Bonjouuur à vous !
C'est en ayant envie de gerber à force de manger que je vous livre ce chapitre (haha, livre, chapitre, vous l'avez ?).
Bonne lecture !
Dans la cuisine, Perona soufflait sur sa tasse brûlante de thé, essayant de le refroidir. Mais elle souffla trop fort, et quelques gouttes vinrent tacher le journal qu'elle était en train de lire. La jeune princesse pesta de sa maladresse et ses fantômes se moquèrent gentiment d'elle.
– Te brûle pas, prononça Kassandra et balança un dessous-de-verre sur la table.
La jeune femme aux cheveux de jais pliait les torchons fraîchement lavés. Elles venaient de recevoir le journal quotidien, et Kassandra allait prendre connaissance des nouvelles au fur et à mesure que Perona lirait le journal. Et en ce jour d'avril, elles étaient très chargées.
– « L'Équipage de Barbe Blanche est officiellement anéanti », commença Perona, sa voix se faisant de plus en plus basse au fur et à mesure qu'elle lisait le titre.
– Hein ? Pardon ? Qu'est-ce que c'est que ces foutaises ?! s'exclama Kassandra, se dépêchant d'arracher le journal des mains de Perona pour lire elle-même le début de l'article.
« Après les tragiques événements survenus à Marineford il y a un an de cela, où l'un des quatre Empereurs Edward Newgate, alias ''Barbe Blanche'', ainsi que le fils du Roi des Pirates Gold Roger, Portgas D. Ace, sont morts, et la Guerre qu'a remportée la Marine s'est poursuivie. La Guerre de Représailles opposa les membres restants de l'Équipage de Barbe Blanche, et celui de Marshall D. Teach, surnommé ''Barbe Noire''. Pendant plusieurs jours, les deux groupes de pirates se firent face dans le Nouveau Monde, impitoyablement. Les uns, dirigés par leur désir de vengeance et les autres par leur désir de pouvoir. Lire la suite page 4 »
N'en croyant pas ses yeux, Kassandra se précipita de trouver cette fameuse page, et plus elle lisait cet article, et plus son visage se décomposait sous le regard interrogateur et presque inquiet de Perona.
– « Avec cette victoire écrasante, Barbe Noire s'est officiellement installé au sommet de la piraterie, auprès de quelques autres individus, que l'on appelle les Empereurs. Il reprend le flambeau et la place vacante laissée par la mort de Barbe Blanche, et installe le chaos et la peur sur l'Île des Pirates, La Ruche, avec sa nouvelle prime de 2 247 600 000 de Berrys ! » C'est quoi ce bordel ? s'insurgea la jeune femme en jetant le journal. Y'a pas moyen que Marco et les autres ne s'en soient pas sortis, mais c'est pas mentionné…
Elle commença à faire les cent pas dans la cuisine, se rongeant les ongles. Face à l'état de sa colocataire, Perona ne bougea pas, essayant d'intérioriser la nouvelle. Elle se rappela alors que Kassandra connaissait l'équipage de Barbe Blanche et que la mort de Portgas D. Ace l'avait affectée. Voyant à quel point cela troublait l'épéiste, la fille fantôme ramassa la gazette dans le but d'essayer de trouver une bonne nouvelle à annoncer. Mais il n'y en avait pas.
– Kass, t'as loupé une info… prononça fébrilement Perona. « Scoop de dernière minute : il semblerait que l'ex-Amiral de la Marine Kuzan ait rejoint l'Équipage de Barbe Noire ! »
– Mais pardon ? Mais le monde se barre en vrille… À quoi il pense ? Non, c'est pas possible…
Kassandra marmonnait dans sa barbe, arpentant la spacieuse cuisine pour se calmer. Son élocution peu compréhensible et sa démarche, les mains dans le dos, se balançant, lui donnait des airs de personne âgée. Perona ne put retenir un gloussement déplacé devant un tel spectacle, ce qui lui valut un regard noir.
Finalement, la jeune femme aux yeux verts s'assit à côté de la princesse de Thriller Bark et commença à lire le journal par-dessus son épaule, ne pouvant réfréner sa curiosité et son inquiétude.
Elles passèrent ainsi leur matinée dans la cuisine, buvant du café refroidi et débattant des nouvelles à coup de « c'était mieux avant ». Plus elles passaient du temps ensemble, et plus leur humeur devenait grincheuse et leur vision du monde pessimiste. Mais elles passaient du bon temps, pendant que Zoro s'entraînait seul. Quant à Mihawk, il n'était toujours pas revenu de son escapade festive avec Shanks, il y a un mois de cela. Mais personne ne s'en inquiétait réellement ; il serait bien de retour d'un jour à l'autre.
Un an s'était écoulé depuis l'arrivée de Perona et de Zoro sur Kuraigana. Un an que le quotidien des maîtres des lieux se retrouvait chamboulé, et un an qu'ils avaient appris à vivre avec. Même si personne ne s'était vraiment habitué au caractère difficile de Perona. Même au bout de dix ans, ils doutaient d'une telle possibilité.
Une année mouvementée s'était écoulée, bien plus rapidement qu'ils ne l'auraient imaginé au premier abord. Kassandra et Mihawk s'étaient acclimatés à la non-discrète présence des deux autres individus, qui avaient bien changé avec le temps qui passait. Perona avait appris de bien nouvelles choses auprès des autres, telles que le jardinage, quelques prises de combat et les bases de la navigation. Quant à Zoro, il faisait désormais jeu égal avec Kassandra, et ses progrès furent monstrueux, autant physiques que mentaux. Bien que cela prit du temps, il était parvenu à se relever après le coup dur de la séparation de son équipage, et à se dépasser en tout point. Même si Kassandra et Mihawk ne l'avouaient pas tout haut, voir leur travail porter ses fruits était terriblement satisfaisant et gratifiant.
Mais il ne fallait pas relâcher son attention et ses efforts, car seulement la moitié du temps accordé s'était écoulé. Le fougueux bretteur avait franchi bien des obstacles qui se dressaient sur son chemin, mais il lui restait encore tant à découvrir et à maîtriser. Néanmoins, les maîtres des lieux étaient confiants sur sa capacité d'apprentissage et ne se faisaient pas de souci pour le futur de l'épéiste ; autant proche que lointain.
– Bon, assez bavardé. Les plantations ne vont pas se faire toutes seules, prononça finalement Kassandra, frappant la table de ses poings d'un air décidé.
Et un an plus tard, c'était rebelote : malgré l'éternel automne de cette île, ils se fiaient au calendrier traditionnel des plantations et s'en occupaient au printemps. Il fallait bien nourrir les deux bouches supplémentaires qui s'étaient ajoutées à leur effectif, surtout après l'idée saugrenue de Perona de décorer un sapin de Noël improvisé à coup de légumes et de fruits.
Elles travaillaient durement dans les champs pendant plusieurs heures. Kassandra les désherbait à l'aide d'une houe tandis que Perona, grâce à ses multiples fantômes, semait les graines des différentes cultures. À la grande surprise de la jeune femme aux cheveux de jais, Perona s'était entraînée de son côté pendant toute l'année, afin de mieux maîtriser son pouvoir, sans le dire aux autres. Ainsi, les spectres qu'elle créait pouvaient désormais porter de légères charges, sans passer à travers.
– Mais pourquoi tu ne nous en as pas parlé, Perona ? On aurait pu t'aider ! s'exclama Kassandra. Je sais à quel point c'est dur de pousser la maîtrise de son fruit du démon, donc j'aurais pu te donner quelques pistes.
– Laisse tomber…, prononça la jeune fille en question, rougissant. Vous êtes déjà tellement occupés, ce n'est certainement pas pour vous occuper de moi que vous auriez du temps !
En guise de protestation, elle croisa ses bras et tourna le dos à sa colocataire. Ses fantômes en firent de même et abandonnèrent leur travail. Devant la réaction de la jeune princesse, Kassandra soupira, laissa tomber la houe et s'approcha de sa comparse.
– Tu devrais arrêter de réagir comme ça quand quelqu'un te porte de l'attention désintéressée, Pero, lui conseilla la jeune femme en lui posant une main sur l'épaule. Aies un peu plus de confiance en toi !
– N'importe quoi ! Comme si ça pouvait être si simple !
La principale intéressée ne bougea pas d'un pouce, toujours remontée. Kassandra en fit de même, continuant à la fixer intensément, jusqu'à ce que la jeune fille fantôme soit mal à l'aise.
– Bon, je sens qu'être couvertes de boue ne nous aide pas, reprit finalement Kassandra et s'accapara d'un torchon pour s'essuyer les mains, avant de le tendre à Perona. Si on faisait un truc plus sympa ? On pourrait aller pêcher, ça fait longtemps qu'on a pas mangé de poisson. Si tu savais comment Mihawk peut cuisiner la sole, c'est un chef. Il n'est toujours pas là, mais on en mettra de côté…
– On a pas la même définition de « faire quelque chose de sympa », soupira Perona en baissant les épaules.
– Si seulement tu connaissais le goût du fameux filet de sole aux poireaux et aux champignons de Mihawk, tu changerais de discours, l'en assura Kassandra en hochant frénétiquement la tête. Ce plat a le pouvoir de changer même le plus grincheux des bandits en quelqu'un de respectable.
– On n'a pas la même vision d'Œil de Faucon non plus…
– Essaye de passer huit ans en compagnie exclusive de quelqu'un, tu apprendras par le voir sous un autre angle. Même le plus froid et stoïque des pirates n'y échappe pas. Et j'en ai vu, des choses…
Ne souhaitant pas en savoir davantage, Perona se lava les mains dans la bassine d'eau, avant de se recoiffer après cette intense séance de jardinage. Bien que cette activité était loin d'être sa favorite, elle s'y était habituée, et prenait même du plaisir parfois. Et puis, ce n'était pas comme si elle avait le choix ; elle se sentait redevable envers les maîtres des lieux, de la nourrir et la loger depuis un an déjà, et sans doute pour un petit temps encore. Même si elle ne l'avouerait jamais tout haut.
Les deux femmes rangèrent tout le remue-ménage et allèrent à la cuisine, où elles se préparèrent un rapide déjeuner. Après avoir englouti les œufs à la coque, Kassandra alla chercher plusieurs cannes à pêche dans un placard, ainsi que tout le nécessaire. La voyant revenir les bras chargés, Perona arbora un air sceptique, haussant un sourcil.
– Pourquoi trois cannes à pêche ? On est que deux.
– Notre sachet de thé vert va peut-être se joindre à nous. C'est d'habitude l'heure à laquelle il prend une pause, l'éclaira Kassandra.
Et à peine la jeune femme eut fini sa phrase qu'elles entendirent la porte d'entrée s'ouvrir dans un sourd grincement, révélant la silhouette du bretteur aux cheveux verts, qui reprenait son souffle. Kassandra s'avança silencieusement vers lui, et lui tendit une canne sans cérémonie.
– Vous voulez aller pêcher ? leur demanda-t-il, acceptant machinalement l'outil.
– Bien vu, l'aveugle, le félicita-t-elle faussement et poussa la porte. Viens, ça fait partie de ton entraînement.
– Depuis quand ?
– Depuis… maintenant. Attendre que ça morde, ça requiert de la patience, comme dans un combat. Pour réussir à tirer un gros poisson, il faut beaucoup de force et de précision. Savoir…
– Te fiche pas de moi. Tu viens d'inventer ça, leva-t-il les yeux au ciel, habitué aux prétextes d'entraînement foireux.
– Mais non, pas du tout. Je t'assure.
Zoro, encore moins rassuré par ces dernières paroles, ne put rien y faire, puisque Perona commença à le pousser dans le dos, l'obligeant à avancer. Il soupira, avant d'abdiquer. Mais Kassandra lui lança une bouteille d'alcool, ce qui fut suffisant pour finalement le convaincre.
Le trio monta à bord de la petite barque de Kassandra, où ils s'étaient retrouvés ensemble lors de leur virée à Bikhor, il y a des mois de cela. Perona s'inquiétait toujours autant de la stabilité de l'embarcation, alors qu'ils s'éloignaient de la côte. Mais Kassandra ne partit pas trop loin, et lança l'ancre, regardant la silhouette de l'île éloignée.
Et à ce moment précis, l'ennui commença pour Perona. Elle savait en quoi consistait la pêche, mais la découvrait pour la première fois de sa vie. Ayant habité la majeure partie de sa vie sur Thriller Bark, Gecko Moria prenait soin d'elle et elle n'avait pas besoin de faire quoi que ce soit pour trouver de la nourriture dans son assiette. Mais cela changea en atterrissant sur Kuraigana, où elle s'était retrouvée obligée à mettre les mains dans la terre pour aider aux récoltes, et ces mêmes mains tenaient désormais une canne à pêche. Et elle y prenait encore moins de plaisir qu'avec une pelle ou une houe.
– Rah mais c'est nul, la pêche ! se plaignit la jeune fille fantôme en tapant du pied, ce qui fit chavirer leur barque.
– Doucement, tu vas nous faire tomber !
– Bah justement, qu'est-ce qu'il y a de ''sympa'' à risquer de tomber à l'eau quand on est deux utilisatrices de fruits du démon ?! Je préfère encore faire du jardinage…
– Arrête de te plaindre un peu, princesse, soupira Kassandra, agacée. Tu fais fuir tous les poissons.
– Eh bah tant mieux, on rentrera peut-être plus vite de cette façon !
Au milieu de la dispute entre les deux femmes, Zoro se bouchait les oreilles, essayant de ne pas y prêter attention. Mais le regard noir et les piques que Kassandra lançait à Perona n'améliorait certainement pas son humeur, qui en devint encore plus maussade après la remarque lancée par la jeune femme aux cheveux de jais à son encontre.
– Zoro retiens-moi, je vais la goumer cette pimbêche.
– Débrouille-toi, ne me mêle pas à vos histoires puériles !
– T'es littéralement dans le même bateau que nous.
– Que des mufles, c'est pas possible ! Comment j'ai fait pour survivre une année à vos côtés ?!
– Alors toi, je…
De loin, la dispute frivole entre les trois adultes ressemblait davantage à un trio d'enfants qui se chamaillaient dans la cour de récréation à cause d'une bille. Perona et Kassandra finirent à l'eau, et Zoro dut les repêcher, pestant, mais n'ayant pas vraiment le choix.
– Tu sais le nombre de cadavres et autres saloperies qu'il y a dans les eaux entourant Kuraigana ? posa la question Kassandra, regardant une Perona horrifiée.
– Pardon ?! Mais c'est… c'est…
– Ça t'apprendra à faire basculer la barque.
Sur une décision étonnamment prise à l'unanimité, ils décidèrent de rentrer après quelques heures de pêche, bredouille. Perona, d'humeur maussade, démêlait les algues dans ses cheveux alors qu'ils passaient les portes d'entrée du manoir.
À peine Kassandra fit tourner les clefs du bain souterrain autour de son doigt que Zoro et Perona se précipitèrent devant la porte, avant de se juger l'un l'autre, sous le regard amusé de la femme aux cheveux de jais.
– Qu'est-ce que tu fais ? T'es un mec, dégage, cracha Perona, jugeant l'épéiste d'un regard mauvais.
– Et pourquoi moi je devrais céder ma place ? C'est vous qui êtes tombées à l'eau, bande de boulets ! rétorqua Zoro en réponse, irrité.
– On est deux filles, on est en majorité ! Donc oust !
– Mais on s'en fout de ça, ça n'a aucune importance. Kassandra, dis-lui.
Les deux principaux intéressés se retournèrent vers la maîtresse des lieux, qui se tenait la tête d'un air dépité. Elle soupira en haussant les épaules, avant de s'éclaircir la gorge et de prendre part à la dispute.
– Honnêtement ? Je m'en fous comme de la première dent de lait de Mihawk, avoua-t-elle avec un haussement de sourcil. Je suis médecin, c'est pas à moi que vous allez apprendre l'anatomie. Qu'est-ce que je m'en fous de voir des gens à poil.
– Enfin quelqu'un de sensé, merci, rétorqua Zoro en se retournant vers Perona. Moi aussi, j'ai envie de profiter d'un bain. Si j'ai dû plonger, c'est à cause de deux idiotes…
– Hep hep, abuse pas non plus de ma gentillesse. Fais gaffe à ce que tu dis ou tu vas te retrouver avec un œil en moins, le menaça Kassandra en tapotant la poignée d'une de ses dagues. Ose répéter ça.
Après une énième dispute insensée, Zoro finit par partir en pestant, laissant les deux femmes seules, dont une triomphante. Perona descendait les escaliers en sautillant de joie, victorieuse, suivant à la trace une Kassandra indifférente.
Le sous-sol n'avait aucunement changé depuis la dernière fois qu'elles y étaient allées, il y a moins d'une semaine. Les mêmes bougies éclairaient fébrilement la semi-grotte. Les mêmes vannes d'argent, marquées par le temps et ornées de spirales fantaisistes ornaient l'immense bain. Attendant qu'il ne se remplisse, Kassandra enlevait les quelques algues restantes sur la tête de Perona, qui en fit de même avec sa comparse. Puis, elles plongèrent dans l'eau sans hésiter, malgré la faiblesse qu'elle leur procurait, étant des utilisatrices de fruits du démon. Laver, faire partir l'idée de la présence de cadavres dans les eaux environnantes de Kuraigana poussait les deux femmes à frotter consciencieusement leur peau, rinçant ces traces. L'air écœuré sur le visage de Perona ne partait pas, alors qu'elle grattait sa peau jusqu'à ce qu'elle soit rouge, marmonnant.
– C'est immonde, ce que tu m'as dit… C'est horrible… Des cadavres, quelle idée… Et on allait pêcher dans cette eau !?
– On était assez éloignés de l'île, c'était un endroit propre pour pêcher. Mais tu n'avais jamais remarqué dans quel état était Kuraigana ? Une guerre civile a ravagé l'ancien royaume, l'en informa Kassandra et arrêta Perona dans son geste. Arrête, tu vas te frotter jusqu'au sang à ce rythme.
– J'ai bien remarqué les restes des guerriers ! Ça donne même un côté charmant et presque romantique à cet endroit… Une île hantée, un château gothique, un automne éternel, je ne pouvais pas rêver mieux, comme destination ! Mais me baigner avec des cadavres, beurk, précisa la jeune fille, alors que ses fantômes rieurs tournaient autour d'elle.
– Vous vous êtes vraiment bien trouvés, avec Moria…
– Ce sera Gecko Moria, pour toi ! Ne lui manque pas de respect !
Kassandra soupira face à tant de hargne, ne prenant pas la peine de répondre. Elle comprenait que la mention de son capitaine était un sujet sensible pour Perona, mais l'épéiste avait surtout l'impression que la jeune fille ne comprenait pas tout à fait la situation. Certes, elle travaillait durement pour apprendre la navigation, dans l'espoir de pouvoir rejoindre un jour son capitaine, si celui-ci donnait des signes de vie, mais Kassandra avait peur que la princesse qui jouait avec son reflet dans l'eau ne se voile trop la face. Car lorsqu'elle s'en rendrait compte, la chute n'en serait que plus douloureuse, si son capitaine était vraiment mort ou s'il venait à être capturé. S'il est même battu une deuxième fois par le Chapeau de Paille ; plus rien ne l'étonnerait à ce stade. Mais elle s'inquiétait pour le futur de Perona, bien plus que ce qu'elle ne voulait montrer.
– Et si on jouait à un jeu ?
Les paroles soudaines de la jeune fille sortirent Kassandra de sa torpeur, tandis que les spectres de Perona approuvaient fébrilement l'idée de leur maîtresse.
– Un jeu ? demanda-t-elle confirmation, sceptique.
– Oui ! Toute cette histoire de cadavres m'a rappelé un jeu, auquel je jouais souvent avec Cindry. Un cadavre exquis, mais à l'oral ! s'impatienta Perona, s'approchant de son interlocutrice.
– Le cadavre exquis ?
– Ne me dis pas que tu ne connais pas ce jeu ! Bon, si on le fait à l'oral, on peut raconter une histoire ! Je fais deux phrases, tu en fais deux en continuant, et ainsi de suite…
Kassandra fronça les sourcils face à l'engouement de Perona, n'étant absolument pas convaincue par cette idée. Mais elle connaissait la jeune fille ; si elle refusait de jouer le jeu, elle serait capable de lui pourrir toute la soirée à coup de plaintes et de mauvaise humeur. Elle souffla alors, acceptant silencieusement de jouer.
– Trop bien ! Je commence alors, pour te donner l'exemple. Hmm…, réfléchit-elle en se grattant le menton. Il était une fois, un monde de magie, où les mages vivaient cachés du reste du monde. Et c'est l'histoire d'un petit garçon, qui ne savait pas qu'il était sorcier.
– Il vivait dans un placard à balais, commença Kassandra, alors que les yeux de Perona se transformèrent en soucoupes. Et sa famille le maltraitait. Et il avait des lunettes rondes. Ses meilleurs potes étaient les araignées, continua la jeune femme aux cheveux de jais, lentement.
– Mais elle est horrible, sa vie ! Pauvre garçon ! Qu'est-ce que tu lui fais ! s'exclama Perona. Bon, bah si c'est comme ça, alors un jour, un ours est venu le sauver de ce pétrin ! Et il lui a appris qu'il était sorcier, et qu'une place dans une prestigieuse école de sorcellerie lui était réservée !
– Il a fait ses courses pour la poudre de perlimpinpin nécessaire pour l'école, a obtenu une baguette magique, et a découvert qu'il était millionnaire. Et puis, l'ours l'a laissé se débrouiller seul, alors que le garçon ne savait même pas comment se rendre dans cette école.
– Mais ça devient tellement plus sombre avec toi, cette histoire ! Quoi que, c'est peut-être pas plus mal…
Elles continuèrent ainsi leur histoire loufoque, et Perona se prit au jeu de Kassandra, consistant à empirer la vie du pauvre garçon. Un fantôme à moitié décapité, un poltergeist à moitié oublié, un mage noir au nez à moitié cassé, Perona aimait faire les choses à moitié, mais bien les faire.
Depuis toute petite, la jeune fille fantôme raffolait de contes, et surtout d'histoires d'horreur. Elle dévorait ouvrage sur ouvrage à bibliothèque de Thriller Bark. Malgré le fait qu'elle y était la seule visiteuse, la fille avait épuisé le stock de livres au fil des années. Mais maintenant que la princesse aux cheveux roses se retrouvait à Kuraigana, elle avait accès à un tas de nouveaux ouvrages qu'elle dévorait avec grand plaisir, et qui développaient son imagination gore et presque maladive, d'après Kassandra. Cette dernière, au contraire, restait toujours très terre-à-terre, et avait du mal à suivre les élans artistiques de l'imaginaire de la jeune princesse. Mais à force de se côtoyer, chacune partageait avec l'autre ses valeurs et sa façon de penser. Très rêveuse pour Perona et plus analytique pour Kassandra, elles formaient un duo bien plus fusionnel que ce qu'on aurait tendance à penser au premier abord.
Après avoir terminé leur petit jeu, chacune se plongea dans une profonde introspection. Perona s'amusait, assise à côté de la baignoire à faire plonger ses fantômes dans la mousse. Kassandra, quant à elle, reposait son menton sur le bord du bain, fixant ses affaires avec insistance. Parmi les vêtements aux couleurs criardes, et qui surtout n'allaient certainement pas ensemble, se trouvait un escargophone endormi. Elle n'avait pas rappelé l'hôpital de Lianver depuis la dernière fois, et le constant silence radio ne la rassurait pas. Elle comprenait que le docteur Yurgun ne souhaitait pas l'inquiéter avec la situation sur place, mais s'il y avait le moindre souci, elle savait qu'il l'appellerait sans hésiter. Du moins, elle l'espérait. La montée en puissance de Barbe Noire depuis la guerre de Représailles confirmait ses doutes et ses craintes, et il n'était plus qu'une question de temps avant que le nouveau proclamé Empereur ne s'en prenne à Liantver, ancienne terre de Barbe Blanche. De plus, elle n'avait aucune nouvelle de la part des hommes de Doflamingo depuis des mois, et elle ne savait pas si elle devait s'en réjouir, ou s'en inquiéter. Et par prudence, elle choisissait la deuxième option.
La jeune femme aux cheveux de jais se retourna brusquement, faisant sursauter Perona. Elle prit une profonde inspiration et plongea sa tête dans l'eau, où les sons se firent plus diffus, faisant écho à ses pensées décousues. Elle ne savait quoi penser, ni ce qu'elle devait faire. Devait-elle laisser les choses telles qu'elles étaient, ou valait-il mieux agir ? Quelle était la solution la plus judicieuse, et qui comptait le moins de risques ?
Perdue, elle ne put retenir sa respiration longtemps, son fruit du démon la rappelant à l'ordre. L'épéiste réapparut à la surface en inspirant bruyamment, sous le regard inquisiteur de Perona.
– Si tu continues à réfléchir aussi péniblement, ton cerveau va commencer à fumer…, prononça la jeune fille fantôme, s'approchant de sa comparse.
Et ce fut la chose que Kassandra avait besoin d'entendre. Comme si elle se réveillait d'un long songe, elle regarda Perona comme si elle la voyait pour la première fois. Elle tapa alors dans ses mains d'un air résolu et le regard éclairci.
– Exactement ! Il faut que j'arrête de me prendre la tête, affirma la jeune femme avec assurance en hochant la tête. Il faut juste que j'aille à Liantver une bonne fois pour toutes, et que je voie tout de mes propres yeux. Je ne veux plus essayer de deviner ce qu'il se…
Mais leur discussion fut subitement interrompue par une violente secousse, qui souleva la poussière dans le sous-sol. Les deux jeunes femmes, ne comprenant pas la situation, voyaient des petits rochers se décrocher du plafond et tomber dans le bain, alors que les tremblements se faisaient plus forts.
– C'est quoi ça ?! s'écria Perona, paniquée. Un tremblement de terre ?
Le regard de Kassandra s'assombrit instantanément, ressentant la forte aura qui envahit le château jusqu'au souterrain. Une ambiance froide, glaciale, intenable fit frissonner Perona. Elle avait l'impression qu'une présence sombre et visqueuse, mais surtout mal intentionnée était omniprésente et la dévisageait avec perfidie.
– Il n'a quand même pas…, commença la jeune femme. Cet abruti ! À quoi il pense !? Dépêche, princesse !
Ni une, ni deux, Kassandra sortit du grand bain en toute vitesse et mit rapidement quelque chose sur son dos avant d'enjamber les escaliers, suivie par une Perona qui ne comprenait rien à la situation, et qui était à la traîne.
– Qu'est-ce qu'il se passe, Kass !? demanda la jeune fantôme, hystérique.
– Je ne suis pas encore sûre, mais…
Elles franchirent la porte du sous-sol en courant, et elles virent que toutes les bougies du couloir avaient été éteintes. Mais ne se préoccupant pas de la pénombre ambiante, Kassandra se saisit du poignet de Perona et courut en direction de l'origine de l'aura.
Empruntant les couloirs sinueux et courant comme au péril de leurs vies, les deux femmes se retrouvèrent face aux portes grandes ouvertes de l'ancienne salle du trône du royaume de Seglock, qui n'était que rarement visitée. Et ce qu'elles y virent glaça leur sang.
Zoro se tenait là, à genoux face au trône, Sandai Kitetsu entre les mains. Ses autres sabres, ainsi que les quelques meubles de la pièce furent comme projetés contre les murs, créant le chaos ambiant. Une sombre aura émanait de la lame maudite de Zoro, qui semblait se battre contre elle, qu'à moitié conscient. Mais le plus terrifiant fut le son qui se dégageait de cette scène effroyable. Le jeune sabreur, d'habitude si calme et endurant face à la douleur, hurlait à s'en déchirer la gorge, et une voix rauque et malicieuse l'accompagnait dans ses rugissements, comme satisfaite du spectacle qui se présentait sous ses yeux.
– Mais… Mais qu'est-ce qu'il se passe !? ZORO ! hurla Perona en se jetant dans la pièce.
Les larmes brouillaient la vision de la fille aux cheveux roses ; elle était terrifiée face à la vue qui s'offrait à elle. Comme pour sauver l'épéiste, qu'elle refusait toujours d'appeler ''ami'', elle voulut franchir la porte de la salle, mais Kassandra l'en empêcha, et la cacha derrière elle sans aucune douceur.
– C'est trop dangereux pour toi, Perona ! lui répondit Kassandra en tenant son amie par le poignet d'une main, et se protégeant des rafales de vent de l'autre. Merde, mais ce con ! Il a commencé le rituel de la malédiction, cet abruti ! Je vais le latter…
Kassandra comprenait qu'elle n'avait que peu de temps pour agir, mais elle se devait de rapidement trouver une solution. La jeune femme n'avait jamais assisté à un tel rituel, qui consistait à lier l'âme d'un sabre maudit avec celle de son détenteur. Elle ne connaissait que la théorie de ce que lui avait raconté Mihawk de son expérience, et elle n'avait aucune idée de ce qu'il fallait faire. Car de par la force néfaste et le chaos qui se dégageait de la scène et qu'elle ressentait au plus profond de ses tripes, ce n'était pas difficile de deviner que cela ne se passait pas comme prévu. Zoro devait être encore trop faible pour supporter un tel rituel, et si elles ne faisaient pas rapidement quelque chose pour arrêter la malédiction de Sandai Kitetsu, il pourrait y laisser sa vie. Et elles aussi, accessoirement.
– Putain, si seulement Mihawk était là ! Il sait comment ça se passe ! Tiens-toi à l'écart, Pero !
Dans l'urgence de la situation, son cerveau tournait à mille à l'heure et chaque seconde de perdue rapprochait le bretteur d'une mort certaine, que même elle ne pouvait prévenir à l'aide de son pouvoir, qui se retrouvait inutile en pareille situation. Malgré la pression qu'exerçait la malédiction relâchée qui broyait son crâne, elle pensa avoir trouvé une solution. Mais elle n'avait aucun moyen de savoir si elle était pertinente.
Kassandra ordonna silencieusement à Perona de se tenir hors de la salle, et y pénétra avec difficulté, Kitetsu tentant de la repousser de toutes ses forces. Et plus elle s'approchait de Zoro, plus elle se rendait compte de l'état piteux dans lequel se trouvait le jeune sabreur. Son corps révulsait, comme s'il s'asphyxiait. Et le visage du jeune homme, d'habitude si calme et sérieux, était baigné de sang, mais il n'était pas difficile de deviner les affres de la douleur qui déchiraient son âme.
La jeune femme porta la main à son épée, souhaitait commencer son plan. Elle pensait que si elle poussait son sabre à absorber une partie de l'âme de Kitetsu, Zoro serait capable de gérer le reste et gagner face à la malédiction. Elle n'avait aucune certitude de la réussite de cette idée, mais elle n'avait rien d'autre sous le coude, et elle manquait cruellement de temps pour trouver autre chose. Le plus important était le présent, et les conséquences de son acte devaient être remises au futur, bien qu'elle détestait l'idée d'un plan bancal.
Mais avant qu'elle put dégainer son arme, une main rassurante mais ferme l'arrêta dans son geste. Surprise, elle se retourna brusquement et il en fallut peu pour qu'elle se mette à pleurer de soulagement.
– Mihawk ! Tu es là !
– Je viens de rentrer à l'instant… Et j'ai bien fait, on dirait.
Le Grand Corsaire arborait comme à son habitude son emblématique chapeau, et son manteau claquait contre ses cuisses sous les rafales de vent. Son expression, par contre, fut des plus terrifiantes ; Kassandra n'avait vu ce regard que peu de fois dans sa vie ; elle pouvait les compter sur les doigts d'une main. De la colère. Mihawk, surnommé Œil de Faucon, Grand Corsaire et considéré comme le meilleur bretteur au monde, était furieux. Mais malgré cela, sa voix restait calme et froide, bien que sa sœur devinait le bouillonnement au fond de lui.
– Ne fais rien de stupide, Kassandra, prononça-t-il en poussant la jeune femme à relâcher son arme. Cet idiot… Je m'occupe de la malédiction, toi, tu t'occupes de Zoro. Qu'il ne perde surtout par conscience, ou Kitetsu l'aura pour de bon. Et garde Perona éloignée.
Sans plus attendre, il s'avança vers Zoro d'un pas décidé. Il était le mieux disposé pour gérer le sabre, et elle, pour s'occuper de l'état de Zoro. Mais avant ça, la priorité fut Perona qui était incapable de tenir en place, en proie à ce qui ressemblait à une crise d'angoisse.
La médecin accourut vers la jeune fille, qui peinait à respirer, et dont les larmes n'arrêtaient pas de couler. Elle était comme en transe, ne remarquant même pas la présence de sa colocataire. Kassandra se demanda sérieusement ce qu'elle pouvait faire pour l'aider dans l'urgence de la situation. Elle devait impérativement aller s'occuper de Zoro, qui se trouvait aux portes de la mort, d'une seconde à l'autre. Kassandra fronça alors les sourcils et pinça ses lèvres, avant de se saisir des poignets de Perona, appuyant dessus jusqu'à ce qu'elle sente son pouls.
– Je suis désolée, Pero… Mais je n'ai pas le choix pour l'instant. Je ne peux pas te gérer.
Kassandra ferma les yeux et appuya son front contre celui de la jeune fille fantôme, sous son regard surpris. Après quelques battements, les jambes de Perona flanchèrent et elle perdit conscience, mais la jeune femme aux yeux émeraudes la rattrapa et l'allongea doucement dans le couloir. En baissant soudainement sa pression sanguine, elle causa une fausse hypotension dans le corps de Perona. Étant donné qu'elle était déjà fébrile et vulnérable, cela la fit perdre connaissance, comme Kassandra l'espérait, malheureusement. Elle n'avait pas d'autre choix que cette méthode abjecte pour pouvoir calmer Perona dans l'immédiat, car elle n'avait plus de temps.
Après s'être occupée de la jeune fille, Kassandra accourut vers son frère, qui tenait Sandai Kitetsu fermement dans ses mains. Concentré, la sueur perlait sur son front, alors qu'il essayait de prendre le contrôle de la lame maudite, bien qu'il n'était pas son propriétaire. Laissant cette partie à Mihawk, la jeune femme s'agenouilla près de Zoro et détailla son visage ensanglanté. La maîtresse des lieux s'entailla la main avec une de ses dagues, se préparant à soigner le bretteur. Elle passa doucement la main sur sa joue, essuyant les traces de sang, mais ne put s'empêcher de lui coller une claque de toutes ses forces.
– Kassandra ! Je t'ai dit de le garder conscient ! la réprima Mihawk, les yeux fermés.
– T'inquiète, c'est ce que je fais, l'en assura la médecin, le regard assassin. Je suis juste en train de lui remettre les idées en place, à ce pot de plante. Égoïste, arrogant, têtu, imprudent, t'as combien de défauts de merde comme ça !? Tu fais chier !
Bien qu'il ne pouvait réellement l'entendre, lui crier dessus fit redescendre la pression et combla un peu la frustration de Kassandra. Cette dernière souffla pour se clarifier l'esprit, malgré la cohue environnante, et commença par déchirer un pan de sa chemise. Poussant Zoro à s'allonger sur ses genoux, elle passa le linge de secours sur le front du sabreur, dévoilant son visage déformé par la douleur. Puis, un dernier tressaillement, et l'être qu'elle tenait ne bougea plus. Toute expression disparut bien vite et elle se tourna vers Mihawk, qui rengainait Sandai Kitetsu avec fermeté.
Le désastre ambiant se calma par la même occasion, et l'air devint moins lourd à respirer. Ce ne fut pas difficile de deviner que Mihawk avait réussi à gérer la lame maudite. Et de par le cœur toujours battant de Zoro, il demeurait miraculeusement en vie.
Le duo garda le silence, tandis que la chirurgienne passait le tissu sur le visage du bretteur inconscient. Tapotant doucement sa peau pour absorber le sang, elle vit une profonde blessure traverser l'œil gauche de Zoro, et déglutit difficilement en la voyant.
– Merde, j'espère qu'il n'a pas perdu son œil dans cette histoire ! s'exclama-t-elle en fouillant ses poches.
Elle en sortit une petite lampe-escargoche tandis que Mihawk s'agenouilla près d'elle, observant Zoro, qui était en piteux état. Kassandra souleva la paupière droite de Zoro avec son pouce et regarda si sa pupille réagissait à la lumière. Elle fit attention à la blessure en dévoilant son œil gauche, et un hic de surprise lui échappa.
Derrière la fine paupière ensanglantée qu'elle avait dégagée se cachait l'iris du jeune bretteur, qui était légèrement endommagé. Mais elle n'arborait pas sa couleur métallique habituelle. Au contraire, elle rencontra une double iris, d'une couleur or, semblable en tout point au regard de son frère, qu'elle se dépêcha d'affronter. Mihawk soupira face à ce constat, et prit la parole d'une voix basse.
– Plus jamais je ne te laisse seule avec ces deux idiots.
Ahh, le fameux chapitre que j'attendais d'écrire impatiemment x)
Après les escargoparleurs, l'escargomètre et l'escargoscope, j'ai l'honneur de vous présenter une lampe-escargoche (lampe-torche) ! Ça me tue de réinventer ainsi la technologie à la sauce OP.
Je me tape des barres en souillant Mihawk, le pauvre. Parfois, j'ai l'impression que je décris une maman qui ne rate aucun rdv du club de lecture qu'organisent ses voisins, et qui vient avec un plateau en disant "C'est ma recette de famille de crumble aux bananes et curcuma, tu-m'en-di-ras-des-nou-velles !". On sait très bien qu'il dirait jamais ça. Mais il viendrait quand même avec un crumble, parce qu'il faut pas déconner.
Je me suis amusée à faire des réf à Harry Potter, il a quand même une bonne vie de merde quand on y pense...
Merci d'avoir lu le chapitre, dites-moi ce que vous en avez pensé si vous avez le temps !
Sur ce, à la semaine prochaine !
