Bonsoir les loirs !
J'ai une petite surprise ! J'ai été invitée au "Fanfic Show" de Mathio. Il s'agit d'une émission sur les fanfictions et leurs auteurs/autrices, et j'ai pu répondre à pas mal de questions sur cette fanfic et sur One Piece en général ! Donc si vous êtes intéressé.e.s, jetez-y un œil, j'explique beaucoup de choses concernant ma fic.
Voici le lien (il est bizarre puisque je ne peux pas en inclure ici. Enlevez juste tous les espaces et mettez un / à la place de "slash") :
(Début classique https, puis) w ww. fa nfi c- f r. n et (slash) fanfics / Fics-Originales / C / Com % C3 % A9 die / Fanfic-Show / 62999 /430 885 . ht ml
Cette petite deuxième collaboration me fait très plaisir, et je vous en parle ici car ça peut vous apporter des éléments de réponse concernant la fic ! Je sais que certain.e.s d'entre vous en avaient.
Sur ce, bonne lecture à vous !
Kassandra monta les marches de l'escalier qu'avaient déployé les serviteurs. Une fois en haut, elle se rendit compte de l'immensité du navire qui se présentait à elle : un véritable manoir sur l'eau. Une terrasse extérieure faisait tout le tour du bâtiment, mais la plus grande partie se passait à l'intérieur. À travers le spacieux dôme de cristal, elle voyait les couleurs des lumières jouer avec la réflection du verre, et l'or qui ornait la construction se mariait parfaitement avec la lueur du soleil couchant.
La jeune femme fut époustouflée par la beauté du bâtiment, n'en ayant jamais vu de tel. Il fallait bien l'accorder à Doflamingo ; il semblait avoir bon goût. Mis à part son manteau à plumes rose, qu'elle avait aperçu sur une photo du journal quotidien, évidemment.
Elle s'avança, presque timidement, ne sachant pas où donner de la tête. Beaucoup de monde était présent ; certains profitaient de la brise fraîche de l'extérieur en sirotant un verre, et d'autres, à l'intérieur du dôme, s'adonnaient à la danse, accompagnés par un orchestre impressionnant. Comme pour se donner contenance, Kassandra se saisit d'une coupe de champagne à la volée, alors qu'un serveur zigzaguait habilement entre les invités. Toutes ces personnes faisaient-elles partie de la famille de Doflamingo, ou n'étaient-elles que des figurants pour mieux la perdre et l'entourer de monde ?
Kassandra resta figée pendant quelques secondes, avant d'aller s'appuyer à la rambarde de la terrasse, observant Liantver s'éloigner à grande vitesse. Elle n'avait aucune idée d'où le navire se dirigeait, ni de quand elle aurait l'occasion de revenir. Si elle avait même une occasion de revenir, tout court. Au fond, elle espérait que cette soirée ne soit pas une trop mauvaise idée et qu'elle ne tournerait pas au vinaigre. Qu'elle réussirait à négocier avec Doflamingo. Mais maintenant qu'elle était là, elle se rendait compte d'à quel point elle était désavantagée. Au milieu de l'océan, au milieu de nulle part, avec aucun allié à ses côtés, sachant pertinemment que Doflamingo s'était donné beaucoup de peine pour essayer de la capturer. C'était dangereux et presque irresponsable, étonnamment, de sa part. Elle qui prévoyait toujours tout minutieusement, n'avait-elle pas fait une immense erreur dans ses calculs ?
L'épéiste fixait son verre de champagne, regardant les bulles s'échapper une à une, plongée dans son introspection. Bien qu'il était très imprudent de se rendre ici, elle avait l'occasion d'apprendre bien des choses. Si elle se prêtait au jeu de Doflamingo, elle pourrait peut-être découvrir des informations qu'elle n'aurait pas pu soupçonner autrement. Après tout, le trafic d'organes qu'elle avait cru déceler à Liantver n'était peut-être que la partie émergée de l'iceberg. Outre le fait qu'elle aurait voulu en apprendre davantage sur les manigances de Doflamingo à Liantver, elle n'était pas sûre si cette mission de fausse infiltration avait un réel intérêt. Mais maintenant qu'elle était là, si elle commençait à se blâmer et à céder à la culpabilité, elle perdrait son attention.
Elle ne pouvait pas non plus en parler aux personnes présentes dans le manoir. Il s'agissait sans doute d'une énième erreur. Mais elle ne se voyait pas l'annoncer de but blanc à Mihawk, qui ne l'aurait certainement pas laissée partir. Et puis, c'était sa vie, elle faisait ce qu'elle voulait. Elle prenait les décisions qui lui semblaient les plus judicieuses. Elle ne pouvait décemment pas abandonner les médecins de Liantver. Ses collègues, son sauveur, le docteur Yurgun, sans qui au mieux, elle serait toujours malade, et au pire, morte.
Alors que le champagne perdait de sa saveur, la jeune femme se secoua brusquement pour se clarifier les pensées. Si elle voulait que cette sortie lui soit profitable, elle se devait d'arrêter de s'isoler. Se mêler aux autres invités pour essayer de glaner des informations précieuses semblait être une meilleure idée.
Alors, elle regarda autour d'elle, et vit un jeune garçon blond la dévisager avec insistance, un sourire immuable plaqué aux lèvres, révélant ses dents acérées, semblables en tout point à celles des hommes-poisson. Mais lorsqu'il remarqua le regard de la jeune femme, il rit aux éclats, avant de disparaitre dans la foule.
– Ah, je vois que Dellinger s'amuse bien.
Le cœur de Kassandra fit un bond lorsqu'elle entendit une voix féminine s'adresser à elle. Elle se retourna lentement, découvrant son interlocutrice : une femme d'une soixantaine d'années, arborant une volumineuse chevelure bouclée, blonde d'un côté et rouge de l'autre. Des lunettes en forme de triangle et un sourire fier ornaient son visage, et ses courbes étaient enveloppées dans une robe aux couleurs criardes. Tout en elle criait l'extravagance et la joyeuseté, malgré la mauvaise lueur que Kassandra voyait dans ses yeux.
– À qui ai-je l'honneur ? demanda-t-elle en buvant quelques gorgées de son verre pour cacher son ébranlement, essayant de paraître à l'aise.
– Je suis Jora. Ah, est-ce que tu m'aurais appelée « Miss Univers » !? Tu sais y faire, en compliments ! s'exclama la drôle de femme.
– Hum, je ne… Enfin, si, si, oui ! Oui !
Une multitude d'expressions passèrent sur le visage de Kassandra, de la surprise à l'incompréhension, en passant par le doute, jusqu'à ce qu'elle décide d'aller dans le sens de la femme, si cela lui faisait plaisir.
– Et toi donc, Kassandra, je présume ?
La principale intéressée avala de travers en entendant ça.
– Tu es la seule qui est montée à… Liantver, c'est ça ? Le Jeune Maître nous avait prévenu de ton arrivée, s'expliqua Jora, sirotant aussi un verre.
Kassandra ne sut quoi répondre, et la voluptueuse femme commença un long monologue, parlant principalement d'elle-même, s'adressant à elle-même. L'épéiste, n'écoutant qu'à moitié, ne savait pas encore comment appréhender les membres de la famille de Doflamingo. Tout le monde savait que le but du Corsaire était de l'attirer dans son piège. Elle ne pouvait donc compter sur la fausse sympathie de personne ici. Elle se devait d'accepter l'hypocrisie des autres, et de composer avec.
– Vous m'excuserez, je crois que j'ai aperçu des olives par là-bas ! la coupa dans son élan Kassandra, alors que Jora continuait à s'extasier sur la beauté de la musique.
La jeune femme aux cheveux de jais s'avança effectivement vers une table où des apéritifs et digestifs étaient disposés. Il s'agissait peut-être d'une façon brusque et peu discrète d'échapper à une discussion hypocrite, mais elle pensait s'en être bien sortie. Pour avoir déjà aperçu deux membres de la famille de Doflamingo, chacun était plus extravagant que l'autre. Ne les connaissant pas tous, elle ne savait pas quelle attitude adopter si elle en croisait d'autres ; ou plutôt, elle ne savait pas qui elle ferait mieux d'éviter.
Sa main se balada dans le vide au-dessus de la table, cherchant à prendre des petits fours à se mettre sous la dent. Elle se saisit alors d'une brochette d'olives qu'elle ingurgita d'un coup et se servit d'autres pâtisseries, avant de se retourner avec détermination. La nuit s'était déjà installée, et elle perdait du temps. Pour reprendre en main sa mission, elle arrangea son masque de plumes, et pénétra dans le dôme de verre.
À l'intérieur, la température grimpa de plusieurs degrés. Ici, la musique, la danse et les rires régnaient. Sur l'immense scène de spectacle, un orchestre complet jouait un morceau entraînant, et les couples les plus courageux s'adonnaient à quelques pas de danse. Kassandra reposa le verre de champagne qu'elle tenait depuis le début sur le plateau d'un serveur qui passait par là et s'avança dans cette foule euphorique.
Plusieurs regards se tournèrent vers elle à son passage, certains avec plus d'insistance que d'autres, mais elle ne se retourna pas. Elle ne savait exactement quel était le programme de la soirée, ou ce qu'elle devait faire. Cette foule la déstabilisait, et Doflamingo avait dû justement parier là-dessus.
Arrivant au centre de la pièce, au milieu des couples dansants, elle ferma les yeux et tenta de se concentrer. Bien qu'elle n'en avait pas vraiment envie, elle avait besoin de trouver un autre membre de la famille pour essayer de lui soutirer des informations. De préférence, un haut gradé. Elle ne voyait que cette solution. Alors, elle déploya son Haki de l'Observation, analysant la pièce, et se rendit compte de la présence de trois figures très puissantes. Elle voyait leurs silhouettes vaguement dans son esprit flou, et elle se rendit compte que l'une d'entre elles se dirigeait justement vers elle.
En ouvrant les yeux, elle vit un homme relativement grand s'approcher d'elle, un sourire narquois, presque cruel aux lèvres.
Il avait de longs cheveux châtains, surplombés par un imposant chapeau à plumes. Sa chemise rayée était ouverte, et une longue cape rouge traînait à ses bottes, qui claquaient contre le sol. Et de ce qu'elle ressentait de son aura, c'était qu'elle se devait d'être extrêmement prudente. Il était fort. Et certainement pas bien intentionné.
– Mais que fait une jeune femme seule au milieu de tous ces couples qui dansent ? s'intéressa-t-il d'un ton mielleux, qui donna la chair de poule à Kassandra.
– Je préfère peut-être danser seule ? supposa-t-elle en se balançant sur ses pieds au rythme de la musique, comme pour prouver ses dires.
– Me refuseriez-vous tout de même une danse ? releva-il en lui tendant solennellement la main.
Kassandra eut un moment d'hésitation, et arqua le sourcil avec un sourire malicieux. Après tout, c'était ce qu'elle voulait. Se rapprocher d'un haut gradé de l'équipage de Doflamingo.
– Seulement si vous me donnez votre nom.
– Diamante, pour vous servir, Kassandra.
Au départ, ils restèrent silencieux, s'adaptant à la musique et au rythme. Diamante étant beaucoup plus grand que Kassandra, elle eut du mal à s'y faire. Elle profitait de ce silence pour observer les alentours à l'intérieur du dôme. Il y avait plusieurs portes qui menaient à d'autres salles, mais elles semblaient condamnées. Les invités n'y étaient sans doute pas… invités.
Ce fut alors qu'elle vit du mouvement d'un côté. Une silhouette drapée rasait le mur, évitant la foule, avant de s'engouffrer dans une salle annexe. Intriguée, Kassandra fronça les sourcils, et Diamante sembla remarquer son air préoccupé.
– Que se passe-t-il ? Suis-je un si mauvais danseur que ça ? lui demanda Diamante avec un rictus.
– Ah ? Oh non, pas du tout, vous dansez extrêmement bien ! répondit Kassandra, alors que la voix de son partenaire l'avait ramenée à la réalité.
– Roh, vous exagérez ! Je ne suis pas un si bon danseur que ça ! nia l'homme aux yeux bleus.
– Si, si, je vous assure !
– Mais non, ce n'est que de la flatterie de la part de l'ennemi pour essayer de m'amadouer ! Je ne vais pas tomber pour ça !
– Qu'est-ce que ça a avoir avec une valse ? J'ai rarement croisé un homme aussi habile, continua la jeune femme sur sa lancée, voyant qu'insister lui faisait de l'effet.
– Non, non, n'exagérez rien ! continua à nier en bloc Diamante, lâchant la prise sur Kassandra pour balayer ses compliments d'une main.
– Vous n'avez vraiment pas l'air convaincu…
– Bon, si, d'accord, je le conçois. Je suis un excellent danseur ! Un des meilleurs, même, dans cette foule d'incapables, avoua finalement Diamante, changeant radicalement de discours.
Alors que l'homme s'étalait sur ses nombreux autres talents, Kassandra observait toujours le reste de la salle, à la recherche d'indices et d'informations qui pourraient lui être utiles. Elle retrouva du coin de l'œil la porte qu'avait franchi la silhouette drapée, et mémorisa son emplacement. Il s'agissait peut-être là d'une piste à exploiter. Mais sa priorité première était l'homme à l'ego surdimensionné. Et elle avait cru comprendre que les compliments étaient son point faible.
– En tout cas, c'est un sacré navire ! avoua Kassandra, s'émerveillant, en regardant le sommet du dôme de verre, auquel un majestueux lustre en cristal était accroché. C'est impressionnant.
– Je ne vous le fais pas dire, confirma Diamante, fier. On a vécu bien des choses sur Grand Line à son bord…
– Vous ne vous en servez plus ? s'intéressa Kassandra en arquant un sourcil.
– Comme vous le voyez, si, releva-t-il.
L'homme se tut, comme pour éviter d'en dire trop. La réalité rattrapait ce moment enjoué ; ils n'étaient que des ennemis, après tout. Chacun était présent auprès de l'autre pour essayer de lui tirer les vers du nez. Mais cela ne se révélait pas vraiment convaincant.
Soudainement, les bougies furent soufflées et des escargo-projecteurs éclairèrent la scène, au centre de laquelle se trouvait une femme de dos, vêtue d'une longue robe rouge. Kassandra s'approcha du spectacle, les sourcils froncés, avant que Diamante ne lui explique.
– Le vingt-et-un juin, on fête les Arts, à Dressrosa. Et vous allez voir un de ses nombreux talents. Notre chère Violette est sublime.
Et pour la première fois, elle fut d'accord avec son ennemi. Lorsque des airs chaleureux et effrénés de guitare, les mêmes que ceux que Mihawk jouait parfois, s'élevèrent dans la salle, le spectacle sur scène éblouit et hypnotisa le public. La danseuse principale, la dénommée Violette, fit voler les pans de sa jupe d'une grâce semblable à celle d'un oiseau. Et à ce moment précis, Kassandra avait l'impression de voir un phénix. À chacun de ses mouvements calculés, l'épéiste avait l'impression que le vêtement de la jeune femme ressemblait à des flammes, et qu'avec un spectacle aussi passionné, elle risquait de réellement mettre le feu à la piste.
L'assemblée était tout aussi subjuguée que Kassandra, n'arrivant pas à détourner le regard de la jeune Violette. C'était une très belle femme ; de longs cheveux noirs bouclés descendaient en cascade dans son dos, dénudé par la robe, et de perçants yeux bruns encadraient son visage. Et lorsqu'elle passait sous la lumière des projecteurs, Kassandra avait l'impression de voir son sombre regard arborer des reflets d'or, et se remplir de miel.
Et ce même regard jouait avec le public, comme s'il n'était pas encore tombé sous son charme. Un clin d'œil par-ci, un regard insistant par là, et Kassandra jura d'avoir vu la danseuse lui adresser un sourire malicieux.
Mais le spectacle se termina bien trop rapidement et l'émerveillement statique de la salle éclata comme une bulle. Violette, la jeune femme qui captivait tous les regards, tenait une pose finale stoïque, reprenant discrètement son souffle. Une nuée d'applaudissements se leva, et Kassandra émergea également de son songe. En regardant autour d'elle, elle voyait des airs indiscrets qualifier la jeune danseuse, et des femmes jalouses tirer le bras de leurs maris, qui accordaient peut-être trop de crédit à l'artiste.
L'épéiste continuait à dévisager la foule et se rendit compte que Diamante n'était plus à ses côtés ; il avait dû partir pendant le spectacle. D'un côté, elle se maudissait d'avoir laissé filer un haut-gradé de Doflamingo, mais d'un autre, elle se sentait soulagée ; la présence et la carrure de Diamante la mettait mal à l'aise. Bien qu'il était peu probable qu'elle trouve des personnes sympathiques ici, en terrain ennemi.
D'un air décidé, elle brava la foule qui commençait à se disperser et se saisit à la volée d'un verre de vin qu'un serveur portait sur son plateau. Elle le porta à ses lèvres, mais s'arrêta dans son mouvement. Tout aussi étrange, mais logique que cela puisse paraître, elle reconnut deux visages, qui lui étaient plus que familiers. À ne pas s'y méprendre.
La colère lui enserra la gorge. Elle voulut la ravaler pour éviter d'attirer l'attention sur elle, mais sa fierté et sa dignité furent bien trop grandes. Kassandra ne put retenir un rictus sarcastique et avancer d'un pas décidé vers eux. Et d'un ton aussi froid que sa rancœur pouvait être irréductible envers ces traîtres, elle les salua.
– Raquel et Kevyn, mais quelle surprise de vous voir là, prononça-t-elle d'un ton détaché, savourant sa gorgée d'alcool autant que leurs airs déconfits.
– Kassandra…, balbutia Baby 5 en détournant le regard.
– C'est bête d'avoir à se croiser de nouveau… Dans de telles circonstances, hein ?
Le ton de sa voix suait le dédain et elle prenait un malin plaisir à les voir se rabougrir sur place, ne sachant où aller. La jeune femme à la cigarette se cachait derrière l'homme aux dents proéminentes, dont Kassandra ne connaissait même pas le vrai nom. Mais après tout, elle s'en fichait. Maintenant qu'elle était là, elle ne faisait qu'en profiter pour titiller les deux traîtres, à cause desquels un trafic d'organes avait fleuri à Liantver. Et c'était sans doute à cause d'eux que Doflamingo était à sa poursuite. Et par leur faute, les médecins de l'île avaient été kidnappés comme moyen de pression.
Elle ne pouvait les blâmer pour tous ses malheurs, mais s'il y avait bien une chose que la jeune femme tenait en haute estime, c'était la confiance. Et ces deux énergumènes l'avaient impardonnablement bafouée. Elle n'avait ni les mots pour exprimer le dégoût qu'elle ressentait vis-à-vis de ce duo, ni de salive à gaspiller pour continuer à leur parler. Alors, elle garda la tête haute et décida de les ignorer royalement, partant de l'autre côté de la salle.
– Ils ne méritent même pas mon attention… Ni ma rancune, marmonna-t-elle en ajustant son masque.
Elle partit, loin de ce duo de malheur, secrètement espérant de ne plus les recroiser. La jeune femme essaya de se lier avec d'autres invités afin de glaner des informations sur la Family, sans grande réussite. Comme elle s'en doutait déjà, cette mafia ne laissait rien passer, et la majorité des autres personnes présentes n'étaient que de simples habitants de Dressrosa, généreusement invités à une somptueuse fête des Arts. Sans entrer en contact direct avec la Family, elle n'avait aucune chance d'apprendre quoi que ce soit.
La soirée battait son plein, et l'heure tournait ; elle n'avait plus beaucoup de temps. Doflamingo, le maître de la soirée, n'avait pas encore fait son apparition, mais cela ne saurait tarder. L'excitation générale montait en flèche à la seule idée de la foule sur l'apparition de leur Roi. Et ce dernier allait vouloir obtenir une entrevue discrète avec Kassandra pour convenir des règles de leur coopération brève, mais hostile. La jeune femme appréhendait cette rencontre, et aurait voulu être bien mieux armée. Et pas qu'en armes physiques.
L'épéiste contournait les couples dansants et les tables croulantes sous la nourriture et l'alcool comme un poisson dans l'eau quand elle vit une jeune femme, assise seule dans un coin de la pièce. S'approchant d'elle avec deux coupes remplies à ras bord, elle reconnut la charmante danseuse, Violette.
– Vous m'avez l'air bien triste, prononça Kassandra en s'asseyant aux côtés de la ravissante brune, dont le regard était perdu dans le vide. Le banquet serait d'une beauté incomparable si vous daignez nous offrir un de vos sourires. Ce serait la cerise sur le gâteau.
Sa voix arracha la femme de ses pensées, qui sursauta. Mais en voyant le clin d'œil que Kassandra lui avait adressé, son visage se détendit et elle accepta le verre qui lui était tendu avec un rictus d'amusement.
– Vous savez vous y faire, en compliments, avoua-t-elle, intriguée par la nouvelle venue.
– Il faut dire que vous avez été époustouflante sur scène, continua l'épéiste. On aurait dit une Reine.
Violette fronça les sourcils face à cette remarque, mais Kassandra ne releva pas. Elles se turent toutes deux, et la bulle qui s'était créée entre elles pendant quelques instants éclata, laissant place au brouhaha environnant. Parfois, elles se lançaient des regards furtifs, comme hésitantes à engager la conversation. Et finalement, la brune s'y lança.
– Vous dites que j'ai l'air triste, mais vous ne vous êtes pas regardée dans la glace, souligna Violette en plissant les yeux. Qu'est-ce qui vous préoccupe autant ?
– Oh, beaucoup de choses, répondit son interlocutrice du tac au tac, essayant de cacher son malaise. Mais je ne veux pas vous accabler avec mes problèmes.
Violette fut bien perspicace et cela n'enchanta pas Kassandra, mais sa réflexion lui mit la puce à l'oreille. Elle n'avait pas l'air de savoir qui elle était, contrairement à Diamante, qui l'avait deviné assez rapidement. Et elle pourrait peut-être tourner l'ignorance de la brune à son avantage.
Alors, elles engagèrent la conversation. Avec Violette, les échanges de mondanités se faisaient fluidement, et le courant passait bien. Malgré le fait qu'elle faisait partie de la famille de Doflamingo, elle était d'une étonnamment agréable compagnie. Kassandra s'en voulait presque de vouloir l'utiliser pour soutirer des informations. Ou n'était-ce là qu'un prétexte pour pouvoir prolonger leur discussion et apprendre à mieux la connaître ?
– Sublime navire, se répéta-t-elle pour la deuxième fois pendant cette soirée. J'aurais aimé que le Roi organise plus de fêtes pareilles à son bord…
Se faire passer pour une habitante de Dressrosa ; Kassandra n'eut que cette idée. Mais elle ne savait pas encore si elle était bien judicieuse.
– Oh, je vous comprends, accorda Violette en prenant une gorgée de vin blanc. Mais autrefois, c'était le cas, en un sens.
– Comment ça ?
– Ce navire était autrefois considéré comme le second quartier général de la Family, dévoila Violette en baissant d'un ton. Ça remonte à l'époque où… Où ces pirates venaient de faire leur entrée sur Grand Line
Violette baissa la tête et sembla avoir perdu son appétit face à son verre, qu'elle posa sur la table. Kassandra remarqua le changement de son attitude et à quel point soudainement, elle ne semblait plus être dans son assiette. Elle se mordit la lèvre, légèrement contrariée qu'elle ne puisse pas creuser davantage le sujet, de peur à ce que la brune ne se ferme complètement, comme une huître. Mais cette précision était bien plus précieuse que tout ce qu'elle avait pu obtenir jusque-là. Espionne n'était pas son deuxième prénom, et sa pseudo-discrétion pouvait être discutable. Mais dans une telle situation, ses faibles compétences dans le domaine étaient largement préférables à une approche simple et directe, qui lui vaudrait sa mort et celle des médecins pris en otage. Et il en était hors de question.
Mais n'étant pas certainement pas insensible à la tristesse de Violette, Kassandra lui serra la main, comme pour lui donner du courage. La danseuse elle-même remarqua sa léthargie et secoua énergiquement la tête, comme pour chasser ses idées. Et en détaillant son interlocutrice, elle sourit en coin.
– Oubliez, c'est la fatigue…, tenta de s'excuser la jeune femme aux yeux noisette. Mais puis-je avoir le nom d'une si bonne compagnie ?
La question surprit Kassandra, qui ne s'y attendait pas. Elle s'était faite passer pour une résidente de Dressrosa pendant quelques instants, au détour d'une discussion frivole, mais elle commençait à regretter cette décision. Valait-il mieux continuer sur cette voie, ou prétendre comme si rien ne s'était passé ? La fatigue, le stress et l'alcool ne faisaient pas bon mélange dans son corps, et malgré la vitesse de réflexion de son cerveau, ses pensées s'emmêlaient. Au final, à quoi servirait d'essayer de cacher son identité ? Elle était entourée de loups, et peu importe à quel point Violette était agréable, elle n'y faisait pas exception. Toute la famille de Doflamingo était réunie. Il était inutile d'essayer de gagner du temps, puisqu'au final, elle ne pouvait plus rien obtenir de la part de la danseuse brune. Kassandra choisit alors de jouer la carte de la franchise ; pour le meilleur, ou pour le pire.
– Kassandra, répondit-elle d'un ton bien plus sec que ce qu'elle n'aurait voulu.
Son interlocutrice porta sa main à la bouche, ne parvenant pas à cacher sa stupéfaction.
– Alors c'est vous que Doflamingo…
Kassandra s'attendait à ce genre de réaction, mais fut tout de même troublée. Elle voyait la parfaite image que Violette s'était construite d'elle s'effondrer juste devant ses yeux, et cela l'attrista.
La jeune femme se surprit à penser cela. Après tout, qu'avait-elle à faire de ce que pensait Violette ? Elles ne se connaissaient que depuis cinq minutes, et elles se quitteraient tout aussi vite.
– Tu dois partir le plus rapidement possible, chuchota presque Violette, arborant le plus sérieux des regards. Maintenant. Ne perds pas de temps. Il n'y a rien pour toi, ici.
Kassandra ouvrit grand ses yeux, surprise par le soudain changement d'attitude de Violette. Mais avant qu'elle ne puisse trouver une réponse, la vue d'une silhouette la coupa dans son élan. Un homme plus grand que la moyenne avançait avec une démarche dandinante, au rythme de laquelle les plumes roses de son manteau se balançaient et s'envolaient. Une peau artificiellement bronzée, à la manière d'une merguez bien cuite au barbecue. Des lunettes de soleil funky cachaient ses yeux et criaient « On était à la mode il y a vingt ans ! ». Des cheveux blonds aux reflets jaunâtres, résultants sans doute d'une décoloration loupée, et surtout douloureuse. Un sourire aussi parfait qu'il était faux ; d'un blanc éclatant, comme on pouvait en voir dans les publicités pour crèmes anti-rides du journal quotidien. Enfin, pour couronner le tout, des vêtements aux couleurs criardes et aux motifs psychédéliques, à en rendre folle la présentatrice d'une émission de mode. Il n'y avait aucun doute possible ; cet homme était bien Donquichotte Doflamingo. Et à son passage, les invités se retournaient et s'extasiaient devant leur Roi.
En le voyant, Kassandra eut un mouvement de recul. Mais le nouveau venu, au contraire, ouvra grand ses bras, comme pour enlacer la jeune femme.
– Ah la la, Kassandra ! s'exclama-t-il en riant. Je te trouve enfin, et qu'est-ce que je vois ? Tu ne fais tout de même pas du charme à ma chère Violette !?
– Jeune Maître…, prononça la brune d'une petite voix en se levant d'un bond.
Le ton mielleux du pirate dissimulait une menace à peine voilée. Kassandra fronça les sourcils. Elle voyait déjà de vils serpents sortir de la bouche du Corsaire, comme les piètres mensonges et tromperies qui en sortaient déjà. Mais il ne fallait pas qu'elle flanche et montre de faiblesse. Alors, elle finit son verre cul sec comme pour se redonner contenance, avant d'affronter Doflamingo.
– Une danseuse aussi talentueuse qu'elle mérite qu'on la complimente à sa juste valeur, rétorqua-t-elle en relevant la tête.
– Je suis bien d'accord, lui accorda Doflamingo, amusé. Mais que dirais-tu d'oublier Violette pendant quelques instants et me joindre pour une danse ?
Accompagnant les paroles aux gestes, il tendit la main à la jeune femme aux yeux verts, l'invitant. Au même moment, l'orchestre commença à jouer une lente valse. Kassandra défia le Corsaire du regard, et voyant qu'elle n'acceptait pas sa proposition, à la plus grande stupeur et irritation de la salle entière qui regardait chaque fait et geste de son Roi, il tenta de lui prendre la main de force. L'épéiste se recula précipitamment, non sans faire basculer le plateau que portait un serveur, ce qui brisa tous les fragiles verres d'alcool. Sa maladresse fut la cerise sur le gâteau, et elle sentait la tension monter à une vitesse exponentielle. Pour dissimuler son embarras et calmer la foule qui commençait à vouloir sa tête pour son comportement, Kassandra essaya de trouver une pirouette pour s'en sortir.
– Je regrette, je… Je ne suis plus en mesure de danser. Je me suis blessée à la cheville, tout à l'heure, tant la musique était bonne ! commença-t-elle à débiter. Je pense que je vais rester à l'écart. Vous savez… J'ai vu des petits fours là-bas, j'ai un petit creux. La cuisine de Dressrosa est excellente ! Je ne peux pas passer à côté…
Elle s'était emmêlée dans des explications montées de toute pièce, dans l'espoir d'apaiser l'ambiance. Et apparemment, cela fonctionnait ; elle ne savait pas si c'était son embarras ou ses excuses qui eurent raison de la foule, mais bientôt, elle vaqua à ses occupations, comme si de rien n'était. Certaines jeunes femmes commencèrent à s'approcher du Souverain, de façon à attirer son attention ; il semblait très populaire auprès de son peuple, c'était indéniable.
Kassandra en profita pour s'éloigner du centre de la salle, laissant les invités s'agglutiner autour de Doflamingo. Ce dernier fusillait l'épéiste du regard, mal à l'aise d'être entouré d'autant de monde, mais ne pouvant y échapper sans pousser et dégager les personnes présentes. C'était l'occasion pour la jeune femme de se faufiler dans la foule pour essayer d'échapper au viseur du pirate. Elle n'était pas encore prête à l'affronter ; il lui fallait plus de temps et d'informations, bien que Violette lui en avait fourni bien plus que ce qu'elle aurait imaginé.
Zigzaguant entre les invités, bousculant certains sans s'excuser, elle s'approcha sans se rendre compte de la porte tant intrigante. Celle qu'avait empruntée la silhouette drapée plus tôt. Celle qui devait être toujours ouverte. Profitant de la présence d'un colosse en armure aux épaules démesurées, et surtout à la voix ridicule, la jeune femme se cacha derrière sa silhouette et entra discrètement dans la pièce.
Ici, il n'y avait pas de lumière, ni de bruit. Une pièce sombre et étroite, qui contrastait tant avec le hall principal. Si proche de la fête ambiante, et si lointaine de la folie générale. Kassandra poussa un soupir en s'avança à tâtons, retirant son masque de plumes et dégageant ses cheveux. Elle se devait d'être prudente ; elle n'était certainement pas invitée dans cette partie du navire. Et elle n'avait pas vu la mystérieuse silhouette sortir d'ici non plus. Bien qu'elle aurait pu la louper pendant le spectacle de Violette, il y avait de grandes chances qu'elle ne soit pas seule ici.
Plus la jeune femme avançait dans la pièce, plus ses yeux s'habituaient à l'obscurité et lui permettaient de mieux distinguer les diverses formes. Et de par l'odeur de vieux papier et les nombreux étalages qui se dressaient devant elle, elle devait se trouver dans les archives. Et pour chercher des informations et tirer au clair cette histoire de vente d'organes, il s'agissait de l'endroit parfait.
Mais avant qu'elle ne puisse se réjouir de sa trouvaille, elle sentit une personne dans son dos. Malgré le fait qu'elle avait prévu l'attaque, l'étroitesse de l'endroit l'empêcha de se défendre. Une main lui couvrit la bouche et l'empêcha de crier, et l'autre, appuyée contre son dos, la bloqua contre une étagère. Kassandra tenta alors une prise de combat pour essayer de renverser la situation et se mettre en posture plus favorable, mais ses forces la quittèrent soudainement et sa vision se fit plus floue. Suffocant, elle sentit un trou se former dans sa poitrine. Et seul un mot résonna dans son esprit, prononcé par la basse voix d'un homme.
– Mess !
Pour le navire festif de Dressrosa, je vois tellement la vibe du Grand Tesoro du film Gold ! Mais en moins ambitieux, bien sûr.
Pour le coup, Dressrosa c'est mon arc préféré de One Piece, donc je me suis tellement amusée à mettre en scène la famille de Doffy !
Kass qui a un crush sur Viola, je l'ai pas vu venir celle-là... Comme si elle était venue chez Doffy pour pecho, et attention, avait presque réussi ! C'est le "presque" qui me dérange ! Power couple. J'ai envie de réécrire le chapitre maintenant, pour bien foutre le seum à Doffy (puisqu'ils sont en "relation", Viola et lui). Vous voyez du Zoro x Kass, moi je découvre le Viola x Kass et je regrette déjà de pas l'avoir conclu. Mais vous n'êtes pas au bout de vos surprises !
Sur ce, vous avez l'interview 90 de Mathio si ça vous intéresse. Si vous avez le temps, pensez donc à laisser un commentaire sur votre passage, ça fait très plaisir.
Prenez soin de vous !
