Bonjour à tous et toutes :)

Je vous laisse avec un nouveau chapitre :)

Bonne lecture ;)


Chapitre 28 : Une paix durable ?

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Harry se précipita pour rejoindre Susan près des cachots.

_ Mais… ce n'est pas Malefoy qui devait être là ? s'étonna-t-elle.

_ Drago a eu un léger problème de santé, du coup il ne peut pas effectuer sa ronde. Severus m'a demandé de le remplacer. Je ne pouvais pas trop refuser.

_ Je ne sais pas ce qui me surprend le plus : que tu appelles Malefoy par son prénom ou que tu saches pourquoi il est indisponible.

_ Cela m'a parut bizarre et hier il n'était même pas en cours donc j'en ai conclu qu'il était à l'infirmerie et la Carte m'y a donné raison, expliqua Harry. On commence ?

_ Allons-y. Est-ce indiscret de savoir ou pas ?

_ C'est assez personnel. Et avant que tu me poses la question, c'est venu assez naturellement. Disons que j'allais m'en aller et il m'a avoué la raison de sa présence lors de la dernière semaine des vacances.

_ Je vois. Et toi ? Tu ne m'as pas paru très joyeux ces derniers jours.

Harry soupira.

_ Je n'ai pas très envie d'en parler.

_ C'est ce que Cédric m'a dit aussi.

Harry la regarda, abasourdi.

_ Il se renferme sur lui, envoie balader tous ceux qui veulent l'approcher. Ernie et moi devons quelques fois calmer les choses dans la salle commune.

_ Nous sommes séparés pour le moment, avoua Harry.

_ Vous vous êtes disputés ou…

_ C'est moi qui ait tout fait foiré.

Susan le regarda un instant avant de regarder devant elle. Ils venaient d'arriver au premier étage.

_ Ce n'est pas définitif au moins ?

_ Non, c'est juste une pause que nous faisons mais je… enfin c'est différent.

_ Si tu ne veux pas en parler, je ne te force pas. Sinon, pour changer de sujet, as-tu réfléchi à la proposition de Sirius et de ma tante ?

Harry esquissa un sourire.

_ Souvent. Je pensais que je n'avais pas pris ma décision mais il y a quelques jours, je me suis pris la tête avec Sirius, je lui ai sorti des horreurs et… je l'ai considéré un peu comme mon père.

_ Donc tu es pour ?

_ Je pense même si je sais que franchir le pas va me terroriser. Avoir des parents, deux sœurs, je n'ai jamais eu, je ne sais pas comment je devrais réagir !

_ A part les considérer comme nos parents, on n'a pas de raison de changer. Restons nous-mêmes.

Harry fronça les sourcils.

_ Donc tu es d'accord ?

_ Je suis d'accord, acquiesça Susan. Vu que nous terminons par le 7ème étage, pourrais-tu aller chercher ton Miroir et nous les appellerons ensemble ?

_ Avec grand plaisir, répondit Harry avec un grand sourire.

Une heure plus tard, après avoir rappelé à l'ordre six élèves, empêcher un élève de troisième année de Serdaigle de jeter une boule puante dans les toilettes du cinquième étage, Harry alla chercher rapidement son Miroir et rejoignit Susan dans le couloir. Ils allèrent près de la Tour d'Astronomie où ils savaient qu'ils ne seraient pas dérangés. Harry sortit son Miroir et appela Sirius.

_ Harry ! Susan ! Comment allez-vous ? demanda Sirius en décrochant.

_ Ça peut aller, comme un samedi après une ronde, répondit Harry.

_ Tante Amélia est avec toi ? lança Susan.

_ Elle est avec Manon.

_ C'est génial, nous voulons vous parler à tous les trois, s'exclama Harry.

Le regard de Sirius s'illumina, semblant comprendre la raison de cet appel. Les deux Préfets le virent monter rapidement les marches et arriver haletant dans la chambre de sa fille.

_ Harry et Susan veulent nous parler, déclara Sirius.

_ Oooh ! Harry ! Susan ! Comment allez-vous ?

_ Plutôt bien, répondit Susan. On peut voir la petite Manon ?

Sirius tourna le Miroir vers le berceau où la petite fille d'un mois et demi dormait paisiblement.

_ Je viens de la coucher, révéla Amélia. Vous vouliez nous parler ?

Harry et Susan se regardèrent en souriant, le regard étincelant.

_ Nous sommes d'accord pour l'adoption, dirent-ils d'une même voix.

Il y eut un léger silence avant que Sirius et Amelia poussèrent un léger cri de joie, se contenant pour ne pas réveiller Manon. Ils sortirent de la chambre.

_ Mais c'est génial ! s'écria Amélia, ravie. Je peux m'occuper des papiers dès lundi, cela ne demandera pas beaucoup de temps et tout sera officiel lors du mariage.

_ C'est le plus beau cadeau que vous pouviez nous faire, ajouta Sirius, les larmes aux yeux.

_ J'ai juste une petite question, dit Harry. Est-il possible de garder mon nom de famille ? Je n'ai rien contre le fait de m'appeler Black ou Bones mais…

_ C'est vous qui décidez. Comme vous n'avez aucun lien de parenté, nous devons faire deux dossiers qui seront rapidement acceptés au vu de votre situation personnelle. Vous avez encore le choix. Mais pour que le dossier soit à l'étude, nous devons savoir si vous souhaitez garder votre nom ou pas ?

_ On peut encore réfléchir ? demanda Harry, hésitant.

_ Bien sûr, je ne vous presse pas, le mariage est dans deux mois… disons une réponse pour fin mars ? proposa Amélia.

_ Merci.

_ Je t'en prie. Sinon, racontez-nous ce qui se passe à Poudlard !

Harry et Susan discutèrent ainsi pendant une demi-heure avant de raccrocher et se séparer.

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Harry rentra dans sa salle commune pour aller ranger son Miroir dans son dortoir. En descendant, ils virent que Ron et Hermione discutaient à voix basse sur un canapé près de la cheminée.

_ Que mijotez-vous ? demanda Harry les faisant sursauter.

_ Tu nous as fait peur, dit Hermione en lui lançant un regard courroucé tandis que Harry alla s'installer à côté d'elle sur le canapé. Tu m'as l'air bien heureux aujourd'hui.

_ Je traverse une mauvaise période avec Cédric, je n'ai pas envie d'en parler. Mais il y a un sujet dont je dois vous parler.

_ Tu as pris ta décision ? devina Ron.

_ Quelle décision ? s'étonna Hermione.

_ Quand Manon est née, Sirius et Amélia nous ont demandés, à Susan et moi, si nous donnions notre accord pour qu'ils nous adoptent tous les deux après leur mariage, révéla Harry. Nous en avons discuté au début de notre ronde avec Susan et…

_ Attends, tu n'étais pas de ronde aujourd'hui ! s'exclama Hermione.

_ J'ai remplacé Drago qui est malade, répondit Harry.

_ Drago ? répétèrent Ron et Hermione d'une même voix.

_ C'est compliqué de vous raconter cela maintenant. Pour en revenir à l'adoption, Susan et moi venons de donner notre accord. Elle sera effective après le mariage, le temps de faire les papiers.

_ Mais c'est génial ! s'exclama Hermione en le prenant dans ses bras. Je suis vraiment contente pour vous !

_ Merci beaucoup. Cela va me faire drôle d'avoir une véritable famille.

_ Et tu auras de superbes parents, j'en suis certaine, assura Hermione.

Harry sourit. Son regard se posa sur la cheminée. Il aurait voulu partager ce moment avec Cédric.

_ Harry, je sais que tu n'as pas envie d'en parler mais… que se passe-t-il avec Cédric ? Vous aviez l'air tellement bien la semaine dernière, remarqua Ron à voix basse.

_ Nous avons voulu aller un peu plus loin et j'ai refusé tout à coup. Cela a jeté un froid entre nous et plus rien n'était comme avant. Cédric a préféré faire une pause. Mais plus je pense à lui, plus je me sens mal à l'aise. Je ne comprends pas.

_ Peut-être devrais-tu aller le voir ? suggéra Hermione.

_ Tu as raison. Je vais aller chercher la Carte.

Harry monta dans son dortoir, activa la Carte du Maraudeur et chercha le nom de Cédric. Il le vit à la bibliothèque.

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Après avoir salué ses amis, Harry partit à la bibliothèque où il trouva le Poufsouffle avec ses amis. Ce dernier leva la tête vers lui.

_ Harry ?

_ Puis-je te parler un instant ?

_ Bien sûr. Je reviens.

Les deux élèves sortirent, Harry semblant nerveux. Cédric s'adossa au mur parallèle, évitant de regarder son petit-ami.

_ Je… Je sais que c'est à cause de moi que tu as proposé de faire une pause. Tu dois sans doute te dire que je ne sais pas ce que je veux mais… je ne peux pas m'empêcher de penser à toi. J'ai envie d'être à tes côtés, de t'embrasser, de te sentir contre moi.

_ C'est normal. Je suis ta première vraie relation. Ne t'inquiète pas, je ne te sauterai pas dessus. Mais je veux juste savoir ce que tu ressens pour moi. Si tu ressens juste la nécessité d'être à mes côtés, le malaise s'intensifiera entre nous et l'un de nous finira par rompre. Si au contraire, tu éprouves encore des sentiments pour…

Cédric fut interrompu par un baiser de Harry.

_ Cela répond-il à ta question ? murmura ce dernier.

_ Je pense que oui. Je te rassure, en tout bien tout honneur mais que dirais-tu de nous retrouver dans la Salle sur Demande ?

_ Je veux bien mais je dois d'abord aller voir un ami.

_ D'accord. As-tu la possibilité d'aller voir le professeur Lupin ?

_ Tu veux que je passe la nuit avec toi ?

_ En tout bien, tout honneur. Je sais que je répète mais…

Cédric fut de nouveau interrompu par un baiser.

_ Je vais voir ce que je peux faire. Donnons-nous rendez-vous à 19 heures près de la Grande Salle. Je te donnerai ma réponse.

_ Bonne idée. A ce soir, dit Cédric en l'embrassant furtivement.

Harry lui sourit puis se dirigea vers les appartements de Remus et Severus en espérant les trouver.

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Il utilisa la « sonnette Gryffondor ». Remus apparut peu après.

_ Harry ? Que me vaut ta présence ?

_ C'est assez délicat et personnel.

_ Entre.

Harry entra tandis que Remus alla s'asseoir derrière son bureau.

_ Viens-tu parler au tuteur ou au Directeur de Maison ?

_ Un peu des deux. Susan et moi avons accepté la demande d'adoption de Sirius et Amelia.

_ Je suis ravi pour vous cinq. Vous formerez une véritable famille, c'est ce qu'il y a de mieux pour vous. Maintenant, je suppose que tu veux parler au Directeur de Maison ?

_ Cédric m'a dit que si je devais m'absenter de mon dortoir une nuit, il fallait que je prévienne mon Directeur de Maison.

Remus le regarda, stupéfait.

_ Je ne comprends plus rien. Vous êtes toujours ensemble ou pas ?

_ Nous nous laissons une seconde chance.

_ Harry, si tu penses que c'est fini…

_ C'est moi qui suis allé le voir. J'ai besoin de lui, de sa présence, de sa tendresse, de son amour… Il me manque, Remus, tu dois le comprendre non ?

_ Bien sûr. Donc tu essayes de me dire que vous allez passer la nuit ensemble dans le dortoir des 7ème année de Poufsouffle, est-ce exact ?

_ C'est l'idée oui.

_ Premièrement, je te remercie de m'en avoir informé étant donné que tu es Préfet. Deuxièmement, je trouve cela un peu précipité…

_ Je sais ce que je fais. J'étais juste venu te voir pour t'en informer.

_ Très bien. Je te fais confiance. Mais tu dois juste avoir à l'esprit que tout doit être…

_ Consentant, j'ai compris. Et si nous passons aux choses sérieuses, nous nous protégerons ! répliqua Harry, agacé.

_ Tout est dit, je pense, déclara Remus en gardant son calme.

Harry le salua puis partit, le coeur gonflé de joie. Il descendit au premier étage et entra dans l'infirmerie.

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Pendant ce temps…

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Avec ce qui était arrivé à Drago, Remus et Severus avaient complètement oublié la disparition d'Ombrage. Chacun rédigeait une note sur leurs élèves de cinquième, sixième et septième année en vue de futures entrevues entre l'élève et son Directeur de Maison. Ce fut quand ils virent le chat argenté qu'ils comprirent la signification du message : Rendez-vous dans la salle des professeurs. Urgent.

_ J'ai complètement oublié Ombrage, marmonna Severus.

_ Franchement, elle ne manquera à personne.

Les deux hommes se regardèrent un moment et éclatèrent de rire. Ils prirent leur cape, leur baguette et descendirent dans la salle des professeurs située au deuxième étage. A leur arrivée, certains de leurs collègues étaient déjà présents comme Albus ou Filius. Minerva parlait notamment avec Albus et un homme que les deux sorciers reconnurent comme Cornelius Fudge, le Ministre de la Magie.

Cinq minutes plus tard, tous les professeurs étaient arrivés.

_ Je suis désolée de vous avoir fait venir urgemment mais la situation est grave, déclara Minerva. Il se pourrait que notre collègue, le professeur Ombrage, ait disparu.

_ Comment ça, disparu ? demanda Pomona, surprise. Un professeur ne peut pas disparaître de la sorte !

_ Je suis bien d'accord avec vous mais les faits sont là. Le Ministre n'a aucune nouvelle de sa secrétaire d'État et le professeur Ombrage est introuvable dans le château.

Il y eut des murmures parmi les professeurs, Remus et Severus ne firent que se regarder. Ce dernier prit la main de son époux sous la table pour lui assurer son soutien. Remus hocha la tête tandis que Fudge les observait ce que remarqua Severus.

_ Que va-t-il se passer maintenant ? demanda-t-il.

_ Une enquête va être ouverte, répondit Fudge. Dès demain, trois de mes Aurors passeront la semaine ici afin de chercher des éléments de réponse. Devrais-je dire, jusqu'à ce qu'ils la retrouvent.

_ Vous ne songez quand même pas à interroger tous les élèves ? s'écria Severus.

_ Avons-nous d'autres choix ? D'ailleurs, je vous demanderai de nous préparer un stock conséquent de Véri…

_ Certainement pas ! rugit le Maître des Potions. Je vous rappelle que dans moins de trois mois, 80 élèves passeront des examens essentiels à leur avenir, qu'ils n'ont pas besoin d'avoir à subir un interrogatoire en plus du stress des examens ! Et je ne pense pas que ce soit des élèves de 12 ans qui auraient pu s'en prendre à une sorcière telle que le professeur Ombrage !

_ Insinuez-vous qu'il s'agirait d'un ou plusieurs professeurs, professeur Rogue ? demanda Fudge, une lueur éclatante dans le regard.

_ Croyez ce que vous voulez. Je refuse de vous préparer une Potion qui mettrait à mal plusieurs élèves ! Certains sont assez fragiles psychologiquement pour que vous en rajoutiez une couche, Monsieur le Ministre !

Dans la salle, tous les professeurs assistaient à l'échange tendu entre le Maître des Potions et le Ministre de la Magie. Personne ne disait mot pour ne pas recevoir un sortilège perdu.

_ Je demanderai aux Aurors de vous interroger en premier ainsi que votre… mari. Le professeur Ombrage a disparu dans la nuit du 14 au 15 février soit le jour-même de la pleine lune, déclara Fudge.

_ Vous n'avez aucune preuve ! s'écria Filius.

_ Ne vous inquiétez pas, Filius, je n'ai rien à me reprocher, intervint Remus en se levant. Je peux faire ma déclaration devant vous tous. Oui, à mes 5 ans j'ai été mordu par Fenrir Greyback. Tous les mois, je m'enferme à l'aide de sortilèges d'insonorisation et de défense pour passer inaperçu. Je pense qu'en trois ans, si quelqu'un était venu à m'entendre, je ne serai plus en poste aujourd'hui.

_ Et croyez-moi, vous ne le resterez pas très longtemps !

_ Je comprends votre attitude. Mais je suppose que vous avez des potionnistes talentueux dans vos équipes ?

Fudge ne répondit pas.

_ Severus, serais-tu prêt à donner quelques échantillons de ta potion et les quelques cheveux qui te restent pour prouver à tous ceux qui le désirent que je ne suis désormais plus un loup-garou.

L'annonce créa une onde de choc pour toutes les personnes présentes.

_ C'est impossible, murmura Albus. Il n'existe pas de remède…

_ J'ai travaillé pendant près de cinq mois pendant des heures chaque jour. Je peux vous confirmer que j'ai créé un remède contre la lycanthropie. Il me reste effectivement des cheveux que j'ai récolté pour les essais. J'ai également des témoins-tests. Je vous mets tout à disposition si vous le désirez, Monsieur le Ministre. Tout cela pour vous dire que nous avons donc passé notre nuit de la Saint-Valentin ensemble de 19 heures jusqu'à… 7 heures environ, répondit calmement Severus.

_ Je vous enverrai quelqu'un vérifier cela, répliqua Fudge entre les dents.

_ Je vous réserve cela. Et au nom de tous mes collègues, mieux vaut ne pas intervenir en plein cours. Cela dérange tout le monde et perturbe le cours.

_ Bien, je passerai le message. Bonne journée, professeurs.

Le Ministre de la Magie sortit un sachet de sa poche, jeta de la poudre dans la cheminée de la salle des professeurs et disparut dans des flammes vertes. Quelques secondes plus tard, les langues se délièrent et les professeurs félicitèrent Severus de son audace. Minerva, Pomona, Albus et Filius vinrent vers Severus et Remus.

_ Vous n'auriez pas dû faire cela, Severus, dit Minerva. Tenir tête à Fudge alors que vous êtes sur la liste des potentiels suspects…

_ Je n'allais pas le laisser nous accuser tout de même ! répliqua Severus.

_ Mais de là à inventer cette histoire de remède, souffla Albus.

Severus lui jeta un regard noir, l'ancien Directeur recula, terrifié.

_ Ce que je dis est vrai. J'ai le témoignage de deux anciens loups-garous si vous voulez des preuves concrètes ! J'ignore qui s'en est pris à Ombrage mais ce n'est certainement pas Remus ! Je peux même vous prouver ce que je dis. Regardez Remus ! Il semble avoir rajeuni de cinq ans !

Les professeurs regardèrent leur collègue qui rougit instantanément. Même si la différence était minime, on ne distinguait plus la fatigue sur le visage du Directeur de la Maison Gryffondor, les cernes en-dessous des yeux s'étaient un peu atténuées, ses joues étaient un peu rebondies et un nouvel éclat brillait dans son regard. Ses cheveux semblaient eux aussi rajeunis, des éclats châtains apparaissant par-ci par-là dans ses cheveux.

_ Stupéfiant, siffla Filius d'émerveillement. Alors c'est vrai ? Tu n'en es plus un ?

_ Aussi étrange que cela puisse paraître, en effet, acquiesça Remus avec un timide sourire. Cela fait une sensation étrange de voir que la pleine lune n'a plus aucun effet sur moi. Du moins, que je ne me transforme pas. Je pense que je garderai quand-même quelques signes mais ce n'est pas le plus douloureux.

_ Sachez que nous serons avec vous si le Ministère s'en prend à vous, déclara Minerva.

_ Nous n'avons rien à nous reprocher, répliqua Severus.

_ Je le sais Severus, mais croyez-vous vraiment que Fudge l'entendra, même avec les preuves ? Il y verra au contraire la meilleure des raisons !

Severus regarda son mari qui hocha la tête. Il ne put réprimer une grimace car Minerva disait vrai. Dans les deux cas, ils seraient tous les deux les principaux suspects. Severus passa le reste de la matinée à expliquer comment il avait réussi ce miracle mais ne voulait en aucun cas le commercialiser, ne cherchant pas le profit. Avant qu'ils ne se quittent, Minerva demanda aux Directeurs de Maison d'aller annoncer la nouvelle à leurs élèves et essayer de les rassurer un maximum.

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Drago lisait son livre de sortilèges. Daphné et Pansy étaient venues le matin-même pour prendre de ses nouvelles et Drago avaient demandé à avoir ses affaires de classe. Daphné était donc revenue peu après le déjeuner les lui déposer. Étant absorbé dans son livre, Drago n'entendit pas Harry arriver.

_ Bonjour.

Drago leva la tête et sourit. Pourquoi souriait-il ? Depuis quand était-il heureux de revoir Harry ? Il chassa ses idées de son esprit et répondit :

_ Tu m'as l'air plus heureux.

_ Je me suis remis avec Cédric.

_ Oh, je suis heureux de l'entendre, répondit Drago sans joie.

Pourquoi cette nouvelle ne le réjouissait pas? Les histoires de cœur de Harry ne l'intéressaient pas. Pas plus que Harry lui-même d'ailleurs.

_ Et toi, cela s'est arrangé avec Théo ?

_ Non, il n'est pas venu me voir aujourd'hui. Je ne sais pas s'il reviendra me voir d'ailleurs.

_ Tu ne peux pas demander à quelqu'un de lui parler ?

_ Personne ne sait que je suis gay. Je me demande même si je le suis réellement.

_ Cela nous arrive à tous de douter, moi le premier, avoua Harry. J'ai mis un peu de temps avant de comprendre que Cédric m'attirait. Mais au bout d'un moment, on ne peut nier l'évidence.

_ Je l'ai mené en bateau trop longtemps, il ne voudra plus me faire confiance. Je ne me suis jamais vraiment investi.

Harry regarda le sac de cours de Drago.

_ Tu peux lui écrire un mot ?

_ Pourquoi ?

_ Je ferai en sorte de le lui donner si tu veux.

_ Comment ? s'étonna Drago.

_ Disons qu'il ne saura pas que ça vient de moi.

Cela vaudrait mieux en effet, songea Drago.

_ D'accord.

Alors que Harry mettait le mot dans la poche de sa robe de sorcier, des pas se firent entendre et Severus et Remus apparurent.

_ Harry ? Nous ne savions pas que tu serais là, observa Remus. Mais cela tombe bien, nous devons vous parler.

Drago et Harry se regardèrent, surpris et inquiets tandis que Remus insonorisait leur espace.

_ Cela concerne votre couple ? demanda Harry.

_ En quelque sorte, répondit Severus.

_ Vous n'allez pas divorcer quand même ! s'écria Drago.

_ Pas du tout, du moins nous allons vraiment essayer de régler nos problèmes. D'ailleurs, Severus est de retour dans nos appartements car nous avons appris quelque chose qui pourrait peut-être nous faire du tort et nous avons besoin de votre coopération.

_ Je ne saisis pas. Vous êtes réconciliés ou pas ? lança Harry, perplexe.

_ Pour être tout à fait honnête, je dors sur le canapé, révéla Severus. Mais la question n'est pas là. Le professeur Ombrage a disparu et Remus et moi sommes les potentiels suspects.

Drago et Harry se regardèrent, abasourdis.

_ Comment ça, disparu ?

_ Pourquoi les potentiels suspects ?

_ Il semblerait que le professeur Ombrage ait disparu le soir de la pleine lune, expliqua Remus. Comme nous ne pouvions nous supporter et que j'ai… disons un peu perdu mon calme en début d'année et qu'elle a dû le dire à Fudge, mon nom apparaîtra en haut de la liste tout comme le nom de Severus qui est mon mari. De plus, c'était la pleine lune donc…

_ Mais tu n'es plus un loup-garou! riposta Harry. Comment pourraient-ils t'accuser ?

_ Le risque que je ne me sois pas suffisamment protéger. Encore cela, c'est facilement prouvable. En fait il y a deux problèmes : personne hormis Severus m'a vu humain ce soir-là et deuxièmement, vous êtes les seuls à savoir que nous nous sommes disputés et que nous sommes en froid.

_ En gros, on doit faire comme si nous ne savions rien, comprit Drago.

_ C'est exactement ça. Nous aurions préféré que vous ne soyez pas impliqués mais il semblerait que le Ministère veuille interroger tous les élèves.

_ Tous les élèves ? De chaque année et de chaque maison ? s'écria Harry. Mais ils sont dingues ! Pour un vieux crapaud au nœud rose ?

Severus et Remus ne purent s'empêcher de sourire.

_ Essaye, dans la limite du possible, de ne pas employer ces mots-là, recommanda Severus avec un sourire.

_ J'essaierai, promit Harry. Qu'est-ce qui va se passer du coup ?

_ Les professeurs, élèves et fantômes seront interrogés et nous verrons ce qu'il adviendra, répondit Remus.

_ C'est étrange qu'elle ait disparu comme ça, non ? s'interrogea Drago.

_ En effet, mais cela n'est pas de notre ressort, dit Severus. Nous allons vous laisser, nous devons aller dans les salles communes ce soir à 20 heures pour l'annoncer aux élèves.

_ Et je manque à tous mes devoirs de Préfet, marmonna Drago. Franchement je me sens hyper bien, je pourrais sortir !

_ Mrs Pomfresh nous a dit pas avant mercredi minimum, riposta calmement Remus. Prends ton mal en patience, Miss Greengrass fait un travail remarquable.

Drago baissa les yeux, agacé.

_ Nous allons vous…

_ Severus, peux-tu au moins demander si je peux sortir demain soir s'il te plaît ? Il n'y a rien à faire ici ! Et ce ne sont pas les visites qui m'étouffent !

_ Drago, tu as besoin de soins et après ce que tu as vécu, il vaut mieux que tu restes en observation. Du moins, tant que tu n'auras pas retrouvé un sommeil normal. Et ne me regarde pas comme ça, je ne changerai pas d'avis. Bien, nous vous laissons. Et pas de chamailleries.

_ Je crois que nous avons trouvé un terrain d'entente, dit Drago.

Severus et Remus partirent tandis que Harry et Drago discutèrent de la disparition d'Ombrage puis apprirent à se connaître davantage.

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Vers 18 heures, Harry partit de l'infirmerie, n'ayant pas vu le temps passer, pour aller dîner et souhaita une bonne soirée à Drago. Il monta rapidement dans son dortoir pour y prendre des affaires personnelles puis descendit et trouva Cédric qui parlait avec Ron et Hermione.

_ Ah le plus beau, remarqua Cédric en souriant.

Harry leva les yeux et l'embrassa.

_ Je commençais à croire que tu avais oublié notre rendez-vous.

_ J'ai dû faire un crochet par le dortoir pour y prendre quelques affaires, répondit Harry.

_ Des affaires ? Pourquoi ? lança Ron, dubitatif.

Cédric et Harry se regardèrent et essayèrent de masquer leur fou rire.

_ Je pense que Harry ne dormira pas seul ce soir. Avant que tu ne t'emballes, c'est prévu dans le règlement, répondit Hermione. Mais le professeur Lupin doit nous parler…

_ Je sais déjà ce qu'il va vous dire. Et au pire, cela aurait été le professeur Chourave, répondit Harry.

_ Alors allons vite manger, dit Cédric en se demandant ce que les directeurs de maison avaient à leur dire.

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Trois quarts d'heures plus tard, Cédric emmena Harry dans les cachots et ouvrit le passage menant à la Salle Commune de Poufsouffle. L'intérieur était lumineux même si la salle se trouvait dans les cachots. Elle avait une teinte jaune et des lianes parcouraient les murs. Des tables rondes étaient disposées dans la salle et quelque fauteuils de couleur jaune alimentaient la pièce donnant un certain confort.

_ Viens, le plus intéressant se passe au dernier étage, murmura Cédric à l'oreille de Harry qui rougit.

Il le mena à son dortoir et alla s'asseoir sur son lit. Harry s'avança, mal à l'aise.

_ On aurait pu attendre un peu, non ? demanda-t-il.

_ Harry, tu n'as rien à craindre, je ne te ferais rien sans ton accord. Viens, dit Cédric en attrapant délicatement la main de Harry.

Harry s'assit sur le lit aux rideaux jaunes et alla embrasser son petit-ami. Ils s'allongèrent tout en s'embrassant.

_ Tous les Poufsouffle sont priés de se rendre dans la salle commune maintenant, retentit la voix du professeur Chourave.

_ Ne pars pas, je reviens, souffla Cédric.

Harry acquiesça. Il profita de l'absence des élèves de septième année de Poufsouffle pour se dévêtir et se mettre en pyjama, ne souhaitant pas rester tout habillé toute la nuit. Quand Harry entendit du bruit dans les escaliers, il prit peur et ferma les rideaux.

_ Tiens, de la visite, Cédric ? lança une voix.

_ N'oublie pas d'insonoriser !

_ Taisez-vous, idiots ! répondit Cédric en riant. Je ne suis pas comme certains, moi.

_ À tous les coups, c'est Potter !

_ Fichez-nous la paix, répliqua Cédric.

Il y eut des éclats de voix tandis que Harry se sentait hyper mal à l'aise dans un lit qui n'était pas le sien. Il songea à partir immédiatement mais se rappela qu'il y avait quatre autres garçons. Il étouffa un cri quand les rideaux s'ouvrirent pour laisser entrer Cédric.

_ Excuse-les, ils sont un peu taquins.

_ Je n'ai pas l'habitude, murmura Harry.

_ Ce n'était peut-être pas une bonne idée, songea Cédric.

_ Maintenant que je suis là… Viens t'allonger près de moi.

Cédric sourit et l'embrassa. Harry se blottit contre lui, Cédric passant son bras derrière son dos.

_ Tu m'as manqué, souffla Harry.

_ Tu m'as manqué aussi.

Ils parlèrent pendant une heure, Harry lui apprenant qu'il avait accepté la demande d'adoption de Sirius et Amelia avant que le Gryffondor ne s'endorme dans les bras du Poufsouffle.

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Quand Harry se réveilla le lendemain matin, il fut pris de panique en ne reconnaissant pas son dortoir. Il tourna la tête et vit Cédric endormi à ses côtés. Il se sentait soudainement très mal à l'aise. Il se leva discrètement, mit sa robe de sorcier, ses chaussures, rassembla ses autres affaires dans son sac et sortit discrètement du dortoir. Arrivé près de la salle commune, il mit sa cape qu'il avait pensé à prendre et sortit sans se faire repérer. Il monta rapidement au cinquième étage où il prit un bain dans la salle de bains des Préfets.

Il remonta dans sa salle commune une heure plus tard et attendit Ron et Hermione qui furent surpris de le voir.

_ Tu n'es pas avec Cédric ?

_ Je me sentais trop mal à l'aise, j'avais l'impression d'être perdu. En tout cas, ce n'est pas une situation que je suis prêt à recommencer.

_ Pourquoi vous êtes-vous réconciliés alors ? demanda Hermione, perplexe.

_ C'était une erreur et je sais qu'il va m'attendre dans le Hall pour s'expliquer. De toute façon, j'ai rendez-vous avec Fiona à 10h.

_ Allons déjeuner alors, proposa Hermione en souriant.

Ils sortirent de la Salle Commune quand ils virent Cédric venir vers eux. Harry leur demanda de les laisser seuls. Ils se regardèrent un moment. Harry vit de l'inquiétude, de la tendresse et une certaine tristesse. Harry dut se rendre à l'évidence. Il aimait Cédric, oui, mais plus comme avant. Il avait aimé dormir à ses côtés mais ne se sentait plus aussi apaisé qu'avant. Le malaise qui s'était produit dès qu'il avait fui la Salle sur Demande était resté entre eux et Harry savait quelle décision prendre. Il ne pouvait plus reculer.

_ Je suis désolé, dit Harry avant que Cédric n'ouvre la bouche. J'étais mal à l'aise en me réveillant, je me sentais perdu. J'ai bien aimé dormir à tes côtés mais…

_ Mais comme deux amis. J'avais espéré que tu aies changé d'avis sur nous deux mais cela confirme ce que nous savions tous les deux. Notre histoire est finie. Je ne t'en veux pas et je ne veux pas que tu t'en veuilles. Peut-être n'aurions-nous pas dû passer la nuit ensemble? supposa Cédric. En tout cas, je ne regrette absolument pas notre histoire. J'espère que tu trouveras quelqu'un qui te conviendra pleinement.

_ Merci, répondit Harry, soulagé à l'idée que Cédric soit du même avis. A toi aussi.

Cédric s'approcha de Harry et l'embrassa une dernière fois tendrement. Il lui caressa la joue puis partit. Harry eut un pincement au cœur mais se rendit compte que la peine qu'il avait éprouvée mercredi semblait s'être évanouie. Il semblait soulagé et ne gardait que de très bons moments avec Cédric.

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Harry et Susan ont accepté la proposition d'adoption de Sirius et Amélia tandis que Harry et Cédric ont essayé de renouer sans succès. Leur histoire est bien finie. Du côté de Draco, ses sentiments envers Harry sont de plus en plus prononcés même s'il ne veut pas les admettre. Quant à Remus et Severus, ils viennent de révéler le remède à leurs collègues et au Ministre dont la disparition d'Ombrage est de plus en plus inquiétante. Qu'en pensez-vous de ce chapitre? Quel sort pensez-vous qu'il est advenu à Ombrage? Avez-vous des hypothèses?

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Je vous dis donc à la semaine prochaine avec le prochain chapitre intitulé "Entre présent et avenir" ^^

Portez-vous bien, prenez soin de vous et de vos proches, bisous *-*