Le jeu de la gourde.

Ils avaient bu quelques gourdes de vin dans la chambre de l'un. Pas jusqu'à être complètement saoul, seulement un peu grisé. Ils étaient encore maîtres de leurs moyens et de leur conscience, simplement ils étaient plus détendus. Ils avaient discuté, et ils s'étaient aussi tu, ils s'étaient rapprochés, surtout Wen Kexing parce qu'il avait beaucoup de mal à rester loin de Zhou Zishu. Celui-ci avait laissé faire sans rien dire. Ils finirent la dernière gourde, et Wen Kexing demanda :

— On fait un jeu ?

— Quel jeu ?

— Oh je ne sais pas, il existe plein de jeux, fit Wen Kexing comme s'il hésitait.

Zhou Zishu le regarda fixement, et le connaissant de mieux en mieux, il demanda :

— Et quel jeu au juste as-tu en tête ?

Wen Kexing attrapa une des gourdes vides et eut un sourire malicieux.

— On fait tourner cette gourde, expliqua-t-il, et la personne qui fait tourner la gourde, doit embrasser la personne désignée par la gourde.

Zhou Zishu leva les yeux au ciel :

— Nous ne sommes que deux, quel est l'intérêt d'un tel jeu ? Il va manquer d'un peu de mystère.

Wen Kexing regarda autour d'eux :

— Il suffit d'utiliser le mobilier. Par exemple, on place une chaise là, et un coussin à côté, et voilà nous ne sommes plus seulement deux à jouer.

Zhou Zishu lui jeta un regard moqueur, mais se plia à son idée et s'installa en face de Wen Kexing qui fut le premier à tourner la gourde. Évidemment, elle s'arrêta sur Zhou Zishu. Celui-ci ne bougea pas et regarda Wen Kexing.

— Alors ?

— Hmmm, peut-être que je devrais retourner la gourde, dit-il, c'est un peu trop facile si le jeu commence comme ça.

— Mais c'est le jeu, intervint Zhou Zishu.

Wen Kexing souffla, comme s'il était tout à coup intimidé. Il s'approcha tout de même, et rapidement, il embrassa le front de Zhou Zishu.

— Personne n'a dit qu'on devait s'embrasser sur la bouche, donna-t-il comme explication rapidement.

Zhou Zishu haussa les épaules, tourna la gourde et se retrouva à embrasser un coussin. Wen Kexing s'en amusa et joua à nouveau, la gourde pointa encore une fois Zhou Zishu.

— Pas sur le front, fit Zhou Zishu, interdiction d'embrasser deux fois le même endroit.

— Tu viens d'inventer cette règle.

— Oui, mais ce jeu est stupide de toute façon.

Wen Kexing vint donc embrasser sa joue gauche.

Ensuite, Zhou Zishu embrassa la chaise.

Et les lèvres de Wen Kexing se posèrent sur la joue droite de Zhou Zishu.

Le jeu dura ainsi. Chaque fois que Zhou Zishu tournait cette fichue gourde, elle pointait le coussin ou la chaise. Quand c'était au tour de Wen Kexing, la gourde se tournait indubitablement vers Zhou Zishu. À croire qu'elle était ensorcelée.

Wen Kexing embrassa ainsi le nez, les paupières, les oreilles, le menton et la main droite de Zhou Zishu.

Celui-ci s'impatientait et regrettait qu'il n'y ait plus de vin. Les baisers de Wen Kexing n'étaient pas désagréables, mais ils nourrissaient une certaine frustration, et à quoi bon jouer à ce jeu pour au final devoir faire des bisous à des meubles !

Quand ce fut son tour de tourner la gourde, il grommela et le fit de mauvais cœur. Pourtant, cette fois-ci, l'objet pointa en direction de Wen Kexing. Enfin. Zhou Zishu se sentait comme dans un rêve, mais il savait que c'était la réalité. Il regarda Wen Kexing avec amusement. Ce dernier déglutit quand il vit Zhou Zishu s'approcher de lui, ce n'était pas qu'il ne voulait pas être embrassé, mais soudainement, sans comprendre pourquoi, il avait l'impression d'être devenu timide. Son A'Xu avait un sourire de diablotin prêt à dévorer sa proie, peut-être parce qu'il avait trop bu, peut-être parce qu'au fond de lui, il y avait toujours eu ce diablotin. Wen Kexing tenta de l'arrêter en levant une main :

— Tu peux simplement embrasser mon front.

— Tu parles trop, fit Zhou Zishu.

Puis il repoussa sa main et posa un baiser sur sa bouche. Tout le sang de Wen Kexing lui remonta au visage, il cligna plusieurs fois des yeux et quand Zhou Zishu se recula, il regretta que c'eût été si rapide. Wen Kexing baissa la tête, prit la gourde entre ses mains afin de la tourner, mais Zhou Zishu l'en empêcha. Il attrapa la gourde et la jeta dans un coin.

— Pas besoin de ce jeu, murmura-t-il.

Il tira Wen Kexing par ses vêtements pour le rapprocher de lui.

— Est-ce que tu es saoul ? interrogea Wen Kexing.

Zhou Zishu secoua la tête :

— Je ne suis pas saoul, au contraire, je suis extrêmement conscient.

Et il tira plus fort. Wen Kexing se retrouva collé contre lui, leurs visages à quelques centimètres. Zhou Zishu était diablement tentant et Wen Kexing était diablement tenté.

Après tout, pourquoi avoir fait ce jeu, si ce n'était pas pour que ça finisse ainsi ?

Wen Kexing ferma les yeux et embrassa Zhou Zishu. Il se laissa entraîner tandis que Zhou Zishu continuait de le tirer contre lui, tout en s'allongeant. Le baiser en fit naître d'autres, jusqu'à ce qu'ils aient besoin de reprendre un peu leur souffle. Wen Kexing resta quelques secondes sur Zhou Zishu, puis se roula sur le côté et Zhou Zishu vient se coller à lui, posant sa joue sur son épaule et son bras en travers de son corps.

— Maintenant je suis ivre, dit-il.

Wen Kexing eut un petit rire, il remonta sa main sur le dos de Zhou Zishu et le caressa doucement.

— Je ne pensais pas que tu aimerais ce jeu.

— Oh le jeu en lui-même n'était pas terrible, mais le reste…

Et il lui fit un clin d'œil amusé. Wen Kexing aussi se sentait saoul, et comme Zhou Zishu, il savait que ce n'était pas dû au vin.

— Ça te dit une nouvelle partie ?

Zhou Zishu rit, et rapprocha son visage de celui de Wen Kexing.

— Sans la gourde ?

— Sans la gourde.

— Il suffit de demander !

Et il embrassa une nouvelle fois Wen Kexing qui l'attira un peu plus contre lui.

Fin.

L'autatrice : une petite fic comme ça, écrite par envie.