Chapitre 4 :
Ce pays recourt de temps à autre à un instrument contendant
Les retrouvailles, comme il avait choisi d'appeler son réveil parmi les vivants, étaient un cliché sans fin. Ses parents avaient fini par pleurer à son chevet, se questionnant sur sa psychologie, exprimant leurs excuses, leurs regrets et suppliant Mycroft de ne pas recommencer. Cela l'avait légèrement irrité et il avait tenté de les rassurer au mieux. A sa grande surprise, Sherlock le soutint, prétendant qu'il traversait une période difficile et qu'il leur promettait de veiller sur lui.
Cela eut l'effet escompté. Il semblerait que son frère avait un certain pouvoir pour convaincre leurs parents, qui les laissèrent tranquille. Cela renforça bien évidemment, ce en quoi Mycroft avait toujours cru : Sherlock était définitivement un meilleur fils que lui. Il n'en était pas jaloux, nullement, au contraire, il était heureux, il n'aurait pu espérer plus. Voir ses parents et son frère s'entendre à merveille était une satisfaction pour lui.
C'est ainsi que pendant trois jours, il était sous les bons soins de son frère qui s'est donné pour objectivement d'être à la fois son médecin, son infirmier et son gardien. Ironique quand ils savaient tous les deux que c'était avant tout Mycroft qui avait eu ce rôle pendant des années.
Le troisième jour après son réveil, Sherlock avait décidé que c'était le bon moment pour lui supprimer les perfusions. Il lui avait appris qu'il avait été en dénutrition et que son lavage gastrique ne lui permettait pour l'instant pas de manger normalement.
« Laisse toi faire, Mycroft. » Marmonna Sherlock en lui lançant un regard acéré.
Il tentait de lui enlever les deux perfusions à son frère et il voulut s'en charger. Mais l'autre homme parut dubitatif.
« Depuis quand tu joue l'infirmier ?
- Depuis que j'ai un diplôme de médecin, je te rappelle, répliqua Sherlock irrité.
- Et depuis quand te considères-tu comme un médecin ?
- Je ne veux pas que d'autres personnes s'occupent de toi. »
Tandis qu'il fit attention à enlever le cathéter en sous cutanée, Mycroft le fixa d'un air surpris. Cette dernière phrase venait de dévoiler les véritables sentiments fraternels de Sherlock, chose qui était rare et quasiment impossible avant.
En plus, il se souvenait que pour Sherlock, ses études médicales avaient été une véritable torture, longue et douloureuse pour un cerveau comme le sien qui était étouffé par les autres humains normaux. Sherlock avait du travaillé sur soi et s'était malheureusement viré de plusieurs hôpitaux pendant ses études. Mycroft avait joué ses relations pour caler son frère dans un service qui l'acceptait bien et fort heureusement, Saint Bart's avait fini par accepter Sherlock et l'avait embauché en tant que médecin chercheur à mi-temps. C'était plus un poste décoratif qu'autre chose, car Sherlock n'avait jamais fait de rapport, mais Mycroft connaissait bien le directeur et s'était assuré qu'il le garde.
« Si tu avais le choix, aurais-tu fait des études de médecine ? questionna doucement Mycroft après un silence.
- Non, je ne pense pas, répondit-il en lui posant un pansement sur son bras gauche, même si je trouve cela complètement inutile, je ne suis pas aussi ignorant au point de ne pas avoir un métier approprié.
- Pourquoi avais-je l'impression de t'avoir forcé ?
- Peut être voulais-je attirer ton attention, fit-il en haussant les épaules.
Les réponses étaient de plus étonnantes et honnêtes. C'était tout aussi inhabituel de voir que son petit frère lui répondait sans difficulté, avouant sans problème.
Sherlock se plaça de l'autre côté du lit, pour enlever le cathéter intraveineux. Mycroft l'observa un moment et trouva que son cadet était plutôt à l'aise pour ce genre de tâche, ce n'était pas bien compliqué mais il ne l'avait jamais vu dans cette fonction.
« Devrai-je t'appeler, Dr Holmes ? s'amusa-t-il.
- Redis ça encore une fois et je te fais mal, menaça Sherlock en posant une compresse sur le cathéter avant de la retirer avec douceur.
Il compressa quelques secondes avant de poser un pansement. Quand il eut fini, il jeta les deux poches dans un sac jaune, puis sentant le regard pesant de son ainé, il se tourna vers lui, l'air interrogateur.
Mycroft ressentit une certain culpabilité face aux agissements si affectueux de son frère, c'était plus qu'il n'aurait espéré, mais ce n'était pas ce qu'il voulait.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu n'es pas obligé de faire ça, Sherlock.
- Je sais, ce n'est pas un problème.
- Alors, arrête. Je suis très heureux que tu prennes soin de moi, mais ce n'est pas ton rôle. »
Sherlock déposa violement la poubelle jaune au sol, se mordant les lèvres, fusillant son frère.
« Mon rôle ? Je suis ton frère !
- C'est que maintenant que tu te décides à montrer un peu de compassion fraternel, petit frère ? J'ai du me suicider pour que tu réagisses enfin ? »
Il n'avait pas voulu dire cela, son agacement était plus fort qu'il ne l'aurait cru et il n'a pas réfléchi à ces paroles. Ce n'est que lorsqu'il vit la pâleur du visage de son cadet, qu'il le regretta. Ce dernier s'approcha, dangereusement et Mycroft aurait aimé reculer, mais était cloué dans le lit, incapable de bouger.
« Sherl…
- Comment peux-tu dire cela ? s'exclama-t-il en le prenant par le col, comment, Mike ? N'est ce pas toi qui m'a appris à ne pas être sentimental ? N'est ce pas toi qui m'a toujours montré une face insensible ? Dis le moi !
- Oui ! Et tu n'aurais jamais du te mêler de tout cela ! Tu n'aurais jamais du…t'accrocher à moi ! s'écria Mycroft en attrapant ses poignets pour tenter de le séparer de lui, tu aurais du me laisser mourir, tu n'aurais jamais dû venir me voir…
- Tu n'es qu'un idiot, Mycroft, un égoïste ! Est-ce que tu penses réellement que j'allais te laisser crever ?
- Je… »
Avant même qu'il puisse répondre, la porte de sa chambre s'ouvrait, laissant entrer Mme Holmes, leur mère qui semblait essoufflée. Au vue de son état, elle était montée à l'étage en précipitation, elle avait certainement entendu ses garçons en train de crier et elle avait immédiatement accouru.
« Sherl', qu'est ce que tu fais ! Mike doit se reposer ! le gronda-t-elle d'une voix ferme et sévère.
Le plus jeune serra les dents et relâcha sèchement toujours en colère. Sans un mot, il quitta la pièce emportant avec lui le sac jaune, il ignora totalement sa mère qui ne parvint pas à se faire entendre. Elle lâcha un soupir avant de s'installer auprès de son fils ainé, qui n'osa pas la regarder.
« Qu'as-tu fait pour le mettre dans cette état ? soupira-t-elle en posant une main sur son bras.
- Je suis désolé, nous n'aurions pas du nous disputer, s'excusa Mycroft en s'enfonçant dans son oreiller, las.
- Mike, je ne sais pas pourquoi tu as voulu attenter à ta vie, mais…si un jour, tu ressens le besoin de te confier, je serai toujours là pour t'écouter. Je peux comprendre que tu ne veuilles pas en parler.
- Je suis désolé, répéta-t-il ne sachant quoi dire, je t'ai causé des soucis. »
Elle passa une main pour caresser le front de son front, lui esquissant un sourire affectueux.
« Ton père et moi avions été horrifié d'apprendre ta tentative de suicide, et…nous avons regretté la manière dont nous t'avons reproché tout cela…
- Non, je comprends tout à fait votre déception.
- Mike…nous ne sommes pas…
- Le mal est fait, maman, ce que j'ai fait est horriblement cruel envers vous et Eurus. »
Le ton était sans équivoque et la mère des Holmes savait que rien n'allait lui faire changer d'avis. Elle préféra ne rien dire, sachant qu'elle aurait tout l'occasion de lui en reparler un peu plus tard.
« Mike, ne refais juste…plus jamais ça, tu es mon fils et rien n'est plus difficile que de vivre la mort de son enfant …et tu sais de quoi je parle. »
Son ainé hocha la tête, devinant l'allusion. Il ferma les yeux, inspirant puis les réouvrit, tentant de lui rendre un sourire rassurant.
« Il semblerait que je ne puisse pas recommencer de sitôt, un certain pirate a décidé de me surveiller de près. »
.
.
.
Sherlock était sorti dans le jardin familiale, énervé et bouillonnant de rage. Il détestait tellement quand son frère faisait en sorte de tout porter sur ses épaules, s'obligeant à se mettre en retrait, à être seul. Cela a toujours été ainsi, mais cela a failli mener à sa perte et il ferait tout pour que ça n'arrive plus .
Il sortit un cigarette et s'autorisa à fumer un instant, avant que ses parents ne puissent le prendre sur le fait, mais il n'eut pas le temps d'en profiter car son téléphone se mit brusquement à sonner. Abandonnant sa cigarette, il décrocha rapidement.
« Sherlock ? entendit-il, reconnaissant la voix de son meilleur ami.
- John, est ce que tout va bien ?
- Super, vraiment super…Tu avais raison sur toute la ligne. Ton Oncle ne fait que nous suivre. »
Le détective émit un rire moqueur, plutôt fier.
« Mon Oncle est encore plus stupide que mon père, donc, c'était évident.
- Mais ils ont diminué la surveillance, Anthéa m'a dit que Rudy avait envoyé des hommes en dehors de Londres. Je pense qu'il se doute de quelque chose, Sherlock, je le sens mal.
- Ne t'en fais pas, continue de faire l'appât.
- Ça ne va pas continuer, il faut que tu assures tes arrières, est ce que tes parents ont été prévenu ? Est-ce qu'ils savent la raison pour laquelle tu as voulu que Mycroft soit hospitalisé à leur domicile ?
- Tout est sous contrôle, ne t'en fais pas. »
John soupira et il devina rapidement que ce dernier n'était pas certain de ce qu'il avançait.
« J'ai besoin que tu rendes à une adresse, emmène Greg avec toi, continua-t-il.
- Où ça ?
- Je t'envoie les instructions et l'adresse, j'ai besoin que tu récupères des informations pour moi.
- Ok, pas de soucis. »
Il eut un long silence, qui troubla Sherlock, c'était inhabituel chez John.
« Qu'y-a-t-il ?
- Je me questionnais…sur la relation entre ton Oncle et Mycroft.
- Notre Oncle était…disons…le mentor de Mycroft, c'est lui qui l'a fait rentrer dans le gouvernement et ce, dès ses 18 ans.
- Il n'a pas l'air d'avoir des…sentiments familiaux envers vous.
- Il n'en a jamais eu. Si tu considères que moi ou Mycroft n'avions pas d'émotions, Oncle Rudy est encore pire. Il serait prêt à tuer sa propre famille si la famille Royale le demandait.
- Tu plaisantes ?
- Non, il n'a jamais rendu visite à notre mère, l'informa Sherlock en jetant un œil à la maison familiale.
- Oh, c'est pour ça que Mycroft est là-bas ? comprit John.
- Et c'est pour ça qu'il n'imagine pas du tout que Mycroft est chez nos parents. Pour lui, la famille, ce n'est rien.
- Je vois. Je comprends maintenant.
- Quoiqu'il en soit, reste sur tes gardes, même si mon Oncle est d'une intelligence inférieure, il est un peu plus malin que toi.
- Sherlock !
- Je te rappelle plus tard, John. Merci pour tout. »
.
.
.
.
« J'ai promis à Sherlock, je lui ai promis que je serai là pour Noel, je ne peux pas me permettre d'être absent ! »
Son Oncle Rudy croisa ses mains sur son bureau, l'observant froidement. Il portait son costard-cravate avec élégance et sobriété digne d'un homme politique de son âge.
« Tu ne peux pas, grinça-t-il, nous avons été clair sur ce sujet, Mycroft.
- Quoi ? Vous ne m'aviez jamais dit que je passerai mes vacances à Londres ! s'écria-t-il.
- Tu n'as pas besoin de fêter ses…inepties, le plus important à l'heure actuel est le sort de notre cher pays, l'Angleterre. Nous avons du pain sur la planche et je veux que ton cerveau nous soit utile. »
Mycroft n'était à peine âgé de 17 ans, il venait de quitter la maison familiale pour vivre à Londres, avec son Oncle et étudiait à l'Université de Oxford. Il était venu au bureau de ce dernier pour espérer rentrer chez ses parents pour les vacances de Noel.
« N'oublie ce pourquoi tu es ici, Mycroft, poursuivit il sur le même ton, tu dois cesser de te comporter comme un enfant et que tu dois voir plus grand. A partir du moment où tu mets les pieds dans notre…monde, le gouvernement, le pays doivent être ta priorité.
- Je…je ne veux pas être loin de ma famille, souffla-t-il en serrant les dents.
- Tu vois devoir le supporter, car n'oublie pas, si tu refuses de faire ton devoir, si tu refuses de suivre mon chemin, c'est Sherlock que je vais devoir prendre. Il est certes moins intelligent que toi, mais disposes du même talent que toi…
- Cela suffit, l'interrompt Mycroft, j'ai choisi de vous suivre, laissez Sherlock en dehors, cessez de me menacer en prononçant son nom ! »
Rudy esquissa un sourire satisfait, ce qui insupportait le jeune homme.
« Un jour, tu comprendras pourquoi nous faisons tout cela, acheva-t-il, tu vas devoir arrêter de prendre soin de ta famille, car cela risquerait de désavantager.
- Je ne peux pas faire ça…s'horrifia-t-il, je…je les aime. Sherlock, mes parents…Eurus. »
Au nom de cette dernière, le visage de son oncle se durcit, mécontent d'entendre cela, mais Mycroft s'en fichait bien.
« Tu vas apprendre à détruire ses sentiments qui risqueraient de devenir une faiblesse, mon garçon. Et c'est pour ça que je veillerai à ta formation. A partir de maintenant, je ne veux plus que tu fasses référence à ta famille, maintenant, tu appartiens à l'Angleterre. »
Le cœur de Mycroft commença à se briser à ce moment là, conscient de ce chemin qu'il était en train de prendre. Il ignorait si c'était le bon choix, mais il n'y avait pas d'options, c'était soit lui, soit Sherlock. Et il ferait n'importe quoi pour Sherlock.
« Très bien, Oncle Rudy.
- Je savais que tu deviendrais plus raisonnable, Mycroft. »
En pleine nuit, il se réveilla soudainement avec un horrible mal de tête, troublé par ce rêve qui était en réalité un souvenir de son passé, lors de sa 18ème année. Un petit lampe avait été allumé dans sa chambre, mais il l'ignora n'y faisant guère attention. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il remarqua qu'il était essoufflé, comme sortant d'un cauchemar.
Un cauchemar qui durait depuis tant d'années, hantant ses sommeils les plus sombre.
« ça va ? »
Il sursauta brusquement, surpris de la présence de son frère à ses côtés, qui lisait un roman. Il l'avait presque oublié. Il frotta son visage avec ses deux mains, espérant faire disparaître ce souvenir qui était sorti des profondeurs de sa mémoire. Oh, comme il enviait la capacité de Sherlock à supprimer des souvenirs, des donnés. Lui n'avait jamais arrivé à cette exploit, il gardait tout en tête, chaque détail, chaque sensation et à force, il en avait des nausées.
« Je vais bien, juste…un mauvais rêve.
- Tu as des mauvais rêves, toi ? se moqua Sherlock.
- Même si cela ne se voit, ça m'arrive de rêver.
- Tu as rêvé de quoi ?
- De rien d'important.
- Assez pour que cela te trouble autant, mon frère. » remarqua-t-il impassible.
Mycroft évita son regard, refusant de lui donner raison, il ne devait rien dire à Sherlock concernant ce rêve. Cela avait toujours été ainsi et cela ne changerait pas. Il emporterait son secret dans sa tombe.
« Mike, si tu me dis pas ce qui ne va pas, comment puis-je t'aider ?
- Amusant, car avant, c'est moi qui te disais cela, rétorqua-t-il sèchement.
Son cadet fronça les sourcils, ouvrant la bouche pour répondre, avec sans aucun doute des insultes, mais il ne se résigna, lâchant une exclamation exaspérée.
- Moi, au moins, je n'ai tenté de me suicider, riposta-t-il avec une froideur telle que Mycroft ressentit un frisson le traverser.
C'est alors qu'il reconnut son erreur. Son cas et celui de Sherlock étaient différents. Lui, il pouvait contrôler son cerveau, il arrivait toujours à trouver un moyen efficace et non dangereux pour l'occuper. Il connaissait Sherlock, ce dernier était accablé par le manque d'activité pour son cerveau hyperactif et avait besoin de le stimuler, mais jamais son frère n'avait attenté volontairement à ses jours.
« Il y a des choses dont tu n'as pas besoin de savoir, avoua-t-il finalement.
- Comme quoi ?
- Comme devenir un gouvernement entier.
- Ce qui est incroyable chez toi, c'est que tu ne fais que mentir et que même dans ce que je crois être la vérité, il y a un mensonge. Excuse moi de ne pas te croire sur parole, persifla Sherlock.
- J'ai toujours une bonne raison de mentir.
- C'est ce que tu penses, mais pas ce que nous pensons.
- Sherl'…
- Tu as toujours été ainsi, toujours seul, sans que nous puissions faire quoique ce soit, sans que je sache ce que je puisse faire pour toi, tu m'as toujours montré que tu étais fort et que tu étais intouchable, mais ce qui s'est passé sur Sherringford… et ce qui s'est passé après, m'ont montré que tu n'étais pas finalement le grand frère que je m'étais imaginé. »
Face à cette confession, l'ainé des deux retint son souffle, incapable de détacher ses yeux de son cadet. Sous la lueur de lampe, sa silhouette parut trembler et donnait l'air qu'il allait s'effondrer à tout moment.
« Tous ces mensonges, ces non-dits, me font croire que je ne connais pas mon propre frère ! s'exclama-t-il en serrant les dents, est ce que tu penses que c'est normal, Mike ? Est-ce que cela fait de moi un mauvais frère ? Est-ce que…je t'ai tellement négligé que tu es devenu un inconnu pour moi ?
- Sherlock, ce n'est pas…je ne voulais pas, je t'assure, ce n'était pas mon intention.
- De te suicider ? Mike, tu as failli mourir dans mes bras.
- Je suis désolé…
- Arrête, arrête tout de suite ça. Je me fiche que tu t'excuses. Je veux savoir…je veux mon frère, le véritable, celui qui se cache derrière ce gouvernement britannique de merde.
- J'ignore de quoi tu parles, nia -t-il volontairement.
- Si tu refuses de me dire la vérité, je le découvrirai seul, quitte à vendre mon âme au diable. »
.
.
.
Après que Sherlock ait raccroché, John maudit le détective et pivota vers Greg qui le fixait avec anxiété. Ils étaient dans son bureau à Scotland Yard. Après être passé deux jours au Diogène Club et avoir rencontré furtivement les hommes de Rudy, ils s'étaient réfugiés à Scotland Yard. John avait terriblement l'impression d'être des fugitifs et Greg ne paraissait plus être inspecteur de police. Ses collègues furent même surpris de le voir revenir après deux jours d'absences, qu'il avait justifié comme « problèmes personnels ». Certains n'étaient pas dupes et savaient que le « problème personnel » était un certain Sherlock Holmes. Mais curieusement, ce dernier avait des soutiens de la police, qui décidèrent de couvrir l'inspecteur, offrant même leur service. Mais Sherlock avait été clair, il ne devait accepter l'aide de personne.
« Qu'a-t-il dit ?
- On continue le plan, il va nous envoyer l'adresse d'un lieu où nous devrons récupérer des informations.
- Récupérer des informations, répéta Greg sous le choc, John, je suis un policier ! Pas un voleur !
- Qui a parlé de voler ?
- ça vient de Sherlock, ça ne peut être que ça, marmonna l'inspecteur en se renfrognant.
- Allons, ne sois pessimiste… »
A peine eut-il dit cela, qu'il reçut le fameux sms de Sherlock. Lorsqu'il le consulta, il devint pâle, se figeant, relisant plusieurs fois le texto de son ami. Greg remarqua son malaise et s'en inquiéta. Connaissant John, ce n'était jamais bon.
« Alors ? lança-t-il pour l'interpeller.
John déglutit, jetant un regard d'excuse à l'inspecteur.
- Tu avais raison.
- Oh bordel.
- On va devoir s'introduire chez quelqu'un, pirater son ordinateur et récupérer des dossiers confidentielles.
- Nom de Dieu…c'est au-delà de ce que je suis capable de faire…c'est…illégale, John.
- Je sais.
- Et chez qui, a-t-il demandé ?
- Chez le fameux Oncle Rudy.
- Oh merde. »
