COUCOU LES GENS!

Bon bon bon! Oui, je suis un peu en retard (« ÇA FAIT DEUX JOURS BOOOOOOOOOOUH»), certes, il y a le fait que j'ai un job à plein temps donc moins de temps pour taper c'te fic ou l'écrire tout simplement, mais là vous allez rigoler. (« DÉMISSIONNNNNNN »)

Le petit retard pour le chapitre de cette semaine, c'est juste que… j'ai oublié de le taper. Si, si, j'vous jure. (« MAIS QUEL MANQUE DE PROFESSIONNALISME ») J'ai bien commencé à écrire le suivant et j'ai juste coooomplètement zapper de le taper. Du coup beeeen j'ai commencé mercredi, au taf, et j'ai terminé hier, toujours au taf (« C'EST SCANDALEUX ») (MAIS ELLE VA LA FERMER SA GUEULE LA CHÈVRE, OUI?!)

Du coup, encore une fois, je n'ai pas eu le temps de le confier à Rizalone pour une p'tite relecture des familles donc euh voilà, même si je l'ai relu, surtout avec la fatigue accumulée que je me coltine, je ne garantis pas qu'il soit nickel chrome niveau fautes.

Enfin bref!

Je vais pouvoir vous laisser attaquer ce chapitre héhééhhéééé

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UN IMMENSE MERCI À TOUS POUR LES REVIEWS GENRE AAAAH LES GENS ON EN EST À PLUS DE 620, C'EST GÉNIAL, JE VOUS AIME BORDEL

Merci à Rizalone (MAIS OUI PROMIS VOUS ALLEZ FINIR PAR AVOIR LES RÉPONSES) (après 146 chapitres supplémentaires de moi qui part en couilles sur n'importe quoi au milieu) et pour Asatsuyu alors non, je ne regarde pas Steven Universe mais je connais grosso modo la gueule des perso et j'avais même pas capté que certains avaient plusieurs yeux. Je m'attendais à ce qu'on compare Asa à (SPOILER DE DEMON SLAYER SI VOUS N'EN ÊTES QU'À L'ANIME) Kokushibo, de Demon Slayer, qui lui a vraiment la même disposition niveaux zyeux.

Merci à Taraimpératrice, toujours présente! (nom de dieu ce que ça me fait toujours autant plaisir de voir ton pseudo popper) Héhéhé je suis contente que les zanpakutos te plaisent, je m'éclate vraiment avec eux, c'est top! Et bieeeeen sûr, Shyoga va finir par croiser Beni…. Héhéhé

Et un immense merci à Triuss qui continue vaillamment la lecture de cette fic de pétés du slip! J'adore te voir lire des chapitres écrits et publiés il y a des années, ça me rappelle pleeeein de souvenirs et j'suis super contente de voir qu'ils continuent à plaire!

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Discalibur :c'te fic est un bordel bordéliquement bordélique avec mes persos et ceux de Bleach, de Tite Kubo, et le tout… ben le tout, c'est un sacré foutu bordel.


136. T'es mon espion préféré et tout… mais t'es un peu en cellule quand même.


Des siècles auparavant, sur le plus haut toit de la plus haute tour du Seireitei. Kaede Amaikoddoku.

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Le ciel était vide de tout nuage en ce jour calme. Enfin, en cette matinée calme. Il aurait été dur de dire qu'il faisait jour vu l'heure qu'il était et les traces d'obscurité teintant encore le ciel dans son dos. Oh, le soleil, boule incandescente de lumière blanche, avait dépassé la ligne d'horizon une bonne heure auparavant. Techniquement, le jour s'était déjà levé.

Mais on était à cette heure de la journée où il ne fait ni réellement jour ni réellement nuit. Cette dernière s'effaçait, laissait sa place, et le jour s'installait peu à peu mais rien de définitif pour l'instant, rien qu'un entre-deux entre l'aube et l'aurore. Ça lui allait parfaitement, cet entre-deux.

Laissant ses mains recouvertes de pansements – avec la fatigue, ses entraînements et ses recherches en kidô, elle n'arrêtait pas de se blesser aux doigts… par endroits, l'usage excessif du kidô avait laissé sa peau presque à vif – agir presque mécaniquement selon un mouvement qu'elle répétait inlassablement depuis facilement une heure, Kaede gardait son regard brun fixé sur cet horizon qui s'offrait à elle, changeant peu à peu de couleur au fur et à mesure que le soleil continuait sa lente ascension. Ce spectacle du jour se levant paisiblement sur la Soul Society à ses pieds lui faisait du bien. Et par tous les cieux qu'elle avait besoin de ça en ce moment.

C'était quelque chose de simple, d'immuable. Quelque chose qui se répétait inlassablement depuis la nuit des temps et qui se répéterait encore à l'infini bien longtemps après sa propre mort. Quoi qu'il se passe, quelle que soit la misère et les douleurs vécues par tous ces individus sur lesquels la lumière de ce soleil se portait, ce phénomène ne changerait jamais : qu'importe le reste du monde, tous les jours, le soleil se lèverait au-dessus de l'horizon.

Ça avait quelque chose de rassurant, cette permanence. Quoi que je fasse, que je me trompe ou pas, que j'échoue ou que j'atteigne mes buts, il y aura toujours un lever de soleil. Au final, cela lui rappelait un peu à quel point sa propre vie à elle, ses peurs, ses doutes, ses peines, valaient bien peu au regard de la vaste échelle du monde. Eh, elle avait beau être Kaede putain d'Amaikoddoku… après tout, elle n'était que ça au fond, juste Kaede Amaikoddoku. Son existence n'était pas si grande, si exceptionnelle que ça.

D'habitude, cette constatation lui aurait tordu les tripes de l'intérieur de douleur et d'amertume. Étrangement, aujourd'hui, cela avait quelque chose d'apaisant. Comme si tout ça au fond, toutes ces choses qui lui pesaient sur l'existence, ce n'était pas si important que ça.

Non, Kaede n'avait pas dormi cette nuit. Oh, lorsqu'elle s'était attelée à ses recherches la veille, elle avait prévu de finir par s'écraser sur son lit et ronfler un bon coup histoire de se délester un peu de cette fatigue qui lui broyait les épaules. Mais voilà, elle avait tellement bossé qu'elle en avait oublié l'heure et le temps qu'elle réalise qu'elle avait tout simplement passé une énième nuit blanche à travailler, l'aube menaçait déjà de pointer.

Certes, elle aurait pu aller se coucher malgré tout… Oui, elle aurait raté des cours, encore, mais ça, elle s'en moquait de plus en plus. Comme si les cours de Shin'O pouvaient encore lui être utiles… tss. Oui, oui, elle avait encore plein de choses à apprendre, évidemment, mais rien de tout ça n'était urgent.

Ce qui était urgent, plus urgent que tout, c'était Sûuko. Sûuko qui se mourrait. Sûuko pour qui le temps fuyait de plus en plus. Alors les cours de Shin'Ô pouvaient franchement aller se faire foutre. Elle avait mieux à faire. Et puis merde hein, dans le pire des cas, elle redoublerait. Tout ça lui importait de moins en moins. Tout ce qui tournait dans sa tête, c'était Sûuko. Sûuko, Sûuko, Sûuko. Tout le reste disparaissait. C'était aussi pour ça qu'elle n'était pas allée se coucher : quand elle dormait, elle faisait souvent des cauchemars. Du genre de ceux où elle se réveillait aux côtés de sa bien-aimée par une belle journée ensoleillée avant de se rendre compte qu'à côté d'elle, ce n'était plus Sûuko mais son cadavre encore chaud.

Elle rêvait sans cesse de la mort de Sûuko. Non, comme l'avait comprit Shun, il ne restait plus beaucoup de temps à la belle jeune fille aux yeux couleurs de ciel et aux cheveux couleur de nuages. Ça, Kaede le savait très bien. Alors ouais. Elle rêvait de sa mort. Encore et encore. De manière plus ou moins réaliste, de manière plus ou moins violente… mais Sûuko mourrait beaucoup dans ses rêves. Et à chaque fois, elle ne pouvait rien faire d'autre qu'assister à la scène, parfaitement impuissante.

Au fond, ce n'était pas si étonnant que ça qu'elle soit si réticente à l'idée d'aller se coucher. Les seules nuits où elle était sûre de dormir sans rêves – ou plutôt, sans cauchemars lui laissant à chaque fois une sensation de prémonition amère en arrière-goût lorsqu'elle se réveillait, couverte de sueur – c'était lorsqu'elle pouvait s'endormir en serrant Sûuko dans ses bras. Ces nuits-là, dans la villa de Kaïen Shiba, serrant sa belle contre elle, dormant à ses côtés, elle dormait comme un bébé, comme une bienheureuse. Sûuko était tout ce qui lui fallait dans la vie pour être heureuse.

Kaede inspira à pleins poumons cet air frais matinal qui l'entourait, tranquillement assise sur le toit le plus haut de tout le Seireitei, et pour la première fois depuis qu'elle était venue s'asseoir là pour voir le lever de soleil et profiter du calme et de la sérénité de l'instant, ses mains cessèrent leur mouvement répétitif et le bruit singulier de la pierre à aiguiser passant sur le long fil de sa hache cessa de se faire entendre dans ce silence matinal. Un sourire s'installa sur les lèvres de la jeune femme.

– Shyoga… fit-elle d'un ton amusé. Je sais que t'es là. Allez, sort de ton trou mon vieux pote.

Un petit silence passa puis elle entendit le jeune homme en question soupirer doucement quelque part dans son dos. Elle ne tourna pas la tête lorsqu'elle l'entendit avancer vers elle à pas précautionneux – le toit sur lequel elle se trouvait avait beau être plat, il ne disposait d'aucune barrière les protégeant des dizaines et dizaines de mètres de chute potentielle – et se remit tranquillement à aiguiser la lourde tête de hache qu'elle tenait sur ses genoux, assise en tailleur.

– Tu m'as repéré quand, au juste? demanda Shyoga en guise de salutations tandis qu'il s'asseyait à son tour face à cette aube si calme, juste à sa droite.

Kaede haussa les épaules d'un air nonchalant.

– Hmm, chais pas, j'dirais quand t'as traversé la première rue après Shin'Ô en te dirigeant vers cette tour ? Quelque chose comme ça.

– … et merde.

Amusée par le ton un peu vexé de son ami, elle rigola brièvement.

– T'inquiètes mon vieux, tu restes super balaise pour dissimuler ton reiatsu.

– Mouaif. fit le jeune homme en passant une main rapide sur son crâne aux cheveux coupés particulièrement courts. Pas suffisamment apparemment.

Levant l'arme entre ses mains à la hauteur de ses yeux comme pour rapidement vérifier quelque chose, Kaede passa un doigt rapide sur le fil de la lame qu'elle aiguisait si méticuleusement. À son expression, Shyoga se douta qu'elle n'était pas satisfaite du résultat, du moins pas pour le moment.

– Bah, fit-elle, c'est surtout que je te connais… et puis, y'a pas grand-monde qui traîne dehors à c't'heure-ci tu m'diras.

– … pas faux, concéda t-il.

Un nouveau silence passa, uniquement rompu par le bruit de la pierre à aiguiser glissant sur le métal. Oh, Shyoga n'avait jamais été un grand bavard. Mais Kaede… Kaede, si. La plupart du temps – ou plutôt, en temps normal – il était impossible de lui faire fermer cette grande gueule qu'elle se trimballait. Mais Shyoga le savait, son amie n'allait pas bien, pas en ce moment. On la voyait de moins en moins en classe, on l'entendait de moins en mois beugler ses insultes légendaires dans les couloirs de Shin'Ô… en fait, sa présence se faisait de plus en plus petite.

Plus le temps passait plus Kaede… disparaissait. On ne la voyait plus, ne l'entendait plus. Les gens commençaient presque à oublier qu'elle était encore là, parmi eux, et pas encore débauchée par les armées de la cour. Elle qui avait pourtant passé ses premières années à Shin'Ô en permanence accompagnée d'une clique de trouble-fêtes en tous genres toujours prêts à la suivre dans ses plans à la con et ses longues soirées fortement alcoolisées, elle se retrouvait de plus en plus seule. Les gens ne recherchaient même plus sa présence. Et Shyoga le savait, c'était ce qu'elle voulait. Même lui, il avait désormais du mal à l'approcher. Visiblement, aujourd'hui, elle tolérait sa présence. Pour ce qui était de lui parler, il n'était pas sûr.

Il s'apprêtait à reprendre la parole lorsqu'elle le prit de vitesse, le surprenant quelque peu.

– Mais eh, lâcha t-elle l'air de rien, franchement t'as fait de sacrés progrès.

Shyoga cligna des yeux. Étrangement, cette simple phrase le faisait se sentir… bien ? Étrange. Cela voulait dire qu'elle avait fait attention à lui, à ses progrès, même si elle l'esquivait de plus en plus – lui comme tous les autres. Oui, malgré le vent froid qui balayait le haut de cette tour, il eut la sensation que quelque chose de chaud l'entourait. C'était agréable. Parler avec Kaede était agréable. Elle lui manquait.

– Un de ces quatre mon gars, tu vas vraiment réussir à disparaître de tous nos radar… paf, Shyoga le fantôme. poursuivit-elle avec un sourire en coin.

Il hocha lentement de la tête. Oui, il comptait bien arriver à rétracter son reiatsu le plus possible, de manière à ce qu'on ne puisse plus repérer sa présence du tout.

– D'ailleurs, pourquoi tu veux à ce point disparaître? demanda t-elle après une courte pause.

« Pour que plus jamais ma mère ne puisse me trouver, même dans cette foutue maison où elle me gardait enfermé, comme un jouet dans son coffre en bois » fut sa première pensée. Mais il n'avait jamais parlé de la Comète à Kaede.

« Pour pouvoir être à tes côtés et t'aider sans que tu m'en empêches » fut sa deuxième pensée. Mais c'était tordu et elle lui collerait une droite en pleine tête s'il le lui disait.

« Parce que j'en ai besoin » aurait été la réponse la plus honnête.

– Bah, fit-il à la place, j'me dis que ça serait un chouette atout dans ma candidature à la deuxième.

Nouvel éclat de rire de Kaede. Shyoga n'en revenait pas de se rendre compte à quel point son rire était devenu rare ces derniers temps.

– Pas con mon gars. Si tu deviens un fantôme, c'est eux qui vont se ruer sur toi pour te recruter, ça j'peux te l'assurer.

– Mouais, ça serait cool… Eh, Kaede, c'est quoi c'te hache? finit-il par demander, la curiosité le taraudant depuis son arrivée – vu qu'elle semblait d'humeur bavarde, il ne se retint pas.

– Ce joli bébé ?

Le « joli bébé » en question était la tête d'une hache de guerre à double lame. Pesant facilement dans les sept à huit kilos, il s'agissait d'une pièce entièrement métallique présentant deux têtes distinctes de chaque côté de la forme tubulaire en son centre destinée à accueillir le manche sur lequel cette arme serait montée. Les lames, parfaitement jumelles, avaient une forme de demie-lune haute de 25 à 30 centimètres chacune estima t-il, soit un peu plus grandes que ses propres mains. En d'autres termes, c'était une sacrée putain d'arme.

– Euh ouais, si tu le dis. Mais qu'est-ce que tu fous avec ? T'as déjà ton zanpakuto, t'as pas besoin d'une autre arme, non ?

– … l'amour de l'art? tenta t-elle.

– Haha. répondit-il sarcastiquement.

– Bon, bon, d'accord! rigola t-elle, un peu moins franchement cette fois-ci, un peu plus… froidement.

Elle se remit à aiguiser l'arme mécaniquement, le regard un peu dans le vide, comme si elle réfléchissait à des choses qu'elle ne partagerait jamais avec qui que ce soit.

– T'as pas tort, c'est vrai que j'ai Akiuta… Mais eh, j'veux tester quelques trucs. Pour mes recherches, tout ça.

Shyoga ne dit rien mais il fronça imperceptiblement les sourcils. Quel rapport entre ses efforts pour sauver Sûuko – oui, il savait et oui, il savait parce qu'il l'avait espionnée, agacé qu'elle ne lui dise plus rien – et une putain de hache à double face ?

– Et puis… reprit-elle après un court silence, toute trace de sourire ayant définitivement disparu de son visage. Disons que j'ai comme qui dirait l'impression que j'aurais très bientôt besoin d'autant d'armes que je peux en manier.

Cette fois, le ton était clair, la conversation était close. Alors Shyoga se tut et resta assis là, à ses côtés, à regarder ce soleil se lever dans un silence uniquement rompu par Kaede aiguisant encore et encore cette lame infernale.

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Soul Society, Seireitei, capitainerie de la neuvième division. Cellule n°4, Shyoga Dosaimeki.

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Je me demande à qui appartient le sang sur cette lame. Malgré la distance entre ma cellule et la table sur laquelle repose cette hache à la silhouette reconnaissable entre mille, je distingue assez facilement les taches de sang séchés sur le fil de sa lame, de forme arrondie, comme une demie-lune. Il faudrait que je me rapproche, que je l'ai entre les mains peut-être, pour que je sois vraiment capable de dater ce sang mais… quelques jours grand, grand maximum.

Cette hache, je ne pensais pas la revoir un jour. Et ça me fait un vacarme pas possible dans les oreilles, je n'aime pas ça – je sais que c'est le bruit de mon cœur et celui-ci semble avoir décidé de battre comme un fou dans ma cage thoracique depuis que j'ai posé les yeux sur cette hache. Pas étonnant, je sais, je sais. N'empêche que j'apprécierai qu'il se calme, ça va finir par me foutre une migraine ces conneries.

Mais pour l'instant, mon regard bleu est fixé sur l'arbre aux petites feuilles d'un vert sombre qui se situe juste à gauche de l'entrée de ma cellule. Il n'a franchement aucun intérêt – surtout pas en ce moment vu tout ce qui me passe en tête – mais c'était soit ça, soit garder mon regard obstinément fixée sur cette foutue hache qui n'aurait jamais dû ressortir des foutues limbes où elle devait passer le reste de l'éternité.

Ne t'énerve pas, Shyoga.

Je ne m'énerve pas.

Non, non… Tu en veux juste au monde entier de faire ressurgir le fantôme de Kaede après toutes ces années sans même te prévenir avant de te foutre une droite en pleine poire.

… c'est l'idée générale, ouais, je soupire intérieurement. Il faut que je garde l'esprit clair. Il est en train de se passer quelque chose ici, quelque chose qui a trait à ma pote défunte et je n'y comprends strictement rien à rien. Merde, mon job, c'est l'espionnage, l'art de laisser traîner ses oreilles et de récolter des informations sans que nul ne s'en rende compte, comment ça se fait que rien de tout ça ne me soit parvenu ? Comment ça se fait que ça me tombe brusquement sur le coin de la gueule comme la misère sur le monde ?

L'univers a un sens de l'humour assez naze ?

Probablement, oui. Mais plus sérieusement, je pense que ça signifie que tout ça – quoi que soit ce fameux « tout ça » qui m'échappe complètement – est assez récent. Ça vient juste de se passer, c'est pour ça que je n'en ai pas encore entendu parler.

Bon, on peut supposer que Muguruma cherchait des infos sur Kaede à cause de cette hache.

Ouais, c'est le plus probable. Mais comment il saurait que cette hache appartenait à Kaede, justement ?

Ça…

En un geste d'impuissance, Asatsuyu se laisse tomber du haut de sa rosace, envoyant les longues manches noires de sa tenue et les pans larges de son haori claquer au vent dans son sillage. Pourquoi, pourquoi, pourquoi… J'ai beau cogiter, je n'ai tout simplement pas assez d'informations pour émettre la moindre hypothèse. J'ai que dalle sous la main, pas même la plus petite des pistes à me mettre sous la dent.

Et dans ma tête tourne en boucle la question « mais d'où sort cette hache, bordel ? » de manière quasi-obsessionnelle. Sans déconner, comment a t-elle pu passer des mains de Kaede à… ici, les bureaux de la neuvième division ? Où était-elle passée toutes ces années ? Coincé dans ma foutue cellule de deux mètres par cinq, je soupire brièvement. Rien à faire, j'ai beau tenter de mon mieux pour faire le vide dans ma tête et réfléchir méthodiquement, je n'y arrive pas. Et ce foutu cœur qui continue de battre la chamade !

Je peux te filer un coup de main si tu veux.

Tu sais que ça ne serait pas de refus…

Mouais. Mais j'suis pas espionne moi.

Non… mais là tout de suite, t'as l'esprit plus clair que moi. Alors vas-y.

Hmmm, okay… Primo, euh, essayons de retracer ce qu'on sait du parcours de cette hache ?

… faut bien commencer quelque part.

Tu te souviens de quand tu l'as vue quand tu l'as vue pour la dernière fois ?

Hmmm, c'est là que ça coince, je ne suis pas sûr… Dernière certitude, elle ne l'avait pas encore pour l'accident Shorengu. Après… ah, bordel, je ne sais plus. Ça commence à sacrément dater tout ça. Et puis une hache de cette taille, elle ne se la trimballait pas non plus en permanence. Bon, ça aurait bien été son genre mais à Shin'Ô, j'pense que les profs lui auraient encore plus cassé les couilles.

Le jour de sa mort, elle…

Non, je coupe brusquement Asatsuyu. Non, non. Ça, je ne veux pas y penser. Je ne veux pas que la douleur revienne.

Shyoga…

Non.

Doucement, elle étend son âme contre la mienne. Elle est là pour moi, pour me rassurer et être toujours à mes côtés, je le sais. Mais je ne veux pas que cette douleur revienne.

Shyoga, elle ne reviendra pas. Pas cette douleur-là, pas aussi forte…

Je me rappelle que c'était si atroce que ça m'a forcé à hurler. Moi. À hurler.

Je sais, je sais… fait-elle doucement avec une tristesse sans fond dans la voix. Moi aussi je me souviens.

Ma mâchoire se crispe brièvement. Il y a des souvenirs qu'il vaudrait mieux laisser dans le passé.

Shyo… Tu peux y repenser. La douleur ne reviendra pas. Pas la même, pas aussi violente.

Vivement, mes yeux quittent la silhouette de cet arbre pour se diriger juste de l'autre côté de la cour de la capitainerie de la neuvième. Là, à une dizaine de mètres de moi, par les parois ouvertes en grand à cause de la chaleur estivale, je peux voir une autre silhouette, celle de la hache qui fut jadis entre les mains de Kaede. À peine mon regard effleure t-il sa forme si particulière que mes yeux reviennent aussitôt à ce foutu arbre. J'inspire lentement. Foutue hache. Foutue Kaede.

Cette fois, Asatsuyu ne dit rien. Elle sait que là, tout de suite, j'ai besoin de silence. Nul ne me comprendra jamais mieux qu'elle, il faut que je m'accroche à ça. Non, perdre Kaede n'est pas la pire chose qui aurait pu m'arriver. C'est perdre Asa qui serait le pire. La perdre elle signifierait ma mort. Vivre sans elle, non, je ne pourrais pas. Ne voudrais pas.

Alors que perdre Kaede… J'ai survécu à sa mort. J'ai longtemps cru que seule Kaede pourrait jamais compter pour moi. J'avais tort. Kaede n'était que quelqu'un de passage dans ma vie. Quelqu'un d'important, que j'ai aimée et que j'aimerais toujours mais… ce n'était que Kaede. Asatsuyu elle, fait partie de moi.

Avoir perdu Kaede… je déglutis. Putain. Ouais, au fond, ça fait toujours mal. Ce n'est pas comme si j'avais eu beaucoup de gens auxquels je tiens dans ma vie. Certes, avec le temps et les années passées à la deuxième, j'ai appris à tisser des liens et je pourrais même dire qu'aujourd'hui, j'ai quelques amis. Des gens que j'apprécie, dont la compagnie m'est agréable et qui me manqueraient s'ils venaient à mourir.

Mais tout ça, même si c'est vrai, même si c'est sincère, ça n'arrive pas à la cheville de ce que Kaede a pu être pour moi. Oh, elle n'était pas toute ma vie non plus et je n'étais pas non plus obsédé par elle et son existence, c'est juste que… étant donné le spectre d'émotions dont je suis capable, c'était elle qui représentait le plus. Et je pense sincèrement que je ne serais jamais capable de ressentir quelque chose de cet ordre-là pour quelqu'un à nouveau.

Lentement, je ferme les yeux et me replonge dans mes souvenirs. Pas ceux du jour de sa mort ou ceux de sa fuite loin de moi, loin de tout ni même ceux de son inexorable agonie entre les quatre murs de Shin'Ô.

Non, je me rappelle Kaede et ses yeux bruns pétillants d'excitation et de bonheur lorsqu'elle me parlait de cette jolie fille aux cheveux gris.

Je me rappelle de la manière complètement cartoonesque qu'elle avait de se frotter les mains avant de se lancer dans un énième coup fourré, savourant d'avance le mauvais tour qu'elle s'apprêtait à jouer à ceux qui avaient eu le malheur de croiser son chemin ce jour-là.

Je me rappelle de ses immenses éclats de rire à faire trembler les murs lorsqu'elle reposait avec force sa pinte de bière fraîche avant d'essuyer la mousse qui lui perlait au coin de la bouche du revers de la main.

Je me rappelle la manière qu'elle avait de pincer ses lèvres jusqu'à n'en faire qu'une fine ligne invisible lorsqu'elle se concentrait sur un de ses sortilèges de kido.

Je me rappelle les bordées d'injures toutes plus ou moins absurdes qu'elle pouvait hurler à pleins poumons sans ciller d'un pouce.

Je me rappelle la sensation de terreur qui m'a pris lorsque je l'ai vue se battre pour la première fois de ma vie, spectateur impuissant de ce cataclysme naturel s'abattant sur ses victimes, écrasant têtes et abdomens de ses poings, ses coudes ou ses genoux.

Je me rappelle de Kaede.

De qui elle était et de la force qui vibrait toute entière dans ce brasier faite femme. De sa force, de sa passion, de son cœur qui battait si fort, en permanence. De ses joies, de ses peurs, de ses bonheurs, de ses larmes et de ses amours. Je me rappelle de ma meilleure amie, morte avant que sa vie ait pu lui apporter ce qu'elle cherchait tant et qui a laissé un grand vide dans la mienne.

Immobile dans ma cellule, toujours dans la même exacte position que celle que j'avais lorsque Seishiro, le subordonné à qui Muguruma a ordonné de m'enfermer en attendant son retour, a refermé la porte grillagée derrière moi en un bruit lourd et métallique, je me force à inspirer lentement.

C'est ça. Un vide dans mon existence, comme un trou en moi. Voilà ce que Kaede m'a laissé, hormis sa tête, quelques sortilèges et un héritage dont je ne sais pas vraiment quoi faire… Enfin, non, Kaede ne m'a rien laissé, elle n'a rien choisi de tout ça. C'est juste… moi qui me suis retrouvé avec ça sur les bras. Quelque part, c'est un peu mon choix. Je ne pouvais pas la laisser disparaître comme ça de ma vie. Je suppose que j'avais besoin de me raccrocher à quelque chose.

Enfin, disons que c'est ce que sa mort a provoqué chez moi : un trou. Un vide béant et douloureux, né lorsqu'elle m'a été arrachée. Tout ce que je voulais moi, c'était qu'elle vive… Visiblement, c'était trop demander. Je me force à expirer, à me concentrer sur ma respiration.

Un trou, c'est exactement ça. Ça fait mal si on tombe dedans en se cassant la gueule tête la première mais si on sait qu'il est là, on peut tout simplement le contourner. Je suppose que c'est ainsi que j'ai fait mon deuil de Kaede, en apprenant à contourner ce trou. Et je suppose que petit à petit, avec le temps et les années écoulées, ce trou en moi a commencé à se combler, petit bout par petit bout, rendant la douleur plus facile à vivre. La preuve aujourd'hui, cette douleur que je ressentais alors en permanence a complètement disparue. Tant que je ne remets pas les pieds dans le trou, je ne la ressentirai plus jamais. Je pense, tout du moins.

Shyoga… Quoi que tu fasses, tu ne ressentiras plus jamais cette douleur . Celle-ci, elle est passée, terminée. Tout ce qu'il en reste, ce sont des traces. Tu ne hurleras plus de douleur à cause d'elle, je te le garantis.

je crois que j'ai peur.

Oui, tu as peur de la douleur. C'est normal.

Je ne veux pas avoir mal.

Ça aussi, c'est normal.

Je me fous de ce qui est normal ou anormal Asatsuyu, je veux juste… !

Je sais, je sais.

Doucement, elle se met à pivoter sur elle-même, étendant ses longs bras graciles pour faire encore mieux voleter dans les airs autour d'elle les pans de son vêtement qui se mettent à bruisser les uns contre les autres. Elle sait que j'aime ce bruit, qu'il m'apaise. Je me concentre là-dessus et inspire à nouveau une longue bouffée d'air.

Shyoga… Le trou est toujours là mais comme tu l'as dit toi-même, il a commencé à se combler. Ça n'est plus comme avant. La douleur s'est atténuée. Tu ne sombreras pas.

Je ferme mes yeux bleus un court instant. Inspire. Expire. Et retourne lentement au fond de ce trou en moi, jusqu'aux souvenirs de ce jour précis où j'ai ressenti plus de douleur que je ne pensais jamais être capable de ressentir.

Je suis là.

Et tout va bien.

Voilà.

Ce ne sont que des souvenirs, ils ne peuvent plus me faire de mal.

Exactement.

Et Asatsuyu m'accompagne et elle ne me laisse pas seul une seule seconde. Je me remémore cette journée, fragment par fragment, à mon rythme, après des décennies et des décennies sans avoir convoqué son souvenir. Puis lorsque je sens que la boule dans la gorge cesse de menacer de m'étouffer et que la douleur sourde de tous ces souvenirs se calme, se fait plus vivable, lentement, je rouvre les yeux. Continuons, Asa.

Compte sur moi.

Et la voilà qui se remet à escalader une des énièmes rosaces ocres de mon monde intérieur en vifs bonds enjoués.

Donc, cette hache! Kaede l'avait-elle avec elle le jour de sa mort ?

Mentalement, je hausse les épaules. Franchement, aucun moyen de m'en souvenir. Ce n'est pas que je n'arrive pas à me souvenir, c'est juste que l'information ne se trouve pas dans mes souvenirs. Mine de rien, cette journée est assez floue. Je me rappelle à peine des blessures qui meurtrissaient son corps. Je me souviens qu'elle portait une tenue noir et or ce jour-là, mais c'est tout. Il y avait un bras – ou une épaule… ? – qui faisait un angle assez étrange mais à part ça… à part les couleurs et la silhouette générale, je n'ai pas plus que ça fait attention à son corps. Faut dire que j'étais surtout concentré sur sa tête décapitée, le reste n'avait plus d'importance.

Pas d'arme dont tu te souviennes ?

Pff, je serai même incapable de te dire si elle avait son zanpakuto avec elle. Oh, elle l'avait forcément, son Akiuta, mais… ouais. J'en sais rien.

Et son zanpakuto d'ailleurs, il est devenu quoi ?

Nouveau haussement d'épaules. Pareil, je n'en ai aucune idée. Ma supposition, c'est que son assassin l'a récupéré. J'ai bien essayé de retrouver la plaine où elle est morte, quelques mois après son décès mais je n'ai jamais réussi. Primo, j'étais incapable de me souvenir du chemin exact que j'avais dû prendre parce qu'il pleuvait comme pas permis et que je n'y voyais rien et surtout parce que je suivais la trace de son reiatsu. Disons que le paysage à côté, j'en avais rien à branler.

Ensuite, quand j'ai essayé de suivre à nouveau les traces de reiatsu qui pouvaient encore subsister après sa mort, j'ai carrément fait chou blanc, y'avait plus rien du tout. En tant que tel, c'est plutôt normal mais les zanpakutos tendent à conserver des traces de reiatsu quelques années après leur mort – un peu comme des objets hantés, quelque chose dans ce genre-là. Donc j'aurais pu, peut-être, retrouver la trace d'Akiuta.

Mais vu la taille de la zone potentielle à chercher, le fait que je suis quand même un peu une quiche niveau détection de reiatsu et que ces traces de reiatsu sur un zanpakuto après la mort de son shinigami sont putain d'infimes, j'avais à peu près zéro chance de retrouver Akiuta. J'ai quand même cherché un peu, des fois que. Peut-être que j'ai vraiment cru que je pourrais la retrouver, peut-être que c'était juste que j'avais besoin de faire quelque chose pour cesser de me sentir si coupable de la mort de Kaede, toujours est-il que ça n'a strictement rien donné. Le plus probable, c'est que son assassin l'ait récupéré. J'veux dire… c'est ce qui ferait le plus sens. Et quand je suis reparti – quand j'ai fui – avec la tête de Kaede entre les mains, il venait droit vers nous cette enflure.

On pourrait… aller lui demander ?

À l'homme qui a décapité Kaede ?!

Nerveusement, Asatsuyu recule de quelques pas sur l'arrête fine sur laquelle elle gambadait légèrement jusqu'ici.

… pardon ma belle, je n'aurais pas dû m'énerver contre toi. Excuse moi.

Oh, oui, je sais qui a tué ma meilleure amie. Il vit au Seireitei, il fait partie des armées de la cour, j'allais forcément recroiser son reiatsu un jour. Et ce jour-là… eh bien disons que j'ai appris que malgré mes émotions limitées, il semblerait bel et bien que je sois capable d'envies de meurtres.

Non, non, je n'ai rien fait, rien tenté. Primo, c'est un capitaine, je n'aurais aucune chance. Dans le meilleur des cas, il me bute, dans le pire je me retrouve à la tour des Regrets pour avoir voulu tuer un capitaine – cette fois pour de vrai. Je vis ma vie, il vit la sienne, Kaede est six pieds sous terre et c'est tout.

Toujours est-il que je supposais vaguement que la hache de Kaede serait avec Akiuta, quel que soit l'endroit où ce putain d'assassin ai décidé de les stocker. Ou de les détruire tiens, sait-on jamais. Mais je ne vois pas comment cette hache aurait atterri à la neuvième… tachée de sang frais, signe que quelqu'un vient tout juste de s'en servir… Putain. Non, décidément, je ne m'y retrouve pas.

Alors qu'est-ce qu'on fait ?

Hmm, je crois qu'on a pas trop le choix mais il nous faut plus d'infos. À la base, je comptais plutôt la jouer crétin fini qui ne sait rien à rien avec notre très cher et très patient Muguruma taicho, délicieusement inquiétant. Mais en fin de compte, je me demande s'il ne vaudrait pas mieux que je joue cartes sur table.

Euh… tu veux dire, tout lui dire ?

Hmm, nan, probablement pas. Kaede avait ses raisons de fuir le Seireitei et franchement, réveiller tout ça me paraît être une bonne grosse idée à la con. Non, je pensais plutôt à un truc du genre « okay j'accepte de coopérer avec vous, mais j'ai d'abord besoin de savoir ce que vous savez au juste et pourquoi vous venez chercher des informations seulement maintenant, tant d'années après sa mort », quelque chose dans ces eaux-là… Un bon vieil échange d'informations. Lui révéler que j'étais son meilleur ami et probablement la deuxième personne la plus proche d'elle après Sûuko Shiba, pourquoi pas. J'ai besoin de savoir ce qu'il sait.

Tu penses pas que c'est un peu risqué, le coup de Sûuko… ? J'veux dire, c'est une Shiba quand même… Top du top de l'aristocratie.

Et elle est toute aussi morte et oublié de tous que Kaede. Son clan… préférait l'ignorer de son vivant et de toutes façons, les Shiba aujourd'hui, plus personne n'en à grand-chose à foutre. Ils sont presque tous morts et le clan est quasiment éteint, ça ne préoccupe plus personne.

Mmm, pas faux. Donc le plan c'est ça ? On fait la paix avec Muguruma et on papote tranquillement… ? fait Asatsuyu d'un ton pas plus convaincu que ça.

Disons plutôt qu'on négocie nos informations et que je tente de lui en soutirer un maximum. Elle hausse les épaules, l'air toujours aussi peu convaincue.

De toutes façons, coincé dans une cellule, je vois pas trop ce qu'on pourrait faire de plus. concède t-elle néanmoins après quelques secondes.

Mmm, à ce propos…

Shyogaaa… c'est quoi c't'idée à eux balles que je sens se profiler dans ton esprit, là ?

C'est juste que… je préférerai chercher un peu des infos par moi-même avant ça. Après tout, je suis espion, c'est ce que je sais faire de mieux.

Alors oui, t'es mon espion préféré et tout… mais t'es un peu coincé en cellule quand même. Faudrait déjà que t'en sortes.

Alors à ce propos…

Shyogaaaa !

Ah ça y est, elle a capté mon idée. Il faut que je sorte. Et pas juste parce que je veux des infos.

Tu veux récupérer la hache de Kaede.

Oui. Elle n'a rien à faire entre leurs mains. Dans mon monde intérieur, elle inspire brièvement.

C'est pas un bon plaaaaan…

Je sais. Et tu sais aussi qu'il est hors de question que je leur laisse la hache de Kaede.

Je sais, je sais… mais Shyoga, une évasion ? Maintenant ?

T'inquiètes ma belle, ça va le faire. Elle me comprend et elle sait ce que je m'apprête à faire pour sortir de cette cellule. Elle est d'accord avec moi mais…

– … mais ça ne change rien au fait que je ne suis pas fan du tout de cette idée.

Je sais, je sais. C'est sûr que ça pourrait m'attirer un paquet d'emmerdes mais t'en fais pas, tout va bien se passer.

Y'a intérêt. gronde t-elle en faisant luire ses six prunelles noires d'un air mauvais.

Bon, bon, bon… Un peu de concentration. Restant toujours aussi parfaitement immobile que lorsqu'on m'a enfermé dans cette cellule, je me concentre de mon mieux sur mon reiatsu et le comprime totalement. Puis je le relâche brusquement jusqu'à une certaine dose et le rappelle à moi aussitôt, jusqu'à l'étouffer complètement à nouveau. Je répète cet étrange manège cinq fois de suite, formant comme cinq flashs de mon énergie spirituelle selon un rythme bien précis.

Dans mon monde intérieur, Asatsuyu s'est arrêtée de se déplacer et se dandine nerveusement d'un pied sur l'autre.

Tu crois qu'il va repérer ton signal… ? Et qu'il va venir ?

Ça… on va le savoir très vite.

Et effectivement, je n'ai que quelques minutes à attendre avant qu'un bref shunpo ne fasse apparaître une silhouette familière juste de l'autre côté des barreaux de ma cellule. Asatsuyu recule nerveusement sur son arête rocheuse tandis que je reste parfaitement immobile, plutôt tranquille. Le nouveau venu glisse sur moi un regard calme et un peu amusé, comme si me trouver enfermé en cellule n'était pas bien plus surprenant que ça. Un léger sourire moqueur passe sur ses lèvres rondes avant de s'entrouvrir enfin.

– Eh bien, eh bien… Voilà le petit oiseau de retour en cage. Dis moi, dans quelles emmerdes t'es tu encore fourré, mon très cher petit frère? fait Shun, un plaisir mauvais faisant pétiller ses yeux bleus.

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Je sais, je sais, c'était assez clair que c'était Shun qui allait débarquer mais j'espère que ça vous a plu quand même! La prochaine fois au menu, Shun bouffe Shyoga (je. déconne.) J'suis en train d'écrire la scène et héhéhéhéééé je m'amuse comme une p'tite folle. Juste une petite précision, là, Shun revient tout juste de la tour des Regrets, où il est allé voir sa mère après avoir appris que Kensei et Shuuhei reviennent des Montagnes et qu'ils ont ramené quelqu'un avec eux (le quelqu'un en question étant juste sa fille, hein)

Promis promis, vous allez finir par avoir des réponses… (si si, j'vous jure) (ça arrive) (bientôt)

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Le chapitre 137. J'VAIS T'FUMER, PÉTASSE! arrive normalement mercredi 7 juin!

N'hésitez pas à me laisser des reviews si le cœur vous en dit, j'vous aime COMME PAS PERMIS PUTAIN et je vous dis à la prochaine!