Bonsoir les loirs !
Vu que tout le monde part en vacances, j'avais pas beaucoup de travail à mon boulot au final, et bah je m'emmerdais tellement que j'ai corrigé tous mes chapitres x) J'ai été plus payée pour relire ma fic pendant deux semaines que pour travailler jpp. Au moins j'ai pu faire une correction générale de ma fanfic, et je voulais le faire depuis looongtemps, mais avec le rythme de publication hebdomadaire, c'était chaud.
Bref, je vous retrouve donc pour ce chapitre, comme le temps passe vite ! Et bonne lecture !
La vision de Kassandra se fit floue et elle se sentit nauséeuse. Ses forces la quittèrent et ses genoux flanchèrent, alors qu'elle sentit un trou béant se former dans sa poitrine. Prise de panique, elle palpa l'endroit et se rendit compte du problème avec horreur : elle ne sentait plus son cœur battre dans sa poitrine.
Sa logique et toutes ses connaissances de la médecine furent basculées et mises à l'épreuve, puisqu'elle pouvait toujours bouger, et respirer. Ses pensées fusaient à mille à l'heure, alors que la jeune femme tentait de calmer sa respiration. Et plus les secondes passaient, plus elle se calmait. Elle était en vie, et ne se sentait pas partir pour l'au-delà. Alors, que lui avait fait l'intrus des archives ?
Elle se retourna lentement sur elle-même, s'affalant à terre, alors qu'un long sabre était pointé en sa direction. La silhouette de l'intrus était dissimulée dans l'obscurité, mais elle pouvait sans mal deviner son regard froid la fusiller fermement. Et avec son Haki de l'Observation, elle parvenait à déchiffrer un tant soit peu la mystérieuse aura qui se présentait à elle ; elle ne le connaissait pas, mais il était fort. Mais pas plus fort qu'elle.
À cette idée, elle se calma, et un sourire mauvais fendit son visage. Et avant que son opposant ne puisse reculer, le prévoyant avec son Haki, Kassandra bondit en évitant la lame coupante, et s'en saisit à mains nues. La bretteuse la tira vers elle d'un coup sec, ce qui fit basculer son assaillant en avant. Et lorsqu'elle fut assez proche, elle enfonça ses doigts crochus dans la cage thoracique de son agresseur et le poussa en arrière, le bloquant contre l'étagère en face.
L'homme se cogna la tête avec un râle de douleur et Kassandra enserra sa poigne. D'une main, elle tenait la gorge de l'inconnu, et l'autre était enfoncée dans son buste. Haletants, ils se jugèrent du regard, tels deux chiens enragés, avant que l'homme ne prenne la parole.
– Qui es-tu ? prononça-t-il d'une voix rauque. Tu es de la Family, n'est-ce pas ?
Kassandra fronça les sourcils à cette question, ne sachant réellement quoi lui répondre. Qui était-il ? Et de quel côté se situait cet homme aux yeux gris ?
– Non… Enfin, oui ! Mais toi, t'es qui !? bafouilla-t-elle, perdue quant à la stratégie à adopter.
Les deux se turent, s'analysant du regard. Aucun ne savait comment appréhender l'autre. Mais de par l'attitude de l'inconnu, Kassandra se doutait qu'il n'était pas le bienvenu ici. Sa longue cape, le fait qu'il ait attaqué de dos la première personne qui avait franchi le pas des archives ; tout laissait croire qu'il n'était pas allié à Doflamingo. Mais pouvait-elle avoir confiance en lui pour autant ?
Scrutant plus attentivement ses traits, elle se rendit compte que ce visage lui était familier. Des yeux métalliques cernés, une peau basanée, des cheveux bruns cachés par un chapeau blanc tacheté et un air farouche. Effectivement, elle le reconnaissait. Plus d'une fois elle avait vu ce visage à la Une du journal quotidien. Et à cette conclusion, elle resserra sa poigne autour de sa gorge.
– Mais que fait le capitaine Corsaire Trafalgar Law ici ? siffla-t-elle entre les dents.
– Rien qui puisse te concerner, coupa net le pirate.
– Tu es allié à Doflamingo ? Qu'est-ce que vous manigancez ? Deux Corsaires dans un même endroit, ce n'est pas anodin…
– Jamais de la vie je ne vais m'associer à cette pourriture ! s'exclama-t-il avec force.
Kassandra haussa un sourcil à cette déclaration qui confirmait ses pensées. Après quelques instants de flottement, elle relâcha sa prise sur le pirate, au plus grand étonnement de celui-ci. La jeune femme resta sur ses gardes, prête à riposter s'il l'attaquait de nouveau, mais il n'en fit rien. Silencieusement, l'action de la femme fut claire pour lui ; elle n'était pas affiliée à Doflamingo non plus, ce qui leur faisait un point commun.
– Si tu n'es pas allié à Doflamingo, qu'est-ce que tu fais ici alors ? lui demanda Kassandra, réfléchissant à une proposition d'alliance temporaire.
– Rien qui te concerne, encore une fois, soupira Law d'agacement en regardant la blessure infligée par la jeune femme dans sa poitrine.
– Nous sommes sans doute les seuls sur ce navire à nous opposer à ce manipulateur, le contra la jeune femme. Il est dans notre intérêt de travailler ensemble. Je suis Kassandra.
Le Corsaire la regarda, interdit. Il l'affronta longuement du regard, comme s'il sondait son âme d'une précision chirurgicale. Il pesait le pour et le contre de cette proposition d'alliance à peine dissimulée avec une inconnue, sachant qu'ils avaient failli s'arracher la gorge quelques instants auparavant. Et voyant que le pirate ne se décidait pas, Kassandra claqua sa langue, agacée.
– J'ai pas de temps à perdre, décide-toi. Je suis la seule alliée que tu peux espérer trouver ici, dans cette prison sur mer, pour des utilisateurs de fruits du démon.
Kassandra ne savait toujours pas ce que Trafalgar lui avait fait lorsqu'elle avait franchi la porte de cette pièce, mais elle était certaine d'une chose ; il s'agissait du pouvoir d'un fruit du démon. Et le fait qu'il en possédait un était parfait pour son argumentation.
Law afficha un rictus d'amusement, se rendant lui aussi compte de cette évidence. Avec l'arrivée de la jeune femme, il crut que son plan fut voué à l'échec, qu'il avait été repéré et qu'il se devait de trouver un un moyen de s'enfuir rapidement. Mais à cet instant, un poids s'ôta de ses épaules, puisqu'il était venu à la même conclusion que Kassandra : s'ils voulaient s'en sortir vivants, ils se devaient de travailler ensemble. Malgré le fait qu'ils se soient rencontrés il y a cinq minutes. Malgré le fait qu'ils aient failli s'entretuer il y a quatre minutes.
– Je suis partant, prononça finalement le Corsaire, au plus grand soulagement de Kassandra. Mais pour trouver un plan, il faut que je connaisse ton objectif.
– Et moi le tien.
Le pirate plissa les yeux, comprenant que la jeune femme l'intimait à commencer. Il soupira, et exposa son but initial, prenant un pari risqué.
– Ici, c'est la salle des archives, regarda-t-il autour de lui avec un geste de la main. Doflamingo profite de l'occasion festive pour les déplacer vers un autre endroit, plus sécurisé que Dressrosa.
– Et quel est cet endroit ?
– Un territoire occupé par Kaido.
Kassandra s'étouffa de surprise. C'était clair, maintenant. Ils avaient intérêt à faire ce qu'ils avaient à faire le plus rapidement possible, et de trouver une solution viable pour s'échapper. Autrement, jamais ils n'en auraient l'occasion, une fois sur le territoire du puissant Empereur Kaido aux Cent Bêtes.
Et ce que disait Trafalgar avait du sens ; Mihawk lui avait déjà dit que Doflamingo travaillait au compte de Kaido, information qu'il avait obtenue grâce à Shanks le Roux. De plus, le Roi de Dressrosa s'était démené pour entrer en contact avec elle et lui faire du chantage. Savoir qu'ils se dirigeaient en ce moment même sur le territoire de la Créature la Plus Puissante du Monde était une nouvelle de la plus mauvaise sorte.
– Je sais de source sûre qu'il est allié à Kaido, lui confirma Law. Et je cherche des informations sur le commerce qu'ils entretiennent.
– Pour le saboter ? devina-t-elle.
– Ça, ça ne te regarde plus.
Kassandra leva les mains en l'air, comme pour signifier qu'elle n'avait pas l'intention d'essayer d'en savoir davantage dans ce cas, bien que la réponse du Corsaire parlait pour elle-même.
– Ça m'arrange que tu cherches ça, souligna la jeune femme. Moi, il faut que je trouve des informations sur le trafic d'organes qu'il alimente. Notamment sur l'île de Liantver.
Law hocha la tête et un silence s'installa entre les deux. Avec les cartes qui se présentaient à eux, chacun cherchait le meilleur moyen pour parvenir à leurs fins, avant qu'ils n'atteignent la destination finale du navire ; car si cela arrivait par malheur, cela signifiait signer leur arrêt de mort. Il leur fallait un plan, de préférence infaillible. Mais ici, en territoire ennemi, au milieu de l'océan, la part de risque était trop importante.
– Bon, ce que je te propose…, se prononça finalement Kassandra. Moi, j'ai été invitée ici, pas comme certains, dit-elle en posant un regard faussement accusateur sur l'homme svelte. Doflamingo me cherche dans tous les cas et il lâchera pas jusqu'à ce qu'il me trouve. Je vais le distraire en exigeant une entrevue, on doit discuter dans tous les cas. Pendant ce temps là, tu fouilles les archives, cherchant les infos que toi tu veux, et celles dont j'ai besoin.
– L'attention de la Family sera centrée sur ton entrevue avec lui, souligna le Corsaire avec une mine d'approbation. Bien, je chercherai ce qu'il nous faut, et j'aviserai pour trouver un moyen de nous enfuir.
– Parfait, on fait comme ça alors, approuva Kassandra en s'échauffant les mains.
– Il est 23h15, on s'attend à l'arrière du pont à une heure du matin grand maximum pour partir, si tout se passe bien, proposa Law en regardant sa montre. Parce que si les choses se passent mal, ce sera le grabuge.
– Aussi…
Le pirate, qui lui avait déjà tourné le dos pour éviter de perdre plus de temps, s'arrêta dans son mouvement.
La jeune femme se saisit des poignets de Law et enfonça ses ongles dans sa chair, lui arrachant un râle de surprise et de douleur.
– Qu'est-ce que tu fais !?
– Pour m'assurer que tu tiennes promesse et que tu ne t'enfuies pas pendant que je me mets en danger en distrayant Doflamingo… C'est ma garantie.
Après tout, comment pouvait-elle être sûre qu'il n'allait pas la trahir ? Le fait qu'elle aille distraire le Corsaire et sa Family la mettait en danger de mort, pendant que lui, il allait tranquillement faire ses recherches, plaqué aux archives, sans que personne ne sache qu'il était présent à bord. Qu'est-ce qui l'empêcherait de s'enfuir sans elle, profitant de sa naïveté pour partir en douce ? Kassandra se devait de s'assurer du fait que le pirate allait revenir vers elle, quoi qu'il en coûte.
Après quelques instants, elle lâcha ses poignets sanglants, un sourire amer étira son visage.
– Si on ne se revoit pas avant au moins cinq heures, tu vas en subir les dégâts.
Law la regarda en haussant un sourcil, ne comprenant pas ce qu'elle voulait dire par là.
– J'ai accéléré la vitesse de vieillissement des cellules de ton corps. Si tu ne reviens pas vers moi dans cinq heures pour que j'annule le processus, ton corps commencera à en ressentir les effets. Et il ne te restera pas beaucoup de temps à vivre, expliqua-t-elle, le visage de marbre. Je ne peux pas risquer que tu me trahisses.
Sur le visage du Corsaire, les émotions s'énumérèrent. En passant de l'incompréhension à la surprise, puis à l'arrogance, ce qui questionna Kassandra.
– Oh, je vois qu'on ne me fait pas confiance. Pas de problème. Dans ce cas, laisse-moi juste te dire que je n'ai pas besoin de toi pour me soigner. Je peux le faire tout seul.
Kassandra comprit qu'il faisait allusion encore une fois au pouvoir de son fruit du démon, le même qui l'avait mis mal à l'aise quelques minutes auparavant. Elle ne savait pas encore de quoi il s'agissait, mais s'il affirmait pouvoir se soigner, il s'agissait sans aucun doute d'une habileté qui pouvait directement influer sur le corps humain. Un peu comme son pouvoir à elle.
La jeune femme se renfrogna, ne pouvant prévoir une telle tournure. Le moyen de pression qu'elle voulait avoir pour être sûre que Trafalgar ne l'abandonnerait pas était caduc... Mais l'était-il vraiment ?
Elle s'avança alors de nouveau vers lui et en plaçant la main au niveau de son cœur, elle l'empêcha de bouger. S'il était si certain quant à l'infaillibilité de son pouvoir, alors tant mieux pour lui. Kassandra ne pouvait pas deviner quel genre de fruit il détenait, mais si elle se basait sur sa déduction du fait que leurs pouvoirs étaient similaires et pouvaient influer sur le corps humain, alors elle pouvait aussi se baser sur son expérience. Et son fruit du démon à elle lui drainait énormément d'énergie, lorsqu'elle l'utilisait déraisonnablement. Alors, si elle empirait la condition physique de Law, il ne serait pas en mesure de se soigner entièrement. Et s'il souhaitait le faire, il atteindrait les limites de son pouvoir en plein territoire ennemi, ce qui serait imprudent et dangereux. Elle ne pouvait parier que sur ça.
– Dans ce cas, je suis sûre que tu pourras te débarrasser d'une vingtaine d'autres tumeurs, déclara Kassandra en le libérant de son emprise, sous le regard assassin du pirate. Une heure du matin, à l'arrière du pont. Compris.
La femme tourna les talons sans aucune cérémonie, le cœur étrangement plus léger. En remettant son masque, elle se dit qu'elle avait eu bien de la chance de croiser Law ici. Elle n'aurait jamais cru pouvoir trouver un allié sur ce navire peuplé de loups.
Elle sortit discrètement des archives en rejoignant la grande salle de bal, regardant aux alentours, et personne ne semblait prêter attention à elle, à son plus grand soulagement. Mais ce dernier ne dura pas bien longtemps, puisqu'à peine put-elle faire cinq pas qu'un rire strident, qui lui parut familier, résonna au-dessus d'elle.
Kassandra fit demi-tour pour voir une fine silhouette sauter de la rambarde du balcon pour atterrir devant elle. Se releva un jeune garçon blond, d'à peine quinze ans, habillé d'une tenue de plongée et de hauts escarpins, ce qui fit grimacer Kassandra ; comment les gens faisaient-ils pour se déplacer avec des talons de vingt centimètres !? Surtout qu'il venait de sauter de plus de trois mètres de haut, et se tenait désormais devant elle comme une fleur. Cela restait un mystère pour la jeune femme.
Mais ce qui était inquiétant dans l'apparence de l'adolescent, qui riait à gorge déployée, étaient les dents acérées fièrement montrées, semblables en tout point à celles des hommes-poissons. Et l'aileron de poisson qui sortait de son dos confirmait cette hypothèse. Il n'y avait aucun doute ; c'était bien lui que Kassandra avait aperçu au début des festivités. Dellinger, tel était son nom, si elle se souvenait bien de sa conversation avec Jora, tenue un peu plus tôt.
– Enfin on te retrouve ! prononça finalement le garçon d'une voix aiguë. C'est le Jeune Maître qui va être content !
– Il me cherche ? s'intéressa Kassandra d'une voix innocente, feignant l'ignorance.
– Comme si tu ne le savais pas ! Maintenant que tu as mordu à l'hameçon, il ne fallait pas risquer de perdre le gros lot !
La jeune femme plissa les yeux à cet aveu de la part du jeune garçon, mais celui-ci continua sur sa lancée, et son flot de paroles ne s'arrêtait plus. Tellement que Kassandra n'arrivait pas à tout suivre ; surexcité, il gigotait dans tous les sens en faisant de grands gestes et manqua de frapper plusieurs invités par inadvertance dans la foulée.
– En tout cas, heureusement qu'on t'a retrouvée ! On va bientôt arriver à Lesca et le Jeune Maître va pouvoir commencer son plan ! Et tu vas être d'une grande aide !
– Ah bon ? tenta-t-elle de cacher son malaise, emmagasinant toutes les informations que l'adolescent semblait lui déballer sans s'en rendre compte.
Mais avant qu'il ne puisse lui en dire bien plus, une ombre menaçante apparut derrière eux. Kassandra n'eut même pas besoin de vérifier pour savoir de qui il s'agissait ; et son intuition fut confirmée par la voix mielleuse qui parvint à ses oreilles.
– Je te retrouve enfin, pour la deuxième fois ! Cette fois-ci, tu ne m'échapperas pas !
Le ton joyeux de Doflamingo trahissait son impatience. Arrivé près du duo d'ennemis, il se saisit fermement de l'épaule de Kassandra, comme pour s'assurer qu'elle ne s'en aille pas cette fois-ci.
– Je n'avais pas l'intention de m'échapper, l'en assura la jeune femme, le défiant du regard. Je te cherchais aussi. Qu'on mette tout au clair.
– C'est parfait alors. Suis-moi.
Cela se fit aussi simplement que ça. Le couple partit côte à côte, sous le regard subjugué de la population de Dressrosa, qui se demandait qui était la femme qu'avait choisi leur Roi.
Doflamingo la guida jusqu'à une pièce de repos isolée et feutrée, et ferma soigneusement la porte. De nombreuses bibliothèques faisaient office de murs et un bar trônait au milieu de la pièce. Et sur un tapis d'un blanc immaculé, deux confortables fauteuils se faisaient face, devant une immense fenêtre, à travers laquelle on pouvait admirer l'horizon, le point de la parfaite fusion du ciel et de l'océan. Cette pièce semblait avoir été faite sur mesure rien que pour leur entrevue, et cette idée n'étonna même pas Kassandra.
La jeune femme prit place dans un des majestueux fauteuils avec assurance et le Corsaire en fit de même. Après un silence aussi court que lourd, l'invitée prit finalement la parole, n'ayant pas de temps à perdre.
– Bon. Je suis venue comme promis. Maintenant, dis-moi ce que tu as fait aux médecins et où sont-ils ?
– Tu précipites les choses…, trancha Doflamingo d'une voix lasse. Laisse-moi savourer le fait que j'aie réussi à te mettre la main dessus…
– Je n'ai pas de temps à perdre, le coupa-t-elle à son tour. Où sont-ils ? Ils ont intérêt à aller bien, sinon…
– Sinon quoi ? Es-tu vraiment en position de me menacer ?
Kassandra se tut, bouillonnante, et ne parvint pas à mettre les mots sur les sentiments qu'elle ressentait au fond d'elle. Doflamingo, quant à lui, jubilait, et ce fut avec un détachement malpoli qu'il servit un verre à son invitée, qui l'accepta simplement par politesse.
– Pour tout t'avouer, ils ne sont pas là, l'en informa le Corsaire, se délectant de la réaction de son interlocutrice.
– Pardon !? Je croyais qu'on avait un accord ! protesta Kassandra, ayant perdu toute envie de plaisanter.
– On n'en avait aucun, la contra-t-il d'un visage de marbre. Je n'allais tout de même pas risquer que tu les trouves à bord du navire et que tu les libères, cela créerait la panique… Et je n'ai pas besoin de ça.
– Pour éviter d'entacher ta réputation auprès des habitants de Dressrosa ? Sont-ils vraiment si aveugles que ça ?
– Oh, il ne s'agit pas d'être aveugle. Mais de savoir choisir le bon côté. Toi, clairement, tu ne choisis pas le bon depuis le départ…
– La dernière chose dont j'ai envie c'est de recevoir des leçons de morale de ta part, secoua-t-elle la tête, blasée. Maintenant, réponds-moi et arrête de me faire tourner en bourrique.
– Lorsque tu es montée sur le navire, tu n'as pas dû remarquer qu'une trentaine de personnes y sont descendues…
– Qu'est-ce que tu veux dire ? le questionna Kassandra, ne comprenant pas ce qu'il voulait entendre par là.
– Tu es longue à la détente. J'ai relâché tous tes petits copains sur Liantver, il y a quelques heures déjà.
La jeune femme, incrédule, fronça les sourcils et différentes expressions passèrent sur son visage. Mais à aucun moment elle ne crut aux propos du manipulateur. Ce qu'il racontait n'avait aucun sens.
– Je ne te crois pas. Pourquoi tu aurais fait ça !?
– Appelle-les donc, si tu souhaites avoir confirmation.
Hésitante, Kassandra fut surprise par le défi lancé par le Corsaire, et d'à quel point il semblait être sûr de lui. Lentement, elle fouilla les pans de sa robe et trouva son mini-escargophone. Elle appela sans plus tarder l'hôpital de Liantver, et au moment où le combiné fut décroché, elle sentit le vertige la prendre.
« Kassandra ! Oh, qu'est-ce que je suis content que tu ailles bien ! C'est terrible ce qu'il s'est passé à Liantver ! Les blessés ont dit que c'est toi qui les as sauvé… Où es-tu !? Si tu savais ce qu'il s'était passé… »
La chirurgienne, sous le choc de la vérité, raccrocha au nez du docteur Yurgun, ne pouvant prononcer le moindre mot. Elle déglutit difficilement, avant de regarder Doflamingo, comme si elle voyait un fantôme à la place.
– Je ne comprends pas, marmonna-t-elle d'une voix rauque. Où est le piège ?
– Un piège ? Ce n'est pas mon genre… Enfin…
Livide et droite comme un piquet, elle était suspendue aux lèvres du Corsaire, attendant une explication claire à cette histoire sans queue ni tête.
– C'est ma petite garantie, poursuivit-il. Suivant le sens que prendra notre discussion, je pourrai les laisser en vie… Ou pas.
Pour appuyer ses propos, il fit bouger ses doigts à la manière d'un marionnettiste, mais Kassandra ne comprit pas tout de suite. Elle plissa alors les yeux, et se rendit compte avec effroi que d'infimes fils y étaient accrochés, comme attachés à quelque chose. Ou en l'occurrence, à quelqu'un.
– Je vois que tu commences à comprendre. Je n'ai qu'à lever le petit doigt…, prononça-t-il en faisant parallèlement la démonstration. Pour décider du destin d'un de tes précieux collègues.
Kassandra le regarda, horrifiée, comprenant le plan, et le pouvoir du cruel pirate. Elle était fermement prise dans la toile d'araignée qu'il avait soigneusement tissée.
– Je pense que pour la suite de notre discussion, tu seras plus conciliante, ainsi, conclut-il fièrement. En tout cas, j'admire ton courage pour avoir accepté mon invitation. Un moucheron qui s'emmêle volontairement dans un piège qui lui a été tendu… Je ne pensais pas que tu étais aussi… Aussi…
– Tu insinues que j'ai le QI d'une olive ? contra-t-elle en piquant l'olive de son Martini. Charmant. C'est pas comment ça qu'on gagne le cœur d'une femme, tu sais.
– Pour que je le gagne, il faudrait déjà que tu en aies un, de cœur, releva Doflamingo en haussant un sourcil. Quant à celles qui en ont, je m'en sors très bien. Cette chère Violette par exemple, si tu savais…
– Vraiment, Violette ? Laisse-moi rire ! s'exclama l'invitée. Tu vas me dire qu'elle te fait des yeux de biche à chaque fois qu'elle te voit ? C'est le regard d'une biche morte alors, à la limite... Si tu crois avoir gagné son cœur, c'est toi qui as le QI d'une olive. En matière de drague, laisse-moi te dire que je m'en sors bien mieux… La subtilité et le bon sens manquent à l'appel chez toi.
Le radieux sourire de Doflamingo se transforma en un rictus rigide, et Kassandra comprit avec fierté qu'elle avait touché une corde sensible. Ou plutôt un fil, sensible. C'était bien ce qu'elle croyait ; l'égo du pirate n'était pas inébranlable, et même plutôt atteignable. Face à cette remarque, le Corsaire s'approcha de Kassandra, qui se redressa sur son siège. Il contourna son fauteuil et se pencha, regagnant son sérieux, et son regard se fit plus dur et son ton plus sec. Il chuchota alors à son oreille, ce qui fit hérisser les cheveux de Kassandra.
– Les courageux sont les premiers à mourir. Les survivants sont les couards, et les plus forts. Sachant que tu ne peux pas t'enfuir… Seras-tu assez forte pour faire face à ma famille et moi ?
L'épéiste le défia du regard, hargneuse, et ne le détourna pas, lui faisant ressentir toute l'ampleur de sa détermination.
– Pourquoi tu me cherchais ? changea-t-elle de sujet. Tu as employé tant de moyens pour essayer de m'avoir…
– Je pense que tu t'en doutes déjà. Mais laisse-moi te raconter une petite histoire…
Doflamingo s'installa confortablement dans son fauteuil, croisant les jambes, les mains derrière la tête, et commença son récit, prenant le ton exagéré d'un conteur.
– J'avais envoyé Buffalo et Baby 5 pour une mission sur une île qui ne payait pas de mine et n'avait rien de particulier…
– Le fameux trafic d'organes, hein !? le coupa-t-elle sèchement.
– …mais quelle ne fut leur surprise lorsqu'ils ont remarqué une jeune femme avec des ponéglyphes gravés à même la peau, continua le Corsaire, ne se souciant pas de l'intervention de la femme.
Doflamingo commença son histoire et pointa son interlocutrice, désignant ses tatouages dissimulés par les larges manches de sa robe. Kassandra se tassa dans son siège, mal à l'aise face à son regard.
– Je leur ai donc prolongé la mission. On ne pouvait pas laisser un ponéglyphe ambulant se balader comme il voulait ! C'est ainsi que tu as dû faire la connaissance de… Comment c'était, déjà… Kevyn et Raquel ?
– Les enfoirés…
– Ils se sont donc infiltrés dans l'hôpital pour se rapprocher de toi et gagner ta confiance. Je passerai outre le fait qu'ils ont lamentablement échoué…, se crispa le Corsaire à la mention de leur échec, et prit une gorgée de vin pour se donner contenance. Mais en te côtoyant, ils se sont rendus compte qu'il n'y avait pas que les ponéglyphes, d'intéressant, chez toi. Ton pouvoir. Ton fruit du démon.
Cette fois-ci, le pirate se pencha pour se rapprocher la jeune femme, souriant de toutes ses dents. La femme, quant à elle, détourna la tête, répugnée.
– Je ne vois pas en quoi il sortirait du lot, cracha-t-elle. J'ai longtemps cherché des informations, mais je n'ai rien trouvé.
– Ça ne veut pas dire pour autant qu'il n'a rien de spécial ! s'exclama Doflamingo. Et il a même une habileté très particulière, qui lui est propre. Et c'est bien pour ça que je t'ai fait venir ici.
Kassandra afficha une moue surprise, puis fronça les sourcils. Elle appréhendait la révélation que le Corsaire allait faire, si son fruit n'était pas si anodin qu'elle le croyait.
– Le destin n'est-il pas bien fait ? continua-t-il. Œil de Faucon, ton frère, est si lugubre et mystérieux. De bien nombreux murmures stipulent qu'il s'agit d'un rescapé des vampires, que le Gouvernement n'avait pas réussi à traquer. Et toi, sa sœur, détient le fruit du démon du sang.
– Ne mêle pas Mihawk à ça. Crache le morceau, hissa Kassandra.
– Par un pacte de sang, le possesseur de ce fruit du démon peut lier à lui une personne, une seule. Et le receveur devient tout puissant. Plus rien ne peut l'atteindre.
L'expression de l'invitée se ferma, ne comprenant toujours pas où il voulait en venir.
– Le possesseur du pouvoir lie sa vie à celle d'une autre personne, et devient son réceptacle. Peu importe les blessures ou les maladies qu'elle subirait, elles seront systématiquement redirigées vers le réceptacle. C'est-à-dire toi. On dit que les chats ont neuf vies, mais celui qui bénéficie de ce pouvoir en a véritablement deux…
Kassandra sentit un boulet tomber au fond de son estomac et elle enfonça férocement ses ongles dans les accoudoirs du fauteuil pour éviter de flancher. C'était donc pour cela que Doflamingo la cherchait si éperdument. Voilà l'information qu'elle n'arrivait pas à trouver, et qu'il lui manquait. Voilà quelle était la plus grande contrepartie de son fruit. À cet instant, elle regrettait plus que jamais d'avoir cédé à la faim le fameux jour où elle l'avait mangé.
– Je pense que tu vois où je veux en venir, siffla le Corsaire à la manière d'un serpent. Fais la transfusion avec moi. Et souviens-toi : tu n'as pas le choix, souligna-t-il d'un sourire mauvais, en tordant ses doigts.
Le corps de Kassandra se leva machinalement, mais l'esprit ne le suivit pas ; comme si les deux s'étaient détachés. Arrivée près du pirate, dans un geste tout aussi mécanique, elle tendit la main à Doflamingo, l'invitant à lui donner la sienne. La jeune femme sortit alors une dague dissimulée dans les pans de sa robe et entailla profondément la paume du capitaine Corsaire. Elle en fit de même avec la sienne et fit couler le sang dans le verre d'alcool qu'elle venait de finir. Le sang des deux ennemis, se mélangeant, remplissait le récipient, mais une fine ligne coula le long de leurs bras et finit par entacher la coûteuse moquette. Le sourire de Doflamingo se fit bien plus large, voyant Kassandra lui obéir au doigt et à l'œil. Il n'eut même pas besoin de lui donner plus d'explications qu'elle savait déjà quoi faire ; il n'y avait aucun doute. C'était bien le pouvoir du fruit du démon du sang, qu'elle possédait.
Dans la tête de Kassandra, c'était le brouillard. Gris, sombre, épais. L'air se fit lourd et visqueux, et elle peinait à en remplir ses poumons. Le choc des nombreuses révélations qui lui avaient été faites l'avait plongée dans une profonde introspection qu'elle ne pouvait freiner, et le temps d'analyser la situation, elle essayait de gagner du temps.
D'un coin de l'œil, elle regarda l'heure à son poignet. Minuit passée. Son rendez-vous avec Law n'était plus si lointain, et si elle arrivait à bien gérer son temps, elle serait en mesure de le rejoindre à l'heure. Mais avant ça, elle se devait de s'assurer que Doflamingo ne tienne plus ses collègues en otage. Et elle avait peut-être une idée. Mais pour qu'elle fonctionne, il fallait que Law rejoigne le point de rendez-vous en avance, et avec un plan de fuite en béton armé.
– Comment ça se fait que tu en saches autant sur ce pouvoir ? lui posa-t-elle la question, d'un côté pour gagner du temps, de l'autre, sincèrement intéressée.
– Je vais te révéler un autre secret : je suis un Dragon Céleste, lui confia Doflamingo, se délectant de l'expression de la jeune femme. Et à Mary Geoise, ce fruit était très prisé et connu, depuis des siècles. Ils sont capables de payer une somme astronomique pour l'avoir en leur possession. Car le Dragon Céleste qui parvenait à faire manger ce fruit à un de ses esclaves l'obligeait à utiliser ce pouvoir sur lui, ce qui lui octroyait une deuxième vie. Et il pouvait vivre deux fois plus longtemps.
– Comment ça ?
– Il vivait une première fois aux dépens de son esclave, qui voyait ses jours comptabilisés comme étant ceux de son maître. Et une fois que ses années étaient finies, l'esclave mourrait, et la vie du Dragon Céleste, qui n'avait pas été consumée pendant ce temps, reprenait.
Kassandra essaya de contrôler son désespoir face à ce récit, la haine s'emparant de ses tripes. Mais pour la contenir, elle se concentra sur ses mouvements. Bien qu'elle ne savait pas en quoi consistait cette transfusion, ses actions semblaient être dictées par son instinct, comme si c'était réellement la chose à faire. Au départ, elle pensait bluffer, mais au fur et à mesure que le sang remplissait le verre, elle se rendait compte que rien n'était faux, et que le pouvoir qui sommeillait au fond d'elle la guidait. D'un côté, tant mieux qu'elle ne faisait pas semblant, puisque Doflamingo ne pouvait pas s'en rendre compte. D'un autre, elle se devait de trouver rapidement une solution pour s'échapper d'ici avant qu'elle ne finisse réellement la transfusion.
Lorsqu'elle jugea qu'il y avait assez de sang dans le récipient, elle passa son doigt sur la paume blessée de Doflamingo, qui eut pour effet d'instantanément guérir la coupure, sous le regard enchanté de l'homme. Elle poussa le Corsaire à reprendre place dans son fauteuil et porta la coupe à ses lèvres tremblantes, buvant le sang qu'elle contenait. Et dans un mouvement lent, Kassandra posa sa main sur la joue du pirate triomphant, lui intimant d'ouvrir ses lèvres et se pencha sur lui pour faire couler le liquide au goût métallique dans sa bouche.
Mais avant qu'il ne puisse ingurgiter tout le sang, Kassandra enfonça sa dague de granite marin dans le dos du pirate, au niveau de son omoplate, avec un visage déformé par l'aversion. Le Roi de Dressrosa, ne s'attendant pas à un coup dans le dos, cracha le sang sur le visage de la jeune femme, qui ne fit qu'enfoncer la lame plus profondément encore, lui arrachant un râle de douleur.
– Espèce de sale…
Kassandra balança le verre qui se brisa en mille morceaux et laissa la dague enfoncée dans la chair du Corsaire, l'affaiblissant continuellement. Elle espérait que c'était suffisant pour rompre les fils qui tenaient en otage les médecins de Liantver, le granite marin annulant tous les pouvoirs des fruits du démon.
Reprenant contenance, elle positionna ses deux mains au niveau de son cœur et commença à ravager le corps de l'homme de l'intérieur, provoquant des saignements internes, des caillots dans les veines, la déformation des organes, dans l'espoir absurde de le tuer. Mais elle ne put aller bien loin, puisqu'elle vit Diamante et un autre homme défoncer la porte de la pièce, se ruant vers leur capitaine avec des hurlements incompréhensibles.
Voyant les renforts arriver, la jeune femme n'eut pas le temps de penser qu'elle sauta par la fenêtre de la cabine, atterrissant sur le pont arrière du navire. Elle se releva rapidement, chassant le verre éclaté en mille morceaux des pans de sa robe déchirée, et percuta une personne dans la précipitation. Le cœur battant la chamade, elle se saisit des épaules de la silhouette drapée, prête à se défendre, lorsqu'elle se rendit compte qu'il s'agissait de Violette.
– Kassandra ! Suis-moi ! chuchota-t-elle, se saisissant du poignet de la femme, qui était encore sous le choc.
– Violette ? Qu'est-ce que tu fais !? paniqua-t-elle, pensant que la brune allait l'emmener près de sa Family.
– Je t'ai observé avec mon pouvoir, expliqua-t-elle en s'engouffrant dans un couloir sinueux. Tu dois t'enfuir. Trafalgar est déjà en bas.
Kassandra, ne comprenant rien à ce que lui racontait la jeune femme, prit le pari risqué de la suivre. Dans la situation où elle se trouvait, elle n'avait pas d'autre choix que de lui faire confiance. Elle n'avait aucun plan pour s'échapper, et elle venait d'ouvertement provoquer Doflamingo et sa famille. Si Violette était sincère, elle prenait un risque énorme à l'aider à s'échapper, et elle ne pouvait que saisir la chance qui s'offrait à elle.
– Tu sais manier un navire enduit de résine ? demanda la danseuse, arrivant près d'une plaque dans le sol.
– Un navire enduit ? Pas vraiment, mais j'ai déjà vu comment ça fonctionnait…
Et c'était vrai ; après tout, elle avait voyagé auprès de Mihawk et de son équipage pendant plusieurs années, et ils avaient déjà franchi la Red Line de cette façon, passant par l'Île des Hommes-Poisson.
– C'est ta seule chance de t'échapper, avec Trafalgar. Il s'est assuré que le navire était prêt à partir, mais il ne sait pas le manier. Descends cette échelle et tu le verras, dévoila-t-elle en ouvrant la plaque. J'ouvrirai les vannes dans trente secondes, alors ne gâche pas cette chance.
La jeune femme n'en revenait toujours pas du fait qu'une inconnue l'aidait à échapper Doflamingo. Jamais elle n'aurait cru rencontrer deux alliés à bord de ce navire. Au final, elle, qui était venue ici en premier lieu dans l'espoir de sauver le plus de gens possible, mettait d'autres bonnes personnes en danger.
– Violette, je…, commença-t-elle, la voix tremblante, mais la brune la poussa.
– Pars, vite !
– Je te promets qu'on se reverra. Je te revaudrai ça.
Et elle le pensait vraiment. Hantée par l'inestimable aide que venait de lui apporter Violette, elle descendit à la cale le plus rapidement possible et fit effectivement face à un petit port, situé au fond de la coque du navire. Et tout de suite, elle remarqua le vêtement jaune canari de Law, qui s'affairait à nouer des cordes.
Kassandra essaya de se creuser les méninges pour se rappeler de ce que Mihawk avait fait pour gonfler le revêtement et remarqua une bulle d'air flotter à la surface, à l'arrière de la coque, permettant au navire de flotter. Elle se souvint alors de la procédure et s'approcha de la bulle pour l'inspecter et remarqua une vanne, qu'elle tourna. À mesure que la bulle se dégonflait, le revêtement du navire se remplissait d'air, sous le regard sidéré de Trafalgar, qui jugea la jeune femme d'un regard approbateur. En réponse, Kassandra leva le pouce en l'air et se dépêcha de le rejoindre. Au loin, ils entendirent un brouhaha incompréhensible, déformé par l'écho, et ils comprirent que des poursuivants étaient à leurs trousses.
Mais au moment où Kassandra monta à bord du navire enduit de résine, un mécanisme bruyant s'enclencha. Par instinct de survie, elle n'eut que le temps de s'accrocher au bord du bâtiment. Et avant que le duo de fugitifs ne comprenne ce qu'il se passait, ils furent projetés dans les profondeurs de l'océan.
Criant quelques ordres lointains à Law, Kassandra dirigeait le gouvernail, ne se sentant pas à l'aise de manipuler un si grand navire dans l'eau, situation qui était tout le contraire de sa zone de confort. Elle essaya de s'éloigner assez de la surface pour que le navire de Doflamingo ne puisse pas les repérer, et la nuit y aidait beaucoup. Et c'était au bout d'une heure de silence entre les deux individus, qui ne s'étaient presque pas adressés la parole, que la navigatrice prit la décision de remonter à la surface et de continuer leur route à découvert.
À ce moment, elle put laisser la barre en place et s'affala sur une caisse en bois, soupirant lourdement. Law se tenait quelques mètres plus loin, analysant également la situation de son côté. Chacun était plongé dans une profonde introspection de ce qui venait de se passer, et ils n'étaient pas encore d'humeur à partager leurs découvertes. Mais Kassandra s'approcha tout de même de lui, et de sa main toujours entaillée, au plus grand soulagement du jeune Corsaire, elle soigna ses blessures et ses tumeurs comme elle le lui avait promis, puisqu'ils s'étaient effectivement échappés ensemble.
Voyant comment cette fête s'était terminée, Kassandra put répondre à la question que Doflamingo lui avait posée. Ce soir-là, elle n'avait pas été la courageuse, ni la plus forte ; mais la couarde.
Un grand merci à Phos/Leander Tell/Ma soupe aux pruneaux de m'avoir aidée pour une partie du dialogue avec Doffy ! J'y voyais bien plus clair avec tes conseils, my dear !
Doflamingo, comme il n'avait pas pu obtenir le Ope Ope no Mi douze ans plus tôt, s'était rabattu sur l'occasion d'avoir en sa possession le fruit de Kassandra ! Même si cela ne lui garantissait pas l'immortalité, il pouvait vivre bieen plus longtemps que la moyenne, sachant en plus que Kassandra est jeune.
Il se passe beaucoup de choses, j'attendais avec impatience de pouvoir de nouveau faire intervenir Law, depuis son apparition à la réunion des Corsaires au chapitre 11 ! Expliquer davantage comment il s'y était pris pour découvrir le commerce de Doffy et Punk Hazard, comment il a fait pour s'y installer, etc. Aaaah, j'adore développer les événements qui se sont passés pendant l'ellipse, j'adore ça ! Comme si je mettais plein de petits easter eggs dans mes chapitres.
Et d'ailleurs, Oda avait confirmé que Doffy et Viola entretenaient une "relation", au sens sexuel du terme (c'est toxique au mieux, au pire c'est du viol, puisque Doffy lui met la pression...). Mais vu que c'est du contenu explicite pour les enfants qui regardent OP, il n'a pas pu en parler ouvertement. Du coup, j'y fais référence ici.
Prenez soin de vous !
