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Note de la traductrice : De retour de vacances... En reprenant la vie quotidienne doucement, tout doucement...
Et en vous retrouvant avec plaisir : merci à vous tous de continuer à suivre cette histoire !
Bonne lecture à tous avec ce nouveau chapitre !

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Chapitre 6 - Progrès

Le médaillon brûla dans un Feudeymon à l'intérieur de la cheminée.

Sirius et Kreattur durent se baisser et se couvrir les oreilles, quand un gémissement et une vapeur en sortirent. C'était comme si quelqu'un était en train de mourir. Comme si quelqu'un était brûlé dans ce feu, et ils purent sentir une présence obscure les traverser et disparaître. Toute la maison sembla plus légère une fois que ce fut parti.

Sirius se demanda si cela arriverait à Harry. Il ne pouvait s'empêcher d'espérer que les Guérisseurs se dépêcheraient de faire leurs découvertes. Il voulait que ce Mal sorte de son loupiot le plus vite possible. Il avait envie de retourner en urgence à l'appartement, et de s'assurer qu'Harry était sain et sauf.

Sirius se tourna vers Kreattur : « Kreattur, tu as bien fait. Regulus serait fier de toi. Dès que nous en aurons terminé avec tous les Horcruxes, je veux que tu m'emmènes dans cette grotte, afin que nous puissions récupérer le corps de Regulus, et lui donner une sépulture décente. »

Sirius savait que ce ne serait pas possible dans l'immédiat. Pas tant que la magie de Voldemort animait encore les Inferi. Il devrait détruire le corps de son frère s'il essayait, et il ne voulait pas cela. Mais il savait aussi que cette même magie l'aurait préservé, et Regulus méritait un repos convenable.

« J'ai besoin que tu nettoies cette maison. Et j'ai besoin que tu trouves toute autre information sur les Horcruxes qui pourrait être ici. Et si par hasard tu sais quelque chose d'autre, j'ai besoin que tu me le dises, pour que nous puissions terminer pour de bon ce que Regulus avait commencé. »

« Je sais que le Seigneur des Ténèbres ne demande pas seulement à Maître Regulus de l'aider. Il confie ses objets à d'autres. »

« Qui, Kreattur ? » demanda doucement Sirius.

« Maître Regulus ne sait pas, mais après que Maître Regulus est mort, » sanglota l'elfe, « Kreattur entend, dans le mémorial. Maîtresse tient un mémorial, la tapisserie lui montre quand Maître Regulus est mort, et Maîtresse organise une cérémonie. »

Sirius savait cela. Il avait essayé d'y assister, mais sa mère l'avait fait fuir. Son père, par contre, était venu après lui à son départ.
Sirius ne l'avait pas compris à ce moment-là, mais peut-être qu'Orion savait comment Regulus était mort. Il n'oublierait jamais les paroles de son père : cela faisait si longtemps qu'Orion n'avait rien dit de positif à Sirius. Qu'il n'avait jamais montré autre chose que de la déception envers son fils aîné.

« Tu as compris mieux que nous tous, Siri. » Son père ne l'avait pas appelé comme ça depuis avant Poudlard : après tout, il n'était pas approprié que l'Héritier soit appelé d'un surnom affectueux(*).
« Mais j'ai peur pour toi. Je ne veux pas que tu finisses comme ton frère. Ne me fais pas pleurer deux fils. Fais attention à toi. »

[(*) NDT : Merci à Itack23, mon sauveur des traductions difficiles : j'avais commencé par mettre "un nom d'animal", la traduction littérale du terme "a pet name" !]

Sirius avait acquiescé, et n'avait pas protesté quand son père l'avait serré dans ses bras. C'était pourtant tellement inhabituel de la part du patriarche d'afficher autant d'émotion en public, même s'il avait toujours été affectueux en privé...
C'était sa mère qui avait été la plus dure envers ses fils, en disant souvent qu'Orion les avait trop gâtés. Mais en public, Orion était le parfait Sang-Pur.

Cela avait été la dernière fois qu'il avait vu son père. La nouvelle de sa mort lui était parvenue à Azkaban. Le garde était venu le lui dire avec joie : un Black de moins dans le monde !
Cela avait surpris Sirius de voir combien la perte de Regulus lui avait fait mal, bien qu'ils se soient tellement éloignés, et aussi de savoir que son père n'était plus là...

Quand ils l'avaient informé du décès de sa mère, il s'était demandé pourquoi il ne le ressentait pas comme pour Regulus et Orion... Mais il était difficile d'avoir du chagrin pour une mère qui ne lui avait jamais montré d'affection, seulement des attentes, des demandes et de la déception.

« Qui as-tu entendu dans le mémorial, Kreattur ? »

« Maître Lucius et Maîtresse Bellatrix. Ils se demandent comment Maître Regulus est mort. Ils sont inquiets, parce qu'on leur demande de garder des choses en lieu sûr pour leur Maître, pendant la même réunion où Maître Regulus est invité à me prêter. J'entends Maître Lucius dire qu'ils doivent les ranger dans un endroit plus sûr. Où personne ne peut les atteindre, quoi qu'il leur arrive. »

« Un endroit sûr... » pensa Sirius à voix haute. « Ils ont dit où ? »

« Non. »

« Bon travail, Kreattur. » acquiesça Sirius. « Je pars maintenant, mais je reviendrai plus tard. Si tu as besoin de quelque chose pour prendre soin de la maison, envoie-moi un message. Je vais te faire parvenir un hibou cet après-midi, pour que tu puisses l'utiliser. Tu ne pourras pas transplaner là où je vis, alors n'essaie pas : tu pourrais te blesser. »

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Sirius repartit avec beaucoup de choses en tête, et une relation complètement différente avec un ancien ennemi.

Voldemort avait demandé à Lucius et Bellatrix... Il parierait toute sa fortune que Lucius avait obtenu le journal !

Où avaient-ils conservé les Horcruxes ? Les manoirs Lestrange avaient été perquisitionnés après leur incarcération : Sirius s'en était assuré...

La seule raison pour laquelle son propre appartement n'avait pas été perquisitionné était à cause des protections. Et comme ses parents étaient toujours en vie lors de son envoi à Azkaban, son père n'avait pas voulu que quiconque pille ses propriétés sans tous les documents appropriés.

Quelque part où personne ne pourrait accéder malgré le climat politique... ?

Sirius s'arrêta net !

Quelque part qui fonctionnait séparément du Ministère... Qui ne se souciait pas du tout de ce que le Ministère voulait... Gringotts !

Sirius sourit dangereusement. Oh, il n'avait jamais pensé qu'être Lord Black serait si utile un jour !

Au lieu de se diriger vers l'appartement, il se rendit au Chemin de Traverse. Remus était avec Harry, et lui-même protégerait davantage Harry s'il réussissait à se débarrasser de deux Horcruxes en un seul jour !

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Sirius était vraiment content de lui, pendant qu'il se promenait dans les couloirs de Poudlard. Il avait en effet trouvé la coupe d'Helga Poufsouffle dans le coffre-fort de Bellatrix - auquel il avait accès parce qu'il était Lord Black, et parce qu'elle était déclarée inapte [du fait de son emprisonnement à Azkaban]. Et, après avoir scanné la coupe, il avait déterminé qu'il s'agissait d'un Horcruxe.
Il s'était donc rendu à Poudlard par Cheminette, et Dumbledore et lui avaient disposé de la coupe de la même manière que les deux Horcruxes précédents. Il y avait désormais trois Horcruxes détruits.

Dumbledore lui avait déclaré qu'il avait du mal à convaincre Sughorn de parler, mais il était persuadé qu'il convaincrait bientôt l'homme.
Le vieux Directeur avait aussi de bonnes nouvelles : il avait réussi à retrouver l'ancienne maison des Gaunt, dont il était presque sûr qu'elle était l'un des endroits où Voldemort avait caché au moins un Horcruxe. Surtout après avoir entendu l'histoire de la grotte.

« Vous vous souvenez de l'histoire que la directrice de son orphelinat m'a racontée ? De leur voyage au bord de la mer, et comment il a piégé deux autres enfants dans une grotte ? Je pense que c'est la même grotte. » avait dit Dumbledore.
Eh bien, le week-end suivant, Dumbledore avait l'intention de fouiller la cabane des Gaunt.

Sirius ne pensait pas qu'il devrait y aller seul, pas après avoir entendu parler des protections sur la grotte. Mais il avait un accord avec Harry : les week-ends étaient à eux.
Avec le Conseil d'Administration et le Magenmagot, Sirius passait une bonne partie de la semaine à l'extérieur, pendant qu'Harry était en cours avec Remus. Mais les week-ends étaient à eux.

Sirius l'avait expliqué à Dumbledore, et celui-ci avait suggéré de demander à Remus de l'accompagner. Sirius avait hoché la tête, mais quelque chose en lui s'était figée à cette idée.
Il était inquiet que Dumbledore y aille seul, mais Dumbledore était Dumbledore. Autant Sirius pouvait se soucier du vieil homme, autant celui-ci n'était pas un proche, même si lui-même pourrait s'inquiéter. Mais pour Remus, par contre, il ne voulait pas vraiment explorer ce qu'il ressentait...

Sirius avait donc accepté que ce week-end, Dumbledore et Remus iraient à Little Hangleton chercher des Horcruxes, et il avait dit au revoir à Dumbledore.

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Au fur et à mesure que Sirius s'éloignait du bureau de Dumbledore, et que le week-end se rapprochait encore plus, le fait qu'ils étaient à trois Horcruxes détruits lui avait redonné de l'enthousiasme. Surtout lorsqu'il aperçut deux petites silhouettes du coin des yeux. Il ralentit un peu, pour les laisser le rattraper...

« C'est lui. » chuchota une voix.

« Tu es sûre ? » répondit une autre.

« Oui, sa photo était dans le Prophète. »

« Ok. On y va ? »

« Ouais. »

Sirius se mordit l'intérieur des joues pour s'empêcher de rire. Pour la furtivité, les deux enfants qui l'avaient suivi avaient beaucoup à apprendre sur la discrétion !

Il avait cependant reconnu leur description par Harry, et il avait une assez bonne idée de leur identité. Il s'était donc attardé pour leur donner une chance réelle d'engager la conversation, en prenant son temps pour arriver dans le Hall d'entrée.

Mais il y était arrivé désormais, et il ne pouvait plus traîner. Alors à la place, il se retourna et demanda clairement : « Mlle Granger, M. Weasley, voulez-vous échanger quelques mots ? »

Il y eut une exclamation, et les deux enfants sortirent de derrière une armure.

« Comment vous avez su que nous étions là ? » demanda Ron en rougissant.

« Un coup de chance. » répondit Sirius en haussant les épaules.

« Euh, M. Black, vous voyez... » commença Hermione maladroitement, puis avec un regard à Ron pour l'encouragement, elle plongea : « Nous voulons voir Harry. »

« Vraiment ? » demanda-t-il innocemment. « Harry est persuadé que vous le détestez. »

« NON ! » Les deux enfants s'exclamèrent, au bord des larmes, et Hermione continua.

« Nous avons tout gâché. » soupira-t-elle. « Nous avons été choqués quand il a parlé en Fourchelangue, et nous avons en quelque sorte... Eh bien, nous avons vraiment foiré, mais nous n'avons jamais pensé qu'il était diabolique. »

« Non, nous aurions dû l'aider mais... Nous avions peur. » ajouta Ron rapidement.
« Pas d'Harry, Monsieur, c'est juste que... Tout le monde se liguait contre lui et... Nous ne sommes pas comme lui, Monsieur ! Harry est intrépide, alors que nous, nous avions peur qu'ils nous fassent tous la même chose. Nous aurions dû rester à ses côtés. »

Sirius soupira. Une partie de lui voulait leur dire : "Oui, vous auriez dû". Mais une autre partie de lui savait qu'ils n'étaient que des enfants, qui n'auraient pas dû avoir peur.

Harry n'aurait pas dû avoir peur...

« Il n'est pas intrépide. Il n'a tout simplement pas eu le choix. Je lui parlerai, pour voir s'il accepte de vous revoir. Mais je lui ai promis qu'il n'aurait pas à revenir ici, alors vous devrez peut-être attendre l'été prochain. »

« Nous demanderons à nos parents si nous pouvons quitter l'école pour un week-end, Monsieur, si nous devons le faire. S'il vous plaît, nous voulons juste le voir. Est-ce qu'il va bien ? » demanda Hermione, inquiète.

Sirius sourit doucement : « Il s'en remet. »

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Le rat s'était précipité hors du sac et vers la sécurité du lit, dès que Ron avait posé son sac.

Il devait arrêter de circuler dans le sac de Ron. Ça avait été si proche ! Il était juste reconnaissant que Sirius ait été sous sa forme humaine, sinon celui-ci l'aurait senti...
Non, il devrait rester dans le dortoir, où il était en sécurité. Tout du moins, tant qu'Harry ne revenait pas.

Ici, il pouvait garder les oreilles ouvertes. Cela aurait été mieux si Ron et Harry n'avaient pas été séparés : il saurait alors si Harry faisait le lien entre Queudver et lui. Il n'avait aucune idée de la précision de Sirius dans son témoignage. Le Prophète n'avait certainement pas épargné les détails qu'il connaissait.

Apparemment, même sous Veritaserum, Sirius avait réussi à ne pas laisser passer le détail qu'ils étaient des Animagi. C'était un avantage du Veritaserum : l'interrogateur devait être précis dans ses questions, parce que la potion ferait dire à Sirius la vérité, mais ne l'obligerait pas réellement à donner plus d'informations que demandé, même s'il le voulait : la potion l'étourdissait trop pour ça.
Donc, Sirius avait juste dit que lui-même avait simulé sa mort. Le Prophète avait supposé qu'il avait transplané après s'être coupé le doigt, et soit Sirius n'avait pas vu le besoin de le corriger, soit il n'avait pas pris la peine de le faire. Lui ne savait pas.

Il devait garder les oreilles ouvertes. Au premier signe de danger, il devrait s'enfuir. Il ne le voulait pas : il avait une situation confortable, ici. Mais il préférait être en fuite plutôt qu'à Azkaban...

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Sirius entra dans l'appartement, pour trouver Remus et Harry jouant à des jeux vidéo.

Sirius avait acheté la télévision et les jeux vidéo parce qu'ils étaient une part de la vie moldue d'Harry, avant Poudlard. Une part qu'Harry avait été autorisé à seulement regarder sans toucher, et Sirius avait décidé de lui faire plaisir.

C'était donc l'un de ses cadeaux de Noël. Sirius avait décidé de l'acheter quand il avait vu Harry en regarder un qui était exposé. C'était lorsqu'ils étaient rentrés chez eux après le check-up complet à Sainte-Mangouste, où Sirius avait conduit Harry la première semaine où ils avaient commencé leur vie ensemble.

« Je vois que vous étudiez dur, tous les deux. » dit Sirius, et les deux coupables sursautèrent.

« Sirius ! » s'exclama Harry joyeusement, et il courut l'étreindre. Harry s'améliorait pour initier un contact physique.

« Nous ne t'avions pas entendu entrer. »

« Non. » acquiesça Sirius. « Vous étiez trop occupés à étudier tous les deux. » répéta-t-il avec sérieux, et Harry rougit.

« Tu as mis plus de temps que prévu. » dit Remus nonchalamment, en rangeant les manettes de contrôle. « Notre cours s'est terminé il y a quelque temps. »

« Ouais, eh bien, il s'est passé des choses. » répondit brièvement Sirius.

Il ébouriffa les cheveux d'Harry, en savourant le sentiment que son loupiot était un peu plus en sécurité ce jour-là qu'il ne l'était la veille.

« Dis, loupiot : pourquoi ne pas pratiquer un peu plus, pour pouvoir mieux vaincre ce vieil homme, » dit-il en désignant Remus, qui le fixa, « pendant que je lui parle dans ma chambre ? »

« D'accord. » soupira Harry, et Sirius fit un signe de tête saccadé à Remus en direction de sa chambre.

Ils y marchèrent tous les deux lentement, et Sirius ferma la porte et jeta une barrière de silence.

« Si c'est à propos de mon problème de fourrure... »

« Non. » le coupa rapidement Sirius. « C'est à propos d'Horcruxes, et d'Albus qui a besoin que tu viennes avec lui pour en détruire un autre. »

« Horcru... Qu'est-ce que... Tu ne veux pas dire... »

« Des morceaux de l'âme de Voldemort, que l'ordure a dispersés. Oui, c'est exactement ce que je veux dire. »

Remus se frotta le front choqué. « Commence depuis le début, Sirius. »

Et Sirius fit ainsi. Depuis le moment où la Guérisseuse de Gringotts avait trouvé la présence étrangère, lors de cette première consultation, puis le journal, la recherche du médaillon et de la coupe, et le fait que Dumbledore pensait savoir où en trouver un autre.

Une fois qu'il eut terminé, il se sentit plus léger. Il avait gardé tout ça pour lui tout ce temps, et avait même élaboré des stratégies avec Dumbledore, sans pouvoir avouer à quel point il avait peur pour Harry, s'ils ne trouvaient pas un moyen de détruire l'Horcruxe en toute sécurité.
Mais d'une manière ou d'une autre, au milieu de son histoire, Remus avait cessé d'être l'homme qui les avait abandonnés, et il était redevenu Lunard. Et à Lunard, il pouvait confesser toutes ses peurs les plus profondes.

Sirius regarda Lunard, il vit dans ses yeux la peur qu'il ressentait lui-même, et il ressentit à nouveau quelque chose qui lui manquait depuis très longtemps. Il avait l'impression de s'être battu seul pendant une éternité, mais il ne le voulait plus...

Il était sur le point de bouger, quand Remus demanda calmement : « Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? Le risque dans lequel était Harry ? » Et la voix de Remus était blessée.

Sirius ne pensa pas à mentir : « Je ne savais pas si tu t'enfuirais à nouveau. »

« Comment peux-tu penser cela ? »

« Pourquoi je ne le penserai pas ? » riposta-t-il.

Remus se leva brusquement du lit où il s'était assis, pendant que Sirius faisait les cent pas. Il s'arrêta à quelques centimètres du visage de Sirius et hurla : « Est-ce que tu ne vas jamais me pardonner ? »

« Pourquoi, je devrais ? Tu as tout oublié si facilement ? » cria Sirius en retour, content d'avoir mis la barrière, et qu'Harry n'entende rien de ce qui se passait à cet endroit.

« Tu crois que j'ai oublié ? »

Remus en bégayait, et sans réfléchir, il attira l'autre homme dans un baiser brutal !

Il le rompit ensuite, et dit d'un ton acéré : « Je ne t'ai jamais oublié. »

Il se retourna alors et sortit de la chambre. Il se saisit de son manteau sur le cintre, et se tourna vers Harry, qui était encore sur le canapé en train de jouer.

« Harry, je suis un loup-garou gay, qui est amoureux de ton stupide parrain depuis plus de seize ans. Passe une bonne journée. »

Et avec ça, il sortit de l'appartement en claquant la porte, et en laissant derrière lui un enfant de douze ans bouche bée !

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Sirius sortit étourdi de la chambre, pour trouver Harry fixant la porte. Le garçon se tourna finalement vers lui, et demanda : « Est-ce que je dois aussi trouver l'amour de ma vie à l'école ? »

« Euh ? » demanda stupidement Sirius.

« Maman et papa ont commencé à sortir ensemble à l'école, et Remus et toi devez avoir commencé à l'école : il a dit "seize ans", et vous êtes tous les deux vieux, mais pas à ce point. Et je ne pense pas connaître déjà quelqu'un que je veux épouser. »

« C'est ça que... ? » répondit Sirius en montrant la porte. « De toutes les choses qu'il a dites, c'est ça qui t'inquiète ? »

« Je ne veux vraiment pas me marier maintenant. » Harry secoua simplement la tête. « Je suis trop jeune. Et les gens mariés sont bizarres. »

« C'est... Les gens mariés ne sont pas... Tu n'es pas obligé de... Je perds la tête. » dit finalement Sirius, en se frottant les yeux et en commençant à rire.

Harry regarda simplement son parrain se diriger lentement vers le canapé, et s'asseoir à côté d'Harry en rangeant les manettes de contrôle.

« Loupiot, je suis sérieux. ["serious", en anglais] »

« Je sais. » répondit Harry avec effronterie, et Sirius le fusilla du regard. [rappel : en anglais, "serious" se prononce comme "Sirius"]

« Tu as compris ce que Remus a dit ? À propos de lui qui est un loup-garou gay et, euh... Ça veut dire que je suis... »

« ...Gay aussi ? » Sirius acquiesça. « Hum-hum. » acquiesça simplement Harry.

« Tu n'as pas de questions ? »

« Nan. »

« Tu es d'accord avec moi qui suis... »

« Hum-hum. »

« Tu es sûr ? » demanda Sirius avec scepticisme : Harry prenait trop bien tout cela.

Harry inspira profondément, et commença : « Tante Pétunia et Oncle Vernon détestent tout ce qui n'est pas considéré comme normal... »
Sirius acquiesça : ils en avaient parlé lors des séances conjointes avec le Guérisseur.

« Ils me détestent. » continua Harry, et Sirius ressentit une douleur, mais ne put le nier.
« Parce que je ne suis pas "normal". » précisa l'enfant en faisant des guillemets avec ses doigts, et Sirius fut satisfait : Harry réalisait enfin que cela n'avait pas d'importance, s'il n'était juste pas comme tout le monde.

« Les gens sont parfois irrationnels à propos de ceux qui sont différents d'eux. »

« Exactement. » dit Harry. « J'ai passé toute ma vie à être détesté pour être différent, alors je m'en fiche si les gens sont différents de moi. Je veux juste qu'ils ne me détestent pas. Et tu ne me déteste pas, n'est-ce pas ? » demanda-t-il, inquiet.

Sirius sourit, et attira Harry vers lui en embrassant sa tempe.

« Non, loupiot. Je t'aime. Ainsi que le loup-garou effrayé qui est sorti d'ici en fanfare. Et en parlant de ça : à propos des loups-garous... »
Il se recula en regardant Harry. « Tu as bien compris ? »

Harry hocha la tête : « Nous avons dû lire à leur sujet avec Lockhart. C'est pour ça que Remus est toujours malade quand il part pour affaires, n'est-ce pas ? »

Sirius hocha la tête à son tour, et attendit la question : à propos de si Remus était un monstre. Alors qu'Harry ouvrait la bouche, Sirius redoutait ce qui en sortirait...

« Dans le livre de Lockhart, il a dit qu'il en avait guéri un. J'ai dû reconstituer en classe, et tout...
Nous ne pouvons pas lui demander de guérir Remus ? J'ai lu [dans un autre livre] que les transformations sont horribles, et qu'ils se blessent eux-mêmes. Parce que la plupart des loups-garous s'enferment pour ne pas risquer de blesser quelqu'un, et qu'ensuite ils se retournent contre eux-mêmes. »

Sirius dût à nouveau sourire, et remercier Dumbledore du fond du cœur.
Parce qu'il savait que, s'il y avait un livre comme celui-là dans la bibliothèque de Poudlard, au lieu de la saloperie biaisée qu'il y avait trouvée, c'était grâce à Dumbledore. Lui-même avait découvert, plus tard, que c'était en fait un livre que Remus avait écrit sous un pseudonyme...

Il regarda tristement Harry, et secoua la tête. « Eh non, loupiot. Lockhart était un escroc. Ce sortilège qu'il a mentionné, ton père et moi sommes tombés dessus quand nous cherchions des moyens d'aider Lunard. Cela ne force la transformation qu'une seule fois, et c'est très douloureux pour le loup-garou. Sans compter que le sortilège est ridiculement compliqué. Je doute fortement que Lockhart puisse le gérer. »

« C'est pour ça que vous êtes tous devenus des Animagi ? » demanda Harry, et Sirius hocha la tête.

« Les loups-garous ne sont pas dangereux pour les animaux, et de cette façon nous pouvions l'empêcher de se blesser. De nos jours, il y a une potion qu'il prend, mais cela lui en coûte encore beaucoup, à cause de la transformation. Mais au moins, il évite le pire : se blesser lui-même. »

Harry hocha la tête, satisfait qu'il y ait quelque chose de bien, et il se tourna vers Sirius : « Je veux aussi apprendre à être un Animagus. Comme ça, je pourrai aider. »

Sirius ne put s'empêcher de sourire à son loupiot, et de le rapprocher de lui.

Chaque fois qu'Harry faisait quelque chose comme ça, il s'émerveillait de la façon dont le garçon avait réussi à garder une si bonne nature, malgré tout ce qu'il avait vécu. D'avoir pris l'abus et d'avoir appris à en être meilleur, au lieu de simplement le reproduire...

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