Finalement, le couple avait juste dormi dans les bras l'un de l'autre dans le plus parfait abandon. La surprise des shishen avait laissé un arrière-gout assez étrange dans la bouche de Boya. Comme s'il étaient des dépravés finit ! D'accord, ils l'étaient. Mais quand même ! Ils n'étaient pas obligés de se sauter dessus en permanence. Et encore moins quand il y avait un changement aussi flagrant qui se produisait. La curiosité, c'était bien. Mais il ne fallait pas non plus être jusqu'au-boutiste. QingMing arrivait à peine à se pas s'assommer avec sa poitrine, Boya n'allait pas le grimper juste parce qu'il en avait une.
QingMing avait bu la tisane de Killing Stone avec un soupir. Elle était vraiment dégoutante.
"- Comment as-tu de cette horreur ici ?"
"- Je suis votre shishen, QingMing Daren. C'est mon boulot d'être prêt à tout et ceci est l'un de mes domaines de compétences." Il avait pris le temps d'accumuler toutes les tisanes, teintures et produits nécessaires pour se refaire une petite pharmacie.
"- Killing Stone. Tu sais s'il existe une tisane équivalente qui fonctionne sur les hommes ?" Finit par demander Boya, pensif.
La question prit le shishen de court.
"- Heu…je n'en sais rien, Boya-Daren. Mais je peux me renseigner. Pourquoi ?"
"- Parce que ce n'est pas honnête de laisser tout le boulot à QingMing si ça doit durer longtemps ? S'il doit faire attention pourquoi pas moi aussi ?"
"- …Vous êtes trop gentil, Boya-Daren." Etrange description quand de son propre point de vue, Boya se contentait de ne pas être un infâme butor même s'il n'y aurait jamais pensé pour quelqu'un d'autre que son Compagnon. "Mais je chercherai."
"- Merci."
Honey Bug servit le petit déjeuner à tout le monde.
"- J'ai posé des vêtements pour vous dans votre tanière, maître. Ils devraient être parfait."
"- Excellent. Merci, Honey Bug."
"- Surtout qu'on doit aller voir l'Empereur" Rappela encore Boya.
QingMing grogna encore. Il avait oublié une fois de plus et ne voulait PAS y aller. Pas avec cette apparence. Il la trouvait marrante mais pas pour le tout-venant.
Snow Hound et Mad Painter échangèrent un regard.
"- Killing Stone. Tu accompagneras Mad Painter avec QingMing Daren."
"- Mais je n'ai pas l'intention d'y aller !" Protesta le fashi.
"- Quoi, tu ne veux pas éblouir la cour de tes courbes remarquables et fascinantes ?" ronronna Boya avec quelque chose de dangereux dans les yeux. "Les faire baver comme les pervers qu'ils sont et leur rappeler que tu n'es qu'a moi ?"
"- BOYA !" QingMing se sentait rougir. La fièvre dans le regard de son compagnon faisait monter une chaleur étrange entre ses jambes. "Cesse de te moquer."
"- Ho mais je ne me moque pas."
"- On sera là pour lui éviter de tout cramer, QingMing Daren." Rassura Killing Stone.
C'était toujours amusant de voir leur maître succomber au charme parfois vénéneux du chef de la secte Est.
QingMing était écarlate. Il n'aurait jamais imaginé que son Boya trouverait plaisant de l'exposer ainsi pour rappeler à tous qu'il était le seul à avoir le droit de le toucher.
"- …Ça te ferait vraiment plaisir ?" Boya opina du chef. "Très bien."
"- On va faire de vous une beauté, QingMing Daren. Quitte à rendre le palais fou pour le plaisir de Boya-Daren, autant le faire jusqu'au bout."
Ca remonta un peu le moral du demi-renard. Forcément, si on le prenait par les sentiments et qu'on lui proposait de causer une catastrophe sous couvert d'être respectueux et obéissant, il ne pouvait pas refuser.
Une fois le déjeuner finit, Honey Bug et Killing Stone entrainèrent leur maître jusqu'à sa tanière pour l'aider à se préparer.
Boya en frétillait visiblement. L'attente lui parut bien longue jusqu'à ce que son Partenaire lui soit rendu.
Lorsque QingMing reparu, Boya en resta figé. Les robes qu'avait fait Honey Bug en urgence était de la même coupe traditionnelle pour un yin yang shi, mais elles étaient à la fois assez couvrantes de ses attributs tout en les mettant parfaitement en valeur. Même les jambes sans fin de QingMing étaient mises en valeur dans ces robes qui se collaient à lui. Un tout petit peu plus étroites et elles auraient été impudiques à l'extrême.
Killing Stone semblait incapable de ne pas avoir les yeux collés aux hanches de leur maître.
Snow Hound avala péniblement sa salive et ne protesta même pas quand HuaShi lui colla une claque sur la nuque.
Honey Bug avait fait des miracles avec les cheveux de leur maître en prime et…
"- Honey Bug t'a maquillé ?"
"- Un tout petit peu, Boya-Daren."
Juste un peu de khôl, très légèrement de fard à paupière sombre et un rien de rouge à lèvres qui les faisaient paraitres plus pleines et pulpeuses.
"-….En fait, je vais t'enfermer ici." Grogna Boya.
"- HA !" Snow Hound était tout à fait d'accord avec cette motion, Mad Painter aussi.
Les robes cousues à la hâte par Honey-Bug étaient peut-être tout à faire raisonnables, mais elles rendaient leur maître encore plus désirable qu'avec les seins à l'éventaire.
"- J'ai besoin d'un truc froid." Marmotta Killing Stone avant de glapir lorsque Snow Hound lui lança une masse de neige dans l'entre-jambe. "A BOIRE ! BOUGRE DE PLUMEAU POLAIRE ET SADIQUE !" Et si son entrejambe avait pris son indépendance devant les hanches de son maître, il n'était pas le seul. Alors que Snow Hound s'en prenne à tout le monde, pas qu'à lui !
Boya finit par renifler avec un mélange d'amusement et d'infâme jalousie qui lui rongeait l'estomac comme un ulcère.
"- Allons-y ou nous allons être en retard. "
QingMing ouvrit un portail sur les toits de l'observatoire comme il en avait l'habitude quand ils allaient au palais.
"- …Tu te rends bien compte qu'on va devoir traverser la moitié du palais ?"
"- Je croyais que tu voulais me faire voir à tout le monde ?"
Boya offrit son bras à son partenaire. Les deux shishen de QingMing les collaient à la culotte. Mad Painter était visiblement prêt à arracher des mains et Killing Stone à casser des bouches. C'était mignon cette possessivité jalouse pour leur maître, quand bien même il…elle était parfaitement capable de se défendre.
"- Nous y allons Madame Anbei ?"
"- Mademoiselle s'il te plait."
"- D'ailleurs vous pourriez passer à l'étape suivante." Rappela Zhuque. "Vous avez finit votre cour."
Boya ne répondit pas à Zhuque. Mais l'idée de faire de QingMing monsieur Yuan et de devenir monsieur Anbei n'était pas si ridicule dans son petit cerveau. Et de moins en moins.
QingMing avait posé sa main sur le bras de son compagnon pour descendre de l'Observatoire. De là, ils pourraient tranquillement rejoindre le palais.
"- QingMing Daren !" Qian Wuhan n'attendait pas son chef de secte mais puisqu'il était là, autant lui faire passer ses rapports. "Bonjour ! Est-ce que je peux vous donner mes..." Le pauvre prêtre se figea en voyant l'apparence de son chef. "…QingMing Daren ?"
"- Bonjour Qian Wuhan. Comment vas-tu ?"
"-…Vous…Vous…" Il ne pouvait détacher ses yeux de la poitrine de son chef de secte.
"- On ne bave pas…" Gronda Mad Painter.
Killing Stone avait déjà sa main sur son épée. La journée promettait d'être marrante si ça commençait comme ça.
"- Je me suis un peu amusé avec mon qi." Expliqua QingMing. Ce n'était pas si faux finalement.
"- Ho…Et…Ca va durer longtemps ?" Bon sang, il ne pouvait pas baver sur son chef quand même ! Même si là, c'était sa cheffe. Et ce maquillage là…Comme s'il y avait eu besoin d'en rajouter ! Non mais c'était quoi cette cruauté !
"- Quelques jours au mieux."
"- …Vous êtes très…très… enfin…"
"- Séduisante ? Je sais."
"- QingMing…" Gronda Boya, jaloux comme un rat. Ce n'était finalement peut-être pas une bonne idée d'être venu avec sa QingMing. S'il crispait aussi facilement quand l'un des disciples de son compagnon la reluquait, ça allait être compliqué avec des réels étrangers.
"- Et tu t'en fout complètement quand ce sont ses shishen qui la reluque je te rappelle" Si seulement Zhuque pouvait la fermer.
"- Enfin… heu…. Vous louvez…vous lezvous… Vous voulez prendre mes rapports ?"
"- Je vais les prendre oui, va les chercher."
Le prêtre impérial fila chercher ses rapports pour son maître. Et boire une grande lampée d'alcool avant d'y revenir. La forme de son chef allait hanter ses cauchemars quelques temps.
"- Voila."
QingMing les rangea dans une poche quiankun puis dans sa manche.
"- Vous devriez y aller." Rappela soudain Killing Stone.
Le pauvre Qian Wuhan était tout rouge et n'arrivait plus qu'à bafouiller sans parvenir à dire autre chose.
QingMing remis sa main sur le bras de Boya avec leurs deux gardes du corps derrière. Les deux shishen étaient aussi ronchons que particulièrement fiers des regards que ce prenait leur maître. Il était déjà séduisant au masculin, là, il faisait tomber les mâles comme des mouches.
Ils traversèrent les coursives extérieures non sans croiser nombre de serviteurs. Évidemment, une femme au bras du chef de JingYun, la rumeur allait faire le tour du palais à la vitesse de la lumière sur sa trahison du chef du yin yang bureau d'un côté, ou de son retour à la raison pour les autres. Ce serait…Assez drôle il fallait l'avouer.
Enfin, ils atteignirent la salle du conseil où un fonctionnaire horrifié les annonça d'une voix éraillée par le trouble et la stupeur avant de les faire entrer.
Dès qu'il vit la tête du fonctionnaire, l'empereur s'était redressé. Alors, qu'est-ce que ses deux tordus préférés avaient inventé aujourd'hui. Il en tapait mentalement des mains. Bon sang ce qu'il adorait les deux hommes pour ça. Il ne s'ennuyait JAMAIS quand ils venaient.
Puis la question déserta son esprit devant la magnifique jeune femme au bras de Boya Daren.
"- …Que…"
"- Votre Majesté…"
Les deux prêtres s'inclinèrent profondément.
Un hoquet échappa à pas mal de gorges autour d'eux lorsque le décolleté de QingMing s'ouvrit légèrement laissant entrevoir la poitrine du demi-démon.
Mad Painter se rua sur lui pour le redresser et serrer ses robes autour de lui
"- QingMing Daren ! Enfin !"
"- Oui et bien je ne suis pas encore habitué à avoir trois kilos d'amusement sous la gorge hein." Protesta le prêtre sous le regard noir de sa mère.
L'empereur observa la scène avec des statiques dans le cerveau jusqu'à ce qu'il comprenne qui était la beauté au bras du chef de JingYun qui semblait parfaitement tranquille et pas du tout troublé par la situation.
"- ….QingMing Daren ?
"- Majesté."
Mad Painter l'empêcha encore de s'incliner pour éviter que ses robes se rouvrent.
"- Il va falloir revoir ces vêtements." Soupira-t-il. Rien que la taille des flotteurs était quasi indécente mais en plus la coupe du vêtement restait masculine en grande partie. Ça se baladait pas mal là-dessous. "Ou au moins rajouter un dudou."
"- …Est-ce que je peux demander ce que vous avez fait ?" L'empereur savait que les cultivateurs pouvaient faire des choses impressionnantes, mais LA ?
"- N'importe quoi comme d'habitude." Pesta Mad Painter à mi-voix. "Aie !" Il se massa le biceps là où l'éventail de QingMing l'avait frappé.
"- Juste quelques essais d'anciennes techniques. Et je me suis un peu raté."
"- Si vous appelez ça "raté", QingMing Daren, je n'ose imaginer ce que vous entendez par "réussit". " Bavait allègrement l'empereur jusqu'à ce qu'il croise le regard brûlant et rouge de Boya. "Et vous en avez pour longtemps ?"
"- Quelques jours, le temps que mes énergies remontent quelque peu."
"- Ho…et bien en attendant, prenez place voulez-vous."
QingMing s'assit à sa place. Ses deux shishen s'installèrent juste derrière elle. Leur présence pesante fut une protection efficace contre toute tentative de tripotage pendant environ deux heures.
"- Ministre Fuang. Si vous tentez de poser votre main sur ma cuisse, je crains que soit Boya Daren vous la coupe avant de vous la faire manger, soit que l'un de mes shishen vous passe plus simplement par la fenêtre." Sourit tranquillement QingMing.
Son voisin de droite s'écarta avec un petit bond et un coassement, écarlate. Ce n'était pas sa faute si on lui mettait un pareil morceau sous le nez !
"- Majesté ! les bonnes femmes n'ont jamais eu leur place ici et on voit pourquoi ! On ne peut pas la mettre dehors ?" Geignit l'un des hauts fonctionnaires présents. "On perd du temps et elle distrait tout le monde ! Je n'ai rien contre un peu d'amusement mais pas pendant le travail."
leur présence était une nouveauté pour dynamiser un peu les formalités mais ils n'avaient pas l'habitude encore. C'était la première fois que le couple de fashi était là en même temps qu'eux et ça se voyait.
Ce qui se voyait aussi, au grand amusement de l'Empereur, c'était la triple aura homicide qui entourait soudain le chef de JingYun et les deux shishen.
On venait de manquer de respect à leur partenaire/maître. Ce n'allait pas bien se passer du tout.
"- Si ces messieurs pouvaient attendre la fin de la séance avant d'arracher les yeux du jeune homme ? Il a raison sur un point, il faut avancer. QingMing Daren, pourquoi vos shishen ne s'installeraient-ils pas autour de vous ?"
Il n'en fallut pas plus pour que Mad Painter et Killing Stone avancent d'un mètre et forcent les ministres à se décaler un peu pour leur faire de la place.
Les discussions avaient duré plusieurs heures mais l'ordre étaient revenu dès que plus personne n'était à portée de main de QingMing. Ou plus exactement, depuis que plus personne ne l'avait à portée de main.
Une fois la session close, l'Empereur chassa tout le monde à part les deux prêtres et leurs deux gardes du corps pour partager une tasse de thé comme il le faisait souvent.
Ils s'installèrent sur une terrasse devant du thé fumé et des petits gâteaux.
"- A chaque fois il faut que vous inventiez quelque chose de nouveau. Je crois que je ne me lasserais jamais de vous faire venir au palais, juste pour ça. Votre présence secoue si bien la poussière des murs, je ne peux pas ne pas vous faire venir." La délectation de l'ancien militaire était palpable.
"- Vous vous amusez beaucoup trop, Majesté."
La voix de contre-alto du yin yang shi le fit frémir. C'était tellement bizarre.
"- Bah. Je n'ai pas le goût des femmes en quantité, je limite la boisson sinon je me fais gronder par Boya-Daren et je ne peux même plus aller taper les voisins. Laissez-moi au moins ça." Soupira le quinquagénaire.
QingMing haussa un sourcil.
"- Tu grondes l'Empereur maintenant ?"
"- Et toi tu l'insultes. Chacun sa croix"
L'ancien militaire se remit à rire de bon cœur.
"- Bon. Puisque vous êtes un couple "raisonnable" maintenant. Quand vous marie-t-on ?"
Les deux shishen derrière semblaient tout à faire motivés par la chose. Surtout Mad Painter. Voir son renardeau marié satisferait quelque chose de profond chez lui.
L'empereur finit par cesser de rire et reprendre son calme. Il but une gorgée de thé puis s'enfonça un peu plus dans son coussin, le regard fixé sur le couple.
"- Blague à part. Comment avancent vos investigations contre le faux prêtre ?"
Boya soupira pendant que QingMing grimaçait. Le premier chassait, le second réparait les dégâts. C'était aussi irritant qu'épuisant.
"- Elles n'avancent malheureusement pas du tout. Nous lui courrons derrière mais nous n'arrivons pas à le trouver." Soupira QingMing.
"- Nous savons juste que c'est un homme, assez jeune. Mais c'est tout. Et encore, si c'est un cultivateur, il pourrait avoir cent ans et en paraitre trente." Boya était visiblement crispé par la chose. "J'ai plusieurs maîtres qui cherchent spécifiquement à le retrouver mais... J'avoue que ce n'est pas notre spécialité." Trouver des démons qui causaient des soucis, ils maitrisaient. Mais des humains ? Des cultivateurs ? Pas leur truc.
"- Je vais vous adjoindre un inspecteur spécialisé." Approuva l'Empereur. "Chacun son boulot. Il viendra vous voir au Temple pour récupérer tout ce que vous avez pu découvrir jusque-là." Le chef de secte soupira de soulagement. Ils avaient besoin d'aide sur le coup. "Et vous QingMing Daren ?" L'empereur se forçait à le regarder dans les yeux mais c'était compliqué.
Petit à petit ses robes s'étaient détendues sous le poids et son décolleté était fascinant.
"- Le nombre de problèmes est toujours le même chaque semaine. Leur type évolue lentement. Je ne sais pas quel est son but mais il en a un spécifique, c'est évident. Il est passé d'un travail sur des âmes tourmentées par le ressentiment à..." Il hésita.
"- QingMing ?"
"- Je me demande s'il n'essaie pas de créer des démons à partir d'humains tourmentés." Soupira le yin yang shi. "C'est le seul but que je peux anticiper avec ce qu'il fait."
Boya était blême.
"- Comment ?"
Était-ce possible de contrôler un tel procédé ?
"- On sait comment sont créés les démons humanoïdes, Boya. Finalement, il ne faut pas grand-chose. Mais contrôler le processus de façon spécifique ? orienter cette création ? Eventuellement lui adjoindre une résistance ou une affinité élémental spécifique ? S'il y parvient, il pourrait créer une armée en peu de temps. Une armée de démons attachés à lui."
"- Attaché à lui ?"
"- Il utilise des techniques des quatre sectes principales. J'imagine qu'il doit savoir comment enchainer un shishen. Pas créer un lien, vraiment l'enchainer et lui retirer tout libre arbitre."
Derrière le couple, Mad Painter et Killing Stone étaient blêmes. C'était possible ça ? Perdre leur libre arbitre... Devenir des poupées obéissantes. Ils en frémirent d'angoisse. Boya aussi était terrifié. Est-ce que quelqu'un pourrait l'arracher à QingMing et faire de lui sa chose ? QingMing se détourna pour ouvrir les bras à ses shishen en sentant leur angoisse. Ils n'hésitèrent pas une seconde à venir se caler tous les trois dans ses bras.
"- Personne ne peut vous arracher à moi." Rassura le yin yang shi en envoyant dans le lien entre eux autant de qi que possible pour le renforcer et l'isoler de l'extérieur.
Personne ne devait pouvoir le toucher à part eux. La moindre porosité devait être supprimée. L'Empereur regarda la scène, mal à l'aise. Il y tellement de possessivité entre les quatre individus... Il en aurait presque été jaloux. Ça devait être bien d'avoir quelqu'un d'aussi protecteur et possessif pour veiller sur vous.
Mad Painter fut le premier à s'écarter. Il semblait un peu honteux de sa crise de sensiblerie soudaine. QingMing lui caressa la joue du bout des doigts avec une douceur que l'Empereur aurait pu croire réservée à Boya.
"- Je t'ai déjà perdu une fois, je ne laisserai personne te prendre à moi encore." Assura-t-il. les yeux jaunes du regard brillaient d'une flamme intérieure violente.
Le renard était d'accord avec sa partie humaine. Un frisson échappa à QingMing.
Ha.
Le renard était réveillé.
Parfait.
Avait-il la force de lui rendre ses testicules ?
L'amusement du prédateur était remarquable. La force, il l'avait toujours eue. C'était juste marrant de voir les réactions autour de lui. Qu'il ne se plaigne pas qu'une créature fourbe le soit.
Boya haussa un sourcil. Il était callé le nez dans le cou de son compagnon à se gorger de son odeur et la sentait changer toutes les quelques secondes comme si QingMing luttait contre lui-même.
Killing Stone avait posé sa tête dans le giron de son maître et laissait QingMing lui caresser les cheveux.
"- Pardon Majesté." S'excusa soudain QingMing. "La situation est un motif de grave détresse pour mes shishen."
"- Je vois ça." C'était bizarre quand même. Un jour, il faudrait qu'il demande une explication sur ce qu'était ce fameux lien et sa profondeur. "Ca va aller quand même ?"
"- Il faut qu'on trouve le responsable au plus vite." Soupira Boya en trouvant la force de s'écarter de QingMing même si c'était difficile.
Killing Stone refusait de quitter les genoux de son maître. QingMing le laissa faire. Il comprenait sa possessivité.
"- Il y a autre chose." Killing Stone fixait son maître par en dessus. " Boya-didi, Quelqu'un suit QingMing Daren dès qu'il est à la capitale.
"- QINGMING !" Boya était furieux. Pourquoi ne lui en avait-il jamais parlé ?
"- Je ne risque rien, Boya. Je ne me déplace pas sans au moins Killing Stone et Hei Feng avec moi depuis que je m'en suis rendu compte."
Le chef de JingYun en grinçait des dents.
"- Ce n'est pas suffisant."
"- Je ne prends aucun risque." Rassura encore le yin yang shi.
"- Boya Daren à raison, QingMing Daren. Si vous êtes une cible, je ne veux pas que vous vous promeniez dans la ville sans assistance. Une équipe de gardes vous sera dédiée dès demain."
"- Majesté…"
"- C'est un ordre. Avant de vous balader partout, vous viendrez au palais chercher vos gardes du corps."
"- Mais..."
"- QingMing Daren. Qu'est ce qui se passerait si ce type vous mettait la main dessus et utilisait ses découvertes pour faire de VOUS un démon ?"
Le yin yang shi renifla, il en était déjà un !
"- QingMing. Pour nous ?" Insista Mad Painter.
"- ...Oui A-Niang..." Soupira quand même la jeune femme.
"- Bon."
"- ...Maman ? Vous êtes sa mère ?" L'Empereur était paumé.
"- Adoptif, Majesté." Préféra spécifier QingMing avant que de nouvelles rumeurs tordues ne sortent de nulle part.
Boya soupira encore. Ha c'était facile tient.
Le retour à la Maison du Lac fut tardif. Il faisait déjà nuit.
Même s'ils étaient au courant pour le stalker de QingMing, Killing Stone et Mad Painter avaient été secoués par les informations du jour. C'était aussi pour ça que QingMing ne voulait pas leur en parler.
Boya était, évidemment, en colère.
"- Et tu comptais nous en parler quand ? Après la troisième tentative de meurtre ? Ou d'enlèvement ? Après que quelqu'un d'autre en a fait les frais ?"
"- Boya, je suis encore capable de me défendre."
"- CE N'EST PAS LA QUESTION !" Hurla soudain le chef de secte. C'était bien la première fois que les habitants de la Maison l'entendait réellement hausser le ton. "Tu n'es pas seul en cause, bon sang ! QingMing ! TOUTE LA MAISON DEPENDS DE TOI ! Il va se passer quoi si tu te fais tuer ? Ou si quelqu'un arrive à corrompre ton lien avec tes servants"
QingMing s'agaçait lentement.
"- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Que je reste ici sans en bouger ? Tu ne veux pas non plus que je joue la gentille petite épouse bien obéissante ?" S'il avait eu son apparence masculine, la protestation aurait sans doute eut plus de poids. "C'est pour ça que je n'en avais parlé à personne. Et que j'avais interdit à Killing Stone d'en parler." Il foudroya le shishen du regard qui avait l'air tellement content de lui que s'en était louche.
COMMENT avait-il réussi à lui désobéir ?
"- Quoi ? vous m'aviez interdit d'en parler à Boya-Daren. Pas Boya-Zhuque. J'ai juste mis mon didi au courant. C'est tout. Vous ne m'aviez pas interdit d'en parler à qui que ce soit d'autre." QingMing en resta bête une minute. La sale petite...
La situation n'aurait pas été aussi tendu, les autres shishen auraient gloussés. Snow Hound finit par intervenir avant que les cris ne montent encore en décibels.
"- Si vous expliquiez exactement ce qui se passe au lieu de hurler comme des putois ?"
Boya se pinça la racine du nez entre deux doigts mais expliqua la situation. Lorsqu'il eut fini, Snow Hound était lui aussi furieux. Il était au courant que quelqu'un suivait QingMing mais il n'était pas au courant en détail de toute la situation, mais que Boya n'ait pas été au courant jusque là ? C'était stupide.
"- Je n'ai plus dix ans ! je suis capable de me défendre !" Répéta QingMing.
Ils allaient arrêter tous de le prendre pour un incapable ? En général il laissait couler parce qu'il savait que ça tranquillisait ses servants lorsque l'un d'eux l'accompagnait, mais à force, ils finissaient par le croire faible.
"- QingMing Nous savons que tu es plus fort que probablement tous les autres cultivateurs de l'empire, à part Boya Daren." Ces deux-là se faisaient la course en tête depuis leur rencontre.
Aucun des deux ne pouvait concevoir laisser sa moitié prendre la tête et le laisser seul sans lui, même pour quelques semaines. C'était ce qui avait poussé QingMing à affronter son renard d'ailleurs. Ou Boya à s'ouvrir davantage à Zhuque.
Quand Snow Hound y réfléchissait, le déclencheur émotionnel de la naissance de la sixième queue de QingMing était probablement Boya lui-même. Sa simple existence était suffisante pour pousser QingMing à se dépasser.
"- Tu es peut-être capable de te défendre mais il n'empêche qu'à chaque fois tu finis cabossé" Aboya encore Boya. "Et que si l'un de nous n'était pas systématiquement derrière toi pour sauver ton cul, il y a un moment que tu boufferais les pissenlits par la racine !". Les autres shishen ouvrirent de grands yeux.
Heu...Boya abusait un petit peu là. Lui avait son épée comme arme. Eux ETAIENT les armes de leur maître.
QingMing s'était figé et fixait Boya avec un mélange d'incrédulité et d'outrage.
"- Donc si je comprends bien, de ton point de vue, je suis une demoiselle en détresse. Toute connotation due à mon apparence actuelle oubliée."
"- Si je n'avais pas été là pour t'aider avec le démon d'obsession de la princesse, on n'aurait même pas cette conversation."
Une crispation nerveuse agita la joue du yin yang shi.
"- Si tu n'avais pas été là, je n'aurais pas traité ce démon de cette façon."
"- Donc tu m'as utilisé."
"- Quand est-ce que je n'utilise pas les atouts que j'ai à ma disposition ? Tu étais là, inquiet pour elle, je savais que tu ferais ce qui était nécessaire."
"- Et si je n'avais rien fait ? Ou si je t'avais donné cette fichue flotte ?"
"- Tu étais bien trop coincé le petit doigt sur la couture pour faire autre chose qu'obéir à un ordre donné !" Aboya à son tour QingMing. "Et ça n'a pas vraiment changé d'ailleurs !"
Les autres shishen avaient gentiment vidés les lieux. La tension entre le couple était de plus en plus forte. C'était leur première réelle empoignade. Et à cause du sujet, aucun des deux (entendre QingMing s'ils se referraient aux précédentes fois où le ton était un peu monté) ne baisserait pavillon cette fois.
"- PARDON ? Si je ne m'abuse, ce n'est pas moi qui me suis trouvé à me morfondre comme un abruti juste parce que monsieur à un complexe d'abandon de la taille de la capitale."
Le bruit de la gifle résonna dans toute la Maison puis celui d'un corps qui heurte violement un mur.
Boya resta immobile par terre, les yeux écarquillés et la joue écarlate qui virait déjà au bleu. Si QingMing avait frappé un tout petit peu plus fort, il lui aurait cassé la mâchoire.
QingMing resta figé, à regarder sa main sans comprendre ce qu'il venait de faire ni comment il avait pu frapper aussi fort. Puis il sentit l'amusement du renard en lui qui se délectait de la situation avant de comprendre.
Les hulijing étaient des créatures à la société matriarcale. Les mâles étaient rares et faibles. Les femelles étaient plus grandes, plus fortes et plus violentes. Ce corps féminin était juste physiquement bien plus puissant musculairement que son corps masculin.
"- QingMing…" Gronda Boya.
Le yin yang shi baissa un regard absolument glacial sur son partenaire.
"- Je n'ai jamais eu besoin qu'on me tienne la main, Boya-Daren." Et pour la première fois sans doute, le nom était utilisé avec distance et aucune affection. Même lors de leur première rencontre il n'y avait pas eu ce dédain méprisant chez le yin yang shi.
Un frisson désagréable remonta dans le dos du chef de JingYun qui réalisait soudain qu'il avait dépassé les bornes. Est-ce qu'il aurait été dire ça à son partenaire s'il avait eu pénis et testicules ? Probablement pas. Mais là ? C'était une "faible femme" qui était menacé. Et pire, la sienne.
Il grimaça.
Si ses Shijie apprenaient ça, il allait se retrouver pendu au plafond de la cuisine de JingYun la tête en bas par le fond du zhong yi. Qu'il soit chef de secte ou pas, il prendrait cher.
"- QingMing." Bon sang ce qu'il avait mal à la mâchoire.
Elle était déboitée ou pas ? Juste pour une gifle ? Et avec sa cultivation ? Mais QingMing l'avait frappé avec un rocher, pas avec sa main, ce n'était pas possible autrement. Et il avait deux dents qui bougeaient ! Il allait mettre des heures à les consolider.
Le démon renard se détourna dignement pour aller s'enfermer dans ses appartements.
Boya resta par terre comme un idiot, le gout du sang dans la bouche, la joue qui gonflait gentiment et le dos avec la marque des planches du mur incrustée dans la peau pour au moins deux jours.
"- Mais quel imbécile !"
"- Qui, lui ou vous ?" Railla Snow Hound.
"- Ha toi, c'est pas le moment."
Il s'en reprit une de l'autre côté. Mais c'était QUOI cette débauche de violence ?!
Puis il sentit la fureur qui coulait dans ses veines mais qui n'était pas la sienne. Ni celle de Snow Hound même si le vieux tengu ne faisait pas grand-chose pour la contrôler.
D'accord, QingMing était dans une rage folle contre lui. Suffisamment pour submerger le lien entre lui et ses shishen. Il avait intérêt à dégager rapidement ou ils allaient tous s'en prendre à lui.
Pas capable de se défendre hein ? Et Zhuque qui restait silencieux. Donc même le phénix lui en voulait.
Rejoindre la tanière de QingMing sans se faire dépecer vivant par les autres shishen du Domaine fut un jeu de chat et de la souris extrêmement désagréable pour le fashi qui ne voulait blesser personne.
Il se souviendrait longtemps avec horreur du carnage que les pseudopodes d'ombre du timide Hei Feng pouvaient faire. Même le doux et naïf Liu Ye était dangereux quand il était poussé par la soif de sang de son maître. D'OU VENAIENT TOUTES CES MINUSCULES LAMES ! on aurait dit des écailles de serpent ! Elles lui poussaient sur les mains avant qu'il ne les lance sur lui ou quoi ? Il avait oublié qu'il était né de la souffrance d'un abattoir. Les lames pour égorger, il connaissait. ET CES CROCHETS ! C'ETAIT QUOI CES CROCHETS DANS SA BOUCHE ! Il ne pouvait pas prendre le risque de se faire mordre !
Boya parvint à entrer en barrel roll par la fenêtre dans la chambre de QingMing pour éviter une volée de pierres brûlantes lancées par Killing Stone.
Assit au milieu de sa tanière avec un coussin dans les bras, son Partenaire le fixait avec fureur.
"- Qu'est-ce que vous voulez, Boya-Daren." L'ironie dans sa voix cachait tout juste la vexation mais surtout la peine qu'il lui avait faite.
"- Je suis désolé."
Il se mangea le coussin dans la figure. Il y avait une brique là-dedans ? Depuis quand des plumes faisaient aussi mal ?
"- Désolé ? Vraiment ?"
Boya s'assit à genoux sur le sol avant de se prosterner en kowtow sans même y réfléchir. Il avait mis ses deux pieds dans sa bouche en même temps, il était normal qu'il demande pardon.
"- J'ai été stupide et sexiste et…J'ai été un absolu gougnafier et une vieille ganache." Il s'inclina. "Cet odieux foutriquet demande pardon à QingMing Daren pour sa stupidité sans nom."
QingMing soupira.
Comment pouvait-il résister à ça.
Il quitta sa tanière pour venir s'agenouiller devant Boya qui s'inclinait toujours, la tête basse et les mains jointes devant lui. Il posa ses mains sur les siennes.
Immédiatement, Boya releva le nez.
Dans le reste de la Maison, les shishen retournaient à leurs occupations normales en pestant. Il s'était passé QUOI exactement ? Un instant ils cherchaient Boya pour lui ouvrir le ventre à la pince à sucre et maintenant ça allait ?
Ils allaient vraiment devoir faire quelque chose, leur maître et lui. Ça devenait n'importe quoi. En plus avec ces bêtises, Honey Bug avait laissé le riz du soir passer par le fond.
"- Tu me vois vraiment comme incapable de me défendre." QingMing envoya gentiment un peu de qi dans la mâchoire de son compagnon pour soigner l'enflure de sa joue. Il ressemblait à un chien qui a mangé une guêpe.
"- Je suis terrifié à l'idée de te perdre." Corrigea Boya.
Alors oui, l'idée de l'enfermer à la Maison, surtout en le voyant sous cette forme féminine lui avait traversé l'esprit. Ajouté à ça la menace d'un monstre invisible qui lui voulait quelque chose et Boya était sur le sentier de la guerre.
Zhuque était d'accord pour être sur le sentier de la guerre, mais pas le reste.
"- Ha tu me parles maintenant ?"
"- Quand tu arrêtes d'être stupide, oui. C'est notre Partenaire. Où as-tu vu que notre Partenaire était faible ? S'il l'était, il ne serait pas nôtre."
Boya soupira. Zhuque avait raison.
"- Je suis désolé, QingMing. C'est de te voir comme ça… C'est… En plus c'est idiot. Les shijie de JingYun sont parmi les créatures les plus terrifiantes que je connaisse. Je suis sûr qu'on en aurait jeté une ou deux sur He Shouyue, il se serait roulé en boule sur le sol en pleurant et en demandant pardon." Il était sexiste évidemment. Il restait le produit de sa civilisation et de son éducation. Mais il faisait la différence entre les simples femmes et les cultivatrices. Et son QingMing avec des seins, ça restait une cultivatrice. Seulement, c'était la sienne. Et il protégeait sa femelle. Un grognement lui échappa soudain. "Ma femelle ne doit pas quitter le nid tant que les œufs ne sont pas éclos."
QingMing éclata d'un rire nerveux un rien trop bruyant.
"- Sérieusement ? On en est là ?"
Le regard dépité que Boya lui lança était lugubre.
"- J'en suis là."
QingMing l'attira dans ses bras pour qu'il appuie son front contre son torse.
"- Boya…Tu sais que je suis un hulijing." Boya eut un petit grognement pour toute réponse. C'était chaud et moelleux là. "Et les hulijing sont une société matriarcale. Les mâles sont rares, plus petits et plus faibles."
Le maître de JingYun se redressa, la tête penchée légèrement comme il le faisait toujours quand QingMing lui disait quelque chose de particulièrement piquant qu'il tentait de comprendre tout en hésitant à savoir s'il s'agissait d'une insulte ou d'une information.
"- Et ça veut dire ?"
"- Que musculairement parlant, quand j'ai des seins je dois être trois ou quatre fois plus puissante que sans."
La bouche de Boya s'assécha. Ca expliquait qu'il ressemble à un champignon.
"- Ho."
"- Comme tu dis. Ho." Parce que comme n'importe quel cultivateur, QingMing avait déjà une belle force.
Mais en y ajoutant juste celle qui lui venait du renard quand il était un mâle, Boya ne savait pas si pendant un vrai combat au corps à corps il aurait une chance si Zhuque ne s'en mêlait pas. Mais là ?
Un frisson lui remonta dans le dos. Décidément, il aimait l'idée que son Partenaire le domine.
Zhuque se garda bien de lui dire qu'ils seraient bientôt en chaleur.
QingMing se figea soudain avant de baisser les yeux sur Boya. Il était évidemment très sensible aux odeurs et plus encore depuis qu'il se réconciliait avec son renard. L'annonce de sa force supérieure sous cette forme lui faisait un tel effet ? Sans compter la raideur suspecte qu'il sentait croitre contre sa cuisse.
"- Boya ?"
Le regard un peu fiévreux du fashi n'était pas dû qu'à la douleur d'ailleurs décroissante de son visage. Il se retrouva très vite sur le dos sur le parquet avec Qing Ming à califourchon sur les cuisses.
"- Et si nous vérifions lequel de nous deux est le plus fort ? Histoire de te rassurer ?" Proposa le yin yang shi.
Boya avala sa salive, les yeux brillants.
QingMing tenait ses poignets au-dessus de sa tête d'une main. Avec le yin yang shi assis sur les jambes du tueur de démon, il était impossible pour ce dernier de se dégager même en mobilisant toute sa force humaine. Sans Zhuque, il était totalement à la merci de sa Partenaire qui semblait s'amuser grandement de ses efforts de plus en plus brutaux pour se dégager.
Les ailes de Boya s'ouvrirent soudain. Il parvint à soulever quelque peu QingMing mais la yin yang shi pesa plus fort sur lui. Elle serra un peu plus ses doigts longs et fins autour de ses poignets jusqu'à lui arracher un petit cri de vraie douleur puis le relâcha immédiatement quelque peu. Le souffle de Boya était de plus en plus court.
Incapable de se défendre hein ?
"- QingMing..."
La fashi le fit taire d'un baiser aussi brutal que dominateur qui fit littéralement fondre Boya sous les cuisses de la jeune femme.
A travers son vaisseau, Zhuque était tout aussi fasciné que lui. Leur Partenaire était encore plus fort qu'espéré. Il était capable de totalement les dominer ce qui n'était jamais arrivé au phénix avant. Une partenaire...un partenaire... Peu importait son sexe finalement. Le résultat était à la mesure de ce que Zhuque voulait pour voler près de lui.
Boya se redressa de son mieux malgré QingMing qui pesait toujours sur ses mains pour lui pincer gentiment la gorge du bout des dents.
Le ronronnement qui montait dans la poitrine du renard le fit roucouler doucement. QingMing se libéra une main pour retirer la ceinture qui tenait sa robe extérieure fermée. Elle l'utilisa pour attacher les mains de Boya au-dessus de sa tête puis, un petit sourire carnassier aux lèvres, posa une main sur le genou droit de son compagnon derrière elle. Elle se cambra pour laisser descendre sa main sur la jambe qui tressautait sous ses doigts comme si elle était totalement indépendante de la volonté de son propriétaire. Sous elle, elle sentait le maître de JingYun qui durcissait douloureusement.
QingMing eut un sourire de triomphe. Elle était faible hein ? Mais c'était elle qui dominait totalement son partenaire. Elle glissa ses doigts dans la botte de Boya et en retira la dague qu'elle savait caché là.
Boya avala son air lorsque la pointe de la dague se posa sur sa pomme d'Adam.
"- QingMing ?" Il avait beau savoir qu'elle ne lui ferait pas vraiment de mal, il frissonnait quand même d'être totalement soumis à son bon vouloir.
"- Shhhh... Tais-toi. Je ne veux pas entendre un mot de plus." Ronronna encore la yin yang shi avant de se pencher sur lui pour l'embrasser avec tendresse.
Boya geignit lorsque le baiser s'interrompit. Il chercha à suivre les lèvres de son partenaire pour le prolonger mais la pointe de la dague posée sur les siennes l'empêcha de se débattre davantage.
Qing Ming recula un peu sur ses jambes. La pointe de la dague suivit le mouvement. Elle déserta ses lèvres pour glisser sans même l'égratigner sur sa gorge puis s'arrêta sur les petits cordons qui fermaient l'armure de cuir de son amant.
Sans le quitter des yeux, elle coupa le premier avec la dague. Boya lâcha un petit cri comme si elle l'avait blessé. Le sourire de QingMing se fit plus large. Ses oreilles et ses queues apparurent.
Boya s'étrangla avec sa propre salive. Les pupilles dilatées à l'extrême avec du rouge au fin fond d'elles, l'humain et le dieu-gardien se repaissaient avec le même désir et la même angoisse de l'image dominante de leur partenaire.
Faible hein...
Si QingMing les lâchait maintenant, ils seraient à genoux devant elle pour la supplier de leur faire mal.
Lentement, un à un, QingMing coupa chacun des cordons qui retenaient les vêtements de son compagnon. Lorsqu'elle fut assise sur ses chevilles, elle fit glisser la lame sur la protubérance de cuir causée par l'érection de Boya. Toujours un sourire aux lèvres, sans jamais le quitter des yeux, elle appuya légèrement, juste assez pour entamer un peu le cuir du pantalon. Il était foutu ou demanderait au moins une bonne séance de couture pour pouvoir le réutiliser.
Boya lâcha un sanglot lorsqu'il sentit le froid de la lame directement contre sa peau, avec juste le fin coton de son bas de zhong yi pour le protéger. Il ouvrit la bouche pour supplier mais la lame aigue se posa à plat sur sa langue.
"- Qu'est-ce que j'ai dit ?"
Si QingMing avait tourné la lame d'un quart de tour, il aurait risqué de blesser gravement son amant. Là, il posait juste le plat de la lame sur sa langue.
Boya hocha lentement la tête. Il avait compris.
QingMing retira prudemment la lame pour finir de libérer son partenaire de sa gangue de tissus et de cuir. Elle dégagea juste son sexe rigide pour le flatter de la paume quelques secondes. La simple caresse suffit au fashi pour se répandre.
Heureusement pour eux deux que leur période réfractaire à l'un comme à l'autre était quasi inexistante grâce à Zhuque et au renard ou QingMing aurait été particulièrement déçue.
Amusée, elle tira rudement les bras de Boya un peu plus fort au-dessus de sa tête pour le forcer à se cambrer inconfortablement sur le parquet et planta la dague dans le sol à travers le tissu de la ceinture.
Boya gémit. Il était efficacement immobilisé.
Il ouvrit encore la bouche mais la referma sans un son. Il voulait supplier son amant mais il n'en avait pas le droit. QingMing s'était à peine levé de ses jambes que Boya regrettait déjà l'absence de son poids sur lui. Il ne regretta plus grand-chose très vite lorsque QingMing retira lentement sa robe extérieure. Elle la laissa glisser a ses pieds sans jamais le quitter des yeux, un petit sourire supérieur aux lèvres.
Boya rougit affreusement de son installation sur le sol, immobilisé et ses vêtements à peine ouverts sous les yeux de sa Partenaire. Un hoquet lui échappa. QingMing s'était débarrassé de son pantalon et de son zhong yi mais avait gardé ses robes dessus. Toujours son petit sourire aux lèvres il s'approcha juste assez pour effleurer le sexe dressé de Boya du bout de son pied nu.
"- Je crois que j'aime beaucoup te voir ainsi à mes pieds, implorant et complétement à ma merci."
Il appuya un peu plus son pied sur son entrejambe. Boya gémit. Il lui faisait mal et pourtant, il était incapable de lui demander d'arrêter. Au contraire. Mais qu'est-ce qu'il était en train de devenir ?
Boya se mordit les lèvres pour étouffer ses supplications.
Il ne pouvait pas toucher sa Partenaire.
Il ne pouvait même pas parler.
Juste subir ses tourments.
Et QingMing excellait à ce petit jeu.
Quand ce cirque serait fini, Boya aurait des questions pour Mad Painter. Tant pis pour la gêne et le malaise, il voulait des réponses.
Qu'est-ce qu'il avait mis dans la tête de QingMing pour qu'il ait des idées comme ça ? Qu'est-ce qu'il y avait dans la sienne pour que lui apprécie et en veuille davantage ?
Les orteils du renard continuèrent à glisser sur son sexe jusqu'à ce qu'il souille à nouveau de sa semence ses cuirs découpés. Un bas roucoulement qui venait de sa poitrine se fit entendre. Zhuque était encore plus enchanté que lui de la situation. Il ne voyait que la force de leur partenaire qui les dominait complétement.
Pour un phénix, c'était tout ce qui comptait : la force et la capacité à s'occuper de leurs poussins. Avec un partenaire comme le leur, leurs petits seraient obligatoirement des forces de la nature.
QingMing passa un pied de chaque côté des hanches de son amant.
"- C'est esthétique, tu sais ?" Boya ne semblait pas comprendre. "Te voir ainsi abandonné, absolument soumis, tes cuirs noirs déjà souillés" La chaleur entre les jambes de QingMing était totalement différente du désir qu'il pouvait ressentir sous sa forme masculine. Il sentait ses fluides couler entre ses jambes avec le même enthousiasme que Boya en avait mis à tacher son armure. "Je crois que je pourrais te garder comme ça, rien que pour moi. Peut-être que c'est ce que je devrais faire après tout. Te garder à la Maison, pour ta propre protection évidemment." Le sourire était ironique. "Après tout, tu es sans défense contre moi."
Boya se sentit rougir. Il l'était oui. Et de plus d'une façon.
QingMing se laissa lentement glisser à genoux jusqu'à venir frotter sa vulve contre le sexe de Boya.
Un sanglot échappa au chef de JingYun
"- Et ainsi chût le puissant vainqueur du Serpent" Railla encore Qing Ming.
Il se vengeait sans pitié.
Pire, Boya voulait bien le laisser se venger autant qu'il voulait du moment qu'il satisfaisait le désir brûlant qui lui raidissait les reins.
"- Dis-moi mon Boya. Qu'est-ce que tu veux exactement ? Dis-moi... Parle-moi mon bel oiseau. Je t'en donne le droit."
"- Pitiépitépitiépitié."
Qing Ming rit doucement avec délectation. Il n'attendait pas un tel désespoir de la part de son compagnon.
"- Pitié ? Mais pourquoi aurais-je pitié de toi, mon amour ?"
De grosses larmes étaient apparues aux coins des yeux de son compagnon. Le demi-démon ne savait pas s'il s'agissait de larmes de douleur, de frustration ou de désespoir. Elle se pencha pour les effacer du bout de la langue.
"- Tu es encore plus beau lorsque tu pleures mon Boya." Il y avait de la cruauté dans son sourire.
Boya supplia encore. Il n'en pouvait plus. Avec Qing Ming qui ondulait du bassin contre lui, il se répandit encore sans pouvoir soulager pourtant la frustration qui le rendait fou.
QingMing eut finalement pitié de lui. A moins qu'elle non plus n'en puisse plus.
Elle flatta gentiment la virilité de Boya de la paume puis guida son membre entre ses jambes. Lentement, elle s'empala sur lui. Si le yin yang shi avait eu autant son compte d'hommes que de femmes dans son lit, c'était la première fois qu'il était avec quelqu'un avec un corps féminin. Et s'il n'avait jamais fait saigner qui que ce soit sans qu'on le lui demande, il n'allait pas commencer avec lui-même. La douleur ? du sang la première fois ? Ha ! tous des brutes sans âmes.
Elle prit son temps pour laisser ses muscles s'habituer. Elle aurait préféré avoir de l'huile en plus mais finalement, ce n'était pas nécessaire.
"- C'est amusant, Boya. Le désir féminin est infiniment plus cérébral que le masculin." Sourit-elle.
Elle le voulait tellement que c'était suffisant ou presque pour que ses muscles s'ouvrent pour lui. Un petit hoquet lui échappa soudain lorsque Boya ne put retenir un petit coup de reins.
"- Pardon...Pardon..." Boya se tortillait de son mieux dans ses liens pour garder son désir sous contrôle. Il voulait posséder le corps brulant au-dessus de lui, le remplir comme il le faisait d'habitude, le voir s'arrondir, pondre un œuf et...
Zhuque roucoulait comme un fou. Il s'accouplait enfin avec sa femelle ! Et même si aucun d'eux n'était en chaleur, c'était quand même sa femelle !
Qing Ming s'immobilisa enfin. Elle ne pouvait descendre plus sur le membre de Boya et jouissait simplement de le sentir en elle. C'était différent de ce dont il avait l'habitude mais elle pourrait s'y habituer.
Elle comptait bien s'y habituer.
Rien ne l'empêcherait de changer de temps en temps encore d'apparence plus tard, quand il maitriserait davantage les talents du renard.
"- Boya..."
"- QingMing...S'il te plait...Bouge." La voix de Boya était tellement suppliante que QingMing rit doucement mais obéit.
Elle se mit à arpenter lentement la colonne de chair pour s'habituer lentement à la sensation. Elle voulait tout découvrir et jouir de la nouveauté comme elle jouissait de toutes les nouvelles expériences que la vie lui offrait.
Boya s'assouvit encore une fois sans pouvoir retenir quelques mouvements de bassin désordonnés. Qing Ming accueillit l'offrande avant plaisir, comme le reste. Mentalement, elle remercia Killing Stone pour sa clairvoyance. Elle n'avait à s'inquiéter de rien à part de la lente frustration qui commençait à lui ronger les reins. Les sensations étaient affreusement agréables, mais il manquait un petit quelque chose pour la faire basculer comme elle savait que ça lui échappait du bout des doigts. Il lui en fallait plus mais elle refusait d'abandonner les rênes à son partenaire. Ses doigts se perdirent sur elle à la recherche de cette petite boule de nerfs qu'il avait si souvent torturé de la langue chez ses amantes.
"-Q...QingMing..."
Le renard baissa les yeux sur son compagnon.
Les joues écarlates, le regard vitreux, un peu de salive lui coulait au coin de la bouche. Même ses ailes étaient régulièrement affectées de petits soubresauts nerveux.
"- Boya."
"- Viens."
"- J'essaye mon bel oiseau." Et c'était carrément frustrant.
"- Non... Viens... Sur moi." Qing Ming ne comprit pas sur le moment. Sur Boya ? Il y était déjà. "Sur mon visage. Laisse-moi te lécher."
QingMing se sentit rougir d'un coup. C'était son timide Boya qui disait là ?
Elle ne se fit pas prier !
la yin yang shi s'installa avec prudence à califourchon sur le visage de son amant. Le premier coup de langue fut une surprise. Elle savait que c'était agréable bien sûr. Elle l'avait suffisamment fait. Mais là ? Entre la frustration, le désir, l'impression d'interdit trouble, que ce soit Boya en plus du reste qui ai demandé... Elle se pressa un peu plus contre la bouche agile. La langue de Boya se fit plus lourde contre son clitoris avant qu'il ne l'attaque gentiment du bout des dents puis glisse sa langue en elle pour récupérer ses fluides et sa propre semence. La lueur rouge au fond des yeux du vaisseau de Zhuque avait diminué mais était toujours là. Boya était concentré sur le plaisir de sa partenaire et rien d'autre. QingMing avait fini par attraper sa robe oubliée, la rouler en boule et la mettre sous la tête de Boya. Non pour soulager ses muscles à lui mais par désir d'efficacité. Elle avait glissé ses mains dans les cheveux de son partenaire et l'encourageait de caresses et murmures indistincts jusqu'à ce que sa langue lui arrache le plaisir le plus étrange et le plus brutal qu'elle avait jamais ressenti. Des petits cris lui échappèrent sans qu'elle ne parvienne à les retenir en rythme avec des flash de plaisir qui lui remontèrent dans le ventre. S'il n'avait pas été vide pourtant...
Boya eut un petit sourire satisfait. Ça, il savait faire. Il n'avait pas eu des écuries de maîtresses, mais l'une d'elle avait pris soin pour son plaisir à elle de l'éduquer un peu correctement.
La renarde finit par le détacher. Elle tremblait de tous ses membres mais d'une énergie qui ne demandait que davantage.
Boya essuya le bas de son visage couvert de salive, de sperme et de cyprine. Il se redressa pour venir prendre QingMing par la taille et enfouir son visage entre ses seins après que la yin yang shi se soit reculé pour s'asseoir à nouveau sur ses cuisses. Le sexe de Boya frottait gentiment contre son bas ventre, une fois de plus prêt au combat.
QingMing l'embrassa sur le sommet du crâne en le serrant contre elle
"- Je suis désolé. J'ai été odieux." Soupira Boya.
"- Je suis d'accord."
"- Je ne supporterai pas de te perdre."
"- Si tu me perdais, tu ne te languirais pas très longtemps de moi." Murmura doucement le maître du yin yang bureau.
Boya resta sans comprendre un instant avant de se rappeler. A moins que quelqu'un d'autre reprenne les liens avec le shishen du maître décédé, et que le shishen l'accepte, un servant mourrait avec son maître. Quant à se séparer autrement, c'était une impossibilité, ils le savaient tous les deux. Ils ne le supporteraient pas. Le sort ou les dieux avaient décidés de les lier pour la vie, qui étaient-ils pour s'en plaindre ? Ils avaient juste besoin d'apprendre à naviguer dans leur relation. Avec toutes les surprises qu'ils avaient fréquemment l'un pour l'autre et dont ils n'étaient même pas forcément responsables, leur bel équilibre était régulièrement ébranlé sans qu'ils le veuillent. A force, ils s'y feraient.
Sans doute.
Et au pire…Bah, au moins ils ne s'ennuyaient pas.
L'avatar enfoui son nez une fois de plus dans la poitrine de son partenaire.
"- Ça me va."
Zhuque était d'accord. Lui reprendrait juste son indépendance de dieu-gardien, sans doute avec une conscience augmentée, mais ce qui faisait "Boya" se dissoudrait en lui rapidement. Ça leur allait à tous les deux. Zhuque pouvait survivre à la perte d'un nouveau partenaire. Pas Boya.
Ils restèrent a se cajoler quelques minutes jusqu'à ce que la raideur de Boya contre le ventre de QingMing fasse sourire ce dernier.
"- Et si tu me portais jusqu'à ma tanière ? et que tu me montrais combien tu m'aimes ?"
A peine avait-elle dit ça qu'elle éclatait de rire lorsque Boya bondit sur ses pieds avec la jeune femme dans les bras pour la renverser au milieu des plumes pour la couvrir de baisers et de caresses.
Boya passa quelques minutes à ouvrir et la débarrasser de ses robes comme s'il ouvrait un paquet cadeau particulièrement attendu et merveilleux.
"- Quel que soit ta forme, tu es toujours aussi belle. Ou beau. Ou peu importe. Tu es mon QingMing." Les yeux brillants d'adoration, il resta de longues minutes à juste effleurer la peau pâle pour apprendre ce nouveau corps si différent et si identique à l'autre en même temps. "Tes hanches ne sont guère différentes. Mais je comprends la fascination de Killing Stone."
C'était plus sa taille bien plus fine que ses hanches qui montraient une différence.
QingMing s'amusait que Boya le catalogue ainsi centimètre par centimètre. Mais lorsque ses lèvres et sa langue se joignirent à ses explorations manuelles, elle ne put garder très longtemps son sérieux avant de se tordre sous ses délicates attentions jusqu'à qu'il la fasse à nouveau sien pendant des heures.
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Mad Painter entra dans la tanière sans le moindre complexe. Il y avait longtemps qu'une porte ne servait plus à grand-chose pour le séparer de son renardeau. Depuis la naissance de son petit tengu, c'était encore pire. Il était déjà possessif et protecteur avant, maintenant, c'était une catastrophe. Il avait mangé le bas des murs pendant toute la soirée. Surtout après les dernières insultes de Boya.
LE jour où il aurait voulu que QingMing ne pense pas à fermer le lien entre eux, il le faisait.
Sale bête poilue !
Comme les autres, il avait subi la fureur de leur maître et avait traqué le tueur de démon pour lui refaire le portrait à la phalange jusqu'à ce qu'il leur échappe et parvienne à rejoindre QingMing.
Mais ce n'était pas pour ça qu'il n'était plus en colère. Boya avait été odieux. Il était très doué pour ça. Presque autant que pour mettre ses deux pieds dans sa bouche en même temps.
C'était pour ça que Mad Painter était assis sur le bord de la tanière après avoir ouvert les fenêtres pour aérer. A l'odeur dans la pièce, il ne serait pas étonné si le renard ou le phénix était en chaleur dans peu de temps. Ca puait tellement que ça suintait des murs.
Il caressa du bout des doigts le front de son maître qui dormait profondément, la joue de Boya sur sa poitrine. Le bleu monstrueux sur le bas du visage du tueur de démon était d'une satisfaction réelle pour le shishen. C'était plus que mérité.
Qu'ils aient finit au lit n'était pas une surprise évidemment mais Mad Painter espérait très fort que QingMing avait montré au misérable chasseur que même si le yin yang shi était généralement conciliant par nature autant que par son éducation, il était parfaitement capable de montrer son déplaisir.
"- HuaShi ?"
"- Bonjour maître."
"- Il est tard ?"
"- Non, pas très. Je voulais juste être sûr que tout allait bien."
QingMing frotta sa joue contre la cuisse de son shishen.
"- Mmm…" Il était encore à moitié endormit.
Mad Painter répondit à la demande silencieuse. Il se rapprocha un peu pour que le fashi pose sa joue sur sa cuisse et qu'il puisse lui caresser les cheveux.
"- J'aime beaucoup l'état de sa mâchoire."
"- Et encore, je l'ai soigné."
Le sourire carnassier du shishen était satisfait.
"- Bien. Il a compris la leçon au moins ?"
"- Je crois."
"- Soigneux ?"
"- Correct. Il a une langue absolument divinement agile !"
"- Bon."
Le shishen s'appuya contre la tête de lit et resta silencieux à cajoler son maître jusqu'à ce que Boya ouvre un œil.
Le mouvement de recul du maître de JingYun satisfit le caractère mesquin du shishen avec une évidente délectation.
"- Levez-vous quand vous voulez. Ho ! et Boya Daren. J'espère pour vous que vous êtes en forme. J'ai entendu Killing Stone marmotter depuis qu'il est debout qu'il a très hâte de s'entrainer avec vous."
Boya grogna.
Killing Stone était un oiseau de nuit. Pour qu'il soit levé si tôt, c'était uniquement parce qu'il attendait pour lui casser la gueule. Il ne pouvait même pas dire la chose autrement.
"- Je me suis déjà excusé. Plein."
"- Pas à nous !"
La douleur de la mâchoire du fashi fulgura jusqu'à lui faire monter les larmes aux yeux lorsque Mad Painter attrapa le bas de son visage dans sa main.
"- Cette fois, vous avez vraiment dépassé les bornes. Et QingMing ne vous défendra pas."
Boya soupira. Il le savait oui.
Tous ses shishen allaient se faire un plaisir de lui faire pleurer du sang jusqu'à ce qu'ils acceptent de le pardonner.
Peut-être.
