13. La sacrifice de Kirua.

Kirua souffrit le martyre. Être séparé de Gon, le déchirait. La malédiction était vraiment terrible, mais Kirua n'avait pas le choix, il devait se séparer de son meilleur ami pour rejoindre Pitô. Gon s'était sans doute transformé, mais Kirua espérait qu'il continuerait à dormir jusqu'au matin. S'il se mettait trop vite à sa recherche, le Zoldik craignait qu'il ne le trouve et l'arrête.

Par chance, ils n'étaient pas si loin de la maison de Pitô. Kirua prit le train pour aller dans la ville où elle habitait. Le voyage fut atroce, il le passa seulement à moitié conscient. La douleur le faisait tourner de l'œil, et il aurait adoré s'évanouir pour ne plus la sentir. Mais il devait tenir bon, si jamais il tombait dans les pommes, il n'était pas sûr de se réveiller un jour. Kirua ne devait pas mourir, pas maintenant, pas avant d'être chez Pitô.

Il était descendu du train, avait pris un taxi qui l'avait déposé devant chez la sorcière, et il s'était trainé jusqu'à la porte d'entrée pour sonner. Neferupitô lui ouvrit, un sourire mordant sur les lèvres.

– Tu vois ? Tu es revenu.

Si Kirua avait été en état, il l'aurait frappé. Mais il n'était pas en état, alors il se laissa tomber dans les bras de Pitô et murmura :

– Aide Gon, retire-lui sa malédiction !

– Tu es prêt à en payer le prix ?

– Je suis là pour ça.

La sorcière accepta.

xxx

Gon se réveilla tard. Il avait bien dormi, il avait trop dormi. Il avait l'impression étrange que quelque chose de grave était arrivé, mais il ne savait pas quoi exactement, et il ne savait pas pourquoi il avait ce sentiment. Il regarda autour de lui, aperçu le lit de Kirua, dont les couvertures n'étaient pas défaites. Ou bien alors Kirua avait déjà refait son lit ? Et où était-il ? Sans doute pas loin, puisque Gon n'était pas transformé. Alors pourquoi ce mauvais pressentiment ?

Gon se leva, appela :

– Kirua ?

Il n'obtint aucune réponse.

Il n'y avait personne dans la salle de bain, et Kirua n'était pas dans la suite. Est-ce qu'il était descendu manger quelque chose ? C'était bizarre, en général, il attendait que Gon se lève pour venir avec lui. Pourquoi pas cette fois-là ?

Gon se sentait bizarre, il avait fait un rêve étrange où Kirua lui disait adieu et embrassait son front, un rêve où Kirua partait et où Gon se transformait. Mais ce n'était qu'un cauchemar, rien d'autre. Sinon Gon serait transformé, ce qui n'était pas le cas.

Kirua ne devait pas être bien loin. Mais où ?

Gon ne se sentait pas bien, une boule d'inquiétude grossissait dans son estomac, qui s'amplifia quand Gon trouva la lettre qu'avait laissé Kirua sur le bureau. Il était écrit « pour Gon », et en même temps à qui d'autres auraient-elles pu être adressées ? Gon l'ouvrit et la lu. Mais il ne comprenait pas ce qui était écrit, il ne comprenait pas. Ne voulais pas comprendre.

« Gon.

Je refuse que tu vives ta vie coincée dans une crevasse. Je veux que tu sois libre, que tu voyages, que tu voies le monde, te fasses des amis, te fasses tout un tas de souvenirs. Merci pour tout, c'est plus facile à écrire qu'à dire à voix haute, mais tu es la meilleure chose qui me soit arrivée dans ce monde. J'espère que quand tu liras cette lettre, ta malédiction sera levée. »

À la fin du mot, un passage avait été barré, puis réécrit, puis barré à nouveau. Mais Gon put quand même lire ce qui était écrit, comme si Kirua n'avait pas totalement voulu faire disparaître les mots.

« /Je t'aime. Je t'aime. / Kirua.»

Des goûtes d'eau atterrirent sur la feuille et Gon se rendit compte qu'il pleurait. Les mots prenaient sens dans sa tête, mais il ne pouvait pas les accepter, pas comme ça, pas si facilement. Kirua s'était sacrifié pour lui. Gon était guéri de sa malédiction. Mais à quel prix ? Gon tomba à genoux sur le sol et pleura toutes les larmes de son corps.

Après ça, il resta enfermé dans la chambre trois jours de suite. Il ne mangea pas, but à peine, et passa quasiment toutes ses journées et nuits allongées sur le lit de Kirua à regarder le plafond. Il se sentait inerte. Il tenait dans son poing serré la lettre que Kirua lui avait laissée, il ne pouvait pas la lâcher. Pourquoi n'avait-il rien vu ? Pourquoi avait-il bêtement pensé que Kirua le laisserait retourner dans sa prison de pierre ? Il aurait dû le retenir, lui dire que ce n'était pas grave, le supplier de ne pas se sacrifier pour lui. Parce que comment pouvait-il vivre sur le sacrifice de quelqu'un ? Comment pouvait-il vivre alors que Kirua… Que Kirua…

Au bout de ces trois jours, il se leva tout à coup, comme un diable sortant de sa boite. Il se lava, se changea, il mangea et but jusqu'à être complètement rassasié. Il ne pouvait pas croire qu'il ne reverrait jamais Kirua, il devait en avoir le cœur net, il devait se rendre chez Neferupitô. Et si jamais… Si jamais Kirua s'était réellement sacrifié (il y avait de grandes chances que ce soit le cas même si Gon refusait désormais de le croire), alors il tuerait la sorcière pour se venger.

Gon prit le même train que Kirua quelques jours plus tôt. Le voyage lui parut long. Lui, qui d'habitude s'extasiait de tout, ne regardait plus rien. Tout lui paraissait abominablement fade. Et le temps s'étirait, ça n'en finissait plus, comme si ça faisait dix mille ans que le train roulait. Quand il arriva à destination, Gon avait l'impression d'avoir vieilli. Il avait pourtant encore l'apparence d'un enfant de treize ans. Il retrouve facilement la maison de Pitô, parce que maintenant il savait où elle était. Si Gon avait eu des pouvoirs magiques, il aurait foutu le feu à son jardin, il était peut-être un demi-dragon, mais il ne pouvait cracher aucune flamme. Il se contenta de marteler la porte comme s'il cherchait à détruire la maison à coup de poing. Neferupitô vint lui ouvrir et il fallut un sacré self-control à Gon pour ne pas lui mettre sa main sur sa tronche.

– Gon, je t'en prie, entre.

La sorcière faisait la féline, elle remuait de la queue et des oreilles, elle semblait jouer, comme un chat après une balle. Gon avait envie de la tuer. Il entra dans la maison, mais se passa des salutations et autres formes de politesses :

– Où est Kirua ?

– Il n'est pas ici, répondit Pitô l'air amusé.

– Est-ce que… est-ce qu'il est venu ?

– Oui.

Gon croisa les bras comme pour se protéger :

– Qu'est-ce qu'il voulait ?

– Se sacrifier pour te retirer la malédiction.

– Est-ce qu'il l'a fait ?

Gon voulait que Pitô dise non, il voulait qu'elle explique qu'il avait fait une erreur et que c'était seulement un hasard si sa malédiction avait pris fin. Peut-être qu'il y avait une date limite, voilà tout, et qu'il l'avait dépassé.

– Oui, répondit-elle balayant ainsi tous les espoirs de Gon.

Celui-ci s'écroula sur le sol. C'était sa faute, c'était sa faute, c'était sa faute. Pitô ne chercha pas à le consoler, elle vaqua simplement à ses occupations. La sorcière n'éprouvait ni remords ni regret. Elle avait obtenu ce qu'elle voulait, elle ne voyait pas pourquoi elle aurait dû apaiser l'enfant à ses pieds. Si elle avait dû s'occuper de tous ceux qui venaient pleurer dans son giron après un sort qui avait mal tourné, elle ne ferait plus que ça. La magie avait un prix, ces imbéciles auraient dû le savoir, mais on avait beau les mettre en garde, ils se croyaient tous suffisamment prêts à le payer. Gon n'était qu'une victime collatérale de ceux qui avaient voulu jouer et avaient perdu.

La tristesse étouffa si bien Gon, qu'elle se logea dans tout son corps et nourrit sa colère, sa rage, sa rancœur. C'était sa faute peut-être, il n'aurait pas dû naître, mais s'il était né, c'était à cause de Neferupitô. Gon se releva d'un coup, le regard éteint. Pitô n'y fit pas attention sur le coup, elle aurait dû, parce que Gon attrapa le premier objet à porté de main (un bécher) et le jeta au visage de la sorcière. Celle-ci le reçut sur la tempe, si fort qu'elle se mit à saigner. Elle regarda Gon, l'air étourdit et le vit soudainement commencer à tout casser autour de lui, renverser les tables, les chaises, vider la bibliothèque et déchirer les livres. Il n'épargnait rien, tout se détruisait dès qu'il le touchait. Pitô se dit qu'heureusement, les vraies choses précieuses, elle les cachait dans sa cave fermée à double tour. Justement pour éviter que ça soit détruit par la colère de quelqu'un de mécontent. Et des gens mécontents et malheureux, Pitô en avait vu passer. Mais jamais elle n'avait vu une rage aussi pure. Cet enfant ne se contentait pas de casser et détruire, c'était comme s'il voulait en finir avec lui-même et sa gentillesse, en faisant quelque chose qui lui paraissait vraiment mal. Quand il eut fini de tout renverser, il se tourna vers Pitô, toujours avec ce regard complètement vide. Gon avait de très beaux yeux, mais ceux-ci n'avaient plus aucun éclat. C'était comme contempler une poupée très en colère.

– Maintenant c'est à ton tour.

La rage déformait sa voix, lui donnant un ton beaucoup plus grave que d'habitude.

– Je vais te faire regretter ce que tu as fait.

– Attend… Gon !

Mais il n'attendit pas et se jeta sur elle. La sorcière n'était pas une débutante, elle connaissait des sorts pour se défendre, mais même en faisant mal à Gon, il ne la relâcha pas et commença à la battre.

– Tu l'as tué, je vais te le faire payer.

– GON, hurla-t-elle finalement, KIRUA EST VIVANT !

Alors qu'il s'arrêtait de la frapper, elle reprit :

– Je ne l'ai pas tué, il est vivant.

L'enfant redevint un enfant, tout perdu, ses yeux retrouvèrent un peu de vie. Mais Pitô n'était pas dupe, il y avait quelque chose de monstrueux chez ce gosse.

– Il… Il est vivant ? demanda Gon.

– Oui.

– Vraiment ?

– Oui, mais… Il n'est plus celui que tu as connu.

Gon leva un sourcil, sans comprendre cette dernière phrase, il l'écouta d'ailleurs à peine. Tout ce qui comptait, c'était que Kirua était vivant.

– Où est-il ? demanda-t-il.

– Je n'en sais rien, répondit Pitô avec honnêteté, il a dû rentrer chez lui.

– D'accord. Dans ce cas je n'ai plus qu'à le retrouver.

Gon s'éloigna de Pitô, ne se préoccupant déjà plus de la sorcière, mais celle-ci lui lança :

– Gon, il ne se rappellera pas de toi. Il s'est sacrifié.

Gon tourna ses yeux vers elle, alors elle ajouta :

– Il fallait un sacrifice pour enlever ta malédiction, il fallait que tu perdes la personne la plus précieuse à tes yeux. Et il fallait aussi que cette personne perde quelque chose, pour cela.

– Qu'a-t-il perdu ?

– Son cœur, ses souvenirs. Gon, il ne pourra jamais plus se souvenir de toi, ni même t'aimer. À dire vrai, il ne pourra plus jamais aimer personne.

– S'il ne se souvient plus, je ferai en sorte qu'il se rappelle, assura Gon.

Pitô n'eut pas le temps de lui dire que c'était impossible.

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Léolio fut si heureux de revoir Gon qu'il le souleva de terre et le fit tourner à toute vitesse avant de le serrer dans ses bras. Il était comme un papa heureux de retrouver son fils. Ironie. Léolio était plus un père que le père de Gon. Kurapika fut plus calme, mais fit aussi un câlin à Gon, puis il lui servit à boire et à manger, et ils s'assirent sur la banquette du salon pour discuter. Kirua ayant gardé son portable, Gon n'avait pas encore pu leur expliquer ce qu'il s'était passé au téléphone. Il fut cependant assez reconnaissant à Léolio et Kurapika de ne pas immédiatement lui demander où était Kirua, et d'attendre qu'il raconte toute l'histoire.

Gon prit son temps pour parler, il avait beau sourire, il y avait une partie de lui qui souffrait. Beaucoup. Seulement, depuis qu'il savait que Kirua était vivant quelque part, il savait qu'il ne pouvait pas baisser les bras, il devait se battre, redresser la tête et faire face. Il retrouverait son meilleur ami coûte que coûte.

Kurapika avait remarqué que l'ombre autour de Gon avait disparu, il en avait conclu que sa malédiction avait pris fin, et devinait ce qui avait pu arriver à Kirua. Quand Gon aborda le sujet, Léolio et Kurapika virent à quel point cela le touchait. Il avait beau rester assez énergique, il y avait une fêlure en lui. Quelque chose qui lui faisait mal.

Kurapika et Léolio restèrent silencieux tout du long que Gon leur conta son histoire, et quand il eut fini, Léolio se leva et vint le prendre à nouveau dans ses bras. Gon s'abandonna à l'étreinte.

– Je peux voir la lettre qu'il t'a laissée ? demanda Kurapika.

Gon la lui tendit. Il l'avait tellement lu et manipulé que l'encre commençait à s'effacer et le papier à se déchirer. Kurapika ne la lut pas, ce que Kirua confiait à Gon à l'intérieur, ne concernait que Gon. Il l'utilisa simplement pour tenter de retrouver Kirua. Ce papier contenait sans doute un bout d'âme de Kirua car il y avait mis ses sentiments. C'était quelque chose de fort, peut-être que Kurapika pourrait trouver l'enfant plus facilement que Ging.

– Qu'est-ce que tu vas faire quand tu l'auras retrouvé ? questionna Léolio.

– Je vais lui dire ce que je ressens, répondit Gon.

– Mais s'il t'a vraiment oublié ?

– Alors je le forcerai à se souvenir de moi, et si ça ne marche pas, je ferai en sorte de redevenir son ami.

Léolio hocha la tête.

– D'accord. Je vois. C'est bien.

Kurapika resta silencieux. Il connaissait un peu la magie noire, et il savait que ça ne serait pas aussi facile que ça en avait l'air. Il préféra ne pas le dire, il ne voulait pas briser les illusions et l'espoir de Gon, cela le détruirait. Kurapika n'était pas du genre à appuyer sur une blessure pour l'agrandir. En tout cas, pas avec les personnes qu'il considérait comme ses amis.

– Est-ce que je peux rester ? demanda Gon.

– Bien sûr que tu peux rester, quelle question ! On ne va pas te mettre à la porte, tu sais très bien que tu es le bienvenu ici, lâcha Léolio.

– Merci, sourit Gon.

Et il expliqua qu'il avait besoin de se reposer un peu. Le voyage plus le fait de raconter son histoire l'avait épuisé. Léolio et Kurapika le laissèrent aller dans sa chambre.

– Tu en penses quoi ? Demanda Léolio une fois Gon parti.

– Je pense que Gon va souffrir. Je ne sais pas si retrouver Kirua est une bonne idée, mais je ne vois pas quoi faire d'autre.

Léolio eut l'air triste, et Kurapika posa gentiment sa main sur son bras.

– On va rester avec lui, dit-il, on va le soutenir. Il ne sera pas seul dans cette épreuve. Tout comme tu as été là pour moi.

Léolio acquiesça.

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Kurapika mit trois bons jours avant de retrouver la trace de Kirua. Trois jours où Gon tourna en rond comme un lion en cage ou un poisson rouge dans son bocal. Il n'arrivait pas à rester en place. Gon culpabilisait beaucoup de la situation, dès qu'il se posait il avait l'impression d'être attaqué par cette culpabilité et il essayait de l'ignorer en s'épuisant à marcher ou à faire de l'exercice. Mille pompes, mille abdos, mille tractions, à nouveau mille pompes, mais cette fois-ci les jambes en l'air. Léolio l'envoya faire des courses pour l'occuper et Gon essaya de prendre son temps pour ne pas revenir trop vite. Il aida aussi Léolio à cuisiner, il tourna autour de Kurapika, et la nuit il dormit peu, trop peu. Il avait aussi appelé Kaito pour lui dire qu'il n'était plus maudit, et son tuteur eut l'air très heureux pour lui. Alors Gon préféra ne pas lui expliquer que lui ne l'était pas, heureux. Il remercia Kaito pour tout ce qu'il avait fait pour lui et lui demanda s'ils pourraient se revoir. Kaito répondit par la positive. Et l'appel se termina ainsi, au bout de dix minutes à peine. Regarder la télévision le rendait dingue, surfer sur Internet l'ennuyait, Gon était trop impatient. Il était comme un gosse avant Noël, qui compte les dodos en espérant que ça passe plus vite. Kirua était son Noël à lui.

Alors quand Kurapika s'exclama :

– J'ai trouvé !

Gon s'illumina comme une guirlande électrique.

– Tu l'as trouvé ?

– Oui. Il se trouve à Kukuru Mountain, dit-il. Sans doute là où vit sa famille.

Gon regarda le point sur la carte que Kurapika lui indiquait. Kirua était donc là-bas, c'est donc là-bas que Gon irait.

– On va venir avec toi, fit Léolio.

Et son ton indiquait qu'il ne voulait pas discuter. Gon accepta. Il n'avait pas envie de se retrouver seul de toute façon. Et peut-être que revoir le visage de Léolio et Kurapika aiderait Kirua à se souvenir. Tous l'espéraient, mais seul Gon y croyait.

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Kukuru Mountain était un lieu touristique pour aventurier en mal de récit glauque à souhait. En effet, l'endroit accueillait une famille d'assassins, les Zoldik, et tout un tas d'histoire tournait autour d'eux. On disait que tous ceux qui tentaient de dépasser les portes qui menaient au domaine ne réapparaissaient jamais. Ils étaient engloutis par la montagne, où devait vivre un monstre assoiffé de sang. À moins que ça ne soit les Zoldik eux-mêmes qui fassent disparaître les gens.

Malgré ce qu'on racontait, et malgré le ton de la guide, les touristes avaient l'air hyper excités de se retrouver devant le portail géant qui protégeait le domaine des Zoldik. Kirua vivait donc ici, et c'était ici que Gon le retrouverait. Kurapika, Léolio et Gon ne repartirent pas avec les autres touristes, et restèrent sur les lieux.

Ils cherchèrent comment passer de l'autre côté. Il y avait bien une petite porte sur le côté, mais elle était fermée à clé, et ils avaient beau jouer avec la poignée ou tenter de crocheter la serrure, ils ne réussirent pas à l'ouvrir. Il devait bien pourtant exister un moyen d'entrer. N'importe lequel. Tout ce que Gon voulait c'était revoir Kirua, alors même s'il fallait faire exploser ce mur pour pouvoir retrouver son meilleur ami, il le ferait.

Kurapike et Léolio réfléchissaient aussi de leur côté. Le mur était large, il était haut également, impossible de l'escalader, impossible de le contourner. On ne pouvait entrer que par là, mais il n'y avait pas de sonnette, rien du tout, pour pouvoir s'introduire à l'intérieur.

– À mon avis, les intrus ne sont pas très bien vus, fit remarquer Léolio, et ils ne doivent pas souvent inviter du monde.

Gon regarda le mur et frissonna. Pendant un moment, il se souvint de sa crevasse. Kirua était peut-être plus libre que lui, mais ça donnait tout de même l'impression qu'il vivait lui aussi dans une prison.

Gon était encore en train de tenter d'ouvrir la petite porte, lorsque le mur à côté de lui s'ouvrit en grand. Et Kirua en sortit.

À suivre.

L'autatrice : ce nouveau chapitre est peut-être un peu plus triste, mais j'espère qu'il vous plaira.