Note de l'auteur: Bonjour bonjour ! Chose promise chose due, voici le chapitre 42 de Sauver la princesse ! J'espère qu'il vous apportera satisfaction après le cliffhanger sur lequel je vous ai laissés la dernière fois.
Merci encore et toujours pour les reviews, le soutien est très important pour moi ces temps-ci.
Bonne lecture !
Chapitre 42 – Crise
Des coups sourds résonnèrent à la porte de la modeste chambre.
Hyôga ne répondit pas. Cela faisait une heure qu'il ruminait. Qu'il broyait du noir. Il n'arrivait pas à faire redescendre la colère qui l'avait pris devant ce qu'il avait aperçu par hasard. C'était ce qui le mettait le plus en colère : le hasard. Qu'il ait surpris son maître, comme ça… Sans avoir d'explication… Et de se prendre sa tentative pitoyable de justification derrière… Cela le mettait dans une colère qu'il n'aurait jamais cru ressentir.
Hyôga ne voulait plus voir personne. Dans cette optique, il avait calé une chaise contre la porte pour que personne ne puisse l'ouvrir. De cette manière, il aurait la paix. Son visiteur essaya vivement la poignée. Sans succès. Une voix furieuse se fit entendre de l'autre côté.
« Hyôga ! Ouvre-moi, espèce de petit con ! »
Milo, reconnut immédiatement l'intéressé.
« Dégage ! » Cria-t-il à son adresse.
Milo essaya une deuxième fois la poignée. Puis il y eut un silence. Il se passa une minute, avant qu'il ne réessaye de nouveau, avec plus de force.
« Hyôga, tu m'ouvres maintenant ou tu vas le regretter ! » Tonna le timbre colérique de Milo de l'autre côté.
Le jeune homme ne fit aucun mouvement pour aller ouvrir. De toute façon, Milo ne pourrait pas l'atteindre. Il avait barricadé la porte. Il pourrait bien essayer ce qu'il voudrait, ça ne marcherait pas.
Ce fut donc avec une surprise immense que le disciple des glaces vit le battant de sa porte s'ouvrir dans un grand fracas, sous le choc particulièrement violent de l'épaule du chevalier. La chaise que Hyôga avait mise devant vola en morceaux dans la manœuvre.
« Maintenant, fini de jouer ! » Déclara Milo en le clouant du regard. Hyôga se leva de son lit d'un bond, et recula de quelques pas devant la démarche furibonde de son visiteur non programmé. Il ne s'était pas attendu à ce que le chevalier eût autant de force. Il venait de défoncer sa porte sans la moindre difficulté !
« Je peux savoir pourquoi tu barricades ta porte ?! Se renseigna Milo, visiblement en colère. T'es devenu cinglé, ou quoi ?!
- Je ne veux voir personne ! Cria Hyôga sans se démonter complètement.
- Sans déconner ?! Tonna Milo. Eh bien, mauvaise nouvelle ! Tu vas commencer par me voir moi, et ensuite, tu vas aller voir ton maître !
- Je n'irai voir personne ! Résista Hyôga. Je vous déteste tous les deux ! Je n'ai plus aucun compte à vous rendre ! Et surtout pas à un tueur psychopathe dans ton genre ! »
Milo le considéra d'un air dangereux, et il croisa simplement les bras sur son torse. Au lieu de s'énerver, il haussa un sourcil.
« Tueur psychopathe, répéta-t-il d'un air menaçant. Oui… Pas mal. Et si tu ne veux pas que j'en devienne un dans les délais les plus brefs, tu vas me faire le plaisir de m'écouter et de m'obéir !
- Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi !
- Je ne plaisante pas, Hyôga ! S'énerva plus franchement Milo. Si tu ne veux pas te prendre un coup d'Aiguille Ecarlate, je te conseille de te calmer immédiatement !
- Tu n'oserais pas !
- Tu veux parier ? »
Hyôga fit un nouveau pas en arrière. Milo n'avait pas l'air de plaisanter, en effet. D'autant plus qu'il avait vraiment pris son épée avec lui. Il ne l'avait pas dégainée, mais il ne valait mieux pas tenter le diable.
« Bien ! Fit Milo en voyant l'adolescent se rembrunir. Maintenant tu vas sortir de ta piaule, et tu vas immédiatement aller t'excuser à ton maître !
- Je n'ai aucune excuse à lui fournir ! Lui indiqua Hyôga avec véhémence. Il a bien mérité tout ce que j'ai dit ! Je vous déteste tous les deux ! Je ne veux plus rester ici !
- Tu vas arrêter de dire des conneries, oui ? Rugit Milo. Déjà, tu n'iras nulle part !
- Je vais me construire un radeau ! Je partirai !
- Mais je peux savoir pourquoi tu te mets dans un état pareil ?! Y'a pas mort d'homme !
- Je m'en fiche ! Je vous hais ! Je hais maître Camus ! Et je te hais toi !
- Non », répliqua fermement Milo.
Hyôga marqua un temps d'arrêt.
« Non ?! Je viens de te dire que si !
- Arrête de me prendre pour un con, Hyôga, déclara Milo avec un calme inquiétant. Tu ne détestes ni ne hais personne. Tu es en colère, mais personne ne déteste personne dans cette maison. Alors arrête de dire des conneries. Tu es fatiguant. »
Cela n'eut pas l'air de décontenancer le disciple.
« Vous me dégoûtez, toi et maître Camus ! Cracha-t-il. Il s'est bien foutu de ma gueule ! Et toi, espèce de profiteur, tu t'es bien amusé à t'inviter dans la maison et à te mettre sur notre dos !
- Hyôga, tu arrêtes tout de suite ce grand délire, ou je te préviens que tu goûteras de mon épée, le menaça froidement Milo. J'aime ton maître. Et il m'aime. On est amoureux l'un de l'autre. Je ne vois pas ce que le profit a à faire là-dedans ! Je te signale qu'aux dernières nouvelles, c'est lui qui m'a ramené ici ! Tu te comportes comme un ingrat et un imbécile, crétin ! Je donne gentiment de ma personne pour assister tes entraînements, je te rappelle ! Si j'avais été un profiteur, je n'aurais même pas pris la peine de le faire !
- Qu'est-ce que ça change ?! Vous êtes immondes, tous les deux, voilà ce que vous êtes ! »
Milo marqua une pause. Il haussa les sourcils. Ah ouais… Le gamin déconnait à plein régime.
« Immondes. Intéressant. Parce qu'on s'aime ? Se renseigna Milo sur un ton dangereux. Tu y vois quelque chose d'affreux ? Franchement, tu devrais t'écouter quand tu parles, Hyôga. Et l'amour que tu voues à Shun, il est immonde, aussi, c'est ce que je dois en conclure ?!
- Je ne suis pas amoureux de Shun ! Cria immédiatement l'intéressé.
- T'es pas amoureux de Shun, ricana soudain Milo. Alors celle-là, c'est la meilleure de l'année ! Et tu peux me redire ça en me regardant dans les yeux ?! »
Hyôga ne le fit pas. Parce qu'il ne pourrait pas redire ça sans mentir, il en avait conscience.
« Comment tu le sais, d'abord, fit l'adolescent d'une voix sourde.
- Comment je le sais ?! Mais ça crève l'écran ! S'exclama Milo. Alors je trouve que ce genre de commentaires à la con sur ton maître et moi, tu peux te les garder !
- Ça n'empêche pas que je n'irai pas m'excuser ! Maître Camus m'a pris pour un imbécile !
- Gamin, je te garantis que tu vas aller t'excuser. Quitte à ce que je t'y traîne de force. Tu as idée du mal que tu lui as fait, à Camus, en lui disant ces horreurs ?!
- Et moi ! Il a idée du mal qu'il me fait ?! Renchérit Hyôga. Je ne compte pas, pour lui, c'est ça ?! Je ne lui ai jamais, jamais connu personne ! Ça fait des mois que tu vis avec nous ! Et j'apprends ça par hasard ? Par hasard, en plus ? Je ne suis rien, pour lui, pour qu'il ne prenne même pas la peine de me dire une chose aussi importante ?! Je le connais depuis des années !
- Il voulait trouver le bon moment pour te le dire ! S'énerva Milo. Il avait peur que tu le rejettes ! Et je commence à comprendre pourquoi, vu la manière dont tu réagis !
- Je réagis comme ça parce qu'il n'a pas été foutu de me le dire !
- Et ça justifie que tu déclenches tout ce merdier ?! Renchérit Milo. Tu sais comment il est, ton maître ! Tu sais qu'il ne parle pas beaucoup ! C'est toi qui es idiot, à attendre de lui qu'il te dise tout ! Alors peut-être que Camus a trop attendu ! Mais je vais t'apprendre une chose ! Il n'est pas un surhomme, ne t'en déplaise ! Si c'est pour lui reprocher d'avoir du mal à parler, effectivement, je ne sais pas ce que tu fais encore là !
- Je sais qu'il n'est pas parfait ! Mais ça, ça, c'était important ! Je vis dans la même maison que vous ! Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que j'apprenne les choses en surprenant, ou en étant mis devant le fait accompli ?! Et toi ! Tu n'aurais pas pu me le dire, non ?! Vous êtes deux, à ce que je sache !
- Non. Camus voulait le faire lui. Ce n'était pas mon rôle, affirma plus calmement Milo. Et toi, tu n'as pas à te mettre dans un état pareil parce qu'il ne te l'a pas dit dans la minute.
- Pas dit dans la minute ! Se vexa Hyôga. Ça fait des mois que tu es ici !
- En attendant, ça ne justifie pas toutes les horreurs que tu lui as dites ! Fit Milo en recommençant à s'énerver. Tu crois vraiment que dire à ton maître qu'il n'est plus rien pour toi et qu'il te dégoûte est une réaction appropriée ?! Tu lui as brisé le cœur !
- Il n'a pas de cœur ! » Cria Hyôga.
A ces mots, Milo dégaina son épée et la pointa vers Hyôga, hors de lui.
« Il n'a pas de cœur ?! Hurla Milo. Mais ça fait une heure qu'il pleure sans s'arrêter dans sa chambre, à cause de tes conneries ! Je n'arrive pas à le calmer ! Tu lui as fait horriblement mal ! Et tu crois qu'il n'a pas de cœur, crétin ? Redis ça encore une fois et je t'égorge ! »
Hyôga porta les mains devant lui, soudain effrayé. Milo avait le visage tordu de colère. Il avait été trop loin. Effectivement, c'était une énorme bêtise qu'il avait dite.
Il y eut un silence lourd dans la chambre. Personne ne bougea. Milo avait toujours son épée sortie, furieux. Hyôga disait connerie sur connerie. Il voulait bien être bienveillant, mais il avait ses limites. Le disciple se calma complètement, sous le coup de sa crainte. Il baissa simplement la tête.
« Pardonne-moi, Milo, déclara-t-il d'une voix rauque. J'ai dit n'importe quoi. Je ne sais même pas pourquoi j'ai dit ça. »
Milo, en l'entendant, rangea son épée d'un geste sec dans son fourreau.
« Ça ira pour cette fois », marmonna-t-il, visiblement agacé.
Hyôga sentit ses yeux s'embuer légèrement. La colère et la peur lui avaient coûté en énergie.
« Bon, fit Milo plus calmement. Maintenant, viens là. »
Hyôga vit le chevalier écarter les bras dans sa direction. Son regard clair était très sérieux. Le disciple s'approcha timidement, et Milo le prit entre ses bras, satisfait de le voir plus calme. Hyôga s'accrocha à lui avec énergie. Il se sentait complètement perdu dans ce qu'il ressentait.
« Hyôga, murmura Milo. Je comprends que tu sois fâché. Tu sais, moi aussi, j'aurais bien aimé que tu le saches plus tôt. Mais tu connais ton maître. Il est comme ça. Il a du mal à parler. Pour lui, ce sont des choses difficiles, surtout quand elles sont sentimentales. Tu le sais déjà, non ? Ce n'est pas par moquerie qu'il ne t'a pas dit qu'il était amoureux, ou parce que tu ne comptes pas pour lui. Tu comptes énormément. Tu devrais le savoir. Là, tu lui as fait beaucoup de peine. Alors s'il te plaît, mets un peu ta rancœur et ta fierté de côté et viens réparer tes dégâts. Ta colère est une chose… Les paroles que tu as dites en sont une autre. T'as sorti des imbécilités plus grosses que toi, Hyôga. T'as beau avoir des motifs pour te vexer, ça, c'était vraiment disproportionné. »
Hyôga ne lâcha pas Milo.
« C'est vrai que maître Camus a pleuré ? Fit le disciple d'une petite voix.
- Oui. Il pleure. Depuis une heure, au moins. Alors je voudrais que tu répares tes bêtises. Que tu ailles le voir et que t'excuses pour ce que tu as dit. Je ne supporte pas de le voir comme ça. »
Hyôga ne répondit rien.
« T'es vraiment juste en colère parce qu'il ne t'a rien dit, ou… Y'a autre chose ? Se renseigna Milo. Pourquoi t'as dit que ça te dégoûtait ? Parce qu'on est deux hommes ? »
L'adolescent hocha de la tête négativement, dans son étreinte.
« Non… J'en sais rien… Déclara Hyôga. Je crois que c'est parce que j'ai peur qu'il dise ça de moi… Shun. »
Shun ? Pensa Milo. Mais qu'est-ce qu'il venait faire là-dedans, celui-là ?
« Tu as peur que Shun dise ça de toi ? S'étonna-t-il. Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Il ne sait pas que… Je ressens ces choses pour lui, lui avoua Hyôga. Et parfois, je me déteste à cause de ça. Alors vous voir faire ça ensemble, vous embrasser, comme ça, j'ai… Ça m'a fait disjoncter. »
Il y eut un silence.
« Ça, tu peux le dire. Je t'ai jamais vu autant déconner, gamin. C'était limite flippant », déclara Milo.
Puis, celui-ci poussa un profond soupir. Hyôga s'était franchement mis dans un état pas possible pour des choses qui n'en valaient pas la peine. Il comprenait sa surprise, voire sa colère, mais de là à se mettre à dire à Camus qu'il n'était plus son maître …
« Tu t'es vraiment énervé comme ça à cause de ce que tu ressens pour Shun ? L'interrogea Milo, incrédule.
- Il me manque terriblement, Milo, lui avoua le blond.
- A ce point ?
- A ce point. »
Milo accentua un peu son étreinte sur Hyôga.
« Donc ça n'a rien à voir avec ton maître et moi, ta colère, en conclut-il facilement. N'est-ce pas ?
- Non… Je suis fâché qu'il ne m'ait rien dit… Mais je crois pas que c'est ce qui me fait le plus mal. »
Le silence se fit à nouveau entre eux.
« Malheureusement, pour Shun… On ne pourra pas régler ton problème tout de suite, estima Milo. En revanche, pour Camus, c'est faisable maintenant. Tu veux bien aller t'excuser, puisque que tu es calmé ? On ne va pas le laisser dans cet état. Même s'il aurait dû te dire les choses plus tôt, il ne mérite pas ce que tu lui as dit. »
Hyôga hocha faiblement de la tête. A présent, c'était de la culpabilité qu'il ressentait. Parce qu'il repensait à ce qu'il avait crié à son maître et… C'était vrai qu'il n'avait plus rien contrôlé… Et il avait dit des choses dures. Indignes de lui.
« D'accord. Je veux bien aller m'excuser, agréa Hyôga. Tu viens avec moi ?
- Je t'escorte, gamin. Comme je te l'ai dit, je ne te laisserai pas tranquille tant que tu ne lui auras pas dit pardon. »
Milo se détacha de son étreinte et il passa une main autour des épaules de Hyôga pour le faire avancer avec lui. Le disciple avait l'air de s'être définitivement calmé et de commencer à comprendre sa bêtise. C'était une bonne chose. Les deux traversèrent le couloir, et Milo guida Hyôga jusqu'à la chambre de Camus. Une fois à la porte, il l'ouvrit silencieusement et il fit passer l'adolescent devant lui.
« Allez, maintenant, retentit la voix de Milo alors qu'il refermait la porte derrière eux. Va t'excuser. Et correctement, gamin. Je t'ai à l'œil. »
Camus était là, dans la pièce, assis sur son lit, la tête dans les mains. Conformément aux dires de Milo, il pleurait plus ou moins silencieusement. Hyôga s'avança maladroitement dans la chambre, se sentant subitement très mal. Voir son maître dans cet état était très inhabituel pour lui. Depuis que Milo était là, Camus était davantage expressif, mais il y avait quand même une marge. Une sacrée marge. Une fois que le disciple fut devant son maître, il s'arrêta, embarrassé. Camus ne releva même pas la tête. Milo les rejoignit discrètement, et se posta derrière Hyôga, à deux mètres, environ.
« Alors, Hyôga ? » Lui enjoignit-il sur un ton autoritaire.
Le disciple ne prononça pas un seul mot. Il continua de jauger son maître, qui laissait échapper un sanglot étouffé de temps en temps. Oui… Il était sans doute allé trop loin. Maintenant qu'il voyait son maître comme ça… Il se rendait vraiment compte. Alors, Milo avait raison. Il devait s'excuser.
« Maître », prononça-t-il d'une petite voix.
Hyôga s'interrompit. Camus fit l'effort de relever la tête pour croiser ses iris pluvieux. Le mage avait les yeux rougis par ses pleurs, et l'expression défaite, mais il soutint le regard de son élève sans ciller.
« Je suis désolé pour ce que j'ai dit, finit par s'excuser Hyôga. J'ai mal réagi, et je ne voulais pas vous faire autant de peine. Je me suis mal comporté. Pardonnez-moi. »
Camus ne répondit absolument rien. Il se contenta de continuer de pleurer silencieusement.
Milo, de là où il était, ne bougea pas. Lui, il avait tout essayé pour réconforter Camus et le calmer, et rien n'y avait fait. C'était à Hyôga de réparer sa bêtise. Lui, il resterait là, mais ce n'était pas son rôle d'intervenir.
« Maître ? Le rappela Hyôga en voyant qu'il n'aurait que le silence comme réponse. Je vous jure, je suis vraiment désolé. Je ne m'excuse pas seulement parce que Milo me le demande. Je vous ai dit des choses que je ne pense pas.
- Qu'est-ce que tu ne penses pas ? » Prononça Camus d'une voix brisée.
Hyôga le considéra. Il avait dit beaucoup de choses… Toutes plus dures les unes que les autres. Cela risquait de prendre un moment.
« Vous êtes toujours mon maître, affirma timidement Hyôga. Et… Et je ne vous déteste pas. C'était bête, ce que j'ai dit. Et puis… Et puis vous ne me dégoûtez pas. Ni vous, ni Milo. »
Camus garda le silence. Il se contenta de le regarder. Des larmes coulaient toujours de ses yeux. Alors Hyôga, qui n'aimait pas voir son maître ainsi, surtout à cause de ses bêtises, se pencha pour le prendre progressivement dans ses bras. Camus ne fit aucun mouvement. Il resta rigide sous l'attention.
« Je suis vraiment désolé, continua Hyôga en l'étreignant fermement. Je suis content pour vous et Milo. Tant qu'il vous rend heureux… Je n'ai pas à discuter du type de relation que vous avez avec lui. Je suis simplement fâché que vous ne me l'ayez pas dit. Ça m'a fait mal. J'ai eu l'impression que vous ne me faisiez pas confiance. Que je ne comptais pas. »
Camus, entendant cela, se calma un peu dans les bras de son disciple. Mais il ne rendit pas pour autant l'étreinte.
« Je m'excuse pour toutes mes paroles déplacées, essaya de nouveau le disciple, inquiet de voir que son mentor ne répondait pas. Vous êtes mon maître, et je ne suis plus fâché. Milo a raison… Ma réaction était disproportionnée. »
Il y eut un long silence. Les pleurs de Camus finirent par cesser complètement. Une fois qu'il fut complètement calme, il rendit alors l'étreinte. Ses mains s'apposèrent légèrement dans le dos de Hyôga.
« J'accepte tes excuses, Hyôga, à condition que tu t'excuses aussi envers Milo », annonça-t-il platement.
L'intéressé haussa les sourcils depuis là où il était.
« Hein ? Non, mais attends, Camus, je ne suis pas son maître, et…
- Très bien, le coupa le disciple en se tournant vers lui. Je te présente aussi mes excuses, Milo. »
Le chevalier le contempla, interdit.
« Merci, fit-il simplement. Je les accepte.
- Parfait, prononça Camus. Dans ce cas, l'incident est clos. »
Hyôga accentua son étreinte sur Camus.
« Merci, maître. Je ne voulais vraiment pas vous mettre dans cet état.
- C'est bon, Hyôga », déclara distraitement le mage.
Il y eut un silence dans la pièce. Un peu plus confortable que les précédents.
« Tu penses vraiment ce que tu dis ? S'assura Camus dans un murmure. Tu es vraiment content pour moi… Et Milo ?
- Il vous rend heureux, maître, je le vois tous les jours, répondit seulement Hyôga. Alors, tant qu'il le fera, je serai content pour vous. »
Camus fit voyager une main distraite dans le dos de son disciple.
« Merci, Hyôga, dit-il. Milo me rend effectivement heureux. Et puisque nous sommes un couple, je souhaite que tu le respectes. C'est très important.
- D'accord, maître. C'est compris.
- Très bien… Et je te préviens, Hyôga. Je ne tolèrerai pas deux fois de t'entendre dire des choses aussi horribles.
- Je ne les dirai plus, maître. J'ai compris que c'étaient des bêtises.
- Tu en es sûr ?
- Certain. »
Camus poussa un soupir discret. Il savait que concernant le revirement de Hyôga sur ces choses-là, il devrait vivement remercier Milo.
« Dans ce cas… Tu as gagné le droit de me tutoyer, Hyôga », annonça Camus à voix basse.
A ces mots, le disciple écarquilla les yeux. Il se défit un peu de l'étreinte pour aller regarder son maître, médusé. Ses yeux océan étaient sérieux, comme d'habitude.
« Quoi ? Lâcha-t-il, terriblement surpris. Mais… Mais vous êtes sûr ? Vous êtes mon maître, mon supérieur, et…
- Tu, Hyôga, tu… Le corrigea calmement Camus. Et oui… Je suis sûr. De toute manière, Milo a raison… Que tu me vouvoies est ridicule. »
A ces mots, Hyôga se retourna vers Milo, éberlué. Le chevalier lui en avait parlé ?! Mais il avait promis qu'il ne le ferait pas !
« Hé, ne me regarde pas comme ça, gamin, je te jure que je n'ai rien dit ! » S'exclama Milo, qui était sans aucun doute aussi étonné que lui.
Le chevalier lança un regard interrogateur à son amant.
« Je commence à te connaître, Milo, déclara-t-il sereinement. Tu n'as pas besoin de me parler de ça pour que je le sache. »
A ces mots, Milo esquissa un sourire amusé. Oui, Camus commençait à le connaître, effectivement.
« J'en conclus que vous en avez discuté dans mon dos ? S'informa plus sévèrement le mage.
- Tout de suite les grands mots ! Rouspéta Milo avec mauvaise foi. J'ai posé deux trois questions, c'est tout… ! »
Camus leva les yeux au ciel, intérieurement amusé. Puis, il reporta son attention sur son disciple.
« Tu veux le faire, alors, de me tutoyer ? Lui demanda-t-il. Ça te ferait plaisir ? »
Hyôga garda le silence quelques instants, ne comprenant pas sa chance. Il avait crié sur son maître, il l'avait même insulté… Et il le récompensait ?
« Oui, ça me ferait plaisir, maître… Mais je ne suis pas sûr de mériter de faire ça après la manière dont je vous ai parlé tout à l'heure…
- Tu t'es excusé, déclara platement Camus. Tu n'auras le droit de me tutoyer que si tu es sincère. Et tu l'es, non ?
- Oui. Je suis sincère, confirma Hyôga.
- De toute manière… Je voulais me faire pardonner, moi aussi, lui avoua Camus.
- Vous faire pardonner ? Se surprit le plus jeune. Mais de quoi ?
- De ne pas t'avoir parlé de cela plus tôt, murmura le maître des glaces. J'ai bien vu que cela t'a blessé. Et d'ailleurs, Milo…
- Oui ? Fit l'intéressé en le regardant.
- Je voulais aussi m'excuser auprès de toi, déclara Camus. Je t'ai forcé à te cacher longtemps… Et tu as été généreux de l'accepter. »
Milo haussa les sourcils.
« Non, mais Camus… T'as pas à t'excuser. La situation était délicate… Ça ne m'a pas dérangé. T'en fais pas. »
Camus acquiesça simplement. Milo traduisit facilement. « Merci », lui disait-il en pensée.
« Quoi qu'il en soit, Hyôga… Reprit Camus en croisant de nouveau le regard de son élève. Dorénavant, tutoie-moi. Je t'ai élevé comme mon fils… Cette distance hiérarchique n'a pas lieu d'être…
- Merci, maître. C'est un honneur, affirma solennellement Hyôga.
- Ne dis pas de bêtises, mon garçon. Ce n'en est pas un. Je ne suis pas une divinité.
- Oui, mais vous… Enfin, tu… Tu es un mage accompli, et moi, un apprenti. Je suis désolé. Je risque de mettre un moment avant de prendre le coup et de dire « tu » … Je ferai de mon mieux, puisque vous… Enfin, tu le désires, maître. »
Camus hocha simplement de la tête en réponse, satisfait pour le moment. Depuis là où était, Milo regardait la scène avec un sourire attendri.
« Il est tard, annonça Camus dans un murmure. Je vais te raccompagner jusqu'à ta chambre, Hyôga…
- Oh, non, maître, ne vous, ne te donne pas cette peine ! Fit le disciple.
- Ouais, intervint soudain Milo. C'est moi qui vais le coucher, pour une fois, tiens. Tu es fatigué, Camus… Tu ferais bien de t'allonger. »
Hyôga acquiesça silencieusement. Camus ferma les paupières un instant. Puis il donna son accord d'un simple signe de tête, en les rouvrant.
« Allez, gamin, lui enjoignit Milo en s'approchant de lui. Tu embrasses ton maître, et au lit. »
Camus haussa un sourcil. L'embrasser ? Il n'était pas sûr d'avoir déjà permis à son élève ce genre de familiarité. Cependant, il ne bougea pas lorsque son apprenti, obéissant à l'ordre de Milo, l'embrassa sur la joue timidement.
« Bonne nuit, maître Camus, fit celui-ci en se reculant.
- Dors bien, Hyôga », lui souhaita sereinement son mentor.
Milo fit un grand sourire satisfait.
« Parfait ! S'exclama-t-il. Et maintenant, zou ! Au lit ! »
Le chevalier tira alors l'élève de Camus derrière lui sans plus de cérémonie, et il le fit sortir de la pièce.
Une fois qu'ils furent dehors, tous les deux, Milo referma la porte doucement. Et il continua à entraîner Hyôga avec lui jusqu'à sa chambre.
En arrivant dans la pièce, et pendant que Hyôga commença à s'installer pour la nuit, Milo alla en inspecter la porte. Après tout, plus tôt, il l'avait quand même défoncée pour entrer.
« Tu n'avais pas envie qu'il voie les dégâts que tu as causés, c'est pour ça que tu voulais m'escorter à sa place ? S'enquit Hyôga en le regardant tâter le bois du battant.
- Les dégâts que j'ai causés ? Non, mais… Tu t'entends, Hyôga ? Se vexa Milo. C'est toi qui t'es amusé à barricader ta porte.
- Ouais, mais c'est toi qui l'as défoncée, lui rappela le disciple sans ciller.
- Peut-être, admit-il d'un air renfrogné. Disons que je n'ai pas envie qu'il s'aperçoive que j'ai fait ça maintenant. Il a suffisamment été secoué comme ça, ce soir… »
Hyôga avisa le pauvre tas de bois éparpillé au sol qu'avait autrefois été son siège de bureau.
« Il va falloir remplacer ma chaise, constata-t-il d'un air absent.
- Ta porte a l'air de toujours marcher, même si elle est un peu abîmée, déclara Milo en ayant fini son inspection. Ouais, par contre, ta chaise… Elle fonctionne plus, c'est clair. »
Hyôga lui fit un sourire nerveux.
« Tiens, aide-moi à au moins dégager les bouts de bois du passage, lui ordonna Milo. Que ce soit davantage présentable.
- D'accord. »
Une fois ce rangement sommaire accompli, Hyôga grimpa dans son lit, sous le regard légèrement autoritaire de Milo. Lorsqu'il fut installé, le chevalier s'assit à côté de lui sur le rebord de son matelas, et il le regarda attentivement.
« Tu n'as plus besoin de rien, gamin ? S'enquit-il avec grand sérieux.
- Non, c'est bon », confirma Hyôga.
Il y eut un silence entre eux.
« Dis, Milo…
- Oui ?
- T'es vraiment amoureux de maître Camus ? Pour de vrai ? »
Devant la question, l'intéressé fit un grand sourire.
« Oui, Hyôga. Je suis vraiment amoureux de lui.
- Et… C'est depuis longtemps… ? »
Milo arqua un sourcil.
« Toi, tu me poses ces questions à moi parce que tu sais que tu ne pourras jamais les poser à ton maître, analysa-t-il.
- Oui, confirma Hyôga sans se démonter. Mais c'est pas grave, si tu veux pas répondre.
- Je crois que je suis amoureux de ton maître depuis que j'ai croisé son regard, déclara Milo dans un élan de romantisme.
- Amoureux, amoureux… Tu m'as quand même dit que t'avais tenté de le tuer, à ce moment-là.
- Ouais, mais il était de dos, au début, s'amusa Milo.
- C'est pas bien plus romantique, jugea Hyôga.
- J'ai vraiment pu le regarder quand il m'a sauvé de la noyade, lui révéla tranquillement Milo.
- Je vois », acquiesça Hyôga.
Il y eut un silence entre eux.
« Ça me fait bizarre que mon maître soit amoureux. J'aurais jamais cru que ce soit possible.
- Crois-moi, j'en suis le premier ravi », déclara Milo avec un sourire attendri.
Hyôga esquissa un faible sourire, en retour.
« Hyôga… Pour Shun, tu sais… On va trouver une solution, essaya de le rassurer Milo.
- C'est gentil, mais… Mais je ne pourrai pas le forcer à m'aimer comme ça en retour, soupira l'adolescent d'un air triste.
- Tu penses vraiment que ce n'est pas réciproque ? S'informa Milo. Moi, je ne l'ai jamais rencontré, ton Shun… Mais tant que tu n'as pas essayé, tout reste possible. »
L'apprenti des glaces se para d'une moue découragée.
« Je ne sais pas. On s'aime beaucoup, tous les deux, mais de là à dire que de son côté… Hésita-t-il. J'en sais rien… »
Milo faillit éclater de rire en entendant le discours de Hyôga. Il lui faisait terriblement penser à Aiolia. Il lui avait dit le même genre de choses des mois durant… Cela l'amusait beaucoup de voir le jeune disciple de Camus dire la même chose, avec tout de même pas mal d'années en moins.
« Qu'est-ce qui te fait sourire ? Se vexa le disciple devant son air moqueur.
- Rien, rien, nia Milo en continuant de le dévisager d'un air espiègle. Tu me fais juste penser à mon pote 'Lia, c'est tout.
- Celui à qui tu envoies des lettres ? S'assura Hyôga. Ton ami de la Tour de Garde ?
- Oui. C'est lui », confirma Milo sans cesser de sourire.
Puis le chevalier s'interrompit un instant. Une idée lumineuse venait de lui traverser l'esprit.
« Eh, mais, Hyôga ! En parlant de lettres… Tu lui en as déjà envoyé, à Shun ? S'informa Milo en le dévisageant avec intérêt.
- Euh… Non, jamais, admit le plus jeune.
- Eh ben alors ! Tu pourrais lui en envoyer ! Comme ça, peut-être qu'il te manquerait moins ! Tu ne penses pas ? Moi, je suis content de le faire avec 'Lia. Je suis pas amoureux de lui, mais il me manque aussi. Et ça me fait du bien d'échanger des nouvelles. »
Hyôga sembla considérer la proposition.
« Oui… Ça me ferait plaisir d'essayer. Si c'était possible. Il faut que je demande à maître Camus…
- Il sera d'accord, ne t'en fais pas », le rassura Milo.
Le disciple hocha de la tête avec un sourire, un peu rasséréné.
« Tu sais, Milo… Je crois que je suis content que ça soit toi, lui annonça Hyôga. Des fois, t'es un peu bizarre, mais t'es gentil. Et puis… Je suis ravi que tu sois là pour m'aider à m'entraîner.
- C'est normal, gamin, répondit Milo avec un sourire lumineux sur le visage. Quand tu ne racontes pas de bêtises comme tout à l'heure, t'es plutôt sympathique, comme gosse. Aucun souci. »
Hyôga eut un rire nerveux.
« Merci. Et je suis désolé… T'es pas un tueur psychopathe. Ça aussi, c'était une bêtise.
- C'est déjà oublié, Hyôga, le rassura Milo en posant une main sur son épaule. Et maintenant, dors. Ton maître va finir par se demander ce que je fiche.
- D'accord. »
Milo ébouriffa légèrement les cheveux de Hyôga avant de se lever.
« Allez. Bonne nuit, gamin. Dors bien sagement. Plus de blagues.
- Bonne nuit, Milo. »
Lorsque Milo revint finalement dans la chambre de son amant, il referma discrètement la porte avec un soupir de soulagement épuisé. Le gamin l'avait quand même pas mal fatigué, lui aussi. Se disputer avec Hyôga ainsi n'avait pas été la meilleure expérience du monde. Et il savait qu'il se ferait sans doute engueuler par son amant en prime le lendemain quand il découvrirait l'état de la porte de la chambre de son apprenti, et sa chaise en miettes. Il en était éreinté d'avance.
Milo fut immédiatement tiré de ces joyeuses pensées lorsque son regard se posa sur son mage préféré, étendu sur le lit en une pose lascive. Camus l'attendait, ses yeux saphir fixes sur lui, complètement nu sur leurs couvertures.
« Tu en as mis, du temps », le gronda-t-il en prenant un ton légèrement sévère.
Milo ne répondit pas. Il se contenta de laisser son regard s'échouer sur le corps dénudé de Camus, un grand sourire ravi au visage.
« Eh ben… Apprécia-t-il. Tu ne t'embarrasses même plus de subtilités, toi.
- Regardez qui parle. Tu te trouves subtil, toi ? Ironisa Camus.
- Moi non… Mais toi, d'habitude, tu l'es davantage.
- Si ça ne te plaît pas, je me rhabille, menaça faussement le mage.
- Même pas en rêve. »
Milo, sur cette affirmation, sauta sans préavis sur le lit de Camus, pour l'attraper et l'embrasser éperdument. Il avait bien prévu de lui en faire voir de toutes les couleurs, plus tôt dans la soirée… Il était temps de mener à bien ce projet.
Ils discuteraient plus tard…
« Dis-moi, Milo… Murmura Camus dans l'oreille de son amant. Comment tu as fait pour retourner mon disciple à ce point… ? Il était devenu une vraie furie… Je ne l'avais jamais vu comme ça. »
Milo se contenta de faire voyager distraitement ses mains dans le dos nu de Camus. Les deux hommes avaient passé les quelques dernières dizaines de minutes à s'aimer tendrement. Ils étaient toujours enlacés. Et Camus était toujours en Milo, depuis qu'il avait atteint son orgasme. Il ne s'était pas retiré. Il avait envie de profiter encore un peu du corps brûlant du chevalier. Il aimait les moments de calme après leurs ébats. C'était toujours incroyablement doux. Et maintenant qu'il tenait Milo contre lui, et qu'il l'avait aimé… Ses pensées s'étaient d'elles-mêmes remises en route. D'où la question. Car ils avaient à parler… Alors pourquoi pas maintenant plutôt que plus tard… ? Cela n'avait aucune importance.
« Je ne sais pas, répondit Milo à voix basse. Tu connais mes méthodes. Un bon petit coup d'Aiguille Ecarlate et ça repart. »
Camus fronça les sourcils.
« Ce n'est pas drôle, Milo, grogna-t-il.
- Non, je te le concède. C'est pas drôle du tout. »
Milo soupira. Franchement, il n'était pas sûr de comment il avait réussi à calmer Hyôga. Il savait juste qu'il avait voulu le faire, parce que ça avait été à faire, et qu'il lui avait semblé parfaitement inadmissible de laisser son amant se faire insulter et briser le cœur par un adolescent qui n'avait pas conscience de ce qu'il disait. Il aurait harcelé Hyôga jusqu'à ce qu'il accepte de s'excuser devant Camus.
« Mais franchement, j'en ai tué pour moins que ça, dans ma vie, lui avoua sombrement Milo. Je te jure, ton disciple… Il a une sacrée chance que je l'aime bien. Il a vraiment raconté des conneries.
- Il a continué à te dire les mêmes choses qu'à moi, n'est-ce pas ? S'enquit Camus d'un air désolé.
- Plus ou moins. C'est vrai qu'il était un peu effrayant. Mais j'ai réussi à cerner ce qui n'allait pas… A force de me disputer avec lui et d'appuyer sur les points sensibles. Et quand il a compris qu'en fait, sa colère avait pas grand-chose à voir avec nous… Il s'est calmé et il s'est rendu compte de ce qu'il avait dit. Heureusement parce que franchement… Il était vraiment dans un sacré délire. »
Camus ne répondit pas tout de suite. Toujours niché dans le cou de son amant, il se délecta un instant de son odeur réconfortante.
« Sa colère n'avait pas grand-chose à voir avec nous ? Releva-t-il ensuite.
- Non… Enfin, si. Il était en colère que tu ne lui aies pas dit pour nous, mais… Mais je crois qu'il souffre de ne pas pouvoir voir son ami Shun… Tu ne l'as plus laissé retourner à la Citadelle depuis que je suis arrivé, Camus…
- Où est le rapport avec nous ?
- Je te l'ai dit, il est amoureux, et il a l'air de ne pas l'assumer du tout. Je crois que c'est pour ça qu'il a aussi mal réagi de nous voir comme ça ensemble. Il n'a pas dû supporter de te voir faire quelque chose qu'il pense ne jamais pouvoir s'autoriser. »
Camus haussa un sourcil et se redressa un peu pour croiser le regard de Milo.
« Tu deviens psychologue, toi, commenta-t-il.
- Je sais pas. Mais que le sujet de Shun arrive au milieu de notre dispute en a dit long, en tout cas. »
Milo releva la tête pour embrasser délicatement Camus, qui le clouait de son beau regard sombre. Celui-ci se laissa faire sereinement.
Une fois leur baiser terminé, Camus esquissa un mouvement pour se retirer du corps de Milo, mais celui-ci bloqua son bassin en enroulant ses jambes autour de lui, afin qu'il ne bouge pas.
« N'y pense même pas, l'avertit immédiatement le chevalier. Je suis loin d'en avoir fini avec toi. »
Camus arqua un sourcil. Milo l'attira à lui pour l'embrasser une deuxième fois.
« D'ailleurs, Camus, je suis désolé, murmura-t-il. J'ai pas été prudent, tout à l'heure… C'est de ma faute si le gamin nous a vus. Je sais que tu aurais voulu que ça se passe autrement. »
L'intéressé déposa un baiser au-dessus d'un sourcil, sur le visage magnifique qui lui faisait face.
« Cela ne fait rien, consentit à le rassurer Camus. Nous ne pourrons pas changer ce qu'il s'est passé. »
Nouveau baiser, au coin de la bouche.
« Et puis ainsi… Tu pourras te targuer d'avoir jamais été le seul à me vaincre aux cartes.
- C'est ton disciple qui a gagné, lui rappela Milo avec un sourire.
- Non. Clairement… C'est toi. Ta stratégie était peu orthodoxe, mais… »
Milo laissa échapper un ricanement sourd.
« Chacun ses bottes secrètes, se délecta-t-il.
- Secrètes, secrètes…
- Quoi ? Ton disciple n'y a vu que du feu.
- Pas exactement, je te rappelle.
- Ouais, mais pendant la partie. Tu pinailles, là.
- Peut-être. »
Camus lui fit un sourire amusé. Milo s'empressa de le recouvrir de sa bouche.
« Tu crois que je devrais discuter avec Hyôga, à propos de Shun ? S'enquit Camus. S'il a fait une crise de nerfs monstrueuse à cause de ça…
- C'est toi qui vois, Camus, répondit Milo. T'es toujours son maître. A toi de juger.
- Mais je te demande ton avis.
- Moi, je pense que ça peut être bien. Il a besoin de soutien, le petit. Après… Je sais que tu n'es pas à l'aise avec ce genre de sujets, mais… T'es quelqu'un de logique, qui trouve facilement des solutions. Peut-être que ça lui serait bénéfique.
- D'accord. »
A ces mots, jugeant qu'il avait envie de recommencer des activités moins bavardes, Milo fit un léger mouvement de bassin contre Camus. Le mage fut parcouru d'un frisson de délice en se sentant bouger dans le corps de Milo.
« Tu es un démon, Milo, murmura Camus en lui rendant un mouvement de hanches.
- De ce que je vois, t'aimes ça.
- Le mot serait trop faible », déclara Camus en raffermissant davantage la prise qu'il avait sur lui.
Un ricanement satisfait et un baiser langoureux signèrent le début d'autres étreintes brûlantes.
