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Perona et Kassandra se trouvaient à bord de la petite barque qui chevauchait les flots en direction de Liantver. Les vagues se faisaient dociles, et le vent n'était plus assez fort pour gonfler suffisamment les voiles. Alors, elles avançaient lentement sur cet océan bien trop calme, qui ne faisait qu'angoisser Kassandra.

La jeune femme aux cheveux de jais avait les yeux rivés sur l'eternal pose posé sur un tonneau d'eau, et qui indiquait Liantver. À côté, son escargophone, qu'elle utilisait parfois pour essayer de joindre l'hôpital et le prévenir de son arrivée prochaine, mais qui finissait toujours par sonner dans le vide. Finalement, la fatigue l'emporta sur son acharnement et fit place à la lassitude. Elle soupira, s'adossant au rebord de la barque, alors que Perona sortait de la petite cabine, un carnet à la main.

– On arrive bientôt ? demanda la jeune fille fantôme, prenant place aux côtés de sa comparse.

– Je ne sais pas vraiment, avoua Kassandra en se grattant la tête. Liantver n'est pas loin de Kuraigana, ce sont deux îles d'un archipel dispersé. Mais le vent n'est pas de notre côté... On prendra peut-être deux ou trois heures de plus que d'habitude.

– Haan, se plaigna Perona. On va vraiment arriver au petit matin quoi...

– Un peu avant quand même, je pense. Mais dans l'idée oui. Dors, je vais continuer à surveiller l'horizon, lui conseilla-t-elle. L'océan est trop calme, et ça me plait pas trop...

Perona tritura les coins de son carnet de dessin, fit quelques croquis qui ne l'inspirèrent pas, avant d'arracher la page et de la rouler en boule. Kassandra la regardait s'exciter et s'énerver toute seule le sourcil arqué. Et ce ne fut qu'au bout de la troisième page jetée qu'elle posa sa main sur l'épaule de Perona, essayant de la calmer.

– Tu dessines vraiment bien, la complimenta-t-elle. Ne sois pas si dure avec toi-même.

– Je ne sais pas, souffla Perona. J'ai l'impression que tout ce que je fais est nul.

– Ah non hein ! Ton pouvoir c'est de créer des fantômes négatifs. Mais toi, tu ne dois pas devenir négative à ton tour ! Arrête de dire des conneries.

En signe d'approbation, plusieurs fantômes, toujours omniprésents autour de la jeune fille, hochèrent frénétiquement la tête en tirant la langue.

– Oui, tu as raison ! s'exclama Perona, avant de tourner la tête vers sa colocataire, intriguée. Mais d'ailleurs, tu sais dessiner, toi ?

– Hein ? Pas. Du. Tout, trancha-t-elle avec une grimace. T'as vu mon écriture ? Je suis médecin, lui rappela la jeune femme. Le seul truc artistique qui me parle, c'est ma collection de timbres.

– Mais... Mais c'est nul ! Et ça n'a rien d'artistique !

Les deux femmes commencèrent à se prendre la tête pour des détails futiles, mais cela se finit en éclats de rires. Après un court silence, Perona le rompit en fermant son carnet dans un bruit sourd.

– Je ne suis quand même pas d'humeur à dessiner. On est en pleine mer, là ! Apprends-moi la navigation, plutôt.

Kassandra fixa la princesse fantôme dans les yeux pendant quelques instants, essayant de dépasser sa paresse. Elle était bien fatiguée, après avoir veillé sur Zoro toute la semaine, et elle ne savait même pas ce qui l'attendait à Liantver. Peut-être que l'hôpital était débordé, et c'était la raison pour laquelle on ne lui avait jamais répondu. Et si tel était le cas, même sur place, elle n'aurait pas d'occasion de se reposer. Le voyage était sa seule chance de pouvoir somnoler entre deux coups d'œil en direction de l'eternal pose, et elle ne savait pas si donner un cours de navigation à Perona à un moment pareil était la meilleure idée. Autant pour son élève que pour elle-même.

Mais Perona avait raison ; elles se retrouvaient rarement en pleine mer, et c'était l'occasion parfaite pour appliquer la théorie qu'elle lui avait enseignée ces derniers mois. Ce fut alors avec un soupir que l'épéiste commença à fouiller une caisse, à la recherche du sextant, l'instrument tant redouté par la princesse fantôme.

Elles passèrent les quelques heures suivantes à mettre en pratique les connaissances emmagasinées par Perona, et au plus grand plaisir de la jeune bretteuse, elle faisait de grands progrès. Sous ses airs de petite fille capricieuse et exigeante se cachait une jeune femme intelligente et réservée, qui avait un grand potentiel et intellect.

Et ce potentiel se développait à vue d'œil, ce qui faisait sourire Kassandra. Perona apprenait à grande vitesse, et il était très satisfaisant de voir ses efforts porter leurs fruits, comme avec Zoro. Ce sentiment de fierté était gratifiant, même si elle ne l'avouait pas tout haut.

Les progrès de la jeune fille fantôme furent tels, que Kassandra lui fit assez confiance pour gérer leur trajectoire jusqu'à Liantver. Perona s'installa alors devant l'eternal pose avec tout le sérieux du monde, sans le quitter des yeux, tandis que Kassandra ajustait une couverture pour piquer un somme. La princesse fantôme eut le temps de dormir la journée, mais elle, elle n'avait pas eu une minute de tranquillité durant cette semaine de folie. Elle avait passé tout son temps à stabiliser l'état de Zoro. Alors quelques heures à roupiller, entre le sommeil tant mérité et la réalité où elle avait le mal de mer, c'était déjà ça de pris.

oOo

Tout était flou et confus dans ses rêves vides. Comme si son crâne avait été rempli d'une épaisse fumée, qui réduisait et bernait ses sens. Mais son odorat, quant à lui, était le seul qui ne la trompait pas ; et ce qu'elle sentait lui semblait être de plus en plus suspect. Puis, comme si elle sortait sa tête hors de l'eau, les sons se firent moins diffus, et elle sentit quelqu'un lui secouer l'épaule avec force, en hurlant dans ses oreilles.

– ...ssandra ! Kassandra ! Réveille-toi !

Elle pouvait reconnaître cette voix entre mille. Empli de panique, ce timbre aigu et presque insupportable appartenait à la princesse fantôme, Perona. Parfois, ses cris étaient interrompus par une respiration saccadée ou des sanglots, ce qui lui mit la puce à l'oreille. Immergeant de son songe, Kassandra ouvrit ses yeux avec beaucoup de difficulté, et eut du mal à faire le focus. Le visage baigné de larmes de Perona apparut alors dans son champ de vision et cela la troubla au plus haut point. La jeune femme secoua sa tête, se réveillant complètement, et regarda autour d'elle, ne comprenant pas encore ce que la jeune fille lui criait. Et elle saisit rapidement le problème.

Plusieurs heures avaient dû passer pendant son sommeil, puisqu'elles se trouvaient à une cinquantaine de mètres du port de Liantver. Enfin, là où il se trouvait.

Dans l'obscurité de la nuit, l'île de Liantver était baignée de flammes ardentes. Les paroles pleines d'inquiétude et de panique de Perona se perdaient dans les lointains cris qui parvenaient à leurs oreilles. Elles ne savaient pas ce qu'il se passait. Mais il fallait faire quelque chose, et vite.

Kassandra se mit à manœuvrer le gouvernail avec habileté et rapidité, en ordonnant à Perona de rassembler leurs affaires. La jeune femme était médecin, et avait toujours une trousse de secours avec elle. Bien qu'avec le carnage qui se dessinait sous ses yeux, elle doutait que ses maigres bandages pourraient y faire quelque chose. Elle dictait alors fermement ce que Perona devait mettre dans sa sacoche, sans que la jeune fille fantôme remette en cause ses ordres, pour une fois. Par la même occasion, la médecin en profitait pour donner un rapide rappel sur les gestes de premier secours à Perona, chose qu'elle lui avait brièvement enseignée il y a quelques mois, à elle et à Zoro.

Elles débarquèrent en toute vitesse, et Kassandra perdit ses moyens. D'un côté, des dizaines de blessés se trouvaient à terre et avaient besoin de son aide immédiate. D'un autre, si elle se dépêchait d'aller à l'hôpital pour rejoindre ses collègues et prendre plus de stocks de bandages et de médicaments, elle pourrait les aider et sauver plus de personnes. Hésitant pendant quelques instants, Perona le remarqua et fit le choix pour elle : la jeune fille la tira par le poignet, courant en direction de la première victime qui se trouvait sur leur route. Et avant qu'elles ne franchissent la vraie frontière de la ville, elles virent le drapeau de Barbe Blanche, auparavant fièrement accroché à l'entrée, à moitié brûlé et piétiné dans la boue.

Un jeune homme, la jambe en sang, où plusieurs doigts manquaient, se tordait de douleur. De ses mains tremblantes, il essayait de stopper l'hémorragie avec un tissu sale, mais les forces lui manquaient. Kassandra s'agenouilla devant lui, fouillant déjà sa sacoche à la recherche du nécessaire, tandis que Perona lui arracha le linge de secours d'entre les mains. Leur soudaine arrivée le fit brusquement sursauter et dans un élan de méfiance, il essaya de s'éloigner aussi rapidement que possible des deux femmes en rampant. Ses yeux, grands ouverts comme des soucoupes, fixaient Kassandra avec frayeur.

– Vous... vous êtes ! Je sais qui vous êtes ! La Sorcière Cannibale, la chasseuse de primes ! s'écria-t-il d'une voix rauque.

Kassandra soupira et leva les yeux au ciel, agacée de son attitude.

– Je suis médecin avant tout, ingrat, cracha-t-elle. Arrête de bouger, ou ton hémorragie va empirer. Perona, désinfecte sa plaie et mets-lui le bandage.

La principale intéressée hocha la tête, sachant maintenant comment faire de vrais bandages. Pas comme quand elle avait essayé de sauver Zoro lorsqu'il avait atterrit sur Kuraigana pour la première fois. Cette fois-ci, elle avait de bien meilleures connaissances médicales.

Tandis que la princesse fantôme s'attelait à essuyer la plaie, Kassandra s'entailla la main avec une de ses dagues, non sans un râle de douleur. Elle serra le poing au-dessus de la blessure du mutilé, faisant couler son sang, ce qui eut pour effet immédiat d'arrêter l'hémorragie en quelques instants, mais sans soigner la blessure, ce qui lui demandait plus de forces ; et elle n'en avait pas. Stupéfait, le jeune homme n'eut le temps d'émettre un son que Kassandra se saisit de ses épaules, l'obligeant à la regarder dans les yeux.

– Quel est ton nom ?

– Hein ? Euh, Lyrian.

– Pourquoi il y a autant de blessés ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

– Des... des pirates nous ont attaqué, en fin d'après-midi, balbutia-t-il sous la surprise de la question.

– Qui ?

– Barbe Noire, avoua Lyrian, la voix tremblante. Un de ses commandants est venu... Il était seul ! Il a pillé toute la ville, et l'a mis à feu et à sang et... Barbe Blanche... Il n'est plus là pour nous protéger !

La voix du jeune homme se cassa et le regard de Kassandra se ferma. Cela expliquait le drapeau de Barbe Blanche piétiné à l'entrée de la ville, et surtout, cela confirmait une des plus grandes craintes qu'elle avait au plus profond de ses tripes : le fait que Barbe Noire ne vienne un jour prendre Liantver sous son contrôle, comme d'innombrables autres îles que l'Empereur défunt protégeait autrefois.

Mais maintenant que c'était arrivé, il fallait prêter attention au présent et ne pas perdre de temps en regrettant le passé. Essayer de réduire les dégâts. Mais un détail attira l'attention de Kassandra, alors que Perona terminait de nouer les bandages de Lyrian.

– Si c'était il y a plusieurs heures, pourquoi il y a encore tant de blessés ? Il y a beaucoup de médecins, à l'hôpital ! releva-t-elle.

– Les médecins ont tous disparu, il y a quelques mois. Personne ne sait ce qu'il s'est passé. Les malades meurent depuis des semaines !

La mâchoire de la jeune femme se décrocha et elle porta la main à sa bouche. Voilà pourquoi personne ne lui répondait. Parce qu'il n'y avait personne pour répondre. Les yeux grand ouverts, elle fixait le vide, essayant de comprendre ce qui lui fut annoncé.

Elle sentait depuis plusieurs mois que quelque chose n'allait pas, mais elle avait pris le risque de ne pas aller vérifier d'elle-même, soi-disant pour protéger Liantver. Comme si, si elle n'y mettait plus les pieds, cela protégerait l'île de la menace de Doflamingo. Et voilà ce qu'elle obtenait : des médecins disparus, et une île détruite. Elle, qui voulait empêcher une catastrophe, se retrouvait avec deux fois plus de problèmes sur les bras. Tout ça par sa faute. Il n'y avait personne d'autre à accuser. Elle avait mal pensé son coup, et sa stratégie.

Voyant les remords et les regrets passer sur le visage de Kassandra, Perona se leva d'un bond et s'approcha d'elle. Elle secoua alors la jeune femme de toutes ses forces, l'obligeant à revenir à la réalité.

– Non, ce n'est pas ta faute ! Je te vois déjà te blâmer ! s'écria-t-elle. Ce n'est pas toi qui a attaqué l'île ! Alors maintenant, tu vas me faire le plaisir d'aller sauver tous ceux que tu peux ! Il n'est pas trop tard !

Perona fut la voix de la raison qui la ramena au présent. L'épéiste soupira bruyamment et rassembla ses esprits et son sang froid. La fille fantôme avait raison. Elle pouvait encore essayer d'arranger les choses.

Avec cette idée précise en tête, elle se leva, après s'être assurée que Lyrian aille bien. Elle intima à ce dernier d'aller aider les autres, et se tourna vers Perona, l'air décidé.

– Je vais aider tous ceux que je peux. Toi, je veux que tu voies avec tes fantômes combien il y a de blessés sur l'île. Et que tu regardes s'il y a des gens à l'hôpital, ou si les médecins ont vraiment tous disparu.

– Tu m'en demandes beaucoup ! Plus j'utilise de fantômes, plus ça pompe mon énergie..., avoua Perona, la tête baissée.

Kassandra posa sa main sur son épaule, le regard encourageant.

– S'il te plait. Tu es la seule qui peut le faire aussi efficacement. Tes fantômes flottent et traversent les murs. Dis-moi quels blessés sont les plus en danger, et j'irai les sauver à temps.

Hésitante et peu sûre d'elle, Perona hocha la tête tout de même, prête à aider. Rassurée, Kassandra partit en courant, faisant confiance aux capacités de Perona.

La jeune fille fantôme ferma alors les yeux, essayant d'ignorer les cris et les bruits environnants, faisant le vide dans sa tête. Grâce à son pouvoir, elle créa alors plusieurs dizaines de fantômes, grâce auxquels elle commença par faire le tour de l'île. Ces spectres faisaient partie intégrante d'elle, et elle pouvait se servir d'eux comme de ses yeux ; elle utilisait cette capacité depuis des années, et à force, elle le faisait même inconsciemment, gardant toujours un œil sur son entourage. Et à cause de ce pouvoir, elle put surprendre de bien cocasses choses qui s'étaient passées au manoir de Kuraigana, et qu'elle aurait aimé effacer de sa mémoire...

La sueur perlant sur son front, Perona comptait les victimes qu'elle voyait, et le nombre excédait facilement la centaine. Elle se servait d'un autre fantôme pour guider Kassandra vers les blessés les plus critiques, quand elle sentit le pan de sa robe être tiré vers le bas. Perdant sa concentration, la majorité de ses spectres disparurent. Agacée, elle baissa les yeux pour voir qui l'avait dérangée, et vit une petite fille en pleurs.

– S'il vous plait, aidez mon papa et ma maman, la supplia-t-elle. Ils sont blessés, il y a beaucoup de sang... J'ai vu que vous avez aidé le monsieur de tout à l'heure !

Surprise par cette demande, Perona hocha la tête et se dépêcha de suivre la fillette. Et arrivée au lieu prévu, toute lueur quitta son regard. Sa bonne volonté et ses maigres connaissances de la médecine étaient insuffisantes pour sauver l'homme agonisant à terre en face d'elle. Il tenait fermement la main d'une femme inerte, embrassant ses doigts avec une douceur infinie, mais dont le regard s'était déjà voilé.

Face à la scène qui s'offrait à elle, les genoux de Perona lâchèrent, et elle tomba à terre. Elle ne pouvait rien faire pour cette femme, qui avait déjà été été emportée par la Faucheuse. Mais sa fille essayait vainement de lui faire un massage cardiaque, ne perdant pas espoir, ou se voilant la face. Et cet homme, une poutre en bois enfoncée dans l'épaule, n'allait pas faire long feu non plus, si elle n'y faisait pas rapidement quelque chose.

Avec un sang froid qui lui était étonnant, Perona fouilla les pans de sa robe à la recherche du mini-escargophone que Kassandra lui avait donné. Elle ne perdait même pas de temps à essayer de sauver le père ; elle savait d'avance qu'elle ne pourrait rien y faire. Mais Kassandra et son pouvoir, si.

La jeune fille fantôme l'appela alors, et ce fut une voix éreintée et rauque qui lui répondit :

« Perona ? Un problème ? »

– Kass... Je ne sais pas quoi faire... Cet homme, il..., commença la princesse, la gorge serrée.

« Ok, tu m'entends ? Dis-moi, cet homme, il a quoi ? Comment va-t-il ? »

Perona se dépêcha de ramper aux côtés du blessé, cherchant son pouls et lui mettant de maladroites petites claques pour le garder éveillé.

– Mal, très mal ! Il respire à peine ! Il y a une poutre en bois enfoncée dans son épaule !

« Il a perdu beaucoup de sang ? »

– Des litres ! Je ne sais pas quoi...

« Respire profondément, et écoute-moi : est-ce que quelque chose coule de son nez ou de sa bouche ? »

– Oui, oui... Je crois... Il y en a partout, de toute façon !

« C'est rouge ou noir ? »

La jeune fille fantôme se pencha pour mieux voir. Le mélange de sang, de boue et de cendres ne rendait pas la tâche facile, mais elle parvint à distinguer la nuance qui intéressait Kassandra.

– C'est noir, sacrément noir..., bafouilla-t-elle. Qu'est-ce que je dois faire, Kass !?

« ...Prends-lui la main et apaise-le. Je n'arriverai pas à temps. Il n'en a plus pour longtemps. »

Ce fut le choc pour Perona. Des mots prononcés si simplement, et qui condamnaient la vie d'un homme. Elle se mit à trembler, et pour étouffer ses sanglots, elle pressa sa main contre sa bouche. Regardant toute lueur effectivement disparaître des yeux de l'homme qui se trouvait en face d'elle, elle fit ce que Kassandra lui avait dit. Elle serra fort sa main, tandis que la petite fille, qui entendit tout, pleurait dans les pans de la longue robe de la princesse fantôme.

Le regard dans le vide, l'enfant pleurant dans ses bras, une main dans la main de l'homme qui avait rendu son dernier souffle, l'autre toujours serrée sur son escargophone, Perona fut prise de vertige. De l'autre côté de la ligne, un silence lourd, qui était parfois rompu par des paroles étouffées de Kassandra, qui soignait sans doute d'autres personnes.

Autour d'elle, du feu, du sang, des cris. Des hurlements de douleur. Des pleurs à lui en déchirer l'âme. À lui en arracher le cœur de la poitrine. L'odeur de chair cramée, des débris de maisons en feu qui s'effondraient. Des gens appelant à l'aide, d'autres, appelant le nom de leurs proches décédés. D'autres encore, ceux, qui étaient encore en état d'aider les autres, clamaient des ordres lointains, essayant de s'organiser dans ce bourbier et de sauver autant de vies que possible. Et elle était là, immobile, tétanisée, de silencieuses larmes coulant le long de ses joues ; impuissante. Comme invisible aux yeux des autres. Si proche de la mort environnante qu'elle en devenait insensible. Sa tête était vide de toute pensée, et elle ne faisait que constater le chaos dans son apathie. Une spectatrice étrangère à ce spectacle morbide, incapable d'esquisser le moindre mouvement.

La jeune fille fantôme ne sut combien de temps elle passa ainsi dans sa léthargie, coupée du monde réel, mais les petits coups de poings que l'enfant lui infligeait en pleurant eurent raison d'elle. Elle émergea de sa torpeur, et vit la petite fille dévorée par le désespoir. Alors, comme dans un dernier élan de supplication, elle porta l'escargophone à ses lèvres, et chuchota.

– Kassandra... Qu'est-ce que je dois faire ?

Sa voix tremblante ne trompa pas la jeune médecin, qui entendit la détresse de Perona.

« L'hôpital est en bon état ? »

– Oui... Oui ! Je l'ai vu avec mes fantômes. Il n'y a presque pas de feu. C'est juste... Vide.

« Parfait alors. Je vais y aller avec quelques personnes et on va le mettre en état pour pouvoir soigner les blessés les plus critiques. Toi, tu rassembles tous les autres survivants et tu les guides jusqu'au bâtiment. »

Kassandra lui indiqua les instructions, et décida de partir tout de suite. Ayant soigné une dizaine de victimes, elle tomba sur des survivants qui eurent de la chance de s'en être sortis sans blessures graves, et qui étaient en état de l'aider. Elle leur intima alors de la suivre rapidement sur le chemin de l'hôpital afin de le préparer à l'arrivée des personnes plus gravement touchés.

Le petit groupe remontait la grande allée marchande, où les bonnes affaires et les sourires s'échangeaient autrefois. Mais ce temps, qui semblait remonter à des dizaines d'années, était révolu. Tout était désormais ravagé par les flammes, provoquant un pincement au cœur à Kassandra. Voir l'île sur laquelle elle avait passé tant de temps ces huit dernières années être ravagée par le chaos assombrissait encore plus le tableau déjà noir.

Après avoir utilisé ses clefs personnelles, Kassandra passa les portes de l'hôpital avec les autres et ils ressentirent un frisson. Les locaux étaient propres, bien entretenus, malgré l'abandon du bâtiment depuis quelques mois. Mais le vide et le silence présent contrastaient tant avec l'ambiance de l'extérieur qu'un tel revirement leur fit tourner la tête. Mais ils n'eurent pas de temps à perdre, et en s'appuyant sur le plan du bâtiment accroché au mur, Kassandra donna ses directives à la dizaine de personnes qui l'avait suivie.

– Au fond de cette salle, il y a de grands réfrigérateurs qui contiennent des poches de sang. Prenez tout, commença-t-elle en pointant du doigt un carré sur le plan. Je ne sais pas si les dates de péremption sont passées, j'espère pas. On a besoin d'énormément de sang. Ceux et celles qui sont en état de donner votre sang, retrouvez-moi dans quinze minutes dans cette salle là, le temps que j'organise les locaux et le matériel. On pourra faire quelques transfusions. Le mieux serait de déplacer plusieurs lits de chambres annexes dans cette même salle, pour avoir accès directement aux patients. Deux ou trois personnes devront se charger de ça. Et dernière chose, finissait-elle. Dès que vous aurez fini tout ça, allez chercher les blessés de l'extérieur, les plus graves d'abord. Moi, je pars rassembler le matériel médical.

Kassandra avait constitué cette liste mentale pendant qu'ils gravissaient l'allée principale, et ce plan semblait convenir aux personnes présentes. Elles commencèrent à se répartir les différentes tâches, et la jeune femme partit de son côté, confiante. Elle était toujours inquiète pour les survivants à l'extérieur, mais si elle souhaitait pouvoir sauver le plus grand nombre, elle avait besoin de l'espace et de l'hygiène de l'hôpital. Perona se chargeait d'assurer la relève dehors, mais elle gardait également un œil sur le reste de l'île ; ainsi, Kassandra vit un ou deux fantômes traverser les murs, la qualifiant d'un sourire farceur.

Passant à travers les différentes salles et prenant tous les essentiels médicaux qui lui passaient sous la main, elle arriva là où elle souhaitait aller depuis le départ : dans le bureau du docteur Yurgun, directeur de l'hôpital.

Elle n'avait pas encore eu l'occasion de sérieusement réfléchir aux révélations qui lui ont été faites par les habitants de l'île, et elle décida de s'accorder cinq minutes. Elle comprenait maintenant pourquoi elle n'arrivait pas à joindre l'hôpital depuis des mois ; parce qu'il n'y avait personne pour lui répondre. La disparition soudaine des médecins ne présageait rien de bon. Et pourtant, en pénétrant dans le bâtiment, elle put utiliser ses propres clefs ; il n'y avait aucun signe d'effraction, aucune trace de lutte, rien. Comme si tous les employés avaient soudainement décidé de quitter l'endroit d'un commun accord. Et sachant que cela s'était produit bien avant l'attaque de Barbe Noire sur Liantver, la jeune femme se posait de plus en plus de questions, car elle ne savait à quoi s'en tenir pour la vraie version de l'histoire.

Malgré le malaise qu'elle ressentait, elle décida de fouiller le bureau du médecin en chef dans l'espoir de trouver plus d'indices. Elle s'avança à tâtons dans la sombre pièce, fouillant ses poches à la recherche d'allumettes. Lorsqu'elle arriva près du bureau, elle alluma la bougie poussiéreuse. Kassandra éclaira fébrilement la pièce, et fit tomber son allumette de surprise.

Aux côtés de l'escargophone du docteur Yurgun, qu'elle avait dû déranger une centaine de fois ces derniers mois, se trouvait un autre appareil. L'escargophone rose, orné de plumes et portant des lunettes de soleil, dormait paisiblement. Kassandra déglutit en le voyant, reconnaissant sans aucun doute l'unique personne qui devait être liée à cet appareil. Et elle comprit désormais qui se cachait derrière la disparition des médecins de Liantver.

– Doflamingo, enfoiré..., grogna-t-elle entre les dents, se saisissant du combiné d'un geste ferme.

Après avoir entendu quelques longues tonalités, à l'issue desquelles Kassandra commença à se dire que le Corsaire n'allait certainement pas lui répondre à quatre heures du matin, sans doute trop occupé à dormir dans ses couvertures de soie, un masque sur les yeux. Mais il finit par décrocher, et la jeune femme sentit un flot d'adrénaline et de rage la traverser.

« À qui ai-je l'honneur ? » prononça une voix basse et suave.

– Qu'est-ce que tu as fait aux médecins, enflure ? lui répondit-elle du tac au tac, bouillonnante.

« Aaah, Kassandra, je présume ? »

– Réponds-moi. Où sont-ils ?

« Je vois que tu n'es pas d'humeur à répondre à mes questions... Ce qui est plutôt fâcheux », se vexa faussement Doflamingo, alors que l'escargophone arborait un sourire carnassier. « Je suis enfin entré en contact avec toi. Ça m'a donné du fil à retordre, tu sais. »

– Pourtant, j'aurais juré que tu t'étais pissé dessus après ta discussion avec Mihawk, rétorqua-t-elle.

« Et as-tu l'intention de te cacher derrière Œil de Faucon longtemps ? "J'aurais juré" que tu étais plus courageuse que ça... »

Le ton de sa voix, sa manière de parler, tout insupportait la jeune femme. Elle déglutit difficilement, la colère lui serrant la gorge, avant de poursuivre la discussion. Cette dernière était cruciale, puisqu'elle avait entre les mains les vies d'une trentaine de médecins, qui seraient les seuls capables de sauver et de relever Liantver ; pour ses collègues, pour son sauveur, il fallait bien qu'elle mette sa dignité de côté et qu'elle daigne écouter ce que Doflamingo avait à lui dire. Et elle se devait de se préparer au fait que peu importe ce qu'il lui proposerait, aucune solution ne l'enchanterait.

– Je ne me cache pas derrière Mihawk ! Ne le mêle pas à cette histoire ! s'exclama-t-elle avec force. Je veux savoir s'ils vont bien. Qu'est-ce...

« Je ne suis pas sûr que tu sois en état de demander quoi que ce soit », la coupa-t-il d'un ton plus sérieux.

– Qu'est-ce que tu veux alors, à la fin !? s'impatienta Kassandra en tapant du pied.

« Tu sais, je veux beaucoup de choses dans ce monde. L'argent. Les femmes. Le pouvoir. Serais-tu capable d'assouvir tous ces désirs ? »

La voix mielleuse que prenait le pirate Corsaire lui donnait envie de vomir. Elle sentait chaque mot qu'il prononçait s'enfoncer sous sa peau, lui donnant des frissons de dégoût et d'alerte. Mais elle n'allait certainement pas flancher.

– Te fous pas de moi. Assez joué, Doflamingo, prononça la jeune femme catégoriquement. Dis-moi clairement. Qu'est-ce que tu veux en échange de la vie de ces médecins ?

Un long silence lui répondit. Chaque instant qui passait était une torture, et Kassandra tremblait de plus en plus au fur et à mesure que Doflamingo faisait durer le supplice. Mais au bout de quelques secondes qui parurent durer une éternité, le capitaine pirate reprit la parole.

« Que dirais-tu d'oublier notre insignifiante querelle et de te joindre à moi pour un banquet ? »

Cette question soudaine, et au premier abord, à côté de la plaque, laissa Kassandra perplexe. Que voulait-il dire ? Mais surtout, avait-elle le luxe de refuser quoi que ce soit de ce qu'il pourrait proposer ?

– Ai-je le choix ? hésita la jeune femme, tâtant le terrain.

« Oh, on a toujours le choix », souligna Doflamingo, sans jamais quitter son sourire malicieux. « Alors, qu'en dis-tu ? »

Kassandra pinça ses lèvres, l'air consternée. Avait-elle le choix, si elle voulait avoir une chance de sauver ses collègues ? Évidemment que non. Était-ce un piège que Doflamingo ne prenait même pas la peine de camoufler ? Évidemment que oui. Il avait dû passer tant de temps, et épuiser tant de ressources pour essayer de l'avoir qu'il ne prenait même plus de pincettes.

Mais pour gagner contre lui, il fallait déjà se prêter à son jeu. Or, qui pourrait bien espérer remporter la partie sans en connaître les règles ?

– Quel genre de banquet ? s'intéressa-t-elle, essayant de faire paraître sa voix moins hostile.

« Je préfère ce ton ! Ce ne serait rien d'autre qu'une célébration sans prétention, avec ma famille », l'en informa le Corsaire, mettant la puce à l'oreille à Kassandra.

– Je n'irai pas à Dressrosa. Je ne suis pas assez stupide pour aller seule dans le Nouveau Monde, sur ton territoire en plus, refusa-t-elle catégoriquement, sans avoir à y réfléchir à deux fois.

« Bien sûr que non. Mon but n'est pas de te tendre un piège... »

Kassandra sourit amèrement à cet aveu, puisqu'il s'agissait exactement de ce que Doflamingo prévoyait.

« Ça se passera à bord d'un galion, nous pourrons venir te chercher directement à Kuraigana. Mais je ne suis pas sûr que ton frère apprécie beaucoup ma présence, de ce que j'ai compris de notre dernier échange... »

C'était ce qu'il disait à haute voix. Mais ce qu'il sous-entendait, avec une pointe de menace anodine, était à ce qu'elle n'en parle surtout pas à Mihawk, de sorte à ce que le sabreur de renom ne soit au courant de rien. Et elle avait tout intérêt à ne pas le faire. Cela risquait de créer plus de conflit qu'autre chose, et cela mettrait inutilement des vies en danger. Même si elles l'étaient déjà.

– Pas la peine, réfuta Kassandra en se mordant la lèvre. Vous viendrez me chercher sur Liantver. J'ai bien compris que tu savais parfaitement où se trouvait cette île...

« Impeccable ! Ça nous arrange ! » s'exclama Doflamingo, faussement soulagé, ne pouvant retenir son rire mauvais. « Dans ce cas, je te donne rendez-vous dans deux mois jour pour jour, le vingt-et-un juin à vingt-et-une heures. »

– Vous aimez la symétrie à ce que je vois...

« Et je n'ai pas besoin de te dire de venir en tenue adéquate. Bien que nous ne nous soyons jamais rencontrés, je suis certain que tu sauras troquer tes armes et ton air hargneux pour une robe de soie et un sourire charmeur... »

– Si tu vois un sourire, c'est que tu seras aux portes de la mort, cracha Kassandra, dédaigneuse. Ce sera un sourire victorieux.

La jeune femme lui raccrocha au nez, sans rien ajouter. Elle fixa de longues secondes l'escargophone rose bonbon, avant de soupirer et de tourner le dos au bureau. Sur son chemin, elle se saisit des matériaux médicaux qu'elle avait récupérés, et se dépêcha de rejoindre la salle principale, où elle avait demandé aux survivants d'installer des lits supplémentaires pour les autres blessés.

oOo

21 juin 1523

À bord de son éternelle barque, Kassandra finissait les préparatifs. Le navire festif de Dressrosa devait apparaître à l'horizon d'un instant à l'autre, avec Doflamingo et sa famille à bord. Mais elle profitait des derniers instants pour bien ranger l'ancre et solidement attacher son embarcation au port de Liantver. Ce dernier était d'ailleurs reconstruit, et vide ; bien qu'un étrange navire jaune canari mouillait plus loin. Kassandra esquissa une grimace en le regardant. Ils voulaient sans doute être discrets en jetant l'ancre plus loin, mais ironiquement, la couleur du navire les trahissait.

Secouant la tête, elle s'avança à tâtons dans la ville fantôme, se cachant à l'ombre d'une maison abandonnée. Après l'attaque de Barbe Noire sur l'île, il y a deux mois de cela, la plupart des habitants avaient quitté Liantver, à la recherche d'un endroit plus paisible, et surtout plus approvisionné où habiter. Le reste, dont ceux et celles qui étaient encore trop faibles pour se déplacer, demeuraient à l'hôpital, qui était bien plus chaleureux et propre que les ruines de la ville, malgré les quelques maisons encore habitables. Kassandra, en tant que seule médecin disponible pour aider ces blessés, passa tout ce temps à Liantver, ne passant à Kuraigana que pour une trentaine de minutes, dans le but de prendre le nécessaire pour la soirée de Doflamingo. Et de toute manière, elle n'avait aucune envie d'y passer du temps ; la jeune femme était toujours terriblement remontée contre Zoro, qu'elle n'avait pas vu depuis deux mois, à son plus grand soulagement. Mais heureusement, Mihawk comprenait ses états d'âme.

La jeune femme s'adossa contre un mur, ajustant sa robe. Le long et lourd habit de velours, d'une sublime couleur émeraude, orné de broderies fantaisistes, était celui que Perona l'avait obligée à prendre à Bikhor, il y a une éternité. Il lui avait finalement servi, à son plus grand étonnement. Les longues manches qui effleuraient le sol permettaient de dissimuler de bien nombreuses choses. Bien qu'elle dût se résoudre à laisser Amanogawa sur Kuraigana, les armes n'étant certainement pas les bienvenues aux festivités du Corsaire, elle ne pouvait décemment pas venir les mains vides. Elle prit donc ses éternelles dagues avec elle, les dissimulant dans les pans de sa robe. Mais une arme bien plus utile, et surtout bien plus efficace contre Doflamingo, était en sa possession.

Cette arme, une dague faite de granite marin, était une réplique authentique produite par un des meilleurs artisans du pays de Wa. Ce pays était connu pour sa maîtrise de ce matériau, qui affaiblissait les utilisateurs de fruit du démon. Bien que Kassandra ne connaissait pas le pouvoir de Doflamingo, elle savait néanmoins qu'il avait bel et bien mangé un fruit du démon. Et sa maîtrise de son pouvoir devait être phénoménale. Elle ne se voilait pas la face ; si un combat ouvert s'engageait, elle n'aurait aucune chance contre lui et sa Family. Donc si les choses tournaient au vinaigre, elle se devait de fuir. Mais sur un navire perdu au milieu de l'océan, où fuir, pour une utilisatrice de fruit du démon ?

La jeune femme tourna la lourde arme de granite marin dans ses mains, avant de la ranger, l'air pensive. Mihawk avait récupéré cette dague lors de son périple dans le Nouveau Monde, avant même qu'ils ne se rencontrent. Kassandra la lui avait subtilisée pour cette occasion particulière, et son frère ne savait rien de l'endroit où elle se rendait. Elle n'avait qu'à espérer à ce qu'il ne le découvre jamais.

Elle jeta un rapide coup d'œil à la montre que lui avait offert Mihawk, et se rendit compte qu'il ne restait plus que dix minutes avant l'heure convenue du rendez-vous. Et au même moment, elle sembla voir quelque chose bouger à l'horizon. Au profil du soleil couchant, elle vit la silhouette d'un bâtiment se dessiner de plus en plus nettement. La jeune femme serra ses poings et s'avança vers le rivage d'un air déterminé.

Lorsque le navire fut assez proche, des servants firent descendre un escalier. En se tenant à la rampe, Kassandra gravissait les marches en ajustant son masque de plumes qui dissimulait son visage, tandis que le pan de sa robe frôlait le sol. Elle se dirigeait droit dans la gueule du loup. Elle en était consciente, mais la jeune femme veillait à toujours garder la tête haute. Pas aveuglément confiante. Mais prudemment déterminée.


Les choses s'emballent et ça devient du sérieux ! On risque d'avoir de l'action dans les prochains chapitres ;) Perona qui progresse aussi, je suis trop fière d'elle ! Et j'ai l'impression que je ne fais que parler d'elle dans mes notes de fin x)

Sur ce, je pars dormir sans doute. Laissez un petit com' si vous avez le temps, ça fait plaisir ;)

Prenez bien soin de vous, surtout, par les temps qui courent... Je ne vous souhaite que le meilleur.