Disclainer: L'univers et la majorité des personnages appartiennent à Rowling, à l'exception de l'histoire et de quelques personnages qui arriveront par la suite.
Merci à ceux qui me laissent des commentaires, et à tous ceux qui ont ajouté l'histoire en follow. N'hésitez pas à me laisser un message pour me dire ce que vous aimez où pas, mais également s'il y a des points que vous souhaiteriez me voir éclaircir dans la suite de l'histoire.
Bonne lecture
Merci à LoupSpell pour sa relecture :)
Réponses aux reviews:
JusteMarianne: Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira tout autant.
Miss MPREG: Merci pour ta review. Et oui, Harry aurait dû avoir une grande famille, mais il en a été privé malheureusement. Jane a repris son frère pour sa façon de parler, mais elle aussi a été un peu rapide dans ses propos, disons que c'est un problème de famille. Pour le sang de Lily qui brise la malédiction, je ne donne pas de réponse ^^. J'espère que la suite te plaira.
FaisdesLettres : Merci pour ta review! J'étais en train de regarder certaines séries issues des romans de Jane Austen lorsque j'ai pensé à cette histoire (d'où certains prénoms). Pour le lien qui permet de partager je serai curieuse d'avoir le nom de la fiction dont tu parles pour pouvoir la lire. Pour Fred et Hermione, des réponses arriveront un peu plus tard ^^. J'espère que la suite va te plaire tout autant.
Petite-Licorne-Arc-en-Ciel: Merci pour ta review. Sirius/Amélia est mon petit coup de cœur en ce moment. Contente que cela te plaise, et j'espère que tu aimeras aussi la suite :).
Pims10: Merci pour ta review. Rémus est discret, mais il fera quelques apparitions de temps en temps.
Chapitre 15:
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Portsmouth, domaine des Finch-Fletchley, le vendredi 08 juillet 1994
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Toute la maisonnée semblait endormie, le soleil s'étant couché depuis déjà plusieurs heures. Cependant, une lumière s'alluma dans une des chambres. En s'approchant de la fenêtre, on pouvait voir un jeune homme, les yeux ouverts, allongé dans un lit à baldaquin, son bras droit appuyé sur son front, les yeux perdus dans le vague. Il poussa un soupir avant de se redresser en passant une main dans ses cheveux. Il ne parviendrait définitivement pas à s'endormir ce soir-là. Il s'approcha d'une fenêtre et regarda le ciel sombre, aucune lune à l'horizon. Il se rappela alors qu'il y avait une nouvelle lune.
Après un autre soupir, il jeta un regard vers sa malle. Cette dernière était déjà prête pour son départ le lendemain. Il était convenu qu'il passe le week-end chez les Dursley avant de revenir ici. Il en profiterait pour aller discuter avec les cousins d'Hermione. Il avait pris sa décision, il ne changerait pas de tuteur. Ce qu'il commençait à découvrir l'effrayait. Il n'en montrait rien, mais il avait l'impression d'être spectateur de cette vie. Il repensait à sa famille. A ceux qu'il n'avait pas connus. Tous mort dans des circonstances étranges. Lui n'a survécu que par la volonté et la protection de Magia qui protège sa lignée en s'assurant qu'elle ne pouvait pas s'éteindre. Il pensa à la lettre qu'il avait lu dans l'après-midi alors qu'il était dans la salle de musique. Il avait besoin de la lire à nouveau. Peut-être trouvera-t-il une autre information.
Harry s'approcha de sa table de nuit et en ouvrit le tiroir. Il tira l'unique enveloppe s'y trouvant.
Après avoir regardé sa main tenant cette lettre pendant quelques minutes, Harry se dit qu'il serait mieux ailleurs qu'ici pour lire. Il se dirigea vers le couloir où il s'était perdu lors de sa première matinée ici. Celui contenant tous les portraits. C'était comme s'il devait lire la lettre à cet endroit précis.
En s'installant sur l'un des bancs, il décida de n'allumer que l'halogène situé à ses côtés avant d'ouvrir sa lettre. Pas besoin de réveiller tout le monde. Il avait bien compris que les domestiques étaient au moins aussi orgueilleux que les maîtres de maison, et qu'ils ne supportaient pas laisser l'un des habitant seul. Comme s'ils avaient besoin d'aide en permanence. Harry rigola en imaginant la réaction du majordome s'il découvrait qu'il s'était débrouillé pour allumer la lumière, il avait tendance à le materner et à ne pas le laisser faire un pas sans vérifier qu'il ne trébucherait pas. Lady Finch-Fletchley lui avait expliqué que c'était leur raison de vivre et que s'ils la lui retiraient, ils seraient perdus. Justin avait bien essayé lors de son retour à la fin de sa première année. Il avait appris l'autonomie, et ne supportait plus de ne pas se débrouiller seul. Sauf que certains membres du personnel étaient entrés en dépression, croyant qu'ils avaient mal agi et craignant pour leur emploi. Ils avaient alors discuté avec Justin et ses parents, et avaient convenu qu'ils pourraient lui servir ses repas, et d'autres petits gestes.
Harry rigola silencieusement et se secoua la tête pour revenir au présent. Il prit délicatement l'enveloppe et sortit le mot de son grand-père. Il le lu une première fois puis une deuxième. Il inclina ensuite la lettre devant la lumière afin de voir s'il n'y avait pas autre chose d'écrit. Peut-être devait-il faire comme il avait vu dans un film, et utiliser du citron ? Non, son grand-père n'aurait pas utilisé une technique moldue… Il laissa son regard dériver vers les portraits l'entourant. Avant de revenir vers le portrait en face de lui. Et là il écarquilla des yeux. Non, ce n'était pas possible. Mais pourtant… Afin d'être sûr, il dévia son regard vers les autres portraits situés à sa droite et revint rapidement à celui situé en face de lui. Il sourit avant de dire en souriant:
- Vous êtes doué à un, deux, trois, soleil, mais vous avez perdu.
- Votre altesse a mis du temps tout de même, râla le tableau. Comment avez-vous compris ? Je suis pourtant bien certain de ne pas avoir bougé lorsque vous regardiez vers moi. Et je ne bougeais pas lorsque tu as compris.
- Premièrement, votre pied.
- Quoi mon pied ?
- Vous ne le mettez jamais exactement de la même façon.
- Je ne pensais pas que cela serait visible. Mais ce n'est pas la seule raison non ?
- En effet, votre... bague… J'ai récemment obtenu une bague fortement similaire. Mais également la lettre de mon grand-père. Lorsque j'ai aperçu la bague, tout s'est éclairé.
- Et que dit cette lettre ?
- Oh, pas grand chose. répondit Harry avant de regarder à nouveau cette lettre.
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"Mon cher petit-fils,
je suis navré, mais je ne connais pas encore le nom que tu vas porter. Si tu lis cette lettre c'est que malheureusement mon fils n'a pas pu être sauvé à son tour. J'ai l'espoir que tu trouveras les réponses dans notre manoir. Je t'y attendrai. Cette lettre est ensorcelée de façon à ce que tu ne puisses l'ouvrir que dans la demeure du chevalier qui détient la clé. Ouvre les yeux et sois attentif, il te donnera la clé lorsque tu lui poseras la bonne question.
Que Magia soit avec toi.
Ton grand-père, Lord Charlus Potter, prince d'Avalon."
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- Je comprends mieux maintenant, soupira Harry après avoir lu la lettre à voix haute.
- Oui, je dois avouer qu'il m'a fait rire lorsqu'il est venu avec cette idée. Mais pour obtenir la clé, vous devez poser LA bonne question. A vous de la trouver.
- Mais comment a-t-il bien pu deviner que je viendrai ici !
- Son instinct qu'il a dit. Et on ne remet pas en question l'instinct des membres de votre lignée. Certains auraient mieux fait de ne pas l'oublier. Enfin, il ne sert plus à rien de les blâmer, ils font tout maintenant pour se rattraper.
- Je vois. Pourquoi est-ce que je dois vous poser une question, ne pouvez-vous juste pas me donner la clé et l'adresse ?
- Naïf que tu es… Ton grand-père était peut-être mourant lorsqu'il est venu mais il n'en demeure pas moins un Potter. Et disons que vous avez un sens de l'humour un peu particulier. Il a juste dit que ce serait marrant.
- Pfuu. Bon et je peux poser autant de questions que je le souhaite.
- Non, vous n'aurez le droit qu'à trois questions par jour. Si elle est erronée je pourrai par contre vous guider pour trouver la bonne.
Harry entendit au loin le son d'une horloge qui sonnait minuit. Il partait donc dans huit heures.
- Bien, alors j'essaye. Où se situe le manoir Potter ?
- Pas assez précis, il faut que vous précisiez de quel manoir vous parlez.
- Où se situe le manoir familial Potter ?
- Encore faux. Plus qu'un essai. Je vous dirai seulement que savoir où se trouve le manoir ne vous sera pas bien utile si vous ne pouvez pas y entrer.
- Bon, je vais y réfléchir et je vous poserai ma troisième question demain avant mon départ.
- Sage réflexion.
- Merci.
Harry resta pensif quelques minutes avant de retourner son attention vers le tableau. Il avait beaucoup de questions, et ce tableau avait des réponses. Il porta son attention vers les autres portraits, et certains s'étaient mis en mouvement afin d'écouter leur conversation. Mais aucun ne s'était permis d'intervenir. Après quelques minutes de réflexion, il décida de l'interroger. Après tout, si son grand-père lui a fait confiance, pourquoi pas lui ?
- J'aimerais savoir si vous pouvez m'expliquez quelques petites choses que je n'ai pas comprises ?
- Cela dépend, si je peux y répondre ce sera avec plaisir.
- Je n'ai pas l'impression que Lord et Lady Finch-Fletchley connaissaient mes grands-parents, comment est-il alors possible que mon grand-père ait pu venir vous parler ?
- Vous posez vraiment la question ? Vous ne savez pas vous déplacer sans être vu ?
Harry n'appréciait pas vraiment le ton condescendant que prenait cet homme, mais il devait se rappeler qu'il venait d'une autre époque. Bon et il est vrai que la question du comment n'aurait pas dû lui effleurer l'esprit. Après tout, entre la cape d'invisibilité et la magie, venir ici sans se faire remarquer avait dû être un jeu d'enfant pour un sorcier accompli.
- En effet, se déplacer sans être vu n'est pas un problème. Mais ce n'était pas totalement le but de ma question, comment as-t-il pu savoir que je viendrais ici ?
- En effet, cette question est bien plus pertinente, même si vous l'avez déjà posée. Malheureusement lorsque je la lui ai moi-même posée, votre grand-père m'a juste répondu que la mise en sommeil de ma lignée était terminée et que l'insolence de mon fils envers Magia et son roi avait été pardonnée. Magia lui aurait conseillé de venir ici. Et on ne questionne pas Magia.
Harry fut surpris de ce qu'il avait entendu.
- Mise en sommeil ?
- Oui, mon fils unique, mon héritier, a insulté Magia et le roi lors d'une réunion des Chevaliers. Mais ce n'est pas tout, il a violemment levé la main sur le jeune prince de l'époque en le traitant d'imbécile. Le jeune prince, qui n'avait que quatre ans à l'époque, avait trébuché et lui avait renversé je ne sais plus quoi dessus. Et mon imbécile de fil n'a rien trouvé de mieux que de le corriger en lui disant qu'il devrait avoir honte d'agir ainsi et qu'il devait respecter les personnes lui étant supérieure. Il a prononcé ces mots devant la reine. Le roi et magia ont alors décidé qu'il serait bon que notre lignée apprenne l'humilité qu'il nous manquait depuis plusieurs générations. Pfu, comme si j'étais fautif des erreurs de cet imbécile.
Harry préféra ne pas faire de commentaire sur l'homme, mais il se dit que si son ancêtre avait puni sa lignée, il ne devait pas y avoir que le fils de cet homme en faute. Il décida par contre de couper court au monologue de cet homme, il ne le trouvait pas très plaisant dans sa façon de lui parler, comme s'il n'était qu'un moins que rien.
- Je comprends. Pourriez-vous m'expliquer de quoi exactement il retourne lorsque mon grand-père et vous parliez de chevalier ?
- Oh, ça, je ne suis pas le mieux placé pour tout vous expliquer. Mais je peux au moins vous dire quelques petites choses. Que savez-vous de la légende de la table ronde et du roi Arthur ?
- Et bien pas grand chose, le roi Arthur, dans un souci d'équité, décida de créer une table ronde afin de se mettre au même niveau que ses chevaliers, et de tous les écouter avec la même attention. Il fut grandement conseillé par Merlin.
- Pfu, la "même attention" "un souci d'équité", ce ne sont que des mots, mais dans les faits, certains ont toujours eu plus d'attention que d'autres. Et que savez-vous des chevaliers de cette table ?
- Et bien pas grand chose, avoua Harry en détournant les yeux, en réalité, il ne savait même rien sur eux.
Il savait avoir acheter un livre sur le sujet, mais c'était un livre de fantaisie moldue, et il ne pensait pas y trouver des réponses. Il avait donc décidé de laisser ce livre de côté et de ne le lire qu'à Poudlard, après tout, un roman d'aventure n'est pas une lecture qui attire l'attention.
- Connaissez-vous au moins leurs noms ?
- Pas beaucoup, et je ne suis même pas certain de leur véracité.
- Mais où avez-vous donc grandit ?
- Je ne pense pas que mon éducation soit le sujet ici ? coupa brusquement Harry en se redressant. Il avait commencé à baisser les épaules par honte de son ignorance.
- Et bien cela devrait l'être, mais passons. Autour du roi Arthur, qui au passage a créé cette table pour faire pardonner les actions de son père, se trouvaient onze chevaliers bénis par Magia pour leurs actions. On y retrouvait ses maîtres en magie, bien plus âgé que lui, mais dont il avait besoin d'écouter la sagesse d'après ses dires : Myrddin, Rowena Serdaigle, Helga Poufsouffle, Godric Gryffondor, et Salazar Serpentard. Je ne pense pas beaucoup m'avancer en disant que vous connaissez ces noms ?
- Non en effet. Cependant, Merlin, ou Myrddin, était élève au moment de la séparation entre les fondateurs. Si le roi Arthur était un disciple de Merlin, comment se fait-il qu'il ait connu Salazar Serpentard ? Chronologiquement je ne vois pas comment cela peut-être possible.
- Tout simplement car ce ne sont pas les fondateurs qui se sont disputés, mais leurs petit-fils. Malheureusement l'histoire au fil du temps a été déformé, et les dates mélangées.
- D'accord, donc, nous en sommes à cinq, vous avez dit onze. Il en manque encore six.
- Oui, j'y viens jeune impatient. Venait ensuite les jumeaux, Agravain et Gauvin. Je ne connais pas grand-chose à leur sujet, tout comme pour Perceval. Vient ensuite Galaad du Lac, le fils de Lancelot, il est dit que la seule raison pour laquelle Lancelot n'a pas fait partie de la table est qu'il avait une aventure avec la reine. Foutaise, sa lignée a toujours était particulière, ils tombaient et tombent toujours amoureux de femmes déjà engagées, mais jamais, je dis bien jamais ils n'ont entaché leur honneur, et ont appris à tourner la page, certes difficilement, mais ils font toujours le deuil de cet amour impossible. C'est à croire qu'ils sont maudits. Non, la raison pour laquelle son fils a pris directement sa place est simple, Lancelot était mort dans la guerre qui a mené à la création de la table ronde.
- Oh, et bien, cette lignée n'a pas de chance si chaque membre a dû un jour faire le deuil d'un amour impossible.
- Oui.
- Donc nous en sommes à neuf, il en manque encore deux.
- Il y avait ensuite le loyal. Il faut savoir que lorsque Arthur est décédé, ses enfants et son fils aîné étaient trop jeunes pour reprendre le pouvoir. Certains nobles, ont voulu faire valoir une régence, et ont établi que s'ils étaient capable de s'emparer d'Excalibur, l'épée qui a été confié à Arthur par la Dame du lac, sous la demande de Magia, alors ils étaient en droit de prendre la place d'Arthur laissé "vacante" d'après eux. Enfin Bedivere a décidé de mettre fin à ces croyances sur Excalibur et ne souhaitait pas qu'un ennemi d'Arthur prenne possession de cette arme béni par Magia. Il l'a donc rendu à la Dame du Lac dans le plus grand secret. Il a décidé ensuite de s'assurer que les héritiers aient toujours accès à leur héritage et à la connaissance du passé de sa lignée. Il semblerait que le dernier membre de cette lignée ait échoué à vous donner accès aux connaissances qui vous sont dues.
- Je ne connais pas encore toute l'histoire, et je préfère attendre avant de porter un jugement.
- Si vous le souhaitez. Viens ensuite le meilleur des chevaliers, Tristan. Connu pour sa folle romance avec Yseult. Le plus brillant et le plus brave de tous les chevaliers.
- Et laissez-moi deviner, votre ancêtre.
- Oh, comment avez-vous devinez ?
- Oh, une intuition.
- Qu'est-ce que vous êtes agaçant toi et tes ancêtres avec cette réponse "une intuition".
- Je commence à comprendre comment votre fils a pu en arriver à manquer de respect à son roi et à Magia.
- Que dis-tu jeune…?
- Ne finissez pas cette phrase. Nous serons amenés à nous côtoyer à nouveau, au moins jusqu'à ce que je trouve la question qu'a souhaité me voir poser mon grand-père. Mais je ne pense pas que vous soyez suffisamment objectif pour m'expliquer des faits historiques sans manquer de respect. Je vous remercie pour les informations que vous m'avez fournies. Je reviendrai demain avec la dernière proposition possible de la journée. Je vous souhaite une bonne fin de nuit.
Sur ces quelques mots, Harry fit demi-tour afin de rejoindre sa chambre et méditer un peu sur ce qu'il avait appris. Il se fit également la promesse de faire des recherches sur Tristan et Yseult, il en avait vaguement entendu parlé en primaire, mais le souvenir qui lui en restait, était celui d'un adultère.
A mi-chemin de la porte, Harry décida de poser une dernière question. Il se retourna afin de faire face à nouveau au tableau.
- Avant de partir j'ai tout de même une autre question, mais qui n'a pas de lien avec mon manoir familial.
- Allez-y, je vous écoute.
- Justin est-il au courant ?
- Non, et il ne le découvrira pas avant …
- Trop tard!
Harry sursauta et se retourna. Il était tellement pris dans sa conversation puis dans ses pensées, qu'il n'avait pas entendu son ami lorsqu'il était entré dans la pièce. Il entendit le tableau marmonner et râler contre les jeunes trop curieux et insomniaques. Il n'en tint pas compte et sortit de la salle en entraînant Justin avec lui. Une conversation les attendait.
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Lieu inconnu, Samedi 9 juillet
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Le son des oiseaux et une odeur fleurie commençaient à embaumer la pièce alors qu'un homme d'âge moyen semblait dormir d'un sommeil profond dans un grand lit à baldaquin. Trois portes étaient présentes, seulement une était légèrement entrouverte, laissant entrevoir une salle de bain. Dans la chambre, se trouvait au pied du lit un banc, sur le mur en face du lit on pouvait voir trois portes fenêtres donnant sur un balcon, le lit était situé face à une de ces fenêtres. Entre deux de ces fenêtres était disposé un bureau ouvragé. De l'autre côté de la pièce, se trouvait un petit salon ainsi qu'une bibliothèque. Le soleil commença à entrer dans la pièce, et les rideaux s'ouvrirent et se nouèrent seuls, par magie.
L'homme présent dans le lit commença à remuer. La lumière commençait à percer à travers ses paupières encore lourdes de sommeil. Un sentiment de calme et de plénitude l'accueillit alors qu'il commençait à se réveiller. Lentement, il porta un de ses avant bras sur ses yeux, comme pour les protéger de la lumière, puis le baissa et ouvrit les yeux. Des yeux noirs commencèrent à se mouvoir lentement, avant que l'homme ne se redresse d'un coup. Il ne reconnaissait pas ces lieux, et surtout, ne savait pas comment il était arrivé là. Alors qu'il allait se lever, il se rappela de sa soirée, et se recoucha tout aussi vite qu'il s'était redressé, en maudissant les Malefoy et leur satanée manie de se mêler de sa vie. Comme si le fait que Narcissa essaye de le caser avec toutes ses amies célibataire ne suffisait pas, il avait fallut qu'ils le fassent se confronter à son grand-père maternel. Grand-père maternel qui non seulement l'avait renié, mais qui en plus n'avait pas levé le petit doigt lorsqu'il lui a envoyé un courrier le suppliant d'intervenir et de sauver sa mère de son mariage, la condamnant ainsi à mourir battue par son époux. Le pire dans tout cela, c'est qu'après le moment où il s'était rendu compte de la présence de son grand-père, Geremia Prince, dans le salon de ses amis, il ne se souvenait de rien. Et il était certain, que lui, Severus Snape, maître de Potion et terreur des cachots comme l'appellent ses élèves ne pouvait pas s'être évanoui comme un Poufsouffle émotif. Il maîtrisait suffisamment bien l'occlumancie pour ne pas se laisser submerger par ses émotions.
Severus analysa la chambre, et lorsqu'il vit sa baguette posée sur la table de chevet, puis le paysage visible par le fenêtre, il comprit qu'il se trouvait dans une des nombreuses chambres de ses amis. Enfin amis, cela reste à voir, ils avaient quelques petites explications à lui donner. Il décida alors de méditer, afin de retrouver ses souvenirs. Il était à peine entré dans les premiers stade de la méditation qu'il comprit que quelque chose avait changé en lui. Il se sentait plus libre, sa magie était comme plus légère, joyeuse, comme si on lui avait retiré une pierre la coinçant, l'empêchant de se mouvoir. Pris d'un sentiment d'incrédulité, il ne pouvait pas croire ce que son esprit commençait à lui chuchoter. Sachant qu'il n'arriverait pas à se libérer l'esprit, trop de nouvelles interrogations, Severus inspira calmement et chercha à faire ralentir les battements de son cœur. Une fois cela fait, il ouvrit lentement les yeux et décida d'analyser une nouvelle fois la pièce dans laquelle il se trouvait. Il fixa longuement sa baguette posée sur la table de nuit avant de se décider à tester ce que son esprit lui soufflait mais qu'il ne pouvait pas croire. Il attrapa alors sa baguette du bout des doigts, comme s'il risquait de s'y brûler. Il prononça un simple "lumos", en y mettant peu d'énergie. Au lieu de la faible lumière qu'il s'attendait à créer, il se retrouva face à une lumière bien plus vive. C'était comme si sa magie avait gagné en puissance, ce qu'il savait impossible après le vingt-cinquième anniversaire d'un sorcier, moment de la dernière maturation magique.
Après plusieurs minutes, il se décida à quitter son lit pour se préparer et gagner la salle à manger où il espérait trouver ses "amis". Ils avaient des explications à lui fournir.
Severus arriva à la salle à manger qu'il trouva vide. Il poussa un soupir puis jeta un coup d'œil vers l'horloge située à sa droite. Pas étonnant qu'il n'y avait personne, il était plus de dix heures du matin. Comment avait-il pu dormir autant ? Question stupide, ses amis en étaient la cause. Il sortit d'un pas vif et se dirigea vers le salon où il espérait trouver quelqu'un, pourvu qu'il n'ait pas à arpenter le manoir en entier. Il entra dans le salon pour voir Narcissa en pleine lecture. En entendant la porte s'ouvrir, cette dernière avait levé les yeux de son livre. Elle regardait Severus avec un sourire en coin. Sourire qui ne fit qu'agacer Severus un peu plus, il avait bien trop souvent ce sourire et ce regard sur le cousin de son amie.
- Bonjour Severus, quel plaisir de te voir enfin réveiller.
- Narcissa…
- As-tu bien dormi ?
- Narcissa…
- Je suis désolé de te le dire mais tu t'es montré d'une impolitesse folle hier soir. A peine arrivée que tu t'endors...
- NARCISSA !
- Oui ?
- Ne fais pas l'innocente je te prie. Tu sais parfaitement ce qu'il se passe, et que je n'ai pas été d'une "impolitesse folle" comme tu te plaît à le dire. Maintenant explication.
- Pas la peine de me parler avec ce ton désobligeant.
- Vous m'avez…
- Tu ne sais rien du tout ! s'exclama Narcissa en posa avec violence son livre sur la table basse lui faisant face. Ce geste fit sursauter son ami qui ne s'attendait pas à une telle perte de contrôle de sa part. Il se radoucit alors et s'assit à ses côtés.
- Cissy… En effet je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi mes amis, ceux en qui j'ai le plus confiance, m'ont tendu un piège. Et encore moins pourquoi je n'ai pas le moindre souvenir de la soirée. Oh, et n'oublions pas bien évidemment la présence de cet être que j'exècre plus que tout.
- Je ne me rappelle pas avoir vu mon cousin dans ma maison dernièrement.
- Tu sais très bien à qui je fais référence.
- Oui, je sais. Malheureusement je ne peux pas t'apporter toutes les réponses. Je préfère attendre le retour de Lucius si cela ne te dérange pas.
- Oh très bien. Et quand ton estimé époux en qui je peux faire confiance doit-il rentrer ?
- D'ici une petite heure.
- Nous sommes samedi, où est-il ? Il passe habituellement ses samedis avec toi.
- Ne nous fait pas passer pour ce que nous ne sommes pas je te pris, nous ne passons pas tous nos samedi forcément ensemble.
Severus ne prit pas la peine de répondre et se contenta d'un haussement de sourcil.
- Rho très bien, d'accord, je l'admets, nous passons nos samedi habituellement ensemble. Satisfait!
- Très !
- Tu m'agaces !
- Et bien, que dirait ta mère si elle te voyait parler ainsi à un invité.
- Tu sais bien que tu es plus qu'un invité, tu es de la famille, les règles ne s'appliquent donc pas.
- Permets-moi de douter de cette affirmation.
Narcissa se figea à ses propos. Elle avait oublié à quel point Severus était doué pour cacher son ressenti.
- Severus, s'il te plaît, ne nous juge pas av…
- Je ne vous juge pas, tout du moins pas encore, tout ce que je fais est une constatation. Mes plus proches amis m'ont trahi, j'attends maintenant une explication. Et puisque tu n'es pas disposé à me la donner, je vais rejoindre mon filleul.
- Draco ne te dira rien.
- Je ne comptais pas le mêler à cette histoire. Elle ne concerne que nous. Avant que je ne parte à sa recherche, j'aimerais la réponse à la question que tu as habillement esquivée.
- Quelle question ?
- Où est ton cher époux ?
Narcissa détourna le regard et attrapa le livre qu'elle avait posé sur la table basse afin de se redonner contenance. Seulement Severus en avait assez d'attendre et la rappela à l'ordre.
- Narcissa… pourquoi je sens que la réponse ne va pas me plaire ?
- Si tu sais que cela ne va pas te plaire, pourquoi insistes-tu ?
- Parce que je veux pouvoir déterminer si je peux toujours vous faire confiance.
Narcissa soupira avant de répondre, en évitant le regard de son ami.
- Il est au manoir Prince.
- De mieux en mieux.
Severus se détourna sans un regard supplémentaire pour cette femme qu'il avait cru pendant longtemps être son amie. Il partit non pas à la recherche de son filleul comme il l'avait annoncé, mais vers les cachots où il savait pouvoir trouver un laboratoire. Il sentait qu'il était proche de perdre le contrôle, il avait besoin de se retrouver en attendant les explications, et quoi de mieux que de se lancer dans la conception d'une potion.
Après plus d'une quarantaine de minutes Severus regarda avec colère le fond de son chaudron. Il lança un evanesco sur le chaudron avant de prendre le chaudron et de le jeter à l'autre bout de la pièce. Il regarda ensuite la paillasse sur laquelle il avait travaillé, il la regarda longuement sans bouger, plus aucun ingrédient ne s'y trouvait, à l'exception de cette feuille de saule. Jamais encore il n'avait raté une potion, et encore moins à cause d'un vulgaire oubli d'une étape. Il prit la feuille dans une de ses mains et la contempla de longues minutes. Il la projeta d'un coup vers l'endroit où avait atterri le chaudron, avant de balayer la paillasse de son bras. Les quelques affaires qui s'y trouvaient, à savoir des fioles, verre de montre, mortier et autre se brisèrent dans un bruit criard. Il se laissa ensuite glisser jusqu'au sol où il s'assit, appuyant son dos contre le mur et se perdit dans ses pensées. Il ne comprenait plus rien. Il avait du mal à contrôler sa magie, mais surtout il avait perdu ses amis. Pourquoi l'avaient-ils trahi ainsi. Ils étaient tout ce qui le rattachait encore à ce monde. Ils l'avaient accueilli et lui avaient donné une famille en faisant de lui le parrain de Draco. Ils étaient pourtant au courant de sa relation, ou plutôt de sa non relation avec Lord Prince… Son grand-père…. L'homme qui les avait abandonnés, sa mère et lui.
- Parrain ?
Severus sursauta et regarda Drago s'avancer vers lui. Il ne le quitta pas des yeux alors qu'il s'installait à ses côtés. "Parrain" est-ce que ce mot voulait vraiment dire quelque chose ?
- Mère était étonnée que tu ne sois pas avec moi. Elle s'inquiète pour toi.
- Ah, parce que maintenant elle s'inquiète à mon sujet.
- Tu sais ils ne voulaient pas faire les choses ainsi, mais ils n'ont pas eu le choix.
- Alors tu es au courant toi aussi.
Draco ne prit pas la peine de lui répondre et lui jeta un regard sarcastique.
- Oui bien évidemment que tu es au courant. Tu passes ton temps depuis que tu sais marcher à écouter des conversations sans te faire remarquer.
- J'ai eu un bon professeur.
Severus sourit, Draco avait eu sa période où il le suivait partout au grand damne de Lucius et à l'amusement de Narcissa. Dès qu'il arrivait, Lucius n'existait plus et il n'en avait que pour lui. Il avait alors copié quelques-unes de ses manies.
- Tu sais que tu seras toujours mon parrain, même si tu te disputes avec mes parents, tu n'es pas près de te débarrasser de moi.
- Que le ciel me vienne en aide. Je suis condamné, se moqua Severus en se relevant.
- Hé ! Je ne suis pas si terrible que ça !
- Je ne prendrai même pas la peine de répondre à cette question.
Severus n'avait jamais été à l'aise avec les conversations sentimentales. Il les fuyait. Draco le savait, mais il avait quand même réussi à faire passer son message, sinon, son parrain n'aurait pas retrouvé son mordant. Il avait été inquiet lorsqu'il l'avait vu ainsi. Jamais encore son parrain n'avait laissé paraître la moindre émotion en sa présence. Pour qu'il se laisse aller ainsi, c'est que l'action de ses parents l'avait blessé plus qu'ils ne l'imaginaient. Il les avait prévenus qu'ils feraient mieux de l'alerter un minimum. Mais est-ce qu'ils l'avaient écouté ? Non. Il n'est qu'un enfant, il ne peut pas comprendre. Ils ont tendance à oublier qu'ils l'ont éduqué afin de lui apprendre à manipuler son monde dès sa plus tendre enfance. Ils l'ont en partie privé de son enfance, et tout cela pourquoi ? Pour réparer une erreur de son grand-père. Il n'y a qu'avec Severus qu'il pouvait être juste lui-même, Draco, pas de pression par rapport à un héritage trop lourd à porter pour un enfant. Et il refusait de le perdre à cause d'une erreur de ses parents. Il en avait assez de devoir réparer les erreurs de ses ancêtres.
Sortant de ses pensées, Draco se releva sous le regard de son parrain, qui avait profité de ses réflexions pour ranger et réparer tout ce qu'il avait cassé dans son mouvement d'humeur. Drago sourit en voyant le regard combatif et assuré de Severus, ses parents allaient ramer pour récupérer sa confiance et il allait leur faire payer. Et lui allait juste profiter du spectacle, car il était sûr d'une chose, son parrain allait très vite leur pardonner, mais allait les faire ramer un moment avant qu'ils ne le sachent.
- Bien, si ta mère me cherche, alors cela veut dire que ton père est rentré.
- Oui, ils t'attendent au salon, mais je dois te prévenir…
- Il n'est pas rentré seul n'est-ce pas ? Lord.. Prince est avec lui ?
Drago grimaça, au vu du dégoût avec lequel il avait prononcé le nom de son grand-père, ce n'était pas gagné.
- Oui, il est là aussi. Juste, est-ce que tu peux me promettre une chose ? Je te le demande en tant que filleul.
- Je t'écoute.
- Juste, laisse les tout t'expliquer d'accord ? Ne cherche pas à interpréter leurs dire et leurs actions tant qu'ils ne t'ont pas tout dit.
- D'accord, je veux bien te promettre cela.
Severus n'en dit pas plus et sortit de la salle d'un pas assuré. Drago le suivit et le trajet se fit dans un silence à la fois rassurant pour Drago et inquiétant pour Severus qui se demandait ce qui allait lui tomber dessus.
Lorsqu'ils arrivèrent dans le salon, Lucius, qui était assis aux côtés de son épouse se releva et s'approcha de lui, pensant lui faire une accolade comme il en avait l'habitude pour le saluer en privé. Seulement le regard de son ami le fit s'arrêter à un pas de lui, et le saluer de manière plus distante.
- Bonjour Severus, j'espère que tu as bien dormi ?
- Trêve de politesse. Je veux des explications. Vous avez une heure pour me convaincre que notre amitié veut encore dire quelque chose pour vous. Alors ne perdons pas de temps.
Lucius connaissant son ami, se contenta d'hocher la tête et de retourner proche de son épouse qui avait blanchie en entendant les propos de Severus.
- Tout ce que nous avons fait été uniquement pour ton bien.
- Donc c'est pour mon bien que vous avez fait venir cet homme ? demanda Severus en pointant du doigt Lord Prince qui n'avait pas bougé de son fauteuil, se doutant de la réaction de son petit-fils.
- Parrain tu as promis, intervint Drago.
Severus se contenta de se servir un verre de whiskey en jetant un regard d'avertissement à Narcissa. Elle ne supportait pas lorsque l'on buvait de l'alcool avant dix-huit heures. Qu'elle soit contente qu'il avait promis à Drago de les écouter. Lorsqu'il avait appris la présence de cet homme, il n'avait eu qu'une idée en tête, rentrer chez lui. Il s'adossa à la cheminée et leur tourna le dos afin qu'ils ne voient pas ses réactions. Il fit signe à Lucius de reprendre.
- Je ne peux pas te raconter l'histoire de ta famille qui a conduit ta mère à quitter le manoir familial. Tout ce que je peux te dire, c'est que Lord Prince ici présent n'a jamais reçu ta lettre. Cette lettre que nous avons écrit ensemble, dans laquelle tu lui demandais d'intervenir afin de sauver ta mère des coups de ton père.
En entendant ces mots, Severus se retourna d'un bloc.
- Impossible, nous avions utilisé ton faucon pour envoyer cette lettre.
- C'est ce que je croyais aussi. Lorsque tu m'as appris le décès de ta mère, avec mon père nous nous sommes rendus chez Lord prince. Tu te rappelles de ce que je t'avais dit à cette époque. Nos familles sont liées, et le seront pour toujours.
- Oui, je me souviens. Une histoire qui remonterait au roi Arthur.
- Bien, alors sache une chose. Il existe un lieu où nous ne pouvons pas mentir. Ce lieu a été béni par Magia. Une personne qui ment en ce lieu, meurt étouffée par son mensonge.
- Quel est le lien ? Et comment cela se fait-il que je n'ai jamais entendu parlé d'un tel lieu ?
- Le lien est simple, nos familles y ont accès. Lorsque j'ai raconté l'histoire à mon père, il fut pris d'une colère noire. Il a donc convoqué ton grand-père et d'autres "amis" dans ce lieu. Nous devons protéger nos descendants, et Lord Prince a failli, pire que tout, d'après ce que je savais, il aurait pu agir pour protéger non seulement sa fille mais toi également, et il ne l'a pas fait. Un crime grave devant Magia. Nous sommes les garants, si nous même ne respectons pas les lois de Magia alors qui le pourra. Mon père a alors demandé à ce qu'il soit jugé. Sauf qu'avant d'être amené à comparaître devant Magia, Lord Prince a eu la possibilité de s'expliquer. Il n'a jamais reçu la lettre que nous avons écrite. Bien au contraire. Il a reçu une lettre en retour à celle que lui-même t'avait écrite. Une lettre dans laquelle tu disais être heureux et lui demander de ne plus jamais chercher à entrer en contact avec lui. Il était évident qu'une personne interférait dans vos relations. J'ai analysé moi même cette lettre, et elle avait été signée de ton sang Severus!
- Mais je n'ai jam…. c'est imp…
- Je sais... nous le savons, intervint Narcissa, en se levant pour poser une main sur l'épaule de son ami, le conduisant délicatement vers un fauteuil, dans lequel elle le fit s'asseoir.
- Pourquoi ne m'en parler que maintenant ?
- Ne te sens-tu pas différent depuis ce matin ? demanda Lucius
- J'ai remarqué en effet que j'étais plus puissant et plus apaisé, mais je ne comprends pas le rapport.
- Et bien, nous avons découvert que tu étais sous surveillance et sortilège de contrôle. Nous ne pouvions pas agir. Voici les résultats des examens que nous avons réalisés hier soir lors de ton arrivée, avant de te délivrer par un rituel de ce contrôle. Je jure sur ma magie que les informations fournies ci-après sont bien le résultat d'un examen médical réalisé sur la personne de Severus Tobias Snape hier soir. Lumos.
En voyant la lumière apparaître sur la baguette de son amie, Severus prit le parchemin d'une main tremblante. Toute sa vie n'était qu'un mensonge ? Non impossible. Mais ce qu'il découvrit le laissa sans voix.
- Pourquoi maintenant et pas plus tôt ?
- Parce que celui qui te soumettait à ces sorts a pris trop confiance et les a diminués, n'en voyant plus trop l'intérêt.
- Qui ? demanda Severus, qui est responsable de la mort de ma mère, de votre fille ? Qui avez-vous laissé nous manipuler ma mère et moi ? Car au vu de la date des premiers sorts, je n'étais pas encore à Poudlard lorsqu'ils m'ont été lancé.
En prononçant ces mots, Severus n'avait pas quitté son grand-père du regard.
- Et bien il n'y a pas une, mais deux personnes qui t'ont manipulés.
- Comment ?
- Je ne me suis jamais disputé avec ta mère au point de la renier. Les dernières paroles qu'elle a prononcées lorsqu'elle a quitté mon manoir sont les suivantes: " je me vengerais de notre lignée". Elle n'a pas supporté être victime de notre malédiction. Nous sommes condamnés à ce que notre premier grand amour n'ait aucun sentiment amoureux à notre égard, et nous ne pouvons pas tomber amoureux d'une autre personne, et ce tant que le premier enfant de notre amour n'a pas atteint ses onze ans. Elle n'a pas supporté voir son amour en aimer une autre et l'épouser. Elle est donc partie. Je n'ai ensuite plus eu aucunes nouvelles. Je n'ai appris ta naissance que par l'intermédiaire d'une amie qui travaillait au service de l'enregistrement des premiers actes magiques. Je ne sais pas ce qui a pu pousser ta mère à faire ce qu'elle a fait.
- Cela ne répond pas à ma question. Qui m'a soumis à ces sortilèges ?
Narcissa prit alors une grande inspiration et s'agenouilla devant Severus avant de prendre ses mains dans les siennes.
- Severus, regarde moi.
Il obéit comme dans un état second.
- Tu sais que tu peux compter sur nous ? Nous sommes là et seront toujours là. Tu fais partie de notre famille.
- Narcissa, pourq…
Severus fut interrompu par Lucius qui avait posé une main sur son épaule avant de prendre la parole.
- Nous n'avons pas de preuves formelles, pas de témoignage de ce que nous allons t'annoncer, mais tu dois nous croire, ce que nous allons dire est la vérité, Magia l'a confirmé.
- S'il vous plaît tous les deux, arrêtez de tourner autour du pot et donnez-moi ces noms.
Lucius et Narcissa se regardèrent un moment avant que Narcissa hoche la tête. Lucius prit alors une grande inspiration et prononça les mots qu'il savait être l'équivalent d'un coup d'épée dans le dos pour son ami.
- Dumbledore..
A ce premier nom, Severus eut l'impression de ne plus pouvoir respirer. Il serra les mains de son amie plus fort comme pour vérifier que tout ceci était réel. Seulement, il s'effondra dans les bras se voulant réconfortant de Narcissa lorsqu'il entendit le second nom. Sa respiration s'était arrêtée et avant de sombrer dans l'inconscience il ne cessait de répéter mentalement ce nom "Eileen Snape….. Eileen Snape…. maman…"
