QUEL AMOUR DE SITH


Chapitre 1 : Proposition

Obi-Wan déprimait. Il devait être heureux, oui, normalement, de devenir un Jedi, loué par les siens d'avoir tué un Sith et d'avoir sauvé son maître, Qui-Gon Jinn. Mais ce n'était pas le cas, il était triste, chagriné, car son maître, qui avait échappé à une mort certaine grâce à lui, n'avait les yeux que pour Anakin Skywalker.

Le garçon qui était l'Elu. Le garçon qui avait détruit toute la flotte de la fédération du Commerce. Qui avait fini par obtenir tous les éloges du peuple Naboos et Gungans. Même si beaucoup félicitait Obi-Wan d'avoir tué un Sith, il n'en restait pas moins que c'était plus impressionnant de voir un jeune garçon de 9 ans, face à une armée de droïdes. Non pas que cela gênait Obi-Wan, non au contraire, il était heureux pour Anakin, mais il était devenu son ombre. L'ombre de l'Elu, l'ombre du futur Padawan de Qui-Gon et probablement, personne ne se souviendrait qu'un jour, il avait été son Padawan, d'ailleurs, est ce que Qui-Gon s'en rappellerait ?

Lui qui s'était battu et acharné pour attirer l'attention de son maître, lui qui avait donné son cœur et son âme pour être son Padawan et obtenir sa reconnaissance. Il avait fait tout cela pour rien ?

Seul, traversant le palais royal de Naboo, il erra à la recherche d'un endroit où personne, demain ne pourrait le trouver. Les mots de son Maître résonnaient dans sa tête et même le silence qu'imposait ce lieu si noble renforçait cet écho.

« Désormais, tu n'es plus mon Padawan, Obi-Wan, tu n'as plus d'obligations envers moi, tu n'es plus obligé de rester avec moi. Anakin est maintenant mon Padawan. »

Quand Qui-Gon lui avait balancé ça d'un ton détaché et indifférent, il eut l'impression que ces douze dernières années ne signifiaient rien pour lui. Il avait tenté de retenir ses larmes mais il n'avait plus la Force de se contenir, il avait versé des larmes silencieusement, attendant patiemment que Qui-Gon termine sa tirade sur ce qui ressemblait à une admiration sans faille de son Padawan. Chose qu'Obi-Wan n'avait jamais pu avoir.

Puis quand le maître Jedi s'était retourné vers Obi-Wan, lorsqu'il découvrit les larmes qui coulaient de ses joues, il s'était arrêté de parler. Jamais l'ancien padawan n'avait eu honte face à lui.

« Obi-Wan, pourquoi tu…avait-il commencé confus de le voir ainsi.

- Je suis désolé, avait lâché Obi-Wan avant de déguerpir le plus loin possible.

Et il partit le plus rapidement, ne se tournant pas un seul instant, ne s'autorisant en aucun cas à reposer son regard sur l'homme qu'il avait tant aimé et chéri comme un père.

Depuis, Obi-Wan avait évité Qui-Gon avec succès. Il n'était pas cherché sans aucun doute mais cela l'arrangeait, il n'avait plus l'envie, ni la volonté nécessaire pour lui faire face. Il n'avait pas eu le courage de se rendre à la réception d'honneur de la Reine Amidala. Même le Chancelier Palpatine était venu le voir pour l'inciter à se joindre à eux. Mais Obi-Wan avait prétexté une migraine.

C'est donc en pleine nuit, qu'il était sorti de sa chambre. Dans quelques jours, il retournerait à Coruscant et pourtant, cela ne lui apportait rien. Normalement, il aurait été excité à l'idée de rentrer, de se reposer dans ses appartements, de retrouver une civilisation qu'il connaissait mieux. Mais rien de tout cela ne le traversait, il était…sombre, vidé et sans aucune émotion. Il avait l'impression d'être une coquille vide. Ce genre de sentiment venait régulièrement, mais il avait des missions pour oublier, cependant, depuis qu'il avait fait la rencontre d'Anakin, cela le hantait.

Tandis qu'il marchait à l'aveugle, broyé par ses pensées mornes, il entra dans une pièce illuminée par des petites bougies. C'est en voyant ses petites lumières, qu'il se rendit compte alors qu'il était dans une suite luxueuse. Maudissant sa maladresse, il voulut faire demi-tour mais la porte se verrouilla en un clic et il se retrouva enfermé. Il tenta plusieurs fois de l'ouvrir mais rien n'y fait, la porte restait désespérément fermé.

Comment en est-il arrivé là ?

Il priait que la personne qui séjournait dans cette suite ne soit pas une femme, il passerait un mauvais quart d'heure devant le Conseil pour justifier sa mésaventure.

« Obi-Wan Kenobi. » fit une voix sifflante dans son dos.

Un frisson le parcourut, car cette voix n'indiquait pas un ton amical. Méfiant, il pivota sur lui-même, gardant une main sur son sabre laser, cherchant la chaleur dans la Force. C'est là qu'il perçut l'Obscurité, mais elle était tellement minime que s'il ne s'était pas concentré, il ne l'aurait même pas remarqué.

En face de lui, dans un coin du salon, non illuminé, sorti un homme caché dans un grand manteau noir, se fondant dans la nuit.

Très vite, il sortit son sabre, prêt à se défendre devant la menace. La lame bleue de son sabre donnait un aspect encore plus effrayant quant à la situation dans laquelle il se trouvait. Et curieusement, il se fichait de savoir si oui ou non, il allait s'en sortir vivant.

L'autre individu l'imita alors, mais dévoila une lame rouge, qui confirma les soupçons d'Obi-Wan. Il avait en face de lui un Sith, et probablement était-il le maître du Sith qu'il avait tué quelques jours plus tôt.

« Ne vas-tu pas appeler ton maître, ricana le Sith en abaissant son sabre.

Obi-Wan envoya dans son lien un message de détresse, mais l'horreur le saisit quand il découvrit que Qui-Gon avait bloqué le lien, voir l'avait pratiquement détruit. Ce fut si choquant pour lui, qu'il en tituba et faillit lâcher son sabre. Comment allait-il alerter de la présence du Sith en ses lieux ?

La gorge serrée et les doigts empoignant fortement la paume de son arme, il savait que sa vie ne tenait maintenant qu'à un fil. Le Sith marcha vers lui, d'un pas assuré et élégant, preuve irréfutable qu'il avait affaire à un maître et non à un apprenti. Chacun de ses mouvements étaient méticuleusement calculés et il ne faisait aucun effort inutile, fixant le jeune Jedi avec amusement. Sa capuche cachait la moitié de son visage, mais Obi-Wan percevait son sourire malicieux et moqueur.

- Tu ne peux donc pas appeler ton maître, fit-il, comme c'est dommage.

- Je peux te tuer comme je l'ai fait avec ton apprenti, rétorqua Obi-Wan cachant sa crainte.

- Mon apprenti ? Tu veux dire Darth Maul ? Oh, ne t'en fais pas, je suis ravi qu'il ait été tué par toi, Obi-Wan. »

La façon dont il prononça son prénom lui donnait de la chair de poule, comme si son prénom était un mot précieux et rare.

« Veux-tu vraiment me tuer ? continua-t-il.

- Oui, car c'est mon devoir.

- Et si je suis désarmé ?

- Pardon ? »

Le Sith éteignit son sabre, abaissant alors sa capuche, dévoilant son visage au grand jour. Obi-Wan écarquilla les yeux, devant la révélation d'identité du maître Obscur. Il recula d'un pas, ébranlé par la personne qu'il avait en réalité en face de lui. Ce n'était autre que le Chancelier Palpatine, esquissant un sourire charmeur, qui faisait face à Obi-Wan.

« C'est…dites moi que je rêve, murmura-t-il en clignant des yeux pensant à un mirage.

- Mon nom est Darth Sidious, se présenta Palpatine posément.

Le jeune Jedi n'arrivait pas à croire que le Sith se dévoilait à lui, sans aucune crainte, tranquillement, comme s'il allait lui proposer de boire un thé juste après.

- Je dois…vous arrêter, bredouilla-t-il ne sachant quoi dire.

Il se sentait tellement stupide, il était encore surpris d'être encore en vie. Mais à sa grande surprise, Sidious-Palpatine rit doucement.

« Baisse ton sabre, jeune Kenobi, j'ai une offre à te faire.

- Les Jedis ne marchandent pas avec les Sith, répliqua-t-il.

- Je suis totalement d'accord et réciproquement, mais les Jedis ne doivent-ils pas trouver une manière pacifique de résoudre un conflit et en plus de cela, je suis désarmé, je ne veux pas me battre, ce serait un crime pour toi de me tuer. »

Obi-Wan se mordit les lèvres, Sidious avait raison. Tout était inversé, il était armé, le Sith, non. Il voulait le tuer, et l'autre, non visiblement. Agacé par la tournure que cela prenait, il finit par obtempérer et fit disparaître sa lame bleue, mais garda dans sa paume.

Satisfait, le Chancelier Obscur l'incita à venir le rejoindre, sur le canapé où il lui versa…eh bien du thé. Le jeune homme crut définitivement qu'il rêvait, ce n'est que lorsqu'il reçut la tasse dans sa main, bien chaude et bien parfumé, qu'il comprit que c'était bien réel. Un maître Sith lui avait proposé de boire du thé !

Il leva les yeux vers ce dernier, qui l'observait d'un regard si profond qu'il en rougissait presque, évitant immédiatement ses yeux dorés, qui avaient des nuances de bleus.

« Que me voulez-vous ? lâcha-t-il sans même boire une seule goutte de ce liquide à l'odeur agréable.

- Es-tu heureux, Obi-Wan, d'être devenu un Jedi ? »

Il se figea brusquement, ne s'attendant pas du tout à ce genre de question, surtout venant d'un ennemi. C'était bien la première fois qu'on lui demandait cela. Il fronça les sourcils, réfléchissant cependant à la réponse. Normalement, il aurait répondu oui, qu'il était content d'être devenu un Jedi. Mais il se mentait à lui-même, c'était faux. Il ne savait pas ce qu'il ressentait, si ce n'était ce grand vide qui le poursuivait. L'image d'Anakin lui revint en tête, en compagnie de Qui-Gon. Son cœur se serra et un immense chagrin l'envahit.

- Je ne vois pas en quoi cela vous regarde, répondit-il froidement espérant camoufler son émotion.

- Ton bonheur m'importe plus que tout.

- Je ne comprends pas.

- C'est pourtant très simple, Obi-Wan, je t'aime et je veux te rendre heureux. »

A peine eut-il dit cela, que le jeune homme oublia qu'il tenait une tasse dans sa main et elle tomba à ses pieds, se brisant en morceaux. Cela le fit sursauter et il se leva alors, nageant entre confusion, choc et ébahissement. Sidious ignora sa réaction et se contenta d'utiliser la Force pour ramasser les morceaux et les mettre sur la table.

« Ce n'est pas grave, j'en ai encore plein, rassura-t-il devant l'air perturbé du Jedi.

- Si vous voulez me manipuler, Sith, je…ne…je suis la...mauvaise personne, maugréa Obi-Wan.

- Nullement, je ne veux en aucun te tromper, au contraire, je n'ai jamais été aussi honnête de ma vie et pour preuve, que tu es toujours en vie, mon sabre laser toujours à ma ceinture. Je serai même prêt à te la donner si tu la désires.

- Alors donnez-la-moi. » riposta-t-il.

Très calmement, le maître Sith se saisit de son arme et la tendit à Obi-Wan. Voyant qu'il obéit sans contrepartie, le Jedi hésita. Est-ce une ruse ? Allait-il mourir pour s'être fait berné par un Sith ? Et au nom de la Force, venait-il de dire qu'il l'aimait ?

Dans son esprit, tout se mélangeait et il n'arrivait même pas saisir la situation, et à discerner les réelles intentions de Darth Sidious.

« Si tu le souhaites, je peux même te donner le cristal Kyber, poursuivit-il.

Son arme se décomposa, dévoilant la structure qui la composait et exposa la pierre précieuse rouge et brillante qui illumina toute la pièce d'un rouge éclatant, que jamais Obi-Wan n'avait pu autrefois admirer. C'était la première fois qu'il voyait un cristal Kyber d'un Sith, habituellement, il était bleu, comme le sien, inspirant que bienveillance et douceur. Le Cristal rouge, lui, était imprégné de passion et de ferveur.

Grâce à la Force, la pierre vola jusqu'à lui, se déposant entre ses deux mains. Tremblant, il la prit doucement, craignant de la casser, oubliant qu'il était avec un Sith, subjuguer par la beauté de ce cristal.

- Pourquoi…pourquoi me le donnez-vous ? Que voulez-vous ? souffla-t-il levant la tête vers le concerné.

- Je te l'ai dit, je t'aime, Obi-Wan. Quand je t'ai vu pour la première fois sur Coruscant, à ton retour de Naboo, je n'ai pas cessé de penser à toi. J'ai voulu t'éliminer, je l'accorde en utilisant Darth Maul, mon apprenti, mais j'ai été si soulagé de savoir qu'il avait été tué par toi. »

Il fit une courte pause, analysant sa réaction, mais Obi-Wan resta silencieux, attendant la suite de ses paroles.

« Ensuite, j'ai senti ta tristesse et j'ai trouvé cela insupportable, j'ai ressenti une haine profonde envers ceux qui t'ont rendu ainsi, tu ne devrais pas être…malheureux. Et puis, tu es venu à moi.

- Je suis venu…à vous ? Je ne comprends pas.

- La Force t'a mené à moi, ne l'as-tu pas senti ? »

En y réfléchissant, Obi-Wan devait bien avouer qu'il s'est retrouvé sans le savoir là où se trouvait Sidious, un hasard, une maladresse ou bien le chemin de la Force. Difficile à dire.

« Vous aviez voulu vous en prendre à Naboo ? Pourquoi ? Pourquoi avoir organisé tout cela ?

- Je comptais commencer à conquérir la Galaxie en devenant Chancelier, puis ensuite…Empereur, il me fallait réaliser un coup monté. Et j'y suis parvenu.

- Alors vous êtes le responsable, vous…

- Oui, je suis responsable de cela, et je le regrette profondément. »

Au ton mielleux employé, Obi-Wan soupçonna un mensonge.

« Comment pourrai-je croire un Sith ? s'exclama-t-il, vous êtes notre ennemi, depuis toujours, vous avez même commandité ces actes…terroristes !

- Tu disposes de mon cristal.

- Cela n'est pas une preuve, vous pourriez me tuer avec un blaster et…

- Allons, ne rabaisse à ce point…Non, c'est là que ça va devenir amusant, mon cher Obi-Wan. Dans 4 ans, mon mandat se termine et je veux que tu sois auprès de moi.

- Vous voulez que je devienne votre apprenti ? comprit-il amer.

- Non, bien sur que non. Force, non, contesta-t-il scandalisé, je veux que tu deviennes mon époux.

- Pardon ? »

Ses oreilles étaient bouchés, c'était pas possible autrement. Il rêvait, il faut que quelqu'un le frappe. Malgré la chaleur de cristal rouge dans ses mains, il n'arrivait toujours à se réveiller ce rêve cauchemardesque. Sidious s'approcha de lui et tendit la main vers sa joue. Le cerveau d'Obi-Wan lui hurla de reculer, de s'enfuir le plus loin possible, mais son cœur et son corps l'immobilisèrent, il ne bougea pas.

Le Sith se pencha vers lui, soufflant à son oreille, enlevant alors toute hypothèse lui faisait supposer à un rêve ou une illusion.

- Epouse moi et tu pourras veiller à ce que je tienne ma promesse. Epouse-moi et j'abandonne tous mes projets pour veiller à ton bonheur. »