Bonjour à tous ! Nous sommes mardi, il est 12h17 (mais vous aurez le chapitre dans une heure, le temps que j'écrive ma NA XD) alors comme prévu, voici un nouveau chapitre de S'aimer malgré les préjugés !
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Zackos : Ton désir de frapper certains personnages est tout à fait légitime XD Crabbe et Goyle avaient prévenu :/ Il y a une raison pour laquelle Draco déteste encore plus Harry qu'avant, même si ça n'excuse pas son comportement :/ Ginny et Blaise ça va être rock'n'roll XD Ça c'est sûr, les êtres humains sont compliqués XD Severus est obnubilé par sa haine et ne voit pas plus loin que le bout de son nez :/ En ce qui concerne Théo et Harry, ce chapitre devrait te plaire ! Et Justin c'est comme Draco, il va finir par se calmer XD
Butterfly Fictions : Mais oui, un simple «s'il te plaît» aurait tout changé XD En effet, tous les binômes ne sont pas faits pour se détester XD Et heureusement x) Contente que l'organisation des binômes te plaise, ce concept va tenir une place prépondérante dans l'histoire alors j'espère que ça va continuer à plaire XD Tu fais bien de t'interroger sur la nature des rapprochements dans ce chapitre car il y en a plusieurs et ils ne sont pas tous forcément d'ordre amoureux =) Sans en dire trop, bien sûr XD Sirius est un professeur très ... spécial XD Je pense que si je l'avais eu en maths avec ce genre de jeux, j'aurais eu de bien meilleurs résultats XD Severus va rester un bon moment enfermé dans sa haine mais ça va s'arranger ... un jour XD Non je plaisante, il faut juste être un peu patient XD
Gryffondor : Harry va effectivement devoir être très, très, très patient XD Et Justin et Théo ne sont pas sortis de l'auberge non plus x) Ces deux binômes vont devoir apprendre à s'apprécier et ils vont y arriver mais là aussi il faut être patient XD C'est beaucoup plus simple pour Severus d'accuser directement Harry, il n'est pas encore prêt à se remettre en question :/ Harry trouvera du réconfort auprès de son futur petit-ami, ça c'est sûr !
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Merci à vous trois pour ces reviews, elles me font extrêmement plaisir !
Place maintenant au chapitre, bonne lecture à tous !
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16 – Un week-end de tensions et de rapprochements
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(samedi 09/09) POV Théo
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Théo savoura pleinement de pouvoir se promener seul sans avoir peur de se faire attaquer à chaque coin de couloir. Car il y avait heureusement des moments où il était débarrassé de Crabbe et de Goyle. Ces derniers ne pouvaient pas passer tout leur temps à le suivre partout où il aille. Surtout quand ils étaient collés toute la journée dans les serres de botanique ! Théo suspectait Draco et Blaise d'y être pour quelque chose mais n'ayant aucune preuve, il ne pouvait pas les accuser. Ses amis l'avaient d'ailleurs laissé sortir seul sans opposer aucune résistance. Ils savaient que ce chaperonnage constant pouvait être lourd à supporter à la longue. Étant ainsi libre pour quelques heures, Théo se rendait donc en ce moment-même à la cabane de Hagrid. Une fois arrivé, il frappa à la porte. Hagrid ne tarda pas à lui ouvrir. Il l'accueillit avec un grand sourire et l'invita à entrer.
- Alors, dis-moi ce qui t'amène, dit le demi-géant en préparant le thé.
- Je voulais surtout vous parler, en fait. M'éloigner du château et me changer un peu les idées.
- Tu es au bon endroit, dans ce cas. Mais je ne m'attendais pas à te voir si tôt.
- Il n'y a pas encore beaucoup de devoirs à rendre.
- Ça se passe bien, d'ailleurs, avec ton binôme ?
- Ça pourrait être mieux, éluda Théo.
Il ne voulait pas s'épancher à ce sujet mais Hagrid comprit que c'était assez tendu entre Justin et lui.
- Ça va s'arranger, va. Il faut laisser le temps au temps. Es-tu allé voir les Sombrals depuis la rentrée ?
- Non, je n'en ai pas eu l'occasion. Je comptais profiter de ma soudaine liberté pour y aller, justement. Mais je n'ai rien pris pour les nourrir.
- Je vais te donner ce qu'il faut. Tu n'es donc pas allé voir non plus les licornes ?
- Non. J'ai voulu y aller le week-end dernier mais ce n'était pas une très bonne idée. On aurait pu me suivre et... je n'avais pas vraiment envie qu'on parle encore plus de moi. Les années précédentes ça allait, personne ne faisait attention à moi, je pouvais y aller sans me faire remarquer... Mais cette année ce n'est pas pareil. Je suis épié où que j'aille.
Théo vit de la préoccupation dans le regard de Hagrid. Ce dernier resta pourtant optimiste.
- Ça aussi, je pense que ça va passer. Mais tu devrais en parler à ton directeur de maison. C'est à lui de régler ce genre de choses.
- Il ne réussira jamais à convaincre la moitié de l'école d'arrêter de s'intéresser à moi. Mais je pense également que ça va se calmer. Je dois juste être patient. Je vais donc devoir attendre un peu avant de retourner voir les licornes. Je peux toujours aller rendre visite aux Sombrals, peu d'élèves peuvent les voir, ils ne risquent pas de me critiquer pour ça. Vous comptez les faire étudier à une de vos classes, d'ailleurs ?
- Oui, à la tienne, justement. Mais je compte aussi vous faire étudier de nouveau les licornes. L'année dernière je n'ai pas eu le temps de tout vous dire à leur sujet. Je vais surtout vous parler de leurs crins et de leur corne, en fait.
- C'est le professeur Snape qui vous a demandé de nous enseigner ça ? demanda Théo, curieux.
- Pas vraiment. C'est juste qu'en ce moment, les licornes se font de plus en plus souvent agresser pour leurs crins et leur corne. J'aimerais donc vous sensibiliser à ce sujet et je vais en profiter pour vous parler plus en détails de ces deux éléments. Et comme le crin de licorne ressemble beaucoup au crin d'autres animaux, je vais aussi vous apprendre à les différencier.
- J'ai hâte d'y être, murmura Théo.
- Je me doute bien. J'ai rarement vu un élève aussi passionné par toutes sortes de créatures. D'ailleurs, tu ne veux toujours pas en faire ton métier ?
- J'aimerais bien mais j'ai trop de passions, il a donc fallu que j'en abandonne plusieurs, plaisanta Théo. Ça fait déjà un an que j'ai fait mon choix. Je vais faire une double formation de potions et de botanique.
- Tu sais que c'est épuisant de suivre une double formation comme celle-là ?
- Oui mais ces deux domaines me passionnent vraiment, je ne peux pas en choisir qu'un seul. Et puis pour exercer un métier en rapport avec les potions, il faut de toute façon avoir de solides connaissances en botanique. Les ingrédients qu'on utilise pour faire une potion ne sortent pas de nulle part. Je sais que si je fais juste une formation de potionniste, je vais avoir quand-même des cours de botanique, mais je veux approfondir mes connaissances dans ce domaine. Mais ne vous inquiétez pas, j'aurai également des cours de créatures, puisqu'il y a plein d'ingrédients qui viennent de toutes sortes de créatures. Je ne vais donc pas vraiment abandonner cette passion. Ce cours sera même l'un des cours principaux de ma formation. Je pourrai concilier mes trois passions, en fait, s'amusa Théo.
- Oui et tu pourras toujours te réorienter si tu te rends compte que, tout compte fait, les potions, ce n'est pas pour toi. Te connaissant, ça ne te dérangera pas de faire plein de formations différentes et de passer dix ans dans les études.
- Ça, c'est sûr. Mais j'espère bien pouvoir gagner rapidement ma vie par moi-même. J'ai d'ailleurs déjà une idée pour ça.
Hagrid et Théo continuèrent à discuter pendant un bon moment avant que Théo n'aille nourrir les Sombrals avec la viande crue que lui avait donnée Hagrid. Lorsqu'il arriva à l'endroit où il allait les voir habituellement, il fut heureux de constater qu'il y en avait plusieurs qui étaient là. C'était comme s'ils savaient qu'ils allaient avoir de la visite. Il sourit en voyant un jeune Sombral contre sa maman. Ces créatures n'étaient pas différentes des autres animaux. Théo trouvait cela dommage qu'elles soient mal jugées. Il lança des bouts de viande qui furent accueillis avec plaisir par les Sombrals présents. «C'est jour de festin pour eux» pensa Théo, amusé. Il resta un long moment à les regarder, émerveillé par la beauté qu'il était l'un des seuls à voir en eux. Alors qu'il se demandait ce que Hagrid allait leur enseigner au sujet de ces créatures, Théo perçut un bruit de pas derrière lui. Il sortit sa baguette et se retourna brusquement. Il regretta son geste en voyant que ce n'était que Harry. Celui-ci sembla surpris de l'accueil que Théo lui avait réservé.
- Je... je reviendrai plus tard, dit-il, l'air gêné.
- Non, reste ! Excuse-moi, je ne voulais pas t'agresser...
- Je me doute bien, dit le Gryffondor en souriant.
Il s'approcha et regarda alternativement les Sombrals et les bouts de viande.
- Tu leur donnes à manger ? s'étonna-t-il.
- Oui, ils raffolent de la viande crue.
Comme pour prouver ses propos, Théo lança un autre bout de steak aux Sombrals. Il sentit le regard de Harry sur lui et tourna la tête vers lui. Le Gryffondor le regardait avec un air perplexe.
- Je ne sais pas ce qui m'étonne le plus, lâcha-t-il. Que tu aies l'air de trouver ça parfaitement normal de pouvoir voir ces bêtes ou que tu les nourrisses comme s'il s'agissait de chèvres à qui tu donnerais de l'herbe.
Théo regarda Harry avec surprise. Il n'avait pas réalisé que le Gryffondor pouvait vraiment les voir. Il pensait juste qu'il était au courant de leur existence sans pour autant être en mesure de les voir. Mais en se souvenant de ce qui s'était passé trois mois plus tôt lors de la troisième tâche du Tournoi des Trois Sorciers, Théo trouva cela logique. Il n'avait juste pas fait le rapprochement tout de suite. Il comprit alors la crainte de son vis-à-vis.
- Il n'y a rien de mal à voir les Sombrals, Harry, dit-il doucement.
Ce fut au tour de Harry d'être surpris.
- Ces bêtes ont un nom ?
- Bien sûr, comme n'importe quelle créature, répondit Théo en souriant.
- Mais... je ne comprends pas. Pourquoi est-ce que nous, nous pouvons les voir alors que la plupart de nos camarades ne semblent pas remarquer leur existence ?
- Parce que seules les personnes qui ont vu une personne mourir peuvent les voir.
Harry fronça les sourcils.
- Dans ce cas j'aurais dû les voir bien plus tôt puisque ma mère a été tuée devant mes yeux. Pourtant, jusqu'à la rentrée, je ne les voyais pas. Je croyais encore que les carrioles se tiraient toutes seules.
- Parce tu n'étais qu'un tout petit bébé lorsque tu as perdu des parents. Tu n'avais pas conscience de ce que cela signifiait. Il faut avoir vécu et compris la mort de quelqu'un sur le moment-même pour pouvoir voir les Sombrals. Et il faut l'avoir acceptée, aussi.
- Oh... Je l'ignorais. Comment as-tu appris tout ça ?
- C'est Hagrid qui m'a tout expliqué. Je vois les Sombrals depuis la première année donc ça m'intriguait.
- Tu les vois depuis que tu es à Poudlard ? s'exclama Harry.
- Oui. J'avais huit ans quand j'ai vu ma mère mourir, j'étais donc en âge de comprendre.
Théo avait essayé de garder le contrôle de sa voix en disant ces mots mais c'était toujours dur pour lui d'en parler. Il se souviendrait toute sa vie de ce jour-là. Sept ans plus tard, il en faisait encore des cauchemars. Jamais il n'oublierait. Il regarda de nouveau Harry qui semblait remué par ce qu'il venait de dire.
- C'est toujours quand on réalise qu'il y a pire que soi qu'on se rend compte qu'on se plaint pour un rien, murmura-t-il.
Théo leva un sourcil, surpris par les paroles du Gryffondor.
- Ce n'est pas parce que tu considères qu'il y a pire que ce que tu as vécu que tu n'as pas le droit d'être triste. C'est normal d'avoir de la peine parce qu'on a perdu quelqu'un.
Harry acquiesça tout en ayant l'air quelque peu troublé.
- Et donc c'est normal aussi de voir les Sombrals ? Ça ne fait pas de nous des gens... bizarres ?
- Non, pas du tout, le rassura Théo. Ce n'est pas signe d'un mauvais présage comme beaucoup de personnes peuvent le croire.
- Je vois. Mais est-ce que les personnes qui ne les voient pas peuvent quand-même les toucher ?
- Je pense, oui. Je n'ai pas encore réussi à convaincre mes amis de venir avec moi quand je vais les voir, donc je ne peux pas vraiment savoir.
- Tes amis savent que tu peux les voir ?
- Oui, bien sûr. Si tu me poses cette question, c'est que tu n'as rien dit aux tiens, j'imagine ?
- Non, j'avais peur de leur réaction, avoua Harry.
- C'est normal mais ils ne vont pas te lâcher pour ça. Surtout si tu leur expliques bien les choses.
Harry hocha de nouveau la tête, l'air pensif.
- En fait... je me rends compte que je leur cache beaucoup de choses. Des choses plus ou moins personnelles. Je sais que je peux leur en parler, que je dois leur en parler, mais...
- Tu as peur qu'ils te rejettent ? devina Théo.
- Oui. Même si je sais qu'ils ne sont pas comme ça. Mais j'ai grandi dans une «famille» très intolérante alors... ça ne m'aide pas à avoir confiance.
- Je comprends. Mais tu ne dois pas te sentir obligé de leur en parler. Que ce soit pour les Sombrals ou pour autre chose. Attends d'être prêt pour te confier à eux. Sinon tu ne sauras pas comment gérer leurs questions et leurs réactions. Enfin, tu fais comme tu veux. Ce ne sont que des conseils et... je n'ai même pas à t'en donner, en fait.
- Pourquoi ? demanda Harry, l'air blessé.
- Ben... parce qu'on ne se connaît pas.
- On n'a qu'à faire connaissance, alors, dit Harry comme s'il s'agissait de la chose la plus évidente du monde. Ce serait la meilleure chose à faire. Car je trouve que nos chemins se rencontrent souvent, en ce moment. Je ne pense pas que ce soit un pur hasard. Ça doit être un signe. En plus mon parrain m'a conseillé de me rapprocher des élèves des autres maisons.
- Tu es prêt à faire plus ample connaissance avec un Serpentard ? s'amusa Théo.
- Tu n'as pas l'air d'être un Serpentard comme les autres, répliqua Harry. Je l'ai senti sur le Chemin de Traverse. Tu me regardais... normalement. En fait, je crois que personne ne m'a jamais regardé aussi normalement que toi. Pour l'une des premières fois de ma vie, j'ai eu l'impression d'être juste moi-même.
- Parce que c'est comme ça que je te vois, affirma Théo. Si tu veux, on peut se retrouver ici quand on a un moment de libre.
- Tu crois que ça va être possible, cette année ? plaisanta Harry.
- On peut toujours espérer, répondit Théo sur le même ton. Au fait... est-ce que tu as commencé à t'organiser avec Draco ?
- Non, avoua Harry. J'essaie de l'éviter au maximum, en fait.
- Ce n'est pas trop le but, rit Théo.
- Je sais mais à chaque fois qu'on est ensemble, il me cherche et je dois puiser dans tout mon self-contrôle pour ne pas lui répondre. Tu l'as bien vu lundi, lorsqu'il me harcelait pour avoir du parchemin... D'ailleurs, merci delui être venu en aide. C'était très gentil de ta part. À moins que tu aies eu pitié de moi...
- Je voulais surtout qu'il arrête de t'embêter. Je sais qu'il te mène la vie dure et je ne trouve pas ça cool du tout. Mais je n'ai aucun pouvoir sur lui, il ne m'écouterait pas si je lui demandais de te laisser tranquille.
- Ne t'en fais pas pour ça, il va bien finir par se calmer. Je gère la situation, de toute façon. Et puis, je crois que je préfère les problèmes que j'ai avec Malfoy plutôt que ceux que tu as avec Justin, dit Harry en grimaçant. Je... j'étais là, hier matin, quand il... Enfin bref, tu n'as certainement pas envie d'en parler.
- J'avoue que je préfère esquiver le sujet avec mes amis ou avec les professeurs mais là ça ne me dérange pas d'en parler. D'autant plus que tu dois savoir ce que je vis en ce moment. Sauf que toi tu as vécu ça pendant toute une année et à deux reprises... Franchement je ne sais pas comment tu as fait pour supporter tout ça.
- Je dois avoir une sacrée capacité d'endurance, sourit Harry. Mais j'avais presque oublié que j'avais eu moi aussi des problèmes avec Justin. Mon inconscient ne veut plus y repenser, je crois. Mais Justin ne faisait que suivre l'opinion générale, tu sais. En deuxième année, tout le monde pensait que j'étais l'héritier de Serpentard, alors il le croyait aussi. L'année dernière, tout le monde pensait que j'avais mis mon nom dans la coupe, alors il le croyait aussi. Il est trop influençable et ça lui joue des tours. Mais je crois que ce qui s'est passé en deuxième année l'a traumatisé. Il a quand-même failli se faire tuer par le Basilic sous l'ordre de quelqu'un qui voulait éradiquer tous les nés-moldus de l'école. Alors il a un peu de mal à faire confiance à un élève qui est à la fois un Serpentard et un sang-Pur et qui a pour père un Mangemort. Mais ça n'excuse pas pour autant ce qu'il t'a dit. Il faut qu'il arrive à passer outre ses préjugés. Il doit comprendre que tu n'es pas un Mangemort comme ton père.
- À part lui parler, je ne vois pas comment je pourrais le convaincre.
Harry sembla réfléchir un instant.
- Je pense qu'il n'y a que par la discussion qu'on pourra le convaincre. Donc déjà, essaie de lui parler toi. Si ça ne suffit pas, je pense que Hermione pourra prendre le relais.
- J'avais aussi pensé à lui demander son aide mais... pas de cette manière-là. Je voulais juste qu'elle me conseille, pas qu'elle aille directement parler à Justin...
- Mais elle est une née-moldue comme lui. Quoi de mieux pour convaincre Justin de te faire confiance que quelqu'un qui pourrait avoir les mêmes peurs que lui ? Si elle lui dit que ça fait deux ans qu'elle est assise à côté de toi en runes et en arithmancie, que tu ne lui as jamais rien fait et que vous êtes même très amis, Justin devrait comprendre qu'il n'a donc aucune raison d'avoir peur de toi.
Théo réfléchit aux paroles de Harry. Ce n'était pas bête du tout. Mais...
- Je n'ai pas l'habitude de demander de l'aide aux gens, dit-il en rougissant.
- Oui eh bien tu vas faire un effort pour une fois.
Théo fut surpris par le ton ferme de Harry. À part le professeur Snape, personne n'employait un tel ton avec lui, d'habitude. Mais, bizarrement, il ne trouva pas cela désagréable. En fait, il venait de réaliser qu'il avait besoin d'être cadré. Et aucun de ses amis n'était en mesure de se montrer aussi ferme avec lui.
- Bon, très bien, j'en parlerai avec Hermione.
Tout en disant ces mots, il peinait à comprendre comment il avait pu céder aussi facilement face à Harry alors qu'il le connaissait à peine. Il n'était pas de nature à se laisser faire, d'ordinaire. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Mais Théo n'avait pas envie d'y réfléchir. Discuter avec Harry lui faisait beaucoup de bien, c'était tout ce qui comptait pour le moment. Il se rendit compte qu'il avait vraiment envie d'apprendre à le connaître. Une pensée traversa soudain son esprit.
- Que venais-tu faire par ici, au fait ? demanda-t-il à Harry.
- Je m'ennuyais alors j'ai décidé de sortir un peu du château. Ron et Hermione étaient à une réunion de préfets et juste après ils avaient leur premier cours de stage d'identification de je ne sais plus quoi. Elle doit bientôt commencer, d'ailleurs.
- Ah oui, le stage sur les potions droguées, dit simplement Théo. Draco et Pansy m'en ont parlé aussi. Tu dois être bien content de ne pas être préfet.
- Ça, tu peux le dire ! Me retrouver tous les week-end avec Snape pendant un mois, quelle horreur ! Je plains Ron et Hermione. Bon, je vais essayer d'avancer un peu sur le devoir de botanique. C'est le seul qu'on a à faire pour le moment mais vu que Malfoy et moi n'avons pas encore d'organisation pour nos séances de travail, il faut bien qu'on travaille chacun de notre côté. Tu vas faire comment, toi, avec Justin ?
- Je vais faire comme toi. Enfin, on va faire comme Draco et toi. On prendra deux heures pour tout mettre en commun et choisir nos parties à rédiger. J'espère qu'il pourra supporter ma présence durant ce laps de temps, ironisa Théo.
- Je pense qu'il pourra faire un effort, plaisanta Harry. Oh, avant que je parte... on la trouve où, la viande ?
- Tu peux demander soit aux elfes de Poudlard, soit à Hagrid.
- Super. J'en apporterai la prochaine fois que je viendrai. Bon courage avec Justin.
Théo souhaita de même à Harry avec Draco, puis le Gryffondor partit. Théo le regarda s'éloigner en souriant. Il n'aurait jamais cru qu'il s'entendrait aussi bien avec lui. Il n'aurait jamais cru non plus qu'il puisse avoir autant de points communs avec lui. Et il sentait qu'ils en avaient d'autres à découvrir. Il espérait juste que Draco ne lui en voudrait pas trop de sympathiser avec Harry. Mais Draco n'avait pas à s'en faire. Même si Théo devenait ami avec le Gryffondor, il ne laisserait pas tomber ses meilleurs amis pour autant. Il croyait au rapprochement entre les maisons et il souhaitait par-dessus tout réussir à gagner la confiance d'un certain Poufsouffle aux cheveux châtains et aux yeux bleus.
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Au même moment, POV Remus
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Remus ne cessait de penser à sa discussion avec Harry de la veille au soir. Il lui avait promis qu'il ne se mêlerait pas des raisons de sa retenue et il tiendrait sa parole. Mais il fulminait à l'idée que Severus l'ait collé uniquement parce qu'il refusait d'admettre que Harry avait progressé dans sa matière. C'était tout simplement injuste et inacceptable. Il comptait bien parler à son collègue après la première séance de stage qui devait commencer une heure plus tard. Mais il devait lui parler seul à seul. C'est-à-dire sans la présence de Sirius. Il s'en voulait de lui cacher quelque chose à propos de Harry mais il n'imaginait même pas sa réaction s'il apprenait que Severus avait donné une retenue injustifiée à Harry. Sirius irait probablement lui casser la figure et c'était tout ce que Remus voulait éviter.
- Toi tu es encore perdu dans tes pensées.
La voix de Sirius le fit sortir de sa rêverie. Il leva la tête et sourit à son ami.
- Oui, je pensais à la séance de tout à l'heure.
- Évite d'y penser maintenant, grimaça Sirius. Profite de l'heure qu'il nous reste avant d'aller retrouver le bâtard graisseux.
- Sirius ! protesta Remus. Surveille ton vocabulaire, bon sang !
Sirius leva les yeux au ciel et attrapa sa mallette dans laquelle il prit un tas de parchemins.
- Tu as déjà donné et récupéré des devoirs ? s'étonna Remus.
- Non, pas du tout voyons !s'écria Sirius. Ce sont juste des fiches de renseignements que j'ai fait remplir aux élèves. Ce n'est pas trop long, rassure-toi. Je leur ai juste demandé leur prénom, leur nom, leur date de naissance, les matières où ils se sentent le plus à l'aise, les matières où ils se sentent le moins à l'aise et d'éventuelles choses qu'ils auraient à me signaler.
- Très intéressant, comme idée, approuva Remus. Je n'y avais jamais songé. Pourtant ce serait une bonne chose à faire pour les directeurs de maison.
- Si tu veux je peux te faire une copie des fiches des élèves de Gryffondor.
- Ce serait gentil, merci. Tant qu'à faire, tu peux faire de même pour Pomona. Je ne vais pas te demander d'en faire autant pour Severus, il risquerait de te les jeter au visage, tes fiches.
Sirius haussa un sourcil.
- Tu es bien critique avec Servilus, tout à coup.
«Zut» pensa Remus. Il fallait qu'il réfléchisse avant de parler. Mais la pleine lune avait lieu le soir-même et cela influençait énormément le contrôle qu'il avait sur lui-même.
- Je dis juste la vérité, répliqua-t-il. On le connaît, toi et moi. Il va te sortir quelque chose du genre «Je n'ai pas besoin de toi pour apprendre à connaître mes élèves». Et toi tu vas réagir au quart de tour, vous allez vous disputer et il y a de grandes chances pour que vous en veniez à la baguette.
- C'est vrai, admit Sirius. De toute façon je n'ai jamais eu l'intention de lui donner quoi que ce soit. Je vais aussi donner les fiches des Serdaigle à Filius, vu qu'il reste quand-même leur directeur de maison. Bon, voyons ce que dit Hannah Abbot...
- Tu les as rangées par ordre alphabétique ?
- Non, c'est juste la première fiche qui a atterri sur mon bureau.
- Donc tu commences par la fin de la pile ? Vu que c'est celle qui devait se trouver tout en-dessous ? Je crois que je vais définitivement renoncer à te comprendre, Sirius.
- Il vaut mieux, en effet.
Sirius se mit à lire ses fiches tandis que Remus reprenait sa lecture de la Gazette du Sorcier. Il eut le droit aux commentaires de toutes les fiches, si bien qu'il avait l'impression de les avoir lues lui-même.
- Il y a beaucoup d'élèves qui ne se sentent pas à l'aise en histoire de la magie, constata Sirius après avoir lu environ la moitié des fiches. J'espère que ça va changer avec le nouveau professeur.
- Tu demanderas à Harry comment se passent les cours avec lui quand il viendra prendre le thé.
- Il doit venir demain, justement. Aujourd'hui c'était impossible, avec cette satanée séance...
- C'est dommage car tu aurais pu être seul avec lui vu que je n'aurais pas été là. Je compte m'en aller vers dix-sept heures, d'ailleurs.
Sirius eut l'air surpris. Comme s'il ignorait de quoi Remus voulait parler. Ou, plutôt, comme s'il avait oublié. Ce qui était probablement le cas.
- Tu t'en vas ? Mais... pourquoi ? Tu as rendez-vous avec quelqu'un ?
Remus retint un soupir. Sirius avait donc bel et bien oublié. Il s'en doutait un peu puisque, d'habitude, il lui en parlait dès le matin.
- En quelque sorte, oui.
- Tu as rendez-vous ici ? Je veux dire, à Poudlard ?
- Je n'ai pas trop le choix donc oui.
- Attends, c'est un rendez-vous amical ou professionnel, j'espère ? Ce n'est pas un rendez-vous amoureux ? Tu m'as dit que c'était interdit entre collègues !
- Ce n'est ni amical, ni professionnel, ni amoureux, répliqua Remus. C'est un rendez-vous personnel auquel personne n'est convié à part moi-même. Et ce sera dans mon bureau qui sera protégé par de puissants sortilèges pour être sûr que personne ne viendra me déranger.
Sirius sembla soudain comprendre.
- Oh... Je... je suis désolé, Remus, je... je n'y pensais plus du tout...
- Ce n'est pas grave, dit Remus en se radoucissant. Tu as eu ta toute première semaine de cours, c'est normal que tu sois un peu ailleurs.
- Oui mais bon, j'aurais quand-même dû m'en souvenir...Tu penses que ça va aller ? Tu ne veux vraiment pas que je t'accompagne ?
- Je serai sous potion Tue-Loup, ça ne vaut pas le coup que tu sacrifies une nuit pour ça. Ce sera beaucoup moins pénible que lorsque je ne prends pas la potion. La transformation reste douloureuse mais après, je ne me fais aucun mal. Je suis un loup tout à fait inoffensif qui attend juste que la pleine lune se termine, c'est tout.
- Tu dois t'ennuyer.
- Non, je dors donc ça passe vite. Mais le réveil n'en reste pas moins douloureux puisque je dors sur quelque chose de dur et de très inconfortable. Et je suis quand-même fatigué car je ressens encore les effets de la pleine lune. Donc, franchement, je préfère que tu restes là.
- Bon, comme tu veux. Tu sais ce que j'en pense mais je respecte ton choix.
Sirius retourna à ses fiches, l'air un peu contrarié. Remus essaya de ne pas s'en vouloir, se répétant qu'il faisait ça pour le bien de Sirius.
- Oh, il y a une fiche à l'envers... Enfin, je veux dire, qui n'était pas dans le même sens que les autres. Et vu l'écriture, c'est celle de Harry. Il ne peut donc vraiment rien faire comme tout le monde ?! Je vais quand-même voir s'il y a quelque chose derrière... Ah bah j'ai bien fait.
Sirius lut la fiche et ne tarda pas à se plaquer une main contre le front.
- Mais qu'est-ce qui m'a donné un filleul pareil ?!
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda Remus.
Pour toute réponse, Sirius lui tendit la fiche de Harry. Remus la prit, la lut... et éclata de rire. Ce qui lui valut un regard noir de Sirius qui ne fit qu'accentuer son rire.
- Mon filleul se moque délibérément de moi et toi, ça te fait rire ?!
- Avoue que c'est drôle !
- Mais je suis son professeur, Remus ! Il ne me respecte même pas !
- Non, tu te trompes. Il te dit bien à la fin qu'il est conscient qu'il ne doit pas faire ce genre de choses. Il voulait juste te faire rire et te changer les idées. Et puis, tu remarqueras qu'il garde quand-même ses distances avec toi dans sa façon de s'adresser à toi. Et en plus il a écrit au dos de sa fiche la version que tu attendais. Mais tu as quand-même raison sur un point : il aurait dû s'abstenir de faire ça. Vu que sa blague est tout de même un peu idiote, tu n'as qu'à lui donner une punition tout aussi idiote.
- C'est-à-dire ? Tu as une idée ?
- Je pense que lui faire écrire deux cent fois «Je ne dois pas me moquer de mon professeur» lui servira de leçon. Ce n'est pas méchant, c'est bête, c'est long et c'est barbant. Ça le saoulera tellement qu'il n'aura vraiment pas envie de recommencer.
- C'est une bonne idée. Je lui en parlerai demain quand il viendra.
Remus haussa un sourcil.
- Tu n'as pas l'air embêté à l'idée de punir Harry, toi qui craignait pourtant ça, remarqua-t-il.
- Il s'est moqué de moi, Remus, répliqua Sirius, piqué au vif. Je ne peux pas laisser passer ça.
- C'est bien, tu as la bonne réaction. Mais ne sois pas trop dur non plus avec lui.
- J'en suis incapable, tu le sais bien. Je vais lui donner ces lignes à copier et juste après je vais lui proposer du thé et des petits gâteaux. Histoire de passer à autre chose. Mais tu seras là, j'espère ?
- Je serai ici, oui, mais je me reposerai dans ma chambre. J'essaierai quand-même de venir dans le salon avant que Harry ne s'en aille. Au moins pour lui dire bonjour.
- Tu es adorable.
Remus se sentit rougir alors que Sirius reportait son attention sur ses fiches. Il regarda sa montre et soupira. Il ne restait que dix minutes avant la séance. Il espérait que ça allait bien se passer et que tout le monde sortirait vivant du cachot.
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Dix minutes plus tard, POV Remus
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- Est-ce qu'on est vraiment obligés d'y aller ?
- Cela fait au moins dix fois que tu me poses la question et la réponse n'a toujours pas changé. Oui, nous sommes obligés d'y aller. Comment veux-tu essayer d'arrêter un trafic de potions droguées si tu ne sais même pas reconnaître ces potions ?!
- C'est vrai. Mais c'est l'idée de passer deux heures avec Servilus qui m'horripile, grommela Sirius.
- Tu ne seras pas seul avec lui. Il y aura tous les professeurs ainsi que les préfets et les préfets-en-chef. Et il y aura moi, surtout.
- Ça, c'est le meilleur argument qui soit, approuva Sirius. Ah, nous y voilà.
Ils étaient effectivement arrivés devant le cachot où aurait lieu la séance. La porte était déjà ouverte.
- Franchement il aurait pu trouver une salle plutôt qu'un cachot... On ne va pas faire de potions, à ce que je sache ! rouspéta Sirius.
- Ça devait être plus pratique pour lui, dit simplement Remus. Allez, entrons.
Sirius et Remus pénétrèrent dans le cachot et virent qu'il y avaient déjà Severus, quatre professeurs, les deux préfets-en-chef ainsi que trois des huit préfets.
- C'est qui les préfets-en-chef déjà ? demanda Sirius à Remus.
- Cassius Warrington et Dinah Cook. Le premier est à Serpentard, la seconde est à Poufsouffle.
- D'accord, merci. Je vais essayer de m'en souvenir.
Remus y croyait moyennement mais il ne dit rien. Son regard parcourut le cachot avant de croiser celui de Severus. Il sentit la colère l'envahir en repensant à la retenue de Harry mais il resta calme. Il ne devait pas attaquer Severus. Il ne devait pas attaquer Severus. Il ne devait pas attaquer Severus. L'auto-persuasion, ça marchait souvent. Mais il devait vraiment se contenir. Il ne supportait pas l'idée que Severus ait refusé de voir les progrès de Harry alors que lui-même l'avait vu s'améliorer de jour en jour au cours de l'été. C'était tellement injuste. Mais il n'était que le professeur de Harry, il ne pouvait pas utiliser d'arguments personnels pour le défendre. Et de toute façon, Harry lui avait fait promettre de ne pas s'en mêler. Remus regrettait d'avoir donné sa parole.
Peu à peu, tout le monde arriva dans le cachot. La séance put bientôt commencer.
- Bien, comme vous le savez, il y a un trafic de potions droguées qui sévit depuis plusieurs années dans les couloirs du château. Comme cela met en danger la santé des élèves, il est devenu urgent d'y remédier. C'est pourquoi on m'a demandé de vous apprendre à reconnaître ces potions afin de sanctionner ceux qui les vendent sans avoir besoin de passer par moi pour que je vérifie s'il s'agit d'une potion droguée ou non. Bien sûr, si des doutes subsistent, vous pourrez toujours vous tourner vers moi. Le but est que vous puissiez les reconnaître vous-mêmes afin de pouvoir punir sur-le-champ les vendeurs de ces potions.
Alors qu'il écoutait Severus, Remus sentit le souffle de Sirius qui s'était penché vers lui.
- T'es sûr que c'est Snape qui est devant nous, là ? lui murmura-t-il. On a l'impression que c'est quelqu'un d'autre.
- C'est normal, c'est le potionniste qu'on a face à nous. Pas le professeur de potions, répondit Remus. Je trouve que cette casquette lui va beaucoup mieux, d'ailleurs. Il a l'air concerné par ce qu'il dit. Ça ne semble pas être une corvée pour lui de nous faire ce stage. Mais taisons-nous car, professeur ou non, s'il nous voit discuter, il va nous virer sans état d'âme.
Sirius acquiesça. Remus et lui reportèrent leur attention sur ce que disait Severus qui ne semblait pas avoir remarqué leur échange.
- Je vais donc vous apprendre à reconnaître ces potions. Il y en a qu'on trouve plus souvent que d'autres. Les plus courantes sont les coupe-faim, les potions anti-sommeil, les potions dites de drogues dures et les potions euphoriques. Il y a aussi d'autres potions dites «mineures» que nous verrons plus tard. Nous allons d'abord nous concentrer sur celles que je viens de vous citer. C'est somme toute assez simple de reconnaître une potion droguée et son nom lorsqu'on possède un tant soit peu de mémoire. Vous devrez toujours avoir sur vous une potion témoin qui vous sera indispensable. En versant un échantillon de la potion suspecte dans cette potion, vous saurez selon la couleur qu'elle prendra de quelle potion droguée il s'agit. Si ce n'est pas une potion droguée, la couleur de la potion témoin ne changera tout simplement pas. Elle restera translucide. Comme il n'existe pas trente-six mille potions droguées, chacune d'entre elles a sa couleur sans la partager avec une autre. À l'heure actuelle, nous avons répertorié douze potions droguées. Il y a donc douze couleurs et douze noms à retenir. Cela me semble largement faisable, même pour les personnes qui n'ont pas une très grande mémoire. Est-ce que tout est clair jusque-là ?
Tout le monde était si captivé par les explications de Severus que personne ne réagit à la question qu'il venait de poser.
- Dois-je prendre ce silence pour un oui ?
- Hein ? demanda bêtement Sirius.
- Ah, j'en ai au moins un qui se réveille. Je vous demandais si tout était clair.
Une multitude de «oui» répondit cette fois à la question de Severus. Remus était surpris de s'être laissé entraîner comme les autres par les paroles du Maître des Potions. Il n'y avait pas de doutes possibles : il maîtrisait son domaine. Et il savait intéresser son audience. C'était clairement le côté «scolaire» qui ne devait pas plaire à Severus. Enseigner dans une école supérieure de potions lui conviendrait sûrement mieux.
- Dans ce cas on va passer à la pratique. Je vais vous montrer ce qu'il faut faire pour reconnaître les quatre potions dont je vous ai parlées. Vous aurez juste à retenir la couleur que prendra la potion témoin.
Alors que Severus montrait l'exemple avec la première potion, Remus vit que Sirius semblait à présent plutôt intéressé par cette séance. Il avait l'air d'avoir accepté de mettre de côté son aversion envers Severus afin de profiter de son expérience. Si les tensions pouvaient se calmer entre eux durant les deux heures que duraient ces séances, Remus n'était pas contre, bien au contraire !
L'exercice du jour fut donc plutôt simple puisqu'il n'y avait que quatre potions à reconnaître. Mais Remus savait que les choses se compliqueraient lorsqu'il y aurait plus de potions qui entreraient en jeu. Ils allaient aussi devoir apprendre à maîtriser les gestes pour tester les potions afin de ne pas perdre trop de temps lors des rondes. Il fallait que les gestes soient fluides et cela s'apprendrait tout au long du stage. Remus se demandait si quatre séances seraient suffisantes. Il allait peut-être en falloir plus, surtout pour les moins aguerris.
Lorsque Severus annonça la fin de la séance, Remus décida d'aller lui parler. Mais pour cela, Sirius devait s'en aller.
- Sirius, tu peux rentrer si tu veux, je dois parler avec Severus.
- Parler ? À propos de quoi ?
- D'un élève de ma maison.
Remus ne mentait pas : Harry était effectivement un élève de sa maison.
- Je ne répéterai rien, hein, tu peux lui parler de cet élève devant moi.
- Cela n'a rien à voir avec toi, Sirius.
- En es-tu sûr, Lupin ?
Remus se raidit en entendant la voix de Severus derrière lui.
- Est-ce vraiment d'un quelconque élève de Gryffondor dont tu veux me parler ? demanda-t-il d'une voix doucereuse. S'il s'agit de Potter, tu peux le dire tout de suite. Black sera ravi d'apprendre que son filleul n'est qu'un menteur et un tricheur.
- JE T'INTERDIS DE PARLER DE HARRY AINSI ! hurla Sirius. RETIRE IMMÉDIATEMENT CE QUE TU VIENS DE DIRE !
- Je n'ai pas pour habitude de taire la vérité, Black.
- Dis plutôt que tu as du mal à l'accepter, répliqua sèchement Remus.
- Hé oh, je peux savoir de quoi vous parlez ? s'agaça Sirius qui s'était quelque peu calmé.
Remus ne savait pas quoi faire. Il avait peur que la situation dégénère mais il ne pouvait pas laisser Sirius sans explications. Il ne vit donc qu'une solution.
- D'accord, on va t'expliquer. Mais donnez-moi d'abord vos baguettes. Il est hors de question que vous en veniez à vous battre en duel.
- Tu ne me fais pas confiance, Remus ? répondit Sirius, l'air blessé.
- Je préfère prendre un maximum de précautions.
Remus tendit ses deux mains à Sirius et Severus qui lui donnèrent leurs baguettes à contrecoeur.
- Bien. Severus, que s'est-il passé avec Harry hier ? demanda posément Remus.
- J'ai demandé aux élèves de préparer un philtre de paix et l'échantillon que m'a rendu Potter était beaucoup trop parfait pour être honnête. Cet échantillon valait un Optimal. Or, Potter n'a jamais eu de note au-dessus de huit, à savoir Piètre. L'écart était beaucoup trop flagrant. Potter n'a pas pu devenir un génie des potions en deux mois, c'est impossible. Il n'y avait donc que deux explications : soit il avait triché sur un de ses camarades, soit il avait puisé dans l'échantillon de ce même camarade. Il a nié et comme il refusait de dire la vérité, je l'ai mis en retenue pour qu'il me refasse la potion mais cette fois, sans avoir accès à aucune aide.
- Et il ne t'est pas venu une seule fois à l'esprit qu'il pouvait vraiment te dire la vérité ?! cria Sirius.
- Tu es bouché ou quoi ? Je viens de te dire que c'était impossible !
- Calmez-vous, ordonna Remus.
Il se tourna vers Severus.
- Soit. Tu l'as donc mis en retenue. Tu lui as demandé de refaire cette potion et que s'est-il passé ?
- Il m'a de nouveau rendu un échantillon parfait. Mais cela s'explique par le fait qu'il a simplement retenu ce qu'il fallait faire quand il s'est fait aider durant le cours. J'aurais dû lui demander de préparer une autre potion et là, il l'aurait misérablement ratée. Car il est nul en potions et tout le monde le sait.
- C'EST FAUX ! s'emporta Sirius. Si Harry a réussi cette potion c'est parce qu'il a travaillé pendant tout l'été pour se remettre à niveau !
- Bizarre, il ne m'en a pas parlé, ironisa Severus.
- Parce qu'il savait que tu ne le croirais pas, rétorqua Remus.
- C'est vrai. Je ne l'aurais pas cru une seule seconde. Potter aura beau s'entraîner pendant toute une année, il ne réussira jamais à rattraper quatre ans de retard. Il est incapable de réussir une potion sans l'aide de quelqu'un, alors qu'il l'assume au lieu de tricher et de mentir ! De toute façon il est comme son père. Arrogant, minable, manipulateur et insolent. Et ce n'est pas avec un parrain qui lui passe tout sur le dos et qui l'encourage dans ses mensonges qu'il va changer. James Potter doit se retourner dans sa tombe en voyant comment...
- NE PRONONCE PAS LE NOM DE JAMES DEVANT MOI !
Remus n'eut pas le temps de réagir. Sirius se jeta sur Severus et lui donna un violent coup de poing dans la tempe. Malgré son arcade sourcilière ouverte, Severus ne se laissa pas faire et rendit son coup à Sirius. Remus choisit ce moment-là pour sortir de sa léthargie. Il prit sa baguette et sépara Sirius et Severus d'un coup de baguette en les projetant aux deux extrémités de la salle. Ils se relevèrent et voulurent de nouveau se jeter l'un sur l'autre mais Remus s'interposa.
- Arrêtez ! Non mais vous n'avez pas honte de vous comporter comme deux véritables sauvages ?! Vous croyez vraiment que c'est une façon de se conduire ? Vous êtes professeurs, par Merlin, vous vous devez d'être irréprochables et de donner l'exemple ! Si je vous ai confisqué vos baguettes ce n'était pas pour que vous en veniez aux mains ! Vous êtes complètement stupides ou quoi ?!
Sirius et Severus ne répondirent pas mais tous deux se dévisageaient avec une haine réciproque dans leurs regards. Remus s'adressa à Sirius :
- Sors, je te rejoins. Je ne veux pas vous rendre vos baguettes tant que vous vous trouvez dans la même pièce. Tu récupéreras la tienne quand je sortirai.
- Tu as intérêt à vite me rejoindre, dans ce cas, car j'ai deux mots à te dire, asséna sèchement Sirius.
Remus sentit son coeur se serrer face au ton sec de Sirius qui sortit du cachot d'un pas furieux. Remus attendit que la porte soit fermée pour rendre sa baguette à Severus.
- Tu as de la chance que j'aie besoin de toi pour la potion Tue-Loup, sinon je t'aurais signalé à Dumbledore, lâcha-t-il.
Il tourna les talons et quitta à son tour le cachot. Ce fut un Sirius toujours aussi remonté qu'il retrouva. Sans se concerter, ils prirent le chemin de leurs appartements. Ils y arrivèrent très vite, marchant d'un pas raide et rapide.
- Je vais chercher de quoi soigner ta tempe, dit Remus d'un ton neutre.
Il s'apprêtait à joindre le geste à la parole mais Sirius le retint en lui attrapant vivement le poignet.
- Tu restes là. T'as pas entendu ce que je t'ai dit avant de quitter le cachot ?
- Je ne veux pas avoir de discussion avec toi tant que tu ne seras pas calmé.
- Mais je m'en contrefiche de ce que tu veux, Remus ! Tu aurais dû me dire ce qui s'était passé entre Harry et Servilus au lieu de me tenir à l'écart comme tu l'as fait ! Pourquoi tu ne m'as rien dit ?! Pourquoi tu as gardé tout ça pour toi ? Pourquoi tu m'as caché la vérité ? Je suis son parrain, bordel ! Tu aurais dû me tenir au courant ! Je n'arrive pas à croire que tu m'aies fait ce coup-là ! Je pensais pouvoir te faire confiance ! Et au lieu de ça tu me caches quelque chose d'hyper important au sujet de Harry ! Pourquoi ? POURQUOI ?!
- POUR ÉVITER CE QUI S'EST PASSÉ IL Y A DIX MINUTES ! hurla Remus à son tour. POUR ÉVITER QUE TU T'EN PRENNES À SEVERUS ET QUE TU TE FASSES RENVOYER ! SI JE N'ÉTAIS PAS INTERVENU, C'EST CE QUI SE SERAIT PASSÉ ! ALORS AU LIEU DE ME GUEULER DESSUS TU POURRAIS ME REMERCIER ! COMMENT VEUX-TU VEILLER SUR HARRY À POUDLARD SI TU EN ES RENVOYÉ ?! EST-CE QUE TU AS PENSÉ À ÇA AVANT DE CÉDER BÊTEMENT À TES PULSIONS ?! J'AI VOULU TE PROTÉGER, SIRIUS ! TE PROTÉGER ! PARCE QUE JE TIENS À TOI ! MAIS ÇA TU NE SEMBLES MÊME PAS CAPABLE DE T'EN RENDRE COMPTE !
Remus termina sa tirade sur ces mots, légèrement essoufflé d'avoir autant crié. Sirius le regardait avec stupeur. Remus se mit à faire les cent pas afin de tenter de se calmer. Il sursauta et se retourna brusquement lorsqu'il sentit une main lui attraper le bras.
- Remus... Je suis désolé. Pardonne-moi pour ce que je t'ai dit. Je n'avais pas compris que tu m'avais tenu à l'écart pour m'éviter de m'attirer des ennuis avec Servilus... Je n'aurais pas dû réagir comme ça. Heureusement que tu étais là pour me contenir.
La colère de Remus se dissipa au fur et à mesure des excuses de Sirius. Mais le loup restait agité en lui. Ce n'était pas bon signe du tout. À quelques heures de la pleine lune, le loup devait au contraire rester le plus profondément possible tapi en Remus pour que la nuit se passe bien. Il savait déjà que ce ne serait pas le cas pour cette nuit-là. Il détestait également quand le loup s'agitait car il prenait possession de la raison de Remus et pouvait l'amener à faire des choses sous le coup d'une pulsion qu'il regretterait aussitôt après. Et ce fut exactement ce qui se passa lorsque Remus releva la tête et croisa le regard de Sirius. Il ne réfléchit pas une seule seconde et laissa le loup agir en lui. Il plaqua Sirius contre le mur et écrasa ses lèvres contre les siennes. Un hoquet de surprise lui répondit. Il se passa de longues secondes avant que les lèvres de Sirius ne se mettent à se mouvoir contre les siennes. Remus laissa échapper un soupir de soulagement. Il répondit au mouvement de Sirius et se pressa tout contre lui. Il avait l'impression qu'il attendait ce moment depuis une éternité. Mais il revint brusquement à la réalité lorsqu'il sentit Sirius le pousser à entrouvrir ses lèvres. Pris d'horreur en réalisant ce qu'il était en train de faire, Remus rompit le baiser en se dégageant brutalement de l'étreinte. Sirius ne chercha pas à le retenir. Ne souhaitant pas rester une minute de plus après ce qu'il venait de faire, Remus quitta les appartements en trombe en claquant la porte derrière lui. Il avait terriblement honte. Il n'oserait plus jamais regarder Sirius en face. Il était pourtant conscient que dès le lendemain, il devrait assumer les conséquences de ses actes. Mais avant cela, il devait affronter la pleine lune et il savait d'ores et déjà que malgré la Potion Tue-Loup, elle allait être longue et très agitée.
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Au même moment, POV Severus
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Ce sale sabot ne l'avait pas raté ! Sa tempe allait rester marquée pendant plusieurs jours par le coup qu'elle avait reçu. Ce type était un fou dangereux. Bon, ok, Severus l'avait cherché. Ok, il avait fait exprès de prononcer le prénom du James Potter devant Black pour le provoquer. Mais il pensait que Lupin aurait empêché Black de lui sauter dessus ! Et au lieu de ça il l'avait laissé faire et il n'avait même pas levé le petit doigt pour l'aider ! Enfin si, mais une fois les premiers coups échangés. Question réactivité, il allait falloir repasser.
Il était en train de soigner son arcade lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à sa porte. Il fronça les sourcils. Qui pouvait bien venir le voir chez lui un samedi à seize heures passées ? Si c'était Black ou Lupin qui venaient pour s'excuser, ils allaient être bien reçus ! Il alla ouvrir et fut surpris de tomber sur Draco. Celui-ci remarqua aussitôt son arcade ouverte.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé ?!
- Un léger conflit, rien de plus.
- Non mais on dirait carrément que tu t'es pris un coup ! Tu t'es battu ?!
- Draco, ne cherche pas à en savoir plus, s'il te plaît. Qu'est-ce qui t'amène ?
- Rien, je lui dirai que son rendez-vous est annulé. Tu ne vas clairement pas pouvoir le recevoir comme ça.
Le rendez-vous de Théo ! Zut ! Severus l'avait déjà repoussé une fois, il ne pouvait refaire le coup à son élève une deuxième fois.
- Non mais c'est bon, j'ai juste à lancer un charme de camouflage et ça fera l'affaire.
- Tu es sûr ?
Draco avait l'air franchement sceptique.
- Oui, je t'assure. Tu peux lui dire de m'attendre près de mon bureau, s'il te plaît ?
- D'accord.
Draco partit en refermant la porte derrière lui. Severus soupira. Il fallait vraiment qu'il apprenne à mieux gérer son emploi du temps. Il se jeta un charme de camouflage afin de cacher son arcade, sortit de ses appartements et se rendit à son bureau. Il arriva en même temps que Théo qu'il invita à entrer.
- Excusez-moi, j'ai eu un léger contretemps. Asseyez-vous, je vous prie. Nous avons plusieurs sujets à traiter, il me semble. Commençons par votre épaule. Comment se porte-t-elle ?
- Bien, je crois. Je ne me suis pas fait mal récemment, en tout cas.
- C'est une bonne chose. Vous allez donc pouvoir commencer à prendre le traitement pour consolider vos os et les protéger lors de la pratique du Quidditch. Vous comptez toujours vous présenter aux sélections ?
- Oui, je me suis inscrit auprès du capitaine. Enfin... si on veut.
- Comment ça ?
- Disons que quelqu'un a jugé bon de le faire à ma place.
Severus se retint de lever les yeux au ciel.
- Cette personne est presque sûre d'être réintégrée dans l'équipe, j'imagine?
- Tout à fait. Mais je ne lui en veux pas. S'il n'était pas allé m'inscrire, je ne l'aurais certainement pas fait moi-même.
- Vous êtes désespérant. Mais bon, vous allez pouvoir passer les sélections, c'est le principal. Je vais vous donner votre traitement.
Severus alla chercher une vingtaine de fioles qu'il donna à Théo.
- Vous en avez pour un peu plus de dix jours, sachant que vous avez deux potions à prendre. L'une d'entre elles est à prendre uniquement les jours où vous avez un entraînement ou un match de Quidditch. Vous devrez donc évidemment la prendre le jour des sélections. Deux heures avant, de préférence. L'autre potion est à prendre tous les jours. Je vous conseille de la boire le matin, après le petit-déjeuner. Est-ce que tout cela est clair ?
- Oui. Mais il y a une chose que je ne comprends pas. J'ai déjà une potion à boire pour solidifier mes os. Dois-je l'arrêter ?
- Ce n'est pas exactement la même. Celle que je vais vous donner est plus ciblée, plus précise. Elle traite le problème à la source alors que celle que vous prenez déjà est plus générale. Mais je pense que vous pourrez l'arrêter. Cela fait plus d'un mois que vous êtes sous cette potion, elle a dû faire son travail. En parlant de votre traitement actuel, vous prenez toujours vos potions de nutrition et vos potions pour traiter vos carences ?
- Oui.
- Bien, vous devez les continuer pendant encore un bout de temps. Nous nous verrons toutes les deux semaines pour surveiller tout cela. Je vais vérifier votre poids et l'évolution de vos carences.
Severus eut juste à lancer le sort de diagnostic, étant donné que c'étaient deux choses qui étaient vérifiables avec ce sort. Ce qu'il lut le rendit perplexe.
- Vous avez perdu du poids depuis la dernière fois que je l'ai contrôlé. Vous êtes redescendu à quarante-sept kilos. Est-ce que vous prenez bien tous vos repas ?
- Oui mais je n'ai pas très faim en ce moment. Je suis fatigué alors le soir je préfère aller vite me coucher au lieu de m'éterniser dans la Grande Salle.
- Mais il est important que vous mangiez suffisamment, sinon vous ne parviendrez jamais à retrouver un poids raisonnable. Vous êtes sûr qu'il n'y a que la fatigue qui raccourcit la durée de vos repas ? Cela ne doit concerner que le dîner. Qu'en est-il du petit-déjeuner et du déjeuner ?
- Je mange autant que je peux, répondit Théo, sur la défensive.
Severus fronça les sourcils. Il voyait bien que Théo lui cachait quelque chose. Il semblait avoir perdu la joie de vivre qu'il avait pourtant retrouvée durant l'été. Il avait l'air tendu et déprimé. Pour Severus, il n'y avait aucun doute : cela était dû à son retour à Poudlard.
- Est-ce que la première semaine de cours s'est bien passée ? demanda-t-il, inquiet.
- Oui, très bien, même. Les cours sont très intéressants et cette fois je peux tous les suivre sans problèmes de superposition. Après, il y a un souci avec mon binôme mais vous êtes déjà au courant.
- Exact. Mais j'ai l'impression qu'il y a autre chose. Avez-vous des problèmes avec d'autres élèves ?
- Non.
La mâchoire de Severus se contracta. Théo lui mentait, c'était évident.
- En êtes-vous sûr ?
- Si vous voulez parler de tous les élèves qui parlent sur moi depuis la rentrée, sachez que ça me passe par-dessus la tête. Je n'y fais pas attention, voilà tout. Sinon il n'y a rien d'autre.
Severus retint un soupir. Il n'obtiendrait rien de plus de cette tête d'hippogriffe pour l'instant. Mieux valait passer à autre chose.
- Lorsque nous nous sommes vus à la fin du mois d'août, nous avons beaucoup parlé du Quidditch et vous étiez un peu perdu à ce sujet. Vous vouliez passer les sélections mais il y avait visiblement quelque chose qui vous bloquait. Vous n'arriviez pas à m'en parler sur le moment car tout cela paraissait un peu confus. Je vous avais conseillé d'y réfléchir à tête reposée et je vous avais également proposé d'en parler lorsque nous serions à Poudlard. Est-ce que vous y avez réfléchi depuis ?
- Oui et j'en ai discuté avec Draco. Cela m'a permis d'y voir un peu plus clair. Il m'a rassuré sur le fait que je n'étais pas le premier ni le dernier à ne pas savoir jouer et que les entraînements étaient là pour ça.
- En effet, je suis persuadé que vous allez très vite acquérir les bases. Ce n'est pas très compliqué, de toute façon. Vous visez toujours le poste de poursuiveur ?
- Oui.
- Dans ce cas vous aurez juste à apprendre à passer le souafle et à tirer pour tenter de marquer des buts. Bien sûr, il n'y a pas que ça mais disons que ce sont les bases de ce poste. Une fois que vous maîtriserez cela, vous n'aurez qu'à vous améliorer et apprendre d'autres choses comme garder le souafle tout en volant autour du terrain. Mais votre capitaine vous expliquera tout cela.
- C'est ce que Draco m'a dit. J'avais aussi peur de l'attention que j'allais attirer sur moi en intégrant l'équipe de Quidditch de ma maison. J'ai horreur d'avoir l'attention sur moi et je craignais de ne pas réussir à supporter la pression que ça allait engendrer. Mais comme me l'a conseillé Draco, si je suis sélectionné, je demanderai à être remplaçant. C'est moins stressant que d'être titulaire. Et si jamais même ça, ça reste trop stressant pour moi, je quitterai l'équipe et je laisserai ma place à quelqu'un d'autre.
Severus haussa un sourcil.
- C''est radical comme solution mais j'imagine que vous ferez tout pour ne pas en arriver là.
- Bien sûr, je compte rester le plus longtemps possible dans l'équipe si je suis pris.
- Je ne pense pas que vous aurez beaucoup de concurrents. Il y a généralement huit à dix candidats pour six places. Et vous tiendrez sûrement bien mieux sur un balai que certains de ces candidats. Y avait-il autre chose qui vous bloquait ?
- Oui, il y a une dernière chose que je n'ai pas pu régler avec Draco. Ça concerne mon emploi du temps, mes devoirs et le travail en binôme. Je ne sais pas si je vais réussir à gérer tout cela en plus des potentiels futurs entraînements. Je ne veux pas délaisser mes devoirs et faire passer ma scolarité au second plan.
- Je vois. C'est un risque, évidemment, mais je pense que vous saurez l'éviter. Vous êtes quelqu'un d'organisé. Malgré le fait que vous suiviez onze cours, vous avez toujours rendu vos devoirs en temps et en heure.
- Justement, j'ai peur que ce ne soit plus le cas si j'intègre l'équipe. J'ai peur d'être épuisé, à un moment donné. Je voulais savoir si vous aviez des conseils à me donner pour que je puisse bien gérer mon temps.
- Je sais que vous lisez beaucoup. Du moins, que vous lisez dès que vous en avez le temps. Il faudra sûrement que vous consacriez moins de temps à cette activité. Faites en priorité vos devoirs, que ce soient ceux que vous avez à faire seul ou en binôme, et si vous terminez vos devoirs après vingt-deux heures, je vous conseille de privilégier votre sommeil plutôt que la lecture. Il est important que vous dormiez suffisamment. Après, si vraiment vous avez du mal à boucler vos devoirs à temps, il serait préférable que vous quittiez l'équipe. Les cours et les devoirs passent avant tout.
- D'accord, merci, je vais suivre vos conseils.
- Bien, il me reste deux choses à voir avec vous. J'ai ce qu'il faut pour vous faire passer les tests concernant le trouble de votre fluide magique. C'est un peu long, il y a des sorts à lancer et des prélèvements à faire. Si vous ne vous sentez pas prêt à faire ces tests maintenant, nous pouvons attendre et décider d'un autre jour. Je ne vous avais pas prévenu donc je comprendrais que vous souhaiteriez remettre ça à plus tard. C'est comme vous voulez.
- Je crois que je préfère que ce soit fait maintenant. J'aimerais être débarrassé au plus vite de ce trouble qui me prive parfois de ma magie.
- Bien, je pense que c'est un bon choix.
Severus réalisa donc les tests nécessaires qui lui permettraient d'avoir toutes les informations sur le fluide magique de Théo. Il pourrait ainsi savoir quel était le meilleur traitement adapté.
- La prochaine fois que l'on se verra, je pourrai vous proposer un traitement. Je vais en parler avec des médicomages de Sainte-Mangouste afin d'avoir plusieurs avis.
- Je ne veux pas vous causer encore plus de travail que vous n'en avez déjà, protesta Théo.
- Je m'ennuie, quand je n'ai rien à faire, et j'ai une organisation qui me permet d'avoir un peu de temps libre une fois avoir fait tout mon travail. Maintenant, je souhaite aborder un détail avec vous qui m'intrigue depuis que je suis venu vous apporter le dispositif de surveillance dans votre chambre au Chaudron Baveur. Vous rappelez-vous avec désactivé tous les sorts que j'avais mis plusieurs minutes à lancer ?
- Oui, répondit Théo, l'air gêné.
- Vous l'avez fait sans prononcer le moindre mot. Puis-je savoir quand, où et comment vous avez appris à lancer un sortilège en informulé ?
- Ce n'est pas intéressant à savoir, murmura Théo.
- Ça, c'est à moi d'en juger. Je vous écoute.
Severus fixa son élève qui baissa les yeux. Il ne le lâcherait pas tant qu'il n'aurait pas eu d'explications. Théo devait le savoir puisqu'il céda.
- Ça fait environ un an que j'en maîtrise quelques-uns. Je m'entraînais dans le dortoir.
- Pourquoi ? Dans quel but ? En quoi cela vous était-il nécessaire ? Comment avez-vous eu l'idée, un jour, de vous mettre aux sortilèges informulés ?
- J'en avais assez de réveiller mes compagnons de dortoir lorsque je faisais des cauchemars. J'ai donc voulu insonoriser mon espace afin qu'ils puissent passer des nuits plus tranquilles. Mais je savais que Blaise et Draco pouvaient m'entendre si je prononçais la formule à voix haute ou même si je la murmurais. J'avais donc besoin de le faire de manière discrète. C'est comme ça que j'ai pensé aux informulés. Il m'a quand-même fallu plusieurs jours pour y arriver. J'avais réussi à me procurer un livre où il y avait un passage sur les informulés mais sans professeur pour montrer l'exemple et donner des conseils, c'était beaucoup plus compliqué. Mais j'y suis quand-même parvenu au bout de plusieurs soirées d'entraînements. Ça m'a été utile pour d'autres sorts, ensuite. Une fois que je savais les bases pour lancer un informulé, il était assez simple d'apprendre à lancer d'autres sorts de cette manière.
Severus resta plusieurs secondes silencieux, un peu sous le choc de ce qu'il venait d'entendre. Comment un adolescent pouvait-il aller aussi mal au point de faire des cauchemars toutes les nuits depuis plusieurs années sans que personne ne se soit rendu compte de quelque chose ? Lui le premier ? La fatigue aurait dû se voir sur le visage de son élève. À moins que...
- Je vois. J'aimerais vous poser une question. Est-ce que, par hasard, vous avez appris de manière autodidacte le charme de camouflage ?
D'abord surpris, Théo se mit à rougir. Severus se passa une main sur le visage et soupira d'un air las. Ce n'était pas un élève qu'il avait face à lui. C'était une mine secrète. Sauf qu'il avait l'impression que cette mine secrète n'avait jamais de fond. Il en apprenait toujours plus sur cet élève et cela ne faisait que l'inquiéter un peu plus à chaque fois.
- Je comprends mieux d'où vient votre maîtrise des informulés. Mais pourquoi avez-vous jugé utile d'apprendre le sort de désactivation ? Et, de surcroît, en informulé ?
- Parce que j'en ai eu besoin pour m'enfuir de l'endroit où se cachait mon père cet été.
Severus faillit se donner une claque. Comment avait-il pu oublier cela ?
- Et vous étiez obligé de l'apprendre en informulé ?
- Je me suis dit que ça pourrait toujours servir. En fait... s'entraîner à lancer un sort en informulé, ça demande beaucoup de puissance magique. Je m'en suis bien rendu compte. J'avais donc l'impression de me sentir plus léger, plus serein après avoir puisé dans toute ma puissance pour apprendre à lancer un nouveau sort en informulé. C'est comme si j'avais trop de puissance en moi et que j'avais besoin de m'en délester. Je ne sais pas trop comment expliquer cela.
- Vous l'avez très bien expliqué. Je pense que cela vient justement de votre trouble. Je vous avais dit qu'il affectait les personnes qui avaient une grande puissance magique. Il est donc fort probable qu'il se manifeste lorsque vous ressentez ce besoin d'expulser un peu de votre puissance magique. Je sais que ce sont des moments épuisants, c'est pourquoi il est important de vite traiter ce trouble.
- Je suis prêt à suivre n'importe quel traitement pour m'en débarrasser, affirma Théo. Je me rends compte seulement maintenant à quel point il m'épuise au quotidien. .
- Je le conçois parfaitement. Il y a cependant un problème dans votre cas.
- Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ? Quel est ce problème ?
- Votre cas a été diagnostiqué bien trop tard. Normalement il est diagnostiqué dès que le patient est en âge de posséder une baguette. Donc vers onze ou douze ans selon la date de naissance du patient. Dans votre cas, ça a été diagnostiqué avec trois ou quatre ans de retard. Le traitement sera donc plus long mais il sera tout aussi efficace.
- Ce sera toujours mieux que rien, dit Théo en souriant.
- Vous avez raison, mieux vaut voir les choses de façon optimiste. Je crois avoir abordé avec vous tous les sujets que nous avions à traiter. Si vous n'avez pas de question ou si vous n'avez rien d'autre à me signaler, vous pouvez y aller.
Théo acquiesça et se leva.
- Merci pour tout, professeur.
Il prit sa baguette qu'il avait posée sur le bureau et partit. Severus poussa un long soupir. Il n'en avait pas fini avec cet élève. Il en avait appris plus sur lui en un été qu'en quatre ans et désormais, il ne pouvait plus le laisser tomber. Il se demanda s'il y avait d'autres élèves qui n'allaient pas bien du tout et qui le cachaient aux yeux de tous. Aussi bien physiquement que mentalement parlant. Est-ce qu'il allait devoir faire passer des examens médicaux et psychologiques à tous les élèves de Poudlard pour en avoir le coeur net et éviter de répéter les mêmes erreurs qu'avec Théo ? Il ne savait pas si c'était faisable. Il en doutait énormément. Il faudrait réquisitionner plusieurs médicomages et plusieurs psychomages pour pouvoir faire passer ces examens à tous les élèves. Et Sainte-Mangouste ne disposait pas d'assez de personnel pour envoyer des membres de son équipe à Poudlard. Ou alors il faudrait que Severus jette son tablier de professeur, devienne le médicomage de Poudlard et... Non, il devait arrêter de divaguer. Le coup de poing qu'il avait reçu de Black avait dû déranger certains de ses neurones. Note à lui-même : ne plus jamais mentionner le nom de James Potter devant Black. Il en allait de sa propre santé mentale.
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(dimanche 10/09) POV Sirius
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Sirius ne savait pas quoi faire. Remus n'était pas rentré depuis leur dispute de la veille. Il était inquiet pour son ami, étant donné que la pleine lune avait justement eu lieu cette nuit mais en même temps, il ne se sentait pas prêt à le revoir. Il n'arrivait pas à croire que Remus l'avait... Il ne pouvait même pas mettre le mot dessus tellement cela lui paraissait invraisemblable. Son imagination avait dû lui jouer un tour. Ça n'avait pas pu réellement se produire. Pourtant il sentait encore la texture des lèvres de Remus sur les siennes. C'était trop ancré dans sa mémoire pour qu'il ait pu l'inventer. Il en voulait à Remus mais il s'en voulait aussi à lui-même. Parce qu'il avait répondu au baiser. D'accord, il était légèrement frustré après quatorze ans de célibat pur et dur mais ce n'était pas une raison pour avoir réagi au baiser de Remus ! Il aurait dû au contraire le repousser ! C'était son ami, bon sang ! Et depuis une semaine, son collègue ! Et, surtout, il n'était pas attiré par les hommes ! Il avait toujours été hétéro ! Et il était sûr de l'être à cent pour cent, il n'avait toujours regardé que des femmes. Il trouvait d'ailleurs certaines de ses collègues tout à fait à son goût. Et Remus était son ami. Il n'était pas du tout attiré par lui. Il avait juste profité d'un moment d'égarement, voilà tout. Et il n'aurait pas dû. Il aurait dû se maîtriser. Même si c'était Remus le fautif, à la base. C'était lui qui lui avait sauté dessus. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de faire une chose pareille ? Cela ne ressemblait pas du tout à Remus. Mais cela faisait réaliser quelque chose d'important à Sirius. Il ne savait pas – et il n'avait jamais cherché à savoir – de quel bord était Remus. Sirius s'était toujours dit qu'il était hétéro mais... il n'y avait rien qui le prouvait, factuellement parlant. Il ne lui connaissait aucune petite amie jusqu'à présent. Peut-être Remus avait-il laissé des indices que Sirius n'avait pas su voir. Après tout, il n'avait pas vu que Harry était gay alors que celui-ci avait tenté de le lui faire comprendre par tous les moyens. C'était Remus qui avait dû lui faire ouvrir les yeux. Sirius était-il si bouché que ça à ce sujet ? Est-ce que cela cachait quelque chose à propos de lui-même ? Quelque chose qu'il refoulait ? Il n'en avait pourtant pas l'impression. Il avait beau réfléchir, il n'avait jamais été attiré par n'importe quel homme. Du temps de Poudlard, il n'avait jamais trouvé un camarade ou un professeur mignon. Ou sexy. Ou quoi que ce soit qui aurait pu lui mettre la puce à l'oreille. Ni après Poudlard, d'ailleurs. Il ne voyait qu'une explication à sa réaction : la frustration. Que ce soit un homme ou une femme, il avait apprécié avoir ce contact intime. Il avait apprécié sentir quelqu'un se presser contre lui. Oui, il était clairement frustré. Il était grand temps qu'il se trouve quelqu'un. Étant donné qu'il n'était qu'à moitié directeur de maison, il pourrait sûrement sortir de Poudlard le week-end afin de faire des rencontres. Il devait à tout prix reprendre sa vie sentimentale en main.
Il fut soudain tiré de ses réflexions en entendant la porte d'entrée s'ouvrir. Son coeur se mit à battre plus fort. Il n'était vraiment pas prêt à se retrouver face à Remus. Il avait peur de la gêne qui allait inévitablement s'installer entre eux. Mais il n'avait pas d'autre choix que de l'affronter puisque Remus entra dans le salon quelques secondes plus tard. Il avait l'air épuisé.
- Salut, dit-il en évitant le regard de Sirius. Je viens juste déposer quelques affaires, je vais me reposer dans ma chambre.
- Tu ne veux pas qu'on discute, d'abord ?
La question avait échappé à Sirius. En fait, il était un peu irrité de voir Remus se défiler et ne pas vouloir assumer ses actes. Est-ce que Sirius, lui, s'était réfugié dans sa chambre afin de ne pas voir Remus quand il rentrerait ? Non ! Il était resté dans le salon et il l'avait attendu ! Parce que lui était un vrai Gryffondor ! Il ne fuyait pas la discussion ! Il ne fuyait pas ses responsabilités ! Car il savait très bien qu'il était un peu coupable, lui aussi ! Alors oui, ça le saoulait que Remus ne veuille pas lui parler.
- À propos de quoi ? demanda celui-ci.
Et en plus il faisait l'autruche ! Sirius sentit la Pimentine commencer à lui monter aux oreilles. Mais il resta calme.
- À propos de ce qui s'est passé hier juste avant que tu t'en ailles, répondit posément Sirius.
- Tu crois vraiment que c'est nécessaire d'en parler là, tout de suite, maintenant ?
- Oui. Ça ne sert à rien de repousser l'échéance. Il faut crever l'abcès et vite. Je n'ai aucune envie de me disputer avec toi, Remus. Je veux juste qu'on s'explique.
Remus soupira.
- Comme tu veux. Mais je n'ai pas grand-chose à te dire à part que je suis désolé pour ce que j'ai fait, que je le regrette et que je ne recommencerai plus jamais.
Sirius se retrouva un peu à court de mots. Il ne s'était pas attendu à ça. Il pensait que Remus aurait nié ce qui s'était passé.
- Mais alors... pourquoi tu l'as fait ? Qu'est-ce qui t'a pris, tout à coup ? Pourquoi tu m'as sauté dessus comme ça ?
- Je n'en sais rien. Enfin si, je sais, mais... c'est compliqué à expliquer. Disons que la pleine lune et la dispute que nous avions eue juste avant y sont pour beaucoup. En m'énervant j'ai éveillé le loup en moi. C'est pourtant une chose que je ne dois surtout pas faire à quelques heures de la pleine lune. Car le loup devient alors incontrôlable, il prend possession de ma raison et il me pousse à faire des choses que je regrette aussitôt après. Et c'est ce qui s'est passé quand je t'ai embrassé. Je ne l'aurais jamais fait en temps normal. Ça a juste été un mauvais concours de circonstances.
- Oh...
Sirius se sentait un peu bête, à présent. Il n'avait pas pensé à tout ça. Il avait tendance à oublier que, même sous potion Tue-Loup, Remus subissait les effets de la pleine lune. Leur dispute avait vraiment eu lieu au mauvais moment.
- Je peux te poser une question à mon tour ? demanda Remus.
- Euh... oui ?
- J'en ai deux, en fait. Pourquoi tu ne m'as pas repoussé ? Et, surtout, pourquoi tu as répondu à mon baiser ?
Sirius grimaça à l'entente de ces questions. Il aurait préféré que Remus ne les lui pose pas.
- Je sais que ce n'est pas une raison valable mais... j'étais frustré. Ça fait quatorze ans que je n'ai pas eu de contact intime avec qui que ce soit alors j'ai un peu profité de la situation.
- Mais tu ne t'es pas rendu compte que j'étais un homme ? Que j'étais ton collègue et ami ? Tu ne t'es pas souvenu que tu étais censé être hétéro ?
- Hétéro ou pas, quand ça fait une dizaine d'années que tu n'as embrassé personne, tu réagis un peu au quart de tour quand une paires de lèvres se posent sur les tiennes ! rétorqua Sirius.
- Alors tu aurais réagi de la même manière si c'était Sybille qui t'avait embrassé ?!
Sirius se sentit mal à l'aise face à cette question. Bien sûr que non, il n'aurait jamais répondu à un baiser de Sybille Trelawney !
- Ça n'a rien à voir, Remus. Tu es celui que je connais le mieux au monde à l'heure actuelle. Je suis en confiance, avec toi. Je pense que ça a dû beaucoup jouer dans ma réaction.
Le visage de Remus se radoucit.
- Je vois. Je ne peux pas savoir ce que ça fait de vivre quatorze ans sans avoir la moindre relation intime ou amoureuse mais j'imagine que ça doit être très dur. Je comprends donc que tu sois frustré. Je crois qu'on avait tous deux nos raisons d'avoir agi comme on l'a fait. Moi j'avais la pleine lune, toi tes quatorze années de frustration. On n'a qu'à dire que c'était un simple moment d'égarement. On oublie et on passe à autre chose.
- Je suis tout à fait d'accord. Ça me va, approuva Sirius, soulagé.
- Tant mieux. Mais je ne veux pas que ça change quoi que ce soit entre nous...
- Non, c'est promis. On fait comme si rien ne s'était passé. Comme tu l'as dit, la dispute y était pour beaucoup.
- Oui et je suis d'ailleurs désolé pour ça aussi, s'excusa Remus. Tu as raison, j'aurais dû te parler de la retenue de Harry. Mais il ne voulait même pas que j'aille voir Severus pour le défendre car il avait peur que ça ne fasse qu'envenimer les choses. Alors imagine si je t'en avais parlé !
- Tu as bien fait de ne rien me dire, reconnut Sirius. Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça, même si je m'en voudrais aussi à ta place. Si tu me l'avais dit, je serais directement allé voir Snape et je ne suis pas sûr que tu aurais eu le temps de m'empêcher de lui casser la figure. D'ailleurs je regrette de l'avoir frappé. Non pas pour lui, mais pour ce que j'aurais risqué si ça s'était fait savoir. Tu as raison sur ça aussi. J'aurais certainement été renvoyé et je n'aurais pas pu continuer à veiller sur Harry. Il m'en aurait probablement voulu et je l'aurais tout à fait compris. Je me suis conduit comme un idiot.
- Le plus idiot dans cette histoire, ça a été Severus, lâcha Remus. Il a clairement cherché les ennuis et il les a trouvés. C'est lui qui a lancé les hostilités. C'est lui qui t'a cherché. C'est lui qui a parlé de James devant toi alors qu'il sait très bien que c'est un sujet sensible. Surtout venant de sa bouche. Je ne dis pas ça pour alimenter la haine que tu lui portes mais juste pour que tu ne sois pas trop dur envers toi-même. Je suis contre la violence mais franchement, ce coup de poing, il l'avait bien mérité.
Sirius se sentit libéré d'un grand poids. Si Remus lui donnait presque raison, c'était qu'il avait de bonnes excuses d'avoir craqué. Cela le soulageait un peu de sa culpabilité.
- Mais du coup, qu'est-ce qu'on va faire si Severus continue à coller Harry sans raison valable ? demanda-t-il, inquiet.
- Je ne sais pas, mais on ne va pas le laisser faire. Peu importe ce qu'en pense Harry, décida Remus.
- Je suis bien d'accord. En parlant de lui, est-ce qu'on va lui dire la vérité sur ce qui s'est passé avec Snape ? Sans parler du coup, évidemment. Car il doit toujours venir prendre le thé aujourd'hui.
- Je me pose la même question. On verra le moment venu. Je ne suis pas contre, en tout cas. Si tu sens, à un moment donné, qu'il vaut mieux le mettre au courant, alors fais-le. Ça ne changera rien à la situation, de toute façon, et puis il y a déjà eu trop de non-dits dans cette histoire.
- C'est vrai. On fait comme ça, alors, confirma Sirius. Bon, est-ce que tu veux que je te prépare quelque chose ? Du thé, peut-être ?
- Si tu veux être seul avec Harry lorsqu'il viendra, je veux bien en prendre un maintenant, oui.
- Il n'y a pas de raison pour que tu t'en ailles quand Harry sera là. Tu es autant ici chez toi que je le suis. Et puis je suis sûr que Harry sera heureux de te voir aussi. Ça lui rappellera le Square.
- Tu as raison. Dans ce cas, pas de thé maintenant. Mais je veux bien un jus de citrouille.
- Je t'apporte ça de suite !
Sirius quitta le salon et se rendit à la cuisine. Alors qu'il versait du jus de citrouille dans un verre, il se dit que les explications s'étaient plutôt bien passées. Ils avaient même tout mis à plat. Et cela faisait beaucoup de bien. Il était heureux que ce qui s'était passé la veille n'ait eu aucune incidence sur son amitié avec Remus. Ils étaient les derniers Maraudeurs qu'il restait et ils comptaient bien rester soudés.
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Au même moment, POV Harry
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- Vous ne m'avez pas raconté comment s'était passée votre séance de stage de potions, hier, dit Harry alors qu'il lisait un extrait dans son livre de botanique.
- Oh, c'était plutôt cool, répondit Ron. C'était très différent des cours de potions, en tout cas. Et c'était cent fois mieux. J'ai enfin compris quelque chose dans ce domaine, tu te rends compte ? C'était inespéré. J'ai même retenu facilement les couleurs associées à chaque potion. Bon, en même temps, tu me diras, il n'y en avait que quatre, donc c'était plutôt facile. Mais ça fait quand-même du bien de ne pas être à la ramasse, pour une fois.
Harry fut surpris de l'ardeur dont faisait preuve son meilleur ami. Il n'avait pas l'habitude de le voir aussi enthousiaste quand il s'agissait de potions.
- Eh bien, ça avait l'air passionnant, en effet. Tu en as pensé quoi, toi, Hermione ?
- J'ai beaucoup aimé aussi. C'était très intéressant. Ça n'avait rien de scolaire. C'était un peu comme une formation mais en accéléré.
- D'ailleurs je trouve ça court, quatre séances. Il en faudrait peut-être deux de plus, commenta Ron.
- Je crois que c'est l'avis de tout le monde, répondit Hermione. Mais on verra bien à la fin du stage. Là c'est tout nouveau pour nous, on n'y connaît pas encore grand-chose, donc évidemment on a peur de ne pas être au point arrivés à la dernière séance. Mais si le professeur Snape estime que quatre séances seront suffisantes, il faut lui faire confiance.
- Mais je n'ai pas une très grande mémoire, déplora Ron. Au bout de huit potions à retenir, je vais m'emmêler les baguettes.
- Je t'aiderai à les réviser entre deux séances, proposa Hermione.
- Bonne idée ! Mais il va falloir trouver du temps pour ça.
- On peut juste prendre vingt minutes, tempéra Hermione. Enfin, j'avoue que même ça, ça va être dur à trouver. Mais ça ira mieux la semaine prochaine vu que les équipes de Quidditch seront faites. Bon, Terry et moi ne sommes pas concernés, mais je sais que ça vous empêche d'organiser vos séances de travail pour le moment. Vu que vous ne savez pas encore si vous allez être pris dans l'équipe.
- Oh, la question ne se pose pas pour Malfoy et Harry, lâcha Ron. Ils sont sûrs d'être pris, eux. Mais du coup tu as fait quoi pendant qu'on était à notre réunion de préfets puis à notre séance de stage ? ajouta-t-il à l'adresse de Harry.
- Je suis allé me promener près de l'orée de la Forêt Interdite. D'ailleurs j'ai quelque chose à vous dire...
- On t'écoute, dit Hermione en posant son livre d'arithmancie.
- Euh...
Harry se trouvait déjà à court de mots. Il n'avait pas réfléchi à la manière dont il allait le leur dire. Il s'était juste dit que c'était le bon moment mais il aurait peut-être dû préparer en amont son annonce. Il fut tenté de dire «Non, rien» mais il était un Gryffondor, alors il n'allait pas se défiler. Comme il n'avait aucune idée de la façon dont il devait aborder le sujet, il décida de ne pas tourner autour du pot.
- Je suis gay.
Ses amis le regardèrent avec un air surpris. Il y eut un moment de silence avant que Hermione ne réagisse la première :
- Je t'avoue que je ne m'attendais pas à ça. C'est parce que tu sors avec un garçon en ce moment que tu as décidé de nous le dire ?
- Euh... non, pas vraiment. C'est juste que j'ai estimé qu'il était temps que je vous le dise.
- Tu n'as aucune obligation envers nous, Harry, dit gentiment Hermione. Mais je suis contente que tu nous l'aies dit, ça prouve que tu nous fais confiance. Je sais que ce ne doit pas être facile à avouer, mais sache que ça ne me pose aucun problème. Chacun a le droit d'aimer qui il veut. Personne ne doit être jugé ou critiqué à cause de son orientation.
- Ça c'est bien vrai, approuva Ron. Ça ne nous gêne absolument pas que tu aimes les garçons, qu'ils soient grands, petits, vieux, jeunes, bruns, châtains, roux, blonds... Juste, évite les professeurs, s'il te plaît.
Harry et Hermione éclatèrent de rire.
- Promis, dit Harry en souriant.
- Tu le sais depuis longtemps ? demanda Ron.
- Ça fait deux ans, répondit Harry.
- Ouahou. Je ne pensais pas qu'il était possible d'être fixé si tôt.
- Disons que quand tu regardes un peu trop intensément ton capitaine au lieu de regarder les joueuses de l'équipe, tu te poses vite des questions.
Ron et Hermione le fixèrent avec des yeux ronds.
- Tu en pinçais pour Olivier ?! s'étrangla Ron.
- Oui, je suis même sorti avec.
Harry crut que Ron allait faire un malaise. Il resta cependant conscient pour protester :
- Mais il est beaucoup plus vieux que toi ! Il a été correct avec toi j'espère ?!
Harry leva les yeux au ciel.
- Bien sûr que oui, Olivier est quelqu'un de bien, il n'aurait jamais profité de moi de cette manière. Ni d'aucune autre manière que ce soit, d'ailleurs. Il ne m'a jamais forcé à rien.
- Tant mieux, soupira Ron, l'air soulagé. Tu me rassures. Sinon j'aurais dit à George de faire attention et de...
Il se stoppa en pleine phrase. Harry faillit se frapper le front avec la main. Ça, c'était bien Ron. Il venait plus ou moins de balancer que son frère était gay et qu'il sortait avec Olivier. Hermione, elle, affichait un sourire amusé.
- Eh bien on en apprend des choses aujourd'hui. Ne t'en fais pas, Ron, on ne dira rien. Mais je trouve ça amusant que Harry soit sorti avec le même garçon que George. Le monde est petit, comme on dit.
- C'est vrai, ça ! s'exclama Ron. Il ne s'en fait pas, Olivier.
- Il n'est surtout pas allé chercher bien loin, se moqua Hermione. C'est vrai, quoi, c'est tellement plus facile d'aller chercher dans les joueurs de son équipe !
- Vous êtes durs avec Olivier, protesta Harry. Ce n'est pas de sa faute s'il s'est retrouvé attiré par les deux joueurs gay de son équipe...
- Mais attends, George nous a dit cet été que ça faisait un peu plus de deux ans qu'il sortait avec Olivier. Tu es sorti quand avec lui, exactement ? demanda Ron, perplexe.
- De septembre à janvier de notre troisième année, répondit précisément Harry. On s'est séparé d'un commun accord. Il a commencé à sortir avec George juste après. C'est même moi qui ait poussé Olivier à aller vers ton frère.
- D'accord, je comprends mieux. À un moment j'ai eu peur qu'Olivier soit sorti avec vous deux en même temps.
- Non, il n'est pas comme ça. C'est vraiment un type bien, insista Harry.
- Et donc tu n'as personne en ce moment ? s'enquit Hermione.
- Eh bien... c'est un peu compliqué.
- Noooon, sérieux ? répliquèrent Ron et Hermione en choeur. Ça m'étonne de toi, Harry, ajouta Hermione. Tout est toujours si simple avec toi...
- Oui, franchement tu nous déçois, renchérit Ron.
- C'est ça, moquez-vous de moi, ronchonna Harry.
- Oh, ne fais pas la tête, on te taquine. Mais si tu ne veux pas nous en parler on comprendra, assura Hermione. Tu préfères peut-être attendre un peu.
- Non, c'est juste que c'est très, très récent. On ne sort pas encore tout à fait ensemble. Mais je sais que je l'intéresse beaucoup et je dois avouer qu'il ne me laisse pas du tout indifférent. J'ai un peu peur de votre réaction, en fait. Parce que c'est un Serpentard.
La surprise se lut une nouvelle fois sur le visage de Ron et de Hermione.
- Ça vous gêne ?
- Non, pas du tout, s'empressa de répondre Hermione. C'est juste que, venant de toi, c'est surprenant.
- J'ai décidé de laisser tomber mes préjugés sur les Serpentard, annonça Harry.
- C'est une très bonne chose, approuva Hermione. Et qui est ce garçon, alors ?
- Adrian Pucey.
- Celui qui était dans l'équipe de Quidditch de Serpentard ? intervint Ron.
- Oui, lui-même.
- Il compte réintégrer l'équipe ?
- Je crois, oui.
- Ça ne risque pas de créer des conflits entre vous ? s'inquiéta Hermione.
- Non, pas du tout, la rassura Harry. On évitera d'en parler, voilà tout. Mais sinon... ça ne vous dérange pas ?
- Tant qu'il te respecte et qu'il te rend heureux, tu as ma bénédiction, dit Hermione en souriant.
- Pareil, confirma Ron. Mais s'il te fait le moindre mal, il aura affaire à nous.
Harry se sentit soulagé d'un très grand poids. Il était également ému par la réaction de ses amis et par leur soutien sans faille. Il savait qu'il pouvait compter sur eux. Ils venaient de le lui prouver une fois de plus. Il avait vraiment les meilleurs amis du monde. Il était en train de se faire cette réflexion lorsque Hermione lui demanda :
- Harry, tu ne devais pas aller chez Sirius ?
Zut ! Il avait complètement oublié !
- Si, tu as raison. Je vais y aller maintenant, d'ailleurs. Je vous rejoins pour le dîner, je pense.
- Prends ton temps, profite de ce moment avec Sirius.
- J'y compte bien. À tout à l'heure !
Harry se leva, quitta la salle commune de Gryffondor et prit le chemin des appartements de Sirius et de Remus.
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Lorsque Harry entra dans le salon, précédé par Remus, il vit que la déco avait changé depuis la première et dernière fois qu'il était venu. Il y avait des couleurs rouge et or un peu partout, rendant la pièce très chaleureuse.
- C'est très... Gryffondor, dit-il en s'asseyant. Mais ça doit être une pure coïncidence.
- Je n'avais pas du tout fait le rapprochement, s'étonna faussement Remus. Mais maintenant que tu le dis... Je me disais bien qu'il y avait peut-être un peu trop de rouge...
- C'est Sirius qui a fait des pieds et des mains pour mettre ces couleurs ? devina Harry.
- Toi, tu commences à bien connaître ton parrain. Ah, tiens, justement le voilà.
Sirius venait effectivement d'arriver avec les trois tasses de thé.
- Buvez pendant que c'est chaud ! Alors, Harry, comment s'est passée ta première semaine de cours ?
- Il ne peut pas boire et parler en même temps...
- La ferme, Moony.
- Quoi ? C'est la vérité ! À part des «blou blou blou» tu n'aurais pas compris grand-chose...
- Excuse-le, il n'a pas beaucoup dormi cette nuit, son humour s'en ressent, confia Sirius à Harry. Bon, dis-nous tout. Les cours te plaisent ?
- Oui, ça va. L'histoire de la magie est bien plus passionnante que les années précédentes. Le professeur Manley connaît bien son domaine et il en parle avec beaucoup d'ardeur. Par contre, vu que je ne suivais pas vraiment en cours jusqu'à cette année, il parle parfois de choses qu'on est censés savoir mais qui ne me disent rien. C'est là que je me dis que j'aurais peut-être dû faire plus d'efforts pour suivre. Au lieu de ça, je passais mon temps à dormir.
- Ça me rappelle ton père et moi. Le professeur Binns n'a jamais vraiment déchaîné les foules. Mais j'étais sûr que tu allais apprécier le professeur Manley.
- Oui, il est vraiment bon. Tout comme le professeur Gordon, d'ailleurs. Lui aussi est un vrai passionné. Ses cours sont hyper intéressants. Je crois que personne ne pourra jamais égaler Remus mais je pense qu'on a quand-même trouvé un bon professeur qui tienne la route. S'il est viré à la fin de l'année, ce ne sera pas à cause de son enseignement.
- Normalement, il devrait rester, prédit Remus. Il n'y a plus de malédiction sur ce poste.
- Tant mieux, approuva Harry. Sinon je n'ai pas grand-chose à dire sur ma semaine. On n'a qu'un seul devoir à rendre pour le moment donc on n'a pas trop de travail pour l'instant.
- En parlant de ça, tu vas réussir à t'organiser avec Malfoy ? s'inquiéta Sirius.
- Vu qu'on n'a pas encore planifié nos séances de travail, on va faire ce devoir chacun de notre côté et on essaiera de se supporter pendant deux heures pour tout mettre en commun et décider quelles parties on va rédiger.
- Il va vraiment falloir que ça s'arrange entre vous, soupira Remus. Ça ne peut pas continuer comme ça.
- Va dire ça à Malfoy ! En cours il passe son temps à me chercher et en dehors des cours il m'ignore ! Pour moi ça ne veut dire qu'une chose : il veut que je perde mon calme en cours et que je me prenne des retenues. Mais je ne lui ferai pas ce plaisir. Il peut toujours rêver.
- C'est bien. Mais n'oublie pas que tu peux venir me voir s'il pousse le bouchon trop loin, rappela Remus.
- Je sais, mais pour l'instant ça va, je gère.
- J'espère en tout cas que ce n'est pas ton binôme qui t'a donné l'idée de te moquer de moi en remplissant ta fiche de renseignements, intervint Sirius. Même si ça m'étonnerait beaucoup que Malfoy ait un aussi bon humour.
- Ce n'était pas méchant, Sirius, se défendit Harry. C'est juste que je trouvais ça stupide de remplir cette fiche alors que tu savais déjà tout sur moi. Je sais que je suis un élève comme les autres mais c'était jute pour cette fois. Je te l'ai promis par écrit mais je te le redis : je ne recommencerai plus.
- Je te crois et je sais que tu as fait ça dans un esprit bon enfant. Mais tu n'avais pas à faire ça alors pour demain je veux que tu me copies deux cent fois «Je ne dois pas me moquer de mon professeur». Je sais, la punition est très nulle, mais c'est à la hauteur de ta blague.
Harry leva les yeux au ciel.
- Tu auras ça demain, promis. Mais j'avoue que tu aurais difficilement pu trouver plus nul comme punition.
- C'était une idée de Remus.
- J'aurais dû me dire, aussi...
- Lui a trouvé ta fiche très drôle, par contre.
Harry haussa les sourcils et demanda à Remus :
- Tu l'as lue ?
- Oui, pourquoi ?
- Il n'y a rien qui t'a choqué ?
- Non, pas à ce que je sache, répondit Remus, perplexe. Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Non, pour rien.
- Harry...
- Je ne dirai rien.
- Je suis ton directeur de maison, Harry, menaça faussement Remus.
- Laisse-le, c'est à moi que tu dois t'en prendre, s'interposa Sirius. Lors du premier cours avec les cinquième année, je leur ai parlé des devoirs sur table qui auraient lieu deux fois par mois. Seulement, le problème c'est que je n'ai aucun double cours avec cette classe. Je n'ai que des cours d'une heure. Or il me faudrait des créneaux de deux heures pour ces devoirs sur table. J'ai donc demandé aux élèves si, par hasard, il y aurait un jour où ils auraient métamorphose juste avant ou juste après moi, ou juste avant ou juste après le déjeuner. Et il se trouve que le jeudi, ils t'ont juste après moi et le vendredi ils t'ont juste avant le déjeuner. Alors je me suis dit que, deux fois par mois, tu pourrais peut-être me laisser un de ces deux créneaux... Cette idée n'a pas du tout plu à Harry qui m'a dit dans sa fiche que tu ne serais plus mon ami très longtemps quand tu saurais que je veux te voler un de tes créneaux.
Sirius termina son explication sur ces mots. Remus semblait à la fois consterné, désabusé et amusé.
- Tu ne manques pas d'air, finit-il par dire. Tu as de la chance, il se trouve que moi non plus, je n'ai pas de double cours avec les cinquième année. Si je te file un de mes créneaux deux fois par mois, pourras-tu en faire autant ?
- J'y comptais bien, affirma Sirius.
- Tope-la, alors. C'est cool qu'on ait réglé ça maintenant. Tout compte fait, ta fiche aura été bien utile, Harry.
- Ravi d'avoir pu aider. Et soulagé de ne pas avoir provoqué de guerre entre vous.
- Nous sommes des êtres pacifiques, voyons, feignit Sirius.
- Oui enfin la prochaine fois tu seras gentil de m'en parler avant, rétorqua Remus. Au lieu de régler ça directement avec tes élèves.
- Promis. Bon, sinon, comment vont tes amours, Harry ? Y a-t-il une histoire en vue ?
Harry se sentit rougir. Bizarrement, il n'avait pas envie de parler d'Adrian à Sirius. Il savait que s'il se confiait dès maintenant à Sirius sur cette relation, son parrain allait le harceler au sujet du Serpentard à chaque fois qu'ils se verraient. Mieux valait attendre que les choses avancent avec Adrian.
- Non, je n'ai personne en vue. De toute façon j'ai un peu trop de choses en tête en ce moment pour me consacrer à ma vie sentimentale.
- C'est vrai. Le plus important, pour le moment, c'est d'arranger les choses avec Malfoy, approuva Sirius.
- Je vais faire de mon mieux, promit Harry. Et vous, alors, comment s'est passée votre première semaine de cours ?
Il n'en fallut pas plus pour que Sirius et Remus se lancent dans tout un tas d'anecdotes sur leurs cours avec leurs différentes classes. Cela fit beaucoup rire Harry qui n'aurait jamais imaginé qu'enseigner pouvait être aussi drôle. Il s'en alla deux heures plus tard et uniquement parce qu'il avait ses deux cent lignes à copier. Il prit le chemin pour retourner à sa salle commune qui était située relativement loin des appartements de Sirius et de Remus. Il croisa plusieurs personnes dont Angelina qui lui rappela à quelle heure auraient lieu les sélections et Ginny avec qui il discuta pendant plusieurs minutes. Alors qu'il était presque arrivé, il tomba sur Adrian. Son coeur fit un bond dans sa poitrine.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il au Serpentard.
- Eh bien, je savais de source sûre que tu passerais par-là en fin de journée pour regagner ta salle commune alors je t'attendais.
Harry ne put s'empêcher de sourire.
- C'est gentil. Mais je ne vais pas pouvoir rester longtemps. J'ai un truc stupide à faire.
- Un truc stupide ? Qu'est-ce donc ?
- Eh bien... J'ai fait une blague à mon parrain, il s'est vexé et pour me punir il m'a demandé d'écrire une phrase deux cent fois.
Adrian haussa les sourcils.
- Ah oui, ça ne plaisante pas. J'avoue que la punition est assez stupide, en effet.
- Parce que la blague l'était tout autant. En fait ce n'est pas vraiment une punition mais une sorte de vengeance.
- Et tu comptes vraiment t'embêter à faire ces deux cent lignes ?
- Si je pouvais m'en passer ce serait avec grand plaisir, ironisa Harry.
- Dans ce cas j'ai une excellente nouvelle pour toi. Tu ne vas pas être obligé de passer ta soirée à écrire inlassablement la même phrase. Tu vas juste devoir l'écrire une fois.
- Comment ça ?
- Tu ne connais pas le sortilège de duplication ?
- Euh... non, pas du tout.
- Eh bien je vais te l'apprendre.
- Où ça ?
- Vu que tu veux sûrement attendre un peu avant de t'afficher avec moi, on va aller quelque part où on sera tranquille. Suis-moi.
Harry emboîta le pas à Adrian qui l'emmena jusqu'aux escaliers. Ils montèrent au septième étage, longèrent un couloir et s'arrêtèrent devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Harry regarda Adrian passer trois fois devant la tapisserie sans comprendre pourquoi il faisait ça. Il écarquilla les yeux lorsqu'il vit une porte apparaître dans le mur. Adrian l'ouvrit comme si c'était parfaitement normal et invita Harry à le suivre. Ils entrèrent dans ce qui semblait être une salle de détente, très simple mais très accueillante.
- Qu'est-ce que c'est que cette pièce ? demanda Harry, émerveillé.
- C'est la Salle sur Demande. Elle t'offre tout ce que tu désires sauf de la nourriture. Si tu veux étudier, elle sera une bibliothèque. Si tu veux faire du sport, elle sera une salle de sport. Elle répond à tous tes besoins.
- C'est génial... Comment l'as-tu découverte ?
- Par le biais de quelqu'un.
- Pourquoi en avais-tu besoin ?
- Ce n'est pas très important. Bon, tu as ce qu'il faut pour écrire ?
- Non, comme tu vois je n'ai pas mon sac sur moi.
- Pas grave, la Salle peut tout te fournir. Pense très fort «J'ai besoin de quoi écrire».
Harry trouvait cela un peu farfelu mais il fit ce que lui disait Adrian. Aussitôt, une table, une chaise, du parchemin, un encrier et une plume apparurent devant lui.
- Waouh... C'est super ! Mais pourquoi cette salle ne peut pas fournir de nourriture ?
- Parce que c'est l'une des cinq exceptions de la loi de Gamp. Tu verras ça en septième année. D'après ce que le professeur Lupin nous a dit, il va tellement nous parler de Gamp qu'on ne pourra plus le voir en peinture au bout d'un moment. J'adore ce professeur. Ses cours sont extra. Je n'ai jamais eu d'aussi bonnes notes en Défense Contre les Forces du Mal que durant l'année où il a enseigné cette matière.
Si Harry n'était pas déjà sous le charme d'Adrian, il aurait pu le devenir à ce moment-là. Si Adrian adorait Remus, alors ce garçon était fait pour lui. Mais ils n'étaient pas là pour roucouler. Adrian devait lui apprendre un sort.
- Écris la phrase que tu dois copier deux cent fois.
Harry prit la plume, la trempa dans l'encrier et écrivit «Je ne dois pas me moquer de mon professeur».
- Jolie écriture, le complimenta Adrian.
Harry sentit ses joues se réchauffer d'un coup.
- Maintenant je vais dupliquer ta phrase.
Adrian sortit sa baguette, lança un sort qui engloba la phrase et la dupliqua dix fois. Il engloba ensuite les dix phrases et les dupliqua cette fois vingt fois.
- Et voilà. Le travail est fait. C'est de la triche mais ton parrain n'en saura rien si tu lances un sortilège de protéiforme pour changer un peu ton écriture sur certaines lignes. Je vais le faire. Adrian lança un sort qui modifia légèrement l'écriture de Harry sur chacune des lignes.
- Il n'y verra que du feu.
- C'est super intelligent, souffla Harry.
- C'est simplement de la ruse.
- Peut-être mais tu es quand-même doué en sortilèges.
Adrian se mit à rougir, ce qui fit fondre le coeur de Harry. Il était tellement mignon !
- Ton parrain c'est bien le professeur Black ?
- Oui, comme tout le monde doit le savoir.
- C'est bizarre, je ne l'imaginais pas infliger une punition à cause d'une simple blague.
- C'était juste pour me faire comprendre que je n'avais aucun traitement de faveur à attendre de sa part. Ce qui est très bien comme ça. Je n'en voulais pas, de toute manière. Mais comme je te l'ai dit, c'est plus une vengeance qu'autre chose. On adore se chercher. On s'adore même tout court. Ça ne fait que peu de temps que je le connais, en réalité, mais je ne peux plus m'imaginer sans lui. Il est mon seul parent et je l'aime énormément.
Harry se surprit à dire de telles choses à Adrian. Il n'avait pas pour habitude de se confier. Mais il se sentait en confiance. C'était peut-être la Salle qui faisait ça.
- Tu sembles tenir beaucoup à lui, commenta Adrian d'une voix douce.
Harry acquiesça. Il plongea son regard dans celui d'azur d'Adrian. Ils se rapprochèrent l'un de l'autre d'un même mouvement. Un mètre les séparait à présent. Adrian franchit ce mètre d'un pas et posa ses lèvres sur celles de Harry. Celui-ci réagit au quart de tour et répondit au baiser. Il soupira lorsqu'Adrian l'enlaça et chercha à approfondir le baiser. Il entrouvrit les lèvres, laissant le Serpentard glisser sa langue entre elles. Elle vint chercher sa jumelle, s'enroulant autour d'elle, faisant frémir Harry de bonheur. Il se rapprocha davantage d'Adrian qui le serra doucement contre lui tandis que le baiser s'intensifiait tout en restant doux. Harry avait la tête qui tournait. Il voulait que ça ne s'arrête jamais. Il se blottit encore plus contre Adrian, désirant être le plus proche possible de lui. Le baiser dura longtemps et ce ne fut que lorsqu'ils eurent besoin de reprendre de l'air que leurs lèvres se séparèrent. Les joues d'Adrian étaient légèrement rouges et Harry était sûr que les siennes étaient de la même couleur. Si leurs lèvres s'étaient quittées, leurs fronts restées toujours collés, si bien que Harry put se perdre à nouveau dans le regard azur du garçon qui faisait chavirer son coeur et son esprit.
- Veux-tu sortir avec moi, Harry ? demanda alors Adrian.
- Oui, souffla Harry sans hésiter.
Adrian lui sourit et reprit de nouveau possession de ses lèvres. Ils s'embrassèrent un long moment, oubliant tout ce qui n'était pas eux. Le reste n'avait pas d'importance. Ils sortirent de la Salle sur Demande une heure plus tard en se promettant de s'y retrouver le lendemain à dix-sept heures. Adrian embrassa Harry une dernière fois avant de partir. Harry le regarda s'éloigner, à la fois heureux d'avoir passé ce moment avec son désormais petit-ami et triste qu'ils doivent déjà se quitter. Il était déjà accro à ce Serpentard châtain aux yeux bleus. Il ne savait pas encore s'il était amoureux mais en tout cas, ça y ressemblait beaucoup. Quoi qu'il en soit, il voulait prendre son temps avec Adrian. Et celui-ci semblait prêt à lui donner tout le temps dont il aurait besoin. Si Adrian était d'accord, Harry ne comptait pas attendre trop longtemps avant d'officialiser leur couple aux yeux de tous. Il se fichait de ce qu'on pourrait bien dire sur lui. Il ne voulait plus se cacher. Il voulait être heureux, tout simplement. C'était peut-être un projet fou, mais réalisable. Il suffisait juste d'y croire.
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Sacré week-end pour nos protagonistes ! Il paraît que le week-end est fait pour se reposer, mais parfois on se le demande XD J'espère que ce chapitre vous a plu et je vous dis à vendredi pour le prochain qui s'intitulera «Conflits en tout genres» ! Bisous tout le monde !
