***** ЖЖЖЖЖ ***** ЖЖЖЖЖ *****
Notes de la traductrice :
Cela me navre que la vie me mette autant de bâtons dans les roues...
Surtout quand j'ai vu exploser le nombre de vos Follows, Favorites et Reviews dans les 24 heures après la mise en ligne du chapitre précédent... Je suis vraiment ravie que vous ayez autant de plaisir que moi à lire cette histoire !
Par ailleurs, je voudrais féliciter lesaccrosdelamerceri, la revieweuse-plus-vite-que-son-ombre du chapitre 4 : ma messagerie m'indique que sa review a été écrite 18 minutes après la mise en ligne, quand j'étais encore en train de me relire !
Enfin, je voudrais remercier katymyny, pour sa très gentille et très érudite review dans "Prolifération de pétrifications". Tout particulièrement, merci pour l'explication que tu m'as donnée pour la NDT du premier chapitre : je l'ai immédiatement ajoutée au texte !
[PS : J'aurais vraiment aimé échanger des idées avec toi : ta conversation me paraît très enrichissante...]
Je vous souhaite une bonne lecture à tous de ce nouveau chapitre !
ЖЖЖЖЖ
Chapitre 5 - Des décisions doivent être prises
« Nous devons parler. » dit l'oiseau argenté avant de disparaître.
« Ça, c'était quoi ? » demanda Harry, éberlué.
« Un Patronus. » expliqua Sirius. « C'est un type de bouclier contre des créatures appelées Détraqueurs, et qui peut être utilisé aussi pour la communication. Tu vois, un Patronus est unique pour chaque personne et ne peut pas être reproduit, donc tu peux garantir que le message n'est pas un faux. C'était celui de Dumbledore. »
Le visage d'Harry s'effondra en entendant cela, et il demanda doucement, alors qu'il était assis à côté de Sirius sur le canapé : « Est-ce que je vais devoir y retourner ? »
« Seulement si tu le veux. » répondit Sirius, en ébouriffant les cheveux d'Harry.
Il espérait bien que non. Pas tout de suite. Car avec tout ce qu'il avait appris au sujet de l'évolution de Poudlard au cours des dernières décennies, il n'était plus sûr du tout que ce soit le meilleur choix.
Apparemment, les choses allaient mal depuis la première ascension de Voldemort. Avec Dumbledore et les professeurs, qui étaient plus préoccupés par la guerre que par l'école...
Il avait été étonné de découvrir, dans les Statuts, que les Directeurs de Maison devaient contrôler leurs élèves présents et absents tous les soirs après le couvre-feu, organiser des réunions bimensuelles avec chacun de leurs élèves pour suivre leurs progrès, et une réunion hebdomadaire de Salle Commune pour voir s'il y avait des problèmes internes à la Maison.
Cela ne s'était certainement pas produit pendant ses propres années d'études, ou alors ses amis et lui auraient été surpris hors du lit au moins une fois par mois, la plupart du temps beaucoup plus. Et il n'avait jamais eu de réunion sur ses progrès scolaires. Des retenues, il en avait eu beaucoup. Des réprimandes de McGonagall, il en perdait le compte. Mais elle n'avait jamais discuté avec lui de ses progrès scolaires.
En fait, la plupart des Gryffondors géraient leurs études par eux-mêmes, et il avait découvert que les autres Maisons faisaient de même.
Sirius regarda l'une des plaintes du père d'une élève de Première Année, qui était rentrée chez elle à Noël avec la plupart de ses affaires qui manquaient à l'appel. Comment Flitwick avait-il pu laisser ce genre de harcèlement continuer dans sa propre Maison ?
De la part d'élèves de Maisons différentes, ce serait normal, peut-être même attendu, bien qu'il aurait fallu punir ensuite. Mais à l'intérieur même de la Maison ? Où la fille aurait dû se sentir en sécurité ? Où Harry aurait dû se sentir en sécurité ?
Il détestait l'admettre, mais d'après les registres, en dépit d'être un enseignant atroce, Rogue était le meilleur, ou peut-être le moins pire, des Directeurs de Maison. Il faisait au moins le contrôle de ses élèves, et ne permettait pas le harcèlement dans sa Maison.
D'après ce que les anciens élèves disaient, ceux que Sirius avait interrogés lui-même, Rogue s'attendait à ce que les Serpentards montrent un front uni. Mais il n'organisait pas de réunions mensuelles ou hebdomadaires, sinon il aurait remarqué les notes abyssales de ses propres élèves en Potions.
Il regarda Harry et lui demanda sérieusement : « Veux-tu y retourner ? »
Harry haussa les épaules : « L'école et avoir des amis me manquent mais... »
Il fronça le nez et se mordit la lèvre, comme s'il avait peur de le dire à voix haute : « ...J'ai peur d'y retourner. »
Le cœur de Sirius se serra, en entendant Harry dire que ça lui manquait d'avoir des amis...
Il savait qu'Harry pensait que ses amis le détestaient. Il avait reçu une lettre d'excuses d'une fille nommée Susan Bones, mais Sirius savait qu'Harry n'avait pas été proche d'elle : elle n'était pas celle que son filleul voulait revoir dans sa vie.
Sirius souhaitait pouvoir réparer ça pour Harry, pouvoir découvrir ce qui s'était passé et le réparer. Mais il savait par expérience que les amis devaient arranger les choses sans que les parents les forcent, ou sinon rien ne reviendrait à la normale.
Il attira Harry dans une étreinte à un bras. « Je travaille pour m'assurer que tu n'aies pas à avoir peur, si tu veux y retourner un jour. Mais je veux que tu sois heureux, où que tu sois. »
« Je suis heureux ici avec toi. » dit Harry avec un sourire, et Sirius se sentit tout chaud à l'intérieur !
« Et avec Lunard. » ajouta le petit bougre sournois, avec son regard le plus innocent.
« Il est très gentil. Je me sens mal qu'il doive se piquer le doigt à chaque fois qu'il vient. » finit Harry, en regardant Sirius avec ses meilleurs yeux de chiot implorant.
Quel culot : c'était Sirius qui lui avait montré comment faire les yeux de chiot !
ЖЖЖЖЖ
Loin de Londres, dans un château, dans un cachot, un Directeur inquiet annonçait à son Maître des Potions la décision prise à la dernière réunion du Conseil d'Administration, et le Maître des Potions démontrait qu'il n'était pas satisfait de sa nouvelle situation.
« Redite-moi ça,» dit-il sèchement, et Dumbledore sentit que venir parler à l'homme dans son laboratoire de potions n'était peut-être pas le plus intelligent des gestes... Car il y avait là des couteaux, pour l'amour de Merlin !
« Le Conseil d'Administration estime que vous devez changer votre façon d'enseigner. Que vous devez en fait expliquer les choses aux élèves et être moins, euh, abrasif. Ils ont décidé que vous seriez en probation... »
« ...Vous voulez dire que Black pense ça, et qu'il obtient ce qu'il veut ! »
« Non, Severus. » soupira Dumbledore. « Je repousse les plaintes à votre sujet depuis des années. Et je vous dis depuis des années que vous devez changer. Sirius est juste le premier membre du Conseil qui n'a pas simplement accepté ma parole, et qui est allé chercher des informations par lui-même. Et lorsqu'il leur a présenté ces informations, les autres Gouverneurs n'ont pas pu manquer de voir ce que tout le monde savait... Que vous êtes un enseignant affreux ! »
« Oh, pensez-vous ? » ricana Rogue. « Eh bien, je n'ai jamais voulu ce poste, de toute façon. J'ai postulé seulement parce que... »
« ...Parce que Voldemort voulait que vous m'espionniez, je sais. Et si vous voulez pouvoir dire que vous avez gardé votre position, vous allez devoir vous prendre en main, ou nous devrons trouver autre chose. »
Les narines de Rogue se gonflèrent et il croisa les bras, en regardant Dumbledore d'un air meurtrier.
« Et si je ne souhaite pas changer mes habitudes ? »
« Vous perdrez votre poste à la fin de l'année scolaire, et on s'attendra à ce que j'aie un nouveau Maître des Potions pour l'année prochaine. » répondit simplement Dumbledore en soupirant.
« Écoutez, Severus, réfléchissez à ce que vous voulez faire avant de réagir. Nous pourrions trouver une autre façon de donner l'impression que vous gardez ma faveur, mais celle-ci est la meilleure. Vous le savez. Cela ne vous donne pas seulement accès à moi, mais aussi à Harry. Et vous savez que Voldemort voudra ça. »
« Si je commence à favoriser le morveux, qui d'ailleurs est tout aussi arrogant que son père, paresseux, et... »
Rogue hésita, sous le regard qu'il reçut, puis continua sur sa lancée précédente : « Le Seigneur des Ténèbres ne croira pas que je suis resté de son côté. »
« Lucius était à la réunion. Vous n'aurez pas besoin de favoriser Harry, ou qui que ce soit d'autre. Soyez simplement juste, envers eux tous. Lucius pourra garantir que vous n'aviez pas d'autre choix. C'est lui qui a suggéré de vous donner une chance de changer de méthodes. »
Rogue fixa juste Dumbledore, et Dumbledore secoua la tête tristement.
« Pensez-y. Vous avez jusqu'à la fin de l'année scolaire. À partir de maintenant, vous enseignerez de la Première à la Quatrième Année, et la Sixième Année. Horace reprendra vos cours BUSE et ASPIC. Je lui ai déjà parlé. Il a accepté de revenir et d'être payé uniquement pour ces heures, même si cela n'atteint pas le salaire minimum. Ces heures seront déduites de votre salaire. »
« QUOI ? » hurla Rogue.
« Le Conseil en a décidé ainsi. Et, entre vous et moi, si vous m'aviez écouté il y a déjà longtemps, Horace n'aurait pas eu besoin de s'approcher de Poudlard. » finit Albus d'un ton aigu, avant de se retourner pour fuir... heu... quitter le laboratoire.
ЖЖЖЖЖ
« C'est tellement bon. » dit Harry, en prenant une autre bouchée de la pizza qu'il tenait.
Sirius sourit de l'autre côté de la table. Ils faisaient leur sortie hebdomadaire. Sirius avait décidé qu'Harry en avait besoin. D'abord pour qu'il puisse voir ce que faisaient les familles normales, et aussi pour interagir avec le monde en dehors de leur bulle.
Ainsi, après avoir rencontré Dumbledore pendant qu'Harry était en cours avec Remus, Sirius avait emmené Harry pour une sortie Pizza. Et pour une petite fête.
Dumbledore avait finalement décidé de travailler avec Sirius, plutôt qu'en dehors de ses propres recherches. Ils avaient beaucoup parlé des Horcruxes, et Dumbledore avait partagé ce qu'il savait.
Il avait produit quelques souvenirs d'un elfe de maison, l'un de ses propres souvenirs, et d'autres souvenirs concernant la famille Gaunt, qui avait apparemment été la famille de Voldemort.
Pas étonnant que l'homme soit dérangé. Bien sûr, tous deux n'avaient pas compris grand-chose de ce qui était dit, car les protagonistes parlaient en Fourchelangue. Mais ce qui intéressait le plus les deux observateurs, c'étaient les éléments qui avaient été signalés. Une coupe de Poufsouffle, une bague des Peverell, et un médaillon de Serpentard.
Sirius avait frissonné lorsqu'il avait réalisé que James était, lui aussi, un descendant direct de l'un des trois célèbres frères Peverell : le plus jeune. Mais il s'était calmé en se souvenant que le monde sorcier était si petit et consanguin, que la plupart des Sang-Mêlés et des Sang-Purs étaient apparentés.
« Je sais, c'est ta mère qui nous a fait découvrir les pizzas. Au début, nous étions très sceptiques : ça avait l'air si gras. Mais je dois admettre que je suis tombée amoureux à la première bouchée. »
« Moi aussi. » dit Harry, et le sourire de Sirius faiblit un peu, au rappel qu'Harry n'avait jamais mangé de pizza.
Il repoussa le sentiment, ne voulant pas penser aux Dursley. Cette affaire allait lentement, car ils n'avaient aucune preuve réelle de l'abus. Le rapport de la Guérisseuse ne serait pas recevable devant le tribunal moldu, et ils avaient du mal à trouver quelqu'un qui dénoncerait les Dursley. Apparemment, Vernon avait des liens avec des personnes importantes de la communauté, et les gens étaient effrayés par ce qui pourrait leur arriver.
« Tu dois laisser un peu de garniture pour manger la croûte. Ça a meilleur goût comme ça, tu vois. » dit-il en montrant à Harry comment sa croûte avait encore une fine tranche de fromage et de la sauce, et en prenant une énorme bouchée de la croûte.
Harry essaya de l'imiter, mais sa bouche était considérablement plus petite, et il finit par étaler de la sauce sur tout son visage. Il protesta seulement un peu quand Sirius prit une serviette pour nettoyer son visage.
ЖЖЖЖЖ
À la mi-avril, Remus fut surpris quand il entra dans l'appartement (Sirius avait finalement concédé qu'Harry lui accorde une permission permanente). En effet, sur le bar où Harry et lui travaillaient d'habitude, il trouva le garçon en train de préparer un plateau avec du thé et des sandwichs, à côté de ses manuels.
Remus regarda Sirius, lequel l'ignorait consciencieusement, en faveur de la paperasse dont il s'occupait sur le canapé et la table basse.
Sirius avait en effet décidé de jouer un rôle actif en tant que Lord Black, et il s'appropriait tous les postes que le titre lui accordait. Il était déterminé à ce que, ce qui était arrivé à Harry et lui, ne puisse plus se reproduire.
Il avait personnellement supervisé les procès des élèves accusés, afin de s'assurer que tous les aspects de la loi étaient respectés, en utilisant le Siège Black du Magenmagot.
Les quatre garçons qui avaient attaqué Harry étaient à présent des résidents d'Azkaban, et ils y resteraient très longtemps.
La Maison Gryffondor, ou du moins les élèves qui avaient participé activement à la destruction des affaires d'Harry (pas les simples spectateurs), avaient reçu l'ordre de rembourser Harry pour chaque article qu'ils avaient détruit. Ce qui était assez lourd, étant donné qu'Harry possédait un balai de pointe.
Remus avait été choqué, mais heureux, d'apprendre qu'ils ne seraient pas autorisés à partager les dépenses. Chaque élève devrait payer la valeur totale des biens détruits d'Harry.
Leurs avocats avaient essayé de faire valoir qu'Harry recevrait alors beaucoup plus que ce qui avait été détruit, mais le Magenmagot avait été catégorique. Chaque élève était responsable de son action individuelle. Ils avaient pris individuellement la décision de détruire les affaires d'Harry, et devaient donc aussi faire face individuellement aux conséquences. Ils ne pouvaient pas être autorisés à partager la sentence juste parce qu'ils étaient nombreux.
Les sommes avaient été déposées directement dans le coffre en fiducie d'Harry.
Les élèves qui avaient conspiré pour empêcher Harry de se nourrir avaient été condamnés au service communautaire pendant l'été. Pour aider à Sainte-Mangouste, voir en personne ce que le manque de nourriture fait à une personne.
Les professeurs étaient une autre affaire. Le DJM avait décidé que, puisqu'ils n'avaient pas appris activement ce que faisaient les autres élèves, jusqu'à ce qu'ils réalisent qu'Harry avait disparu, ils ne pouvaient pas être considérés comme pénalement responsables.
Mais le corps professoral en tant que tel avait été jugé négligent, et le Magenmagot avait ordonné au Conseil d'Administration de Poudlard de prendre des mesures disciplinaires.
Le Conseil faisait déjà actuellement une enquête approfondie sur tout ce qui se passait à l'école, pour décider de la meilleure marche à suivre. Ils avaient jusqu'à la fin de l'année scolaire pour rendre leur décision.
Dumbledore, qui avait dû s'écarter du Magenmagot pour la double procédure, à cause du conflit d'intérêts, avait accepté toutes les décisions sans hésiter. Il s'était résigné et l'avait accepté, et Sirius en était content.
ЖЖЖЖЖ
« Salut, Harry. » dit Remus en s'approchant du bar. « Qu'est-ce que c'est ça ? » termina-t-il en tirant sur le tabouret haut pour s'asseoir.
« C'est du thé vert. C'est vraiment bon pour les rhumes, monsieur. J'ai fait des recherches. » dit Harry avec impatience, en regardant Remus d'un œil clinique.
« Oh, euh, quel rhume ? » demanda Remus, confus.
« Ouais, eh bien. Vous avez dû repartir pour affaires... » commença Harry.
Il dût s'interrompre lorsque Sirius lâcha lourdement, sur la table basse, l'un des livres de droit qu'il avait lus. Remus l'ignora. Sirius devrait vraiment avoir une table appropriée pour y travailler, au lieu d'utiliser la table basse... Il pourrait aussi utiliser le très bon bureau de la chambre d'Harry.
« Et chaque fois que vous partez pour affaires, » reprit Harry, « vous revenez avec une tête de déterré. Alors, j'ai fait ça pour vous aider à aller mieux. » finit-il joyeusement, et Remus fut touché par la prévenance d'Harry.
Il accepta le thé, et s'étouffa presque dessus quand Harry continua : « Je pense que vous ne devriez plus partir pour cette affaire. Vous devriez dire à celui qui vous a embauché que vous avez maintenant un autre emploi. Celui-là n'est pas bon pour vous. »
Même en étant très occupé à tousser et bégayer, pendant qu'un Harry très inquiet lui tapotait le dos pour l'aider, Remus ne manqua pas l'autre claque de livres, ni la tête renfrognée qui venait du canapé.
« Merci Harry. » se calma-t-il. « Mais j'ai peur que ce ne soit pas quelque chose que je peux simplement arrêter. »
« Oh, vous avez signé un contrat magique ? J'ai aidé Patmol à faire des recherches dessus, l'autre jour. Si vous en avez signé un, c'est mauvais. Vous ne pouvez pas en sortir. » dit Harry avec un regard compatissant.
« Quelque chose comme ça. » répondit Remus, un peu agité, en essayant de revenir aux devoirs d'Harry. « Alors, euh... Le devoir que je t'ai demandé... »
« Ici. »
Remus se plongea dans le devoir, essayant et échouant à ignorer la sensation brûlante de quelqu'un fixant l'arrière de sa tête.
ЖЖЖЖЖ
« Il est trop jeune pour savoir ! » s'exclama Remus après le cours, quand Sirius eut dit à Harry qu'il allait parler à Remus en dehors du bâtiment.
Harry leur avait lancé un regard qui indiquait clairement qu'il savait que Sirius voulait parler à Remus sans qu'Harry n'écoute. Ils étaient actuellement sur le seuil de l'immeuble, et Remus craignait qu'un Moldu ne les entende.
« Foutaises, il n'est pas plus jeune que nous quand nous l'avons découvert ! Tu es juste un lâche. »
« Non, je ne le suis pas ! »
« Si, tu l'es. Et tu as une piètre opinion d'Harry. » claqua Sirius, et Remus soupira.
Il savait pourquoi Sirius avait choisi ces mots exacts. James et lui avaient découvert son secret dès la Noël de leur Première Année, puis ils avaient passé le trimestre suivant à lui donner des indices pour l'inciter à s'ouvrir.
Juste avant la fin de l'année scolaire, James s'était approché de lui et avait dit : « Mes parents m'ont dit que je pouvais inviter mes amis à venir pendant l'été. Sauf que je ne sais pas si je devrais t'inviter, puisque tu penses que je vais te lâcher à cause de ton petit problème poilu. Je suis vraiment offensé que tu aies une si piètre opinion de moi. Lorsque tu décideras de croire que je suis ton ami, fais-le moi savoir. »
Sirius lui lança un regard noir et dit à voix basse : « Trop de gens ont laissé tomber ce garçon, Lunard. Je ne te laisserai pas continuer à lui mentir. Je ne veux pas perdre sa confiance, alors tu décides. Si tu veux rester dans sa vie, tu dois lui dire. C'est un bon gamin. Il ne t'abandonnera pas.
Tu as jusqu'à la prochaine pleine lune pour te décider, et je te harcelerai pour avoir ta réponse chaque fois que tu te présenteras. Tu dois décider : vas-tu prendre ton courage à deux mains, ou vas-tu nous abandonner à nouveau ? »
En conclusion, Sirius activa l'ouverture et claqua la porte d'entrée. Remus se tint debout en regardant l'autre homme partir.
Cela faisait partie du problème, n'est-ce pas ? Que Remus les avait abandonnés tous les deux...
ЖЖЖЖЖ
Sirius avait haï cette maison et l'oppression de sa mère, la maison en puait encore. Et en hurlait encore, grâce à un portrait qu'il avait eu le malheur de trouver dès son entrée dans la maison.
Il avait dû pourtant venir ici, et pas seulement pour voir l'état de l'une de ses propriétés. Une qu'il ne pouvait malheureusement pas vendre à un non-Black, en raison de la Magie Familiale - peut-être que Cissy serait intéressée - mais il voulait la bibliothèque.
La Bibliothèque Black était une mine de connaissances sur la Magie Noire, et Sirius en avait besoin. Les Guérisseurs étaient assez confiants d'avoir trouvé un moyen de se débarrasser de l'Horcruxe en Harry, mais ils avaient besoin de confirmer leur théorie. Et à moins que quelqu'un ne transforme un rat en Horcruxe pour tester cette théorie - ce qui, considérant ce dont un Horcruxe avait besoin, était hors de question -, la seule façon de prouver la théorie était de savoir si quelqu'un l'avait déjà expérimentée auparavant. Alors ils faisaient des recherches, et Sirius avait décidé de faire des recherches également.
Il voulait aussi examiner les livres de lignages de ses parents, voir s'ils pouvaient aider à découvrir ce que Voldemort aurait pu utiliser d'autre pour fabriquer un Horcruxe. Les chercheurs étaient assez convaincus qu'il avait utilisé au moins deux objets des Fondateurs, et un de sa propre Lignée Familiale. Peut-être que Sirius pourrait retracer les descendants de Gryffondor et de Serdaigle, pour voir s'il leur manquait une relique des Fondateurs.
Il voulait enfin vérifier si les livres Black pourraient aider à déterminer le nombre d'Horcruxes que Voldemort aurait pu faire. Dumbledore pensait que Slughorn pourrait le savoir, et il allait voir si l'ancien professeur pouvait l'aider. Avec lui dans le groupe de recherche, désormais, cela pourrait être plus facile.
C'était donc pour toutes ces raisons que Sirius se retrouvait à cet instant dans la bibliothèque poussiéreuse du Square Grimmaurd. L'endroit avait l'air d'avoir été abandonné dès la mort de sa mère.
Il se demanda si Kreattur était mort avec celle-ci. Il n'avait pas encore vu l'elfe, et ne voyait aucun intérêt à le convoquer.
Kreattur avait toujours été méchant avec lui. Il avait toujours été une extension de sa mère, celui qui punissait le jeune Sirius quand celui-ci faisait quelque chose qui embarrassait la Famille, et Sirius avait grandi dans la rancune envers l'elfe.
Il savait pourtant que les elfes de maison devaient exécuter les ordres de leur maître ou de leur maîtresse, mais qu'ils ne s'en réjouissaient pas. Kreattur, pourtant, se réjouissait de punir le jeune Sirius, chaque fois qu'il croyait que celui-ci avait embarrassé la Famille Black.
Sirius n'avait pas honte de dire qu'en grandissant, il avait également traité Kreattur avec dégoût et ressentiment. Mais cela avait été mérité.
Sirius n'était pas contre les elfes de maison en général. Bien au contraire : il avait toujours aimé les elfes Potter. Il avait été ravi de les revoir, et de découvrir qu'ils avaient gardé les propriétés Potter en parfait état. Mais Kreattur, il ne pouvait pas le supporter.
Après avoir choisi quelques tomes qui semblaient prometteurs, Sirius se dirigea vers le salon, plus lumineux, pour décider si les livres pouvaient être emportés chez lui. Il ne voulait pas qu'Harry soit ensorcelé, s'il en ouvrait un par accident...
Il déposa les tomes sur une table, et alla ouvrir les rideaux d'une des fenêtres. Il toussa dans la poussière qui fut soulevée, tout en se retournant sous les reflets du soleil. Ce faisant, ses yeux se posèrent sur une vitrine qui avait toujours été là. Il se retournait à nouveau sans réfléchir, quand quelque chose attira son regard.
Ça ne pouvait pas être...
Il se dirigea lentement vers la vitrine, et ouvrit la porte. Il tendit la main, et prit lentement le médaillon.
C'était. Bien. Ça. Le médaillon même qu'il avait vu, dans ces souvenirs que Dumbledore lui avait montrés. Comment était-ce arrivé ici ?
Un fort "crack" retentit derrière lui, et il se retourna brusquement en pointant sa baguette vers l'origine du son. Là, le sale et vieil elfe de maison le regardait avec un air meurtrier.
« Mauvais maître ! Horrible maître ! Vous ne volez pas le méchant médaillon de Maître Regulus ! »
« Pardon ? » dit Sirius, perplexe. L'elfe était-il devenu fou ?
« Le méchant médaillon est à Maître Regulus ! Vous ne le volez pas ! »
« Ce médaillon, comme tout ce qui est dans cette maison, est maintenant à moi, Kreattur. » dit sèchement Sirius.
Il devait vérifier ce médaillon, et il ne voulait pas avoir à traiter avec Kreattur pendant qu'il essaierait de protéger la loyauté de Regulus envers Voldemort. Voldemort avait-il demandé à Regulus de cacher le médaillon ? Il avait visiblement confié le journal à Lucius. Cela, autant Sirius que Dumbledore en étaient persuadés, même s'ils n'en avaient aucune preuve.
« Kreattur ne vous laisse pas faire ! Maître Regulus demande à Kreattur de détruire le médaillon, et Kreattur ne peut pas, mais Kreattur ne laisse pas le méchant Maître prendre le mauvais médaillon. »
Cela fit "tilt" à Sirius. Regulus voulait détruire le médaillon ? Kreattur savait-il ce que contenait le médaillon ?
« Kreatur, pourquoi ce médaillon est-il mauvais ? »
« Médaillon mauvais, Maître Regulus ordonne à Kreatur de le détruire. Maître Regulus ordonne à Kreatur de rentrer à la maison, le pauvre Maître Regulus perdu à jamais pour ce médaillon, et le mauvais Kreattur ne finit pas la mission. » sanglota Kreattur.
Pour la première fois de sa vie, Sirius se sentit désolé pour l'elfe.
Parce que Kreattur avait toujours été l'instrument utilisé par sa mère pour le discipliner, Sirius ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir. D'autant plus que l'elfe, tout comme sa mère, avait adoré Regulus.
Le bon et correct Regulus, qui n'embarrassait pas la Famille en courant follement dans la cour, ou en posant des questions inappropriées. Qui acceptait leur vitriol sans se poser de questions...
Sirius s'agenouilla avec une patience et une attention dont il ne se savait pas capable envers l'elfe, et lui demanda gentiment :
« Kreatur, s'il te plaît, dis-moi tout ce que tu sais sur ce médaillon. Comment Regulus l'a-t-il obtenu, pourquoi le voulait-il, et surtout : pourquoi est-il si important de le détruire ? »
Ce qui suivit allait changer pour toujours le point de vue de Sirius sur son frère.
***** ЖЖЖЖЖ ***** ЖЖЖЖЖ *****
