Autatrice : lasurvolte (de pseudo) ou mari (mais vous pouvez m'appelez aussi Plectrude si ça vous dit ^^)
Disclaimer : Word of Honor ne m'appartient pas.
Pairing : WenZhou
Note : fic basée sur le drama
Profiter de l'instant.
Zhou Zishu ouvrit les yeux. Il se sentait bien, une agréable chaleur l'entourait, et il comprit vite d'où celle-ci venait. Wen Kexing était allongé près de lui, ses bras et ses jambes emmêlés à son corps comme s'il voulait à la fois lui transmettre sa chaleur et l'empêcher de s'enfuir. Zhou Zishu se demanda un instant ce qu'il se passait, avant que, petit à petit, la soirée de la veille ne lui revienne en mémoire. Alors il soupira et secoua la tête comme pour tenter d'effacer ses souvenirs, d'effacer cette nuit-là, mais ils devinrent simplement plus forts encore, plus réels aussi. Il ne pouvait pas faire disparaître ce qu'il s'était passé.
Zhou Zishu avait dû se battre et le combat avait duré trop longtemps, il avait craché du sang, plusieurs fois et s'était retrouvé à genoux sans pouvoir se relever. La douleur était trop atroce pour qu'il puisse bouger ne serait-ce que le petit doigt. Quand bien même il était fort et n'avait pas peur d'avoir mal, il était resté à genoux sur le sol comme un idiot. Si Wen Kexing n'avait pas été là pour repousser l'ennemi et l'aider à s'échapper, il serait sans doute mort plus tôt que prévu. Wen Kexing avait passé un bras autour de sa taille et l'avait presque porté à bout de bras, jusqu'à retrouver leur auberge où ils purent se réfugier.
Zhou Zishu allait si mal que Wen Kexing dût l'emmener s'allonger, il s'assit sur le lit avec le malade et Zhou Zishu se laissa glisser jusqu'à ce que son corps soit sur le lit et sa tête sur les cuisses de Wen Kexing. Il se sentait épuisé et misérable tandis que Wen Kexing utilisait son pouvoir sur ses blessures pour tenter de l'aider à se remettre un peu.
Ensuite il essuya doucement avec son pouce le sang qui avait coulé sur le menton de Zhou Zishu. Il se montra tellement tendre que le malade s'en sentit encore plus pitoyable. Il réussit à lever son bras pour le mettre sur son visage, essayant de se cacher derrière. Il s'en voulait sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu'il aurait voulu que Wen Kexing ne le voit jamais aussi mal, aussi affaibli. Bien sûr que son ami l'avait déjà vu mal, mais jamais à ce point.
— Dors, lui conseilla Wen Kexing d'une voix douce.
— Reste !
Sa voix était presque suppliante, et Zhou Zishu la détesta. Wen Kexing, lui, eut un sourire affectueux.
— Bien sûr que je reste, dit-il. Bien sûr, je ne vais pas laisser mon A'Xu seul dans cet état.
Derrière sa voix un peu mielleuse, Zhou Zishu entendit le ton triste. Bien sûr, Wen Kexing savait désormais pourquoi Zhou Zishu souffrait ainsi, il savait qu'il allait mourir lentement, mais trop vite quand même, il savait ce qui n'allait pas. C'était un désaccord constant entre eux, Zhou Zishu ne voulant se faire soigner et surtout pas en perdant ses arts martiaux, mais ce soir, Wen Kexing préféra garder ses commentaires pour lui, ça ne servait à rien de parler de ça maintenant, Zhou Zishu se serait juste senti encore plus mal.
Le malade mut par la fatigue attrapa avec sa main une mèche des cheveux de Wen Kexing et la laissa couler comme une rivière entre ses doigts.
Même maintenant qu'il était totalement réveillé et qu'il ne ressentait plus de douleur, Zhou Zishu se demandait pourquoi il avait fait ça au juste. Il n'était plus lui-même, c'était la seule explication. Il essaya de chasser une nouvelle fois ses souvenirs d'un geste de la main, mais ceux-ci ne le lâchèrent pas, bien au contraire.
Ses yeux se remplirent d'eau et Zhou Zishu se mordit les lèvres pour retenir les larmes qui menaçaient de couler. Wen Kexing s'affola, comme si c'était sa faute, comme s'il avait fait quelque chose qu'il ne fallait pas, alors que c'était l'inverse. Il avait fait tout ce qu'il fallait.
— Maintenant que je t'ai rencontré, murmura Zhou Zishu, je n'ai plus envie d'être séparé de toi.
Très délicatement, Wen Kexing posa ses doigts sur son front, sans doute pour vérifier s'il avait de la fièvre, mais non, Zhou Zishu n'en avait pas. Il était juste fatigué et malade et c'était comme si cette condition le faisait parler et agir sans filtre.
— Maintenant que je t'ai rencontré, répéta-t-il dans un souffle.
La douleur déforma ses traits un instant. Pas la douleur physique bien qu'elle soit toujours là, mais quelque chose à l'intérieur de lui, ses pensées, son mental.
— Je vais mourir.
Il dit ça comme s'il s'en rendait seulement compte. Wen Kexing eut l'air vraiment triste à son tour, comme s'il allait lui aussi se mettre à pleurer. Zhou Zishu, d'habitude, évitait le sujet, comme les deux hommes étaient en désaccord, il préférait faire comme si le problème n'existait et le reléguer loin loin dans sa tête. Mais bien sûr, là qu'il était mal et désarmé, il était incapable d'arrêter d'y penser ou d'en parler.
La mèche qu'il tenait encore, l'enroulant entre ses doigts, il la serra plus fort tout à coup, sans non plus tirer sur les cheveux de Wen Kexing.
— Je ne veux pas, lâcha-t-il d'une voix rauque pleine de larmes elle aussi.
Zhou Zishu se frotta les tempes, qu'est-ce qui lui avait pris vraiment, d'agir ainsi, comme un enfant. Il aurait dû dormir, se taire, ne jamais se livrer de cette manière. Il essaya doucement d'échapper à Wen Kexing, mais celui-ci était trop bien accroché à lui. Et pour une fois, c'était Zhou Zishu qui s'était réveillé en premier. Chose rare, celui-ci avait du mal à ouvrir les yeux le matin, il aimait dormir plus longtemps alors que Wen Kexing se faisait un malin plaisir de le réveiller et de le forcer à se lever. Là, il paraissait être endormi assez profondément, et impossible de bouger. Alors Zhou Zishu laissa à nouveau ses souvenirs l'envahir.
Wen Kexing se pencha vers lui et d'une voix ferme lâcha :
— Moi non plus je ne veux pas.
Zhou Zishu tenta de se redresser, mais Wen Kexing appuya fermement sur ses épaules pour le forcer à rester allongé. Zhou Zishu n'avait pas la force de lutter et se laissa faire. Il regarda les larmes rouler sur le visage de Wen Kexing qui ne cherchait même pas à les cacher, ses yeux paraissaient perdus comme s'il était en train d'imaginer une vie entière sans Zhou Zishu.
— Deux ans c'est trop court, souffla Wen Kexing.
Zhou Zishu était d'accord avec lui, mais pas parce qu'il avait peur de mourir, sans doute même le méritait-il, il avait simplement peur de disparaître de ce monde, loin de Wen Kexing. Loin de ce qu'ils étaient en train de bâtir. Loin de sa voix, de ses parfums trop forts, de ses manières, de ses taquineries et de leurs jeux.
Si le ciel avait voulu le punir pour ses actes, il n'avait pas trouvé mieux. Il lui avait offert quelque chose de merveilleux pour lui reprendre trop vite. Cette punition était pire sans doute que brûler en enfer.
Zhou Zishu ferma les yeux et à son tour, les larmes coulèrent sur ses joues.
Zhou Zishu râla intérieurement contre lui-même, il se sentait pathétique de s'être laissé aller ainsi, mais pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu qu'il laisse la tristesse l'envahir à ce point ? Il aurait dû dormir, il aurait dû s'enfuir. Ça il savait faire, ça, c'était plus facile, que d'affronter parfois la vérité en face. Il allait mourir bientôt, c'était inévitable, alors pourquoi s'appesantir encore là-dessus ? Mieux valait profiter. Prendre la main de son âme sœur, et voyager avec lui, goûter le plus de vins possibles, prendre des bains de soleil, simplement être ensemble.
Dans un hoquet Zhou Zishu lâcha presque suppliant :
— Je ne veux pas mourir maintenant que tu es près de moi.
Il sentit alors les mains chaudes de Wen Kexing se poser sur ses joues, ses pouces essuyant ses larmes avec une infinie tendresse. Il rouvrit les yeux et vit l'homme se baisser, son visage se rapprochant. Zhou Zishu garda les yeux grands ouverts et ne bougea pas d'un pouce lorsque les lèvres de Wen Kexing se posèrent sur son front.
Il aurait pu lui demander « qu'est-ce que tu fais ? », reculer, faire l'horrifié, essayer de s'échapper, râler, lever les yeux au ciel et soupirer. Zhou Zishu ne bougea pas d'un millimètre, mais quand Wen Kexing releva doucement la tête et que leurs yeux se croisèrent, il eut l'impression de se consumer. Les douleurs, la souffrance, la fatigue, tout était bien là et pourtant c'était comme s'il ne les sentait plus, comme s'il avait glissé dans un autre corps, un corps brûlant. Comment expliquer le frisson qui lui remonta la colonne vertébrale et empoisonna tous ses membres ?
— Lao Wen, souffla-t-il.
— A'Xu, fit Wen Kexing sur le même ton.
Zhou Zhishu sentit ses joues le brûler en y repensant, la scène était tellement précise dans son esprit qu'il pouvait presque encore sentir les lèvres de Wen Kexing sur son front. Et ce n'était pas désagréable, ce n'était pas mauvais. Cela lui donnait des fourmis au bout des doigts et dans la tête, l'empêchant de penser convenablement. Pourtant, il n'oubliait pas la suite.
Zhou Zishu leva la main pour la poser sur la joue humide de Wen Kexing, sans le lâcher des yeux.
— On reste ensemble ? demanda-t-il.
Wen Kexing eut un très petit sourire, mais acquiesça :
— Bien sûr.
Zhou Zishu leva son autre main pour la poser sur l'autre joue de Wen Kexing :
— C'est une promesse, dit-il.
Rien n'était résolu, Zhou Zishu allait toujours mourir d'ici deux ans et sans doute après avoir perdu chacun de ses cinq sens, mais pour le moment ils allaient se concentrer sur ce qui était en train de se passer.
Et peut-être qu'ils finiraient par trouver une solution.
Si seulement, ils en trouvaient une.
Zhou Zishu, comme pour chercher du réconfort, comme pour celer cette promesse, tira doucement sur le visage de Wen Kexing, jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent. Ils fermèrent les yeux et Wen Kexing appuya sa bouche sur celle de Zhou Zishu.
Zhou Zishu était cramoisi, et sans réfléchir posa ses doigts sur ses lèvres. Il n'avait jamais rien senti d'aussi bon, rien goûté d'aussi envoûtant. Il avait l'impression de sentir encore la bouche de Wen Kexing contre la sienne. Un baiser fantôme.
— A'Xu, marmonna Wen Kexing derrière lui sortant du sommeil.
Pourtant, Zhou Zishu retrouva le sourire, et finalement, au lieu de fuir, il se tourna doucement vers Wen Kexing et se pelotonna dans ses bras qui se resserrèrent en peu plus sur lui.
— Je suis là, murmura-t-il.
Et sans penser à l'avenir ni au passé, il se concentra sur le présent et il ferma les yeux et resta blotti dans la chaleur de Wen Kexing. Pour le moment, il était là et il était bien.
Fin.
L'autatrice : fic écrite après l'épisode 14. Un peu mélancolique, mais j'espère que vous allez l'aimer.
