Titre : Trahis-moi pour survivre
Type : Omegaverse [Voldarry]- Harry Omega Voldemort Alpha.
Au départ Drama puis euhhh Romance… Angst… Romangst quoi. Mais Happy End garanti.
Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating M. Ce chapitre est sombre et si vous avez peur de lire des pensées suicidaires, zappez les POV de Harry (le 1e et le 3e). Les changements de narrateur sont marqués par des ***/+/***.
Par ailleurs, j'ai oublié de préciser, il n'y aura pas de MPREG dans cette histoire. Je n'ai pas encore d'idées très précises sur la longueur de cette fic mais plein de péripéties sont déjà prévues donc elle sera assez longue.
Vous pouvez admirer la superbe couverture pour cette fanfic réalisée par Sayaka-san22. 💙
Résumé du chapitre précédent : Harry découvre son second genre le jour de ses 17 ans et il s'avère être un Omega, pour le plus grand étonnement des Weasley qui s'attendaient à le voir Alpha. N'ayant pas d'inhibiteurs à lui donner, ils l'envoient chez Elphias Doge, un Oméga membre de l'Ordre. Mais le soir du mariage de Bill et Fleur, Voldemort prend le pouvoir et les Mangemorts envahissent les maisons de l'Ordre. Voldemort découvre alors Harry en pleines chaleurs et, emporté par les phéromones alors qu'il le viole, décide de le marquer.
Chapitre 2
Lorsque Harry se réveilla, il mit quelques secondes à se souvenir où il était et ce qu'il s'était passé la veille. Mais lorsqu'il s'en souvint, il ne put s'empêcher de vomir. Bien évidemment, cela faisait trop longtemps qu'il avait mangé quoi que ce soit pour que ce fut autre chose que de la bile. Mais à la seule pensée, au seul souvenir de Voldemort penché sur son corps nu, de son visage blafard et difforme à quelques centimètres du sien, de ses mains arachnides sur son sexe… Son corps réagissait presque instinctivement, tentant de recracher, d'exorciser le mal en lui.
Il vomit ainsi jusqu'à ce que ce mouvement ne lui occasionne plus que de douloureuses crampes abdominales, et il frissonna violemment. Il sentait encore la semence du monstre en lui, il la sentait comme une souillure immonde, comme une blessure gangrenée qui progresserait en son sein. Il avait besoin… il ne savait pas trop de quoi il avait besoin en vérité. Il voulait se laver, bien que tous les sortilèges de nettoyage et tous les savons du monde ne pourraient jamais nettoyer cet avilissement de sa chair. Il voulait brûler, mourir par le feu pour peut-être dans la mort être purifié. Ou avaler une potion hautement corrosive, un acide qui rongerait ses organes de l'intérieur pour ne laisser que le vide.
La chambre était plongée dans la pénombre mais il sentait que son bourreau était absent. Il tituba en longeant le mur, les yeux plissés dans l'espoir vain de mieux y voir. Il n'avait jamais autant maudit sa myopie qu'à cet instant. Ses lunettes étaient restées chez Elphias et il doutait fortement que son croque-mitaine personnel ne lui en procure des nouvelles, le condamnant aux tâtonnements et aux migraines ophtalmiques.
Il percevait deux portes et il s'y dirigea mécaniquement. L'une d'elle était verrouillée, mais l'autre donnait sur une salle de bain pourvue d'une baignoire, d'un WC et d'un lavabo. Que ce soit sur les étagères ou les rebords de céramique, tout était vide ou presque. On aurait dit que le propriétaire des lieux n'utilisait jamais cette pièce, et au vu de son faciès, ce n'était pas si étonnant. Sur le rebord des toilettes, il y avait un unique rouleau de papier, et sur la cuvette refermée, il trouva une serviette, un gant et une tenue complète soigneusement pliée et repassée. Manifestement ces choses avaient été posées à son intention.
Le cœur au bord des lèvres, il s'assit dans la baignoire et alluma le jet d'eau chaude à fond. Il aurait aimé pouvoir s'y noyer, comme un ultime pied de nez à Voldemort qui voulait désormais le garder en vie.
Poussant soudain un hurlement, il donna un violent coup de poing dans la baignoire. Puis un autre, puis un autre encore. Il voulait éclater ses doigts sur la céramique, ressentir une douleur suffisante pour peut-être oublier cette souffrance intérieure qui le dévorait. Il voulait barbouiller de sang cette surface trop blanche et trop propre. Il voulait déchirer sa peau, briser ses os, comme la juste punition pour s'être laissé faire et y avoir même pris du plaisir. Il haïssait son corps, ces formes qu'il voyait désormais comme androgynes, cette silhouette petite et maigre qui lui avait permis d'être Attrapeur, cette peau presque imberbe contrairement à ses camarades de dortoir, ces yeux qui rappelaient à tous Lily Potter. Mais surtout, surtout, il haïssait son second-genre, qui avait fait de lui une personne faible, soumise et désormais enchaînée au sorcier le plus sadique et le plus hideux de toute l'Angleterre.
Il hurla à s'en casser la voix et martela encore et encore jusqu'à ce qu'il ne ressente plus ses mains, ses doigts devenus rouges et boursouflés. Se couchant sur le côté, il resta un instant comme stupéfié, épuisé, sa volonté anéantie. Il n'avait jamais cru en Dieu, ni en un quelconque esprit supérieur régissant sa vie. Mais s'il existait un Merlin quelque part, il se demanda ce qu'il avait pu faire pour mériter un tel destin.
Il aurait sans doute pu s'endormir là, épuisé par le maelstrom d'émotions qui l'agitait, mais un frisson d'effroi le saisit soudain, le faisant bondir hors de la baignoire. Il ne fallait pas que le mage noir le trouve dans cet état. Il voulait des vêtements pour le protéger, le cacher, aussi maigre ce rempart puisse-t-il être face à sa magie.
Il enfila maladroitement son caleçon, son pantalon et sa tunique, sans même prendre la peine de se sécher, ses gestes rendus maladroits par ses mains blessées. Il avait déchiré ses phalanges à force de frapper, et il pouvait à peine plier ses doigts, mais cela n'avait plus aucune espèce d'importance. Les mains tremblantes, le cœur battant à cent à l'heure, il alla se réfugier dans un coin de la salle de bain, recroquevillé sur lui-même. Après la colère venait la terreur, glacée, qui obnubilait ses pensées, paralysait son corps. Il ne voulait pas revivre ça, plus jamais. Il avait l'impression qu'il deviendrait fou si le monstre le touchait à nouveau.
Pétrifié par l'angoisse, il resta ainsi une bonne heure, jusqu'à ce qu'une petite créature ne pénètre dans la pièce avec un bruit d'explosion, le faisant sursauter et se rencogner contre le mur.
- Delly a préparé un repas pour monsieur l'invité. Le maître a ordonné que l'invité ait à manger. Si monsieur veut bien suivre Delly…
L'elfe de maison tendit une main gracile dans sa direction, mais Harry gémit en secouant la tête, incapable de communiquer. Il ne voulait pas sortir d'ici. Le coin était rassurant. Loin de l'autre porte, celle que le monstre allait emprunter tout ou tard.
Voyant qu'il n'obtiendrait rien de plus de lui, Delly disparut et Harry put replonger dans ses pensées morbides. Son esprit tournait en rond, lui remontrant en boucle les images de la nuit précédente. Il était désormais marqué. Comme du bétail, réduit à l'état d'animal. Était-ce donc cela, la vie d'un Omega ? Méprisé par sa propre famille, emprisonné et violé par un Alpha qui le rendait esclave de son propre corps ? Car cela avait été bien plus puissant qu'un Imperium. Lorsque Voldemort l'avait embrassé, un instinct primaire avait supplanté sa conscience, le transformant en une poupée servile avide de sexe. Cela avait été comme un brasier consumant son corps, dont seul le toucher de son Alpha pouvait le soulager. Il l'avait réclamé en lui, gémit de plaisir sous ses assauts, refermé ses jambes autour de sa taille. Puis il s'était retourné comme un chien obéissant, avait cambré le dos et lui avait présenté son anus frémissant d'envie. Il avait bandé comme jamais et eu l'orgasme le plus puissant de sa vie. Son esprit avait été déchiré en deux, d'un côté l'Oméga, dépourvu de toute rationalité, de l'autre côté Harry Potter.
Accablé par sa situation, épuisé par l'inanition, il pleura longuement avant de s'endormir à même le sol, toujours recroquevillé dans son coin.
***/+/***
La journée de Voldemort avait plutôt bien commencé. Il s'était réveillé avec la sensation d'être vivant, ou tout du moins plus vivant qu'il ne l'avait été ces cinquante dernières années. Et pour cause, cela faisait des décennies qu'il survivait. Il ne mangeait pas, ne dormait pas, respirait à peine. Mais après avoir couché avec Harry Potter et l'avoir marqué comme sien, il avait sombré dans un profond sommeil, et en ce matin du 2 août 1997, il se sentait simplement frais et reposé.
En d'autre circonstances, il aurait été furieux d'avoir cédé à une telle marque de faiblesse, mais la satisfaction de posséder Harry Potter avait balayé toute autre émotion. Il avait brièvement pris le temps d'admirer le jeune sorcier, désormais devenu SON Omega. Il dormait encore paisiblement et avait passé la nuit tout contre lui, son corps nu lui procurant une chaleur divine.
Puis Voldemort s'était levé et habillé avant de rejoindre le manoir Malefoy, endossant à nouveau le rôle de Seigneur des Ténèbres. Il avait écouté les différents comptes rendus des ordres qu'il avait donnés la veille, et ses hommes avaient été plutôt efficaces, aucune erreur n'avait été commise. L'article faisant état de la démission surprise de Rufus Scrimgeour avait été publié à l'aube et Pius Thickness était devenu Ministre de la Magie. De nombreuses maisons de l'Ordre avaient été fouillées et quelques-uns avaient été si terrifiés qu'ils avaient préféré s'enfuir, comme Kingsley Shacklebolt. Son règne débutait décidément sous les meilleurs augures.
Vers midi cependant, les choses avaient changé du tout au tout. Il avait senti son Omega se réveiller, tout comme il avait senti une véritable tornade d'émotions le traverser. Haine envers le mage noir et envers lui-même, dégoût, angoisse... tout son être rejetait le lien avec une violence inouïe. Libéré des phéromones, le jeune sorcier avait pris conscience de ce qu'il avait fait, et son désespoir avait même impacté le mage noir. Car s'il s'était attendu à de telles réactions, il n'avait pas imaginé qu'il les ressentirait lui-même.
Cela avait entaché son excellent début de journée, et en fin d'après-midi, il était à nouveau d'humeur massacrante, distribuant des Doloris à quiconque ne se montrait pas irréprochable. Son inhabituel courroux fut même remarqué par Bellatrix, qui faisait pourtant de son mieux pour satisfaire son maître, allant même jusqu'à lui proposer son corps pour le détendre. Mais il lui avait jeté un regard si réfrigérant qu'elle avait poussé un gémissement larmoyant avant de quitter la pièce avec un air désespéré. Il n'avait pas fait un geste pour la retenir. Depuis qu'il avait goûté Potter, il n'imaginait plus ressentir un plaisir similaire avec une autre personne.
Il était allé tourmenter le vieux Ollivander, lui montrant la baguette de Harry juste pour lui prouver que le jeune sorcier était en sa possession. Le vendeur de baguettes faisait partie de ceux qui lui prêtaient un pouvoir d'"Élu", capable de le détruire, et il avait ressenti une certaine satisfaction en voyant le désespoir sur son visage. Mais cela n'avait guère suffit qu'à le distraire, et à 18 heures, il avait transplané jusqu'à chez lui, impatient de retrouver son jouet humain.
C'est ainsi qu'il le trouva endormi, assis dans un coin de la salle de bain, recroquevillé sur lui-même, les bras autour des jambes et la tête contre les genoux. Il devait être épuisé pour s'endormir ainsi. Son elfe l'avait averti qu'il avait refusé de manger, et il ne put s'empêcher de se demander si l'Oméga aurait suffisamment de détermination pour se laisser mourir de faim. Avec une douceur qui l'étonna lui-même, il souleva le jeune sorcier inconscient pour l'amener sur le lit et l'y allonger. Il recouvrit ensuite les doigts blessés de bandages avant de s'installer à ses côtés, tranquillement assis contre le mur. En une seule journée, l'odeur de l'Omega avait imprégné la chambre, et alors même qu'il le repoussait de tout son être, Voldemort se sentit apaisé par sa seule présence.
Le mage noir avait trouvé un livre sur les Omega en fouillant dans la bibliothèque de Lucius, et il le lisait attentivement lorsque celui-ci reprit conscience. À peine Harry se fut-il aperçu d'où il était et surtout d'à côté de qui il se trouvait, que déjà il sautait du lit, prêt à remettre la plus grande distance possible entre lui et Voldemort. Cependant le mage noir s'y était attendu, et son ordre avait claqué comme un fouet.
- STOP ! Je t'interdis de faire un pas de plus.
Le Survivant s'était immédiatement immobilisé, son instinct d'Omega réagissant à l'ordre de son Alpha. Il gémit et écarquilla les yeux avant de se tourner vers Voldemort, le regard plein de morgue.
- Qu'est-ce que vous m'avez fait !
- Allons, tu sais parfaitement ce que je t'ai fait. Je t'ai marqué comme mien, puis j'ai pris possession de ton corps de la plus agréable des manières. Ne prétends pas que cela t'a déplu. Tu hurlais de plaisir…
Il éclata de rire en voyant le visage horrifié du Survivant. Il était devenu livide et semblait prêt à s'évanouir.
- Je… Pourquoi... mon corps ne m'obéit plus !
Il ne pleurait pas, mais sa voix était éraillée, ses nerfs prêts à lâcher.
- Tu ne le sais pas ? Les ordres d'un Alpha sur son Omega sont absolus. Tu ne peux plus te rebeller, mon petit Harry, et encore moins désobéir à un ordre direct.
Tout en parlant, il avait placé son livre en lévitation et s'était approché, passant un bras autour du cou de Harry qui ne put faire le moindre geste pour s'en défaire. Le jeune sorcier était cependant terrorisé, et Voldemort le savait parfaitement. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu'il pouvait le sentir à travers les vibrations de sa cage thoracique. Avec un sourire sadique, il glissa sa main à travers le col de sa robe sorcière pour la placer directement contre la peau chaude, et l'Oméga se mit à respirer plus vivement, cédant à la panique.
- Non… S'il vous plaît… Laissez-moi…
Un étrange courant d'énergie magique se mit à circuler dans la pièce et le mage noir écarquilla les yeux alors que le lit, mais aussi la table de nuit se soulevaient de plusieurs centimètres au-dessus du sol. Loin de se reculer, l'Alpha referma ses bras autour de son lié et d'une pression de la main, l'obligea à présenter sa gorge. Puis, sans attendre, il se mit à mordiller doucement la peau offerte, répondant à un instinct primaire. Harry gémit brièvement, mais l'instant d'après, tous les meubles retombaient lourdement sur le sol et il s'affaissa entre ses bras, comme privé de ses forces.
De son côté, Voldemort avait perdu son sourire et son regard s'était fait plus calculateur. Il savait que les liens magiques nouvellement créés étaient instables, d'autant plus avec un Survivant pour qui la norme avait tendance à ne pas s'appliquer. Soulevant doucement le jeune sorcier, il le rallongea sur le lit sans le lâcher pour autant. Le lien n'appréciait guère qu'il joue ainsi avec les émotions de son lié, et bien que totalement dénué d'empathie, il savait reconnaître lorsqu'un équilibre était précaire. Adoptant une voix enjôleuse, celle qu'il utilisait pour mettre ses victimes en confiance, il se mit à murmurer à l'oreille de Harry.
- Shhhhh. Calme-toi. Respire doucement. Je te promets que je ne ferais rien que tu ne veuilles pas ce soir.
Entre ses bras, l'Omega reprenait doucement des couleurs et sa respiration s'était apaisée. Il tremblait toujours mais sembla nettement rassuré par la promesse de l'Alpha. Il se redressa après quelques secondes et Voldemort relâcha son étreinte.
- Vous allez tenir votre promesse ?
Le regard du Survivant était sceptique et le mage noir sourit.
- Je suis capable de respecter une parole donnée. À moins que tu n'exiges un Serment Inviolable de ma part.
Immédiatement, Harry secoua la tête.
- Non. De toute façon, ce n'est pas comme si ça vous empêchait réellement de le transgresser.
Le mage noir éclata d'un rire franc.
- Ce n'est pas parce que je suis immortel que je recherche la mort. Crois-moi, cela n'a rien d'agréable. La subir une fois par ta faute m'a bien suffit.
- Par ma faute ? Je n'y suis pour rien si vous avez choisi de croire en cette foutue Prophétie. C'est vous qui avez essayé de me tuer alors que je n'avais qu'un an et je n'y suis pour rien non plus si le sort a rebondi contre moi.
- Ta faute, celle de ta mère, quelle différence ? Mais mettons que je te concède cela. Tu n'as cessé de t'opposer à moi par la suite. Pourquoi donc t'es-tu mis en travers de mon chemin dès la première année ?! Pour te venger ? Tu n'avais que onze ans… Tu ne connaissais pas encore l'existence de la Prophétie...
Le jeune sorcier haussa les épaules et lâcha un profond soupir. Il devait lui être étrange d'avoir une conversation aussi "normale" alors qu'ils étaient assis l'un contre l'autre, cependant il ne fit pas un geste pour s'écarter, et Voldemort s'étonna de la facilité avec laquelle il était parvenu à le calmer. Le Survivant reprit finalement la parole après quelques secondes de silence, comme s'il avait pesé le pour et le contre avant de le lui avouer.
- Je ne sais pas, j'avais le sentiment que c'était quelque chose à faire. J'avais appris votre existence seulement quelques mois plus tôt, on m'avait dit que vous aviez tué mes parents sans même me donner une raison. Et puis Dumbledore m'avait expliqué le fonctionnement du miroir, il m'avait remis la cape d'invisibilité de mon père…
- Évidemment, Dumbledore. Qui d'autre aurait pu te placer en travers de mon chemin... Il est au courant de la Prophétie depuis le début, tu sais, et je parie qu'il s'est bien gardé de t'en informer.
Harry fit une moue, manifestement peu convaincu. Il lui faudrait sans doute du temps avant de cesser d'accorder sa confiance au vieux directeur, mais Voldemort en avait plus que quiconque. Il plissa les yeux, tâchant de ne pas paraître trop impatient. Il était évident que le Survivant avait entendu parler de la Prophétie, la question étant surtout de savoir s'il allait accepter de la répéter ou non...
- Il m'a dit la Prophétie en fait. En juin 1996, après la mort de Sirius. J'étais furieux qu'il m'ait caché tant de choses, je considérais que c'était en partie sa faute si j'étais tombé dans votre piège. Alors j'ai dévasté son bureau et je lui ai ordonné de tout me dire.
- J'aurais aimé voir ça.
- Ouai, j'en doute pas. Mais il s'est bien gardé de tout me dire le jour même. Il me trouvait trop jeune, alors il a semé ses révélations comme des miettes de pain, pendant deux ans… Tout ça pour qu'au final je finisse coincé avec vous pour le restant de mes jours.
Il soupira à nouveau et se rallongea sur le lit, un bras derrière sa tête et les yeux fermés. Mais le mage noir n'avait pas l'intention d'abandonner.
- Puisque c'est une chose claire, pourquoi ne pas me répéter cette Prophétie qui nous concerne tous les deux ? Je crois bien qu'elle est désormais caduque.
Harry tourna un regard suspicieux vers lui, sans doute conscient qu'il essayait de le manipuler. Il faut dire qu'il ne s'était pas montré très subtile, cependant il ne lui avait pas non plus ordonné de lui dire, lui laissant l'opportunité de refuser. Après quelques secondes de silence, le Survivant préféra répondre par d'autres questions.
- Qu'est-ce qui arrive quand un Alpha et un Oméga liés ensemble sont séparés ? Si l'un des deux meurt ou est emprisonné quelque part, par exemple...
Voldemort attira son livre jusqu'à lui et le montra au jeune sorcier à ses côtés.
- Les liaisons Alpha-Omega ayant été sérieusement documentées sont rares. Mais il semblerait que si l'un meurt, l'autre sombre dans la folie et finisse par mettre fin à ses jours. Quant à ton autre hypothèse, j'imagine que s'ils ne peuvent se voir pendant une trop longue période, cela donne à terme le même résultat. Un symptôme de manque perpétuel, des chaleurs qui deviennent de véritables calvaires, l'impossibilité de ressentir le moindre plaisir avec qui que ce soit d'autre… Tu vois, il n'y a plus aucun risque que je te tue, Harry. Je tiens trop à mon esprit pour cela.
Tout en parlant, il s'était penché au-dessus de son Omega, espérant insuffler au Survivant confiance en ses paroles, mais celui-ci avait immédiatement détourné le regard. Finalement, alors qu'il pensait qu'il ne lui dirait pas, il se mit à marmonner la Prophétie avec un air blasé.
- Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche. Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal. Mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Fin de citation. Et dire que c'est cette tarée de Trelawney qui l'a réalisée. Ma vie aurait été plus simple si personne n'avait prêté attention à ses divagations.
Le mage noir pinça les lèvres, méditant sur ce qu'il venait d'apprendre.
- Je me doutais que tu la connaîtrais par cœur. Pourtant, tu ne sembles pas y croire...
- Je ne sais pas. Dumbledore disait que c'est vous qui l'aviez rendu réelle en essayant de me tuer. Et puis regardez où on en est. C'est exactement le contraire qui est arrivé. On est enchaîné l'un à l'autre sans pouvoir se tuer à moins de perdre l'esprit.
- Vois cela comme une seconde chance. N'étais-tu pas terrifié à l'idée de m'affronter ? Je t'aurais pourchassé sans relâche jusqu'à ce que tu rendes l'âme… Et soyons réaliste, tu n'es encore qu'un jeune sorcier, même si tu es puissant magiquement, tes connaissances sont pour le moins limitées. Qu'aurais-tu donc pu faire face à moi ?
Harry haussa à nouveau les épaules, mais Voldemort avait le sentiment qu'il savait très exactement comment faire pour lui nuire. Depuis le début, il suspectait le vieux directeur d'avoir donné une mission au Survivant, et il le provoquait à dessein dans l'espoir qu'il le lui dise.
- Une seconde chance ? Je vais finir fou à vos côtés. Je vous déteste. Et le lien me pousse à faire des choses qui me répugnent. Je passe tout mon temps enfermé ici… J'aurais encore préféré mourir.
- Lorsque tu te seras un peu mieux acclimaté à cette situation, je pourrais éventuellement te permettre d'accéder aux autres pièces de la maison. Mais ne te trompe pas, tu restes mon prisonnier. Ta cage est simplement plus confortable.
Avec un soupir, le Survivant se retourna et ferma les yeux. Il les rouvrit quelques secondes plus tard et se redressa, comme traversé d'une pensée soudaine.
- Dites… Euh… On m'a dit que… Les Omégas pouvaient tomber… enceint…
Il ne termina pas sa phrase, mais le mage noir sourit largement en voyant l'air terrifié du jeune sorcier.
- Ce serait un grand honneur pour toi… Cependant, ce n'est pas dans mes projets pour le moment. Tu es trop jeune et trop instable pour porter l'héritier de Serpentard. Je me contenterais d'user de ton corps. Je mettrais la potion abortive dans ta nourriture, au moins cela t'incitera peut-être à prendre tes repas…
L'Oméga écarquilla les yeux et se recoucha avec un profond soupir de dépit. Au vu de l'état dans lequel Voldemort l'avait trouvé, cela faisait vraisemblablement presque trois jours qu'il n'avait rien mangé, cependant il ne semblait pas disposé pour autant à le faire dans l'immédiat. Le mage noir retourna donc à sa lecture, appréciant la quiétude ambiante. Harry s'endormit rapidement, et il en profita pour réfléchir plus posément à l'avenir qui s'offrait à lui, à présent qu'il avait un Oméga derrière lui. Du point de vue du lien, il ressentait ses émotions avec une netteté effrayante, il était capable de le faire obéir sur des ordres brefs, il pouvait le calmer en un instant et bien entendu il lui était aisé de l'exciter sexuellement. Cependant, si la brève crise de tout à l'heure lui avait appris quelque chose, c'était qu'un Survivant poussé dans ses retranchements pouvait se montrer dangereusement instable. Il avait déjà eu un aperçu de la puissance du jeune sorcier et il n'avait pas vraiment envie qu'une tempête de magie pure se déclenche dans sa maison…
***/+/***
Le lendemain matin, Harry se réveilla avec une faim dévorante. Il était à nouveau seul, et la pièce était toujours plongée dans les ténèbres, mais à peine avait-il fait quelques pas hors du lit que l'elfe de la veille surgissait devant lui avec un bruit de pétard. La petite créature claqua des doigts, et l'instant d'après, une multitude de bougies en lévitation apparurent çà et là, nimbant la pièce d'une douce lumière.
- Le maître a ordonné à Delly de préparer un repas pour monsieur Harry. Si monsieur Harry n'aime pas, monsieur Harry doit dire à Delly ce qu'elle doit préparer.
Le jeune sorcier n'avait pas oublié les propos de Voldemort de la veille, mais même sans cela, il aurait mangé avec appétit tant il était affamé. Il vida consciencieusement le plateau repas avant de réclamer un second plat à l'elfe. Et s'il devenait si gros et difforme que Voldemort ne le désirait plus ? Au vu de son poids actuel, cela allait prendre des mois, et il n'était pas certain que sa santé mentale tienne jusque-là.
Alors qu'il attendait que Delly revienne, son regard tomba sur les couverts en métal entre ses mains. Et s'il essayait… ?
À l'aide de son couteau, il tordit la dent médiane de la fourchette pour former un angle droit. Puis, plissant les yeux, il s'avança jusqu'à la porte par petits pas. C'était une vieille maison moldue et la porte de la chambre avait une serrure assez simple à crocheter. Il se remémora son enfance. C'était le même type de serrure que sur la porte de son placard, et lorsqu'il était petit, lorsque la faim se faisait trop forte, il sortait à la nuit tombée pour aller voler un peu de nourriture dans la cuisine. Sa vie était plutôt simple à l'époque, en comparaison à aujourd'hui. S'il avait été un Cracmol, il serait allé dans ce collège de quartier, enfin libéré de Dudley et il aurait sans doute mené une vie bien plus tranquille…
Il secoua la tête et se concentra sur sa tâche. Quelque temps auparavant, il n'aurait jamais pensé pouvoir un jour regretter d'être un sorcier, et pourtant...
Son cœur bondit dans sa poitrine en entendant le claquement caractéristique de la serrure tournant sur elle-même. Il avait réussi ! Privé de ses lunettes, il allait sans doute être compliqué de se déplacer, mais de toute façon, que risquait-il de pire ? Voldemort ne pouvait pas le tuer, et sa vie était déjà un cauchemar…
Il s'aventura dans la pièce suivante. Il s'agissait d'un salon. Chaque mur était occupé par une large bibliothèque, et un grand bureau se trouvait dans un coin, recouverts de dizaines de parchemins. Curieux, il s'approcha doucement, veillant à ne pas trébucher sur quelque chose. Le monstrueux serpent du Lord ne semblait être présent mais il préférait être prudent. Dans son univers flou, il percevait différents objets sur les étagères, sans pouvoir les identifier cependant. Peut-être l'un d'eux lui permettrait-il de s'enfuir ?
Il tâtonna les rebords à différents endroits avant de laisser échapper une exclamation de joie en reconnaissant sa baguette. Le mage noir l'avait simplement posé sur un rayonnage, et il se senti regonflé par l'espoir en s'en saisissant. Il allait pouvoir transplaner !
Il était nu pieds, mais il n'attendit pas une seconde de plus. Il se précipita vers la porte d'entrée et l'ouvrit d'un informulé, son esprit tout entier tourné vers son but. Sortir. S'échapper. Loin. Dans un lieu impénétrable. Ses possibilités n'étaient pas si vastes. Il était bien trop mortifié pour retourner au Terrier ou chez Elphias Doge, et surtout, il ne voulait pas les mettre en danger par sa présence. Il ne pouvait pas non plus aller à Poudlard, et à Privet Drive, la protection de sa mère était désormais caduque. Restait le Square Grimmaurd, avec son Fidelitas. Rogue en connaissait l'existence, mais dans l'immédiat, c'était la meilleure solution.
Il transplana à Londres et courut droit devant lui à peine eut-il senti le béton sous ses pieds. Il n'avait pas le temps d'hésiter. Il bondit en haut du perron et frappa de sa baguette la porte qui mit quelques douloureuses secondes pour se déverrouiller, produisant une série de cliquetis métalliques d'un autre temps. Lorsqu'enfin le tintement d'une chaîne annonça l'ouverture de la porte, son cœur battait à tout rompre. Il se précipita à l'intérieur avant de claquer le panneau en un mouvement paniqué.
Dans le long hall d'entrée, les vieilles lampes à gaz s'allumèrent d'elles-mêmes, projetant leur lueur vacillante sur l'escalier et les têtes d'elfes de maison empaillées. Harry prit le temps de reprendre son souffle avant de faire un pas de plus. C'était bien la première fois que l'endroit lui semblait aussi rassurant. De longs rideaux sombres masquaient le portrait de Walburga Black et les patères étaient toujours recouvertes de toiles d'araignées, en revanche le porte-parapluie en forme de jambe de troll était renversé, comme si quelqu'un était partit précipitamment.
Il fit un pas en avant, mais une voix résonna alors dans la pénombre, le faisant sursauter.
- Severus Rogue ?
Sa peau se couvrit de chair de poule en reconnaissant la voix de Maugrey Fol Oeil.
- Maugrey, c'est vous ? C'est Harry ! Harry Potter !
Il fit un nouveau pas en avant, cherchant la silhouette de l'Auror, mais sans ses lunettes, il ne pouvait y voir bien loin. Quelque chose siffla au-dessus de sa tête et sa langue s'enroula sur elle-même, l'empêchant de dire le moindre mot. Il porta instinctivement la main à sa bouche, mais déjà le sortilège s'était dissipé, et il soupira de soulagement. Sans doute était-ce là des mesures de sécurité prises par l'Auror suite au décès de Dumbledore.
À peine eut-il pensé cela qu'une haute silhouette grise apparut à quelques mètres de lui. Il recula par réflexe, songeant tout d'abord qu'il s'agissait d'un fantôme, mais l'apparition fonça vers lui, ses bras tendu droit devant, et il finit par la reconnaître. Il s'agissait d'Albus Dumbledore, mais dans une version décharnée, squelettique, aux orbites vides et noirs. Cette fois, le jeune sorcier tomba en arrière, se recroquevillant sur lui-même.
- Non ! Je n'y suis pour rien ! Professeur ! Ce n'est pas moi qui vous ai tué !
Il avait instinctivement rabattu ses mains au-dessus de sa tête, s'apprêtant à recevoir un coup. Mais lorsqu'il jeta un regard entre ses bras, l'apparition avait disparu. Son cri avait en revanche réveillé la mère de Sirius, qui s'était mise à hurler dans son cadre, et il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits, tremblant de tous ses membres. Il se sentait désespérément seul sans Ron et Hermione. Il ferma un instant les yeux, le temps de retrouver une respiration normale. Toutes ces mesures avaient-elles été mises en place pour empêcher Rogue de fouiller ? Il espérait ardemment que ce soit la dernière, car il n'était pas certain que son cœur survive bien longtemps à tout ce stress, et il n'avait pas d'autre endroit où aller...
Il se releva finalement après une minute entière, tendant sa baguette d'un geste machinal en direction du portrait. Une gerbe d'étincelles heurta les rideaux qui se refermèrent brusquement, réduisant la matriarche au silence. Les nerfs à vif, il monta les marches en direction du premier étage. Manifestement, il était bel et bien seul dans la maison.
Il rejoignit tout d'abord le salon, épuisé par toutes ses émotions. Cela ne faisait qu'à peine une heure qu'il était levé, mais il avait déjà envie de s'écrouler. Il s'allongea sur le canapé poussiéreux et prit le temps de réfléchir à sa situation. Il était seul dans une vieille maison sorcière rendue incartable et protégée par un Fidelitas, il était donc en relative sécurité. Cependant, il n'avait aucune affaire de rechange, ni même ses lunettes ou ne serait-ce qu'une paire de chaussures. Le Ministère était tombé et Voldemort allait probablement lancer tous ses Mangemorts à sa poursuite dès qu'il s'apercevrait de sa disparition. Il allait bien être forcé de sortir de son trou à un moment ou un autre, ne serait-ce que pour trouver à manger, et ils n'auraient alors pas grand mal à le cueillir. Il n'avait pas d'argent sur lui, sa cape d'invisibilité était probablement toujours chez Elphias Doge, et surtout il était un Oméga…
Il commençait à percevoir la fatalité de sa situation. Voldemort allait le retrouver tôt ou tard et lui faire payer sa fuite. Il allait le violer à nouveau, user son corps sans qu'il ne puisse opposer la moindre résistance. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne devienne fou. Il n'avait pas la moindre piste concernant les Horcruxes alors que cinq restaient probablement à localiser, et il ignorait jusqu'à la forme de deux d'entre eux…
D'un autre côté, il avait désormais un moyen bien plus simple pour ébrécher l'immortalité du mage noir. Il avait fait l'erreur de le lier à lui, pour le soumettre et le torturer. Il allait le payer.
À pas lents, il se rendit dans la salle de bain du 1er étage, et il se positionna un instant devant la glace. Son regard tomba immédiatement sur la marque de dents violacée qui ornait sa gorge. La marque de son lien. Voldemort l'avait mordu de toutes ses forces, pourtant ce n'était pas douloureux. Elle allait déjà en s'estompant, alors que le lien, lui, était bel et bien définitif. Que penseraient ses amis s'ils savaient la vérité ? Qu'il avait éprouvé du plaisir et avait joui sous les caresses de Voldemort... Qu'il s'était laissé pénétrer et avait même écarté les jambes... Que se trouver dans ses bras le rassurait désormais ? Ils le regarderaient sans doute avec dégoût et horreur. Maintenant qu'il repensait à sa quête, c'était ridicule. Kingsley, Bill et Remus étaient forcément bien mieux armés que lui pour chercher les Horcruxes… Et une fois fou, le Seigneur des Ténèbres perdrait peu à peu le soutien de ses Mangemorts, il commettrait des erreurs. Oui, c'était décidément la meilleure chose à faire…
Serrant ses doigts encore bandés, il donna un violent coup de poing dans le miroir qui se brisa sous le choc, répandant une myriade d'éclats argentés autour du lavabo. Il avait frappé de toutes ses forces et un fragment s'était fiché dans sa chair. Il le retira d'un geste tremblant, regardant avec une fascination morbide son sang s'épancher sur les bandages. Ça avait quelque chose d'apaisant, comme lorsqu'il avait frappé ses poings contre la baignoire la veille.
L'adrénaline réchauffait son corps et atténuait la douleur. C'était le moment d'en profiter. Il empoigna fermement l'un des plus gros éclats pour l'utiliser comme un couteau. Il était temps… temps d'avoir le courage de faire ce qu'il fallait. Peut-être allait-il retrouver ses parents… Sirius… Dumbledore…
Il prit une profonde inspiration et trancha vivement la peau juste au-dessus de son poignet. Encore. Ce n'était pas assez. Rageusement, il recommença. Un deuxième trait carmin, un peu plus haut. Sa peau s'ouvrait si facilement… Comme une étrange viande blanche gorgée de sang. Encore, une troisième fois.
Il imagina qu'il poignardait Voldemort et il planta cette fois son arme improvisée dans son bras gauche, lui occasionnant un cri de douleur. Ça faisait mal, mais ce n'était pas grave. Il l'avait mérité, pour s'être laissé faire. Et puis, il faisait aussi une bonne action, après-tout, n'était-ce pas ce qu'on attendait de lui ? Il était l'Élu, celui qui devait affronter le Seigneur des Ténèbres. Il avait simplement choisi sa manière de faire.
Il sentit sa vue se brouiller un peu plus lorsque des larmes se mêlèrent à sa myopie. Était-ce les siennes ? Il n'était pas triste pourtant... Dans quelques minutes, il allait être libéré. Libéré de cette prophétie, de ce fardeau qui lui avait semblé si lourd. Libéré du regard des autres, de leurs jugements. Libéré de ce lien qui l'enchaînait à un monstre.
Serait-ce suffisant ? Il sentit le paysage tourner autour de lui et il se demanda combien de temps il allait mettre pour mourir. Il voulut trancher à nouveau sa chair, par précaution, mais sa main droite avait lâché le fragment, ses forces sapés par des fourmillements douloureux. Le verre avait entaillé ses doigts et il se laissa tomber sur le côté avant de s'allonger complètement sur le sol. Le tableau devait avoir une certaine esthétique, sa peau pâle contrastant avec le marbre noir, les morceaux de miroir éparpillés autour de lui comme des étoiles. Et son sang.
Il rit doucement alors que son rythme cardiaque s'accélérait une dernière fois pour compenser la perte de sang. Il imaginait le désarroi de Voldemort, sa rage, son impuissance, et cette seule idée le conforta dans sa décision. Il aurait presque aimé revenir en fantôme pour voir ça. Ou le hanter. Le voir sombrer dans la folie à son tour… Ça aurait sans nul doute égayé sa non-vie.
Il ferma les yeux pour profiter du silence ambiant. Les lieux étaient paisibles, c'était sans doute mieux qu'un champ de bataille. Il espérait cependant que les choses ne dureraient pas trop. Il commençait à avoir froid. Au moins, avec un Avada, la mort était instantanée.
Il s'endormit doucement, un large sourire aux lèvres. Sa vie avait été courte, mais finalement c'était une belle mort…
***/+/***
Ce matin encore, Voldemort avait quitté son domicile d'excellente humeur. Il avait passé la nuit à lire, confortablement installé aux côtés du Survivant, et il avait bien progressé dans ses recherches. Il détestait ne pas comprendre quelque chose et il comptait bien éclaircir les moindres aspects de leur lien. Parmi les avantages documentés d'une relation Alpha-Omega, quelques grimoires faisaient notamment état d'une augmentation de puissance magique entre les deux partenaires, ce qui n'était pas sans l'intéresser. Cependant, cela nécessitait manifestement une grande affinité émotionnelle et il ne risquait pas d'atteindre ce cap de sitôt avec le jeune homme.
Le Survivant continuait, assez légitimement, de le haïr, il avait cependant été étonné de s'apercevoir que ce n'était plus son cas. Plus que de l'avoir lié, c'était le fait de l'avoir en sa possession qui y contribuait le plus. Il ne craignait plus la Prophétie, le champion de Dumbledore ne risquait plus de contrecarrer ses plans et il avait apprécié de discuter avec le jeune sorcier qui, malgré son passif, était loin d'être stupide. De manière plus terre à terre, son Omega était plutôt un bel homme. Il ne s'était jamais posé de questions sur sa sexualité, mais il devait bien admettre que même sans les phéromones, Harry avait un corps agréable à regarder. Il avait une peau pâle et glabre, une taille fine, bien proportionnée, des cheveux bruns et des yeux verts comme la couleur de Serpentard. Il dégageait une agréable chaleur, contrastant avec sa propre température corporelle, et il avait l'âge idéal pour être modelé selon ses envies. Le mage noir avait pris sa virginité après-tout, et il ne connaîtrait que lui tout au long de sa vie. D'ici quelques années, il ferait le parfait compagnon pour son immortalité. Il ne lui manquerait plus qu'à l'obliger à faire un Horcruxe et le tour serait joué...
Severus lui avait dit que le garçon était un fourchelang, et cela l'avait grandement intrigué, car il était à sa connaissance, le dernier descendant vivant de Serpentard. Cependant, il en était plutôt satisfait, voyant cela comme un signe supplémentaire que le Survivant était fait pour lui. Il avait hâte de lui présenter Nagini plus officiellement et de les entendre interagir ensemble.
La veille, il avait averti ses hommes que Harry Potter était en sa possession, et il avait assisté à une véritable scène de liesse. Comme promis, les deux jeunes Mangemorts responsables de sa capture avaient été intronisés parmi les membres du premier Cercle. Désormais il allait pouvoir entamer les réformes de fond pour façonner le pays selon ses désirs. Severus, Alecto et Amycus étaient déjà à Poudlard pour réformer l'Éducation, tandis que Yaxley et Travers avaient trouvé bon nombre de soutiens au Ministère. Comme si la population avait attendu cette ère avec impatience…
Lorsqu'il sentit Harry se réveiller, c'était le milieu de la matinée, et il lui sembla moins déprimé que la veille. Il avait dû manger cette fois-ci, poussé par son stratagème. En vérité, il avait profité du sommeil du jeune sorcier pour lui administrer la potion, mais il fallait qu'il se nourrisse et c'était une bonne manière de l'inciter à prendre un repas complet.
Pour le moment, il n'avait aucune raison d'utiliser la capacité des Omégas à enfanter, puisque Bellatrix le satisferait d'ici peu de ce côté. Ainsi, le jeune sorcier garderait un corps svelte, disponible pour son propre plaisir.
Satisfait de la relative accalmie dans le cœur de son prisonnier, il s'était ensuite concentré sur ses propres affaires. Grâce à l'Occlumancie, il pouvait se déconnecter quelque peu des pensées de son lié, il fut donc passablement désappointé lorsque de violentes émotions refirent soudainement surface, près d'une heure après son réveil. De quel droit osait-il envahir ainsi son esprit ? Peut-être pourrait-il lui administrer un puissant somnifère chaque jour pour être certain qu'il ne le dérange pas… Il secoua la tête sans y prêter davantage attention. Il devait s'ennuyer et repenser à sa situation, voilà tout…
Lorsqu'une vive douleur se fit ressentir au niveau du cœur, il écarquilla cependant les yeux. Harry était censé être en sécurité, chez lui, sous la surveillance de son elfe. Il n'avait aucun moyen de se blesser gravement… Il fit signe à son interlocuteur de quitter la pièce avant de fermer les yeux, remontant la connexion qu'il partageait avec le jeune sorcier. Auparavant, cela lui occasionnait de désagréables brûlures, mais à présent qu'il était son Omega, il pouvait le faire sans risque.
Il aperçut de brèves images... Du marbre noir, des éclats de verre, du sang. Il se retira immédiatement de son esprit et s'empressa de quitter le Manoir Malefoy pour transplaner jusqu'à chez lui.
Il trouva son elfe de maison larmoyant en plein milieu du passage et pénétra dans la maison sans même lui accorder un regard. La chambre, la salle de bain. Les lieux étaient déserts. Il s'aperçut alors que la baguette de Harry avait disparu. Il avait réussi à s'enfuir !
Voldemort se força à se calmer et se concentra. Il n'y avait pas tellement d'endroits où il pouvait se rendre. Le Survivant était nu pieds et n'avait pas ses précieuses lunettes, il y avait donc peu de chance qu'il entame une longue marche.
Le mage noir tenta d'ignorer la douleur qui semblait le déchirer de l'intérieur. Son Omega était en train de mourir. Le temps lui était compté. Il avait lu la veille qu'il pouvait localiser son lié en cas de besoin… Il ferma les yeux et remonta les pensées de Harry pour mieux visualiser le lieu où il devait se rendre. Il voyait une vieille maison sorcière. Une rue moldue… Son regard tomba sur une plaque de rue ornant une grille. Square Grimmaurd… Londres !
Severus lui avait parlé du quartier général de l'Ordre, dont avait hérité Harry… Le 12 Square Grimmaurd. Il transplana en un clin d'œil, apparaissant au milieu d'un trottoir bétonné heureusement désert. La maison était juste sous ses yeux. Il fallait faire vite. Il vola jusqu'au perron, baguette toujours à la main. D'un geste, il détruisit la porte, peu soucieux de rester discret. Le hall était plongé dans l'obscurité, mais la destruction de la porte avait réveillé un tableau représentant une sorcière à l'air austère. Son visage lui était familier, mais il ne s'en préoccupa pas davantage, humant l'air pour localiser son Omega. En haut.
Alors qu'il allait s'engager dans les escaliers, une voix rocailleuse prononça le nom de Rogue et un sort fusa au-dessus de sa tête. Il invoqua instinctivement un bouclier pour se protéger. Il n'avait certainement pas de temps à perdre avec de vulgaires pièges magiques ! Il prit cependant une seconde pour sonder le couloir. Il avait beau être pressé, il n'avait pas oublié où il était. Il venait de pénétrer dans l'ancien QG de l'Ordre du Phénix, et il ne pouvait laisser son inquiétude pour Harry prendre le pas sur son sang-froid. Lorsque la silhouette cadavérique de Dumbledore apparut, il la dissipa immédiatement. Était-ce donc cela les mesures de sécurités de la rébellion ? Il en aurait sans doute ri, en d'autres circonstances.
Il atteint enfin le premier étage, localisant en une seconde la pièce où se trouvait le jeune sorcier. La porte s'ouvrit devant lui, dévoilant une scène impressionnante. Son Omega était là, gisant dans son sang, le teint plus pâle que jamais.
D'un geste, il récupéra tous les fragments de verre, recomposant le miroir comme si rien ne s'était passé. Au moins, aucun morceau ne s'était fixé dans sa chair. Il avisa ensuite les profondes entailles dans le bras gauche de Harry et commença à les refermer magiquement. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus fait de médicomagie, heureusement il se souvenait des bases. Le Survivant en récupérerait sans doute quelques cicatrices, mais le plus urgent était de suturer les plaies.
Le mage noir parvint rapidement à bout des différentes blessures et souleva doucement le corps inanimé. La peau de son oméga était anormalement froide. Il l'amena donc jusqu'au salon et invoqua un feu magique dans la cheminée avant de s'installer juste devant, le blessé sur ses genoux. Il ne voulait plus le lâcher, pas après avoir été si proche de le perdre. Il resta ainsi quelques minutes, perdu dans ses pensées. Il était dans un état second, schizophrène, déchiré entre plusieurs émotions puissantes.
La colère d'une part, contre le Survivant, pour s'être enfui et avoir essayé d'attenter à sa vie. Puis l'angoisse, pour être passé si près de la chute. Enfin le soulagement, pour être parvenu à temps.
Mais le sentiment qui prédominait, c'était le remords. Après avoir consacré son existence entière à chercher l'immortalité, il avait fait la bêtise de se lier avec un Oméga. Ces deux derniers jours, il s'était obstiné à ne voir que les aspects positifs, refusant d'affronter la réalité. Mais aujourd'hui, il ne pouvait plus l'ignorer. C'était comme si la Magie elle-même avait voulu lui donner une leçon, l'obligeant désormais à protéger celui qu'il avait tout fait pour tuer, et ressentir un simulacre d'affection alors qu'il avait toujours méprisé cette émotion.
S'il avait été lui-même, il aurait réveillé Harry à coups d'Enervatum avant de le torturer pour avoir osé lui désobéir. Et au lieu de ça, il le tenait précautionneusement entre ses bras, ridiculement effrayé à l'idée de le blesser…
L'Alpha se releva finalement au bout d'une dizaine de minutes. Il ne pouvait pas rester ici, des membres de l'Ordre pouvaient arriver d'un moment à l'autre et s'il était invincible en duel, il n'avait jamais essayé de combattre en protégeant quelqu'un. Il fit apparaître une épaisse cape pour y enrouler son précieux chargement avant de ressortir de la demeure et de transplaner.
Une fois chez lui, Voldemort allongea le Survivant sur le lit avant de s'installer dans son laboratoire de potion. Heureusement, il était plutôt bien pourvu, il avait donc tout ce qu'il fallait sous la main. La potion de régénération sanguine était simplissime et il en brassa plusieurs fioles avant de réfléchir à ce qu'il pourrait faire par la suite. Harry était particulièrement obstiné et s'il ne se montrait pas prudent, il arriverait bien tôt ou tard à mettre fin à ses jours. Il ne pouvait pas le surveiller constamment, son règne venait tout juste de commencer et il était hors de question de laisser ses Mangemorts prendre des décisions à sa place.
D'un autre côté, le lien l'incitait à prendre soin de lui, et pour la première fois, il envisagea de suivre son instinct. Il n'était pas du genre à se soumettre à la fatalité, et puisqu'il ne pouvait se défaire du lien, il allait devoir en faire une force.
Dès qu'il en avait appris l'existence, il avait littéralement tout fait pour empêcher cette maudite Prophétie de se réaliser. Il n'était donc pas contre transgresser quelques-uns de ses propres principes si cela pouvait lui permettre d'avoir Harry Potter de son côté. Avec l'aide du lien, c'était largement possible. Il s'imaginait déjà face à l'Omega aliéné par les phéromones, prêt à tout pour le satisfaire. Il l'avait déjà fait, il était doué pour charmer les gens, inspirer la confiance… Il lui suffirait d'écouter l'Alpha en lui… Et lorsque le jeune sorcier se serait suffisamment attaché à lui, il lui ferait diviser son âme. Ce plan avait de nombreux avantages. Bien sûr, il allait devoir se retenir de le tourmenter... Mais outre la satisfaction de pervertir le protégé de Dumbledore, il serait sans doute agréable d'avoir un amant prompt à lui offrir son corps et à lui permettre de se détendre.
Pour l'heure, il devait trouver quelque chose qui ferait plaisir à Harry Potter. Une attention qui lui semble suffisamment désintéressée pour le surprendre mais qui ne lui coûte rien de trop. Il savait que son Omega tenait beaucoup à ses amis, mais il était impensable de le laisser correspondre avec qui que ce soit. Et au vu de leur inimitié, il doutait fortement que le conduire auprès de Drago Malefoy lui ferait plaisir. Mais il y avait des choses plus pragmatiques qui pourraient rendre plus douce sa captivité… Il repensa à ses horribles lunettes. Il ne devait pas y voir grand-chose sans elles. Il pouvait sans doute lui confectionner un sérum qui améliorerait sa vue, et pourquoi pas lui permettre de lire ses livres au salon. Il devait simplement augmenter la sécurité de ses issues pour s'assurer qu'il ne lui fausse pas à nouveau compagnie…
***/+/***
Lorsque Harry reprit conscience, il gémit tant son corps était douloureux. Il se sentait faible, frissonnant, les muscles pétris de courbatures et la tête lancinante. Ses bras… Il préféra ne pas bouger le gauche, mais lorsqu'il voulut porter sa main droite à son front, il comprit qu'il était emmailloté dans une sorte de couverture.
Tout était silencieux autour de lui, et en l'absence de lumière, il ignorait où il se trouvait, mais quel que soit l'endroit, cela signifiait que sa tentative de suicide avait avorté. Peut-être un membre de l'Ordre l'avait-il trouvé au Square Grimmaurd et s'était-il efforcé de le sauver ?
À l'instant même où il pensait cela, la lumière s'alluma tout d'un coup, et il referma immédiatement les yeux en gémissant. Plus que la brusque luminosité, l'arrivée de son sauveur dans la pièce avait amené son odeur, et il l'avait immédiatement reconnue. C'était celle de son Alpha, Lord Voldemort en personne. Ses larmes se remirent à couler d'elles-mêmes alors que le mage noir s'asseyait sur le lit et le libérait de l'épaisse couverture. Il était torse-nu, et son regard se posa immédiatement sur les quatre cicatrices qui ornaient dorénavant son bras gauche. Il s'attendait à recevoir des remontrances pour sa fuite et sa tentative de suicide, mais Voldemort l'aida à se redresser, posant une main fraiche sur son front endolori.
- Harry. Bois ça, tu te sentiras mieux. Tu as perdu beaucoup de sang.
Il lui présenta une fiole d'une potion rouge sang et Harry s'en saisit d'une main tremblante. Il reconnaissait une potion de Régénération sanguine, comme celle prescrite à Arthur Weasley lorsqu'il était hospitalisé à Ste Mangouste après avoir été attaqué par Nagini.
Il la vida doucement, prenant son temps pour ne pas s'étouffer. Il détestait l'admettre, mais il voulait rester dans les bras de son Alpha. À l'inverse de toute rationalité, il s'y sentait étrangement protégé, et il s'affaissa un peu plus contre le torse du mage noir, comme s'il était trop faible pour tenir droit. Malgré cela, il ne put s'empêcher d'invectiver Voldemort, comme pour se rassurer sur ses propres sentiments.
- Je vous hais tellement.
- Le contraire m'eut étonné. Mais grâce au lien, tu apprendras à m'aimer, tout comme j'apprendrais à passer outre ton insupportable caractère et ton manque total de savoir-vivre.
- Prenez-en à vous-même ! J'aurais peut-être été mieux éduqué si j'avais eu des parents. Quoi que, nous avons ça en commun, élevé par des moldus qui nous détestent !
Piqué au vif, le mage noir referma ses doigts autour de sa gorge, le dardant de ses yeux carmin.
- Oh non, pour toi, c'est purement génétique. Potter était aussi insupportable que toi. Toujours à fouiner partout, à se mêler de ce qui ne le regardait pas... Et aussi bêtement arrogant que toi.
- Pourquoi m'avoir marqué alors !? Vous allez devoir me supporter jusqu'à ma mort ! Vous êtes cinglé…
Harry avait élevé la voix sous le coup de la colère, mais étonnamment, Voldemort desserra ses doigts, caressant doucement la marque de son pouce.
- Oh Harry, te voir écarter les cuisses pour moi est bien trop satisfaisant… Je ne m'en lasserais jamais, je le crains. Maintenant je peux savoir en tout temps où tu te trouves, même quand tu te caches dans un repère de l'Ordre sous Fidelitas. Tu ne peux plus m'échapper, plus rien me cacher. Quelle meilleure vengeance que cela ?
- Je… Je vais devenir fou… C'est impossible…
Le jeune sorcier sentit ses nerfs craquer face à l'implacable vérité. Lui qui pensait ébrécher le mage noir à travers sa tentative de suicide, se retrouvait au point de départ, pleurant devant son pire ennemi, terrassé par la détresse morale et la douleur de ses blessures. Comme pour le rassurer, son bourreau caressa doucement ses cheveux.
- Si tu ne veux pas perdre l'esprit, il n'y a qu'une seule solution... Abandonne-toi au lien. Laisse-toi aller. Cesse de résister à l'inéluctable et tu arrêteras de souffrir. Tu as pu constater l'autre soir que ce n'était pas désagréable. Alors pourquoi lutter ?
- NON ! Je vous déteste ! Aucun lien magique ne pourra jamais me faire vous aimer !
Face à sa soudaine hargne, le mage noir se leva, baguette à la main.
- Très bien, puisque tu le prends comme ça… Delly !... Endoloris !
À peine la créature était-elle apparue dans la pièce qu'elle avait reçu l'impardonnable, et se tortillait à présent sur le sol en couinant de sa voix suraiguë.
- Arrêtez ! Mais pourquoi vous la torturez ! Pourquoi vous lui faites ça !?
- C'est à cause de sa négligence, si tu t'es enfui. Et je ne peux peut-être plus te torturer physiquement, mais n'oublie pas que j'ai bien d'autres moyens de pression sur toi…
Il n'avait même pas élevé la voix, comme si faire souffrir quelqu'un ne représentait plus pour lui qu'un ennuyeux passe-temps.
- Je vous en prie, arrêtez ! C'est uniquement de ma faute… Je vous demande pardon, je vous promets que je ne le ferais plus !
Voldemort s'arrêta un instant, comme s'il réfléchissait. Puis il relança son sort, alors que l'elfe avait à peine eu le temps de reprendre son souffle.
- Hum, non. Ce n'est pas assez. Endoloris.
- Je… Je ferais ce que vous voulez… S'il vous plaît… Je vous en supplie…
Harry était à présent plié en deux sur le lit, le visage inondé de larmes. Il souffrait littéralement avec l'elfe et le mage noir l'obligea à se redresser pour le forcer à le regarder dans les yeux.
- Ce que je veux, vraiment ? N'oublie pas ta parole, Harry, ou je me verrais contraint de la torturer à nouveau…
Il sécha ses larmes tant bien que mal et hocha la tête. Il était terrifié à l'idée de ce qu'il pourrait exiger de lui, mais il était déterminé à protéger l'elfe coûte que coûte.
- Oui… S'il vous plaît, ne le faites plus… Je ferais ce que vous me demanderez.
- Très bien, dans ce cas, je vais demander quelque chose d'assez simple à respecter. Je veux que dorénavant tu répondes à mes baisers.
Cette fois, il écarquilla les yeux. Il était loin de s'attendre à une telle requête… Il inspira longuement pour achever de se calmer. C'était en réalité assez difficile à respecter, car il allait devoir se faire violence pour répondre aux… baisers… d'un homme pour qui il ne ressentait que de la haine et du dégoût. À la simple idée de sa langue dans sa bouche… Il se mit à trembler malgré lui et ferma les yeux, se remémorant ses mains blafardes sur son corps nu.
Mais alors qu'il n'avait pas encore eu le temps de se faire à l'idée, il sursauta en sentant à nouveau la main du mage noir se poser sur son menton.
- Allons, je ne demanderais rien de plus ce soir. Un simple baiser…
Et sans attendre sa réponse, il déposa ses lèvres sur les siennes. Elles étaient froides, mais conformément à sa promesse, il ouvrit immédiatement la bouche pour laisser passer la langue de son bourreau. Il tâcha de se concentrer sur sa respiration et de faire abstraction de la réalité, imaginant une toute autre personne penchée sur lui. Quelqu'un qui l'aimerait réellement, qui le protégerait. Quelqu'un qui serait gentil avec lui.
La langue envahit sa bouche sans attendre, et Harry frissonna lorsqu'elle caressa sa consœur avec une douceur inattendue. Contrairement à ses lèvres, la langue était chaude, douce et il commença à répondre timidement au baiser, se laissant emporter par les phéromones de l'Alpha. Il sentit Voldemort relâcher son menton pour entourer ses épaules de ses bras, et il ne fit pas un geste pour lui résister. Après toutes ses émotions, l'Oméga en lui réclamait la protection de son Alpha et il se sentit étrangement rassuré par cette étreinte. Alors qu'il s'était senti frigorifié à son réveil, le baiser de plus en plus sensuel du mage noir, les mouvements de sa langue dans sa bouche et les légères caresses dans son dos, tout cela commençait à lui donner chaud. Pourtant, il était toujours lui-même, ses chaleurs étaient terminées et il souffrait encore bien trop pour désirer sexuellement Voldemort. Seulement, il avait envie d'un câlin. D'un simple câlin. Sentir son Alpha enlacé contre lui et oublier pendant quelques heures qui il était et où il était.
Lorsque le mage noir mit fin au baiser, il garda les yeux fermés et plaqua son front contre son torse, espérant lui faire comprendre son besoin à travers ce geste. Il se fichait bien qu'il se moque de lui par la suite, pour l'heure il lui semblait vital qu'il reste à ses côtés. Voldemort sembla hésiter quelques secondes, sans doute perplexe face au soudain revirement d'attitude de la part de son Oméga. Puis, sans le lâcher, il retira ses chaussures du bout des pieds avant de grimper entièrement sur le lit pour s'installer à ses côtés, pour le plus grand soulagement du jeune sorcier.
Il s'écarta un instant, le temps de retirer sa robe sorcière, avant de l'inciter à venir à nouveau contre lui, toujours sans un mot. Harry avait rouvert les yeux, juste le temps de voir ce qu'il faisait, mais il les avait bien vite refermés en voyant que Voldemort ne comptait pas s'éloigner. Il ne voulait surtout pas croiser son regard ni même voir son faciès monstrueux, de peur de briser le moment. Se retrouvant face contre peau, il huma instinctivement l'odeur de son Alpha, se sentant enfin apaisé. Il était à sa place, dans leur lit, entre les bras du mage noir. Il n'aurait jamais cru se sentir aussi bien, mais c'était un fait. La lutte pourrait bien attendre demain…
Fin du chapitre 2 !
MERCI pour vos très nombreuses reviews et tous ces favs ! J'ai été vraiment touchée et stupéfaite par tant d'entousiasme dès le chapitre 1 ! ❤
Je suis en vacances. J'adore cette histoire et j'ai plein d'inspiration, mais c'est un peu éprouvant de se mettre dans la tête d'un Harry aussi déprimé et sans rentrer dans les détails, disons que j'ai besoin d'un peu de fluff dans ma vie. Je veux publier le chapitre 3 de Connivence, mais ce sera probablement le dernier chapitre de cette fic, et après rassurez-vous, je pourrais me consacrer exclusivement à celle-ci. 😅😉
Je vous promets un chapitre 3 de Trahis-moi pour survivre au plus tard le 14 novembre, même s'il sortira probablement plus tôt. J'ai réussi à écrire ce chapitre en moins d'une semaine tout en bossant (et en ayant eu une semaine réellement tarée), donc je pense pouvoir bien écrire les deux chapitres prévus en deux semaines.
J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu tout autant que le premier. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, j'adore les lire ! Amour sur vous ! 😘
