Titre : Trahis-moi pour survivre
Type : Omegaverse [Voldarry]- Harry Omega Voldemort Alpha. Romance / Angst. Ça devrait s'améliorer peu à peu… 😏
Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating M.
Résumé du chapitre précédent : Harry se réveille profondément traumatisé suite à son viol par Voldemort et ce que son second-genre d'Omega l'a poussé à faire. Il tente de mettre fin à ses jours mais son Alpha arrive à temps pour le sauver. Suite à cela, le mage noir comprends cependant qu'il va devoir modérer son sadisme vis-à-vis de Harry, s'il ne veut pas en pâtir lui-même à cause du lien. Pour punir l'Omega, il torture malgré tout son elfe qu'il estime responsable de sa fuite. Pour le stopper, Harry se retrouve dorénavant contraint de répondre à ses baisers.
Chapitre 3
Harry se réveilla dans le lit… leur lit, ouvrant les yeux sur un plafond lumineux. La lumière était allumée dans la chambre. Il referma les yeux et se retourna, enfonçant sa tête dans l'oreiller avec un soupir de désespoir. Le monstre n'était pas loin, il pouvait le sentir… Ses souvenirs de la veille étaient parfaitement nets malgré son mal de tête lancinant. Il avait essayé de se suicider, mais Voldemort l'avait trouvé à temps, bien qu'il fût au Square Grimmaurd. Et il l'avait ramené ici, se montrant étonnamment conciliant avant de torturer son elfe de maison sous ses yeux.
Il en avait encore la nausée. Il l'avait forcé à accepter un chantage répugnant. Répondre à ses baisers contre la santé de l'elfe. Des fois, il se maudissait vraiment pour son empathie si prévisible…
Il serait volontiers resté au lit, ne serait-ce que pour attendre que Voldemort quitte la maison, malheureusement cela ne semblait pas être dans les plans du mage noir ce jour-ci.
- Harry, lève-toi. Ne me fais pas répéter.
Il se redressa lentement, s'efforçant de ne pas relever les yeux plus que nécessaire. Sans ses lunettes, son univers était un ensemble flou de tâches de couleurs dépourvues de contours. Mais même ainsi, il n'était pas bien compliqué de reconnaître le monstre qui hantait son quotidien et il préférait autant éviter de le regarder.
Sans doute lassé de le voir tâtonner, le mage noir finit par répondre à sa question muette.
- Tu as des vêtements propres dans la salle de bain.
- Est-ce que je peux prendre une douche ?
- Fais-donc.
Il soupira de soulagement cette fois, et se précipita dans la salle de bain sans plus attendre. Il avait l'impression d'être revenu chez les Dursley. Lève-toi, va te laver, tais-toi… Il profita de sa douche pour laisser couler ses larmes, mais il ne voulait surtout pas donner à Voldemort une raison de rentrer alors qu'il était nu, et il se sécha et s'habilla rapidement. Au moins, les vêtements étaient confortables et semblaient de bonne qualité.
Lorsqu'il sortit, le mage noir était dans le salon, mais il avait laissé la porte ouverte, et Harry le rejoignit, poussé par la curiosité.
- Ah te voilà. Assieds-toi ici et penche la tête en arrière.
- Pourquoi faire ?
- Ne discute pas mes ordres.
Voldemort tenait une petite fiole de potion entre ses mains et Harry lui jeta un regard suspicieux.
- Vous voulez mettre quelque chose dans mes yeux ?!
- En effet. Tu n'as aucune raison de te méfier. Réfléchis un peu, je n'ai aucune raison de te vouloir aveugle.
Il s'exécuta avec une grimace. Il ne pouvait s'empêcher de considérer les moindres gestes de l'Alpha avec scepticisme.
Le mage noir se pencha sur lui et le força à garder les yeux ouverts avant de verser trois goutes de potion dans chaque œil. Harry frissonna à cause de la sensation, mais ce n'était pas douloureux et lorsqu'il le relâcha, il cligna instinctivement des yeux pour évacuer le surplus de produit. Il ouvrit alors la bouche, ébahi face à sa nouvelle vue.
- Je vois net ! Vous avez soigné ma vue !?
- C'est encore temporaire, tu pourras l'utiliser toi-même chaque semaine. J'ai manqué de temps pour trouver une solution définitive. J'y serais sans doute parvenu si je n'avais pas dû brasser des potions de régénération sanguine pour mon imbécile d'Omega. Tu vas d'ailleurs en reprendre une et déjeuner en vitesse, ne me fais pas attendre.
- Vous comptez m'emmener quelque part aujourd'hui ?
- Puisque je ne peux pas te laisser seul sans que tu ne fasses n'importe quoi, tu vas m'accompagner au Manoir Malefoy.
Harry fit la moue mais s'installa néanmoins à table où son repas l'attendait déjà. Il se sentait encore faible et aurait préféré dormir plutôt qu'être traîné à une réunion de Mangemorts, mais il préférait ne pas provoquer le courroux de son Alpha dans l'immédiat. La potion de régénération lui fit un bien fou, et il profita de sa vue retrouvée pour observer la pièce. Comme dans la chambre, il n'y avait pas la moindre fenêtre, mais comme il l'avait perçu la veille, tous les murs étaient recouverts de bibliothèque à l'exception d'un pan occupé par un large bureau et d'un canapé. Au milieu se trouvait la table sur laquelle il déjeunait, ainsi qu'une chaise. Des bougies flottaient çà et là pour éclairer la pièce, mais il n'y avait pas la moindre décoration. Il s'était attendu à quelque chose d'un peu plus luxueux venant du mage noir, mais manifestement sa seule préoccupation était d'avoir un endroit tranquille pour étudier.
Il déjeuna rapidement, encore affamé par son jeûne récent et lorsqu'il retrouva Voldemort, il était installé dans la chambre, en train de lire sur un fauteuil fraîchement invoqué.
- Je suis prêt. Merci pour les potions. Je me sens beaucoup mieux. C'est vous qui avez inventé celle pour ma vue ?
Le mage noir ferma brusquement le livre qui alla se ranger de lui-même. Il se leva avec un regard indéfinissable, et Harry recula instinctivement. Cependant Voldemort le rattrapa d'un pas et se saisit de son menton, l'obligeant à le regarder dans les yeux.
- En effet. J'ai toujours trouvé ridicule qu'aucun sorcier n'ait encore trouvé de solution à cette pathétique faiblesse. Avant que nous transplanions, mettons les choses au clair. On m'a dit que tu parlais le fourchelang, est-ce vrai ?
- Oui.
- Parfait. Tant que nous ne sommes pas seuls, tu ne devras parler que cette langue.
- Euh oui. Mais généralement, je n'y arrive que face à un vrai serpent...
- Ça tombe bien, Nagini sera là, elle te tiendra compagnie. N'aie crainte, elle ne te fera aucun mal, tout comme mes Mangemorts, d'ailleurs. Il n'y a que moi qui puisse poser la main sur toi.
Harry ne savait pas trop s'il devait se sentir rassuré ou effrayé par cette affirmation. Voldemort ne semblait plus vouloir le torturer à coups de Doloris, mais il préférait rester sur ses gardes.
- Ils savent que vous vous êtes lié à moi ?
- Non, et il n'est pas question qu'ils l'apprennent. D'ailleurs, tu porteras ce collier pour dissimuler ta marque. Je l'ai enchanté pour masquer ton odeur. Et ainsi je serais assuré que tu n'essayeras pas de me fausser compagnie.
Et avant qu'il n'ait pu faire le moindre geste, Voldemort avait sorti d'on-ne-sait où, un large collier en cuir noir qu'il referma autour de la gorge du Survivant. À peine libéré des mains du mage noir, il avait porté ses mains à sa gorge, mais il ne semblait pas y avoir le moindre système pour l'ouvrir.
- Sérieux ! Ça vous amuse de m'humilier comme ça !
Son Alpha ricana brièvement, se saisissant de son bras pour l'entraîner vers la sortie.
- Il vaut bien que je me venge un peu, maintenant que je ne peux plus te tuer. Tu devrais t'estimer heureux, ce n'est même pas douloureux. Nous allons transplaner, je crois que je n'ai pas besoin de t'expliquer ce qui arrivera si tu essayes de résister…
- Je sais. Je ne me débattrai pas.
Voldemort referma ses bras autour de lui mais la posture ne le mit pas aussi mal à l'aise qu'il ne l'aurait pensé. Pressé contre le mage noir, il pouvait respirer son odeur à plein nez, et son instinct lui chuchotait que c'était son Alpha qui le serrait ainsi entre ses bras et qu'il ne risquait rien.
Un transplanage plus tard, ils se trouvaient dans les jardins du Manoir Malefoy, et à nouveau, il ne lui laissa pas le temps d'observer le paysage. Il le conduisit jusqu'à une vaste salle à manger, uniquement éclairée par le feu nourri qui brûlait dans la cheminée. Une immense table occupait le centre de la pièce et était entourée d'une bonne vingtaine de chaises. Les lieux semblaient déserts, et Harry s'étonna qu'un feu soit allumé à cette période de l'année jusqu'à ce qu'il la vît. Nagini était paisiblement enroulée sur le tapis juste devant l'âtre. Elle releva son museau dès leur approche et glissa sur le sol jusqu'à arriver à leur hauteur.
- Maître !
Immédiatement Voldemort avait avancé sa main pour caresser la tête alors que lui-même luttait contre l'envie de s'enfuir. Il n'avait jamais eu peur des serpents, et il ressentait même habituellement une certaine sympathie pour eux. Mais Nagini était proprement énorme et il se souvenait avec précision de la fois où elle avait attaqué Arthur Weasley. Malgré sa réticence, son Alpha l'incita à s'approcher.
- Nagini, voici Harry Potter. Tu l'as déjà rencontré, mais désormais ce n'est plus un ennemi. Harry est devenu mon Omega, il doit être protégé.
L'idée même de protection était risible dans la bouche du sorcier maléfique, cependant il sentit dans le regard du familier qu'elle ne ferait rien contre lui et qu'il n'avait plus rien à craindre d'elle.
- Bonjour.
Il se souvenait de ce boa constrictor qu'il avait accidentellement libéré, lors de sa première visite au zoo. Hormis le serpent invoqué par Drago lors du duel en 2e année, il n'avait eu que peu l'occasion de parler fourchelang.
Voldemort le poussa en avant et il écarquilla les yeux en la voyant si près. Elle avait levé sa tête à hauteur de son visage et, mu par un étrange instinct, il leva la main pour la caresser. Sa peau était lisse et tiède, contrairement à ce à quoi il se serait attendu.
- Harry Potter est devenu le protégé du maître. Alors Nagini protégera Harry Potter.
Il s'avança un peu plus, fasciné de pouvoir se tenir si près d'un reptile de cette taille. Pendant ce temps, son maître avait continué à avancer jusqu'à une chaise située en bout de table.
- Harry, n'oublies pas mon ordre concernant le fourchelang. Viens ici, tu resteras à mes pieds.
Immédiatement, le Survivant perdit son sourire. Voldemort avait invoqué un coussin à même le sol et il serra les dents face à l'humiliation. Il se dépêcha cependant de rejoindre la place indiquée alors que des pas commençaient à résonner derrière lui. Des Mangemorts arrivaient et il n'avait aucune envie de croiser leur regard. La table avait au moins le mérite de le dissimuler quelque peu.
Il s'assit sur le coussin, dos contre la chaise de Voldemort, les genoux repliés contre lui-même, et effectivement, la plupart des Mangemorts s'installèrent sans même remarquer sa présence. Ils se contentaient de saluer le mage noir avant de prendre place, et ce ne fut que lorsque l'un deux s'installa à la droite de Voldemort, que le nom de Harry Potter résonna.
Il releva immédiatement la tête, reconnaissant la voix familière de Severus Rogue. Évidemment, il avait fallu que ça soit lui… Il fusilla son ancien professeur du regard, essayant de transmettre toute la haine qu'il vouait à l'homme. Cela ne devait guère être impressionnant, au vu de sa posture, assis aux pieds de Voldemort, un collier en cuir autour du cou. Cependant, le traître n'eut pas un sourire, contrairement à ce à quoi il se serait attendu. Il avait vite relevé la tête en direction de son maître, et Harry serra les dents. Il aurait sans nul doute pu lui jeter un Doloris à cet instant…
Voldemort ricana alors, faisant se lever plusieurs Mangemorts, avides d'apercevoir le Survivant humilié.
- Effectivement, j'ai amené mon nouveau familier avec moi aujourd'hui. Mais vous n'avez pas besoin de vous en préoccuper. Je vous l'ai dit, Harry Potter ne nous causera plus aucun ennui. Et l'Ordre n'est plus qu'une nuée de poulets sans tête.
Plusieurs éclats de rire résonnèrent à travers la pièce, notamment celui de Bellatrix Lestrange, provoquant une bouffée de colère chez le Survivant. Il serra les poings et plongea sa tête dans ses genoux. Il n'était pas assez fou pour tenter quoi que ce soit au milieu de tous ces Mangemorts… Nagini vint bientôt près de lui, et il recommença à la caresser d'un geste machinal. Il était réconfortant d'avoir le familier de Voldemort à ses côtés, comme si elle faisait rempart de son corps face au monde qui l'entourait. Il cessa bientôt de prêter attention au contenu de la réunion. Voldemort planifiait différentes réformes, organisant le Royaume Uni selon ses propres idéaux. Ségrégation des nés-moldus, propagande, contrôle de la population… Chaque mesure proposée donnait à Harry envie de hurler. Et bien entendu, les Mangemorts surenchérissaient dans l'espoir de satisfaire leur maître.
Finalement, personne ne prêtait attention à lui, et il finit par s'assoupir, bercé par le corps massif du serpent contre lui. Son Alpha était tout prêt, et même s'il sentait la présence d'autres Alphas à proximité, son instinct lui soufflait qu'il ne risquait rien.
Lorsqu'il se réveilla en sursaut, plusieurs heures plus tard, ce fut avec un brusque frisson d'effroi. Voldemort s'était éloigné, sans doute pour parler en privé avec l'un de ses Mangemorts, et Bellatrix se tenait à deux mètres de lui avec un sourire carnassier.
- Pauvre petit Omega sans défense… Alors Potter, qu'est-ce que ça te fait de ne plus pouvoir lutter ? D'être si faible ? On ose plus la ramener maintenant ?! J'aurais tellement aimé voir la tête de tous ceux qui croyaient en toi… Potter le soumis ! Rampe devant moi, Potter, c'est ici la place des Omégas !
Loin de s'aplatir, Harry repoussa doucement Nagini pour pouvoir se lever. Il était peut-être un Oméga, mais il avait encore une fierté.
- Voldemort m'a peut-être soumis par la force, mais contrairement à vous, je ne me suis pas couché devant lui volontairement ! Je préfère encore ma servitude à la vôtre !
Plusieurs Mangemorts grognèrent face à l'insulte, et Bellatrix sortit sa baguette.
- Sale petit insolent ! Je vais t'apprendre à respecter un Alpha ! Tu te souviens de la mort de Sirius ? Tu avais essayé de me jeter un Doloris ce jour-là… Il est temps que je te fasse une démonstration…
Elle avait levé le bras, mais alors que Harry s'attendait à recevoir le maléfice, la sorcière était soudain tombée au sol en hurlant, victime du même Impardonnable.
- Bellatrix, il me semble avoir dit que Harry Potter m'appartenait. Je vous ai interdit de le toucher !
C'était Voldemort qui était intervenu. Il était arrivé au bon moment, comme s'il avait senti l'urgence à travers le lien. Le jeune sorcier s'autorisa un soupir de soulagement. C'était bien la première fois qu'il se réjouissait de son arrivée !
Le maléfice avait été bref, et déjà Bellatrix se relevait, haletante, désireuse de se justifier.
- Maître ! Il… Il m'a insulté, tout le monde peut en être témoin ! Il mérite une punition !
- Même dans ce cas, je suis le seul à pouvoir le punir. Ne m'oblige pas à le répéter. Quant à toi… Il me semble que je t'avais donné un ordre clair…
D'un mouvement de baguette, le mage noir fit apparaître une chaîne attachée au collier de cuir, et d'un geste brusque, il attira l'Oméga jusqu'à lui, le faisant tomber par terre sans qu'il ne puisse se rattraper. Il posa instinctivement ses mains devant lui pour pouvoir se relever, mais Voldemort écrasa ses doigts, le faisant gémir de douleur.
- Aaaah ! Pardon ! Pardon !
La pression s'intensifia et il s'allongea complètement sur le sol. Il devait parler fourchelang… Il tâcha de se concentrer, relevant la tête pour avoir Nagini en ligne de vue.
- Je suis désolé, j'avais oublié !
- Bien. J'espère que ce rappel à l'ordre te suffira alors…
Voldemort souleva enfin son pied, lui permettant de récupérer sa main endolorie. Son cœur battait à toute allure, et il se recroquevilla sur lui-même, tentant de se remettre de ses émotions. Il porta un regard haineux sur la sorcière qui se relevait à quelques pas de lui. Elle le regardait avec la même hostilité, son corps peinant manifestement à se remettre au Doloris qu'elle avait reçu.
Le mage noir s'était rassis sur sa chaise, et Bellatrix en profita pour s'agenouiller devant lui.
- Merci maître ! Je me permets de vous rappeler… votre plan pour la lignée de Serpentard…
Elle avait parlé si bas que seul Voldemort et Harry devaient l'avoir entendue. De toute façon, les quelques Mangemorts restant ne leur accordaient plus un regard, à présent que le spectacle était terminé. Manifestement, voir Bellatrix témoigner son adoration pour leur maître était un phénomène courant...
- Ne t'inquiètes pas, Bella, je n'oublierais pas. Mais ne crois pas que cela t'autorise à me désobéir.
- Maître… Même si le Survivant est un Omega, c'est un sale Sang Mêlé. Il n'est pas digne, alors que moi… moi je le suis !
Désireuse de séduire son maître, la sorcière s'était encore rapprochée, exhibant sa généreuse poitrine. Lorsqu'elle posa une main sur le genou de Voldemort, et l'autre sur son ventre, Harry écarquilla les yeux. Il eut l'impression que l'Omega en lui hurlait sa rage sous le coup de la compréhension. Elle était enceinte… Bellatrix portait l'enfant de Voldemort !
Une vague de haine pure l'envahit alors… Il avait l'impression que son sang avait brusquement gagné plusieurs degrés… Il voulait la tuer… la déchirer… Comme si elle lisait ses pensées, elle tourna soudain la tête dans sa direction, un sourire vicieux au visage. Et alors qu'elle posait sa tête directement sur les genoux de son maître, Harry sentit sa magie s'agiter… Et attaquer.
Il eut à peine le temps de cligner des yeux, que Bellatrix avait été projetée à travers la salle, provoquant un mouvement panique chez la plupart des Mangemorts présents. Mais alors que Harry était lui-même tout juste conscient de ce qu'il venait de faire, Voldemort tira sur la chaîne toujours entre ses mains, ramenant brutalement le Survivant à ses pieds.
Le jeune sorcier tremblait de tous ses membres. Il était stupéfait par sa propre magie, mais plus que tout, il craignait une douloureuse punition de la part du mage noir. Pourtant, loin de le réprimander, il l'obligea à poser sa tête sur ses genoux, à l'image de la posture de Bellatrix quelques instants plus tôt. Puis il commença à caresser ses cheveux, l'aidant à s'apaiser.
- Il me semble te l'avoir déjà dit, Bellatrix. J'ai été tolérant avec toi un temps, mais cela ne t'autorise pas à te montrer aussi familière avec moi. La prochaine fois, je me montrerai moins indulgent.
Le jeune sorcier écarquilla les yeux, n'osant faire un geste pour se défaire de l'emprise de son Alpha. Manifestement, Voldemort préférait faire croire qu'il était responsable de l'attaque, ce qui n'était guère étonnant, en revanche, pourquoi se montrait-il si doux avec lui ?
Il soupira de soulagement alors que les doigts froids du mage noir se glissaient entre le collier et sa peau. Finalement, il se fichait de comprendre pourquoi. Son Alpha le tenait contre lui et il avait l'impression que toutes ses forces lui avaient été retirées, comme l'autre soir.
Bellatrix se releva en gémissant, mais elle quitta la pièce sans demander son reste, pour son plus grand plaisir. Voldemort discuta encore un moment avec Rogue et deux autres Mangemorts, mais il n'écouta pas le moindre mot de ce qu'ils disaient, trop assommé par le contre-coup. Il avait envie de rentrer, pour pouvoir retirer ce collier et parler plus librement, sans compter qu'il s'ennuyait.
Finalement, le mage noir l'incita enfin à se redresser, et il s'empressa de lui obéir.
- Nous rentrons. Nagini, viens avec nous.
Immédiatement, le serpent avait glissé jusqu'à eux tandis qu'ils se dirigeaient vers la sortie. Voldemort avait dissipé la chaîne, mais il ne l'avait pas lâché pour autant, gardant son bras contre son cou jusqu'à ce qu'ils aient atteint les jardins du manoir.
***/+/***
Voldemort avait tâché de ne pas le montrer, mais il avait été impatient de rentrer. Pour confronter son Omega. Il était évident qu'il s'était laissé dépasser par son instinct, mais il n'avait pas voulu le punir pour cela. Il s'en était délecté, au contraire, trouvant pour la première fois un point positif au partage d'émotions. Il avait senti sa colère, cette rage incandescente qui l'avait saisi. Ça avait été grisant.
Ce ne fut qu'une fois dans l'intimité de leur demeure qu'il reprit la parole. Il l'avait obligé à s'asseoir sur le canapé dès leur arrivée, et Harry n'avait pas bougé, incertain de l'attitude à adopter.
- Alors, mon petit Oméga a fait une crise de jalousie… ? Je croyais que la simple idée d'avoir des relations sexuelles avec moi te répugnait ?
- Ce n'était pas moi… C'était l'Oméga… Je n'ai jamais voulu ça, mais mon corps… Ma magie a réagi…
- Bien sûr que si c'était toi ! Tu es mon Omega et mon Oméga est Harry Potter. Toi, ton instinct, c'est une seule et même personne. Ta magie a réagi à tes émotions. C'était très amusant d'ailleurs. J'ai senti ta fureur…
Avec un sourire prédateur, il enjamba le jeune sorcier pour venir s'installer directement sur ses genoux. Puis il saisit son menton entre ses doigts pour l'obliger à le regarder dans les yeux, au grand désespoir de son Omega qui tenta maladroitement de changer de sujet.
- Elle porte votre enfant, n'est-ce pas ?
- En effet. Tu aimerais être à sa place ?
- Certainement pas. Je me fiche bien de qui vous baisez…
Il lui retira le collier pour embrasser sa gorge, et immédiatement, l'odeur divine de son Omega se diffusa dans l'air. Il lécha la peau chaude avant de la mordiller, faisant frissonner le jeune sorcier. Il en avait envie, il voulait à nouveau plonger en lui.
Harry ne semblait pas totalement insensible à ses phéromones. Il avait fermé les yeux et penché la tête en arrière, offrant son cou à son Alpha. Le mage noir se recula un instant, admirant cette vision absolument délicieuse.
- Quelle mauvaise foi ! Je sens ton corps réagir sous mes caresses, Harry… Cette journée a été stressante pour l'un comme pour l'autre. Pourquoi ne pas se détendre mutuellement ?
Avec un plaisir malsain, il caressa le torse du jeune sorcier à travers le tissu. Il le désirait comme jamais il n'avait désiré quelqu'un. Malheureusement, cela ne semblait pas être dans les projets du Survivant qui grimaça à cette idée, se tendant soudainement contre son corps.
- Hors de question. Jamais je ne voudrais faire ça avec vous… Dans mon état normal.
- Allons… Je t'ai pourtant donné du plaisir l'autre nuit…
- Vous m'avez violé ! Je vous le pardonnerai jamais !
Il l'avait interrompu, brutalement, la voix éraillée par l'émotion.
- Tu as écarté les jambes, tu as réclamé mon sexe en toi et tu as joui entre mes doigts. Je me suis montré exceptionnellement doux avec toi. Crois-moi, la première fois peut-être bien plus douloureuse. Pourquoi ne pas recommencer ?
- Non ! Je veux pas… Je ne vous aime pas.
Cette fois, Voldemort éclata d'un rire cynique.
- Tu me parles d'amour, à moi ? Mais l'amour ne sert à rien ! Tu es ridicule, Harry. Tu pensais réellement te préserver toute ta vie pour le grand amour, l'être unique qui aurait partagé ton existence jusqu'à la fin ? C'est absurde ! Pourquoi refuser le plaisir que je te propose ? Pourquoi s'imposer une telle souffrance ? Tu t'enfermes dans un carcan moral d'un autre temps, basé sur une illusion, un sentiment qui n'existe même pas. Tu devrais au contraire t'estimer heureux que je me sois lié à toi, Harry, le lien me pousse à faire des choses que je n'aurais jamais faites pour quiconque. C'est pourtant ce qui se rapproche le plus de ce que tu idéalises !
- Vous n'y connaissez rien. Vous êtes juste amer car personne ne vous a jamais aimé.
Furieux, il se saisit de la gorge du jeune sorcier pour le faire taire. Il était son Oméga et pourtant il osait se refuser à lui… Avec violence, il plaqua sa bouche contre celle du Survivant. Il avait envie de déchirer ses lèvres qui restaient obstinément closes, mais il se força à se calmer. Il n'était pas assez fou pour blesser son lié. Il recula de quelques centimètres, dardant son regard carmin sur le visage de Harry, mais celui-ci avait détourné le regard.
- Dois-je te rappeler ta promesse ?
Il se tourna à nouveau vers lui, les yeux remplis de haine.
- Non. Je dois répondre à vos baisers… Je vais le faire.
À nouveau, il plongea vers les lèvres qui s'ouvrirent immédiatement à son contact. Il envahit la bouche sans attendre, tâchant de faire passer tout son désir de domination à travers le baiser, mordillant les lèvres et étouffant presque le Survivant de sa langue.
Il aurait voulu le pousser à s'offrir à lui, mais le moment était brisé, la discussion était allée trop loin pour générer une quelconque excitation. Et comme le jeune sorcier n'était pas en chaleur, il ne pourrait rien obtenir de plus. Il maudit le lien qui lui interdisait de le forcer pendant l'acte. Il savait que cela ne lui apporterait aucun plaisir.
Il se releva brusquement et s'éloigna de quelques pas, tâchant de s'éclaircir les idées. Il était évident que Harry n'était pas le seul à être influencé par les phéromones, mais il était hors de question qu'il s'y soumette entièrement. Il avait des choses à faire, après tout. Il n'avait toujours pas trouvé Gregorovitch et même si Harry Potter était en sa possession, il comptait bien mettre la main sur la baguette de Sureau.
Fusillant du regard le Survivant qui eut le bon goût de baisser les yeux, il appela Nagini.
- Je pars en voyage, je te confie Harry Potter. Il ne peut normalement pas s'enfuir, puisque j'ai sa baguette, mais si jamais il parvient à sortir, immobilise-le et appelle-moi.
De quelques coups de baguette, il rangea les papiers importants de son bureau dans des tiroirs verrouillés, bloqua la porte de son laboratoire de potion et, sans plus attendre, quitta la maison avant de transplaner.
Il était furieux, il avait grand besoin de se changer les idées, et surtout, de ne plus voir le survivant pendant au moins quelques jours, sinon quelques semaines. Arrivant rapidement sur la côte orientale anglaise, il se désillusionna avant de s'envoler. Ses dernières recherches semblaient désigner l'Europe de l'Est, et il décida de commencer en Russie. Quitte à mettre des kilomètres entre lui et son Oméga, autant faire les choses jusqu'au bout...
***/+/***
Lorsque le mage noir était parti, Harry s'était réellement senti soulagé. Est-ce que son Alpha… boudait parce qu'il se refusait à lui ? Il aurait pu en rire s'il ne s'était pas agi de Voldemort. Cependant, cet incident lui avait permis d'en tirer plusieurs conclusions :
D'une part, il ne pouvait manifestement plus le blesser intentionnellement. Il connaissait les penchants violents du monstre avec qui il vivait, et il était évident qu'il s'était retenu de le punir. Que ça soit au manoir Malefoy ou ici, il s'était gardé de lui faire réellement mal, ce qui était pour le moins étonnant.
D'autre part, le mage noir ressentait un réel désir pour lui. Au départ, il avait simplement pensé qu'il voulait l'humilier, lui infliger la pire souillure possible, simplement pour se venger. Mais à présent, il devait se rendre à l'évidence. Il avait senti l'avidité dans son baiser, et son érection contre sa cuisse. Et il avait essayé de le convaincre de coucher avec lui, non pas par des menaces, mais avec des arguments rationnels, bien que dénués de tout sentimentalisme.
Globalement, depuis son réveil, Voldemort s'était efforcé d'arrondir les angles, le soignant et lui offrant même de quoi améliorer sa vue. Il le nourrissait correctement, lui permettait d'accéder à la salle de bain et lui fournissait des vêtements confortables. Il était même parti en lui laissant l'accès à presque toute la maison, y compris sa bibliothèque privée.
À titre personnel, et ce dernier point l'avait rassuré, il pouvait largement résister aux avances de son Alpha en dehors des chaleurs. Et puisqu'il ne pouvait pas le forcer, il avait au moins la garantie d'être tranquille jusqu'au mois prochain. Bien entendu, il avait senti le désir monter en lui, surtout après le baiser. L'intensité avec laquelle Voldemort l'embrassait n'avait rien à voir avec ceux de Ginny. Cependant, il était resté parfaitement lucide. Et il était hors de question qu'il accepte de coucher avec le psychopathe qui avait tué tant de monde. Il y était fermement résolu et aucune excitation ne pourrait le faire changer d'avis, il s'en faisait la promesse.
Les jours suivants furent relativement paisibles. Nagini était plutôt discrète et veillait sur lui nuit et jour, le plus souvent roulée en boule sur le lit ou le canapé. De son côté, il s'occupait en lisant des livres ou en dessinant, n'ayant pas grand-chose à faire d'autre de toute façon.
Au bout de trois jours, il commença à trouver le temps long. Il n'avait jamais été un rat de bibliothèque, préférant l'action, et il en manquait cruellement en étant enfermé dans cette cage dorée. Son premier réflexe avait été de chercher un livre sur les Horcruxes, mais il n'y avait trouvé que peu d'informations en plus de ce qu'il savait déjà. Voldemort avait réussi à créer plusieurs Horcruxes là où les rares sorciers à s'être penchés sur le problème n'en envisageaient qu'un seul. Et bien entendu, il n'y avait pas la moindre information sur les objets choisis.
Par la suite, il avait cherché des livres sur la magie instinctive et la magie sans baguette. Il en avait fait plusieurs fois usage par le passé, et il se souvenait de la satisfaction qu'il avait éprouvé lorsqu'il avait gonflé la Tante Marge ou projeté Bellatrix. Il serait sans doute utile d'apprendre à la maîtriser. Cependant, après avoir lu une centaine de pages de théorie et s'être entraîné pendant plusieurs heures, il soupira de dépit. Il était loin d'atteindre le niveau de Dumbledore ou celui de Voldemort.
Étant dépourvu de tout lien avec l'extérieur, il s'instaura un programme. Chaque matin après son réveil, il se levait, se douchait, s'habillait et déjeunait. Puis il écrivait la date sur un parchemin, et s'efforçait de dessiner quelque chose. Il avait d'abord représenté Nagini, puis Delly, avant de passer à des créatures issues de ses souvenirs. Un hippogriffe, un phénix, un sombral, un basilic, un Scroutt à pétard… Cela lui permettait de ne pas perdre la notion du temps et ça l'occupait jusqu'à l'heure du déjeuner. L'après-midi, il lisait, puis s'entraînait à la magie sans baguette. Mais le plus difficile était le soir. Après le dîner, il restait généralement de longues heures à observer le plafond jusqu'à tomber de fatigue.
Ce fut après le neuvième jour qu'il commença à ressentir une véritable gêne. Il avait peu dormi cette nuit-là, se réveillant régulièrement en sursaut, comme à l'entente d'un bruit soudain. Mais à chaque fois, il n'y avait eu que le silence pour répondre à ses angoisses. Lorsque le jour s'était levé, il avait mis son malaise sur le compte du manque de sommeil, mais il n'avait pu se résoudre à dessiner tant ses mains tremblaient.
Il avait trouvé une cape de Voldemort accrochée à une patère et il s'était emmitouflé dedans, étendu sur le canapé, là où il pouvait surveiller l'entrée. Son geste avait été inconscient, mais il s'était finalement aperçu de son comportement lorsqu'il avait commencé à renifler l'étoffe comme un doudou entre ses doigts. Il était en manque. Il souffrait littéralement de l'absence de son Alpha.
La nuit suivante, il avait été incapable de trouver le sommeil. Il avait arpenté la maisonnette de long en large avant de s'asseoir sur le canapé, entouré de la cape.
Et si c'était une manière de le punir pour avoir refusé ses avances ? Il ne comptait tout de même pas l'abandonner, n'est-ce pas ?
Au moins, Nagini était présente, même si elle ne parlait presque pas. Durant sa première nuit d'insomnie, il s'était aperçu que le gigantesque reptile profitait habituellement de ce moment pour aller chasser. Mais dès la nuit suivante, elle avait refusé de sortir en le voyant éveillé, conformément aux consignes de son maître.
- Je ne compte pas m'enfuir, tu sais. Voldemort… Me manque.
- Le maître s'absente parfois longtemps. Mais il a donné un ordre à Nagini. Nagini continuera à surveiller Harry Potter.
- Il t'a dit que j'étais devenu son Oméga, est-ce que tu sais ce que ça signifie, exactement ?
Le reptile pencha la tête sur le côté.
- Que Harry Potter appartient désormais au maître ?!
- Entre autres… Cela veut aussi dire que je ne peux plus m'enfuir. Ma magie… est en quelque sorte attachée à lui. Il peut savoir n'importe quand où je me trouve. Il a peur que j'essaye de me suicider, mais à l'heure actuelle, la seule chose que je veux, c'est qu'il revienne. Mon Alpha… J'ai besoin de lui…
Des larmes coulèrent sur ses joues alors qu'il sifflait, et il se sentit pitoyable. Il était en train de réclamer la présence de Voldemort, son violeur, l'assassin de ses parents et de tant d'autres gens. Mais c'était plus fort que lui, l'absence de l'Alpha l'obnubilait.
Malgré ses dires, Nagini n'avait plus quitté la maison, si bien que Harry avait fini par demander à Delly de ramener chaque jour un lapin vivant pour nourrir l'animal. Il se sentait un peu responsable d'elle, quelque part, et cette idée lui permit de garder un minimum contact avec la réalité.
Finalement, ce ne fut qu'au bout de quinze jours que Voldemort rentra. Harry avait entendu le bruit de transplanage et il avait sauté sur ses pieds pour se retrouver dans le salon, vêtu d'un caleçon pour tout vêtement. Lorsque le mage noir passa la porte, il le toisa avec un sourire supérieur. Il était évident qu'il portait les stigmates de son état de manque. L'absence de sommeil lui avait laissé d'impressionnantes cernes et son teint déjà pâle avoisinait désormais celui de Voldemort.
- Harry. On dirait que tu m'attendais…
Il lâcha un bref grognement face au mépris de son Alpha. Sa simple présence dans la pièce lui avait permis de reprendre un minimum contrôle de lui-même et il détourna le regard, fermement campé sur ses jambes.
- Vous saviez pertinemment ce que cela ferait. Vous vous êtes éloigné pour tirer sur le lien, pour me mettre dans cet état…
Voldemort s'approcha tranquillement, s'arrêtant à quelques centimètres de son Oméga. C'était à qui serait le premier à craquer…
- Et pourquoi, à ton avis, en ai-je été réduit à une telle extrémité ?
Harry inspira l'odeur de son Alpha. Il était si proche… Il lui suffirait de tendre le bras pour le toucher… Mais au lieu de ça, il plaqua sa main contre son torse, sentant son rythme cardiaque s'accélérer…
- Pour me punir, parce que je me suis refusé à vous ? C'est donc cela votre méthode pour me pousser dans vos bras ? Je m'en suis douté, à vrai dire. Je vous connais…
- Tu crois me connaître, Harry. Mais tu n'as aucune idée de jusqu'où je suis capable d'aller pour obtenir ce que je veux.
Il avait voulu se reculer, lui prouver qu'il pouvait encore s'affranchir de sa présence, mais il n'avait pas assez confiance en ses jambes pour lui obéir. Il trouva cependant la force de sourire alors même qu'il se sentait au bord de l'évanouissement. Depuis quand n'avait-il pas mangé un repas complet ou dormi une nuit entière ?
- Allons, vous savez bien que je suis tout aussi têtu que vous. Il me semblait l'avoir prouvé au cours de ces dernières années…
Avec un grognement, le mage noir s'était avancé d'un pas, les poings serrés, avant de brusquement faire volte-face pour retourner vers l'entrée. Mais Harry n'avait pas encore joué sa dernière carte. Il ferma les yeux. Son Alpha voulait partir, encore. Il allait le quitter s'il ne faisait rien. Canalisant sa magie à l'aide de ses émotions, il déploya une vague d'énergie qui s'abattit sur la porte, la refermant sur le coup. Voldemort esquiva de peu le panneau de bois et il se retourna vers lui, baguette à la main. La magie sans baguette avait épuisé Harry de ses forces et il se sentit tomber en avant, mais comme il s'y était attendu, il ne toucha jamais le sol.
- Tu es vraiment la plaie de mon existence, Harry…
Il n'eut même pas le courage de rouvrir les yeux. Il était épuisé, mais son Alpha était là, tout contre lui, et il savait qu'il n'allait pas le lâcher.
Il s'endormit entre les bras du mage noir avec la satisfaction d'avoir gagné cette manche.
***/+/***
Voldemort était finalement rentré chez lui après deux semaines d'absence. Ça lui avait coûté plus qu'il ne l'aurait avoué, et il n'avait pas beaucoup progressé. Mykew Gregorovitch, le fabriquant de baguettes russe, avait pris sa retraite à la fin des années 1980, et depuis il avait tout bonnement disparu. D'après Ollivander, c'était le dernier possesseur connu de la baguette de Sureau, et étant, jusqu'à preuve du contraire, toujours en vie, il était probable qu'il l'ait encore en sa possession. Or, il avait fouillé toute la Russie sans trouver sa trace. Désormais, il fallait aller plus à l'Ouest, chercher dans les pays baltiques, la Biélorussie, peut-être la Pologne ou l'Allemagne. Il ne comptait pas abandonner, mais il avait été obligé de rentrer à cause du lien.
Durant toute la première semaine, il l'avait tout bonnement ignoré, montant ses barrières d'Occlumancie au maximum pour se couper de son insupportable Omega. Il avait osé se refuser à lui et il ne décolérait pas à ce propos. Il allait tirer sur le lien au maximum, plonger le Survivant dans un état de manque si puissant qu'il se jetterait dans ses bras dès son arrivée. Finalement, il avait attendu le 10e jour avant de rouvrir le lien, lui-même poussé par la curiosité. Il s'était alors retrouvé brutalement submergé par les émotions du Survivant, comme jamais il ne l'avait ressenti auparavant. Harry se languissait de lui au point de ne plus en trouver le sommeil, et c'était exactement ce qu'il voulait. Il avait alors décidé de le faire patienter un peu plus, quitte à faire taire ses propres désirs. Après tout, n'avait-il pas quasiment cessé de manger, boire et même dormir depuis des décennies ?
Il s'était cependant rapidement aperçu que le lien était bien plus puissant que cela. Il avait été littéralement obnubilé par le Survivant, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre que cette présence rattachée à lui. Il avait résisté tant bien que mal avant de finalement rentrer en Angleterre au bout de deux semaines.
Il s'était imaginé retrouver un jeune sorcier mûr à point, désespéré au point de lui offrir son corps, mais il était tombé de haut.
Il n'avait pas bougé. Pas un pas. Il était resté fermement campé sur ses jambes, le défiant de ses yeux cernés. Il avait beau avoir l'air d'être sur le point de s'évanouir, il lui avait répondu avec ce petit sourire espiègle. Et lorsqu'il avait joué sa dernière carte, il l'avait piégé en beauté. Il en aurait presque été fier.
Il avait voulu faire mine de repartir, persuadé qu'il allait le supplier de rester. Mais alors qu'il se tenait devant la porte ouverte, il avait senti une vague de magie brute le frôler et s'abattre sur le panneau de bois, lui coupant toute sortie. Il s'était retourné, baguette à la main, stupéfait par la force de sa volonté. Mais il avait juste eu le temps de ralentir sa chute pour le rattraper avant qu'il ne touche le sol. Cet idiot borné avait perdu connaissance entre ses bras, manifestement épuisé.
Avec un soupir de dépit, il le conduisit jusqu'à leur chambre pour le déposer sur le lit. Désormais, il était hors de question qu'il le lâche. Son instinct d'Alpha n'avait pas vraiment apprécié ces derniers jours et son corps lui faisait violemment savoir. Courbatures, crampes abdominales, tremblements… Lui aussi avait manifesté les symptômes de manque, et c'était une leçon qu'il n'appréciait guère.
Il se tourna vers Nagini qui avait relevé la tête en le voyant arriver.
- Bonjour ma belle. Alors, comment s'est comporté mon jeune Omega en mon absence ?
- Au départ il était calme, sage. Ensuite, il est devenu agité. Comme un animal blessé. Il ne dormait plus. Nagini l'a surveillé sans cesse, comme le maître a ordonné.
- C'est bien. Tu peux aller chasser, tu dois être affamée ?
- Non. Harry Potter a vu que Nagini ne chassait pas alors Harry Potter a ordonné au petit être de ramener à manger pour Nagini. Il a expliqué à Nagini qu'il ne pouvait plus partir, que sa magie était enchaînée à celle du maître. Est-ce vrai ?
- C'est vrai. Mais il possède une force de caractère exceptionnelle. Je craignais qu'il n'essaye de s'échapper.
- Il n'a même pas touché à la porte. Il a dit qu'il voulait être à vos côtés, qu'il avait besoin de vous. Est-ce que Harry Potter est un Oméga digne du maître ?
Il reposa son regard sur le jeune homme endormi entre ses bras. Même inconscient, il avait refermé ses doigts sur sa tunique, comme pour l'empêcher de le lâcher. Avec douceur, il dévoila la cicatrice de sa main libre avant d'y déposer un baiser.
- Oh oui. Harry Potter est le seul Oméga qui puisse me satisfaire. Il est puissant, et si farouche. Lorsque je le vois entre mes bras, j'ai l'impression d'avoir capturé un trésor unique.
Bien entendu, il se serait bien gardé de le dire lorsqu'il était éveillé. Mais il était fier d'avoir capturé Harry Potter et malgré les contraintes, il ne regrettait pas de l'avoir marqué comme sien. Il avait vu la détermination dans ses yeux malgré les symptômes de manque… Quitte à avoir quelqu'un avec qui passer son immortalité, autant qu'il soit aussi distrayant que Harry Potter. Car il ne doutait pas que le jeune sorcier lui réserverait d'autres surprises à l'avenir.
D'un informulé, il retira ses vêtements avant de s'allonger dans leur lit commun. Il pouvait bien se reposer quelques heures… Il ferma bientôt les yeux, son Oméga toujours dans ses bras. Au contact de sa peau, il pouvait sentir les symptômes du manque se résorber peu à peu et il en soupira de soulagement. Confortablement installé, il s'apaisa rapidement, sombrant même dans un sommeil réparateur.
Lorsqu'il se réveilla plusieurs heures plus tard, il se trouva pleinement reposé. Harry dormait encore paisiblement entre ses bras, il n'avait pas bougé et sa tête reposait contre son torse, un sourire bienheureux au visage.
Voldemort trouvait toujours aussi impressionnant de constater à quel point le lien avait modifié leur relation d'un extrême à l'autre. Alors qu'un mois plus tôt ils se vouaient une haine farouche, ils recherchaient désormais la présence de l'autre et dormaient dans le même lit. Ce n'était pas encore l'entente cordiale mais le changement était flagrant.
Se décalant doucement pour poser le jeune sorcier sur le lit, il se leva avant de rabattre la couette sur son Omega endormi. Pour sa part, il avait bien assez paressé. Il alla prendre une douche et enfila des vêtements propres avant de regagner le salon. En deux semaines, Harry s'était approprié les lieux. Plusieurs dessins traînaient sur le bureau et un livre était encore ouvert sur le guéridon à côté du canapé. Il constata avec amusement qu'il s'agissait d'un grimoire de théorie sur la magie sans baguette. À voir comment il avait refermé la porte la veille, il avait un bon potentiel, même si sa technique était encore brouillonne…
Il rangea le livre dans la bibliothèque et jeta un sortilège pour révéler quels livres avaient été consultés par le Survivant. Il possédait essentiellement des livres de magie noire et il était curieux de voir lesquels avaient attiré la curiosité de son Omega, cependant il écarquilla les yeux en voyant les livres s'illuminer sous ses yeux. En dehors des livres sur la magie instinctive et la magie sans baguette, un seul livre avait été consulté, et il s'agissait du livre sur les Horcruxes. Il serra les poings et envisagea un instant d'aller le réveiller pour lui demander des explications. Était-il possible que l'Ordre soit au courant ?
Il commença à faire les cents pas dans son salon. Lucius lui avait appris la destruction du journal par Harry, quelques années auparavant. Était-il possible que le vieux directeur ait deviné sa nature ? Il allait devoir s'assurer que les autres étaient toujours intactes. La bague dans le manoir Gaunt, le médaillon dans la caverne, le diadème dans la salle aux objets cachés de Poudlard… Celui confié par Bellatrix à Gringotts était relativement hors d'atteinte, quant à Nagini, elle était roulée en boule dans la pièce à côté. Il faillit partir sur le champ avant de repenser à Harry. Pourquoi courir à droite et à gauche alors qu'il avait l'Élu de Dumbledore à portée de main ? Il pourrait bien l'interroger plus tard.
Il retrouva son sourire en sentant le jeune sorcier s'éveiller. Son Omega rebelle recherchait inconsciemment sa présence, cependant il prit tout son temps pour rejoindre la chambre. Il n'avait pas perdu espoir de le voir accepter une relation en dehors de ses chaleurs, mais face à un esprit aussi opiniâtre, il allait devoir faire preuve de subtilité s'il voulait l'amadouer. Qu'à cela ne tienne, il n'avait jamais reculé devant un challenge…
***/+/***
Harry se réveilla dans la chambre plongée dans la pénombre. Il avait enfin pu rattraper son sommeil, et il en connaissait parfaitement la raison : Voldemort, son Alpha, était rentré. Il avait ressenti sa présence à ses côtés en même temps qu'une impression de soulagement intense. Il n'arrivait pas à comprendre comment il pouvait désormais percevoir la présence de son pire ennemi comme quelque chose de positif, mais c'était un fait.
Il tâtonna machinalement à côté de lui. Le lit était encore tiède, mais un éclat de rire moqueur lui fit immédiatement regretter son geste.
- Harry… Je te manque déjà ?
Il soupira et se redressa, sans relever les yeux pour autant.
- Vous êtes resté, finalement.
- Mon Oméga s'est évanoui en essayant de m'empêcher de partir, je ne pouvais pas ignorer ce fait.
Tout en parlant, le mage noir s'était rassis sur le lit, et lorsqu'il se pencha pour l'embrasser, Harry s'empressa d'y répondre. Il aurait aimé pouvoir résister, ou au moins dissimuler cette avidité qui l'avait saisi. Mais c'était plus fort que lui, il avait besoin de toucher son Alpha comme un drogué en manque, de sentir son odeur, de se remémorer le goût de ses lèvres...
Les yeux fermés, il avait pour la première fois tenté de prendre l'ascendant à travers le baiser, avant de finalement se soumettre à cette langue impérieuse. Ça avait été grisant, puissant comme un plein verre de Whisky Pur Feu, mais aussi diablement excitant. Il était toujours torse nu et pourtant il n'avait pas froid. Il avait envie au contraire de sentir la peau glacée de Voldemort contre la sienne.
Bien entendu, il n'était pas en chaleur, il avait toute sa tête, et malgré le désir brûlant qui l'avait traversé, il s'était contenté de ce baiser avant de se reculer doucement, les joues rendues écarlates par l'excitation. Il ne devait pas craquer, il s'était promis de résister…
Balançant ses jambes de l'autre côté du lit, il se prépara à se lever.
- Je vais prendre une douche…
- Je sais ce que tu ressens, tu sais. Pourquoi nous infliger une telle frustration ? Tu es un jeune homme dans la fleur de l'âge, tu ne pourras pas faire abstinence tout le reste du mois.
Il eut envie de lui répliquer qu'il tenait le pari, par pure bravade. Cependant, il s'était immobilisé dans son geste, déjà sur le point de craquer.
- Non, ce serait mal. Je ne suis pas en chaleur. Il est hors de question que je couche volontairement avec le meurtrier de mes parents.
Il serra les poings, sans se lever cependant. Voldemort s'était approché et lorsqu'il posa une main sur sa nuque, il sentit un frisson d'anticipation le parcourir.
- Est qu'en est-il de coucher avec ton Alpha, celui qui te fait te sentir bien et qui te protège ? Mon seul souhait est de nous donner du plaisir. Pourquoi s'en priver ?
- Je vais me détester si j'accepte ça…
- Tu n'es plus obligé de jouer le rôle du Sauveur. Laisse-toi aller ! Laisse-moi faire... Je vais prendre soin de toi...
La voix du mage noir était doucereuse, et Harry sentit qu'il tombait peu à peu dans son piège. Lorsque la main glissa doucement dans son dos, son rythme cardiaque s'accéléra. Il s'attendait à ce que Voldemort le force à se retourner, mais le mage noir se contenta de prendre sa main pour l'amener en arrière. Il n'eut pas le temps de se retourner qu'il tressaillit, sentant soudain un sexe imposant se révéler sous ses doigts. À quel moment l'autre sorcier s'était-il déshabillé ?!
- Mais ! Vous…
Il se sentit rougir. Il avait bégayé comme lorsqu'il avait voulu inviter Cho à sortir avec lui. Il se maudit pour son ridicule, mais Voldemort ne lui laissa pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Il se rapprocha pour murmurer à son oreille.
- Tu sens cela ? J'en ai envie tout autant que toi. De quoi as-tu peur ?
Il ne répondit pas. Il savait parfaitement de quoi il avait peur. Il craignait d'aimer ça, et qu'une fois cette barrière franchie, il plongerait définitivement dans la luxure.
Tout doucement, comme pour ne pas l'effrayer, Voldemort commença à se caresser le sexe avec la main de son Oméga, et Harry ne trouva pas la force de s'en détacher. Pour la première fois, il avait l'impression que son Alpha lui laissait le contrôle. Son emprise n'était pas impérieuse, il lui laissait la possibilité de s'échapper. Sous ses doigts, la peau était douce et tiède, légèrement humide du pré-sperme, et il frissonna en prenant peu à peu le contrôle du mouvement. C'était une étrange forme de masturbation, puisque Voldemort se tenait toujours dans son dos, et il se tourna petit à petit pour trouver une position moins inconfortable.
Finalement, il se trouva bientôt face à l'objet de son désir, et la vue de cette verge en érection lui fit écarquiller les yeux. L'idée que le mage noir bandait pour lui était… invraisemblable, et pourtant il devait bien se rendre à l'évidence. Il releva brièvement les yeux, juste le temps de voir le plaisir se manifester dans le corps de son Alpha. Il avait complètement lâché sa main et se tenait légèrement penché en arrière, les yeux mi-clos, les jambes étendues sur le lit. Enhardi par ces réactions, et par cette tension qu'il ressentait en lui, il s'approcha un peu plus, empoignant le pénis à pleine main.
Ce fut comme un signal pour Voldemort. De sa main gauche, il accrocha sa nuque pour l'embrasser, et de sa main droite, il se saisit du sexe de son Oméga pour lui imposer un va-et-vient des plus délicieux. Harry perdit alors imperceptiblement le contrôle de son corps, toutes ses pensées focalisées sur le plaisir que lui procurait son Alpha.
Lorsque le mage noir commença à caresser les deux sexes ensemble, il abandonna toute réticence. C'était trop bon, meilleur que tout ce qu'il avait pu faire dans sa vie, et cette fois, il avait pleinement conscience de ses actes. Son esprit était clair : il était en train de prendre du plaisir avec le Seigneur des Ténèbres en personne. Lorsque deux doigts glissèrent le long de la colonne jusqu'à son anus, il ne fit pas un geste pour s'en échapper, se penchant au contraire en avant pour en faciliter l'entrée. Il avait conservé des souvenirs obscurs de sa première fois et il attendait la pénétration avec impatience. Son partenaire savait exactement où appuyer, et il faillit jouir une première fois.
Débarrassé de toute réserve, il gémissait bruyamment, fermement accroché au cou de son Alpha, l'encourageant par ses suppliques à continuer. L'idée que deux doigts enfoncés ici lui faisaient autant de bien… C'était indécent… excitant. Finalement, Voldemort les retira, et Harry s'attendait à les voir remplacés par quelque chose de plus imposant, mais alors que le gland se trouvait tout contre son entrée, le mage noir s'immobilisa soudain.
- Harry, dis que je suis ton Alpha.
- Vous êtes mon Alpha.
- Bien, tu vas être un bon Oméga et cesser de résister au lien à présent, n'est-ce pas ?
Harry lâcha un soupir frustré et entrouvrit les yeux pour le fusiller du regard.
- Bon sang… Venez en moi ! J'en ai tellement besoin !
D'un mouvement brusque, il essaya de s'empaler lui-même sur le sexe tentateur, cependant son amant avait prévu son geste. Il avait immobilisé ses cuisses en ricanant doucement, le rendant totalement soumis à son bon vouloir. Avec lenteur, il glissa son pénis entre ses fesses, sans le pénétrer pour autant.
- Dis-le et je promets de te faire hurler de plaisir.
- Mais… Je… C'est bon, j'accepte le lien ! S'il vous plaît, ne me laissez pas comme ça…
Son sexe était douloureusement tendu et l'autre sorcier ne faisait que le torturer, attisant encore son excitation par de multiples frôlements. Le mage noir dut cependant être satisfait par sa réponse, car il le pénétra soudain, provoquant une série de halètements chez le jeune sorcier. Il avait les yeux toujours clos, la tête penchée en arrière, les bras croisés derrière la nuque de son Alpha. Il profitait pleinement de l'instant, momentanément débarrassé de ses doutes. Seul comptait Voldemort et le plaisir qu'il lui offrait. La verge entrait et sortait de lui avec un rythme effréné, lui apportant une volupté intense. Il se moquait bien de ces mains qui le maintenaient immobile avec une volonté de domination malsaine. Car le mage noir ne lui avait pas menti : il hurla à s'en casser la voix, pris dans la tempête d'émotions qui saturaient ses sens. C'était encore plus puissant que la première fois, plus réel aussi. Il était lui-même et il avait accepté cette union. C'était la récompense pour son sacrifice.
Curieux, il entrouvrit un œil pour observer l'Alpha au-dessus de lui. Le sorcier était bien plus mesuré dans l'expression de son plaisir, il était cependant évident qu'il ne simulait pas. Sa peau crayeuse avait gagné quelques couleurs et, peut-être était-ce dû à leur activité, mais il semblait globalement plus vivant, plus humain… Il referma bientôt les yeux, préférant se concentrer sur ses autres sens. Tout serait parfait si ce n'était pas Voldemort qui le baisait de cette manière…
Aidé par son amant, il parvint rapidement à oublier cette pensée malaisante. L'odeur de son Alpha, le goût de sa langue, ses mains sur sa peau, son sexe en lui… Il percevait tout avec une acuité surnaturelle, ressentant pleinement chacun de ses gestes. Cette surenchère de sensations inondait son cerveau, ne lui permettant d'interpréter qu'une seule chose : L'homme lui procurait un plaisir qu'il n'aurait jamais cru possible.
Il jouit bientôt, son sexe comprimé entre leurs corps moites, et son amant ne tarda pas à le rejoindre.
Le jeune sorcier mit plusieurs secondes à reprendre conscience de la réalité, son corps se détendant doucement sous celui de son Alpha. Il se sentait si bien qu'il ne fit pas un geste, de peur de sortir de cet état cotonneux, cependant le mage noir se redressa bientôt. Il dut lancer un Recurvite en informulé car il sentit un sortilège nettoyer son ventre, le faisant frissonner. Heureusement, son amant n'alla pas bien loin, se recouchant à ses côtés, un bras au travers du torse après les avoir recouverts d'une couette.
Harry ne se sentait pas fatigué, mais simplement paisible, détendu, et il n'avait pas la moindre envie de bouger. Il se tourna pour coller son dos au mage noir dans l'espoir qu'il ne lui rappelle pas la réalité trop tôt. Il avait encore besoin de sa chaleur et de son affection, malheureusement Voldemort l'obligea bientôt à se retourner.
- Harry, ouvre les yeux.
Il s'exécuta avec un soupir, prenant soin de fixer le torse de l'autre sorcier au lieu de son faciès difforme.
- J'aurais aimé pouvoir oublier encore quelques minutes avec qui je viens de coucher…
- Il ne tient qu'à toi d'en faire abstraction. C'était bon, n'est-ce pas ? Pourquoi se priver ? Personne n'en saura rien. S'il y a bien quelque chose que j'ai vérifié au cours de mon existence, c'est qu'il n'y a aucune déité supérieure capable de nous punir pour nos mauvaises actions. Alors profite, lâche prise. De toute façon, tu as dit que tu acceptais le lien. Tu es mon Omega, tu resteras pour toujours à mes côtés et je compte bien profiter de ton corps plus de trois jours par mois.
Sentant la colère l'envahir d'un seul coup, il se redressa et croisa les bras pour faire face au mage noir.
- C'est vrai, tu m'as obligé à le dire. Mais cela fonctionne dans les deux sens. Tu es mon Alpha, cela veut dire que TU dois me protéger et que tu ne peux pas me forcer. Quitte à rester coincé avec toi toute ma vie, je peux envisager de continuer à coucher avec toi. Mais cela implique de me respecter un minimum. Je ne serais jamais d'accord avec tes idées de domination des moldus et je ne serais jamais l'un de tes larbins. Tu veux que j'abandonne mon rôle de Sauveur ? Soit, je n'en ai jamais voulu. Je n'essayerais plus de m'échapper ni de me tuer, j'ai bien compris que c'était inutile. Je jouerais le prisonnier servile devant tes idiots de Mangemorts si ça te chante. En échange, je ne veux plus subir deux semaines d'absence comme celles que je viens de vivre. Tu ne m'envoies pas chier, tu ne passes plus tes nerfs sur moi et tu m'expliques les choses au lieu de me traiter comme de la merde.
Il s'attendait réellement à ce que Voldemort le prenne par la gorge et le soumette de force, mais si l'Alpha n'appréciait manifestement pas de se faire parler sur ce ton, il ne fit pas un geste en sa direction.
- Tu me tutoies, maintenant ?
- Je suis ton Omega, ton compagnon, celui sans qui tu ne peux plus vivre. À ce titre, j'estime avoir droit à ta considération. C'est à prendre ou à laisser. Évidemment, tu finiras sans doute par me convaincre de coucher avec toi de temps en temps. Mais songe à la tranquillité d'esprit que tu vas gagner en ayant la certitude que je ne chercherais plus à te nuire. Je doute que l'on parvienne à s'entendre parfaitement, mais je pourrais plus facilement faire des efforts si tu en fais de ton côté. Le lien… a déjà modifié mon esprit, c'est un fait. Mais il y a encore des choses sur lesquelles j'arrive à lutter.
Il ferma brièvement les yeux, soulagé d'avoir lâché ce qu'il avait sur le cœur. Oui, il avait aimé coucher avec Voldemort. Pire, il voulait pouvoir le toucher et l'embrasser encore, sentir son odeur, ses mains sur son corps... Le lien avait contaminé son cerveau comme un parasite insidieux, dévorant toute notion de bon sens. Voldemort était le mal incarné, il avait tué plusieurs centaines de personnes, mais il ne voulait plus souffrir pour cela. Il voulait au contraire faire la paix, se réfugier dans ses bras, avoir la certitude de pouvoir rester à ses côtés. Cependant il lui restait encore sa fierté, et il comptait bien user de ses dernières forces pour obtenir le respect du mage noir, quitte à souffrir encore un peu.
Etonnamment, l'Alpha ne semblait pas fermé à la discussion. Il avait lui aussi croisé les bras, mais son petit sourire amusé démentait son regard froid.
- Je pense que nous pouvons arriver à un arrangement. Mais je veux être bien certain de ce que tu es prêt à mettre sur la table. Tu es mon Omega, il est évident que ta disparition causerait en grande partie ma perte, et vice versa. Il me semble donc logique que je doive te protéger mais aussi que tu n'essayes plus d'attenter à ta vie. Je n'ai aucunement l'intention de révéler la nature de notre lien à qui que ce soit et dans un souci de préservation, il doit en être de même pour toi. Le lien me permet de ressentir tes besoins et tes émotions, et si l'Occlumancie me permet de m'en couper momentanément, j'admets qu'il m'est particulièrement désagréable de subir tes états d'âme larmoyants à longueur de journée. J'imagine donc que je pourrais faire quelques efforts contre la garantie d'une certaine paix de l'esprit. Ensuite, tu me demandes le respect ? J'estime que cela doit fonctionner dans les deux sens. Tu dois me respecter et parler convenablement devant moi. Cela signifie que je ne veux plus entendre de juron de ta part, je te demanderais d'utiliser un vocabulaire correct et surtout de baisser d'un ton. D'autre part, tu n'oublieras pas de parler fourchelang dès que nous sommes en présence d'un tiers. Je peux éventuellement… consentir au tutoiement. Mais je ne veux plus de rébellion de ta part. Tu obéiras à mes ordres sans discuter. Je te les expliquerais mais tu devras me faire confiance et prendre l'habitude de réagir rapidement lorsque je te l'ordonne. Car tu dois bien savoir une chose, l'Ordre finira bien par apprendre ta présence à mes côtés. Et que se passera-t-il, à ton avis, si l'un d'eux envisage le fait que je t'aie lié à moi ? Ils feront tout leur possible pour te tuer. C'est pour cela que j'ai aussi une dernière requête. Tu dois me dire absolument tout ce que l'Ordre sait sur moi. Et cette dernière chose n'est pas négociable.
Cette fois, Harry fronça les sourcils. Il avait senti comme une pierre tomber dans sa poitrine à l'idée que sa mort était désormais le moyen le plus simple de mettre fin au règne de Voldemort. Hermione ferait tout son possible pour trouver une solution, mais Ron… Bill, Remus, Kingsley ? Devait-il taire le plan de Dumbledore concernant les Horcruxes ou au contraire tout lui révéler ? Il tremblait désormais à l'idée que Voldemort disparaisse. Mais il avait le choix. Remettre sa vie entre les mains de son Alpha ou continuer la lutte… Il devait prendre une décision qui scellerait à la fois son avenir et celui du Royaume-Uni tout entier…
- Si je te dis tout, je vais détruire le dernier espoir de l'Ordre… C'est une lourde responsabilité.
Il inspira longuement et ferma les yeux. Il se sentait déchiré, et terrifié par les conséquences possibles de son choix. D'un côté, il voulait sauver ces gens, tous ces innocents qui subissaient sans doute déjà le règne de Voldemort, qui vivaient dans la terreur, qui luttaient désespérément pour ne pas disparaître…
Il reporta son regard sur le lit et tomba sur la cicatrice qui ornait encore le dos de sa main gauche. D'un autre côté, il voulait oublier ce monde qui n'avait montré que bien peu de complaisance à son encontre. Les Dursley et leur haine, les instituteurs de Little Whinging qui avaient ignoré sa détresse, Dumbledore qui l'avait obligé à retourner chez eux chaque été et n'avait pas envisagé qu'il puisse être Oméga, les élèves de Poudlard qui avaient cru qu'il était responsable des attaques du Basilic, tous ces sorciers qui l'avaient traité de menteur et enfin les Weasley, qui l'avaient ostracisés pour son second-genre… Contrairement aux autres, son Alpha serait toujours là pour lui...
Voldemort interrompit ses pensées, manifestement impatient de connaître sa réponse.
- Tu ne peux pas être dans leur camp et dans le mien, Harry, il faut que tu fasses un choix. Mais si cela peut te rassurer, je doute en vérité que ta confession n'ait d'aussi grandes conséquences que tu le penses. Ce fameux dernier espoir de l'Ordre, ne serait-ce pas quelque chose en rapport avec mes Horcruxes ?
Harry écarquilla les yeux, incapable de simuler une quelconque neutralité. Dumbledore lui avait ordonné de ne le dire à personne hormis Hermione et Ron, comment pouvait-il être au courant ?! Était-il possible qu'il l'ait lu dans ses pensées, par legilimancie ? Si c'était le cas, pourquoi lui demander de tout lui révéler ? Et à contrario, si le secret était déjà éventé, pourquoi s'entêter et souffrir alors qu'il pouvait simplement satisfaire son Alpha ? Il se mordit la lèvre, sa décision prise.
- D'accord… Je vais tout te dire.
Fin du chapitre 3
Prochain chapitre estimé pour le 15 novembre au plus tard. Mais comme d'habitude, il y a de grandes chances que je le publie avant. 😉
J'espère que ce chapitre vous aura plu. Il marque un tournant dans le relation entre Harry et Voldy. Notre Survivant reprend du poil de la bête et ne se laisse pas marcher sur les pieds. D'un autre côté, est-ce qu'il ne va pas exactement là où Voldemort veut qu'il aille ? 😏 Les POV ne sont pas très équilibrés, je vais essayer de donner un peu plus la parole à notre mage noir préféré pour le prochain chapitre. Bien évidemment, leur petite vie ne sera pas tout rose, et malgré ce "contrat d'entente", les caractères de chacuns vont forcément mettre des étincelles dans leur vie de couple. Je remercie une nouvelle fois toutes les personnes qui me lisent et qui écrivent des reviews. En ce moment, les notifications ffnet sont en panne et je ne sais pas encore si elles auront été réparées ce soir, donc n'hésitez pas à me mettre un petit commentaire, même en guest, pour me dire ce que vous en avez pensé ! Débizou ! 💛💚💜
