Disclaimer : Je ne possède pas Harry Potter.

Warning : Cette fiction est un slash avec scènes de sexe explicites et parfois assez dures alors si vous êtes trop jeunes ou que vous n'aimez pas les relations entre hommes, cette histoire n'est pas pour vous.

Un chapitre un peu plus court sur la discussion entre Harry et Mr Weasley.

Merci à toutes celles et ceux qui m'ont laissée des reviews. A bientôt !


Dimanche 7 juin 1998, 12h05

Arthur Weasley sortit en hésitant, comme s'il n'était pas vraiment sûr d'être au bon endroit.

« Merci d'être venu, Mr Weasley, » dit Harry, un peu à l'écart. « Je peux prendre votre cape ? Comment s'est passé votre voyage depuis le Terrier ? »

« Un peu long, » admit Arthur, en jetant un regard à la fois curieux et inquiet de ses yeux bienveillants. Ce n'était pas très difficile à comprendre. Il avait reçu une lettre d'Albus Dumbledore lui demandant de se rendre directement par Cheminette dans les quartiers de Severus Rogue, et comme si cela n'était pas assez étrange, il avait trouvé Harry Potter qui l'attendait ? Il ôta sa cape et la tendit d'un air distrait, son esprit clairement occupé par d'autres questions. « Albus ou Severus vont-ils se joindre à nous pour discuter de ce qui m'amène ici ? »

Harry se décolla du mur sur lequel il s'était appuyé et, prenant sa cape, l'accrocha à la petite patère qui dépassait du mur en s'approchant. « Le directeur veut vous voir après que vous avez parlé avec moi, » révéla-t-il. « Nous allons donc déjeuner et ensuite il vous attendra dans son bureau. »

Arthur cligna des yeux. « Mais où est Severus ? Et pourquoi diable es-tu dans ses quartiers ? »

« Il est en train de brasser ce matin, et quant à ce que je fais ici... » Harry soupira. « Vous feriez mieux de vous asseoir avant que je vous le dise. Venez par ici. » Il ouvrit la porte de la bibliothèque privée de Rogue et fit un geste vers la petite table déjà dressée pour leur repas.

Une soupière de ragoût de bœuf et un panier de petits pains chauds et croustillants apparurent sur la table lorsque Harry s'assit. Harry avait eu le temps aujourd'hui, bien sûr, d'imaginer quelque chose de plus raffiné, mais puisque le but de cette réunion était de donner l'impression qu'il était chez lui dans les appartements de Rogue, il avait pensé qu'il valait mieux éviter le genre de nourriture prétentieuse que Rogue préférait. Le père de Ron savait quel genre de choses Harry aimait manger. La soupière avait aussi été choisie délibérément. Harry s'était dit que servir la nourriture lui donnerait l'impression d'être plus un hôte qu'un invité.

« Alors, » dit-il en versant une portion dans chacun des bols en grès qui s'étaient matérialisés au moment où il avait pris la soupière, « j'ai demandé au directeur de vous inviter ici parce que nous devons discuter de certaines affaires de l'Ordre. »

Arthur s'arrêta, sa cuillère à mi-chemin de sa bouche. « Tu ne fais pas partie de l'Ordre. »

« Non, » admit Harry. « Mais Severus oui, et nous avons tous les deux besoin d'une faveur de votre part. »

« Vous deux, » répéta Arthur, dubitatif. « Sais-tu à quel point ça peut paraître étrange ? Tu n'as jamais expliqué ce que tu faisais ici. »

« Je vais vivre ici après la fin du trimestre, » déclara Harry, gardant sa voix calme au prix d'un effort considérable. L'idée le consternait encore, car, après tout, qu'allait-il faire de ses journées ? Au moins, il n'avait pas à craindre d'avoir faim comme cela avait été tant de fois le cas quand les Dursley l'avaient enfermé, mais quand même...

Ce qui est, est, se dit-il. Et tu ne peux pas montrer à Mr Weasley à quel point tu es contrarié.

« Severus et moi allons invoquer un sort spécial d'attachement, » poursuivit Harry, en beurrant son petit pain comme s'il ne disait rien d'inhabituel. « Un sort d'esclavage, en fait. Je dois inviter une personne de confiance à assister à l'invocation, et j'ai confiance en vous, Mr Weasley. Accepteriez-vous d'être mon témoin ? »

Ce n'était sans doute pas la meilleure façon d'annoncer la nouvelle. Arthur laissa tomber sa cuillère dans son ragoût.

« Désolé, » dit Harry en secouant la tête. « Je sais que c'est un choc. »

« Tu ne t'es jamais entendu avec Severus, » objecta Arthur. « Qu'est-ce que tu racontes ? »

« Les affaires de l'ordre, vous vous souvenez ? Il s'agit de vaincre Voldemort, » expliqua Harry, puis il détailla brièvement la prophétie.

L'autre homme prit un petit pain, mais ne le mangea pas. Il le déchira en morceaux en écoutant, puis dit avec une certaine férocité : « Et Albus Dumbledore a approuvé ce plan, n'est-ce pas ? Harry Potter réduit en esclavage ? C'est un scandale ! »

« C'est ça ou je meurs, » répondit Harry. Il n'avait pas vraiment envie de continuer, mais il devait raconter la suite au père de Ron. C'était mieux ainsi plutôt que le directeur le lui dise et qu'il commence à penser que Harry n'était peut-être pas au courant. Et Harry devait faire plus que montrer qu'il savait, il devait avoir l'air d'accord avec ça. Enfin, aussi bien qu'il le pouvait, ce qui n'était pas beaucoup. Des scènes du soir précédent avaient défilé dans sa tête dès son réveil. Est-ce que c'était vraiment lui, allongé sous Rogue, tous les deux nus, poitrine contre poitrine, cuisse contre cuisse, se frottant l'un contre l'autre jusqu'à ce que... oh, mon Dieu, ils jouissent tous les deux dans le ventre de l'autre ? Ça ne pouvait pas être lui, n'est-ce pas ? Avec une fille peut-être, oui, mais avec un autre homme ?

Avec Rogue ?

Ce qui est, est, répondit la petite voix dans sa tête. Mais cette fois, elle avait l'air amusée.

Harry rassembla finalement son courage. « Mr Weasley, il y a autre chose que vous devez savoir. Le sort que nous utilisons... Cambiare Podentes. Il est invoqué par la magie sexuelle. »

À ce moment-là, Arthur Weasley resta bouche bée.

« Oui, je sais, » soupira Harry.

« Vraiment ? » Arthur ramassa la cuillère de rechange que la table avait mise à sa disposition et l'utilisa plus ou moins comme un pointeur pendant qu'il faisait la leçon à Harry. « La magie sexuelle n'est pas un sujet de plaisanterie. Si le sort est une malédiction d'asservissement et qu'il est invoqué de manière sexuelle... Harry, tu pourrais bien te réveiller le lendemain en tant que catamite de Severus Rogue ! Tu sais ce que ça veut dire ? »

« Oui, je sais ce que ça veut dire. Et euh, c'est en fait toute l'idée. Je suis censé devenir son... » Harry n'avait pas envie de dire catamite, mais il supposait que l'esclave sexuel était encore pire. « Enfin, le sien, c'est tout. A lui dans tous les sens du terme, y compris celui-là. »

Arthur fronça les sourcils, l'expression se prolongeant jusque dans ses yeux doux. « Severus, Harry. Il est... eh bien, c'est un homme intéressant à bien des égards et je ne prétends pas le comprendre. Mais une chose dont je suis sûr, c'est qu'il ne peut pas approuver cela. »

« Eh bien, je n'ai pas eu l'impression qu'il aimait beaucoup l'idée quand elle a été annoncée, non, » admit Harry, en essayant de sourire. Ça pouvait détendre l'atmosphère. Mais il ne pouvait pas vraiment sourire. C'était tout simplement trop douloureux de blesser Mr Weasley comme ça. Mais il ne voulait pas que le père de Ron ait une mauvaise opinion de Rogue. Quels que soient ses défauts, Rogue ne méritait pas ça. « Ecoutez, il a essayé de me convaincre que nous nous étions trompés sur la prophétie. Mais ce n'était pas le cas. Et puis il a écrit ce résumé cinglant de tout ce que le sort signifiait. Je l'ai pris pour argent comptant à l'époque, mais maintenant je vois à quel point il a dû être bouleversé et en colère en l'écrivant. Vous savez, je pense qu'il essayait peut-être de me dissuader de le faire. Mais ça ne marchait pas. »

Si Arthur avait été sidéré avant, maintenant il était complètement sans voix. Enfin, presque complètement. Il réussit tout de même à dire : « Il a essayé de t'en dissuader ? »

« Oui, je pense qu'il a essayé, » admit Harry. Il ne l'avait pas vraiment vu avant, mais le ton de ce précis... et puis, tous les efforts que Rogue avait déployés dernièrement pour faire comprendre à Harry que ce stupide précis n'était pas le mot de la fin, qu'il n'était peut-être même pas exact par endroits. Rogue était désolé d'avoir écrit une chose aussi horrible, peut-être. Ou peut-être qu'il n'était pas désolé, mais il essayait sans aucun doute de donner à Harry une meilleure image de Podentes.

Deux verres d'eau plus tard, Arthur était capable de parler à nouveau. « Pourquoi Severus aurait-il besoin de t'en dissuader Harry ? Tu n'as sûrement pas envie d'invoquer un tel sort avec qui que ce soit, et encore moins avec un homme que tu as maintes fois décrit comme la deuxième pire personne au monde et le plus laid des abrutis d'Écosse ? »

Harry rougit. « Écoutez, je n'aurais pas dû dire ces choses. Son physique n'a pas vraiment d'importance, n'est-ce pas ? J'aurais dû me plaindre de son enseignement, et non de quelque chose qu'il ne peut pas éviter, mais que peut-on attendre d'un enfant de treize ans ? Et quant au fait qu'il soit la deuxième pire personne après... eh bien, nous ne nous entendions pas très bien, mais il n'a jamais été aussi mauvais que ça. »

Arthur secoua la tête. « Harry... »

« Oh, d'accord ! Il était affreux, je l'admets ! » s'exclama Harry, espérant tardivement que Rogue n'écoutait pas. C'était probablement le cas, mais il n'y avait rien à faire. « Il me traitait comme un moins que rien, année après année, même lorsqu'il me sauvait la mise, et je n'appréciais pas du tout sa façon de parler de mon père, de ma célébrité et du fait que j'étais gâté. Mais comment puis-je laisser tout cela importer maintenant, Mr Weasley ? »

« Comment peux-tu ne pas, telle est plutôt la question ! »

« Je peux laisser tomber, parce que je le dois. Que voulez-vous que je fasse, que je pense à moi dans un moment pareil ? Hermione va mourir ! Ron aussi, probablement avec toute votre famille. Je veux dire, vous êtes des sangs purs, mais quiconque s'oppose au nouveau régime sera exécuté, je pense. Ça veut dire tous mes amis. Je suis déjà responsable de tant de morts Mr Weasley. Mes parents, Cedric, Sirius, et tous ceux que le Seigneur des Ténèbres a tués depuis que j'ai laissé Pettigrow partir. »

Arthur semblait sur le point d'argumenter, mais quand il parla, c'était pour dire d'une voix tremblante de choc : « Tu-sais-qui... tu ne l'as pas appelé comme tu l'as toujours fait. »

« Severus m'a dit de ne pas le faire, » admit Harry en grimaçant. « Il a toujours dit de ne pas le faire, et je l'ai ignoré. Mais il n'y a plus moyen de l'ignorer maintenant, n'est-ce pas ? Je dois commencer à faire ce qu'il veut ou ses pouvoirs ne se croiseront pas avec les miens. »

« Et tu l'appelles Severus. »

« C'est aussi son idée. »

« Harry, je ne vois vraiment pas comment tu peux te proposer de vivre comme ça. Ce serait peut-être différent si tu avais eu une once de sentiment chaleureux envers Severus, ou si tu étais au moins... » Arthur détourna le regard.

« Intéressé par les garçons ? »

« Précisément. »

En vérité, Harry n'était plus sûr de ce qu'il était. Il était sûr qu'il n'était pas intéressé par les garçons en général. C'était trop horrible pour y penser. Mais après ce qu'il avait fait avec Rogue la veille, il ne pouvait pas non plus prétendre être totalement désintéressé, n'est-ce pas ? Ou peut-être que si. Il s'était efforcé de ne pas y penser, malgré ces scènes qui défilaient dans son esprit à chaque seconde, mais peut-être que tout ce que la nuit dernière avait signifié, c'était que Rogue ne s'était pas vanté quand il avait dit qu'il savait vraiment comment donner du plaisir à un homme. Parce que c'était manifestement le cas. Harry ne se souvenait même plus comment ils étaient passés du baiser au frottement et à la jouissance. Tout s'était enchaîné dans son esprit, comme s'il n'avait pas pu l'arrêter s'il avait essayé... mais là encore, il aurait pu. Il savait qu'il aurait pu.

Rogue se serait arrêté, mais Harry ne le lui avait pas demandé, il ne lui avait même pas donné un indice en lui poussant l'épaule ou quoi que ce soit. Il ne pouvait pas blâmer Rogue pour ce qui s'était passé, n'est-ce pas ? Depuis quand un Serpentard ne prenait-il pas ce qui lui était proposé ?

Le visage de Harry brûla à l'idée qu'il avait été une offre. Mais il l'avait été, et qui plus est, il l'avait fait de son plein gré. Rogue ne l'avait pas forcé, pas du tout.

Il y avait peut-être encore de l'espoir pour l'invocation. Ce qui lui rappelait ce qu'il avait voulu dire tout à l'heure quand il avait dit qu'il ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit tué.

« Ce que je veux n'a pas d'importance Mr Weasley, » dit Harry d'un ton plutôt désespéré. Il ne s'attendait pas à ce que ce soit si difficile. « Vous ne voyez pas ? Tous les gens que je connais vont dire que je ne peux pas vivre comme ça, mais la vérité, c'est que je ne peux pas ne pas vivre comme ça. Littéralement. Je serai le premier à mourir si Severus et moi n'invoquons pas le sort. »

« Oh, Harry... »

« Je l'ai vécu, encore et encore, » poursuivit Harry. « Je ne pense qu'à ça, certains jours. J'ai été coincé toute ma vie avec ce destin que je n'ai pas demandé ; je suis le seul à pouvoir le tuer. Et maintenant, je sais que c'est pire que ça : si j'échoue, je ne me contente pas de mourir, je condamne le monde entier à dix mille ans de malheur. Je dois l'invoquer, Mr Weasley, je dois le faire ! »

« Mais il doit bien y avoir un autre moyen... »

« Il n'y en a pas, » interrompit Harry en s'essuyant les yeux. Ils lui faisaient étrangement mal, mais au moins sa main était sèche. « Il n'y en a pas. C'est la voie et je devrais être reconnaissant qu'il y en ait une, parce que je sais que je ne suis pas vraiment de taille pour le... pour lui. Mais il y a une autre chose à laquelle je pense souvent Mr Weasley. Mes parents... ils sont morts pour me protéger, pour me garder en vie. Le moins que je puisse faire c'est de vivre, n'est-ce pas, même comme ça, pour pouvoir débarrasser le monde de ce monstre une fois pour toutes ? Ils ont fait leur part en me sauvant ; comment pourrais-je ne pas faire la mienne ? »

Arthur s'éclaircit la gorge. « Harry... ne fais pas ça pour le bien de tes parents. James n'aurait pas voulu ça. Vraiment pas. »

« Eh bien, il ne voudrait pas non plus me voir mort, n'est-ce pas ? » soupira Harry. « Ecoutez, je ne m'attends pas à ce que mes parents aient été ravis à l'idée de... me voir avec Severus, mais j'aime à penser qu'au moins ils auraient été fiers que je fasse de mon mieux. Parce que vous voyez... » Oh merde, il pleurait après tout. Harry fit de son mieux pour arrêter et persévérer. « Je ne peux pas me moquer de leur sacrifice, Mr Weasley, je ne peux pas. »

Arthur lui passa un mouchoir sans rien dire et attendit que Harry se reprenne. Puis, tout doucement, il murmura : « Cette phrase sur la moquerie, c'est Albus qui la prononce, n'est-ce pas ? »

« Non, c'est moi, honnêtement, » répondit Harry en se mouchant dans le mouchoir. Une minute plus tard, il se rendit compte que ce n'était même pas le sien, mais Mr Weasley n'y voyait aucun inconvénient. « Honnêtement, » répéta-t-il. « Le directeur n'a jamais parlé de mes parents. Enfin, pas en rapport avec ça. »

« Qu'est-ce qu'il dit ? »

« Je ne suis pas là-dedans à cause du directeur, » tenta d'expliquer Harry. « Écoutez, tout ce que vous avez à faire, c'est de vous demander si vous voulez me voir mourir à mon prochain anniversaire. Personnellement, j'aimerais refuser cette satisfaction à ce serpent. Peu importe ce qu'il faudra faire. »

Repoussant son bol de ragoût - non pas qu'il ait beaucoup mangé - Arthur Weasley traversa la table pour prendre les mains de Harry dans les siennes. Il les serra pour l'encourager, et l'espace d'un instant, Harry fut transporté dans une autre vie, celle où il avait un père qui le soutenait, quoi qu'il arrive.

Pour l'aimer, le soutenir, et ne jamais, jamais le juger.

« Comment Severus prend-il tout ça ? » demanda Weasley doucement.

« Il n'a pas aimé l'idée, mais il est prêt à invoquer avec moi, évidemment, » dit Harry en prenant une grande inspiration. Se sentant plus fort, il réussit à mettre de côté le mouchoir. « Il est prêt à vous parler, aussi, si c'est ce qu'il faut pour que vous acceptiez d'être mon témoin... »

« Harry, si tu veux que je sois là pour toi, je serai , » interrompit Arthur.

Harry sourit. Un sourire maigre, mais c'était déjà ça. « Merci, Mr Weasley. Je... eh bien, pour être honnête, je pensais que vous ne seriez pas d'accord. Je sais que c'est une chose terrible à demander, je sais que vous ne voulez pas que ça arrive. Mais dans ce cas, j'aurais dû trouver quelqu'un d'autre, mais je préférais que ce soit vous, vraiment. »

Arthur fit un petit signe de tête, sa compassion ne se démentit jamais.

Cela donna à Harry l'impression d'être un peu un salaud quand il poursuivit : « Euh, vous m'avez aidé à traverser beaucoup de choses et j'apprécie tout cela, mais je voulais aussi vraiment que vous soyez témoin de cela parce que vous travaillez au ministère. Vous voyez, mon nouveau statut doit être enregistré. »

« Enregistré. » Le ton d'Arthur était juste à quelques nuances près du blanc.

« Oui. Exigence du sort. On n'a pas le droit de faire ça en secret. Quoi qu'il en soit, dès que les Mangemorts sauront que je suis asservi, ils chercheront à savoir à qui, et je pense qu'ils comprendront assez vite. Et vous savez ce que cela signifie pour l'Ordre. Severus ne sera plus capable d'espionner. »

« Parole de Merlin, il n'a sûrement pas l'intention de l'invoquer avec toi et de continuer à espionner ! »

« C'est sûr et certain, » grogna Harry, espérant soudain que Rogue l'écoute. « C'est la chose la plus stupide que vous ayez jamais entendue, hein ? »

« Oui, je crois bien. »

« Oui, mais il ne veut pas m'écouter, » hurla Harry en jetant un coup d'œil aux murs. Puis il se calma. « De toute façon, qu'il essaie de rester dans le Cercle Intérieur ou non, ce ne sera pas très bon pour sa santé si les Mangemorts découvrent que je lui appartiens et qu'il ne m'a pas livré. C'est là que vous intervenez. On s'est dit que si la paperasse pouvait être remplie discrètement, sans qu'un employé ne s'attarde sur mon nom, ça nous ferait au moins gagner du temps. »

« Je ferai tout ce que je peux pour vous aider, bien sûr. » Arthur soupira, ses mains serrant à nouveau celles de Harry avant de les lâcher. « Mais j'aimerais une réponse à ma question. Je ne voulais pas demander ce que Severus pensait d'invoquer ce sort. Je voulais savoir comment il était... avec toi, Harry. »

« Oh. Eh bien, il a été plutôt correct, en fait, » murmura Harry. Malheureusement, le mot correct fit remonter à sa mémoire des images du soir précédent, des images qui étaient tout sauf correctes. Son visage commença à s'enflammer, la chaleur était si forte que Harry commença à regretter de ne pas avoir porté un pull Weasley.

Arthur eut l'élégance de détourner le regard jusqu'à ce que le pire de la rougeur disparaisse.

« Nous allons invoquer le 17 juin, » réussit à dire Harry sur un ton à peu près normal. « Je... je ne sais pas à quelle heure. Le soir, je crois. De toute façon, Albus Dumbledore sera l'autre témoin. Lui et Severus vont probablement régler tous les détails et vous le feront savoir. »

« Tu ne préférerais pas attendre que ton anniversaire soit plus proche pour te soumettre à un tel enchantement ? »

« J'aimerais bien, » admit Harry, le rougissement revenant en force. Pire qu'avant, si c'était possible. « Mais c'est probablement mieux comme ça. Je... je n'ai peut-être pas été assez clair, mais Severus et moi, nous devons... euh, faire certaines choses avant mon anniversaire pour me garder en vie. Et le truc c'est que, tout l'esclavage, même les... hum, les parties sexuelles, tout doit être consensuel. Et... si nous n'invoquons que quelques jours à l'avance, cela ne nous laissera peut-être pas assez de temps pour... euh, régler ce problème. » Déglutissant, Harry supplia : « Mr Weasley, est-ce que ça peut être la fin de vos questions ? C'est vraiment embarrassant. »

« Très bien, Harry, » dit Arthur après un moment de réflexion. Tendant la main, l'homme plus âgé lui donna une légère tape sur la main. « Si jamais tu as besoin de quelque chose... »

Harry secoua la tête pour l'arrêter. « Je sais. Merci, Mr Weasley. »

Il ne dit pas le reste car il ne voulait pas blesser l'homme. Mais Harry connaissait la vérité. L'offre, aussi gentille soit-elle, était discutable. Après que l'invocation aura scellé son destin, il n'aura plus d'amis vers qui se tourner. Il n'aura plus que Rogue.

Soupirant, Harry prit sa cuillère et fit mine de manger son ragoût.


A suivre