Chapitre 2 : Lumière
Il était complètement perdu. Il ne savait pas quoi penser. Il prit quelques secondes, pour retrouver sa voix et se rappeler qu'il était en présence du Chancelier, qui était en réalité un Sith. Ce dernier jouait avec sa tresse, qu'il approcha de ses lèvres, pour déposer un baiser fugace. L'acte fit rougir encore plus le pauvre Obi-Wan. En plus de cela, la tresse n'avait pas été encore découpé, car la cérémonie devait avoir lieu au Temple. Mais même encore, est ce que son maître voudra bien la découper.
Face à cette réflexion, Obi-Wan lâcha un gémissement sourd, que releva Palpatine.
« Tu n'es pas obligé de me donner ta réponse tout de suite.
- Je vais devoir en parler au Conseil, lança-t-il en reculant pour libérer sa tresse. Elle retomba sur ses épaules et les traits du Chancelier semblaient déçus. Sa main retomba mais il ne perdit en aucune façon sa confiance.
- Les Jedi ne voudront pas te croire, ils sont trop arrogants pour voir la vérité en face, réfuta-t-il avec un rictus amusé.
- Ils me croiront ! insista-t-il, j'ai combattu un Sith et ils me feront confiance, ils m'écouteront.
- Comme tu voudras, mais…n'oublie pas de me donner ta réponse lorsque tu reviendras me voir. »
Le Sith se retira, permettant à Obi-Wan de se diriger vers la sortie, serrant fortement le cristal kyber rouge dans sa main. Il avait cette preuve, c'était assez pour qu'on le croit. Du moins, il l'espérait.
.
.
Le lendemain
Humilié. Honte. Déception. Frustration.
C'était ce que ressentait Obi-Wan, après un échange froid avec Maître Windu et Qui-Gon Jinn. Maître Yoda était déjà retourné sur Coruscant, laissant Mace Windu gérer la suite sur Naboo. Il leur avait informé de son échange avec Palpatine et leur avait révélé sa véritable nature, mais leur réaction n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait. L'inverse se produisit. Ils lui avaient reproché d'accuser le Chancelier sans preuve et que c'est en partie grâce à lui, que Naboo avait pu obtenir des indemnités suite à l'affaire de la Fédération du Commerce. En plus, de cela, il avait apporté son soutien inconditionnel à Padmé Amidala et rien n'indiquait une quelconque animosité, de plus, personne chez les Jedi n'avaient décelé de Force Obscur.
« Est-ce par ce que tu as tué un Sith que tu penses voir des Sith partout ? avait réprimandé Qui-Gon, ou peut être veux-tu obtenir mon attention ?
- Il me semble, Jeune Jedi, que ta victoire contre le Sith t'est montée à la tête, avait approuvé Mace soutenant les dires de son ami, il va falloir travailler ce trait de caractère.
- Je suis déçu de toi, Obi-Wan.
- J'ai le cristal Kyber de son sabre ! s'était écrié Obi-Wan dévoilant la dernière pièce.
Les deux Jedi l'avaient regardé et puis, ils lui avaient jeté un regard qu'il n'oubliera jamais.
« Ceci provient certainement du sabre du Sith que tu as combattu, c'est inévitable, de plus, je ne ressens rien de sombre, provenant de cette pierre, déclara Mace.
- Mais…
- Cela suffit, Obi-Wan, tu t'es assez montré, ce comportement n'est pas digne d'un Jedi, termina Qui-Gon, lorsque nous serons sur Coruscant, nous en parlerons au Conseil. »
Il était parti la queue entre les jambes, retenant ses larmes, car oh non, il ne se permettrait plus de pleurer devant son ancien maître. Voir Qui-Gon indifférent était pire qu'autre chose, comme si leur discussion de la veille n'avait jamais eu lieu.
Il ne s'était jamais senti aussi mal que maintenant, et il avait trouvé refuge dans les jardins du Palais de Naboo. Ce bienfait végétal était probablement plus apaisant que le contact d'un confrère ou d'une consœur. Il venait de creuser sa propre tombe et n'était même pas sur d'obtenir le véritable titre de Jedi. Officiellement, il était Jedi, Maître Yoda l'avait clairement accordé, même sans la cérémonie. Le comportement accusateur lui risquerait une suspension temporaire des missions et une méditation journalier avec un membre du Conseil. Et pour couronner le tout, tout le monde au Temple serait au courant de sa sanction.
Finalement, Sidious avait eu raison. Personne ne l'avait cru.
Alors qu'il était assis sur un banc, admirant l'étang du jardin fleuri, une voix familière l'interpella et il releva la tête.
Sheev Palpatine, alias Darth Sidious, se présenta à lui, s'approchant, puis s'asseyant à ses côtés. C'était toujours aussi étonnant de voir qu'il n'était pas capable de le sentir. Obi-Wan analysa la Force et retrouva très peu de résidu de Force autour du Chancelier, comme s'il était un humain normal sans aucune once de midi-chlorien.
« J'ai entendu dire que tu m'accusais d'être un Sith, dit-il doucement.
Le jeune homme avait l'impression que le Chancelier était véritablement un non-sensible, à croire qu'il ne lui avait jamais parlé hier soir !
- Vous aviez raison, ils ne m'ont pas cru, lâcha Obi-Wan amer, ils…pensent que je fais ça par arrogance, par demande d'attention.
- Tu ne les mérites pas, mon cher, assura Sheev en lui prenant la main droite tendrement.
Embarrassé, le Jedi voulut la retirer mais tout à coup, une Force affectueuse s'empara de lui, l'enveloppant dans une bulle protégée par des barrières solides et chaudes. C'était énivrant et agréable. Un câlin de Force envoyé par Palpatine.
Un baiser fut déposé sur sa main, déclenchant un rougissement terrible à Obi-Wan, qui crut défaillir.
« Vous êtes une menace pour les Jedi, résista-t-il malgré lui, je ne peux…
- C'est pourquoi, tu dois accepter le mariage, tu resteras à mes côtés et veilleras à ce que je ne fasse de mal à personne, et si tu auras l'occasion de me tuer, quand tu veux. »
C'était un chantage complètement délirant. Quel genre de Sith ferait une chose pareille à un Jedi ? Sauf si c'était un obstiné taré comme…Darth Sidious. Néanmoins, si personne ne l'écoutait, si personne ne l'aidait, il était le seul à connaître la vérité et le Sith avait raison, s'il se mariait avec lui, il pourrait le surveiller, voire l'arrêter si jamais il prenait trop de pouvoir au Sénat. Avec un peu de recul, c'était une bonne idée, quels étaient les véritables intentions du maître Sith ?
« Pourquoi moi ? questionna-t-il.
- Eh bien, parce que tu es l'être le plus lumineux que je n'ai jamais vu et je te trouve tout bonnement adorable, répondit Palpatine tout simplement. Si simplement, qu'Obi-Wan avait du détourné le regard tellement il était gêné.
Force, il était en train de céder complètement, jamais quelqu'un ne lui avait manifesté une telle tendresse et une telle gentillesse, même Qui-Gon qui pourtant avait partagé la moitié de sa vie. Mensonge ou pas, cela faisait du baume au cœur du Jedi, cœur qui avait été meurtri assez régulièrement ses derniers temps.
« Vous me demandez de vous épouser, mais…je…je ne vous connais pas, avant que l'on se marie, on dois se connaître et…bredouilla-t-il, avoir des rendez-vous. »
C'était du moins ce qu'il croyait, il avait du holofilms parlant de romance et c'était d'abord des dates, puis des soirées en tête et…Le cerveau d'Obi-Wan s'enflamma lorsqu'il réalisa que « mariage » signifie aussi « relations sexuelles ». Est-ce que c'est ce que voulait Palpatine ? Avoir des relations sexuelles avec un Jedi ?
Ce n'est pas qu'il avait peur de cela, mais disons qu'il n'y avait jamais pensé. Au temple, c'était pratiquement un sujet tabou, même Qui-Gon qui était pourtant l'un des Jedis le plus non-conventionnel n'avait émis d'avis sur ce sujet et n'en avait jamais parlé. Les Jedi étaient-ils tous vierges ? Obi-Wan pourrait répondre que oui, mais son ignorance ne lui permettait pas d'y répondre franchement, car nombreux étaient les secrets étouffés par le Temple.
« Evidemment, que nous aurons des rendez-vous, sourit Palpatine, je ne veux en aucun te forcer à quoique ce soit, la seule chose que je souhaite, c'est ton amour.
- Mon…amour, répéta Obi-Wan en clignant des yeux, mais l'attachement est…interdit.
- Il est clair que si tu acceptes de m'épouser, tu seras obligé de quitter l'ordre. »
Obi-Wan avait complètement oublié ce point. Mariage signifiait aussi son retrait de l'Ordre, tout ce qu'il avait fait jusqu'à maintenant, ne servirait plus à rien. Il ne serait plus un jedi, mais l'époux d'un Sith. Cela ne lui plaisait guerre, mais en pensant à ce qui s'est passé plus tôt, il n'allait pas le regretter. Curieusement, c'était un plan qui était attirant, plus de masque à porter, plus d'effort à fournir pour des résultats inexistants, plus de pression, plus de Qui-Gon indifférent, plus de larme versé inutilement.
« Si je vous épouse, combien de temps aurons-nous pour faire connaissance ?
- Le temps nécessaire, déclara-t-il, je te l'ai dit, je ne veux pas te forcer, si c'est de temps dont tu as besoin, alors j'attendrai. Mais si tu acceptes maintenant notre accord, afin que tout cela se passe en bonne et due forme, tu devras annoncer au Conseil que tu quittes l'Ordre, ensuite tu seras sous ma charge.
- Sous votre charge ?
- Avant notre mariage, je t'offrirai un lieu de vie, celui que tu veux, et tu pourras obtenir le métier que tu souhaites, afin de patienter, je sais que tu aimerais jouir de ton indépendance. Car lorsque nous nous marierons, tu vivras chez moi. »
Les conditions étaient acceptables, voire avantageuses, et Obi-Wan était de plus en plus surpris par la générosité du Sith, il semblait qu'il avait étudié le Jedi et devinait que ce dernier accepterait difficilement la situation de couple. Mais s'il devait surveiller Sidious, il devrait rester constamment auprès de lui.
« J'accepte, proclama Obi-Wan, mais vous ne devez pas oublier votre engagement, vous devrez terminer votre mandat sans renouvellement.
- Cela va de soi.
- Quant à moi, je quitterai l'Ordre, mais je vivrai chez vous, vous devriez me préparer une chambre et je serai votre conseiller personnel, je ne vous quitterai pas des yeux, je surveillerai vos moindres faits et gestes. » fit-il déterminé n'oubliant pas qu'il avait en face de lui un maître Sith.
Ce dernier éclata de rire et dans un élan rapide, qu'Obi-Wan n'eut pas le temps de voir, il l'attrapa par la taille pour l'enlacer et déposa un baiser sur son front. Le jeune homme se laissa faire, car ses bras si chauds étaient agréables et affectueux et il n'eut pas le courage pour le repousser.
Un vent doux et frais souffla sur eux, comme si le Jardin du palais les félicitait pour cette accord pacifique entre un Jedi et un Sith. Puis, dans un souffle, Obi-Wan entendit ces mots :
« Je te donnerai tout ce que tu voudras, Irus' »
Il fronça les sourcils, puis fixa le Chancelier dans l'incompréhension.
« Irus' ? Qu'est ce que ça veut dire ?
- En langage Sith, cela veut dire « Lumière », j'ai envie de te donner ce petit surnom.
- Je ne suis pas un Sith.
- Mais j'en suis un, et je trouve que ce nom te va tellement mieux. »
Même si Obi-Wan était attaché à son éducation Jedi, il ne pouvait s'empêcher d'apprécier intérieurement ce petit pseudo affectueux que lui avait donné Sidious.
Ayant terminé leur conversation, tout cela l'avait épuisé et il devra faire face au retombée de sa tentative d'alerte ainsi que son retrait de l'Ordre, il soupira et s'écarta de lui, se libérant de son emprise. Cela dérouta Palpatine, qui lui attrapa le bras.
« Où vas-tu ?
- Je suis encore un Jedi, Chancelier, rappela-t-il avec une grimace, je vais devoir faire les démarches pour quitter l'Ordre, répondit-il.
- Oh, je vois.
- Ensuite, je serai à vous, mais pour l'instant, je ne peux pas quitter ma famille si brusquement.
- Très bien, je t'attendrai alors sur Coruscant, mais avant ça… »
Encore une fois, il s'approcha d'Obi-Wan, qui releva un sourcil, se demandant à nouveau ce que Sidious souhaitait.
« Peux-tu m'embrasser ? »
Le visage du jeune Jedi s'empourpra alors et l'embarras le saisit, si bien que cela amusa Palpatine. Au lieu de lui répondre et d'exaucer son souhait, Obi-Wan s'écarta et s'éloigna en courant, tout en criant :
« La prochaine fois ! »
Observant la fuite du Jedi avec allégresse, Palpatine esquissa un sourire satisfait. Tout s'est déroulé comme il le voulait, Obi-Wan avait accepté, c'était un grand pas pour leur couple, et un jour, il tombera amoureux de lui, c'était certain. Il sera patient, il sera un bon petit ami, puis un bon mari pour son amour, pour son Jedi, pour son Irus'.
