EEEEEEEEEEEEEET SALUT MES P'TITS POTES, COMMENT QU'ÇA VA PAR CHEZ VOUS?!
– Mal.
… ah bah y'en a un qui met l'ambiance direct à ce que je vois.
– J't'emmerde.
Bon eh mister le bouc infernal de mes deux, est-ce que c'est de ma faute si ta Méga Partouze des Enfers a été annulée à cause de la grippe carabinée qui cloue au lit Lilith et Bâal, hein?
– NON MAIS MONDE DE CHIENS LÀ!
… arrête de bouder.
– J'BOUDE PAS, JE SUIS LE SEIGNEUR DES ENFERS ET -
Oui oui ta gueule j'm'en tamponne le coquillard, va.
Nan parce qu'il est mignon lui avec ses histoires d'orgies et tout le tintouin mais merde, j'ai carrément autre chose sur les bras et c'est bien plus cool, c'est-à-dire…
– Y'A RIEN DE PLUS COOL QUE MON ORGIAQUE PARTOUZE INFERNALE J'TE SIGNALE, SALE HUMAINE SANS AUCUN GOÛT NI RAFFINEMENT!
MAIS TU VAS LA FERMER TA GUEULE, OUI?
*vol d'autruches de combats et d'obus de 37*
Bref!
Ça va faire un mois (… un peu plus en fait) (détaaaail) que je n'ai rien posté et aaaaaaaaah ça m'avait manqué! Et puis je me rends compte que j'avais vraiment mais alors vraaaaaaaaiment besoin de cette pause et de lâcher du lest un bon coup… J'vous avoue que je suis toujours un peu à côté de mes pompes (la vie est une pute, j'vous dis pas) mais c'est déjà vachement mieux qu'il y a un mois et le but, c'est de continuer comme ça héhé!
Enfin, me revoilà donc après un mois d'absence avec ce pitit chapitre des familles rien que pour vos beaux yeux! On laissait Beni en haut de sa tour à taper la discute avec son cher p'tit gorille de compagnie juste avant qu'elle ne repère l'énergie spirituelle de, je cite « le type qui a tué ma mère ».
– Et tu les as laissé là-dessus pendant plus d'un mois?
Yup.
– … daaaaaaamn.
Allez, voilà enfin la suite! Aaaaah, y'a pas à dire, ça fait du bien de revenir à ce qui compte le plus pour moi, l'écriture héhéhé
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Discalibur : là-dedans, vous trouvez mes persos plus ou moins futés et plus ou moins bien équipés pour la survie… pis ceux de Bleach, de Tite Kubo, comme toujours!
144. HORS DE MON CHEMIN, CAILLOU MALÉFIQUE!
Plus d'un siècle auparavant, vingt-cinquième district Est du Rukongai, par une journée d'hiver froid.
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C'était un jour calme, où une bruine fade n'avait cessé de tomber sur ce district toute la journée durant, emplissant l'air d'une humidité qu'aucun vent frais n'était venu chasser, et c'était un jour sans événement particulier où les gens avaient continué à vivre leur quotidien habituel sans prêter attention à cette femme et à sa fille fraîchement débarquées. C'était un jour comme les autres et l'homme mourut sans comprendre pourquoi il mourait.
Il commençait à se faire tard, le soleil descendant de plus en plus bas sur l'horizon court de cette région du Rukongai et l'homme s'apprêtait à rejoindre sa caserne au Seireitei en espérant qu'aucune averse ne vienne le tremper jusqu'aux os sur le chemin lorsqu'il fut tué. Et son cœur cessa de battre avant qu'il ne comprenne qui venait de le tuer ou même pourquoi quiconque voulait le voir mort.
L'homme était un shinigami alors oui, l'idée de mourir en portant l'uniforme qu'il avait sur le dos ce jour-là lui était déjà passé en tête. Il en avait parlé deux-trois fois avec sa compagne, un joli brin de jeune femme qu'il comptait demander en mariage d'ici quelques années, lorsqu'il aurait enfin gagné un ou deux grades au sein de la division.
Il en avait même blagué avec quelques collègues un soir où ils avaient bu peut-être un peu plus que de raison, un humour noir, un peu, peut-être, toujours est-il qu'ils en avaient ri et au fond, il valait mieux en rire qu'en pleurer. Après tout, cela faisait partie des risques du métier les shinigamis avaient beau remplir diverses missions en tout genre, au fond, ils restaient des soldats. À partir du moment où ils revêtaient cet uniforme noir, ils devaient accepter l'idée qu'un jour, peut-être, ils auraient à donner leur vie sous cette tenue comme il était de leur devoir.
Mourir sur le champ de bataille, être attaqué par un ennemi, succomber à des blessures… Cela restait du domaine du possible, même si le Gotei n'avait pas été en guerre depuis des décennies et qu'aujourd'hui, le climat restait tranquille. À part leurs missions de police, ils n'avaient pas grand-chose à craindre. Bien sûr, certains criminels étaient de sacrés retors et il pouvait toujours s'en trouver un pour leur donner du fil à retordre mais au fond, face à des shinigamis, ils ne représentaient pas vraiment un danger.
Alors oui, il avait déjà pensé à cette possibilité, celle de mourir sous l'uniforme mais ça lui avait toujours plus paru du domaine du fortement improbable qu'autre chose. Pourtant, ce jour-là, alors qu'il se serait attendu à tout sauf à être attaqué dans ce district tranquille et au taux de criminalité particulièrement bas, un sortilège lui transperça le corps de part en part, réduisant ses entrailles à néant en un flash de lumière bleue.
Il s'apprêtait à repartir, à quitter ce petit coin calme en quelques shunpos rapides lorsqu'il l'avait entendu. À cette heure-ci et dans ces petites rues, il n'y avait plus grand monde dehors pour fouler de leurs pieds le sol de terre meuble que la bruine avait ramolli et lorsqu'il avait entendu cet enfant pleurer, il avait reconnu le son sans aucun doute possible.
Il aurait été incapable de dire s'il s'agissait d'un garçon ou d'une fille mais ce qui était indéniable, c'était qu'il s'agissait d'un enfant ressentant une douleur immense. Oh, ce n'était pas le cri d'un gosse venant de se casser un bras ou de se tordre la cheville, non ce n'était pas ça. Au lieu d'un cri de douleur hurlé de toute la force de ses poumons d'enfant, c'était un long gémissement à mi-chemin entre la plainte et le cri de peur entrecoupé de sanglots irréguliers.
Ça, ce son-là, c'était le cri d'un enfant à deux doigts de la crise d'hystérie, c'était un gosse terrifié, abandonné, dévoré d'une tristesse immense. Ce n'était pas juste un enfant égaré ou ayant perdu sa peluche, non, c'était un enfant en pleine détresse, une détresse insondable.
Alors évidemment, l'homme n'avait pas réfléchi. Devant une telle souffrance exprimée par un être aussi jeune, personne ou presque n'aurait vraiment réfléchi. Il avait déployé un shunpo presque instinctivement, appelé par cet enfant qui souffrait. Et il y avait bien un enfant qui souffrait dans cette ruelle adjacente à celle où il se trouvait lorsque ces longs gémissements allant crescendo avaient commencé à se faire entendre.
D'une dizaine d'années, le gosse pleurait toutes les larmes de son corps, hoquetant au rythme de sanglots erratiques secouant son corps frêle. Tout ce que l'homme avait voulu faire, c'était s'approcher de cet enfant, le rassurer, le protéger, tout faire pour qu'il cesse d'avoir aussi mal. Alors il tendit la main vers cette petite silhouette fragile et le sortilège le transperça. Son sang chaud gicla sur le sol alentour et éclaboussa le visage de l'enfant. Puis son cœur cessa de battre sans qu'il ne sache pourquoi il mourrait et si cet enfant était un garçon ou une fille. Tout ce qu'il eu le temps de remarquer, ce fut son étonnante chevelure d'un rouge éclatant.
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Beni regardait la pluie tomber, martelant la fenêtre un peu sale de fines gouttelettes de pluie s'écoulant rapidement vers sa droite, poussées par ce vent qui s'était levé à peu près en même temps que les nuages s'étaient assombris, déversant leur eau sur cette région calme. Ses larmes avaient séché, de même que le sang de l'homme sur son visage.
Kaede avait bien commencé à essuyer ce sang chaud et épais des joues de sa fille du dos de ses mains rendues calleuses par des années à manier les armes mais elle avait vite abandonné, repérant déjà des gens accourant vers elle, elle et sa fille et ce cadavre aux joues encore roses de vie. Alors elle avait saisi sa fille inconsciente dans ses bras et avait fui, ne s'arrêtant qu'une fois arrivées dans cette petite maison isolée à l'écart de tout. Les propriétaires semblaient s'être absentés quelques temps et Kaede n'avait eu aucun mal à forcer la serrure. Et non, Benikyogai ne s'était pas évanouie face à ce type éventrée par sa mère juste sous ses yeux. C'était Kaede qui l'avait assommée.
Kaede avait en réalité lancé deux sortilèges coup sur coup, presque simultanément. Le premier, pour tuer et le deuxième, pour que sa fille ne voit pas ce cadavre s'écrouler dans la boue juste devant elle. Valait mieux qu'elle soit dans les vapes, clairement. Elle était une bonne mère, elle avait juste protégé son gosse. Et puis, ce n'était pas sa faute à elle si cette andouille avait attiré un shinigami à pleurer comme ça en pleine rue. Comme si elle était la seule à avoir envie de pleurer putain. Kaede détourna son regard de cette petite silhouette recroquevillée contre la vitre froide, le cœur lourd.
La petite silhouette ne bougea pas, même quand sa mère se redressa pour attraper la hache de guerre qui ne la quittait désormais plus et se mit à l'aiguiser avec une pierre à polir qui crissait contre le métal. Benitsuki n'avait pas vraiment envie de bouger. En fait, Benitsuki n'avait pas vraiment envie de grand-chose. La seule chose qu'elle voulait, c'était un câlin de ses mères. Sauf que ça, ça n'arriverait plus jamais parce que Maman Sûuko, elle était enterrée sous le pêcher de leur petit jardin et plus jamais elle ne la prendrait dans ses bras.
Mais ça aussi, elle ne voulait pas y penser parce que si elle pensait à Maman Sûuko, elle n'allait pas pouvoir s'en empêcher, elle allait recommencer à pleurer. Benitsuki avait un peu tout le temps envie de pleurer. Sauf que si elle pleurait, Maman allait la regarder avec ce regard brûlant de douleur et il n'y avait pas besoin de mots pour savoir ce que l'adulte pensait. "T'es pas la seule à avoir envie de pleurer putain", voilà ce qui se lisait sur son visage. Alors ferme-là et sois forte. Sauf que Beni, ben elle n'avait que dix ans. Et elle voulait ses mamans.
Donc elle continuait à regarder la pluie tomber, immobile et recroquevillée, le menton sur les genoux et le nez plein de cette odeur métallique si caractéristique du sang. Regarder ces gouttes contre la vitre, c'était simple et puis les gouttes ne prenaient pas toujours les mêmes chemins contre le verre et ce n'était pas si ennuyant que ça au fond. Un peu, mais ça allait.
Mais elle avait beau essayer de ne pas penser à cet homme en uniforme noir avec son air inquiet sur le visage lorsqu'il l'avait vue, pleurant toutes les larmes de son corps au beau milieu de la rue, de ne pas non plus penser à ce trou dans son ventre qu'elle avait vu avant que tout devienne noir, cela revenait en boucle devant ses yeux. Surtout que ce trou, c'était un peu sa faute à elle, non?
Maman le lui avait répété mille et mille fois encore qu'elles ne devaient pas attirer l'attention. Elle ne lui avait pas particulièrement expliqué pourquoi mais ce qui était sûr, c'était que depuis la mort de Sûuko, il fallait se cacher, comme si elles avaient fait quelque chose de mal. C'est que Kaede ne lui avait pas tout expliqué, non. Elle avait juste pris sa main, la serrant dans la sienne encore pleine de la terre de leur jardin, de la terre de la tombe de Sûuko et lui avait dit qu'il fallait s'en aller.
Alors elles étaient parties, s'enfonçant seules dans la nuit et laissant derrière elles cette maison pleine de leurs souvenirs et de ces quelques décennies de vie de famille qu'elles avaient eu. Maintenant, elles n'avaient plus rien à part ça, des souvenirs. Plus de toit, plus de famille, plus de repères. Juste cette errance qu'elle ne comprenait pas vraiment, parce qu'elle était trop jeune et parce que Kaede voulait encore la protéger, à sa manière. Mais qu'il fallait rester discrètes, ça Beni le savait, elle l'avait compris.
Maman le lui avait répété suffisamment de fois, l'information était bien rentrée. Sauf qu'une heure auparavant elle avait craqué et elle avait pleuré et elle avait pleuré en pleine rue et maintenant un homme était mort. C'était ça, elle avait craqué. Tout ce qui était en elle avait trop poussé et les coutures avaient cédé et elle avait eu la sensation que la douleur sortait d'un coup, comme si elle essayait de fuir hors de son corps d'enfant, sous forme de pleurs et de cris et de longs sanglots. C'était parti d'un petit quelque chose et ça avait fini en grosse crise comme ça, la prenant presque de surprise.
Le petit quelque chose en question, c'était son prénom. Lorsque Kaede avait présenté sa fille à Sûuko, elle l'avait introduite en tant que Benikyogai. Il y avait le prénom de naissance, le vrai prénom, qu'elle lui avait donné mais celui-là, c'était un prénom qui ne devait pas se prononcer à voix haute. Toujours était-il que pour Kaede, sa fille s'appelait Benikyogai, mer du néant écarlate. Sauf que Beni, s'appeler néant, elle n'aimait pas trop. Voire pas du tout en fait. Beni, elle aimait bien, Beni, c'était elle. Mais cette… Mer du néant, c'était sombre, c'était froid, c'était un vide béant et infini, sans joie ni lumière et c'était tout sauf elle.
Alors ce Benitsuki, ce prénom que Maman Sûuko lui avait proposé par cette douce nuit de pleine lune où elle avait fini par s'endormir contre le riche kimono qu'elle portait alors, elle l'adorait. Et puis, ça lui donnait la sensation d'avoir un peu de chacune de ses mères avec elle, Beni de Kaede et Tsuki de Sûuko, la douce Sûuko aux cheveux gris, ce gris qui évoquait parfois la lueur de l'astre lunaire. Sauf que depuis que Beni avait… depuis qu'elle avait trouvé le cadavre de Maman Sûuko, ses yeux bleus couleur de ciel déjà vitreux, Kaede refusait tout net de l'appeler Benitsuki. C'était Benikyogai, Benikyogai, Benikyogai. Néant, néant, néant.
Tout ce que Beni aurait voulu, c'est qu'elle continue à l'appeler aussi Benitsuki de temps en temps. Elle n'en demandait pas plus, nan, même pas.
Et aujourd'hui, plus tôt dans cette journée marquée par le sang, elle avait enfin osé demander à sa mère de ne pas l'appeler uniquement Benikyogai, de l'appeler aussi un peu Benitsuki de temps en temps. Kaede s'était crispée, l'enfant avait tenté d'expliquer, utilisant ses mots comme elle pouvait, paniquant de plus en plus au fur et à mesure que le visage de sa mère se crispait et qu'une flamme inquiétante se mettait à grandir dans ses prunelles brunes comme à chaque fois que l'existence de Sûuko était évoquée. Elle aurait juste voulu entendre le prénom que lui avait donné Maman Sûuko et… Et la baffe était partie. À l'instant même où le prénom de Sûuko avait franchi les lèvres de sa fille, le bras de Kaede était parti et le bruit de la claque, assénée quasiment sans retenue, avait retenti avec force dans l'air.
C'était là que Beni avait craqué, que les larmes avaient débordé de ses pupilles et que toutes ces émotions qu'elle essayait tant de garder sous contrôle depuis la mort de sa mère et le début de leur fuite avaient jailli hors d'elle, débordant de partout. Voilà, elle avait craqué et tout était sorti et elle avait couru au dehors, loin de sa mère et de son regard devenu si froid, les larmes dévalant son visage d'enfant et la douleur s'était mise à la submerger, chaque souvenir, chaque élément de son présent, venant la taillader avec force. L'enfant avait craqué sous la douleur. Et un homme était mort.
Kaede elle, n'avait pas été si surprise que ça que Beni craque.
Oh, sur le coup, elle ne l'avait pas vraiment vu venir mais surprise? Nan. Après tout, cela faisait des semaines qu'elle s'étonnait que Benikyogai ne craque pas. Elle était forte, sa gamine. Kaede soupira doucement, son regard brun fixé sur le dos fin de sa fille, toujours aussi prostrée contre cette foutue fenêtre. C'était rare de la voir immobile comme ça, calme et discrète. C'était pas franchement le genre de Beni.
Cessant un instant de polir sa lourde hache à double tête, elle inspira longuement. Elle aurait tant voulu que Benikyogai puisse continuer à vivre sa vie ordinaire, à escalader des arbres, inventer des histoires de cailloux mangeurs d'hommes et à faire des concours de rots en faisant le poirier avec ses peluches. Cette petite silhouette recroquevillée loin d'elle, ça lui brisait le cœur.
Kaede n'était peut-être pas la meilleure mère qui soit – Sûuko aurait été bien, bien meilleure qu'elle à sa place, elle l'avait toujours su – mais elle aimait sa fille et ça, personne ne pourrait jamais le lui enlever. Évidemment qu'elle aurait voulu protéger sa gosse de tout. Sauf que, surprise, le monde n'en avait rien à foutre de Kaede Amaikoddoku et de qui elle voulait protéger. Le monde était cruel et mauvais et le bonheur insouciant que Benikyogai avait pu connaître jusqu'ici était un luxe, un luxe qu'elle ne connaîtrait probablement plus jamais.
Oh, parce que oui, son prénom, c'était Benikyogai et pas autre chose. C'était à cause de ça que Beni avait fini en pleurs dans la rue avec un shinigami qui allait… Kaede ne savait pas ce que l'homme allait faire à sa fille mais elle ne regrettait pas de l'avoir tué avant qu'il n'en ait l'occasion. Peut-être que tout ce qu'il voulait, c'était aider une gosse seule au beau milieu de la rue, en larmes. Peut-être. Ou peut-être qu'il allait lui faire du mal.
Mais ces shinigamis lui avaient déjà pris sa femme, elle ne laisserait jamais aucun d'entre eux approcher sa fille. Elle avait agi… Instinctivement, presque. Son cerveau avait repéré Beni, pleurant, et cet homme s'approchant d'elle. L'instant d'après, l'homme était mort. Aussi simple que ça. Après tout, ce n'était qu'un shinigami… C'était tout ce qu'ils méritaient.
Mais peut-être, peut-être qu'au fond d'elle-même, alors qu'elle se trouvait dans cette maison étrangère, seule, en fuite avec sa fille, le cœur lourd de douleur et l'esprit incapable de penser à autre chose qu'à Sûuko, Sûuko, Sûuko, peut-être qu'elle entendait la voix pleine de reproches d'Akiuta.
Kaede se mordit l'intérieur des joues, jusqu'à ce que le goût familier du sang envahisse sa bouche. À force, la chair était presque tout le temps à vif. Tant pis. Cette douleur-là était à peine identifiable à côté du reste. Elle continua à mordre, se focalisant sur sa fille plutôt que sur son amour perdu qu'elle avait dû enterrer de ses mains même pas une semaine plus tôt. Sa fille était en vie, elle, et elle avait besoin de sa mère. C'était là-dessus qu'elle devait se concentrer. Mais par tous les cieux que c'était dur, que c'était dur…! C'était à ça qu'il fallait qu'elle pense, là-dessus qu'elle se concentre, qu'importe à quel point c'était douloureux et difficile. Sa fille avait besoin d'elle.
Alors Kaede soupira une dernière fois et, délaissant cette hache qui avait déjà tranché tant de cous, elle se remit debout et avança vers sa fille. Se plaçant dans son dos, elle posa doucement une main sur son épaule, se mettant à son tour à regarder la pluie tomber. Elle sentit Benikyogai se crisper puis, les secondes passant, la gamine se laissa aller et s'appuya contre sa mère, seule présence rassurante dans ce monde désormais devenu si froid. Puis, après quelques minutes ou une éternité, Kaede serra doucement cette petite épaule contre elle et prit la parole.
– Écoute microbe… Je suis désolée.
Aussitôt, le regard de l'enfant remonta vers elle, faisant voleter quelques mèches de cette étrange chevelure rouge. Kaede elle, garda ses yeux fixés sur cette pluie froide au dehors, incapable de croiser ces yeux plein d'innocence, encore capable de l'aimer malgré toutes ses erreurs et tous ses défauts.
Elle ne la regarda pas non plus lorsque Benikyogai passa ses bras autour de ses jambes et la serra fort contre elle – si elle la regardait, si elle regardait sa pauvre gosse à qui elle était incapable d'offrir une vie saine et sûre, la culpabilité allait la rattraper et elle allait éclater en sanglots – et elles restèrent longtemps ainsi l'une contre l'autre, seules dans cette maison qui n'était pas la leur.
Je t'aime microbe, je t'aime… souffla doucement Kaede lorsque sa fille finit par s'endormir contre elle, assommée de fatigue. Et ces shinigamis… Ils paieront, je te le promets. Ils paieront de leur vie.
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Seireitei, un bon siècle plus tard. Tourelle du quartier Est.
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Complètement figée, le regard écarquillé, je ne bouge plus d'un pouce. Si ce n'était le vent froid qui siffle à cette hauteur et qui agite légèrement ma tenue rapiécée et quelques mèches de cheveux, je passerai presque pour une statue. Là-bas, à quelque chose comme cinq cent mètres de moi, au niveau du sol, il y a un homme. Un homme qui marche tranquillement, qui vit sa vie comme tout un chacun, qui respire un air dont ma mère a été privée il y a presque un siècle. Là-bas, il y a l'homme qui a tué ma mère. Là-bas, il y a un homme qui devrait être mort.
Et ce type vit sa vie la plus tranquille qui soit, au chaud et à l'abri de tout au cœur de ce joli Seireitei bien protégé. Il est en vie. Cette simple pensée me donne envie de vomir, de hurler, de pleurer jusqu'à m'en évanouir, de réduire des villes à néant. Il vit alors que Maman… alors que moi…
Je peux percevoir sa présence d'ici sans pour autant être capable de la localiser précisément à cause de la distance mais je n'ai absolument aucun doute sur son identité. C'est lui, c'est l'homme qui a tué ma mère. Et il se balade dans le Seireitei.
Il n'a pas vu la tête de sa mère voler dans les airs sous cette pluie battante et avec le tonnerre grondant tout autour, lui.
Il n'a pas vu le corps de sa mère décapitée s'écraser lourdement sur le sol boueux et couvert de sang, lui.
Il n'a pas vu la tête de sa mère rouler dans l'herbe trempée.
Il n'a pas ressenti cette putain de douleur qui donne l'impression que ton corps tout entier se déchire en deux depuis l'intérieur.
Il n'a pas eu ce besoin fou de hurler jusqu'à s'en déchirer les cordes vocales parce que sinon, la douleur allait faire exploser sa tête.
Il n'a pas eu à fuir sous la pluie en tenant contre son torse la hache de sa mère, seule chose qui lui restait d'elle, luttant pour retenir ses cris de peur et de douleur.
Il n'a pas eu à fuir en abandonnant derrière lui le corps de sa mère.
Il ne s'est pas retrouvé seul au milieu du Rukongai, sans plus personne pour l'aimer et l'accompagner, à s'endormir à la pleine lune chaque nuit en pleurant toutes les larmes de son corps et plus encore.
Il n'a pas, en plus d'un siècle, été incapable de se rendre sur la tombe de sa mère. Il n'ignore pas si sa mère en a une elle aussi, de tombe.
Il n'a rien vécu de tout ça, lui.
Lui, il a eu le droit de continuer à vivre, de vieillir et d'être heureux. Il a eu le droit au confort et à la sécurité du Seireitei tandis que les vers dévoraient le corps de Maman et que moi j'errais de plus en plus profondément dans les pires districts du Rukongai. Sa vie a continué alors que celle de Maman s'est arrêtée net et que la mienne s'est emplie d'encore plus de douleur. Je ne peux…
J'peux pas. Un truc pareil, j'y arrive pas, je peux pas le tolérer. Je peux juste pas l'accepter. Lui, il est en vie. Maman est morte et je ne sais même pas si elle a une tombe. Toute cette douleur que j'ai ressentie, que je ressens encore… Non. Non, je ne peux pas accepter ça. Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas…
La mâchoire crispée à m'en faire mal, je déroule lentement mes doigts autour de la garde de ce sabre désormais noir et blanc que j'ai fauché. Une arme de shinigami, hein ? Je veux… Je veux passer cette lame à travers le ventre de cet homme, le transpercer de part en part. Pourquoi est-ce qu'il respire encore, hein ? Pourquoi est-ce qu'il respire encore alors que Maman elle, nourrit les vers ? Hein, pourquoi ? POURQUOI ?!
Ma main se resserre sur cette poignée tressée sous ma paume et d'un geste vif, je fais siffler sa lame dans l'air frais qui m'entoure. Ma mâchoire refuse tout net de se relâcher mais ma prise sur ce sabre est souple. En parfait contrôle. L'arme est légère, bien plus légère que ce dont j'ai l'habitude, mais ça n'est pas forcément une mauvaise chose, j'devrais franchement gagner en vitesse.
Je n'ai même pas ce type sous les yeux et pourtant, c'est tout comme. Immobile ou presque, on pourrait croire que je suis calme. La blague. La haine que je ressens vis-à-vis de cet homme monte en moi, monte, monte, monte… Nouveau moulinet qui fait siffler la lame claire tandis que de l'autre main je soupèse le long fourreau bicolore, plus léger.
D'habitude, moi j'manie Kamishini et Kamishini, c'est un beau bébé, treize kilos tous mouillés d'acier qui tranche autant qu'il écrase. Alors là, l'arme dans ma main gauche… Ouais, elle fait carrément poids plume. Le katana doit à peine avoisiner le kilo tandis que le fourreau doit taper aux alentours de 300g, 400g. Autant dire que j'ai de la marge. Moi qui suis habituée à manier mon arme à deux mains et à devoir prendre en compte l'inertie de sa tête lourde, ça va clairement faire bizarre. Je devrais pouvoir passer un style ambidextre du coup, katana et fourreau.
Évidemment, Maman m'a appris à me battre à deux armes, sans blague. J'ai à peu près tout fait, de la masse d'armes au lancer de casseroles en passant par le combat à la lance ou à la petite cuillère – bieeeen plus redoutable que ce qu'on pourrait penser. On peut pas dire qu'il y ait une arme que je ne saurai manier, au moins les bases. Alors un truc aussi simple et classique qu'un katana, même si ce n'est pas mon arme de prédilection, ce n'est pas ça qui va franchement me perturber.
Bien sûr que j'aurais préféré Kamishini – et quelle satisfaction ça aurait été de tuer cet homme avec la hache de Maman – mais au final, ça sera la même chose, juste de l'acier à travers de la chair. Tout ce que je veux, c'est lui faire un joli trou dans le bidou et s'il le faut, c'est à mains nues que je le ferai.
Lentement, je fais rouler ma tête sur mes épaules, craquant chaque vertèbre les unes à la suite des autres. Je vais… tuer cet homme. Juste ça, le tuer. Mettre un point final à sa vie qui s'est poursuivie bien trop longtemps. Ma poigne sur ce sabre et ce fourreau se raffermissent. Le tuer. Lui ôter la vie, aussi simple que ça.
Pourquoi continuerait-il à respirer alors que Maman est morte ? Que j'ai été seule, désespérément seule toutes ces années ? Que j'ai été si seule et si perdue que quand je suis partie vers les Montagnes, c'était pas dans l'optique de tomber sur une nana-tigre au sourire qui pourrait vous réchauffer l'Antarctique à une vitesse qui rendrait jalouse le dérèglement climatique, naaaan, c'était plutôt dans l'optique « à quoi bon continuer à vivre », hein ? Alors que lui, tranquillement, il vivait ici, parmi tous ces nantis et ces protégés qui n'ont jamais connu la faim ou la peur qui vous prend au ventre lorsque vous avez dix ans, que vous êtes seule, et qu'il faut dormir à la belle étoile dans un coin étrange où les gens vous regardent comme un putain de morceau de viande. Bordel, ça me… ! Je ne peux pas supporter qu'il vive, pas après tout ça. Je ne peux pas le tolérer. Alors je vais le tuer.
– Oh, shinigami… je gronde tout bas, desserrant à peine mes dents. Tu vas payer de ta vie.
Et c'est ça qui va se passer, c'est exactement ça. Il va crever, tout simplement. Il va payer. Et il va mourir de mes mains, parce qu'il a tué ma mère. Il a tué ma mère. Tué ma mère, tué ma mère, tué ma mère… Tous les souvenirs remontent et c'est bien différent de lorsque j'étais encore sur nos Montagnes, que ces deux connards de hérissons ont débarqué et que ma cervelle a décidé de me faire revoir des images de la mort de Maman. Non, là, c'est différent.
Là, c'est moi qui puise dans ces souvenirs si vieux que j'ai réussi à enfouir avec le temps – nan parce que se réveiller chaque nuit en hurlant parce que le film de la décapitation de ma mère tournait en boucle, c'était franchement pas un des meilleurs moments de ma vie – c'est moi qui décide moi-même de m'y replonger. Parce que tout ça, c'est lui qui l'a provoqué. Toute cette douleur que j'ai ressenti, c'est sa faute… Sa faute, sa faute, sa faute.
Et la colère monte en moi et elle se transforme en rage et c'est comme si je brûlais de l'intérieur. Sans même que j'y fasse attention, les moulinets que je fais faire au sabre dans ma main gauche s'accélèrent. Je veux juste le tuer. Je veux juste…. Tuer. Tuer, tuer, tuer. Déverser toute ma rage, toute ma douleur sur ce type. Le massacrer. Le réduire en lambeaux, le réduire à néant.
Je sens cette rage qui monte et ne s'arrête plus et c'est comme si ce brasier en moi se déversait enfin hors de mon corps, brûlant de haine et de douleur. Il va payer. Il va hurler de douleur. Je me redresse encore un peu plus, tout mon corps basculant lentement en mode baston – ou plutôt, mode génocide – et mon regard brûlant de haine glisse sur tout ce Seireitei, tout ce repère de foutus shinigamis sous mes yeux.
Et pourquoi est-ce que je m'arrêterai à un seul type, hein ? Au fond… Tous ces foutus shinigamis qui vivent ici si pépères, à l'abri de tout tandis que nous on souffre et nous on crève là-bas, en plein Rukongai, pas si loin que ça d'eux… Pourquoi eux, ils auraient tout et nous, on n'aurait rien ? Pourquoi est-ce que eux aussi, ils vivraient tranquilles et insouciants comme ce type qui a tué Maman ? Ohhh… Je sens que je vais ravager le coin. Pourquoi ne pas ravager le coin, hein ? Pourquoi pas ? Je ne vais pas me contenter de la seule tête de cet homme, je vais… Je vais, je vais…
– AOUCH !
Mon cri de douleur franchit mes lèvres sans que j'y fasse gaffe, en pure réaction à la petite douleur qui vient de brusquement piquer mon abdomen me ramenant brusquement à la réalité. Mais qu'est-ce que…. Mais aïe ! Ça pique putain ! En fait, j'pense que le bon terme là, ça serait mordre. Absolument abasourdie, mes yeux clignotent comme un sapin de Noël avant de se poser sur Mini Charbon Poilu qui fixe ses grands yeux noirs sur moi au niveau de mon ventre.
Je cligne bêtement des yeux, scannant le toit de la tourelle de mon regard brun à la recherche d'un potentiel danger. Sauf qu'il n'y a rien. Rien de chez rien. Avant que mes deux neurones ne parviennent à se réaligner, je peux sentir quelque chose de doux et chaud qui vient se poser doucement contre mon ventre, à savoir la tête de mon cher gorille à poil doux et à poing de pur camionneur.
– Mini Charbon Poilu ? Pourquoi tu fais un câlin à mon bide après avoir croqué dedans alors que je m'apprête à passer en mode purée d'humains ?
D'ailleurs, ça fait trop chelou de le voir… Ici. J'veux dire, là, avec moi, sur ce même toit et pas juste dans cette étrange plaine fleurie où les arbres font du kung-fu. Ça fait chelou mais en vrai, c'est pas désagréable. C'est juste que… Je sais pas, il y a un petit quelque chose qui fait qu'on sent bien qu'ici, ce n'est pas vraiment son lieu de prédilection.
J'suis encore assez larguée sur tout ce délire du « eyh coucou t'as un gorille qui parle et qui est maître des arbres moines shaolins qui te cause direct dans ta tête » – mais c'est là l'avantage d'être complètement teubé, j'accepte le truc sans me poser trop de questions, tout à l'instinct plutôt qu'à la neuronation – mais j'ai bien capté qu'il n'est pas normalement le genre de créature qui se balade tranquillement parmi nous la truffe à l'air.
Et ça se ressent un peu quand je pose mes yeux sur lui alors qu'il se trouve ici à mes côtés. Je ne pourrai pas dire à quoi ça tient exactement, si c'est dans la manière un peu étrange qu'a la lumière du soleil de se refléter sur son pelage ou sur la façon dont son ombre n'est pas aussi sombre qu'elle devrait l'être, mais dès qu'on l'observe plus de cinq secondes, c'est assez évident. C'est subtil, ça se joue dans les détails… Mais c'est évident.
– Parce que tu vas faire une connerie trop grosse pour toi.
Tiens, je viens juste de faire gaffe mais quand il cause, s'il se trouve ici, ça résonne directement dans ma tête. Chelou.
Je soupire doucement avant de reculer d'un pas. C'est étrange mais la rage qui menaçait de déborder de moi il n'y a même pas cinq secondes vient de se calmer. Cette andouille de Mini Charbon Poilu a mordu dans mon bide du bout de son museau et c'est comme si la douleur m'avait brusquement fait redescendre sur terre au lieu de continuer à m'enivrer de rage et de douleur. Je l'ai pas vu venir et ça me laisse un peu déstabilisée, je dois l'avouer. Elles toujours là hein, la rage et la douleur… Mais là tout de suite, j'ai un peu moins envie de décapiter des gens à mains nues. Un peu.
Maladroitement, Mini Charbon se recule quelque peu tout en faisant bien attention au rebord et en reculant ainsi, je peux voir quelques gouttes de mon sang qui recouvrent quelques unes de ses taches blanches au niveau de son museau.
– Non mais t'es sérieux de me mordre comme ça ? J'ai pas une tronche de biscuit, merde !
Ouaip, parce qu'il m'a mordu c't'andouille. Yeeeep, il a fait croc dans mon bide, genre gnap-gnap-dans-la-Beni et je ne sais pas du tout comment le prendre, surtout qu'il continue à me fixer de son grand regard candide.
– Tu m'expliques ?
– T'allais faire une connerie.
Et cette fois, il n'y a pas la moindre trace de rire dans sa voix.
– … Non.
– Ah si, fait-il en hochant de la tête avec force. Cherche même pas à argumenter, t'as tort.
– Pardon?! Tort de vouloir buter le sombre fils de pute qui a tué ma mère ?!
Sur la fin de ma phrase, okay, j'avoue, ça tient plus du hurlement qu'autre chose. L'envie de massacrer des trucs à beau s'être calmée, je ressens toujours la présence de ce type là en bas, et je bous toujours d'envie de le massacrer. Mini Charbon Poilu secoue négativement sa tête ronde.
– Nan, pas ça.
Je fronce les sourcils.
– Quoi alors?! je siffle, pas franchement d'humeur à la déconnade.
– Penser que tu peux buter le gars qui a tué ta mère sans difficultés alors que t'as des trous partout et loin de ta forme idéale, elle est là ta connerie.
Cette fois, je n'ai rien à redire et ma bouche reste grande ouverte, à a recherche d'une répartie. Lui, il soupire et s'assoit tranquillement.
– J'comprends, tu sais… J'l'ai pas connue ta Maman mais toi, si. Toute ma vie, elle tourne autour de toi. Alors je sais. Je comprends que t'aies envie de le tuer, de foncer sabre au clair et de massacrer tout ce qui bouge.
– Mini Ch…
– Sauf que moi, j'ai pas envie que tu meures. C'est tout.
Mes poumons se vident d'un coup. Je sais qu'il a raison, c'est juste que…
– J'peux pas…
– Tu peux pas faire comme si de rien n'était, comme s'il n'était pas là. Je sais.
– Il faut que… Je dois…
Bêtement, je sens des larmes de rage me monter aux yeux.
– Je veux juste…
– Qu'il paie. Ouais, je sais.
– C'est tout ce que je demande, je siffle – et ma voix tient plus du grondement qu'autre chose.
Je sais, je sais qu'il a raison, que si j'y vais, que je fonce dans le tas pour tuer un shinigami, surtout un shinigami assez puissant pour réussir à tuer ma mère, ça va être chaud. Plus que ça putain, ça va être 50-50, une chance sur deux pour que je crève. Et oui, oui, évidemment que je veux crever ce type… Mais j'veux pas mourir.
Et mettons que j'arrive à le tuer… Même si j'suis bien loin de ma forme optimale… Même si ce gars est plus puissant que moi… Ben ça change rien au fait que je suis en plein Seireitei. Je doute fort que les types me laissent me barrer après avoir buté l'un des leurs. Pour le moment, j'en ai juste coupdeboulisé un. Mais si j'en tue un… Ça va virer à la chasse à l'homme. Et soyons francs hein, j'parierai pas sur ma capacité à leur échapper, pas ici, et encore moins dans mon état.
– Si j'le tue… ke souffle, le regard dans le vide incapable de se concentrer sur un élément précis. Si je le tue, j'suis foutue.
Mini Charbon Poilu hoche lentement de la tête.
– C'est… le plus probable. Ça me fait mal à dire mais… t'es pas encore assez forte pour ça.
Je relève lentement le sabre à hauteur de mes yeux et croise mon reflet sur sa longue lame effilée. La haine et la douleur dévorent mon visage.
– Sauf que… J'peux pas. Je peux pas, tu comprends ?!
Ses yeux tristes remontent vers moi.
– Je sais.
– Je peux pas… juste m'en aller.
Je sais que je devrais et je veux revoir Tora et je veux vivre et je veux être à ses côtés et je sais que si j'attaque cet homme, il y a des chances pour que j'y passe. Sauf que je ne peux pas tourner le dos et repartir alors que l'homme qui m'a arraché ma mère se trouve juste là, à ma portée.
– Je peux pas…
Ma voix gronde de plus en plus et la colère se remet à hurler en moi.
– Juste… fonce pas tête baissée sans réfléchir.
Il se redresse lentement, apparaissant dans toute sa splendeur guerrière, droit et fier, puissant malgré ses airs innocents, dangereux malgré sa candeur, chaque muscle roulant calmement sous son pelage lustré.
– Quelle que soit ta décision, je serai à tes côtés. Toujours, même si tu m'oublies à nouveau… Je serai toujours à tes côtés.
Ses grands yeux noirs me fixent et à cet instant précis, je sais qu'il dit vrai. Qui qu'il soit au juste, il ne m'abandonnera jamais. J'ouvre la bouche, pour dire quelque chose de stylé en retour, je sais pas moi, un machin badass qui claque lorsqu'un énorme tremblement secoue la tourelle sur laquelle nous nous trouvons. Aussitôt, le toit se fendille sous mes pieds, se craquelle et c'est tout le bâtiment qui se met à céder en un vacarme épouvantable : toute la tourelle s'écroule.
– MINI CHARBON POILU! je hurle alors que je me sens déjà en train de chuter parmi tous ces débris de tourelle, chacun d'une taille avoisinant celle d'une bagnole.
Dans la fumée blanche qui s'élève dans les airs, plus moyen de le voir. Surtout que tout est en train de s'effondrer. Sans réfléchir, je m'élance et développe à nouveau cet étrange déplacement chelou made in mimigami, le mur-bisou. Heureusement, cette fois je ne fais aucun bisou non-consenti aux débris qui chutent en même temps que moi.
– MINI CH-
– J'suis là, j'suis là! me fait sa voix affolée, cette fois depuis l'intérieur de ma tête. T'inquiètes, je vais bien !
Y'a intérêt, sinon j'crois que j'vais fighter l'univers bordel ! Y s'passe quoi là ?!
– HORS DE MON CHEMIN, CAILLOU MALÉFIQUE ! je beugle en explosant l'un des débris sur mon chemin, jaillissant enfin hors de cette fumée et de cette tour qui s'effondre sur elle-même, quelque chose comme douze mètres au-dessus du sol.
Putain ! Une tourelle qui s'effondre comme ça, c'est suspect du slip à fond, j'aime pas ça ! Autant pour la discrétion, bordel !
– Beni, en bas !
Ouais, j'ai repéré ! Au sol, juste en bas de cette tourelle qui finit de s'effondrer en un fracas monumental, il y a quelqu'un et j'suis prête à parier mon tout premier slip panthère qu'il s'agit du responsable de ce soudain harakiri de tourelle. Mais surtout… Ce type est balaise. Monstrueusement balaise.
Pliant mes genoux, j'atterris brusquement devant lui, sabre au clair et fourreau en main. De toutes façons, s'il a pété la tourelle, c'est pour me faire venir à lui et vu sa présence spirituelle, sans commune mesure avec les gorillumaincafards de tout à l'heure, y'a probablement aucune chance pour que je puisse le semer.
– Super Beni est dans la place! je m'exclame en me redressant vivement, faisant voleter mes mèches rouges autour de ma silhouette.
Face à moi… Une silhouette carrément massive. Continuant à afficher un sourire carnassier immense, je pointe le bout de mon sabre vers lui, tentant d'afficher un air bien plus serein que ce que je suis en réalité.
– Si j'te fume, tu m'indiques la sortie de c'te putain de Seireitei ?
Un sourire moqueur passe sur son visage puis il abat lentement le long sabre fin qu'il laissait reposer sur son épaule. Du haut de ses faciles deux mètres, il fixe un regard de bête sur moi. Enfin, juste un œil parce qu'apparemment, il est borgne. Et il a aussi des goûts capillaires encore plus pétés qu'une limace sous LSD vu que sa coupe de cheveux, c'est un oursin de mer… Avec des clochettes au bout. Y'a un concept.
– Pour ça, faudrait déjà que t'arrive à me porter un coup, fait sa voix sans se départir de ce sourire fou.
Je peux sentir mon sang bouillir dans mes veines. Ça va dépoter…
– AMÈNE TOI, PEAU D'ZOB! je hurle avant de bondir en avant, sabre au clair.
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AH BAH J'VOUS AVAIS PRÉVENU QUE BENI ALLAIT SE FIGHTER AVEC KENPACHI!
– C'était pas genre… y'a 150 ans que tu l'as dit?
Hmm, probablement.
J'espère que ça vous a plu ce nouveau chapitre héhé (bon en vrai en le relisant, je sens assez bien que j'étais pas dans un super état lorsque je l'ai écris mais j'espère que c'était quand même cool à lire pour vous)
J'aime tellement écrire Beni petite, j'aurais pu vous en pondre des chapitres et des chapitres de cette gosse et sa relation avec sa mère j'vous jure...
Allez, je vous laisse me dire ce que vous en avez pensé, moi je retourne mater Shrek!
Laissez-moi des reviews si le cœur vous en dit! (pis ça motive de fou, on va pas s'mentir) (j'vous aime bordel)
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Le chapitre 145 arrivera le 24 novembre! D'ici là, portez vous bien!
