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J'espère que votre été s'est bien passé. Voici un nouveau lemon pour la rentrée.

Merci à ma beta adorée Delicity-Unicorn. Je t'embrasse fort.

Univers: Arrow alternatif

Rating: M


Felicity regarde la rue par la vitrine de sa petite boutique. L'après-midi est longue et elle compte les minutes s'égrener alors que les heures semblent avoir du mal à se mouvoir sous le ciel bas.

Elle caresse le creux de son poignet gauche comme toujours quand elle a le cœur lourd et soupire doucement.

Elle attrape la télécommande d'un geste lasse et le rythme d'une basse raisonne dans le petit espace. Elle ferme les yeux pour se laisser bercer par le rythme sourd. Elle se laisse envouter et dérive dans ses sensations en repoussant le spleen qui la gagne.

Elle ouvre lentement les yeux au bruit de la pluie drue qui se met à tomber d'un coup. Le ciel rempli de nuages noirs est déchiré par un éclair qui l'aveugle et le tonner roule lourdement. Elle prend une profonde inspiration, un sourire en coin sur les lèvres. Elle adore cette électricité dans l'air qui empli son corps d'une tension.

La rue s'est vidée de toute vie mais un homme arrive en courant et s'abrite sous le petit rebord du toit devant sa vitrine. Il porte un costume sombre, maintenant trempé, et passe une main dans ses cheveux courts pour libérer les gouttes d'eau prisonnières de ses mèches avant de passer une main sur son visage pour effacer les traces du mauvais temps qui lui est tombé dessus.

La lumière faible du néon éclaire son visage et la lumière rose a du mal à chasser les ombres de son visage.

Felicity rechigne à quitter cet homme des yeux quand son associé l'interpelle. Elle le rejoint au comptoir alors qu'il donne les dernières recommandations à son client qui le suit, et quand elle se retourne vers la vitrine maintenant éclairée par le reflet de la lumière venant de la salle de tatouage derrière elle, l'homme a disparu et la rue est de nouveau vide de toute vie.

####

Oliver pousse la porte de la petite boutique. Son regard se pose sur la jeune femme assise sur un tabouret de bar derrière le comptoir qui se lève dès qu'il entre. Il s'approche en jetant un regard autour de lui alors qu'elle s'accoude sur la vitrine en verre de celui-ci.

La pièce est petite et sombre, éclairée à intervalle régulier par la lumière rose et verte du néon suspendu. Il s'est retrouvé par hasard devant cette boutique il y a quelques semaines et depuis l'idée qui a germé n'a pas quitté son esprit.

— Je voudrais un tatouage, annonce-t-il en posant une main sur la vitre.

— Ça tombe bien c'est ce qu'on fait ici, répond Felicity un sourire aux lèvres mais sa plaisanterie ne tire aucun sourire, même de politesse, à son potentiel client.

— C'est vous qui avez réalisé les dessins exposés en vitrine ?

— Moi et mon associé. Tu es intéressé par quoi ? demande-t-elle alors qu'Oliver tique au tutoiement.

Il lui explique en quelques mots sa demande et elle se penche en lui indiquant quelques modèles à travers la vitre.

Oliver jette un coup d'œil rapide aux différents styles de dessins et reporte son attention sur la jeune femme qu'il prend le temps de détailler alors qu'elle lui explique avec détails ce qui est exposé. Elle est habillée d'un débardeur noir au décolleté échancré qui laisse deviner sa poitrine libre de sous-vêtement et d'un jean noir élimé qui épouse parfaitement ses jambes pour ce qu'il peut en voir. Ses cheveux sont attachés en un chignon flou fait à la va vite d'où s'échappe des mèches blondes et roses qui lui tombent sur les épaules. Vu son style vestimentaire il s'attendait à un maquillage lourd mais elle ne porte rien d'autre qu'un trait fin d'eyeliner. Elle tend un bras pour lui indiquer une autre police d'écriture et il aperçoit le creux de son poignet coloré et des détails de tatouages sur le haut de son bras dont l'essentiel doit s'étaler sous son vêtement.

Il revient aux dessins exposés alors qu'elle a fini ses explications et qu'elle lui laisse le temps d'apprécier certaines de ses créations.

— Fel !

Le silence et le calme qui règnent dans la pièce jusque-là sont brisés par l'arrivée d'un homme qui pousse la porte donnant sur la pièce arrière.

La dénommée Fel se retourne et se met à rire en voyant le visage défait du brun.

— Dis à Barry que je ne suis pas là pour réaliser tous ses caprices.

— Et pourtant, en soulevant les épaules, un sourire mutin sur les lèvres et des yeux pétillant de sous-entendus.

— Je suis tout à fait d'accord, s'écrie une voix depuis la salle arrière.

— Je parle de tatouages ! en se tournant vers l'homme invisible, sa voix irascible se faisant plus forte.

L'attention d'Oliver est attirée par cette apparition mais son intérêt se focalise de nouveau sur la jeune femme qui attrape sa veste pendue à une patère.

— Viens on va prendre un verre. J'ai besoin d'un verre et eux ont besoin de calme, en faisant un signe de la main vers les deux hommes qui continuent de se chamailler et en ignorant le brun qui l'interpelle encore une fois.

Elle attrape la poignée de la porte qu'elle entrouvre en se tournant vers lui.

— Et on va discuter de ce dont tu as besoin.

Felicity passe la porte d'un bar de l'autre côté de la rue de sa boutique. Elle se dirige vers le bout du comptoir le plus éloigné pour se noyer dans la masse et le bruit. Elle grimpe sur un tabouret et s'accoude en hélant le barman qui s'approche avec un grand sourire.

Elle se tourne vers Oliver pour connaitre son prénom et fait les présentations.

— Un futur client, précise-t-elle à John.

L'homme pose son regard sur Oliver pour le détailler. Il porte un costume sombre et une chemise blanche et n'a pas l'air d'être adepte de ce genre d'art. Mais John sait qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Des années derrière un comptoir lui a appris de nombreuses choses sur la nature humaine.

Il lui demande si c'est un premier tatouage pour lancer la conversation mais la réponse brève de l'autre ne l'encourage pas à poursuivre.

John attrape le torchon qu'il a sur l'épaule et essuie ses mains dedans sans quitter l'homme des yeux. Il ne lui semble pas inquiétant mais son comportement est tout de même étrange. Il apparait renfermé et mal à l'aise. Il se promet de rester sur ses gardes avant de reporter son attention sur Felicity et il lève les yeux mentalement alors qu'il voit déjà briller dans son regard la curiosité à découvrir ses tatouages qu'il cache sous ses vêtements. Il a l'intention de lui demander ce qu'elle veut mais il se fait héler par un client et les abandonne en lui disant de se servir elle-même.

Habituée, Felicity se penche par-dessus le comptoir, attrape une bouteille de whisky et deux verres.

— Je veux un tatouage..., commence Oliver. Je suis pas là pour ça, en la regardant faire.

— T'es certain ? en lui lançant un regard sérieux. Ça ne s'enlève pas après tu sais, ses yeux se plissant légèrement.

Oliver prend sur lui pour ne pas s'énerver à la remarque idiote.

— Je sais, ne peut-il s'empêcher de répondre tout de même d'une voix froide. Tu...

— On a besoin de réfléchir avant de prendre une telle décision et je dois réfléchir à mon dessin, en lui tendant un verre qu'elle a rempli.

— Mais avant ça, on boit.

Elle fait tinter son propre verre contre celui d'Oliver, avale cul-sec l'alcool avant de frapper le verre contre le bois verni. Elle sent la brûlure dans sa gorge se rependre à tout on corps et la réchauffer.

Elle se tourne vers Oliver qui n'a pas bougé et qui la regarde comme si tout ce qu'il se passe est insensé.

— Bois, lui ordonne-t-elle en sortant un petit cahier de croquis de sa poche.

Elle a besoin de le connaitre pour savoir ce dont il a besoin, quelle forme son tatouage prendra et pour ça elle a besoin d'un moment avec lui où il est capable de se lâcher. Au moins un minimum.

— Alors ? Je peux connaitre la raison de ce tatouage ? en le regardant attentivement alors qu'il repose son verre vide sur le comptoir. Elle le sent immédiatement se renfermer un peu plus et ériger un mur entre eux.

— C'est pas de la curiosité je te rassure, ajoute-t-elle rapidement. Faire un tatouage n'est pas anodin, je souhaite seulement créer quelque chose qui soit au plus près de celui que tu es et qu'il soit à l'honneur de la personne ou du souvenir pour lequel il est fait.

Elle sait déjà que ce tatouage est pour un souvenir lourd et elle ne mentionne pas le fait qu'elle l'a déjà remarqué quand il s'est planté face à sa vitrine quelques soirs plus tôt et que tout ce qui émanait de lui était un profond désespoir.

Ce soir, il est taciturne. Son désespoir est seulement mieux caché car il sait qu'on l'observe. Elle leur sert un nouveau verre, avale le sien d'une traite et pose à nouveau son regard sur Oliver, attendant qu'il boive. Il comprend sa demande implicite et vide son verre lui aussi.

— C'est pour quelqu'un ? et elle n'obtient qu'un hochement de tête alors qu'il joue avec le verre qu'il a gardé en main. Comment il ou elle s'appelle ? en ouvrant son petit carnet de croquis.

Oliver sent sa gorge se serrer. Il n'a pas prononcé le nom de sa sœur depuis le jour de l'accident. Il est responsable de sa disparition et il a l'impression de manquer de respect à son souvenir s'il se permet d'évoquer son nom.

Il foule encore la surface de ce monde alors qu'elle est enfouie sous terre. Il ne subsiste d'elle que des souvenirs le jour et des cauchemars la nuit.

— Théa, s'entend-il répondre dans un murmure. Entendre le nom de sa petite sœur et sa voix fragile le fait plonger un peu plus dans ses remords. Ma sœur s'appelait Théa.

La voix un peu plus forte mais éraillée. Ce prénom lourd de regrets. Théa. Son esprit répétant inlassablement ce nom qui lui donne à chaque fois un coup dans le cœur.

— C'est un joli prénom.

Felicity comprend pourquoi Oliver semble si touché. Mais elle ne peut pas le laisser s'abimer dans ses pensées noires.

— J'aurais aimé avoir des frères et sœurs. Avoir toujours quelqu'un à qui se confier. Se surpasser en termes de bêtises.

Oliver ne maitrise plus le fil de ses pensées. Il avale son verre qui est de nouveau plein comme par magie pour atténuer sa douleur et le repose vide sur le comptoir. Tous ses souvenirs se ravivent et l'agressent. Il se concentre sur la voix calme et proche de lui. Elle est douce et il s'y raccroche de toutes ses forces.

— Avoir toujours quelqu'un qui nous protège et à protéger.

Oliver ouvre les yeux lentement. Il n'a pas été capable de protéger Théa et pire que tout, il est à l'origine de sa mort. Son regard se promène sur le bois marqué et usé du comptoir et se pose sur le petit carnet maintenant ouvert.

Felicity griffonne le prénom de sa sœur avec différentes polices. Ses coups de crayon sont légers et lents, elle accentue certains traits en les appuyant avec force qui leur donnent une impression de mouvement.

— Tu veux bien me parler d'elle ? en arrêtant son tracé, le crayon restant suspendu dans le vide en attente de ses mots.

Il relève la tête lentement, son regard suivant son bras gracile, son cou délicat, ses lèvres fines pour trouver son regard clair. Il baisse rapidement les yeux, bien incapable de réussir à supporter le jugement qu'il lit dans les regards de toutes les personnes qui connaissent son histoire.

— Je cherche à la connaitre pour réaliser un dessin qui rende compte au mieux de celle qu'elle était.

Felicity sent le moment entre eux vaciller légèrement et elle lui ressert un nouveau verre. Elle parle d'une voix murmurée pour ne pas l'effrayer et se penche légèrement vers lui pour être certaine qu'il l'entende malgré le bruit des conversations et de la musique qui baigne le bar. Elle a senti son mal-être mais elle n'a pas perçu cette fragilité alors que maintenant son masque semble sur le point de rompre.

— Elle était plus âgée ? et il secoue la tête le regard à nouveau baissé.

Et avec quelques difficultés mais sans forcer les mots, il commence à parler de sa petite sœur disparue. De son impression de ne pas avoir assez profité d'elle dans leur jeunesse alors qu'il était obnubilé par les fêtes et les filles. Il s'est rendu compte beaucoup trop tard qu'ils auraient pu bien s'entendre s'il avait pris la peine de lui consacrer un peu plus de temps. Enfant elle était casse-cou et têtue.

Il soupire et Felicity note un léger frémissement de ses lèvres ressemblant à un sourire triste quand il évoque son surnom car elle tentait d'attirer l'attention de son grand frère.

Elle leur ressert un verre et elle n'a pas besoin de lui dire de boire. Il avale le verre en une gorgée.

Oliver ne sent plus la brulure de l'alcool, anesthésié par les premiers verres qu'il a déjà avalés. Il est près de l'état où ses sentiments sont enfin anesthésiés eux aussi.

— On s'est rapprochés seulement quand on est devenu adultes. Quand on s'est retrouvés seuls, explique-t-il tandis qu'elle continue de crayonner.

Il sent une faiblesse l'envahir. Son corps semble se dérober alors que son esprit est tenaillé.

— Pourquoi tu te sens aussi coupable ?

Oliver arrête de respirer. Il relève le regard et le fiche dans celui de Felicity. Celle-ci le soutient avec douceur. Elle le voit se débattre. Il rumine cette perte depuis trop longtemps. Son regard perdu en cet instant lui confirme sa crainte, il se flagelle depuis cet instant où sa vie semble avoir basculé. Mais même s'il se sent responsable de cette catastrophe, elle pense qu'il se morfond depuis assez longtemps pour se pardonner.

Elle aperçoit encore une fois les ombres dans son regard et elle lève une main pour la poser sur sa joue lentement. Elle le sent tressaillir à peine mais il ne bouge pas.

Oliver tente de prendre une inspiration mais l'espace est vide d'air. Il se cramponne au comptoir de toutes ses forces pour reprendre le contrôle mais il étouffe.

Il se redresse en poussant le tabouret de bar qui est prêt à se renverser et se dirige vers la sortie en se concentrant sur le sol devant lui. Il doit avancer. Sortir d'ici. Retrouver l'air frais de la nuit.

Il est bousculé par des clients qui parlent et rient et se rattrape pour ne pas tomber. Il pousse enfin la porte, fait quelques pas et se redresse pour respirer le plus profondément possible. L'air frais s'insinue dans ses poumons et le froid le fait frissonner.

Il tente de déglutir pour faire passer la boule qui bloque sa gorge et il ferme les yeux qu'il sent se remplir de larmes quand sa gorge se serre davantage.

Il est seul. Il a perdu la dernière parcelle de sa famille. Il se sent impuissant et seul pour la première fois de sa vie. Même loin des siens il avait toujours eu espoir de les retrouver mais maintenant c'est devenu impossible.

Les yeux fermés, il tressaille à la sensation de la main se posant sur sa joue. La voix de Felicity lui parvient par-delà la souffrance qui pulse au fond de lui et une fois encore il s'y raccroche.

Felicity prend le visage d'Oliver en coupe, caresse ses joues et efface les larmes prisonnières de ses cils. Elle lui chuchote des mots rassurants en surveillant ses réactions et le regarde ouvrir les yeux lentement. Son regard perdu se promène sur la nuit avant de trouver ses yeux.

Elle continue tendrement de caresser sa pommette alors qu'elle pose son autre main sur sa chemise à la hauteur de son cœur. Elle le sent tambouriner au fond de son torse.

Son regard qui a été tour à tour au fil de la soirée été, dur, surpris, touché, est maintenant totalement perdu et ça lui fait mal au cœur. Elle glisse la main posée sur sa joue, un peu plus loin pour atteindre sa nuque et l'attire à elle doucement.

Oliver se laisse faire. Perdu dans ses tourments, il a besoin de quelqu'un pendant un bref instant qui prend le relai. Il penche la tête en sentant la main de Felicity l'attirer à elle et ferme les yeux quand elle pose ses lèvres sur les siennes.

Il apprécie la douceur de ses lèvres, la tendresse du baiser et par-dessus tout cette compassion qui semble l'envelopper. Il se laisse aller, lui rend ce baiser avec timidité et crainte qu'il ne prenne fin. Il a besoin de cette douceur, de cette attention.

Il entrouvre les lèvres en sentant la langue de Felicity quémander l'accès à sa bouche et soupire en sentant sa langue chaude rencontrer la sienne.

Oliver pose ses mains sur la taille de la jeune femme pour prolonger ce baiser et il la sent trembler. Il prend conscience de la morsure du froid quand une rafale de vent les transperce mais elle ne parait pas gênée. Au contraire, elle raffermit la prise de ses mains sur sa nuque, ses doigts jouant avec ses cheveux, elle se resserre contre lui et il passe ses mains dans son dos pour la maintenir contre son torse.

Il a besoin d'oublier. Il a besoin de se perdre. Il a besoin d'elle.

Leurs lèvres se séparent quand ils sont à bout de souffle. Ils échangent un regard, Oliver ne sait pas quoi dire ou faire. Il a envie de retrouver la douceur de leur baiser et quand il se penche pour retrouver cette chaleur bienfaitrice la jeune femme fait un pas en arrière. Sans dire un mot elle relâche sa prise sur son corps, lui attrape la main et l'entraine à sa suite pour traverser la rue.

Felicity déverrouille la porte de sa boutique où les néons clignotent toujours et conférent à l'espace une intimité bienvenue. Elle attire Oliver, à qui elle n'a pas lâché la main, à l'intérieur et verrouille derrière eux rapidement. Hors de question qu'un importun mette fin à ce moment fragile.

Elle se retourne pour faire face à cet inconnu qui n'en est plus vraiment un, plonge dans son regard et reste immobile en le détaillant. Il ne bouge pas, craignant peut-être de mal interpréter son geste alors elle fait un pas vers lui. Elle pose une main sur son torse pour prendre appui et se redresse sur la pointe des pieds pour retrouver ses lèvres pleines. Leur baiser s'approfondit peu à peu. Elle gémit en sentant sa langue jouer avec la sienne et l'entraine dans la pièce du fond sans quitter ses lèvres.

Oliver relève la tête quand Felicity relâche légèrement sa prise sur sa nuque. La pièce est plongée dans la même ambiance, bercé par la lumière douce d'un néon. Il aperçoit le fauteuil de tatouage et sans plus réfléchir glisse ses mains le long des hanches de Felicity, les passe sous ses fesses et la soulève de terre. Maintenant à sa hauteur, il plonge le visage dans son cou pour le parsemer de baisers. Il sent une de ses mains glisser sur sa tête alors qu'elle passe un bras sur ses épaules. Il mordille sa peau avant de la lécher et il l'assoit sur le fauteuil en cuir.

Il s'approche jusqu'à buter contre l'assise en se glissant entre ses cuisses. Il remonte les mains sur ses hanches, ses flancs, en s'arrêtant sous sa poitrine qu'il caresse de ses pouces.

Felicity bataille pour prendre le dessus dans ce nouveau baiser passionné mais les mains d'Oliver la déconcentrent. Il pose ses mains sur ses cuisses et son souffle s'emballe un peu plus. Elle sent la chaleur de sa peau à travers son jean usé et en faisant appel à toute sa volonté, elle pose une main sur son torse et le repousse.

Oliver fait un pas en arrière sous l'impulsion, abandonne ses lèvres et son corps. Il cherche son regard pour savoir ce qu'il a fait ou si elle a changé d'avis mais son envie est toujours ardente. Felicity se lève du fauteuil, glisse ses mains sur son torse jusqu'à ses épaules en les passant sous sa veste et la lui retire sans quitter ses yeux. Elle presse son épaule droite et le fit pivoter jusqu'à ce qu'il se retrouve dos au fauteuil en cuir. Cet homme fort lui donne envie de prendre le contrôle et elle ne va pas s'en priver.

Felicity déboutonne sa chemise blanche jusqu'à sa ceinture en caressant son torse, dont elle sent les muscles et la chaleur attiser son désir. Elle glisse une main sur son entrejambe et sent son sexe dur sous les couches de tissus. Elle se mord la lèvre inférieure en entendant sa respiration trembler. Elle appuie doucement sa caresse en appréciant la tension enfler entre eux.

Oliver entrouvre la bouche pour mieux respirer et elle lui lance un regard concupiscent qui l'allume encore plus. Elle se jette sur ses lèvres et il déglutit en la sentant s'attaquer cette fois à sa ceinture. Il lui retire sa veste fine mais quand il attrape le bas de son débardeur pour le lui retirer elle le repousse avec force.

Il se retrouve assis sur le fauteuil et rapidement allongé quand elle grimpe au-dessus de lui. Elle plonge une nouvelle fois sur ses lèvres en prenant son visage entre ses mains et il passe une main derrière sa tête pour la garder contre lui alors que l'autre se pose sur sa cuisse. Il la remonte jusqu'à sa fesse, la passe dans son dos avant de caresser son flanc et d'atteindre sa poitrine encore invisible.

Felicity sent son excitation s'accroître en sentant la main d'Oliver prendre son sein en coupe, le malaxer, ses doigts se resserrant sur son téton sensible. Son envie de lui devint pressante. Elle se met à bouger lascivement sur ses hanches et il grogne dans sa bouche en serrant ses doigts sur sa nuque. Elle appuie ses mouvements, sentant son intimité se réveiller à la sensation de son sexe dur si près.

Elle pose ses mains sur son torse et repousse sa chemise qui l'empêche de découvrir sa peau nue. Elle brise leur baiser et se redresse pour l'observer. Oliver ouvre les yeux en la sentant se redresser et pose ses mains sur ses hanches. Il prend plaisir à la détailler, la regardant se déhancher lentement. Sa respiration rapide fait monter sa poitrine toujours cachée à son regard à un rythme soutenue alors que son regard quitte le sien pour se promener sur son torse.

Felicity aperçoit des cicatrices et elle caresse son pectoral, ses doigts glissant sur le tatouage noir pour s'immobiliser en dessous. Elle relève les yeux et trouve le regard d'Oliver qui l'observe avec attention.

— Cette étoile... ?

— Bratva… mais tu sais déjà ce que c'est, dit-il d'une voix faible en connaissant déjà la réponse. Son regard et son hésitation ne trompent pas. Comment ?

— J'ai eu mes années rebelles où j'ai trainé avec des personnes peu recommandables, en murmurant elle aussi pour ne pas risquer de troubler ce qu'il se passe entre eux.

— Et il semble que ce soit à nouveau vrai, en laissant tomber sa tête en arrière et en fermant les yeux.

— Tu ne me donnes pas du tout cette impression.

Elle prend appui sur son torse et se penche vers lui. Elle caresse son arcade sourcilière du pouce dans un geste doux.

— Tu ne sais pas... en sentant vibrer au fond de lui ce dégout qui se change parfois en haine.

— Ton passé ne te définit pas.

— Tu ne sais pas qui je suis. Ce que j'ai fait.

— Ton passé a contribué à faire de toi celui que tu es maintenant. Il ne te définit pas. Ton courage et ta force sont ton essence. Tu en fais encore partie ? et plongeant dans son regard quand il ouvre les yeux tout en caressant son pectorale.

— Net, noh ona nay otpustite menia, murmure-t-il contre la peau de son cou en l'attirant à lui.

Felicity frissonne à ces mots en russe dont elle ne comprend que le non. Elle lève la main pour caresser son visage mais Oliver lui attrape le poignet. Il refuse de recevoir de la compassion qu'il ne mérite pas pour ses actes passés.

Il caresse l'intérieur de son poignet et porte attention au tatouage coloré quand elle se redresse. Un papillon fin sur lequel il glisse un doigt et qui cache un acte de son passé.

La jeune femme tente de détourner son attention en glissant l'autre main vers son entrejambe mais il l'arrête en entrecroisant leurs doigts. Il n'est pas le seul à cacher des blessures de son passé.

Son regard a reflété toute la soirée l'amusement et le défi. Il n'avait pas remarqué cette obscurité qui a envahi maintenant ses yeux et il se demande si son comportement est pour cacher le mal-être qu'elle ressent ou pour l'oublier.

— Pourquoi ce geste ?

Il sait pertinemment que la cicatrice cachée sous l'encre est d'origine intentionnelle. Elle est trop nette et fine. Il lui a révélé en partie l'origine de ses ombres et il veut connaitre l'origine des siennes.

Felicity déglutit. Son regard est fixé dans le sien et il lui donne l'impression de fouiller son âme. Elle ne perçoit aucune curiosité malsaine mais une sorte de connexion. Deux êtres abimés qui reconnaissance en l'autre la noirceur qui les habite aussi.

— Il n'y en a pas réellement..., répond-elle dans un souffle.

Elle porte au fond d'elle un abime qui a failli l'avaler entièrement il y a quelques années de ça. Ça a été seulement avec l'aide de ses amis qu'elle a réussi à reprendre le dessus et qu'elle trouve le courage quotidiennement de continuer à se battre.

— Je me suis reconnue en tes ombres, explique-t-elle. Celles qui ne se dissipent pas même avec la lumière du jour. Les miennes sont toujours présentes. Elles m'appellent avec plus ou moins de force selon les jours. Mais je marque mon corps autrement.

Elle pose une main sur la joue d'Oliver qui ne bouge pas. Son regard est tendre et attentif, et il est si facile de lui parler.

— Elles vivent depuis des années au fond de moi. Je les connais par cœur. C'est pourquoi je vois danser les tiennes dans tes iris, en se penchant sur lui pour murmurer la fin de sa phrase dans son oreille. Ces ténèbres ont une douceur rassurante.

— Les miennes sont violentes, répond-il dans un souffle.

Elle se redresse et Oliver plonge à nouveau dans son regard. Il ne parle pas de ce qu'il a traversé, il cache au mieux ses sentiments, ses regrets et ses remords. Pourtant, sans rien dire, Felicity lit en lui. Et plus encore, elle comprend. Il déglutit à ce sentiment de danger. Qu'est-ce qui pourrait leur arriver si leurs ombres se mélangeaient et s'épanouissaient encore plus au contact de l'autre ?

Toujours plongé dans son regard, il glisse une main dans son cou, ses doigts pénétrant dans ses cheveux. Plus fort que ce sentiment de danger, il ressent une attraction et un besoin de se laisser aller qui le submergent. Il a du mal à respirer à la seule pensée de s'éloigner de son corps et de perdre cette connexion absolue qu'il ressent.

Il l'attire à lui pour l'embrasser en prenant le temps. Il caresse ses lèvres des siennes, dévie ses baisers aux coins de sa bouche en caressant sa joue du pouce, son autre main posée sur sa hanche. Elle est douce et il a envie de faire disparaitre ces ombres qui se sont révélées dans son regard si clair.

Même sans la connaitre, il sait qu'elle ne mérite pas de souffrir comme lui souffre. Elle a entaillé son corps, entrainée par un abime, et elle continue de le marquer pour extérioriser ce sentiment qui l'envahit toujours.

Il ressent avec plus de force le besoin de découvrir les tatouages qui parsèment sa peau. Il attrape le bord de son débardeur et le lui retire lentement.

Elle se redresse pour le laisser la découvrir. Son regard voyage sur sa petite poitrine aux tétons dressés et sur le dessin qui prend place entre ses seins.

Felicity sent son cœur battre à tout rompre et ne bouge pas quand il lève une main. Elle frémit en le sentant caresser son tatouage et brule d'envie qu'il explore son corps pour découvrir toutes les marques qui le parsèment.

Elle sent ses doigts glisser et ses mains prendre ses seins en coupe. Il caresse leur courbe de ses pouces avant de jouer avec ses tétons. Il les excite jusqu'à ce qu'ils soient durs et tendus, les pince doucement et elle recommence à se déhancher sur lui.

Il déboutonne son jean d'une main qu'il plonge sans attendre entre ses cuisses. Elle se repositionne pour lui faciliter l'accès à son intimité et ferme les yeux en gémissant. Elle prend appui sur son torse en sentant ses doigts se frayer un chemin entre ses lèvres et grogne de frustration.

Oliver veut lui retirer le reste de ses vêtements, accéder à son intimité brulante qu'il sent palpiter du bout des doigts. Il n'en a pas assez et elle doit ressentir la même chose car elle descend du fauteuil et se débarrasse du reste de ses vêtement d'un geste.

Entièrement nue sous son regard, il détaille ses hanches, ses cuisses fuselées qui encadrent son sexe prêt pour lui il en est sûr. Elle se détourne et offre à sa vue ses fesses rondes et son dos alors qu'elle fouille dans une armoire. Son excitation fait place à une fascination, son dos est recouvert d'un tatouage sans couleur, où un arbre prend racine au-dessus de ses fesses et dont les branches se ramifient presque sur tout son dos jusqu'à ses omoplates.

Oliver retire sa chemise et le reste de ses vêtements quand elle se retourne vers lui. Il voit son regard se poser sur son sexe dressé et son désir s'accentue à la gourmandise qu'il lit. Elle grimpe sur le fauteuil d'un geste souple et il gémit quand elle le prend en main.

Il la regarde resserrer ses doigts sur son membre puis elle commence à faire aller et venir sa main sur toute sa longueur. Il gémit un peu plus fort quand elle passe son pouce sur son gland.

Felicity ne quitte pas Oliver des yeux. Elle voit son excitation se décupler à ses caresses et elle adore le pouvoir qu'elle a sur lui en cet instant. Elle accélère ses va et vient avec un peu plus de force en caressant ses bourses de l'autre main avant de ralentir à nouveau et de jouer avec son gland humide. Elle sent qu'il a de plus en plus de mal à se retenir alors qu'il donne des coups de rein pour s'enfoncer dans son poing et soulager cette tension qui vrille peu à peu ses nerfs. Elle sent son propre sexe pulser d'envie et pour assouvir son besoin elle déchire le sachet du préservatif et le déroule sur son sexe palpitant.

Oliver, les mains posées sur les hanches de Felicity, accompagne son mouvement et retient sa respiration en la sentant s'assoir sur lui. Son sexe se retrouve enserré peu à peu et il relâche son souffle quand elle s'immobilise. Il relève les yeux et tombe dans le regard de la jeune femme. Celui-ci est pénétrant et elle ne cille pas comme si elle mémorisait tout ce qu'elle voit. Son regard est intense et il frissonne quand elle commence à bouger.

D'abord lentement, elle accélère son geste en prenant appui sur ses épaules quand il se redresse en position assise. Il passe une main dans son dos pour la maintenir contre lui et glisse l'autre dans son cou, ses doigts agrippant sa nuque. Il pose ses lèvres sur les siennes et lui donne un baiser brutal plein d'envie et de besoin. Leurs langues bataillent pour dominer ce baiser passionné jusqu'à ce qu'ils doivent se séparer pour reprendre leur souffle.

Felicity passe ses bras autour de son cou et elle raffermit sa prise pour s'empaler avec plus de force sur son membre. Elle se recule à peine et l'observe plonger son visage contre sa poitrine. Elle pose une main sur le côté de son visage quand il prend la pointe de son sein entre ses lèvres pour le sucer et le mordiller avant d'infliger le même traitement à son jumeau.

Oliver se laisse envoûter par le souffle rapide et le corps souple à la recherche de son plaisir. Il s'allonge, pose ses mains sur les hanches de Felicity et l'aide à aller et venir sur lui en la soulevant avant de la laisser retomber sur son sexe dressé qui quémande toujours plus de friction. Il finit par resserrer les doigts sur sa fesse alors que son autre main enveloppe son sein dont il excite le téton et il donne des coups de rein plus ample pour la pénétrer avec plus de force.

Il désire plus que tout voir son regard être envahi par le plaisir brut et il caresse son clitoris humide alors qu'elle prend son visage en coupe, le souffle haché par l'orgasme qui la gagne.

Il plonge dans son regard mue par un besoin de la satisfaire et de trouver le plaisir au creux de son corps. Il sent son sexe chaud se resserrer autour de son membre et il ne ralentit pas ses coups de rein avant de l'entendre gémir, de jouir et que son corps ne s'effondre sur son torse, terrassé par le plaisir.

Oliver serre le corps alangui de Felicity. Il caresse ses cheveux et laisse courir ses doigts sur sa nuque jusqu'à sa colonne vertébrale. Elle se déplace pour le libérer et love son corps contre le sien. Il en profite pour se débarrasser du préservatif qu'il jette dans la poubelle et la reprend dans ses bras.

Des frissons apparaissent sur sa peau moite et elle se resserre un peu plus contre lui en plongeant son visage dans son cou. Il se délecte de sa respiration profonde, de son souffle sur sa peau et repousse ses mèches de cheveux pour dégager son cou et faire naitre une nouvelle ligne de frissons.

Il porte attention aux marques sur sa peau. Il trace du doigts les branches qui se ramifient sur le haut de son dos puis observe les lunes qui parsèment son bras droit. Chacune présentant une phase différente, l'astre évolue du premier quartier au dernier quartier en passant par la pleine lune.

Ses caresses atteignent son poignet et ce papillon qui couvre l'entaille fine, marque d'un passé torturé.

— Le tatouage sur ton épaule est ancien. Oliver tente de repousser les souvenirs anciens qui se rappellent à lui. Je pourrais raviver les couleurs, en glissant une main sur son épaule pour atteindre la marque dont elle parle, et rendre les contours plus nets si...

— Non, en serrant les doigts autour de son poignet en soupirant doucement. Il a été fait par une amie. Il a une histoire...

Felicity apaisée par le plaisir et par la voix basse d'Oliver qu'elle entend résonner dans sa cage thoracique, attend quelques secondes pour écouter cette histoire mais le silence se prolonge.

Elle se redresse sur un coude, libère son poignet de la main d'Oliver pour se pencher par-dessus son corps et attrape sa veste pour en retirer son carnet de croquis avant de la jeter derrière elle dans un geste désinvolte.

Oliver la regarde se réinstaller contre son torse, ses cheveux blonds et roses s'étalant à nouveau dans son cou qu'il dégage. Il caresse la courbe de son épaule en remontant vers son visage et quand elle le dresse vers lui il suspend son geste.

Ses yeux bleus ont pris une teinte plus brute et son regard vif le pénètre.

— Si on parlait du prochain..., en ouvrant son carnet.

Il est propre et pas écorné bien qu'elle donne l'impression de l'emmener partout avec elle. Et contrairement à sa veste qu'elle a jetée négligemment, elle y fait attention et le manipule avec soin.

Felicity brise leur contact visuel et Oliver pose les yeux sur la page qu'elle affiche. Un éclair stylisé au trait fin s'étale sur la page et la force du coup de crayon le fait vibrer d'énergie.

Il lève une main et caresse le dessin du bout du doigt submergé par une drôle d'impression.

— Tu as dit que tu la surnommais Speedy… c'est ce que ça m'a évoqué…

Il observe le dessin muet alors qu'elle lui explique que ce tatouage sera seulement pour lui s'il ne souhaite pas en révéler le sens. Il fait référence à un souvenir personnel et heureux.

Il sent son cœur se serrer. Pour la première fois depuis longtemps il pense à sa sœur avec nostalgie où la douleur se fait plus douce.

— C'est parfait..., souffle-t-il.

— Ce dont tu as besoin, en relevant le visage pour découvrir son regard troublé et son air ému.

— Ce dont j'ai besoin, en tournant le visage pour plonger son regard dans le sien.

Il s'est enfermé dans les ténèbres de sa culpabilité, dans leur violence rassurante qu'il alimente en se rappelant inlassablement le rôle qu'il a joué dans la disparition de sa sœur. Il entretient une souffrance qui l'empêche d'exister et il a commencé à croire qu'il méritait cette vie.

Les ténèbres disparaissent à la lumière. Encore faut-il qu'elle soit assez forte mais le regard plongé dans le sien, il sait.

Il sait qu'elle a elle aussi ses ténèbres dont elle porte les marques mais que sa force s'exprime à travers les tatouages qui parsèment son corps. Il ne connait pas encore leur sens mais elle a éveillé sa curiosité et il a envie d'apprendre tous les secrets qu'ils recèlent et éloigner lui aussi les ténèbres tapies au fond de son cœur.