Bonjour les loulous ! On y est. L'épilogue de cette longue aventure.

Comme promis, la fiche de personnage de Kassandra est incluse au début du chapitre.

Mintzkow : Merci pour ta review, encore une fois !
Qui te dit qu'il y aura qu'une seule romance dans la suite, hehe ? Qui te dit que ce sera forcément avec Kassandra, hehehe ? J'ai de grands projets ! Tu mets un doigts sur quelque chose, concernant une relation F/F ;) Mais le Shanks x Kassandra, tu m'as perdue là xD
La recherche de la vérité sur ses ponéglyphes sera un pan de l'aventure, évidemment, mais pas que !
Tu y tiens, à ton passage à Dressrosa x) Tu verras bien ! Motus bouche cousue.
La fiche de Kassandra est incluse, du coup. Je ne sais pas si ça en fait un personnage plus réel ou plus inséré dans le monde de OP, mais je me suis amusée à la faire x)
Je suis vraiment contente que la fic t'ait plu ! Et ce n'est pas terminé ! Merci à toi pour ton soutien.

Je m'étalerai davantage et je verserai mes larmes dans la note de fin, donc je vous laisse profiter de cet épilogue un peu particulier.

Excellente lecture à vous !


FICHE DE PERSONNAGE DE KASSANDRA : à jour à la fin de La Maison des Tarés

Nom : Dracule Kassandra, ayant pris le nom de famille de Mihawk après qu'ils aient emménagé ensemble
"Vrai" nom : Leonte Kassandra, celui de sa mère (Leonte Amara)
Épithète : La Sorcière Carnivore, Kass
Occupations : Médecin, chasseuse de primes
Lieu de naissance : Île de Rubeck, North Blue
Résidence : Kuraigana
Prime : 0
Anniversaire : 22 novembre
Âge : 25 (après l'ellipse)
Taille : 1m83
Groupe sanguin : F
Signe astrologique : Scorpion
Fruit du démon : Le fruit du Sang (Chi Chi no Mi), Paramécia
Arme : Épée, Amanogawa (=« Voie Lactée » en japonais). Une des 50 lames de qualité supérieure (Ryo Wazamono)
Haki : Haki de l'Observation éveillé, Haki de l'Armement
Passe-temps : Collectionner les timbres, jouer au poker pour de l'argent, lire
Plat préféré : Poisson aux légumes et aux champignons de Mihawk, prunes salées
MBTI type : ISTP (j'ai fait beaucoup de recherches pour essayer d'analyser sa personnalité afin de mieux la comprendre, mais je ne suis clairement pas spécialiste dans la matière. Si vous vous y connaissez bien et avez une opinion différente, dites-moi donc ! Ça m'ôtera d'un doute perfide)
Couleur : Rouge
Sa nationalité, si elle vivait dans le monde réel : Danoise
Si elle était un animal : Léopard noir (=panthère noire)
Si elle était une fleur : Amarante
Si elle n'avait pas été rencontré Mihawk, elle serait devenue chercheuse
Autre : A le mal de mer / Est maniaque de la propreté / N'aime pas la foule / N'aime pas tuer car elle est médecin / Est fascinée par les grenouilles


Franky resservit la chope de Zoro et celui-ci l'en remercia avec un hochement de tête. À bord du Sunny, une sobre fête de retrouvailles battait son plein, alors qu'ils descendaient lentement vers l'île des Hommes-Poisson.

Tout le monde devait s'attendre à un banquet festif organisé à l'occasion de leurs retrouvailles, mais l'atmosphère intime et sobre que leur offraient les profondeurs de l'océan, alors que la lueur du soleil disparaissait, était bien plus propice à une réunion plus calme. L'équipage savourait avec délectation la cuisine de Sanji, dont ils n'avaient pas pu profiter ces deux dernières années et les compliments pleuvaient envers le chef ; sans que Zoro ne dise quoi que ce soit, évidemment.

Le bretteur jeta un œil à leur otage imprévu, Caribou, qui avait cru bon leur chercher des noises. Le pirate gigotait, essayant de se libérer, sans succès. L'épéiste s'approcha du bastingage du navire et s'y appuya, une bouteille à la main. Il essayait de percer à travers les ténèbres de l'océan, vainement. Cela faisait deux ans qu'il attendait leur voyage vers l'île des Hommes-Poisson, mais ce fut la première fois qu'il se demanda réellement à quoi elle devait ressembler. Cette destination flottait à la surface du subconscient de l'équipage depuis si longtemps, et ils allaient enfin pouvoir y parvenir.

– Tout va bien, Zoro ? lui demanda Chopper, s'approchant du principal intéressé, une barbe à papa dans la main.

– Bien sûr, répondit le pirate, alors que son compagnon s'installa à ses côtés.

Zoro sourit imperceptiblement en voyant les yeux de Chopper s'illuminer à la vue de gigantesques monstres marins, qui suivaient le cours de l'eau. Les deux se perdirent dans la contemplation des bêtes sous-marines, profitant de la musique de Brook qui parvenait à leurs oreilles.

L'appréhension de leur nouveau départ bouillonnait dans leurs tripes, et le bretteur sentit ses sabres le démanger. Tout ce dont il se préoccupait après tout, c'était la suite de leur aventure. Et il leur restait encore bien des choses à découvrir.

Malgré cela, ses pensées dérivèrent vers ces deux années qu'il passa aux côtés de Mihawk, de Kassandra et de Perona. Il ne voulait pas laisser la nostalgie le submerger, mais le flot de souvenirs fit surface. Leurs nombreux conseils lui revinrent en tête, et la perspective de son futur combat contre Mihawk l'obsédait ; il poussa un long soupir et tenta de se vider la tête. Il n'y avait pas de place à la précipitation. Malgré ses progrès flagrants, il serait présomptueux de penser qu'il avait atteint le niveau de son maître. Après tout, comme Kassandra lui avait souvent dit, on ne progressait jamais autant que pendant des combats extrêmes, et il en avait déjà été témoin de lui-même. Il connut des duels qui le poussèrent dans ses derniers retranchements, et à chaque fois il n'en sortait que plus grandi, et plus proche de son objectif final. Les combats qui s'annonçaient risquaient de le mettre à l'épreuve, mais il n'avait aucune intention de perdre.

Une nouvelle arrivante l'arracha à ses pensées, et il vit Robin les rejoindre. L'archéologue sortit un bonbon de sa poche et le tendit à Chopper, dont les yeux brillaient de gourmandise.

– Je m'excuse de vous interrompre dans votre fil de pensées, prononça doucement Robin, remarquant le regard troublé de l'épéiste. Un peu de calme ne fait jamais de mal.

L'épéiste haussa les épaules, prenant quelques gorgées de sa boisson, alors que le renne se délectait de sa sucrerie.

– J'ai rencontré une curieuse jeune femme, à l'Archipel, continua la femme, et Zoro l'interrogea du regard. Des cheveux noirs, des yeux verts. Elle disait s'appeler Kassandra.

Robin se tourna vers Zoro pour guetter sa réaction, et celui-ci hocha la tête.

– Et ? Elle t'a dit quelque chose ? s'intéressa le bretteur d'un air détaché.

– Elle a simplement mentionné « C'est avec nous que la tronche de cactus… », sourit Robin, alors que son interlocuteur leva les yeux au ciel. J'en ai alors déduit que vous deviez vous connaître.

– Celle-là, alors, pesta-t-il en noyant son exaspération dans sa pinte de bière.

L'archéologue laissa échapper un rire, et le renne l'imita, se souvenant d'avoir également vu cette jeune femme du haut de son oiseau géant. Bientôt, les deux compagnons laissèrent Zoro seul, alors qu'il s'installait contre le bastingage pour piquer un somme, et les traits de son visage se firent plus sereins.


De sinistres pas résonnaient dans les froids couloirs du château et une lumière vive brillait à travers tous les vitrages de la demeure, déformant leurs sublimes couleurs. Une alarme assourdissante retentissait depuis une dizaine de minutes déjà, et ne semblait pas vouloir s'arrêter ; Mihawk soupira, alors qu'elle commençait à lui donner un terrible mal de crâne. Même lors de ses derniers instants sur cette île, sur laquelle il vécut pendant dix longues années, il ne pouvait avoir une once de calme. Il maudissait la Marine pour le vacarme ambiant, qui dénaturait la beauté si singulière de Kuraigana, qui s'appréciait dans un silence religieux.

Le pirate embrassa une dernière fois du regard les sombres peintures qui ornaient les murs de pierre, et dont il était le peintre.

La demeure avait vu naître une âme d'artiste, qu'il exprimait de manières diverses et variées, à travers la peinture, la musique, ou encore la sculpture. Mais il abandonnait toutes ses créations d'une décennie sans regrets, emportant le plus précieux à ses yeux ; ses souvenirs.

Il n'emportait rien de superficiel avec lui. Le château débordait d'or, mais il n'en voyait pas la valeur ; l'intimité et le confort qu'il lui offrit étaient bien plus précieux à ses yeux.

À cette pensée, les lèvres du bretteur s'étirèrent en un rictus. Un pirate qui ne prêtait pas d'attention à l'or… On le lui avait souvent reproché, à l'époque. Et maintenant qu'il était redevenu un hors-la-loi, ses obligations de criminel lui parurent presque comme un fardeau.

En tant que Grand Corsaire, il pouvait piller en toute liberté et impunité. Et nombre de pirates auraient aimé se retrouver à sa place. Mais il n'avait jamais véritablement joui de cet avantage que lui procurait son statut, n'en voyant pas l'utilité. S'il était devenu Grand Corsaire, c'était pour avoir la paix, et le calme. Chose qu'il eut et connut pendant dix ans.

Mais toutes les bonnes choses avaient une fin. Il savait qu'il allait devoir reprendre du service tôt ou tard, avec ou sans l'intervention du Gouvernement Mondial et de la Marine pour abolir le système des Corsaires, qui fut toujours controversé. Peut-être aurait-il fini par quitter le groupe, s'enlisant dans son ennui et sa complaisance. Mais l'heure n'était pas aux « peut-être ». Le destin avait fait le choix pour lui, et il n'avait d'autre option que de s'y plier. Poussant les lourdes portes du château et voyant des centaines de soldats encercler le périmètre, il n'eut également d'autre choix que de se défendre. Il croyait peut-être au destin, mais il n'était pas fataliste. Sa dernière heure n'était pas encore arrivée. Après tout, un homme l'attendait en bas des marches de son trône. Il se hissait à sa hauteur lentement, mais sûrement. Mihawk ne pouvait le décevoir en mourant avant leur duel tant attendu.

Alors, il sortit sa lame. Kokuto Yoru dansa librement dans sa main, et il la mania avec grande facilité. Entre les bruits des canons et les lames qui s'entrechoquaient, il ferma les yeux. Entouré des restes des guerriers de l'ancien Royaume de Seglock, il sentit ses instincts les plus profonds se réveiller. Sur les terres de ce Royaume, qui connut une terrible guerre civile, et dont le sol absorba une quantité phénoménale de sang autrefois, une violence sans précédent se déroulait à nouveau. Kuraigana était une fois de plus spectatrice d'une brutalité effarante. Ce liquide écarlate vint arroser les fleurs resplendissantes, de nouveaux cadavres s'abattirent sur le sol de ce domaine qui connut une paix assourdissante pendant une décennie. Mihawk remplit ses poumons de cet air souillé et sourit imperceptiblement ; l'adrénaline d'antan coulait enfin dans ses veines.

Des Humandrakes vinrent se joindre à la bataille, prenant le parti du pirate et lui facilitant la tâche. Les animaux sentaient que leur habitat était en danger, et quelque part, ils se sentaient endettés envers Mihawk et Kassandra. Le frère et la sœur pansèrent leurs blessures après la guerre civile de Seglock, et ne les blessèrent jamais, malgré toutes les fois où ils avaient tenté de s'en prendre à eux. Les singes comprenaient que les nouveaux habitants avaient veillé sur eux, et en échange, ils avaient toujours veillé sur Kuraigana. Leur rôle de gardiens les poussa à défendre leur île et leur bienfaiteur contre ces intrus imprévus.

Mais ce massacre de la Marine prit bientôt fin, lorsqu'un haut gradé leur ordonna de se replier et de changer de position de combat. Mihawk fronça les sourcils et se tourna vers le nouveau venu, qui arborait un large sourire aux lèvres. Et l'ex-Grand Corsaire n'eut aucun mal à reconnaître le petit nouveau recruté lors de la circonscription mondiale, deux ans auparavant. Devant lui se tenait le nouvel Amiral de la Marine, Ryokugyu, le Taureau Vert, et Mihawk resserra la prise sur son sabre, l'air joueur.

« Attends-moi donc, Roronoa… Je ne mourrai pas ici »


– Qu'elle est adorable, cette petite !

– Ne sois pas timide comme ça !

Plusieurs soldats de la Marine étaient attendris devant la bouille qu'affichait Perona, qui se cachait derrière son Kumacy en peluche. La jeune fille les resservit en alcool une fois de plus, essayant de garder son envie de les défigurer sous contrôle, avant de montrer une deuxième fois le grand titre du journal quotidien, qui fut publié plusieurs semaines auparavant.

– Mais vous êtes sûrs que vous n'avez aucune information ? les questionna-t-elle à nouveau, montrant du doigt le titre qui l'intéressait.

– Tu parles encore de ça ? Laisse tomber, on en sait rien, haussa les épaules un soldat, avant de retenir un hoquet.

– On est au courant de rien, nous, confirma un de ses collègues.

Perona baissa la tête et fixa la photo de Gecko Moria, qui faisait la une du quotidien. Plusieurs semaines auparavant, le grand retour de l'ex-Grand Corsaire fut confirmé, alors que le pirate avait été présumé mort pendant la Guerre au Sommet. Et dès qu'elle apprit la nouvelle, son sang ne fit qu'un tour. Ce fut l'occasion ou jamais de quitter Kuraigana, maintenant que son capitaine était de retour. Depuis, elle essayait de soutirer des informations à des Marines soûls quant à la localisation de Moria, mais cela ne la menait à aucune piste tangible.

À cause de sa mort présumée, le capitaine pirate perdit son titre de Corsaire et était de nouveau recherché. Mais elle, elle n'avait jamais eu de prime à sa tête. Alors, elle en profitait pour voguer en toute liberté. Et ce dixième bar, occupé par des troupes déployées de la Marine dans une zone de surveillance, ne fit pas exception. À chaque fois, elle jouait le rôle d'une enfant perdue et déboussolée, serviable et parfaite, et à chaque fois, les soldats marchaient. Et comme à chaque fois, elle alla dans le mur.

– Pff ! Vous êtes tous plus inutiles les uns que les autres !

Sous les regards sidérés des militaires, la jeune fille fantôme récupéra son Kumacy en peluche et sortit du bar en trombe, sans se retourner. Une énième piste qui aurait pu lui permettre d'apprendre davantage sur le positionnement de Maître Moria avait volé en éclat, et elle retint ses larmes de frustration. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'elle voguait d'île en île, à la recherche d'informations sur son capitaine, en vain.

Perona se retrouva de nouveau sur le rivage désert, au milieu de la nuit. Elle scrutait l'horizon avec détermination, persuadée que Gecko Moria l'attendait quelque part, dans ce vaste monde. Elle froissa entre ses doigts l'exemplaire du journal qui mentionnait le retour de son capitaine, avant qu'un doux bruit de plumes ne l'arrache de sa contemplation. La jeune fille se retourna brusquement et vit une silhouette difforme lui faire face. La créature en face d'elle était recouverte de plumes blanches, avait un bec d'oiseau, mais portait des vêtements normaux. Et en l'entendant prendre la parole, Perona fronça les sourcils.

– Tu as l'air d'être une bien curieuse jeune fille, prononça l'inconnu d'un ton moqueur, s'approchant d'elle. Que dirais-tu de prendre une tasse de thé avec moi ? Je pourrais peut-être t'apprendre une ou deux choses sur ce qui semble tant t'intéresser…

– Vous êtes qui, d'abord ? se méfia-t-elle, faisant un pas à l'arrière.

L'inconnu, qui semblait être mi-homme mi-oiseau, s'arrêta subitement, et la princesse fantôme devina facilement le rictus qui fendait son visage. L'étrange individu ne lui inspirait pas confiance, et Perona resta sur la défensive.

– Comment ça, tu ignores qui je suis ? se vexa l'albatros en prenant une pose théâtrale. Je suis Morgans, l'illustre président du Journal Économique Mondial ! Le journal que tu es en train de froisser, là !

Cette annonce troubla la princesse de Thriller Bark, qui reporta son regard du quotidien à l'homme en face d'elle, les yeux plissés, faisant le lien dans sa tête.

– Alors, tu es partante ? ricana l'étrange personnage d'une voix basse, qualifiant Perona d'un lourd regard.


Kassandra polissait un verre après l'autre avec une serviette propre, remettant de l'ordre derrière le bar, tandis que les murmures des travailleurs et travailleuses de nuit parvenaient à ses oreilles. Elle venait de faire la fermeture de l'établissement et les clients étaient enfin partis, non sans une bagarre entre deux bandits alcoolisés qu'elle avait dû séparer. Ce fut une soirée comme une autre.

La bretteuse poussa un long soupir lorsqu'elle entendit la clochette de la porte retentir, signifiant qu'un client arriéré avait pénétré à l'intérieur, malgré l'évidente pancarte « FERMÉ ».

– La maison est fermée ! annonça-t-elle à voix haute le dos tourné, sentant une présence derrière elle.

– Et moi, si j'dis qu'elle est ouverte, elle est ouverte, lui répondit un homme d'une voix grave, sur un ton de provocation.

Kassandra leva les yeux au ciel et se tourna vers son interlocuteur. Son regard se troubla en reconnaissant le pirate de renommée et son second, mais elle ne laissa rien paraître. La jeune femme lança sa serviette sur son épaule et s'approcha d'Eustass "Capitaine" Kidd et de Killer, avant de se pencher par-dessus le comptoir.

– Pas envie d'être encore impliquée dans une bagarre, prononça-t-elle avec lassitude. Que puis-je faire pour vous, Eustass Kid ?

– Ça, c'est un accueil que je préfère ! s'exclama-t-il, abattant son poing sur la surface boisée. Sers-moi ta meilleure bouteille !

La barmaid s'exécuta et sélectionna avec soin un whiskey vieilli pendant plusieurs années, avant de le verser avec professionnalisme dans un verre. Le budget du bar ne lui permettait pas de posséder de grandes bouteilles, mais elle espérait que les papilles du pirate seraient satisfaites par la boisson, malgré son alimentation qui devait laisser à désirer en mer.

– Autre chose ? lui donna-t-elle son verre, avant de montrer les prostitués du menton, qui suivaient leur discussion avec appréhension.

– Ouais. Toi.

Kassandra plissa des yeux face aux paroles du pirate, avant de reporter son regard sur Killer, qui restait en retrait, silencieux. Elle aurait voulu passer outre ses propos, comme elle le faisait avec tous les autres clients du bar qui avaient le malheur de lui faire des avances, mais l'air carnassier du capitaine était bien plus perfide que ceux qu'elle avait l'habitude de voir, et elle ne put l'ignorer. La jeune femme retint un soupir et commença à préparer un cocktail pour le deuxième homme, impassible.

– Hm. Je ne suis pas impressionnée, releva-t-elle, affrontant le Supernova du regard.

– Ah ouais ? On joue les dures ? demanda Kidd en se penchant par-dessus le comptoir avec un sourire narquois.

– Je n'ai pas besoin de jouer. Pas comme certains.

Cette simple phrase eut le mérite d'effacer le rictus du pirate et son visage vira au rouge tomate. Kassandra vit une veine apparaître sur le front de l'homme, et malgré le danger qu'il représentait, elle ne pouvait s'empêcher d'être fière de sa répartie.

Mais avant que Kidd ne se jette à la gorge de la barmaid, Killer le retint fermement par l'épaule. Aucune parole ne fut échangée entre les deux hommes, mais ce simple geste réussit à calmer le capitaine pirate. Pour autant, il n'arrêta pas de fusiller la jeune femme du regard, qui le lui rendait si bien. Comme pour combler le silence qui s'était installé, Killer prit la parole.

– Auriez-vous des informations concernant le temps de recharge du Log Pose ? demanda-t-il courtoisement.

– Trois jours, répondit sèchement la principale concernée.

La bretteuse finit de préparer le deuxième verre et le présenta à Killer, qui le détailla, circonspect. Kassandra remarqua bien son trouble, et ajouta une paille, pour qu'il puisse le boire sans enlever son masque.

– Autre chose que nous devrions savoir sur les environs ? continua-t-il son interrogatoire, remplissant son devoir de vice-capitaine.

– La maison se trouve à l'ouest de l'île, mais ne vous approchez pas trop du nord, il y a une base de la Marine. Sinon, c'est une île connue pour son marché gris, essayez de pas trop vous faire remarquer, pour les autres qui essayent de gagner leur pain..., expliqua-t-elle en lançant un regard entendu aux prostitués, qui observaient la scène depuis le départ, d'un air exténué. Il y aura un marché demain midi sur la place principale, vous pourrez vous y approvisionner. En attendant votre Log Pose, prenez du bon temps. Il y a un casino, et d'autres maisons comme la nôtre.

– Le paradis des vermines…, commenta Kidd, finissant son verre.

– Vous êtes bien placés pour le savoir ! souligna Kassandra avec un clin d'œil entendu.

Mais le capitaine pirate ne releva pas sa pique, le regard perdu dans le vide. Il montra du menton l'emblème pirate peint à même le mur derrière le comptoir, et la jeune femme comprit ce qu'il détaillait avec tant d'intérêt.

– Tout ce petit manège lui appartient, alors ? en conclut-il, l'air sombre.

– Ça vous étonne ?

– Pas tant que ça…, en convint Kidd dans un soupir. Ce qui m'étonne, c'est qu'une serveuse d'une maison close miteuse dégage un Haki aussi puissant. T'es qui, au juste ?

Kassandra ne put s'empêcher d'esquisser un rictus, avant de débarrasser le verre vide de Killer.

– Mais enfin… Je ne suis rien d'autre qu'une barmaid à votre service, prononça-t-elle d'un ton enjôleur, remplissant à nouveau le verre du pirate.

– Si t'es à mon service, tu sauras où me trouver alors, la provoqua le Supernova avec un sourire narquois, arrachant la bouteille de whiskey des mains de la jeune femme.

Il trouva le chemin vers les chambres réservées aux clients et aux prostitués, alors que Killer balança une bourse d'or sur le comptoir, avant de suivre son capitaine.

– Le client est Roi, à ce qu'on dit ! J'espère que la maison prend en compte cet adage !


– Rejoins donc mon équipage, Mihawk !

Shanks passa son bras autour des épaules de son ami, riant à gorge déployée. Le bretteur de renom, quant à lui, remua son verre de vin en silence. Sur le rivage d'une île déserte, l'Empereur avait trouvé refuge avec son équipage, et s'était isolé avec Mihawk. Maintenant qu'il n'était plus un Grand Corsaire, il était redevenu un pirate lambda que la Marine recherchait activement. Il ne se souvenait même plus du montant de son ancienne prime. Mais il était persuadé qu'elle avait été revue à la hausse, d'après la nouvelle impression des primes des ex-Corsaires, qui étaient parues dans une des dernières éditions du Journal Économique Mondial.

Mihawk observa son reflet dans la boisson de qualité, attentif. Évidemment, il se doutait bien que Shanks allait lui faire une proposition de ce genre. Ils se connaissaient depuis plus d'une décennie et avaient croisé le fer à plusieurs reprises. Mais leurs duels se finissaient toujours à l'ex aequo ; maintenant, il s'en souvenait avec nostalgie. Ils étaient jeunes et insouciants. Il aurait voulu que cette époque perdure.

Mais dans leur adversité, les deux hommes s'étaient rapprochés. Au fil de leurs innombrables combats, ils avaient appris à se connaître ; après tout, un combattant ne se dévoilait jamais autant que pendant un affrontement. Or, lors d'une de leur énième rencontre, le bretteur de renom constata que son ami-ennemi avait perdu un bras. Il plaida alors ne plus souhaiter le combattre avec un tel désavantage, ce qui attisa la colère de Shanks, avant que le capitaine pirate ne comprenne ce qu'il en retournait réellement. À ce moment-là, ils avaient déjà dépassé le stade des duels incessants. Ils n'avaient plus rien à se prouver, puisque chacun était conscient de la force de l'autre. Ils pouvaient arrêter de se voiler la face et de se cacher derrière leurs armes ; les deux pirates pouvaient se faire face sans animosité, et exprimer leur respect envers l'autre sans filtre.

En ayant à l'esprit leurs antécédents, et maintenant qu'il était privé de son titre de Grand Corsaire, ses retrouvailles avec l'Empereur ne pouvait dissimuler autre chose. Mihawk savait que Shanks lui ferait une telle demande au moment où ils se retrouveraient, et il avait donc pu y réfléchir à l'avance. Or, cela ne voulait pas dire qu'il avait réussi à trouver une réponse.

– Écoute, le Roux…, commença le principal intéressé, détachant son regard de son verre. Je ne crois pas que ce sera possible.

Le capitaine pirate reprit tout son sérieux, n'interrompant pas son ami de longue date, malgré la réponse négative. Il souhaitait connaître la raison de son refus, et était donc toute ouïe.

– Je ne sais pas si la piraterie est toujours faite pour moi, avoua Mihawk dans un soupir. J'ai eu le temps d'y réfléchir pendant une décennie et de tirer mes conclusions.

– Vu la prime que tu te traînes, ce sera compliqué de redevenir un citoyen ordinaire ! intervint Shanks d'un ton plaisantin.

– Je n'en ai pas l'intention, confirma-t-il, les yeux fermés. J'en ai eu assez, à Kuraigana. Il est temps que je bouge.

– Mais pas en tant que pirate ?

– C'est ça. Je ne sais pas encore ce que l'avenir me réserve…, reconnut Mihawk en se tournant vers le soleil couchant. Mais je verrai au moment venu. Il y a des choses que je dois accomplir avant.

– J'espère alors que tu repenseras à ma proposition après que tu aies fait ce que tu dois faire, annonça Shanks en se levant. Pour toi, ce sera toujours valable. Tu sais que je te fais confiance.

– Évidemment. Je reconsidérerai ta proposition, l'en assura Mihawk.

En réalité, l'épéiste remettait beaucoup de questions en perspective ces derniers temps ; et l'Empereur n'y faisait pas exception. Il y avait des choses qui restaient floues aux yeux du bretteur de renom concernant le capitaine pirate, et il n'arrivait pas à y trouver d'explication. Alors, sa confiance envers lui fut ébranlée. Des doutes qu'il connaissait rarement vinrent troubler son esprit, et une question impossible fit surface. Après tout, Shanks était-il réellement digne de confiance ? Se plaçait-il vraiment du même côté de la balance que lui ?


De ses petits bras, elle essayait de garder les cordages de son embarcation avec difficulté. La journée ensoleillée, accompagnée par un bon vent, qui lui promettait d'arriver à destination plus tôt que prévu, fut ruinée par la tempête qui s'était déclarée en quelques instants seulement, et qu'il lui était impossible de prévoir. Les bourrasques de vent faisaient chavirer son petit navire, et les vagues déferlantes s'abattaient contre sa coque avec violence. Son premier réflexe avait évidemment été de replier ses voiles, et maintenant, la jeune fille se débattait avec le gouvernail et les cordages, ne laissant pas les flots l'emporter.

La vue de Grand Line sous son pire jour faisait naître une peur incandescente au fond de ses tripes. Ayant mangé un fruit du démon, et étant seule à bord de son embarcation, rien de pire n'aurait pu lui arriver. Mais la détermination qui se lisait dans son regard était sans équivoque, et elle garda son regard rivé sur l'aiguille de l'eternal pose, maintenant son cap.

Au bout de plusieurs heures de bataille acharnée contre la nature, le déchaînement de l'océan se calma aussi rapidement qu'il s'était manifesté. Le ciel était de nouveau d'un bleu éclatant, et le soleil lui empêchait de pleinement apprécier sa beauté. Reprenant son souffle, elle se rendit compte qu'elle avait miraculeusement réussi à maintenir sa direction et cette pensée lui arracha un sourire. La vie était rude dans le Nouveau Monde, mais elle s'y faisait de plus en plus !

À l'horizon, la silhouette d'une île se dessina et la jeune fille sursauta, avant de se saisir de ses jumelles. Fouillant ses poches, elle retrouva un article découpé dans le Journal Économique Mondial et compara la photo imprimée avec ce qu'elle voyait au loin. Il n'y avait pas de doute. Elle était bel et bien arrivée à destination.

Une bourrasque de vent fit voler ses papiers, mais elle parvint à les rattraper de justesse. Elle les passa en revue, avant de revoir le nouvel avis de recherche de Zoro, qu'elle avait précieusement gardé. Les larmes lui montèrent aux yeux, alors qu'elle se souvenait de la béatitude et plénitude générale qui avaient régné au château les jours qui avaient suivi cette grandiloquente nouvelle. Elle aurait aimé que ces temps durent.

Rangeant le bout de papier froissé dans le pan de sa robe, n'osant pas jeter ce petit bout d'espoir et de bonheur révolu, la jeune fille fit face à la mer agitée. Ses longs cheveux roses dans le vent, elle qualifiait la silhouette de l'île d'un regard sombre.

– Donc c'est ça, la Ruche…, marmonna-t-elle, serrant les poings. Là où Absalom s'est rendu. Mais c'est aussi le QG de Barbe Noire. Je dois être prudente.


Appuyée contre le bastingage de l'immense pont du galion, la jeune femme aux cheveux de jais scrutait l'horizon avec une mine amère, qu'elle ne tentait plus de cacher dans la pénombre de la nuit. Mais une présence derrière elle l'arracha à sa contemplation et elle jeta un coup d'œil. Elle y découvrit le seul homme de l'entourage du capitaine qui ne lui avait pas encore adressé la parole, depuis son arrivée. Avec un petit rictus, elle se retourna vers l'océan et le pirate tira sur sa cigarette avant de prendre place à ses côtés, lui tendant un bol de ragoût pour le dîner.

– Ben Beckman, annonça-t-elle, tendue devant le pirate de renommée.

– Mange. Faut que tu reprennes des forces, prononça le concerné d'une voix rauque.

– Je vous remercie.

Kassandra piocha au hasard quelques morceaux de viande et de pomme de terre dans le succulent plat, mais mâcha sans réel intérêt, distraite. La bonne humeur grouillait derrière, à bord du Red Force, mais le silence régnait dans leur coin isolé. Beckman écrasa son mégot contre le pont, avant de reprendre une cigarette, en proposant une à la jeune femme. Elle hésita avant d'accepter l'offre, soupirant.

– Tu en tires une tête. Enfin, pas étonnant avec ce qu'il s'est passé, reprit Beckman, observant lui aussi le lointain horizon.

– C'est pas comme si on nous a pris en embuscade, fit-elle non de la tête. On a eu le temps de s'y préparer, Shanks nous avait prévenu. C'est juste que le départ imminent et la séparation ont un goût… amer.

– Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ?

Kassandra souffla la fumée, la regardant s'évanouir dans l'air, pensive.

– Je vais mettre le cap sur North Blue. J'ai… une sorte d'affaire de famille à régler.

– Tu évites ma question, fit la remarque l'homme à la cicatrice. Si finalement, tu souhaites rejoindre l'équipage, je ne pense pas que Shanks refusera. J'admets que tu en as, dans le ventre, en plus d'être médecin. Et tu ne nous es pas une totale inconnue.

La jeune femme laissa échapper un rire jaune à cet aveu, ayant du mal à accepter un compliment de la part d'un pirate de sa renommée.

– Une femme à bord du Red Force ? Vraiment ? plaisanta Kassandra, faisant référence à l'absence de la gente féminine dans l'équipage de l'Empereur. Le privilège !

Sa remarque arracha un sourire à l'homme morne, qui reprit rapidement son sérieux.

– Mais si tu veux mon avis, tu n'as rien d'une pirate, trancha-t-il soudainement. Tu es plus naïve que tu ne veux le faire croire aux autres, avec ces airs farouches et ces regards enragés.

Ce fut au tour de Kassandra de sourire, ne sachant pas sur quel pied danser avec cet homme. Son honnêteté crue était une qualité qu'elle appréciait chez les autres ; c'était tout à son honneur.

– Je le sais bien, je ne suis pas une pirate dans l'âme, avoua-t-elle dans un soupir, repoussant son bol désormais vide. Je n'aspire pas tant à la richesse ou à la quête de la liberté qu'à un but précis. Le One Piece, je m'en moque. Ça n'a pas d'intérêt à mes yeux.

– Tu as plus l'air d'une combattante. Tu transpires la rancune, prononça le pirate avec un rictus narquois, scrutant les traits de la jeune femme.

– Où voulez-vous en venir ? le questionna-t-elle en plissant les yeux, suspendue à ses lèvres.

– Rejoins-donc les Révolutionnaires, si tu veux détruire ce monde. En voilà un, de but précis.

Kassandra lui lança un regard futile, pesant ses paroles, avant de le reporter sur le bienheureux banquet organisé par l'équipage pour fêter son arrivée parmi eux. Mais elle se doutait que la véritable raison des festivités était la faim et la soif insatiables de l'équipage pirate.

Mais cette bonne humeur ne parvint pas à diluer son engourdissement et le vide qu'elle ressentait au fond de ses tripes. Une migraine naissait au niveau de ses tempes, tandis que les mêmes images rejouaient dans sa tête. Et ses incertitudes prirent de nouveau le pas. Mâchouillant son mégot entre les dents, elle fronça les sourcils, pensant aux paroles de l'homme qui avait dû voir tant en ce monde.

– Il avait le même regard que toi, reprit le tireur, amusé.

– Qui ça ?

– Ace. Un regard si… impertinent. Effronté.

La jeune femme esquissa une grimace à la mention de son défunt ami-ennemi. Beckman restait un véritable mystère pour elle. Elle sentait que la conversation touchait à sa fin, et ne sut quelle conclusion en tirer, ressortant avec encore plus de doutes qu'avant.

– Je ne sais pas comment le prendre, vu où ça l'a mené…, avoua la bretteuse, le souffle court, fatiguée de prendre des pincettes avec le pirate.

– Ne finis pas comme lui. Il est bien trop facile de perdre la vie en ce monde.


L'épilogue est un peu particulier. Cet épilogue = prologue du tome 2. Je le posterai au début de la nouvelle histoire.
Il met en avant plusieurs scènes de nos personnages principaux qu'on suivra dans la suite : Mihawk, Perona, Kassandra. Ces scènes seront incluses dans le tome 2. La seule qui ne sera pas recontextualisée et présente, c'est celle de Zoro. Toutes les autres y trouveront une place dans ce vaste puzzle, dont je vous donne les premières pièces en vrac ;).
Mais ces bouts d'histoire ne sont pas classés chronologiquement. Cet épilogue du tome 1/prologue du tome 2 font office de trailer, en quelque sorte :D L'aventure de Mihawk, Perona et Kassandra est loin d'être terminée. Mais cet épilogue vient officiellement clore le premier pan de cette aventure.
Si l'inspiration me vient, je pourrai tout à fait écrire un chapitre ou deux bonus pour ce premier volet !

J'espère aussi que la fiche de personnage vous a un peu intéressé x)


On y est. La fin. Première fois que je mène un projet d'une telle envergure jusqu'au bout. J'ai dû faire beaucoup d'erreurs, mais je suis tellement satisfaite de ce que j'ai accompli.

Ce qui a été le déclencheur, c'est que j'avais décidé de me refaire OP une deuxième fois (HORS confinement, en 27 jours, un exploit), et l'idée d'écrire ce qu'il s'est véritablement passé pendant l'entraînement de Zoro s'est concrétisée. J'ai abordé des sujets qui m'étaient importants, et j'espère les avoir bien traité.

Merci de m'avoir soutenue et encouragée. D'avoir supporté mes notes d'autrice aussi longues que le bras d'un Long-Bras.

C'est après 30 chapitres, 177k mots, 24k de notes d'autrice, un nombre inimaginable de recherches web loufoques (pluriel de "chou-fleur", navigation astronomique, comment conserver un cadavre) que cette première partie de l'aventure s'achève. Merci encore. J'espère vous retrouver pour la suite.

Prenez soin de vous.