Bonjour tout le monde! Me revoilà!

Bon, oui, je suis un touuuut petit peu en retard mais rien de dingue. J'suis d'ailleurs carrément fière de moi pour le coup parce que ça fait une semaine que je suis en arrêt maladie pour un bon gros épuisement des familles (mon corps me lâche, ce traître) mais j'ai quand même réussi à terminer ce chapitre. Bon, il m'a pris vingt ans à écrire et j'ai bien ramé comme il faut (merci la fatiiiiiigue) mais le voilà!

Allez, je vous laisse le lire, éclatez vous!

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Un très, très gros merci à mon p'tit Jésus perso de la relecture aka Rizalone, qui a relu ce chapitre (et vu la fatigue que j'me coltinais devait y avoir un sacré paquet de fautes woooups)!

Merci également pour ta review! Ah ouais, du côté de l'arbre généalogique de Beni, j'ai bien fait mumuse… elle a une famille saine et équilibrée, si, si. Elle a une certaine ressemblance avec la Comète que Shuu a perçue mais pas Shuuhei et… ben y'a une raison précise à ça! Mais promis vous finirez par le savoir. Pour l'instant, Shuuhei a genre zéro soupçon vis-à-vis d'un lien de parenté entre la Comète et Beni.

Et merci à Triuss, toujours fidèle au poste, à reviewer vaillamment tous ces chapitres, ça me fait toujours chaud au cœur comme pas permis, merci à toi, vraiment!

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Discalibur :alors dans c'te fic y'a mes persos et ceux de Bleach, de Tite Kubo, et le tout… ben ça donne 750K de mots pondus sous cocaïne. Wouhouuuuuuuuu


140. J'suis née prête, face de rat dégénéré.


Douzième division du Gotei, département du bureau de développement technique, bureaux d'études. Coincée dans une foutue bubulle à la noix qui ne sert fichtrement à rien quoi qu'en disent les cons en blouse blanche, sacrément vexée de se trouver bloquée là-dedans avec un bras façon charpie au lieu de pouvoir allègrement casser les couilles de son shinigami probablement en train d'enchaîner boulette sur boulette, perdu qu'il est sans son cher et fidèle zanpakuto. Kazeshini.

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Alors non, j'suis pas inquiète. Que dalle. L'inquiétude, j'connais pas. Et le premier qui a le culot, la folle audace suicidaire d'oser prétendre le contraire, que j'ai beau essayer de la jouer sereine, je pète d'inquiétude si fort que j'en serre suffisamment les fesses pour transformer en huile première pression une olive coincée dans ma raie du cul, franchement, je lui colle le Taj Mahal dans la gorge jusqu'à aller lui chatouiller le rectum. Voilà. Comme ça vous êtes prévenu.

Parce que c'est que dalle de l'inquiétude, ce que je ressens à l'état présent. C'est juste que, bon, j'suis pas bien. Toujours flottante dans cette foutue bulle à la mords-moi-le-nœud dans laquelle un groupe d'ahuris en tenues blanches style Ku-Klux-Klan – Shuuhei insiste pour que j'appelle ça des blouses mais il n'avait qu'à pas me laisser toute seule avec eux donc toc dans sa tronche de beau gosse – m'a collée sans que je ne leur ai rien demandé, je me sens complètement… impuissante.

Ben c'est que la Kazeshini bullée a pas un rayon d'action de dingue non plus. Tout ce que je peux faire, c'est plaquer mes mains – dont une en plein remake du pire film gore de toute l'histoire du cinéma, dites bonjour à mes tendons qui se baladent à l'air libre – contre la surface incurvée de cette foutue bulle. Top utilité, on est d'accord.

J'ai bien essayé de la péter à coups de coups de boule mais ça n'a rien donné, à part une belle bosse assortie d'une bonne migraine. J'ai aussi tenté l'approche psychologique, à savoir hurler comme une démente jusqu'à ce que les connards du BdT cèdent et me laissent sortir. Sauf qu'évidemment, ça n'a pas marché. J'veux dire merde, on parle des gus pour qui Akon est quelqu'un de normal. Akon, nor-mal.

Ouaaaaais, je sais que Shuuhei se l'est tapé et que lui, il le trouvait carrément pas si chelou que ça même si deux-trois fois, il a un peu flippé quand même. Mais Shuuhei, il est choupipounet hein mais parfois, il est carrément naïf, donc bon son jugement est parfois pas le plus au point. M'enfin c'est mon shinigami rien qu'à moi donc ça va, je lui pardonne. Ceci-dit, on va dire qu'en tant qu'arme, née pour découper des gens en Apéricubes, trancher les chairs et faucher des vies, j'ai un meilleur instinct que lui de ce côté-là. Merde, la Comète moi, elle m'a toujours terrifiée. Alors quand je dis qu'Akon est flippant… Ouais, il l'est.

Et dans le BdT, ils sont grosso modo tous du même acabit. Donc bon, ma tentative de guerre psychologique pour les forcer à me faire sortir de cette putain de bulle a carrément échoué. J'aurais été coincée à la 6ème, ils m'auraient libérée di-rect. Mais à la 12ème… meh. On va dire qu'ils s'en sont royalement battu les couilles. Pis à un moment, ça a commencé à faire mal aux cordes vocales de gueuler comme ça donc j'ai arrêté. Bref, je suis coincée là-dedans et visiblement, rien de ce que je peux tenter ne m'en sortira. Donc, pour dire les choses plus simplement, je me sens complètement impuissante. Et je hais ça.

Le pire, c'est que je suis coupée de Shuuhei et ça c'est… c'est franchement horrible. C'est comme si on m'avait arraché le cœur, coupé les jambes et qu'on m'avait laissé là comme ça, comme un vague déchet sanguinolent totalement impuissant et inutile. Je sais qu'il va revenir, que je ne suis pas seule, atrocement seule, qu'il ne m'a pas abandonnée et que je serai toujours, toujours avec lui, que rien ne nous séparera jusqu'à nos derniers souffles. Ben j'ai beau le savoir, ça change rien au fait que c'est un peu comme ça que je me sens et putain de bordel de merde, ça fait mal. Mal à en crever.

Mais Shuuhei va revenir. Il va revenir et je récupérerai ma place en lui et le monde tournera à nouveau rond. Je le sais, je le sais. Mon Shuuhei va me revenir. Mais en attendant, je ne peux absolument rien faire. Moi qui n'existe que pour lui, qui n'existe que dans le seul but de l'accompagner et de l'épauler, me voilà totalement impuissante. Dans le top 10 des pires sensations que j'ai éprouvées, on est franchement dans le haut du panier là, autant être clair tout de suite.

Le pire dans tout ça, c'est qu'on n'est pas juste séparés en mode la-li-lou tout va bien, Shuuhei est allé pique-niquer sous les cerisiers en fleur avec un bon bouquin en main et son sourire crétin sur la gueule – oui, il a des kiffs chelous, on est d'accord qu'aller péter des gueules ou je sais pas moi, s'entraîner au bankai, c'est carrément plus cool mais que voulez vous, je l'aime mon shinigami, même avec tous ses défauts.

Non seulement on est séparés mais ce p'tit con est allé voir la Comète, tout seul. Pire plan du MILLÉNAIRE. Il me retente un coup comme ça, je l'égorge avec les dents. Heureusement, j'ai réussi à choper son capitaine au vol et à le lui envoyer en mode eh petit shinigami bouge pas, voilà un paquet de muscles albinos de réconfort rien que pour toi. Évidemment, j'aurai préféré être là moi-même… Il aurait fallu que je sois là avec lui. Parce que c'est Shuuhei et que c'est la Comète et qu'il a besoin de moi.

Mais il est allé à la tour des Regrets, sans moi. C'est ainsi et faut que j'arrête de me mettre la rate au court bouillon pour ça, ce qui est fait est fait, alors ciao. N'empêche que c'était horrible de savoir où il était sans même pouvoir être avec lui. Plus qu'horrible, déchirant. Le genre de truc qui te fait dire que eh, voilà le genre de douleur qui pourrait te pousser à te foutre en l'air juste pour ne plus souffrir autant.

Mais… quelque part, c'était son choix d'y aller seul. Sûr, vu les derniers événements et le connaissant de la racine des tifs à l'ongle du p'tit orteil, c'était mal barré pour qu'il attende avant d'aller tailler la bavette à cette octopute de la création. Mais il aurait pu attendre. Il aurait pu attendre que je sois à nouveau en lui, pleinement. Sauf qu'il n'a pas attendu et y allé en sachant qu'il serait seul, sans moi pour lui servir d'ancre, de repère, de roc sûr et solide face à cette femme.

J'ai beau penser qu'il mérite une paire de baffes olympiques pour faire un choix aussi moisi du slip mais eh, c'est son choix. J'y peux pas grand-chose, à part l'accepter pis le soutenir, mon p'tit shinigami. Donc… j'essaye de l'accepter. Je peux pas promettre qu'il n'en entendra plus parler et que je ne lui casserai pas monumentalement les couilles à ce sujet de temps en temps – ah bah merde hein, j'suis pas non plus la gentillesse et la choupitude incarnée, faut pas abuser j'ai un minimum de réputation à tenir – mais j'vais faire des efforts. Et je vais vraiment, vraiment essayer de l'accepter. Shuuhei n'est plus le gosse sans défense qu'il était, loin de là, et il faut que je m'en rappelle. Il a grandi depuis. Mûri, tout ça… Et gagné en badassitude.

C'est juste que… Il a pris cher, mon shinigami à moi. Il en a vraiment pris plein dans la gueule et je voudrais juste que le monde entier arrête de lui chercher des noises jusqu'à la fin de sa trèèèèèèèèès longue vie sinon le monde j'vais lui arracher les tripes pour me tricoter un string avec, ça suffit à la fin. Enfance pourrie, check. Trauma via femme pédo complètement tarée, check de chez check. Capitaine adoré « mais non Kaze, j'ai pas du tout un crush sur lui voyons » qui le trahit et l'abandonne, check. Des années de trauma enfouis, check. De la culpabilité à en revendre, check de chez check.

C'est de l'acharnement moi j'vous le dis et le responsable derrière tout ça a carrément intérêt à aller se planquer loin, loiiiiin quelque part dans un recoin paumé de Tasmanie orientale parce qu'au moment où je lui mets la main dessus, ça va être tellement violent que ça va créer un trou dans la réalité.

Tout ce que je veux moi, c'est qu'il soit heureux. Ouais, j'en demande pas tant que ça au fond. Même le bankai, j'suis prête à tirer un trait dessus. Tout ce que je veux, c'est qu'il vive une belle vie. Le reste… Même si c'est important, eh bien tant pis. J'veux juste qu'il aille bien. Et en ce moment, j'ai plus l'impression qu'il joue à l'équilibriste au dessus du vide qu'autre chose.

Je ne dirai pas qu'il va mal… Mais je ne dirai pas qu'il va bien non plus. C'est juste qu'il continue à avancer, un pas après l'autre. D'un autre côté, y'a pas trop le choix, il va pas non plus se rouler en boule dans un coin et chialer sa mère jusqu'à ce que Gros Ronchon lui fasse un câlin – et il dirait pas non ce con, j'le connais. Et moi, je voudrais juste… Ben le protéger quoi. Sauf qu'aux dernières nouvelles, c'est pas trop ma spécialité. J'suis pas nounou, ni assistante sociale – par contre, pour découper des trucs, surtout des trucs vivants, je suis championne toutes catégories. Je sais pas comment on fait moi, pour soutenir les gens. Les réconforter, les rassurer, tout ça… Mgné, je sais pas faire. Lui hurler dessus ou le vanner comme une dingue, oui ça je sais faire. Être gentille – bêrk – ça c'est déjà plus compliqué… Filez-moi du hollow à défoncer, là ça sera tout de suite plus simple.

À propos de gentillesse, de douceur, de soutien et de jolis sourires tous doux… Ah, c'est pas à moi qu'il faudrait demander mais à Nounours. Nounours alias la choupitude incarnée qui sert de zanpakuto à Môssieur Je Tire La Gueule qui fait office de capitaine à mon petit shinigami. Tachikaze, qu'elle s'appelle. Même qu'elle est beaucoup trop mignonne et que c'est tout sauf légal, surtout pour un zanpakuto qui a en plus l'atroce culot d'avoir le bankai.

Elle, je suis sûre qu'elle sait exactement quoi faire pour réconforter son shinigami – si tant est que l'autre face de greuh à cheveux blancs ait jamais eu besoin d'être réconforté, là j'ai mes doutes. Elle qui est toute douce et si gentille, avec ce petit sourire adorable et innocent toujours au coin des lèvres, ses jolies joues toutes arrondies et délicatement rosées, ses beaux yeux d'un brun doux qui pétillent de candeur, ses belles boucles blondes si vaporeuses qu'on rêve de passer une main dedans, sa petite silhouette fine qui se déplace en sautillant, faisant sonner ses bracelets d'or qui ornent ses poignets délicats et ses chevilles élancées, son rire si adorable et craquant qui chantonne dans l'air… Ouais, Nounours, elle saurait comment réconforter quelqu'un et ça lui viendrait le plus naturellement du monde, elle n'aurait même pas besoin d'y réfléchir. Ça lui viendrait aussi facilement que de respirer, aucun doute là-dessus.

Je sais, je sais, je ne l'ai vue qu'une fois. Ouaip, ça m'a suffi à me rendre compte qu'elle est aussi choupi et adorable qu'un cupcake à la vanille saupoudrée de pépites de chocolat et recouvert d'un glaçage goût praline – elle est trognonne à ce niveau-là oui mesdames et messieurs. Mais je m'apprête à la revoir là, et c'est ça qui vient me tordre le ventre. Déjà que j'avais la sensation que ce dernier se prenait pour une fête foraine à me faire des montagnes russes pareilles avec mes intestins rien qu'à propos de Shuuhei, là, c'est encore monté d'un cran.

Oh, Shuuhei est bien revenu de la tour des Regrets et j'ai même pu le voir quelques – trop courts – instants. J'ai pu à nouveau sentir son âme vibrer doucement contre la mienne, même si nous étions encore séparés par cette foutue bulle de mes deux. Ééééééévidemment, ça n'a pas pu durer et il a fallu qu'on vienne lui casser les couilles à nouveau parce que non, lui lâcher la grappe plus de cinq minutes c'est pas possible apparemment. Bon, c'est pour Shuu et je sais à quel point il est important donc ça va, je tolère – et puis j'l'aime bien ce gosse. Mais si vous continuez à venir emmerder mon shinigami, moi j'vous préviens, ça va se finir par des décapitations en série, même qu'à la fin je me baignerai dans tout ce sang frais répandu par mes soins.

Bref. Shuuhei a dû repartir et mon bide a continué à se tordre et là, maintenant que je m'apprête à revoir Tachikaze, c'est reparti comme en l'an quarante – et non, ce n'est pas de l'inquiétude, c'est euh… euuuuuh… bon je sais pas mais c'est pas de l'inquiétude parce que oh, merde, j'suis Kazeshini, j'm'inquiète pas moi, non mais oh. Ça n'a rien à voir du tout.

– Bon, t'es prête ? me demande Akon.

J'suis née prête, face de rat dégénéré. je siffle en réponse, carrant un peu plus des épaules comme si ça allait m'aider à me sentir encore plus prête.

J'suis prête hein, pas de problème. Mais j'appréhende.

Sans relever l'énième insulte à son intention – j'vais m'gêner, il a fait pleurer mon Shuuhei, ça ne se pardonne que dans le sang un truc pareil – Akon me tourne à nouveau le dos, se concentrant sur la deuxième bubulle de la pièce. « Sphère de matérialisation », qu'ils appellent ça.

Visiblement, avec cette invention de sadique tout droit sortie du trou du cul de Kami-sama lui-même pour encore plus faire chier les shinigamis et leurs zanpakutos ils peuvent nous extraire de nos mondes intérieurs propres et nous forcer à venir dans leur monde à eux. Non seulement ils font ça sans nous demander notre avis – scandaleux, je sais – mais si j'ai bien tout compris, ça nous force à nous ancrer bien davantage dans ce monde. Sinon, quand on se matérialise ici, c'est plus comme une projection, on n'est pas vraiment là. Juste un bout de nous, une image tangible mais pas beaucoup plus que ça.

Bon, j'prétends pas avoir tout capté aux subtilités du mécanisme mais c'est grosso merdo ce que j'ai réussi à comprendre en écoutant l'autre blonde déglinguée, Shun « Dosai-chais pas quoi mais c'est clair que j'ai le cerveau pas branché comme tout le monde ». Lui, je sais pas au juste ce qu'il a fait, mais c'est clairement du très sale. Puis je sais pas, y'a un truc en plus… Oh, c'est un taré psychopathe et sanguinaire, aucun doute là-dessus, mais en tant qu'esprit, il ne peut pas me toucher. Ben ça m'empêche pas de moi, me sentir de danger en sa présence, ce qui n'a aucun putain de sens. Je ne sais pas, c'est tordu… Et flippant, ça c'est sûr.

J'ai comme qui dirait l'impression qu'il en sait trop sur nous autres, les zanpakutos et comment toute cette histoire de matérialisation et de réalité tangible fonctionne. Sans déconner, j'ai la nette sensation qu'il en sait nettement plus que moi sur le sujet, ce qui est quand même pas tout à fait logique.

M'enfin pour l'instant, il n'est pas là, y'a juste Akon, ma fraise et bientôt celle de Nounours. C'pas plus mal et…

– Bonjour, bonjour, fait soudainement la voix chantonnante de c'te pété du slip aussi blond que les nazis sur les posters de propagande, alors comme ça on ne m'invite même pas pour tester un nouveau jouet ?

… Et yes, j'ai parlé trop vite, le v'là qui débarque avec un sourire iiiiiimmense. D'ailleurs, on dirait le sourire d'un gosse qui a eu le jouet qu'il voulait à Noël et franchement un sourire révélant un tel bonheur purement candide sur un visage d'adulte tel que lui, c'est clairement dérangeant. Mais bon, si y'avait que ça de dérangeant chez lui…

De son pas léger, il se rapproche vivement de nous, sa lourde tresse blonde rebondissant mollement dans son dos au rythme de sa démarche. Préférant ne rien dire – faut pas trop lui causer à celui-là, tu mets une pièce dans la machine et c'est bon il ne s'arrête plus, ce type adore le son de sa propre voix, c'est pas possible – je me contente de le fusiller du regard. Akon le regarde s'avancer de ses yeux noirs de foutue fouine qu'un jour Shuuhei a trouvé beaux, comme quoi il a parfois des goûts de chiottes, mais ne bouge pas d'un pouce. Arrivés à nos côtés, il jette un coup d'œil rapide à la deuxième sphère de matérialisation collée à la mienne. Les deux sont parfaitement identiques à la seule différence que celle-ci est parfaitement vide. Pour le moment.

– Alors mon tout beau, fait-il de sa voix chantante et indiquant cette bulle d'un geste rapide de la tête, tu m'expliques ?

En restant toujours parfaitement immobile, Akon se contente de lentement souffler la fumée de sa clope via ses lèvres entrouvertes.

– Tu as l'air de bonne humeur, constate-t-il laconiquement.

C'est vrai que quand il nous a subitement annoncé qu'il devait partir, il n'avait pas l'air… Enfin, c'est con à dire mais je crois bien qu'il a eu l'air, pendant une infime fraction de temps, inquiet. Ouais, ouais, je sais, vu le personnage, ça tient de l'impensable. Mais j'en mettrais – presque – ma main à couper. Et j'vous avoue que je suis bien curieuse de savoir ce qui pourrait inquiéter un taré psychopathe d'une telle envergure.

Ceci-dit, même avant cela il n'avait pas l'air… Quand j'ai évoqué les Montagnes, il a eu une réaction plus qu'étrange. J'ai pas eu le temps d'en parler à Shuuhei – en même temps, on s'est pas même pas vus plus de trois secondes tout à l'heure… Non j'exagère même pas – mais j'ai comme qui dirait l'impression qu'il va falloir qu'on se penche sur le cas de ce gars-là également. Il semble sorti de nulle part vu comme ça, avec son sourire pseudo-innocent et ses yeux qui vous dépècent vivant mais il semblerait bien qu'il en sache plus qu'on le soupçonne. À voir, à voir.

– Plutôt oui ! s'esclaffe-t-il d'un ton léger, toujours l'air extatique.

– Ton nouveau jouet… ?

« Jouet ». Uuuuuuuh, ouais, Akon parle pas de bilboquet ou de petites voitures, hein… La façon dont il a dit ça, ça fait froid dans le dos. Et c'est une arme qui vous le dit. Urgh, j'ai deux malades sous les yeux et j'crois bien qu'ils flirtent, ces déglingos. Enfin, tant qu'ils se tiennent éloignés de mon Shuuhei, ils peuvent se faire tous les mamours qu'ils veulent, j'm'en tamponne autant que de mon premier massacre de chatons.

– Hmmm, pas vraiment… répond-t-il en penchant doucement la tête sur le côté, ce qui a pour effet de faire glisser quelques mèches de sa chevelure d'or sur le tissu blanc qui recouvre ses épaules. Disons plutôt… Un ancien jouet qui retombe au creux de ma main.

Et comme pour mieux appuyer son propos, il relève sa main dans les airs et l'agite brièvement.

– Délicieux, ronronne-t-il.

– Homme ou femme ?

– Oh, ça importe peu pour moi, Joli Petit Cul… Et encore moins dans ce cas-là. Mais c'est un homme. Et il est à part, oh, à part… mon joli petit oiseau en cage.

Akon hausse brièvement des épaules.

– Les femmes m'ennuient.

– Oh, elles ont leur charme ! Il faut savoir les prendre voilà tout et…

Oh, les pouffiasses !

Ils sont mignons à papoter de gens à découper ou je ne sais quoi – je veux pas savoiiiiir – mais on a vaguement mais alors vaaaaaaaguement plus important sur les bras.

C'est bon, vous avez fini vos roucoulages ?

– Oh, mais nous commençons à peine, cher petit…

Toi, ta gueule. On a du boulot et c'est important donc soit tu files un coup de main soit tu te casses en Tasmanie orientale, capiche ?

Comme amusé, Shun hausse les sourcils en une mimique de surprise.

– Mais c'est qu'elle mordrait, ce charmant zanpakuto…

T'inquiètes connard, approche suffisamment et j't'arrache la teub avec les dents. je gronde.

Pas plus perturbé que ça, il se contente de hausser les épaules.

– Peu inventif.

On s'en bat les reins, taré. Casse toi.

Je veux pas qu'il reste. Akon, j'ai envie de lui passer la tête dans un broyeur, certes, mais Shun est dangereux. Et pas seulement pour Shuuhei, j'ai l'intime conviction qu'il est aussi dangereux pour moi.

Allez, allez, je continue en voyant qu'il ne bouge pas d'un pouce, retourne faire mumuse avec ton oiseau en cage ou chais pas quoi mais reste pas là, tire toi, allez…

Mais cette fois, c'est Akon qui me coupe.

– Il reste.

Aussitôt, le grand sourire de Shun revient au grand galop et moi, c'est mon envie de fusionner des tronches avec des murs qui revient au grand galop.

– Oh, je t'ai manqué mon chou ? roucoule-t-il.

Blondasse. Dégage. Prompto.

Il reste. répète Akon tandis qu'il laisse Shun lui piquer sa clope avant de s'en allumer une nouvelle d'un air détaché.

Shun lui, après avoir tiré deux longues bouffées sur son cylindre à cancer, vient poser sa tête sur son épaule, ses lèvres juste un peu trop proches de son cou pour que ce ne soit pas malaisant. Et comme d'hab, Akon s'en bat royalement les steaks.

On n'a pas besoin de lui ! je grogne.

– On a toujours besoin de moi ! rigole-t-il.

– On a besoin de lui.

Ben tiens !

– Donc il reste.

Pour aider Tachikaze, hein ?

Akon plonge son regard dans le mien, toujours aussi étrangement froid.

– Parce qu'il est compétent et qu'il sait et sait faire des choses que toi et moi ignorons.

Je le fusille du regard une énième fois.

– Et parce que j'en ai envie. lâche-t-il après quelques courtes secondes de silence avant de finalement se détourner et reporter son attention sur la bulle de matérialisation vide tandis qu'une énième expression très, très, très satisfaite passe sur le sourire prédateur du blond.

Tout content, celui-ci le suit et ne me prête pas la moindre attention, ce qui ne me gêne pas plus que ça, soyons honnêtes.

– Bon, bon, bon, et si tu me mettais au jus, mon tout beau ?

Moi pour ma part, je me re-concentre sur ce que j'ai à faire.

– On va faire sortir le zanpakuto de Muguruma.

Son nom, c'est Tachikaze. je gronde. Et pour vous deux, c'est capitaine Muguruma. Rebuts de la société.

– Merci du compliment, fait Shun avec son plus beau sourire charmeur – beurk – avant de se retourner vers Akon. Matérialisation ?

– Non, non, extraction.

– Hmmm, je vois… Mais il nous faut un hameçon pour le sortir.

La sortir, enflure de mes deux. Tachikaze est une nana.

D'accord, d'accord, petit esprit ! rigole-t-il en balayant mes mots d'un geste de la main – … j'vais tellement le fumer, ce bâtard. Et c'est toi, Kazeshini si je ne me trompe pas, qui sera notre hameçon n'est-ce pas ?

Tu vas voir si j'ai une tête de hameçon, enculé de ta grand-mère asthmatique. Mais je ravale l'énième bordée d'insultes qui me brûle les lèvres et tente plutôt de me concentrer à nouveau sur ma tâche à venir. En vrai, le terme de hameçon me hérisse le poil et me donne envie d'insulter sa daronne et toute sa généalogie – un vulgaire accessoire de pêche non mais je passe pour quoi moi j'vous jure – mais il n'est pas complètement faux. Sauf que ce n'est pas du poisson, qu'on s'apprête à pêcher, mais Tachikaze.

Le truc, c'est qu'elle est coincée dans le monde intérieur de Muguruma et il semble complètement fermé, du genre bloqué de chez bloqué. Pour que son shinigami ne parvienne pas à pénétrer son propre monde intérieur franchement, faut y aller… Je ne pensais même pas que c'était possible. Et pourtant, c'est le cas. Apparemment, il ne parvient même plus à percevoir sa présence. Bon, Akon et Mister Blondasse ont réussi à déterminer qu'elle était bien toujours là. Par contre, elle a beau être en vie, d'après ce qu'ils en disent, elle ne donne même aucun signe de vie. Et on ne sait absolument pas pourquoi, pas plus qu'on ne sait ce qui a pu déclencher tout ça – outre les Montagnes cheloues qui croquent des zanpakutos qui ne leur ont rien fait.

– Niveau risques, on se situe où ? demande calmement Shun tout en se mettant à relever ses manches.

Akon hausse les épaules, l'air d'en avoir absolument rien à foutre.

– Voyons mon joli, reprend Shun, toi et moi savons bien que de telles estimations ne posent aucun soucis à ce joli petit cerveau que tu te trimballes, non… ?

Continuant à enclencher les sortilèges préliminaires dont nous avons besoin pour ce que nous nous apprêtons à faire, il relève deux doigts dans les airs.

– 20 % de chances pour que le zanpakuto soit mort.

Mes tripes repartent brusquement faire trois tours de montagnes russes version psychopathes sous méthamphétamines. Tachi, petit nounours…

– Hmmm, fait Shun en se passant la langue sur les lèvres du même ton que s'il était en train de discuter du prix des patates. Quoi qui soit en train de l'isoler comme ça, c'est apparemment suffisamment balaise pour mettre hors-jeu l'arme d'un capitaine du Gotei. Et si on extrait cette chose en même temps que le-dit zanpakuto ?

Il hausse des épaules.

– Je pensais plutôt aux risques pour nous ?

Akon replie ses doigts.

– 0 %, fait-il, ce qui arrache un sourire surpris à l'autre dingue.

– Parfait, parfait !

– Si ce qui est en train de bloquer le zanpakuto sort en même temps qu'elle… Eh bien, déjà j'en estime les probabilités à 17 %. Mais eh, dans ce cas-là, c'est celle-ci, dit-il en me désignant de la tête, qui sera en danger. Pas nous.

Haha. Trop bien.

Et on parle de quoi, comme danger… ? Que j'sois vaguement au courant ?

Hmm, répond-t-il avec ce qui me paraît bien être un vague sourire en coin à la Akon. Aucune idée pour l'instant. Mais si ça peut mettre hors-jeu un zanpakuto de capitaine, toi, simple zanpakuto de vice-capitaine, t'as plutôt 80 % de chances d'y passer si on extrait ce danger inconnu en même temps que Tachikaze.

Je déglutis.

– Pour ce qui est des blessures que tu vas récolter… 97 % de chances que ton sang coule, 83 % de chances qu'un de tes os soit brisé net, 70 % de chances de mutilations graves, 63 % de chances que tu t'évanouisses de douleur et 58 % de chances d'un lourd traumatisme.

Chouette programme mon p'tit pote, qu'est-ce qu'on attends pour y aller ? je réponds sans me démonter avec un immense sourire sauvage.

Écoute mon gars, si je cogitais à chaque risque avant chaque combat, jamais je n'aurai emmené Shuuhei jusqu'à son niveau actuel. C'est pas en pesant les dangers et les chances qu'on a de s'en tirer ou pas qu'on remporte des combats, nan, c'est en fonçant dans le tas et en faisant de son mieux pour pas crever. Alors si ce connard espère me faire peur ou je ne sais quoi, il se fourre le doigt dans l'œil jusqu'au coude.

J'ai pas proposé de faire le « hameçon » pour aller chercher Nounours en pensant que tout irait comme sur des roulettes. Elle a beau vous sortir une bouille adorable de princesse qui chie des arc-en-ciels, elle est puissante. Elle est balaise Tachi, et beaucoup plus que moi. Bien sûr, il y a la possibilité que rien du tout ne soit en train de la bloquer, que ce soit juste elle qui se soit retranchée à l'intérieur même si je ne vois absolument pas pourquoi elle ferait une chose pareille – et pourquoi elle ferait autant souffrir son shinigami, sans compter sa propre douleur à elle… Rien que d'être séparée comme ça de Shuuhei depuis quelques heures à peine me donne envie de hurler à la mort alors nan franchement, cette hypothèse me paraît inconcevable. Si c'est le cas… Je ne pense pas qu'elle me fera du mal. Mais s'il y a bien quelque chose qui la retient…

– Prêt, lâche Shun, me tirant de mes pensées, ayant visiblement terminé de préparer les sortilèges nécessaires.

Akon acquiesce de la tête, confirmant que lui aussi l'est.

Quand faut y aller… je murmure entre mes dents, plus pour moi-même qu'autre chose.

Et Akon ouvre enfin ma bulle. Ou plutôt, il enlève la paroi qui sépare ma bulle de la deuxième, encore vide. La mienne a été créée à partir du sabre qui m'héberge et celle-ci, elle est faite pour un autre esprit que moi, en connexion directe avec l'esprit et le monde intérieur de Kensei Muguruma. Donc clairement, le phénomène de rejet va être violent et je vais prendre cher. Et Shuuhei va clairement pas kiffer quand il l'apprendra mais tant piiiiis !

Je prends une grande inspiration – comme si ça allait m'aider en quoi que ce soit – puis plonge mes deux avant-bras dans la sphère. Ouais, je sais, je dois avoir l'air crétin à juste tendre mes bras dans du vide… Sauf que non. Ce n'est pas du vide.

– Allez, extraction lancée… souffle Akon tandis que l'air autour de mes bras – dont un ressemble toujours à un moignon sanguinolent, y'a juste un peu moins de gore et option ketchup qu'il y a quelques heures – semble… s'épaissir et se met à se tordre, blanchissant à vue d'œil.

La douleur est… présente mais surmontable. Pour l'instant, j'ai un peu l'impression d'avoir foutu les bras dans de l'eau très, très chaude. Je serre les dents et tente de me concentrer sur ce que je peux percevoir au plan spirituel. Je doute que les deux glandus en uniformes à mes côtés se rendent compte de tout ce qui se passe de ce côté là mais c'est balaise. Autour de mes bras, l'air se met brusquement à se tordre de plus belle et un premier cri de douleur franchit mes lèvres lorsque je sens l'os de mon poignet de gauche céder lentement sous la pression.

– Ah, ça c'est moi… fait tranquillement Shun, souriant comme s'il… savourait mon cri de douleur. Le deuxième sortilège. J'aurais peut-être dû te prévenir…

C'est ça, continue à sourire, connard !

On en est où, là ? je gronde à la place.

– Hmmm, le bout de tes doigts devrait pouvoir entrer en contact avec l'intérieur de son monde intérieur dans quelques secondes, dix ou vingt…

Mais à peine finit-il sa phrase que je sens quelque chose broyer ma main. Sauf que cette fois, je parviens à contenir le cri de douleur en me mordant violemment les lèvres. Malgré mes efforts, tout le haut de mon corps part en arrière et mon visage se tord de douleur. J'arrive de justesse à garder mes bras en place, plongés qu'ils sont dans cet espace à mi-chemin entre le monde physique et le monde intérieur du capitaine Muguruma.

– Ah… Ou peut-être me suis-je trompé et c'était plus court. Oups. fait-il avec un grand sourire tandis que je sens mon sang qui coule long de mon menton.

– Tu as une prise ? demande Akon.

Pas encore, ducon !

– Tu devrais… Mes sortilèges fonctionnent, l'attraction établie entre vous deux fonctionne parfaitement. Elle devrait être bientôt à ta portée.

Ben y'a intérêt parce que je sens un deuxième os qui se fendille sur toute sa longueur et bordel ça fait mal. Sauf que ça n'avance pas assez vite… ! Je sens la douleur qui dévore mes bras et clairement, je vais pas non plus supporter ça trente-six ans. D'autant plus que j'ai zéro confiance en Shun qui semble se réjouir comme pas permis de ma douleur… D'ailleurs, son regard bleu fou ne me quitte pas une seule seconde. Taré, va !

Oh et puis merde ! je jure.

Shuuhei va me tuer. Je ferme les yeux puis pousse en avant de toutes mes forces et m'enfonce dans cette zone d'air trouble qui clairement me rejette. La douleur explose, mon coude droit cède et la douleur dans mon bras gauche perd tellement tout sens de la mesure que je n'ai aucune idée de ce qui lui arrive exactement. Cette fois, je hurle – à la fois de douleur et pour me donner du courage. La douleur se met à ronger le haut de mes bras jusqu'à mes épaules et je sens quelque chose qui taillade tout le haut de mon torse et le sang qui se met à couler à flots épais. D'une oreille, j'entends Shun susurrer « oh magnifique, magnifique... ». Mais j'y prête à peine attention parce que putain… !

– J'AI QUELQUE CHOSE !

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Kazeshini est quelqu'un de si calme et de si zen… c'est fou. La délicatesse incarnée.

Franchement, en me relisant, je me rends compte à quel point j'étais K.O. quand je l'ai écrit : quand je suis fatiguée, j'arrive pas du tout à faire court.

– Déjà que c'est pas ta spécialité…

Silence, ô bouc. Mais ouais, à la base, cette séquence (qui en plus a le culot de ne pas être terminé, hein) aurait dû constituer à peine un tiers du chapitre… oups!

D'ailleurs, vous en aurez la fin au chapitre suivant! Yup, on va revoir Tachikaze la choupitude incarnée!

Sinon… qui se souvient de quoi que c'est « Dairanjoku »?

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Le chapitre 141., que je viens de commencer à écrire, devrait sortir le 18 août! D'ici là, j'vous fait de gros câlins et prenez soin de vous!

(et si le cœur vous en dit, une chtite review ça serait carrément cool)