Titre : Trahis-moi pour survivre
Type : Omegaverse [Voldarry]- Harry Omega Voldemort Alpha. Romance – Aventure - Drama
Relu et corrigé par la sadiquissime Sayaka-san22
Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating M.
Résumé du chapitre précédent : Voldemort cherche à faire pression sur Harry en mettant à mal le lien et utilise l'Occlumancie pour négliger ses devoirs d'Alpha. À son retour, Harry lui tient tête avant de finalement accepter de coucher avec lui. Se croyant victorieux, Voldemort veut obliger Harry à se soumettre entièrement au lien, mais ce dernier impose ses conditions.
Chapitre 4
Voldemort avait dû se retenir de ne pas éclater de rire. Après avoir résisté farouchement, Harry Potter avait finalement couché avec lui tout en étant parfaitement maître de ses actes ! Il avait vu sa volonté s'étioler petit à petit, comme la flamme mourante d'une bougie. Ça avait été délectable, presque autant que de le prendre.
Son abandon avait été à la hauteur de sa résistance. Il n'avait fallu qu'un peu d'aide de sa part. Il lui avait suffi d'utiliser les bons mots, remplacer "posséder" par "protéger"... Il était finalement si simple de manipuler le Survivant. Il avait fini par flancher, asservi par le lien, épuisé par le manque. Il avait écarté les cuisses de lui-même, s'était penché en avant et l'avait même supplié de le pénétrer. Un parfait petit Oméga soumis, exactement tel qu'il en rêvait...
Il avait pensé en profiter pour lui faire accepter pleinement le lien, mais s'il n'avait pas hésité à le reconnaître comme son Alpha, il avait attendu la fin de leur union pour imposer ses conditions : il voulait être protégé, respecté, estimé. Il voulait pouvoir le tutoyer et ne plus être ignoré. Soit ! C'était un maigre prix à payer. Encore une fois, il avait profité de la candeur du Survivant, lui avait dit ce qu'il avait envie d'entendre, remplacé le mot "soumettre" par "respecter", et il lui était tombé dans la main.
Bien évidemment, le lien était irréversible dès le marquage, mais il était important que son Oméga le reconnaisse à haute voix. Désormais, il ne lui laisserait plus jamais oublier sa parole. Car accepter le lien signifiait obéir à son Alpha, lui offrir son corps, ne rien faire qui puisse lui nuire, et par extension tout lui révéler sur ses ennemis. C'était presque plus que ce qu'il n'avait espéré.
Se forçant à conserver une attitude avenante pour ne pas provoquer sa méfiance, il s'étendit à nouveau sur le lit, invitant le jeune sorcier à venir contre lui. Ce dernier s'installa sans hésiter entre ses bras. Il semblait détendu, presque soulagé, et Voldemort s'amusa à quel point l'acceptation du lien l'avait rendu confiant à son encontre.
- Bon, par où commencer... Je t'ai déjà dit que Dumbledore était très secret. Donc je ne sais pas qui est au courant à part moi…
Sa main sur le torse de l'Omega, il avait immédiatement senti le cœur du jeune sorcier s'accélérer, signe de sa nervosité. Voilà bien la preuve qu'il ne pouvait encore lui faire confiance… Il resserra immédiatement son étreinte autour du corps svelte.
- Tu mens. Qui protèges-tu ?
Harry tenta instinctivement de se défaire de l'emprise et Voldemort relâcha légèrement la pression. Juste assez pour ne pas l'effrayer, mais suffisamment pour lui rappeler son devoir.
- Je ne mens pas. À ma connaissance, la plupart des membres de l'Ordre ignoraient l'existence des Horcruxes. C'était la volonté de Dumbledore. Je devais être le seul à être au courant, à les trouver et les détruire. Il semblait croire qu'il n'y avait que moi qui pouvait le faire, et il m'avait fait jurer de ne rien dévoiler à personne. Mais il a tout de même prévenu l'Ordre que j'avais une mission à réaliser, et certains ont essayé de m'interroger...
- Leurs noms ?
- S'il te plait, ne leur fait pas de mal. Je ne leur ai rien dit. Ils étaient tous persuadés que je serais un Alpha, et lorsque mon second-genre s'est manifesté, le matin de mon anniversaire, tout l'Ordre a reçu l'information. J'imagine qu'ils se sont empressés d'aller confronter le portrait de Dumbledore...
Se reculant d'un coup, le mage noir changea leur position, enjambant soudainement le Survivant pour le plaquer contre le lit. Il avait essayé la manière douce, mais sa patience avait des limites. La peur se refléta brusquement dans les yeux du jeune sorcier qui se mit à trembler, et Voldemort ferma un instant les yeux pour se calmer. Sa colère avait eu un impact immédiat sur son Oméga mais il n'avait pas oublié son plan initial. Son visage actuel n'était pas son meilleur atout pour inspirer la confiance, il en était conscient.
Il se redressa pour éviter qu'il ne se sente oppressé et caressa doucement le visage de son lié.
- Harry, ces gens veulent me détruire, nous ne pouvons pas laisser faire une chose pareille, n'est-ce pas ? Je finirais bien par savoir leurs noms, mais si ça venait de toi, je serais sans doute plus enclin à me montrer magnanime...
Le jeune sorcier avait fermé les yeux, sourcils froncés, sans doute encore déchiré entre le lien et sa fidélité pour ses amis. Il secoua finalement la tête.
- Je… Je ne veux pas qu'ils meurent par ma faute. Le professeur McGonagall savait déjà que Dumbledore était avec moi juste avant sa mort, elle m'a interrogé le soir-même. Tout comme tous ceux qui ont participé à mon extraction. Alastor Maugrey, Rémus Lupin, Kingsley Shacklebolt, les Weasley… je ne connais pas tous les membres de l'Ordre... Mais à l'heure qu'il est, il est évident qu'au moins une autre personne s'est vue confier la mission.
- Maugrey est mort, je m'en suis assuré… Quant aux autres, la plupart sont en fuite. C'est sans doute un indice sur leur degré d'implication. Je ne ferais rien à ceux qui se soumettent, Harry. Mais je ne peux pas laisser en liberté ceux qui bravent mon autorité et me menacent… Dis-moi, qu'est-ce que Dumbledore t'a raconté sur les Horcruxes exactement ?
- Que c'était un fragment d'âme enfermé dans un objet, séparé du corps par le meurtre. Au début, il n'en était pas certain. Il avait récupéré le journal après que je l'aie détruit, à la fin de ma 2e année, sans trop savoir ce que c'était. Mais à force de faire des recherches, il a fini par entendre parler des Horcruxes. J'imagine que tu sais qui était notre professeur de potion cette année. Horace Slughorn. Dumbledore savait que c'était lui qui t'en avait parlé en premier. Mais Slughorn avait tellement honte qu'il avait modifié son souvenir et refusait d'admettre la vérité. Ma première mission a donc été de gagner sa confiance pour obtenir ce fameux souvenir.
- Cette vieille couleuvre de Slughorn… Il aurait mieux fait de tenir sa langue. Est-ce qu'il fait toujours ses repas pour réunir tous les élèves prometteurs de Poudlard ? J'imagine qu'il a été très intéressé par le fameux Garçon-Qui-A-Survécu.
Il sourit et caressa machinalement le front de son Omega. Il ressentait toujours un infime frisson le traverser chaque fois qu'il touchait la cicatrice. Harry s'était petit à petit détendu au cours de sa confession, et il répondait désormais sans hésiter, rassuré par ses questions bénignes.
- Oui, il voulait m'inviter à toutes ses soirées. Mais comme je n'ai jamais voulu la célébrité, je trouvais toujours une excuse pour ne pas y aller. Je n'ai pas spécialement cherché à me rapprocher de lui, et il savait que je fréquentais Dumbledore, donc il se méfiait de moi. J'ai eu du mal à me procurer le souvenir. Finalement, comme Dumbledore me mettait la pression, j'ai décidé de boire une gorgée de Felix Felicis et de laisser mon instinct me guider.
- C'est bien ce que je dis, la chance est l'arme des faibles. Je suis un peu déçu, je l'avoue… Comment t'es-tu procuré cette potion ?
- Je l'avais gagné en cours. Ironiquement, Slughorn l'offrait à l'élève qui avait préparé le meilleur philtre de Mort Vivante, et j'ai fini par l'utiliser contre lui. Je ne suis pas franchement doué pour manipuler les gens, moi… Il fallait bien que je trouve une solution. Ça a permis de confirmer les hypothèses que Dumbledore avait déjà, et après cela, il a accepté de m'en dire plus. Enfin… C'est un bien grand mot. Tout le long de l'année, il ne m'a donné ses informations qu'au compte-goutte. Il voulait surtout que j'apprenne à te connaître. Il ne m'a presque plus reparlé des Horcruxes, jusqu'au soir de sa mort, en fait. Je ne savais même pas où il m'emmenait…
- Et tu l'as suivi aveuglément ? Comment as-tu pu avoir confiance jusqu'au bout pour ce vieillard qui t'a manipulé toute ta vie ? Je n'arrive pas à le comprendre.
- Je ne voulais pas voir… son implication dans mon malheur, et les rares fois où je me suis rebellé, il m'a remis à ma place sans tarder. Je pensais qu'il était invincible, infaillible. J'étais loin de m'imaginer qu'il me confierait une telle tâche juste avant de mourir.
- Ce n'est pas une surprise pour moi, Dumbledore était particulièrement égoïste. Il t'a toujours considéré comme son pantin, et il s'est servi de toi exactement pour ce but. Tu étais juste trop crédule pour le voir. Mais revenons au sujet qui nous intéresse. Qu'est-ce que Dumbledore savait exactement sur mes Horcruxes ?
Il imaginait parfaitement le vieux directeur profiter de la candeur du jeune sorcier pour le manipuler... C'était bien trop facile. Harry était comme une statuette d'argile pas tout à fait sèche… malléable pour qui savait s'y prendre, mais capable de se briser si l'on se montrait trop brusque. Et désormais, il était entre ses mains. Il laissa un doigt glisser contre l'épaule dénudée, et l'Oméga frissonna.
- Tu sais déjà que le journal a été détruit en 1993. J'avais réussi à décapiter le Basilic avec l'épée de Gryffondor et comme ton… souvenir… essayait de me tuer, j'ai eu le réflexe de planter un croc de Basilic dans le journal. En te voyant revenir malgré sa destruction, Dumbledore a compris que tu en avais fait plusieurs…
- Combien ?
- Il a dit... que tu en avais probablement fait sept. Est-ce qu'il avait raison ?
- Non. D'autres Horcruxes ont-ils été détruits ?
Harry avait fait la moue face à la réponse abrupte, mais il n'avait aucunement l'intention de lui révéler ses secrets.
- Il a trouvé et détruit la bague pendant les vacances d'été 1996. J'ignore comment il l'a détruite, il ne me l'a pas dit, mais je sais que ça lui a coûté la main. Et le soir de sa mort, il m'avait amené dans une caverne au bord de la mer. Il pensait y trouver un autre Horcruxe, le médaillon de Salazar Serpentard. Mais il s'agissait en fait d'un faux. Il y avait un message pour toi, un certain RAB, qui disait avoir volé le véritable Horcruxe et l'avoir détruit. J'ignore ce qu'il en est réellement. Tu sais qui c'est ?
Malgré tout désireux de ne pas passer ses nerfs sur son Oméga, il s'était levé et habillé, commençant à faire les cent pas dans la chambre.
- Regulus Arcturus Black, un autre de ces traîtres à leur sang. Il était l'un de mes Mangemorts jusqu'à la fin des années 70 où il a disparu sans laisser de trace. Je sais désormais ce qu'il est devenu. Avait-il des pistes concernant les autres Horcruxes ? T'a-t-il dit où ils se trouvaient ?
- Il suspectait aussi la coupe de Poufsouffle et Nagini d'en être, ainsi qu'un objet de Serdaigle et de Gryffondor. Mais il ignorait tout de leur localisation.
Il serra les poings, réfléchissant aux actions à entreprendre. Le vieux directeur avait percé son secret le plus intime, et désormais, tout l'Ordre était potentiellement au courant. Il avait perdu le journal et la bague, peut-être aussi le médaillon, mais il n'avait aucun moyen de le vérifier… Devait-il déplacer le diadème de Serdaigle ?
Il ne lui restait que trois Horcruxes, puisqu'il n'avait pas eu le temps d'en créer un septième comme il l'avait prévu. De toute façon, son âme était désormais trop fragile pour répéter le processus… L'angoisse, la peur de la mort commençait à prendre le pas sur son esprit, mais soudain, la sensation d'une main chaude sur son bras le fit s'immobiliser. Harry s'était levé, et il se dégagea sans attendre, le fusillant du regard. Il n'avait certainement pas le temps pour du sentimentalisme stupide.
- Vold…
- Tais-toi ! N'as-tu rien écouté à la dernière réunion ?
Le jeune sorcier se rassit sur le lit, une moue boudeuse au visage.
- Non. C'était il y a deux semaines et j'étais bien assez déprimé pour écouter vos plans de domination à la noix.
- J'ai ordonné à mes Mangemorts de poser un Tabou sur mon nom, et certains de tes anciens alliés se sont déjà fait avoir. Ce sortilège permet de localiser tous les imbéciles qui croient me braver en le prononçant. Mais je n'ai aucune envie qu'ils apprennent l'emplacement de ma demeure.
- Et comment dois-je t'appeler ? Tu as créé ce nom pour ne plus porter celui de ton père et tu refuses aussi qu'on t'appelle par celui-ci ? Je ne vais tout de même pas t'appeler "Tu-Sais-Qui", ce serait ridicule...
Il sourit et se rapprocha, encadrant le visage de son Oméga de ses bras. C'était plus fort que lui, Harry était devenu comme magnétique, il lui donnait envie de le toucher, de le tenir contre lui. Le jeune sorcier sembla apprécier l'étreinte, car il soupira de soulagement, fermant néanmoins les yeux à son approche.
- Je suis ton Alpha, il n'y a aucune raison que tu me nommes autrement… Dis-moi… Dumbledore t'a-t-il dit comment il était parvenu à ces conclusions ?
- Il m'a montré beaucoup de souvenirs te concernant. Quand il t'a rencontré à l'orphelinat, quand tu étais son élève… Il a aussi récupéré des souvenirs de différentes époques, comme lorsque tu travaillais chez Barjow et Beurk. Il voulait que je comprenne quel avait été ton parcours pour pouvoir trouver plus facilement les Horcruxes.
- Grandiose, tu connais à présent mon enfance pathétique. J'espère que tu en es sorti grandi.
Il avait relâché le Survivant et s'était éloigné de quelques pas. Savoir que Dumbledore avait montré à Harry la période la plus sombre de son existence le rendait furieux et amer. Le sorcier avait toujours été un fouineur, horriblement intrusif. Il se souvenait encore de son arrivée à l'orphelinat. Il l'avait immédiatement jugé, l'avait forcé à rendre les objets volés, et par la suite il n'avait cessé de le surveiller.
- Je ne vois pas bien ce qu'il y avait de si terrible. Toi au moins tu avais une chambre. Moi, quand j'ai reçu ma lettre de Poudlard, elle était adressée à Harry Potter, dans le placard sous l'escalier. Parce que c'était là où ma famille me faisait dormir. Et ils m'y enfermaient chaque fois que je faisais de la magie instinctive ou qu'un événement étrange se passait autour de moi. Voilà, j'espère que tu te sens mieux en sachant ça.
Il fronça les sourcils et plongea sans même se concentrer dans les souvenirs de son Omega. Il ne mentait pas. Les souvenirs étaient beaucoup trop nombreux pour que ça soit inventé. Il grimaça de dégoût.
- Mais comment peux-tu encore défendre les moldus après ça !
- Je me dis qu'ils ne sont pas tous comme ça. Et puis après ça s'est arrangé, quand ils ont vu la lettre, ils ont cru que Dumbledore les surveillait. Ma tante en avait très peur.
- C'est bien ce que je dis, les moldus ne comprennent que la force. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi si tu as vécu ainsi, tu es bien trop gentil. Tu aurais dû les soumettre.
- Alors je ne sais pas comment la marque fonctionnait à ton époque, mais j'ai reçu un avertissement du ministère dès la fin de ma 1e année simplement parce qu'un elfe de maison avait fait de la magie chez moi. En troisième année, j'ai bien fait gonfler la sœur de mon oncle sous la colère, mais ma famille a parfaitement compris que je serais renvoyé de Poudlard si je recommençais. Quant à Dumbledore, il a fallu que mon oncle essaye de me mettre dehors pour qu'il lève le petit doigt. Sinon, il se fichait bien de comment je vivais là-bas.
- Savais-tu que les potions ne sont pas considérées comme de la magie par la Trace ? De même que les objets ensorcelés ? Tu aurais trouvé de nombreux moyens à disposition, si tu t'étais ne serait-ce que renseigné. Mais non, le héros de Dumbledore est bien trop vertueux pour se défendre face à de vulgaires moldus… Tu as raison, Harry, de nous deux, tu es bien le seul à être aussi pathétique.
Cette fois, il jeta un tel regard de mépris au Survivant que celui-ci recula de quelques pas avant de finalement baisser les yeux. Il ressentit immédiatement son mal être, mais il s'efforça de l'ignorer. Il était lui-même bien trop énervé pour avoir à gérer les émotions de son Oméga. Il devait prendre une décision.
Se rendre à Poudlard pour récupérer l'Horcruxe ne serait pas très discret. Le plus sûr n'était-il pas de le laisser à son emplacement actuel ? Parallèlement, il était toujours déterminé à retrouver Gregorovitch. Plus il attendait et plus la piste refroidissait... Devait-il emmener l'Oméga à ses côtés pour éviter le contre-coups du lien ?
Il reporta son regard sur Harry et celui-ci s'empressa de détourner le sien. Evidemment, le lien ne rendait pas totalement aveugle, et son apparence actuelle jouait encore dans la balance. Il serait sans doute plus facile de l'amadouer avec un visage plus humain… Il repensa à son physique originel, avant que la magie noire ne corrompe ses traits. On disait de lui qu'il était séduisant...
Le rituel n'était pas bien compliqué à mettre en œuvre, il avait simplement besoin de beaucoup de sang humain…
- Harry, je dois m'absenter un moment. Je reviendrai bientôt, et si tout se passe comme prévu, j'aurais une surprise pour toi. Sois sage. Je te laisse Nagini.
Le Survivant hocha immédiatement la tête, et il se dirigea vers l'entrée, un sourire sadique au visage. Une fois son ancienne apparence retrouvée, les choses allaient être encore plus faciles. Il n'avait pas fini de jouer avec son Oméga...
***/+/***
Harry broya du noir pendant une bonne partie de la matinée.
Voldemort avait soufflé le chaud et le froid depuis son retour et il ne savait plus sur quel pied danser. Il était évident qu'il l'avait amadoué pour coucher avec lui, mais d'un autre côté, il s'était montré patient et ne l'avait forcé à aucun moment. Et surtout, il lui avait procuré un plaisir d'une intensité telle que cela avait balayé tous ses doutes et ses craintes.
Cependant, malgré l'excitation, il n'était pas resté aveugle aux tentatives du mage noir de lui faire reconnaître le lien. Il avait accepté de le dire à haute voix, mais il avait préféré attendre la fin de leur union pour mettre les choses au clair. Il avait parfaitement compris qu'il était enchaîné avec lui jusqu'à la fin de sa vie, et il n'avait plus envie de se priver de l'un des rares aspects positifs de leur lien. Voldemort avait beau être abominable tant physiquement que moralement, une fois les yeux fermés, il était un amant divin.
Mais au-delà de ça, il avait rappelé à l'Alpha qu'il ne comptait pas être un simple exutoire sexuel pour le restant de ses jours. Il avait exigé non seulement protection mais aussi respect, ce qui n'était pas gagné au vu du caractère de son lié. Il avait mis un certain nombre de conditions sur la table, avec notamment l'autorisation de le tutoyer, et étonnement, Voldemort n'avait pas semblé en prendre ombrage.
Il était assez fier de lui sur ce coup, il pouvait désormais se targuer d'être le seul à pouvoir tutoyer le Seigneur des Ténèbres... Bien évidemment personne n'en saurait rien, puisqu'il ne devait parler que fourchelang en présence de qui que ce soit d'autre, mais c'était symbolique.
Ensuite, le mage noir avait fait valoir ses propres exigences avec notamment l'obligation de lui révéler tout ce qu'il savait sur l'Ordre et les Horcruxes. Il se souvenait encore de l'angoisse qui lui avait noué l'estomac. Il avait immédiatement pensé à ses deux meilleurs amis, seuls au courant de sa mission. D'une pirouette, il avait réussi à taire le nom de Ron et Hermione mais alors qu'il avait cru pouvoir éluder le sujet, Voldemort s'était soudain montré particulièrement incisif. Il l'avait menacé par sa seule posture, l'écrasant par son aura d'Alpha, et il avait senti une terreur glacée prendre le pas sur sa raison. Alors qu'auparavant il aurait préféré mourir que vendre ses amis, il avait nommé plusieurs d'entre eux sans même une raison valable. Il se sentait si misérable...
Étendu dans le lit, il soupira longuement. Il était évident que le lien influençait non seulement ses émotions, mais aussi ses choix. Comment expliquer les choses autrement ?
Il avait ressenti un bonheur intense entre les bras de son Alpha. Il s'était brièvement senti choyé, désiré, protégé du monde entier. Toutes ces sensations étaient de dangereuses tentations pour l'orphelin qu'il était, il en était conscient. Mais comment ne pas en être dépendant ? Voldemort l'entraînait au plus profond de l'enfer tout en lui faisant miroiter tout ce qu'il avait un jour désiré. Que n'était-il pas déjà capable de faire pour les ressentir à nouveau ?
Malgré sa volonté de conserver un air affable, il avait vu le masque de Voldemort se fissurer au fur et à mesure de ses révélations concernant les Horcruxes. Il avait ressenti la colère du mage noir comme s'il en était la cause, et il avait détesté cela. Il n'avait pas élevé la voix, mais l'atmosphère avait été électrique, rendant la tension insupportable. Et même s'il évitait autant que possible de regarder son visage, il n'en avait pas besoin pour deviner son humeur. Harry pensait qu'il l'aurait récompensé pour ces révélations, il l'avait espéré même, tout son esprit tourné vers la satisfaction de son Alpha. Mais il ne l'avait même pas remercié, sans doute habitué à ce que tout lui soit dû. Il soupira, prenant conscience d'à quel point le lien l'avait rendu stupidement mièvre. Il espérait tout de même que son Alpha n'allait pas se montrer gentil que lorsqu'il voudrait coucher avec lui. Il se sentait déjà suffisamment misérable avec sa propre conscience pour cela...
Il se leva finalement du lit pour se diriger vers la salle de bain. Malgré ce début de journée chaotique, il était de meilleure humeur que la veille. Le sentiment de manque qu'il traînait depuis près d'une semaine avait disparu et son Alpha lui avait promis qu'il rentrerait bientôt. Il remplit la baignoire et resta un moment à paresser dans l'eau.
Maintenant qu'il y pensait, être débarrassé de la prophétie lui apportait un étrange soulagement. Il se retrouvait d'un seul coup déchargé de ce poids sur ses épaules, et il prenait conscience d'à quel point cela avait impacté sa vie. Son sacerdoce avait plané sur ses dernières années telle une menace perpétuelle, jugulant la plupart de ses décisions. Il se sentait paradoxalement plus libre à présent et cette sensation lui procura un rire amer. Il pouvait désormais se contenter de vivre sous la protection de Voldemort, son précédent ennemi… Celui qui allait pourchasser et probablement torturer ou tuer ses anciens amis.
Il n'avait plus à craindre de voir sa vie s'arrêter brusquement mais tout le Royaume Uni vivait la période la plus sombre de son existence. Et l'homme avec qui il était lié était immortel… Il ne parvenait pas à savoir s'il en était heureux ou simplement bêtement abruti par le lien. Pouvait-il seulement se réjouir d'une telle situation ?
Une fois sorti du bain, il prit son petit déjeuner et réfléchit à ce qu'il allait dessiner. Il jeta un coup d'œil à toutes les créatures représentées durant les deux dernières semaines. Au fur et à mesure que le manque s'était fait ressentir, ses dessins s'étaient faits plus sombres, jusqu'à ce qu'il ne parvienne tout bonnement plus à tenir un crayon. Le dernier croquis en date était le terrifiant Scroutt à pétard géant du labyrinthe de la Coupe de Feu.
Aujourd'hui, il n'arrivait tout simplement pas à se sortir son Alpha de la tête et il décida de le représenter. Il se souvenait assez précisément du jeune Tom Jedusor, lorsqu'il était apparu dans la Chambre des Secrets. La première fois qu'il l'avait vu, il l'avait trouvé assez séduisant, même s'il avait été rapidement effrayé par ses propos. Au départ, il avait essayé de le mettre en confiance à travers le journal, tout comme le Voldemort actuel faisait pour obtenir ses faveurs. Il se souvenait aussi du souvenir avec Hepzibah Smith montré par Dumbledore.
Le mage noir n'avait jamais eu aucun mal à manipuler ses auditeurs selon son bon vouloir, il n'était guère étonnant de voir la ferveur qu'il pouvait générer chez ses partisans. Quelque part, il était plutôt rassurant que la pratique de la magie noire l'ait affublé d'un tel faciès. C'était comme un avertissement ou une malédiction, pour l'empêcher de tromper d'autres gens, même si désormais il avait plutôt tendance à utiliser la force brute. À titre personnel, le lien était tellement puissant qu'il atténuait l'horreur de la situation. Évidemment, il ne pouvait en faire totalement abstraction et avait besoin de fermer les yeux. Mais sans cela il n'aurait jamais pu ne serait-ce que bander en sa présence.
Il passa ainsi plusieurs heures à dessiner Tom Jedusor tel qu'il était à l'époque, et aussi quelque part, tel qu'il aurait aimé qu'il soit. Il avait dessiné un jeune Voldemort debout, baguette à la main, un air suffisant au visage. Il ne savait pas trop si son Alpha allait apprécier ou non mais ça l'amusait assez de le représenter dans son uniforme de Serpentard. Il avait l'air moins dangereux, plus humain, même s'il savait parfaitement qu'il avait commis ses premiers meurtres alors qu'il était encore élève à Poudlard.
Il avisa le serpent géant paisiblement installé sur le canapé.
- Nagini ? Ça fait combien de temps que tu vis aux côtés de Voldemort ?
- Nagini ne sait plus, Nagini se souvient avoir rencontré le maître en Angleterre, avant sa chute. Puis elle l'a cherché, à travers le monde, elle a suivi sa trace loin d'ici. Elle l'a retrouvé à l'état d'esprit, mais il était toujours là, il pouvait toujours parler avec Nagini. Le maître ne l'a jamais abandonné.
- Tu l'as donc connu avec son vrai visage.
Le massif familier pencha la tête sur le côté, manifestement perplexe face à sa remarque.
- Nagini ne se préoccupe pas de choses comme l'apparence. Nagini reconnaîtrait la magie du maître, quel que soit son corps. Son odeur aussi est unique. L'enveloppe est… quelque chose de secondaire.
Harry secoua la tête. S'il avait trouvé le Basilic proprement monstrueux, Nagini avait une apparence de boa constrictor relativement normale. Au début, elle l'avait effrayé par sa taille, et surtout parce qu'il la savait capable de dévorer un homme entier, mais maintenant qu'il vivait à ses côtés, il l'aurait sans problème qualifié de "belle" si on le lui avait demandé. Il avait pris l'habitude de lui gratouiller le museau comme le faisait son maître et il ne ressentait plus la moindre gêne à dormir contre elle ni même à le sentir se hisser sur ses épaules.
Une fois l'Alpha représenté avec des traits juvéniles, il avait donc décidé d'ajouter Nagini à son dessin, installée sur un pupitre de Poudlard. Il griffonna ainsi jusqu'au début d'après-midi. Il n'avait qu'un simple crayon de bois pour tout matériel mais il était assez satisfait du résultat.
Delly lui avait ramené un sandwich au rosbeef et une tasse de thé sur les coups de midi et une fois son dessin terminé, il eut une grande envie de se dégourdir les jambes. Malheureusement, il était toujours enfermé dans la maison et à défaut d'une autre activité possible, il décida de reprendre l'entraînement de magie sans baguette.
Il était plutôt fier d'être parvenu à fermer la porte juste devant Voldemort, mais il était aussi assez réaliste sur ce qui l'avait rendu possible. Il avait utilisé ses sentiments, et ceux-ci, exacerbés par le lien et l'état de manque, avaient transformé sa peur en une vague de magie brute. La porte avait d'ailleurs été légèrement déformée sous le choc, et Harry s'aperçut bien vite qu'elle ne fermait plus correctement.
Bien évidemment, Nagini avait relevé la tête dès qu'il s'était approché de la sortie, et il recula prudemment pour apaiser sa méfiance.
- Je ne compte pas m'enfuir, je te l'ai déjà dit. Mais j'aimerais juste visiter le jardin. Tu pourrais m'accompagner ?
- Non. Le maître a dit que Harry Potter devait rester dans la maison. Il n'a pas donné d'ordre différent à Nagini.
- C'est bon, je reste ici. Je lui demanderais quand il reviendra. Je crois que je préférerais encore être à ses côtés, même s'il est au milieu de ses Mangemorts. Je m'ennuie…
Quelque peu dépité par le refus du serpent, il s'installa cependant à ses côtés sur le canapé avant de reprendre sa lecture. La pratique de la magie sans baguette requerrait un degré de concentration qu'il ne se sentait pas capable d'atteindre. Alors qu'au contraire, chaque fois qu'il avait fait de la magie instinctive, c'étaient ses émotions brouillonnes qui, par leur intensité, lui avaient permis de la manifester. Elle était nettement plus instable mais aussi plus spontanée et potentiellement plus puissante. Chaque fois qu'il l'avait utilisée, ça avait été sous le coup d'une sensation forte, la peur mais aussi la colère par exemple. Serait-il un jour capable de l'utiliser à volonté ? Il avait l'impression d'être constamment à fleur de peau depuis qu'il était devenu Oméga, mais il fallait reconnaître qu'il avait traversé des épreuves pour le moins choquantes.
Maintenant qu'il y pensait, à aucun moment sa magie n'avait attaqué Voldemort. Comme si ses défenses étaient sans effet contre lui. D'un autre côté, le mage noir n'avait jamais pu le tuer non plus, quels que fussent ses essais. Pour deux personnes qu'une prophétie qualifiait d'ennemis mortels, on aurait plutôt dit que leur magie elle-même les empêchait de se tuer, semblant les désigner au contraire comme Alpha et Oméga, avant même qu'ils ne se rencontrent.
Il s'entraîna quelques heures à lancer un Accio mais même en y mettant toute sa détermination, le livre qu'il visait ne faisait que de petits bonds en avant, loin de ce à quoi il espérait.
Malgré la solitude et le manque d'activité, il se sentait bien dans cette maison, éloignée de tout. L'odeur de son Alpha était revenue, il n'y avait personne pour le juger... Fatigué par l'ennui, apaisé par le calme environnant, il finit par s'endormir sur le canapé avec Nagini en guise d'oreiller.
Il se réveilla, bien plus tard, en sentant une présence près de lui. La nuit était tombée et le salon était plongé dans l'obscurité, transformant les meubles familiers en formes vagues. Mais surtout il y avait cette silhouette penchée sur lui. Il sentait l'odeur de son Alpha, mais la silhouette était différente… le visage avait une forme humaine, et il distinguait clairement une chevelure…
Sentant la panique l'envahir brusquement, il se rencogna contre le dossier du canapé, le cœur battant à toute allure. Il avait besoin de voir. Il avait besoin de LUMIÈRE.
À l'instant même où il pensa cela, toutes les bougies de la pièce s'allumèrent d'un seul coup, projetant une gerbe de flamme en direction du plafond. La lumière générée avait cependant révélé l'identité de la mystérieuse silhouette, et Harry écarquilla les yeux. Il s'agissait de Voldemort, mais tel qu'il était juste après Poudlard. Sa peau n'était plus livide mais simplement pâle, son visage avait retrouvé des traits humains, un nez, des lèvres, des sourcils. Ses yeux rouges avaient désormais une couleur plus naturelle, presque rubis. Et surtout, une chevelure brune, ondulée, s'étendait sur le sommet de son crâne, lui conférant une classe certaine. Il souriait, et Harry cru un instant être revenu dans ses souvenirs, lorsque le Tom Jedusor du journal cherchait à le séduire.
- Vol… Alpha !
D'un simple geste, le mage noir atténua les flammes produites par sa magie avant de s'asseoir à ses côtés. Même ainsi, il le dépassait d'une bonne tête, et Harry s'en sentit immédiatement intimidé.
- Bonsoir, Harry. Alors, qu'en penses-tu ?
- C'est une illusion ?
Immédiatement, il attrapa la main du Survivant pour l'amener à son visage, et Harry en resta coi. Il pouvait sentir une peau douce et tiède, des cheveux étonnamment soyeux. Sous ses doigts se dévoilait un fin duvet… Il cligna des yeux et rougit malgré lui. Il avait été traversé par une envie aussi brusque que fugace, celle d'embrasser ces lèvres charnues, de sentir la différence à présent que son Alpha avait retrouvé une apparence humaine.
De son côté, le mage noir le fixait, une lueur de satisfaction au fond des yeux, devinant sans peine le contenu de ses pensées.
- Alors, est-ce que ça à l'air d'une illusion ?
- Non… Tu as rajeuni ? Mais comment ?
Les questions se bousculaient sur ses lèvres, le faisant bafouiller. Les lois de la nature pouvaient-elles être si aisément retournées ? L'idée de magie noire clignotait dans son esprit, mais son Alpha éluda sa question d'un geste nonchalant.
- Croyais-tu vraiment qu'une telle chose m'était impossible ? Je suis celui qui a vaincu la mort. Regagner mon ancienne apparence n'était qu'une question de volonté. À présent que tout le Royaume Uni est en mon pouvoir, j'ai bien envie de me montrer un peu plus, pourquoi pas me mêler de politique.
Le nouveau physique du Seigneur des Ténèbres était si fascinant que Harry peinait encore à se croire éveillé. Il était si simple de tomber dans le piège, oublier le monstre qu'il était sous ce déguisement d'être humain ! Il prit une courte inspiration alors que son cœur s'emballait sous les dangereuses émotions générées par son imaginaire fertile. Il était évident qu'avec un visage aussi séduisant, il allait être bien plus difficile de résister à ses avances…
D'ailleurs, il avait à peine pris conscience de son désir que Voldemort s'était saisi de son menton. Il le força à approcher son visage, sa main ferme ne lui laissant pas la moindre chance de se replier. Avait-il lu ses pensées ? Il pouvait presque sentir ses doigts frôler son cerveau, l'analysant pour mieux le diriger.
- Dis-moi Harry, est-ce que je te plais ?
Il se crispa instinctivement alors que le mage noir se tenait à 15 centimètres de son visage. Il sentait combien l'homme était dangereux malgré sa nouvelle physionomie. Il avait l'impression d'être un pyromane devant un brasier. Voldemort était tout aussi puissant, incontrôlable et destructeur qu'un feu de l'Enfer. Mais il était aussi terriblement attirant. Il avait toujours eu cette aura flamboyante, cette magie fascinante...
Et maintenant qu'il avait retrouvé un physique à se damner, Harry allait se consumer à son contact, il en était persuadé. Le mage noir devait en être parfaitement conscient, car il en jouait au contraire, restant immobile, attendant de voir si son Oméga allait initier un baiser.
- Tu… C'est… stupéfiant.
Il humidifia ses lèvres soudain devenues sèches. Il pouvait presque sentir son souffle sur son visage tant ils étaient proches.
- Tu ne réponds pas à ma question.
La voix de Voldemort avait-elle toujours eu cette chaleur ? Il avala sa salive. Il n'était qu'à quelques centimètres de ces lèvres tentatrices. Étaient-elles aussi douces qu'elles le paraissaient ? Il avait envie de les goûter, mais il était pétrifié par l'angoisse. Le mage noir le dardait de son regard carmin et son instinct d'Oméga l'incitait à baisser les yeux. Prenant une brusque inspiration, il lâcha soudain ce qu'il avait sur le cœur.
- Tu es très beau. Et vraiment… désirable.
Il l'avait dit. Les mots étaient sortis sans même qu'il le veuille, d'une voix maladroite, presque enfantine. Harry eut envie de se cacher sous un drap tant la honte menaçait de le submerger. C'était comme si le lien prenait le contrôle de sa voix. Un rire grave emplit la pièce, mais il ne se sentit pas rassuré pour autant. Les réactions de son Alpha étaient bien trop imprévisibles, et malgré son apparente bonne humeur, quelque chose lui intimait de se méfier.
- Oh, Harry, de ta part, je suis flatté. Mais pourquoi résister à la tentation ? Tu es mon Omega, tu ne dois pas avoir honte de ce genre de pensées. Ton corps m'appartient déjà…
Sans attendre davantage, Voldemort l'embrassa, faisant naître une myriade de sensations confuses chez le jeune sorcier. Les lèvres de son Alpha étaient chaudes, conférant au baiser une tendresse inhabituelle. Pourtant, cela n'enlevait rien à son intensité. Il sentit son excitation grimper en flèche à mesure que cette langue impérieuse explorait sa bouche et que les phéromones de l'Alpha emplissaient la pièce. Les doigts de Voldemort avaient lâché son menton pour se glisser sur sa nuque, lui procurant de délicieux frissons. Et il avait l'impression que son cœur venait de sauter dans le vide.
Il ne pouvait ignorer la posture dominante du mage noir. Comme si son aura écrasante ne suffisait pas, le sorcier l'avait repoussé en arrière, plaqué contre l'accoudoir du canapé. Pourtant, cela ne faisait que renforcer son excitation. Il avait l'impression de sombrer dans la dépravation. Depuis quand suffisait-il à Voldemort d'un seul baiser pour le mettre dans cet état ? Depuis quand l'idée même de se faire prendre par son Alpha lui procurait une telle érection ? Était-ce le lien qui avait continué sa contamination, infectant une part toujours plus importante de son cerveau ?
Il gémit en sentant une main étrangère se glisser sous sa tunique pour atteindre sa braguette. Il n'allait tout de même pas….
Il releva la tête pour croiser le regard victorieux du mage noir. Il se sentait faible, totalement soumis à son bon vouloir. Mais c'était trop bon… trop fort. Il prit une grande inspiration et bascula la tête en arrière alors que Voldemort extrayait sa verge fièrement érigée hors de son sous-vêtement. Il porta machinalement ses mains à ses joues brûlantes. Il avait honte de lui-même, honte de sa conduite. Lui qui avait résisté à l'Imperium se retrouvait dirigé par ses hormones comme un vulgaire adolescent. Il gémit une nouvelle fois alors que les doigts du mage noir glissaient paresseusement sur son sexe.
- Regarde-moi. Je veux te voir sombrer.
Il redressa immédiatement la tête pour plonger dans ce regard carmin, obéissant sans même réfléchir ni hésiter une seule seconde. Le visage de son Alpha était absolument fascinant. Il le regardait avec avidité, ne voulant manifestement pas perdre une miette de ses expressions faciales. Harry avait l'impression d'être une sorte de cobaye ou un sujet d'expérience à ses yeux. Voldemort connaissait parfaitement la douleur, mais le plaisir était quelque chose de nouveau pour lui. Allait-il aller jusqu'au bout ou préférerait-il le pénétrer pour l'amener à la libération ? Il se mit à haleter, les poings serrés contre ses cuisses. Il les avait écartées pour donner une plus grande amplitude à son pénis dressé mais le tissu de son pantalon l'empêchait de s'installer aussi confortablement qu'il l'aurait voulu.
Il se surprit à espérer que son Alpha les transporte dans leur lit pour continuer. Il se sentait vide, froid. Il voulait retirer ses encombrants vêtements et sentir sa peau contre la sienne. Cependant le mage noir ne semblait pas vouloir bouger d'ici. Il s'était à nouveau approché pour l'embrasser, écrasant ses lèvres contre les siennes dans un excès de domination primitif. Immédiatement, Harry avait ouvert la bouche pour l'accueillir, laissant son amant l'explorer avec un ravissement sans fin. N'était-ce pas ici sa place ? Entre les bras de son Alpha, offert à ses caresses, soumis à sa volonté…
Cette idée le révulsa moins qu'elle n'aurait dû. Il se sentait si bien. L'odeur rassurante de Voldemort l'entourait, il avait chaud et il lui procurait de délicieuses caresses. Il gémit longuement alors que la pression s'accentuait dangereusement. Il ne voulait qu'une chose à cet instant, que son Alpha assouvisse ce besoin qu'il avait de lui.
Lorsque le mage noir se redressa, il voulut s'accrocher à son cou pour le retenir contre lui, lui faire sentir combien il le désirait. Mais il écarquilla les yeux, se rendant soudain compte que ses bras étaient immobilisés le long de son corps. Voldemort lui avait jeté un informulé et il ne s'en était même pas aperçu, pris dans le plaisir indicible qu'il lui procurait.
- Que… ? Pourquoi m'as-tu…
L'Alpha éclata d'un rire sinistre, son visage se déformant soudain sous une expression sadique.
- Je voulais pouvoir m'assurer que je ne rêvais pas. Mais oui, c'est bien Harry Potter qui est en pleine érection pour moi au moment-même. Que disais-tu déjà l'autre soir ? Que jamais tu ne voudrais avoir une relation sexuelle avec moi dans ton état normal ? Hier, tu étais victime du manque, mais aujourd'hui, quelle est ton excuse ?
Totalement impuissant, les yeux au bord des larmes, il baissa la tête pour dissimuler son désarroi. Il avait baissé sa garde bien trop vite, il avait oublié à qui il avait à faire…
- Mais… J'ai accepté le lien… J'ai reconnu que tu étais mon Alpha et j'ai…
Voldemort n'avait pas relâché son sexe, cependant la masturbation qu'il lui infligeait devenait douloureuse à mesure que sa détresse faisait disparaître toute trace d'excitation. Un sortilège avait aussi été lancé sur le reste de son corps, ne lui laissant aucun moyen de se soustraire. Il se sentait plus humilié que jamais, et le désespoir noua sa gorge, l'empêchant de finir sa phrase. Son bourreau abandonna enfin son pénis pour s'emparer de sa gorge, ne rendant pas la pression plus agréable. Il approcha aussi son visage, comme s'il voulait aspirer son désespoir à même sa bouche, comme un Détraqueur...
- Mais je t'ai violé, n'as-tu pas juré de ne jamais me pardonner ? À moins qu'il ne suffise d'un simple masque pour te faire oublier qui je suis ?
Harry secoua difficilement la tête. Le retour à la réalité avait été si brusque ! Alors que l'instant d'avant il planait sur un petit nuage, il avait l'impression d'avoir été soudain plongé dans une eau glacée et tumultueuse qui l'entraînait par le fond. C'était injuste. Pourquoi devait-il subir cela ?!
- Arrête, je t'en prie ! J'ai promis de t'obéir ! S'il te plait…
Un éclat de rire cruel répondit à ses supplications. Le mage noir l'avait brusquement relâché et avait basculé en arrière
- Par Salazar… Ce lien est la meilleure chose qui me soit arrivé. Te voir si soumis, prêt à tout pour me satisfaire, toi, celui qui a ruiné quinze ans de mon existence. La magie m'offre décidément une vengeance à la hauteur du préjudice. Et maintenant que j'ai retrouvé mon apparence, qui est celui qui supplie pour profiter du corps de l'autre ? Tu y penseras la prochaine fois que tu voudras te refuser à moi. Je suis ton Alpha, tu me dois obéissance absolue, Harry Potter.
Le maléfice s'était dissipé en même temps que la poigne sur sa gorge avait disparue, et Harry profita immédiatement de sa liberté retrouvée pour se lever et s'éloigner, tremblant de tout son corps, la nausée lui faisant tourner la tête. La proximité avec Voldemort, son odeur, son aura, tout cela l'incitait à se soumettre, à obéir. Il serra les poings, ses ongles enfoncés jusqu'au sang. Il en aurait hurlé. De dégoût, de honte... Il voulait partir, se soustraire à cette influence insidieuse, mais il en fut incapable, enchaîné par ce lien invisible, cette laisse qui le rendait soumis au monstre. Arrivé à la porte de la chambre, il se retourna soudain pour faire face à son tortionnaire.
- Tu devais me respecter ! Tu es censé… me protéger… Tu avais promis ! J'étais prêt à… accepter le lien ! Mais tu romps déjà notre promesse ! Tu n'as aucun égard pour moi ! Tu n'imagines pas ce qui ça m'a coûté… De te donner toutes ces informations… De te dévoiler les noms des membres de l'Ordre…
Il se sentait misérable, son émotion se trahissant dans sa voix, parfaitement conscient qu'il s'adressait à un être presque dépourvu de toute valeur morale. D'ailleurs Voldemort s'était levé à son tour, sans se départir de son sourire arrogant.
- Bien entendu, le lien m'oblige à te protéger, et je peux te garantir que plus personne ne te touchera. Mais pour ce qui est de ton bien-être… De ton bonheur… Je crains que ça ne soit pas exactement ma priorité. Évidemment, je ressens tes émotions comme si c'était les miennes. Ta colère… Ta honte… Ta douleur. Mais qu'est-ce que cela pour quelqu'un comme moi ? J'ai connu la honte en arrivant à Serpentard comme un orphelin, élevé par des moldus ! J'ai connu la colère en découvrant mes origines, ce père qui a abandonné ma mère, une sorcière faible ! J'ai connu la douleur de déchirer son âme, non pas une fois, mais six fois. Alors crois bien que je ne crains rien de tout cela. Tu m'obéiras et tu me désireras, non pas parce que tu le veux bien, mais parce que le lien t'y contraindra.
Faisant brusquement volte-face, il trouva enfin la force de quitter la pièce. Il traversa la chambre, puis la salle de bain pour se terrer le plus loin possible de l'entrée. Son Alpha ne lui voulait que du mal, il le haïssait et préférait souffrir lui-même que se montrer un tant soit peu gentil avec lui. Le sentiment de rejet enfla douloureusement dans sa poitrine jusqu'à faire couler ces larmes qu'il avait vaillamment retenues jusqu'à présent. Il s'écroula sur le sol dans un coin avant de se recroqueviller sur lui-même. Il voulait se terrer dans un refuge, un placard, quelque chose où rien ni personne ne pourrait l'atteindre. Il ne voulait plus rien voir, plus rien entendre, ne plus rien ressentir. Juste disparaître. Il était épuisé, dégoûté de ce monde où rien de bien ne pouvait lui arriver.
Et sans un bruit, sans même que le Survivant ne s'en rende compte, quelque chose sembla s'éveiller. Son dégoût était tel que sa magie prit forme, créant une étrange carapace de glace autour de lui. Il voulait simplement être en sécurité, en paix… Juste quelques heures… Il se sentait si fatigué. Le froid anesthésiait son cœur, recouvrait sa peau, formant un rempart contre la réalité. Il ferma les yeux, soulagé. Peut-être pourrait-il dormir pour toujours...
***/+/***
Lorsque son Oméga avait disparu dans la pièce adjacente, Voldemort avait senti monter en lui une vague de culpabilité qui l'agaça au plus haut point. Son instinct d'Alpha se chargeait bien de lui faire comprendre qu'il était la cause directe du désespoir de son Oméga, et c'était désagréable. Il n'avait plus jamais ressenti la moindre pitié pour qui que ce soit, et découvrir ce sentiment aujourd'hui avait quelque chose de particulièrement pénible.
Il savait que le lien n'y était pas étranger, mais il avait du mal à différencier ses propres émotions, celles que le lien le poussait à ressentir et celles qui appartenaient à Harry. Il avait à la fois envie de le rattraper, de le prendre dans ses bras pour le rassurer et de lui infliger les pires souffrances possibles. Il se sentait déchiré entre qui il était, et cet autre que le lien avait créé.
Lorsqu'il était rentré et l'avait trouvé endormi sur le canapé, il n'avait pas pu résister. Il avait repensé à sa propre frustration, lorsqu'il avait refusé ses avances, au sortir de la réunion de Mangemorts. Aidé du lien, il était parvenu sans mal à exciter le jeune sorcier qui s'était abandonné à lui avec une facilité stupéfiante. Il l'avait amené au bord de l'orgasme avant de le précipiter au fond du gouffre, et sa chute avait été sublime.
Il grogna brièvement en sentant la détresse de son Oméga. Évidemment, le Survivant lui avait rappelé leur serment de la veille. Harry s'était senti trahi, humilié, rejeté et lui avait jeté tous ses sentiments au visage. Désormais, il y avait peu de chance qu'il ne croie en sa parole avant un bon moment…
Il se rassit sur le canapé et son regard tomba sur le plafond. Le jeune sorcier avait à nouveau fait de la magie instinctive, et les flammes des bougies avaient laissé des marques noires sur le lambris. Il agita nonchalamment sa baguette, redonnant un aspect neuf aux boiseries. Il allait devoir se méfier de cette nouvelle facilité qu'avait le Survivant à faire de la magie sans baguette. Il avait lu que le lien renforçait magiquement les deux parties, mais l'insécurité et les angoisses de l'Oméga semblaient profiter de cette nouvelle puissance pour se manifester de manière explosive. Comme une menace envers celui qui le faisait tant souffrir… ou un appel à l'aide.
Avec un soupir, il se releva et s'installa à son bureau. Il avait des recherches à continuer. D'un claquement de doigt, plusieurs livres s'extrayèrent d'eux-mêmes de la bibliothèque pour léviter à côté de lui. Mais alors qu'il cherchait une feuille de parchemin vierge pour y prendre des notes, il tomba sur un nouveau dessin de Harry. Comme une étrange prédiction, son Oméga l'avait représenté avec une apparence juvénile, en uniforme de Poudlard, mais avec Nagini à ses côtés. Il devait reconnaître que le jeune sorcier avait un certain talent. Le croquis était réalisé tout en ombrages et était vraiment ressemblant.
Il rangea le dessin dans son tiroir avec un certain amusement. Et dire que quelques minutes plus tôt Harry était assis face à lui, les cuisses écartées, son sexe entre ses doigts… Il devait probablement à nouveau le haïr à présent.
Il étudia pendant près d'une heure, mais régulièrement son esprit revenait à son Oméga. Il n'entendait plus un bruit dans la maisonnée, sans doute s'était-il endormi… Était-il dans leur lit ou s'était-il réfugié dans la salle de bain ?
Lorsqu'il avait décidé de le tourmenter, il s'était instinctivement retranché derrière ses boucliers d'Occlumancie pour ne pas avoir à sentir lui-même le désespoir de son captif, mais poussé par la curiosité, il rouvrit le lien.
Rien n'aurait pu le préparer à cette sensation. Il sursauta, se reculant précipitamment de sa chaise. Le lien était froid… plus que cela, il était glacial. Comme… gelé. Mort. Il ne ressentait plus la moindre sensation. Pris d'une angoisse soudaine, il se précipita dans la chambre. Vide. Baguette à la main, il essaya d'ouvrir la porte de la salle de bain, mais il la trouva bloquée. Qu'est-ce que Harry avait-il bien pu faire !
Il projeta une vague d'énergie magique en direction de la porte et le panneau de bois finit par céder sous sa force, dévoilant une pièce méconnaissable. Tout était recouvert de glace. C'était comme si une tempête de neige avait eu lieu dans la salle de bain. Le sol mais aussi la plomberie et les murs, tout était givré. Il chercha des yeux son Oméga et tomba finalement sur une silhouette recroquevillée sur elle-même, prostrée derrière la baignoire. Il ne parvenait pas à voir son visage de là où il était, mais semblait inconscient.
Il fit un pas en avant, mais à peine fut-il entré qu'une silhouette blanche se matérialisa soudain au beau milieu de la pièce, l'empêchant d'aller plus loin. Son premier réflexe fut de l'attaquer d'un sort incendiaire mais la forme mystérieuse para son sort en un instant, avec la même facilité que si elle avait lu ses pensées. Il prit alors conscience de l'apparence de son adversaire et fronça les sourcils : la créature de glace lui ressemblait trait pour trait. Baguette à la main, on aurait dit qu'elle cherchait à protéger le jeune sorcier endormi.
Il jeta un coup d'œil à l'Oméga mais il était en position fœtale, replié sur lui-même, le visage caché entre les mains. Son clone de glace était-elle une manifestation du subconscient du jeune sorcier ? Elle ne semblait pas immédiatement agressive, cependant elle gardait la baguette tendue en avant, dans une posture similaire à la sienne.
- Harry ? Qu'est-ce que tu fabriques ! Réponds-moi, c'est un ordre !
Il ne reçut cependant aucune réponse. Il tenta de s'approcher, mais immédiatement un vent glacial le repoussa en arrière sans qu'il ne puisse y résister. Il essaya de se rendre invisible, se mit à léviter au-dessus du sol, mais à chaque fois il fut immanquablement renvoyé à l'entrée. Il se serait bien lancé dans un duel contre ce mystérieux double de glace, mais il craignait de blesser son précieux Oméga s'il se laissait aller, et cette évidence l'amena à repenser sa stratégie. Il essaya différents sorts ciblés, mais rien n'y fit, son homologue les parait dans la seconde avec une précision insupportable. Il ne pouvait tout de même pas détruire la pièce ?!
Après plusieurs minutes à bombarder son sosie sans la moindre progression, il s'assit finalement à l'entrée. Il ne fallait pas être idiot pour comprendre que c'était Harry lui-même qui avait donné naissance à cette créature. Mais pourquoi diable lui avoir donné son visage ? Était-ce seulement volontaire ? Le jeune sorcier semblait bloqué dans une sorte d'inconscience. À aucun moment il n'avait fait le moindre geste, suggérant qu'il l'avait entendu ou même ressentait ce qui se passait autour de lui. Il ne tremblait même pas malgré les températures glaciales qui régnaient dans la pièce...
- Harry ! Ça suffit ! Réveille-toi, maintenant !
Il se sentit immédiatement ridicule pour ses propos. Pourquoi l'Oméga se réveillerait-il ? Sa vie était un Enfer, il s'en était bien assez assuré. Il n'avait fait quasiment que le blesser malgré leur lien. Il avait ignoré sa détresse, attisé même son désarroi. Il l'avait humilié et était revenu sur sa parole. Il n'avait vraiment aucune raison de revenir à la réalité. Il fit la moue. Devait-il attendre que ses forces s'épuisent pour le forcer à reprendre conscience ? Il avait déjà entendu parler de manifestations instinctives impressionnantes chez les jeunes sorciers qui vivaient dans des milieux moldus particulièrement violents. Ces entités portaient le nom d'Obscurus, et causaient généralement d'énormes dégâts avant de provoquer la mort de leur détenteur.
Mais cela ne collait pas, Harry n'était plus un enfant, et sa magie ne semblait pas destructrice. On aurait dit plutôt qu'il essayait de se protéger du monde extérieur. Maintenant qu'il prenait le temps de l'observer plus attentivement, il pouvait voir qu'il respirait doucement, comme s'il était endormi. Sa magie avait formé une barrière presque invisible, l'isolant manifestement de tout ce qui pouvait se passer autour de lui.
Voldemort soupira. Harry allait-il rester ainsi jusqu'à se laisser mourir ? Il en était bien capable. Après-tout, l'une des clauses de leur contrat mutuel était de ne plus attenter à sa vie, et puisque lui-même n'avait pas respecté sa parole, il n'avait aucune raison de respecter la sienne.
Il plissa les yeux, les poings serrés, sa mâchoire manifestant sa contrariété. Comment osait-il se mettre hors de sa portée ! Pendant qu'il s'évertuait à chercher une solution, le Survivant semblait paisible et son double de glace restait simplement immobile, mais il n'oubliait pas que le temps lui était compté. Pourrait-il trouver la solution dans un livre ? Il pensa à la bibliothèque Malefoy. C'était la plus fournie et la plus accessible.
Il se releva et épousseta sa robe sorcière avant de quitter la pièce. Lucius allait découvrir sa nouvelle apparence…
Le mage noir se rendit au manoir sans attendre. Il avait beau être au milieu de la nuit, il savait que son Mangemort allait le rejoindre sous peu, et il alla jusqu'au bureau de ce dernier, patientant avec un sourire amusé. Il imaginait déjà la stupeur se peindre dans les yeux de son serviteur…
Comme il s'y attendait, le propriétaire des lieux arriva bientôt dans sa tenue de Mangemort, et s'inclina sans même le regarder. Voldemort eut un sourire amusé. Alors que Lucius était généralement tiré à quatre épingles, depuis sa déchéance, il se présentait régulièrement à lui avec une barbe d'un jour et les cheveux en bataille. Il était légèrement essoufflé, signe de son empressement.
- Lucius. Relève-toi. Je suis venu ce soir pour ta bibliothèque. J'ose espérer que tu sauras te montrer utile.
- Monseigneur…
Lucius se releva, osant enfin porter le regard sur son maître. Le mage noir avait attendu cet instant, et il ricana face à l'air stupéfait du patriarche Malefoy.
- Alors Lucius, que penses-tu de ma nouvelle apparence…
- Vous êtes… Magnifique monseigneur.
- Je me doutais que tu dirais cela. Pour être exact, il s'agit de mon apparence originelle. J'ai pensé qu'il me serait profitable de retrouver un peu plus de sobriété. Ainsi je pourrais infiltrer directement le ministère et me mêler personnellement de la politique. Éventuellement prendre la suite de ce cher Pius Thicknesse.
- Vous êtes le plus grand des sorciers, maître. Nul ne siérait mieux à ce poste que vous-même.
Voldemort agita vaguement la main, signe qu'il était déjà lassé de la flagornerie de son Mangemort.
- Lucius, montre-moi tout ce que tu possèdes sur les manifestations de magie instinctive.
- Tout de suite, mon seigneur. Il me semble aussi que Severus Rogue possède un certain nombre de connaissances en la matière. Dois-je aller le quérir immédiatement ?
- Inutile, j'irais le chercher moi-même si je ne trouve pas ce que je veux dans les livres.
Quelques minutes plus tard, il repartait avec trois grimoires et retransplanait jusqu'à sa demeure. Dans la salle de bain, rien n'avait changé. Harry était aussi immobile qu'à son départ, de même que son alter-ego de glace qui se tenait toujours debout au milieu de la pièce, baguette à la main.
Il invoqua une chaise et commença à parcourir les livres le plus rapidement possible. Il avait besoin d'être efficace. Il s'était installé à l'entrée pour surveiller son Oméga du coin de l'œil mais rien ne semblait bouger à l'autre extrémité de la pièce. La magie instinctive était un phénomène assez méconnu. Puisqu'il se manifestait généralement chez les nés-moldus en situation de maltraitance, il restait peu observé, et les rares manifestations chez les sorciers adultes restaient si insignifiantes, que personne n'avait pris la peine de les étudier. Les grimoires de Lucius ne contenaient en grande partie que des généralités, voire même des mensonges éhontés de propagande anti-moldue. Il n'y avait presque aucun cas répertorié de magie instinctive d'une telle intensité chez un sorcier adulte et formé à la magie de surcroît.
Il soupira de lassitude. Pour une fois, il n'était certainement pas question de laisser s'exprimer sa colère…
À l'aube, il décida donc de se rendre chez Severus Rogue. Le Mangemort était intelligent et efficace mais aussi bien trop mystérieux à son goût. C'était un Sang-mêlé et il continuait d'habiter une demeure moldue, dans une ville ouvrière de la région des Midlands. Il s'y était déjà rendu pour le surveiller et y avait envoyé Queudver en repérage sans la moindre preuve cependant. Il avait revêtu un manteau noir à capuche pour dissimuler en partie son visage, et lorsqu'il arriva devant la sinistre demeure, ce fut l'Animagus qui vint lui ouvrir la porte.
- Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
Avec un rictus, il projeta son médiocre serviteur au fond du couloir avant de pénétrer dans la maison.
- Queudver. C'est ton maître, sombre crétin.
- Maî-maître ! Je vous prie de me pa-pardonner, je-je ne vous avais pas reconnu… sous ce déguisement.
Il soupira de lassitude. Ce rat répugnant était décidément d'une utilité très limitée… Sans lui accorder davantage son attention, il rejoignit le salon où il savait pouvoir trouver le maître des lieux. Rogue avait déjà cessé toute activité, et lorsqu'il entra, il se trouvait agenouillé sur le sol, une main sur le cœur.
- Severus. J'ai besoin de tes services.
- Monseigneur. Tout ce que vous voudrez.
- Lucius m'a dit que tu avais des connaissances sur les phénomènes de magie instinctive. Je lui ai emprunté des livres mais aucun d'entre eux ne m'a apporté de solution satisfaisante. Peut-être pourras-tu m'aider ?
- Je le souhaite, monseigneur. Quel est votre problème ?
Il commença à faire les cent pas dans l'exigu salon.
- Un problème que tu connais bien puisqu'il se nomme Harry Potter. Il est parvenu à s'enfermer dans une sorte de bulle de magie. Je ne souhaite pas le tuer, il serait trop heureux de pouvoir se libérer de moi ainsi.
Son serviteur était comme toujours imperturbable, mais il le devinait déjà en train de réfléchir à tout ce qu'il ne lui disait pas.
- Donc Potter est parvenu à créer une… bulle de magie instinctivement ? Sans l'aide d'une baguette… ?
- Me crois-tu suffisamment inattentif pour la lui laisser ? Mais je comprends ton étonnement. Je n'ai jamais eu de prisonnier capable de faire une telle chose. Il n'a pas l'air de m'entendre. Il ne réagit à rien et reste immobile quoi que je fasse. Je le pense bien capable de se laisser mourir de faim.
- Depuis combien de temps ?
- Cette nuit.
- Vous l'avez torturé à coups de Doloris ? Il est stupéfiant qu'il soit parvenu à trouver une telle quantité de magie en lui.
- Non, plutôt une torture d'ordre… psychologique. Je m'amusais beaucoup et il a fallu qu'il trouve encore un moyen de contrecarrer mes plans. Ce garçon est décidément d'une ténacité sans limite.
- Ce bouclier est donc parvenu à résister à toutes vos tentatives pour le dissiper ?
Il fusilla brièvement son Mangemort du regard, comme s'il avait une part de responsabilité dans la situation actuelle. Il était cependant suffisamment lucide pour savoir qu'il ne cherchait qu'à l'aider.
- Je ne peux pas accéder au garçon. Un gardien m'en empêche. On dirait un golem de glace.
Cette fois, le stoïcisme légendaire de Severus se fissura. Il écarquilla les yeux.
- Pardon ? Il est non seulement parvenu à créer un bouclier mais aussi à animer une créature de magie pure… mais… c'est impossible !
- Penses-tu que je serais ici à perdre mon temps si ce n'était pas le cas ? Il n'y a pas tant de magies qui échappent encore à ma compréhension. Et Potter est encore parvenu à défier les lois de la probabilité.
- Je n'ai jamais rencontré ni même entendu parler d'une telle manifestation magique, maître. Cela dépasse de très loin n'importe quel mécanisme de défense instinctif. Si je puis me permettre, vous avez dû le… pousser dans ses derniers retranchements.
Il s'arrêta un instant pour fixer son Mangemort. Il ne parvenait jamais à savoir exactement ce qu'il avait en tête et cela l'avait toujours frustré. Malgré sa haine apparente pour le Survivant, il n'avait jamais ne serait-ce qu'essayer de le blesser.
- Croyais-tu réellement que j'allais garder Potter à mes côtés par bonté d'âme, Severus ? Il est une merveilleuse distraction contre l'ennui. Mais tout à l'heure, il me semblait plus en colère que détruit. J'ai simplement fait l'erreur de le laisser seul.
- Me serait-il possible de le voir ? Je peine à imaginer ce phénomène.
Voldemort hésita. Il se retrouvait au pied du mur, tout cela par la faute du jeune sorcier. Il allait lui faire payer au centuple. Il se saisit du bras de son Mangemort, et quelques secondes plus tard, ils transplanaient en direction de sa demeure. Il le conduisit sans attendre jusqu'à la salle de bain où rien n'avait changé, et le potionniste manifesta à nouveau sa stupeur en voyant l'état des lieux. Il ne lui avait pas révélé l'apparence de la créature de glace, et Severus eut un mouvement de recul en la reconnaissant. Soudain, les informations semblèrent faire lien dans sa tête, et le mage noir se rappela qu'Harry n'avait pas son collier. Son odeur était donc très caractéristique.
- Vous l'avez… lié à vous. Vous êtes son Alpha !
- Effectivement, et il va de soi que tu n'en diras rien à personne. Quel rapport cela a-t-il avec notre problème ?
D'un geste, il désigna son double.
- Vous… Vous avez continué de le torturer alors que vous vous êtes lié à lui. Vous bafouez les lois même de la magie. Un Alpha est censé… protéger son Oméga. Il a créé ce qui lui faisait défaut.
Sans attendre, il lui jeta un Doloris. Il avait envie de le réduire en charpie…
- Endoloris. Te permettrais-tu de me juger, Severus ?
Son Mangemort s'écroula en gémissant sur le sol et Voldemort maintint le maléfice quelques secondes. Il était sur les nerfs, encore et toujours à cause de Potter. Il fusilla du regard la silhouette toujours endormie à l'autre bout de la pièce.
- Je… vous prie de me pardonner, monseigneur…
- Je l'ai fait et je recommencerais. Ce ne sera ni la première, ni la dernière fois que je transgresse les règles de la nature. Je l'ai lié à moi pour le soumettre, le plonger dans le désespoir le plus pur, et cela fonctionne admirablement. Je comprends désormais pourquoi la créature a pris mon apparence. Quelle ironie… Mais cela ne m'explique pas comment l'en sortir.
Severus se releva péniblement.
- Il y a peut-être une solution. Mais même si vous y parvenez, ce sera fragile. Potter est têtu et vous… vous avez détruit tout ce qui pouvait le rattacher à la vie. S'il est capable de générer une telle magie, alors il recommencera. Vous ne pourrez pas le surveiller constamment et il replongera à la première occasion. Il mourra, monseigneur, à moins que vous lui trouviez une sérieuse raison de vivre. Dans le cas contraire, je crains qu'il ne se sacrifie pour le bien commun.
À nouveau sa baguette le démangea. Il avait une furieuse envie de réduire en cendre cet oiseau de malheur.
- Je m'occuperais des détails. Quelle est donc cette solution ?
- La Legilimancie. Si vous parvenez à entrer en contact avec Potter, via ce lien mental que vous partagez, peut-être pourrez-vous le sortir de là. Mais à présent, tout dépend de votre capacité à le convaincre.
- Le convaincre ?
- Vous… devrez jouer votre rôle d'Alpha. C'est la seule chose qui peut l'obliger à rester en vie. Le protéger, ne plus lui faire de mal.
Il ordonna au Mangemort de déguerpir avant de perdre patience et lui jeter un second Doloris. Mais dès qu'il lui tourna le dos, il le stupéfixa et lui jeta un sortilège d'Amnésie pour lui faire oublier l'heure précédente. Il était hors de question de le laisser repartir avec de telles informations...
Une fois le potionniste renvoyé dans sa demeure, il prit quelques secondes pour se calmer avant de retourner face à l'Omega. Pour l'heure, il n'était pas question que Harry meure. Il ne pouvait ignorer le sentiment d'effroi qui le prenait à cette idée. Son Oméga. Allait-il seulement parvenir à le convaincre ?
Fin du chapitre 4
Ah ah ah ! Rien dans ce chapitre n'était prévu dans le plan initial. Je me suis totalement laissé emporter par l'inspiration et les conseils avisés de ma soeur de coeur 😘 Je voulais quelque chose qui oblige Voldy a mettre de l'eau dans son vin. Mais nous ne pouvions tout de même pas laisser les choses s'arranger si vite pour notre cher Survivant. Voldy va-t-il parvenir à le réveiller ou va-t-il le plonger dans une sorte de stase pour gagner du temps ? Harry va-t-il finalement le détruire ? Qu'en est-il de l'Ordre ? Et de Bellatrix ? 😅😉 J'ai hâte de vous livrer la suite de l'histoire. J'espère que vous avez apprécié ce chapitre. Je ne sais toujours pas ce qu'il en est avec les alertes sur ce site à la noix. Moi je n'en reçois plus aucune. 😑😠
Chapitre 5 au plus tard pour le 21 novembre. L'école reprend, et je n'ai presque rien fait de toutes les vacances... 😅 Bon courage à tous et toutes.
