Prompt : Parfois, tu es tellement stupide.


Peut-on aimer quelqu'un sans le connaître ?

Zhou Zishu avait emmagasiné un certain nombre de données sur les autres, les clans, les sectes, les noms, les relations. Il en savait plus que beaucoup d'autres et il continuait à apprendre, à retenir. Ça moulinait sans arrêt dans sa tête, il essayait de remplir le puzzle et de comprendre qui faisait quoi, qui manipulait qui, et qui jouait double jeu.

Il savait qu'il y avait quelque chose à propos de Wen Kexing. Une rancœur, une rancune, une envie de vengeance qui menait au désastre. Il cherchait à le comprendre, à savoir qui il était, sans se mêler de son passé.

Il passait des jours et des jours aux côté de Wen Kexing, ils discutaient tous les deux, apprenaient à se connaître, s'apprivoisaient, s'éprenaient l'un de l'autre, aussi.

Peut-on aimer quelqu'un sans le connaître, sans savoir ce qui faisait de lui ce qu'il était, et ce qu'il désirait dans le fond ou pourquoi ? Parce que Zhou Zishu se le demandait. Pour lui, Wen Kexing était un mystère, une énigme qu'il n'arrivait pas à résoudre. Il le regardait, l'observait, l'écoutait, attentif à la moindre indication, tentant d'assembler tous les indices pour en sortir une réponse.

Mais… Zhou Zishu tombait trop amoureux, ce qu'il écoutait, ce qu'il observait, tout cela ne faisait que battre son cœur un peu plus, à le faire plonger dans un sentiment qui lui était inconnu. Wen Kexing était spécial, et il devenait spécial pour Zhou Zishu, peu importe qui il était, ce qu'il avait fait et vécu, peu importe ce qui les avait emmenés à aujourd'hui

Parfois, tu es tellement stupide, Zhou Zishu se tança-t-il intérieurement.

Tellement, tellement stupide.

Parce qu'à force de regarder, il ne voyait plus que ses yeux, sa fossette quand il souriait. Sa bouche.

À force de l'écouter, il avait l'impression que sa voix l'emplissait complètement.

Il en tremblait. Il peinait à garder son calme, son air détaché, il peinait à rester « normal ». Alors qu'il n'avait qu'une envie, se serrer contre Wen Kexing et l'embrasser. Envoyer tout valser, le passé, le futur, et ne garder que le présent, que le maintenant s'il te plaît embrassons-nous avant que j'implose.

Et Wen Kexing avait la fâcheuse tendance à se rapprocher de lui, beaucoup trop. Beaucoup trop aussi pour les nerfs de Zhou Zishu qui finirent par lâcher. Sans plus rien contrôler, Zhou Zishu posa sa bouche sur celle de Wen Kexing. Puis, un peu effrayé, il se recula. Wen Kexing, lui, suivit sa bouche pour reprendre où ils en étaient, et ne s'arrêta que quand leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau et leur baiser se fit réciproque. C'était finalement si facile, pensa Zhou Zishu.

Wen Kexin était Wen Kexing. La personne qu'il aimait.

Fin.

L'autatrice : fic écrite pour une soirée drabble, je n'avais pas encore vu tous les épisodes.