SALUT LES POTOS!
Oui ça va faire un mois. Chhhhhhut.
La dernière fois, on vous laissait avec… Beni qui fait coucou à Kenpachi, Akon et Shun qui sortent Tachikaze du monde intérieur de Kensei et Shun qui du coup a très très beaucoup la haine vis-à-vis de Kazeshini, qui voulait garder Tachi dans sa bulle à elle… et aussi Kensei et Shuuhei à l'hosto avec Shuu. Ouaiiiiis, y s'passe plein de trucs.
En le relisant, j'ai coupé quelques paragraphes (ce qui ne m'arrive quasiment jamais… je sais que parfois, y'en a certains que je pourrais couper parce qu'ils sont redondants ou peu utiles ou juste teubés mais je déteste vicéralement couper dans mon texte donc ouais, c'est giga rare)
– Ce qui veux dire que toutes les conneries débilement débiles dont tu les affliges, tu pourrais les enlever en fait…?
Ben… ouais?
– Damn. J'reconnais que t'as que deux neurones, mais t'as un côté sadique d'infliger ça à tes trois lecteurs quand même.
Oh l'autre, eh! Ils sont pas trois!
– Bon bon j'avoue, c'était méchant.
Et toc.
– Ils sont que deux à te lire et tu le sais.
*explosion thermonucléaire dans le cul de Lulu*
(héhé en vrai je sais que vous êtes une quarantaine à lire chaque chapitre, je le vois dans les stats même que ça me fait sourire comme une teubé)
Bref, tout ça pour dire qu'à la base, j'ai eu du mal à l'écrire, pas parce qu'il était complexe à pondre mais parce que mon moral était un peu au fond du trou – d'où aussi le bon gros hiatus d'un mois depuis le dernier chapitre, désolée, j'vous aime, bisous, j'fais ce que je peux.
J'espère que ça ne se sentira pas trop et que vous kifferez tout de même votre lecture!
Allez, bonne lecture très chers gens qui déchirent tout!
Juste un p'tit trigger warning à cause de Shun et de ce qu'il aime bien faire aux gens, donc y'a du descriptif gore. Voili voilou, c'est pas non plus toute une scène mais quand même, je préfère prévenir.
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Discalibur : là-dedans, vous trouvez mes persos plus ou moins futés et plus ou moins bien équipés pour la survie… pis ceux de Bleach, de Tite Kubo, comme toujours!
145. Adieu Beni la fouine, v'là Beni le moustique éclaté…
Seireitei, quartier est. Benikyogai Benitsuki Shiba Amaikoddoku.
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La lame froide de mon sabre fend l'air à une vitesse folle, loin de ce que j'aurais jamais pu obtenir avec une arme aussi lourde que Kamishini. Tout mon corps suit le mouvement en une parfaite rotation aérienne. Jouant avec mes quelques 80 kilos de pur muscle vikinguesque, j'appuie mon attaque et décuple encore son impact, venant percuter violemment le long sabre à la lame ébréchée qui ne cesse de bloquer chacun de mes coups.
Sans marquer de temps mort, je fais pivoter tout mon torse et lance mon bras gauche en avant, visant la mâchoire de mon adversaire du fourreau de mon sabre. Si je parviens à le frapper là avec un impact suffisamment puissant, ça devrait lui bousiller le sens de l'équilibre, ce qui me filerait un bon coup de main – ou au minimum juste le sonner un peu, juste un petit peu, n'importe quoi, même un pouillème de petit peu, je prends.
Mais il lui suffit d'un simple mouvement du haut du torse, bougeant beaucoup trop vite pour l'impressionnante carrure qu'il se trimballe, pour esquiver mon attaque. T'en fais pas mon gros oursin de mer, j'en ai encore un paquet en réserve rien que pour toi ! Yataaah !
Sans même remettre le pied par terre, j'enchaîne avec une énième pirouette en plein air – c'est fou à quel point mes mouvements ont gagné en vitesse et en réactivité sans Kamishini pour faire mumuse avec la gravité. Bon, sans ma chère arme de prédilection, j'ai pas mal perdu au niveau de l'impact de mes coups quand même, faut pas déconner. Si j'arrive à le chopper avec Brindille, ce qui n'a clairement pas l'air d'être sur le point d'arriver dans les secondes à suivre soyons honnêtes, ça va clairement moins picoter que si c'était avec Kamishini que j'venais lui chatouiller le museau.
Alors ouais, je sais, je sais, vu la carrure et la dégaine de mon adversaire, le terme de museau n'est pas franchement celui qui correspond le mieux. Sauf qu'aux dernières nouvelles, c'est toujours comme ça qu'on appelle le bout du nez des grands fauves. Et le mec face à moi, c'est plutôt ce type-là : un grand baraque bardé de muscles avec le super bonus du « est capable de ravager une ville entière à lui tout seul en trois minutes chrono ». Ma tronche déjà à moitié momifiée et moi, on adore.
Son poing gauche part brusquement et me choppe en plein vol alors que je m'apprête à contre-attaquer. De justesse, je parviens à dévier le gros de l'attaque en me servant du fourreau de Brindille et en tordant tout mon corps dans les airs une énième fois en mode Beni l'asticot sous crack.
Ça n'empêche pas que je me bouffe une bonne grosse partie de l'impact sur le haut de l'épaule. Ben putain j'peux remercier l'enseignement de Maman en matière de blocage et d'esquive parce que j'pense que sans ça, Mister Oursin de Mer m'aurait déboîté ladite épaule sans trop de difficultés. Même que j'aurais douillé ma race quelque chose d'assez sublime.
De deux bonds vifs en arrière, je mets quelques mètres en nous histoire de me sortir quelques secondes de sa zone d'attaque – étonnamment grande pour un type aussi massif et lourd – et je repars aussitôt en avant, changeant d'angle d'approche. Il a beau être bien plus vif et rapide que ce à quoi je pouvais m'attendre pour un gars de deux mètres et quelques de haut et probablement pas loin des cent kilos de muscles taillés pour écraser des gens à mains nues, je reste bien plus petite et vive que lui.
Vu le peu d'avantages que j'ai contre lui, j'compte bien me servir à fond de ma vitesse d'autant plus qu'elle est décuplée par l'absence de Kamishini, façon fouine sous stéroïdes bien décidée à se farcir le putain d'ours en face. Parce que ouais, ce type, c'est un putain d'ours. Un balaise en plus.
Bien évidemment, il ne se métamorphose pas en vrai bestiole comme ma chère Tora, l'unique et inimitable métamorphe badass de nos Montagnes, mais j'peux vous assurer que l'idée est bien là. Sûr, il n'a pas de crocs, de griffes ou de fourrure et tout le tintouin. Au contraire, il se tient sur deux pattes, a un magnifique uniforme de mimigami agrémenté d'une veste blanche qui a l'air plus casse-couille qu'utile – tiens, le même que celui qui voulait emmener Tora avec eux… j'sais pas, ça doit être une caste à part de mimigamis qui aiment bien se trimballer avec leurs serpillières persos sur le dos, quelque chose comme ça – une bonne grosse tronche de type ayant passé les trois quart de sa vie sur des champs de bataille et le dernier quart restant à décapiter des gens à mains nues, ça ne change rien au fait que là, tout de suite, mon instinct me hurle la même chose que la fois où je me suis retrouvée face à face avec Maman Ourse Enragée Sa Mère Quelque Chose de Balaise – ouais, c'est la fois où elle et Tora se sont maravé la face tout en ravageant un flanc entier de la montagne, ma pote a pas trop apprécié que l'ourse tente de me croquer un bout de la tête. Je vous jure que ce type, c'est une bête sauvage à visage humain.
J'ai beau ne pas être particulièrement petite et même plutôt grande pour une nana, rien à faire, à côté de lui, j'me sens riquiqui. Et j'vous dit ça en tant que nana qui se fritte avec des machins de 30m de haut pour l'amour du sport hein. Ben rien à faire, il a beau ne faire « que » deux mètres de haut à vue de nez, en termes de présence et d'aura, il en impose carrément plus que n'importe lequel des cousins vénères de Platon-ta-mère. En théorie, plus un machin est gros et moche, plus il est dangereux : un hollow massif dont la tête bardée de crocs trône quelque part huit mètre au dessus de la cime des arbres, c'est plus dangereux qu'un lapinou tout doux tout chou qui tiens au creux de la main, on est bien d'accord.
Ouais ben là, face à ce gars, ça marche pas du tout. J'ai croisé bieeeeen plus gros et bien plus moche que lui dans ma longue vie de créature mononeuronale se foutant dans toutes les emmerdes possibles qui passent à ma portée avec un talent qui frôle le génie mais rien à voir avec ce type avec lequel je tente plus ou moins de me bastonner en ce moment. Clairement, de tout ceux que j'ai pu affronter, c'est lui le plus dangereux de mes adversaires et il n'y a guère de doutes à avoir sur ce sujet, croyez-en l'experte de la baston que je suis.
Au début, j'ai cru que c'était juste une simple brute, du genre qu'on croise facilement au Rukongai, surtout dans les derniers districts. J'rappelle qu'en même que le type a quand même déglingué une tour entière juste pour me faire descendre. Niveau siphonné façon Rukongai ouais ça se pose là. On en trouve de temps en temps, des types comme ça, débilement balaises, qui ravagent tout sur leur passage et qui ne semblent vivre que pour se battre.
Bon, ils ne sont pas non plus particulièrement courants, faut pas abuser, mais ces gens-là sont de purs produits du Rukongai. Ils n'ont… ni morale, ni remords, agissent comme bon leur semble, exterminent quiconque se dresse sur leur chemin. Ils n'ont peur de rien, ne craignent plus rien, même pas de crever et ne sont plus vraiment humains, au fond. Des coquilles vides pleines de rages, presque comme des bêtes devenues folles, ils errent à la recherche de nouveaux adversaires à écraser, de nouveaux combats pour pouvoir se déchaîner et se rappeler ce que ça veux dire, se sentir en vie. Ils ont juste encore une apparence humaine mais… c'est comme s'ils étaient déjà à moitié morts, un peu. C'est la sensation qu'ils me donnent en tout cas.
Puissants comme pas permis, retors, ils attaquent aussi bien pour tuer que pour détruire et j'avoue que mon adversaire du jour me les rappelle fortement. Sauf que lui, il se rappelle parfaitement ce que ça veux dire, se sentir en vie. Ce n'est pas une pure bête sauvage, folle de destruction et de ravage qui attaque sans distinction et sans réfléchir. N'empêche qu'il y a quelque chose de ce côté fou et sauvage en lui. Franchement, j'suis quasi prête à parier qu'il a beau porter l'uniforme des mimigamis et se trouver au cœur du Seireitei, il vient de nos districts reculés du Rukongai, clair et net.
Il y a en lui cette force folle et sauvage qui ne semble demander qu'à sortir et à se déchaîner et pourtant, il est parfaitement en contrôle. Et je me doute bien que pour l'instant, je n'ai eu qu'un bref aperçu de sa puissance. Il est bien loin de se donner à fond contre moi, aucun doute là-dessus mais je n'ai guère de doutes sur l'étendue de cette puissance sous-jacente que je peux percevoir à chaque coup, à chaque échange de poings ou de sabre. Ce type-là, il est monstrueusement puissant. Et clairement, Super Beni ne fait pas franchement le poids contre lui pour le moment.
Prenant appui sur le bout du fourreau de Brindille, je fais basculer mes pieds en une vive torsion et tord brusquement tout mon corps en deux, abattant avec force mon sabre sur lui, tentant cette fois un coup en latéral. Normalement, avec un geste comme ça, j'te découpe un fils de pute en deux façon saucisson cheapos, de l'épaule au bassin. Bon, sans le poids de Kamishini – et en plus en maniant l'arme à une seule main – je n'aurais peut-être pas la force de le trancher net jusqu'à la hanche, mais sur un gabarit comme le sien, je devrais au moins trancher dans l'épaule et lui chopper au minimum un bon poumon et demi et peut-être lui bousiller la colonne vertébrale également si je gère vraiment bien mon coup.
Sauf que bien sûûûûûûr, éviiiiidemment, son sabre remonte plus vite que mon regard ne peux suivre son mouvement, glissant contre ma lame en un sifflement aigu, et Brindille se fait dégager violemment. J'ai tout juste le temps de jurer mentalement contre mon énième coup raté que son pied remonte dans les airs et vient me percuter avec force en plein dans le bide, perçant à travers ma garde sans effort. Le choc me coupe le souffle et surtout, m'envoie bouler quelques mètres plus loin, un mur frêle venant brusquement m'arrêter. Un bref cri de douleur franchit mes lèvres alors que mon dos tout entier bombarde ma cervelle de signaux douloureux. Et allez c'est reparti pour un tour ! Putain ça douille !
C'est pas comme si j'avais déjà le corps à moitié en mode kit, merci beaucoup, mon but c'est pas non plus de revenir auprès de Tora en version puzzle. Heureusement, mon dos tiens le coup et à part la douleur, je n'ai pas choppé trop de dégâts. Enfin, c'est ce dont je m'auto-persuade, on verra plus tard pour les détails hein. Une énième fois, je remercie mentalement Maman et les heures qu'elle a pu passer à me coller rouste sur rouste quand j'étais gamine, forçant mon corps à assimiler tout un tas de réflexes défensifs.
– … mouais, m'est quand même avis qu'elle aurait pu trouver une autre méthode.
Y'a qu'en forgeant qu'on devient forgeron mon p'tit pote !
– … t'avais 7 ans !
Eh, faut bien commencer tôt, que veux-tu ! En attendant, qu'on valide ou pas la pédagogie de ma chère môman, au final, faut bien reconnaître qu'elle a bien fait son taf.
– … ah ?
Sans son entraînement et ses heures passées à me transmettre tout ce qu'elle savait en termes de baston, il me paraît assez évident que Mister Oursin de Mer aurait déjà fait passer Super Beni de vie à trépas. Parce que bon, d'accord, d'accord, j'suis balaise… mais surtout j'suis balaise pour quelqu'un du Rukongai. Merde, j'ai beau ne pas me trimballer avec des muscles de partout et une tronche de Conan le Barbare avec ovaires, je connais pas grand-monde par chez-nous qui soit capable de se fritter avec des hollows comme je le fais.
J'suis Rukongai-balaise, aucun doute là-dessus. Par contre, Seireitei-balaise… là j'ai déjà franchement plus de doutes.
Et autant y aller uniquement à l'instinct et se contenter de cogner sur le truc jusqu'à ce que le truc en question crève comme une merde, ça suffit au Rukongai et dans nos montagnes, autant contre les mimigamis, ça va clairement pas suffire. Tenez, prenez Tora par exemple : en tant que métamorphe, elle est débilement balaise dans le Rukongai, mais ici, face à ce gars, elle n'aurait pas tenu trente secondes. Et je ne dis pas ça méchamment hein ! Tora est forte, aucun doute là-dessus. Ce qui lui manque par rapport à moi, c'est la technique.
Se fighter ici sans technique, s'ils sont tous du gabarit du gang des hérissons pervers ou de Mister Oursin de Mer, m'est avis que c'est clairement suicidaire. Or ça tombe bien, Maman m'a littéralement biberonnée à la technique. Et j'ai zéro envie suicidaire, Tora me l'a formellement interdit. Donc j'ai pô l'choix.
Pivotant à nouveau sur l'axe de mon corps, j'abats brusquement mon tibia sur ses flancs tout en déviant son attaque au sabre du fourreau de Brindille, me servant dans le même temps de la lame pour viser cette fois sa gorge. Concrètement, je sais bien que si je m'arrête cinq secondes pour cogiter, il apparaîtrait assez évident que ce coup-là a très peu de chances d'atteindre sa cible. C'est donc sans grande surprise que mon coups est paré sans grande difficulté. Mais merde à la fin ! LAISSE MOI TE TAPER DESSUS, BORDEL!
Sans marquer de temps mort en espérant le prendre de court – on sait jamais, un miracle ou je ne sais quoi – j'enchaîne aussitôt avec une botte particulièrement vicieuse que Maman a passé des heeeeeures à m'enseigner… Ou plutôt, j'essaye de placer cette putain de botte qui aurait dû me permettre de lui découper joliment le crâne en deux, d'un bout de la mâchoire jusqu'à l'oreille de l'autre côté en un beau geste bien stylé.
Avant même que le tranchant de Brindille ne puisse pénétrer dans son espace vital, l'espèce de machin aussi large qu'une plaque d'égout qui lui sert de main jaillit en avant et d'un ample mouvement du torse, il la projette droit en direction de ma tête.
M'attendant à un coup de poing en pleine face et étant déjà à moitié pliée en deux dans les airs en mode fouine vicieuse de l'espace, je replie aussitôt ma jambe droite, ramenant mon tibia le plus haut possible pour bloquer le coup tandis que je tends ma jambe gauche vers le sol, me procurant un appui qui devrait m'empêcher de voler trop loin en arrière sous l'impact.
Sauf qu'avant que je comprenne comment il fait au juste pour passer outre ma garde comme si j'étais un vulgaire bambin à qui il se contentait de piquer son goûter, je me prends l'impact en pleine poire.
La dernière chose que j'ai le temps de voir, c'est sa putain de grande paluche arrivant droit sur moi, partant visiblement plus pour un coup avec la paume qu'un bon vieux coup de poing des familles. Eeeeet là aussi, je me plante. C'est pas un coup nan, c'est une prise.
J'ai à peine le temps de capter qu'effectivement, il vient tout connement de me chopper la tête d'une main que ses doigts se mettent à appuyer avec une force de grizzly sous stéroïdes sur les côtés du crâne, m'arrachant un cri de douleur. Putain, déjà que je ne me tamponne pas la cervelle la plus compétente de ce quadrant de la galaxie, si en plus il se met à suffisamment m'appuyer dessus jusqu'à me foutre le cerveau à l'étroit, ça va pas le faire !
– AAAAAAAAH !
Sans même que j'y fasse attention, mon cri de douleur vire au hurlement et la douleur explose en un milieu d'étoiles derrière mes yeux plongés dans le noir.
« Microbe… dans un combat, ne perds jamais le nord. »
Ben écoute Maman moi j'veux bien mais là J'AI MAL LA PUTAIN DE MA RACE !
Avec la sensation de me brûler le demi-poumon qui me reste à hurler ainsi comme une damnée, le crâne pris dans un putain d'étau impitoyable, mon cerveau se noie en entier dans la douleur… la douleur et la peur.
Je veux pas crever, je veux pas crever, je veux pas crever ! Je veux revoir Tora putain, c'est tout ce que je demande !
« Ne perds pas le nord, microbe ! »
– TA GUEULE MAMAN! je beugle à pleins poumons, la douleur, la rage et la frustration s'accumulant en un résultat plutôt explosif.
À l'aveugle, je ramène violemment Brindille vers l'endroit où devrait se situer son putain de bras qui me tient quelque chose comme une dizaine de centimètres au niveau du sol tout en lançant ma main qui tient le fourreau en avant, visant de mon mieux la zone où sa présence spirituelle me paraît la plus présente, la plus condensée, partant du principe que ça doit être là que j'ai le plus de chance de chopper soit sa tête soit son torse.
Mais j'ai beau me démener comme une dingue, mode fouine qui vient de se sniffer quelque chose comme trente-six kilos d'héroïne pure en moins de douze secondes, hurlant comme une tarée ayant les couilles coincée dans l'embrayage d'un tractopelle la moindre connerie qui me passe en tête – c'est-à-dire énormément et franchement, ça doit tenir plus du viol auditif qu'autre chose à ce niveau-là – le tout en essayant de garder comme je peux la douleur à l'écart le temps que j'arrive à me sortir de ce piège à rat, rien à faire, Mister Oursin de Mer me lâche pas.
Et moi, j'arrive pas à le chopper, que ce soit de Brindille, de son fourreau ou de mes pieds pourtant en mode Super Distributeur de Tatanes Décolleuses de Têtes, quoi que je fasse mes coups sont immanquablement déviés quand ils ne rencontrent pas purement et simplement le vide.
– Oh mais ferme-là deux secondes sérieux, tu m'casses les oreilles….
Immédiatement, sa poigne se resserre et il applique un fort mouvement en arrière – ou en avant pour moi, enfin, ça dépend dans quel sens on regarde quoi – puis… ben il m'envoie voler.
Littéralement. Il me balance à travers les airs.
Allez zou, et une Beni la fouine aéroportée, une !
Balancée à pleine vitesse telle une vulgaire balle de tennis mâchouillée à mort par un clébard teigneux, mon long cri meurt tout seul dans ma gorge, mes poumons se vidant brusquement de tout air. Au moins, la douleur qui tentait de m'écrabouiller les derniers neurones restant sous ce qui me semblait être des parpaings portés à rouge cesse et c'est déjà pas mal. Faut voir le positif. Mais putain, vu la vitesse j'vais prendre cher à l'atterrissage… !
Tentant de mon mieux de reprendre mes esprit malgré la douleur et le choc, je tente de basculer mon corps de sorte à ce que mes jambes puissent absorber un max l'impact de ma chute lorsque soudainement un mur debout au milieu de nulle part me prend de court et je m'éclate violemment contre en un fracas de pierre – et d'os à tous les coups – qui se brisent. Je m'effondre au sol, de même que les débris dudit mur se mettent à leur tour à tomber, martelant le sol avec force.
– Adieu Beni la Super Fouine, v'là Beni le Moustique Éclaté… ai-je à peine le temps de marmonner, la bouche pleine de sang.
Puis je m'évanouis comme une pauvre merde.
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Bureau central du laboratoire n°2 du Bureau de Développement Technique du Gotei 13. Shun Dosaimeki.
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Mon poing fermé s'écrase avec force sur cette paroi transparente qui me sépare de ma proie. Ses yeux noirs d'ordinaire si fins ne cessent de s'écarquiller de peur – elle n'est ni stupide, ni naïve alors oui, évidemment, elle a peur – mais c'est à peine si je le remarque.
D'ordinaire, je m'en délecterai. Je savourerai chaque instant de cette délicieuse terreur comme le plus parfait des mets, comme la chose la plus enivrante qui soit en ce bas monde. Cette peur dans les yeux des gens, surtout lorsqu'ils comprennent ce que je m'apprête à leur faire et que non, quoi qu'ils fassent, ils ne pourront pas échapper à ce prédateur aux yeux bleus qui brillent d'une lueur folle juste devant eux.
Ils sont entre mes mains, piégés entre mes serres, à deux doigts de perdre toute leur humanité dans des tourments de douleur et de souffrances qui leur feront oublier jusqu'à leur nom, jusqu'à ce que leur cœur cède et mette fin à cette délicieuse agonie dont je me repais goulûment. Ils sont à ma merci et leur sang inonde leur corps et tache le mien, hurlant de ce bonheur si grand. C'est… jouissif, oui.
Voir quelqu'un se briser devant moi, os par os, membre par membre, c'est merveilleux. C'est obtenir un nouveau jouet chaque fois différent pour mieux le réduire à néant et il n'y a guère mieux que ça. Voir leur visage se tordre toujours plus sous la douleur infligée, voir le moment exact dans leurs yeux où ils comprennent vraiment, pour de bon et jusqu'au plus profond de leur âme qu'il n'y a plus aucun espoir, aucune chance que quiconque les entende et vienne à leur secours ou qu'un miracle survienne et vienne tirer leur misérable existence loin des griffes du monstre fou dans lesquelles ils sont tombés si bêtement, c'est le plus beau des délices qui soit.
Les os qui se brisent, les articulations qui se disloquent, la chair qui s'ouvre et saigne, béante et rouge, le sang qui ne cesse de couler, les poumons qui s'affaissent, les yeux qui se crèvent ou s'arrachent, les cordes vocales qui se déchirent et se brisent et la voix qui se meurt dans la gorge comprimée, compressée, broyée, grande ouverte et béante… qu'y a t-il de mieux que ça ? Rien, absolument rien.
L'être humain est le jouet le plus délicieux qui existe ici bas, et je n'ai aucun doute là-dessus. Le seul soucis, c'est que certains se brisent un peu trop vite. C'est frustrant de commencer à s'amuser, de sentir cette euphorie folle qui monte, qui monte, qui monte… tout ça pour que leur cœur lâche subitement alors que les réjouissances principales n'ont même pas encore commencé. Si fragiles, si fragiles…
Mais cela fait aussi partie du charme de la chose, je suppose. C'est un jeu, un complexe jeu d'équilibre et d'esthète où un rien peut y mettre fin bien trop facilement, bien avant que je sois réellement satisfait. De temps en temps, il arrive qu'un de mes jouets survive jusqu'au moment où j'ai fini de prendre tout ce que je voulais, où je me suis repu tout mon soûl de sa souffrance et de sa peur et où il est encore en vie. C'est extrêmement rare, probablement moins que mes dix doigts, mais oui ça m'est déjà arrivé. Généralement dans ces cas-là, j'enfonce juste un de mes scalpels à travers à travers leur cervelle via un des orbites ou directement à travers le cœur pis je m'en vais comme si de rien n'était, étant déjà passé à autre chose. Pourquoi m'attarder alors que j'ai obtenu ce que je voulais ?
Mais la plupart du temps, ils crèvent au moment où je l'ai décidé, pour mon apothéose, dans un somment de douleur magnifique. Et je fais toujours tout pour retarder le plus possible ce moment, étirant au maximum la souffrance et l'agonie et mon bon plaisir. Tout se fait selon mon bon plaisir. Je savoure les choses, tout simplement. Je prends mon temps et je pourrai presque dire que lorsque j'ai mis la main sur quelqu'un, prendre mon temps devient la règle d'or. Mais pas aujourd'hui.
Oh non, pas aujourd'hui. Pas pour elle.
En temps normal, bien sûr que je… je prendrai mon temps pour la violer de la plus immonde des manières, pour la torturer le plus lentement possible. Je prendrai mon temps à briser ses doigts un par un, disloquer ses jambes avec une atroce lenteur, briser chacune de ses côtes avec un plaisir chaque fois plus grand, arracher sa langue, trancher dans sa chair de lents et tortueux mouvements de scalpel. Oh que oui, je prendrai mon temps pour briser cette vie, de mes mains détruire ce corps selon mon bon vouloir… en théorie.
Là, tout de suite, ce n'est pas du tout ça qui m'anime. Ce n'est pas la recherche de mon plaisir, l'envie de m'amuser et de savourer ce que j'aime le plus au monde qui prévaut, oh que non. Que dalle, même. Tout ce que je veux à l'instant présent… c'est qu'elle souffre. À en crever.
Je veux entendre ses hurlements désespérés ravageant sa gorge alors que mes mains s'enfoncent sous sa cage thoracique, saisissant violemment ses entrailles entre mes doigts jusqu'à ce qu'elles éclatent, mes avant-bras recouverts de son sang chaud. Ce n'est pas mon plaisir que je veux… c'est sa souffrance.
Qu'elle souffre, à en crever, que chaque centimètre carré de son corps s'embrase sous la souffrance et qu'elle ne soit plus que ça, une âme hurlant de douleur à s'en déchirer les cordes vocales. Je veux qu'elle souffre. Je veux qu'elle agonise, qu'elle hurle, qu'elle se brise. Qu'elle paie.
Dans un coin de ma tête, en arrière plan de mon esprit submergé de cette envie folle, ce besoin dévorant de réduire en morceaux sanguinolents ce corps devant moi, je peux entendre le long hurlement terrifié de ma conscience piégée au milieu de ces pulsions qui me traversent. Et ça ne fait rien d'autre que de me rendre encore plus fou, avec ce cri de terreur que je connais parfaitement depuis les années qui me vrille l'esprit.
Avec un hurlement de rage, j'abats à nouveau mon poing fermé contre cette foutue bulle de matérialisation, même si je sais bien que je n'ai aucune chance de la briser à mains nues. Qu'importe, je finirai bien par faire céder cette paroi transparente, dernier rempart entre moi et cette sombre idiote, cette méprisable petite Kazeshini, insignifiant stupide pathétique zanpakuto que je vais…
Il faut que j'ouvre cette putain de bulle. Les pulsions en moi se font de plus en plus violentes, de plus en plus brûlantes et c'est à peine si je prête attention à ce qui m'entoure. Le reste du monde n'est plus que quelque chose de flou, de vague, quelque chose qui n'a guère d'importance. Tout mon être se concentre sur ma cible, ma proie et comment je vais pouvoir faire pour enfin poser mes mains sur elle. Les hurlements terrifiés dans ma tête m'empêchent de me concentrer. Le contrôle que j'exerce sur moi-même est à deux doigts de céder.
– La ferme, la ferme, la ferme, je siffle entre mes dents sans même m'en rendre compte, ce n'est pas toi que je vais découper en morceaux… !
Mais la voix qui crie ainsi dans mon esprit en un long hurlement désarticulé dévoré de peur panique ne se calme pas pour autant.
Et moi, ça ne fait qu'alimenter la rage folle que je peux ressentir pour cette méprisable petite chose pitoyable que seule une putain de bulle protège encore. Oh, elle n'est pas conne la petite, elle sait que sous cette forme, arrachée à son monde intérieur, coupée de son shinigami et, par dessus le marché, blessée comme elle est, elle n'a quasiment aucune chance face à moi… Quoique, elle doit se dire que sa nature bien plus spirituelle que physique devrait la protéger un tant soit peu. Manque de chance pour toi misérable vermine, je sais parfaitement comment faire hurler de douleur un zanpakuto, qu'importe que tu ne sois pas purement matérielle à l'instant présent.
Mes yeux bleus luisant de rage mal contenue – et de larmes… pourquoi est-ce que je pleure moi ? – je frappe à nouveau de mon poing refermé sa bulle, pile à la hauteur de son visage.
– Bouge pas, saloperie… je siffle à son attention, je m'occupe de toi dans quelques secondes… juste le temps de trouver de quoi ouvrir cette jolie enveloppe qui te protège encore.
Son regard noir me fixe, comme si elle refusait de baisser les yeux face à moi. Pourtant, elle tremble de tout son corps. Elle sait, oh que oui, elle sait que si la bulle cède, elle est foutue. Mais je dois bien lui reconnaître ça, qu'importe à quel point je la hais et ne veux rien d'autre que de la tuer le plus douloureusement possible, elle a du cran, cette foutue zanpakuto maigrichonne et sans charisme aucun. Malgré sa mâchoire serrée, ses jambes ramenées contre elle comme si elle voulait se plaquer le plus loin possible de moi contre la paroi qui l'emprisonne et la protège tout à la fois, elle soutient mon regard et après une ou deux courtes secondes, pointe son menton en avant d'un air de défi.
– Dans tes rêves connard. gronde t-elle de sa voix insupportable, comme crissant contre de la roche.
– Tu ne crois pas si bien dire. je lâche, ma voix elle aussi tenant plus du grondement qu'autre chose.
En temps normal, j'aurais dit ça avec un de mes grands sourires si doucereux, si inquiétants. Mais pas cette fois. Pas envie de jouer. Pas après ce qu'elle a fait.
Avec rage, je pivote vivement sur moi-même. Il faut que je trouve comment ouvrir cette foutue bulle sans avoir à passer par son idiot de shinigami. Ça tombe bien, les mécanismes et tout ce qui est agencements, engrenages et tout ce genre de choses, c'est pile ma spécialité. Analyser et comprendre comment ouvrir quelque chose – ou quelqu'un – c'est ce que je fais de mieux et c'est pile ce qui m'a fait sortir de taule pour arriver ici.
Alors c'est pas une fichue bulle transparente taille niche à clébard qui va me donner du fil à retordre. Et avec la folie meurtrière qui pulse en moi, aucun soucis, je devrais vitre trouver une solution. Parce que oui, c'est bien de la rage que je ressens vis-à-vis d'elle. C'est de la haine, rien d'autre que ça, une haine pure et sans limites.
Pourtant, elle ne m'a rien fait. Elle n'a même rien fait du tout, cette pauvre conne. Ce n'est pas… à propos de moi tout ça.
Ce pathétique zanpakuto, on est d'accord qu'il a les cuisses tachetées de sang n'est-ce pas ? C'est son apparence de base, j'ignore ce que ça peux bien signifier par rapport à elle-même, son foutu Shuuhei Hisagi ou à leur putain de relation, mais j'en ai aussi peu à foutre que de l'an quarante. Sauf que là, elle est véritablement couverte de sang, et ce n'est pas le sien – ça, ça viendra dès que j'aurais pété cette bulle.
Sauf que là, alors que mon esprit réfléchit à ce qui permettrait d'arriver le plus vite possible à mes fins, s'arrête un instant sur la seconde bulle de notre labo. La silhouette gracile à l'intérieur ne bouge toujours pas, ses vêtements blancs dégoulinants de sang et ses cheveux blonds vaporeux tombant mollement dans le vide, tachés eux aussi de ce sang pas encore totalement coagulé. Elle est encore en vie et il faudrait plus que ça pour tuer un zanpakuto mais elle… elle est inconsciente. Le corps lacéré, déchiqueté, mutilé, broyé par endroits. Brisée. Comme… non. Ne pense pas à ça Shun. Sinon, tu vas massacrer trop de gens. Garde le contrôle.
Ma main aux longs doigts fins se pose délicatement sur sa bulle à elle, la bulle de cet esprit immobile et inconscient. Elle est le zanpakuto d'un capitaine et quoi que ce soit qu'elle ait affronté, elle n'a pas pu se défendre. Je… De ce que j'en vois, des suites logiques que suit mon esprit et des suppositions que je peux faire, j'ai l'impression que c'est plutôt qu'elle n'a pas… je crois qu'elle s'est laissée faire. Elle a accepté ce qui…
Les images se brouillent dans mon esprit, devant mes yeux et il me faut un court instant d'incrédulité pour comprendre que c'est juste parce que je pleure et que les larmes brouillent ma vue. Trop de souvenirs qui reviennent.
Et elle a des yeux verts. De grands yeux verts qui me regardent sans plus me voir.
Je ne sais pas qui lui a infligé ces blessures mais je sais qui a manqué de la tuer pour de bon en la maintenant dans une bulle de matérialisation non prévue pour elle. Et ça tombe bien parce que ce coupable-là, je l'ai à portée de main.
Je recule d'un pas. La voix dans ma tête hurle toujours de peur, comme si c'était contre elle que j'étais en colère et que c'était pour elle que je représentais un danger, mais ça y est, la frénésie meurtrière, l'envie de massacrer cette foutue Kazeshini a atteint ce paroxysme où, paradoxalement, je parais incroyablement calme. C'est juste que j'ai trouvé comment ouvrir la bulle.
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Ouais on s'arrête là. Suspeeeeeens.
– … de merde.
Oh mais ta gueule mon cher Lulu!
Bon, j'espère que c'était cool à lire tout ça! Et oui, pas de panique, y'aura plus d'explication par rapport à la réaction de Shun, ne vous en faites pas!
Allez chers amis et amies, FAITES PÉTER LES REVIEWS, WOUUUHOUUU!
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Le chapitre 146 devrait arriver le 22 décembre si tout se passe bien (mais j'vous fais aucune promesse, j'avoue qu'en ce moment, c'est un peu la galère)! En tout cas, j'ai déjà commencé à l'écrire donc c'est cool… En attendant, prenez soin de vous et défoncez tout!
