pas à penser à la place de son amant. C'était lui, le meilleur juge. Il ne pourrait dire s'il était en état à sa place. De plus… Sans mentir, ce qu'avait commencé à lui faire Milo avait tout de même eu son petit effet. Le mage avait envie qu'il continue, maintenant qu'il avait commencé. Qu'il n'ait pas interrompu sa lecture pour rien.
« Ça fait tellement longtemps, Camus… Continua Milo en le toisant intensément. Ça fait des semaines… Même des mois… Que j'attends ça.
- Je sais, murmura son amant.
- Et puis, Camus… J'ai envie de toi, déclara le chevalier en se penchant pour effleurer ses lèvres. Je crois que je ne pourrai pas attendre un jour de plus. »
Illustrant ses paroles, Milo embrassa Camus avec tant de ferveur qu'il lui fit tourner la tête.
Comment Milo faisait-il seulement… Se dit-il, sentant ses pensées devenir incohérentes. Ces lèvres étaient si… Si intenses, contre les siennes.
Alors, sous ce baiser incendiaire, Camus choisit de capituler. Puisque c'était la volonté de Milo… Il n'allait pas lui refuser une invitation aussi tentante.
Le mage, pour avoir un meilleur accès à la bouche de son amant, se leva lentement de sa chaise. Ce faisant, il s'en écarta, et dès qu'il fut face à lui, il le prit sans hésiter entre ses bras. Il colla ainsi leurs deux corps, qui n'attendaient que de se rejoindre. Le chevalier rendit simplement l'étreinte en posant ses deux bras dans son dos, lui aussi. Les deux hommes continuèrent de s'embrasser, à chaque fois différemment. Milo avait envie de jouer avec diverses intensités de baisers, ce qui combla Camus plus qu'il ne l'aurait imaginé. Le mage était ravi de voir son amant enfin reprendre les devants dans leurs étreintes. Mine de rien, cela avait été difficile pour lui, vraiment très difficile, de caresser un corps qui n'avait pas pu réagir et donner autant en retour. La faiblesse de Milo avait été un crève-cœur. Et cette fois… Milo le désirait, et le désirait vraiment, lui. Il le lui montrait de la plus belle des façons, avec ces attentions. Il ne faisait pas que l'aider à relâcher une quelconque tension, qu'attiser son désir. Ce n'était plus seulement un geste désintéressé. Il y avait une envie sincère et une tendresse incomparable dans ses gestes. Le chevalier avait retrouvé ses moyens et il était beaucoup plus actif. Milo le lui avait promis, d'ailleurs, et il honorait dorénavant son engagement avec ferveur. Camus en avait rêvé, lui aussi. Sans vraiment se l'avouer… Parce que la situation avait été compliquée, entre eux. Mais être désiré par Milo était une sensation qui lui avait cruellement manqué.
Toujours étroitement enlacés, Milo finit par se détacher de leur étreinte délicieuse, et entraîner Camus vers leur lit. Il lui fit un sourire rassurant lorsqu'il lui prit la main pour qu'il traverse la pièce avec lui.
« On va y aller doucement, murmura-t-il en grimpant sur le matelas, Camus à sa suite. On a le temps.
- On a le temps », confirma Camus en revenant prendre ses lèvres.
La suite fut un étourdissement pour l'un et pour l'autre. Camus laissa Milo le déshabiller lentement, avec un ravissement non contrôlé. La prise de son amant sur lui avait retrouvé sa fermeté, son avidité. Les mains qui parcouraient son corps étaient fébriles, comme si elles étaient en train de déballer un gros cadeau. Et ces yeux clairs le dévoraient. Alors Camus fit de même. Tout en embrassant Milo de temps en temps, il débarrassa son chevalier des habits qu'il venait à peine de remettre après son bain. Camus, au-dessus de son amant, se délecta de la vue d'une peau aimée, de plus en plus découverte, et de ce corps qui avait enfin réussi à reprendre des formes convenables. Qu'elles le soient autant relevait d'ailleurs du miracle, dans son esprit. Milo avait pratiquement retrouvé son corps d'antan. Il était toujours un peu maigre, légèrement, mais il était en revanche encore très bien dessiné. Et sa peau joliment bronzée était un mets dont Camus n'avait qu'une hâte : la goûter, la caresser, l'aimer.
Lorsque les deux hommes furent enfin entièrement déshabillés, face à face, Camus se fendit d'un grand sourire. Et pour cause. Il était immensément heureux. Milo était là, entre ses bras, bien réveillé… Et il y avait tant de désir et de passion dans son regard hypnotisant que son cœur en chavirait complètement. Les mains de son amant parcouraient son corps fermement, déjà enfiévrées. Elles en retraçaient les contours fins et gracieux qu'elles adoraient. Alors, lorsque le regard de Camus se posa sur la manifestation explicite du désir de Milo, plus bas, il eut littéralement envie de hurler pour exprimer son bonheur. Parce que cela… Pour lui, c'était l'ultime signe de sa victoire et de sa réussite. Si Milo le désirait de nouveau, ainsi… Physiquement… Cela voulait dire qu'il était enfin complètement redevenu lui-même. Qu'il était guéri. Après tous ces efforts… Milo avait vraiment envie de lui. Cette fois… Cette fois, le plaisir pourrait être complet. Il ne pourrait plus se contenter d'aimer… Il pourrait aussi être aimé. Rien que cette pensée… Le bouleversait profondément. Il avait même peine à contenir son bonheur immense de revoir Milo dans cet état.
« Camus ? » L'appela le chevalier en arquant un sourcil. Son amant avait une expression de bonheur pur et niais plaquée sur son beau visage. Tant que c'en était vraiment choquant, à ses yeux. Pas désagréable, bien au contraire, cela le remuait beaucoup lui aussi, mais il ne s'était pas attendu à ce que…
« Milo… » Souffla Camus en lui faisant un sourire extraordinairement lumineux. Celui-ci fut si beau que le chevalier le trouva aveuglant. « Mon amour… Reprit-il, visiblement éperdu. Mon amour… »
Milo n'eut même pas le temps de réagir. Il fut entraîné sans préavis dans un baiser langoureux et littéralement à couper le souffle. Celui-ci se laissa submerger. Camus transpirait d'amour et de bonheur… Et toute l'atmosphère de la chambre semblait s'en être imprégnée.
Milo répondit avidement au baiser ardent, concentré. Il s'était promis que cette fois, cette fois, il aimerait Camus en bonne et due forme. Il avait bien l'intention de le faire mourir de plaisir. Et tant pis s'ils faisaient du bruit. Tant pis si Camus criait trop fort. Car une telle chose n'était pas possible. Trop fort ne ferait pas partie de ses concepts, ce soir. Il n'accepterait que l'intense, que l'extase, que l'inimaginable. Dans cette optique, il donna un coup de reins pour faire basculer le corps de Camus sous le sien. Leurs corps entrelacés roulèrent sur le matelas, et leurs bouches ne se quittèrent pas.
Le mage fut pris d'un vertige lorsque le désir du chevalier épousa fermement le sien, entre leurs corps. Il poussa un gémissement violent, extrêmement satisfait de le sentir ainsi contre lui. Cette plainte incontrôlée fut d'un délice incomparable aux oreilles de Milo. Le chevalier brisa leur baiser et se mit à rire, très heureux, lui aussi. Oui… il était comblé à l'idée de ce qu'il allait faire. De ce qu'il pourrait enfin faire. Il n'avait que trop attendu. La dernière fois qu'il avait vraiment aimé Camus avait été avant leur séparation, au moins deux mois plus tôt. A présent, cela allait ressembler à une deuxième première fois, pour les deux amants. Et Milo se jura de la rendre encore plus merveilleuse que leur première.
« De quelle façon tu veux que je t'aime ? Susurra Milo en l'embrassant au creux de l'oreille. Je te ferai tout ce que tu voudras.
- Peu importe… Répondit Camus dans un souffle. Fais de moi ce que tu veux… De toute manière… Tu me feras perdre l'esprit d'une manière ou d'une autre…
- Je te ferai perdre l'esprit ? Releva Milo, qui se redressa pour croiser son regard.
- Tu as raison… Tu me fais perdre l'esprit… Se corrigea le mage avec un léger sourire.
- J'aime mieux ça, répliqua le chevalier en lui rendant un sourire en coin. Je m'y emploie activement, je te signale.
- Tu as intérêt », conclut Camus sans cesser de sourire.
Milo lâcha un rire grave qui fit frissonner Camus de tout son être. Oui, clairement, il avait intérêt. Le mage, malgré son air heureux, avait l'air on ne peut plus sérieux.
Milo s'aventura ensuite à embrasser tendrement les lignes du torse de Camus, sous lui, les retraçant parfois avec la pointe de sa langue. L'exercice dura un temps que l'intéressé trouva insoutenable. Le chevalier fut extrêmement précautionneux. Et il prit son temps. Il avait bien dit qu'il le prendrait. Il avait envie de se réapproprier entièrement ce corps qui haletait de plus en plus sous sa bouche. Redécouvrir le moindre de ses traits. La moindre parcelle de peau offerte. Cela lui avait cruellement manqué. Alors il voulait le redessiner de ses lèvres, laisser des sillons brûlants sur cette peau neigeuse… La caresser de ses doigts, délicatement. Car si lui voulait se souvenir et se remémorer ces contours… Il voulait que Camus imprime la forme de ses mains pour toujours. Il voulait passer tant de fois ses doigts brûlants sur sa peau, sur ses muscles et sur ses belles courbes, que ses mains ne pourraient plus que se modeler à leur silhouette. N'être dorénavant faites que pour lui, et seulement pour lui.
Finalement, Milo se décida à descendre plus bas pour préparer son amant à leur fusion. Les choses sérieuses devaient commencer. Cela faisait maintenant quelques minutes que Camus avait cet air complètement suppliant au visage, entre ses gémissements. Milo l'aurait bien torturé comme ça toute la nuit, juste pour le plaisir… Et il nota bien dans un coin de sa tête de recourir à ce genre d'expérience un jour, juste pour voir… Mais là, tout de suite, il avait envie de prouver à Camus qu'il pouvait assurer. Qu'il allait l'aimer comme jamais il ne l'avait fait. Et puis… Le corps haletant du mage, devant lui, le faisait littéralement écumer de désir.
Une fois qu'il jugea son travail satisfaisant, Milo remonta sur le corps de celui qu'il aimait. Celui-ci était devenu légèrement moite sous le désir. Il se positionna devant son entrée, et une fois en place, il planta son regard dans celui de Camus. Celui-ci le soutint longuement, enfiévré… Presque désespéré.
« Ça va aller… Pour toi ? S'assura Camus dans un souffle.
- C'est plutôt à toi que je devrais demander », s'amusa Milo.
C'en était déjà trop, et pourtant… Le chevalier n'y tint plus. Il commença à s'enfoncer en lui. Camus cria immédiatement sous l'intrusion. Mais son amant ne décela aucune douleur dans cette voix. Cela avait été une pure exclamation de plaisir. Camus laissa ses ongles s'enfoncer dans le dos de Milo, avec une possessivité incontrôlée. Celui-ci, en sentant le corps de Camus se refermer progressivement autour de lui, crut qu'il allait imploser sous l'intensité de ses émotions. Il en avait presque oublié… A quel point le mage était divin. A quel point il aimait être en lui. Alors il s'enfonça lentement dans son corps pour savourer le plus possible. Ce corps chaud… Il l'aimait tant, il était si… Délicieux, pensa Milo, qui essaya de ressentir le moindre centimètre carré de chair autour de lui. Sous lui, Camus était en train de devenir fou. Il ne se retenait même plus dans ses cris. Ceux-ci, affolés, se répercutaient sans discontinuer dans ses oreilles. Il ne disait rien de cohérent. La cohérence ne voulait plus rien dire. Seule comptait la présence de son amant en lui. Ses hanches ne faisaient que demander à l'engloutir. Plus, et toujours plus.
Lorsque Milo fut entièrement en Camus, il recouvrit ses lèvres pour étouffer un long gémissement de plaisir. Lui aussi, Camus le rendait fou. Il était à peine entré en lui qu'un ouragan s'était échoué sur son esprit. Il n'avait rien ressenti de plus intense. Peut-être étaient-ce les mains de son amant, qui parcouraient furieusement son dos… Ses petits cris de plaisir débridés et indécents, sous sa bouche… Ses yeux légèrement embués à la fois par le désir et l'émotion… Sous le sentiment de plaisir extrême, Milo eut l'impression que son cœur risquerait de le lâcher. Et pourtant, déjà, il voulait plus. Davantage de sensations. Il voulait que son plaisir l'envahisse tout entier. Qu'il ne puisse même plus avoir le luxe de se demander ce qu'il faisait, qui il était… Il ne voulait qu'aimer. Qu'atteindre le septième ciel avec le plus bel homme du monde. Le plus bel homme du monde… Qui l'accueillait en lui, et qui buvait son regard avidement. Ce que Camus était magnifique, bon sang…
Alors Milo se mit en mouvement, sous le regard nettement implorant de Camus. Lorsqu'il le fit, cette fois, le mage lui griffa franchement le dos. Et il cria son nom. Sans retenue. Milo crut que son cœur allait exploser. Camus ne lui avait jamais fait ça. Il s'était abandonné à ses étreintes, certes… Mais il n'avait jamais exprimé son ressenti à ce point. Le chevalier l'avait entendu gémir discrètement… Murmurer son prénom en une prière désireuse… Oui. Mais ça ? Jamais. Jamais Camus n'avait affiché aussi clairement son plaisir. C'était beaucoup trop intense pour être vrai.
Milo, en approfondissant son rythme, ne se retint pas lui non plus. Camus le tenait contre lui, ardemment, l'air éperdu, fou. Comme s'il ne pourrait plus jamais s'éloigner. Comme si le chevalier était son unique point de repère, son seul souffle de vie. Milo le caressa entre leurs deux corps alors qu'il s'enfonçait avec un plaisir indicible en lui. Au même rythme. Ensemble. Il fallait qu'ils atteignent l'extase… Ensemble. Ce n'était pas négociable. Milo voulait que tout soit parfait. Peut-être que tout l'était déjà, tout l'était bien plus que ce qu'il aurait jamais pu imaginer d'une telle fusion. Au fur et à mesure de ses coups de reins, il trouva que tout était beaucoup trop, pour lui. Son plaisir, la tension dans son corps… Celui de Camus, qui était divin et étroit autour de lui… Ses baisers, ses caresses avides, presque désespérées, ses cris continuels, et son souffle erratique… Sa vue se brouilla, mais Milo lutta. Il sentait l'extase approcher, monter en lui comme elle ne l'avait jamais fait. Tout était si démesuré qu'elle lui faisait presque peur. Il allait mourir, s'il atteignait le plaisir ultime. Et Camus lui donnait la nette impression d'être à bout. Pas d'être épuisé, non, mais de s'approcher dangereusement de la limite du supportable. Les émotions puissantes qui lui tordaient le visage étaient vraiment troublantes et inhabituelles à observer. Et cette façon qu'il avait de crier son nom à chaque fois qu'il revenait au plus profond de lui l'était tout autant.
Milo eut l'impression qu'il allait étouffer. Que son cœur allait exploser. Il ne fut plus capable de penser. Il y avait juste les parois brûlantes du corps de Camus autour de lui qu'il pouvait encore saisir. Seules celles-ci avaient encore de l'importance. Son cœur pourrait bien le lâcher qu'il arriverait encore à les sentir autour de lui. Ce corps l'ancrait dans quelque chose de tangible. Milo essaya tant bien que mal de soutenir le regard vibrant de passion de Camus, sous lui, mais il avait l'impression de ne plus arriver à le voir. Tout était flou. Donnant un coup de reins violent, il entendit Camus de nouveau hurler son nom. Et il n'en put plus. Quelque chose éclata en lui. Il se sentit littéralement exploser dans le corps qui l'accueillait… Et ce fut tout ce qu'il put saisir de plus.
« Milo ! Milo ! » Cria une voix tremblante au fond de son esprit. Tout était noir.
« Milo ! Réveille-toi, je t'en supplie ! Milo ?! Milo ! » Continuait la voix sans s'arrêter. Qu'est-ce que c'était que cette agitation ? Ces cris étaient lointains… Mais… Bouleversés. Terrifiés ?
« Milo ! » L'appela-t-elle encore. Cette voix n'en finissait plus. Son prénom se répercuta dans ses oreilles un nombre incalculable de fois. Que se passait-il ? Pourquoi est-ce que… Tout était brumeux, ainsi ? Il ne sentait plus rien. Il ne voyait rien.
C'était la voix de Camus, c'était ça ? Ça ressemblait à la voix de Camus. Elle était brisée… Pourquoi si brisée ? Il y avait un drame, ou quoi… ?
Tiens… On le secouait, non ? Ça en avait l'air.
Que s'était-il passé ? Il était où, au juste… ?
« Milo ! Milo ! Je t'en prie, réponds-moi ! Réveille-toi, allez ! Ne me fais pas ça ! Ne me fais pas ça… Milo ! »
Ces cris étaient plus proches qu'ils n'en avaient l'air, constata l'intéressé en les sentant se préciser. Qu'est-ce qui se passait, avec Camus ? Pourquoi est-ce qu'il criait, comme ça ?
Il avait vraiment l'air de ne pas être bien du tout. Il fallait sans doute l'aider.
Milo ouvrit finalement les yeux, l'esprit cotonneux. Son dernier souvenir avait été de faire l'amour à Camus, et… Et après… Plus rien.
Le visage de son amant apparut sur sa rétine. Milo constata qu'il était effectivement complètement défait par l'angoisse. Ouh là… Se dit-il immédiatement. Les choses n'étaient plus du tout comme il les avait laissées. Qu'est-ce que c'était que ce délire ? Et puis d'abord… Depuis quand il était allongé dans cette position… ? Aux dernières nouvelles, il avait été en Camus, au-dessus de lui…
Celui-ci, en le voyant rouvrir les yeux, se jeta immédiatement sur lui et l'étreignit avec l'énergie du désespoir. Camus était tremblant, constata Milo en reprenant davantage ses esprits.
« Camus ? L'interrogea-t-il confusément. Qu'est-ce que… Il se passe quoi… ? Qu'est-ce qui m'est arrivé… ? Pourquoi t'es dans cet état… ? »
Le mage poussa simplement un soupir incontrôlé. Il se redressa pour venir le regarder, un air défait sur le visage.
« Milo, l'appela-il. Milo, mon Milo, mon amour… Mon… Mon Milo… Tu n'as pas de douleur nulle part ? Tu ne te sens plus mal ?
- Euh… Non… Répondit Milo, surpris de le voir aussi agité. Ça va… Je… Qu'est-ce que je fais dans cette position… ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Tu t'es évanoui, abruti ! Cria Camus, qui avait manifestement les nerfs à bout. Tu m'as fait monstrueusement peur !
- Evanoui ? Répéta Milo, incrédule.
- Tu t'es effondré sans prévenir ! S'exclama Camus en essayant de se calmer. Tu ne bougeais plus ! Tu as idée de la frayeur que tu m'as faite ?! »
Milo grimaça en entendant Camus crier.
« Merde », résuma-t-il d'une voix embêtée.
Camus ne répondit rien. Il se contenta de le reprendre dans ses bras, mais plus doucement. Il poussa un énorme soupir de soulagement.
« Je suis désolé, reprit Milo, confus. Je suis vraiment désolé de t'avoir fait aussi peur.
- Ne me refais plus jamais ça, Milo, fit Camus d'une voix instable. Plus jamais.
- D'accord… Calme-toi, Camus… C'est fini… Tenta de le rassurer son amant. Je me suis réveillé, tout va bien.
- Je crois que tu n'étais pas tout à fait en état pour me faire l'amour, résonna la voix de Camus dans son oreille. Et surtout pas comme ça… Je suis désolé, je n'aurais pas dû te laisser faire.
- Non… C'est pas grave, Camus… C'est moi. Je suis désolé, j'ai trop forcé… J'aurais dû faire plus attention. Je te promets que je ferai mieux la prochaine fois. »
Camus ne dit rien. Il se contenta de bercer Milo entre ses bras.
« Camus… Fit ce dernier plus timidement. Tu… Tu as pu venir ? Parce que sinon, je…
- Ne t'en fais pas, Milo. Je l'ai fait en même temps que toi… Le renseigna Camus.
- Je suis vraiment désolé, j'ai tout gâché, avec ma connerie.
- Non, tu n'as rien gâché, tu étais parfait, c'était tellement… »
Camus s'interrompit. C'était lui, ou… Ou il avait entendu frapper, à la porte ?
Le mage se redressa dans un sursaut. Oh non… Ils avaient dû faire beaucoup de bruit, et…
Effectivement, d'autres coups plus précis résonnèrent sur le battant de bois. La voix de Hyôga, inquiète, se fit entendre, étouffée, depuis le couloir. « Maître ? » Lui sembla-t-il percevoir.
« Merde », lâcha Camus en devenant livide. Milo, toujours allongé dans le lit, n'eut pas le temps de réagir.
« Toi tu restes là, et tu ne bouges pas », lui ordonna Camus à voix basse, en sautant du lit. Il recouvrit d'autorité le corps dénudé de Milo en jetant une couverture dessus.
« Attends deux minutes, Hyôga ! » Cria Camus à l'adresse de son disciple, pour être sûr qu'il l'entende et qu'il ne décide pas de rentrer à l'improviste. Où étaient ses maudites fringues, merde ! S'affola-t-il en s'affairant. Milo le vit, depuis son coin de lit duquel il n'avait pas bougé, enfiler un haut et un bas qui traînaient là au pas de course. Ils tombèrent sur lui, mal ajustés, et Camus tenta de les soigner un peu, même s'ils étaient froissés, et que lui-même se sentait complètement erratique.
Heureusement pour lui, Hyôga ne rentra absolument pas sans y avoir été autorisé. Il attendit, bien sagement dans le couloir, d'avoir gain de cause. Cependant, lorsque la porte s'ouvrit, et lui découvrit son maître, il écarquilla les yeux de surprise. Celui-ci lui apparut complètement décoiffé, un brin débraillé, et dans un état second, au vu de son expression livide et paniquée. Qu'est-ce qu'il se passait, au juste, dans cette chambre ?
« Maître ? S'inquiéta-t-il immédiatement en le voyant dans cet état inhabituel.
- Qu'est-ce que tu veux, Hyôga ? » L'interrogea Camus, dont la voix n'était absolument pas calme.
Hyôga hésita. Il n'avait pas voulu déranger, mais…
« Eh bien, je… je voulais simplement m'assurer que tout allait bien, déclara timidement le disciple. Je voulais aller prendre un verre d'eau, et je… J'ai entendu crier… Et… Je m'inquiétais… Tout va bien ? Vous… Vous allez bien ? Vous n'avez pas l'air dans votre état normal… »
Camus se sentit se décomposer. Ce n'était pas le moment de paniquer. Il fallait qu'il trouve rapidement quelque chose d'intelligent à dire pour éviter que son disciple ne s'inquiète davantage, ou pire, qu'il ne devine la teneur de ce qu'il s'était passé entre Milo et lui.
« Maître ? Répéta Hyôga en le voyant ne pas répondre.
- Euh… Je… Oui, tout va bien, Hyôga, finit-il par déclarer. Excuse-nous, on… On a fait du bruit…
- Vous êtes sûr que tout va bien, maître ? Fit le plus jeune en haussant un sourcil. Vous avez l'air paniqué…
- C'est Milo… Il… Balbutia Camus. Il a… »
Camus tenta de se recomposer davantage. Là, vraiment, s'il ne voulait pas inquiéter son disciple, il s'y prenait comme un manche.
« Oui ? Qu'est-ce qu'il se passe avec Milo ? L'encouragea Hyôga.
- Il s'est senti mal, dévoila Camus sans arriver à mentir complètement. C'est pour cette raison que j'ai crié.
- Il s'est senti mal ? Fit le disciple en fronçant les sourcils. Pourquoi ? »
Camus se sentit devenir pivoine.
« Je ne sais pas, mentit-il. La fatigue, sans doute, il est tard, et… Et voilà. »
Hyôga le considéra, interdit. Depuis quand son maître était-il aussi évasif ?
« Il n'est pas malade ? Se renseigna Hyôga.
- Non, non, je ne crois pas, s'empressa de nier Camus. Non… Ne t'inquiète pas, Hyôga. Tout va mieux, maintenant. C'est gentil de venir vérifier, mais… Mais tout va bien. »
Le blond fit une moue peu convaincue. Camus avait quand même l'air défait.
« Et c'est pour cette raison que vous êtes dans cet état ?
- Dans cet état… ? Répéta le mage, confus.
- Ben… Ouais, éluda Hyôga, qui n'osait quand même pas dire à son maître qu'il ne ressemblait pas à grand-chose.
- Je me suis inquiété, voilà tout, se justifia plus fermement Camus. Vraiment, Hyôga, tu peux retourner te coucher, je t'assure. Tu dois te reposer. »
Hyôga choisit de ne pas insister. Son maître était une tête de mule, il le savait. Il ne pourrait jamais lui faire avouer quelque chose qu'il ne voulait pas.
« Bon… Très bien, capitula le disciple. Vous ne voulez pas que j'aille au moins chercher un verre d'eau ? Pour Milo ? Puisque vous dites qu'il s'est senti mal… »
Camus le considéra un instant, semblant jauger le pour et le contre.
« Oui, je veux bien, agréa-t-il, soucieux de la santé de Milo. Je t'attends là.
- Je reviens tout de suite », s'empressa le disciple en disparaissant dans le couloir, pour se rendre à la cuisine.
Camus poussa un profond soupir en voyant son élève tourner les talons au pas de course. Il n'était pas passé loin de la catastrophe. Le maître des glaces choisit de rester à la porte, pour construire une sorte de barrière physique et symbolique entre son élève et sa chambre. Milo n'avait pas bougé du lit. Il regardait ce qu'il se passait avec intérêt, de là où il était. Camus ne voulait surtout pas que Hyôga rentre et ne comprenne que Milo était complètement nu sous sa couverture. Cela serait du plus mauvais effet. Déjà que la présence de Milo dans son lit était suffisamment suspecte comme ça pour son disciple… Mieux valait ne pas en rajouter une couche.
Hyôga ne tarda pas à revenir, comme promis, avec un verre d'eau dans la main. Il le tendit à son maître sans dire un mot.
« Merci, Hyôga, fit courtoisement Camus en acceptant le verre. Attends-moi là trente secondes, je vais donner le verre à Milo, et je te raccompagne.
- Oh, c'est inutile, maître, je connais le chemin.
- Attends-moi là, j'ai dit, prononça plus sévèrement Camus.
- D'accord. »
Camus se détourna alors rapidement et donna le verre à Milo, lorsqu'il revint près du lit.
« Tiens, bois ça, chuchota-t-il pour que Hyôga ne l'entende pas. Je reviens dans cinq minutes, je vais coucher mon disciple.
- Vas-y, acquiesça Milo à voix basse, lui aussi. Prends ton temps. »
Le mage se détourna alors et revint à la hauteur de Hyôga, qui attendait sagement dans le couloir.
« Allez, mon garçon, passe devant, puisque tu connais le chemin », lui enjoignit Camus avec un signe de tête.
Hyôga lui fit un simple sourire amusé et il commença à avancer dans le couloir de sa chambre, son maître à sa suite.
Une fois arrivé, Camus se posta dans l'encadrement de la porte, et il enjoignit à Hyôga de se coucher. Il était suffisamment tard comme ça, jugeait-il. Son élève devait se reposer.
Hyôga fit ce que Camus lui avait demandé et se mit sous les couvertures de son lit. Son maître s'approcha de lui dans la pièce en le voyant faire, et l'aida gentiment à s'installer. Le disciple fut ravi de l'attention, même s'il choisit de ne rien en dire.
« Je suis désolé, Hyôga. Je n'ai pas vraiment pris le temps de te dire correctement bonsoir, cette fois, s'amenda Camus.
- Ne vous inquiétez pas, maître, le rassura l'intéressé avec un sourire. Je suis grand, maintenant. Je comprends que vous puissiez avoir d'autres choses à faire.
- Mes manquements ne sont justifiables d'aucune manière, reprit Camus sans se perturber. Tu as toujours été une priorité pour moi, Hyôga. Il sera toujours de mon devoir de veiller sur toi, quel que soit ton âge. Je vais faire attention à mieux me comporter… »
Hyôga lui fit un sourire.
« Vous ne faites pas cela uniquement par devoir, si ? Lui demanda-t-il d'une petite voix.
- Non, je ne le fais pas uniquement par devoir, confirma Camus. Mais cela ne change rien à ce que je dis. »
Camus laissa un silence s'installer dans la pièce.
« Vous êtes toujours aussi inquiet pour Milo, maître ? Voulut savoir le plus jeune au bout d'un moment.
- Oui, je le suis, confirma platement Camus. J'ai tellement fait d'efforts pour le rétablir que je crains la moindre rechute. Je suis vraiment désolé de t'avoir inquiété, Hyôga. Ne t'en fais pas pour nous. Milo va mieux, et il va continuer d'aller mieux.
- D'accord, maître, acquiesça le disciple.
- Bon… Maintenant, dors, Hyôga. Tu dois être en forme pour notre entraînement, demain. C'était très bien, ce que tu as fait aujourd'hui. Je suis content de toi. »
Il y eut un silence. Hyôga fut ému des paroles de son maître, comme à l'accoutumée.
« Merci, maître. Vous savez… Je crois que je ne pourrai jamais m'habituer à vos compliments.
- Cela ne m'empêchera pas de t'en faire, affirma Camus d'une voix atone.
- Maître…
- Oui, Hyôga ?
- Vous êtes le meilleur professeur qui soit, déclara sérieusement Hyôga.
- Tu n'en as pas eu d'autre, constata l'intéressé.
- Oui… Mais vous êtes quand même le meilleur. Je suis honoré que vous vouliez bien m'apprendre ce que vous savez. »
Camus fit un sourire attendri. Il se pencha Hyôga pour l'embrasser sur le front.
« Tout le plaisir est pour moi, mon garçon, répliqua doucement le mage. A présent, repose-toi bien. Il est plus que temps. Bonne nuit, Hyôga. »
Camus, sur ces paroles, se redressa tranquillement et fit quelques pas dans la pièce pour en sortir.
« Bonne nuit à vous aussi, maître », lui souhaita Hyôga avant qu'il ne quitte sa chambre. Camus acquiesça simplement et referma silencieusement la porte derrière lui.
Voilà qui est fait, pensa-t-il. Hyôga était installé pour la nuit, et il n'y aurait plus de raison qu'il soit dérangé.
Camus traversa le couloir dans le sens inverse, et une fois qu'il fut dans sa chambre, il referma soigneusement le battant de la porte derrière lui.
Milo l'attendait sagement, toujours étendu dans le lit. Le verre qu'il avait laissé sur la table de nuit était vide.
Camus ne prit même pas le temps de réfléchir. En s'approchant du lit, il ôta bien vite les vêtements qu'il avait enfilés en hâte pour être présentable devant Hyôga. Milo haussa un sourcil en le voyant se dévêtir.
« Qu'est-ce que tu fais ? L'interrogea-t-il.
- Mon disciple ne m'ôtera jamais le plaisir de t'avoir nu dans mes bras », le renseigna son amant en revenant se glisser dans le lit.
Milo se mit à rire légèrement. Camus se faufila sous la couverture dont Milo était recouvert pour l'attraper entre ses bras. Il colla d'autorité leurs deux corps. Et il poussa un soupir de soulagement en sentant la peau bouillante de Milo s'écraser contre la sienne. Le chevalier lui rendit l'étreinte naturellement, un sourire heureux plaqué sur les lèvres.
« On n'est pas passé loin de la catastrophe, lâcha le mage dans un soupir.
- Tu crois qu'il serait rentré ? S'enquit Milo, peu convaincu.
- Je ne sais pas. J'ai eu peur, un instant… On n'a vraiment pas été discret…
- M'en fiche, rit franchement Milo. J'aime t'entendre crier. Et puis… Je te l'avais promis, il me semble. »
Camus se sentit rougir. Milo le vit changer de couleur, et son rire devint tendre. Depuis là où il était, il embrassa son amant dans le cou.
« C'était quand même bien, malgré mon… absence ? L'interrogea Milo, plus soucieux.
- J'ai eu l'air de m'ennuyer ? Ironisa Camus, toujours embarrassé malgré lui.
- Non, pas vraiment, admit le chevalier sur un ton espiègle. Mais tu ne me réponds pas.
- Je ne réponds jamais rien, fit Camus sans réfléchir.
- Eh bien, change cette habitude », répliqua Milo avec un sourire.
Camus se contenta de se décaler dans son étreinte pour embrasser Milo sur les lèvres. Il se sentait monstrueusement bien, ainsi, contre lui.
« C'était merveilleux, Milo… Murmura le mage lorsqu'il lâcha ses lèvres. C'était… Je crois que je n'ai jamais rien vécu de tel… »
Milo rattrapa immédiatement la bouche de Camus. Un deuxième baiser fut échangé.
« Moi non plus… Lui avoua le chevalier. Je crois que c'est en partie pour ça que j'ai… perdu connaissance.
- Tu étais encore un peu faible pour cet exercice, le gronda Camus.
- Je ne sais pas… Tu regrettes ? Lui demanda Milo.
- Non… Evidemment que non… Le rassura Camus. Comment est-ce que je pourrais seulement regretter une chose pareille… »
Milo lui fit un sourire ravi.
« J'en avais presque oublié à quel point tu es divin, Camus… Déclara-t-il en le toisant de ses iris clairs.
- Et toi… Tu ne sais pas ce que ça m'a fait que tu me désires de nouveau… Murmura l'intéressé en soutenant son regard.
- Je n'ai jamais cessé de te désirer, Camus, répliqua Milo avec tout le sérieux du monde. Je n'étais simplement pas assez en état pour te le montrer… »
Camus acquiesça simplement, et touché, il revint prendre ses lèvres. Il les gratifia d'un baiser profond. Leurs langues se rejoignirent et dansèrent ensemble.
« Si on continue comme ça, je risque d'avoir encore envie… L'avertit le mage en le lâchant.
- Et alors ? Ponctua Milo avec un grand sourire charmeur. J'ai encore mes mains… Voire une bouche… »
Voyant Camus se mettre à rougir de nouveau, le chevalier ricana.
« Non, on va être raisonnables, pour une fois, décida Camus. Je crois que nous devrions dormir tous les deux. Nous verrons plus tard…
- Comme tu veux, Camus, acquiesça Milo en lui souriant toujours. Si tu devais changer d'avis… La proposition tient toujours.
- T'es bien aimable.
- J'espère bien, oui… »
Camus fit un léger sourire. Et il se redressa pour éteindre leur lumière, sur la table de chevet. Il aida Milo à se mettre correctement sous les draps, et une fois bien installé, il se blottit tout contre lui. Sa tête se logea dans son cou, comme à son habitude.
« Tu te sens comment à présent, Milo ? S'inquiéta Camus en fermant les paupières.
- Franchement ? Fit sincèrement le chevalier. Camus… Je crois que je me sens complet… »
Camus, touché par ces mots, déposa ses lèvres contre la gorge de Milo longuement, en un baiser appuyé.
« Moi aussi… »
