Bonjour à tous et toutes :)
Butterfly: En effet, tout n'est pas rose chez les couples à Poudlard, notamment quand c'est la Saint-Valentin... Pour Harry et Cédric, ce n'est pas encore la fin mais elle est inévitable :'( Pour Remus et Severus, tu auras ta réponse dans ce chapitre, la culpabilité prendra les deux époux. Ce n'est pas que Severus n'accepte pas Remus comme il l'est (il ne se serait pas mis en couple ni ne se serait marié avec lui s'il ne l'acceptait pas tel qu'il est) mais il veut pouvoir rester avec son mari toutes les nuits ce qui est impossible quand la pleine lune approche. De plus la lycanthropie de Remus met à mal leur projet de fonder une famille... Cette intrigue marquera le début d'une autre que tu attends avec impatience ;) Oui Severus va s'occuper de Drago, il est le seul sorcier qui peut s'occuper du jeune Serpentard *-* Pour que Drago aille mieux, il va falloir attendre le prochain chapitre qui lui est en grande partie consacré. Il doit traverser une nouvelle épreuve qui mettra à mal son moral et qui touchera à la fois sa relation avec Théo qu'avec Harry.
Je vous laisse avec le nouveau chapitre ;)
Bonne lecture ;)
Chapitre 26: Pleine lune
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Quand la porte menant à ses appartements se referma après que Severus soit sorti, Remus sentit ses jambes se dérober. Il tomba à genoux sur le sol avant de prendre une position fœtale, les larmes ruisselantes sur ses joues.
Il se souvenait si bien de la terreur qu'il avait eu lorsque son mari avait essayé sa potion anti-Marque, il avait hurlé tellement fort que Remus semblait encore l'entendre par moment. Remus lui avait fait jurer de ne plus recommencer… Pourquoi avait-il fait cela ? Pourquoi à son insu ? Remus avait-il si peu confiance en ses talents de potionniste pour que Severus lui mente pendant des mois ? La réponse était évidente. Non. Car depuis plus de deux ans et demi, il vivait ses transformations tout en restant lucide. Une fois sous sa forme lupine, il s'installait sur la couverture qu'il avait installé dans un coin et attendait patiemment de redevenir humain. La plupart du temps, il s'endormait et se réveillait le lendemain matin, nu comme un ver mais humain. Les transformations restaient douloureuses mais moins qu'auparavant, la Potion Tue-Loup devant sans doute aider.
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Un tic-tac résonna dans la pièce, ce qui fit bondir Remus sur ses pieds. Il se débarrassa de sa cape bleu marine qui lui portait un peu trop chaud. Il jeta quelques sorts contre la porte pour mettre en place les protections de défense et d'insonorisation puis testa leur capacité en lançant un sortilège explosif qui fut neutralisé. C'était un exercice qu'il avait l'habitude d'effectuer depuis qu'il était sorti de Poudlard, devant trouver un moyen pour lui de rester discret durant les pleines lunes. Remus se déshabilla et resta en caleçon. Hors de question que ses habits soient réduits en lambeaux suite à sa transformation.
Son regard s'attarda sur le papier. La fameuse lettre. Il la relut mais son esprit ne semblait pas vouloir comprendre les mots, comme s'ils étaient rédigés dans une langue qu'il ne connaissait pas. Pourtant, elle était bien écrite en anglais. Certains mots le frappèrent soudain : « je ne me suis pas transformé en une bête sanguinaire lors de la pleine lune » « je ne me suis pas transformé en une bête sanguinaire lors de la pleine lune » « je ne me suis pas transformé en une bête sanguinaire lors de la pleine lune » La phrase tournait en boucle dans sa tête.
L'horloge du château retentit. Combien de temps s'était-il écoulé depuis que Severus était sorti ? Il jeta un œil à la fenêtre et vit la pleine lune le narguer. Remus s'attendait à une violente douleur dans tous ses membres, ses muscles, ses veines… Il s'attendait à ce que ses pieds s'allongent, son nez et sa bouche se transformant en museau, l'échine de son dos craqué pour faire apparaître des poils, son corps se contorsionner… Il sentit juste une goutte de sueur descendre le long de sa colonne vertébrale. Il reporta alors son regard sur la lettre.
Ce n'était pas possible… C'était purement impossible… Il n'avait jamais entendu parler d'un remède à la lycanthropie depuis qu'il avait été mordu. Ses parents auraient vendu jusqu'à leurs sous-vêtements pour acheter ce remède pouvant guérir leur fils… Mais il avait dû apprendre à se transformer une fois par mois, pendant presque 31 ans. Il se rappelait parfaitement de sa première transformation, il avait dit à son père qu'il voulait mourir que de ressentir cela… Comme le fameux Marc dans la lettre…
Marc… Qui était-ce donc ? Jamais Severus ne lui en avait parlé. Ce nom lui était entièrement inconnu et cela l'agaçait. Il ne pouvait empêcher Severus d'avoir eu une vie privée avant lui mais se demandait s'il n'avait pas eu d'aventures avant lui… Pour quelqu'un qui se découvrait homosexuel, il avait assumé trop rapidement pour que cela paraisse naturel. Severus devrait s'expliquer sur cette connaissance comme il le disait si bien…
Avant de se rappeler qu'il avait mis son mari à la porte une heure et demie plus tôt en lui hurlant dessus, aveuglé par la colère et le chagrin. Il avait dit… Non, cela ne pouvait pas être possible ! Il n'avait pas pu lui dire cela !
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Il resta immobile, debout dans le salon, la lettre dans une main, sa baguette dans l'autre et sa respiration légèrement rapide. Sa tête semblait prête à exploser.
Soudain, la vérité le frappa : Severus avait dit juste, la nuit s'écoulait et il aurait déjà dû se transformer. Et comme la lettre le disait, il se sentait revivre… ou vivre tout simplement. La peur qui lui tenaillait le ventre depuis plus de trente ans semblait s'être évaporée. Un sentiment de culpabilité le rongea alors : Severus lui pardonnera-t-il de lui avoir ainsi parlé ? Lui pardonnera-t-il de lui avoir fait croire que leur couple était fini ? C'est le cœur serré et les larmes aux yeux que Remus défit les sortilèges après avoir passé une robe de chambre, sortant de ses appartements puis de son bureau. Son cœur bondit dans sa poitrine en voyant l'homme de sa vie assis sur une chaise qui s'était endormi sur la table.
_ Severus ? murmura Remus en posant une main sur l'épaule. Severus.
Le Maître des Potions leva lentement la tête et eut un sursaut en voyant son mari.
_ Qu'est-ce qui te fait peur ? Que je sois encore humain ? C'est le principe non ?
Severus le regarda. Remus y vit de la peine, de la rancœur.
_ Je suis désolé, je n'aurais jamais dû…
_ Je t'offre un moyen de te débarrasser d'un problème qui te pourrit la vie et qu'est-ce que j'ai en retour ? Une promesse de divorce! Le message est clair. Je voulais te libérer, cela semble être le cas. J'enverrai Nefli prendre mes affaires, dit froidement Severus, les larmes aux yeux.
Il se leva et se dirigea vers la porte.
_ Severus, attends ! Severus ! s'exclama Remus en le rattrapant. Attends…
_ Tout a été dit, n'est-ce pas ?
Remus voulut parler mais ne put dire un mot, la gorge nouée, les larmes aux yeux également. Severus le regarda un instant avant de sortir de la salle de classe. Remus regagna péniblement son bureau et s'assit sur la première chaise qu'il trouva, incapable de rester debout. Des larmes ne cessaient de couler sur ses joues. Dans un excès de colère, il dégagea d'un geste de la main les piles de copies et ses cours qui jonchaient son bureau.
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Un bruit sourd l'intrigua. Il se pencha et saisit le cadre photo. Le cliché avait été pris le jour de leur mariage, peu avant la cérémonie. Remus eut du mal à retenir ses larmes. Qu'avait-il fait ? Comment quelques malheureux mots avaient-ils pu mettre leur mariage en péril ? Il avait besoin de quelqu'un, d'un ami, d'un frère… Mais il savait qu'il serait incapable de parler à Sirius dans l'état où il était actuellement. Mais il avait besoin de se confier. Il se décida à prendre son Miroir et appela son ami.
_ Lunard? Que se… Mais tu pleures! Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu es blessé ? C'est Harry? Severus? Mais réponds ! s'écria Sirius, alarmé par la vue du visage inondé de larmes de Remus.
_ J'ai… J'ai… j'ai ruiné… mon mariage, répondit Remus en éclatant en sanglots de plus belle.
_ Je ne vais pas te laisser comme ça ! Je vais appeler Rogue, crois-moi qu'il va m'entendre ! rugit Sirius.
_ Ce… ce n'est… ce n'est pas lui… c'est moi… sous la colère…
_ Tu sais bien qu'il ne faut pas que tu aies des crises de colère proche de la… Mais… la pleine lune… c'est aujourd'hui… Que fais-tu… Qui es-tu crapule ! De quel droit as-tu pris l'apparence de mon ami? Réponds sinon je débarque avec les Aurors!
Remus le regarda, choqué avant de comprendre. Cela ne fit malheureusement que redoubler ses pleurs.
_ Il y a quelque chose qui m'échappe. Comment peux-tu me parler alors que c'est la…
Remus ne put en supporter plus et coupa la communication. Il ignora les appels de son ami et entra dans ses appartements où il se lova sur son lit en prenant les oreillers de Severus. Il sombra petit à petit dans le sommeil, éreinté par les pleurs.
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Pendant ce temps, Severus n'allait pas mieux que Remus. Il avait rapidement gagné ses appartements aux cachots et s'était mis sous les draps, pleurant à chaudes larmes. Il était dans un demi-sommeil quand il entendit son Miroir l'appeler avec la voix de Sirius. Intrigué, il sécha ses larmes et répondit.
_ Mais qu'est-ce qui s'est passé entre vous pour que vous soyez dans cet état là ? Je ne t'ai jamais vu aussi désemparé, Severus! Et c'est à peine si Lunard m'a répondu!
_ Tu lui as parlé ? demanda Severus, surpris, d'une voix rauque.
_ A l'instant. Sauf qu'il m'a raccroché au nez et qu'il ne répond plus à mes appels! Il était vraiment au bord de la dépression! Il y a deux ans, je t'aurais sauté à la gorge mais aujourd'hui, je sais que tu ne lui ferais aucun mal consciemment. Alors dis-moi pourquoi vous êtes aussi malheureux ?
_ Tu demanderas à Lupin quand tu l'auras à nouveau!
_ Réponds-moi Servilus! s'énerva Sirius.
Severus retint un sanglot.
_ Depuis des mois, je travaillais sur une potion. J'ai réussi à trouver un remède à la lycanthropie.
_ Sérieusement ? Mais c'est génial ! s'exclama Sirius, ravi.
_ Sauf qu'après ce qui s'est passé l'an dernier, je ne lui en ai pas parlé. Une connaissance s'est montrée volontaire pour un essai et c'était plus que concluant. J'ai donc associé le Tue-Loup et le remède ensemble qui est en réalité du Tue-Loup concentré puissance 1000. Quand je lui ai tout dit ce soir… il est entré dans une rage noire… et a laissé entendre que notre couple était fini.
_ Quoi? Tu n'es pas sérieux ?
_ J'aimerais bien te dire que c'est une blague mais non… Je suis resté dans la salle de classe, pensant qu'il allait vite me dire de revenir… Ça a duré, duré et je me suis endormi. C'est lui qui m'a réveillé… Il a voulu s'excuser mais… je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire mes quatre vérités. Je m'apprêtais à partir quand il m'a retenu. Je n'attendais qu'une chose, des excuses… Il ne m'en a fait aucune!
_ Et maintenant il est complètement effondré !
_ Et moi? s'exclama Severus, les larmes aux yeux. Je me plie en quatre pour que nous soyons ensemble toutes les nuits, que nous envisageons de créer notre propre famille et tout ce que j'obtiens est une promesse de divorce! Je le libère de sa malédiction et lui me vire de nos appartements et déclare que notre couple est fini! Il n'a même pas osé le nier, Sirius!
_ Laissez la nuit passer, et vous y verrez sans doute plus clair.
_ Je peux endurer toutes sortes de critiques mais celle-ci ne passe pas. Je comprends qu'il ait été énervé, blessé mais de là à demander le divorce et… non, non, je ne peux pas. Je ne peux pas croire que c'est fini, je ne veux pas divorcer, je…
_ Je suis sûr que Remus regrette, je l'ai vu, il s'en veut vraiment.
_ Ce n'est pas l'impression que j'ai eu, répliqua froidement Severus. Merci de t'inquiéter pour nous, je comprendrais que tu soutiennes ton ami mais rien ne changera entre nous. Je t'apprécie vraiment, Sirius.
_ Moi de même. Nous étions juste un peu trop rigides dans notre adolescence, dit Sirius, le regard inquiet. Promets-moi de lui laisser une chance de s'expliquer, jure-le moi!
_ Juré, lâcha Severus. Bonne nuit et passe le bonjour à tout le monde de ma part.
Puis Severus coupa la communication. Il aurait dû se réjouir que Remus s'en veuille d'avoir prononcé ces mots mais ce soir, cela ne le touchait pas tellement il en voulait à son mari. Son mari… cela sonnait tellement étrange à ses oreilles. Il essaya de ne plus y penser et sombra dans un sommeil léger.
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Remus se réveilla en sursaut vers 3 heures du matin. Il alluma la lumière et regarda autour de lui. Il se trouvait dans sa chambre, dans son lit seul. Il semblait légèrement perdu quand il se souvint de tout: le Tue-Loup, le remède, la colère, le divorce… A ce souvenir, Remus sentit les larmes revenir. Il devait parler à Severus. Il le fallait. Il se leva, passa un peu d'eau sur le visage pour effacer les marques les larmes séchées sur ses joues et le cou. Cinq minutes plus tard, Remus sortit de ses appartements puis de son bureau. Quand il franchit la porte de sa salle de classe, il sentit une bouffée d'oxygène l'envahir puis se dirigea vers les cachots.
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Le réveil sortit Severus d'un sommeil agité. Il alla prendre sa douche puis sortit de ses appartements et vit Remus qui dormait dans le fauteuil de son bureau. Il alla fermer la porte de son bureau, la claquant légèrement pour réveiller son mari.
_ Que fais-tu ici? demanda sèchement Severus avant de se souvenir qu'il avait promis à Sirius de laisser Remus s'expliquer.
_ Je… je veux qu'on reparle d'hier soir.
_ Je t'écoute mais je n'ai pas toute ma journée, moi!
_ Je ne sais pas par où commencer. Merci, merci d'avoir tout fait pour me guérir. Je ne sais pas comment te remercier… J'ai tellement été injuste. Je ne pensais pas ce que je t'ai dit. Je t'aime passionnément, Severus, je ne veux pas te perdre, je ne veux pas qu'on se sépare. Pardonne-moi, je t'en supplie, pardonne-moi. Je t'aime, je… Je ne peux pas vivre sans toi!
Severus vit le regard brillant de larmes de Remus et sentit également sa vue se brouiller. Il avait envie de prendre son mari dans les bras, de l'embrasser, le serrer fort contre lui-même, de le couvrir de baisers et de caresses… Mais il sentait que quelque chose s'était cassé entre eux.
_ Je te crois, finit-il par répondre. Mais je ne peux pas te pardonner aussi facilement. Tu m'as vraiment blessé, Remus. Je vais me montrer franc avec toi: je t'aime également passionnément, je ferai tout pour toi, c'est cette raison qui m'a poussé à créer cette potion. Je m'excuse à mon tour de ne t'avoir rien dit à propos de la potion. Mais je n'oublierai jamais la rage et la puissance des mots que tu as prononcés hier, ni que tu n'aies pas su me retenir… Je ne demandais qu'un mot, qu'un geste…
_ Je t'ai pourtant dit que je m'excusais, que je n'aurais jamais dû dire cela mais tu ne m'en as pas laissé le temps.
_ Et quand je t'ai dit que tout avait été dit, tu ne m'as pas retenu. Tu es resté là, raide comme un bâton. Tu n'as pas dit un seul mot! Tu n'as pas bougé d'un millimètre ! J'ai promis à Sirius que je te laisserais t'expliquer, c'est fait. Mais n'attends pas de moi à ce que je revienne aussi facilement. J'ai besoin de temps.
_ Me pardonneras-tu un jour entièrement ? murmura Remus. Ai-je vraiment détruit notre couple?
_ Je ne sais pas. La seule chose que je sache, c'est que je t'aime. Après, seul le temps nous le dira.
Severus alla dans son coin laboratoire de son bureau, remplit plusieurs fioles sur lesquelles il jeta un sortilège de conservation, les mit dans un petit carton qu'il donna à Remus.
_ Pour que la guérison soit complète, tu dois boire une fiole par jour jusqu'à la prochaine pleine lune. Si comme je le pense, cela sert juste à renforcer les souches qui sont de nouveau saines après avoir été touchées par la lycanthropie. Elles étaient suffisamment saines pour que tu ne te transformes pas cette nuit mais pas encore assez pour que ton corps résiste le mois prochain.
Remus hocha la tête.
_ Merci infiniment. Je vais te laisser. N'oublie pas que je t'aime, Severus.
Puis il partit laissant Severus tiraillé entre la rancune et la tristesse.
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Severus avait un double cours avec les élèves de cinquième année ce jeudi après-midi. Malgré une nuit agitée, Severus assura ses cours comme d'habitude. Tandis qu'il se déplaçait à la fin de l'heure pour donner un avis global sur les Solutions de Force de ses élèves, il arriva à la table qu'occupaient Harry, Ron et Hermione.
_ Mmh, vous vous améliorez, Weasley. Mmh… à voir avec votre échantillon sinon je dirais que ça vaut un Acceptable pour aujourd'hui. Mr Potter, voyons.
Severus regarda le chaudron de Harry et resta bouche bée. Ce dernier continuait de fixer le chaudron sans dire un mot. La Solution qui aurait dû être turquoise était violette et laissait entrevoir des grumeaux.
_ Vous resterez après la fin de l'heure, Mr Potter. Et ne videz pas votre chaudron s'il vous plaît. Miss Granger… Mmh, cela me semble parfait.
Puis il partit sans jeter un dernier coup d'œil au Gryffondor. Harry releva légèrement la tête avant de rougir en croisant le regard de son professeur et baissa son visage de nouveau. Severus fronça les sourcils. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour que son élève soit dans cet état ?
Il libéra sa classe et resta seul avec Harry une fois que les élèves lui aient donné leur échantillon. Severus alla s'asseoir en face de Harry.
_ Expliquez-moi, Mr Potter. Il me semblait que vous aviez nettement progressé, votre moyenne doit avoisiner l'Effort Exceptionnel. Pourquoi la Solution de Force que vous avez préparé équivaut à un Piètre ?
_ J'ai dû oublier une étape, professeur, répondit Harry d'une voix claire à la surprise du Maître des Potions.
_ Vous avez dû oublier ? Je dirais plutôt deux ou trois étapes oui.
Severus vida le chaudron avec sa baguette.
_ Venez me voir samedi matin, vous la referez. Je vous laisse une seconde chance sinon je serai obligé de vous donner la note que cette potion d'aujourd'hui vaut.
_ Oui, professeur.
_ Bien, maintenant que le côté scolaire est réglé, puis-je savoir pourquoi tu es dans cet état ? demanda Severus, inquiet. S'est-il passé quelque chose pour que tu rendes une potion aussi désastreuse ?
Harry ne répondit pas.
_ Tu ne t'adresses plus au professeur. Tu peux te confier à moi, tu le sais, non ? Cela aurait-il un lien avec Mr Diggory ?
_ Non.
_ Harry, quelque chose s'est passé depuis ce week-end et je veux savoir la raison. Déjà, lundi tu semblais ailleurs.
_ C'est ma vie privée.
_ Du moment où je suis encore le mari de Remus, cela me regarde.
Harry fronça les sourcils avant que Severus s'aperçoive de sa gaffe.
_ Je veux que tu me jures sur la tombe de tes parents que Mr Diggory n'a pas été violent avec toi ? Qu'il ne t'a pas forcé à faire quoi que ce soit ?
_ Non, non ! s'écria Harry. Il ne m'a rien fait du tout ! Rien ! C'est… C'est moi… je…
Harry baissa les yeux brillants de larmes.
_ La semaine dernière, je lui ai dit que je me sentais prêt à le faire… A franchir le cap… Tout allait si bien… Et au moment où… Je me suis enfui, j'ignore pourquoi. J'en avais envie pourtant ! On a essayé de faire comme si rien ne s'était passé mais c'est de pire en pire… Au final… hier nous… nous avons décidé de faire une pause…
_ Cela peut être bénéfique, observa Severus en essayant de le rassurer.
_ Nous le savons tous les deux…, dit Harry en essuyant les larmes qui coulaient sur son visage.
_ Mais tu l'aimes !
_ C'est ça le problème ! Je sais que je l'aime mais je n'arrive plus à ressentir quoique ce soit…
_ Veux-tu que je demande à Fiona de venir plus tôt ? Je dois lui demander un conseil pour un autre élève.
_ Cela ne changera pas grand-chose, murmura Harry.
_ Je vais te libérer. Si tu as besoin de parler, tu peux toujours venir me voir. J'ai… Enfin le temps que Remus se remette de la pleine lune… je dors ici.
_ Tout va bien entre vous ? demanda le Gryffondor tout en rangeant ses affaires.
_ Pourquoi me poses-tu cette question ?
_ Je ne te sens pas sincère quand tu parles de Remus. En plus ce matin, il nous a laissé sans devoirs à faire pendant le double cours, du coup le professeur McGonagall nous a libérés.
Severus le regarda, stupéfait. Jamais Remus n'aurait laissé ses élèves sans travail à faire.
_ Est-ce que Remus va bien, Severus ? demanda Harry, visiblement inquiet.
_ Oui. Notre couple traverse une crise et j'ignore si cela va s'arranger.
_ Excusez-moi si je me montre indiscret mais… qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Severus soupira. Si Harry appelait Sirius pour dire que le couple traversait une crise et que cela affectait les cours de l'un, Sirius pourrait lui dire la vérité. Aussi prit-il les devants.
_ J'ai réussi… J'ai fabriqué un remède contre la lycanthropie. Une connaissance l'a testé et l'effet a été immédiat. J'en ai donné à Remus sans le dire jusqu'à hier soir où il a piqué une crise de colère. Je ne l'avais jamais vu aussi furieux et cela n'avait aucun lien avec la pleine lune, d'où le remède fait effet. Sauf qu'il a dit des mots que je ne peux pas lui pardonner. En tout cas aujourd'hui, c'est impossible.
_ Donc vous allez faire quoi ? Divorcer ?
_ C'était ce qu'il souhaitait hier, il m'a dit que notre couple était fini. J'ai sacrifié des heures et des heures tout au long de ses semaines pour fabriquer ce remède inédit et… et je ne sais pas pourquoi je te raconte tout cela.
_ Peut-être parce que je peux agir contrairement à Sirius, supposa Harry.
Severus fronça les sourcils, dubitatif.
_ Quand Remus a un problème, il appelle Sirius. Quand tu as un problème, tu appelles Sirius. Ce n'est pas difficile à deviner.
Harry rougit soudainement autant que Severus s'était figé. Pour la première fois en 2 ans, Harry venait de le tutoyer le plus naturellement du monde.
_ Laisse-moi du temps. Ce que je sais, c'est que nous nous aimons toujours profondément mais que cette histoire s'est mise entre nous.
_ Très bien. J'irais quand même voir Remus après les cours.
La sonnerie retentit.
_ Zut, j'ai Métamorphose ! Je dois y aller !
_ File, j'ai cours moi aussi. Harry ! Merci.
_ Merci à v… toi.
Severus hocha la tête.
_ Concernant tes problèmes, tu dois vraiment en parler avec Fiona.
_ Je lui en parlerais. Merci, Severus.
Puis Harry partit précipitamment. Pourquoi s'était-il confié à un ado de 15 ans ? Comment en est-il arrivé à se confier aussi naturellement ? Il soupira. Avec ses problèmes et la dépression de Drago, il devait également se préoccuper des problèmes de Harry. Cependant il ne regrettait rien, cela lui permettait au contraire de ne pas trop penser aux siens.
Reprenant ses esprits, il fit entrer ses élèves de troisième année.
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Le soir-même, il jeta de la Poudre de Cheminette dans sa cheminée et prononça « Bureau de Fiona Patil ». Il mit sa tête et attendit l'arrêt du défilement des cheminées. La psychomage sursauta quand il l'appela.
_ Professeur Rogue, que me vaut cette visite ? Un problème avec Mr Potter ?
_ Oui et non. Mr Potter traverse une crise sentimentale et cela influe sur son comportement scolaire. Il a accepté de vous en parler. Serait-il possible de le voir ce week-end ?
_ Laissez-moi voir… Dimanche matin, à 10 heures, je suis libre. Y a-t-il autre chose ?
_ Mon filleul… Enfin ce n'est pas légalement mon filleul mais je le considère comme tel depuis toujours. Un peu comme un parrain de substitution. Bref. Il traverse également une crise personnelle et Mrs Pomfresh et moi-même sommes du même avis qu'il déprime.
_ Je vois. Il faudrait donc qu'il se confie à quelqu'un. Laissez-moi voir… Vendredi à 18 heures je suis libre, vu que c'est un premier contact, une heure devrait suffire. Ensuite, vu mon analyse de son comportement, je pourrais préconiser une à deux séances par semaine. Son nom ?
_ Drago Malefoy. Vous allez devenir la psychomage de Poudlard à ce rythme, plaisanta Severus.
_ Croyez-le ou non, j'adore cela. Je devrais en parler avec le professeur McGonagall et mon Chef de service. Avez-vous besoin d'autre chose pendant que nous y sommes ?
_ Je sais que vous vous occupez d'adolescents mais… j'aimerais avoir un contact avec un psychomage pour adultes. Pour moi-même.
_ Je vais vous mettre en contact avec ma collègue, Helen Macmillan. Je vous dis donc à demain soir pour Mr Malefoy ?
_ A demain soir. Venez directement dans mon bureau, j'ai regagné provisoirement, j'espère, mes anciens appartements.
Fiona fronça les sourcils, surprise mais garda le silence.
_ Je vous souhaite une bonne soirée, au revoir, dit Severus en se retirant de l'âtre de la cheminée.
Il se mit à son bureau, prit deux morceaux de parchemins et écrivit :
Harry, j'ai contacté Mrs Patil, elle sera dans mon bureau dimanche matin à 10 heures. Ne te préoccupe pas de Remus et Sirius, je les informerai moi-même. Si tu as besoin de parler, je suis là, ne l'oublie pas. Bonne soirée, Severus.
Drago, suite à notre dernière conversation, j'ai contacté une psychomage qui s'occupe des enfants et adolescents. Elle accepte de venir demain soir pour un premier contact. Dans ton état, il vaut mieux que tu la voies, ne serait-ce qu'une fois. Elle t'attendra dans mon bureau à 18 heures. Etant ton Directeur de Maison, je suis tenu légalement d'être présent pour ta première séance. N'hésite pas à venir me voir si tu ne vas pas bien, tu me trouveras dans mes appartements au cachots, ayant quelques petits problèmes conjugaux mais rien de grave. Bonne soirée, Severus.
Il se leva, sortit de son bureau et croisa Miss Spinnet. Il lui demanda de donner ce mot à Harry qui accepta puis elle partit tandis qu'il entrait dans la Salle Commune des Serpentard. Il resta la soirée avec eux et donna le mot dès qu'il croisa Drago. Ce dernier prit le parchemin, le lut puis monta dans son dortoir sous le regard inquiet de Severus.
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Pendant ce temps, après avoir reçu le message de Severus, Harry se rendit au troisième étage et frappa au bureau de Remus. Ce dernier vint lui ouvrir.
_ Je peux te voir ? demanda Harry d'une petite voix.
Remus acquiesça et le fit entrer.
_ Tu ne devrais pas être dans la Grande Salle en train de dîner ? demanda le tuteur.
_ Je n'ai pas grand appétit en ce moment, avoua Harry, rougissant légèrement.
_ Bienvenue au club. Mais moi c'est normal avec la pleine lune, mentit Remus.
Harry hocha la tête. Il ne voulait pas lui avouer tout de suite qu'il connaissait l'existence du remède.
_ Comment vas-tu ?
_ Bof, répondit Harry en baissant les yeux.
_ Toi, tu me caches quelque chose, remarqua Remus.
_ J'ai des problèmes avec Cédric.
_ Tu veux en parler ?
_ J'ai voulu le faire et je me suis dérobé à la dernière minute. Je me suis enfui sans dire un mot et la situation s'est dégradée entre nous. Hier, nous avons décidé de faire une pause, avoua Harry.
_ Je vois, murmura Remus, ému. Cela va s'arranger, j'en suis sûr.
_ Je suis moins sûr que toi. J'aime Cédric mais… il y a un malaise entre nous et… je suis mal à l'aise quand je suis avec lui.
_ Cela peut arriver. On croit qu'on est sur la même longueur d'ondes, on s'entend hyper bien, et un jour quelque chose cloche et on ne sait pas comment le réparer.
_ Comme Severus et toi ? lança Harry.
Remus regarda le jeune homme, surpris.
_ Qui t'en a parlé ?
_ Severus.
_ Il ne manque pas de toupet ! fulmina Remus. Venir te trouver alors que c'est lui qui ne veut pas me pardonner !
_ C'est moi qui ait lancé le sujet après le cours de Potions. Il voulait savoir pourquoi j'avais raté ma potion et nous nous sommes mis à discuter de Cédric et…
_ Et ?
_ Et il m'a laissé entendre que vous pourriez divorcer. C'est vrai ?
Remus se raidit et blêmit.
_ Même si je suis ton tuteur, cela reste ma vie privée.
_ Comme tu voudras, puis-je te poser au moins une question ?
_ Oui, cela dépend de laquelle.
_ Est-ce vrai que Severus a inventé un remède pour la lycanthropie ?
Remus sentit les larmes monter, il les refoula, hors de question de pleurer devant Harry. Il hocha la tête.
_ C'est génial ! Cela veut dire que tu es définitivement guéri ! s'exclama Harry.
_ Comment en es-tu arrivé à parler de cela avec Severus ? demanda Remus, intrigué.
_ Comment as-tu pu oublier de donner des copies de sujet au professeur McGonagall ?
Remit écarquilla les yeux, ouvrit son tiroir et poussa un soupir.
_ Très bien. Donc cela vous a libéré deux heures.
Harry hocha la tête avant de sourire.
_ La potion de Severus a vraiment marché ?
_ Aussi incroyable que ça en a l'air, oui. C'est d'ailleurs à cause d'elle que j'ai dit des horreurs à Severus. J'étais sous le coup de la colère mais Severus a pris toutes les remarques en plein visage et ça l'a terriblement blessé. Il m'en veut et je m'en veux encore plus. Mais cela finira par s'arranger, j'en suis persuadé. Comme toi et…
_ Non, ça ne s'arrangera pas. On essaie juste de gagner du temps…
_ Harry, si vous vous aimez sincèrement, vous pouvez recoller les morceaux. Tu m'as dit que Cédric était patient avec toi, il t'attendra, j'en suis sûr.
_ Je le sens, Remus. Ce n'est plus comme avant. Je vais te laisser, je dois faire mes devoirs. Bonne soirée.
_ Bonne soirée Harry. Et merci.
Harry sourit et hocha la tête puis partit au moment où il croisa la Directrice. Elle frappa à la porte du bureau de Remus qui sursauta.
_ Minerva ! Que me vaut… Oh, Harry m'en a parlé. Je suis terriblement désolé. J'ai oublié et…
_ Calme-toi, suggéra Minerva. On va reprendre dès le début.
_ Je suis désolé, je suis à court de thé.
_ Ce n'est pas grave. Raconte-moi.
_ Hier matin, j'étais patraque et je le suis resté une bonne partie de la matinée. L'après-midi je me suis penché sur les copies d'aujourd'hui et… et quand Severus est venu me rejoindre hier soir pour m'amener mon gobelet de Tue-Loup… nous nous sommes disputés et cela m'est sorti de l'esprit.
_ Tu m'as l'air fatigué. La transformation a été difficile ?
Remus eut soudainement envie d'éclater de rire mais il se maîtrisa à temps. Il ne fit que sourire.
_ Non, je n'ai pas passé une nuit agréable mais cela faisait longtemps que je ne me suis jamais senti aussi bien. Severus a réussi à créer un remède contre la lycanthropie, avoua Remus avec un demi-sourire.
_ Mais c'est formidable !
_ Formidable, oui. Si je ne lui avais pas hurlé dessus car il ne m'avait jamais rien dit de cette potion jusqu'à hier soir et que je lui ai fait comprendre que notre couple était fini.
_ A en juger par ton expression, tu le regrettes.
_ Bien sûr que je le regrette ! s'écria Remus. J'étais en colère, j'ai réagi sur le moment sans penser aux conséquences. Mais j'ai été tellement odieux que Severus m'en veut et est reparti vivre dans ses appartements aux cachots. Je vous rassure, cela n'empiétera pas sur mon travail. Je reprendrais mes cours dès demain matin. J'ai besoin de penser à autre chose que de tourner en rond dans ma chambre.
_ Je voulais te parler d'un sujet un peu plus… sérieux.
_ Je vous écoute.
_ Aurais-tu croisé le professeur Ombrage ces dernières heures ?
_ Je ne suis pas sorti de la journée. Juste cette nuit où je me suis rendu aux cachots et ai attendu l'arrivée de Severus. Mais je ne me souviens pas l'avoir croisée. Pourquoi ?
_ Fudge a attendu toute la journée qu'elle lui envoie son rapport et n'ayant pas eu de nouvelles, il a cru bon débarquer par surprise dans mon bureau il y a une heure.
_ Vous n'êtes pas sérieuse ? s'écria Remus, scandalisé.
_ Je ne l'ai pas ménagé. Je lui ai simplement dit de retourner dans son bureau, que je mènerai mon enquête et que je n'ai pas intérêt de le revoir dans le château ou tout membre du Ministère qui ne viendrait pas pour un problème avec leur enfant.
_ Si Fudge n'a eu aucune nouvelle et que personne ne l'a vu…
_ Dolorès Ombrage est introuvable, termina Minerva, le visage grave.
Les conséquences des mots de Remus fragilisent leur couple et si Remus veut se faire pardonner, c'est Severus qui a du mal à oublier les propos blessants... Et comme si cela ne suffisait pas, Ombrage est introuvable... Que lui est-il arrivé ? Avez-vous des suggestions ?
Je vous dis donc à la semaine prochaine avec le prochain chapitre intitulé "La détresse de Drago" ^^
Portez-vous bien, prenez soin de vous et de vos proches, bisous *-*
