Avant propos :
Encore une longue attente entre ce chapitre et le précédent. Je m'en excuse vraiment et je vais tâcher d'apporter une fin rapidement à cette histoire. Normalement la conclusion aura lieu au prochain chapitre. J'ai des idées pour une suite, mais elle sera publiée une fois l'histoire achevée pour ne pas vous faire trop attendre. Ainsi, après le chapitre 10, je vous écrirais un épilogue, pour ne pas vous laisser sur votre faim.
J'espère que ce chapitre vous plaira.
A bientôt.
Chapitre IX - L'enquête
En quittant la maison familiale, Harry marcha jusqu'à la gare routière. Cela lui permit de faire le point et de s'assurer que c'était la meilleure des choses à faire. Le jeune homme ne voulait pas aller à Sainte Mangouste, il n'était pas fou ! Tout ce qu'il demandait, c'était d'être protégé et d'être aimé. En l'occurrence, personne ne semblait capable de le faire, en dehors du Maître. Son père tentait de lui faire avouer la vérité, mais Harry ne savait pas ce qui avait pu se passer pour Sirius. Il ne pouvait pas croire que le Maître ait pu faire une telle chose, même s'il aurait pu en être capable. Il ne pouvait pas non plus donner l'identité du Maître. C'était impossible, cela équivaudrait à une trahison.
Partir, c'était ce qu'il devait faire. Qui voulait encore de lui ? Sept longues années s'étaient écoulées. Drago s'était marié et de toute façon, il n'aurait jamais assumé son homosexualité auprès de ses parents. Ron et Hermione avait leur propre vie. Ses parents le voyaient comme un fou et ses rapports avec sa sœur et son frère ne seraient jamais normaux. Il n'y avait aucun retour en arrière. A cette heure, plus rien ne le retenait, il pouvait partir et rejoindre le Maître.
Serein, il monta dans un bus et s'installa au milieu, pour ne pas trop attirer l'attention. Il avait pris un livre dans son sac et si plongea jusqu'au prochain changement de bus. Le chauffeur, qui semblait se prénommer Stan, n'avait pas sa langue dans sa poche et distrayait les passagers se situant vers l'avant. Harry n'y prêta pas attention et il resta éveillé tout en espérant que le Maître l'attendrait. Pour ne pas se faire repérer, le jeune homme changea plusieurs fois de bus. Il préférait être prudent et brouiller les pistes.
Le voyage se termina à Brighton, magnifique station balnéaire anglaise, mais Harry ne prêta guère attention aux passants et encore moins à la beauté des lieux. Il descendit du bus, observant les alentours pour voir s'il y avait une quelconque présence policière. Il soupira, les lieux semblaient être dégagés et pour le moment son visage ne faisait pas le tour des télévisions. Le jeune homme ne prendrait pas de risque, la fin de son périple se ferait à pied. Il mit son sac à dos sur son épaule, sa casquette était toujours vissée sur sa tête et il marcha d'un bon pas, quittant petit à petit la ville.
L'air iodé venait remplir ses poumons. Son cœur battait à la chamade. Harry savait ce qui l'attendait au bout du voyage et il avait hâte. Tellement hâte de retrouver un équilibre. Le jeune homme ne voulait plus penser. Il ne voulait plus décider. Il voulait la sécurité et le Maître était l'unique personne à pouvoir lui apporter cela. Il ne voulait plus se sentir seul et le Maître lui accordait sa compagnie.
Les paysages étaient aussi beaux que lors de leurs dernières vacances. La mer à perte de vue, le charme de la côte. C'était tout simplement beau. Harry traîna un peu, se comportant comme un voyageur et s'arrêta devant les plus beaux panoramas. Ainsi, il passerait plus facilement pour un jeune homme baroudant de ville en ville.
Harry finit par la voir. La villa. Ses petites tourelles lui permettaient de l'identifier facilement. Il s'en rapprocha et s'arrêta au portail. Il admira l'endroit dans lequel il s'était senti le plus heureux ces dernières années et il n'hésita pas, il poussa le portail et marcha sur l'allée qui le conduisit jusqu'à la porte d'entrée.
Une fois devant la porte, il frappa. Il entendit des pas s'approcher et la porte s'ouvrit. Il fut anxieux quand se dévoila le visage du Maître.
Le Maître fit un pas sur le côté et le laissa entrer.
- Bon retour à la maison Harry. Le visage de Tom était joyeux. L'homme voulait avant tout permettre à Harry de retrouver pleinement confiance en lui. Le jeune brun franchit le pas et la porte se ferma derrière eux.
Timidement, Harry pénétra dans le couloir. Rien n'avait changé tout était comme lors de leur dernier séjour. Le Maître l'observait intensément et resta silencieux, jusqu'à ce qu'il s'approche de lui. Le jeune homme ne recula pas quand l'homme le prit par la taille pour le rapprocher de lui et l'embrasser fougueusement. Harry répondit à ce baiser comme si sa vie en dépendait. Il en avait besoin, il voulait se sentir de nouveau aimait et être à nouveau précieux aux yeux d'une personne. Le Maître lui apportait cela.
Son dos rencontra un mur. Le sac qu'il avait emporté tomba sur le sol, tout comme sa veste. Harry ferma les yeux, son désir était grand, mais bien vite un gémissement de frustration quitta ses lèvres quand le Maître se détacha de lui.
- Le voyage a été long. Tu vas aller prendre un bain et ensuite, je ferais en sorte que tu oublies à jamais les hommes qui ont pu poser leurs mains sur toi ces derniers mois.
Un éclair de colère passa dans le regard du Maître. Une légère crainte s'empara de Harry, mais il se laissa tout de même entraîner jusqu'à l'étage. Il redécouvrit la salle de bain en marbre blanc et l'immense baignoire qui avait déjà accueilli certains de leurs ébats. Harry espérait que le Maître ne lui en veuille pas trop. Il l'avait déçu en s'enfuyant et en couchant avec Drago, mais c'était terminé, plus jamais il ne partirait.
- Maître je m'excuse. Pardonnez-moi. S'exclama honteusement Harry pendant que Jedusor commençait à remplir la baignoire.
Il se redressa, ses manches relevées, dévoilaient des bras puissants, mais l'homme se contenta de lui prendre le menton et de faire croiser leurs regards.
- Mais tu es déjà pardonné Harry. Tu as été abusé par ceux qui t'entouraient, mais maintenant je serais plus vigilant, je ferais en sorte que tu ne te détournes jamais du chemin que je nous ai tracé.
L'homme déposa un baiser sur ses lèvres et en quelques instants, tous les doutes d'Harry furent balayés. Il était là où il devait être et c'était tout ce qui comptait désormais. Les automatismes revinrent et Harry laissa tomber un à un ses vêtements, tout en les pliant et en les posant sur un tabouret en bois se trouvaient dans la pièce. Quand il fut nu, le Maître se retourna et posa un regard plein d'envie sur lui. Harry aimait ce genre d'attention de la part de l'homme, il se sentait désiré et au moins, il savait que le Maître voulait que lui.
L'eau du bain était bien chaude, la mousse caressait sa peau et le désir ne quitta pas le regard de son Maître quand celui-ci le regardait. Harry se sentait toute chose face à la puissance qu'il dégageait, il se sentait important et non prit pour un fou, comme cela fut le cas dernièrement. Le Maître se mit à genou et il prit une éponge de mer. Sa main disparut dans l'eau et commença à caresser sensuellement la peau du jeune homme tout en lavant son corps. Ce fut une lente et douce torture pour Harry. Son sexe ne tarda pas à réagir et un sourire sadique finit par fleurir sur les lèvres de son Maître, quand il s'en était aperçu.
Jedusor aimait le pouvoir qu'il possédait sur le garçon. Harry était sa plus belle création. Au début de sa fuite, il avait cru devoir renoncer à lui et pourtant, son bel esclave ne l'avait pas trahi. Finalement, il était resté en Angleterre et avait petit à petit distillé un peu de sa personne auprès d'Harry. Il l'avait observé de loin, usant de tous les moyens que son argent lui permettait d'avoir. Il avait tout appris des activités d'Harry, de ses retrouvailles avec Malefoy, de ses rendez-vous chez le psychiatre Rogue. Puis, il y avait eu l'appel, ces retrouvailles à la librairie du jeune homme et à ce moment-là, Tom était certain que le coeur d'Harry lui appartenait toujours. En quittant les lieux, il avait vu le regard que Sirius Black lui avait jeté et à ce moment-là, il avait compris. De l'argent avait encore été dépensé et un tueur à gage s'occupa de Black. Tom avait toujours aimé faire le sale boulot par les autres, mais pas en ce qui concernait Harry. Dès qu'il avait posé le regard sur sa charmante silhouette et son envoutant visage, il avait tout de suite eu envie de le posséder. Il l'avait traqué et cela jusqu'à ce dimanche où le jeune homme était parti faire son footing, seul, en forêt. L'occasion avait été beaucoup trop belle pour Tom. Il n'avait eu aucune difficulté à enlever Harry et encore moins pour le soumettre. Bien entendu, le jeune Potter avait voulu combattre, mais Jedusor avait brisé toutes ses espérances. Harry avait capitulé et cela pour la plus grande joie de Tom qui avait pu modeler le jeune homme à sa façon.
Aujourd'hui, tout était différent. Harry avait eu un avant-goût de la liberté et Tom savait qu'il avait beaucoup trop à perdre s'il ne jouait pas plus finement avec le garçon. Il avait donc décidé de se montrer doux et prévenant avec son bel esclave. Brighton serait les prémices de ce nouveau chapitre, il savait que le jeune homme avait aimé leurs séjours en ce lieu et ce fut tout naturellement que l'idée, que leurs retrouvailles se fassent ici, s'imposa.
Harry était de nouveau entre ses mains et désormais, il ferait tout pour balayer ses doutes. La famille Potter avait contribué à son retour et Tom en était plus qu'enchanté. La suite serait beaucoup plus simple pour lui et il savait qu'Harry ne mettrait aucune résistance.
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La disparition du jeune Harry Potter avait tôt fait de faire la une des journaux. Dès le lendemain de cette découverte, son visage était placardé sur tous les journaux, avec pour explication qu'il courrait un grave danger. Personne n'avait donné de détails à propos de ce nouvel enlèvement. Tout demeurait dans le secret d'un bureau, celui de James Potter, qui aidait désormais Kingsley dans son enquête. Lors de son temps libre, Severus Rogue venait également en renfort, en tant que consultant.
James ne dormait plus, il avait passé de nombreuses heures à suivre le parcours de son fils jusqu'à la gare routière. Il savait que Harry avait pris un bus jusqu'à Brighton, mais une fois à la station balnéaire, il semblait s'être volatilisé. Personne ne l'avait vu ou même entendu parler et il était très probable que son fils se soit mêlé dans la masse des touristes pour disparaître plus aisément. Les caméras de surveillance n'ayant rien données, James était retourné à Londres trois jours plus tard, tout en étant assuré que ses collègues de Brighton prendraient garde.
La piste d'Harry ne donnant rien, James s'intéressa donc à son ravisseur. Il s'était rendu avec Kingsley auprès du libraire, chez qui Harry travaillait, puis il avait étudié les images de surveillance. Il avait retrouvé le moment où Harry avait reçu la visite de ce mystérieux homme, mais celui-ci avait fait dos à la caméra durant tout l'entretien. A l'extérieur, un mystère de plus était encore à résoudre, c'était que les images avaient disparu. Une seule hypothèse, c'était que l'homme avait graissé la patte à une tierce personne, pour faire disparaître les preuves.
James était furieux et complètement frustré. Il avait tout de même prit les images de la librairie pour les montrer à Rogue afin que celui-ci étudie le ravisseur. Un profil se dessinait petit à petit, mais pour le moment, l'homme avait tout du fantôme.
James désirait qu'une chose, pouvoir mettre la main sur cette ordure et que sa famille retrouve la paix. A chaque fois qu'il retournait chez lui, c'était pour découvrir les yeux rougis de Lily et la mine défaite de ses deux autres enfants. Il devait retrouver Harry coûte que coûte, et le soustraire une bonne fois pour toute à son ravisseur.
L'idée que son fils soit parti volontairement de la maison, tuait à petit feu les parents Potter. Ils craignaient qu'Harry ait entendu leur conversation avec Rogue en ce qui concernait son hospitalisation à Sainte Mangouste. James et Lily se sentaient responsable de cette situation et même si on leur avait assuré que l'emprise du ravisseur d'Harry était la cause première de son départ, il était difficile pour les parents Potter de penser autrement. Pour eux, ils n'avaient pas assez aimé Harry, pour lui permettre de se confier à eux et de continuer sereinement sa vie auprès d'eux. Les jours s'égrainaient et au fur et à mesure, ils perdaient espoir. Leur plus grande crainte, c'est qu'Harry et son ravisseur partent à l'étranger. Là, ils seraient tous les deux intouchables et Harry définitivement perdu.
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Nymphadora Tonks, épouse Lupin n'était pas ce qu'on pouvait appeler une enquêtrice habituelle. Son look rock, ses cheveux violets détonnaient au sein des forces de l'ordre, mais cela ne la rendait pas moins redoutable. Quand elle arriva dans la salle d'interrogatoire, elle portait deux gobelets de café provenant de chez Starbucks, donnant ainsi l'impression qu'elle rendait visite à un ami de longue date.
- Alors Ding, tu t'es encore foutu dans une sacrée panade.
Tonks s'installa face à un homme chauve et de petite taille, vêtu d'un costume de haute facture. L'homme en question n'était pas serein quand la jeune femme s'installa face à lui, mais il la remercia pour le café.
Tonks connaissait Mondingus Fletcher depuis ses débuts en tant qu'enquêtrice, il avait été le premier homme qu'elle avait interrogé. Au début, il ne l'avait pas pris au sérieux. D'ailleurs, personne ne le faisait, et pourtant, Tonks s'était révélée très efficace et elle avait permis de faire de ce petit truand l'un des plus importants informateurs du poste. Cependant, vu ce qu'elle avait sur l'homme, il était mal. Très mal et Fletcher en avait bien conscience.
- Trafic d'être humain. Franchement Ding, tu ne pouvais pas rester dans les armes et la drogue ?
L'homme baissa les yeux, mais les releva quand Nymphadora sortit diverses photos, toutes représentants des corps sans vie. C'était les visages de jeunes et Fletcher s'en détourna très rapidement.
- C'est pas moi, je ne les ai pas tués. Se défendit l'homme.
- Ca je m'en doute, tu ne te salirais pas les mains comme ça, mais tu les as conduits tout droit au tombeau. Ne cherche pas à me mentir, nous avons un témoin et tu as été clairement identifié sur une caméra.
Nymphadora sortit une autre photo où l'on identifiait l'homme aux côtés d'un jeune homme qui aujourd'hui était mort.
- Maintenant dit-moi tout et on allégera peut être ta peine. Tu risques jusqu'à la perpétuité Ding.
Une massue semblait s'être abattue sur le truand. Il posa sa tête entre ses mains. Il était foutu, il le savait.
- Si je parle, ils me tueront, vous ne savez pas qui sont ces gens. Ils sont riches, ils ont qu'à payer un gars et vous retrouverez mon cadavre dans la Tamise.
- Et en prison tu sais ce que tu risques ? Terry Boot 17 ans, Jordan Messio 16 ans, tous ces gamins sont mineurs et crois-moi, quelqu'un te fera la peau en prison. Si tu parles, je peux te faire bénéficier d'une protection.
- Vous me le jurez ? demanda l'homme qui semblait hésiter.
- Ai-je déjà dérogé à ma parole avec toi ? Si ce que tu nous donnes est assez gros. Si tu nous balances les noms, tu auras une peine allégée et après l'avoir purgé, tu bénéficieras de la protection des témoins. Tu pourras recommencer une vie ailleurs. N'est-ce pas l'occasion de devenir un homme honnête Ding ?
Tonks se pencha vers l'homme, ancrant son regard dans le sien. Fletcher soupira, but une gorgée de café et il capitula.
- Bien, j'vais tout vous dire, mais c'est du lourd ma p'tite dame. Du très lourd.
- Vas-y Ding, j'ai tout mon temps et on est enregistré.
Tonks lui accorda un charmant sourire et commença à boire son café, tandis que Fletcher commença à parler.
- Ces gens sont riches com' je vous disais. Ce qu'ils veulent se sont des jeunes, bien souvent des p'tit gars pour leurs petites soirées.
- As-tu déjà assisté à l'une de ces soirées ?
- Non jamais, c'est très sélect vous savez, ils font ça dans des manoirs à la campagne ou dans des appartements luxueux. Mais j'ai un gars qui m'a raconté ce qui s'y passait. On l'appelle Scabior, il travaille pour un type puissant et une fois il m'a payé pour que je l'accompagne pour choper un gars. J'voulais pas, mais vous savez il payait cher.
- Et comme tu as besoin d'argent, tu as accepté, je connais la chanson Ding.
- Ouai c'est ça. Bref, du coup il m'a raconté qu'un jour il devait récupérer l'un des gars qui était mort pour faire disparaître le corps. C'était une putain d'orgie. Il m'a raconté des détails qui rendraient malades une p'tite dame comme vous.
- Tu sais, j'ai vu pire Ding.
- J'en doute pas, mais là, c'était vraiment hard. Les p'tits gars étaient violés par des hommes et même des femmes. De ce qu'il m'a raconté, elles étaient les plus sadiques. Il m'a parlé d'une Bella, c'est elle qui aurait tué le p'tit Boot.
- Tu n'as pas mieux ?
- Non, Scabior est très secret, mais si vous le chopez, je pense qu'il pourra vous dire des noms.
- D'accord Ding, tu m'as tout dit ?
- Oui madame. Que va-t-il m'arriver ?
- Tu vas me donner toutes les informations que tu as pour trouver ce Scabior et ensuite, tu vas être incarcéré pour le moment Ding, mais sous protection. C'est le mieux que je puisse faire pour toi.
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Deux semaines plus tard.
Quand Harry se réveilla ce matin-là, c'était pour entendre le bruit des vagues frappant contre les rochers. Il s'étira avec paresse dans l'immense lit et se leva. La nouvelle habitude de son Maître était de partir faire du footing tous les matins, comme n'importe quel vacancier voulant profiter des alentours. Pour des raisons évidentes, Harry ne pouvait pas quitter la demeure, sauf pour se rendre sur la petite plage privée en contrebas. Cela ne le dérangeait pas, il se sentait en sécurité, hors d'atteinte et il en était heureux.
Depuis son retour, le jeune homme avait constaté que le Maître avait changé, il était doux, prévenant et prenait soin de lui. Certains matins, il rapportait des viennoiseries pour le petit déjeuner. Ils vivaient comme ces parfaits petits couples que l'on découvrait dans les romans et c'était tout ce qu'Harry avait toujours voulu. Il n'y avait que le Maître et lui, plus d'autres hommes, aucune soirée où il devait satisfaire les invités sous le regard envieux du Maître. Celui-ci le lui avait promis, il appartiendrait seulement au Maître. De ce qu'Harry avait compris, il était de toute façon devenu trop vieux pour ce genre de soirée, mais le Maître ne l'abandonnerait pas pour autant.
L'air marin et ce sentiment de plénitude l'avaient aidé à tourner la page, à oublier sa famille et tous les problèmes qu'il avait laissés derrière lui. Harry n'en voulait plus, tout ce qu'il désirait, c'était la simplicité, ne pas avoir à réfléchir et pouvoir vivre sans avoir peur de traverser une rue. Le Maître lui offrait tout cela.
Harry se leva donc et s'apprêta dans la salle de bain attenante à la chambre. Il mit un simple polo blanc et un pantalon en lin qui soulignait sa silhouette. Une fois prêt, il se rendit dans la cuisine et prépara le petit-déjeuner. Des œufs brouillés, des toasts, du bacon et du jus d'orange pressé. La table ronde de la véranda était bien garnie quand le Maître franchit le pas de la porte, dans ses vêtements de sport et dégoulinant de sueur. L'homme déposa un baiser sur les lèvres de son amant et il observa attentivement ses attentions avec un léger sourire. Tom s'installa à table et les deux hommes commencèrent à déjeuner.
- Il est bien dommage que tu ais fait trop cuire les œufs, commenta le Maître tout en observant la nourriture dans son assiette. Ce n'est pas grave, tu feras mieux la prochaine fois, ajouta-t-il tout en observant la mine peinée d'Harry.
- Oui Maître, je ferais bien plus attention, répondit Harry tout en baissant le menton, il prit de la nourriture dans sa fourchette et goûta les œufs qu'il trouvait pourtant très bon.
- Nous allons bientôt partir. Que dirais-tu d'un voyage à Dubaï ? Je sais, il y fait très chaud, mais nous pourrons y vivre plus librement et je pourrais continuer mes affaires sans avoir la crainte d'avoir les policiers sur mon dos. Tu en penses quoi ?
Ce n'était pas une proposition anodine de la part de Tom. Depuis qu'il avait trouvé un moyen de retrouver Harry, il ne pensait qu'à cela, leur fuite. Il était trop risqué pour lui de rester en Angleterre. Ainsi, il avait prévu de quitter le pays pour pouvoir continuer ses affaires ailleurs. Dubaï, qui était une ville dynamique, serait la prochaine étape de leur vie. Même si la Grande-Bretagne allait lui manquer, au moins, il pourrait y vivre, sans avoir à craindre qu'Harry l'abandonne de nouveau.
- C'est une très bonne idée Maître ! s'exclama Harry juste après que la question de Tom ait été formulée. Quand partons-nous ?
- Ton enthousiasme fait plaisir à voir mon Harry. J'ai encore quelques affaires à régler et ensuite nous pourrons partir vers notre nouvelle vie.
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Il avait fallu deux semaines pour attraper Scabior et le mettre dans une salle d'interrogatoire. Deux semaines, c'était long et Tonks se désolait d'avoir perdu autant de temps. Julius Scabior, une crapule de bas étage avec un casier long comme le bras. Elle n'était guère étonnée de le voir baigner dans une sordide affaire d'esclavage. Scabior était le genre de personne à accepter n'importe quoi, tant que cela payait bien.
- Julius Scabior, 33 ans, déclaré sans emploi, mais vu la montre que vous avez à votre poignée, je suis certaine que vous ne vous contentez pas de cette situation. N'est-ce pas ? Déclara Tonks tout en s'installant face à l'homme. Elle en était certaine, cet interrogatoire promettait d'être intéressant.
- Vous savez, le business, c'est le business, répondit-il sur un ton nonchalant.
- Pas quand des mineurs ont été tués. J'ai au moins assez de preuves pour te coffrer pour meurtre et recèle de cadavres. En creusant un peu plus, je pourrais même te faire condamner pour enlèvement et esclavagisme sur mineur. Vous en pensez quoi maintenant Scabior ?
- Hein quoi ? Non, mais j'vous jure que c'est pas moi. Moi on m'paye, je fais le taff pour lequel je suis payé, le reste ne me regarde pas.
- Et le petit Boot. Tu t'es débarrassé du corps n'est-ce pas ? Ne nie pas, je sais que c'est vrai.
L'homme la regardait d'un air étrange. Très rapidement, il avait cessé de jouer le jeu de celui qui n'avait rien fait. Nier lui était inutile, tout ce qu'il pouvait faire, c'était alléger sa peine.
- J'lai pas tué ! C'est pas moi. On m'a juste payé pour que je débarrasse le corps. J'ai pas eu l'choix.
- On a toujours le choix dans la vie Scabior et vous avez fait le mauvais de toute évidence. A vous de réparer dès maintenant vos erreurs.
- Si j'parle, ils vont m'tuer. Ils sont riches. Ils s'croivent tout permis ces gens-là.
- Si tu parles, nous te protégerons comme n'importe quel témoin et nous ferons en sorte que tu puisses avoir de bonnes conditions en…
La porte s'ouvrit brusquement, laissant entrer James Potter. Tonks le dévisagea, ne s'attendant pas à être interrompu par l'un de ses supérieurs. Bien souvent, elle faisait équipe avec Kingsley, mais parfois, quand un interrogatoire s'annonçait difficile, James Potter entrait dans la pièce, s'installait à ses côtés, observait l'interrogé et il restait silencieux. Toutefois, Tonks trouvait étonnant son implication dans cette enquête, pas alors qu'il mettait toute son énergie pour retrouver son fils, qui avait de nouveau disparu. Pas alors que Sirius venait de mourir et que le jeune Harry était la seule personne à pouvoir les guider sur son possible meurtrier.
- C'est du lourd, ce que tu as là. Commença James sur un ton nonchalant. Ses yeux étaient cernés, le rendant beaucoup plus sombre.
- En effet, Scabior comptait tout me raconter. N'est-ce pas Scabior.
Le prévenu ne quittait pas des yeux James Potter. Sa présence l'inquiétait. Il était terrifié. Ses mains menottées se mirent à trembler.
James haussa un sourcil, se demandant le pourquoi d'un tel comportement. Nymphadora continuait d'observer de façon oppressante Scabior. La tension était à son comble. Puis, en faisant preuve de la plus grande des lâchetés et en enfouissant ses mains devant son visage, il se mit à parler et à pleurnicher pathétiquement, pensant ainsi amadouer ceux qui allaient l'écouter.
- J'peux rien faire vous savez. Si j'obéis pas y'm'tue. Y se réunissent dans des châteaux, des appart luxueux pour leurs soirées. Tout c'qu'ils veulent, c'est des jeunes. C'est des sadiques j'vous jure. S'ils voient un jeune, qui leur plait, il leur faut. Comme Boot. Ils l'ont trouvé à la rue. Il avait fugué j'crois. Et ils l'ont drogué. J'l'ai transporté jusqu'au château et com' j'avais fait bien mon boulot, j'ai pu rester. C'est cette folle qui s'est occupée de Boot. Elle aime l'sang, mais c'est pas la pire. J'en ai dégobillé mes tripes après avoir vu c'qu'elle a fait au gosse.
- Des noms. On veut des noms Scabior, le coupa Nymphadora. Elle savait que le vaurien allait s'enliser dans ses explications. Elle avait compris ce qui se déroulait lors de ces soirées. Elle insisterait plus tard pour avoir plus de détails, mais là, ce qu'elle voulait, c'était des noms pour pouvoir arrêter une bonne fois pour toute, ces malades.
- Y vont'm'tuer, pleurnicha l'homme.
- Scabior, tu sais très bien que ça sera pire si tu ne parles pas. Pense à la prison à ton voisin de cellule s'il apprenait ce qui s'est passé.
Le regard de Nymphadora était perçant. Elle ne laissera pas le choix à l'homme.
- Bellatrix Lestrange, c'est elle la femme. Y a son mari et son beau-frère et tout plein d'gens friqués comme eux.
Nymphadora avait toujours été professionnelle, mais cette fois-ci, elle ne put masquer sa surprise et surtout le choc. Bellatrix Lestrange était la sœur de sa mère. Sa tante. Bien qu'elle ne la voyait jamais et que sa mère avait peu de contact avec celle-ci, elle demeurait sa tante. Tout en faisant un vacarme assourdissant en faisant racler sa chaise sur le sol, Nymphadora quitta la pièce, laissant James seul avec l'homme. Elle avait besoin de respirer.
James comprenait la réaction de la jeune femme. Il connaissait le lien entre Nymphadora et Bellatrix Lestrange. C'était un choc pour lui aussi, parce que cette horrible femme était également la cousine de Sirius. Il y avait quelque chose à creuser. Peut-être que tout était lié.
- Il n'y a pas que cette femme Scabior. Tu as parlé d'un autre qui venait avec son propre jeune homme, questionna James.
La porte s'ouvrit, laissant entrer Kingsley. Il avait dû croiser Nymphadora et il venait prendre le relai pour accompagner James. Scabior observa le nouveau venu et nerveux, il se tourna vers James.
- Y s'fait appeler Lord Voldemort, mais j'ai d'jà entendu son vrai nom, parce que la Lestrange elle est amoureuse de lui, mais il est pédé bien comme il faut. Y v'nait toujours avec son gars, un p'tit qu'on dit qu'il avait enlevé, mais l'gamin avait l'air bien consentant, commença Scabior.
- Le nom de cet homme Scabior, questionna Kingsley, il avait vite fait le rapprochement entre le surnom de l'homme et celui du ravisseur du jeune Harry.
James croisa le regard de Kingsley. Il craignait la suite. Il aurait voulu que l'homme se taise et pourtant il continua, avouant l'affreuse vérité.
- Son nom c'est Tom Jedusor et le gars qu'il am'nait, c'était votre fils m'sieur.
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Harry était heureux. L'espoir d'une nouvelle vie ailleurs se profilait et le jeune homme en était plus que ravie. En allant vivre à Dubaï, il allait pouvoir reprendre une vie normale, sortir, faire des activités et tout cela en étant auprès du Maître. D'ailleurs, selon les guides, Dubaï était l'un des endroits les plus sécurisés au monde, ainsi, dans cette nouvelle ville, il serait en sécurité et il n'aurait pu à craindre de son prochain. Harry était serein, comme jamais il ne l'avait été. Même la pensée de ses proches ne lui procurait plus autant de tristesse. Il savait qu'ils étaient en bonne santé, qu'ils menaient leur propre vie. Il avait essayé et ne pouvait pas reprendre sa vie d'avant, désormais, sa vie, c'était le Maître et personne d'autre.
Le Maître venait de lui faire l'amour. Dans ses bras, son corps nu serrait contre le sien, Harry était apaisé. Un baiser vint se poser sur sa tempe. Cette tendresse ne faisait pas partie de leur vie commune par le passé, mais maintenant qu'elle s'était installée, Harry ne saurait s'en passer.
- Une fois à Dubaï, tu pourras aller à la salle de sport, ton manque d'activité commence à se voir, soupira Jedusor tout en caressant les cuisses moins fermes que par le passé de son amant.
- Tout ce qui vous plaira Maître, vous savez que j'aime faire de l'exercice, répondit Harry qui avait été étonné face à la remarque de l'homme. Jamais son Maître n'avait sous-entendu que son corps puisse lui déplaire. Rapidement il chassa cette pensée, face à la prochaine remarque du Maître
- Et tu n'en profiteras pas pour aguicher les autres hommes, susurra Jedusor qui venait de lui prendre fermement son menton. Tu es à moi, rien qu'à moi.
- Mais, jamais je n'oserai Maître vous le savez, implora Harry qui n'aimait pas la tournure que prenait cette conversation.
- Peut-être, mais tu l'as déjà fait en te comportant comme une catin avec ce Malfoy. Je pardonne Harry, mais je n'oublie pas. Une fois à Dubaï, tu auras un garde du corps, ainsi je m'assurerai que personne ne pose jamais la main sur toi.
Jedusor relâcha son menton et se détourna d'Harry. Le jeune homme savait qu'il avait fauté et pourtant, il avait tellement espéré s'être racheté auprès du Maître durant ces deux dernières semaines. Il s'était trompé, il allait devoir redoubler d'efforts pour le satisfaire et ainsi se faire pardonner.
- Je ne veux personne d'autre que vous Maître, commença Harry tout en collant son corps contre celui de l'homme. Sa main glissa sur la cuisse du Maître et alla rejoindre son sexe, qu'il se mit à caresser. C'est vous que j'aime.
L'homme posa un regard sur son amant, l'observant attentivement avec ses yeux ténébreux, puis il lui accorda un charmant sourire.
- Décidément Harry, je ne peux me passer de toi. Regarde dans quel état tu me mets, alors que je viens seulement de te prendre.
Jedusor bascula Harry sur le dos et le surplomba de toute sa hauteur, frottant son pénis contre celui du jeune homme. Harry se permit enfin de sourire et les premières caresses du Maître le firent gémir. Des lèvres impérieuses s'emparèrent des siennes et Harry répondit au baiser avec avidité. Le jeune homme se sentait bien et ne fit même pas attention au téléphone portable du Maître qui était en train de sonner. Jedusor l'ignora également. Une fois. Deux fois. Au bout de la troisième fois, il abandonna son jeune amant pour répondre à l'importun qui osait le déranger. Macnair. En quelques secondes, il était debout, s'éloignant du lit et il décrocha.
- Comment oses-tu me déranger à une telle heure ? s'exclama Jedusor.
- Monsieur, je ne pouvais faire autrement, les flics, ils ont Scabior. C'est ce rat de Fletcher qui l'aurait balancé.
- Tu sais ce qu'il te reste à faire. Je te contacterai dès que je serais où tu sais.
- Bien monsieur.
Jedusor raccrocha. Les minutes étaient comptées. Ses yeux se posèrent sur Harry qui le dévisageait. Tout n'était pas encore prêt, mais l'essentiel l'était.
- Harry habille toi et prépare quelques affaires. Nous partons dès maintenant.
Surpris, le jeune homme écarquilla les yeux, mais machinalement il obéit et commença à s'habiller. Le Maître faisait de même et il sortit une valise du dressing.
- Maître que se passe-t-il ? questionna tout de même Harry, alors qu'il remplissait un sac de ses effets personnels.
- Ton père arrive Harry et il va vouloir nous séparer et te conduire à Sainte Mangouste, nous devons partir.
Harry acquiesça et un quart d'heure après l'appel de Macnair, la berline sombre de Tom Jedusor quittait la ville de Brighton.
A suivre...
