Hello! Chapitre du mooooois! Attention, ce chapitre est particulier, il se concentre sur Noam et... sur les relations qu'il développe avec d'autres personnages, disclamer: j'introduit une potentielle relation homme x homme mais je ne tiens à choquer personne, si cela ne vous plaît pas, aucun soucis pour moi et surtout, n'hésitez pas à m'en faire part, cependant j'espère que ça vous plaira quand même!

Des gros bisous!


Chapitre 5: Aphadrim (Men)

"Tu vas beaucoup me manquer Ave, j'ai hâte de te revoir

- Moi aussi Noam, je viendrais te voir dès que je pourrais, prend soin de toi"

Avelen serra doucement Noam contre elle alors que celui-ci la serrait suffisamment fort pour lui casser les côtes. C'est d'ailleurs un peu rouge qu'elle quitta les bras de son ami. Celui-ci était devenu bien plus fort physiquement que la dernière fois qu'elle l'avait vu, la vie de cavalier sûrement. Ce fut ensuite Elrond qui fit ses au revoir à la jeune femme avant de l'aider à monter devant Thranduil qui était déjà sur Vif-argent, prêt à partir. Ils étaient accompagnés de la suite du roi ainsi que de son fils qui avait tenu à, au moins les raccompagner à Mirkwood avant sa prochaine aventure. La relation entre Thranduil et Legolas s'était significativement améliorée et si à la fin de la bataille des cinq armées le prince avait cherché l'évasion et l'aventure, il revenait désormais bien plus souvent à Mirkwood pour voir son père et pour se préparer à prendre sa succession. Car si l'elfe tenait toujours son rôle avec brio et détermination, il se préparait à toutes les éventualités. Et comme Avelen le lui avait rappelé au cour de l'une de leurs mémorables disputes, la mort en était une.

De son côté, Noam reprenait la route le même jour mais sans autant de compagnons que la fille d'Eru et son roi. On avait préparé son cheval et Elrond avait quand même tenu à envoyer deux elfes de sa maison avec lui, pour assurer sa protection. Il est vrai que apprendre le lien d'amitié profond qui unissait Avelen et ce jeune rohirrim un peu fougueux avait modifié le comportement des gens d'Elrond. Evidemment, ceux-ci s'étaient constamment montrés cordiaux et attentionnés avec le jeune homme mais sans lui prêter une attention particulière. En effet, Fondcombe entretenait peu de relations avec le Rohan bien que celles-ci soient cordiales, Noam n'avait donc pas reçu le traitement réservé aux invités de marque. Cela avait un peu changé à l'arrivée d'Avelen d'où la proposition d'Elrond de faire raccompagner le jeune homme chez lui.

Si Noam avait d'abord refusé d'abord parce que il était gêné de recevoir autant d'attention, il avait fini par accepter. Elrond l'avait convaincu en lui expliquant qu'il ne faisait que suivre les conseils que Avelen avait autrefois donné à la table du conseil, tisser des liens entre les différents états de terre du milieu. Il était temps pour les elfes de sortir de leur réclusion permanente, de ce monde qu'ils s'étaient créé pour se protéger de l'extérieur, un monde ou personne, quasiment, ne pouvait pénétrer. Avelen avait été l'une des premières non-elfes à pouvoir le faire et elle les poussait toujours plus à s'ouvrir, à tisser des liens avec les autres peuples, les autres nations. C'est aussi ce but que Elrond avait missionné Glorfindel et Iavas afin que l'un suive Noam au Rohan et l'autre aille porter ses meilleurs sentiments à l'intendant gondoréen.

"Êtes vous prêt Noam? Fit une voix derrière le jeune homme

- S-seigneur Glorfindel! Je ne vous avais pas entendu arriver"

Le rohirrim avait sursauté en entendant la voix de l'elfe derrière lui. Des deux personnes que Elrond avait dépêchées pour l'accompagner, Glorfindel était sûrement le plus inattendu. Avoir à ses côtés l'ancien capitaine de Gondolin, tueur de Balrog, était une expérience impressionnante pour le rohirrim. Il était plutôt habitué aux hommes du Rohan et à leur rudesse, tout cette délicatesse elfique c'était une première pour lui. Ce n'était pas qu'il pensait les elfes trop délicats, au contraire, il n'était simplement pas habitué à en voir autant. Et même pour les siens, Glorfindel de la fleur d'or était un sacré spécimen dont la présence était assez impressionnante pour Noam. Celui-ci s'efforça de cacher son trouble et hocha la tête silencieusement pour répondre. Iavas donc, le second elfe que Elrond avait attaché à son "escorte" arriva à ce moment-là et vérifia avec eux qu'ils étaient bien prêts. Ce n'est qu'après qu'ils prirent la route.

"Où nous quittez-vous Iavas? Demanda Glorfindel en montant sur son cheval

- Au grand chemin qui se divise au moment d'aller au Gondor ou au Rohan, nous devrions y être dans une petite semaine, peut être moins en chevauchant rapidement Répondit l'elfe en hochant doucement la tête

- Parfait, nous serons à destination dans sept jours au plus, cela vous convient, Noam? Demanda Glorfindel au jeune humain qui était désormais juché sur son destrier

- Hum? Oui, c'est parfait, je ne suis pas sûr que le roi Fengel aie eu mon message le jour de mon arrivé…à Fondcombe... mais ils doivent attendre quand même"

Glorfindel acquiesça et donna un petit coup de bride à son cheval suivit que Iavas et de Noam. Ils ne s'arrêtèrent que lorsque la nuit fut trop sombre pour que Noam ne distingue la route. Les deux elfes s'occupèrent d'aller attacher les chevaux suffisamment loin mais pas trop non plus pendant que l'humain s'occupait du feu. Ils s'étaient arrêtés à l'orée d'un bois pour être à couvert et reprendre facilement la route le lendemain. Ayant déjà fait du bivouac au cour des années qu'il avait passées en terre du milieu, Noam fit rapidement du feu puis installa les trois couches avant d'ôter son haut. La raison de cela était qu'il avait besoin de la lumière du feu pour vérifier que les blessures qu'il s'était faites avant d'arriver à Fondcombe guérissaient efficacement. Il n'avait pas la constitution si particulière d'Avelen qui avait quasiment guéri en une semaine. Sa chair était encore un peu à vif et quand il posa son doigt sur la plaie, il lâcha un petit gémissement de douleur.

Il sortit le petit kit médical que Elrond avait fait préparer ainsi que de quoi se laver les mains puis il s'occupa de nettoyer la plaie qu'il avait au niveau du torse. C'était une sale blessure faite par un brigand qui n'avait eu aucun scrupule et l'avait laissé quasiment nu sur le bord de la route. C'est pourquoi, à par son épée il n'avait aucun élément qui le rattachait aux rohirrims. Ses cheveux avaient été coupés et il ne portait pas de barbe, contrairement à la plupart de ses compatriotes. Il était d'ailleurs bien plus propre que le jour où il avait retrouvé Avelen, moment très gênant puisque il revenait de la chasse et n'avait pas pu résister à l'envie d'aller enfin la retrouver. Son amie était enfin avec lui… enfin il savait ce qui lui était arrivé et il avait un moyen de la contacter… Cette pensée le fit doucement sourire, le distrayant suffisamment pour qu'il n'entende pas Glorfindel arriver derrière lui.

"Vous allez bien Noam?

- Hm? Oui, je… je m'occupais de ma blessure, excusez moi pour ma tenue Répondit Noam en attrapant son haut je ferais cela demain matin

- Non, je vous inquiétez pas, ça ne me dérange pas, allez y Sourit le Noldo en hochant la tête Iavas s'occupe de nourrir les chevaux ce soir

- Fantastique… je m'en chargerais demain"

Un petit moment de silence pas désagréable suivit. Glorfindel n'avait pas enlevé l'armure de voyage qu'il portait, sûrement parce que celle-ci était ainsi faite qu'elle était assez légère pour qu'il ne la sente plus. Il avait les yeux plongés dans le feu, apaisé, sûrement, par cette chaleur bienfaitrice et calmante qui les protégeait de certaines bêtes sauvages. Le reflet du foyer sur ses cheveux d'or donnait une couleur assez unique pour que Noam, pourtant bien occupé, ne le remarque. Ce ne fut cependant pas lui qui brisa le silence mais l'ancien capitaine de Gondolin.

"Vous avez l'air très proche de dame Avelen

- Oui, nous habitions ensemble dans notre monde Sourit Noam en appliquant du désinfectant sur sa plaie aïe… enfin, elle, moi, ma soeur et mon meilleur ami

- Cela est courant dans votre monde? Deux jeunes hommes et deux jeunes femmes qui vivent ensemble?

- Je ne sais pas si c'est "courant" mais c'est normal, pour des raisons d'argent, le loyer était moins cher comme ça Souffla le rohirrim avec un sourire un peu nostalgique, ces préoccupations pécuniaires lui semblaient bien lointaines

- Quel genre de personne était dame Avelen là bas?

- Oh… Ave… un vrai rat de bibliothèque, toujours fourrée dans ses livres, à faire des recherches, rarement à la maison… mais toujours là quand nécessaire… ah oui… et aussi terriblement timide…"

L'ancien capitaine de Gondolin ouvrit les yeux comme des soucoupes, parlaient-ils seulement de la même personne? Car pour tenir tête à Thranduil Oropherion il en fallait du courage et surtout de l'abnégation car le Sinda était universellement reconnu pour être une sacrée teigne avec un caractère de cochon.

"Vous en faites une tête Seigneur Glorfindel, tout va bien?

- Oui… excusez-moi, c'est juste que ça me semble assez surprenant Il fit une petite pause en même temps je ne l'ai vue que à une reprise avant la bataille des cinq armées et cela faisait déjà quelques mois qu'elle était parmi nous…

- Comment Ave se bat-elle? Demanda abruptement Noam, trop curieux pour y mettre les formes

- Oh… très bien, elle a été formée avec beaucoup de rigueur par le seigneur Thranduil, la capitaine de la garde, Tauriel, le prince Legolas également et le seigneur Elrond récemment… et puis elle a fait face à plusieurs menaces… elle a aidé à tuer Smaug Précisa Glorfindel même si l'humain le savait déjà"

A écouter Glorfindel, Noam se mit à repenser à l'époque où lui et la jeune femme étaient de l'autre côté, dans ce monde ou ils avaient grandis tout les deux. Elle était tellement timide à l'époque où il l'avait rencontrée! Elle devait avoir… dix sept, dix huit ans… quelque chose comme ça. Cachée derrière Ella, elle avait passé tout le déjeuner qu'ils avaient partagé à fixer le contenu de son assiette comme si Noam était trop effrayant pour être regardé. Et maintenant elle tuait un dragon et s'attirait les faveurs d'êtres légendaires. Si il n'avait pas profondément aimé son amie, Noam aurait presque été un peu jaloux de l'attention que les grands de ce monde portaient à la jeune femme. Mais il supposait aussi le fardeau que cette charge devait lui faire supporter. Après tout, elle n'avait pas le droit de faillir et connaissant le caractère ultra fidèle d'Avelen, il était à parier qu'elle se donnait véritablement corps et âme à sa mission.

Tout d'un coup, la position de son amie sembla beaucoup moins enviable au rohirrim qui, même si il avait de nombreuses obligations, était plutôt libre de ses mouvements. Ce n'était pas le cas pour Avelen. Si elle pouvait voyager à peu près partout, Noam avait très bien vu le caractère possessif du seigneur de Mirkwood et il en avait presque été dérangé. Lui n'aurait pas supporté d'être aussi suivi. Après tout, l'elfe n'avait pas hésité à faire déplacer une partie de sa cour simplement car il voulait s'assurer qu'elle n'allait pas trop mal. Profondément libre, Noam détestait être surveillé, suivi, épié, raison pour laquelle il restait rarement très longtemps en couple avec la même personne dans son monde d'origine. Et depuis qu'il était sur Arda il ne s'était pas vraiment posé la question de son avenir romantique, trop occupé à apprendre à monter à cheval et à se battre.

"Noam? Vous allez bien? Vous avez l'air perdu dans le vague

- Oh? Veuillez m'excuser… je… je réfléchissais

- A quoi? Si cela n'est pas indiscret… bien sûr Demanda poliment l'elfe en sortant du lembas de ses affaires"

Noam hésita un instant. Il ne savait pas trop quoi répondre. Est-ce que cela valait le coup d'embêter quelqu'un d'aussi important avec ses petits tracas superficiels et ses pensées parasites? Mais en même temps l'elfe le demandait alors… pourquoi pas?

"Je repensais à l'époque où j'ai rencontré Avelen et à tout le chemin que nous avons fait depuis lors… jamais je n'aurais cru qu'un jour nous serions sur Arda à nous battre au côté des créatures fantastiques que nous admirions tant

- Vous nous admiriez? S'étonna un peu faussement Glorfindel à qui Avelen avait déjà parlé de la manière dont ils étaient représentés dans son monde

- Oui… Enfin, c'était surtout Avelen qui connaissait bien cet univers, moi j'étais plus… science-fiction Avoua Noam en souriant vivre plusieurs siècles ne m'a jamais vraiment tenté je doit l'avouer…

- C'est un fardeau lourd à porter pour l'âme en effet, mais heureusement, notre monde nous ouvre toujours de nouvelles surprises, de nouveaux horizons, on ne s'ennuie jamais"

Les yeux pétillants de l'elfe de Gondolin s'étaient fait un peu tristes, il devait sûrement penser à toutes les choses qu'il avait vues pendant sa longue vie et Noam eut la délicatesse de le laisser tranquille. Il se leva et coupa le lembas en parts égales avant de sortir les gourdes d'eau. Le repas serait frugal mais nourrissant et consistant, c'était déjà cela. Et d'ailleurs, Iavas ne tarda pas à revenir, après avoir nourri leurs trois montures. Il remercia Noam et prit sa part de lembas. Glorfindel fit de même puis après avoir mangé il prit le premier tour de garde alors que ses deux compagnons s'endormaient.

Le réveil fut plutôt facile et le manège se répéta pendant toute la durée du voyage. Quelques jours après, Iavas prit la route vers le Gondor alors que Glorfindel et Noam continuaient vers le Rohan. Plus les plaines se faisaient plates et les montagnes hautes, plus le jeune rohirrim sentait son coeur s'alléger. Il relevait souvent le visage pour laisser le vent le fouetter plus aisément. Après tout, cette terre était devenue la sienne même s'il en connaissait l'Histoire bien moins que ses habitants historiques. Il aimait l'air froid et vif, les troupeaux de chevaux, les petits villages qui parsemaient la campagne. Il aimait aussi son peuple simple et noble. De plus, il nourrissait une vraie amitié pour le roi Thengel qui avait accepté de le protéger et de le recueillir quand il était arrivé. Retrouver tout ces repères familiers lui faisait du bien et Glorfindel, qui chevauchait toujours un peu derrière, en était assez content.

"Je vois Edoras! Cria Noam en arrêtant son cheval en haut d'une colline

- Nous sommes à au moins deux heures de cheval, il fera bientôt nuit, nous laissera-t-on entrer? S'inquiéta Glorfindel en s'arrêtant à son niveau

- Je me débrouillerais pour que ce soit le cas si les portes sont closes quand nous y serons

- Mh… bien, alors ne perdons pas une seule minute!"

Noam ne put que hocher la tête et donna un petit coup de bride à son cheval. Celui-ci, sentant sûrement que son cavalier rentrait chez lui se montra suffisamment rapide pour que l'homme et l'elfe arrivent juste avant qu'il ne fasse nuit noire. Les portes étaient fermées mais Noam ne se démonta pas, il était trop content d'être de retour chez lui pour se rendre compte qu'on le prendrait sûrement pour un vagabond et que tout le monde dormait. Il sauta de son cheval et un garde, qui l'avait vu depuis les tourelles d'observation descendit pour lui parler à travers un petit interstice.

"Les portes d'Edoras sont fermées de nuit, allez chercher logis ailleurs

- Mon ami, je suis Noam Belladone, je chevauche dans le troisième régiment de cavalerie de l'armée du roi

- Impossible, le commandant Noam est mort, il a disparu un mois et demi auparavant … ce serait un … miracle Souffla le garde en regardant par la petite fenêtre approchez vous…"

Noam obtempéra alors que Glorfindel l'observait faire avec un grand sourire amusé. Dès qu'il vit le visage du jeune homme, le garde dévérouilla la porte et celle-ci s'ouvrit en grand.

"Noam!

- Ennead! Tu ne m'avais pas reconnu? Il donna à son ami une accolade fraternelle comme ça on me croit mort?

- Tu avais disparu… le roi était dévasté… rentrez, rentrez…"

Glorfindel hocha la tête et suivit Noam sans présenter son identité. De toute façon ce dénommé Ennead était bien trop occupé à questionner Noam et à le tirer vers la salle du trône pour lui prêter attention. Cela vexa même un peu l'elfe de Gondolin habitué aux "Seigneur Glorfindel!" auxquels il avait souvent droit en arrivant à un endroit. Mais il était suffisamment heureux pour son compagnon de voyage pour ne voir que le positif. Et d'ailleurs il sentit un large sourire éclairer son visage à mesure qu'ils progressaient vers l'imposante demeure royale. On ne pouvait pas réellement parler de palais mais… Reste que cet endroit était véritablement digne d'un roi. Les lourdes tapisseries brodées de fil d'or qui ornaient le hall, les boiseries délicatement sculptées dans du bois précieux et l'élégance des torches qui éclairaient subtilement l'endroit… Le garde échange un peu avec Noam puis se retira avec un large sourire. Le rohirrim portait toujours sa capuche et dans ce peu de lumière on distinguait mal son visage aussi, l'homme qui émergea de derrière le trône, eut pour premier réflexe de le menacer avec son arme.

"Qui vous a laissé entrer?! Que voulez-vous?!"

Sans répondre, Noam s'avança vers le roi avec beaucoup de calme. Appréciant la mise en scène, Glorfindel s'accouda à l'une des gigantesques poutres pour observer le spectacle. Noam semblait apprécier pousser le jeune roi dans ses retranchements. Celui-ci portait d'ailleurs des habits très simples pour un roi. Une fine chemise de lin blanc, un pantalon foncé et un châle rouge foncé sur les épaule. Ses cheveux noirs, coupés courts et sa barbe, elle aussi taillée près du visage lui donnaient un air ordonné que l'elfe apprécia fortement tant cela était rare chez les gens du Rohan. Ou peut-être avait-il trop de clichés en tête…? Possible...possible… Fengel était encore jeune, surtout pour la fonction qu'il occupait mais il avait quasiment dix ans de plus que Noam qui de son côté avait toujours eu l'air plus âgé. Le rohirrim ayant une trentaine d'années, un peu moins, son souverain devait en avoir trente sept, trente six peut être.

"On m'a dit que vous me croyiez mort mon roi…"

Le jeune homme s'agenouilla alors qu'il se tenait face à Fengel et que celui-ci pointait son arme vers lui. Il retira sa capuche pour dévoiler son visage et apprécier l'expression très surprise du souverain. Celui-ci fronça d'abord les sourcils puis écarquilla les yeux avant de lâcher son épée qui tomba au sol dans un bruit assez désagréable. Il se mit à la hauteur de Noam immédiatement et bien qu'il y ait un invité dans la pièce, le prit dans ses bras.

"Tu avais disparu...sans laisser de nouvelles… on a retrouvé ton cheval mort… et quelques affaires éparpillées… et surtout du sang Il lâcha Noam pour mieux le regarder raconte moi tout, que s'est il passé? Pourquoi porte tu des vêtements elfiques?

- Noam a été retrouvé par des cavaliers de Fondcombe, au service du seigneur Elrond… roi Fengel Intervint Glorfindel en guise d'introduction moi, Glorfindel de la maison de la fleur d'or, j'ai été chargé de l'accompagner ici

- Le tueur de balrog?"

Le sourire satisfait de l'elfe n'échappa pas à Noam qui le laissa se présenter avant de détailler ses aventures au souverain. Tout en écoutant son ami, celui-ci les amena dans un endroit plus privé où ils pourraient discuter tranquillement. C'était un petit salon privé qu'une cheminée illuminait d'une lumière très douce. Noam esquissa un sourire et fit signe à Glorfindel de s'asseoir. L'elfe obtempéra et Noam prit place à ses côtés. Il ne faisait pas trop chaud mais la température était bien plus élevée que à l'extérieur. Fengel adressa un léger sourire à Noam et tira une chaise pour être assis plus près, prenant délicatement la main du rohirrim dans la sienne.

"Nous avons tous eu peur ici, que tu te sois fait tuer par … peu importe ce qu'i l'extérieur…

- J'ai été attaqué par des bandits sur un chemin… mais on m'a secouru à temps, je suis de retour maintenant Il hocha légèrement la tête si vous voulez toujours de moi Il roula des yeux

- Noam! S'exclama le roi à moins que tu aie trouvé à Fondcombe un foyer plus accueillant, tu seras toujours le bienvenu ici, mais nous pourrons parler plus tard, vous devez être exténués, je vais demander à ce que l'on vous prépare une chambre"

La nuit fut profitable autant à l'humain que à l'elfe. Une chose que Avelen, rentrée à Mirkwood avec Thranduil, ne savait pas encore. Celle-ci avait suivi d'un pas lent le rythme des elfes de la forêt noire ce qui faisait que contrairement à son habitude elle était en queue de peloton. Legolas, qui avait bien vu qu'elle semblait inquiète avait ralenti et chevauchait désormais à son niveau, tentant de faire la conversation pour la distraire. Mais Avelen était tellement pensive que l'elfe finit par se taire pour l'observer d'un air aussi inquiet que concerné. Un peu étrangement, ce fut Avelen qui rompit le silence alors qu'ils pénétraient dans la forêt. Elle s'arrêta un instant, sous un chêne qui laissait filtrer un peu de lumière.

"Je suis désolée de ne pas être très causante Legolas

- Vous m'avez l'air concernée Avelen… j'ai cru comprendre que vous aviez des… différents avec mon père Souffla très poliment l'elfe

- Non… enfin oui, mais ce n'est pas nouveau… c'est juste… vous n'étiez pas là mais il y a un petit mois j'ai eu, à nouveau ces espèces de crises au cour desquelles j'ai des visions…

- Oui, je vois de quoi vous parlez Acquiesça l'elfe en hochant la tête mon père fait transcrire ce que vous dites

- Quoi? S'étonna vivement la jeune femme"

Elle prit sur elle de se tempérer et laissa Legolas lui expliquer que dès que Thranduil la quittait, il allait faire transcrire de mémoire toutes ses paroles à la bibliothèque royale. Le souverain avait eu l'intuition que celles-ci auraient une certaine utilité mais n'avait pas jugé utile de lui en parler. Après quelques explications, la jeune femme se calma et hocha la tête, c'était un peu vexant mais elle avait démarré au quart de tour alors que l'elfe ne faisait pas cela pour la contrôler mais pour en garder une trace d'elle. Elle poussa un long soupir et hocha la tête.

"En fait… La dernière fois j'avais commencé à voir ce genre de choses avant la bataille des cinq armées… Là, j'ai peur que ces visions n'annoncent une nouvelle guerre…

- En avez-vous fait part à mon père?

- Oui, évidemment Répondit la jeune femme en hochant légèrement la tête nous en avons discuté mais même le seigneur Elrond ne m'a pas vraiment aidé, c'est tellement nouveau tout cela…

- Je vois… Avez- vous tenté de faire appel à dame Galadriel? C'est plutôt elle qui est compétente dans ce domaine là Proposa le prince en acquiesçant

- Non, pas encore mais j'y penserais…

- Si jamais c'est la guerre qui se profile nous devons tous nous y préparer… je demanderais à mon père de réunir le conseil"

Avelen hocha la tête pour acquiescer et donna un petit coup de bride à sa monture. En chevauchant à bonne allure, il ne leur fallut que deux petites heures pour arriver à l'entrée du royaume des forêts. Deux gardes seulement en protégeaient l'accès et ils ouvrirent évidemment les portes pour le roi et ceux qui le suivaient. Une fois les chevaux remis aux palefreniers, Legolas s'éclipsa immédiatement avec son père dans leurs appartements, sûrement pour lui demander de réunir le conseil. De son côté, Avelen était partie dans ses appartements pour se doucher. Directement après cela, elle passa des habits propres et se glissa dans ses draps pour dormir. Et alors qu'elle se sentait glisser dans un sommeil profond, elle entendit toquer à sa porte. Un peu agacée de devoir sortir de ses draps, elle se leva, un plaid sur les épaules et alla ouvrir la porte.

"Oui…? Lâcha t-elle d'une voix caverneuse"

Un rire léger mais suave à la fois l'accueilli. Elle leva la tête et rougit furieusement en voyant le sourire malin qu'affichait Thranduil, accoudé à l'embrasure de la porte.

"Tu dormais Avelen…?

- Thranduil… je…

- Hm, je vais prendre cela pour un oui, ne t'inquiètes pas, nous pourrons discuter demain matin Il ne cessait pas de sourire

- Non, non, rentre, je suis réveillée maintenant"

Avelen s'écarta et laissa Thranduil rentrer dans sa chambre. Elle alluma quelques bougies qui offraient une lumière douce et tamisée à la pièce. Elle s'assied autour de la table et tira le panier rempli de raisin qu'elle commença à grignoter pensivement en attendant que l'elfe ne lui parle.

"Legolas m'a parlé … du conseil

- L'idée n'a pas eu l'air de te réjouir Souffla Avelen avec un sourire doux

- J'ai peur que les sages de mon conseil ne recommandent de t'enfermer, je ne veux pas que cela arrive

- Pourquoi?

- Il y a dix ans… tu étais trop fatiguée pour participer au conseil après la bataille des cinq armées mais… La familiarité avec laquelle Morgoth s'adressait à toi a été notée et…

- Attends… ils croient que je suis de mèche avec lui?! S'offusqua la jeune femme

- Pas exactement… plutôt qu'il s'intéresse à toi et que rester en ta présence est un…

- … un danger… c'est ça? Compléta Avelen d'un air plus résigné je les comprend"

Avelen se mordilla nerveusement la lèvre inférieure en se maudissant de ne pas s'être donnée la peine d'assister à ce fichu conseil. Elle n'avait jamais beaucoup aimé ses membres et c'était réciproque, surtout depuis qu'elle conseillait elle-même le souverain. Mais elle appréciait la sollicitude de Thranduil qui avait pris la peine de venir la consulter avant de faire quoi que ce soit. Celui ci, d'ailleurs, tendit la main et pris celle de la jeune femme dans la sienne, la pressant délicatement. Il l'amena à ses lèvres et l'embrassa délicatement.

"Je te promets que je ferais en sorte de te protéger…

- Qui de nous deux est capable de tuer un dragon? Hm? Le questionna Avelen sur un ton amusé je crois que c'est moi qui devrais te faire cette promesse

- Peut être, mais ce ne serait pas très galant de ma part de te laisser prendre les coups pour moi

- Depuis quand tu te soucie d'être galant avec moi? Je te rappelle quand même que tu n'as pas hésité à m'attaquer par surprise quand je m'entraînais avec Tauriel Lui rappela Avelen en riant légèrement

- C'est vrai… mais je me suis adoucis depuis…"

Après avoir discuté encore quelques minutes, Thranduil prit congé et laissa Avelen se glisser à nouveau dans son lit. A des dizaines de kilomètres de là, Noam venait tout juste de se réveiller. Il s'était levé suffisamment tôt pour pouvoir voir le soleil se lever sur les plaines du Rohan. Cette vision lui faisait du bien et lui rappelait qu'il était, d'une certaine façon, rentré à la maison. Puis, une fois qu'il commença à entendre les soldats de la cité s'entraîner en contrebas, il retourna au palais ou les serviteurs mettaient déjà en place le petit déjeuner. Habituellement on ne petit-déjeunais pas au Rohan, ce n'était pas vraiment une coutume courante mais depuis que Noam en avait évoqué l'idée, le roi Fengel en organisait de plus en plus souvent.

"Noam, je vous cherchais

- Seigneur Glorfindel? Tout va bien? S'inquiéta l'humain en observant l'elfe arriver à sa hauteur

- Oui, vous avez revêtu votre uniforme?

- En effet… enfin pas complètement, je ne peut plus attendre pour aller chevaucher à nouveau… cependant j'ai d'autres devoirs à accomplir avant cela

- Mh… je comprends votre impatience Il marqua une petite pause quels devoirs?

- Je dois assister à un dîner officiel au cour duquel le roi me restituera ma position et mes titres… d'ici là je suis confiné au palais"

Glorfindel hocha légèrement la tête d'un air compréhensif, il imaginait aisément la surprise des habitants d'Edoras en voyant le capitaine décédé marcher tranquillement dans leurs rues. Cela pourrait créer un mouvement de panique et, bien que l'elfe trouve l'idée de voir Noam courir à cause de paysans en colère amusante, il imaginait aisément que le jeune homme n'en avait, lui, aucune envie. A la place et pour l'occuper, il lui proposa d'aller s'entraîner dans un endroit discret du palais afin de se défouler mais aussi parce que l'elfe de Gondolin était curieux quand à ce dont Noam était capable. Et puis cela permettrait au rohirrim de reprendre un peut la main après la blessure qui l'avait amenée, quelque temps auparavant, à échouer à Fondcombe. La plaie était bien cicatrisée mais Elrond avait recommandé d'appliquer certains baumes pour aider les tissus à se régénérer.

Évidemment, Noam accepta le défi bien que Glorfindel, en voyant l'entrain avec lequel son compagnon de voyage se dirigeait vers l'armurerie, lui avait précisé qu'il ne s'agissait que d'un échange amical. Ils arrivèrent dans la salle de repos des gardes qui n'était pas occupée la plupart du temps. Glorfindel noua ses cheveux et Noam ôta le manteau qui l'enveloppait. L'un comme l'autre possédaient leur propre sabres, différents et magnifiques à la fois, bien que l'artisanat elfique avait une élégance que aucun forgeron humain n'a jamais put égaler. Noam se mit immédiatement en garde, il savait l'elfe plus expérimenté et plus agile que lui alors il devait compenser en étant aussi imprévisible que possible. Heureusement, l'elfe ne l'avait jamais vu se battre au contraire de Noam qui avait souvent observé Glorfindel s'entraîner lorsqu'il était à Fondcombe.

"N'hésitez pas à interrompre le combat Noam vous êtes encore bless_"

Courtois, l'elfe n'eut cependant pas le temps de terminer que Noam fondait sur lui, le repoussant près de la porte de la salle. Mais l'ancien capitaine de Gondolin était expérimenté et solide sur ses bases, il riposta avec très peu de difficulté et se ramassa comme un chat pour atteindre Noam au flanc avec le plat de sa lame. Le jeune homme réussit à parer le coup et en porta quelques uns à son adversaire qui les bloquait sans difficulté apparente bien qu'il soit très concentré. Les coups de Noam étaient puissants et précis mais son épée était plus lourde et donc difficilement maniable pour quelqu'un sortant tout juste de convalescence. D'ailleurs, il se prit un coup à l'épaule et au flanc alors qu'il se fatiguait de plus en plus, peinant à parer les coups de Glorfindel qui, sentant la victoire arriver, souriait de plus belle.

C'est au cours d'un échange plus violent qu'un autre que Glorfindel réussit à déstabiliser Noam et à le pousser contre l'un des murs de la salle. L'impact fut suffisamment brusque pour que le jeune homme n'ait le souffle coupé. Ce n'est que lorsqu'il reprit intégralement ses esprits qu'il se rendit compte que Glorfindel ne se trouvait qu'à quelques centimètres de son visage, un sourire triomphant sur les lèvres. Noam était tellement perturbé que l'elfe de Gondolin n'eut qu'à effleurer sa main pour lui faire lâcher sa lame qui tomba dans un petit "cling". Le rohirrim voulut balbutier quelque chose, tenter de repousser l'elfe et de reprendre le dessus mais il sentait ses jambes devenir toutes faibles, comme s'il faisait un malaise… un malaise très agréable pourtant.

"Je crois que j'ai gagné capitaine Belladone"