Heya !

Chapitre écrit à plusieurs 2h du mat'.

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Remarques :

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Donc... La mort de Silas n'a pas plu, étrange.

J'aime vous frustrer avec Sylvestre.

Je sais que je l'ai déjà dis, mais j'ai un Discord, liens sur mon profil.

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Bonne lecture !

Pilou

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Chapitre 8 : Le garçon monstre

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Salazard sentit un bras s'enrouler autour de ses épaules et l'attirer vers un torse chaud. Il se laissa aller, gardant les yeux fermés et respirant l'odeur de fumée et d'air frais de son compagnon. Ses larmes s'étaient asséchées depuis un moment, il doutait d'en avoir d'autre dans son corps, une partie détachée de son esprit lui disant qu'il était probablement déshydraté. Mais il s'en fichait, il ne voulait penser à rien, et surtout pas à la mort de son meilleur ami.

_ Est-ce que tu penses pouvoir manger ?

Il haussa les épaules mais fini par ouvrir les yeux. Il savait que se priver de nourriture était stupide. Harry lui avait ramené un sandwich et un morceau de tarte, ainsi que quelques fruits et une gourde d'eau. Il mangea lentement, toujours appuyé contre le jeune homme.

_ Qu'est-ce que les autres ont dis ?

_ Helga voulait venir voir comment tu allais, mais je lui ai dit que tu ne voulais voir personne. Godric oscille entre être triste pour toi, parce qu'il sait à quel point tu tient à Silas, et être content de ne plus avoir à éviter ses morsures. Rowena te fais savoir qu'elle est là pour toi et que tu peux lui parler. Le reste est un mixe de tout ça.

_ Je vois...

Ils restèrent assis comme ça en silence encore un long moment avant que Salazard ne soupire. Il se leva et se dirigea vers le lit. Ça avait été une longue journée et il voulait juste dormir.

_ Est-ce que tu veux que je reste ?

Il tourna la tête vers Harry qui était resté par terre, l'observant avec attention. Il hocha la tête et le jeune homme lui sourit doucement avant de commencer à se déshabiller. Salazard rougit brutalement en se souvenant que l'autre dormait toujours à poile.

_ Pourquoi est-ce que tu ne portes pas de vêtement en dormant.

_ J'aime pas les vêtements, je pense que ça vient de l'hybridation... Mais je peux garder mon pantalon, si tu préfères.

Il hésita. D'un côté, il ne voulait pas que Harry soit inconfortable, de l'autre, il ne savait pas comment il réagirait en dormant avec lui comme ça. Lui-même ne portait qu'une chemise de nuit au lit. Mais, finalement, sa fatigue gagna sur le reste et il répondit :

_ Non, c'est bon. Dors comme tu veux.

Harry hocha la tête et ils terminèrent tous les deux de se préparer avant de se coucher. Harry se blottit aussitôt contre lui, sifflant instinctivement de plaisir face à sa chaleur corporel, le faisant légèrement frissonner. Il ferma les yeux en serrant le jeune homme contre lui et se força à dormir. Ils pouvaient discuter plus le lendemain matin.

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-sSs-

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Salazard se réveilla avec Harry accroché à lui comme un koala, ou plutôt, comme un serpent particulièrement affectueux, d'autant plus que les koalas n'existaient pas en Angleterre et donc Salazard ne pouvait pas faire la comparaison, ne connaissant pas l'espèce. Il profita de la présence chaude et agréable du jeune homme contre lui pendant un long moment, ne pensant à rien d'autre que le corps contre lui. La journée précédente avait été longue et il se doutait que celle-là le serait encore plus. Il devait finir de gérer le basilic, dire aux autres pour Sylvestre et sa tentative d'assassinat, faire face aux autres sans la présence de Silas pour lui tenir compagnie, et discuter de leur relation avec Harry. Ils devaient vraiment déterminer quel genre de relation ils avaient. Ils étaient tous les deux attirés par l'autre, ça ne faisait aucun doute. Mais est-ce que le jeune homme était intéressé par une relation longue durée ? Ou juste être amants occasionnels ? Et comment allaient-ils cacher ça aux autres ? Il était quasiment sûr que Helga les supporterait et que Rowena n'en aurait rien à faire, mais Godric ? Il n'accepterait jamais.

Avant qu'il ne puisse trop y réfléchir, le corps contre lui bougea et son regard croisa deux yeux verts ensommeillés. Harry lui sourit paresseusement avant de l'embrasser sur la joue, le faisant rougir aussitôt. Le jeune homme eut le culot de pouffer de rire face à sa réaction. Il enfuit son visage dans le cou de Salazard en sifflant doucement.

_ Bonjour. Bien dormi ?

_ Étonnamment, oui.

_ Tant mieux.

Harry se redressa en s'étirant et Salazard laissa son regard s'égarer sur le torse du jeune homme pendant un instant avant de se reprendre.

_ On doit parler.

Harry cligna en le fixant avant de soupirer et de se laisser tomber sur le lit.

_ Les conversations qui commencent comme ça finissent rarement bien.

_ Peut-être, mais il faut quand même que l'on discute de certaines choses.

_ Okay, quoi ? Le gars qu'essaye de te tuer ? Mon hybridation ? Notre relation ?

_ Les trois.

_ Merveilleux...

Salazard ne savait même pas qu'on pouvait transmettre autant de sarcasme dans le fourchelang, mais visiblement, c'était possible. Il s'assit contre la tête de lit et Harry soupira avant de s'installer en face de lui, organisant les couvertures pour se couvrir un minimum.

_ Par quoi on commence ?

Il hésita. Par quoi commencer, effectivement...

_ Ton hybridation. Comment est-ce que c'est arrivé ?

_ Me suis fait mordre par un basilic quand j'avais douze ans, un phœnix m'a aussitôt soigné. Il ne s'est rien passé pendant un an, jusqu'à ce que je me fasse mordre par un loup-garou pour protéger une amie. Les larmes et le venin n'ont pas apprécié le nouveau venu et l'ont expulsé de mon organisme. Cependant, on dirait que la partie transformante de la malédiction était plus tenace que le reste parce que l'été qui a suivi, j'ai lentement commencé à changer. Heureusement pour moi, j'ai remarqué ce qui se passait à temps et les Jumeaux m'ont aidé à créer un sceau runique qui fait remonter mon sang humain à la surface une fois activée.

_ Je vois... Comment diable est-ce que tu t'es retrouvé exposé à un basilic et un loup-garou ?

_ Le basilic était sous mon école. Le loup-garou était l'un des profs cette années là. Il y a toujours un nouveau prof chaque année pour l'un des postes.

_ École ?

_ Ouais, une école de magie, comme Poudlard.

_ Oh... Je pensais qu'on était les premiers à faire ça...

Harry haussa simplement les épaules et Salazard laissa tomber cette partie de la discussion. Il pourra toujours y revenir plus tard. Ils avaient d'autres sujets tout aussi importants à aborder.

_ Très bien, garde tes secrets. Pour le moment.

_ Je suis horrible à garder des secrets, c'est surprenant que j'ai tenu aussi longtemps avec autant d'eux intactes.

_ Et j'ai bien l'intention de découvrir les autres.

_ Oh ? Vraiment ?

_ Oui. Je veux savoir tout ce qu'i savoir sur toi.

Harry lui fit un sourire étrange avant de soudainement se rapprocher de son visage et poser une main sur son torse, ses yeux brillant d'une lueur joueuse.

_ Oh ? Et comment penses-tu obtenir ces informations ?

Salazard déglutie. Est-ce qu'il flirtait avec lui ? Il vit le sourire carnassier du jeune homme et répondit à sa propre question, oui, Harry flirtait avec lui. Il rougit, mais était déterminé à ne pas se laisser faire. Il rapprocha son visage du jeune homme jusqu'à ce que leur nez se touchent.

_ J'ai peut-être une idée ou deux.

Harry écarquilla les yeux face à sa réponse, clairement pas préparé à le voir flirter en retour et Salazard eut un sourire en coin. Mais il se reprit bien vite :

_ Maaa... Salazard, essayerais-tu de me séduire pour obtenir des réponses ?

_ Est-ce que ça marche ?

Harry pencha la tête sur le côté en l'observant et Salazard se demandait s'il allait combler la distance ou non pour l'embrasser. Mais le jeune homme s'écarta soudainement en le fixant avec un sérieux contrastant fortement avec son expression précédente. Les émotions changeantes du jeunes homme commençaient légèrement à l'inquiéter. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ?

_ Harry ?

Le jeune homme se contenta de soupirer en passant une main dans ses cheveux. Salazard attendit encore un instant, voyant qu'il réfléchissait à quelque chose. Finalement, il sembla prendre une décision parce qu'il le fixa dans les yeux avec l'air le plus sérieux qu'il lui avait vu depuis qu'il le connaissait.

_ Je suppose que si l'on doit être ensemble, je devrais être honnête avec toi. Une relation ne peut pas se construire sur des secrets et mensonges. De plus, on ne peut pas mentir en fourchelang, c'est une langue magique.

_ Je vois... On ne peut effectivement pas mentir en fourchelang. Mais je doute que tes secrets soient si difficiles à croire que cela.

_ Je viens du futur. De l'an mille-neuf-cent-quatre-vingt-seize du calendrier chrétien, pour être plus précis. J'ai était éjecté dans le passé quand je suis passé par une arche magique sensé tuer ceux qui la traverse. Considérant que j'ai brûlé en arrivant, je suppose que ça m'a brièvement tué, mais comme je suis partiellement un phœnix, je me suis juste régénéré à l'âge de ma première transformation.

Salazard le regarda avec incrédulité dans le long silence suivant la déclaration. Il voulait nier la possibilité, mais on ne pouvait pas mentir dans une langue magique. Et ça faisait sens. Tout ces petits détails qu'il avait remarqué sur Harry. La façon dont il restait vague sur son passé, comment il savait juste des choses mais ne pouvait pas expliquer comment il les savait ou les prouver, pourquoi il ne cherchait pas vraiment à repartir... Salazard cligna quand un autre élément lui vint à l'esprit. Il y avait un basilic sous l'école de Harry. Ils venaient de fonder une école de magie...

_ Ton école est Poudlard.

_ Oui.

_ Elle a fonctionné, l'idée elle-même ?

_ Oui. Bien sûr, il y a eut des problèmes en chemin, mais l'école a fonctionné.

_ Quel genre de problèmes ?

Est-ce qu'il pouvait éviter des problèmes à l'école ? Harry n'avait visiblement pas eu une scolarité facile ou en sécurité. Il savait qu'il ne pouvait rien faire pour plus de mille ans dans le passé, mais s'il pouvait aider ne serais-ce qu'un tout petit peu à protéger son école, il le ferait sans hésiter. Harry sembla hésiter un long moment avant de répondre :

_ Je ne connais pas les détails précis. Beaucoup de choses se sont perdues au fil des siècles et légendes et je n'ai jamais vraiment prêté attention aux leçons d'histoires. Ce que je sais, c'est qu'à un moment ou un autre, il y a eu une large dispute entre Godric et toi et que tu as fini par quitter l'école ? Après, j'ai vécu à une époque où les mœurs faisaient que les Gryffondor étaient considérés comme des héros et défenseurs de la lumière et les Serpentard comme des mages noirs prônant la pureté du sang, donc... C'est fortement possible que les légendes aient été déformées pour correspondre à la doctrine du moment...

_ Pourquoi est-ce que Serpentard... Je chasse les mages noirs, je n'en suis pas un ! Et qu'est-ce que tu veux dire par la pureté du sang ?

_ Je pense que c'est parce que le dernier Seigneur des Ténèbres du moment vient de Serpentard. Comme je l'ai dis, probablement une campagne de propagande. Ce n'est pas aidé par la doctrine Sang-pur. Dans le futur proche, toutes les communautés magiques vont établir le Code du Secret Magique et dissimuler le monde magique au monde non-magique. Ce qui va conduire à l'isolement des sorciers et sorcières. À un moment ou un autre, les statues de sang vont devenir quelque chose d'important. Certains pensent que seuls ceux venant d'une vieille famille de sorciers devraient avoir le droit d'apprendre la magie. Que les sang-mêlés ou ceux venant de famille non-magique devraient être considérés comme des citoyens de seconde classe. Il y en a même qui pensent que les premières générations volent la magie aux sorciers sang-purs et que c'est pour ça qu'il y a plus d'enfants qui naissent sans magie dans leurs familles. Ce qui est stupide, n'importe qui faisant de l'élevage sait que si on ne renouvelle pas régulièrement le sang, alors des défauts de naissance apparaissent. La consanguinité de certaines familles est très probablement ce qui cause ces naissances... Je veux dire, l'une de mes cousines est aussi une sang-mêlée et elle est la première Black depuis des générations à avoir hérité de leur métamorphmagie.

Harry se rendit compte qu'il commençait à juste déblatérer tout ce qui lui passait par la tête et se tue soudainement. Il attendit patiemment que Salazard encaisse toutes ces informations. Il savait que ce ne devait pas être facile pour l'autre homme.

_ C'est... C'est vraiment la situation de ton présent ?

_ Oui. Désolé.

_ Ne le sois pas, ce n'est pas de ta faute. J'aurais préféré que mon nom ne soit pas autant traîné dans la boue, mais il n'y a rien que l'on ne puisse faire sur le sujet...

_ Si je vie assez longtemps, peut-être que si, répondit-il en haussant les épaules. Je n'ai pas la moindre idée de comment mon hybridation affectera mon espérance de vie. Ce qui est probablement un autre sujet dont on doit discuter...

_ Tu penses vivres plusieurs siècles ?

_ Fumseck a confirmé que je renaîtrais de mes cendres à chaque fois que je meurs. Et les Basilics ont une très longue espérance de vie, du temps qu'on ne les tue pas. Ce qui veut aussi dire que tous ceux que j'aime me laisseront seul derrière, encore et encore et encore... Ce... n'est pas quelque chose que j'ai hâte de vivre. Je déteste être restreint, mais je suis aussi quelqu'un de relativement social, je n'aime pas être seul...

Salazard ne savait pas vraiment que répondre à ça. Il pouvait voir le dilemme pour le jeune homme. Soit il restait seul et isolé pour éviter de perdre des êtres chers, soit il se laissait aimer et perdait continuellement ceux à qui il tenait. Il posa finalement l'une de ses mains sur celles de Harry, lui faisant arrêter de triturer la couverture le couvrant. Les yeux verts se relevèrent vers lui et il essaya de lui faire un sourire rassurant.

_ Je pense que le mieux est de ne pas avoir de regrets. Qu'est-ce qui te rendra le plus heureux ? Vivre avec des êtres aimés mais souffrir quand tu les perdras ? Ou vivre seul pour l'éternité que tu sembles avoir devant toi ?

Harry resta silencieux un long moment, contemplant la question et la réponse qu'il devrait y donner. Puis, il porta la main de Salazard à ses lèvres et embrassa ses phalanges, lui faisant le même sourire séducteur que plus tôt.

_ Je suppose que j'ai toujours vécu en prenant des risques. Pourquoi s'arrêter maintenant ? Et toi, Salazard ? Es-tu prêt à prendre le risque d'être avec un monstre comme moi ?

Il déglutie devant le regard du jeune homme. Il nota à peine le nouveau saut d'humeur de Harry, trop occupé à essayer de calmer son cœur.

_ Je te l'ai déjà dis, murmura-t-il. Tu n'es pas un monstre. Et tu es définitivement une créature qui en vaut le risque.

Le sourire de Harry s'agrandit et Salazard ne put s'empêcher de le rendre. Cet homme aura sa perte, il le savait. Puis, toute pensé quitta son esprit quand des lèvres se posèrent sur les siennes.

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-sSs-

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Ils arrivèrent au petit déjeuner en même temps que les autres, Harry s'asseyant tranquillement à sa place pendant que Salazard discutait avec les autres fondateurs. Il se doutait que les adultes allaient mettre encore plus de restrictions sur les plus jeunes à cause de Flora, il espérait juste ne pas être confiné comme avant. Il savait qu'il ne risquait rien avec elle et elle savait qu'elle devait leur obéir à Salazard et lui, Harry s'était assuré qu'elle sache que l'autre homme était à lui et jamais elle n'oserait s'en prendre au compagnon d'un Prince.

Les décisions des adultes n'étaient cependant pas ce qui le préoccupaient. Salazard et lui avait été bien trop occupés à s'embrasser pour discuter de ce Sylvestre avant que leurs estomacs ne leur rappellent qu'ils devaient manger. Il ne regrettait pas d'avoir passé ce temps à bécoter son partenaire, loin de là, mais il voulait vraiment savoir qui était celui qui osait s'en prendre à ce qui était à lui. Il était possessif et n'aimait vraiment pas qu'on touche à ceux qu'il considérait comme sien. Dès qu'il aura les informations nécessaires, il allait s'occuper de cette menace.

_ Très bien ! Les enfants !

Il tourna paresseusement la tête vers Helga qui avait appelé le reste de la table, buvant une gorgée de son mug de café. Le diablotin l'avait retrouvé la veille, pendant qu'il ramenait son repas à Salazard, et l'avait informé de l'accord de ses supérieurs sur leur deal. Harry lui avait donc indiqué où trouver le café et comment préparer la version basique. Ça leur avait visiblement plu, car quand il était allé dans sa chambre pour se changer ce matin, il avait trouvé le diablotin en train de l'attendre avec plusieurs sacs de grains. Il avait aussi placé deux pousses dans la nouvelle serre de Helga, juste pour lui. En remerciement, il lui avait donné la recette pour le café spécial qui relevait plus de la tentative de nécromancie (ou de meurtre via crise cardiaque) que du café. En soit, une excellente affaire.

_ Comme le basilic semble s'être installé sous le château, on a décidé qu'il serait plus prudent pour vous de ne pas sortir sans supervision adulte.

_ Pourquoi ? demanda Harry. Sal peut contrôler le basilic, il n'y a aucun risque.

_ On ne sait pas à quel point il peut le contrôler, répliqua Godric. Donc, tant qu'on n'aura pas déterminé quoi faire avec, vu que certains (il jeta un regard irrité vers Sal) refusent de le tuer, vous ne sortez pas seuls.

Les autres jeunes hochèrent la tête, mais Harry se renfrogna. Il n'aimait vraiment pas être restreint comme ça. Il posa lentement son mug et fixa les quatre fondateurs avec un air buté.

_ Non.

_ Comment ça, non ? fit Godric.

_ Non. Je sortirais quand je veux et si je veux être seul, je serais seul.

_ Harry, dit doucement Helga, c'est pour votre sécurité.

_ Je peux me débrouiller. Je ne suis pas un enfant.

_ Tu as le même âge que Altea et elle ne fait pas exception à la règle, répliqua Godric. Tu feras ce qu'on te dis, c'est clair ?

_ Altea n'a pas l'habitude de survivre par elle-même à de nombreuses situations dangereuses et potentiellement mortelles depuis qu'elle a onze ans. Je n'ai pas besoin d'être materné, je suis parfaitement capable de me défendre par moi-même.

_ Bien sûr, c'est pour ça que tu es arrivé ici à moitié mort.

Harry montra les dents à la réplique cinglante du roux. Il osait évoquer cet incident ?

_ J'aimerais bien vous voir vous en sortir indemne après avoir épuisé une bonne partie de votre magie pour vous défendre contre des bandits tout en étant en hypothermie à cause d'une intolérance au froid et de mauvais vêtements. De plus, contrairement à vous, visiblement, je fais confiance à Sal pour contrôler le Basilic et l'empêcher d'attaquer les habitants du château. D'autant plus que Fumseck viendra si je l'appelle si jamais on a besoin de ses larmes.

_ Et si tu croises son regard ? demanda Rowena. Pouvoir guérir du venin est une chose, survivre à son regard mortel en est une autre.

Il remonta sa manche, exposant la cicatrice laissée par le crochet qui l'avait empalé toute ces années plus tôt.

_ J'ai déjà affronté un basilic qui avait attaqué ma communauté, je sais intimement à quel point ils sont dangereux. Et une chose que j'ai appris, c'est que le regard n'est mortel que si on le croise directement, un reflet ne fait que pétrifier la personne, ce qui peut être contrer par un élixir de mandragore. Si on entend le basilic arriver, le plus simple est encore de garder les yeux sur le sol ou de lui tourner le dos.

_ Tourner le dos à une créature aussi dangereuse !? Est-ce que tu es fou ? Elle te tuerait encore plus facilement !

_ Bien sûr que non, monsieur Godric. Après tout, Sal lui a dit de ne pas toucher aux habitants du château. Il n'y a donc aucun risque. À moins que vous ne fassiez pas confiance à votre ami ?

Sa dernière phrase avait été dite sur un ton de défis alors qu'il fixait Godric dans les yeux. Helga et Rowena se renfrognèrent toutes les deux à l'accusation.

_ Bien sûr qu'on a confiance en Sal, fit Helga. Il sait ce qu'il fait avec les serpents.

_ Je fais confiance à Sal quand il s'agit des serpents, acquiesça Godric. Ce n'est cependant pas une raison pour prendre des risques inutiles.

_ Il n'y a pas de risque tout court, le basilic n'attaquera pas. J'irais où bon me semble. S'il se passe quelque chose, je l'assumerais. Je l'ai déjà dis, monsieur Godric, ma liberté est ce à quoi je tiens le plus. Devoir être accompagné en permanence est une restriction que je ne supporterais pas de nouveau, même si vous le faite avec de bonnes intentions.

Godric allait visiblement protester de nouveau quand Salazard s'avança.

_ Et si c'est moi qui t'accompagne ? Je peux utiliser une paire de main supplémentaire pour aller récolter des ingrédients.

Harry hésita. D'un côté, céder ici leur donnera une justification pour le restreindre à l'avenir. De l'autre, c'était une occasion de passer du temps avec Sal, sans supervision et sans que personne ne questionne leurs sorties. Il comprenait le besoin de garder leur relation naissante un secret, et avoir l'excuse de vouloir prendre l'air sans être encombré par le reste les arrangerait tous les deux. Il siffla entre ses dents de frustration, trop bas pour être entendu par les autres personnes présentes. Il n'aimais pas ce genre de situations... Il soupira ouvertement et gronda :

_ C'est un précédent assez irritant que tu me demandes de poser ici, Sal. Je cède sur cette discussion, et on l'utilisera pour essayer de me contrôler plus tard.

_ On n'essaye pas de te contrôler, fit Helga. On veut juste...

_ Je sais, Madame Helga. Je sais. Vous voulez nous protéger tous. Je comprend ça. Je comprend aussi que vous ne vous rendez pas compte que je n'ai pas besoin de cette protection. Survivre est ma spécialité.

_ Survivre, c'est bien, fit Sal. Mais vivre, c'est mieux. Tu n'es pas obligé de tout faire seul, tu sais ? Tu peux compter sur ceux autour de toi pour t'aider quand tu en as besoin.

Il fixa le regard de Salazard un long moment. L'autre homme savait pourquoi il n'arrivait pas à faire confiance à d'autres personnes pour avoir ses arrières. Il avait toujours réglé ses problèmes par lui-même, avec le minimum d'aide.

Plusieurs visages passèrent rapidement dans son esprit. Ses deux meilleurs amis, qui l'avaient soutenu depuis sa première années, les Jumeaux, Sirius, Remus...

Peut-être qu'il n'avait pas été aussi seul que ça. Même s'il finissait toujours par devoir affronter la menace par lui-même, il avait toujours eu des personnes à ses côtés pour l'aider en chemin. Et il avait dis à Salazard qu'il allait essayer de s'attacher de nouveau...

Il soupira encore une fois.

_ Je suppose que je peux supporter la présence de Sal quand je vais errer sur le territoire du château.

_ On sent ton enthousiasme d'ici, commenta l'homme avec un rictus amusé.

Harry lui jeta un regard noir avant de reporter son attention sur son petit déjeuner. Il ignora le reste alors que la tension dans l'air se dispersait peu à peu et les conversations sur d'autres sujets commençaient. Il sentit Salazard s'asseoir à côté de lui et décala légèrement sa jambe pour presser sa cuisse contre celle de son voisin. En réponse, il laissa leurs épaules se toucher brièvement avant de se servir à manger. Ils étaient okay.

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Merci d'avoir lu !

Avis ?

Pilou.