Bonjour à tous ! Je profite d'un creux pour publier ce nouveau chapitre mais tout d'abord, réponses aux reviews :
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Butterfly Fictions : Désolée pour l'absence de POV Draco mais je ne peux pas mettre les réactions de tout le monde dans un chapitre qui fait déjà 17 000 mots XD Il faudra attendre le chapitre 17 (si je ne me trompe pas) pour avoir un POV Draco mais on voit déjà dans ce chapitre quelles sont les relations entre Harry et Draco ;) Contente que tu aies aimé le POV Justin. C'est pas gagné mais comme pour Draco et Harry, les relations vont finir par s'apaiser. Pour ce qui est de Harry/Adrian, élément de réponse dans ce chapitre ;) Pour les potions de sommeil sans rêves, ça va prendre du temps :/ Il y aura des moments Harry/Ginny que j'ai réussi à caser entre deux POV dans certains chapitres XD XD A bientôt et merci pour ta review !
Gryffondor : Mais c'est tellement ce que doit penser Severus ! XD Harry porte tous les vices de la Terre tandis que Draco est un saint (bon, ce n'est pas tout à fait vrai, Severus est quelque peu lucide sur son filleul XD). Tu ne crois pas si bien dire quand tu dis que Severus va se montrer encore plus insupportable :/ Concernant la potion de sommeil sans rêves, tout ce que je peux dire c'est que Harry est malin XD Merci pour ta review !
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Je vous laisse avec ce chapitre qui relate la première semaine de cours. Bonne lecture !
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15 – Première semaine de cours
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(lundi 04/09) POV Sirius
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- Remus, tu as vu ma liste d'élèves ?
- Non, pas à ce que je sache. Pourquoi ?
- Parce que je ne sais plus où je l'ai mise, imbécile !
- Tu veux que je t'aide à la chercher ?
- Non, ça va me stresser plus qu'autre chose. Ah, elle est là !
Sirius venait de trouver sa liste dans le meuble à vaisselle.
- Tu peux m'expliquer ce que fait ta liste dans ce meuble ?! s'étonna Remus.
- C'est hier midi, quand tu m'as demandé d'essuyer la vaisselle pendant que tu faisais à manger. Je voulais apprendre les noms de mes élèves alors j'ai fait les deux en même temps.
Sirius entendit Remus soupirer.
- On va éviter de manger là, je crois. De toute façon, en tant que directeur de maison, je dois assister à au moins deux repas par jour dans la Grande Salle. De préférence le midi et le soir. D'ailleurs, on peut aller prendre notre petit-déjeuner, maintenant ? Ou tu as encore autre chose à chercher ?
- Non, c'est bon. Je crois que j'ai tout.
- Je préférerais que tu en sois sûr.
Sirius leva les yeux au ciel.
- Je suis sûr de tout avoir sur moi. Voilà, t'es content ?
- C'est mieux. Allons-y sinon on ne va pas avoir le temps de manger.
Sirius et Remus sortirent de leurs appartements et se rendirent à la Grande Salle. Sirius évita délibérément de regarder la table des Gryffondor, sachant qu'il aurait cours avec les cinquième année le matin-même et que cela le stressait beaucoup. Il ne se sentait pas prêt à être le professeur de Harry. Il voulait juste rester son parrain. Mais il n'avait pas le choix. Il s'installa à sa place – c'est-à-dire entre Remus et Filius – et commença à manger. Sa curiosité l'emportant sur sa raison, il ne put s'empêcher de regarder chaque table, y compris celle de Gryffondor. Il y avait trop d'élèves. Comment allait-il pouvoir apprendre le nom de chaque élève ? Cela lui paraissait impossible. Il sortit son emploi du temps et grimaça. Il n'avait franchement pas été gâté. Il commençait avec les septième année et juste après, il avait les cinquième année. En deux heures, il allait se retrouver à devoir parler des ASPIC, puis des BUSE ! «Au moins, ce sera fait» pensa-t-il. Il avait ensuite les première année, puis il commençait l'après-midi à quatorze heures avec un double cours avec les deuxième année avant de terminer la journée avec les sixième année. Ça promettait d'être intense. Il surveilla l'heure toutes les deux minutes, ce qui amusa Remus :
- Tu as hâte de te faire manger tout cru par les septième année ?
- Non, je veux juste éviter d'être en retard, répliqua Sirius.
- On va y aller maintenant, alors. C'est toujours utile d'arriver dans sa salle de classe dix minutes avant le début du cours. Ça permet de se poser et de s'organiser.
- Bien, allons-y.
Sirius et Remus se levèrent, souhaitèrent une bonne rentrée à leurs collègues et quittèrent la Grande Salle. Ils se dirigèrent vers les escaliers, montèrent jusqu'au troisième étage et s'arrêtèrent devant la salle de sortilèges.
- C'est ici que nos chemins se séparent, annonça Remus. Ma salle se trouve au septième étage.
- Dommage, dit Sirius en faisant la moue.
- On se voit ce midi, le rassura Remus en souriant. N'aie pas peur, ça va bien se passer. Allez, passe une bonne matinée.
Remus pressa l'épaule de Sirius avant de tourner les talons et de s'éloigner. Sirius soupira et entra dans sa salle de classe. La pièce lui plut aussitôt. Il savait qu'il s'y sentirait bien. Elle était simple, grande et très éclairée. Il déposa sa mallette sur son bureau et sortit ce dont il aurait besoin. Plume, encre, parchemin, liste des élèves, programme de l'année... Il chercha en dernier le cours des septième année mais il eut beau fouiller sa mallette de fond en comble, il ne le trouva pas. Il sentit une légère panique l'envahir. Il n'avait quand-même pas oublié ça ?! Il semblerait bien que oui. Mais qu'allait-on faire de lui ?! Il se demanda où il avait pu mettre son cours avant de se souvenir que, la veille au soir, il avait relu celui des septième année avant de se coucher. Il l'avait posé sur sa table de chevet. Et il devait sûrement y être encore. Bon. Il était de toute évidence trop tard pour qu'il puisse aller le chercher. Il allait donc devoir improviser. Il ne connaissait pas assez par coeur ce cours pour pouvoir le délivrer sans ses notes. Il valait mieux qu'il fasse autre chose. Mais quoi ? Il n'avait pas d'idée qui lui venait. Bon, déjà, il fallait qu'il leur parle des ASPIC. Cela prendrait facilement dix minutes. Voire plus s'il y avait des questions. Il leur présenterait ensuite le programme de l'année. Une chance qu'il ne l'ait pas mis sur le même rouleau que le cours en lui-même ! Il pourrait là aussi tenir environ dix minutes là-dessus. Il resterait quarante minutes à occuper. Et s'il leur demandait de remplir une fiche de renseignements ? Remus lui avait dit que cela se faisait, dans certaines écoles moldues. Il leur laisserait un bon quart d'heure pour remplir cette fiche, au cas où des élèves écriraient très lentement. Et après... eh bien, il aviserait. Il en était là dans ses réflexions lorsqu'il entendit du bruit derrière la porte. Les septième année étaient arrivés. Il prit une grande inspiration, se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Il invita ses élèves à entrer, ce qu'ils firent en bavardant joyeusement. Lorsque tout le monde fut installé, il prit la parole :
- Silence, s'il vous plaît !
Il obtint aussitôt ce qu'il voulait. Loin de le rassurer, cela le rendit mal à l'aise. Il craignait que les élèves aient peur de lui. Il avait l'impression que les mots «Ancien prisonnier et évadé d'Azkaban» étaient marqués en permanence sur son front et que les gens le jugeaient pour cela. Il ne vit pourtant pas de peur dans le regard de ses élèves. Il se raisonna et se dit qu'ils avaient obéi uniquement parce qu'ils ne le connaissaient pas et qu'ils ne savaient donc pas ce qu'il aurait pu faire s'ils ne l'avaient pas écouté. Il sortit de ses pensées et s'adressa aux quarante adolescents qui le regardaient :
- Bonjour à tous ! J'espère que vous avez passé de bonnes vacances et que vous en avez profité pour bronzer. Ce qui a l'air d'être le cas pour certains d'entre vous. Pour ceux qui sont roux, ne vous en faites pas, il ne suffit pas d'avoir les cheveux oranges pour ne pas arriver à bronzer même en restant toute la journée sous le soleil ! Je compatis avec vous, en tout cas. Je sais à quel point c'est frustrant de revenir à Poudlard en septembre et de voir que plein de vos camarades ont bronzé alors que vous, tout ce que vous avez récolté, ce sont des coups de soleil. Bref, je sais que vous allez me haïr pour ça mais je vais vous parler de ce qui vous attend à la fin de l'année. Quelqu'un a une idée de ce que c'est ? Oui? Non ? Allons, ne soyez pas timides !
Une main timide se leva du côté gauche de la salle.
- Oui, je vous écoute ?
- Les ASPIC ?
- Exact. Je suis sûr que tout le monde le savait puisque l'année dernière, tous les professeurs ont dû vous le rabâcher. C'est très long et assez frustrant, la sixième année. Vous entendez parler pendant dix mois d'un examen que vous ne passez même pas cette année-là. Mais c'est essentiel pour vous y préparer. Qui peut me rappeler ce que signifie le sigle ASPIC ?
Cette fois, davantage de mains se levèrent. Les élèves semblaient s'être un peu détendus en constatant que leur professeur ne s'était toujours pas jeté sur eux pour les Avada Kedavariser. Il interrogea un garçon situé tout au fond à droite.
- Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Contraignante.
- C'est cela. C'est un diplôme très important puisqu'il vous sera nécessaire pour intégrer bon nombre de formations. Mais il ne suffit pas d'avoir eu un ASPIC dans les matières concernées par la formation pour pouvoir l'intégrer. Il y a aussi souvent une note minimale requise. Tout cela a dû vous être expliqué lors de votre cinquième année durant le conseil d'orientation mais je préfère m'assurer que ce soit clair. Je suppose que vous êtes plusieurs à ne toujours pas savoir ce que vous voulez faire à Poudlard et à avoir gardé toutes les matières pour ne pas vous retrouver pris au dépourvu lorsque vous aurez finalement choisi une formation. Vous n'avez pas à vous en faire pour les sortilèges, cette matière est obligatoire pour tous les élèves jusqu'aux ASPIC. Si vous souhaitez parler de vos doutes, de vos incertitudes ou si vous avez des questions, n'hésitez pas à venir me voir. On fera de toute façon un point dans l'année pour savoir où vous en êtes. Je tiens à préciser que si vous choisissez une formation d'ici les prochaines semaines, vous pouvez arrêter les matières que vous n'avez pas à suivre. S'il y a un professeur qui veut vous obliger à la continuer alors que ce n'est pas nécessaire, vous devez en référer à votre directeur ou à votre directrice de maison.
Sirius s'aperçut soudain qu'il parlait désormais sans s'arrêter et que les élèves l'écoutaient dans un silence quasi religieux. Ils semblaient absorbés par ses paroles. Il se souvenait pourtant que lui-même n'écoutait que d'une oreille les professeurs qui leur faisaient ce discours durant sa septième année. Un peu gêné, il se retrouva à court de mots pendant quelques secondes. Puis il reprit le fil de ses pensées :
- D'ailleurs, en parlant de choix de formation, que vous sachiez déjà ou non celle que vous allez suivre, j'aimerais que vous l'indiquiez sur la fiche de renseignements que je vais vous demander de remplir. Cela me permettra de mieux vous connaître et de savoir s'il y a des élèves avec lesquels je dois m'entretenir. Rassurez-vous, je ne vous veux aucun mal, bien au contraire. Je veux juste vous aider si besoin est. Bien, je vais vous parler à présent de ce que j'attends de vous aux ASPIC. Comme lors des BUSE, l'examen sera composé d'une partie théorique et d'une partie pratique. La seule chose qui change, c'est que la partie théorie durera trois heures et non pas deux heures. La partie pratique durera à peu près le même temps que celle que vous avez passée aux BUSE, à savoir cinq à sept minutes. Si la partie théorique dure plus longtemps aux ASPIC, c'est parce que l'examen est plus long, tout simplement. On vous demande de vous baser sur presque toutes vos années d'études, et non pas deux ou trois comme lors des BUSE. En ce qui concerne le contenu de l'examen, nous en parlerons plus tard. Sachez qu'au cours du mois de mars ou d'avril, vous aurez un devoir sur table qui ressemblera fortement à l'examen afin de vous y préparer. Vous aurez ce genre de devoir dans presque toutes les matières. Votre emploi du temps sera donc un peu chamboulé durant cette période. Je crois vous avoir tout dit concernant les ASPIC. Est-ce que vous avez des questions ? Non ? Personne ? Bon, si vous souhaitez me poser des questions à ce sujet ou à propos des cours, mon bureau est ouvert jusqu'à l'heure du couvre-feu. Si je n'y suis pas, il se peut que je sois dans cette salle. Je suppose que vous ne le savez pas encore mais mon bureau se trouve au cinquième étage, près de la tour Ouest. Je vais désormais aborder le programme de l'année. Nous allons d'abord étudier les sorts de magie élémentaire. Puis nous verrons tous les sorts qui peuvent être utiles dans la vie de tous les jours. Il y aura également une partie sur la magie sensorielle. Enfin, il y aura le prolongement de l'étude des sortilèges informulés que vous avez commencés à voir en sixième année. Il est compliqué d'apprendre à lancer absolument tous les sorts en seulement deux ans mais on sacrifiera des cours de révisions si, à la fin de l'année, vous n'avez pas pu voir tous les sortilèges en informulés. Bien sûr, il y a des sortilèges que vous ne pourrez pas maîtriser à la perfection à la fin de l'année, il faut bien plus de temps que cela. Mais je veux que nous les voyions tous au moins une fois. Bien, je vois qu'il est déjà neuf heures et demie, je vais vous noter au tableau ce que vous devez m'indiquer sur votre fiche de renseignements. Je vous laisserai un quart d'heure pour la rédiger.
Sirius se retourna et nota les informations qu'il voulait sur le tableau. Puis il s'assit à son bureau et laissa les élèves remplir leur fiche. Il était content car parler des ASPIC et du programme de l'année avait pris plus de temps qu'il ne le croyait. En fait, il n'allait pas être obligé de commencer le premier cours. Il ne lui resterait pas assez de temps pour cela. Mais il allait quand-même devoir occuper les quinze dernières minutes. Il cherchait quelque chose d'utile à proposer à sa classe quand son regard se posa sur sa liste d'élèves. Une idée lui vint alors à l'esprit. Quelques minutes plus tard, il fit venir à lui d'un Accio informulé les parchemins qui s'empilèrent d'eux-mêmes sur le bureau.
- Bien, il nous reste un quart d'heure, c'est largement suffisant pour un petit exercice de mémoire. Ne vous inquiétez pas, ça a plus l'allure d'un jeu qu'autre chose. Vous allez à tour de rôle me donner un sort qui commence par une lettre de l'alphabet. Tant qu'à faire, faites-le dans l'ordre alphabétique. Vous allez me décrire le geste, la formule ainsi que les effets. Si vous ne vous en souvenez pas, un de vos camarades pourra évidemment prendre le relais. Bien, commençons à droite.
Les élèves semblaient conquis par cette idée. Ils participèrent avec entrain, rendant l'exercice fluide et dynamique. La fin du cours arriva cependant trop vite, si bien qu'ils n'avaient pu faire que quelques lettres. Les élèves sortirent pour se rendre à leur cours suivant tandis que Sirius se préparait à accueillir les cinquième année. Heureusement, il avait juste oublié le cours des septième année. Il avait sur lui les autres cours de la journée. Il était soulagé de constater que son premier cours s'était bien passé et il espérait de tout coeur qu'il en serait de même avec la classe de Harry.
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Au même moment, POV Harry
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Harry était plutôt satisfait de son premier cours de botanique. Vu que le professeur Chourave avait passé l'heure à parler des BUSE et des plantes qu'ils allaient étudier durant l'année, il n'avait pas eu à adresser la parole à Malfoy. Ce serait probablement le cas lors du premier cours de chaque matière. Malfoy n'avait de toute façon pas vraiment fait attention à lui. Il avait été trop occupé à parler avec son ami Zabini qui était assis juste derrière lui. Harry avait autant plaint sa camarade Kellah qu'il s'était plaint lui-même. Il n'avait évidemment pas attendu Malfoy en sortant des serres et s'était rendu au cours de sortilèges avec Ron et Hermione. Il était un peu stressé. Il n'était pas à l'aise à l'idée d'avoir Sirius comme professeur. Il avait été ravi d'apprendre qu'il allait enseigner à Poudlard mais juste parce qu'il pourrait ainsi le voir presque tous les jours. Lorsqu'ils arrivèrent à la salle de sortilèges, la porte était déjà ouverte. Les élèves de la classe précédente devaient déjà être sortis. Soit c'était le professeur Chourave qui avait libéré la classe de Harry un peu tard, soit c'était Sirius qui avait libéré ses élèves un peu tôt. Quoi qu'il en soit, Harry espérait que le premier cours de Sirius s'était bien passé. Celui-ci ne tarda pas à apparaître sur le seuil de la porte, invitant les élèves à rentrer. Harry se demanda un instant s'il était possible qu'il demande à Sirius de lui faire une dérogation pour ne pas avoir à s'asseoir à côté de Malfoy, prétextant être allergique aux idiots et aux cheveux blonds peroxydés. Mais ce n'était pas envisageable, il le savait bien.
- Allez, installez-vous, j'ai beaucoup de choses à vous dire ! Et n'oubliez pas de vous mettre par binôme.
Bizarrement, plusieurs élèves déjà installés changèrent de place après les paroles de leur professeur. Harry ne put retenir un sourire. Certains devaient être aussi réticents que lui à l'idée de s'asseoir à côté de leur binôme. Mais lui, au moins, n'essaya pas de se soustraire à la règle. Il s'installa à côté de Malfoy en l'ignorant royalement. Mais le Serpentard, lui, semblait s'être souvenu de son existence.
- Potter, tu peux me passer du parchemin ?
- S'il te plaît mon chien ?
- Tu parles de qui ? De ton cabot de parrain ?
Harry se tourna brusquement vers Malfoy et le fusilla du regard. Se rappelant qu'il ne voulait plus de conflits avec lui, il fit un effort surhumain pour ne pas lui répondre. Mais Malfoy, lui, n'avait pas décidé de le lâcher.
- Bon, il vient quand, ce parchemin ?
- Demande à quelqu'un d'autre, répondit Harry, les dents serrées.
- Ce n'est pas très gentil, Potter. Je suis ton binôme, tu devrais me venir en aide. Et puis je suis préfet. Tu me dois le respect.
- C'est dans le rôle des préfets de racketter leurs camarades ? Car c'est ni plus ni moins ce que tu es en train de faire, Malfoy. Forcer quelqu'un à lui donner quelque chose qui lui appartient, c'est du racket.
Malfoy semblait s'être pris une soufflante tant il n'en revenait pas de s'être fait clouer le bec ainsi. Il adressa un regard noir à Harry qui lui répondit par un grand sourire. Leur échange s'arrêta là puisque Sirius prit la parole :
- Un peu de silence, s'il vous plaît ! Vous aviez quoi à l'instant pour être aussi bavards ?
- Botanique, professeur, répondit Anthony Goldstein.
- Et c'est la botanique qui vous rend comme ça ? Le cours était si passionnant que ça ?
- Non, professeur. C'était plutôt le contraire, déclara Seamus.
- Donc vous êtes tout le temps comme ça ? Eh ben, ça promet... Bon, j'ai votre attention, ça y est ? Alors bonjour à tous, pour commencer. J'espère que vous êtes en forme car je vais vous dire plein de choses. On va d'abord parler de l'examen que vous allez passer à la fin de l'année. Oui, je sais, ce n'est pas du tout logique, mais c'est très important alors autant commencer par ça. Est-ce que quelqu'un peut me donner le nom de cet examen ? Oui, Miss... ?
- Abbot. Ce sont les BUSE.
- Exact. Qui peut me dire ce que ce sigle signifie ?
Alors que Harry regardait discrètement si des mains se levaient, il vit du coin de l'oeil Malfoy lui voler d'un geste vif son rouleau de parchemin.
- Mais rends-moi ça ! s'écria-t-il.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui, y compris celle de Sirius.
- Un problème ? demanda celui-ci.
- Non, rien, professeur, murmura Harry.
- Alors tenez-vous tranquilles, tous les deux.
- Mais je n'ai rien fait ! protesta Malfoy.
- Oui, c'est ça. Bon, qu'est-ce que je disais ? Ah oui, je vous demandais la signification du sigle BUSE. Quelqu'un a-t-il une idée ?
Alors que Sirius interrogeait Padma Patil qui donna une bonne réponse, Harry voulut récupérer son rouleau de parchemin. Mais alors qu'il s'en emparait, Malfoy agrippa la première feuille du rouleau, ce qui eut pour effet de la déchirer lorsque Harry attira le reste du rouleau à lui. Il sentit la Pimentine lui monter aux oreilles mais il parvint à se contrôler.
- C'est tout ce que tu auras, déclara-t-il.
- Tu crois que ça va me suffire, dix malheureux centimètres de parchemin ?
- Ce sera toujours mieux que rien. Maintenant tais-toi, ou on va se faire repérer.
Harry sentit Malfoy sur le point de répliquer mais le regard que lui lança Sirius sembla l'en dissuader.
- Pour ceux qui n'écouteraient pas, sachez que je ne reviendrai pas sur tout ce que je viens de dire.
Harry baissa les yeux lorsque le regard de Sirius s'attarda sur lui.
- L'examen se composera en deux parties. Il y aura une partie théorique qui durera deux heures et une partie pratique qui durera cinq minutes environ. Je vous parlerai du contenu plus tard, enfin très prochainement puisque je vais devoir vous apprendre à faire un des exercices qui sera demandé pour la partie théorique. Ce sera un approfondissement de ce que vous deviez déjà faire lors des examens théoriques des années précédentes. Comme pour les septième année, vers mars ou avril, vous aurez un devoir sur table pour vous préparer à cet examen. Si vous connaissez des élèves en septième année, n'hésitez pas à vous renseigner auprès d'eux. Enfin, uniquement si ces élèves sont fiables, bien sûr.
Plusieurs élèves regardèrent Ron qui se mit à rougir comme une brique. Harry compatit sincèrement avec son meilleur ami. Ce n'était pas facile d'avoir des frères comme Fred et George à Poudlard. Susan lui tapota gentiment le dos, ce que Harry trouva adorable.
- Maintenant, on va passer au programme de l'année.
Harry décida à ce moment-là qu'il serait peut-être nécessaire de prendre des notes. Il aurait dû le faire avant mais il n'y avait pas pensé. Alors qu'il écrivait ce que disait Sirius, il sentit le regard de son charmant binôme sur lui. Il tourna la tête vers Malfoy.
- Tu n'es toujours pas décidé à me donner du parchemin ? demanda le Serpentard.
Harry retint un soupir. Excédé, il s'apprêtait à céder mais quelqu'un l'en empêcha :
- Garde ton parchemin, je vais le dépanner.
Harry se retourna et vit Nott donner plusieurs mètres de parchemin à Draco. Celui-ci sembla partagé entre la reconnaissance et la frustration. «Normal, il ne pourra plus m'embêter avec ça» se dit Harry. Il adressa un sourire à Nott qui, l'air d'abord surpris, le lui rendit. Harry se concentra de nouveau sur ses notes après avoir vite fait regardé Sirius qui, occupé à écrire sur le tableau, n'avait pas suivi l'échange entre Harry et les deux Serpentard. Après avoir détaillé le programme de l'année, Sirius passa à un autre sujet :
- Je souhaiterais à présent vous parler du travail en binôme. Ne faites pas cette tête-là, ce n'est pas en fuyant la discussion que les choses vont s'améliorer. Étant donné que c'est tout nouveau autant pour vous que pour moi, je vais vous laisser un peu plus de deux semaines pour le premier devoir. Cela va vous laisser le temps de vous organiser en fonction des obligations que certains d'entre vous peuvent avoir. Je ne vous demanderai peut-être pas un devoir toutes les semaines mais plutôt toutes les deux semaines afin que vous ne vous retrouviez pas trop submergés de travail. Avec les autres professeurs, nous avons eu avant-hier une réunion avec le directeur qui nous a dit qu'un devoir par semaine, ça ferait trop. Donc nous avons décidé d'assouplir ceci. Je pense également que deux devoirs sur table par mois suffiront largement. Comme nous n'avons que des créneaux d'une heure, j'empiéterai sur le cours d'un de mes collègues pour ces devoirs sur table. Il faudra que j'articule mon emploi du temps avec le vôtre pour voir quel jour et quel créneau nous conviendraient le mieux. Est-ce que, par hasard, il y aurait un jour où vous auriez métamorphose juste avant ou juste après moi ? Ou alors juste avant ou juste après la pause déjeuner ?
Harry écarquilla les yeux face à l'audace de Sirius. Il allait utiliser son amitié avec Remus pour que celui-ci accepte de lui laisser son créneau afin que Sirius ait assez de temps pour les devoirs sur table qu'il leur donnerait ! Harry n'y croyait pas. Quel culot ! Il aurait voulu dire à ses camarades «Ne lui répondez surtout pas» mais Michaël Corner s'empressa de répondre :
- Oui, le jeudi nous avons sortilèges de quinze à seize heures et métamorphose de seize à dix-sept heures. Et le vendredi, nous avons métamorphose juste avant le déjeuner.
- Parfait ! Je suis sûr que votre professeur me laissera son créneau à l'occasion.
Harry se prit la tête entre les mains.
- Revenons-en au travail en binôme. Et plus particulièrement aux devoirs que vous devrez rendre ensemble. Quand je dis «ensemble», j'entends par-là «sur le même parchemin». C'est un devoir commun, je ne vois donc pas l'intérêt de rendre exactement le même devoir sur deux parchemins différents. Ce sera à vous de vous organiser pour vous répartir équitablement les tâches. Il faut que vous rédigiez autant l'un que l'autre mais je ne vais pas m'amuser à compter les lignes de chacun. Même si je vois que la partie de l'un est un peu plus longue que la partie de l'autre, ce n'est pas bien grave, tant que ce n'est pas trop flagrant. C'est vraiment une preuve de confiance qu'on vous donne en vous demandant de travailler en binôme. Ne laissez pas à votre binôme tout le travail. Comme le directeur vous l'a dit vendredi, cela se verra dans les devoirs sur table si une des deux personnes du binôme a plus travaillé que l'autre sur les devoirs communs. Je crois que j'ai tout dit concernant ces devoirs. Si vous avez de réels soucis d'organisation, encore une fois, n'hésitez surtout pas à venir me voir. Je pourrai vous donner des solutions ou au moins des pistes. Avant de vous laisser tranquille avec ça, j'aimerais vous donner un conseil à propos de vos rapports avec les élèves des autres maisons. Même si vous passerez beaucoup de temps avec votre binôme, ça ne vous empêche pas d'essayer de vous rapprocher des élèves des deux autres maisons. Une fois de temps en temps, vous pourrez organiser des soirées détentes dans la salle de travail qui vous est proposée. Bien sûr, vous devrez être rentrés dans vos salles communes avant le couvre-feu. Mais si vous dînez vers dix-huit heures, ça vous laisse au moins deux heures à passer tous ensemble. Ça peut être vraiment agréable. Pensez-y. Ça ne devra pas se répéter tous les jours, bien entendu, mais une ou deux fois par mois, ça pourrait vous faire du bien. Bon, il nous reste dix minutes, c'est juste assez pour que vous me remplissiez une fiche de renseignements, comme je l'ai demandé à vos camarades de septième année. Je vais vous noter au tableau les informations qui m'intéressent.
Alors que Sirius se retournait vers le tableau, Harry se demanda s'il était vraiment nécessaire qu'il remplisse cette fiche. Tout ce qu'il allait y écrire, Sirius le savait déjà. Sachant que cette fiche n'était pas d'une importance vitale, il décida de s'amuser un peu.
Nom : À votre avis ?
Prénom : Vous le savez bien.
Date de naissance : j'ai fêté mes quinze ans il y a un peu plus d'un mois. Vous le savez, vous étiez là.
Matières où vous vous sentez le plus à l'aise : la vôtre, celle de votre ami (si vous voulez mon avis, il ne le restera pas longtemps quand il saura que vous voulez un de ses créneaux pour nous imposer un devoir de deux heures), celle que ce même ami a enseigné il y a deux ans, la botanique (parce qu'il faut être quand-même un peu sérieux).
Matières où vous vous sentez le moins à l'aise : toutes les autres ? Non, je plaisante. L'histoire de la magie, la divination et la matière qui est enseignée dans les cachots (mais normalement, cette année, ça devrait s'améliorer pour cette matière, clin d'oeil).
Avez-vous quelque chose à signaler ? Bah... normalement, vous savez tout sur moi, donc non, désolé.
P.S : au dos de ce parchemin se trouve la vraie fiche que vous attendez. Une fiche plus conventionnelle, si vous voyez ce que je veux dire. Je ne recommencerai pas, c'est promis. Je sais que je ne dois pas attendre de traitement de faveur et je n'en demande pas. Je voulais juste détendre l'atmosphère quand vous lirez les fiches des deux cent quatre vingt élèves auxquels vous aurez demandé de remplir cette fiche de renseignements.
Harry termina sa fiche sur ces mots. En regardant autour de lui, il remarqua que tous ses camarades avaient fini de rédiger la leur. Elles devaient sûrement être moins fournies que la sienne ! Il espérait que Sirius ne lui en voudrait pas trop. Il s'attendait à subir un savon de sa part mais il savait que ce ne serait pas bien méchant. Quelques minutes plus tard, il vit Sirius agiter sa baguette et faire venir à lui tous les parchemins. Puis il les libéra. Harry s'empressa de sortir et fut bientôt rejoint hors de la salle par Ron et Hermione. Comme les autres élèves, ils discutèrent de ce premier «cours» durant tout le temps qu'ils mirent à se rendre à leur cours de Défense Contre les Forces du Mal. Au vu des commentaires qu'il entendit, Harry sut qu'avec sa classe, Sirius avait plus que réussi sa rentrée.
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Quelques heures plus tard, POV Théo
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- Vous n'êtes pas obligés de m'accompagner tous les deux. Un de vous peut se rendre à la salle commune en attendant que l'autre revienne.
- Ça ne nous dérange pas de venir avec toi, Théo. Allez, on y va, sinon tu vas être en retard à ton cours de runes. On te laissera une fois que tu seras devant la salle, c'est promis. On sait que Crabbe et Goyle n'oseront pas t'attaquer devant tes camarades d'option.
Rassuré par la promesse de Blaise, Théo se mit en marche et fut vite imité par ses amis. Vu qu'ils ne l'avaient presque jamais accompagné à son cours de runes, ils ne savaient pas où la salle se trouvait. Théo dut donc marcher devant eux. En réalité, il se sentait apaisé de savoir ses amis derrière lui. À plusieurs reprises, il ne put s'empêcher de se retourner légèrement et discrètement afin de s'assurer qu'ils étaient toujours là. Crabbe et Goyle lui faisaient vraiment peur et il ne voulait pas se retrouver de nouveau seul face à eux. Une fois arrivés devant la salle de runes, Blaise et Draco lui souhaitèrent un bon cours, lui promirent d'être devant la porte avant quinze heures – heure à laquelle se terminait le cours – et s'en allèrent en se retournant fréquemment jusqu'à ce qu'ils disparaissent au bout du couloir. Théo regarda autour de lui, cherchant sa voisine de table préférée en runes et en arithmancie et la trouva en train de parler avec Terry Boot. Ils semblaient bien s'entendre, ces deux-là, pensa Théo. Il était d'ailleurs étonné qu'ils ne se soient jamais vraiment parlés avant. Ce n'était que la première journée de cours et ils avaient vraiment l'air d'avoir déjà des affinités. Théo était content pour eux. Cela faisait au moins un binôme qui fonctionnait. Ce qui n'était clairement pas le cas du sien. Justin Finch-Fletchley lui adressait à peine la parole et se tenait le plus éloigné possible de lui. Théo était peiné par cette attitude mais il essayait de ne pas le montrer. Heureusement, ils n'étaient pas obligés de travailler ensemble pour le moment, puisque le premier cours de chaque matière se résumait toujours à la même chose : BUSE, programme de l'année et les conditions du travail en binôme. Il n'y avait pas de cours à proprement parler. Donc pas encore de contenu pour commencer à préparer un devoir. Ce qui était bien, avec les runes, c'était que ce cours durait deux heures. Ils allaient donc pouvoir aborder le vif du sujet dès la deuxième heure. Bon, il n'y avait pas de travail en binôme dans cette matière mais Théo s'en moquait. Ce qu'il voulait, c'était un cours en bonne et due forme.
Le professeur Babbling étant toujours un peu en retard, Théo laissa vite ses pensées divaguer. Mais il fut vite sorti de sa rêverie par quelqu'un qui lui tapota l'épaule. Il fit brusquement volte-face, tendu comme un arc, avant de se détendre en reconnaissant le nouveau capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard.
- Hé, calmos, ce n'est que moi, dit Graham en levant les deux mains en l'air.
- Désolé, tu m'as fait peur, s'excusa Théo en souriant.
- Tu as de sacrés réflexes défensifs. Un peu plus et tu sortais ta baguette pour me menacer avec ! Tu es vif et rapide.
- Euh... si tu le dis, lâcha Théo, perplexe. Pourquoi voulais-tu me voir, au juste ?
- Pour savoir si tu comptais réellement participer aux sélections.
Théo maudit mentalement Draco sur plusieurs générations.
- Je peux savoir qui t'en a parlé ?
- Oh, je pense que tu le sais très bien. Mais tu n'as pas l'air content. M'aurait-il menti ?
- Non, mais ce n'est pas la question, répliqua Théo. Il aurait pu me demander ma permission avant de t'en parler.
- Il a dû penser que tu refuserais, que tu n'irais pas t'inscrire de toi-même, que tu n'aurais donc pas pu participer aux sélections et qu'une fois l'équipe constituée, tu l'aurais regretté.
Surpris, Théo haussa les sourcils.
- Chaque année il y a quelqu'un qui fait le coup au capitaine, expliqua Graham. Heureusement, Draco a pris les devants et t'a évité des regrets et une grosse frustration. Tu as de la chance d'avoir un ami comme lui.
Théo se sentit rougir à l'entente de ces mots. Il s'en voulut d'avoir maudit Draco deux minutes plus tôt.
- Après, si tu n'as vraiment pas envie de tenter ta chance, tu peux me le dire. Dépêche-toi de prendre ta décision, en tout cas. Avant la fin de la semaine, je dois savoir qui va se présenter aux sélections. Histoire que je sache comment m'organiser. Bon, je vais te laisser. Je n'ai pas cours à l'heure qu'il est mais j'ai plein de choses à faire. À bientôt j'espère.
Graham tourna les talons et commença à s'éloigner. Sachant qu'il n'arriverait jamais à se décider s'il ne le faisait pas maintenant, Théo fit son choix en une fraction de secondes.
- Attends !
Graham se retourna et revint vers Théo.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as quelque chose à me dire ?
- Oui. Je... jeserailàlorsdessélections.
- Pardon ? demanda Graham, l'air interloqué. Je n'ai pas très bien compris. Je n'ai même rien compris du tout.
- Je serai là lors des sélections, répéta Théo plus distinctement.
Le visage de Graham se fendit d'un grand sourire.
- Super ! Il y a toujours moins de candidats au poste de poursuiveur qu'aux autres postes.
- Parce que Draco t'a dit aussi que je voulais jouer à ce poste ?!
- Bah... oui. Pourquoi ? C'est faux ?
- Non, non, c'est bien le poste qui m'intéresse, reconnut Théo, agacé.
- Cool, ça m'arrange vraiment. En plus ça va faire du bien, un peu de sang neuf dans l'équipe. Surtout quand les nouvelles recrues sont agréables à regarder. Tu as pris des couleurs cet été, Théo. Ce teint hâlé te va très bien.
Théo piqua un fard monumental. Cela sembla amuser Graham qui sourit d'un air narquois.
- Rendez-vous le week-end prochain pour les sélections. Ne me fais pas faux bond, Théo. Je compte sur toi.
Graham lui fit un clin d'oeil et s'en alla cette fois-ci pour de bon. Quelques secondes plus tard, le professeur Babbling arriva.
- Ah, vous n'êtes pas partis ! Avec mon retard, j'ai eu peur.
Elle cala du mieux qu'elle put sous son bras sa monstrueuse pile de parchemins et ouvrit la porte pour laisser entrer les élèves. Théo fut l'un des derniers à pénétrer dans la salle, sachant très bien qu'il resterait toujours plusieurs tables de libres. Ils n'étaient pas très nombreux et la salle était grande. Alors qu'il cherchait une place, il croisa le regard de Hermione qui le fixait avec insistance. Surpris qu'elle ne soit pas avec Terry Boot, il la rejoignit et s'assit à côté d'elle.
- Tu comptais me fuir ? plaisanta-t-elle.
- Non, je pensais que tu étais avec ton binôme, rectifia Théo.
- Je suis avec lui en métamorphose, en sortilèges, en histoire de la magie, en potions, en Défense Contre les Forces du Mal et en botanique. Alors en runes et en arithmancie, je peux bien me permettre d'être avec toi. En plus, je doute que tout le monde ait son binôme dans ce cours. Moi, j'ai Terry, mais les autres...
- En effet, tu es une exception, dit Théo en souriant. En tout cas tu sembles bien t'entendre avec ton binôme.
- Plutôt bien, oui, admit Hermione. Tu sais, je suis une Serdaigle refoulée. C'est donc sûrement normal que je m'entende bien avec les gens de cette maison. Toi aussi tu semblais en grande discussion avant que le professeur Babbling n'arrive. Tu ne t'en fais pas, d'ailleurs. Flirter avec le capitaine de l'équipe de Quidditch de sa maison...
- Oh mais si tu veux jouer sur ce terrain... Il va bien, Viktor Krum ?
Théo eut la satisfaction de voir Hermione rougir.
- On ferait mieux de se taire, le cours va commencer, dit-elle en détournant le regard.
Théo ne répondit que par un sourire moqueur. Il était fier d'avoir renversé la situation. Mais il comptait bien avoir des confidences sur le beau bulgare qui avait réussi à séduire son amie de Gryffondor. Si elle avait esquivé le sujet avec un air tout gêné, c'était qu'à priori, Viktor et elle étaient toujours «ensemble». Il avait du mal à s'imaginer comment une relation à distance pouvait fonctionner. Bon, il n'était jamais sorti avec qui que ce soit mais il savait que ce n'était clairement pas son truc. Mais si cela rendait son amie heureuse, alors il ne pouvait que l'encourager.
Comme en botanique, sortilèges, Défense Contre les Forces du Mal et métamorphose, Théo et ses camarades subirent le traditionnel discours sur les BUSE et le programme de l'année. L'examen de runes promettait d'être dur, et cela inquiétait Théo autant que ça le motivait. Il n'aimait pas quand c'était trop facile. Il préférait devoir réfléchir. Comme Hermione, il était à moitié Serdaigle mais il savait très bien qu'il n'aurait pas pu s'épanouir dans cette maison. Enfin, intellectuellement parlant, si, mais il n'aurait pas pu s'y faire des amis comme Draco, Blaise et Pansy.
Le cours passa relativement vite. Du moins, c'était l'avis de Théo. Son jugement était peut-être un peu biaisé puisqu'il adorait cette matière. C'était l'une de ses préférées avec l'arithmancie, la botanique, les potions et les soins aux créatures magiques. Lorsqu'ils sortirent de la salle, il s'attendait à voir ses amis mais ils n'étaient pas là. Cela le surprit car ils lui avaient bien dit qu'ils viendraient le chercher à la fin de son cours. Bon, heureusement, Hermione était avec lui et elle était préfète. C'était une raison suffisante pour dissuader Crabbe et Goyle de s'en prendre à lui. Ils n'étaient pas très réputés pour leur courage. Sur le chemin qui menait à la salle de métamorphose, Hermione le relança sur Graham :
- Tu ne m'as pas répondu au sujet du capitaine de Quidditch de ta maison. Il semblait très intéressé par toi. Tout le monde l'a vu, je crois.
- Super, ironisa Théo. Ils vont être déçus parce que ce n'est pas réciproque. Je ne sais même pas si je suis prêt à sortir avec quelqu'un, de toute façon. Déjà, pour ça, il faudrait que je m'assume. Et Luna m'a dit que ce n'était pas du tout le bon moment. Les gens parlent déjà assez de moi, d'après elle.
La grimace que fit Hermione fut pour Théo la preuve que les dires de Luna étaient vraies. Il n'en avait jamais douté : il faisait entièrement confiance à son amie de Serdaigle. Il était même prêt à croire que les Joncheruines et les Nargoles existaient vraiment. Pour lui, ces bestioles étaient juste invisibles pour la plupart des gens car ils n'avaient tout simplement pas la même vision du monde que Luna.
- Je suis rarement d'accord avec ce que dit Luna mais là, je dois reconnaître qu'elle a raison. Après, c'est à toi de voir. Ça dépend si tu es prêt ou non à supporter le fait d'être encore plus au centre de l'attention.
- Franchement, non. Je préfère m'en passer. Bon, et toi ? Tu es toujours en contact avec Viktor Krum ?
Hermione rougit de nouveau.
- Oui, on s'est échangé des lettres pendant tout l'été. Il aimerait bien qu'on se voit à Noël ou lors des prochaines vacances d'été.
- C'est mignon. Ça prouve que tu lui manques. Et toi, tu aimerais bien ?
- Oui, beaucoup. Ce sera bien mieux de pouvoir se voir en vrai plutôt que se donner des nouvelles par écrit...
- Il te manque ?
- Oui. L'année dernière, on se voyait tous les jours, alors ne plus se voir du jour au lendemain, c'est un peu dur. Surtout quand on se met ensemble et qu'on doit se séparer le lendemain...
Théo fronça les sourcils.
- Tu le regrettes ?
- C'est ce que je me demande. J'aime Viktor. Ça, c'est une certitude. S'il était resté, on aurait pu vivre une belle histoire d'amour mais là on est obligé de la vivre à distance et... ce n'est pas pareil. Il manque quelque chose.
- Le contact visuel ?
- Oui. Et le contact physique, aussi. Je ne sais pas si je suis capable d'entretenir une relation à distance sur la durée, en fait. Ça me parait impossible à gérer.
- Tu devrais peut-être en discuter avec lui.
- Je trouve ça bizarre d'en parler dans une lettre, avoua Hermione. En plus, s'il met du temps à me répondre, je vais croire que je l'ai blessé, qu'il pense que je souhaite rompre alors que ce n'est pas forcément le cas et... enfin bref, c'est compliqué.
- Je vois ça, dit Théo, peiné pour son amie. Mais tu ne peux pas rester dans cette situation. Ça te prend déjà la tête, apparemment.
Hermione soupira.
- Je sais que je dois prendre une décision. Et je sais pertinemment laquelle je dois prendre. Mais je n'en ai pas envie. Et puis rompre par lettre... ce n'est pas très glorieux.
- Certes mais tu n'as pas vraiment d'autre choix. Tu ne vas pas te rendre jusque chez lui pour lui dire «Je te quitte !» et repartir juste après. Je ne sais même pas comment tu pourrais t'y prendre. Le balai et toi, ça fait deux, tu ne sais pas encore transplaner, les procédures pour se procurer un portoloin sont longues, chères et pénibles, la poudre de Cheminette n'est utilisable que si les deux cheminées sont reliées... Donc ça risque d'être légèrement compliqué.
Hermione sembla vouloir répondre mais son visage se rembrunit alors qu'elle regardait derrière Théo.
- On en reparlera plus tard. Je vais rejoindre Ron et Harry.
Hermione s'éloigna, laissant Théo seul. Mais pour quelques secondes seulement. Il comprit pourquoi son amie avait pris congé de lui aussi précipitamment lorsque Draco et Blaise le rejoignirent. Ils paraissaient soulagés de le voir.
- On est désolé de ne pas être venu te chercher, mais Draco a dû faire son devoir de préfet et j'ai été retenu par Crabbe et Goyle... Je pense qu'ils en ont fait exprès. Ce serait bien leur genre. Mais bon, au moins, ils n'ont pas pu te faire de mal.
- Non et puis j'étais avec Hermione, j'étais donc plutôt bien protégé.
Draco grimaça.
- Pour une fois qu'elle est utile à quelque chose... Mais dis donc, elle vous a lâché tôt, votre professeur de runes. Il n'est même pas quinze heures.
- Ah, je n'ai pas remarqué. Mais ça tombe bien, le professeur Lupin n'a pas encore fini son cours, ça va me laisser le temps de te dire deux mots, Draco, dit Théo en se souvenant de sa discussion avec Graham.
Draco eut l'air soudain inquiet.
- Quoi, qu'est-ce que j'ai fait ?
- Tu as vendu la mèche à Graham.
- Il m'a balancé ?!
- Il y a peu de gens qui savent que je pense à me présenter aux sélections, Draco. Il n'y a que Blaise, ton parrain et toi et je sais que tu es proche de Graham. Et il n'a pas démenti.
- Oui bah si je n'étais pas allé le voir, tu ne l'aurais pas fait et tu n'aurais pas pu passer les sélections.
- C'est ce qu'il m'a dit.
- Et alors ? Qu'est-ce qu'il t'a dit d'autre ?
- Il m'a dit que je devais vite me décider. Il est fort car il a fait en sorte de me pousser à lui donner ma réponse au moment où il partait. J'ai pris ma décision en même pas trois secondes.
- Il est très fort, en effet, approuva Draco. Donc c'est officiel ? Tu vas passer les essais pour le poste de poursuiveur ? Graham devait être ravi.
- Ça c'est moins qu'on puisse dire, ironisa Théo.
- Pourquoi tu dis ça ? s'étonna Draco.
- Rien, c'est juste qu'il était très heureux et très intéressé.
- C'est normal, je lui ai dit que tu avais un talent insoupçonné en terme de vol sur balai ! claironna Draco qui n'avait pas compris le sous-entendu de Théo.
- Oui, ça doit sûrement être pour ça, en effet.
Théo ne chercha pas à insister. De toute façon, il ne voulait pas que Draco et Blaise sachent que Graham semblait un peu trop intéressé par sa personne. Ils ne savaient peut-être pas que Graham était gay. Et s'ils comprenaient que Graham en pinçait pour lui, il avait peur que ses amis se posent des questions sur sa propre orientation sexuelle. Il l'assumait complètement, il n'en avait pas honte mais il préférait que les choses se calment avant de le faire savoir. En repensant à Graham, il se rendit compte qu'il lui avait dit oui pour les sélections alors qu'il n'en avait pas encore parlé avec le professeur Snape. Ils auraient dû avoir un entretien le lendemain du retour à Poudlard mais cela avait été repoussé. Du coup, Théo ne savait toujours pas comment il allait faire pour concilier tous ses devoirs avec les entraînements de Quidditch. Sans compter le travail en binôme. Tant pis, il n'aurait qu'à trouver une solution lui-même. Il espérait que son binôme serait compréhensif et qu'il ne râlerait pas quand il lui dirait qu'ils allaient devoir s'organiser en prenant en compte les potentiels futurs entraînements de Quidditch. Ils ne s'étaient toujours presque pas parlé et cela inquiétait beaucoup Théo. Comment allaient-ils faire pour travailler ensemble alors qu'ils s'adressaient à peine la parole ? Il allait falloir y remédier. Mais Théo ne savait pas comment faire. Et il n'eut pas le temps d'y réfléchir bien longtemps puisque la porte de la salle de métamorphose s'ouvrit. Il décida d'oublier son binôme, même s'il serait assis à côté de lui pendant toute l'heure. Ce n'était que la première journée de cours, Théo pensait donc qu'il fallait peut-être laisser le temps au Poufsouffle de se faire à lui. Il n'aurait pas trop le choix, de toute façon, puisqu'ils allaient devoir travailler ensemble pendant toute l'année. Théo espérait donc que les choses s'apaiseraient rapidement.
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(mercredi 06/09) POV Théo
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Deux jours plus tard, Théo dut se rendre à l'évidence : ses souhaits n'avaient pas été exaucés. Les choses ne s'étaient toujours pas améliorées avec Justin. Celui-ci s'obstinait à lui adresser la parole que lorsque c'était vraiment nécessaire. Du genre, quand il fallait travailler avec son binôme en cours. Et même dans ces moments-là, Justin lui faisait comprendre à quel point il aurait préféré avoir quelqu'un d'autre à côté de lui. Il lui parlait d'un ton impersonnel et froid, comme s'il voulait se convaincre que Théo n'était qu'un corps et un cerveau sans âme mais dotés de parole. Théo ne comprenait pas ce rejet. C'est pourquoi il décida de parler à Justin ce mercredi matin lorsqu'il le vit dans la Grande Salle en allant prendre son petit-déjeuner. Vu que les cours de duel n'avait pas encore commencé, ils commençaient à dix heures, ce qui ravissait bon nombre d'élèves. Après avoir avalé deux petits pains et bu un verre de jus de citrouille, Théo prit son courage à deux mains et se rendit à la table des Poufsouffle. Ernie le vit en premier et donna un coup de coude à Justin qui se retourna. Son regard se fit aussitôt dur.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il froidement.
- Je... je souhaiterais te parler.
- Eh bien vas-y, je t'écoute.
- En privé. Pas devant tout le monde.
- Pour pouvoir m'agresser tranquillement sans que personne ne te voit ? Bien essayé mais tu ne m'auras pas comme ça.
Théo resta quelques secondes sans réagir, venant de comprendre pourquoi Justin était aussi distant avec lui.
- Alors c'est ça ? Tu refuses de me parler parce que tu as peur de moi ? Je peux savoir pourquoi ? À ce que je sache, je ne m'en suis jamais pris à toi ni à aucun autre élève. Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu crois que je vais t'attaquer dès que j'en aurais l'occasion ?
- Ce n'est pas ce que tu as fait, c'est ce que tu es, répliqua Justin. Quand on est un Poufsouffle et un né-moldu, avoir comme binôme un Serpentard, Sang-Pur et fils de Mangemort, ça n'inspire guère confiance !
Théo recula d'un pas face à la violence des propos de Justin. En état de choc, il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser que la Grande Salle était plongée dans un silence pesant et que tout le monde le regardait. Incapable d'en supporter davantage, il sortit précipitamment de la Grande Salle et courut jusqu'à sa salle commune. Heureusement, elle était déserte. Il se réfugia dans son dortoir en espérant que Draco et Blaise ne viendraient pas le voir. Évidemment, ce souhait-là non plus ne fut pas exaucé. À peine s'était-il recouché, la tête dans l'oreiller, qu'il entendit ses rideaux s'ouvrir.
- Laissez-moi, dit-il d'une voix étouffée.
Il n'y eut pas de réponse mais en percevant le bruit de leurs pas, Théo sut que ses amis s'approchaient. Il sentit quelqu'un s'asseoir sur son lit avant qu'une main ne vienne caresser ses cheveux. Il la reconnut aussitôt. C'était celle de Pansy.
- Théo, ça ne sert à rien de te cacher. Ça ne fera pas ravaler ses paroles à ce crétin de Poufsouffle. Et puis le professeur Snape veut te voir dans son bureau.
Théo baragouina quelque chose dans son oreiller.
- Pardon ? Je ne parle pas encore la langue des Trolls, se moqua Pansy.
- Je n'ai pas envie de le voir, répéta-t-il plus distinctement.
- Oui mais ça ce n'est pas toi qui le décide. Si tu refuses d'y aller, ça ne fera que retarder l'échéance car s'il veut te parler, il viendra jusqu'ici pour le faire. Et puis on a potions en fin de journée. Tu ne pourras pas l'éviter éternellement. À moins que tu veuilles sécher son cours.
- Ne dis pas n'importe quoi...
- Alors va le voir. C'est ton directeur de maison, c'est à lui de régler ce genre de problèmes. Tu aurais dû lui en parler plus tôt, d'ailleurs.
Théo soupira. Pansy avait le don d'insister et de le convaincre sans même l'énerver. C'était bien pour cela que Blaise et Draco n'étaient pas intervenus. Alors qu'il remettait ses chaussures, une pensée lui traversa l'esprit.
- Mais s'il commence à neuf heures, il va rater le début de son cours...
- Il est huit heures quinze, il a largement le temps de te dire ce qu'il a à te dire. Après, si tu ne veux pas le mettre en retard, sois coopératif et réponds honnêtement à toutes ses questions. Sinon tu auras sa mauvaise humeur sur la conscience, le prévint Draco.
Théo leva les yeux au ciel tout en terminant de lacer ses chaussures.
- Je lui dirai tout ce qu'il voudra entendre, promit-il.
Il attrapa sa baguette, sortit du dortoir et de sa salle commune et se rendit au bureau du professeur Snape. Il frappa et ouvrit la porte lorsqu'il en eut la permission. Le Maître des Potions leva le regard vers lui.
- Bonjour, M. Nott. Veuillez vous asseoir, je vous prie.
Théo obéit et s'installa sur la chaise en face de son directeur de maison.
- Je craignais que vous ne veniez pas.
- Si vous voulez, je peux repartir tout de suite, répondit aussitôt Théo en se levant déjà.
- Vous faites ça, vous gagnez une semaine de retenue, lâcha le professeur Snape.
Face à une telle menace, Théo décida qu'il valait mieux pour lui de rester là où il était.
- Bien. Tout comme vous, j'étais dans la Grande Salle il y a une quinzaine de minutes et j'ai entendu ce que vous a dit M. Finch-Fletchley. J'imagine que vos relations ne doivent pas être très bonnes depuis la rentrée pour qu'il vous ait dit une chose pareille ?
- En effet, admit Théo, se rappelant avoir promis à Draco de répondre honnêtement aux questions de leur professeur.
- Pourquoi n'êtes-vous pas venu m'en parler ?
- Parce qu'il ne m'a rien dit de méchant jusque-là. Il se contentait juste de m'ignorer autant que possible.
- Cela représente tout de même une difficulté majeure au sein d'un binôme. Vous auriez dû m'en informer. Avez-vous essayé d'établir le contact avec lui ?
- C'est ce que je n'arrête pas de faire. Mais à chaque fois, j'ai l'impression de m'adresser à un mur. Professeur... est-ce qu'il serait possible de changer de binôme ? Justin ne semble pas prêt à travailler avec un fils de Mangemort.
- Navré mais les binômes ont été faits et ils ne sont pas interchangeables. Mais si vous le souhaitez, je peux vous convoquer en même temps que votre binôme afin que vous puissiez vous expliquer.
- Non, il va croire que je suis allé me plaindre auprès de vous si vous le convoquez. Je vais essayer de régler ça moi-même.
- M. Nott, je vous conseille vivement d'accepter ma proposition.
- Ce ne sera pas la peine, professeur. Justin doit avoir une bonne âme s'il a été envoyé à Poufsouffle. Je n'ai aucun préjugé envers aucune maison, mais les Poufsouffle sont quand-même connus pour être gentils. Je pense que Justin a juste peur. Lors de notre deuxième année, il a fait partie des personnes qui ont été pétrifiées par le Basilic sous l'ordre de quelqu'un qui voulait exterminer tous les nés-moldus de l'école. Et ce quelqu'un, ce n'était ni plus ni moins Vous-Savez-Qui. Les Mangemorts étaient ses partisans, et il sait que mon père en était un. C'est donc normal qu'il ait peur. Mais je vais essayer de gagner sa confiance. J'ai une amie qui pourra m'y aider, je pense.
- Bien, je ne vais pas insister. Je vous conseille seulement de ne pas chercher à vous expliquer avec lui tout de suite. Laissez passer la fin de la semaine. Mieux vaut que les tensions retombent avant que vous n'essayez de lui parler.
- Très bien, j'attendrai.
- Pendant que vous êtes là, j'aimerais vous parler d'autres choses. Je vous trouve anxieux, depuis le début de la semaine. Vous semblez toujours sur le qui-vive. Est-ce que vous vous sentez bien ?
- Oui, ce n'est rien. Ça va passer.
Bien qu'il mentait, Théo réussit à soutenir le regard du professeur Snape qui le fixa pendant de longues secondes.
- Si vous le dites. À la fin des vacances, je vous ai dit que je vous convoquerais le lendemain du retour à Poudlard pour parler de diverses choses. J'ai dû reporter, comme vous le savez, mais ce n'est pas annulé. Je vous propose de venir à mon bureau samedi à seize heures afin que nous discutions de tout cela. Est-ce que cela vous va ?
- C'est parfait.
- Dans ce cas vous pouvez y aller.
Théo remercia son professeur et sortit de son bureau. Il se rendit compte qu'il se sentait un peu plus léger. Mais cette sensation disparut rapidement lorsqu'au détour d'un couloir, il tomba sur Crabbe et Goyle. Il se liquéfia sur place, terrorisé. Il réalisa qu'il était tout seul, sans ses amis pour le défendre. Avec ce qu'il s'était passé dans la Grande Salle, ils avaient tous oublié la menace qui planait sur Théo. Ses amis n'avaient donc pas pensé à l'accompagner jusqu'au bureau du professeur Snape et à l'attendre pour retourner au dortoir ensemble. Il ne savait pas quoi faire. Parce qu'il n'y avait rien à faire. Il était en infériorité. Quoi qu'il fasse, il se ferait laminer. D'ailleurs, il se retrouva vite avec deux baguettes pointées sur lui. Crabbe et Goyle le firent reculer jusqu'à un cachot dans lequel ils le firent entrer. Il eut un instant l'idée de crier. Le bureau du professeur Snape n'était pas très loin. Mais le temps qu'il arrive, ses deux compagnons de dortoir avaient le temps de lui jeter plusieurs sorts dont il aurait sûrement du mal à se relever.
- On t'avait dit qu'on ne te lâcherait pas, dit Goyle alors que Crabbe fermait la porte du cachot. On ne va pas te retenir très longtemps, ne t'inquiète pas. On ne sait pas quel cachot Snape va utiliser pour son premier cours, ce serait bête qu'il nous tombe dessus. Nous allons juste te laisser un petit souvenir de nous.
Avant qu'il n'ait le temps de réagir, Théo se retrouva plaqué contre le mur par Goyle qui le bâillonna avec sa main. Crabbe lui saisit le poignet droit et le lui tordit violemment. Le cri de douleur que poussa Théo fut étouffé par la main de Goyle. Il la retira au bout de quelques secondes et libéra également Théo du poids de son corps.
- Nous avons été gentils pour cette fois. Nous comptons t'user petit à petit. Tu n'en as pas fini avec nous, Théo.
Crabbe et Goyle s'en allèrent, le laissant seul avec sa douleur et son poignet probablement cassé. Il ne pouvait pas rester comme ça. Il n'était pas un adepte de l'infirmerie mais, bien qu'il soit ambidextre, il avait besoin de sa main droite. Il sortit donc du cachot et se traîna jusqu'à l'infirmerie. Lorsqu'il entra, il fut aussitôt accueilli par Mme Pomfrey.
- M. Nott, que puis-je faire pour vous ?
- Je... je suis tombé et je me suis fait mal au poignet.
- Vous commencez bien la journée. Montrez-le-moi.
Théo tendit sa main à l'infirmière qui manipula doucement son poignet. Il essaya de masquer ses grimaces mais Mme Pomfrey n'avait pas besoin de voir les expressions de son visage pour constater l'état de son poignet.
- Vous n'avez pas fait semblant. Fracture du poignet. Bon, ça se répare vite, rassurez-vous. Une potion à prendre trois fois par jour pendant cinq jours, un bandage et votre poignet sera rapidement guéri. Vous êtes gaucher ou droitier ?
- Les deux.
- Oh ça ira alors. Buvez-moi cette potion pendant que j'immobilise votre poignet.
Théo prit la fiole que lui tendait Mme Pomfrey et la but pendant que l'infirmière enroulait une bande autour de son poignet.
- Et voilà. Avez-vous cours, actuellement ?
- Non, je commence à dix heures.
- Tant mieux, vous n'aurez pas à justifier un quelconque retard. Vous pouvez y aller mais si des douleurs persistent au-delà de cinq jours, n'hésitez pas à revenir me voir.
Théo acquiesça et sortit de l'infirmerie. Il retourna à son dortoir tout en sachant qu'il allait subir un interrogatoire de la part de ses amis lorsqu'ils verraient son poignet bandé. Et cela ne manqua pas. À peine eut-il rejoint Draco, Blaise et Pansy que cette dernière remarqua son bandage.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Étant donné qu'elle n'était pas au courant des menaces de Crabbe et de Goyle, il s'apprêta à mentir. Mais elle le surprit en demandant :
- Ce sont les deux gorilles ?
Il regarda Pansy avec des yeux ronds. Son amie leva les siens au ciel.
- Tu ne croyais quand-même pas que Draco et Blaise allaient me laisser dans l'ignorance ?
Théo lança un regard accusateur à ses deux amis.
- Pansy est notre meilleure amie, Théo, répliqua Draco, nullement impressionné. On ne pouvait pas l'écarter de tout ça. Elle n'est pas allée voir notre directeur de maison, si c'est ce qui t'inquiète. Elle est fiable, tu devrais le savoir depuis le temps.
- Oui, c'est vrai, admit Théo, honteux. Excuse-moi, Pansy. C'est juste que c'est déjà assez humiliant comme situation alors je n'ai pas envie que...
Il ne put terminer sa phrase car Pansy vint le prendre dans ses bras. Théo sentit les larmes lui monter aux yeux face à ce geste débordant de tendresse. Il n'était pas conscient que c'était exactement ce dont il avait besoin et, pourtant, cela lui faisait un bien fou. Il se laissa aller dans les bras de son amie, se reposant entièrement sur elle. Parfois, il se demandait comment elle faisait pour soutenir tout le monde sans jamais craquer. Car c'était toujours elle qui était là pour distribuer les câlins quand ils en avaient besoin. Ils avaient énormément de chance de l'avoir comme amie. Lorsqu'elle le libéra de son étreinte, elle lui prit sa main valide et l'entraîna jusqu'au lit sur lequel elle le fit s'asseoir.
- Maintenant tu nous racontes tout.
Théo relata alors à ses amis ce qui s'était passé. Comme il s'y attendait, Draco et Blaise s'en voulurent.
- On n'aurait pas dû te laisser tout seul. On n'aurait pas dû baisser la garde ! se fustigea Draco. Mais comment a-t-on pu oublier que tu avais Crabbe et Goyle sur le dos ?!
- Ma prise de tête avec Justin au petit-déjeuner nous a tous déstabilisés. C'est normal qu'on ait oublié Crabbe et Goyle. Ce n'étaient pas eux, le centre de nos préoccupations à ce moment-là.
Draco grimaça.
- C'est vrai. Mais ça ne doit plus se reproduire. De toute façon, maintenant que Pansy est au courant et que tu le sais, elle pourra te protéger. Ce sera comme avec Granger avant-hier. Pansy est préfète, ils n'oseront pas t'attaquer en sa présence.
Théo se laissa facilement convaincre. Il n'avait pas trop le choix, de toute façon. Il savait que ses amis ne le lâcheraient pas. Ils restèrent dans le dortoir – que Pansy avait définitivement adopté... à moins que ce soit l'inverse – avant de se rendre à leur premier cours de la journée, à savoir la botanique. C'était vraiment un des cours préférés de Théo. Il ignorait s'il allait en faire son métier, étant également intéressé par les potions mais il allait de toute façon faire une double formation sur ces deux domaines. Ils arrivèrent avec un peu d'avance aux serres. Le binôme de Théo était déjà là. Lorsque Théo le vit, il fut surpris d'éprouver de la rancoeur. Bon, il n'avait pas vraiment digéré ce que Justin lui avait dit dans la Grande Salle. Le professeur Snape avait raison : mieux valait laisser passer quelques jours avant de s'expliquer avec lui. Au moins, cette fois, Théo n'allait pas s'acharner à essayer de communiquer avec son binôme. Il allait l'ignorer, lui aussi. Chacun resterait de son côté et les hippogriffes seraient bien gardés.
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(jeudi 07/09) POV Ginny
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Alors qu'elle se rendait à la salle commune de Gryffondor, Ginny espérait qu'elle n'allait pas se faire envoyer bouler. Comme plusieurs élèves, elle rencontrait un problème : elle voulait se présenter aux sélections de son équipe et elle devait dans le même temps commencer à s'organiser avec son binôme de travail, même s'il n'y avait pas encore de devoirs à rendre. Seulement, Simon, son binôme, comptait lui aussi intégrer l'équipe de Quidditch de sa maison mais aucun d'entre eux ne savaient quand auraient lieu les entraînements. C'est pourquoi Ginny se dirigeait vers sa salle commune dans l'espoir d'y trouver Angelina. Et, effectivement, lorsqu'elle entra dans sa salle commune, elle vit Angelina qui était en train de parler avec Fred. Ginny hésita un instant à les interrompre. Fred semblait bien parti dans sa tentative de séduire Angelina. Ginny savait que cela faisait deux ans que Fred essayait de sortir avec elle, sans succès. Mais là, Ginny devait urgemment parler à la Capitaine. Fred pouvait bien attendre une journée de plus. Il n'était plus à ça près. Elle les rejoignit donc comme si de rien n'était.
- Coucou ! Je ne vous dérange pas ?
- Non, penses-tu, railla Fred.
- Tant mieux, mais ce n'est pas toi que je viens voir.
- C'est moi, alors, dit Angelina en souriant.
- Oui. Je souhaiterais me présenter aux sélections la semaine prochaine et, dans le cas où je serais prise, j'aurais besoin de connaître les jours et les horaires des entraînements pour pouvoir m'organiser d'ores et déjà avec mon binôme. C'est assez urgent car d'ici demain ou lundi on nous donnera déjà des devoirs à rendre.
Angelina soupira.
- Harry et Ron sont venus me voir pour la même chose. C'est bien beau cette histoire de binômes mais Dumbledore aurait pu en informer les capitaines bien plus tôt... Je vais donc te répondre la même chose qu'à Harry et Ron : je ne sais pas encore quand auront lieu les entraînements. Je n'y ai pas encore réfléchi. Pour l'instant je dois gérer les inscriptions aux sélections, mes cours et j'ai déjà également des devoirs à rendre. De plus, je ne peux pas prévoir le jour et l'heure des entraînements tant que l'équipe n'est pas constituée puisque, si je choisis Ron, je vais devoir prendre en compte ses rondes de préfet. Donc je suis désolée mais je ne peux rien te dire pour le moment. Mais s'il y a des jours où tu finis à seize heures, tu peux déjà réserver le créneau de seize à dix-sept heures pour une séance de travail en binôme. En semaine, les entraînements ne commenceront pas avant dix-sept heures. Et le week-end, on avisera. On verra ça tous ensemble.
- Super, ça me donne déjà deux créneaux. Merci, je vais rejoindre mon binôme.
- Il s'appelle comment, déjà ? demanda Fred.
- Simon Harper.
- Il est de quelle maison ?
- Serpentard.
- Oh. Pas de chance.
- Détrompe-toi, c'est quelqu'un de très gentil.
- Tiens donc, serait-ce le successeur de Michaël Corner ?
Ginny leva les yeux au ciel.
- Ce n'est pas parce que je défends un garçon que je suis intéressée par lui. Je suis capable d'entretenir une amitié avec quelqu'un du sexe opposé sans arrière-pensées, moi.
Ginny quitta la salle commune sur ces mots et retourna à la salle des binômes. Elle constata que Simon était déjà de retour. Lui aussi étant allé chercher des informations auprès de son capitaine, elle espéra qu'il était reparti moins bredouille qu'elle.
- Alors, Montague t'a donné des infos ? demanda-t-elle en s'asseyant en face de lui.
- Non, il n'a rien voulu me dire. Ou, plutôt, il n'a rien pu me dire. Il m'a dit que tant qu'il n'avait pas la compo de l'équipe, il ne pouvait pas savoir quand seraient libres les futurs membres de l'équipe. En plus, comme si ce n'était pas déjà assez le désordre comme ça, il y a les deux préfets de notre maison qui vont participer aux sélections ! S'ils sont pris, ça va être la galère pour trouver des créneaux où ils seront libres pour les entraînements de Quidditch.
- C'est exactement ce qu'Angelina m'a dit. Nous, ça va, il n'y a qu'un préfet qui se présente.
- C'est déjà trop, jugea Simon. Ils devraient être interdits de Quidditch, sérieux. Ils sont déjà bien assez occupés pour rajouter des entraînements dans leur emploi du temps !
- Oui mais il y a déjà deux créneaux où on peut travailler ensemble, tempéra Ginny. Le mercredi, on finit à seize heures. Ça nous laisse au moins une heure vu que les entraînements n'auront pas lieu avant dix-sept heures. Et le vendredi, on finit à midi puisqu'on n'a ni étude des moldus, ni arithmancie. Sans compter le mercredi où on est libre de midi à quinze heures puisque nous ne faisons pas runes et, si on ne prend pas duel, le jeudi, on commence à dix heures. Ça nous laisse du temps pour travailler ensemble.
- C'est vrai. En plus, les devoirs de sortilèges, de métamorphose, de Défense Contre les Forces du Mal et de botanique sont assez courts. Ils sont plus rapides à rédiger que les devoirs de potions et d'histoire de la magie, en tout cas. D'ailleurs, quelles sont les matières où tu es le plus à l'aise ? demanda Simon d'un ton curieux.
- Sans réfléchir, je te dirais «toutes», mais si je dois vraiment en choisir quelques-unes, je dirais les sortilèges, la métamorphose, la botanique et les potions. Et toi ?
- La métamorphose, la Défense Contre les Forces du Mal et l'histoire de la magie.
Ginny éclata de rire.
- On va bien se compléter ! Mais tu n'as pas d'affinités avec les potions ?
- Hé non, j'ai beau être un Serpentard, ce n'est pas mon domaine de prédilection. En considérant tous mes devoirs depuis la première année, je dirais que quatre-vingt quinze pour cent de mes notes sont des Acceptable. Je n'ai jamais eu de notes en-dessous et j'ai du avoir deux ou trois Effort Exceptionnel, pas plus. Mais quand j'ai des Acceptable, j'ai souvent treize, donc si je travaillais un tout petit peu plus, je pourrais avoir plus souvent des Effort Exceptionnel.
- Mais pourquoi tu ne travailles pas plus, alors ? s'étonna Ginny.
- Pour décourager mon père.
- Comment ça ?
- Il est Auror et il veut que je le devienne également. Comme il faut un ASPIC en potions pour pouvoir accéder à cette formation, il veut donc que je poursuive les potions jusqu'en septième année. Sauf que le métier d'Auror, ça ne m'intéresse pas du tout. Le seul moyen pour qu'il me lâche avec ça, c'est que je ne sois pas aussi bon en potions qu'il le faudrait.
- Oh... Mais c'est du gâchis, constata Ginny, troublée. Tu as visiblement des prédispositions en potions et tu ne peux même pas en profiter... Tu sais ce que tu veux faire, comme métier ?
- Non, pas encore. Et toi ?
- Moi non plus. Mais on a encore un peu de temps pour y réfléchir.
- Heureusement, approuva Simon en souriant. Bon, vu qu'on n'a pas encore de devoirs à rendre, j'ai prévu de rejoindre mes amis. Ça ne te dérange pas si j'y vais maintenant ?
- Non, on n'a vraiment rien à faire pour le moment. Et on ne peut pas encore organiser efficacement nos séances de travail. J'ai juste noté les quatre moments de la semaine où nous sommes sûrs d'être libres.
- Super. Je pense que lundi, tous les professeurs vont nous donner leur premier devoir en même temps.
- La poisse pour nous, c'est la pire journée de la semaine. On fait du non-stop de huit à dix-sept heures. Mais on pourra se voir à la fin des cours. On n'aura pas encore d'entraînement à ce moment-là.
- D'accord, on fait comme ça. Passe une bonne fin de journée.
Simon prit son sac et s'en alla. Ginny le suivit du regard, un sourire aux lèvres. Elle aimait vraiment bien son binôme. Le courant était vite passé entre eux, comme diraient les moldus. Une fois Simon parti, elle prit son cours de potions du jour et remit de l'ordre dans ses notes. Pour réviser ou rédiger un devoir, c'était beaucoup plus facile de s'aider de ses notes si elles étaient bien ordonnées. Une trentaine de minutes plus tard, son cours était soigneusement réécrit au propre. N'ayant rien d'autre à faire, elle décida d'aller se reposer dans son dortoir jusqu'au dîner. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la salle réservée aux binômes, elle fut appelée par quelqu'un :
- Weasley, attends !
Elle se retourna et fut à peine surprise de voir qu'il s'agissait de Zabini. Elle essaya de ne pas rougir en repensant à ce que Malfoy lui avait dit dans le train.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle poliment.
- Tu as fait tomber quelque chose. Un parchemin, plus précisément.
Zabini lui tendit le parchemin en question qui n'était autre que celui sur lequel elle avait écrit les moments où Simon et elle étaient disponibles. Bon, cela n'aurait pas été un drame si elle l'avait perdu mais ça l'aurait ennuyée si elle avait dû tout réécrire.
- Merci, dit-elle en prenant le parchemin.
- De rien.
Zabini tourna les talons et retourna s'asseoir avec une fille de Gryffondor qui devait être son binôme. Ginny resta un moment immobile, ne s'étant pas attendue à ce que Zabini s'en aille si vite. Il avait presque été sec avec elle. Qu'avait-elle fait pour qu'il change brusquement de comportement envers elle ? Ce garçon était incompréhensible. Tout compte fait, elle avait eu raison de ne pas croire Malfoy. Zabini n'était visiblement plus intéressé par elle. «Il a sûrement craqué sur son binôme» pensa-t-elle, amère. Zabini était bien le genre de garçon qu'elle croyait : un coureur de jupons. Heureusement qu'elle n'était pas tombée sous son charme et qu'elle n'avait rien envisagé avec lui ! Elle serait tombée de haut. Qu'il fasse sa vie avec cette fille de Gryffondor, elle s'en fichait totalement. Il y avait d'autres garçons à Poudlard, des garçons bien plus fréquentables que Zabini. Ce fut sur cette pensée qu'elle sortit de la salle. Il y avait cependant quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Pourquoi se sentait-elle affreusement triste alors qu'elle se moquait éperdument de Zabini ? Elle ne tournait pas rond. Elle avait vraiment besoin de se reposer. Si elle divaguait déjà après seulement quatre journées de cours, elle n'osait pas imaginer dans quel état elle serait à la fin de l'année. Une bonne nuit de repos lui ferait le plus grand bien. Déjà, elle allait se reposer jusqu'au dîner. Du moins, c'était ce qu'elle avait prévu mais ses plans furent quelque peu chamboulés lorsque ses compagnes de dortoir se jetèrent sur elle pour lui parler de «choses importantes» lorsqu'elle entra dans la salle commune de Gryffondor.
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Une vingtaine de minutes plus tard , POV Ron
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- Ginny a l'air bizarre.
Ron leva la tête en entendant la remarque de Hermione.
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Elle est distante. Lorsqu'elle est arrivée dans la salle commune, les filles de son dortoir lui ont sauté dessus et la retiennent depuis, mais ça se voit qu'elle a envie de fuir et de monter à son dortoir.
Ron regarda sa soeur et dut reconnaître que son amie avait raison.
- Je vais aller la voir. J'ai quelque chose à lui demander depuis le trajet dans le train mais je n'osais pas aborder le sujet avec elle. C'est l'occasion ou jamais. En plus ça peut être lié.
- Tu n'es pas censé retrouver Susan dans dix minutes ?
- Si mais elle comprendra si je suis un peu en retard.
Ron se leva et se dirigea à la table à laquelle étaient installées Ginny et ses compagnes de dortoir.
- Ginny, je peux te parler ?
- C'est urgent ?
- Disons que c'est important.
Ginny soupira et se leva. Ron l'entraîna dans un coin calme de la salle commune.
- Tu n'as pas l'air bien. Quelque chose ne va pas ?
- Il n'y a rien, Ron. Je suis juste un peu fatiguée.
- Tu es sûre ? Tu as plutôt l'air de t'être disputée avec quelqu'un ou quelque chose dans le genre.
- C'est ton nouveau statut de préfet qui te rend plus perspicace ?
Ron tiqua mais s'efforça de ne rien montrer. Si Ginny se montrait blessante envers lui, c'était qu'il y avait vraiment quelque chose qui n'allait pas. Et puis bon, elle n'avait pas tort : jusque-là, il n'avait jamais été très doué pour voir quand quelqu'un n'allait pas bien. Son rôle de préfet commençait à avoir des effets positifs sur lui. Il était beaucoup plus attentif et s'intéressait beaucoup plus aux autres. Il savait qu'il avait encore de gros progrès à faire et qu'il n'était pas aussi parfait que Hermione. Mais son amie lui disait déjà qu'il avait acquis de bons réflexes.
- Je ne veux pas te chercher des noises. Comme tu viens de le dire, je suis préfet. Si tu as des problèmes avec quelqu'un, tu peux m'en parler. Et dans ce cas-là, j'agirai en tant que préfet, et non pas en tant que frère, ajouta-t-il en se rappelant un des nombreux conseils de Hermione.
Il eut l'impression que Ginny le regardait d'une nouvelle façon. Comme si elle venait de réaliser pleinement qu'il était l'un des huit préfets de Poudlard.
- C'est vrai, je n'y avais pas pensé. Mais là, parler au Ron préfet ne me servirait pas à grand-chose. Tu ne vas pas aller donner une retenue à un élève parce que je me suis fait des idées sur lui.
- De qui tu parles ? voulut savoir Ron.
- Je préfère ne pas t'en parler. Je n'ai pas envie que tu ailles t'expliquer avec lui.
- Est-ce que c'est Zabini ?
- Pourquoi tu penses tout de suite à lui ? répliqua Ginny.
- Parce que vendredi, dans le train, Malfoy m'a fait comprendre que Zabini avait des vues sur toi.
- Non mais c'est pas possible, de quoi il se mêle celui-là ?!
- Dois-je en conclure que c'est vrai ?
- Ça ne te regarde pas.
- Ginny...
- N'insiste pas, Ron.
- Admettons que c'est lui qui te cause du souci, enchaîna Ron sans écouter Ginny. Quand tu dis que tu t'es fait de fausses idées sur lui, tu ne veux quand-même pas dire que tu étais intéressée par lui ?!
- Encore une fois, ça ne te regarde pas.
- C'est un Serpentard, Ginny !
- Tu m'agaces, Ron ! Ça se voit que tu n'as toujours rien compris au principe des binômes ! Et franchement ça craint pour un préfet ! On ne te demande pas d'être ami avec les Serpentard mais juste de les respecter et de ne pas tous les mettre dans le même sac !
- Désolé mais quand je vois la façon dont Zabini se comporte envers toi, ça ne me donne pas envie de me lier avec les Serpentard !
- Mais il n'y a pas que Malfoy et Zabini ! hurla Ginny. Laisse tomber tes préjugés deux minutes et tu verras qu'il y a d'autres Serpentard dans cette école !
Elle planta Ron sur ces mots et prit la direction de son dortoir. Ron pesta contre le mauvais caractère des membres féminins de la famille Weasley et retourna voir Hermione.
- J'y vais, Susan doit m'attendre, dit-il en prenant ses affaires.
- Ça ne s'est pas bien passé avec Ginny ?
- Tu as entendu, non ? Alors tu as ta réponse. Si tu veux aller la voir, vas-y, mais c'est à tes risques et périls.
Ron prit son sac, quitta la salle commune de Gryffondor et se rendit à la salle des binômes. Il n'y avait presque personne mais Susan, elle, était bien là. Il la rejoignit et s'excusa :
- Désolé, je devais régler un problème avec ma soeur.
- Affaire de préfet ?
- Pas vraiment, répondit Ron en grimaçant. On se voit pour quoi, déjà ?
Ron regretta sa question aussitôt après l'avoir posée. Cela ne faisait pas sérieux du tout. Il aurait pu prendre la peine de réfléchir deux secondes ! Heureusement, Susan ne lui en tint pas rigueur.
- On devait s'organiser, lui rappela-t-elle. Pour les séances de travail, je veux dire.
- Ah, oui. Alors... euh... tu as des idées ?
- Je ne suis pas très forte en organisation. Mais je pense qu'on peut déjà voir à quels moments nous sommes libres dans la semaine.
- Bonne idée. Mince, je ne sais plus si j'ai pris mon emploi du temps...
- Ne t'en fais pas, j'ai le mien.
- Cool. Tu veux que je t'aide ?
- Je sais encore lire un emploi du temps, Ron, répondit Susan d'un ton légèrement moqueur.
Ron se sentit rougir comme un idiot. Il n'avait tellement pas l'habitude de parler aux filles qu'il ne savait pas comment s'y prendre avec Susan. Bien sûr, il parlait souvent avec Hermione et Ginny, mais ce n'était pas pareil. Hermione, ce n'était pas vraiment une fille, c'était sa meilleure amie. Ginny, ce n'était pas vraiment une fille, c'était sa soeur. Alors que Susan... eh bien, c'était vraiment une fille. Il était cependant soulagé qu'elle n'ait pas mal pris sa proposition. En même temps, les Poufsouffle étaient des gens très indulgents.
- Tu es vraiment une Poufsouffle, fit-il remarquer.
Susan fronça légèrement les sourcils.
- Oui, merci, je sais, répliqua-t-elle sèchement.
Zut, cette fois il l'avait vraiment blessée. Ce n'était pas son but, pourtant ! Il essaya de se rattraper :
- Ce n'est pas ce que je voulais dire... C'est juste que tu as bien réagi alors que les gens des autres maisons m'auraient sûrement rembarré...
Susan le regarda pendant de longues secondes. Ses traits se détendirent.
- Et c'est spécifique aux garçons de Gryffondor de ne pas savoir parler aux filles ? se moqua-t-elle gentiment.
- Vu que ça fait deux ans qu'un de mes frères essaie de sortir avec une fille sans jamais y arriver, je dirais plutôt que c'est de famille, plaisanta Ron.
- On va remédier à ça alors, dit Susan en souriant. On va passer tellement de temps ensemble que tu vas vite oublier tes maladresses. Mais si tu veux être plus à l'aise avec la gente féminine, tu devrais essayer de parler avec des filles des autres maisons.
- Mais je ne saurais pas comment les aborder, objecta Ron, désespéré.
- Le but n'est pas de chercher à tout prix un prétexte pour aller en voir une, l'apaisa Susan. Par exemple, si tu as besoin de l'aide de quelqu'un, au lieu d'aller voir un garçon, va plutôt voir une fille.
- Oh... Ce n'est pas bête. J'y penserai. Bon, on ferait mieux de s'y mettre, ça va bientôt être l'heure de dîner.
- Oui, tu as raison. Bon, alors, voyons cet emploi du temps... Attends, tu suis quelles options, déjà ?
- Créatures et divination. Et toi ?
- Divination et runes. Du coup, le lundi tu es libre de quatorze heures à seize heures mais pas moi. En revanche on peut se retrouver à seize heures et travailler jusqu'au dîner.
- J'avancerai pendant que tu seras en runes, promit Ron.
- Super, je ferai pareil quand tu seras en soins aux créatures magiques. C'est-à-dire le mardi, de treize heures à quinze heures.
- Tu veux que j'écrive tout ça ?
- Oui, bonne idée ! Est-ce que tu comptes faire duel ?
- Non, franchement ça ne m'attire pas des masses.
- Moi non plus. Du coup on pourra se retrouver le mercredi de huit heures à dix heures ou de neuf heures à dix heures si tu veux dormir un peu plus longtemps. Ensuite, la même journée, on a un creux de midi à quinze heures puisque les autres ont arithmancie. Après, le jeudi, on peut se retrouver de neuf heures à onze heures pendant que les autres ont étude des moldus, et le vendredi on a cours toute la journée donc on ne pourra travailler sur nos devoirs qu'à partir de dix-sept heures. En fait ça va, on a quand-même pas mal de temps. Sans compter le week-end mais tu auras peut-être plus d'obligations de préfets qu'en semaine.
- Durant le premier mois on aura un stage pour apprendre à reconnaître les potions droguées afin d'essayer de mettre fin aux trafics dans les couloirs. Ça commence ce week-end, je n'ai pas du tout hâte d'y être.
- C'est vrai, j'avais oublié ça. Ernie et Hannah m'en ont pourtant parlé. Mais tu n'as pas à appréhender ce stage. Ce ne sera pas comme lors des cours de potions. Tu n'auras aucune potion à préparer. Si tu te trompes, tu n'auras pas de mauvaise note. Tu n'as aucune pression à avoir.
Les mots de Susan rassurèrent beaucoup Ron.
- Tu me disais que tu avais un problème avec ta soeur, dit Susan d'une voix douce. J'espère que ce n'est pas trop grave ?
- Je n'en sais rien, soupira Ron. Je crois qu'elle s'est entichée d'un garçon, que ça la fait souffrir parce qu'il s'est moqué d'elle mais elle ne veut pas en parler.
- Tu devrais respecter son désir, alors. Ce n'est pas bon d'essayer de forcer quelqu'un à parler. En plus ce n'est pas forcément à son frère qu'elle souhaite se confier sur ses tracas sentimentaux. Surtout qu'elle doit avoir peur que tu ailles casser la figure à ce garçon.
Ron écarquilla les yeux.
- C'est exactement ce qu'elle a dit ! Comment tu as fait pour deviner ça ?!
Susan éclata de rire.
- Je te rappelle que je suis une fille, Ron ! Tout comme ta soeur !
- Oh...
Ainsi donc, Ginny était vraiment une fille. Ron aurait préféré ne pas avoir cette révélation.
- Mais comment je peux faire pour l'aider si elle ne veut pas me parler ?
- Si elle ne veut pas se confier à toi, c'est qu'elle ne veut pas non plus que tu l'aides. Tu dois la laisser tranquille.
- Bon... d'accord, céda Ron. Oh, j'ai oublié de te dire mais je compte me présenter aux sélections de Quidditch de ma maison...
- Ce n'est pas bien grave, je doute qu'il y aura des entraînements en pleine journée, il n'y a que le lundi où on risque de ne pas pouvoir se voir. On s'arrangera quand tu auras tes jours et tes horaires d'entraînements.
- Si je suis pris, précisa Ron.
- Ne pars surtout pas défaitiste, c'est le meilleur moyen pour rater tes essais.
Ron sourit à Susan. Il aimait beaucoup sa franchise.
- Sinon je crois qu'on va bientôt avoir un devoir d'histoire de la magie à rendre. On doit lire un extrait du livre pour mardi et je suis sûre que c'est là-dessus qu'on va devoir travailler, pronostiqua Susan.
- Eh bien j'espère que le sujet est intéressant ou que ce n'est pas trop compliqué à comprendre.
- Si le passage est difficile à comprendre, on pourra toujours le lire ensemble pour essayer d'en dégager le sens.
- Super, ça me va, se réjouit Ron. Mais je lirai ça plus tard. Il y a des choses qu'on a à faire qui sont plus urgentes.
- Oui, comme les deux pages du livre de Défense Contre les Forces du Mal qu'on a à lire pour demain, soupira Susan. J'aime bien le principe de classe inversée afin qu'on puisse se consacrer à la pratique en cours, mais ça donne du travail en plus. Mais bon, ça va, j'ai compris les grandes idées des deux pages. Tu les as lues, toi ?
- Oui mais c'était long, je faisais autre chose à côté donc je n'ai pas tout bien compris.
- Il faut éviter de faire plusieurs choses à la fois. C'est mieux pour la concentration.
- Je n'ai aucune technique de travail, je te préviens tout de suite, grimaça Ron. Mais c'est sûrement quelque chose que je vais apprendre en travaillant avec toi.
- Pour un travail en binôme c'est essentiel, en effet, confirma Susan. Bon, je crois qu'il est temps d'aller dîner.
- Ça, c'est une excellente nouvelle ! Allons-y.
Alors qu'il sortait de la salle des binômes avec Susan, Ron se dit que, tout compte fait, parler avec une fille, ce n'était pas si compliqué que ça.
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(vendredi 08/09) POV Harry
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Harry passait plutôt une bonne journée. Il ne restait qu'un double cours de potions et un cours de sortilèges et il serait libre. Le cours de botanique s'était bien passé, celui de métamorphose aussi, il avait un peu discuté avec Adrian Pucey sur l'heure du déjeuner – ils avaient prévu de se retrouver à dix-sept heures – et le cours de Défense Contre les Forces du Mal avait été très intéressant. Harry ne comprenait pas ce que Sirius reprochait au professeur Gordon. Il le trouvait très sympathique, très drôle, très cultivé et très passionné par sa matière. C'était le jour et la nuit entre le professeur Binns et lui.
Harry se rendait donc actuellement aux cachots avec Ron et Hermione. Pour la première fois en quatre ans, il ne stressait pas à l'idée d'aller en cours de potions, même en sachant qu'il ferait de la pratique. Le premier cours avait eu lieu mardi mais cela n'avait pas été un vrai cours puisque, comme les autres professeurs, Snape leur avait fait le discours sur les BUSE, le programme de l'année et le travail en binôme. Mercredi, ils avaient eu un cours théorique. Le vendredi était le seul jour où ils avaient un double cours et il serait essentiellement consacré à la pratique. Ainsi, les élèves auraient le temps de rédiger un compte rendu sur la potion qu'ils venaient de préparer. Avec les progrès qu'il avait fait durant l'été, Harry espérait bien décrocher des Acceptable, voire des Effort Exceptionnel.
Ce qui réjouissait également Harry à l'idée d'aller en potions ce jour-là, c'était qu'il n'aurait pas à se mettre à côté de Malfoy puisque la préparation des potions était individuelle. Harry ignorait toujours le Serpentard autant qu'il le pouvait mais ce n'était guère évident lorsqu'ils devaient travailler ensemble en cours. Malfoy ne l'avait pas lâché et cherchait sans cesse à le faire sortir de ses gonds. Mais Harry tenait bon et ne réagissait pas à ses provocations.
Il arriva aux cachots avec Ron et Hermione après ce qui leur sembla être une éternité, la salle de Défense Contre les Forces du Mal se trouvant à l'autre bout du château. Snape leur fit remarquer leur manque de ponctualité pour la forme mais ne leur retira pas de points, sachant malgré tout que les élèves ne pouvaient pas se téléporter d'un cours à l'autre pour arriver à l'heure. Il les somma cependant de se dépêcher :
- Cessez de traîner et installez-vous. La potion d'aujourd'hui est longue à préparer, alors ne perdez pas de temps. Vous aurez également un compte rendu à me donner à la fin du cours. Je vous conseille de ne pas attendre d'avoir terminé votre potion pour commencer à le rédiger, sinon vous aurez probablement oublié la moitié de ce que vouliez dire. La potion du jour est le philtre de paix. Vous aurez trois cours pour vous entraîner à la préparer. Vous aurez donc trois semaines pour maîtriser chaque potion. Il en sera de même pour les autres potions, qu'elles soient probablement demandées aux BUSE ou non. Sachez que le philtre de paix revient très souvent lors de l'épreuve pratique. Soyez donc particulièrement rigoureux sur la préparation de cette potion.
Harry sentit Ron se pencher vers lui.
- Il dit ça mais ça se trouve, il n'a pas du tout l'intention de nous faire préparer le philtre de paix aux BUSE cette année, murmura-t-il. Le connaissant, il va nous demander une potion sur laquelle il nous aura conseillé de faire l'impasse...
- M. Weasley, est-ce que mon cours vous ennuie à ce point pour que vous vous permettiez de discuter avec votre camarade alors que je suis en train de parler ? Votre attitude vient de faire perdre cinq points à Gryffondor.
Harry grimaça alors que Ron devenait aussi rouge qu'une brique. En tournant la tête, Harry vit Malfoy discuter avec Zabini. Étrangement, Snape ne leur retira aucun point alors que Harry était sûr qu'il les avait vus.
- Vous pouvez commencer à préparer votre potion. S'il vous manque un ingrédient, venez en chercher mais une seule personne à la fois.
Harry consulta la liste des ingrédients dans son manuel et fut rassuré de voir qu'il les avait tous. La plupart des ingrédients lui avaient été utiles pour préparer ses potions de sommeil sans rêves. Il en avait donc une quantité plutôt conséquente. Il alluma le feu sous son chaudron et commença à fabriquer son philtre de paix. Il était assez complexe à préparer. Il y avait dix-huit étapes, elles étaient diverses et variées et il était très facile de se tromper à cause d'une toute petite erreur d'inattention. Mais Harry avait justement travaillé sur sa concentration et s'était bien rendu compte que c'était bien cela qui lui avait fait défaut jusque-là. Il avait toujours été trop distrait. Ceci ajouté à la pression constante que lui mettait Snape, Harry ne pouvait que rater ses potions dans de telles conditions. Mais là, il comptait bien la réussir. Il avait toutes les cartes en main. Il suivit scrupuleusement chaque consigne, se focalisa uniquement et entièrement sur sa potion, ne faisant aucunement attention à Snape qui rôdait autour de lui, et ce fut avec un soupir soulagé qu'il termina son philtre de paix une heure et demie plus tard. Sa potion était d'un blanc immaculé. Et c'était bel et bien la couleur qu'elle devait prendre après la dernière étape. Il tourna la tête et croisa le regard de Hermione qui lui sourit. Elle aussi avait compris qu'il avait réussi sa potion. Elle semblait heureuse pour lui. Heureuse et fière. Touché, Harry lui rendit son sourire. Entre deux étapes, il avait rédigé ses observations et les avait commentées. Il s'était également beaucoup entraîné là-dessus durant l'été. Remus lui avait été d'une très grande aide, lui expliquant comment rédiger convenablement un compte rendu. Harry en avait fait plusieurs et avait été ravi d'entendre Remus dire qu'il s'améliorait. Il espérait donc que son travail plairait à Snape. À la fin du cours, lorsqu'il remit son échantillon à son professeur, celui-ci le retint.
- Pouvez-vous m'expliquer ceci, M. Potter ?
- Quoi donc, professeur ? demanda poliment Harry.
- Ne me prenez pas pour un idiot. Comment cela se fait-il que votre potion ait la bonne couleur ?
- Je ne voudrais pas m'avancer, mais je dirais peut-être... parce que je l'ai réussie ?
- C'est impossible. En quatre ans, vous n'avez jamais réussi une quelconque potion. Du moins, vous n'avez jamais obtenu un résultat qui vaille un Optimal. Alors dites-moi comment vous vous y êtes pris.
- J'ai utilisé mon cerveau, comme tout le monde, répliqua Harry.
- Ne vous moquez pas de moi ! J'exige la vérité, M. Potter !
- Mais je viens de vous la dire !
- Vous êtes vraiment en train d'essayer de me faire croire que vous êtes soudain devenu un génie des potions ? Alors que vous avez toujours été l'un des pires élèves de votre promotion jusqu'à présent ? Vous n'êtes absolument pas crédible, alors arrêtez de mentir et dites-moi la vérité ! Qui vous a aidé ?
- Personne.
- Alors qui vous a donné un échantillon de sa potion ?
- Personne. Cet échantillon est à moi et je l'ai fait tout seul !
- Bien, puisque vous ne semblez pas décidé à me dire la vérité, vous avez gagné une retenue ce soir ici-même à vingt heures. Vu que vous serez seul, vous allez rater votre potion et j'aurai la preuve que vous avez triché durant ce cours, même si je ne saurai pas qui vous a aidé. Sortez, maintenant. J'ai une classe qui attend.
Harry serra les poings et les dents et sortit du cachot d'un pas raide.
- Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit ? demanda Ron, inquiet.
- Il n'a pas voulu me croire quand je lui ai dit que j'ai réussi ma potion sans l'aide de personne. Il m'a mis en retenue ce soir à vingt heures pour que je refasse la potion devant lui.
- Mais il n'a pas le droit ! Il n'a aucune preuve que tu mentais ! s'exclama Hermione. D'ailleurs, tu ne mentais même pas. Je le sais : je t'ai vu préparer ta potion. Tu étais concentré comme tu ne l'avais jamais été.
- Oui mais ça, Snape ne l'a pas vu, répondit Harry, amer.
- Il faut que tu en parles avec le professeur Lupin.
- Il le saura, que je lui en parle ou non, dit Harry en haussant les épaules. C'est notre directeur de maison, Snape est obligé de lui faire savoir ma retenue. Mais je ne pense pas qu'il pourra faire grand-chose. Tout ce que j'espère, c'est qu'il n'en parlera pas à Sirius. Il m'a promis de ne rien faire en ce qui concerne Malfoy, mais il ne m'a rien promis pour Snape. Ils sont à couteaux tirés. Si Sirius apprend que Snape m'a donné une retenue injustifiée, il va sûrement aller régler ses comptes avec lui. Et c'est exactement ce que je veux éviter.
- Donc tu es résigné à aller à cette retenue ?
- Oui. Je n'ai pas le choix, de toute façon.
- Avant tu aurais essayé de parlementer avec Snape, fit remarquer Hermione.
- Oui, et tu me l'aurais reproché parce que j'aurais fait perdre trente points à Gryffondor pour insubordination et refus d'obtempérer. Et je me serais sûrement pris d'autres retenues. J'ai évité tout ça, tu devrais être contente.
- Oui, bien sûr, mais... ça me surprend. Ça ne te ressemble pas, de ne pas te rebeller contre Snape. Je me rends compte à quel point tu as changé et... c'est un peu déroutant. Il faut juste que je m'y fasse. Bon, au moins tu es sûr que cette retenue se passera bien. Tu as réussi cette potion une fois, tu peux donc très bien la réussir une deuxième fois.
- Justement, je crains tout le contraire, soupira Harry. On est vendredi, c'est la fin de la semaine, on ne l'a pas vue passer tellement les cours ont été intenses, je suis fatigué et je n'ai qu'une envie : me reposer. Et au lieu de ça je vais devoir retourner fabriquer une potion dans les cachots à vingt heures... Je n'aurai pas la même concentration que durant le cours et en plus je serai seul avec Snape. Ça va forcément me stresser. Je vais rater la potion, ça va lui donner raison et il aura eu ce qu'il voulait.
- Tu peux essayer de te reposer une heure entre le dîner et ta retenue. Ce sera toujours ça de pris, suggéra Ron.
- Bonne idée, approuva Harry après quelques secondes de réflexion. C'est ce que je vais faire. Bon, on ferait mieux d'y aller. Même si on a cours avec le professeur le plus cool qui soit, je ne veux pas le décevoir en arrivant en retard.
- Oh, que c'est mignon, se moqua Hermione.
Harry lui tira la langue pour toute réponse alors qu'ils se mettaient en marche. Il ne leur restait plus que le cours de sortilèges et après ils seraient libres. Harry bénissait son emploi du temps. Il n'y avait rien de mieux que terminer la semaine avec la matière enseignée par le meilleur professeur de Poudlard.
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Une heure plus tard, POV Harry
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Le cours de sortilèges s'était très bien passé – comme d'habitude – mais Harry avait senti le regard insistant de Sirius sur lui. Il avait pourtant essayé de faire comme si de rien n'était mais son parrain le connaissait déjà trop bien. Il avait dû voir son air un peu déprimé. Il avait voulu lui parler à la fin du cours mais Harry avait prétexté ne pas avoir le temps parce qu'il avait beaucoup de devoirs à faire et qu'il voulait s'y mettre le plus rapidement possible. Il se détestait d'avoir dû mentir à son parrain qui l'avait cru alors qu'il avait dit la vérité à Snape qui, lui, ne l'avait pas cru. Il se dirigeait donc actuellement vers son dortoir pour y déposer son sac lorsqu'il croisa Adrian qui venait en sens inverse. Il se rendit compte qu'il avait complètement oublié qu'ils devaient se voir à dix-sept heures.
- Ah, je t'ai trouvé ! s'exclama Adrian. Est-ce que c'est une impression ou tu me fuyais ?
- Non, pas du tout, répondit Harry en souriant.
Il n'avait même pas besoin de se forcer. Voir Adrian lui remontait instantanément le moral.
- Je suis désolé, j'avais oublié notre rendez-vous. Je ne vais pas pouvoir rester, d'ailleurs. Je me suis pris une retenue avec Snape et je dois dîner avant d'y aller.
- Oh, c'est dommage...
Adrian regarda plus attentivement Harry, ce qui le fit rougir. Le Serpentard fronça légèrement les sourcils.
- Est-ce que tu vas bien ?
- Oui, pourquoi ?
- Tu as l'air épuisé.
- Un peu, c'est vrai, mais je vais justement me reposer entre le dîner et ma retenue.
- Tu as l'air triste, aussi.
Harry se maudit d'être aussi transparent. Ou bien était-ce Adrian qui était un peu trop observateur ?
- C'est à cause de ta retenue ? Tu es triste parce qu'on ne pourra pas se voir ?
Harry ne put s'empêcher de sourire de nouveau.
- J'aurais mille fois préféré être avec toi, c'est sûr.
Cette fois, il ne rougit pas devant l'air surpris d'Adrian, même en se rendant compte de ce qu'il venait de dire.
- Ma retenue est injustifiée, du coup ça me plombe un peu le moral, enchaîna-t-il. Je fais tout pour avoir une année tranquille, que ce soit avec mon binôme ou avec Snape et... mes efforts sont réduits à néant.
- Oh... Tu devrais en parler à quelqu'un. Tu ne dois pas te laisser faire.
- C'est plus compliqué que ça. Les personnes à qui je devrais en parler ne sont pas en de très bons termes avec Snape. Ça risquerait vite de dégénérer s'ils venaient à avoir une discussion.
- C'est la galère, quoi.
- Complètement.
Harry était étonné de la facilité avec laquelle il se confiait à Adrian. Cela lui faisait beaucoup de bien. Adrian était différent des autres. Il l'écoutait et compatissait avec lui sans en faire trop pour autant. Il ressemblait un peu à Ginny, en fait. Sauf qu'ils n'avaient pas du tout le même caractère. Mais il n'avait pas envie de penser à Ginny en ce moment-même. Tout ce qui comptait, c'était Adrian.
- Si tu veux, je peux te laisser un souvenir de cette rencontre pour que tu penses à moi pendant ta retenue.
Adrian s'était rapproché de lui tout en prononçant ces mots. Harry sentit son coeur se mettre à battre la chamade en comprenant ce que le Serpentard comptait faire. Harry pouvait très bien le repousser, mais il n'en avait aucune envie. Il voulait au contraire qu'Adrian fasse ce qu'il avait en tête. Et c'est ce qu'il fit. Il se rapprocha encore et déposa doucement ses lèvres sur celles de Harry. L'espace de quelques secondes, Harry oublia tout. Il ne pensait qu'aux lèvres douces d'Adrian sur les siennes. Elles s'en allèrent trop vite à son goût. Mais son coeur se réchauffa lorsqu'il vit Adrian lui sourire.
- J'espère te revoir très vite.
Il partit sans attendre de réponse. Harry se sentit soudain vide alors que sa tête lui tournait. Il n'arrivait pas à savoir si c'était agréable ou non comme sensation. Parce qu'il était encore sous le charme du baiser qu'Adrian lui avait donné mais il était également triste qu'il soit déjà parti. Il avait déjà hâte de le revoir. Il décida de mettre tout cela de côté pour le moment et continua son chemin vers son dortoir. Une fois arrivé, il déposa son sac, puis il descendit à la Grande Salle pour dîner. Il ne mangea pas beaucoup, n'ayant pas très faim et voulant garder le plus de temps possible pour se reposer. Lorsqu'il eut fini son repas, il remonta à son dortoir. Il se vautra sur son lit et se laissa vite emporter par le sommeil. Il ne fit aucun cauchemar durant la petite heure pendant laquelle il dormit.
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Une heure plus tard, POV Harry
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Harry s'était bien reposé et se sentait assez en forme alors qu'il se rendait à sa retenue. Lorsqu'il arriva aux cachots, la porte était déjà ouverte. Il entra avec l'autorisation de Snape.
- Vous savez ce que vous avez à faire. Refaites-moi le philtre de paix que vous avez soi-disant préparé tout seul en cours.
Harry ne se laissa pas atteindre par l'ironie mordante de Snape et s'installa derrière un chaudron. Il tenta de faire le vide dans son esprit afin d'oublier la présence de Snape dans le cachot. Il sortit sa baguette, alluma le feu sous son chaudron et disposa les ingrédients dont il allait avoir besoin sur sa table. Il sentait que Snape le regardait mais il essaya de ne pas y faire attention. Il suivit chaque étape avec toute la concentration dont il était capable. Elle fut cependant mise à rude épreuve lorsque Snape vint rôder près de son chaudron. Il l'épiait et Harry détestait cela. Il fit de son mieux pour ignorer le regard de son professeur sur lui et concentra toute son attention sur sa potion.
- Une seule erreur et vos propos s'en trouveront décrédibilisés, M. Potter.
Harry serra son poing autour de la fiole qu'il tenait dans la main mais se retint de justesse de la faire exploser. Il recouvrit son calme et continua sa préparation en ignorant toujours Snape.
- J'ai tellement hâte de vous voir rater votre potion, dit celui-ci quelques minutes plus tard.
Harry ne réagit toujours pas. Mais la pression que lui mettait Snape commença à le faire stresser. Ses mains se mirent à trembler. Il fit de son mieux pour se contrôler mais cela devenait de plus en plus compliqué puisque Snape rôdait encore et encore autour de lui. Il ne restait que quatre étapes. Il devait tenir bon. Il s'accorda quelques secondes de répit qui lui permirent de calmer en grande partie ses tremblements. Il put ainsi reprendre calmement la préparation de sa potion. Il fit abstraction de Snape et réalisa les quatre étapes restantes sans commettre d'erreurs. Il leva la tête vers Snape qui s'était finalement rassit à son bureau.
- J'ai terminé, professeur.
- Vraiment ? Voyons voir ça.
Snape se leva et rejoignit Harry. Il préleva un échantillon de la potion et l'examina. Ses lèvres se pincèrent.
- Vous avez visiblement retenu ce qu'il fallait faire lorsque vous avez triché. Cela explique pourquoi votre potion est correcte. J'aurais dû vous demander de faire une autre potion. Ne croyez pas vous en tirer aussi facilement. Vous allez m'avoir sur le dos et je prouverai que vous n'êtes qu'un menteur et un tricheur.
Harry soutint le regard de Snape sans répondre. Il savait que tout ce qu'il pourrait dire pourrait lui porter préjudice. Et il savait aussi que son silence agacerait d'autant plus Snape. Il ne tarda pas à en avoir la confirmation :
- Fichez le camp !
Harry ne se fit pas prier, prit son sac, sa baguette, sortit du cachot et prit le chemin de son dortoir. Il était épuisé et il avait envie de pleurer. Les deux étaient peut-être liés, en fait. Quoi qu'il en soit, il voulait oublier cette soirée et aller se coucher le plus rapidement possible. Mais il oubliait qu'il était vingt-deux heures et qu'à cette heure-là, c'était la ronde des professeurs. Il poussa donc un cri de surprise et de frayeur mêlées lorsqu'il tomba sur Remus dans un couloir.
- Harry ? Qu'est-ce que tu fais là ? Sais-tu l'heure qu'il est ? Tu ne devrais pas être dans ton dortoir ?
- J'y allais justement, répliqua Harry. Mais vous devriez savoir ce que je fais là puisque votre cher collègue a dû vous en informer !
Agacé de se faire disputer alors que ce n'était pas de sa faute, il faisait exprès de mettre de la distance dans la façon dont il s'adressait à Remus. Son nouveau directeur de maison fronça les sourcils.
- Je n'ai rien reçu du tout à ton sujet. Peux-tu m'expliquer ce que tu voulais dire par-là ?
- Rien. Laisse tomber, soupira Harry, las.
Visiblement, Snape n'avait rien dit à Remus. Harry n'avait aucune envie de créer un conflit entre eux. Il préférait encore mentir et se faire disputer par Remus.
- Tu peux retirer des points à Gryffondor si tu veux, j'essaierai de les rattraper lors du match contre Serpentard. Je peux aller me coucher ?
- Pas avant de m'avoir dit la vérité. Tu n'as pas l'air de quelqu'un qui se baladait dans les couloirs pour le plaisir. Tu reviens d'une retenue, c'est ça ?
Harry baissa les yeux. Il ne voulait pas voir la déception dans le regard de Remus. Pourtant, quand il releva timidement la tête, il ne vit rien de tout cela dans les yeux de son directeur de maison. Il semblait plutôt désespéré.
- Ne me dis pas que tu as déjà eu des ennuis avec ton professeur de potions ?
- Si.
Remus soupira.
- Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu te prennes une retenue dès la première semaine de cours ?
- J'ai réussi ma potion.
Remus haussa les sourcils.
- Et... ?
- Ben... c'est tout.
- Excuse-moi mais je ne comprends pas.
Sachant que Remus ne le lâcherait pas tant qu'il ne lui aurait pas tout dit, Harry se résigna à lui expliquer ce qui s'était passé. Il n'avait même pas encore terminé son récit que Remus semblait déjà sur le point de tout casser autour de lui. Ses yeux avaient viré au jaune, ce qui n'étonnait guère Harry puisque la pleine lune aurait lieu le lendemain.
- Il n'avait pas le droit, déclara Remus.
- C'est exactement ce qu'a dit Hermione. Mais ça ne change rien aux faits. Il l'a quand-même fait.
- Je vais lui parler.
- Non ! cria Harry. Surtout pas. Reste en-dehors de tout ça, s'il te plaît.
- Mais Harry, je suis ton directeur de maison et il ne m'a rien dit ! Alors qu'il aurait dû m'informer de cette retenue ! Et d'après ce que tu me dis, il n'aurait jamais dû te la donner. Il n'avait pas assez de preuves pour ça. Il n'avait même aucune preuve.
- Ce n'est pas la première fois que je me prends une retenue pour rien, Remus.
- Sauf qu'avant tu lui répondais et c'était pour cela qu'il te collait. Disons qu'il en profitait. Alors que là, tu es resté tout à fait courtois. À moins que tu m'aies menti à ce sujet.
- Non, je suis bel et bien resté de marbre. Je me surprends moi-même, d'ailleurs. Mais ça n'a servi à rien.
- Non, ne dis pas ça. Tu aurais eu beaucoup plus d'ennuis si tu lui avais répondu. Tu as agi de la bonne manière. C'est lui qui est en tort.
- Mais je ne veux pas que tu t'en mêles, Remus. S'il sent que j'ai ton soutien, il va me pousser encore plus à bout pour que je craque et pour qu'il ait une bonne raison de me coller. Il va finir par se lasser en voyant que je ne réagis pas. S'il te plaît, ne va pas le voir.
Harry détestait sa voix implorante mais cela eut le mérite de faire céder Remus.
- Bon, d'accord, je ne lui dirai rien concernant le côté injustifié de cette retenue. Mais je suis quand-même obligé de lui rappeler qu'il doit m'informer de toutes les retenues qu'il met aux élèves de Gryffondor. Au fait, t'a-t-il donné un mot pour justifier ta présence dans les couloirs alors que le couvre-feu est passé ?
- Non, avoua Harry.
- Je ne peux pas laisser passer ça non plus. Mais ne t'en fais pas, ce sera une discussion purement professionnelle. Je ne lui parlerai pas des raisons de cette retenue.
- Merci, Remus. Est-ce que je peux aller me coucher ?
- Oui, vas-y. Tu es toujours invité ce week-end à prendre le thé alors repose-toi bien car on te veut en forme.
- Promis, dit Harry en souriant. Bonne nuit.
Remus lui souhaita de même puis il partit. Harry rejoignit son dortoir et se coucha très vite, exténué par cette première semaine de cours qui s'annonçait à l'image de l'année à venir : intense et agitée.
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Dure journée pour Harry :/ On va lui souhaiter un bon week-end pour qu'il puisse bien se reposer. Et moi je vous dis à mardi prochain pour le chapitre 16 intitulé «Un week-end de tensions et de rapprochements». Bisous tout le monde !
