Bonsoir les loirs !
Merci beaucoup à Mintzkow pour ta review et tes compliments ! J'espère que la suite te plaira tout autant!
Je sors un chapitre tous les samedis. Exceptionnellement, je peux faire une pause sur une semaine si je me fais dépasser par.. ma vie (? x)) et que je n'ai plus autant d'avance dans mes chapitres par rapport aux publications (je préviens toujours en avance, j'édite simplement mes notes d'autrice par la suite pour que les infos inutiles ne restent pas).
Concernant la romance entre Zoro et Kass, c'était prévu au départ, mais j'ai vite reconsidéré la pertinence d'un tel choix en fonction des caractères des personnages, de la temporalité des deux ans et de la suite du scénario. Mais c'est plus compliqué que de simplement répondre "non" ; ça l'est toujours. Je reviendrai dessus plus tard, autant dans l'histoire que dans mes notes de fin. Tels qu'ils sont maintenant, je les vois vraiment comme un duo de potes qui se sont rencontrés sous des circonstances extraordinaires, et devant cohabiter. Mais y aura t-il autre chose ? Hmmm... (mmmoui, mais surtout non).
Et puis, une autre question se pose : pourquoi entre Zoro et Kass ? Pourquoi ces deux-là en particulier ? ;) (non je tease rien. Et non, vous ne pouvez pas deviner)
Voilà un petit chapitre que j'ai adoré écrire ! Bonne lecture à vous, les loulous ;)
Après avoir payé le Martin Facteur, ce dernier s'envola, et Kassandra put se rasseoir dans la salle d'attente. Le personnel médical courait dans tous les sens, et elle commençait à s'impatienter. Mais prenant son mal en patience, la jeune femme déplia le journal, dont le grand titre criard attira tout de suite son œil.
– « Incidents dans le Nouveau Monde : les parents font leur deuil », bizarre ça, marmonna Kassandra en regardant la grande photo illustrant l'article, qui représentait un village victime.
Elle lut alors le début de l'article, qui stipulait que nombre d'accidents furent relevés à l'entrée du Nouveau Monde, et qui impliquait les enfants des îles voisines. Évidemment, les pirates fraîchement entrés dans ces eaux, dont ceux issus de la Pire Génération, se trouvaient parmi les principaux suspects, comme l'en informait la base navale de la Marine G5, commandée par le Vice-Amiral Vergo.
Un second article mentionnait la subordination des pirates du Fire Tank à l'Impératrice Big Mom, dont le capitaine Capone "Gang" Bege épousa une fille de cette famille, et les inquiétudes que cette alliance engendrait. Le fait qu'un des pirates de la Pire Génération s'allie avec une Impératrice ne présageait rien de bon ni pour la Marine, ni pour le Gouvernement, qui faisaient de leur mieux pour se remettre des dégâts causés par la Guerre au Sommet, il y a presque neuf mois de cela. À ce propos, un article pompeux et une illustration grandiose informaient le public sur la reconstruction de l'ex-Marineford, qui était devenu la base du G-1. Le Nouveau Marineford, comme le mentionnait l'écrit, était désormais situé de l'autre côté de la Red Line, dans le Nouveau Monde.
– Ça va pas faciliter le passage des pirates, ça…, murmura la jeune femme, tournant la page.
De nouveaux avis de recherche, qui étaient inclus dans le journal, s'échappèrent et tombèrent à terre. Les ramassant, elle vit plusieurs visages familiers la fixer, imprimés sur le papier. Ainsi, les primes du rookie Eustass Kid et de son second Killer avaient été revues à la hausse, passées respectivement à 400 millions et à 200 millions de Berrys. Consultant les autres affiches, Kassandra fronça les sourcils, voyant la prime de Capone Bege passer à 300 millions, sans doute due à son affiliation avec Big Mom. Mais un personnage inconnu, aux cheveux verts encore plus criards que ceux de Zoro, se moquait d'elle à travers la photo, alors qu'elle essayait de savoir si elle le connaissait. Bartolomeo, tel était le nom inscrit en dessous de la photo grossière, ainsi que sa prime : 100 millions de Berrys.
Intriguée par ce jeune inconnu, elle chercha un article qui lui était dédié et le parcourut des yeux. Bartolomeo "Le Cannibale", comme le décrivait le journaliste indépendant Absa, « est un ancien caïd reconverti et est un pirate fraîchement arrivé sur Grand Line, qui sème la terreur dans les villages qu'il met à sec. Extrêmement agressif, sanguinaire et vulgaire, même envers les autres pirates, ce traitement lui valut… »
– Dracule Kassandra ? Ce sera à votre tour. Nous viendrons vous chercher, la sortit de ses pensées une infirmière, qui tenait un dossier entre les mains.
L'épéiste, troublée, s'arrêta de lire en plein milieu de la phrase et la nervosité la regagna. N'étant plus d'humeur à poursuivre sa lecture, elle plia promptement le quotidien et le fourra dans la poche de sa cape. La jeune femme se redressa sur l'inconfortable chaise, comme pour se redonner contenance. Tendue, elle se mit à machinalement fouiller ses poches, à la recherche de quelque chose pour l'occuper. Sa main se posa alors sur son petit escargophone, et elle appela de nouveau le service de l'hôpital de Liantver, qui l'ignorait depuis quelques semaines. Mais comme à chaque fois, elle n'obtint pas de réponse, ce qui l'irrita encore plus.
– Raaah, mais ils font quoi ces boulets, ils répondent jamais, s'agaça-t-elle à voix haute.
Kassandra raccrocha son escargophone avec agressivité, s'attirant des regards craintifs de la part des autres patients de la salle d'attente. Elle s'éclaircit la gorge comme pour masquer son malaise et détourna la tête, se balançant sur sa chaise. Son regard tomba de nouveau sur le sapin de Noël démesurément décoré et dont la guirlande clignotait à un rythme psychédélique. Elle tapait du pied, serrant le bouquet d'asphodèles dans ses mains moites, nerveuse à l'idée que ce serait bientôt son tour. Et avant même qu'elle ne puisse se préparer davantage mentalement, un infirmier vint la chercher, la conduisant à la chambre demandée. Traversant les divers couloirs, elle vit le rivage par la fenêtre, où Mihawk devait l'attendre. Chaque année, cela l'embêtait de le déranger pour la conduire jusqu'à North Blue, mais elle n'était pas capable de sortir de Grand Line seule, avec seulement une barque ridicule lui servant de navire. L'épéiste l'aidait alors à traverser la Calm Belt, l'accompagnant dans les confins des mers, jusqu'à son île natale.
– Voici la chambre de Leonte Amara. Je vais vous laisser.
L'homme la laissa seule devant la porte, non sans lui porter un affectueux regard. Stressée, Kassandra réarrangea les manches de sa chemise, passa rapidement la main dans ses cheveux, les coiffant, et serra ses mains moites sur son inconfortable jupe, tirant dessus, en vain. Ne prenant pas la peine de frapper, elle entra en retenant son souffle, sans plus de cérémonie.
Le son régulier d'une machine l'accueillit, et elle distingua une silhouette derrière le rideau tiré. S'en approchant doucement, avec appréhension, la jeune femme le dégagea.
Une femme rousse d'une cinquantaine d'années était assise sur le lit, et l'âge avait creusé ses traits. Ses yeux, d'un émeraude perçant, fixaient le mur d'en face, mais sans jamais le voir. Kassandra l'observa un moment, essayant de dissimuler son amertume, avant de prendre le vase qui était posé sur le chevet. S'approchant de l'éviter, elle jeta les fleurs sèches dans une corbeille, changea l'eau et mit son bouquet dedans, avant de le reposer sur le guéridon.
Kassandra tira une chaise et s'assit au chevet du lit, prenant la main de la femme dans la sienne. Un sourire illumina alors son visage, alors qu'elle posait un regard plein de bonté sur elle.
– Salut… Ça fait longtemps, je sais, je suis désolée, commença-t-elle doucement en serrant la main de ses doigts fébriles. Mais tu ne vas jamais croire ce qu'il m'est arrivé ces derniers mois, c'est le monde à l'envers. Un jour, je reviens à la maison, et je vois une fille fantôme aux cheveux roses et un cactus épéiste discuter avec Mihawk ! T'imagines !?
Elle lui fit alors un récit joyeux des derniers mois, avec l'arrivée de Zoro, son entraînement, les manigances de Perona, et comment ces deux énergumènes avaient changé leur quotidien. La jeune femme faisait de grands gestes avec ses mains pour illustrer ses anecdotes plus folles les unes que les autres, et seul son rire résonnait dans la triste pièce.
– Et là, je lui dis « Écoutez mon bon Monsieur, sa tronche de buisson vaut 120 millions de Berrys, donc j'espère bien que vous me ferez une réduction », tu aurais dû voir sa tête ! Son avidité l'emportait sur sa peur, j'ai jamais vu ça !
Le visage d'Amara restait toujours stoïque, à fixer le mur, alors que Kassandra continuait ses anecdotes loufoques. Mais au bout d'une demi-heure, l'inspiration lui manqua, et son sourire s'effaça. Alors, elle se contenta de caresser la fragile main qu'elle tenait.
– En bref, je pourrais presque dire que je me suis faite de nouveaux amis. Qui l'aurait cru, hein ? Mais bon, à choisir entre les énergumènes qu'il y a au manoir et la solitude, c'est à se demander ce qui est mieux pour la santé mentale… Y'en a une qui passe son temps à passer de la colère aux larmes, puis au rire, et l'autre qui se perd entre son lit et la porte de sa chambre, c'est pas facile tous les jours.
Laissant échapper un rire en pensant à Perona et à Zoro, Kassandra poussa un long soupir et se leva.
– Je ne sais pas quand je pourrai revenir, mais je reviendrai, c'est promis, d'accord ? Repose-toi bien en attendant, moi, j'ai quelques jours de voyage pour le retour, dit-elle en la brodant dans sa couverture.
Après un dernier regard sur la patiente, Kassandra quitta silencieusement la pièce, et l'infirmier qui l'avait accompagnée l'attendait dans le couloir.
– En un an, vous êtes la seule qui est venue, avoua le médecin en serrant un dossier dans ses bras. Nous commencions à nous demander d'où venaient les pensions pour Madame Leonte…
La jeune femme aux cheveux de jais ne dit rien, portant un regard neutre sur le médecin, ne sachant quoi répondre. Elle haussa alors les épaules et passa devant lui, mais il la rattrapa par le poignet.
– Écoutez, je sais qu'on a déjà sans doute dû vous le dire, et au risque de nous répéter, mais n'envisageriez-vous pas de…
– Je sais. Je sais tout ça, le coupa court Kassandra en secouant la tête. C'est… C'est juste pas le moment. J'ai pas le temps d'y réfléchir pour l'instant, j'ai tant à faire. Et puis, il faut tout organiser si j'envisage une euthanasie. Réserver une place à la morgue, prendre un rendez-vous avec le thanatopracteur, s'organiser avec l'église pour les funérailles, il faut réserver une place dans le cimetière, puis décider quoi faire avec la propriété, je…
L'infirmier lui prit alors les mains, les serrant et l'arrêtant dans son flot de paroles.
– Ça fait vingt-quatre ans. Pensez-y, lui conseilla-t-il en la regardant dans les yeux. Il serait peut-être temps de lui dire au revoir et de tourner la page…
Kassandra arracha ses mains de son étreinte et lui lança un regard froid, avant de se retourner et de se diriger vers la sortie.
– J'ai dit que j'y réfléchirai.
Alors qu'elle rejoignait le rivage, ses pieds s'enfonçaient dans la neige et elle ne voyait pas grand-chose avec la tempête qui se levait. Mais bien vite, elle aperçut une sombre silhouette dénoter dans ce décor d'un blanc immaculé. En s'approchant, elle reconnut Mihawk, qui scrutait l'horizon, impassible. Quand il entendit des bruits de pas, il se retourna et accueillit Kassandra.
– C'est allé ? Comment se porte ta mère ? lui demanda-t-il en tendant sa gourde de café à Kassandra.
– Comment elle peut aller, à ton avis ? Qu'on rentre au plus vite, prononça-t-elle d'une voix lasse, buvant quelques gorgées du liquide brûlant avec une grimace. Cet endroit me rend malade.
oOo
Trois semaines passèrent, sans que le quotidien du quatuor de Kuraigana ne soit interrompu. Dans une pièce annexe à la grande salle, Mihawk jouait aux échecs contre Kassandra, tandis que Perona essayait de suivre la partie. Le vent frais s'engouffrait dans la pièce par une porte ouverte sur l'extérieur, laissant le soleil matinal pénétrer. Zoro profitait du calme ambiant pour piquer un somme dans le divan avant son entraînement, rattrapant sa nuit de sommeil et tenant toujours ses sabres près de lui.
– Échec…, prononça Kassandra en posant dramatiquement un fou sur l'échiquier, renversant sa tête à la manière de l'Impératrice Pirate. Et mat !
– Je n'aurais pu faire grand chose pour te contrer, avoua Mihawk dans un soupir.
– Au moins un domaine où je ne suis pas larguée avec toi, admit sa sœur avec un clin d'œil, comme soulagée. Monsieur-l'excellence.
– C'est ennuyant, les échecs. Je comprends pas comment vous pouvez trouver ça amusant, bailla Perona en se levant et sortit dehors.
Kassandra haussa les épaules, remettant les pions en place. Mihawk partit se servir un café et s'installa devant la baie vitrée, observant stoïquement la cime des arbres de la forêt.
– Les fêtes sont bientôt là, prononça-t-il en prenant une gorgée.
– Ne le dis surtout pas à Perona, son enthousiasme me fatigue, soupira la jeune femme. Faut pas qu'elle sache quelle date on est.
– C'est mal parti, vu qu'elle vient de réceptionner le journal quotidien, commenta Mihawk en observant la fille fantôme à travers la fenêtre.
La jeune femme aux cheveux de jais leva les yeux au ciel avec un air faussement consterné, se levant. Voyant le Zoro endormi sur le canapé, une idée lui vint à l'esprit et elle voulut tester quelque chose. Sortant une de ses dagues de sa ceinture, elle la lança nonchalamment, mais avec précision, visant l'épéiste. Alors que la lame allait le transpercer, il l'évita de justesse au dernier moment, penchant sa tête, avant d'ouvrir les yeux et de porter un regard furieux sur Kassandra.
– Joli ! Je vois enfin qu'on fait des progrès en Haki de l'Observation, le félicita la jeune femme en levant sa tasse en signe de victoire.
– Et si j'en avais pas fait, la dague m'aurait vraiment plantée, exprima-t-il sa frénésie en retirant la lame enfoncée dans le meuble et la lança à son tour sur Kassandra, qui l'évita facilement.
– Je te fais confiance. Et j'aurais pu te soigner. Puis te priver d'alcool, si tu n'avais pas été à la hauteur de mes espérances, lui fit-elle un clin d'œil entendu, se saisissant de l'arme blanche plantée dans le mur.
– Un bretteur ne doit jamais relâcher sa garde, même quand il dort.
– Bon esprit, approuva-t-elle en levant un pouce en l'air, et posa une tasse de café sur la table pour l'épéiste.
Au même moment, ils entendirent Perona crier hystériquement dehors, et tous se précipitèrent pour voir ce qu'il se passait. La jeune fille était atterrée, tenant fébrilement le journal dans ses mains tremblantes, tandis qu'un Martin Facteur prenait sa tête pour un nid. Zoro s'approcha lentement d'elle, tentant de comprendre ce qui n'allait pas.
– Qu'est-ce qu'il y a, Perona ? lui demanda-t-il en se penchant sur le journal.
– C'est… C'est le journal ! C'est Cavendish, le "Pirate Noble" ! Il a donné une interview à l'occasion de sa nouvelle prime de 280 millions de Berrys ! s'écria la jeune fille et serra fort le journal dans ses bras, ignorant le Martin Facteur qui lui donnait des coups de bec sur la tête, attendant son paiement.
Mihawk soupira en entendant cela et sortit son porte-monnaie, donnant l'argent à l'oiseau. Mais en regardant dans sa besace, il vit un poster du célèbre pirate, disponible pour 200 Berrys de plus. Kassandra reporta son regard de Perona au sac du facteur et souffla en sortant deux pièces supplémentaires, se cotisant avec Mihawk, avant que le Martin ne s'envole. La princesse fantôme se jeta sur le poster, ne pouvant s'arrêter de hurler d'excitation. L'épéiste de renom se boucha les oreilles et partit plus loin vers la forêt sans plus de cérémonie pour l'entraînement de Zoro. Ce dernier lui emboîta le pas, tandis que Kassandra essayait de canaliser une Perona rayonnante avec des gestes maladroits.
– Si tu continues, tu vas te provoquer toi-même une crise, et je ne suis pas d'humeur à faire un massage cardiaque…, dit-elle en saisissant les frêles épaules de la fille fantôme.
– Eh, te moque pas de moi !
Tenant le journal dans ses mains tremblantes comme un trésor, elle relisait encore et encore le grand titre, jusqu'à ce qu'elle remarque la date du jour.
– Mais c'est Noël aujourd'hui ! Et vous ne m'avez rien dit ! On n'a même pas décoré le sapin ! Et rien préparé du tout ! s'exclama la jeune fille en collant le quotidien contre le visage de Kassandra, lui montrant le calendrier.
– On n'a jamais fait ça, je vois pas pourquoi on le ferait maintenant, haussa-t-elle les épaules en réponse, se dégageant et partit sans rien dire de plus, suivant Zoro et Mihawk.
– J'imagine que je vais devoir me débrouiller…
Perona se tapota doucement les joues, comme pour se motiver, et un sourire déterminé illumina son visage. Elle avait toujours aimé organiser des fêtes, mais surtout y participer ; l'ambiance positive lui donnait de l'énergie à revendre, et dans ce manoir rempli de têtes d'enterrement, elle avait besoin de se distraire. Serrant dans ses bras le journal et le Kumacy en peluche, elle se dirigea vers le château avec assurance.
Ouvrant grand tous les tiroirs de la grande salle, elle ne trouva effectivement rien qui ressemblait de près ou de loin à des décorations de Noël. Elle fouillait les nombreux documents datant de plusieurs décennies, les flacons d'encre séchée ou la vieille vaisselle ; c'était un bazar sans nom, comme si tout avait été laissé à sa place depuis la guerre intestine de Seglock.
La jeune fille n'eut pas beaucoup plus de chance dans la dizaine d'autres pièces. La plupart étaient laissées à l'abandon, poussiéreuses, comme figées dans le temps, mais surtout remplies de trésors inimaginables. Une salle de trône avec des coffres remplis d'or, d'armes et d'armures rouillées, des archives relayant des décennies d'activité de l'ancien royaume, des babioles dont elle ne connaissait pas l'utilité. Mais malgré cela, elle ne trouva pas ce qu'elle cherchait, et c'était avec désarroi qu'elle s'affala sur le banc de la cuisine, se préparant tristement une tartine de confiture. Mâchant lentement, sans réel appétit, son regard parcourait la pièce, sans réel intérêt, perdue dans ses pensées. L'îlot central était envahi par les légumes et fruits du potager de tout genre, classés par catégorie. Mais il y en avait beaucoup moins qu'il y a quelques semaines, dû au nombre de conserves et de préparations qu'ils avaient fait pour l'hiver. Et plus la jeune fille fantôme fixait ces carottes et ces choux-fleurs, plus son idée prenait sens dans sa tête.
Abandonnant sa tartine, Perona se saisit d'une corde, d'une paire de ciseaux et d'un grand panier et y balança les différentes récoltes. Carottes, pommes de terre, poires ; elle se saisissait de tout ce qui lui passait sous la main, sans distinction, avant de sortir précipitamment du château.
Déterminée, la jeune fille fantôme se dirigea vers la forêt des singes guerriers, où Zoro devait s'entraîner avec les maîtres des lieux. Ce fut avec appréhension qu'elle arriva à la clairière, priant qu'aucun Humandrake ne la voit ; elle ne savait pas si ses pouvoirs allaient lui être utiles contre ces animaux pour se défendre en cas de danger. Pouvaient-ils être affectés par ses fantômes négatifs ? Elle n'en savait rien, et elle n'avait pas envie d'attendre qu'un singe se pointe et risque de la blesser pour le savoir.
Choisissant le conifère le plus proche, donc le plus éloigné du cœur de la forêt, Perona laissa tomber son panier à terre et s'agenouilla devant. Découpant la longue corde en plusieurs morceaux, elle se mit à nouer les différents bouts autour de ses victuailles, finissant ses œuvres par une boucle. Une fois tous les fruits et légumes cordelés, la princesse fantôme s'envola et se mit à accrocher ces décorations improvisées sur le sapin de secours.
Grande comme elle était, c'est-à-dire comme trois pommes, ses pouvoirs se révélaient bien utiles à cet instant. Malgré cela, lorsqu'elle finit le travail rapidement, elle s'éloigna pour admirer son œuvre de loin et afficha une grimace de mécontentement. Il manquait l'élément phare du sapin de Noël : la fameuse étoile. Réfléchissant à un moyen de pallier ce problème, elle inclina sa tête et la petite couronne qu'elle portait tomba à terre. Perona pesta, mais en la ramassant, elle eut l'idée de la mettre au sommet de l'arbre géant. Cette fois-ci, la princesse de Thriller Bark fut satisfaite du résultat et l'observa pendant de longues minutes, fière d'elle, tandis que ses fantômes rieurs partageaient son avis. Mais ne sachant comment continuer à s'occuper, elle pénétra dans la dense forêt sur la pointe des pieds, à la recherche des autres, qui devaient s'entraîner.
Du côté du trio de sabreurs, les coups échangés étaient brutaux. Zoro combattait le Roi des Humandrakes, comme chaque jour depuis son arrivée. Cela avait porté ses fruits, bien qu'il s'ennuyait du manque d'originalité. Désormais, il arrivait à tenir tête au babouin, bien que ce dernier prit également du niveau en côtoyant Zoro. Pouvant copier les attaques des autres, il le faisait depuis huit mois avec le jeune sabreur, ne lui rendant pas la tâche facile. Malgré cela, les progrès de Zoro avaient suivi et dépassé toute espérance de Mihawk. Et comme pour prouver ces faits, le corps du Roi des guerriers de la forêt fut projeté au sol, aux pieds de l'épéiste de renom, qui jugea Zoro d'un œil froid, mais satisfait. Kassandra observa le corps inerte du singe quelques instants, souriant des progrès monstrueux qu'avait fait Zoro en si peu de temps, même si elle n'y avait pas autant contribué que son frère.
– Je veux me battre contre toi, prononça Zoro fermement, libérant Wadô Ichimonji de sa mâchoire. J'en ai ras le bol de me frotter à ce singe depuis des mois.
– Non, c'est encore et toujours trop tôt, répondit Mihawk du tac au tac, remuant son verre de vin. Aucun intérêt pour moi de te combattre en duel maintenant.
Cette réponse, Zoro l'avait entendue une bonne centaine de fois ces derniers mois, et il en avait plus qu'assez. Il serra les poings, fronça les sourcils, et après un rude combat intérieur, il choisit de céder à son instinct téméraire. Nouant son bandeau autour de sa tête avec un air sombre, il serra les dents sur la poignée de son sabre et s'élança directement sur Mihawk. Ce dernier, impassible, ne bougea pas d'un poil. Les yeux fermés, il entendit des lames s'entrechoquer. Kassandra avait dégainé son épée avec une vitesse ahurissante pour se mettre entre les deux hommes, contrant l'attaque de Zoro.
– Il a dit non, contesta la jeune femme avec un air sérieux. Sauf si tu veux te faire tuer aujourd'hui. Tu veux te battre ? Je suis là.
Loin de l'avoir déstabilisé, Zoro claqua sa langue et sauta en arrière, prenant ses distances. La femme aux cheveux de jais planta son épée dans le sol, les mains serrées sur la poignée, avec un air de défi.
– Ça fait des mois, depuis notre dernière altercation.
– Je vois… Si tu ne veux pas te battre, alors je vais te contraindre à le faire, déclara Zoro à Mihawk, déterminé.
– Permets-moi de douter. Si tu arrives déjà à dépasser Kassandra, ce sera un premier pas. Je l'ai entraînée pendant dix ans, affirma Mihawk en jouant avec la plume de son chapeau, intrigué par la tournure des événements.
– Je ne peux certainement pas prétendre être du même niveau que Mihawk. C'est un monstre. Mais je suis un adversaire à ta taille, du moins pour l'instant, l'en informa l'épéiste, pointant son arme sur le jeune sabreur. Donc surpasse-moi pour te rapprocher de lui !
Zoro la jugea silencieusement de la tête aux pieds, comme s'il la voyait pour la première fois, et un sourire narquois étira ses lèvres. Il accepta silencieusement la proposition de la jeune femme, pointant Shuusui en sa direction. Après quelques instants de flottement, pendant lesquels Perona arriva à retrouver le trio, sortant de la pénombre de la forêt, ils s'élancèrent l'un contre l'autre.
Les lames s'entrechoquaient avec férocité, ne laissant passer aucune ouverture. Leurs corps s'enlisaient dans une danse agile, aussi somptueuse que mortelle. Leurs âmes pleines de fougue et d'énergie se rencontraient à chaque contact de lame, avant de se séparer de nouveau avec force, attendant un moment de faiblesse de la part de l'autre, l'instant propice pour se dévorer. Leurs sourires malicieux trahissaient leurs véritables intentions et sentiments ; de la réjouissance, de l'euphorie, de l'impatience, de l'adrénaline, de l'intérêt pour le combat et pour leur adversaire.
À trois lames contre une, Kassandra se débrouillait bien, et la supériorité de son Haki l'emportait. Mais cette différence de niveau n'était plus si significative ; l'écart entre eux deux s'était nettement estompé pendant ces quelques mois avec les faramineux progrès de Zoro. Mais la jeune femme continuait à avoir l'avantage, non pas grâce à ses techniques de combats, car en ce point, Zoro l'avait déjà dépassée, mais grâce à son Haki de l'Observation évolué qui lui permettait de surprendre son adversaire. Alors qu'elle gagnait du terrain, elle essayait de pousser le sabreur dans ses derniers retranchements afin qu'il développe également cette capacité, en plein combat. Et plus les minutes passaient, plus cela semblait porter ses fruits. Les mouvements de Zoro se faisaient plus fluides, plus naturels, moins réfléchis. Il se mouvait à la manière de ses lames, au gré du vent. Il parvenait à éviter les assauts de Kassandra, qui ne cherchait pas vraiment à avoir le dessus dans le combat
Ce progrès indéniable fit légèrement sourire Mihawk, qui observait la scène, Perona désormais à ses côtés. Et alors que les deux combattants faisaient durer le duel jusqu'au crépuscule dans le but d'épuiser l'autre, le sabreur de renom y mit fin en se plaçant entre les deux.
– Cela suffit pour aujourd'hui. Ce combat est sans issue.
Les deux opposants s'affrontèrent du regard pendant quelques instants, hésitant à reprendre malgré la demande de Mihawk, avant de baisser les armes. Haletants, ils reprenaient leur souffle, redécouvrant le monde qui les entourait, après l'avoir oublié dans la fougue du duel.
Perona ne prononça pas un mot depuis qu'elle était arrivée, subjuguée par la scène qui s'était dévoilée devant ses yeux. Elle secoua sa tête comme pour se réveiller, et se rendit compte que le trio se dirigeait vers la sortie de la forêt. Les rattrapant à toute vitesse, la fille fantôme les arrêta, se tenant devant eux, les bras écartés.
– Mais attendez-moi, non !? Je dois d'abord vous montrer quelque chose !
Les trois épéistes furent à la fois intrigués et dubitatifs face aux paroles de Perona. Ce fut avec appréhension qu'ils suivirent la jeune fille volante à l'orée de la forêt, qui leur présenta son chef-d'œuvre avec fierté.
– Vous ne vouliez pas décorer de sapin, alors je l'ai fait à votre place ! Ne me remerciez surtout pas, déclara-t-elle les bras croisés, arborant un sourire malicieux.
Mais contrairement aux joyeuses réponses qu'elle s'imaginait dans sa tête, ce furent des mines décomposées qui accueillirent son œuvre, suivies de réactions plus que mitigées.
– C'est quoi ce bordel. Des carottes ?
– À quel moment ça a foiré, dans ton éducation ?
– Est-ce vraiment judicieux de jouer avec la nourriture ?
Choquée et déçue par leurs réponses, elle se mit à leur passer un savon plus que salé, défendant sa création corps et âme. Mais au bout de dix minutes d'exposition, la fatigue l'emporta et ils se dirigèrent vers le château, laissant derrière eux Perona, toujours aussi remontée.
Mais plus tard dans la soirée, lorsque la nuit eut récupéré ses droits sur ces terres constamment plongées dans l'obscurité et le brouillard, Zoro aida Perona à accrocher des bougies sur le sapin, afin de l'illuminer.
– Je la sens mal, cette histoire…, avoua Zoro et descendit de l'escabeau.
– Parle pas de malheur, tête d'algues ! Mets-en encore, on le voit pas assez ! riposta Perona en pointant du doigt les endroits mal éclairés.
Le sabreur jura, mais suivit les indications de la princesse fantôme. Une fois qu'ils eurent fini le sapin de secours, décoré à coup d'artichauts et de poireaux, illuminé par des bougies, ils rentrèrent dans le manoir, alors que la lune écarlate s'était déjà installée dans le ciel nocturne.
– C'est tellement dommage qu'il n'y ait pas de neige ici…, soupira Perona en s'affalant dans un fauteuil de la grande salle. Je n'en ai jamais vu de ma vie.
– Pas étonnant qu'il n'y en ait pas, c'est l'automne permanent ici, dévoila Kassandra en entrant dans la pièce avec un grand plat dans les bras, couvert d'une cloche, qu'elle posa sur la table.
Elle mit rapidement le couvert pour tous les quatre, tandis que Mihawk sortait les bouteilles, les sélectionnant. Il en posa une devant Zoro, mais ce dernier n'eut aucune réaction, à sa surprise. Perdu dans ses pensées, le jeune bretteur arborait une mine amère, et reprit ses esprits lorsque Perona passa la main devant ses yeux, dans une tentative de réveil.
– Tu en tires une tête, commenta-t-elle en se servant un verre de vin, après que la jeune femme aux cheveux de jais ait débouché la bouteille.
– Je viens de me souvenir que c'est l'anniversaire de Chopper, aujourd'hui… J'espère qu'il va bien, où qu'il soit, marmonna-t-il en réponse, avant de se saisir d'une autre bouteille comme pour reprendre contenance.
Perona et Kassandra se regardèrent, mais ne dirent rien. Zoro avait tendance à se déconnecter de l'instant présent bien plus souvent qu'avant, pensant sans doute à son équipage. Presqu'un an s'était déjà écoulé depuis leur séparation, et ils devaient cruellement lui manquer. Mais d'un autre côté, peu de temps restait avant leur date de réunion, et la femme aux yeux verts était certaine qu'il comptait les jours avant son départ. Mihawk et elle comprenaient son enthousiasme à l'idée de s'entraîner ici. C'était comme un rêve qui devenait réalité pour lui. Mais il restait un loyal compagnon, qui regrettait ses amis.
Le repas se passa dans la bonne humeur générale, mais il était plus silencieux que d'habitude. Cette ambiance presque solennelle plongeait les quatre colocataires dans une profonde introspection sur l'année qui venait de s'écouler. Pour Mihawk, il s'agissait d'une année supplémentaire d'ennui, en tant que Grand Corsaire, où la Guerre au Sommet et l'arrivée de Zoro venaient un peu chambouler sa routine. Pour Perona, une descente aux Enfers ; elle était heureuse à Thriller Bark, y ayant passé sa vie, jusqu'à ce que Kuma n'intervienne et ne l'envoie ici. Pour Kassandra, une année de plus à faire des allers-retours à Liantver, mais avec une dose de stress additionnel avec Doflamingo, problème qui ne risquait pas de se résoudre de si tôt. Et pour Zoro, une année qui commençait en compagnie de son équipage, remplie de nouvelles rencontres, de nouveaux combats, de nouvelles émotions. Mais également une année tragique, sous le signe de la perte et du regret, du chagrin et de la colère. Sentant la rage lui nouer les tripes, Zoro se racla la gorge, essayant de chasser ces idées noires qui venaient l'habiter, parfois. Souvent.
– D'ailleurs, c'est la fin de l'année ! Quelle résolution vous prenez, vous ? demanda joyeusement Perona en rompant le silence.
– Des résolutions pour la nouvelle année ? Tu rigoles ? se moqua Kassandra avec un regard dubitatif.
– Ma résolution à moi, ce serait de partir d'ici et de retrouver Maître Moria ! avoua Perona avec force en prenant la dernière bouchée de son plat.
– Ouais bah t'iras pas loin, vu avec quelle assiduité tu apprends les éphémérides, la regarda sévèrement Kassandra, faisant référence à son étude de la navigation et de l'astronomie, ce qui lui valut un regard noir. Très bien, une résolution… Me lever plus tard que quatre ou cinq heures du matin. Ce qui signifierait que le buisson n'aurait plus besoin de moi pour ses entraînements. Fais de ton mieux, pense à mon sommeil inexistant depuis que vous êtes arrivés, s'adressa-t-elle aux deux personnages, qui lui portaient un regard las. Et ta résolution à toi, pas difficile à deviner.
– Devenir beaucoup plus fort, répondit simplement Zoro en haussant les épaules. Perfectionner mon Haki.
Les trois autres se regardèrent, ne relevant rien, le moins surpris du monde par cette déclaration. Le silence retomba sur la table, tandis que Kassandra empilait les assiettes sales et sortait le dessert. Coupant le gâteau au chocolat de Mihawk en parts égales, elle tendit une assiette à chacun, mais Zoro refusa.
– Non, je n'aime pas le chocolat, avoua-t-il en repoussant l'assiette.
– …Pardon ? J'ai bien entendu ? prononça Perona qui se tourna vers lui, le visage déformé par l'horreur.
– C'est trop doux pour moi. Non merci.
Un blanc s'installa entre eux, et Kassandra ne bougea pas, l'assiette toujours en l'air, avant de s'esclaffer, ce qui lui vaut un regard d'incompréhension de la part du jeune sabreur.
– Je savais bien que t'étais pas normal dans ta tête, chuchota Perona en se cachant le visage, outrée.
– Mais vous êtes insupportables ! J'ai bien le droit de pas aimer ça.
– Quel homme viril, il n'aime pas les douceurs. Quel mâle alpha. Incroyable. La testostérone et la virilité qui se dégage de toi n'a pas de limites. Je suis absolument conquise et époustouflée, débita Kassandra d'une voix éteinte, se moquant ouvertement de lui.
– Tu te paies ma tête !?
– Évidemment. Tu viens de me donner la raison la plus débile de pourquoi t'aimes pas le chocolat. Et tu veux t'en sortir sans être tanné ?
Une soirée remplie d'humour douteux et de coupes d'alcool échangées pour fêter ce jour passa, et qui permit à chacun d'oublier ses problèmes le temps de quelques heures. L'euphorie laissée par l'esprit des fêtes, que Perona s'était démenée à maintenir, envahit tout le manoir durant les derniers jours de décembre. Et cette béatitude atteignit son paroxysme le jour de l'An, où ils se tenaient tous les quatre devant le sapin agonisant, aux côtés des Humandrakes, qui avaient abandonné les hostilités pour cette journée et s'étaient joints à eux. La grande horloge du château qu'ils avaient mis en marche sonnait les douze coups de minuit. Une coupe de saké à la main, chacun était plongé dans une profonde introspection sur ses objectifs et ses vœux pour la nouvelle année, qui s'annonçait loin d'être de tout repos.
En atterrissant sur cette île, étant séparés de leurs équipages respectifs par Bartholomew Kuma, Zoro et Perona auraient pu tomber sur de bien meilleures personnes. Mais ils auraient également pu tomber sur bien pire. Même s'ils avaient voulu passer ce jour magique en une compagnie bien différente, ils appréciaient la silencieuse et discrète présence de Mihawk et de Kassandra, s'étant significativement rapprochés ces derniers mois des maîtres des lieux, et avec qui ils allaient devoir cohabiter encore un long, très long moment.
J'étais pliée quand j'écrivais le passage où Perona fangirl sur Cavendish. Je l'adore x)
Un sapin décoré à coup de carottes et d'oignons ! Pourquoi ça sonne aussi bien, et pourquoi j'ai une soudaine envie d'en faire un en plein mois de juin (même si, clairement, il va pas tenir longtemps) ?
Tel que je m'imagine Mimi, c'est un couteau suisse aux hobbys insoupçonnés. Il s'emmerde tellement qu'il s'est mis au jardinage, a appris la couture et la cuisine, la pâtisserie, mais il n'avouera jamais apprécier ça. Pareil pour la musique, il a cette vibe artistique. Au contraire de Kass, qui est vraiment un esprit scientifique (elle est médecin duh). Et c'est pour ça que j'ai du mal à l'écrire, parce que je suis une quiche en sciences et en maths, je dois vérifier 10 fois tous les trucs techniques que je mentionne pour pas dire de conneries x)
Dites-moi peut-être ce que vous en avez pensé, ça fait plaisir ;))
Prenez soin de vous !
