Titre : Trahis-moi pour survivre
Type : Omégaverse (mon 1e !) [Vol Harry]- Voldemort Alpha - Harry Oméga.
Au départ Drama/Angst puis euhhh Romance… Romangst quoi... Mais Happy End (autrement dit ceci n'est PAS une deathfic mais il y aura peut-être la mort d'un ou plusieurs personnages secondaires).
Pour ceux/celles qui ne connaissent pas les principes de l'Omégaverse, j'en explique les principes dans les 5000 premiers mots de cette fic. Sinon une simple recherche Google devrait vous renseigner.
Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling, je ne me fais aucun argent dessus mais j'en dépense beaucoup. Rating M rouge fluo (viol, torture, pensées suicidaires, vulgarité, relations sexuelles explicites, relation de domination) : ENJOY ! (En vrai le chapitre 1 ça va).
L'illustration en cover a été réalisée par Sayaka-san22 ma soeur de coeur.
Résumé : L'histoire commence au début du 7e tome. Dumbledore est mort en confiant à Harry la fameuse chasse aux Horcruxes, persuadé que celui-ci serait un Alpha. Harry reçoit son second genre le jour de son 17e anniversaire alors qu'il est au Terrier…
Chapitre 1
- Harry ! Harry ! Tu…
Harry sortit tant bien que mal de sa léthargie. Il y a quelques instants encore il se trouvait dans l'esprit de Voldemort. Mais l'urgence dans la voix de son meilleur ami acheva de le réveiller.
- B'jour, Ron… Queskispasse ?
- Ton aura… Tu es un Oméga !
- Hein ? Quoi… Oh misère… J'avais complètement oublié ce truc-là !
Et pour cause, les derniers événements de sa vie avaient été mouvementés. La veille, plusieurs membres de l'Ordre du Phénix étaient venus le chercher à Privet Drive pour l'évacuer jusqu'ici et cela ne s'était pas fait sans mal. Maugrey Fol'Oeil était mort dans la bataille ainsi que sa chouette Hedwige. De ce fait, cette histoire de second genre lui était passée complètement au-dessus de la tête. Il n'eut cependant pas le temps de se morfondre qu'Arthur Weasley entra dans la pièce.
- Joyeux Anniversaire, Harry ! OH ! Tu…
Il s'interrompit brusquement en voyant son aura. Bleue. Comme Oméga. Harry vit le visage du patriarche passer de la stupeur à la crainte en passant par la déception. Il sentit l'angoisse lui comprimer douloureusement l'estomac.
- Bonjour, M. Weasley. Merci…
- C'est une catastrophe…
- Ah. Très bien… J'imagine que je vais devoir faire avec.
Arthur montra d'un geste la boîte qu'il tenait entre les mains. Une boîte au logo rouge si reconnaissable…
- Non, tu ne comprends pas. Tu ne peux pas rester ici. Tu dois partir dès aujourd'hui. Nous étions tous persuadés que tu serais un Alpha, jamais au grand jamais nous aurions pensé... Je suis désolé.
- Mais… Pourquoi ?! Et le mariage ?! On ne peut pas juste aller acheter une autre boîte ?
- Ces cachets sont très contrôlés, tu comprends, pour éviter les contrefaçons. J'ai pris une surdose d'Alpha en prétextant la venue de notre fils Charlie, mais il se procure les siens en Roumanie. Aller chercher aujourd'hui une boîte pour Oméga reviendrait non seulement à annoncer publiquement ton second genre mais aussi que tu te trouves ici…
- Et je ne peux pas m'en passer… Pour quelques jours ?
- On ne t'a donc rien expliqué à Poudlard ?!
Il jeta un regard sévère à son fils qui se tortilla maladroitement sur son lit mais Ron, comme la plupart de ses camarades de dortoir, était Beta. Ils n'avaient juste pas de cachets à prendre. Arthur reprit la parole d'un air docte, comme un père qui a déjà dû expliquer la chose à ses nombreux enfants.
- Durant les trois prochains jours, tu vas avoir tes premières chaleurs, Harry. Tu vas avoir de la fièvre, des crampes d'estomac, ressentir une certaine fatigue et ton corps va émettre des phéromones pour attirer un Alpha. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer, mais te garder ici serait trop dangereux. Tous les invités du mariage arrivent demain. Il faut que je contacte les membres de l'Ordre.
- Hééé… vous allez l'annoncer à tout le monde, comme ça !
- Il y a urgence. Il faut trouver une personne de confiance, un Oméga, pour t'héberger… Il y a tellement de choses à faire… Je dois faire vite. Prépare tes affaires. Tu partiras dans la journée.
Arthur Weasley quitta la pièce, laissant un Harry anéanti. Ron était resté silencieux tout le long de l'entretien. Il ne devait sans doute pas savoir quoi dire pour le réconforter. Tout le monde présentait le statut d'Oméga comme une faiblesse. Lui, le Survivant, l'Élu, celui à qui Dumbledore avait confié une mission, était un Oméga. Assis dans son lit, il ramena ses pieds contre lui et colla son front à ses genoux. Son 17e anniversaire commençait décidément de la pire des manières… Il avait partagé l'esprit de Voldemort pendant une partie de la nuit, puis on lui annonçait qu'il allait devoir rester seul et cloîtré pendant plusieurs jours et rater le mariage de Bill et Fleur. Il fit mentalement le compte de ce que cela impliquait : Désormais il allait avoir ses chaleurs, trois jours par mois, et des comprimés à prendre s'il ne voulait pas se transformer en un animal mu par ses instincts primaires. Mais qui disait Oméga disait aussi possibilité d'enfanter… et émission de phéromones pour attirer un Alpha compatible.
- Je vais prendre ma douche, j'imagine que tu veux être un peu seul…
Il fit un mouvement vague de la main pour signifier à son ami qu'il pouvait y aller. Pour sa part, il n'avait aucune envie de quitter cette pièce tant que la couleur de son second genre serait visible par tout un chacun. Il trouvait cela terriblement impudique. À Poudlard, tous les élèves qui fêtaient leur 17e anniversaire étaient mis à l'isolement pendant au moins une journée, pour éviter ce genre de désagréments. Mais tout le monde savait que si l'élève ne réapparaissait pas le lendemain, c'était parce qu'il était un Oméga. Car si l'aura disparaissait au bout d'une heure, les phéromones, eux, criaient haut et fort la vérité aux yeux du monde. Un monde divisé en trois catégories. Alpha les dominants, Beta les neutres et Oméga les soumis. Il se souvenait encore de l'air scandalisé de Hermione lorsqu'elle avait appris cette règle propre au monde des sorciers. Chez les moldus, le second genre ne se développait tout simplement pas. Mais tous les sorciers sans exception avaient un second genre. Bien évidemment, le Ministère faisait tout pour éviter les inégalités, punissant de lourdes amendes quiconque abusant d'un Oméga en situation de faiblesse. Mais dans la pratique, il ne pourrait compter sur personne pour l'aider, surtout alors que la guerre était si proche.
Plongé dans sa morosité, il sursauta lorsque Molly Weasley entra en trombe dans la chambre.
- Harry, mon chéri, bon anniversaire !
Il sourit tristement à la sorcière qui était comme une mère de substitution à ses yeux.
- Bonjour Mrs Weasley. Merci.
- Je suis navré de ce qui t'arrive. Mais ce n'est pas une fatalité. Plein de sorciers célèbres étaient des Omégas, cela ne t'empêchera pas de vivre ta vie comme tu l'entends. Simplement, il va falloir se montrer un peu plus prudent. Nous parviendrons sans doute à te procurer des inhibiteurs d'ici le mois prochain, mais d'ici là tu vas devoir être patient. Il est impensable de partir à l'aventure sans cela. J'espère que tu comprends.
Harry poussa un soupir à faire s'écrouler un mur. Il voyait déjà venir ce qu'elle allait lui demander.
- Je comprends. Je ne compte pas me mettre en danger inutilement. Est-ce que vous avez trouvé où j'allais passer… ces trois prochains jours ?
- Euh oui, tout à fait. Tu vas aller chez Elphias Doge. Tu y seras en sécurité. C'est un Oméga lui aussi, et un membre de l'Ordre. Il prendra soin de toi. Mais pour en revenir à cette tâche que Dumbledore t'a demandé d'accomplir, il ne devait sans doute pas s'attendre à ce que tu sois ainsi. Il n'aurait jamais demandé quelque chose d'aussi risqué à un Oméga. Tu pourrais être pris pour cible n'importe quand, y compris lors de tes périodes de faiblesse. Je ne peux pas imaginer…
- S'il vous plaît, Mrs Weasley, nous en avons déjà parlé... Effectivement mon second-genre retarde de quelques jours mes projets, mais je partirais dès que possible, je n'ai aucunement l'intention de déléguer cela à qui que ce soit.
Mrs Weasley poussa un profond soupir.
- Tu vas mettre en danger Ron et Hermione. Ce n'est pas ce que tu veux, n'est-ce pas ?
- Encore une fois, ce sont eux qui ont décidé de venir avec moi. Et s'ils décident que mon second genre représente un trop grand risque, ils sont libres de changer d'avis. Mais moi, je ne peux pas abandonner, Dumbledore compte sur moi. Je partirais seul s'il le faut.
- Je vois. Quoi que je dise, je n'arriverais pas à te faire changer d'avis, n'est-ce pas ? Soit, tu es majeur après-tout... Est-ce que tes affaires sont prêtes ? Arthur a dû partir pour aller travailler mais Bill va te faire transplaner. Au moins maintenant tu n'as plus la Trace...
Tout cela lui avait fait oublier le seul point positif à son dix-septième anniversaire. Il était désormais majeur aux yeux de la loi sorcière et de ce fait, la Trace était enfin supprimée. Il prit sa baguette posée à côté du lit de camp et attira ses lunettes jusqu'à lui d'un Accio.
- Je vais me dépêcher. Je vous rejoins en bas dès que je suis prêt.
Il attendit que la sorcière quitte la pièce avant de se hisser hors de son duvet et commença à ranger ses affaires à coups de baguette. Il n'allait pas se laisser abattre. Dès la fin de ses chaleurs, il allait pouvoir se lancer dans la chasse aux Horcruxes comme prévu. Il avait vu la détermination de ses meilleurs amis la veille, Hermione qui avait oublietté ses parents, Ron qui avait transformé la goule à son image… Il ne pouvait tout de même pas baisser les bras à la première contrariété !
Il prit une rapide douche et s'habilla d'un jean et d'un t-shirt avant de rejoindre le rez-de-chaussée, sa valise derrière lui. Entre temps, son aura avait disparu, mais lorsqu'il arriva dans la cuisine l'expression arborée par les différentes personnes présente lui renvoya la réalité en pleine face. Il émettait des phéromones. Il perdit tout sourire et se pétrifia en bas des marches, heureusement Hermione ne tarda pas à venir à son aide.
- Joyeux anniversaire, Harry ! Viens, assis-toi. Tu as tous tes cadeaux à ouvrir.
Mrs Weasley ouvrit en grand la fenêtre de la cuisine, Bill et Monsieur Delacour semblèrent s'empresser de terminer leur petit déjeuner pour s'éloigner, quant à Mrs Delacour, elle s'enfuit tout bonnement dans le jardin. Rouge de honte, il se laissa guider par son amie, préférant concentrer son regard sur la pile de cadeaux qui l'attendait sur la table.
- Notre cadeau est le premier de la pile !
C'était Mrs Weasley qui avait pris la parole, pointant un paquet carré de la pointe de sa baguette. Harry déchira l'emballage et trouva à l'intérieur une montre très semblable à celle que Mr et Mrs Weasley avaient donnée à Ron pour ses dix-sept ans. Elle était en or avec des étoiles qui tournaient autour du cadran en guise d'aiguilles. Il l'attacha immédiatement à son poignet, ressentant la première émotion positive depuis son réveil.
- Il est de tradition d'offrir une montre à un sorcier qui atteint sa majorité. J'ai bien peur que celle-ci ne soit pas neuve comme l'était celle de Ron. En fait, c'était celle de mon frère Fabian qui n'était pas très soigneux avec ses affaires. Le dos est un peu bosselé mais…
Harry l'interrompit en se levant brusquement pour la serrer dans ses bras. Malgré ses mises en garde parfois maladroites, Mrs Weasley s'était toujours comporté chaleureusement avec lui. Elle l'avait accueilli à bras ouvert au sein d'une famille déjà nombreuse, lui avait offert des cadeaux dès la première année, était venue lors du Tournois des Trois Sorciers, lui avait apporté son réconfort, son attention, s'était préoccupée de son bien-être... Et encore aujourd'hui elle essayait de le protéger, envers et contre tout. Elle tapota maladroitement sa joue et Hermione attira son attention pour l'inciter à découvrir la suite de ses présents.
- Le suivant est de ma part. Ce n'est pas grand-chose mais j'espère que ça te plaira.
Elle lui avait acheté un nouveau Scrutoscope. Bill et Fleur lui avaient offert un rasoir enchanté, les Delacour une boîte de chocolats et Fred et George un assortiment d'articles en provenance des Farces pour sorciers facétieux. Il remercia chaque participant et alla ranger tous ses cadeaux dans sa valise, avant de prendre son petit déjeuner en compagnie de Ron, Hermione, Fleur, Gabrielle et Ginny. Heureusement, les Bêta et les mineurs étaient moins sensibles à ses phéromones et n'étaient donc pas indisposés par sa présence. La future mariée essaya tant bien que mal de le réconforter.
- Il ne faut pas que tu sois gêné de ce que tu es, Harry. Ma mère est demi-Vélane, donc elle est beaucoup plus sensible que nous autres à cela. Ne t'inquiètes pas, ça ira beaucoup mieux quand tu auras pris tes cachets.
Il hocha mollement la tête. Il commençait déjà à avoir un mal de crâne lancinant et les regards qu'on lui lançait lui donnaient presque hâte d'être seul. Ron ne semblait toujours pas avoir avalé l'information et ne le quittait pas des yeux, comme s'il était une bombe sur le point d'exploser. Quant à Ginny, elle avait les yeux rouges et n'avait presque pas touché à son assiette.
Finalement, il n'en comprit la raison qu'après le déjeuner, alors que Bill venait de lui annoncer leur départ imminent. Ron lui avait fait signe de le suivre dans le jardin pour de lui parler en tête à tête, et lorsqu'ils se furent suffisamment éloignés de la maison, il prit enfin la parole.
- Je voulais te prévenir. Il paraît que tous les hommes Omégas sont gay. Je ne sais pas si c'est vrai, parce que c'est assez rare mais bon… Je t'avais acheté un cadeau pour aujourd'hui, tu sais. Simplement, je ne sais pas si ça te sera utile maintenant… Je te l'offre quand même, si ça se trouve ça marche aussi avec les homos…
Il lui tendit un petit paquet rectangulaire et Harry s'en saisit d'une main tremblante. Il avait l'impression qu'une pierre venait de tomber dans son estomac. Il ouvrit l'emballage, dévoilant un livre au format poche intitulé "Douze moyens infaillibles de séduire les sorcières".
- Euh merci… Mais je ne me sens pas différent en fait… Je suis toujours le même. Alors ne t'inquiètes pas, je suis certain que ton cadeau va m'être utile !
Il offrit un sourire qu'il espérait rassurant à son meilleur ami et celui-ci se recula d'un pas.
- Ouai. Du coup je voulais aussi te dire de ne pas essayer de parler tout de suite à Ginny. Elle a un peu de mal à se faire à l'idée, tu vois…
Cette fois, il sentit un léger vertige le prendre, et il dut fermer les yeux un instant pour ne pas rendre son déjeuner.
- Quoi ? Comment ça ?
- Ben, elle espérait que vous finiriez ensembles elle et toi. Mais puisque tu es Oméga…
Il leva les sourcils, comme si ce seul mot était révélateur, et Harry serra les poings.
- Mais bon sang, ça veut dire quoi ça ? Parce que je suis Oméga, je ne peux pas choisir avec qui je vais être ? Je ne peux pas être avec la femme que j'aime ? C'est n'importe quoi !
Son ami recula à nouveau face à sa soudaine colère.
- Écoute, je n'ai pas dit ça. Mais les Omégas sont faits pour être avec d'un Alpha. C'est l'ordre des choses.
- Et si Ginny était une Alpha ? Tu y as pensé ?
- Bien sûr, c'est possible. Mais je crois que l'idée que tu sois soumis lui est insupportable… Elle aimait l'idée de se sentir protégée, vivre aux côtés d'un héros, un homme fort... Je l'imagine vraiment pas sortir avec un Oméga.
- MAIS JE SUIS TOUJOURS MOI-MÊME ! Je n'ai pas changé ! Je pense de la même manière qu'hier ! C'est vous qui vous vous comportez tous différemment ! Comme si ce second genre allait changer complètement ma personnalité ! Je veux toujours détruire Voldemort et je compte bien accomplir ma mission, Oméga ou pas !
Ça y est, il avait explosé. Il était furieux. Parce qu'encore une fois, on choisissait son avenir à sa place. On le rangeait dans une case. Il avait toujours été anormal. Aux yeux des Dursley parce qu'il était un sorcier. Aux yeux des autres enfants parce qu'il était un orphelin. Puis aux yeux de la nation sorcière parce qu'il était le Survivant. On l'avait traité de monstre, de menteur, de fou... Chaque fois, on l'enfonçait un peu plus. Chaque fois, il s'était relevé, il avait affronté son destin. Mais depuis le décès de Dumbledore, il avait l'impression que les choses allaient de pire en pire. Et pourtant sa détermination n'avait pas faibli.
Mais alors qu'il attendait de voir si Ron allait répondre ou pas, la sensation d'un sort reçu de plein fouet lui fit écarquiller les yeux. Il tomba en avant, incapable de bouger ni même de faire le moindre geste pour se retenir. Loin de le rattraper, Ron s'écarta précipitamment, le laissant tomber face contre terre. L'herbe amortit sa chute, mais là n'était pas le choc le plus violent pour Harry. On lui avait jeté un sort. Ici, au Terrier, l'endroit qu'il considérait le plus sûr, peut-être même plus sûr encore que Poudlard. Totalement pétrifié, il n'en était pas moins conscient, et il écarquilla les yeux en voyant Bill le retourner.
- Désolé Harry, j'avais peur que tu deviennes violent. On ne peut pas savoir combien ta situation est douloureuse, mais il faut que tu gardes ton calme. Elphias te donnera une potion contre le mal de tête. En attendant, je pense qu'il est plus sûr que tu restes immobilisé.
Une larme coula le long de la joue du jeune sorcier alors qu'on le faisait léviter jusqu'à un banc. Il ne pouvait tourner la tête, mais il entendit la voix de Molly Weasley retentir à sa gauche.
- Par Merlin, qu'est-ce que vous lui avez fait ?
- Il n'a rien, il est juste pétrifié. Il était instable maman, j'ai préféré être prudent. Ron, peux-tu aller voir si sa valise est prête ?
Ron disparut de son champ de vision et Molly le remplaça.
- Harry, mon pauvre chéri, je suis désolé, Bill a eu raison. Le jour du 17e anniversaire n'est jamais un moment agréable à passer lorsqu'on n'a pas le traitement adapté. Concentre-toi sur ta respiration… ça va aller… D'ici quelques jours, ça ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
Harry doutait sérieusement que sa journée n'allait être qu'un "mauvais souvenir" comme elle disait. Il avait l'impression d'avoir été trahi, on le traitait comme un être instable, dangereux pour lui-même et pour les autres. Il n'avait même pas sa baguette à la main et on l'avait pétrifié sans sommation. Même Ron, qui était censé être son meilleur ami, n'avait pas fait un geste pour le défendre ou tenter de le comprendre. Et parallèlement à cela, son mal de tête n'avait fait qu'empirer, lui donnant l'impression que son crâne allait se fendre en deux.
Il gémit doucement et ce fut à ce moment que Hermione sortit de la maison.
- Harry ! Mais… Pourquoi est-il pétrifié ?
- Ne dissipe pas mon maléfice, Hermione. C'est pour son bien.
- Mais enfin ! Est-ce qu'on peut m'expliquer ? Harry semblait aller très bien il y a quelques minutes !
- Il a commencé à délirer. Il allait attaquer Ron.
Il gémit cette fois plus fortement pour exprimer son désaccord. À aucun moment il n'avait songé à attaquer son ami ! Il n'avait fait qu'expliquer le fond de ses pensées. Il ignorait presque tout des conséquences de son second genre et on ne faisait qu'affirmer de manière péremptoire ce qu'il était censé être et comment il devait se comporter ! Alors certes, il avait perdu son calme, mais il y avait de quoi !
- Je n'imagine honnêtement pas Harry attaquer Ron. Mais peut-être pourrait-on au moins lui rendre la parole. Je voudrais lui parler avant son départ.
- Très bien, mais attache-le avant de le libérer du sort.
Sa meilleure amie soupira mais s'exécuta néanmoins, l'aidant à s'asseoir sur le banc pour lui permettre de s'exprimer plus aisément.
- Merci. Hermione, dis-moi que je suis en plein cauchemar là. J'ai l'impression que tout le monde est devenu fou. Je n'ai jamais voulu attaquer Ron ! On dirait que tu es la seule personne raisonnable ici !
- Je sais Harry, je m'en doute. Écoute, je crois que cette histoire de second genre met tout le monde à cran. Ils réagissent tous comme si c'était une catastrophe. Je ne pensais pas que la société sorcière était si rétrograde ! Ça ne doit tout de même pas être si terrible…
- C'est ce que je pensais. Je n'ai pas changé mes plans. Dès que j'ai les inhibiteurs, je viens vous chercher et on fait ce qu'on avait prévu. J'espère simplement qu'ils ne comptent pas me priver de cachets pour m'empêcher d'accomplir ma mission… On ne peut pas abandonner. Enfin, si vous acceptez encore de me suivre.
- Bien évidemment, Harry ! Je ne compte pas changer d'avis !
- Toi peut-être, mais Ron… Il m'a dit que tous les hommes Oméga étaient gays. Que je ne pouvais plus être avec Ginny parce que j'allais être soumis et faible… Il n'a même pas cherché à me défendre face à Bill ni même à me rattraper quand je suis tombé ! Je ne comprends pas, je suis toujours le même qu'hier ! Je n'ai plus… Hedwige… mais je vous contacterais avec ma pièce de l'AD. Elle est dans mon sac.
- Ne t'inquiètes pas, je parlerais à Ron et j'essayerais de savoir ce qu'il en est pour tes inhibiteurs. Je vais continuer de préparer notre départ. Je te tiendrais au courant par le même procédé. Repose-toi bien et prends soin de toi. Tu auras besoin d'énergie pour la suite de notre quête.
Bill réapparut bientôt et libéra ses jambes pour qu'il puisse marcher jusqu'à la limite du jardin.
- Nous y allons.
- Bill, je n'ai jamais voulu attaquer Ron.
- Ce n'est pourtant pas ce dont ça avait l'air. Dépêchons-nous, Elphias t'attend et j'ai encore beaucoup de choses à faire pour préparer le mariage.
Il suivit Bill avec une certaine lassitude tandis que ses affaires volaient derrière eux.
- Tu ne peux vraiment pas me détacher ? Ça serait plus pratique…
En guise de réponse, l'aîné des Weasley passa une main entre les liens qui le retenaient pour s'assurer une meilleure prise lors du transplanage. Et quelques secondes plus tard, ils apparaissaient devant une maison modeste mais d'apparence harmonieuse, aux colombages et murs de pierre beige. Elphias Doge les attendait devant l'entrée et il les accueillit avec un sourire amical.
- Bill, Harry ! Bienvenue chez moi. Allons bon, pourquoi est-il donc attaché ?
- Il n'avait pas l'air lui-même mais je vous en laisse la responsabilité, libre à vous de faire ce qui vous semble le mieux. Je ne peux pas m'absenter bien longtemps du Terrier. À demain Elphias, salut Harry.
Le Survivant roula des yeux et poussa un soupir démoralisé, évocateur de ce qu'il pensait de la situation. Il ne prit même pas la peine de saluer Bill en retour et attendit qu'il ait à nouveau transplané pour reprendre la parole.
- Bonjour M. Doge. Merci de m'accueillir chez vous, désolé pour ce désagrément. Il semblerait que la révélation de mon second genre ait contrarié les plans de beaucoup de monde.
Elphias Doge le libéra d'un coup de baguette et l'invita à entrer d'une main sur l'épaule.
- Ne vous inquiétez pas, entrez vite. Je vous en prie, appelez-moi Elphias. Ma foi, on dirait que rien n'a changé depuis ces cent dernières années. Les gens deviennent stupides dès qu'il s'agit d'Oméga.
- Mais pourquoi ? Je suis exactement le même qu'hier.
- Bien évidemment. Mais la plupart des sorciers ne voient que les chaleurs, ces trois jours dans le mois où nous émettons des phéromones. Vous ressentirez sans doute de la fièvre, des maux de tête, une fatigue anormale et parfois de violentes crampes abdominales, mais rassurez-vous, ces désagréments sont presque totalement atténués par les inhibiteurs. Ils sont devenus très efficaces à notre époque. Vous mènerez une vie parfaitement normale, j'en suis la preuve vivante.
- Merci de m'expliquer tout ça. Ils n'ont rien pris la peine de me dire. À part que j'allais être faible, soumis et que j'allais devenir gay.
Le vieil homme éclata de rire.
- Les Omégas sont rares et donc méconnus. Les gens inventent parfois toutes sortes de mythes pour expliquer ce qu'ils ne comprennent pas. Je ne crois pas que cela influe sur l'orientation sexuelle, mais dans la pratique, certains Alphas masculins recherchent parfois des Omégas du même genre et les marquent de force. Dans ce cas, l'Oméga devient de facto homosexuel, puisqu'il ne pourra plus ressentir de plaisir qu'à travers l'étreinte de son lié. Heureusement ces faits sont extrêmement rares et je n'en ai jamais rencontré pour ma part.
- Qu'est-ce qui arrive exactement lorsqu'un Alpha nous marque comme sien ? Et comment cela se passe-t-il ?
- Voilà une question dont la réponse va nécessiter un peu de temps. Venez, allons nous installer dans la cuisine. Nous y serons plus confortables, et je vous ai tout de même préparé une potion pour soulager votre migraine.
Il le guida jusqu'à une étrange pièce qui ressemblait à une serre tropicale. Elle était très lumineuse, et envahie par plusieurs plantes en pot suspendues au plafond. Il y en avait aussi sur le rebord de l'évier ou d'autres posées sur les étagères aux côtés des bocaux de riz, pâtes et lentilles. Une bouilloire était en train de siffler sur la cuisinière aux côtés d'un petit chaudron. Sur le même mur, une cheminée, sans doute destinée au transport, prenait une place imposante. Au milieu de la pièce, une table en bois massif était entourée de 6 chaises, et deux d'entre elles s'écartèrent d'elles-mêmes à leur arrivée.
- Merci, c'est très gentil de votre part. Ma tête me semble tellement lourde…
Elphias déposa une petite fiole d'une potion bleutée devant lui avant de tendre sa baguette en direction du placard. Deux tasses et leur soucoupe vinrent alors se poser sur la table, bientôt suivies par un pot à lait et un sucrier.
- Vous pouvez boire toute la potion, la douleur va s'estomper, sans supprimer les autres désagréments, malheureusement. Mais revenons à votre question. Sur ce sujet, je crains ne pas pouvoir soulever toutes les zones d'ombre, étant moi-même resté célibataire toute ma vie. Les unions entre Alpha et Oméga semblent à la fois effrayantes et idylliques. D'après les quelques témoignages que j'ai pu obtenir et mes propres observations, les phéromones que nous émettons servent à attirer les Alphas pour trouver celui qui nous sera compatible. Lorsqu'un Alpha marque un Oméga comme sien, ils deviennent en quelque sorte âmes sœurs, leurs magies se mélangent et chacun d'entre eux devient plus puissant. Ils gagnent aussi la capacité de se localiser en tout temps et peuvent ressentir les émotions de leur lié, mais en contrepartie, ils seront presque dépendants émotionnellement et dans l'incapacité d'avoir une relation sexuelle avec qui que ce soit d'autre. Ces conséquences s'appliquent aux deux genres, ce qui explique que les Alpha se liant à un Oméga soient si rares. Pour les Omégas masculins, c'est la seule et unique manière de concevoir un enfant, mais pour les Alphas, cela apparaît souvent comme une lourde contrainte. D'un côté une symbiose et un plaisir extraordinaire à chaque union, de l'autre côté un enchaînement aussi extrême que celui d'un vampire et son calice. Tout le monde n'est pas prêt à supporter une relation d'une telle intensité, et il n'y a pas de retour en arrière possible.
Harry avait vidé la fiole de son contenu et s'était appuyé contre le dossier de la chaise dans l'attente que la potion fasse effet. Il avala une gorgée de thé avant de soupirer de soulagement alors que sa migraine baissait enfin en intensité.
- Je ne connais pas du tout le lien entre un vampire et son calice. Qu'est-ce que vous entendez exactement par "pas de retour en arrière possible" ?
- Que le marquage d'un Oméga soit volontaire ou imposé, la magie fera en sorte que les deux partenaires s'aiment ou tout du moins ressentent un sentiment similaire. L'Oméga se soumettra à l'Alpha, l'Alpha sera incité à satisfaire son Oméga. Même deux ennemis mortels pourraient tout d'un coup devenir inséparables une fois liés de cette manière.
Le Survivant frissonna. La simple idée d'embrasser Voldemort lui donnait des sueurs froides...
- Je comprends ce que vous vouliez dire en les qualifiant d'à la fois effrayantes et idylliques. J'ai encore du mal à m'imaginer dans une relation à vrai dire. Ma question est très personnelle et vous n'êtes pas obligé d'y répondre, mais vous-même n'avez jamais ressenti le désir de vous lier avec quelqu'un ?
- Ça ne me dérange pas de te le raconter, après-tout, j'ai si rarement eu l'occasion de parler à un autre Oméga… Oui, j'ai été amoureux et j'ai cru trouver mon Alpha, celui qui deviendrait mon âme sœur. Malheureusement pour moi, il n'a jamais voulu se lier à moi. Cet homme, c'était Albus Dumbledore, mon ami de toujours. Mais Albus était fier et ambitieux, il faisait partie de ceux qui pensaient que se lier avec un Oméga allait l'affaiblir. Et il aimait un autre Alpha, un homme du nom de Gellert Grindelwald, dont vous avez peut-être déjà entendu parler…
- Grindelwald ? Mais je croyais… C'était un mage noir, n'est-ce pas ? Dumbledore… C'est Dumbledore qui l'a vaincu ?
- Vaincu oui. Lorsque deux Alphas s'aiment, il en résulte rarement une relation paisible. Ils avaient même échangé leur sang. Mais leur caractère respectif était trop explosif, chacun cherchant à dominer l'autre, ils ont fini par se séparer et ça s'est terminé en affrontement spectaculaire. Je me souviens de la détresse d'Albus après cela. Il n'a plus regardé qui que ce soit ni ne m'a jamais considéré autrement que de manière amicale.
- Skeeter en a parlé dans sa biographie. Tout n'est donc pas faux ?
Le visage d'Elphias se tordit en une grimace évocatrice de ce qu'il pensait de la journaliste.
- Vous avez lu cet immondice ?
- Non, bien sûr que non. Mais je lis la Gazette. Difficile d'en faire abstraction. J'ai aussi lu votre nécrologie d'ailleurs. C'était très beau.
- Merci. Albus était un homme admirable, quoi qu'il ait pu se passer avec Grindelwald. Ressortir cela à présent, c'est salir sa mémoire.
Les deux sorciers se turent pendant quelques secondes, laissant un silence de circonstance s'installer. Finalement Harry reprit la parole.
- Il me manque tellement. Je n'étais pas prêt. J'ai tellement de questions à lui poser…
- Je peux toujours essayer d'y répondre.
Le survivant fit la moue. Elphias Doge était un membre du Phénix de la première heure, et meilleur ami d'Albus Dumbledore. Mais il n'était sans doute pas au courant de tous les détails concernant la lutte contre Voldemort. Il soupira face à son dilemme.
- Il m'a confié une mission. Pour vaincre Voldemort. Au cours de cette année, il m'a plusieurs fois montré des souvenirs, pour que j'apprenne à le connaître et que je sache comment il était devenu ce qu'il est aujourd'hui.
- Oui, il m'a parlé de votre entraînement. Mais il ne m'a pas dit comment le détruire, si c'est ce que vous demandez.
- Je vois. Il n'y a donc que moi qui peut aller jusqu'au bout. Il va falloir que je parte. Le plus tôt sera le mieux. Sans cette fichue histoire de second-genre, j'aurais déjà pu commencer mes recherches…
Le visage du vieil homme se ferma.
- Évidemment. Albus pensait que vous seriez un Alpha, comme lui. Croyez-moi, il n'aurait sans doute pas confié une telle charge à un jeune homme de 17 ans s'il avait eu connaissance de votre second-genre.
- Vous pensez que j'en suis incapable, c'est ça !
- Je n'ai pas dit cela. Seulement, les Alpha émettent aussi des phéromones qui peuvent… affaiblir votre volonté. Oh, je sais que vous n'en manquez pas. Albus n'a pas manqué de me raconter comment vous avez résisté à son Imperium. Il était réellement fier de vos exploits, vous savez, cependant il partageait les mêmes préjugés que la plupart des Sangs Purs. J'ignore en quoi consiste votre quête, mais je préfère vous faire part de mes réserves, ne serait-ce que pour avoir la conscience tranquille. Quoi qu'il arrive, faites en sorte qu'aucun Mangemort ne puisse apprendre votre second genre. Ce serait une catastrophe. Les inhibiteurs ne suppriment pas tous les désagréments propres aux chaleurs et ils pourraient en profiter pour vous traquer sans relâche jusqu'à ce que vous soyez en situation de faiblesse.
- Je redoublerai de prudence. Je ne peux pas me permettre d'échouer.
- Vous ne pouvez pas vous permettre d'échouer car ils vous tueront, Harry, et pour cette unique raison. Vous n'avez pas à porter le poids de toute l'Angleterre sur vos épaules. Il vous pourchassera sans cesse, c'est une certitude. Mais si jamais vous vous trouviez dans l'incapacité d'accomplir votre quête, alors fuyez, tout simplement. Aucun mage noir n'est éternel, puisse-t-il avoir trouvé une manière d'être immortel.
Harry hocha la tête sans trop y croire. Elphias n'était pas le premier à tenir ce discours. Arthur, Molly, Lupin… Tous étaient persuadés que leur quête était presque impossible, et quelque part, ce n'était pas si loin de la vérité. Il repensa aux maigres informations à sa disposition… Comme l'avaient dit Ron et Hermione, ils ne savaient même pas par où commencer.
Après le thé, Elphias fit visiter sa demeure à Harry. C'était une vieille maison de célibataire, il y avait un salon généreusement pourvu en livres, un bureau où il travaillait, deux chambres et une salle de bain. Certains meubles semblaient être encore plus vieux que le sorcier lui-même, et la chambre d'ami sentait le renfermé, mais elle semblait chaleureuse.
- Je suis désolé, cela fait quelques décennies que je n'ai pas eu le plaisir d'accueillir quelqu'un chez moi. Je n'ai pas d'elfe, mais je devrais peut-être embaucher quelqu'un pour faire le ménage et la cuisine. Lorsqu'Arthur m'a prévenu ce matin, j'ai juste eu le temps de mettre des draps propres et préparer quelques fioles de potion contre la migraine. Je vous laisse vous installer. Vous pouvez utiliser la salle de bain pour prendre une douche. Je vous conseille de mettre des vêtements plus confortables, et même si vous vous sentez encore en forme, de vous coucher. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis en bas.
- Merci pour tout ce que vous faites pour moi, Elphias. Je vais faire comme vous me conseillez. J'ai l'impression d'avoir attrapé une mauvaise grippe.
Effectivement, depuis qu'il était arrivé chez le vieil homme, il avait senti la fatigue s'abattre sur ses épaules. De même, alors qu'il avait plutôt déjeuné léger, il éprouvait une désagréable sensation de nausée qui n'allait qu'en s'accroissant. Il prit une rapide douche, enfila un simple t-shirt et caleçon, et ferma les volets de sa chambre avant de se glisser entre les draps. La température était plutôt fraîche pour la saison, pourtant il avait l'impression d'étouffer. Il trouva cependant rapidement le sommeil, épuisé par toutes les émotions qui l'avaient assailli depuis son réveil. Si seulement tout cela n'était qu'un cauchemar…
Il dormit ainsi une bonne partie de la journée, mais lorsqu'il voulut se relever, il s'en retrouva incapable tant ses crampes d'estomac le mettaient au supplice. Elphias passa lui donner des linges frais pour soulager sa fièvre et lui administrer une potion pour apaiser la douleur. Il l'obligea aussi à boire plusieurs verres d'eau pour éviter qu'il ne se déshydrate, cependant il n'essaya pas de lui faire manger quoi que ce soit.
Sa nuit fut partagée entre des phases de sommeil agitées et des périodes d'insomnie qui épuisaient ses nerfs. Heureusement, Voldemort ne vint pas envahir ses rêves cette nuit-là. Au petit matin, il trouva tout juste assez de force pour prendre une nouvelle douche pendant qu'Elphias changeait ses draps, et absorber une tasse de thé et une nouvelle fiole de potion.
Il dormit à nouveau quelques heures et Elphias le réveilla en début d'après-midi, alors qu'il s'apprêtait à partir au mariage. Il avait revêtu une robe sorcière sombre et surchargée de plusieurs couches de tissu.
- Je reviendrais sans doute au milieu de la nuit. J'espère que vous arriverez à vous reposer un peu.
- Je ne compte pas bouger de mon lit. Félicitez les mariés pour moi. J'aurais vraiment aimé pouvoir être présent.
- Ne vous en faites pas, vous n'y êtes pour rien. Je leur transmettrai. Bon courage, Harry.
Le vieux sorcier quitta bientôt les lieux, et Harry se retrouva réellement seul pour la première fois depuis son départ de Privet Drive. Il se sentait toujours aussi faible et avait hâte de retrouver ses forces mais il se sentait incapable de se rendormir, et il en profita pour repenser aux évènements de la veille.
Il espérait vraiment que les membres de l'Ordre n'allaient pas le priver d'inhibiteurs pour l'empêcher de partir en mission… Cependant, même si c'était loin d'être agréable, il ne pouvait laisser une indisposition de trois jours par mois l'empêcher de tuer Voldemort. Il avait une totale confiance en Hermione pour le seconder, mais Ron avait eu l'air aussi choqué que ses parents. Peut-être avait-il abandonné l'idée de le suivre et peut-être même avait-il révélé à Kingsley ou Lupin la réelle nature de leur mission… Il espérait que sa meilleure amie avait au moins pu l'empêcher de trop en dire…
À cette heure, ils étaient sans doute en train d'accueillir les invités. Il imaginait Fleur dans sa robe blanche, Hermione et Ginny tout aussi élégantes… Son cœur se serra en repensant à la sorcière rousse. Elle s'était immédiatement détournée de lui à l'annonce de son second genre, comme s'il était mort à ses yeux ou avait contracté une quelconque maladie honteuse. Il se sentait à la fois furieux et déprimé. C'était tellement injuste ! Allait-il finir comme Elphias Doge, célibataire endurci à 117 ans passés ? Ou serait-il condamné à subir les avances d'Alpha masculins alors qu'il n'avait jamais été attiré par un homme ? Aucune de ces hypothèses ne le satisfaisait...
Lorsqu'il sombra dans le sommeil, son moral était au plus bas, mais il était loin d'imaginer qu'à son réveil les choses seraient encore pires…
***/+/***
À des kilomètres de là, Voldemort jubilait. Depuis quelques minutes, le Ministère de la Magie de Grande-Bretagne était enfin entre ses mains. Pius Thicknesse, Corban Yaxley et Julius Travers venaient de lui amener un Rufus Scrimgeour ligoté et ensanglanté. Le ministre restait brave malgré la situation, il devait bien le reconnaître. Il avait à peine cillé en arrivant devant lui, et avait même refusé de s'agenouiller à ses pieds, jusqu'à ce que Travers le fasse tomber en avant d'un coup de pied bien placé. L'homme était un Alpha, ancien directeur du Bureau des Aurors à la carrière exemplaire. Il avait succédé à Cornelius Fudge à l'été 1996, presque deux ans plus tôt. Et ce soir il allait mourir.
Le mage noir ne se faisait aucune illusion, Scrimgeour n'était pas du genre à le rejoindre, même sous la menace. Il était intègre, malgré son inaction, et en cet instant, il devait amèrement le regretter. Il avait multiplié les coups d'épée dans l'eau pour rassurer la population, mais n'avait jamais fait quoi que ce soit de concret pour lui mettre des bâtons dans les roues. Et c'était d'ailleurs bien pour cette raison qu'il était resté vivant aussi longtemps.
- Rufus Scrimgeour. Bienvenue. Je vous annonce votre retraite. Cette brève carrière en tant que Ministre de la Magie vous a éprouvé, je le crains. Il est temps de passer le relai à quelqu'un d'autre. Mais il vous reste une dernière chose à faire. Dites-moi où se trouve Harry Potter. Vous devez bien le savoir !
L'ancien Auror cracha aux pieds du mage noir
- Voldemort. Même si je le savais, je ne vous le dirais pas.
- Permettez-moi d'en douter. Endoloris.
L'Impardonnable frappa le sorcier de plein fouet qui s'écroula sur le sol en hurlant, le corps secoué de tremblements.
- Potter… Vous en avez peur, n'est-ce pas ? Dumbledore…
De dépit, le mage noir jeta un second Doloris avant de détacher son prisonnier pour mieux le voir s'agiter.
- Nagini, j'espère que tu as faim. Il y a un morceau de choix juste pour toi.
Le gigantesque reptile s'approcha doucement, provoquant une crispation de peur chez le ministre. Voldemort sourit en goûtant la peur de sa victime, cependant il n'était toujours pas prêt à abandonner.
- Dumbledore pensait... qu'il peut vous tuer... je veux... croire en lui.
- Legilimens.
Il plongea dans l'esprit du sorcier à ses pieds, mais celui-ci avait pris soin de verrouiller ses pensées et il avait un certain talent pour l'Occlumancie, car le mage noir se heurta à une muraille impénétrable.
- Vous… n'aurez… rien de moi.
- Qu'à cela ne tienne Scrimgeour, je vais envoyer mes Mangemorts pénétrer dans chaque maison affiliée à l'Ordre du Phénix. Ils visiteront et interrogeront chaque famille, à coups de Doloris s'il le faut. Vous en connaissez certains. Les Shacklebolt, les Weasley, les Tonks... Harry Potter ne pourra pas m'échapper bien longtemps…
- L'Ordre… Ils ne diront rien. Leur fidélité va à Potter.
Enragé par la résistance de son prisonnier, il lui jeta un nouveau Doloris qu'il prolongea pendant une minute entière, jusqu'à ce que les hurlements de l'Auror se transforment en halètements sifflants. Il ne pouvait déjà plus bouger, tous ses muscles tétanisés par la douleur, mais il ne pourrait mourir à moins qu'il n'en décide autrement.
- Harry Potter... Vous croyez tous qu'un sorcier à peine adulte va pouvoir me vaincre alors qu'il se recroqueville de douleur à ma seule présence ? Vous êtes pathétiques avec vos espoirs absurdes. J'ai passé ma vie à rechercher le pouvoir et la connaissance, il n'y a rien que ce gamin ne sache et que j'ignore. Harry Potter mourra sous peu, c'est aussi simple que ça.
Scrimgeour ne prononça plus un mot, manifestement à bout de force. Il devait sans doute espérer que cela se termine vite. Comprenant qu'il ne tirerait plus rien de lui, Voldemort l'acheva après quelques Doloris supplémentaires pour faire bonne mesure. Il était si impatient… Son sang bouillait dans ses veines à l'idée de tenir enfin Harry Potter. Le Survivant, l'Élu ou peu importe comment les gens le surnommaient… Il allait le torturer longuement, répandre son sang sur le carrelage, briser chacun de ses os et refermer ses doigts autour de son cou gracile. Oh oui, il ferait durer les choses… L'amènerait plusieurs fois au bord de la mort avant de le soigner. Uniquement pour le plaisir.
Il lui avait proposé de le rejoindre, quelques années plutôt. Mais il avait fait preuve d'une insupportable obstination, le bravant au contraire à de multiples reprises. Désormais, son seul désir était de le voir supplier pour qu'on l'achève.
Lorsqu'il sortit de ses pensées, Nagini avait commencé à dévorer le corps abandonné sur le sol, et Thicknesse, Yaxley et Travers s'étaient prudemment retirés. Ils allaient apprendre à partir sans y en avoir été autorisés... Il traversa la pièce jusqu'à rejoindre le bureau de Lucius, et entra sans même frapper à la porte.
- Lucius, viens ici.
Le patriarche de la famille Malefoy cessa immédiatement ce qu'il était en train de faire et vint s'agenouiller à ses pieds, comme le pathétique larbin qu'il était devenu.
- Maître.
Sans s'embarrasser de la moindre délicatesse, il s'empara du bras du blond pour le tirer jusqu'à lui, puis le dénuda, déchirant le tissu précieux au passage. Il enfonça ensuite sa baguette au centre de la marque pour appeler tous ses fidèles jusqu'à lui, et se concentra pour leur insuffler une violente douleur au passage. Ils devraient déjà être là, à attendre ses ordres. Mais au lieu de ça, ils menaient leurs propres vies, osaient le faire passer au second plan. Ils méritaient cette souffrance.
Relâchant son Mangemort sans lui accorder davantage de regard, il regagna la salle à manger, prêt à accueillir ses invités. Bellatrix y était déjà, haletante, sa poitrine largement décolletée se soulevant à un rythme soutenu.
- Maître ! J'ai accouru dès que j'ai senti votre appel !
Il lui offrit un léger sourire, satisfait de la voir toujours plus servile malgré les humiliations qu'il lui infligeait régulièrement.
- Bella… Tu es bien la seule à être aussi irréprochable. Si seulement tous mes Mangemorts étaient comme toi.
Il avait à peine terminé sa phrase que les frères Lestrange les rejoignaient et s'inclinaient à leur tour. Lucius arriva bientôt, accompagné de Drago et Narcissa, puis Avery, Crabbe et Goyle, la fratrie Carrow, Dolohov, Jugson, Macnair, Mulciber, Queudver, Rogue, Rookwood, Rowle, Selwyn, Travers, Yaxley et Thicknesse. Le premier cercle enfin réuni, Voldemort s'assit à la table, faisant signe à ses fidèles de prendre place.
- Messieurs. Depuis quelques heures, le Ministère de la Magie est entre nos mains. Vous pouvez féliciter Travers et Yaxley pour cela.
Une salve d'applaudissements et de cris enthousiastes envahit le salon et il laissa quelques secondes à ses hommes, le temps de manifester leur satisfaction.
- Oui mes chers amis, le temps que nous attendions tous est enfin arrivé, le Royaume Uni nous appartient ! Mais attention, ce n'est vraiment pas le moment de gâcher tous nos efforts par une conduite inconsidérée. La plupart de nos concitoyens sont comme des moineaux qui s'effraient au moindre mouvement. Il faut user de délicatesse. Tout d'abord, Pius Thicknesse sera nommé Ministre de la Magie. Yaxley et Travers, je vous charge de recruter des partisans au sein du ministère et de les placer à la tête des différents bureaux.
- Oui, Maître, tout de suite, Maître.
- Pour que cela se fasse sans générer de suspicions, Avery, Jugson, vous allez rendre une petite visite dès ce soir à Barnabas Cuffe, le directeur de la Gazette du Sorcier. Ils doivent annoncer la démission de Scrimgeour et son retrait de la vie politique. Quant à vous, Crabbe, Goyle, je vous charge de la famille de notre regretté ministre. Ils ne doivent pas démentir.
À leur tour, les quatre Mangemorts précédemment nommés quittèrent la table pour remplir leur mission. Voldemort continua :
- Rowle, Dolohov, Selwyn et Mulciber, je vais poser un Tabou sur mon nom. Nous verrons bien ainsi qui ose encore le prononcer. Vous vous lancerez à la poursuite de ceux qui commettent l'erreur de ne pas me craindre. Bellatrix, Rodolphus, Rabastan, Macnair, prenez des hommes et allez visiter toutes les maisons de l'Ordre. Je veux que vous me trouviez où se cache Harry Potter et que vous l'ameniez à mes pieds avant le lever du jour. Appelez aussi ce chien galeux de Greyback. Nous allons lui donner quelques cibles à chasser.
Bellatrix caqueta de plaisir en entendant cet ordre et les deux Lestrange partagèrent un sourire sadique. Ces trois-là étaient faits pour semer la terreur.
- Severus, Alecto, Amycus, vous devez rester disponibles. Nous allons bientôt mettre en place une grande réforme de l'Éducation. Te nommer à la tête de Poudlard sera la première mesure de notre nouveau Ministre, Severus. Quant à toi Lucius, et toi Queudver, vous êtes bien trop inutiles pour partir en mission, vous resterez ici. Allez-y. Vous transmettrez mes ordres aux secondes mains. Que l'histoire retienne cette nuit comme celle de notre victoire pleine et entière !
À nouveau, plusieurs applaudissements et acclamations retentirent dans la vaste pièce et Voldemort s'autorisa un sourire alors que Nagini sifflait son irritation face à un tel vacarme. Il était tout puissant, il était immortel, et il avait une armée à sa disposition. L'Ordre pouvait bien croire en ce gamin arrogant, lui ne voyait plus personne pour se dresser en travers de sa route.
La majorité de ses soldats quitta rapidement la pièce pour obéir à ses ordres et il prit quelques minutes pour associer le Tabou aux Mangemorts précédemment cités avant de les libérer à leur tour. Ainsi ils pourraient localiser très exactement chaque fois que quelqu'un prononcerait le nom de Voldemort et la société réapprendrait à le craindre.
Une fois seul, il s'installa au plus près du feu en compagnie de Nagini. Depuis qu'il avait recouvert ce corps, il était sans cesse frigorifié, mais ce n'était qu'un maigre désagrément comparé à la vie éternelle. Même lorsqu'il avait couché avec Bellatrix, quelques jours plus tôt, il n'avait pas ressenti la moindre chaleur ni même le moindre plaisir d'ailleurs. Pourtant, la Mangemort était plutôt voluptueuse, et elle s'était offerte à lui avec sa dévotion habituelle. Mais cela n'avait été qu'un ennuyeux impératif pour mener à bien toutes les ramifications de son plan. Car même s'il était immortel, le sang de Salazar Serpentard devait être préservé, et concevoir un héritier était la seule manière de le faire.
Alors que ses pensées voguaient vers sa conquête du pays, il sentit tout d'un coup l'un de ses Mangemorts l'appeler et se redressa brusquement. C'était un Mangemort du second cercle, il valait mieux pour lui qu'il ait une excellente raison de le déranger sans quoi il allait le tuer sans la moindre pitié. Il caressa une dernière fois Nagini et se leva de son fauteuil. L'imposante reptile était paralysée par sa digestion de Scrimgeour, il ne valait mieux pas la faire transplaner avant quelques jours.
- Reste ici ma belle, je serais bientôt de retour.
Il sortit en vitesse du manoir Malefoy et transplana jusqu'à l'emplacement de son Mangemort. Le jeune sorcier l'attendait, agenouillé à même le sol, devant une demeure typiquement sorcière.
- Toi, ton nom. Pourquoi m'as-tu appelé ?
- Angus Graves, maître. Harry Potter est ici, maître. Je sais que les ordres étaient d'appeler l'un des membres du Premier Cercle mais j'ai pensé…
- Va à l'essentiel, et prie pour avoir une raison valable de m'avoir dérangé.
Le jeune Mangemort blêmit et l'invita à entrer dans la maison.
- Harry Potter est un Oméga, maître. Et il est en pleine chaleur. Il semblerait qu'il n'ait pas reçu d'inhibiteurs. Il est en haut.
- Pardon ?!
Il pressa le pas pour rejoindre le premier étage. La demeure était fortement imprégnée par des phéromones d'Oméga.
- Tu es sûr de toi ? À qui appartient cette demeure ?
- Tout à fait maître. C'est la demeure d'Elphias Doge, un membre réputé de l'Ordre. Il n'y avait aucune trace de lui à notre arrivée. Mais un Hominum Revelio nous ayant indiqué la présence d'un être humain, nous avons découvert Potter dans une chambre et l'avons attaché. Je sais que certains membres du Premier Cercle sont des Alphas et j'ai préféré ne pas prendre de risque…
Arrivés sur le palier, il vit une sorcière qui s'inclina à son tour. Elle lui tendit ensuite une baguette que Voldemort reconnut sans peine : Il s'agissait de la baguette en bois de houx et plume de phénix qui appartenait à Harry Potter.
- Vous avez bien fait. Il aurait été particulièrement regrettable qu'un de mes hommes perde sa raison et marque Potter par accident. Toi, quel est ton nom ?
- Merula Viperyn, maître.
- Vous méritez une récompense tous les deux. Le Premier Cercle a besoin d'éléments capables de réfléchir. Vous viendrez au manoir Malefoy lors de la prochaine réunion. Maintenant, déguerpissez.
Les deux jeunes Mangemorts ne se le firent pas dire deux fois. Ils le remercièrent d'une même voix avant de quitter les lieux et Voldemort attendit quelques secondes avant de se tourner vers la porte. L'odeur était très présente à ce niveau, et pourtant il percevait en même temps la présence de celui qui l'avait détruit seize ans plus tôt. Sa Némésis, le garçon de la prophétie, était un Oméga. Il avait envie d'éclater de rire. Le destin tournait enfin en sa faveur, et de la plus savoureuse des manières.
Lorsqu'il ouvrit la porte, le nuage de phéromones qui l'assaillit lui provoqua un étrange frisson. Il avait déjà croisé quelques Oméga en chaleur au cours de sa longue vie, mais jamais l'odeur n'avait été si intense. Passé le premier choc, un large sourire déchira son visage à la vue du jeune homme ligoté. Il était allongé à même le sol avec un t-shirt trop large et un caleçon pour tout vêtement. Sa tenue ne masquait rien de l'impressionnante érection qu'il arborait. Ses lunettes étaient posées sur la table de nuit et son visage était baigné par les larmes, ses pommettes écarlates et ses pupilles dilatées. Il haletait et semblait à peine conscient, déchiré entre ses premières chaleurs et la douleur que sa cicatrice devait lui provoquer.
Fasciné par le jeune Oméga à ses pieds, Voldemort s'agenouilla pour toucher son visage, provoquant un gémissement de douleur et un mouvement de recul chez sa victime. Il ne pouvait aller bien loin cependant, et le mage noir caressa doucement la joue brulante, ignorant le cri de douleur du Survivant. Sa fièvre était élevée, il ne tiendrait pas bien longtemps s'il lui jetait un Doloris dans cet état. Il eut une petite moue. Il allait devoir retarder un peu les distractions qu'il avait prévues…
- Harry Potter…
- Non… pas vous…
Le désespoir et la douleur se mêlaient déjà sur son visage. Mu par une étrange pulsion, Voldemort se pencha et lécha la pommette cramoisie du Survivant, goûtant ses larmes au passage.
- Oh si… Harry Potter, l'espoir de la nation sorcière est un Oméga… et Harry Potter est entre mes mains…
Il inspira longuement l'odeur du jeune homme. Elle était divine. Il fit disparaître les liens qui le retenaient prisonnier, et Harry essaya immédiatement de s'éloigner, cependant son geste avait été prévu. À peine le maléfice avait-il été dissipé que Voldemort avait plaqué sa main sur la gorge du Survivant, appuyant de tout son poids pour le maintenir immobile. Le jeune sorcier tenta de lui faire lâcher prise, mais il comprit bientôt que c'était peine perdue lorsque l'air commença à lui manquer. Il gémit doucement en signe de soumission et l'Alpha le libéra de la douloureuse pression. Sans lui laisser le temps de reprendre son souffle cependant, il se redressa et le saisit par les cheveux pour lever son visage à sa hauteur.
- Tu aurais été un Alpha ou un Bêta, je t'aurais tué après t'avoir longuement torturé. Mais puisque tu es un Oméga… Je crois bien que je vais te garder à mes côtés, finalement. Ça va être un réel plaisir de te soumettre, Harry Potter. Je vais montrer à tout le Royaume Uni combien ils ont eu tort de te faire confiance.
Avec une vivacité stupéfiante compte-tenu de son état, le jeune sorcier se redressa soudain et s'échappa de son emprise, sacrifiant quelques cheveux au passage. Les poings serrés, il s'était simplement reculé d'un pas, acculé contre le mur de la pièce. Le sourire de Voldemort s'agrandit : On aurait dit un chiot essayant vainement de se rebeller.
- Le fait que j'sois Oméga… Ça change rien ! J'me soumettrais pas !
Malgré ses joues encore humides de larmes, son regard était flamboyant. Le mage noir s'avança lui aussi d'un pas et l'Oméga se plaqua instinctivement contre le mur.
- Harry, Harry… On ne t'a-t-on donc rien dit ? J'imagine que tout le monde, Dumbledore le premier, devait s'attendre à ce que tu sois un Alpha… Mais les Omégas se plient naturellement devant les Alphas. Regarde-toi, tu trembles devant moi comme un frêle petit animal et pourtant ton sexe est encore si dur. Que ne donnerais-tu pas pour te faire prendre par un Alpha à cet instant ?
Depuis qu'il était entré dans la pièce, il avait libéré ses propres phéromones, et il vit le jeune sorcier bondir d'effroi en interceptant le regard de Voldemort sur son pénis dressé.
- NON ! Tout mais pas ça ! Je préfère mourir que… Je veux pas…
Sa voix s'était faite plus aiguë et il s'était légèrement recroquevillé sur lui-même en une position défensive primitive. L'Alpha éclata d'un rire sinistre et se jeta en avant, emprisonnant le corps svelte contre le mur. Maintenant qu'il y repensait, le jeune homme avait un corps caractéristique des Omégas, petit et maigre pour un sorcier de son âge. Ses cheveux étaient encore un peu trop courts à son goût mais il avait un visage harmonieux, des yeux de la couleur d'un Avada, des lèvres fines...
Voldemort agrippa le t-shirt du Survivant, prêt à déchirer le tissu, avant de s'immobiliser. Les phéromones de l'Oméga l'impactaient plus qu'il ne l'aurait voulu, mais il n'était pas un homme qui se laissait diriger par ses émotions. Il n'était pas opposé à l'idée de prendre sa Némésis, en vérité, il lui suffisait même d'imaginer le désespoir du Survivant à l'idée d'être violé par son pire ennemi pour l'exciter. Mais il n'allait certainement pas le faire sur le sol d'une quelconque maison d'un membre de l'Ordre.. Avec un sourire prédateur, il empoigna le bras du jeune sorcier et le traîna jusqu'à l'extérieur de la maison. Il était hors de question de l'amener au manoir Malefoy, pour l'instant tout du moins, alors qu'il émettait encore assez de phéromones pour alerter tous les Alphas parmi les Mangemorts du Premier Cercle. En un clin d'œil, il était de retour dans sa propre demeure.
Heureusement, le jeune sorcier était bien trop faible pour résister, et il se laissa transplaner sans essayer de s'enfuir. Lorsqu'ils atterrirent dans le jardin en friche, il tomba en avant, et Voldemort ne fit pas un geste pour le retenir. Privé de ses lunettes et embrouillé par sa fièvre, le jeune Oméga était bien incapable de voir où il était, d'autant plus alors qu'il faisait nuit noire. Il pleurait sans un bruit, assis sur le sol en attendant que son bourreau ne décide de son sort, et Voldemort en profita pour l'observer. Le plein air avait quelque peu atténué les effluves hypnotisantes des phéromones de l'Oméga, mais il restait difficile de les ignorer. Était-ce parce qu'il s'agissait du Survivant, le sorcier de la prophétie ? Parce que son sang avait servi à le réanimer ? Ou parce qu'ils étaient liés à travers cette cicatrice ? Il n'avait jamais ressenti la présence d'un Oméga aussi fortement, ni celle de quiconque d'autre d'ailleurs.
Lorsqu'il avait découvert cette histoire de second genre à Poudlard, il en avait rapidement conclu que seuls les faibles d'esprits s'y soumettaient, et il ne s'en était plus préoccupé. Cela n'avait d'ailleurs absolument jamais impacté son existence… jusqu'à aujourd'hui. Et dire que quelques secondes plus tôt, il avait été prêt à déshabiller le jeune sorcier pour le prendre à même le sol…
Au-delà de ça, c'était comme si sa nature d'Alpha, qu'il avait soigneusement négligée jusqu'à présent, avait choisi ce moment pour se manifester. Il avait toujours dominé ses pairs. Que ce soit par son charisme, son intelligence ou sa puissance. Il n'avait jamais usé de ces phéromones que génèrent certains Alpha pour asseoir leur autorité. Il n'en avait tout simplement pas besoin. Il les écrasait tous, qu'ils soient Alpha, Bêta ou Oméga…
Mais dès qu'il avait vu Potter recroquevillé sur le sol, c'était comme si un signal s'était allumé dans sa tête. Un signal qui lui intimait de garder cet Oméga pour lui. Et cette impression ne lui plaisait guère. Il n'avait jamais laissé quoi que ce soit dicter ses actions. Il avait besoin de se prouver qu'il était toujours maître de ses mouvements. Il tendit sa baguette devant lui et jeta un Doloris sans aucune sommation sur le jeune sorcier qui poussa un hurlement déchirant avant se jeter à ses pieds, le corps secoué de tremblements. Le maléfice avait été bref, mais c'était comme si l'Impardonnable avait aggravé son état. Malgré les ténèbres environnantes, Voldemort voyait clairement le torse de Harry se soulever à un rythme effréné, peinant à reprendre son souffle. Phéromones ou non, il ne voulait pas tuer le Survivant, il se pencha donc pour le prendre dans ses bras avant de se diriger vers sa demeure.
- Sois rassuré, Harry Potter, je ne compte pas te tuer maintenant.
Dans ses bras, l'Oméga gémit faiblement. Il était brûlant de fièvre et devait à peine être conscient de ses paroles. Voldemort ouvrit les portes sans même utiliser sa baguette et il le conduisit jusqu'à sa chambre. Il ne l'avait plus utilisée depuis des décennies, heureusement que son elfe entretenait la maison, sans quoi une épaisse couche de poussière se serait sans doute accumulée.
Il déposa son chargement sur le lit et attacha ses poignets aux montants à l'aide d'un informulé. Le jeune sorcier était devenu tel une poupée de chiffon entre ses bras et le mage noir eut un sourire satisfait en voyant l'expression de désespoir sur son visage.
- Et bien, plus de bravade, plus de regard haineux ? Où est passé le Sauveur ?
D'un doigt, il releva le menton pour croiser le regard émeraude. Il était voilé par la douleur, mais toujours vivace. Il pouvait y lire son désespoir et sa peur face à ce qui allait lui arriver, ainsi que sa haine pour lui, l'instigateur de tous ses malheurs. Loin de s'en émouvoir, Voldemort éclata de rire.
- Tu me hais ? Tu voudrais me tuer, Potter ? Quoique, je devrais peut-être t'appeler par ton prénom, après-tout, nous allons devenir intimes d'ici peu… Mon petit Oméga…
D'un geste, il fit disparaître les vêtements de Harry, le laissant totalement offert à son regard. Le Survivant poussa un cri, recroquevillant immédiatement ses jambes tout contre lui pour cacher son sexe.
- Non… Non ! S'il vous plaît…
Ses paroles étaient entrecoupées de larmes qui se muèrent en un long gémissement lorsque l'Alpha s'empara de ses chevilles.
- Allons, Harry, tu ne le sais peut-être pas, mais la seule manière de soulager un Oméga en chaleur, c'est de répondre aux besoins de son corps. Accepte la vérité, Harry. Ton corps crie son désir pour moi...
Voldemort retira ses propres vêtements et força le jeune sorcier à écarter les jambes malgré sa panique évidente. L'Oméga devait puiser dans ses dernières forces pour lui résister mais l'Alpha en lui réclamait sa reddition. Il bloqua les chevilles de sa victime d'un nouveau sort et glissa doucement ses doigts le long des jambes fines, remontant peu à peu jusqu'à la taille. Le Survivant dégageait une telle chaleur… Sa peau était douce, presque imberbe, et il dut se retenir pour ne pas y déposer les lèvres. Quant à Harry, il suivait chacun de ses gestes avec une angoisse perceptible, prêt à saisir la moindre occasion pour se recroqueviller sur lui-même.
Le mage noir ne put s'empêcher d'admirer la force de caractère de son prisonnier. La plupart des Omégas en chaleur étaient capables de faire n'importe quoi pour se faire prendre par un Alpha, mais Harry Potter restait figé dans une posture résolument fermée. Sans doute que la douleur à sa cicatrice ne devait pas l'aider à se laisser porter par les phéromones… Mais Voldemort avait envie de le voir s'abandonner à son étreinte. Il voulait graver dans sa mémoire la vue de sa Némésis offrant son corps avec abnégation. Pour l'heure cependant, il allait devoir se montrer un peu plus persuasif. Les phéromones étaient contenues dans les secrétions corporelles : Salive, sueur, sperme. Et il lui suffirait de forcer le jeune sorcier à en absorber pour faire flancher sa conscience rebelle.
Avec un sourire prédateur, il se saisit du menton de Harry et déposa un baiser sur ses lèvres. Bien évidemment, celui-ci ne fit pas un geste mais cela n'allait pas arrêter Voldemort. Il appuya fermement à la base de la mâchoire pour le forcer à ouvrir la bouche et l'envahit de sa langue à peine les lèvres s'étaient-elles entrouvertes. Le jeune sorcier gémit, mais il ne pouvait rien faire pour échapper au baiser de l'Alpha et ce n'était plus qu'une question de secondes avant que les phéromones ne fassent effet.
Effectivement, lorsque le mage noir s'éloigna enfin, la posture du Survivant avait changé. Son regard s'était voilé, ses jambes et ses bras avaient quitté cette rigidité douloureuse et son sexe était à nouveau en érection. L'Alpha éclata de rire.
- Mon pauvre Harry… comprends-tu à présent pourquoi les Omégas sont si faibles ? Il est si simple pour un Alpha de te mettre en mon pouvoir… Mais ne t'inquiètes pas, je vais prendre soin de toi.
Il libéra les chevilles du jeune sorcier et l'allongea entièrement sur le lit avant de reprendre son exploration. Il devait admettre qu'il était très excité à l'idée de prendre le Survivant, bien plus que lorsque Bellatrix s'était offert à lui. Avec un sourire concupiscent, il imbiba son index de salive avant de l'enfoncer d'une traite dans l'antre de l'Oméga. Harry se remit alors à bouger et gémir, mais loin de chercher à se reculer, il l'invitait par ses mouvements à le doigter plus profondément.
Les phéromones du jeune homme avaient à nouveau envahis la pièce et il se laissa porter, s'avançant un peu plus pour mettre son corps en contact avec la peau veloutée. Le visage de Harry était crispé, signe que sa cicatrice lui était toujours douloureuse, mais le besoin lié aux chaleurs était plus fort. Lorsqu'il l'embrassa à nouveau, l'Oméga lui répondit immédiatement, et il sentit le désir monter en lui de manière fulgurante. Oh oui… Il pourrait très facilement s'habituer à cela. Garder le Survivant auprès de lui pour satisfaire ses désirs… Bien évidemment, il n'y avait que pendant ses chaleurs qu'un Oméga était aussi malléable. Le reste du temps, il resterait Harry Potter, sans compter que la douleur à sa cicatrice provoquée par sa seule présence finirait probablement par le rendre fou. Mais il y avait une solution...
Il lorgna sur la gorge de l'Élu, cherchant des yeux l'emplacement de cette glande qui lui permettrait de le marquer comme sien. Ce serait clairement contraire à ses plans de s'enchaîner à lui, pourtant il ne put s'empêcher de déposer doucement ses lèvres sur son cou pour en humer le parfum. Sa peau avait une odeur sucrée, proche du miel, et il la lécha par curiosité. Les phéromones sur sa langue lui inspirèrent un étrange sentiment de nostalgie… Lorsqu'il avait découvert Poudlard et qu'il s'était senti chez lui pour la première fois… L'Oméga avait le pouvoir extraordinaire de lui offrir des sensations qu'il croyait perdues : une impression de chaleur, de sécurité, de paix…
Son sexe frémit d'excitation et son partenaire gémit à nouveau, le réveillant quelque peu de sa transe. Il ne devait pas le marquer, en revanche il pouvait bien profiter de la docilité d'un Survivant en chaleur. Retirant ses doigts un peu brusquement, il suréleva le bassin étroit et écarta les cuisses du jeune sorcier pour faciliter sa saillie. Puis, sans attendre, il le pénétra d'un seul coup avec un grognement bestial. Harry expira bruyamment et Voldemort ferma brièvement les yeux. C'était si bon ! Il n'avait jamais connu pareille sensation. Resserrant sa poigne sur les épaules de l'Oméga, il commença de vigoureux va-et-vients. Il voulait imprimer la sensation de son sexe en lui, que cette première fois le marque à jamais. Ainsi, même lorsque les chaleurs seraient terminées, il ne pourrait s'empêcher d'y repenser. Il avait hâte de voir la détresse du jeune homme lorsqu'il prendrait conscience de ses actes. Il s'était offert à lui, Lord Voldemort.
Libérant les bras du montant du lit, il retourna son partenaire et le força à se mettre en levrette, dos cambré et croupe relevée, avant de revenir brutalement en lui. Passant une main sous le ventre plat, il empoigna le sexe tendu du Survivant pour le comprimer entre ses doigts, provoquant de nouveaux gémissements de plaisir chez sa victime. Il ressentait une telle impression de puissance à le dominer ainsi !
- Tu aimes ce que je te fais, Harry ? Tu en veux plus ?
- Oui ! Oui ! Alpha en moi… C'est si bon…
- Pas n'importe quel Alpha. Tu n'appartiens qu'à moi, Harry Potter. Dis mon nom !
- Voldemort. Mon Alpha.
Cette phrase électrisa le mage noir. Il voulait être certain que Harry resterait éternellement sien. Qu'il ne pourrait plus jamais lui échapper. Qu'il réclamerait son étreinte, encore et encore. Il voulait que le Survivant lui appartienne pleinement, le marquer aux yeux de tous comme sa propriété exclusive. Et il n'y avait qu'une seule manière de faire. De sa main gauche, il se saisit de la nuque du jeune sorcier pour le redresser et le coller contre son torse. Puis, d'un geste vif, il ouvrit la bouche et mordit violemment la gorge de l'Oméga jusqu'à ce que la peau craque sous ses dents. Il avait vaguement conscience qu'il n'aurait sans doute pas fait cela s'il était en pleine possession de ses moyens, mais la satisfaction de marquer Harry Potter était bien trop puissante pour qu'il ne cède à la colère. Le Survivant avait hurlé de plaisir et s'était répandu entre ses doigts, en proie à un orgasme foudroyant. L'anus s'était resserré autour de sa verge et il était venu lui aussi, relâchant sa semence dans l'antre chaude de son nouveau compagnon. C'était si bon...
Il ne se souvenait pas avoir jamais ressenti une telle félicité dans sa vie. Comme s'il était enfin soulagé de toute la tension qui habitait son corps.
Ressortant son sexe du jeune homme, il s'aperçu qu'il s'était déjà endormi, sans doute épuisé par ses dernières émotions. Une puissante magie était à l'œuvre car son visage était paisible alors même qu'il était dans les bras de son plus mortel ennemi… ou tout du moins ex-mortel ennemi, car il n'était désormais plus question de le tuer. Soupirant longuement, il s'allongea plus confortablement sous la couette, son Oméga collé à lui, et il prit le temps de l'observer. La gorge du jeune homme était désormais ornée d'une belle trace de morsure qui laisserait probablement une marque violacée d'ici peu. Cela n'avait jamais été dans ses plans de s'attacher à quelqu'un d'une manière aussi irrémédiable, mais désormais il allait devoir faire avec. Il s'était fait avoir par ces maudites hormones, pourtant il en était étrangement satisfait. Il imaginait déjà le désespoir du Survivant à son réveil. Il allait devoir faire des recherches sur ce que le lien lui permettrait de faire ou ne pas faire, mais il comptait bien en profiter un maximum.
Curieux, il passa son doigt le long de la fameuse cicatrice en forme d'éclair, et le jeune sorcier ne cilla pas. Manifestement, le lien avait annulé la souffrance qu'il ressentait à son contact. Devait-il considérer que la Prophétie était désormais caduque ? Les relations entre Alpha et Omega étaient mal connues, mais s'il y avait quelque chose dont il était sûr, c'était qu'un Oméga ne pouvait porter atteinte à son Alpha. Il avait presque hâte de voir Harry se réveiller.
Il ricana en repensant à Dumbledore, à la promesse que Harry allait causer sa perte… Décidément, c'était une excellente chose de l'avoir marqué. Dorénavant, il n'y avait véritablement plus personne capable de se mettre en travers de sa route...
TADAM - Fin du chapitre 1
Alors. Le titre a été choisi par Sayaka-san et EpsilonSnape. Je suis honorée et très inspirée. J'espère que cette histoire vous plaira. J'ai prévu pleeeeins de choses. Ca va être parfois drôle, parfois émouvant (j'espère). Bref il y a beaucoup d'attente donc je suis aussi un peu angoissée de vos retours. Donc s'il vous plait, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques. Coeur sur vous ! Je déborde d'idées pour cette histoire et dans une semaine c'est les vacances ! Je ne vous donne pas de date car je vais publier le chapitre 2 de Connivence entre temps mais la suite arrivera très bientôt. ^^
