RÉSUMÉ : Après la guerre, Fred et George décident d'engager Hermione, fatiguée et perdue, chez Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux. Hermione, qui n'y voyait qu'un moyen de faire une pause dans sa vie, ne pouvait pas imaginer qu'elle trouverait l'amour dans une boutique aussi incroyable que magique.

N/A : Bonjour à tous et bienvenue sur cette nouvelle histoire qui comportera 26 chapitres. J'espère pouvoir publier assez régulièrement. Les chapitres sont prérédigés, mais il y a encore beaucoup de travail et j'espère avoir le temps de publier assez régulièrement pour la finir le plus rapidement possible.

Quelques petites choses au sujet de cette histoire :

1°) C'est une histoire fluffy, mais qui parlera légèrement des traumatismes de guerre. Mais dans l'ensemble, ça reste une fiction aussi sucrée et douce qu'une Chocogrenouille, qui parlera d'un couple que j'adore et sur lequel je vois trop peu de fictions : Hermione & Fred ou FREMIONE. Pas besoin de chercher de la cohérence, le but de cette histoire est vraiment de passer un bon moment, comme si vous étiez au magasin de Fred & George ;

2°) Fred n'est évidemment pas mort pendant la guerre, sinon cette histoire n'aurait pas d'intérêt, mais le reste est plutôt semblable au livre ;

3°) Les points de vue seront différents, comme j'ai l'habitude de le faire dans mes autres histoires. Il y aura une majorité de points de vue Hermione, qui est ma véritable inspiration pour cette histoire, mais vous retrouverez également quelques membres de la famille Weasley et Harry. L'histoire se focalisera presque exclusivement sur Hermione & Fred, mais George aura également une importance dans l'histoire...

4°) C'est une histoire "de A à Z" ce qui signifie qu'il y aura, à chaque chapitre, une lettre de l'alphabet à l'honneur. J'espère que ça vous plaira, n'hésitez pas à me dire ce que vous imaginez pour les chapitres qui suivront et le mot qui sera utilisé.

Pour ceux qui vont me poser la question, j'ai repris l'écriture de Pour l'amour d'un filleul. J'ai simplement eu un problème informatique et perdu une majorité de mes recherches/avancées... J'ai donc dû tout recommencer et c'est difficile. Mais je promets de terminer l'histoire, simplement je veux m'avancer au maximum pour ne plus vous faire attendre et je pense la reprendre au mois de janvier !

J'en profite pour faire un coucou à deux amies qui me sont chères, AliceCullen0027 et NemoBuck. Je vous conseille d'aller lire leurs histoires qui sont super !

Et je tiens également à remercier toutes les personnes qui liront cette histoire et donneront une chance à l'histoire de Fred & Hermione.

Cette histoire se trouve également sur Wattpad : luxcie28.


A – AVENIR

Avenir – Situation, sort de quelqu'un dans le temps à venir, évolution, destinée de quelque chose

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19 AOÛT 1998 – LE TERRIER

ACCUMULATION DE SORCELLERIE PARTICULIÈREMENT INTENSIVE ET CONTRAIGNANTE

Le candidat est admis s'il obtient l'une des notes suivantes : Optimal (O), Effort exceptionnel (E), Acceptable (A)

Le candidat est recalé s'il obtient les notes suivantes : Piètre (P), Désolant (D), Troll (T)

HERMIONE JEAN GRANGER A OBTENU :

Arithmancie : O

Astronomie : O

Botanique : O

Défense contre les forces du mal : O

Histoire de la Magie : E

Métamorphose : O

Potions : O

Runes anciennes : O

Sortilèges : O

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Miss Granger,

C'est avec émotion et fierté que je vous transmets vos résultats aux A.S.P.I.C.

Malgré cette année difficile, lors de laquelle vous avez une fois de plus montré votre détermination, votre talent et votre courage de Gryffondor, je suis enchantée de vous informer que vous avez obtenu les meilleurs résultats depuis un siècle et demi.

Je n'ai pas de mots pour exprimer ma satisfaction.

J'ai eu le plaisir de vous avoir comme élève, vous avez toujours fait preuve de grandes qualités intellectuelles, mais aussi humaines. Vous avez réussi au-delà de mes espérances les plus grandes et je suis persuadée que le professeur Dumbledore aurait également été fier de vous avoir eu, à la fois dans son école, mais également dans l'Ordre du Phénix.

Je me permets de vous souhaiter le meilleur pour votre avenir. Vous êtes une sorcière étonnante, intelligente et le monde s'ouvre à présent à vous.

Minerva McGonagall

Directrice de l'école de sorcellerie Poudlard.

.

– Alors ? demanda Harry en trépignant d'impatience.

– Qu'est-ce que ça dit ? Hermione ? insista Ron avant de soupirer en voyant qu'elle ne bougeait pas.

Il prit le parchemin (contenant les résultats) des mains d'une Hermione figée de stupéfaction.

– Waouh ! s'écria le roux en écarquillant les yeux à son tour.

– Qu'est-ce que ça donne ? demanda de nouveau Harry en se penchant par-dessus l'épaule de Ron. Huit O et un Effort Exceptionnel !

Neuf A.S.P.I.C. !? s'exclama Molly en attrapant à son tour le parchemin. Hermione, ma chérie, félicitations ! Nous sommes tellement fiers de toi !

Hermione, elle, continuait de fixer la lettre du professeur McGonagall. Elle ne savait pas comment réagir à une telle annonce, alors elle la donna à Ron et Harry face à elle. Parce qu'ils avaient toujours su réagir de la bonne manière (pas tout le monde, mais la plupart du temps) et la soutenir dans chaque moment de sa vie (à leur manière). Elle voulait que ce soit eux qui la lisent en premier.

– Les meilleurs résultats depuis un siècle, siffla Harry les yeux ronds comme des Gallions après avoir lu la lettre.

– McGonagall ne tarit pas d'éloges à ton sujet, en tout cas, enchaîna Ginny qui s'était glissée devant Harry pour lire la lettre à son tour.

– Hermione... dit alors Ron d'un ton grave et sérieux.

Hermione croisa le regard bleu de son meilleur ami en se demandant ce qu'il avait, avant qu'un sourire en coin malicieux n'étire son visage.

– Tu es déçue ?

Hermione éclata de rire. Parce qu'elle se souvenait parfaitement que Ron lui avait posé la même question, il y a deux ans, quand elle avait reçu ses résultats de B.U.S.E.

Elle était à la même place ; au Terrier, entourée des Weasley et de Harry, qui semblaient tous ravis pour elle.

Tout était pareil. Tout était pareil, sauf que tout avait changé.

Hermione n'était plus la même qu'il y a deux ans. Elle n'était plus cette adolescente de seize ans, déçue d'avoir eu un Effort exceptionnel à ses B.U.S.E au lieu du Optimal tant attendu. Elle ne savait même pas comment elle avait pu, un jour, être déçue par une note.

Elle comprenait, évidemment, son "elle" d'il y a deux ans... mais tout cela lui semblait tant inconcevable.

En un an, sa vie avait définitivement basculé ; dans la guerre. Elle avait été traquée à cause de son sang et de son amitié avec Harry, elle avait été torturée, elle avait vu la mort. Qui, après cela, pouvait être déçue d'une note ?

"Les meilleurs résultats depuis un siècle et demi", lut George en plissant les yeux, pourquoi McGo te dit ça ?

– Elle veut simplement me dire que je n'ai pas battu Dumbledore, mais que j'ai eu de meilleurs résultats que V-Voldemort, indiqua fièrement Hermione en souriant légèrement les joues roses.

– Dans sa face de serpent ! s'écria Fred en levant son poing en signe de victoire, sous les rires de la famille Weasley.

– Je pense qu'on pourrait faire une annonce dans la Gazette, dit Harry d'un ton sérieux qui fit stopper les rires des jumeaux.

– Tu détestes la Gazette, remarqua Ginny précautionneusement comme si elle n'était pas sûre que Harry ait pu dire une telle chose.

– Je peux faire une exception pour Hermione, affirma Harry en souriant largement. Une née-moldue qui bat Voldemort et tous les sangs-purs de la génération, il y a de quoi être fier, non ?

Hermione rosit et se leva un peu gauchement pour prendre ses deux meilleurs amis dans ses bras. Il était loin le temps où elle se contentait de leur serrer la main. Ils avaient vécu tant de choses tous les trois, cette année passée, et leurs liens en avaient été définitivement chamboulés.

Elle-même n'avait plus vraiment su où ils en étaient, après la victoire finale, avant tout redevienne presque comme avant, quelques semaines après la Bataille. L'euphorie de la victoire, l'adrénaline du combat et la peur avaient laissé place à la routine habituelle et Hermione avait retrouvé avec joie ses deux meilleurs amis, ses frères, rassurée de voir que rien n'avait changé entre eux.

Ils avaient longuement discuté avec Ron, de leur baiser, de leur attirance commune. Elle avait été là pendant des années, c'était évident. Mais il s'était passé trop de choses. Le Ron dont elle était tombée amoureuse n'était plus le même aujourd'hui, tout comme elle n'était plus la même. Ils avaient grandi, mais trop pour espérer construire quelque chose.

Heureusement, ils avaient été sur la même longueur d'onde et c'était avec un câlin fraternel qu'ils avaient conclu leur brève relation. Ce qui était pour le mieux.

– Il faut fêter ça ! affirma finalement Fred en lançant un clin d'œil à Hermione.

Molly hocha la tête en signe d'accord.

– Bravo Hermione, dit alors Arthur en se levant et en posant une main sur son épaule, les yeux presque humides. Tu as un bel avenir devant toi.

Hermione sourit largement. Elle adorait Molly et Arthur et voir qu'ils étaient presque aussi fiers que s'ils avaient été ses parents la touchait énormément. Elle avait besoin de ce soutien et les Weasley le lui avait toujours apporté.

– Qu'est-ce que tu comptes faire à présent ? s'enquit Ginny plus sérieusement.

– Je ne sais pas, souffla Hermione en baissant la tête.

Elle avait passé les trois mois suivant la Bataille Finale à travailler pour passer ses A.S.P.I.C.

Hermione se souvenait encore de la réunion qui avait été organisée par le professeur McGonagall quelques jours après la victoire de Harry sur Voldemort. Elle les avait informés qu'une session de rattrapage serait organisée à la fin du mois d'août, afin de permettre aux étudiants de passer dans l'année supérieure et/ou d'obtenir leurs examens finaux.

Travailler avait aidé Hermione à surmonter les semaines difficiles qui avaient suivi la guerre. Elle se souvenait s'être enfermée de longues heures dans sa chambre du Terrier (la bibliothèque de Poudlard étant en complète rénovation à la suite de la Bataille), travaillant sans relâche pour oublier, étudiant tard le soir pour être certaine d'avoir ses examens et de ne pas retourner à Poudlard.

Elle avait voulu avancer et elle était fière d'y être arrivée.

Ginny avait suivi Hermione et était brillement passée en septième année, qu'elle effectuerait à Poudlard accompagnée de Harry. Il n'avait pas été difficile de convaincre ce dernier de retourner à l'école de sorcellerie, malgré la proposition d'entrer dans le corps des Aurors qui lui avait été faite.

En réalité, tous les adolescents qui s'étaient battus contre Voldemort avaient reçu des propositions de postes, sans même avoir de diplôme. Harry avait tout refusé, s'autorisant une année paisible avec Ginny.

Ron, lui, avait sauté l'occasion pour ne pas avoir à passer ses A.S.P.I.C.

Mais Hermione, au contraire de ses meilleurs amis, était remplie de doutes.

– Tu ne veux pas venir avec moi ? demanda Ron avec espoir.

– Non, une carrière de médicomage ne me tente vraiment pas, assura Hermione en retenant sa grimace de dégoût.

Ron débutait à la rentrée son apprentissage pour devenir médicomage, ce qui avait surpris de nombreux Weasley. Mais tout le monde avait été à la fois fier et encourageant. Les études de médicomage étaient longues et difficiles, mais Ron était prêt à tout donner et le voir aussi passionné faisait du bien.

La famille Weasley était persuadée que Ron avait choisi cette voie parce qu'il avait sauvé Fred d'une mort certaine. Le roux avait sauvé la vie de Fred après l'explosion, lui appliquant les gestes de premiers secours (appris grâce à Hermione au cours de leur cavale).

En réalité, seuls Harry et Hermione connaissaient la vraie raison de son choix. C'était la vision de Hermione, torturée par Bellatrix, presque morte, qui hantait ses nuits. C'était le fait qu'il n'ait rien pu faire pour la soulager, devant la regarder souffrir, complètement impuissant.

Mais c'était aussi tous les blessés que Ron avait vu après la bataille finale qu'il n'avait pas pu sauver... C'était une Lavande qui était morte dans ses bras, après avoir été mordue par un loup-garou. Ron avait voulu changer les choses et s'assurer de pouvoir sauver la prochaine personne qu'il verrait, même si cela signifiait redoubler d'efforts et d'études (et travailler deux fois plus pour rattraper son retard en Potions).

– Tu as pourtant reçu des propositions, supposa Arthur.

– Des tas, admit Hermione en haussant les épaules. Mais j'avoue que je ne sais pas quoi choisir. Je ne sais pas ce que je veux faire, je ne sais pas ce que je veux, tout court. Et puis, pour le moment, je n'ai pas envie de reprendre d'études.

Harry s'étouffa avec son jus de citrouille. Fred interrompit sa conversation avec George pour fixer Hermione, bouche-bée, alors que Ron levait les yeux au ciel comme s'il avait déjà eu cette conversation des millions de fois.

– Tu sais qu'au Ministère tu n'as pas d'études à faire à proprement parler, remarqua Ron. On en a déjà parlé.

– Tu ne voulais pas changer les choses pour les elfes de maison ? intervint Arthur. Tu pourrais être engagée au sein du Département de Régulation des Créatures Magiques. Comme le dit Ron, il n'y a pas vraiment besoin d'études pour y être engagé.

– Je le sais bien, dit Hermione en souriant difficilement aux Weasley. Mais je ne sais pas... Je n'ai pas envie de m'enfermer quelque part... Je suis juste perdue sur...

La voix de Hermione se brisa. Ses meilleurs amis firent un pas pour la soutenir, mais elle fit un signe de la main pour dire que tout allait bien.

– Excusez-moi.

Hermione s'éclipsa si rapidement dans le jardin que personne n'eut le temps de la retenir. Elle marcha d'un pas vif en direction du terrain de Quidditch qu'elle savait assez éloigné, en retenant difficilement ses larmes.

Marcher lui faisait toujours un bien fou. Sentir le vent sur ses joues, pouvoir enfin respirer, être libre d'aller où elle voulait. Elle en avait été privée pendant une année, toujours à se cacher, à transplaner sous la cape d'invisibilité de Harry, à rester dans le périmètre de sécurité de la tente, à sentir son cœur tomber dans sa poitrine dès qu'elle entendait quelqu'un parler à côté d'eux, par crainte que les Mangemorts ne les ait retrouvés...

Elle sentit une main se poser sur son épaule et, d'un geste vif, elle sortit sa baguette pour la pointer sur la personne inconnue.

– Du calme ! C'est juste ton humble serviteur ! s'écria Fred en levant ses mains en signe d'apaisement.

– Oh, excuse-moi Fred, souffla Hermione en ne pouvant retenir son frisson de peur.

– Tu vas bien ? demanda le roux en fronçant les sourcils.

Hermione ne répondit pas, tournant son regard sur le terrain de Quidditch des Weasley. Elle venait presque d'agresser Fred. Comment pouvait-elle reprendre un travail normal après ce qu'elle avait vécu ? Les traumatismes étaient trop présents, elle en était sûre. Il lui fallait du temps pour se poser, pour se reconstruire. Et ça ne passait pas par le travail, aussi fou que cela puisse lui paraître.

– Ce n'est pas grave, dit gentiment Fred.

– Ça l'est, dit Hermione un peu sèchement, agacée devant tant de candeur. Bien sûr que ça l'est, dit-elle d'un ton plus doux en voyant le mouvement de recul de Fred. Je suis tout le temps sur le qui-vive. J'aurai pu vraiment te faire mal. Ça fait presque quatre mois depuis... Tout ça. Et j'ai encore l'impression qu'un Mangemort va surgir du buisson pour m'attaquer.

Hermione ne savait pas vraiment pourquoi elle expliquait ça à Fred, alors qu'elle n'en avait parlé à personne. Tout le monde avait des traumatismes et elle n'avait voulu embêter personne avec ça.

Elle voyait encore Harry porter la main à sa cicatrice, comme un automatisme... Elle voyait Ron se tourner brusquement vers Harry en lui demandant si tout allait bien, avec urgence, avec peur... Avant que Harry ne les rassure.

Elle voyait Ron qui avait le regard plongé dans le vide, jouant avec son Déluminateur, comme revoyant tout ce qu'il s'était passé pendant qu'ils étaient recherchés, enfermés chez les Malefoy...

– Après tout ce que vous avez vécu, ce n'est pas étonnant, dit Fred d'un ton inquiet.

Hermione eut envie de lui dire qu'il n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle avait vécu, mais elle ne le pouvait pas. Elle savait que Bill et Fleur avaient gardé le secret ; les Weasley savaient simplement qu'ils s'étaient réfugiés à la Chaumière aux Coquillages pendant quelques jours, mais personne ne savait vraiment pourquoi. Personne ne savait que Ron avait déserté et personne ne savait qu'elle avait été torturée par Bellatrix.

– Tu vas surmonter tout ça, Hermione.

La jeune fille haussa les épaules, sans savoir quoi lui répondre.

– On ira tous mieux et peut-être qu'un jour on en rigolera, assura Fred avec une telle conviction qu'elle eut envie de le croire.

Ils restèrent silencieux un long moment. Hermione sentait le regard de Fred sur elle, mais elle était incapable de le lui retourner.

Elle observait les arbres aux alentours, appréciant le soleil qui resplendissait, l'air paisible qu'il se dégageait du Terrier entier. Elle avait encore l'impression d'être dans un rêve, sortie de son cauchemar terrible et peinait à apprécier pleinement ses jours ici.

Mais elle avait de la chance, tellement de chance... Personne n'était mort dans son entourage proche.

Harry n'était pas mort ! Il leur avait tout raconté, à Ron et elle, évidemment, mais c'était si invraisemblable que Hermione avait dû enlacer Harry et le bombarder de questions pendant des heures pour être sûre qu'il soit bien réel. Et elle avait encore du mal à encaisser, comprendre que son meilleur ami était mort et était revenu à la vie. Comprendre que Voldemort avait été éliminé, qu'ils étaient libres, enfin...

– Donc, tu ne sais vraiment pas ce que tu vas faire ? demanda Fred d'un ton amusé. Je veux dire... La carrière au Ministère était toute tracée pour toi.

– Je le sais bien, dit Hermione en réussissant à grimacer un sourire. C'était sans doute ce que je voulais faire, avant tout ça. Mais tu sais, j'ai passé sept ans à travailler comme une folle... Pour quoi au final ? Il y a eu la guerre, V-Voldemort... Bien sûr que ça m'a été utile, mais j'aurai pu tellement... J'ai l'impression d'avoir gâché tellement de choses pour des cours alors que... On aurait pu mourir, Fred. Tellement de gens sont morts et... Je ne peux pas juste reprendre ma vie comme ça. Je ne sais pas où j'en suis, je suis fatiguée et...

Hermione soupira en se disant qu'elle se prenait vraiment la tête pour rien. Elle avait la chance d'être en vie et entourée et elle se plaignait parce qu'elle ne savait pas ce qu'elle voulait faire de sa vie !

Elle qui avait toujours eu son avenir tracé... Elle ne comprenait pas comment elle avait pu passer de cette étudiante prête à tout pour réussir, à cette jeune femme brisée, incapable de voir ce qui pourrait lui plaire... Prête rester couchée dans son lit et ne plus en sortir, parce que rien ne la passionnait assez.

– Si tu as besoin de réfléchir, pourquoi tu ne prends pas une année sabbatique ? proposa Fred sur le ton de l'évidence.

– Une année sabbatique ? répéta Hermione en posant ses yeux sur Fred, légèrement dubitative sur la proposition.

– Mais oui, tu te laisses une année pour réfléchir et voir ce que tu as vraiment envie de faire. Tu auras toujours autant de possibilités l'année prochaine. Voyage, fais quelque chose de complètement différent, étudie un autre pan de la magie, amuse-toi, quoi ! s'exclama Fred les yeux brillants d'envie.

Hermione était sûre que Fred aurait adoré faire une telle chose, s'il n'avait pas été à ce point passionné par la boutique. Elle n'avait jamais pensé à faire ça. Elle avait toujours pensé qu'à la sortie de Poudlard, elle trouverait un travail passionnant, dans lequel elle mettrait toute son énergie. Jamais elle n'avait pensé que rien ne lui donnerait envie, sans savoir dans quoi s'investir...

– C'est une bonne idée, reconnut-elle avec précaution n'étant pas sûre d'aimer l'idée d'être d'accord avec Fred. Tu sais que V-Voldemort a fait ça, lui aussi ? Qui sait... Je vais peut-être me convertir à la magie noire, ironisa-t-elle.

– Hermione Granger vient-elle de faire de l'humour ? demanda Fred d'un ton taquin, retenant difficilement son large sourire amusé. Surprenant.

– Mais je ne peux pas ne rien faire, geignit Hermione sans relever ce que le roux venait de dire. Il me faut un travail... Et puis voyager... Non, ce n'est pas ce qui me plairait je crois. Je pourrais trouver un travail à côté, dans l'attente de choisir quelque chose qui pourrait me plaire... Mais quoi ? Et puis le Ministère recrute quand même, je pourrais juste tenter et voir si ça pourrait me plaire.

Hermione se mordit la lèvre inférieure, complètement perdue sur le sort à suivre. Il lui fallait des Gallions, de toute façon. Elle devait trouver un travail ; mais elle avait peur de choisir un travail par dépit, au Ministère, et de ne pas s'y épanouir. Le risque étant qu'elle n'en ressorte jamais et y reste, par peur de se lancer dans une nouvelle aventure.

– Tu pourrais venir chez nous, dit alors Fred.

Hermione se tourna vers le roux en fronçant les sourcils, complètement perdue.

– Je suis déjà chez vous, indiqua-t-elle avec précaution, se demandant si Fred s'était fait frapper par un Cognard. Je te rappelle que je loge au Terrier parce que mes parents ne veulent plus me parler.

La première chose que Hermione avait fait les jours qui avaient suivi la Bataille Finale avait été de se rendre en Australie pour y récupérer ses parents. Ron avait accepté de l'accompagner et c'était là où ils s'étaient mis d'accord pour n'être que des amis.

Mais les retrouvailles avaient été un vrai fiasco. Elle leur avait rendu leurs souvenirs et ses parents avaient été tout simplement furieux. À la suite d'une longue dispute, ils avaient refusé de quitter l'Australie et n'adressaient plus la parole à Hermione.

Si elle n'avait jamais été très proche de ses parents, elle aurait voulu qu'ils comprennent pourquoi elle avait fait ça. Mais elle ne leur avait quasiment jamais parlé de la guerre, ils ne connaissaient pas le rôle qu'elle avait eu à jouer et le risque qu'ils auraient encouru si elle les avait laissés en Angleterre. Elle les avait protégés et elle ne s'en voudrait jamais pour ça. Mais ses parents lui manquaient quand même terriblement.

Heureusement, la famille Weasley avait chaleureusement accepté de l'accueillir et elle logeait à présent dans l'ancienne chambre des jumeaux, alors que Harry avait pris possession de la chambre de Bill.

– Je sais que tu habites ici, dit Fred en retenant son sourire moqueur, je te rappelle que tu dors dans mon lit.

– Ancien lit, corrigea Hermione sans pouvoir s'empêcher de rougir face à l'allusion, ce qui accentua automatiquement le sourire de Fred.

– Ce qui est étrange, maintenant que j'y pense. Pourquoi mon lit et pas celui de George... dit Fred en la regardant plus profondément, avec un sourire en coin qu'elle eut envie de lui faire ravaler.

– Parce que le tien était le seul qui était rangé, opposa-t-elle. Le lit de George était rempli d'un liquide visqueux et, je te le rappelle, quand ta mère a voulu nettoyer, elle a eu des cloques pendant deux jours et elle a failli vous tuer pour de bon. Votre chambre est un danger public !

– Notre chambre est parfaitement sécurisée ! s'horrifia Fred en portant sa main sur son cœur.

– Oui, à l'exception du télescope qui donne des coups de poing, répliqua immédiatement Hermione en le fusillant du regard.

– J'ai soigné ton œil au beurre noir, rappelant Fred en riant à gorge déployée, se souvenant sans doute de ce qu'il s'était passé il y a tout juste deux ans.

Hermione avait trop serré le télescope farceur et s'était retrouvé l'œil noir et douloureux, que même Molly n'avait pas réussi à soigner.

– Mais peu importe, dit alors Fred en revenant au sujet principal. Ce que je voulais dire c'est que, si tu ne sais pas quoi faire viens chez Farces pour Sorciers Facétieux.

Hermione leva brusquement la tête vers Fred (qui la dépassait d'une bonne tête). Elle s'approcha de lui et, sans pouvoir se retenir, leva sa main pour la poser sur le front du roux.

– Tu n'as pas de fièvre... marmonna Hermione les sourcils froncés. Peut-être que tu devrais aller voir ta mère. Tu ne sembles pas normal, Fred.

– Je sais parfaitement ce que je dis ! assura-t-il en souriant largement à présent.

– Mais tu es fou ? Moi ? Chez vous ? Je croyais que j'étais la "personne la moins drôle de Poudlard", mima-t-elle en prenant une fausse voix grave imitant à la perfection celle de Fred qui éclata de rire.

– Je pensais que tu me connaissais mieux que ça. Je suis fou. C'est comme ça qu'on a bâti notre succès avec George.

– Mais tu ne peux pas être sérieux ? dit Hermione en ricanant. Qu'est-ce que tu veux que je fasse chez Farces pour Sorciers Facétieux ?

– Je ne sais pas encore, admit Fred en haussant les épaules. Mais tu es douée, Hermione, tu pourrais nous aider sur certaines créations... Tu pourrais vraiment apporter un plus à la boutique. On a besoin d'une vendeuse depuis que Verity est partie. Tu verrais du monde, ça te ferait du bien !

– Du monde... répéta Hermione, complètement sous le choc de la proposition.

– Mais oui. Tu auras juste à tenir une caisse, faire des sourires. Tu pourras nous aider à côté et voir comment une boutique fonctionne, nous aider à tester les produits. Ça te permettrait de réfléchir pendant une année sur ce que tu veux faire et élargir ton domaine de compétences.

Hermione ne put retenir son sourire ironique.

– Tu as dit toi-même qu'on faisait de la belle magie !

Hermione hocha la tête, parce qu'elle en était persuadée. Même si les jumeaux l'avaient agacé à tester les produits sur les élèves lors de sa cinquième année, elle ne pouvait nier que les inventions étaient splendides, inventives et remplies de magie.

– Oui j'ai dit ça, reconnut Hermione, mais...

– Mais rien du tout ! coupa Fred, en sautillant presque de joie comme s'il était persuadé que c'était la meilleure idée qu'il ait eu de sa vie.

– Donc... Il faudrait juste que je vende vos inventions ? demanda Hermione un peu perdue par l'accumulation d'informations.

– Pas seulement. Je pense que tu ne sais pas vraiment comment marche une boutique, s'amusa Fred. Il faut vendre, il faut créer bien sûr, mais il y a aussi plein de choses à côté. On doit demander des autorisations, faire la comptabilité...

– D'accord, dit Hermione pour couper l'élan de Fred qui semblait parti pour parler pendant des heures. Mais George qu'est-ce qu'il en penserait ?

– Il va dire oui, affirma Fred d'un ton assuré, sans aucune hésitation.

Hermione fit une moue dubitative, peu convaincue par l'assurance du roux.

– Enfin, Fred... Tu n'es pas sérieux ! dit Hermione en riant. Je suis sans doute la personne la moins drôle du monde magique et je ne dis pas ça pour que tu me dises le contraire. Je te rappelle que je vous ai puni pour vos blagues, je vous ai retiré des points... j'ai même envoyé une lettre à votre mère quand vous avez laissé Montague dans l'armoire à disparaître.

– C'était toi !? glapit Fred en la fusillant du regard. On a toujours pensé que c'était Ginny !

– Bien sûr que c'était moi, rit Hermione en voyant son air offusqué. Je vous avais prévenu au début de l'année.

Fred semblait choqué, mais secoua la tête comme pour se remettre les idées en place.

– C'est du passé, assura Fred.

– Du passé, mais vous allez vous venger pour ça, comprit Hermione en levant les yeux au ciel.

– Bien sûr, mais que tu viennes à la boutique ou non n'y changera rien, ricana Fred. Donc c'est oui ?

– Je... Je ne sais pas... balbutia Hermione.

Elle ne comprenait pas vraiment comment elle en était venue à parler d'un avenir dans la boutique des jumeaux alors qu'il y a une heure elle était au fond du gouffre en se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir faire de sa vie et en voulant accepter un poste par dépit au sein du Ministère.

– Je peux y réfléchir ?

– Prends le temps qu'il te faut, mais je suis sûr que tu vas dire oui, dit Fred avec assurance. Après tout, nous sommes drôles, charmants et adorables. Qui ne voudrait pas travailler pour nous ?

Hermione se retint de lever les yeux au ciel quand il lui donna un petit coup de coude taquin dans les côtes.

– Allez viens, on rentre. Ma mère était prête à appeler les Aurors pour venir te chercher parce qu'elle avait peur qu'il t'arrive quelque chose.

Hermione regarda Fred d'un air horrifié. Elle ne voulait surtout pas que Molly la croit en danger. Pas après tout ce que les Weasley avaient fait pour elle.

– Nom d'une chouette ! s'exclama-t-elle. Il faut y retourner, sinon elle va penser que...

– Que tu avais besoin de réfléchir avec un homme beau, intelligent et drôle, oui c'est évident, compléta Fred, un air prétentieux sur le visage.

– Quel dommage que cet homme ne soit pas là alors, soupira faussement Hermione.

Fred porta la main à son cœur, choqué.

– Je suis outré par tes propos, Granger ! Je retire ma proposition.

– Je croyais que tu avais besoin d'une vendeuse. En fait, je comprends... Tu as besoin de moi, opposa Hermione en souriant fièrement.

– Si je te dis oui, tu acceptes sans te poser de questions ? demanda-t-il.

– Impossible. Comme tu l'as déjà dit, je suis Hermione Granger. Je suis obligée de me poser des questions avant de m'engager.

Fred sembla légèrement déçu, mais hocha simplement la tête avant de lui faire un signe de la main pour qu'elle avance en direction du Terrier.

Ils ne parlèrent pas pendant le trajet du retour, tous les deux perdus dans leurs pensées. Hermione ne se posait qu'une seule question ; allait-elle accepter la proposition, tentante, mais complètement folle, de Fred ?

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19 AOÛT 1998 – APPARTEMENT DE GRED ET FORGE

Fred posa les pieds sur la table basse du salon de l'appartement qu'il partageait avec George. Il attira d'un coup de baguette deux verres de l'Eau de Joie qu'ils venaient d'inventer.

C'était une Eau à base de fruits qui ne contenait aucun alcool, mais qui procurait les mêmes effets, sans les inconvénients. Ils avaient inventé plusieurs gammes ; l'Eau à la fraise procurait une sensation de bonheur, l'Eau de prune au contraire donnait du courage et celle à l'abricot détendait quiconque en buvait une goutte.

Ce n'était pas encore très au point, l'Eau de Joie avait encore tendance à les rendre très joyeux jusqu'au lendemain matin et George devait régler les dosages. Toutefois, Fred estima qu'ils en auraient besoin ce soir.

George haussa un sourcil en voyant son frère jumeau faire, mais il ne dit rien. Fred admirait toujours la capacité qu'avait son double à contenir ses émotions. Tout le monde les pensait semblables, mais il n'en était rien. Fred était toujours plus enjoué, presque trop, alors que George était mesuré, mais aussi plus réfléchi.

Ils se complétaient parfaitement. Le fait que personne ne sache les reconnaître faisait qu'ils pouvaient facilement jouer avec les autres sur leurs caractères et que personne ne semblait réellement les connaître au point de pouvoir dire qui était qui.

Aujourd'hui tout était différent, puisque George avait perdu son oreille. Mais les jumeaux avaient toujours les mêmes expressions, quoi qu'il arrive, bien qu'à l'intérieur ce n'était pas la même chose.

– Qu'est-ce qu'on fête ? s'enquit George en attrapant son verre avec suspicion.

– J'ai proposé le poste de vendeuse à Hermione, lâcha Fred qui ne pouvait pas contenir cette information plus longtemps.

George but son verre d'une traite sans hésiter, avant de fixer son jumeau, le regard interrogatif et impatient.

– Hermione Granger ? demanda George comme s'il n'était pas sûr de parler de la même personne. Comme la Hermione qui passe son temps à la bibliothèque et à nous menacer si on continue de l'ennuyer avec nos expériences ?

– Elle-même ! dit Fred avec un sourire en coin.

– J'espère qu'elle a dit oui.

Cette fois, ce fut Fred qui regarda son frère, bouche-bée. George étira ses lèvres en un sourire ironique, le même qu'avait eu Fred il y a quelques secondes. Ce qu'ils adoraient plus que tout était s'imiter jusqu'à être le reflet parfait l'un de l'autre. Combien de fois avaient-ils échangé leurs places ? Allant même jusqu'à le faire le jour des B.U.S.E...

– Tu serais prêt à dire oui ? comprit alors Fred en voyant que George semblait aussi emballé qu'il l'était.

– Bien sûr que oui ! s'écria George sur le ton de l'évidence. C'est une sorcière incroyable. Elle va pouvoir bien nous aider ; elle connaît un sacré paquet de sortilèges et je suis persuadé qu'elle pourra s'assurer qu'on ait bien toutes les autorisations nécessaires.

– C'est ce que j'ai pensé, confirma Fred. Tu as vu son sac de perle ? Impressionnant...

– Il faudra juste qu'elle se détende un peu, ajouta George, mais personne ne résiste au charme des Weasley, n'est-ce pas ?

– Bien entendu, confirma Fred avec un large sourire. Donc ça te va ?

– Je te suis sur ça. C'est la meilleure chose à faire.

Fred était soulagé que George ait accepté, mais pas surpris qu'il n'ait même pas cherché à argumenter. D'ordinaire, ils étaient tout le temps d'accord l'un avec l'autre et, s'il fallait parfois batailler, l'un et l'autre faisaient confiance à sa moitié pour prendre les meilleures décisions, surtout pour la boutique.

– Et puis... tu vas lui remonter le moral... ajouta George en haussant suggestivement ses sourcils en direction de Fred qui prit immédiatement une teinte pivoine.

– Je ne vois pas de quoi tu parles ! se défendit Fred en détournant son regard de son frère.

– Tu rigoles ? ricana George. Dès qu'elle est partie de la cuisine ce midi, tu t'es précipitée à sa suite pour aller la réconforter. Tu sais que Ginny m'a fait passer un vrai interrogatoire pour savoir si tu étais intéressé par Hermione ?

– C'est ridicule, dit Fred en haussant les épaules, je ne suis pas du tout intéressé par Hermione.

– Tu n'as eu personne depuis Angelina, remarqua simplement George. Je dis juste que vous seriez mignons tous les deux.

– Ça ne marchera jamais.

Fred s'assura d'avoir un ton assuré, mais George sentit immédiatement qu'il n'était pas sincère, puisque ce dernier sourit encore plus largement.

Fred devait reconnaître qu'il n'avait vraiment eu personne depuis Angelina, leur histoire avait été compliquée et s'était terminée assez difficilement, mais il n'avait encore rencontré personne qui lui donne envie de reprendre une histoire.

Les filles étaient trop compliquées. Et Hermione Granger était sans doute la fille la plus compliquée du monde sorcier. Sans parler du fait qu'elle était la meilleure amie de Ron et de Ginny et qu'ils la protégeraient à tout prix.

Fred savait, en outre, qu'il n'avait aucune chance. Hermione l'aimait bien, mais comme le frère de Ron, c'était tout. Elle détestait les blagues et il était persuadé qu'elle n'accepterait jamais la proposition.

– Les contraires s'attirent, opposa George.

– Et toi alors ? contre-attaqua Fred. Quand est-ce que tu comptes parler d'Adrian à la famille ?

George se rembrunit et Fred s'en voulu un peu d'avoir ramené cette histoire sur le devant de la cheminette, mais il le fallait. George sortait avec Adrian Pucey depuis si longtemps à présent. Et personne dans la famille n'en avait idée. Personne ne savait que George aimait les garçons pour commencer.

Fred adorait voir son frère heureux, mais il voyait qu'Adrian commençait à s'impatienter et que, si George ne bougeait pas son balai, il perdrait la seule autre personne qui pouvait le rendre heureux. Et Fred n'était pas prêt à entendre les jérémiades de son frère si son petit-ami décidait de le quitter.

– J'ai peur qu'ils ne l'acceptent pas... murmura George.

– Tu sais bien que ça ne sera pas le cas. Tout le monde s'en fiche. Par contre, maman va criser quand elle apprendra que tu sors avec lui depuis des années maintenant.

– Je ne sais pas si je pourrais en parler comme ça.

Fred soupira légèrement, parce qu'il était sûr que leur famille accepterait l'orientation sexuelle de George sans aucun problème. Mais que cette relation secrète durait depuis tellement longtemps qu'il était difficile de s'en sortir.

– Quand est-ce qu'il rentre de la Coupe de la Ligue ?

– Elle se termine en décembre, mais il passera de temps en temps je pense. Entre deux matchs.

– Propose-lui de venir au Terrier, alors, dit Fred en haussant les épaules. Comme ça tu mets tout le monde devant le fait accompli.

– Il va être effrayé, souffla George.

– Je crois, au contraire, qu'il n'attend que ça. Tu sais comment est Adrian, non ? Sa famille l'a abandonné et ça lui manque. Je suis ton jumeau et je dois juste te dire que tu fais n'importe quoi, remarqua Fred en plissant les yeux.

– Tu as peut-être raison, grimaça George avec difficulté.

Fred eut pitié en voyant que son frère semblait vraiment mal en point à l'idée de cacher une partie de sa vie à sa famille.

– Allez, viens, dit Fred en sautant sur ses pieds.

– Où ça ?

– On va créer quelque chose. Je dois te remonter le moral, c'est mon devoir de frère.

– Tu cherches surtout un moyen d'éviter de penser au fait que Hermione va nous dire non et que tu vas être triste de ne pas pouvoir la séduire à la boutique.

Fred lança un coussin dans la tête de son frère, qui l'évita en riant allègrement.

– Je t'ai déjà dit qu'il ne se passerait rien, bouda Fred.

– Tu sais, ça rentre par une oreille et ça ressort par une autre, dit George les yeux brillants.

– Tu n'as qu'une oreille, ça devrait rentrer pourtant.

Les jumeaux se sourirent et se levèrent d'un même mouvement.

– Il nous faut quelque chose pour accueillir Hermione quand elle aura accepté, dit Fred en souriant machiavéliquement.

– Ce n'est pas le meilleur moyen de séduire la fille de tes rêves, opposa George.

– Je dois te rappeler comment tu as mis Adrian dans ton lit ? Hermione ne doit pas être plus difficile, répliqua sèchement Fred, avant de se rendre compte de ce qu'il venait de dire, confirmant presque que son jumeau avait raison.

Les yeux de George s'écarquillèrent, avant qu'un grand sourire prétentieux n'étire ses lèvres.

– Je l'avais dit.

– Ce n'est pas ce que je voulais dire. C'est ta faute ! Tu m'as mis tout ça dans la tête et... Hermione ne m'intéresse même pas !

– Bien sûr, chantonna George les yeux brillants. Et donc, pourquoi tu veux l'accueillir avec une blague ?

– C'est elle qui nous a dénoncé à maman pour Montague.

Le sourire de George se fit alors beaucoup plus machiavélique, Fred voyant qu'il cherchait des milliers d'idées pour se venger.

– Ça va être amusant. J'espère vraiment qu'elle dira oui, souffla George.

– Et moi donc.

Fred décida de ne pas relever le regard amusé de George sur lui et descendit dans la salle de création, prêt à trouver la meilleure vengeance possible. Mais qui ne soit pas trop méchante. Il ne voulait surtout pas que Hermione Granger se venge à son tour. Elle pouvait être terrifiante quand elle le voulait.

– J'ai toujours imaginé Hermione rousse, dit alors George, faisant éclater Fred de rire.

– Elle va pouvoir tester les colorations poudres, renchérit Fred les yeux brillants de malice.

"Colopoudre ; saupoudre ton ami pour attirer ses foudres", dirent les jumeaux d'une même voix en se tapant dans la main.

.

21 AOÛT 1998 – LE TERRIER

Hermione tournait et virait dans sa chambre du Terrier. Elle venait d'apprendre que Molly avait invité les jumeaux à dîner et ils devaient arriver d'une minute à l'autre. L'heure du choix approchait et Hermione était encore rongée par le doute.

Elle n'avait pour le moment parlé à personne de la proposition de Fred, parce qu'elle savait que le choix n'appartenait qu'à elle. Si elle en avait parlé, elle aurait été polluée par leurs différents avis et ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle voulait décider pour elle-même, elle voulait que, quand elle leur dirait sa réponse, ce soit une réponse assurée et franche, une réponse qui vienne du cœur et qu'elle ne regretterait pas, par la suite.

Le problème étant qu'elle ne savait vraiment pas ce qu'elle allait leur dire.

Cinq jours qu'elle retournait le problème dans sa tête et elle n'avait trouvé qu'un moyen de décider : faire une liste. Tous les proches de Hermione savaient qu'elle était une accro aux listes. Dès qu'elle avait un problème, elle listait les pour et les contre, elle faisait des plannings très détaillés, par semaine, mois et même année pour être certaine de ne rien oublier. Et, aujourd'hui encore, sa liste lui avait été utile. Comme une vieille amie qu'elle avait pris plaisir à retrouver.

Elle attrapa le bout de parchemin qu'elle avait rédigé le matin.

- TRAVAILLER CHEZ LES JUMEAUX -

POUR :

- ça me changera les idées

- apprendre de nouvelles choses : tenir une boutique, améliorer mes techniques de sortilèges/potions pour les créations

- me permet de faire une pause pour réfléchir à mon avenir

- travail qui semble assez challengeant pour que j'y trouve un intérêt

- travailler dans la bonne humeur, avec des personnes que je pense apprécier

CONTRE :

- risqué : n'oublie pas le télescope farceur et qui sait ce qu'ils te réservent pour fêter ton arrivée

- je ne suis pas drôle !

- je manque de sens de l'humour

- ennui ?

Hermione soupira. Elle avait l'impression de ne pas être plus avancé à ce stade. Elle ne savait même pas précisément en quoi consistait le job. Mais elle avait quand même souligné la raison principale qui pourrait la pousser à accepter "ça me changera les idées". Et, après tout, n'était-ce pas ce qu'elle avait voulu ?

Pouvoir se remettre de la guerre, prendre du temps pour soi et attendre avant de se lancer dans le monde du travail. Travailler chez les Weasley lui permettrait tout ça. Les inconvénients n'en étaient finalement pas. Elle savait ce qui l'attendait.

Fred l'avait prévenu : elle devrait sans doute tester des produits et les jumeaux ne se gêneraient pas pour le faire. Elle n'avait pas le sens de l'humour, très bien, mais est-ce que ça l'empêchait de gérer une comptabilité et d'accueillir des clients ?

Tout convergeait pour qu'elle accepte ce travail.

– Qu'est-ce que tu en penses toi ? demanda Hermione en se tournant vers Pattenrond.

Ce dernier miaula simplement, comme pour confirmer. Hermione contracta sa mâchoire. Elle savait qu'elle avait surtout peur d'accepter, en réalité. Parce que ce n'était pas ce qu'elle avait prévu. Ce n'était pas ça qu'elle avait imaginé au sortir de Poudlard. Mais était-ce mal ?

Elle qui se plaignait d'avoir manqué des choses dans la vie, si elle voulait s'amuser et avancer, les jumeaux étaient le bon moyen de le faire. Ils étaient drôles, passionnés, passionnants et simulant intellectuellement, elle le savait déjà pour les avoir côtoyé pendant plusieurs années.

– Hermione ! appela Molly du bas du Terrier.

Le cœur de Hermione fit un bon. Elle se releva brusquement, comme si elle s'était assise sur des salamandres. Elle n'avait pas encore pris sa décision, mais il était temps d'y aller. Elle verrait bien, de toute façon. Peut-être que George avait refusé l'idée et qu'elle serait déçue au final ou que...

– Allez, j'y vais, marmonna Hermione en secouant la tête.

Elle lissa son jean moldu et se prépara à affronter les jumeaux. Depuis la guerre, elle n'avait que peu remis de capes sorcières. Après la Bataille Finale, elle s'était retrouvé avec les vêtements qu'elle avait mis lors de l'année passée (ayant vendu ses anciens vêtements avant d'oublietter ses parents). Elle avait alors entraîné Ginny faire les magasins moldus pour renouveler sa garde-robe et n'avait pour le moment remis sa robe sorcière que pour passer ses examens à Poudlard.

Hermione descendit les escaliers, le cœur battant à tout rompre, en ayant l'impression que chaque pas qu'elle faisait la rapprochait de son choix décisif. Comme si cette simple décision avait le pouvoir de modifier l'intégralité de sa vie. Ce qui était stupide, si elle y réfléchissait bien, puisqu'il ne s'agissait qu'un poste de un an et que, qu'elle l'accepte ou non, sa vie ne changerait pas du tout au tout.

Elle sortit dans le jardin et ne put s'empêcher de sourire en voyant la scène qui se déroulait sous ses yeux.

Bill et Ron s'affrontaient dans une partie d'échecs sur une petite table de jardin, à l'écart des autres. Charlie qui repartait en Roumanie à la fin de la semaine discutait avec Arthur et Percy, sans doute d'une éventuelle importation de dragons et de l'accord nécessaire du Ministère.

Ginny et Harry se lançaient un Souaffle en riant. Hermione était heureuse de savoir que ses deux amis s'étaient enfin réconcilié et étaient de nouveau en couple. Cela n'avait pas été de tout repos, Ginny ayant tout fait pour repousser Harry qui avait dû redoubler d'efforts pour la convaincre d'accepter son pardon. Le fait que Harry ait interdit à Ginny de se battre avait été un grief important, mais après une dispute qui avait duré pendant plus d'une heure, à coup de hurlements et de sorts lancés par Ginny, cette dernière avait fini par consentir à un repas avec Harry. Le lendemain, ils étaient arrivés main dans la main comme si rien de tout cela n'était jamais arrivé. Bill avait bien tenté de faire une remarque, mais Ginny lui avait envoyé un sort bien senti et plus personne n'avait discuté de la "dispute Hinny".

Molly était installée à table, avec Fleur, discutant comme deux vieilles amies. Il était amusant de voir que, malgré les dissensions qui avaient existé entre elles deux, la guerre les avait rapprochés plus que jamais. Molly observait parfois ses enfants avec une fierté et un soulagement palpables : toute sa famille était en vie et c'était tout ce qui comptait.

Hermione vit enfin les jumeaux qui discutaient un peu à l'écart de façon animée. Pourtant, quand elle fit un pas dans le jardin, Fred tourna immédiatement sa tête vers elle comme s'il l'avait entendu arriver. Le visage de Fred s'éclaira et elle fut touchée en comprenant qu'il était réellement heureux de la voir. George tourna sa tête à son tour et lui sourit plus sobrement, mais de façon toute aussi sincère.

Elle s'approcha courageusement vers eux, sans voir les regards intrigués de Harry et de Ron sur elle.

– Granger, dit George en lui touchant l'épaule d'un geste fraternel. Tu es resplendissante, ma chère.

– Merci George, tu n'es pas mal non plus, rit Hermione en désignant le bandana magenta qui entourait la tête du roux et cachait son oreille coupée.

– C'est la nouvelle mode à Paris, ironisa George.

Fred sembla hésiter quand elle le regarda et il finit par lui tendre sa main. Hermione ne put s'empêcher de sourire et de l'attraper. Cela lui rappela la fois où elle avait serré la main de Ron, à la fin de leur première année, quand elle avait été trop timide pour l'enlacer comme Harry. Elle trouva ça bizarrement touchant, parce qu'elle savait qu'elle avait du mal à être prise dans les bras, les séquelles de la torture de Bellatrix toujours ancrées en elle.

George ricana en les voyant faire, mais Hermione ne releva pas. Toutefois, Fred fusilla son frère du regard.

– Tu vas bien Hermione ? demanda sincèrement Fred.

– On ne peut mieux. Vous êtes... Je peux vous parler ? demanda-t-elle.

– Tu peux toujours tout nous dire, Granger, assura George avant de tendre sa main pour qu'ils s'éloignent des autres Weasley.

Ils marchèrent quelques instants et Fred sortit sa baguette pour faire apparaître trois fauteuils moelleux dans le jardin afin qu'ils puissent s'installer. George lui attira à eux des Bièraubeurres.

En les voyant tous les deux, aussi bienveillants, aussi chaleureux... Hermione sut que sa décision était prise. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, ni comment, mais voir ces deux garçons face à elle, ravis de la revoir, lui fit chaud au cœur. Et elle songea que passer une année auprès d'eux ne pouvait que lui apporter du positif.

– Tu es prête à nous donner ta réponse ? demanda Fred qui sautillait presque sur sa chaise.

– Je veux juste savoir si, George, est-ce que tu as d'accord avec ça ? s'enquit Hermione. Je ne veux surtout pas te forcer si tu...

– Je veux que tu viennes. Nous te voulons, assura George.

Hermione ne vit que de la sincérité dans ses yeux et elle soupira de soulagement.

– Mais vous savez quand même que je ne suis pas très drôle et que je n'ai jamais fait de blague à qui que ce soit ? Je suis sans doute la personne la moins drôle de...

– Tu rigoles ? coupa George les yeux écarquillés.

– Tu as fabriqué du polynectar en deuxième année pour aller dans la Salle Commune des Serpentard, enchaîna Fred.

– Tu as jeté ce maléfice à cette traître de Serdaigle en cinquième année et il a duré deux ans ! renchérit George.

– Tu as créé les faux Gallions et ton sac de perles ! ajouta Fred qui semblait outré à l'idée qu'elle ne se considère pas assez légitime pour entrer dans la boutique.

– Tu es une sorcière incroyable ! dirent les jumeaux d'une même voix en la regardant comme si elle était tombée de balai.

Hermione rougit sous cette avalanche de compliments. Elle avait toujours pensé que les jumeaux la trouvaient ennuyeuse et inintéressante, mais le fait qu'ils sachent autant de choses sur ce qu'elle avait fait pendant ses années à Poudlard la touchait énormément.

– Alors ? demanda Fred en croisant les doigts.

Il semblait vraiment attendre sa réponse. Hermione comprit à ce moment que ce n'était pas seulement par pitié que Fred lui avait demandé de venir travailler avec eux. Il voulait vraiment qu'elle vienne travailler pour eux.

Hermione sentit une vague de chaleur se propager dans son corps, mais ne s'interrogea pas sur sa survenance, détournant le regard. Elle venait de se rendre compte qu'elle avait fixé Fred pendant un trop long moment et que George se retenait de rigoler.

Elle prit une grande inspiration, fixa George, puis posa de nouveau son regard dans celui de Fred.

– J'accepte, murmura alors Hermione, comme si le fait de le murmurer pouvait atténuer l'impact de cette décision sur sa vie.

Les jumeaux la regardèrent longtemps, comme s'ils n'avaient pas bien compris.

– J'ai dit oui, les garçons, dit alors Hermione un peu plus fortement.

Elle n'eut pas le temps de voir les deux tornades rousses se lever, les bras écartés, un peu penchés tourner autour d'elle comme s'ils imitaient un avion moldu. Hermione ne put s'empêcher d'éclater de rire, alors que Fred la prenait, cette fois-ci, dans ses bras et la fit tourner dans les airs, sous les applaudissements de George.

– Bienvenue chez Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux, Hermione, souffla Fred en lui lançant un sourire resplendissant.

Les yeux marron de Hermione rencontrèrent ceux bleus de Fred et ils s'éloignèrent d'un même pas, en rougissant, un peu gênés d'être aussi proches, avant que George ne pose sa main droite sur l'épaule gauche de Hermione.

– Nous sommes enchantés de t'avoir chez nous, vraiment ! assura George qui essuya une larme imaginaire sur ses joues. Notre petite Hermione devient une grande fille.

– Tu te sens capable de gérer deux Weasley ? demanda Fred qui avait retrouvé sa contenance.

– J'ai déjà géré Ron et Ginny, s'amusa Hermione.

– Oui, mais nous on est jumeaux, dirent-ils d'une même voix.

– Mais on va bien s'occuper de toi, promit Fred en lui faisant un clin d'œil appuyé.

– C'est bien ce qui m'inquiète, soupira faussement Hermione. À quoi je dois m'attendre ?

– Deux ou trois explosions par jour... commença Fred très sérieusement.

– Des blagues qui tournent mal... enchaîna George.

– Des tests aussi, bien sûr, maintenant que tu es là on va pouvoir en profiter, dit Fred qui semblait presque soulagé.

– J'ai si hâte, ironisa Hermione.

– Ça tombe bien que tu dises ça, alors, dit George.

– Pourquoi est-ce que tu dis...

Hermione n'eut pas le temps de voir George sortir une bouteille de sa cape, la lancer à Fred, ce dernier la retourna sur la tête de la jeune fille. Elle sentit comme une sorte de poudre qui tomba sur tout son corps et elle éternua.

– Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en voyant des sortes de paillettes rouges tomber sur le sol, avant de se dissoudre dans un éclat de lumière.

Elle releva la tête et vit que les jumeaux se tenaient l'un à l'autre, écroulés de rire. Fred avait les yeux brillants de malice et réussit difficilement à soutenir son regard. Elle fronça les sourcils et fit apparaître un miroir pour observer ce que les jumeaux lui avaient fait. Elle leva le miroir à hauteur de visage et retint son hurlement de stupéfaction.

Elle ressemblait à une Weasley !

Ses cheveux marrons avaient pris une teinte rousse flamboyante, accentuée par l'épaisseur de ses cheveux. Hermione avait l'impression d'avoir les cheveux en feu, tant la couleur était intense. Elle avait du mal à se reconnaître, tant cela la changeait.

– Je n'ai pas les mots, murmura Hermione complètement incapable de réagir. C'est... c'est...

– Roux ? proposa George avant de retomber dans l'hilarité.

– Je ressemble à Ginny !

– Tu es bien plus belle que Ginny, assura Fred d'une voix si naturelle que Hermione sentit son souffle se couper.

George lui-même arrêta de rire et fixa son frère de manière étrange, avant de rire de nouveau, de façon plus moqueuse, comme s'il savait quelque chose que les autres ignoraient.

– Combien de temps ça va durer ? demanda Hermione en attrapant une mèche de cheveux roux entre ses doigts.

– On ne sait pas encore, dit George. C'est justement ça qui est cool. On devait les tester pour la première fois, mais comme tu as accepté...

– Tu es la première à faire le test, renchérit Fred. Tu vas donc devoir noter tout ce que tu as ressenti quand on t'a mis la poudre et après, si ça gratte ou non, si ça sent quelque chose de particulier, si ça part quand tu prends ta douche, le temps que ça va durer...

– Tout effet secondaire que tu pourrais noter...

– Bien noter l'évolution de la couleur, son intensité...

– C'est une blague ? dit Hermione un peu suspicieuse.

– Bien sûr que non, dit Fred très sérieusement. C'est ton premier test, ça peut te paraître bizarre, mais on fait ça pour tous nos produits.

– On t'expliquera tout ça, mais si croyait que tu allais être en vacances, tu t'es trompée, ironisa George. Dans tous les cas...

– Tu fais maintenant partie de Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux, dirent les jumeaux en riant.

Hermione commençait à regretter sa décision en voyant sa chevelure rousse, mais vit la joie et l'hilarité des jumeaux et ne put que les rejoindre.

– Toujours d'accord ? demanda Fred l'air plus inquiet.

– Je suis une Gryffondor, je ne me défile jamais, répondit Hermione en levant le menton dans un geste de défi. Je marche avec vous.

Elle tendit sa main et les jumeaux la serrèrent en souriant. Hermione ne pouvait pas savoir que cette poignée de main, que cette décision allait effectivement changer le cours de sa vie.

Après une courte discussion sur les modalités du poste, les horaires et le salaire, les jumeaux et Hermione retournèrent voir le reste des Weasley.

Ginny rata le Souaffle que lui lançait Harry en la voyant arriver, alors que Ron éclatait de rire, sans pouvoir s'arrêter, tapant du poing sur la table. Molly et Fleur se levèrent, complètement effarées en voyant la nouvelle couleur de cheveux de Hermione.

– Hermione ! s'écria un Harry sous le choc. Tu es rousse !

– Qu'est-ce que vous avez fait tous les deux ? demanda Molly en fixant les jumeaux avec dureté, les mains sur les hanches.

– Ce n'est rien, Mrs Weasley, assura Hermione qui ne voulait pas que les jumeaux se disputent avec leur mère.

Elle savait que c'était aussi un moyen pour les jumeaux de lui montrer dans quoi elle s'engageait et de voir si elle pouvait le supporter. Mais Hermione n'était pas une Gryffondor pour rien. Elle se vengerait, à sa façon, de cet accueil des jumeaux.

– Ce n'est rien ? Tu es rousse ! dit Harry qui ne pouvait cacher son amusement à présent. Tu ressembles à Ginny !

– Mais tu as de plus beaux cheveux que moi, murmura Ginny les yeux rêveurs. Ça te va tellement bien. Tu fais partie de la famille maintenant.

– Combien de temps ça va durer ? s'enquit Arthur qui s'était approché et riait dans sa barbe.

– On ne sait pas, dirent les jumeaux et Hermione en même temps.

– Mais c'est affreux ! s'écria Fleur les yeux écarquillés.

– Pourquoi est-ce que vous avez fait ça à cette pauvre Hermione ? demanda Molly d'un ton sévère et semblant hésiter entre sourire et réprimander ses enfants.

– Pour accueillir notre nouvelle employée, dit Fred sur le ton de l'évidence.

– Tu as fait du gâteau à la citrouille ? demanda George avec espoir.

– C'est pour aller avec mes cheveux, c'est ça, devina Hermione en riant.

– Tout à fait, approuva George, on va à présent pouvoir te lancer toutes les blagues sur les roux qu'on a subi pendant des années.

– Un univers s'ouvre à nous, murmura Fred l'air béat.

– Vous savez que je peux aussi vous rendre vos blagues, dit Hermione.

– On te paye, alors non, rit Fred.

– Je n'ai toujours pas signé.

– Elle a raison, dit sérieusement George, on lui fera la totale à la signature.

Fred hocha la tête en signe d'approbation.

– Et sinon... commença Fred avec malice.

– Attendez, attendez, intervint alors Ron.

Les jumeaux et Hermione sursautèrent en se rendant compte qu'ils avaient oublié où et avec qui ils étaient.

– Tu vas travailler pour les jumeaux ? demanda Ron.

Avec nous, corrigea Fred.

Ron observa Hermione avec stupéfaction, avant de lever son poing en signe de victoire et de hurler de joie.

– Un Gallion, Charlie ! lança Ron à son grand frère, dépité, qui lui tendit une pièce dorée de mauvaise grâce.

– Tu as triché. Les jumeaux te l'ont dit, marmonna Charlie.

– Pas du tout ! s'horrifia Ron. Je l'ai simplement deviné. Parce que je suis le meilleur et le plus intelligent.

– Vous avez parié... murmura Hermione avant d'éclater de rire.

– Bien sûr qu'on a parié. Les autres m'ont tous dit que j'étais fou, mais seul Charlie a mis en jeu de l'argent, s'amusa Ron. En tout cas, félicitations, et bon courage Hermione. Avec ces deux-là tu n'as pas fini.

Hermione sourit à son meilleur ami, soulagé d'avoir son approbation. Harry, lui, s'avança vers les jumeaux et Hermione l'entendit clairement leur murmurer un "merci", avant qu'il ne la prenne dans ses bras en lui souhaitant qu'elle s'épanouisse le plus possible dans son nouveau travail.

Certains comme Percy et Molly étaient plus dubitatifs sur son choix, mais vinrent la féliciter. Hermione soupçonnait les Weasley d'être simplement soulagés de la voir assez motivée pour travailler et reprendre en main le cours de sa vie, mais qu'ils attendaient de se faire un avis sur cette collaboration plutôt étrange.

Tout ce qui comptait pour Hermione, c'était que Harry et Ron l'approuvent et la soutiennent.

En s'installant entre Fred et George et en discutant des derniers produits lancés dans la boutique, elle sut qu'elle avait fait le bon choix. Elle avait besoin de changement, elle avait de rire, elle avait surtout besoin de vivre. Et elle était persuadée que les jumeaux allaient l'aider dans cette voie.

Pour le meilleur et pour l'avenir.

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