… Toc toc toc ? Quelqu'un est là ?

J'espère que vous êtes toujours vivants (rires nerveux).

Blague à part, désolée pour cette longue absence. A force de m'excuser, on ne doit plus me croire, mais je promets que ce ne sera plus le cas !

Pour plus d'informations, je vous invite à lire les annonces en fin de chapitre.

- J'apprécie toutes les critiques, même négatives du moment qu'elles sont constructives. Merci de signaler les fautes, ce serait rendre service pour corriger ça au plus vite n_n –

Bonne lecture à tous !

-xXxXxXXxxXXXxxXXxXxXx-

Chapitre 23 : Filature (partie 1)

Livaï continuait de raturer ses feuillets, dans la sombre cellule, faiblement éclairé par un néon. Il jetait quelques coups d'œil de temps à autre vers le réveil. C'était bientôt l'heure, et il avait hâte de sortir d'ici pour se dégourdir enfin les jambes.

Comme à son habitude, il arrêta la sonnerie de l'appareil avant même que celui-ci n'émette la moindre note. Il avait déjà suffisamment mal au crâne, pas besoin qu'il subisse en plus ce son strident qui lui vrillait les tympans.

Il se releva, déposa la pile de feuilles sur son fauteuil, puis désangla l'adolescent. Pas besoin de s'assurer qu'il était réveillé ou non, il devinait aisément qu'il était conscient. Le morveux s'efforçait de faire semblant sans doute, mais il n'était pas dupe. Endormi, il gardait une légère respiration sifflante. Il restait calme, même s'il s'était un peu plus agité cette nuit. Un peu comme s'il cherchait à trouver une posture pour mieux trouver le sommeil, malgré le fait que son corps restait entravé par les sangles.

Livaï n'était pas surpris : à chaque nouvelle mission, le gamin avait tendance à peiner à trouver le sommeil.

Adossé contre le mur, il déraidit un peu ses jambes tandis que l'adolescent commençait de se préparer.

« Tu te sens prêt ? » lui demanda-t-il pour rompre le mutisme matinal de l'adolescent.

« … On va dire que je me sens plus préparé que la dernière fois », lui répondit-il tout enfilant ses bottines.

Il s'agissait de la seconde mission où Eren allait jouer le rôle d'appât. Quoique filature serait le terme le plus approprié, vu sa constitution. L'objectif était plutôt simple : se rapprocher d'un type suspecté des services, le prendre sur le fait et donner le signal pour lancer la traque. Mais ce que l'équipe espérait, c'était que la goule baisse sa garde face à Eren. Et que le gamin puisse développer ses sens mais, contrairement à Hanji, Livaï avait moins d'espérances là-dessus.

« Assure-toi juste de recueillir des infos, ni plus ni moins », déclara Livaï. « On évite toute confrontation dans la mesure du possible. Contrairement à la dernière fois, il n'y aura que notre équipe et les Veilleurs qui sécuriseront le périmètre. Surtout pas de prise de risque, ni de course-poursuite.

- C'est bien entendu, Caporal », répondit-il. « De toute façon, je ne prendrai pas le risque de provoquer une goule sans quinque. Je me sens plus à l'aise avec une arme plutôt qu'avec mon kagune. »

Livaï ne rajouta rien. Effectivement, même si Eren maîtrisait un peu mieux ses transformations, il n'était pas encore tout à fait à son aise lorsqu'il fallait manipuler ses facultés sur le terrain. Quant à l'envoyer en mission sans rien pour se défendre, c'était un choix à double tranchant. Un risque non négligeable s'il se faisait attaquer, mais l'armer sans lui assurer une garde rapprochée pouvait représenter un danger d'ordre public. Erwin avait donc ordonné à ce qu'Eren ne soit pas équipé afin de lui autoriser sa sortie.

« Allons-y », trancha-t-il en emboitant le pas. « Les autres devraient nous attendre ».

-oOoOoOo-

Lorsqu'il poussa la lourde porte d'entrée vers l'extérieur, Eren sentit une bouffée de chaleur l'envelopper. Les journées restaient très chaudes et il avait la sensation d'étouffer.

Il sortit du bâtiment servant de refuge dans le 14e arrondissement. Il commença à déambuler dans la rue, seul.

Dans le refuge, il avait troqué son uniforme pour un tee-shirt blanc, un jean clair et une paire de baskets noires. Il portait même une paire de lunettes de soleil. Avec cette tenue de civil, il pouvait se fondre dans la foule comme n'importe quel autre adolescent de son âge.

Pourtant, les passants aux alentours n'avaient aucune conscience de ce qui se passait autour d'eux.

Eren resta concentré vers sa destination, à des centaines de mètres de là. La rue était assez droite, bordée par de hauts bâtiments. Tout était bitumé sans une once de verdure, comme une sorte de long couloir. Au-dessus des toits et sous ce soleil de plomb, il pouvait percevoir furtivement l'ombre de ses coéquipiers qui l'escortaient le long de son chemin.

Contrairement à la dernière fois, il se sentait un peu plus libre de circuler. Même si ce n'était qu'illusoire, cela lui faisait du bien qu'on lui desserre un peu ses liens.

Eren tapotait machinalement sa tempe, comme pour se rassurer. On lui avait glissé une puce microscopique dans le conduit auditif, afin qu'il puisse entendre distinctement les membres de l'escouade. Un micro était camouflé sous son tee-shirt, afin que ses discussions soient écoutées.

Lorsqu'il arriva à l'adresse, il examina rapidement la devanture. Burgers, fritures, sandwichs… Un petit fast-food qui ne payait pas de mine, comme sur les photographies que l'on lui avait présentées.

Eren prit une inspiration : la cible devrait être là.

Pas mal d'activités suspectes planaient autour de l'homme qu'ils traquaient : le quartier environnant avait été plusieurs fois secoué par des attaques, et le traçage numérique de ce type relevait des coïncidences troublantes avec des disparitions inquiétantes à l'autre bout de la ville. Un hasard trop peu engageant pour l'arrêter, mais bien suffisant pour éveiller des suspicions…

« Nous tenons nos positions », résonna la voix de Livaï à son oreille. « Une fois à l'intérieur, tu sortiras de notre visu. Au moindre accroc, balance le signal. »

Eren appuya sa réponse d'un silence entendu.

Il poussa doucement la porte battante. La climatisation lui fit l'effet d'une brise fraîche : il ne put s'empêcher de retenir un soupir d'extase. Le local était plutôt modeste : à peine six personnes pouvaient s'installer en intérieur. Un gigantesque bar trônait au fond de la pièce, avec la carte des menus affichée sous fond de couleurs flashy. L'odeur de friture était assez forte, mais Eren réprima son dégoût.

Il s'avança, tout en ôtant sa paire de lunettes pour les coincer dans le col de son tee-shirt. A peine s'était-il présenté au comptoir qu'une silhouette sortit de l'arrière-cuisine. Un homme d'à peu près sa taille et à forte carrure apparut devant lui. Sa barbe brune en collier contrastait fortement avec ses cheveux courts blonds décolorés. Ses traits bourrus et fatigués marquaient son visage. Eren lui donnait la quarantaine.

L'adolescent renforça sa vigilance : il s'agissait bien de la cible.

« Hello », fit l'homme devant lui. « Tu as pu faire ton choix? »

Eren redressa la tête, un peu surpris par sa familiarité.

« Bonjour, un menu 3.2 s'il vous plait. Avec le burger poulet et frites.

- A emporter ?

- A emporter, oui. »

L'homme esquissa un léger sourire, puis entrebâilla la porte tout en annonçant d'une voix forte la commande :

« Klarissa ! Un menu 3.2 !

- A cette heure-ci ?! C'est bientôt la fin de ma journée !

- Ne discute pas », maugréa le gérant.

Eren aperçut rapidement une tête à l'embrasure de la porte. La femme retourna quand même aux fourneaux, tout en poussant une protestation. Le restaurateur se frotta la nuque, gêné.

« Excuse-la, elle a plutôt son caractère… »

Eren se contenta de rester muet, tout en esquissant un léger sourire compréhensif.

« C'est la première fois que je vous vois ici », lui demanda le gérant.

« Je suis juste de passage », répondit Eren. « J'héberge quelques temps chez un ami, le temps de trouver un boulot dans le coin.

- Ça fait plaisir de voir des jeunes motivés ! » fit-il avec un large sourire, tout en s'accoudant au comptoir. « Tu recherches dans quoi ?

- N'importe quel petit boulot. Vendeur, serveur, manutentionnaire… Je n'ai pas de diplôme, donc tout peut m'aller », dit-il en haussant les épaules.

Eren répétait son texte avec une aisance naturelle. Il s'était tellement exercé qu'il avait presque l'impression de jouer dans une performance théâtrale.

« Pas facile ça », grimaça le commerçant. « Le marché est assez bouché. Sans parler des gens méfiants des nouvelles têtes, ils ont toujours peur de tomber sur un loup si tu vois ce que je veux dire… »

Eren hocha la tête, tout en ne quittant pas le type du regard. Il trouvait ce dernier bien trop familier, mais peut-être s'agissait-il seulement d'une personne extravertie…

« Si tu veux un conseil, évite ce quartier », lui dit-il. « J'ai eu vent de certaines affaires dans le coin, et la sécurité, ce n'est pas vraiment ça… Va plutôt dans le 13e. Ce n'est pas si loin en plus, et il y a des quartiers un peu plus bobos et tranquilles.

- Merci du conseil », lui répondit Eren. « Je ne connais pas trop la ville, donc toutes les recommandations sont bonnes à prendre.

« C'est en train de cuire ! » fit la femme de tout à l'heure, en sortant des cuisines.

Charlotte sur la tête et parée d'un tablier, elle s'avança près du gérant. Cette fois-ci, sa voix se fit plus mielleuse.

« Au fait, c'est possible d'avoir une avance ? Je crois que j'ai encore paumé ma carte…

- Encore ?! » s'exclama-t-il. « Tu ne peux pas faire plus attention bon sang !

- Allez, je te jure que je ferais plus attention ! » lui dit-elle en le suppliant, les mains jointes. « Juste une avance sur mon salaire, histoire que je puisse payer le loyer ! Tu pourras retenir sur ma paie !

- Ok, ok », fit-il en grommelant. « Mais c'est bien parce que c'est toi ! »

Le visage illuminé, elle lui sourit et s'approcha de lui pour l'embrasser sur la joue.

« C'est le meilleur patron du monde », s'exclama-t-elle en s'adressant à Eren.

L'apprenti fut un peu surpris qu'elle s'adresse à lui de cette façon. Mais malgré son couvre-chef, il se surprit de penser qu'elle était plutôt mignonne.

« Allez, retourne en cuisine, histoire de t'assurer que ça ne brûle pas. »

La jeune femme s'éclipsa en gloussant. Eren se sentit un peu rougir lorsqu'elle jeta quelques coups d'œil vers lui avant de disparaître.

« Mignonne hein ? » fit le gérant.

« Hein ? » dit Eren, les joues empourprées.

« Tu peux le dire Klarissa est plutôt canon », surenchérit-il. « Et elle aime bien en jouer ! Dis-toi que certains habitués ne viennent que pour la voir ! Elle a son petit succès ! »

Eren se sentit assez gêné.

« Mais ce n'est pas votre femme ? »

Le gérant le dévisagea avec de grands yeux, avant d'éclater d'un rire fracassant.

« Oh non ! » déclara-t-il en manquant de s'étouffer. « Klarissa pourrait être ma fille ! Nous n'avons aucun lien de parenté d'ailleurs ! On se connait depuis un moment, et je ne la vois pas autrement qu'une gamine ! »

L'homme prit peu à peu un air plus grave, un sourire triste aux lèvres.

« Cela fait un moment que je connais Klarissa, un vrai rayon de soleil. Même dans les périodes les plus noires, elle arrive à se relever ! »

Il soupira, avant de poursuivre sur un ton plus léger.

« Enfin… Malgré tout ce qu'elle a traversé, elle arrive encore à oublier sa tête !

- Vous semblez très attaché à elle », lui dit Eren. « Mais je suis un peu surpris. Je veux dire… A tout dire sans filtre, alors qu'on ne se connait pas... Comme si vous ne craignez pas les inconnus. »

Eren avait lâché ça, sans prendre conscience de la portée de ses paroles. Une voix forte et grave vint vriller son tympan : « Demande-lui directement s'il est une goule ou pas pendant que tu y es ! »

Eren se massa la tempe, en essayant de dissimuler son malaise. Le Caporal n'avait pas tort : il ne l'avait pas joué très fine pour le coup…

Le gérant le regarda, puis se remit à sourire de plus bel : « Je suis comme ça, c'est ma nature. Beaucoup de gens se méfient de tout et de tout le monde, au point de s'isoler seul dans leur coin. Moi, je ne suis pas comme ça. J'ai besoin de parler, d'interagir, de communiquer avec les autres. En gros, être un humain quoi ! L'Homme est un animal sociable, notre force reste le groupe ! Et puis si je fais ce métier, ce n'est pas juste pour enchaîner les commandes ! Même si ce que je raconte n'a rien de sensationnel, je me dis que raconter ma vie peut parfois rayonner un bout de quotidien pour quelqu'un d'autre. Ce sont avec de petits rien qu'on peut faire du bien aux autres !

- Tu peux simplement dire que tu aimes t'entendre parler », dit une voix féminine.

La jeune femme venait de se débarrasser de sa charlotte et de son tablier, dévoilant sa longue chevelure brune et une tenue décontractée. Eren se corrigea mentalement de sa réflexion de tout à l'heure : elle n'était pas juste mignonne, elle était carrément canon !

Elle contourna le bar puis s'avança vers lui. Elle lui tendit un sac duquel se dégageait une forte odeur de viande cuite et de friture.

« Bon appétit ! » lui dit-elle avec un large sourire.

Alors qu'il prenait la commande, Eren ne put s'empêcher de frémir légèrement en sentant les doigts de la jeune femme caresser légèrement les siens. Il lui était impossible de déterminer si c'était accidentel ou non…

« N'oublie pas la suite… » lança la voix le Caporal. « S'il ne propose rien, fais quelque chose ! »

L'ordre lui fit la sensation d'un électrochoc. Bien qu'il ait établi un premier contact, il devait passer au stade supérieur si cela ne donnait rien : organiser une seconde rencontre.

Lors d'une traque, il était très fréquent de multiplier les contacts pour que la cible soit en confiance. C'était une bonne façon aussi pour que celle-ci commette des erreurs.

« Vous ne cherchez personne ? » lança Eren. « Je n'ai pas mon CV sur moi, mais je pourrais vous l'adresser pour la prochaine fois. Je n'ai jamais travaillé dans un bar ou restaurant, mais je suis motivé. »

L'homme le dévisagea quelques instants, l'œil pétillant.

« Tu as de l'audace, j'aime ça ! Malheureusement, on est déjà complet dans ma baraque. Mais si tu veux bien, on peut se donner un rendez-vous et tu me présenteras ton CV. Même si je ne t'embauche pas, je pourrais toujours te présenter à des connaissances. Le monde est assez petit, et un peu de réseau pourrait te donner un coup de pouce !

- Merci beaucoup », lui dit Eren.

Le gérant lui adressa un grand sourire, puis lui tendit la main : « Appelle-moi Rolf.

- Et moi, Eric », dit Eren en lui filant son nom de couverture.

« Je peux m'incruster aussi si vous sortez boire un verre ? » demanda la jeune femme.

Eren fut un peu surpris de son intervention. Toutefois, Rolf ne s'en offusqua pas.

« Si tu veux, mais tu risques de t'ennuyer si c'est juste pour parler boulot.

- Je veux aussi aider ! » se défendit-elle. « Moi aussi j'ai mon petit réseau ! »

Elle se tourna ensuite vers Eren, le visage rayonnant.

« Désolée mais je dois vous laisser, je ne peux pas être en retard à mon rendez-vous ! Ravie de t'avoir rencontré Eric, et bon courage pour tes recherches ! »

Eren se bloqua quelques microsecondes lorsqu'il sentit la main de la jeune femme lui frôler l'épaule avant de partir. Elle était décidément bien tactile…

« Je crois que tu lui as tapé dans l'œil », ricana Rolf. « Fais gaffe à toi, cette fille est une véritable rose : sublime, mais piquante. J'ai déjà vu des mecs revenir ici pendant ses heures de travail, en lui suppliant de revenir !

- Merci du conseil », fit Eren, bien trop gêné par la situation pour déclarer quoi que ce soit d'autre. « Je vais y aller… »

« Et le rendez-vous ? » fit Rolf. « Ca tient toujours ?

- Ah oui, désolé… »

Il entendit la voix de son supérieur à son oreille.

« Sois plus concentré, morveux. »

Eren se sentit une nouvelle fois gêné. Il n'était tellement plus habitué à ce type de situation ou d'interactions normales qu'il s'en trouvait déboussolé.

Eren quitta ensuite le restaurant, un bout de papier fixant l'heure et le lieu de rendez-vous dans sa poche. Il avança calmement vers le bâtiment du refuge d'où il était venu, sous le soleil estival encore brûlant.

Même s'il avait réussi son infiltration, il était loin d'avoir brillé pour ses performances. Il aurait pu se faire griller plus d'une fois...

Quant au fameux Rolf, il ne savait pas trop quoi en penser. Il était plutôt sympathique et familier, rien qui pourrait l'assimiler à un tueur. Mais Eren avait pris conscience que les apparences étaient bien trompeuses. Après tout, être bien implanté et gagner la confiance des habitants du quartier, cela ferait une belle couverture pour éviter d'éveiller les soupçons. Son attitude était plutôt étrange, sachant qu'il ne semblait pas mettre un pied à la cuisine. Pour le moment, il ne savait pas trop quoi en penser. Mais une chose était sûre, il fallait continuer d'investiguer sur ce type…

-oOoOoOo-

Ces quarante huit dernières heures avaient été intenses. L'heure du rendez-vous approchait, et ni lui ni le reste de l'escouade n'avait détecté quoi que ce soit d'autre de compromettant vis-à-vis de leur cible.

Livaï pénétra dans l'enceinte. Malgré ses multiples recherches, il n'avait absolument rien trouvé. Avant de rejoindre le reste de son équipe dans la salle d'entraînement, il fit un détour au laboratoire. Sans grande surprise, il découvrit Hanji au beau milieu de papelards. Livaï soupira. Cette pièce devenait de plus en plus crasseuse.

« Tu devrais nettoyer de temps en temps », grommela-t-il en ouvrant les fenêtres. « Ça pue le fennec !

- J'ai d'autres priorités que le ménage », fit Hanji, en gardant un air concentré. « Surtout que Moblit est en congés.

- Considère-le plutôt comme ton assistant et non pas ton homme à tout faire.

- Pas faute s'il accorde de l'importance au récurage. Pour ma part, cela ne me dérange pas et je préfère me concentrer sur mon travail. »

Livaï se rapprocha de son bureau, remarquant que l'odeur se faisait de plus en plus forte.

« Je crois que j'ai trouvé la source de cette puanteur », fit-il avec un air de dégoût. « Depuis quand tu n'as pas pris de douche ? »

Hanji se redressa, avec un air horrifié : « Ah non, tu ne vas pas recommencer !

- Je recommencerai si tu continues à délaisser ton hygiène au point de développer un microbiote susceptible de représenter une menace contre l'humanité !

- Je n'y peux rien si je transpire plus que la moyenne… » geignit Hanji. « Je me doucherai demain…

- Hanji… ?

- Okay, okay, okay! » supplia son homologue en levant ses mains comme pour se rendre. « Ce soir, je te le promets !

- Et avant la mission », insista le Caporal. « Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour le gamin que tu auscultes à longueur de temps.

- Rassure-toi, je me lave les mains et porte des gants avant de l'ausculter ! » se défendit Hanji. « Je ne prendrais pas le risque de porter atteinte à ton petit protégé !

- Je pense surtout qu'il n'ose pas se plaindre de ta puanteur », répondit Livaï en faisant mine d'ignorer son sarcasme.

Il se pencha au-dessus du bureau d'Hanji. Il regarda un écran, où il reconnut Eren en train de discuter avec le suspect au milieu du restaurant.

« Tu as trouvé quelque chose ? » lui demanda-t-il.

« Rien de rien », soupira Hanji. « La scène est assez banale. Quant à Rolf Kutt, il semble être un type normal. Né de parents inconnus et adopté à l'âge de trois ans, il semble avoir eu une enfance heureuse. Il a d'ailleurs toujours vécu dans le 14e. Il a fait plusieurs petits boulots, avant de finalement monter son propre restaurant.

- Je me méfie des orphelins », fit Livaï. « Sans remonter dans leur généalogie, c'est plus difficile pour nous de les suspecter et plus faciles pour eux de susciter la pitié.

- Tu n'as pas tort », admit Hanji en haussant les épaules. « Les circonstances ne jouent pas en sa faveur. Et toi, tu as trouvé des informations sur Klarissa ?

- Rien d'exceptionnel », répondit-il. « Dix-huit ans, serveuse. Quelques délits, mais rien de compromettant. Mais comme insinuait ce type, elle a eu des épisodes sombres. »

Livaï poursuivit, sous le regard curieux d'Hanji.

« Klarissa Stone. Ses parents, James Stone et Mélissa Rose, ont été portés disparus depuis l'attentat de Shiganshina. Elle a trouvé rapidement des tuteurs, issus d'un milieu modeste dans la Cité des Taillis. A priori elle a eu quelques mauvaises fréquentations, ce qui l'a conduite à se prostituer à partir de quatorze ans. Une fois quinze ans révolus, ses parents adoptifs l'ont mise dehors. Après quelques mois dans la rue, elle a été prise en charge par l'association 'L'Abri'. Aujourd'hui elle a dix-huit ans, indépendante, et sans histoire. D'après ses mouvements bancaires, elle semble avoir un salaire très variable. Si on se base sur les propos de Rolf, c'est plutôt normal si elle arrive à emprunter de l'argent. Mais ça, c'est plutôt une affaire pour le fisc.

- La Cité des Taillis… » répéta Hanji. « Sale quartier.

- Ce sont plutôt les gens qui y sont crasseux », enchérit Livaï. « Quand tu viens de là-bas, tu n'en tires rien de bon. Encore heureux qu'elle ait réussi à se trouver une porte de sortie. »

Hanji l'observa, calmement. Livaï trouvait désagréable d'être fixé par son regard perçant.

« Qu'est-ce que tu as me fixer comme ça ?

- Rien, rien », fit son homologue. « Je pensais que tu allais me balancer une confidence. Tu sais que je suis à ton écoute si tu as besoin de parler, hein !

- Sans façon », rétorqua Livaï en roulant les yeux. « Je vais voir comment les autres s'en sortent. Nous sommes à moins de cinq heures du rendez-vous.

- Okay ! J'essaierai de prendre une douche dans deux heures, pas la peine de vérifier pour t'en assurer hein ! »

Livaï quitta le labo, laissant la question d'Hanji en suspens.

-oOoOoOo-

« Allez, encore un essai ? Je veux ma revanche ! »

Eld insistait auprès d'Eren pour refaire un essai, les joues rougies par l'effort et des gouttes de sueur perlant son front. Assis sur un banc et l'air à peine exténué, ce dernier se massa la nuque en soupirant.

« Laisse-le un peu respirer », lui dit Gunther. « On a fait que ça depuis une heure. On pourrait s'accorder une pause ?

- Et puis pourquoi persister avec le corps à corps ? » demanda Eren. « Ce ne serait pas plus intéressant de s'exercer à la quinque, le tir, ou même au parcours ?

- Tu ne devrais pas négliger cette partie de l'entraînement, le bleu ! » intervint Auruo. « C'est une très bonne occasion de tester ses réflexes, et sur le terrain c'est vital ! »

Il se rapprocha de lui, puis prit une pause pour l'inviter au combat.

« Tu as besoin d'une petite démonstration !

- Ne t'enflamme pas trop vite Auruo », intervint Eld. « Eren a bien progressé…

- Eld a raison », fit Petra. « Tu ne devrais pas le sous-estimer si tu ne veux pas avoir de mauvaises surprises.

- Et bien je vais essayer de voir ça de mes propres yeux ! » ricana-t-il. « Allez, je t'attends ! »

Petra roula des yeux et Eld se frotta les siens avec un air exaspéré. Eren prit une gorgée d'eau, puis se redressa. Il avait l'habitude des frasques d'Auruo, et malgré ses provocations, il avait conscience qu'il était un redoutable adversaire. D'ailleurs, il n'a eu que très peu d'occasion de l'affronter. Les autres jugeaient plus raisonnable qu'il affronte Eld, Gunther ou Petra dans un premier temps. Pourtant, il était bien déterminé à leur démontrer qu'il s'était bien amélioré.

Il se rapprocha du Major, puis se mit en position de garde. Auruo lui adressa un petit sourire vaniteux, tout en se calant sur ses appuis.

« A mon signal ! » avertit Gunther à quelques pas d'eux. « Trois… Deux… Un… GO ! »

Auruo se mit soudainement à fondre sur lui. Surpris par sa vitesse, Eren esquiva le coup dirigé contre son épaule. Il se recula, en esquivant de suite les autres coups qui s'enchaînaient. Un peu dérangé que son adversaire mène le combat, il ne se laissa pas démonter pour autant. Eren se redressa, écarta les jambes en fente et se mit à enchaîner les directs. Auruo conserva sa garde, alternant entre l'esquive et le blocage. Il ne se laissa pas démonter, et poursuivit son offensive.

Les deux combattants enchaînaient les figures et les coups, sans qu'aucun ne réussisse à prendre le dessus sur l'autre. Auruo s'occupait davantage de parer les frappes et à jouer des poings, tandis qu'Eren misait davantage sur l'esquive et sur ses jambes. Même s'il essayait d'utiliser des tactiques de diversion, les sens d'Auruo semblaient bien aiguisés. Pas de doute, il était un Traqueur talentueux et expérimenté.

Au bout de quelques minutes, Eren sentit son adversaire s'épuiser. En remarquant cette belle opportunité, il laissa Auruo tenter vainement de le frapper tandis qu'il continuait d'esquiver.

Auruo enragea : « Tu crois que je n'ai pas compris ce que tu essayais de faire, le bleu ? »

Alors qu'un vif direct du droit fonçait sur lui, Eren fut cette fois-ci obligé de parer. Déstabilisé, Auruo en profita pour foncer sur lui tout en misant toute sa force de ses avant-bras. Pris au dépourvu et déséquilibré, Eren tomba au sol. Auruo en profita pour lui faire une clef de bras, son pied contre son dos et le bloquant face contre terre.

« Tu dois encore travailler ton équilibre », déclara Auruo, triomphant, tout en le relâchant.

« C'était un beau match », siffla Gunther. « Tu n'étais vraiment pas à grand-chose, Eren !

- Ton esquive est bonne, mais tu dois encore travailler ton offensive », déclara une voix grave.

Eren se tourna et découvrit le Caporal. Il détourna un peu la tête, se sentant un peu honteux de sa défaite.

« Allez, ne fais pas la gueule ! » ricana Auruo. « Tu t'es bien débrouillé. Mais attention à ne pas prendre la grosse tête, tu as encore des progrès à faire !

- Et toi aussi Auruo », reprit leur Capitaine. « Tu dois davantage te concentrer sur ton esquive. Parer des coups à mains nues ne sert strictement à rien sur le terrain. »

Auruo déglutit, puis se redressa en conservant un air sérieux.

« Entendu, Caporal ! »

Le Major tendit ensuite une main vers Eren pour l'aider. L'adolescent l'accepta et se releva. Il eut à peine le temps de dépoussiérer ses vêtements que le Capitaine s'avança vers lui.

« Tu te tiens encore trop raide », expliqua son supérieur en mimant une posture, accompagnant le geste à la parole. « Tout en gardant bien tes appuis, concentre-toi davantage sur ton bassin. »

Son supérieur mima quelques coups. Eren le scruta attentivement : ses frappes étaient de courtes portées mais plus rapides. Il arrivait à conserver sa garde avec un avant-bras, tout en gardant solidement ses appuis.

« Mais cela se rapproche un peu trop à du corps-à-corps, non ? » dit Eld, un peu surpris. « Ne vaudrait-il pas mieux se focaliser sur l'esquive et la distance de l'adversaire ? »

« Pour quelqu'un de lambda, oui », répondit le Caporal. « Mais Eren a pu nous prouver son endurance et sa résistance spectaculaires ses dernières semaines. Autant qu'il développe aussi cette partie du combat, histoire qu'il ait toutes les cartes en main face à une goule. »

Leur supérieur se tourna vers l'adolescent, attendant qu'il applique ses conseils. Eren conserva sa garde, puis mima quelques coups. Alors qu'il semblait plutôt satisfait de sa démonstration, l'adolescent se dit au final qu'il était peut-être loin du compte lorsqu'il entendit les soupirs de leur Capitaine.

Ce dernier se rapprocha de nouveau de lui, et vint poser ses mains sur ses épaules pour le forcer à se tenir un peu plus droit. Pris au dépourvu, Eren se laissa faire. En quelques coups de bottines, il le força à mieux écarter ses jambes en fente. Eren laissa son bras bouger sous l'emprise des doigts fermes du Traqueur, tandis qu'une odeur commençait peu à peu à l'étourdir,

Ce dernier lui expliquait vaguement l'importance de la portée de son coup, la rotation du poing… Il avait l'impression que sa voix grave le berçait, trop distrait par ce parfum qui flottait dans l'air.

C'était une odeur se rapprochant de la fleur d'oranger. Une saveur à la fois épicée et gourmande qui lui envahissait les narines. Il sentit son pouls s'accélérer, sa gorge peu à peu s'assécher. Une sorte de boule au creux de sa poitrine se formait, l'empêchant de respirer normalement.

« Eren… Eren ? » entendit-il comme une voix qui le plongeait soudainement de ses songes. « Tu m'écoutes ? »

Troublé, il s'écarta soudainement de quelques pas. Le Caporal et les autres membres de l'équipe le fixèrent, un peu intrigué.

« J'ai compris, je vais répéter ça ! » déclara précipitamment l'apprenti.

« Tu semblais ailleurs », dit Petra. « Tu vas bien ?

- Oui, oui ! » insista-t-il. « J'ai dû avoir un coup de fatigue, entre l'entraînement et la chaleur… »

Le Caporal le dévisagea quelques instants, puis se désintéressa.

« Sois en forme pour ce soir. Si tu as besoin de te reposer, fais-le maintenant. Il faut que tu restes bien concentré cette fois.

- Oui Caporal », répondit vivement Eren.

« Auruo et Eld, occupez-vous de le raccompagner dans sa cellule. Je dois encore faire de la paperasse au camp. »

Les deux compères acquiescèrent, avant que les autres membres de l'escouade partent en direction des vestiaires.

Au milieu des rires et des pics que se lançaient les Majors, Eren restait encore troublé. Pourquoi l'odeur du Caporal le mettait dans cette transe ? Ce n'était pas un scoop qu'il réagissait étrangement à son parfum, mais ces derniers temps, il avait l'impression que cela devenait vraiment bizarre. Et plus il était proche de lui, moins il avait l'impression de se contrôler totalement.

C'était vraiment bizarre, perturbant… et flippant.

-oOoOoOo-

Eren était posté près d'un arrêt de métro, au milieu d'un immense rond-point. L'urbanisme du coin était assez hétéroclite : de vieux bâtiments chics aux murs blancs sculptés se mêlaient à ceux de briques rouges et d'autres bâtisses beaucoup plus modernes. Bien que le coin fût assez réputé pour la multitude de restaurants et d'animations, Eren n'avait jamais eu l'occasion de traverser ce quartier.

Son accoutrement n'avait pas beaucoup évolué depuis sa première infiltration : il avait juste troqué sa paire de lunettes avec un sac à dos pour ranger quelques feuillets. Un micro était toujours dissimulé dans ses vêtements et un écouteur miniaturisé restait logé dans son oreille droite.

Il se contenta d'attendre patiemment, en scrutant l'heure de l'écran de temps à autre.

« Salut Eric ! » fit une voix aigüe devant lui.

Il leva la tête et découvrit Klarissa. Celle-ci portait une tenue plus estivale : une mini-jupe fleurie ainsi qu'un débardeur blanc, mettant en valeur sa poitrine généreuse. Elle semblait bien plus grande avec ses sandales compensées, et sa longue chevelure brune était coiffée d'une queue de cheval. De grands anneaux dorés pendaient à ses oreilles, son maquillage mettait en avant ses longs cils et ses yeux bleutés, ainsi que ses lèvres charnues.

Eren était rarement déstabilisé par une fille, mais il ne put s'empêcher d'être intimidé. Pourtant, d'après les rapports, ils n'avaient que quelques années de différence.

« Bonjour Klarissa », la salua-t-il plus posément. « Rolf n'est pas venu avec toi ?

- Non, il avait encore quelques petites choses à faire au restau. Il m'a prévenu qu'il pourrait peut-être ne pas venir », dit-elle en haussant des épaules.

Envoyant l'air stupéfait de l'adolescent, elle se rattrapa : « Ne t'inquiète pas pour le CV ! Si jamais il ne peut pas venir, je peux le lui transmettre en mains propres si tu veux !

- Merci… On va l'attendre encore un peu, peut-être est-il juste un peu retardé. »

Silencieux, Eren scruta encore fois l'heure.

Si Rolf ne pouvait pas être présent, le plan tombait à l'eau ! Peut-être avait-il soupçonné quelque chose ? Il a peut-être découvert sa couverture et il était déjà en train de s'enfuir !

« Tu as l'air anxieux », fit Klarissa. « Ça va ?

- Non, non, je vais bien », assura Eren, sortant de ses songes. « J'étais perdu dans mes pensées, désolé.

- Tu n'as pas à t'excuser ! » le rassura-t-elle.

Eren entendit un petit son. Il reprit son appareil et lut directement le message s'affichant à l'écran : « Désolé, un contretemps. Partez sans moi, on se calera un autre rendez-vous. Rolf »

« Mince, il ne vient pas !» dit-elle en lisant l'écran de son appareil. « Comme je te l'ai dis, tu n'as pas à t'en faire : tu peux me filer ton CV, et je te transmettrai quelques tuyaux. Je connais un peu de monde dans le milieu aussi, après tout. »

Eren ne savait pas trop quoi faire : ce n'était pas du tout ce qui était prévu.

« Accepte », fit la voix du Caporal. « Il vaut mieux ne pas paraître suspect. »

« Ok merci », répondit Eren. « Tu souhaites qu'on s'installe où ? Je ne connais pas trop le coin…

- On peut aller chez moi », fit-elle en tournicotant une mèche de cheveux autour de son index. « Ce n'est pas si loin, et on sera tranquille… ».

Eren eut l'impression d'être frappé d'un uppercut, les joues empourprées. Est-ce que cette fille était en train de le draguer ouvertement… ?

« Largue cette grognasse », fit la voix du Caporal. « Dis-lui que tu ne te sens pas à l'aise de rentrer chez des inconnus, que tu préfères prendre d'abord un café… Peu importe qu.. »

- Accepte ! » interrompit brutalement la voix d'Hanji à l'oreillette. « Suis-là, elle aura peut-être des renseignements à donner !

- Tu es complètement frappé ! » protesta de suite son supérieur.

« Faites-moi confiance ! » renchérit Hanji. « J'ai un feeling dessus, suis-là ! »

Eren ne savait plus trop quoi faire, et la fille commençait à le regarder étrangement.

« Ça va ? » lui demanda-t-elle, ne comprenant pas sa confusion.

« Bon ok… Gamin, suis les directives d'Hanji. On te dira quand tu pourras te casser. »

Eren prit une grande inspiration, se frottant la tête nerveusement.

« Ok, on va chez toi. Je suis juste un peu gêné car je ne veux surtout pas déranger.

- Tu n'as pas à l'être ! » lui dit-elle avec un grand sourire. « Et cela me fait plaisir aussi de recevoir ! Tu verras, c'est un peu petit, mais on s'y sent bien ! »

Sur ces derniers mots, elle s'agrippa à son bras.

Eren essayait d'être serein, mais malgré les apparences, il restait assez tendu. Il n'était déjà pas très à l'aise en temps normal, mais avoir un avion de chasse scotché à lui et qui prenait les devants… Dans d'autres circonstances, cela ne lui aurait déplu ! Et même étant en pleine mission avec des regards les épiant depuis plusieurs immeubles, la situation restait extrêmement embarrassante.

-oOoOoOo-

Tous deux postés dans une camionnette lambda stationnée au niveau de la grande place, Livaï et Hanji restaient cachés à l'abri des regards. Le Caporal désactiva son micro, tout en foudroyant son homologue du regard.

« Tu n'es pas sérieux ? » vociféra-t-il. « Tu t'es cru où ? Dans une téléréalité à la con ?

- Relax, Livaï ! » dit Hanji en ricanant. « Ce que tu peux t'emporter facilement !

- Je ne vois pas l'intérêt d'enquêter sur cette fille », insista-t-il en fronçant les sourcils. « On va perdre notre temps ! »

- Je pense au contraire qu'on a de quoi apprendre quelque chose », insista Hanji. « Elle pourrait nous en apprendre un peu plus sur notre cible. Et si elle est aussi proche de lui, peut-être qu'elle est une goule, elle aussi.

- Ce n'est pas improbable, mais les chances sont infimes. A part sa relation avec la cible, elle n'a aucun lien avec une quelconque affaire. En suivant ton plan, j'ai plus l'impression qu'on va assister à un dépucelage plutôt qu'à une traque !

- Alors c'est ça qui te tracasse ? » s'exclama Hanji en explosant de rire. « Tu penses vraiment qu'Eren irait aussi loin pour une mission ? Ou tu es juste inquiet pour lui ?

- Arrête de dire n'importe quoi », l'interrompit-il. « Eren est loin d'être stable. On ne sait pas quelles seraient ses réactions dans de telles situations.

- Sincèrement Livaï, je suis consciente de tout cela et je suis suffisamment impliquée pour savoir si Eren peut représenter un risque ou pas », répondit Hanji sur un ton plus sérieux. « J'ai eu l'occasion de l'examiner et de l'évaluer plusieurs fois, que cela soit au camp ou lors des missions. Je doute qu'Eren puisse représenter un danger s'il est submergé par des émotions autres que la colère.

- Rassure-moi, tu ne l'as pas testé en faisant des manipulations douteuses ? »

Livaï lui avait posé la question sur un ton sinistre. Mais vu la réaction horrifiée d'Hanji, il eut déjà une partie de sa réponse.

« Des manip… Livaï ! Tu es tordu ! Jamais je ne pourrais toucher un gamin ! C'est toi qui es complètement malade de penser à des choses pareilles ! »

Livaï soupira. Même si Hanji brillait par son intelligence, il se livrait bien trop souvent à des actes qui lui paraissaient à la limite de la morale.

« Caporal », fit la voix d'Eld au niveau de son oreillette. « L'hirondelle vient de rentrer dans le bâtiment. Les pies restent postées sur les toits, les grives sont en train de finaliser la sécurisation du périmètre.

- Très bien », fit Livaï. « Les deux linottes gardent leurs positions. Envoyez-nous vos coordonnées.

- Entendu Caporal ! »

Le Caporal soupira, et fixa Hanji.

« Sérieusement, tu t'es mis à l'ornithologie maintenant ?

- Bah quoi, tu croyais que je m'intéressais seulement qu'aux goules ? Les oiseaux sont intéressants quand on s'y intéresse un peu ! Tu savais que les merles…

- Stop Hanji », l'interrompit Livaï dans sa lancée, sur un ton exaspéré. « Garde tes histoires de piafs pour toi si tu ne veux pas sortir de ce camion les pieds devant. »

-oOoOoOo-

La fille se détacha enfin de lui lorsqu'ils furent arrivés devant son appartement. L'immeuble semblait assez modeste, l'escalier et le couloir plutôt défraichis et étroits. Lorsque Klarissa ouvrit la porte, il découvrit une petite pièce qui faisait office de salon. La décoration était plutôt simple, même si c'était plutôt girly vu les tons clairs et prunes de la pièce. Il entendit quelques bruits à travers les murs. Peut-être était-ce dû à l'isolation médiocre du vieil immeuble.

Bref, un simple appartement comme beaucoup d'autres.

« Assied-toi», l'invita-t-elle en désignant le canapé. « Fais comme chez toi ! Je vais préparer quelques petites choses et je reviens !

- Ok, pas de soucis », répondit Eren.

Elle lui sourit, puis s'engouffra dans une petite pièce au fond qui semblait servir de kitchenette.

Avant de s'asseoir, il commença à ouvrir son sac. Il y sortit son CV factice, puis le déposa sur la table basse. Au moins, ce sera déjà une bonne chose de faite.

Lorsqu'il s'assied, Klarissa revint les mains vides.

« Désolée, je pensais avoir du rab'…

- Ne t'embête pas », lui dit Eren. « C'est déjà gentil de m'accueillir.

Eren se demandait si son étourderie ne faisait pas partie intégrante de sa personnalité.

« Demande-lui depuis quand elle connait Rolf », fit la voix d'Hanji à son oreille. « Essaie de récupérer des infos dessus. »

Eren se ressaisit, et entama la conversation : « Depuis combien de temps vous vous connaissez Rolf et toi ?

- Depuis un peu plus d'un an », lui répondit-elle. « Je cherchais un petit boulot, et en découvrant mon histoire, on va dire qu'il m'a pris en pitié et il m'a embauché.

- Quelle histoire ? » fit Eren en faisant semblant d'être intéressé, même si on lui avait déjà transmis les grandes lignes.

« En gros, je me prostituais. Enfin, je faisais semblant… Je faisais mine de proposer mes services, et lorsqu'un pigeon mordait à l'hameçon, je le menaçais de tout divulguer à ses proches.

- Ah bon ? » fit Eren, surpris que sa version soit différente de celle qu'il pensait connaître. « Mais comment tu t'en es sortie ? Je veux dire, tu as dû tomber sur des types violents ?

- Et bien je me défends ! » éclata-t-elle de rire. « Je suis loin d'être une fragile. Et les mecs qui s'offrent des prostituées ne pensent pas vraiment à prendre leurs précautions ! Ils suffisaient de les dépouiller et je les menaçais de tout divulguer sur les réseaux en cas de représailles. La plupart de ces pervers sont de gros lâches, donc je m'en suis sortie facilement. »

Puis elle lâcha un grand soupir.

« Mais tu as tout de même raison : mes arnaques étaient risquées, et je ne pouvais pas rester éternellement dans cette situation. J'ai donc pris une autre voie, histoire d'avoir un boulot un peu plus convenable. »

Elle lui offrit son plus beau sourire, tout en se rapprochant légèrement vers lui : « Ça fait plaisir d'avoir quelqu'un qui m'écoute. »

Eren essaya de dévier son regard, tombant bien trop souvent dans son décolleté plongeant.

Bordel… Il se demandait vraiment s'il était bien en infiltration. Ça devenait vraiment gênant.

Puis les petits bruits étouffés revinrent. Mais étrangement, il semblait plus provenir derrière une des portes du salon que des murs mitoyens.

« J'entends quelque chose. Tu as un animal ?

- Un animal ? » répéta Klarissa, tout en éclatant de rire. « Plutôt plusieurs ! Je comptais d'ailleurs te les présenter, approche ! »

Elle se releva tout en l'attrapant par la main. Eren se laissa entraîner toujours un peu mal à l'aise.

Lorsqu'ils furent devant une porte, il eut un mauvais pressentiment. Totalement irrationnel, mais il ne le sentait pas.

Klarissa le relâcha, puis poussa la porte qui semblait être une sorte de petit cagibi. Eren ne comprit pas tout de suite, mais en réalisant ce qui se présentait devant lui, il se figea.

« Tu restes bouche-bée, Eric », dit Klarissa, rieuse. « Avoue que ce n'est pas tous les jours qu'il y a des opportunités pareilles ! Je voulais au moins te faire partager mon petit péché mignon. »

Eren resta muet, immobile. Cette scène était tellement irréaliste qu'il se demandait s'il n'était pas dans un rêve. La scène était totalement insolite et bizarre.

« Qu'est-ce qu'il se passe, Eren ? » l'interpella le Caporal. « Dis quelque chose, répète ce que tu vois ! Tu m'entends, Eren ?... EREN ! »

-xXxXxXXxxXXXxxXXxXxXx-

Et oui, une première : division du chapitre en 2 parties !

J'espère que la tension est là, et que vous avez tous envie de me tuer pour connaître rapidement la suite (oui oui, je suis maso n_n).

Comment avez-vous trouvé ?

- La première expérience de filature d'Eren ?

- Comment vous sentez cette Klarissa ?

- Les interactions entre l'escouade ? Eren et Livaï ? Hanji et Livaï également ? (j'adore également ce dernier binôme :') )

- Vos hypothèses sur ce qu'il y a dans ce foutu placard ? :D

Pas mal de chamboulements sur cette année 2020/2021 (comme tout le monde me direz-vous n_n'). Pas mal de petites péripéties dans ma vie, quelques petits aléas sur la reprise de l'écriture (après une longue pause, on se sent rouillé : encore plus dur de rentrer dans le bain), mais aussi au niveau des travaux de corrections.

Pour prouver mes dires : le chapitre 24 est déjà finalisé ! ! Actuellement où je poste ce chapitre, je compte le relire et l'envoyer direct pour correction n_n.

Aussi, une annonce avec un pincement au cœur : Going-to-Hell-for-Shipping, ma bêta depuis les débuts de cette histoire, est contrainte d'abandonner les corrections. Bien qu'elle continue de suivre L'Ombre Ecarlate en parallèle, elle ne peut malheureusement plus s'investir autant actuellement.

Going-to-Hell-for-Shipping m'a beaucoup aidée et encouragée pour la rédaction de cette histoire (elle en est d'ailleurs la première lectrice !). C'est aussi grâce à elle que vous appréciez autant L'Ombre Ecarlate jusqu'à maintenant. Going-to-Hell : merci encore pour toutes ses heures de travail. Vraiment, mon expérience d'auteure aurait été toute autre sans toi. Nos échanges autour des corrections vont vraiment me manquer ! T-T Bon courage pour tous tes projets !

Afin d'assurer la poursuite de la correction (car je suis trop exigeante et fais beaucoup trop de fautes pour oser publier direct mes premiers jets !), Sarachan202 reprend le flambeau de bêta à partir de ce chapitre. Elle-même fan de l'histoire, Sara reste très investie sur la correction. Merci de l'encourager dans cette tâche (laborieuse :') ). A Sarachan202 : merci beaucoup pour ta disponibilité, et de supporter toutes mes fautes ! (rire) Tu fais un travail de folie, vraiment !

Voili voilou, je trouvais très important d'annoncer ça n_n'. Même si on ne pense pas vraiment aux bêtas en premier lieu, cela reste quand même un sacré boulot (assez chronophage même). Grâce à eux, l'expérience de lecture est toute autre !

Pour les intéressés, le lien Discord sur ma page de profil est toujours actif. Si vous voulez échanger autour des fanfics d'Easyan (My Beautiful Beast, Sygma, Dark Moon Lovers …) et moi-même, ou tout simplement pour délirer de tout et de rien autour de SnK, l'écriture, boy's love en général ou autres, c'est THE place to be ! Ca fait plaisir à Easyan et moi-même d'échanger avec vous en direct, n'hésitez surtout pas à vous y connecter !

Au plaisir de lire vos avis et théories dans les reviews !

-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-x-

Réponses aux reviews (si je n'ai pas répondu quelqu'un, merci de me le signaler en reviews ou MP n_n') :

Danielle Vungbo : Merci beaucoup ! ! ! Le mix peut parfois rebuté, mais je suis contente qu'il te plaise ! En espérant à très bientôt !

Kitana : Un nouveau bébé lecteur ! Bienvenue à toi ! Bien vu pour l'ombre, mais je resterai muette (huhu). En espérant te retrouver bientôt n_n

Lou lovegood : Merci beaucoup pour ta review n_n. J'espère que celui-ci t'a plu tout autant !

Yaoki Yoki Yo : J'espère que tu n'es pas morte ! Le chapitre est là et le prochain approche !