Bonjour tout le monde ! Me revoilà pour un nouveau chapitre de SAMLP. Tout d'abord, réponses aux reviews :

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Zackos : Que de questions XD Alors, dans l'ordre : je ne sais pas encore combien de chapitres va faire ce tome. Je suis en train d'écrire le 36ème chapitre et je n'en suis qu'à la fin du mois de décembre, donc je pense qu'on peut partir sur 70 chapitres environ, voire plus ^^ Harry va être pris en main lors du chapitre 32 si ma mémoire ne me fait pas défaut, donc patience XD Il va se passer plein de choses entre-temps ! Pour ce qui est des Dursley, Harry a pu les quitter puisque Voldemort n'est plus là et que Sirius a obtenu sa garde. Concernant le rythme de publication, je vais en parler juste après les réponses aux reviews ;) En tout cas ravie de te savoir au rendez-vous ! Et pour Harry et Théo, tu as été très perspicace XD Merci pour ta review, elle m'a beaucoup plu !

Butterfly Fictions : Sirius est tellement à la ramasse XD Concernant le deuxième petit-ami de Harry, il va falloir attendre un bon moment avant de connaître la réponse, ça vous laisse le temps de faire des hypothèses ;) Tu auras certaines réponses à tes questions lorsque les cours commenceront ;) Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira !

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Comme la question m'a été posée, je fais un point sur le rythme de publication : je vais passer à deux chapitres par semaine dès la semaine prochaine. Je publierai le mardi et le vendredi, si cela vous convient.

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Je vous laisse avec ce nouveau chapitre, un peu plus court que les précédents et centré sur trois personnages féminins, à savoir Pansy, Ginny et Hermione. Bonne lecture à tous !

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9 – L'été des filles

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(samedi 19/08) POV Pansy

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- Magni, laisse Archibald tranquille !

Avant que Pansy n'ait le temps de s'emparer du dénommé Magni, celui-ci descendit de l'armoire et alla se réfugier sous le lit, bien conscient d'avoir été sur le point de faire une bêtise. Pansy regarda Archibald qui ne semblait pas du tout traumatisé d'avoir failli se faire embêter par un félin un peu trop curieux. Bon, il fallait dire que, dans sa cage, Archibald ne risquait pas grand-chose.

Pansy soupira. Owain et Ariana Parkinson, ses parents, avaient voulu la récompenser d'avoir été nommée préfète de Serpentard et lui avaient demandé ce qu'elle souhaitait avoir. Sans réfléchir, elle avait répondu «un hibou». Elle n'en avait jamais demandé avant, étant habituée à utiliser les hiboux de Poudlard pendant la période scolaire et le hibou de ses parents durant les vacances, mais elle s'était dit que c'était l'occasion d'en avoir un pour elle toute seule. Une semaine plus tôt, ses parents l'avaient donc accompagnée sur le Chemin de Traverse afin qu'elle puisse choisir un hibou. Son choix s'était vite porté sur un petit-duc. Ses parents le lui avaient payé et ils étaient repartis avec. Sitôt rentrée à la maison, Pansy s'était mise à chercher un nom pour son hibou. Elle n'avait pas eu à chercher bien longtemps. Le prénom Archibald s'était imposé à elle comme une évidence. Ses parents avaient été surpris mais n'avaient rien dit. Ils semblaient avoir compris pourquoi leur fille tenait à donner ce nom à son nouvel ami.

Pansy avait la chance d'avoir des parents qui l'aimaient, qui ne voulaient que son bonheur et qui faisaient tout pour la rendre heureuse. Elle avait une relation fusionnelle avec eux et c'était toujours un déchirement pour elle de devoir les laisser pour retourner à Poudlard.

Elle savait qu'elle était ce qu'ils avaient de plus précieux au monde. Ses parents ne lui avaient jamais caché les difficultés qu'ils avaient eu pour la concevoir. Avant la grossesse dont elle avait été issue, ses parents avaient connu de nombreuses déceptions. Sa mère avait fait quatre fausses couches et avait donné naissance à un enfant mort-né au terme de sa troisième grossesse. Pansy avait elle-même été un bébé prématuré, étant née après seulement six mois et demi de grossesse. Elle était restée de longues semaines à Sainte-Mangouste avant d'être déclarée hors de danger. Depuis, elle n'avait eu aucun problème de santé particulier et avait eu une enfance parfaitement normale. Ses parents lui apportaient énormément d'amour mais sans la couver et sans faire d'elle une enfant pourrie gâtée.

Elle avait eu une éducation plutôt mitigée. Ses parents avaient refusé de l'élever comme le faisaient la majorité des Sang-Pur. Ils trouvaient cela trop guindé et ils n'étaient pas sûrs que ce genre d'éducation rende les enfants très heureux. Ils avaient tout de même appris à leur fille les bonnes manières ainsi que quelques codes d'un comportement de Sang-Pur. Même s'ils ne partageaient pas leurs idéologies, les Parkinson avaient de nombreuses connaissances parmi les familles de Sang-Pur. Pansy avait donc pu en profiter et avait été depuis son plus jeune âge en contact avec des enfants de Sang-Pur.

Pansy s'était notamment vite liée d'amitié avec un garçon de son âge, Draco Malfoy. Si elle l'avait rencontré uniquement en entrant à Poudlard, elle ne serait certainement jamais devenue amie avec lui. Parce qu'elle avait bien remarqué qu'il était arrogant, fier, méprisant, imbu de sa personne... Mais elle n'avait que trois ans lorsqu'elle avait fait sa connaissance et elle s'était habituée à ses défauts au fur et à mesure qu'elle les avait découverts. Et il y en avait un certain nombre ! Mais son ami avait aussi des qualités. Des qualités qu'elle affectionnait tout particulièrement. Il était sincère en amitié, fidèle, loyal, il n'hésitait jamais à défendre ses amis, il les protégeait et il les respectait énormément. Draco n'avait pas beaucoup d'amis mais le peu qu'il avait étaient de véritables amis auxquels il tenait beaucoup. Pansy en faisait partie et elle en était fière.

En réalité, Pansy avait exactement les même amis que Draco. À savoir Blaise et Théo. Elle avait longtemps eu Draco pour seul ami, ayant connu les deux autres garçons quelques années plus tard. Comme Draco était déjà ami avec eux, Pansy était devenue la leur également. Ils avaient alors commencé à former un groupe de quatre amis et ne s'étaient jamais séparés depuis. Leur amitié s'était davantage renforcée lorsqu'ils étaient entrés à Poudlard.

Les parents de Pansy avaient été longuement dubitatifs quant à l'amitié de leur fille avec ces trois garçons. Ne souhaitant pas perdre le contact avec les gens de leur rang, les Parkinson étaient obligés de fréquenter d'autres familles de Sang-Pur mais ils n'avaient jamais sympathisé avec les Malfoy et le père Nott. Owain et Ariana désapprouvaient ouvertement le statut de Mangemort de Lucius Malfoy et d'Edward Nott. Bien qu'ils aient été longtemps sollicités, Owain et Ariana n'avaient jamais voulu devenir eux-mêmes des Mangemorts. Cela allait à l'encontre de leurs principes. Ils n'avaient pas vu d'un très bon oeil leur fille se lier d'amitié avec le fils Malfoy et le fils Nott. Ils avaient cependant été vite rassurés au sujet de Théodore Nott. Ce garçon semblait craindre son père tout en n'ayant pas l'air de vouloir suivre ses idées. Owain et Ariana considéraient qu'il ne représentait pas de danger pour leur fille. Ce n'était pas lui qui allait lui mettre dans la tête des idées nauséabondes sur les nés-moldus et sur la supériorité des Sang-Pur. En revanche, pour ce qui était de Draco Malfoy, c'était une autre histoire. Les parents de Pansy avaient eux aussi remarqué les défauts de ce garçon prétentieux mais ils avaient aussi constaté qu'il partageait les mêmes idées que son père sur la pureté du Sang. Ils avaient eu peur que Draco devienne lui-même un Mangemort et qu'il finisse par entraîner Pansy là-dedans. Heureusement, rien de tout cela n'était arrivé. Deux ans auparavant, le jeune Malfoy avait semblé commencer à s'émanciper des idées de ses parents. Owain et Ariana étaient plus tranquilles depuis que Lucius Malfoy était parti en cavale avec sa femme. Leur fils n'aurait plus à subir leur influence.

Quant à Blaise Zabini, c'était sa mère qui posait problème aux parents de Pansy. Ils connaissaient sa réputation et ils auraient préféré que leur fille ne devienne pas amie avec le fils d'une femme ayant eu sept maris qui étaient tous morts d'une mystérieuse façon et qui avaient laissé à la veuve une jolie somme d'argent en guise d'héritage. Mais là encore, Owain et Ariana s'étaient rendus compte que le jeune Zabini était un garçon tout à fait normal, un brin charmeur et qui n'était pas dangereux pour leur fille. Ils avaient donc finalement accepté cette amitié qu'entretenait Pansy avec ces trois garçons.

Pansy n'avait jamais eu besoin d'autres amis que Draco, Blaise et Théo. À Poudlard, elle partageait son dortoir avec quatre autres filles mais elle n'était du tout proche d'elles. Elle détestait même l'une d'entre elles, Daphné Greengrass. Elle savait que Draco était peiné par la haine qu'elle portait à cette fille mais elle n'y pouvait rien. Pour elle, c'était évident que Greengrass avait toujours voulu entrer dans la famille Malfoy depuis qu'elle connaissait Draco. Greengrass le niait, bien sûr, mais Pansy ne la croyait pas. Au contraire de Draco qui, lui, s'entendait très bien avec cette fille aux cheveux châtain clair et aux yeux bleus. Car il fallait en plus qu'elle soit jolie ! Elle avait déjà presque un corps de femme, ce qui faisait saliver bon nombre de garçons. Pansy trouvait cela écoeurant. Il n'y avait pas que ça qui comptait chez une fille, nom d'un hippogriffe ! Bon, il fallait dire qu'elle-même se trouvait moche. Son jugement était donc peut-être un peu biaisé. Mais tout de même... Pour elle, les qualités d'une fille étaient bien plus importantes que son physique.

Voilà donc ce qu'était la vie de Pansy.

La jeune fille sourit en voyant son chat sortir prudemment de sous son lit. Ce n'était pas vraiment son chat mais c'était tout comme.

- Tu ne retournes pas embêter Archibald, d'accord ? De toute façon tu ne peux pas jouer avec lui. Il est dans sa cage. Tu ne crois quand-même pas que je vais le laisser sortir ? Il serait en danger avec toi.

Magni la regarda avec un air qu'elle jugea accusateur. C'était comme s'il lui demandait «Tu as osé prendre un autre animal que moi ? Je ne te suffisais donc pas ?».

- Tu es le chat de la maison, je t'adore mais tu es censé rester ici. Et puis ce n'est pas toi qui va pouvoir poster mes lettres.

Magni la fixa avant de s'en aller, l'air vexé. «Ce qu'il est susceptible» pensa Pansy. Elle regarda de nouveau Archibald. Elle était vraiment heureuse d'avoir un hibou, désormais.

Elle était plutôt contente de ses vacances, jusque-là. Elles avaient bien commencé avec la nouvelle de la chute de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. C'était une bonne nouvelle pour tout le monde, y comprit pour ses parents qui n'auraient plus à se cacher et à se protéger. Ils savaient que lorsque le mage noir serait revenu à la vie, il aurait de nouveau cherché à les recruter. Il n'en avait heureusement pas eu le temps. Pansy et ses parents allaient pouvoir vivre tranquille et c'était tout ce qui comptait pour eux.

Pansy avait échangé des lettres avec Blaise et Draco mais n'avait reçu aucune nouvelle de Théo. Elle s'en était inquiétée mais ses amis lui avaient seulement dit que c'était normal puisque le père de Théo était en cavale. Théo ne pouvait pas envoyer de lettre à cause des Aurors qui pouvaient les intercepter et savoir ainsi où se cachait son père. Cela n'avait pas vraiment rassuré Pansy mais elle avait trouvé cela logique. Elle avait essayé de ne pas trop y penser jusqu'à ce qu'elle reçoive une lettre de Blaise lui disant que Théo était chez lui. Il lui avait rapidement dit comment allait leur ami et s'était montré plutôt rassurant. Il avait continué à lui donner des nouvelles de Théo jusqu'à ce que ce dernier puisse envoyer de lui-même des lettres à Pansy. Malgré un début de vacances angoissant, tout s'était bien terminé pour lui. Pansy en était soulagée.

Puis elle avait reçu la liste des fournitures et avait appris par la même occasion qu'elle avait été nommée préfète. Elle était restée un long moment immobile, sous le choc, incapable de dire ou de faire quoi que ce soit. Elle avait ensuite repris ses esprits et annoncé la nouvelle à ses parents. Ils avaient été encore plus heureux qu'elle, l'avaient félicitée et l'avaient prise dans leurs bras. Pansy avait été émue de voir à quel point ses parents étaient fiers d'elle. Elle ne savait pas pourquoi elle avait été choisie. Elle avait été persuadée que l'insigne reviendrait à Greengrass. Mais elle s'était rappelée que les professeurs avaient tendance à choisir les personnes qui avaient des choses à prouver et qui méritaient qu'on les pousse à montrer le meilleur d'eux-mêmes. En se souvenant de cela, elle avait fière d'elle à son tour. On lui faisait confiance. Elle s'était promis de ne pas trahir cette confiance et, au contraire, de l'honorer. Elle allait prendre son rôle très au sérieux. Bon, pas trop non plus parce qu'il fallait qu'elle reste la Pansy joyeuse et rigolote que ses amis connaissaient.

Elle avait été plus qu'heureuse d'apprendre que Draco était son binôme. Elle l'avait su grâce à une lettre qu'il lui avait envoyée. Elle avait très bien vu la menace qu'il avait subtilement glissé dans cette lettre. Comme par hasard, juste après lui avoir annoncé qu'il avait été nommé préfet, il lui avait fortement conseillé d'oublier son désir de passer les sélections de Quidditch à la rentrée. Il pensait qu'elle prendrait peur en sachant qu'elle avait à faire à un préfet mais ce qu'il ne savait pas en écrivant cette lettre, c'est qu'elle aussi avait reçu son insigne de préfète ! Sa menace tombait à l'eau. Étant elle-même préfète, elle n'avait rien à craindre !

Elle comprenait cependant pourquoi Draco ne voulait pas qu'elle passe les sélections. Elle n'avait jamais montré d'attrait particulier pour le Quidditch jusque-là et, d'un coup, elle voulait devenir poursuiveuse ! C'était normal que Draco ait peur pour les chances de Serpentard de gagner la coupe des quatre maisons. Elle-même ne savait pas ce qu'elle valait en Quidditch mais cela ne coûtait rien d'essayer ! En fait, il y avait une raison toute simple à son soudain engouement pour ce sport. Et cette raison s'appelait Cassius Warrington. Deux ans plus tôt, il était dans l'équipe en tant que poursuiveur. Tous les postes étant remis en jeu à la rentrée, comme chaque année, Cassius comptait bien passer les sélections. Et c'était déjà presque acté qu'il garderait son poste de poursuiveur. Il était l'un des meilleurs. Le capitaine allait forcément le garder dans l'équipe. En tout cas, Pansy l'espérait car elle comptait se rapprocher considérablement du garçon. Il lui avait tapé dans l'oeil et elle voulait tenter sa chance avec lui. Quoi de mieux pour cela que de jouer dans la même équipe ?

Bon, il y avait juste un problème, et pas des moindres : elle n'avait pas encore de balai. Elle ne savait pas si ses parents allaient accepter de lui en acheter un après lui avoir offert un hibou. Ce dernier n'avait pas coûté cher du tout mais c'était tout de même un cadeau. Et Pansy n'était pas du genre à quémander. Seulement, là, elle avait vraiment besoin d'un balai. Et il ne restait que douze jours avant la rentrée. C'est pourquoi elle décida de prendre son courage à deux mains et d'aller voir ses parents. Elle les trouva dans le salon. Elle s'assit à table et regarda son père tracer des sorts complexes sur un parchemin et sa mère faire des mots croisés dans un des magazines auxquels elle était abonnée. Pansy pouvait passer des heures à observer le moindre de leurs faits et gestes. Ils avaient la grâce des Sang-Pur tout en étant des personnes très simples. Elle admirait et aimait énormément ses parents. Pour elle, ils étaient les meilleurs parents du monde. Son père finit par sentir le regard de sa fille posé sur lui, leva la tête et lui sourit.

- Toi, tu as quelque chose à nous dire ou à nous demander.

- Je n'ai encore rien dit ! s'exclama Pansy.

- Pas besoin, ton visage parle pour toi, se moqua gentiment son père. Allez, dis-nous tout.

Pansy prit une grande inspiration intérieure et se lança :

- J'ai décidé de me présenter aux sélections de Quidditch à la rentrée.

Ses parents haussèrent les sourcils.

- Tu t'intéresses au Quidditch, toi, maintenant ? s'étonna sa mère.

- Je veux savoir ce que je vaux, répondit Pansy.

Ce n'était pas vraiment un mensonge. N'ayant jamais vraiment pratiqué le Quidditch, elle voulait savoir comment elle s'en sortait sur un balai.

- Tu es sûre que c'est une bonne idée ? D'après ce que tu nous racontes, il y a toujours un blessé lors des matchs...

- Ce ne serait pas un vrai match s'il n'y avait pas de blessés, objecta Pansy. Et puis ce n'est jamais très grave. Ils finissent tous par ressortir de l'infirmerie.

- Mais tu penses pouvoir tout gérer ? Entre tes cours, tes devoirs scolaires, tes devoirs de préfète et tes entraînements de Quidditch, tu pourrais vite te retrouver débordée. Tu passes les BUSE en fin d'année, les études doivent donc être plus que jamais ta priorité, rappela Owain.

- Je sais, je ne négligerai pas mes devoirs, c'est promis, tempéra Pansy. Je veux juste essayer. Si je vois que c'est trop, j'abandonnerai le Quidditch. Mais je me laisserai quand-même quelques semaines pour voir si j'arrive à m'en sortir.

- Bien. Nous te faisons confiance. J'imagine que si tu es venue nous en parler, c'est que tu as quelque chose à nous demander ? suggéra Ariana.

- Oui, je... j'aurais besoin d'un balai, avoua Pansy, gênée.

- Ça, on s'en doutait un peu, dit Owain. Tu fais bien de nous en parler maintenant. Mine de rien, c'est bientôt la rentrée.

- Je compte acheter le balai lorsque j'irai sur le Chemin de Traverse avec Draco, Blaise et Théo. Je n'avais pas prévu à la base d'y aller avec eux mais ils me l'ont proposé il n'y a pas très longtemps... Ça me ferait vraiment plaisir de passer une journée avec eux avant la rentrée.

- Tu pourras, alors, affirma Ariana en souriant. Sais-tu déjà quel balai te plairait ?

- Oh, peu importe, dit Pansy en haussant les épaules. Je veux juste un balai en bon état. Je me moque de la marque, qu'il soit beau ou moche, vieux ou récent. De toute façon je ne m'y connais pas vraiment.

- Tu peux demander l'avis de Draco, suggéra Ariana.

Pansy retint une grimace. Elle voyait déjà ce que cela allait lui coûter de demander conseil auprès de son ami.

- Si je lui demande son aide, je vais me retrouver avec un parchemin de deux mètres de long. Il n'a aucune inspiration lorsqu'il faut rendre un devoir d'histoire de la magie mais par contre, quand il faut parler de Quidditch, là il est motivé...

- Ses connaissances te seront toujours utiles si tu veux entrer dans l'équipe, fit remarquer Owain. Il faut bien que tu saches comment entretenir ton balai, par exemple.

- Il n'y a aucun de vous qui s'y connaît ? demanda Pansy avec espoir.

- Tu sais bien que non. Cela n'a jamais été notre grande passion. Mais profite de l'expérience de Draco. Si tu veux devenir une bonne joueuse, ça passe aussi bien par les entraînements que par l'apprentissage de la théorie.

Pansy commençait à se demander si elle ne ferait pas mieux de changer d'avis. Elle ne s'était pas attendue à ce que ses parents prennent cela autant au sérieux ! Son père dut voir son indécision puisqu'il lui posa la même question qu'elle se posait elle-même :

- Tu es sûre de vouloir intégrer l'équipe ?

- Oui. Je veux vraiment essayer. Ça se trouve je vais être nulle mais j'aurais au moins tenté ma chance.

- Tu as bien raison. C'est digne de l'ambition d'une Serpentard, approuva Ariana. Mais tu ne vas pas te sentir trop seule, au milieu de tous ces garçons ? Car il me semble que l'équipe de Serpentard n'est pas réputée pour compter des filles parmi ses membres.

- Je n'ai toujours eu que des garçons comme amis. Je suis donc un peu habituée à les côtoyer. Ce n'est pas au milieu de six garçons que je vais me sentir mal à l'aise.

- Tu oublies les remplaçants.

- J'ai l'impression que vous cherchez à me démotiver, là.

- Mais non, nous voulons juste que tu fasses ton choix en toute connaissance de cause.

- Je sais ce que je fais, dit plus doucement Pansy. Et d'après ce que je sais, tous ceux qui comptent postuler sont des garçons sympa.

- Bien, nous te faisons confiance alors. Mais tu ferais quand-même mieux de te renseigner auprès de Draco.

- D'accord, céda Pansy. J'y vais de ce pas.

Ses parents hochèrent la tête. Alors qu'elle passait la porte du salon, son père lui lança :

- Tu penseras quand-même à nous dire quel garçon te plaît dans l'équipe. Histoire qu'on se prépare à l'accueillir dans la famille.

Pansy se sentit rougir comme une tomate. Elle ne se retourna pas et préféra au contraire partir le plus vite possible. Elle aurait dû se rappeler qu'il était impossible de cacher quoi que ce soit à ses parents. Ils la connaissaient beaucoup trop bien ! Ils savaient à présent qu'un garçon lui plaisait à Poudlard et ils n'allaient pas la lâcher jusqu'à la fin des vacances pour savoir de qui il s'agissait. Oh, elle savait qu'elle pouvait le leur dire. Ses parents étaient vraiment cool. Mais elle voulait les faire mariner un peu. Elle ne craignait pas leur réaction, de toute manière. Ils ne connaissaient probablement pas Cassius, ils ne le jugeraient donc pas. Et même si ses parents savaient en réalité qui était Cassius et qu'ils ne l'aimaient pas, cela n'aurait pas beaucoup d'importance. Elle ne comptait pas se marier avec lui. Il l'avait approchée juste avant les vacances, il lui avait beaucoup plu, elle voulait donc juste voir si quelque chose était possible entre eux. Si oui, tant mieux, si non, tant pis. Elle était très bien toute seule. Elle n'était pas forcément pressée d'avoir un petit-ami. Elle avait ses trois amis et, pour le moment, cela lui suffisait amplement. Elle avait rendez-vous six jours plus tard avec eux sur le Chemin de Traverse et elle avait plus que hâte de les revoir.

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(lundi 21/08) POV Ginny

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- Vivement la rentrée.

- Oui, on sait, ça fait plusieurs semaines que tu nous dis ça.

Ginny leva les yeux au ciel. Elle voulait bien admettre qu'elle répétait souvent cette phrase depuis le début du mois d'août mais ce n'était pas une raison pour la rabrouer ainsi... Ça c'était bien Ron. Pas délicat pour une mornille. Elle devrait être habituée.

- Avoue que l'ambiance est tendue à la maison...

- Ce serait difficile de le nier, ironisa Ron. J'ai l'impression que papa fait exprès de rentrer tard pour échapper à la mauvaise humeur de maman.

- Il fait probablement des heures supp' pour boucler des dossiers. Ça doit faire le bonheur du Ministère. En même temps, si maman lâchait un peu Fred et George au lieu de les disputer tout le temps, l'ambiance serait sûrement meilleure. En soi ils ne font rien de mal. Ils ne mettent pas le feu à leur chambre, ni à aucune autre pièce de la maison. Ils font juste un peu trop de bruit. Et puis leurs inventions sont souvent drôles.

- Tu n'es pas très rancunière, constata Ron. Après ce qu'ils ont fait à ta voix...

Ginny éclata de rire.

- C'était drôle ! Je ne vais quand-même pas leur en vouloir pour ça... En plus je savais très bien que c'était un test et que ça n'allait peut-être pas se passer comme prévu. J'étais consciente des risques que je prenais. Ils ne m'ont forcée à rien.

Ginny se souviendrait longtemps du bonbon que lui avaient fait tester les jumeaux. Selon sa couleur, le bonbon faisait changer de timbre de voix la personne qui le mangeait. Celui qu'avait essayé Ginny avait rendu sa voix très grave, ce qui avait beaucoup fait rire les jumeaux. Elle avait été elle-même surprise de s'entendre parler. Mais elle avait trouvé cela très amusant. Cela changeait de sa voix habituelle. Le problème, c'était que les jumeaux n'avaient pas encore trouvé de solution pour contrer les effets de ce bonbon. Ginny avait donc dû attendre près de dix heures pour retrouver sa voix normale. Cela avait énormément exaspéré la matriarche de la maison qui n'avait pas du tout goûté à la plaisanterie. Ginny avait eu beau dire que cela ne la dérangeait pas du tout, sa mère n'avait rien voulu entendre. Elle avait en horreur les inventions de Fred et George. L'an passé, elle avait déploré le fait qu'ils n'avaient eu que trois BUSE chacun. Cette année, elle voulait donc que les jumeaux travaillent davantage. Ginny ne se faisait aucune illusion : Fred et George allaient travailler, oui, mais sur leurs inventions. Pas sur leurs cours.

Elle ne comprenait pas l'aversion de sa mère envers les blagues de ses deux frères. Pour Ginny, c'était évident qu'ils avaient du talent. Faire des blagues était ce qu'ils savaient faire de mieux. Ça ne faisait de mal à personne (ou presque) et c'était souvent drôle. Elle était persuadée que les jumeaux avaient un grand avenir devant eux s'ils décidaient d'en faire leur métier. Ginny ne savait pas exactement quel métier ils pourraient exercer mais elle savait qu'ils n'allaient pas s'arrêter là.

- Au moins on n'a pas à subir les plaintes de Percy, dit-elle en repérant un gnome.

Ron et elle avaient été missionnés pour dégnomer le jardin. Ils s'y étaient attelés sans rechigner. Pour une fois, ce n'était pas une corvée pour eux. C'était au contraire reposant, même si cela demandait des forces de déterrer un gnome, le faire tourner et l'envoyer valser au-delà de la clôture.

- Je crois que j'aurais fugué s'il avait été là pendant les vacances, renchérit Ron. Apparemment il se plaît au Ministère. Grand bien lui fasse ! Je suis sûr qu'ils sont ravis d'avoir un élément comme Percy. Tu imagines ? Quelqu'un qui ne vit que pour travailler ! Ça doit être une aubaine pour un employeur. Percy serait prêt à travailler sans être payé pourvu qu'on lui donne de quoi s'occuper.

- Il faut quand-même qu'il paye le loyer de son appartement. Ne va pas lui donner l'idée de travailler gratuitement sinon il va être obligé de revenir habiter ici ! Je ne dis pas que ça ne me ferait pas plaisir de le revoir mais si c'est pour qu'il reste enfermé toute la journée dans son ancienne chambre, je n'en vois pas l'intérêt... Et puis il passerait lui aussi son temps à pester contre les jumeaux. Non merci.

Ginny savait qu'elle était un peu dure avec Percy mais ce qu'il était devenu l'agaçait prodigieusement. Il ne vivait que pour son travail et ne jurait que par son patron. De toute façon, elle n'avait jamais rien eu en commun avec lui. Lui était capable de rester une semaine enfermé alors que Ginny avait besoin de sortir, de s'amuser et de se dépenser. De plus, il était le seul de ses frères à ne s'être jamais intéressé au Quidditch. Pour elle, c'était un sacrilège. Quand on était un Weasley, on aimait forcément le Quidditch. Bill aimait le Quidditch. Charlie aimait le Quidditch. Fred aimait le Quidditch. George aimait le Quidditch. Ron aimait le Quidditch. Elle-même aimait le Quidditch. Percy, lui, n'aimait pas le Quidditch. Il était l'intrus de la famille. S'il n'était pas roux, Ginny jurerait qu'il avait été adopté. «Au fait, en parlant de Quidditch...» pensa-t-elle. Elle se tourna vers Ron qui faisait tournoyer un gnome dont le teint commençait à devenir verdâtre.

- Je compte passer les sélections de Quidditch, cette année, annonça-t-elle de but en blanc.

Ron lâcha le gnome et regarda Ginny avec des yeux ronds comme des gallions.

- Tu es sérieuse ?

- Bien sûr. Pourquoi ?

- Ce n'est pas de tout repos de faire partie d'une équipe de Quidditch. C'est intense comme sport. Il y a plusieurs entraînements par semaine.

- Je sais, Fred et George étaient déjà dans l'équipe quand je suis entrée à Poudlard, répliqua Ginny.

- Et ça ne te fait pas peur ?

- Tu essaies de me décourager ou quoi ?

- Pas du tout. Je veux juste que tu saches ce qui t'attend. Tu comptes candidater pour quel poste ?

- Poursuiveur ou attrapeur. Je n'ai pas encore fait mon choix.

Ron observa Ginny avec un air perplexe.

- Tu sais que Harry va se représenter pour le poste d'attrapeur ?

Ginny leva de nouveau les yeux au ciel.

- Je vise le poste de remplaçant, pas celui de titulaire. Je sais très bien que c'est Harry qui l'obtiendra, peu importe qui il aura face à lui. Ce serait hyper prétentieux de prétendre au poste de titulaire. Personne ne peut rivaliser face à Harry.

- Donc tu voudrais être sa remplaçante ?

- Ou jouer au poste de poursuiveur.

- Ça risque d'être compliqué. Angelina, Katie et Alicia sont encore là. Elles vont sûrement garder leurs places.

Ginny fronça les sourcils.

- Tu sembles être très intéressé par la composition de l'équipe. Tu n'aurais pas dans l'idée de tenter ta chance, toi aussi, par hasard ?

Ron rougit jusqu'à la pointe des oreilles. Ginny eut un sourire moqueur.

- En fait tout à l'heure ce n'était pas à moi que tu voulais faire peur en me disant que c'était un sport intensif. C'était à toi. À travers tes mises en garde c'était à toi que tu t'adressais. Je me demande quel poste tu convoites. J'ai le choix entre batteur ou gardien. Comme moi, tu dois te dire que Fred et George vont conserver leurs places. Alors il ne reste plus que le poste de gardien.

Ron fit la moue.

- Tu trouves ça stupide ?

- Est-ce que j'ai dit ça ?

Ron haussa les épaules.

- Je sais que je ne serai pas le favori. En plus j'ai la pression. Car, si on y réfléchit bien, le poste de gardien est le seul poste qui est vraiment remis en jeu à la rentrée. L'année dernière, il n'y a pas eu de Quidditch mais il y a deux ans, c'est Olivier qui était gardien. Et c'est le seul de l'ancienne équipe qui n'est plus là cette année. Angelina, Katie, Alicia, Fred, George et Harry faisaient également partie de l'équipe et eux sont toujours là. Il y a de grandes chances qu'ils gardent leurs places. Tous les regards seront tournés vers ceux qui postuleront pour être gardien.

- Justement, tu auras assez la pression comme ça pour t'en mettre toi aussi. Vas-y sans te poser de questions. Ça ne sert à rien de te stresser.

- Si tu le dis...

Ginny retint une grimace. Son frère n'avait aucune confiance en lui et elle savait que cela pourrait lui porter préjudice lors des sélections. Elle espérait qu'il réussirait à croire en lui le temps de quelques heures. Une pensée lui traversa soudain l'esprit.

- Hé, tu imagines si nous sommes tous les deux pris ? Ça fera quatre Weasley dans l'équipe ! Les autres vont devenir fous. Je ne sais pas comment sont Fred et George dans les vestiaires mais ils doivent être sensiblement comme d'habitude. C'est-à-dire infernaux. Alors avec deux Weasley de plus qui vont se prendre la tête avec eux, les autres membres vont vite craquer.

- Fred doit sûrement passer son temps à draguer Angelina... C'est bien elle qui va être nommée capitaine, si j'ai bien compris ?

- D'après ce que j'ai entendu, oui.

- Ça doit être un truc des jumeaux de draguer leur capitaine, alors.

Ginny fronça les sourcils pendant quelques secondes avant de comprendre l'allusion de Ron. Elle fut surprise par cette remarque très implicite de la part de son frère. La subtilité n'était pas son fort, en temps normal. Mais personne n'osait vraiment aborder le sujet frontalement.

Quelques semaines plus tôt, George avait annoncé en plein repas qu'il était en couple avec Olivier Dubois, l'ex-capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Cela avait surpris tout le monde à part Fred qui, évidemment, était déjà au courant. Il était d'ailleurs le premier à avoir réagi en précisant qu'Olivier faisait à présent partie du Club de Flaquemare, une équipe très douée et très réputée. La matriarche s'était étonnée en apprenant qu'Olivier avait quitté Poudlard deux ans auparavant. Elle s'était demandée comment George et lui avaient fait pour se mettre ensemble s'ils ne se voyaient plus. George avait alors avoué, le rouge aux joues, que cette relation avait commencé lorsqu'Olivier était encore à Poudlard. En réalisant que cela durait depuis plus de deux ans, Molly avait été choquée, ne comprenant pas pourquoi George n'en avait pas parlé plus tôt. Celui-ci avait répondu que ce n'était pas évident et qu'il attendait juste de se sentir prêt pour en parler. Personne n'avait rien eu à redire là-dessus. Tout le monde avait semblé accepter facilement cette relation qui était plus qu'inattendue. Arthur avait même proposé à son fils d'inviter Olivier à la maison pendant les vacances. Très touché, George avait dit qu'il devait en parler avec Olivier qui était très occupé. Il avait finalement été convenu que ce dernier viendrait passer quelques jours au Terrier avant la rentrée.

Ginny avait été plutôt soulagée que George fasse cette annonce. Cela avait détourné l'attention de ses parents et de ses frères sur sa propre vie sentimentale. Au début des vacances, Fred avait lâché «par inadvertance» qu'elle sortait avec un certain Michaël Corner. Ginny avait été très gênée en sentant tous les regards se tourner vers elle. Elle ne s'attendait pas à devoir rendre des comptes sur sa vie amoureuse ! Elle avait très bien senti que sa mère n'était pas ravie à l'idée qu'elle sorte déjà avec un garçon. Et cela avait agacé Ginny. À son âge, Fred n'avait jamais eu de remarque lorsqu'il avait parlé de sa première petite-amie. Ginny ne comprenait pas pourquoi elle avait à se justifier alors que Fred n'avait pas eu à le faire. Enfin si, elle savait pourquoi, mais elle trouvait cela injuste. C'était juste parce qu'elle était une fille.

Elle avait cependant vite calmé les esprits en disant qu'elle ne sortait plus avec ce garçon. Ils avaient rompu peu avant les vacances d'un commun accord. Leur histoire n'avait duré que quatre mois mais Ginny en gardait un bon souvenir. Elle était d'ailleurs restée amie avec Michaël. Elle l'avait rencontré lors du bal de Noël durant sa troisième année et avait commencé à sortir avec lui deux mois plus tard. Mais tous deux s'étaient vite rendus compte que leurs caractères n'étaient pas du tout compatibles. Ils avaient essayé de faire des efforts chacun de leur côté mais cela n'avait servi à rien. Ils avaient alors décidé de ne pas s'acharner davantage. Ils étaient restés amis et c'était très bien ainsi.

Se rappelant de la remarque que Ron avait faite quelques minutes plus tôt, elle sortit de sa rêverie et lui répondit :

- C'est plutôt Olivier qui est venu vers George, rectifia-t-elle. Et contrairement à Olivier qui a attendu la cinquième année de George pour le draguer, Fred a pris de l'avance avec Angelina. Ça fait trois ans qu'il la drague. Mais je crois qu'il perd son temps. Elle n'a pas l'air très intéressée par lui. Ça me fait penser que l'année prochaine, Angelina ne sera plus là. Je me demande qui lui succédera en tant que capitaine.

- Oh, il y a de grandes chances pour que ce soit Harry. Je le verrais bien en capitaine. Il y a bien Katie qui sera toujours là mais elle est trop réservée pour diriger une équipe.

- Je suis bien d'accord. J'aimerais bien voir ce que ça donne, un Harry capitaine.

Ron suspendit son geste pour attraper un gnome et regarda Ginny en levant un sourcil moqueur.

- Aurais-tu dans l'idée de faire comme Fred et George ?

Ginny secoua la tête d'un air désabusé.

- Harry ne m'intéresse pas, Ron. Je veux dire par-là que je ne veux pas de lui comme petit-ami. C'est juste un ami pour moi. Et pareil pour lui.

Ginny était bien loin de la vérité en disant cela mais elle préférait mentir plutôt que révéler à Ron la véritable nature de son amitié avec Harry. Ginny et lui étaient bien plus que de simples amis. Durant l'année écoulée, elle avait été la confidente de Harry. Elle l'avait soutenu, écouté, conseillé et parfois même consolé. Il était plus en confiance avec elle pour se confier sur certaines choses qu'avec ses deux meilleurs amis. Ce qui était parfaitement compréhensible. Ron et Hermione avaient chacun une façon différente de réagir qui n'était pas forcément la meilleure. Ron ne savait pas toujours quoi dire tandis que Hermione était trop terre-à-terre. Il était donc difficile pour Harry de se confier à eux sur des sujets sur lesquels il voulait être écouté et avoir un avis neutre. Il voulait être compris et il n'était pas sûr que ce soit le cas avec Ron et Hermione. Mais l'oreille attentive de Ginny était visiblement celle qui lui fallait. Il s'était néanmoins excusé de nombreuses fois auprès d'elle, arguant qu'elle avait mieux à faire qu'écouter ses «petits soucis». Cela avait agacé Ginny qui avait fini par le menacer de lui lancer un sort particulièrement désagréable s'il s'excusait une fois de plus. Cela avait porté ses fruits, à la grande satisfaction de Ginny.

Si Harry et elle tenaient à garder leur complicité secrète, c'était parce qu'ils ne voulaient pas être l'objet de rumeurs au sein de l'école. Ils savaient qu'il suffisait que quelques élèves les voient assez proches pour faire courir la rumeur qu'ils étaient en couple. Et l'année précédente, Harry avait eu besoin de tout sauf ça. Pour se débarrasser de ces rumeurs, il aurait fallu qu'il fasse son coming-out et cela n'aurait pas été vraiment mieux comme situation. Il aurait de nouveau fait parler de lui alors que c'était tout ce qu'il voulait éviter.

La réponse que Ginny avait donnée à la question de son frère avait laissé un blanc dans la discussion. Ginny s'était alors perdue dans ses pensées tandis que Ron avait continué à chasser les gnomes. Elle décida de se remettre elle aussi au travail et ne tarda pas à trouver un autre gnome. Alors qu'elle le faisait tournoyer dans les airs, la voix de la matriarche se fit entendre depuis la maison. À n'en pas douter, elle venait de tomber sur une nouvelle invention des jumeaux. Ginny soupira. Elle avait vraiment hâte de retourner à Poudlard. Heureusement, trois jours plus tard, avec Fred, George et Ron, elle devait se rendre sur le Chemin de Traverse pour acheter ses fournitures. Ron avait prévu d'y retrouver Harry et Hermione et, même si elle comptait faire ses courses seule de son côté, Ginny avait bien l'intention de parler quelques minutes avec Harry. Elle sentait dans ses lettres qu'il n'allait pas bien. Elle allait donc essayer de lui remonter le moral. Elle y était toujours parvenue jusque-là, il n'y avait donc pas de raison pour que, cette fois, elle n'y arrive pas. Elle allait peut-être user d'un des bonbons de Fred et George... Quitte à être victime de leurs farces, autant que cela amuse quelqu'un qui avait besoin de rire et de se changer les idées !

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(mercredi 23/08) POV Hermione

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Hermione détestait ses cousines. Enfin, trois d'entre elles. Ce n'était pas un fait nouveau : elle n'avait jamais pu les supporter. Et ce n'était pas près de changer. Elles représentaient tout ce que Hermione détestait. Elles avaient des centres d'intérêt complètement différents des siens. Il n'y en avait qu'une qui se détachait du lot : Olivia, la seule cousine que Hermione avait du côté de sa mère.

Hermione n'avait pas une très grande famille. Sa mère avait un frère et une soeur et son père n'avait qu'un frère. Le frère de sa mère avait deux fils tandis que la soeur de sa mère avait une fille. Le frère de son père, lui, avait un fils et trois filles. Hermione avait donc trois cousins et quatre cousines. Ce jour-là, ses parents avaient invité son oncle paternel et sa tante maternelle, les autres n'ayant pas pu venir. Cela avait été un véritable supplice pour Hermione. Ses trois pimbêches de cousines avaient absolument voulu voir sa chambre et Hermione avait donc dû supporter leur compagnie pendant près de deux heures. Un véritable cauchemar. Elle avait été obligée de les entendre parler de maquillage, de shopping, de leurs acteurs et chanteurs préférés, de leurs amies qui étaient tout aussi pimbêches qu'elles... Le cliché parfait de trois adolescentes de treize, quinze et seize ans, en somme. Heureusement, elles étaient parties. Hermione se retrouvait donc seule avec Olivia, la fille de sa tante maternelle. Une fois leurs cousines parties, Hermione avait proposé à Olivia d'aller dans sa chambre, cette fois-ci de son plein gré.

Les deux filles s'entendaient très bien. Olivia était la seule cousine de Hermione à savoir que cette dernière était une sorcière. La mère d'Olivia était l'unique personne à qui les parents de Hermione faisaient assez confiance pour révéler le secret de leur fille. Et ils avaient eu raison puisque cela ne s'était jamais ébruité.

Le fait que deux personnes de la famille soient au courant était plutôt un soulagement. Ainsi, Hermione et ses parents n'étaient plus les seuls à devoir protéger ce secret.

- Comment s'est passée ton année ? demanda Olivia à Hermione en entrant dans la chambre.

- Assez mouvementée, comme d'habitude.

- Vous avez encore sauvé le monde ?

- Non, pas cette fois, répondit tristement Hermione. J'aurais bien aimé, pourtant.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Olivia, inquiète.

- Je t'ai souvent parlé de quelqu'un que tout le monde appelle Tu-Sais-Qui ?

- Oui, c'est quelqu'un qui déteste les gens comme toi et moi et qui veut tous les exterminer.

- C'est ça. Eh bien... il a tué un de nos camarades, Cedric Diggory. Ça s'est passé sous les yeux de Harry.

Olivia eut l'air horrifié.

- Mais... comment ça a pu arriver ?! Tu-Sais-Qui s'est introduit dans l'école ?

- Oh, non, ça a été beaucoup plus subtil que ça. Je ne peux pas tout te raconter car ce serait trop compliqué mais disons que Tu-Sais-Qui a attiré Harry dans un piège et Cedric a été une victime collatérale. Il ne devait pas être dans le piège, à l'origine.

- C'est horrible... Franchement, je suis bien mieux dans mon école. La tienne semble beaucoup trop dangereuse.

Hermione ne put s'empêcher de sourire. Elle ne pouvait pas en vouloir à Olivia de faire une telle remarque. Nul doute que, si Hermione était à sa place, elle dirait la même chose.

- Ça devrait être plus calme, désormais.

- Ce n'est pas ce que tu me dis chaque année ? se moqua gentiment Olivia.

- Non mais avant, Tu-Sais-Qui trouvait toujours un moyen de revenir à la vie, même s'il n'avait pas son propre corps, mais là il ne pourra plus, c'est fini pour lui. Harry l'a tué une bonne fois pour toutes. Le monde magique va pouvoir enfin vivre en paix.

Cette remarque laissa Olivia songeuse.

- C'est étrange, quand-même. Dans ta communauté, tout le monde est super content qu'un adolescent de quinze ans ait tué un homme. Dans le monde moldu, s'il avait été majeur, il se serait pris plusieurs années de prison direct. Mais bon, j'ai bien compris qu'il valait mieux que ce mage noir soit six pieds sous terre plutôt qu'il continue à semer le chaos et la terreur...

Hermione trouva les paroles de sa cousine très pertinentes. Elle avait raison, en soi. Personne ne devrait se réjouir qu'un adolescent ait tué un homme. Mais Harry était le seul qui pouvait débarrasser le monde de la menace que représentait Voldemort. Et il l'avait fait. Le monde sorcier exultait de joie mais Hermione n'était pas sûre que Harry vive aussi bien les choses. Elle avait de ses nouvelles par le biais des lettres qu'ils s'envoyaient mais celles-ci ne la rassuraient pas beaucoup. Il ne semblait presque pas y avoir d'âme dans les lettres de Harry. Hermione était censée le voir le lendemain sur le Chemin de Traverse, elle avait attendu ce jour avec impatience pour retrouver ses deux meilleurs amis mais là, elle ne savait pas si elle avait toujours hâte. Elle ignorait dans quel état serait Harry. Elle savait qu'il passait les vacances chez son parrain mais elle n'était pas apaisée pour autant. Bien sûr, Harry devait être beaucoup plus heureux avec Sirius qu'avec les Dursley. Mais Sirius sortait tout juste de douze ans passés à Azkaban. Il ne devait pas s'en être totalement remis encore. Il n'était peut-être pas en capacité de s'occuper d'un adolescent. Qui plus est, d'un adolescent qui avait vécu quelque chose de traumatisant juste avant les vacances. Si Harry n'allait pas bien, Sirius saurait-il le voir ? Hermione en doutait fortement. Comme en écho à ses pensées, Olivia lui demanda :

- Tu as des nouvelles de tes amis ?

- Oui, on s'envoie des lettres. Enfin, je corresponds surtout avec Harry. Ron, lui, n'aime pas trop écrire. Il va bien mais apparemment c'est assez tendu chez lui. Quant à Harry... il me dit que ça va mais je ne sais pas si je dois le croire. Il est du genre à me dire ça pour me rassurer alors que c'est faux. Je suis censée le voir demain, j'espère le trouver en forme.

- Tu ne l'as pas revu depuis le début des vacances ? s'étonna Olivia.

- Non, tu sais bien que c'est compliqué. Il faut s'organiser pour qu'on puisse se voir. Je dois en parler avec mes parents qui doivent échanger avec les parents ou les tuteurs de mes amis que je veux voir et vu qu'on n'utilise pas les mêmes moyens de communication, c'est vraiment compliqué.

- Oh, je vois... Je ne sais pas comment tu fais. Je m'ennuierais si je ne voyais pas mes amies pendant les vacances.

- Tu les vois souvent ?

- Oui, une ou deux fois par semaine, environ. Je préfère largement les voir, elles, que nos charmantes cousines qui nous considèrent comme des moins que rien...

- Franchement je te plains, grimaça Hermione. Toi tu dois les supporter toute l'année puisque tu es dans le même lycée qu'elles. Enfin, je parle d'Emily et Fiona puisque Fanny est encore au collège.

- Je les ignore autant que je peux et elles ne cherchent pas ma compagnie, je n'ai donc pas trop à me plaindre. Mais c'est clair qu'elles sont insupportables. Parfois j'aimerais bien changer de lycée juste pour ne plus les voir. Même si elles ne viennent pas vers moi, ça ne les empêche pas de me faire de sales coups.

Hermione haussa les sourcils.

- Des sales coups ? Comment ça ?

- Eh bien, par exemple, elles ont clairement fait comprendre à ma mère que j'avais un petit-ami alors que je voulais garder ça secret. Je ne sais même pas comment elles l'ont su. Elles doivent m'espionner, je ne vois que ça.

- Les ragots, il n'y a que ça qui les intéresse. Comment a réagi ta mère ?

- Bien, elle était plutôt contente pour moi. Je n'avais pas vraiment peur de sa réaction, je savais qu'elle le prendrait bien. Mais je voulais quand-même garder mon petit jardin secret.

- Je comprends. Mais c'est dur d'avoir une vie privée avec des petites fouineuses en guise de cousines...

- Ça c'est sûr. Toi heureusement tu n'as pas ce problème. Tu peux sortir avec qui tu veux, personne n'ira le dire à tes parents.

Hermione grimaça.

- Détrompe-toi. Si mes parents lisaient le journal le plus célèbre du monde magique, ils auraient su qu'on me prêtait une relation amoureuse à la fois avec Harry et avec un autre garçon qui venait d'une autre école mais qui était à Poudlard le temps d'une année avec une partie de ses camarades.

Olivia parut très impressionnée avant de prendre un air moqueur :

- Deux garçons à la fois ? Tu ne t'embêtes pas, dis donc !

Hermione lança un oreiller à la figure de sa cousine qui l'esquiva en riant.

- Aurais-je touché un point sensible ? Allez, dis-moi tout !

- Il n'y a rien à raconter.

Olivia fit une moue suppliante.

- Allez, je suis ta cousine préférée ! Tu ne peux pas me laisser dans l'ignorance !

Hermione ne put résister bien longtemps. Elle soupira et céda :

- Il s'appelle Viktor Krum.

- Ah oui, ce n'est pas anglais du tout, en effet.

- Et encore, tu ne sais pas le nom du directeur de son école. Igor Karkaroff.

- Oh, ça sonne scandinave, ça. Tu m'as dit que ce garçon venait d'une autre école. Mais elle est dans quel pays, cette école ?

- Aucune idée. Cette information est confidentielle. Certains disent qu'elle se situerait dans les pays baltes. Ça se pourrait.

- Et que venaient faire ces élèves de cette école à Poudlard ?

Face à cette question, Hermione se décida à tout lui dire. Elle essaya de faire bref, ce qui n'était pas son fort :

- En fait, cette année, Poudlard a accueilli le Tournoi des Trois Sorciers. C'est un Tournoi constitué de trois manches toutes plus dangereuses les unes que les autres. Pour y participer et espérer gagner ce tournoi, il faut être doué et très courageux. Vu que, pour cette édition, le tournoi a eu lieu à Poudlard, il y a deux autres écoles qui sont venues pour y faire participer un ou une de leurs élèves : Beauxbâtons, de France, et Durmstrang, de pays inconnu. La championne de Beauxbâtons a été Fleur Delacour et le champion de Durmstrang a été Viktor Krum. Comme il faut toujours qu'il arrive quelque chose d'inattendu à Harry chaque année, il a été désigné lui aussi champion alors que Poudlard en avait déjà un en la personne de Cedric Diggory. Ça a provoqué un scandale puisque Harry n'avait que quatorze ans alors qu'il fallait être majeur pour y participer. Mais il y a quelqu'un, sous les ordres de Tu-Sais-Qui, qui a fait en sorte que Harry participe à ce Tournoi pour qu'à l'issue de celui-ci, il se retrouve face à Tu-Sais-Qui. Et c'est ce qui s'est passé. Voilà en gros toute l'histoire de cette année.

- C'est à la fois palpitant et effrayant, murmura Olivia. Pauvre Harry... Et c'est donc de Viktor Krum dont tu es tombée amoureuse ?

- Amoureuse, je ne sais pas. Disons qu'on se plaît bien et qu'on s'entend bien. Voire même très bien. Lui non plus n'est pas vraiment au clair sur ses sentiments. Mais on a quand-même décidé de tenter quelque chose.

- Mais c'est génial ! Vous sortez ensemble, alors ?

- On peut dire ça, oui. Même si ce n'est que de façon épistolaire pour le moment.

- Vous vous êtes embrassés ?

Hermione rougit face à cette question. Cela n'échappa pas à Olivia.

- Tu rougis ! Ça veut dire quoi ? Il t'a embrassée ? Ou tu l'as embrassé ? Allez, dis-moi tout ! Je veux tout savoir !

Hermione éclata de rire.

- Laisse-moi le temps de te répondre !

- Désolée mais tu me tiens en haleine, là. Alors, qui a fait le premier pas ?

- À ton avis ? demanda Hermione en souriant. Franchement, tu me vois aller vers un garçon de moi-même pour l'embrasser ?

- Ok, donc c'est lui. C'était quand ?

- Peu avant les vacances. Juste avant qu'il reparte, en fait.

- Tu t'y attendais ?

- Ça faisait un moment qu'on s'était rapprochés et il avait voulu qu'on aille dans un endroit à l'écart des regards indiscrets. J'ai beau ne jamais avoir eu de petit-ami avant lui, je me doutais bien de ce qu'il avait derrière la tête.

- En même temps, tu es intelligente. Ça aide. Il n'est pas parti juste après t'avoir embrassée, j'espère ? En mode «J'assume pas» ?

- Non, il n'est pas comme ça. Il m'a dit que j'allais lui manquer et qu'il espérait avoir vite de mes nouvelles. Ça m'a touché venant de lui car ce n'est pas un grand bavard.

- Tu dois vraiment lui plaire alors. Tes amis sont au courant ?

- Non, je ne leur en ai pas parlé.

- Ah bon ? Mais... ce sont tes meilleurs amis, pourtant, non ?

- Oui mais je ne discute pas de ce genre de choses avec eux. En plus Ron s'est mis à détester Viktor parce qu'il faisait partie d'une autre école. Il m'accusait de «fraterniser avec l'ennemi». Alors qu'avant il était fan de Viktor parce que c'est un excellent joueur de Quidditch et qu'il est connu du monde entier. Et je ne pouvais pas vraiment en parler avec Harry non plus. Il avait autre chose à penser. Cette année, son objectif, c'était de rester en vie, il n'avait donc pas vraiment le temps d'écouter sa meilleure amie lui parler de ses amours...

- J'avoue. Donc du coup, si l'un d'entre vous sort avec quelqu'un, les deux autres ne le savent pas ?

- C'est un peu ça, oui. Disons qu'on ne va pas s'empresser de le faire savoir.

- Je vois. Mais tu as l'intention de le revoir, ce Viktor ?

- J'aimerais bien. Mais ça ne va pas être évident. Je ne sais pas combien il y a de kilomètres entre nous mais ce qui est sûr, c'est qu'on habite très loin l'un de l'autre.

- Tu penses pouvoir gérer une relation à distance ?

- Aucune idée. Je vais essayer, en tout cas.

- Je te reconnais bien là. Toujours prête à tenter l'expérience. Mais tu n'en as donc parlé à personne ?

- Si, il y a deux personnes qui sont au courant. À savoir la soeur de Ron qui est ma seule vraie amie et un garçon qui suit les mêmes options que moi et avec qui je m'entends très bien.

- Ah oui, je crois que tu m'en as déjà parlé, de ces deux-là. Mais c'est un peu compliqué de s'y retrouver. Tu as des amis un peu partout mais qui ne s'entendent pas forcément entre eux...

- Parce qu'ils ne font pas l'effort de s'entendre, répliqua Hermione. Mais assez parlé de moi. À ton tour, maintenant.

Olivia tenta de changer de sujet mais Hermione insista pour qu'elle lui parle d'elle. Elle aimait vraiment discuter avec sa cousine. Mais cette conversation lui avait fait prendre conscience à quel point ses amis lui manquaient. Après avoir vécu dix mois en leur compagnie, c'était toujours difficile de passer deux mois sans eux. Elle avait vraiment hâte d'être au lendemain pour les revoir.