Bonjour à toutes et à tous ! Me revoici pour un nouveau chapitre de S'aimer malgré les préjugés. Il devrait vous plaire, normalement XD
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Guest : Il y a beaucoup de questions à se poser sur la relation Harry/Adrian, c'est vrai ^^ En tout cas cette relation va jouer un rôle essentiel pour la suite de l'histoire !
Zackos : Oui, Ron est assez ouvert d'esprit, du moins sur l'orientation sexuelle des gens XD J'espère que vous n'allez pas trop le haïr dans ce chapitre XD Je pense que Sirius aurait frappé Severus partout si Remus ne les avait pas séparés x) La fic dont tu parles, ce ne serait pas Digg Bones ou un truc comme ça ? J'avais aussi lu les premiers chapitres mais je m'étais arrêtée parce que c'était un peu trop dur à supporter XD Quoi qu'il en soit je ne vais pas m'en inspirer, je ne me rappelle même plus de ce que j'ai lu dans cette fic XD Contente que l'histoire te plaise toujours autant =)
Butterfly Fictions : L'amitié entre Harry et Théo sera en effet très importante, bien que quelque peu mystérieuse :) Tu vas avoir des réponses dans ce chapitre XD Même si Harry/Draco et Théo/Justin viennent à faire la paix, ce ne sera pas pour autant un long fleuve tranquille entre eux XD Ravie que le couple Harry/Adrian te plaise ! Quant à Sirius, cette histoire d'orientation sexuelle va s'avérer très compliquée pour lui XD
Gryffondor : Ça me rassure vraiment que l'amitié Harry/Théo plaise autant car elle tient vraiment une place importante dans l'histoire :) Je pense que Sirius trouverait ça très drôle s'il venait à apprendre le sort qu'Adrian a appris à Harry x) Je pense même qu'il a dû beaucoup user de ce sort lors de ses années Poudlard XD Oui, la guerre est déclarée entre Sirius et Severus ! Il ne pouvait pas en être autrement vu les tensions qu'il y a entre eux :/
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Merci à vous tous pour ces reviews qui me font énormément plaisir !
Avant de vous laisser avec le chapitre, je tiens à préciser quelques petites choses : d'ici peu, je vais changer les warnings dans la NA du premier chapitre. Enfin, disons que je vais en ajouter XD Je n'avais pas prévu certaines choses et il me semble nécessaire de les signaler. De plus, la fic va bientôt passer au rating M. Dans 4 chapitres, je crois. Mais je le préciserai lorsqu'un chapitre sera classé M ;)
Voilà, je vous laisse découvrir le nouveau chapitre, bonne lecture à toutes et à tous !
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17 – Conflits en tout genres
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(lundi 11/09) POV Draco
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Draco pesta alors qu'il était en train de ranger ses affaires. Il détestait son emploi du temps. Le lundi, il finissait les cours à quatorze heures mais il avait ce satané cours d'astronomie à vingt-et-une heures, ce qui faisait qu'en réalité, il n'avait pas vraiment terminé les cours. Il avait juste un gros creux de sept heures. Bon, cela lui laissait le temps de faire ses devoirs, ce qui n'était pas le cas de certains de ses camarades qui «finissaient» à seize heures puisqu'ils avaient pris les runes comme option. Comme Théo, par exemple. Mais ce qui énervait encore plus Draco, c'était que Potter voulait lui parler. Du coup, il ne pouvait pas escorter Théo jusqu'à son cours. Une fois ses affaires rangées, il alla voir Blaise qui était à quelques tables de lui et qui était prêt à partir, lui aussi.
- Blaise, ça te dérange si tu accompagnes seul Théo à son cours de runes ? Je dois m'entretenir avec Potter.
- Ah, ça y est, tu as décidé d'arrêter de l'ignorer en-dehors des cours ?
- Non, pas vraiment. Mais tu n'as pas répondu à ma question.
Blaise s'apprêtait à répondre mais Théo les rejoignit à ce moment-là.
- Vous pouvez vaquer à vos occupations, Hermione et moi allons nous rendre ensemble au cours de runes. Vous savez qu'il ne peut rien m'arriver si je suis avec elle. Ce n'est pas contre vous, c'est juste que je trouve ça bête que vous perdiez votre temps à m'accompagner alors que je peux très bien y aller avec Hermione. Et je pense que ça ne la dérangera pas de me raccompagner après le cours. Ça nous laissera un peu de temps pour discuter.
- C'est comme tu veux, le principal c'est que tu sois en sécurité, répondit Blaise. En plus Draco n'aurait pas pu t'accompagner, il doit parler avec son binôme.
En voyant le visage de Théo s'éclairer, Draco s'empressa de mettre les choses au clair :
- T'emballe pas, il n'est pas question que j'enterre la hache de guerre avec lui. Bien au contraire. On doit juste travailler ensemble sur le devoir de botanique. Je vais y aller, d'ailleurs. À tout à l'heure.
Draco prit congé de ses amis et rejoignit Potter qui l'attendait à la sortie de la salle.
- On va où ? demanda le Gryffondor en guise d'accueil.
- Bah... dans la salle des binômes. À moins que ce soit trop bruyant et trop bondé pour Monsieur ?
Potter leva les yeux au ciel.
- S'il y a trop de bruit on n'aura qu'à insonoriser notre espace. Allons-y.
Draco emboîta le pas à son binôme. Ils se rendirent sans un mot à la salle des binômes. Étant donné qu'il était quatorze heures et que leur classe était la seule à avoir terminé les cours à cette heure-là, il n'y avait donc pas grand-monde. Sans compter qu'il y avait une dizaine d'élèves qui étaient en runes. Potter lança quand-même le sort de silence autour d'eux, ce qui fit sourire Draco.
- C'est bien ce que je disais. Monsieur veut sa tranquillité. Même quatre malheureuses personnes, c'est trop pour lui.
- Malfoy, si tu commences à me chercher ça ne va pas le faire. On est là pour travailler, je te signale. Bon, est-ce que tu as un peu avancé sur le devoir ?
- Ouais, vite fait. J'ai juste relu le cours sur la plante.
- Tu n'as pas encore cherché d'informations dans le manuel ? Ou dans des livres de la bibliothèque ?
Draco haussa un sourcil.
- Pourquoi ? Toi oui ?
- Évidemment ! Ce qu'il y a dans notre cours n'est pas suffisant !
- Eh bien dans ce cas je n'ai pas à aller chercher des informations où que ce soit puisque tu l'as déjà fait, décréta Draco.
Potter sembla sur le point de le frapper. Mais il ne le fit pas.
- Malfoy, je crois que tu n'as pas très bien compris le principe du travail en binôme. On doit se répartir les tâches. On ne doit pas laisser l'autre faire tout le travail ! Vu qu'on n'a pas encore pu s'organiser et que c'est la première fois qu'on se retrouve pour travailler ensemble, il fallait qu'on fasse le devoir chacun de notre côté et qu'on mette tout en commun quand on se verrait !
- Il fallait le dire plus tôt. Je ne pouvais pas deviner.
- C'est une question de bons sens, Malfoy. Je pensais que c'était logique. Mais tu as de la chance, j'ai ramené plusieurs livres de botanique. Tu vas pouvoir faire tes propres recherches.
Potter n'attendit pas la réponse de Draco, sortit trois livres de son sac et les posa sur la table.
- On va être à égalité, comme ça.
Draco fulminait mais il ne répondit rien. Il se saisit dignement d'un des livres et commença à le feuilleter. Mais il ne comptait pas laisser passer ça. Potter croyait avoir la main sur la situation, eh bien il allait être déçu. Draco avait prévu de le faire craquer et il y arriverait. Jusque-là, il avait tenté de le pousser à bout en cours mais il n'avait pas vraiment eu l'effet escompté. Il allait donc frapper plus fort. Il allait faire payer à Potter ce qu'il avait fait. Après avoir fait semblant de lire le livre pendant plusieurs minutes, il lâcha :
- C'est pour te faire pardonner d'avoir envoyé son père à Azkaban que tu cherches à te rapprocher de Théo ?
Potter, qui était en train d'écrire, lâcha sa plume. Il tourna lentement la tête vers Draco.
- Pardon ?
- Ne fais pas l'innocent. Pas après ce que tu as fait.
- À t'entendre on croirait que j'ai fait quelque chose de mal ! J'ai jute débarrassé le monde sorcier du plus grand mage noir de tous les temps, alors si c'est ça que tu me reproches, tu peux toujours te gratter pour que je m'en excuse !
- C'est bien ce que la Gazette disait. Tu es obnubilé par la gloire. Il n'y a que ça qui t'intéresse. Tu t'en fiches totalement d'avoir privé plusieurs adolescents de ton âge de leurs pères. Et parfois même de leurs deux parents. Toi t'es bien peinard, t'as construit ta petite famille avec ton ex-taulard de parrain et son ami le loup-garou, mais les autres tu t'en contrefous ! Il n'y a que ta petite personne qui compte pour toi ! Tu te crois malin et supérieur à tout le monde en ayant vaincu Tu-Sais-Qui mais je te ferais juste signaler que tu as tué un homme et envoyé une vingtaine de personnes à Azkaban ! Il est beau ton palmarès ! Et tu oses t'en vanter ! Tu me dégoûtes. À ta place ça ferait longtemps que je me serais jeté dans le Lac Noir.
Draco cracha presque ces derniers mots. Il venait de déverser toute sa haine sur Potter et il crut sur le moment que cela lui avait fait du bien. Mais lorsqu'il vit le regard brillant de larmes de Potter, il commença à se sentir mal à l'aise. Il n'avait jamais vu Potter sur le point de pleurer. Cela le déstabilisa beaucoup. Et il se rendit compte que cela ne lui faisait même pas plaisir. Il ne savait pas quoi faire. Il ne regrettait pas ce qu'il venait de dire mais en même temps, il avait conscience d'être peut-être allé un peu trop loin. En fait, en y réfléchissant bien, c'était surtout le manque de réaction de Potter qui le troublait le plus. Draco pensait qu'il lui aurait crié de se la fermer, qu'il ne savait pas ce qu'il disait, qu'il n'était qu'un fils de sale Mangemort, mais non, Potter ne faisait rien de tout ça. Il se contentait de le regarder avec son regard plein de larmes. Larmes qui ne coulaient pas. Il restait dans ce mutisme dans lequel il était plongé depuis la rentrée. Ce mutisme qui ne lui ressemblait pas. Car Potter avait toujours réagi à chacune de ses provocations. Mais après ce qui sembla être un long moment pour Draco, Potter finit par sortir de sa léthargie. Il prit ses affaires, les rangea dans son sac et partit sans prononcer le moindre mot.
Ce n'était pas du tout ce à quoi Draco s'était attendu. Il se retrouvait tout seul, le devoir de botanique n'avait pas du tout avancé et il ne se sentait même pas soulagé d'avoir dit ses quatre vérités à Potter. Il avait l'impression de s'être défoulé sur la mauvaise personne. Pourtant c'était bien Potter qui était responsable de la peine qui rongeait Draco depuis que ses parents l'avaient abandonné... non ? C'était à cause de lui si le grand mage noir n'était plus là, c'était à cause de lui si tous les Mangemorts étaient partis en cavale, c'était à cause de lui si Draco s'était retrouvé sans parents du jour au lendemain. Tout était de sa faute. Du moins, c'était que pensait Draco depuis le début de l'été. Mais la réaction de Potter et son comportement depuis la rentrée le faisaient soudain douter. En fait, Potter n'avait rien de quelqu'un d'heureux. Draco venait seulement de s'en rendre compte. Mais il jouait sûrement au déprimé pour attirer l'attention et pour qu'on le plaigne. Oui, c'était forcément ça. Car Potter n'avait aucune raison d'être malheureux. Il faisait semblant, voilà tout.
Draco soupira. Il se sentait étrangement fatigué. Il réfléchissait beaucoup trop. Il valait mieux qu'il se concentre sur le devoir de botanique. Dans sa grande mansuétude, Potter lui avait laissé tous les livres. Ou, plutôt, il n'avait pas pris la peine de les prendre avec lui. Autant en profiter... Ce devoir de botanique devait être fait, de toute façon. Draco était censé le rendre en commun avec Potter mais vu comment c'était parti, ils allaient sûrement le rendre chacun de leur côté. Il espérait juste que les professeurs seraient compréhensifs. Après tout, ils n'avaient jamais demandé à travailler ensemble. Et ça, les professeurs allaient bien s'en apercevoir. Si ce n'était pas déjà fait.
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Lorsque Draco rejoignit sa salle commune deux heures plus tard, il constata que Théo n'était pas encore rentré. En revanche, Blaise, lui, était là. Il nota également l'absence de Pansy.
- Tu es tout seul ? demanda-t-il à Blaise en le rejoignant.
- Oui, Théo doit être encore à son cours et Pansy est avec son binôme.
- Mais il est plus de seize heures, le cours de Théo est terminé depuis dix minutes déjà.
- Eh bien il doit être avec Granger, alors. C'est elle qui devait le raccompagner.
Blaise et Draco échangèrent soudain un regard inquiet.
- Tu ne crois quand-même pas qu'ils auraient osé s'en prendre à lui alors qu'il était en compagnie d'une préfète ? interrogea Blaise, anxieux.
- Ça m'étonnerait beaucoup. Granger sait se faire respecter. Et, surtout, personne n'irait se battre en duel avec elle... Elle mettrait Crabbe et Goyle par terre en moins de deux secondes.
- Tu reconnais que Granger est douée ? s'étonna Blaise.
Draco haussa les épaules.
- Je pense juste que ça ne sert à rien de le nier.
- Ouais, dis plutôt que ça t'arrange de le penser là, tout de suite, maintenant. Ça te rassure.
Draco allait répliquer mais son attention et celle de Blaise furent attirées par le bruit de la porte de leur salle commune qui s'ouvrit. Un immense soulagement les gagna tous les deux en voyant que le nouveau venu n'était nul autre que Théo. Mais ce qui les rassura surtout, c'était qu'il semblait sain et sauf.
- Tu aurais pu te presser ! le réprimanda Draco. Où est-ce que tu étais passé ? Pourquoi as-tu mis autant de temps à rentrer ? On s'inquiétait pour toi, nous !
- Hé, Draco, calme-toi, le principal c'est qu'il aille bien. Et tu vas attirer les regards sur nous si tu continues à rouspéter comme ça. Personne n'est censé savoir que Crabbe et Goyle en ont après Théo.
- Non mais Draco a raison, j'aurais dû rentrer plus tôt. Mais j'étais avec Hermione et je me suis dit que vous vous en seriez doutés...
- C'est un peu le cas, reconnut Blaise. Mais on n'a pas pu s'empêcher de se faire du souci quand-même.
- Jamais ils ne s'en prendraient à moi alors que je suis avec Hermione. C'est un vrai bouclier humain. Mais ça me gêne de me servir d'elle comme ça. Même si je ne me sers pas vraiment d'elle puisque j'aime bien être avec elle... Disons que... c'est compliqué. Même si ce n'est pas mon intention, j'ai l'impression de l'utiliser et ça va à l'encontre de mes principes.
- Mais c'est quand-même pratique pour toi, objecta Blaise.
- Oui, je dois bien l'avouer. Mais ce n'est pas moral. Hermione est mon amie, et on ne se sert pas de ses amis de cette façon. Ni de personne d'autre, d'ailleurs.
- C'est dans ces moments-là que je me demande ce que tu fous à Serpentard, soupira Draco.
- Il est juste cent fois plus moral que toi, répliqua Blaise. Bon, moi je ne vois qu'une solution pour régler ça.
- Ah oui ? Laquelle ? s'enquit Draco, curieux.
- On met Granger dans la confidence à propos de Crabbe et de Goyle. Comme ça, elle va sûrement vouloir protéger Théo et elle va insister auprès de lui pour le ramener après chaque cours de runes et d'arithmancie. Comme ça viendra d'elle, Théo ne se sentira plus mal à l'aise.
Le silence répondit à la proposition de Blaise. Draco n'était vraiment pas fan de cette idée. Il n'avait pas envie de partager un quelconque secret avec Granger. Mais là il s'agissait de la sécurité d'un de ses meilleurs amis. Il pouvait faire un effort... Surtout qu'il savait que Granger ne dirait rien. Elle garderait le secret.
- Je suis d'accord, finit-il par dire.
Théo lui lança un regard courroucé. Il pensait sûrement avoir le soutien de Draco contre Blaise ! Raté. Il devait pourtant savoir depuis le temps que ses amis étaient prêts à tout pour assurer sa sécurité. Même si, pour ça, il fallait mettre certaines inimitiés de côté.
- Je ne veux pas qu'elle soit impliquée là-dedans, protesta Théo. Sinon Crabbe et Goyle vont voir qu'elle est au courant et ils pourraient s'en prendre à elle ! Déjà que j'ai peur pour vous alors si je dois en plus m'inquiéter pour elle...
- Elle saura se montrer discrète, tempéra Blaise. On n'a pas besoin de te lister toutes ses qualités, tu les connais mieux que nous. Tu nous les as assez répétées... Alors fais-lui confiance.
Théo soupira. Draco sut que Blaise et lui avaient gagné.
- D'accord. À deux contre un, je ne fais pas le poids. Qui va lui en parler ?
Blaise et Draco se regardèrent. Ça, c'était une bonne question. La réponse sembla cependant logique pour Draco.
- Moi, décida-t-il, surprenant ses deux amis.
- Tu es sérieux ? demanda Blaise, incrédule.
- Elle comprendra que c'est sérieux si c'est moi qui vient lui parler.
- C'est vrai, approuva Théo. Alors on te laisse t'en occuper.
- Je lui en parlerai lors de la prochaine ronde qu'on fera ensemble. Il me semble que c'est mercredi mais il faut que je vérifie. Non mais sérieux, si on m'avait dit un jour que je m'associerai avec une Gryffondor... Pouah, quelle horreur ! Théo, après ça, tu as intérêt à ne plus jamais douter de mon amitié envers toi.
- Je sais, Draco, et je t'en remercie, dit sincèrement Théo. Je vous remercie tous les deux, d'ailleurs. En parlant de Gryffondor, comment s'est passée ta séance de travail avec ton binôme ?
Draco se sentit étrangement mal et coupable en entendant la question de Théo. Il chassa cependant rapidement cette sensation qui l'indisposait.
- Pas très bien, avoua-t-il. Je l'ai un peu bousculé, il l'a mal pris et il est parti.
- Ah bon ? Je ne le voyais pas aussi susceptible, s'étonna Théo.
- Tu ne me crois pas ? répliqua Draco, sur la défensive.
- Je n'ai pas dit ça ! C'est juste que ça me surprend qu'il ait pris la mouche aussi facilement. Il devait sûrement avoir déjà les nerfs à vif avant votre séance de travail.
- Tu ne peux pas juste admettre qu'il est complètement dérangé et qu'il se vexe pour un rien ? Pourquoi tu cherches toujours à le défendre ?!
- Draco, tu te calmes tout de suite ! ordonna Blaise. C'était bien la peine de faire une belle déclaration d'amitié à Théo si c'est pour l'agresser et l'accuser injustement deux minutes plus tard !
Draco se sentit soudain honteux. Il s'en voulut d'avoir parlé ainsi à son ami.
- Je suis désolé, Théo. C'est juste que je suis un peu à fleur de peau et que je m'emballe facilement. Mais ça n'a rien à voir avec toi. Je ne voulais pas te faire de peine, je te le jure.
- Je te crois, et je ne t'en veux pas, dit Théo en souriant. On va arrêter de parler des Gryffondor, si tu veux bien.
- Bonne idée.
Draco se tourna vers Blaise.
- Ça se passe bien, avec ton binôme ?
Pour toute réponse, il reçut un regard perplexe de Blaise et un regard dépité de Théo.
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?
- Non mais tu en fais exprès ? Le binôme de Blaise est une Gryffondor, Draco !
- Oups... J'avais oublié. Pardon.
- Est-ce que je peux quand-même répondre à ta question ? demanda Blaise.
- Au point où on en est...
- Eh bien ça se passe plutôt bien. Voire très bien, même. Elle est cool, elle est bien organisée, elle a de l'humour et on a à peu près les mêmes passions. Et niveau matières on se complète bien. Il y a juste en histoire de la magie que ça devrait coincer un peu. Mais ça devrait aller quand-même.
- Tant mieux. Ça fait plaisir de voir que, parmi nous trois, il y en a au moins un qui est satisfait de son binôme, se réjouit Théo.
- Blaise a même l'air plus que satisfait, se moqua Draco. Tu n'aurais pas des vues sur elle, par hasard ?
- Tu sais bien que ce n'est pas elle qui m'intéresse en ce moment, se renfrogna Blaise.
Draco écarquilla les yeux.
- Attends, tu ne vas pas me dire que tu es encore sur la fille Weasley ?!
- Ben... si. Je n'arrive pas à me la sortir de la tête. Elle me plaît vraiment. Mais bon, je n'ai rien à espérer avec elle. Elle s'est complètement entichée de son crétin de binôme... Draco, je compte sur toi pour évincer Harper du poste d'attrapeur. Il m'a piqué la fille qui me plaisait, alors il est hors de question qu'il pique en plus la place de mon meilleur ami dans l'équipe de Quidditch de notre maison !
- Je vais faire de mon mieux, c'est promis.
- Non mais Blaise, je crois que tu as tiré des conclusions un peu trop hâtives, intervint Théo. Qu'est-ce qui te fait croire que ta rouquine est attirée par son binôme ?
- Parce qu'ils rient ensemble et qu'ils ont l'air de super bien s'entendre.
- Un peu comme Kellah et toi, alors. Et pourtant, Kellah ne t'intéresse pas. Ça se trouve, ta chérie est juste en train de devenir amie avec son binôme. Comme le font ou le feront plusieurs autres binômes. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu'elle est tombée amoureuse de Simon. Tu vas un peu trop vite en besogne. De toute façon je crois que tu t'inquiètes pour rien. Simon sort déjà avec quelqu'un. Et je ne pense pas qu'il soit du genre à tromper sa copine en sortant avec une autre fille.
- Mais comment tu es au courant de tout ça, toi ? souffla Draco, abasourdi.
- Je les ai juste vus plusieurs fois en train de s'embrasser ou de se tenir par la main. Donc tu n'as vraiment pas à t'en faire, Blaise.
Ce dernier semblait dépité.
- Si j'avais su, je n'aurais pas agi aussi bêtement avec elle...
- Comment ça ? demandèrent Draco et Théo en même temps.
- Eh bien, jeudi on était tous les deux dans la salle des binômes en train de travailler avec le nôtre. Lorsqu'elle est partie, elle a perdu un parchemin. Je l'ai retenue, je le lui ai rendu mais j'ai été super sec avec elle. J'étais vraiment persuadé qu'elle roucoulait avec Harper et ça m'a énervé. Mais du coup, maintenant, je m'en veux. J'ai dû lui faire de la peine alors qu'elle n'avait rien fait de mal...
- Eh bien tente de rattraper le coup auprès d'elle, suggéra Théo.
- Mais comment ?
- Ça, je n'en sais rien.
- Coince-la dans un couloir et embrasse-la, dit placidement Draco.
- Je vais me prendre une gifle, voire un coup de poing si je fais ça.
- Mais ça se trouve elle n'attend que ça ! Que tu te conduises comme un vrai mâle qui sait prendre des initiatives ! Prouve-lui que tu es un mec et fais en sorte qu'elle n'en doute jamais après le baiser du siècle que tu lui auras donné !
Le silence s'installa pendant plusieurs secondes, Blaise réfléchissant aux paroles de Draco. Du moins, c'était que Draco pensait en voyant l'air pensif de son ami.
- Je vais y réfléchir, finit par dire Blaise.
- Tu ne vas pas abandonner l'affaire, alors ? demanda Théo.
- Non, Ginny me plaît vraiment, je suis sûr que c'est la fille de mes rêves.
- Eh bien fonce, alors. Je n'irais pas jusqu'à te donner les mêmes conseils que Draco mais il a raison sur le fond : tu dois réagir.
- Ça ne vous gênerait donc vraiment pas si je sortais avec elle ?
- On te l'a déjà dit, Blaise, soupira Draco. Tant qu'elle te rend heureux, c'est tout ce qui compte pour nous. Et puis, je pense que vous êtes faits pour être ensemble.
Blaise eut l'air touché par les mots de Draco. Il semblait ragaillardi. Draco était ravi de voir son ami reprendre espoir. Cela ressemblait davantage au Blaise qu'il avait toujours connu. Même s'il ne portait pas les Weasley dans son coeur, il espérait que ça marcherait entre la rouquine et lui. Mais plus tard, à tête reposée, Draco se demanderait sûrement ce qui avait pu se passer pour que son meilleur ami tombe éperdument amoureux de cette fille. C'était comme si lui, Draco Malfoy, tombait soudain amoureux de Harry Potter ! Heureusement, cela n'arriverait jamais. Sinon, il était sûr de finir interné dans le service psychiatrie de Sainte-Mangouste pour le restant de ses jours.
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(mardi 12/09) POV Hermione
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À la fin du cours de potions, au lieu de rejoindre sa salle commune comme elle avait l'habitude de le faire, Hermione attendit Terry à la sortie du cachot. C'était la première fois qu'ils allaient réellement travailler ensemble. Jusque-là, ils n'avaient eu qu'un devoir de botanique à faire et, comme la plupart des binômes, ils l'avaient fait chacun de leur côté avant de mettre en commun leur travail. Sauf que là, ils avaient désormais un devoir de Défense Contre les Forces du Mal, de sortilèges et de métamorphose à rendre. Il était donc préférable qu'ils commencent à vraiment travailler ensemble. Lorsque Terry la rejoignit, ils se rendirent à la salle réservées aux binômes. Étant donné qu'il était dix-sept heures, elle était donc assez remplie. Il y avait surtout des quatrième année qui, eux, le mercredi, finissaient les cours à seize heures. Terry et elle choisirent une table à l'écart des autres, souhaitant tous les deux être tranquilles.
- Par quoi veux-tu commencer ? demanda Hermione en sortant ses affaires de son sac.
- Je ne sais pas, je n'ai pas de préférences. Le plus logique serait de faire en premier le devoir qui est à rendre le plus tôt mais vu qu'on doit rentre les trois devoirs le même jour ou presque...
- On n'a qu'à faire celui qui semble le plus long.
- C'est celui de métamorphose, sans hésiter, affirma Terry. On fait celui-là, alors ?
- C'est parti ! s'enthousiasma Hermione. Mais je n'ai pas mon manuel sur moi, vu qu'on n'avait pas métamorphose aujourd'hui...
- Pas grave, j'ai le mien.
Terry sortit son livre de métamorphose et le plaça entre Hermione et lui. Hermione l'ouvrit à la bonne page et ils commencèrent à lire les passages qui leur seraient utiles pour leur devoir. Hermione les trouva très intéressants. Elle ne savait pas encore comment elle allait traiter toutes ces informations, mais elle verrait cela quand ils commenceraient à rédiger. Lorsqu'elle eut terminé de lire le dernier passage, elle écarta le livre d'un geste vif de la main afin de faire de la place.
- Alors, comment on va s'y prendre ? lança-t-elle, plus que motivée.
- Euh... tu ne veux pas qu'on relise tout une deuxième fois ? répondit Terry d'un air peu assuré.
- Pourquoi ? demanda Hermione, étonnée.
- Ben... pour pouvoir tirer le maximum d'informations et prendre des notes.
- Des notes ?
- Oui, c'est mieux pour tout retenir. Tu n'en prends pas, toi ?
- Non, avoua Hermione, perplexe. Je retiens tout de tête. Je lis tout, je fais mon plan, je réfléchis aux grandes parties et c'est à ce moment-là que je relis tout pour pouvoir agrémenter mes différentes parties. Mais je ne prends pas de notes. Je fais plutôt un brouillon avec les principales idées. Et ensuite j'organise au propre.
- Étonnant, commenta Terry, l'air songeur. Tu peux commencer à rédiger tes idées, moi je vais relire les extraits.
- Mais on vient de les lire, fit Hermione, dépitée.
- Je n'ai pas eu le temps de tout lire, en fait, avoua Terry, gêné.
- Oh... Je suis allée trop vite ?
- Disons que j'en étais aux trois quarts de l'extrait quand tu tournais la page. Mais ce n'est pas grave, on peut travailler chacun de notre côté pour l'instant. Vu que je vais prendre des notes pendant ma lecture, quand j'aurai terminé de lire, on en sera à peu près au même point. Toi tu auras ton brouillon, moi mes notes.
- D'accord, on n'a qu'à faire comme ça, approuva Hermione.
Ils se remirent ainsi au travail. Alors qu'elle cherchait les grandes parties du devoir sur le sortilège de disparition, Hermione regarda discrètement Terry à plusieurs reprises. Elle était fascinée par la force tranquille qui émanait de ce garçon. À part Théo, elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi calme. En voyant Terry lire tranquillement les différents extraits, elle se rendit compte à quel point elle lisait vite comparée à lui. Elle ne prenait absolument pas son temps, lisant de haut en bas à la vitesse de l'éclair. Vu qu'elle retenait tout, elle s'était toujours dit que c'était une bonne méthode. Mais face à Terry qui parcourait minutieusement chaque ligne, elle ne put s'empêcher de se dire qu'elle ratait peut-être parfois des informations. Les professeurs ne lui avaient pourtant jamais fait la moindre remarque dans ses devoirs. Après tout, ses devoirs étaient souvent l'un des plus longs de sa classe, et elle passait d'innombrables heures à la bibliothèque pour les peaufiner et les rendre plus consistants. En fait, elle trouvait à la bibliothèque ce qu'elle ne trouvait pas dans ses manuels. Elle se demandait d'ailleurs comment faisaient certains de ses camarades pour avoir des Effort Exceptionnel en s'aidant uniquement de leurs manuels. Pour elle, il n'y avait clairement pas assez d'informations là-dedans.
- Voilà, j'ai fini, annonça Terry.
La voix de son binôme fit sortir Hermione de ses pensées. Elle baissa les yeux sur son parchemin et constata qu'elle n'avait pas beaucoup avancé sur le devoir. Elle s'était trop laissée distraire. Il fallait qu'elle se reprenne.
- Super. Est-ce que tu as déjà une idée de la façon dont nous allons organiser le devoir ?
- Pas vraiment, il faut que je rassemble mes notes pour cela.
- D'accord, dans ce cas on peut commencer l'introduction avec les éléments de base.
- Bonne idée. Comment définirais-tu le sortilège de disparition ? interrogea Terry.
Terry et Hermione passèrent plusieurs minutes à chercher la meilleure définition possible de ce sortilège. Ils eurent du mal à se mettre d'accord, mais ils finirent par trouver une formulation qui leur plut à tous les deux. Ils essayèrent ensuite d'organiser leur devoir. Hermione réalisa à quel point il était compliqué pour elle de travailler en binôme, elle qui avait l'habitude de toujours faire ses devoirs seule de son côté. Terry lui demandait très souvent son avis, ce qui la déconcertait beaucoup. Ils avaient également des idées différentes mais Terry avait le don pour les concilier, chose que ne savait pas faire Hermione. Elle était plutôt du genre à rester sur ses opinions sans partager celle des autres. Ce qui n'était pas une bonne chose dans le cadre d'un travail en binôme. Pour la première fois depuis qu'elle était à Poudlard, elle se rendit compte qu'elle avait beaucoup de progrès à faire. Mais Terry ne lui en tenait pas rigueur, bien au contraire. Il ne lui reprochait rien et faisait de son mieux pour mêler leurs idées divergentes. Hermione l'admirait beaucoup. Il avait cette sagacité qu'elle n'avait pas. Ou, du moins, une sagacité différente de la sienne. Il était beaucoup plus patient, aussi. Plus réfléchi. Moins spontané. Elle qui pensait qu'ils se ressemblaient énormément, elle s'apercevait maintenant qu'ils étaient en fait très différents. Ils avaient beau être aussi intelligents l'un que l'autre, ils n'avaient pas du tout la même manière de réfléchir, de procéder.
À dix-neuf heures, ils décidèrent de s'arrêter là afin d'aller manger. Ils se séparèrent au bout de quelques couloirs, devant aller poser leurs sacs chacun dans leur dortoir. Lorsque Hermione arriva dans la Grande Salle, elle fut déçue et inquiète de ne pas trouver Harry à la table des Gryffondor. Elle se faisait du souci pour lui. Déjà, la veille, il n'était pas venu dîner. Il n'avait pas pris non plus son petit-déjeuner le matin-même. Il avait seulement un peu grignoté à midi mais il était vite parti. Hermione aurait bien voulu lui parler mais le mardi, c'était impossible d'avoir ne serait-ce que deux minutes pour discuter. Ils avaient deux heures de divination, puis une heure d'histoire de la magie, puis une heure de sortilèges, ensuite ils déjeunaient, ils attaquaient l'après-midi à treize heures avec deux heures de soins aux créatures magiques, puis ils avaient une heure de Défense Contre les Forces du Mal et ils terminaient la journée avec une heure de potions. Ils n'avaient donc presque pas de temps libre. Hermione avait bien essayé d'intercepter Harry entre deux cours mais il lui avait à chaque fois filé entre les doigts. Cela l'inquiétait vraiment. De plus, il n'avait pas l'air bien du tout. Son visage était constamment fermé. En cours, il gardait les yeux baissés sur son parchemin. Il semblait vouloir se tenir le plus loin possible de Malfoy qui ne faisait visiblement rien pour entrer en contact avec Harry. Hermione se doutait bien qu'il s'était passé quelque chose entre eux qui avait fortement bousculé Harry. Il fallait absolument qu'elle lui parle. Elle expédia vite le dîner et regagna la salle commune de Gryffondor en espérant y trouver Harry. Elle fut soulagée de voir qu'il était bel et bien là. Il était en train de faire le devoir de sortilèges, vu le manuel qui se trouvait près de lui. Elle s'avança et s'assit à côté de lui.
- Toujours pas décidé à travailler avec ton binôme ?
- Non, et il est hors de question qu'on travaille de nouveau ensemble. Si tant est qu'on ait réellement travaillé hier... Il a plutôt fait semblant, je pense.
Hermione avait donc vu juste. Il y avait eu un accrochage entre Harry et Malfoy.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle doucement.
- Rien, répondit Harry.
- Arrête, je vois bien qu'il y a quelque chose. Tu as l'air hyper mal depuis ta séance de travail avec Malfoy. Je te promets de te croire quoi que tu me dises, Harry.
Ces mots semblèrent être le déclic qu'attendait Harry. C'était comme s'il avait peur de ne pas être cru. Il lui raconta alors ce qui s'était passé la veille. Hermione fut horrifiée par les propos qu'avait tenus Malfoy à l'encontre de son meilleur ami. Comme elle l'avait promis à Harry, elle le crut sur parole. Harry ne serait jamais allé inventer cela, elle le savait bien. Mais elle restait choquée par ce qu'il venait de lui dire.
- Malfoy n'aurait jamais dû te dire ça. C'est... je n'ai même pas les mots. Je comprends pourquoi tu as l'air si triste, maintenant. Mais tu ne dois pas croire ce qu'il t'a dit.
- Bien sûr que si. Il a raison, Hermione. J'ai tué un homme. À cause de moi, une vingtaine de personnes vont passer le reste de leur vie à Azkaban. Alors que la plupart d'entre eux ont des enfants. J'ai été égoïste. Je n'ai pensé qu'au fait que j'avais débarrassé le monde magique de Voldemort. Je n'ai pas pensé aux victimes collatérales. Malfoy en est une. Il s'est retrouvé sans parents du jour au lendemain. À cause de moi. Je suis un monstre.
- Ne dis pas ça, Harry ! ordonna Hermione. Si tu n'avais pas tué Voldemort, tous ces enfants de Mangemorts seraient devenus eux aussi des Mangemorts. Ou, du moins, pour la majorité d'entre eux. Tu crois vraiment que ça aurait été mieux, comme avenir ? Ils n'ont peut-être plus leurs pères près d'eux mais au moins, ils seront libres de leurs choix. Ils n'auront pas à servir un mage noir contre leur gré. C'était ce qui attendait Malfoy. Je ne sais pas s'il est au courant mais ça vaut le coup qu'il y réfléchisse. Tu n'as rien fait de mal, Harry. Au contraire. Et puis n'oublie pas que c'est toi qui serait mort si tu n'avais pas lancé ton bon vieil Expelliarmus. Tu n'as fait que te sauver la mise, à la base. Personne ne peut t'en vouloir pour ça. N'importe qui aurait fait comme toi. Moi la première. Alors tu n'as pas à t'en vouloir. Oublie ce que Malfoy t'a dit, même si je sais que ce n'est pas facile. Je suis ta meilleure amie, après tout. Tu devrais me croire moi plutôt que lui.
Un sourire étira les lèvres de Harry.
- C'est vrai. Tu as raison. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle-là.
- C'est pour ça que tu dois toujours parler de ce qui te tracasse. Ce n'est pas bon de garder ses problèmes pour soi.
- Je sais. Merci, Hermione, ça m'a vraiment fait du bien de te parler, dit sincèrement Harry.
- Tu vas faire quoi avec Malfoy, du coup ?
- Je n'en sais rien. Je me pose aussi la question. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'on va rendre séparément le devoir de botanique.
- Ce n'est pas le but du travail en binôme.
- Je sais mais vu les circonstances on ne va vraiment pas pouvoir travailler ensemble. Je ne sais pas à quoi s'attendaient les professeurs. Ils croyaient peut-être qu'on allait oublier quatre années de haine comme ça, juste en claquant des doigts ? On a un passif beaucoup trop lourd. Les tensions ne pouvaient pas s'apaiser aussi facilement du jour au lendemain. Nous ne sommes pas comme les autres binômes. Notre haine est légendaire. Les professeurs auraient dû en tenir compte. Ils ne pouvaient pas espérer qu'en deux semaines, on réussirait à faire la paix.
- Je pense qu'ils seront indulgents pour les deux premiers devoirs. Ils se doutent bien que ce n'est pas en deux semaines que vous alliez oublier votre haine réciproque.
- Mais le problème c'est qu'on est dans une impasse, là. Malfoy n'avait jamais été aussi blessant envers moi. Ça prouve à quel point il me déteste. Je ne vois pas comment les choses vont pouvoir s'améliorer...
- Je pense que tu dois laisser Malfoy faire le premier pas. C'est à lui de venir vers toi.
- Tu crois qu'il le fera ? lança Harry avec sarcasme.
- On peut toujours espérer. Je suis sûre qu'il n'est pas aussi obtus qu'on pourrait le penser. Et si d'ici une semaine il ne sera toujours pas venu vers toi, tu pourras toujours en parler aux professeurs. Ils sont censés vous aider si la situation est vraiment compliquée.
- J'espère ne pas devoir en arriver là. Mais s'il le faut, je le ferai.
- C'est bien. Est-ce que tu veux aller dîner, maintenant ? Depuis hier midi tu n'as pas beaucoup mangé.
- Je n'ai pas faim. Mais je me rattrape dès demain, c'est promis.
Hermione n'était pas convaincue par cette réponse mais elle n'insista pas.
- Comme tu veux. Bon, je vais aller à mon dortoir. J'aimerais avancer un peu sur le devoir de Défense Contre les Forces du Mal avant de plancher dessus avec Terry lors de notre prochaine séance de travail. Est-ce que tu sais quand les cours de duel vont commencer ?
- La semaine prochaine, normalement. Je crois que le professeur Flitwick préfère que les sélections de Quidditch soient passées avant de commencer son option. Parce qu'il sait très bien qu'il y a des élèves qui se sont inscrits à l'option alors qu'ils comptent aussi passer les sélections. S'ils sont pris dans leur équipe, ils vont sûrement se désinscrire de l'option et ça va bousculer les listes du professeur Flitwick.
- C'est logique. As-tu décidé si tu vas t'inscrire, tout compte fait ?
- Non, j'hésite encore. J'adore le duel mais je me dis que ce sont deux heures de plus dans mon emploi du temps que je pourrais passer soit à dormir, soit à avancer sur mes devoirs.
- Je suis exactement pareil, avoua Hermione. Après, il me semble qu'on peut se désinscrire au bout de plusieurs séances si on se rend compte qu'on n'arrive pas à gérer.
- Oui, c'est ce que m'ont dit Sirius et Remus. Je crois donc que je vais m'inscrire pour voir à quoi ressemblent ces cours, et si ça me plaît et que ça n'empiète pas trop sur mon sommeil et mes devoirs, je resterai.
- Je vais faire comme toi. Toi tu as tes entraînements, moi mes rondes et mes autres obligations de préfète. Nous ne sommes pas aidés. Bon, j'y vais.
- D'accord, bon courage pour ton devoir de Défense Contre les Forces du Mal.
Hermione souhaita de même à Harry pour son devoir de sortilèges et monta à son dortoir. Elle n'était pas totalement rassurée au sujet de son meilleur ami mais au moins, elle savait ce qu'il avait et elle pourrait donc surveiller cela de près. Elle aimerait beaucoup l'aider mais elle ne pouvait rien faire. Du moins, c'était ce qu'elle croyait. Elle était loin d'imaginer qu'une simple discussion avec un certain préfet allait tout changer...
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(mercredi 13/09) POV Théo
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Alors que le professeur Snape avait conseillé à Théo d'attendre le début de la semaine pour parler à Justin, ils étaient désormais mercredi et Théo n'avait toujours pas eu de discussion avec son binôme. En même temps, cela avait été assez compliqué car le lundi, Justin avait passé la journée à l'infirmerie et la veille, ils avaient eu huit heures de cours et Théo n'avait pas réussi à intercepter le Poufsouffle après les cours. En ce mercredi matin, Théo attendait donc Justin à la sortie de la Grande Salle. Il ne répéterait pas la même erreur que la semaine précédente : il parlerait seul à seul avec Justin en l'arrêtant lorsqu'il sortirait de la Grande Salle au lieu de lui parler devant tous les élèves comme il avait eu la bêtise de le faire huit jours plus tôt. Une fois mais pas deux. Il n'était pas suicidaire à ce point. Il tenait un tant soit peu à sa santé mentale.
Lorsqu'il vit Justin sortir, Théo l'appela :
- Justin !
Le Poufsouffle se retourna. Son regard se fit dur en voyant Théo.
- Quoi ? demanda-t-il sèchement.
- J'aimerais qu'on discute. Calmement, je veux dire. Que tu me laisses parler et que tu ne m'insultes pas. Tu n'as pas besoin d'avoir tes camarades de maison près de toi, je ne te veux aucun mal. Je veux juste qu'on discute. Je peux même te donner ma baguette pour te prouver que je ne veux pas t'attaquer.
- Non, ça va, c'est bon. Dis-moi ce que tu as à me dire, je n'ai pas que ça à faire.
Théo retint un soupir. La communication n'allait pas être simple. Mais Justin voulait bien l'écouter. C'était déjà ça.
- J'aimerais juste qu'on mette tout à plat et qu'on reparte sur de bonnes bases. Je sais que tu te méfies de moi car je suis un Serpentard, un Sang-Pur et un fils de Mangemort. Mais tu devrais savoir depuis le temps que je n'ai jamais partagé les idées de mon père. Tout le monde le sait. Je ne m'en suis jamais caché.
- Tu fais peut-être semblant.
- Pourquoi je ferais ça ?
- Eh bien, pour frapper au moment où on s'y attendra le moins. Tu peux soudain te révéler et faire la misère aux nés-moldus.
- Ce n'est pas du tout mon intention, répliqua Théo, quelque peu agacé. Je n'ai rien contre les nés-moldus, pour moi nous sommes tous égaux, je ne fais aucune distinction de sang ! Tu crois vraiment que j'aurais livré la cachette de mon père aux Aurors cet été si je partageais ses idées ?
- Les Aurors t'y ont peut-être tout simplement forcé. Tu n'as pas eu d'autre choix que de leur dire ce qu'ils voulaient entendre.
Théo resta quelques secondes sans réagir, abasourdi devant l'entêtement du Poufsouffle. Il était également désespéré. Il venait de comprendre que cela ne servait à rien de s'acharner.
- En fait, tout ce que je pourrais bien te dire ne suffirait pas à te convaincre, c'est ça ?
- Tu as tout compris.
- Bien. Je ne vais pas te retenir plus longtemps, alors.
Justin haussa les sourcils.
- Tu es sérieux ? Tu abandonnes déjà ?
- Eh bien oui. Pourquoi ? Ça t'étonne ? Tu devrais pourtant savoir que je n'ai pas une très grande endurance puisque j'ai balancé mon père devant l'insistance des Aurors, d'après toi. En fait, ils n'ont même pas eu besoin d'insister. Ils m'ont juste demandé «Où est votre père ?» et je leur ai balancé direct sa cachette. Alors tu penses bien que je ne vais pas me battre contre toi pour essayer de te faire comprendre que je n'en ai rien à faire que tu sois un né-moldu et que je n'ai jamais eu l'intention de te faire le moindre mal. J'ai même eu le stupide espoir que nos relations puissent s'améliorer au fil du temps. Je suis vraiment naïf, hein ? En fait les clichés sont vraiment bons à jeter à la poubelle. Les Poufsouffle ne sont pas aussi ouverts d'esprit que tout le monde semble le penser. Sur ce, bonne journée, Justin.
Théo jeta littéralement ces mots à la figure du Poufsouffle avant de s'en aller. Il eut juste le temps de voir le visage décomposé de Justin avant de tourner les talons. Il avait conscience de s'être légèrement énervé mais il en avait plus qu'assez. Il avait été patient jusque-là mais il avait ses limites, comme tout le monde. Ce fut donc d'un pas furieux qu'il se dirigea vers les sous-sols afin d'aller chercher son sac de cours dans son dortoir. Alors qu'il était presque arrivé à sa salle commune, il tomba sur son potentiel futur capitaine qui le retint en lui attrapant le bras. Graham le fixa avec un air soupçonneux.
- Qui êtes-vous ?
Théo regarda Graham avec un air perplexe.
- Tu te moques de moi ? La semaine dernière, devant la salle de runes, tu savais très bien qui j'étais. Tu en savais même trop sur moi puisqu'un certain blondinet dont je tairai le nom avait été un peu trop bavard à mon sujet.
- Ok, donc tu es bien Théodore Nott. Excuse-moi mais je ne t'avais jamais vu en colère, je pensais même que tu étais incapable de t'énerver, alors j'ai cru que quelqu'un avait pris ton apparence pour une quelconque raison obscure afin de pénétrer dans notre salle commune.
Théo sourit malgré lui.
- Je comprends, ça pouvait prêter à confusion. Mais c'est bien moi, je te rassure. Je peux entrer, du coup ?
- Tu es si pressé que ça ?
- J'ai cours dans une heure.
- Ça laisse largement le temps de discuter un peu.
- De quoi ?
Théo faisait exprès de prendre un ton détaché, espérant ainsi montrer à Graham qu'il n'était pas intéressé. Car il n'était pas dupe : il voyait bien la lueur de convoitise dans le regard de son potentiel futur capitaine. Il ne comprenait cependant pas pourquoi Graham jetait son dévolu sur lui du jour au lendemain. Théo n'était jamais sorti avec qui que ce soit, par conséquent, personne ou presque ne savait s'il était hétéro ou gay. Graham le draguait donc sans avoir aucune certitude sur son orientation sexuelle. C'était un peu fort de chaudron. Mais ce qui rendait également Théo perplexe, c'était que, jusqu'à la rentrée, jamais Graham ne lui avait laissé entendre qu'il était intéressé par lui. Théo était presque sûr que son intention de rentrer dans l'équipe n'était pas étrangère dans le soudain intérêt que Graham semblait lui porter. Mais il ne voyait pas pourquoi Graham avait attendu qu'il veuille rejoindre l'équipe pour lui mettre le grappin dessus. Ils étaient dans la même maison, ils partageaient la même salle commune, Graham n'avait donc pas besoin de ça pour venir lui parler !
- Eh bien... de toi, répondit Graham.
- Désolé mais je n'ai rien à dire.
- Tu es donc toujours sur la défensive comme ça ?
- J'aimerais juste rentrer dans ma salle commune. C'est mon droit, non ? répliqua Théo.
Graham le regarda quelques secondes avant de lâcher :
- Bon, très bien. J'espère juste que tu seras un peu plus coopératif si jamais tu rentres dans l'équipe.
- Je le serai tant que la discussion restera «professionnelle». Au revoir, Graham.
Théo passa à côté de Graham et continua son chemin vers la Salle Commune. N'étant plus qu'à une dizaine de mètres, il y arriva une minute plus tard. Il entra et monta aussitôt à son dortoir. Il n'y avait heureusement personne. Il était encore plus énervé que lorsqu'il avait pris congé de Justin, alors autant dire qu'il avait besoin d'un peu de tranquillité. Il n'était que huit heures et il était déjà sur les nerfs. La journée promettait d'être longue...
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Fin des cours, POV Draco
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- M. Malfoy, vous resterez à la fin du cours, s'il vous plaît.
Draco écarquilla les yeux. Non mais c'était une blague ? Severus avait inhalé trop de vapeurs du chaudron ou quoi ?! Ce n'était pas du tout le bon jour pour faire causette avec son parrain-professeur-directeur de maison après le cours ! D'une, il avait une ronde à faire et de deux, il devait parler à Granger ! Les deux étaient intimement liés, en fait. Mais il n'avait pas d'autre choix que d'obéir alors il ne protesta pas. Lorsque Severus libéra sa classe, Draco alla le voir.
- Vous vouliez me parler ? demanda-t-il d'une voix traînante.
- Oui mais pas en tant que professeur. Ni en tant que directeur de maison.
- Dans ce cas, ça peut peut-être attendre ? J'ai une ronde à faire et ma collègue m'attend.
- Depuis quand es-tu pressé d'aller faire le tour des couloirs avec la préfète de Gryffondor ? s'étonna Severus d'un ton moqueur.
- J'ai quelque chose d'important à lui demander, répondit Draco, agacé.
- Tes histoires de coeur attendront. Je voulais juste savoir si ça se passait bien avec Potter.
- Je préférerais éviter d'en parler. Déjà que je dois prendre sur moi pour demander un service à Granger – et non pas lui demander de sortir avec moi comme tu sembles le croire – alors je n'ai pas très envie d'entendre parler de son crétin de meilleur ami.
- D'accord, donc les choses ne se sont pas du tout arrangées.
- Voilà, tu as tout compris. Je peux y aller, maintenant ?
Severus pinça les lèvres.
- Ne crois pas t'en tirer à chaque fois à si bon compte. Je te laisse partir parce que tu as ta ronde, mais je ne lâcherai pas l'affaire, Draco.
- Oui, oui. Excuse-moi mais je dois vraiment y aller.
Sans attendre de réponse, Draco quitta le cachot et rejoignit Granger qui l'attendait.
- Désolé, j'ai fait aussi vite que j'ai pu.
Granger haussa les sourcils.
- Désolé ? répéta-t-elle, perplexe.
Draco grimaça. C'était vrai, ça. Depuis quand s'excusait-il auprès de Granger ? Depuis quand s'excusait-il tout court, d'ailleurs ? Mais ce n'était peut-être pas une si mauvaise chose que ça. Si ça pouvait l'aider à se mettre plus facilement Granger dans la poche... Il ne put cependant pas s'empêcher de répliquer :
- Quoi, ça ne te suffit pas ? Tu veux que je me mette à genoux, peut-être ?
Granger leva les yeux au ciel.
- Non merci, ça ira. Ce n'est pas à moi que tu dois présenter des excuses, de toute façon, ajouta-t-elle sèchement. Je vais déposer mon sac dans mon dortoir, on se rejoint ici dans dix minutes.
Elle s'en alla sans laisser le temps à Draco de répondre. Celui-ci était quelque peu irrité. Il n'avait pas trop aimé le ton sur lequel la préfète lui avait parlé. Pour qui se prenait-elle ? Et qu'est-ce qu'elle avait voulu insinuer par-là ? Visiblement, elle lui en voulait. Il ne comprenait pas pourquoi. Il ne lui avait rien fait, aux dernières nouvelles. Il espérait qu'elle accepterait malgré tout de le croire au sujet de Théo... Bon, il n'allait pas rester planté là en attendant qu'elle revienne. Il décida donc lui aussi d'aller se délester de son sac. Comme son dortoir ne se trouvait pas très loin, cela ne lui demanda que cinq minutes. Lorsqu'il revint, Granger n'était pas encore de retour. Elle arriva deux minutes plus tard.
- Nous pouvons y aller, déclara-t-elle.
Draco acquiesça et lui emboîta le pas. Leur devoir était simple : repérer tout écart de conduite dans les couloirs du château. Ils commencèrent par vérifier le rez-de-chaussée avant de monter au premier étage. Ils n'eurent pas besoin de rappeler à l'ordre qui que ce soit. Au deuxième étage, ils empêchèrent un élève de deuxième année de jeter une bombabouse dans le couloir. Draco lui demanda son nom, son prénom et sa maison afin de faire un signalement auprès de son directeur ou de sa directrice de maison. L'élève leur donna ces trois informations que Granger nota sur un bout de parchemin.
- On aurait directement dû lui mettre une retenue, maugréa Draco.
- Le professeur Chourave n'aurait pas validé la sanction. Même si l'intention y était, il n'a pas lancé la bombabouse. Mais il a un signalement donc si on le surprend de nouveau en train de préparer une bêtise, cette fois il aura le droit au retrait de points et à une retenue.
- Si ça avait été un élève de Serpentard, il l'aurait eu, la retenue. Le professeur Snape n'aurait pas laissé passer ça.
- Eh bien heureusement que c'était un Poufsouffle. Il n'a pas eu à subir la tyrannie des Serpentard.
Draco tiqua sur ces mots. Cette fois, c'était clair : Granger avait quelque chose à lui reprocher. Bien décidé à savoir quoi, il l'attrapa brusquement par le bras et la força à s'arrêter. Granger fit volte-face et fusilla Draco du regard.
- Je peux savoir ce qui te prend ?!
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question ! Je n'aime pas du tout ton attitude depuis le début de notre ronde, Granger. Si tu as un reproche à me faire, dis-le directement au lieu de me jeter ta haine au visage toutes les cinq minutes !
- Il ne vaut mieux pas que je te dise ce que je te reproche, sinon je ne suis pas sûre de pouvoir garder mon calme, répliqua froidement Granger.
- Ça c'est ce qu'on verra. Tu n'oseras jamais t'en prendre à un autre préfet, alors je n'ai pas trop de soucis à me faire. De toute façon je ne te lâcherai pas, alors tu ferais mieux de cracher le morceau.
- Tu n'as pas d'ordres à me donner !
Le ton commençait à monter entre eux. Si bien que Draco douta de ce qu'il venait de dire. Sous l'effet de la colère, Granger pouvait faire des choses qu'elle ne ferait jamais en temps normal. Il était bien placé pour le savoir : son nez s'en souvenait encore.
- Dis-moi ce que tu me reproches et je te laisserai tranquille.
- Tu n'as vraiment pas une petite idée ? Il n'y a rien, selon toi, qui pourrait justifier que je sois en colère contre toi ? Tu n'as pas l'impression d'avoir été odieux envers une certaine personne, récemment ?
Draco commença à comprendre de quoi – ou plutôt de qui – Granger voulait parler. Cela le mit mal à l'aise sans qu'il ne sache pourquoi.
- Cela ne te regarde pas, répliqua-t-il.
- Bien sûr que si ! Il s'agit de mon meilleur ami ! Et avant que tu n'ailles l'accuser d'être allé pleurnicher auprès de moi, sache que c'est moi qui l'ait forcé à parler ! Il est complètement démoralisé depuis ce que tu lui as dit ! Tu ne te rends même pas compte du mal que tu lui as fait ! Il était déjà fragile, il n'avait pas besoin que tu l'enfonces encore plus ! Même la haine que tu as envers lui ne justifie pas toutes les horreurs que tu lui as dites ! Alors oui, je suis en rogne contre toi ! Et je pense que ça peut se comprendre !
Draco resta interdit pendant plusieurs secondes. Il aurait bien voulu répondre quelque chose mais il ne savait pas quoi dire. Granger reprit alors la parole :
- Il n'a jamais voulu tout ça, Malfoy. Il n'a jamais voulu voir l'assassin de ses parents renaître, il n'a jamais voulu voir un de ses camardes se faire tuer sous ses yeux, il n'a jamais voulu devoir tuer lui-même Tu-Sais-Qui. Il n'a jamais voulu se faire torturer à coups de Doloris devant une quinzaine de Mangemorts. Il aurait voulu éviter tout ça. Mais on ne lui a pas laissé le choix. On ne lui a jamais laissé le choix. Tu l'envies parce qu'il a trouvé une famille en la personne de son parrain et du professeur Lupin mais ce que tu ne sais pas, c'est qu'avant, il n'a jamais eu de famille. Ou alors si, mais une famille qui s'est montré tellement odieuse envers lui qu'on ne peut même pas appeler ça une famille. Alors quand on ne sait pas, Malfoy, on se tait. Maintenant, reprenons notre ronde, si tu le veux bien.
Granger voulut partir devant mais Draco la retint de nouveau.
- Attends...
Granger se retourna.
- Quoi ?
- Je... je suis désolé. Je ne me suis pas rendu compte de ce que je disais. Je ne pouvais pas savoir tout ce que tu viens de me dire.
- Ça c'est sûr, tu n'as jamais cherché à connaître quelqu'un avant de le juger. Mais encore une fois, ce n'est pas à moi que tu dois des excuses, Malfoy. C'est à Harry. Ça n'enlèvera rien de la peine que tu lui as faite mais il appréciera le geste. Surtout qu'il n'attend même pas d'excuses de ta part. Lui, tout ce qu'il veut, c'est que vous mettiez votre haine de côté le temps de travailler ensemble. Ce n'est quand-même pas la mer à boire.
- Je vais faire un effort. Même des efforts. C'est promis, assura Draco.
Granger le regarda un long moment avant de hocher la tête.
- Merci pour lui, dit-elle d'un ton sincère. On ferait mieux d'y aller, on a encore cinq étages à faire.
Il n'y avait plus d'animosité dans sa voix. Elle était redevenue comme d'habitude. Draco préférait ça. Alors qu'ils se remettaient en marche, il repensa à ce qu'il devait lui demander. Il ne pouvait pas rentrer de cette ronde sans lui avoir parlé de Théo. Il décida de faire profil bas.
- Granger ?
- Oui ?
Bon, c'était déjà mieux qu'un «Quoi ?» agressif.
- Je... j'avais quelque chose à te demander. Je comprendrais que tu ne veuilles pas mais... c'est important. Et ce n'est pas pour moi.
Granger s'arrêta. Elle avait l'air perplexe.
- Eh bien je t'écoute. Si je dis «non», au moins tu ne seras pas déçu.
- C'est à propos de Théo. Il est en danger et j'ai besoin de toi pour le protéger.
Granger écarquilla les yeux.
- Quoi ?! Mais... qu'est-ce que tu racontes ?!
- La vérité. Je veux bien t'expliquer mais il faut que tu me promettes de garder ça pour toi.
- Je ne suis pas du genre à ébruiter ce qu'on me confie. Je ne dirai rien, c'est promis, jura à son tour Granger.
Rassuré, Draco lui raconta tout ce qu'elle avait besoin de savoir. Il garda un maximum de choses secrètes, ne souhaitant pas non plus tout lui dévoiler. Mais ce qu'il lui dit suffit à ce qu'elle comprenne l'ampleur de la situation.
- Vous auriez pu m'en parler plus tôt, soupira-t-elle. Mais je comprends que vous ne l'ayez pas fait. Je suis évidemment d'accord pour protéger Théo. Je me rendrai systématiquement avec lui en runes et en arithmancie et je le raccompagnerai à sa salle commune. C'est peut-être une question bête mais... j'imagine qu'aucun professeur n'est au courant ?
- Non. On y a pourtant pensé mais il valait mieux qu'ils n'en sachent rien. À part virer Crabbe et Goyle, ils ne pourraient pas faire grand-chose, de toute façon.
- Je vois. Tu peux compter sur moi, en tout cas.
- Merci.
Granger adressa un signe de tête à Draco puis ils se remirent de nouveau en marche. Ils continuèrent leur ronde et la terminèrent sans avoir eu à sanctionner beaucoup d'élèves. Ils se rendirent ensemble à la Grande Salle pour manger et se séparèrent pour rejoindre leur table respective. Draco fut silencieux durant tout le dîner. Il ne cessait de penser à ce que lui avait dit Granger sur Potter. Il ne voulait pas croire qu'il s'était trompé sur Potter. Granger avait sûrement exagéré les choses. Après tout, elle était la meilleure amie de Potter. C'était normal qu'elle le défende. Mais était-elle vraiment du genre à exagérer ? Même s'il la haïssait, Draco savait bien que non. Raaaah, il ne savait plus quoi en penser ! N'ayant plus faim, il décida de se rendre à son dortoir. Une fois arrivé, il se laissa tomber sur son lit et fixa le plafond. Il ne bougea pas lorsqu'il entendit la porte du dortoir s'ouvrir.
- Draco ? Tu es là ?
C'était la voix de Théo. Draco aurait dû s'en douter. Son ami avait dû voir qu'il était ailleurs durant le repas. Il ne répondit pas mais il savait que Théo avait deviné qu'il était là en voyant ses rideaux fermés.
- Je sais que tu es là, Draco. Je peux venir te voir ?
Draco retint un soupir et donna son accord. Ses rideaux s'ouvrirent alors tout doucement.
- Tu te sens bien, Draco ? demanda Théo, l'air inquiet.
- Oui, oui.
Cette simple réponse ne convainquit évidemment pas Théo qui vint s'asseoir à côté de Draco.
- Tu pensais que j'allais te croire ? J'ai bien vu que tu étais soucieux, tout à l'heure. Ta ronde avec Hermione s'est mal passée ?
- Oui et non. Elle a accepté sans problèmes de te protéger.
- Oh. C'est plutôt une bonne nouvelle, non ? C'était bien ça que tu voulais, non ?
- Oui, mais il n'y a pas que ça. Elle... elle m'a pris la tête au sujet de Potter. Mais elle avait raison. Enfin... je crois. Je ne sais pas, en fait. Je suis un peu paumé.
- Et si tu m'expliquais tout depuis le début, afin que je comprenne mieux l'histoire ? proposa gentiment Théo.
- Tu vas m'en vouloir.
- Je te promets que non.
Draco capitula et raconta à Théo ce qu'il avait dit à Potter deux jours plus tôt.
- Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit ça, avoua Draco, dépité. Je crois que je voulais qu'il souffre autant que moi. Mais il souffrait déjà beaucoup, d'après ce que m'a dit Granger. Sauf que ça, je ne l'ai pas vu. Elle m'a dit qu'il n'avait jamais été heureux dans sa famille. Mais ça me paraît impossible. Il est célèbre depuis son plus jeune âge, il doit forcément être adulé par la famille dans laquelle il a grandi !
- Pas forcément. C'est justement ça le problème, Draco. Tu ne vois pas au-delà des apparences. Tu l'as haï dès votre premier jour passé à Poudlard et depuis tu as nourri cette haine jour après jour. Tu as toujours été jaloux de sa célébrité mais si tu veux mon avis, il n'a jamais voulu devenir célèbre. Du moins, pas comme ça.
- C'est ce que Granger m'a dit, admit Draco, la gorge serrée. Mais il devrait être au contraire heureux d'être connu du monde entier !
- Tu crois vraiment ça ? Mais enfin Draco, il est célèbre parce qu'il a survécu à l'Avada lancé par l'assassin de ses parents ! Il n'avait qu'un an lorsqu'il s'est retrouvé orphelin ! Il n'a presque jamais connu ses parents ! Tu aimerais être célèbre pour ça, toi ?
Draco fixa bêtement son ami en clignant plusieurs fois des yeux. Il n'avait jamais vu les choses sous cet angle. Aveuglé par sa jalousie et sa haine, il n'avait jamais réfléchi à ça.
- Non, murmura-t-il. Mais sa famille...
- Elle ne l'a jamais aimé, répondit fermement Théo. On a un peu discuté, samedi, quand j'ai profité de la retenue de Crabbe et de Goyle pour sortir du château. En une phrase, il m'a fait comprendre beaucoup de choses. Il m'a dit qu'il avait grandi dans une famille très intolérante en mimant des guillemets avec ses doigts lorsqu'il a prononcé le mot «famille». Et que l'intolérance de cette famille ne l'avait pas aidé à faire confiance aux autres. Tu crois vraiment qu'on peut être heureux dans de telles conditions ?
- Non, répéta Draco.
- Et puis, lors de la troisième tâche du Tournoi des Trois Sorciers, il...
- Il a vu Diggory se faire tuer, oui, je sais. Granger me l'a rappelé.
- Et il ne voulait pas lâcher son corps quand il est revenu par Portoloin. Il ne voulait pas qu'on l'en sépare. Il était détruit, à ce moment-là. Ça n'a pas été une partie de plaisir pour lui, ce qui s'est passé quand il était avec Tu-Sais-Qui. Il a failli se faire tuer lui aussi, je te signale. Il n'a fait que se défendre. Si on t'avait lancé un Avada, est-ce que tu aurais laissé le sort te frapper sans rien faire ?
- Non, dit Draco pour la troisième fois.
- Alors tu ne peux pas en vouloir à Harry d'avoir riposté. Il a juste sauvé sa propre vie en retournant le sort contre Tu-Sais-Qui. À cet instant précis il ne s'est pas dit «Chouette, les Mangemorts vont se retrouver en cavale et vont passer le restant de leur vie à Azkaban lorsqu'ils se feront attraper. Et tant pis pour leurs enfants qui vont se retrouver sans père». Il n'a pas eu le temps de penser à ça.
Draco se sentait nauséeux. Il prenait enfin pleinement conscience d'à quel point il avait été injuste envers Potter. Il s'était lourdement trompé à son sujet. Et ce, depuis qu'il connaissait son existence. Il devait se rattraper, à présent. Il devait s'excuser et essayer d'arranger les choses. Si Potter acceptait sa présence, Draco était prêt à travailler avec lui.
- Je vais lui présenter mes excuses, déclara-t-il. Et je vais tenter d'arrondir les angles. Je ne sais juste pas comment je vais m'y prendre.
- Retiens-le demain à la fin des cours. Ou essaie de le trouver dans la matinée. On commence à onze heures, il va peut-être se promener un peu dans le château.
- Je vais voir. Merci pour le conseil. Sinon, toi, comment ça s'est passé avec Finch-Fletchley ? Tu devais lui parler, ce matin, je crois ?
Draco vit Théo se renfrogner.
- Oui mais ça n'a pas été très concluant.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Il n'a rien voulu entendre. Ça m'a tellement énervé que je n'ai pas été très gentil avec lui. Je ne l'ai pas insulté ni rien mais... je l'ai un peu envoyé balader. Je dois me faire une raison : il n'acceptera jamais de me faire confiance.
- Ne dis pas ça. Si moi, j'ai réussi à changer d'avis sur Potter, alors il peut y arriver aussi. Mais il va falloir que quelqu'un lui parle. Laisse-moi m'en occuper, d'accord ? Je crois que j'ai une idée.
Théo sembla hésiter un moment avant de céder :
- D'accord. Je te fais confiance. Mais concentre-toi en priorité sur ton binôme. Le mien attendra.
- Pour moi c'est presque résolu. C'est à moi de faire des efforts et je vais en faire. Potter acceptera de me donner une chance, surtout si je lui dis que je suis prêt à travailler avec lui. C'est en partie grâce à toi si j'ai ouvert les yeux sur lui, alors maintenant c'est à mon tour de t'aider.
Théo sourit.
- C'est adorable. De toute façon, au point où on en est, tu ne pourras faire que mieux. Bon, je vais avancer dans mes devoirs.
- D'accord, travaille bien.
Théo le remercia et alla rejoindre son propre lit qui était juste à côté de celui de Draco. Celui-ci soupira, se rallongea et fixa de nouveau le plafond. Il espérait vraiment que les choses s'arrangeraient entre Potter et lui. Mais il devait également aider Théo. Et Draco comptait bien faire d'une pierre deux coups.
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(jeudi 14/09) POV Harry
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Depuis la rentrée, les cours passaient très vite. Il y avait tellement de choses à noter que Harry ne voyait pas le temps passer. Mais là, la dernière heure de cours de la journée était en train de battre tous les records. Bon, déjà, c'était de la métamorphose. Les cours passaient toujours vite dans cette matière. Mais ce qui faisait accélérer le temps selon Harry, c'était qu'il n'avait justement pas hâte que le cours se termine. Car Malfoy voulait lui parler, il le lui avait dit pendant le cours en lui faisant passer un bout de parchemin. Mais Harry, lui, n'était pas sûr de vouloir discuter avec Malfoy. Ou, plutôt, il avait peur que cela ne tourne une fois de plus au vinaigre. Malfoy n'avait pourtant pas l'air de vouloir lui chercher des noises. Depuis le début de la journée, il était même différent des autres jours. Il lui avait carrément dit «Bonjour, Potter» lorsqu'il s'était assis à sa table en cours de Défense Contre les Forces du Mal. Harry craignait cependant que cette attitude ne cache quelque chose. Cela ne ressemblait pas du tout à Malfoy. Harry préférait se méfier plutôt que tomber bêtement dans un piège. Mais il allait quand-même lui donner une chance. À la fin du cours, alors que tous les élèves s'en allaient, Harry se tourna vers Malfoy :
- Où veux-tu aller ?
- J'aimerais qu'on fasse notre devoir de sortilèges. Donc le plus simple serait qu'on aille à la salle des binômes.
Harry était quelque peu surpris par la volonté de Malfoy de vouloir travailler avec lui mais il n'en montra rien.
- D'accord, allons-y.
Harry rangea ses affaires et suivit Malfoy. En sortant de la salle, il croisa le regard inquiet de Remus. Harry lui adressa un sourire afin de le rassurer. Malfoy et lui se rendirent à la salle des binômes qui était déjà un peu remplie. Ils s'assirent à une table libre et sortirent leurs affaires. Alors que Harry cherchait la bonne page dans le manuel, il fut distrait par un raclement de gorge de la part de Malfoy. Il se tourna vers le Serpentard.
- Potter, je... je voulais m'excuser pour ce que je t'ai dit il y a trois jours. Je n'aurais pas dû. Je ne pense plus rien de tout ça. J'étais en colère et j'ai voulu te faire payer alors que tu n'y étais pour rien.
Cette fois, Harry ne put cacher son étonnement. Mais cela renforça aussi des doutes. Malfoy était-il sérieux ? Ou bien essayait-il d'endormir sa méfiance ? Il essaya de se raisonner. Malfoy ne lui avait jamais fait ce genre de coup. Il n'avait jamais été hypocrite envers lui. Il lui avait toujours dit ce qu'il pensait de lui. Ce n'était pas son genre de lui présenter des excuses pour lui faire un coup par-derrière. Mais le doute subsistait toujours. Malfoy n'était pas digne de confiance. Mais il avait pourtant l'air sincère... Harry décida donc de le croire mais tout en restant sur ses gardes.
- Ravi que tu l'aies compris, finit-il par répondre.
- Je voulais aussi te dire, par rapport à Théo... Je sais que tu es honnête avec lui. Il t'apprécie beaucoup, tu sais. Mais il est fragile alors j'ai un peu tendance à le surprotéger.
Harry haussa les sourcils. Il ne s'attendait pas à ça.
- Je ne lui ferai pas de mal, c'est promis, jura-t-il.
- Je sais. Je te crois. Tu l'apprécies aussi, n'est-ce pas ?
- Euh... oui. Disons qu'on s'entend bien.
- C'est ce que j'ai cru comprendre. Tu dois donc savoir qu'il a des problèmes avec son binôme ? J'imagine que vous en avez un peu parlé ?
- En effet. Mais pourquoi me poses-tu toutes ces questions ? Où veux-tu en venir, au juste ?
- Je me disais que tu serais peut-être d'accord pour l'aider.
Harry regarda Malfoy, perplexe.
- Oui, je le ferais si je le pouvais. Mais que veux-tu que je fasse, concrètement ? Que je mette Justin sous Imperium pour qu'il accepte de faire confiance à Théo ?
- Non, mais tu pourrais peut-être lui parler.
- À qui ?
- À Finch-Fletchley.
- Je ne vois pas ce que ça changerait. Il ne me croira pas plus que Théo.
- Je pense que si. Il t'a bien soupçonné à deux reprises d'être coupable de quelque chose alors que tu étais innocent ?
- Oui, admit Harry à contrecoeur.
- Eh bien tu peux te servir de cet argument en lui disant qu'il est en train de faire la même erreur avec Théo. Finch-Fletchley le juge sans le connaître, comme il l'a fait avec toi.
Harry resta pensif quelques secondes. Ce n'était pas bête du tout, ce que disait Malfoy.
- Je veux bien essayer. Je ne te promets pas d'arriver à faire changer d'avis Justin mais je vais faire de mon mieux.
- Merci. Tu ne pourras pas faire pire que mieux, de toute façon, lâcha Malfoy.
- C'est une façon optimiste de voir les choses. Est-ce qu'on peut se remettre au devoir ?
- Oui, bien sûr.
- Est-ce que tu as un peu avancé dessus ?
- Euh... pas vraiment, avoua Malfoy.
- Bon, on va commencer par déblayer le sujet, dans ce cas.
- C'est quoi, déjà, l'intitulé ?
- C'est le sortilège de découpe. Il n'y a pas d'intitulé particulier. Il faut juste faire un devoir sur ce sort.
- Ça va être pratique si on n'a même pas d'axe d'étude...
- C'est le premier devoir, le professeur Black veut juste voir notre niveau à l'écrit. Du coup il nous laisse le champ libre, expliqua Harry.
- Ouh là, c'est un peu trop compliqué pour moi. Enfin, je veux dire, il est dix-sept heures, je n'ai pas trop envie de me prendre la tête avec un devoir pareil... Ça te dérange si on voit ça demain, plutôt ?
- Demain on a sept heures de cours et on finit aussi à dix-sept heures.
- Oui mais je serai peut-être davantage motivé.
- Pourtant c'est toi qui a demandé à ce qu'on vienne ici pour travailler, lâcha Harry. Au lieu de ça tu me présentes tes excuses, tu me parles de Théo et...
Harry s'arrêta en pleine phrase. Tout venait de faire sens dans son esprit. Malfoy n'avait jamais eu l'intention de travailler sur le devoir de sortilèges. Il l'avait simplement emmené ici pour qu'ils puissent discuter tranquillement. Et si Malfoy s'était excusé auprès de lui, c'était juste pour le mettre en confiance afin que Harry accepte de parler à Justin pour aider Théo. Malfoy s'était servi de lui. Il l'avait manipulé. Harry se sentit affreusement trahi. Et affreusement bête, aussi. Il avait cru comme un idiot aux excuses de Malfoy alors qu'il s'était pourtant méfié de lui au départ !
- Bien joué, Malfoy, dit-il, amer. Tu m'as bien eu. J'aurais dû me douter qu'il y avait anguille sous roche mais non, j'ai plongé tête la première dans ton piège. Ça a bien dû te faire rire, hein ? Mais tu vois, au fond, je comprends pourquoi tu as fait ça. Tu t'es dit que me rouler dans la farine, c'était le seul moyen que tu avais pour me convaincre d'aider Théo. Tu as de la chance que j'apprécie vraiment Théo. Parce que je vais quand-même l'aider, malgré le coup que tu viens de me faire. Mais c'est uniquement pour lui que je le fais. Maintenant que tu n'as plus besoin de moi, je vais y aller. Quant au devoir de sortilèges, je te laisserai expliquer au professeur Black pourquoi nous rendrons deux devoirs différents.
Harry rangea ses affaires qu'il fourra pêle-mêle dans son sac et quitta la salle des binômes d'un pas rageur. Alors qu'il se rendait à sa salle commune, il ressentit le besoin de voir Adrian. Mais il ne savait absolument pas où le trouver. Il décida d'aller voir du côté de la salle commune des Serpentard. Il n'avait pas l'intention d'y accéder – de toute façon, il ne pouvait pas – mais il pouvait peut-être le croiser. C'était bientôt l'heure de dîner, il y avait donc des chances qu'Adrian soit dans sa salle commune et qu'il en sorte pour aller manger... Il se rendit donc aux sous-sols mais sans avoir vraiment d'espoirs. Il s'arrêta à une dizaine de mètres de la salle commune et attendit. Si des Serpentard lui demandaient ce qu'il faisait là, il n'aurait qu'à prétendre qu'il voulait parler à Malfoy. Comme il était son binôme, personne ne se poserait de questions. Harry n'aurait aucun scrupule à mentir. Après tout, ce ne serait qu'un juste retour de bâton. Harry allait se servir de Malfoy comme ce dernier l'avait fait avec lui.
Plusieurs Serpentard passèrent devant lui mais aucun ne lui demanda la raison de sa présence près de leur salle commune. Cela leur semblait presque normal, en fait. Harry se dit qu'ils devaient avoir l'habitude de voir des binômes de leurs camarades de maison défiler dans leur antre. Il commençait à perdre vraiment espoir lorsqu'il vit Adrian sortir de la salle commune. Son coeur se réchauffa aussitôt alors qu'un sourire bête étirait ses lèvres. Adrian ne parut pas surpris de le voir et s'approcha directement de lui en souriant lui aussi.
- J'ai entendu dire par certains de mes camarades de maison que Harry Potter traînait près de notre salle commune. J'ai voulu venir voir si c'était vrai.
Harry se sentit rougir comme un idiot. Adrian éclata de rire et lui vola un léger baiser qui le fit rougir encore plus.
- On va à notre repaire secret ? proposa Adrian.
- Avec grand plaisir.
- Suis-moi, on va prendre un chemin pour ne pas se faire repérer.
Harry ne se posa pas de questions et suivit Adrian. Le chemin qu'ils prirent était un peu long mais ils finirent par arriver à la Salle sur Demande dans laquelle ils entrèrent. Adrian le plaqua doucement contre le mur et s'empara de ses lèvres. Harry soupira et répondit sans attendre au baiser. Ils s'embrassèrent pendant de longues minutes, profitant pleinement de ce moment imprévu. Leurs lèvres se décollèrent mais leurs visages restèrent proches l'un de l'autre.
- Tout sera beaucoup plus simple quand on vivra notre histoire au grand jour, fit remarquer Adrian.
- Je sais mais... je préfère attendre encore un peu.
- Je ne dis pas ça pour te presser, je te laisserai tout le temps qu'il te faudra...
- Non mais tu as raison, moi aussi j'ai hâte de pouvoir te retrouver sans me cacher. Mais je n'ai jamais vécu au grand jour mes relations, il n'y a que quelques personnes qui savent que je suis gay, alors j'ai un peu peur des réactions.
- Je comprends, dit doucement Adrian. On se montrera uniquement quand tu seras prêt.
- Ça ne te fait pas peur, toi ?
Adrian sourit.
- Je crois qu'il y a déjà beaucoup de monde qui sait que je suis gay. Je n'ai jamais caché mes relations passées. Ça a dû faire du bruit quand je me suis affiché avec mon premier petit-ami mais tu n'en as peut-être pas entendu parler.
- En effet. Je ne fais pas attention aux ragots, en fait, avoua Harry.
- Tu as bien raison. Mais dis-moi, comment as-tu fait pour garder tes anciennes relations secrètes ?
Harry remarqua avec soulagement qu'Adrian n'avait pas l'air jaloux.
- On faisait hyper attention. Je n'ai eu que deux petits-amis avant toi. Le premier était un Gryffondor donc c'était assez facile de se retrouver sans attirer l'attention des autres. Et comme c'était mon capitaine, je pouvais rester avec lui après les entraînements sans éveiller les soupçons.
- Malin, commenta Adrian, l'air amusé. C'était bien pratique pour vous. Et avec ton deuxième petit-ami ? Comment avez-vous fait ?
- Je préfère ne pas en parler, dit Harry en se crispant. Ce n'est pas contre toi, c'est juste que je veux oublier cette histoire.
Adrian fronça les sourcils.
- Il t'a fait du mal ?
- Non, pas du tout. Il a toujours été respectueux envers moi, tu n'as pas à t'en faire pour ça.
Le visage d'Adrian se détendit.
- D'accord, tant mieux. C'est tout ce qui compte pour moi. Si jamais un de ces deux garçons t'avait fait du mal, crois-moi, il aurait eu affaire à moi !
Le coeur de Harry se serra. Il essaya de chasser le sentiment de tristesse qui l'envahit. Il ne devait pas être triste. Pas alors qu'il était avec Adrian.
- Et si on arrêtait de parler de mes ex ? dit-il en souriant. Je préfère qu'on parle de nous. Ou que tu m'embrasses.
- Là, tout de suite, j'ai très envie de la deuxième option.
Le sourire de Harry eut juste le temps de s'élargir avant que ses lèvres ne soient de nouveau prises d'assaut par celles d'Adrian. Ils s'embrassèrent ainsi un long moment, puis ils s'installèrent sur un canapé qu'Adrian invoqua. Ils se racontèrent leur journée jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller dîner. Ils se séparèrent à contrecoeur mais se promirent de se retrouver le lendemain, même heure, même endroit.
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(vendredi 15/09) POV Ginny
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Ginny était de bonne humeur. La semaine était enfin terminée, elle allait avoir deux jours de repos bien mérités. Elle bénissait le vendredi où elle finissait les cours à midi. Bon, elle n'avait pas tout à fait fini de travailler puisqu'elle allait faire ses devoirs avec son binôme. Ils avaient six heures devant eux, ils comptaient bien en profiter pour faire au moins deux devoirs. Surtout qu'ils avaient chacun avancé de leur côté. Ils avaient vraiment un rythme de travail intéressant. Ils s'entendaient toujours aussi bien et ils n'avaient aucun mal à se répartir les tâches. Ils étaient efficaces et ce n'était pas du tout une corvée pour eux de se retrouver pour travailler.
Après avoir déjeuné, Ginny se rendit donc à la salle des binômes. Comme le vendredi précédent, elle était relativement vide puisque les troisième et cinquième année étaient en cours. Elle s'installa à une table libre et n'eut pas à attendre longtemps avant que Simon ne vienne la rejoindre.
- Salut ! Enfin, re-bonjour, plutôt. Je suis allé chercher des sucreries dans mon dortoir, tu en veux ?
- Merci mais je viens de manger, dit Ginny en grimaçant.
- Ah... Plus tard, alors ?
- Au goûter ? plaisanta Ginny. Ça me va.
Elle ne savait pas comment faisait Simon pour avoir encore de l'appétit après avoir déjeuné. Il mangeait comme quatre et pourtant, il était fin comme un piquet. Il lui faisait penser à Fred et George. Eux aussi s'empiffraient tout en restant très minces. Mais cela ne les empêchait pas d'être assez forts pour envoyer des cognards d'un bout du terrain de Quidditch à l'autre. De vrais cognards humains, comme on les appelait. Elle ressentit un frisson d'excitation en songeant que les sélections avaient lieu le surlendemain. Elle avait tellement hâte d'y être ! Et au moins, elle pourrait planifier ses séances de travail avec Simon. Une question lui vint soudain à l'esprit.
- Au fait, tu te présentes pour quel poste ?
Simon haussa un sourcil.
- C'est vrai ça, dit-il après un temps de réflexion. On a beaucoup parlé des sélections de Quidditch et on ne s'est même pas demandés sur quel poste on lorgnait. Je vise le poste d'attrapeur, et toi ?
- Pareil. Mais en tant que remplaçante. Ce serait illusoire pour moi de prétendre au poste de titulaire. De toute façon ça ne m'intéresse pas. Je préfère largement être remplaçante. Il y a moins de pression.
- Tout à fait d'accord. Je vise aussi le poste de remplaçant, à vrai dire. Les postes ont beau être remis en jeu chaque année, toi et moi savons très bien que l'attrapeur en titre de nos maisons respectives vont garder leur place.
- Nous sommes voués à rester des remplaçants jusqu'à ce qu'ils quittent Poudlard, quelle tristesse, plaisanta Ginny. Mais j'espère qu'ils ne devront pas se faire remplacer en même temps ! Je n'ai pas du tout envie qu'on se retrouve en compétition. Évidemment, s'il le faut, on jouera l'un contre l'autre mais si on peut éviter...
- Nos attrapeurs n'ont jamais eu à se faire remplacer jusque-là. Enfin, je crois.
- Je crois aussi. Qu'ils gardent leur tête, leurs bras et leurs deux jambes, dans ce cas. Bon, par quoi veux-tu commencer ?
- Le devoir d'histoire de la magie ?
Ginny grimaça. Simon éclata de rire.
- Allez, Ginny, il faut bien s'y mettre à un moment ! Tu me fais le coup à chaque fois qu'on se voit. Ce n'est pas comme ça qu'il va avancer.
- Justement, je n'ai rien fait dessus encore. Je me suis concentrée sur les autres devoirs. Je n'ai rien fait du tout sur celui d'histoire de la magie.
- Moi non plus, si ça peut te rassurer. Mais on sera peut-être davantage motivés à deux que tout seuls.
- Ça se peut, oui. Allez, tu as raison, on s'y met.
Ce fut ainsi que Ginny et Simon se mirent à leur devoir d'histoire de la magie. Même si le nouveau professeur rendait la matière bien plus agréable qu'avant, il n'en restait pas moins que certains sujets étaient vraiment barbants. La persécution des sorcières et des sorciers ne passionnait pas des masses Ginny. Mais Simon avait vu juste : elle était bien plus motivée lorsqu'elle était avec lui. C'était surtout moins déprimant. Ils passèrent trois heures à relever toutes les informations qu'ils trouvèrent dans leurs cours ainsi que dans leur manuel et ils purent déjà bien avancer sur ce devoir. Vers seize heures quarante-cinq, ils commencèrent à être en manque de contenu. Ils relurent leurs cours mais ne trouvèrent rien à ajouter. De plus, peu après dix-sept heures, la concentration de Ginny fut mise à rude épreuve. Elle vit d'abord arriver son frère, puis Harry – qui était tout seul – puis Hermione, puis Zabini. Pourquoi fallait-il qu'elle ait un frère, son meilleur ami, sa meilleure amie et un garçon qui l'agaçait autant qui l'attirait dans la même classe ?! Ce n'était pas bon du tout pour sa concentration. Bon, si elle devait être honnête avec elle-même, il n'y avait qu'une seule personne parmi les quatre qui retenait vraiment son attention. Inutile de se demander qui. Même si elle avait été blessée par son attitude une semaine plus tôt, elle restait attirée par lui. Et puis elle ne savait pas si c'était le fruit de son imagination mais elle sentait parfois qu'il la regardait. Il lui avait même souri, une fois, lorsque leurs regards s'étaient croisés. Elle s'était sentie rougir comme une idiote et avait aussitôt tourné la tête. Elle ne comprenait pas pourquoi il la mettait dans de tels états alors qu'elle n'avait jamais été gênée avec Michaël. Mais était-ce comparable ? Non, pour elle cela n'avait rien à voir. Elle n'était pas tombée sous le charme de Michaël comme elle était tombée sous celui de Zabini.
- Ginny ? Tu es avec moi ?
La voix de Simon la fit sursauter. Elle leva la tête vers lui et lui sourit.
- Excuse-moi, j'étais perdue dans mes pensées.
- Tu es distraite, depuis un moment. Est-ce que ça va ?
- Mais oui, ne t'en fais pas, il faut juste que je me recentre.
- Si tu veux qu'on arrête pour aujourd'hui tu peux me le dire, on a déjà bien travaillé.
- Non, j'aimerais au moins terminer notre première partie.
- Bon, comme tu veux. Mais on ne trouvera plus rien dans nos cours ni dans le manuel. Je vais aller chercher des livres à la bibliothèque, je reviens. Mange des bonbons, en attendant. Ça se trouve tu manques juste de sucre.
Simon se leva et s'en alla alors que Ginny secouait la tête, amusée. Elle prit le sachet de bonbons et en mangea quelques-uns. Elle ne savait pas si c'était vraiment efficace pour la concentration mais en tout cas, ils étaient très bons. Alors qu'elle relisait une énième fois son cours, elle vit Ron sortir lui aussi de la salle mais sans son sac. Nul doute qu'il allait également chercher quelques livres. Ce n'était guère pratique de ne pas pouvoir travailler avec son binôme à la bibliothèque. Mais elle devait avouer que c'était plutôt agréable de faire une pause de quelques minutes pour partir chercher un ouvrage et revenir ensuite. Elle avait presque fini de revoir son cours lorsqu'elle s'étouffa soudain avec un bonbon. Elle voulut tousser pour l'expulser mais il était coincé. Elle entendit quelqu'un se précipiter vers elle mais elle n'eut pas le temps de voir qui c'était puisque la personne la força à se lever avant de la pencher légèrement en avant. Elle reçut ensuite plusieurs claques dans le dos. Au bout de trois claques, elle parvint à tousser et à expulser le maudit bonbon coupable de son étouffement. Elle reprit son souffle et retrouva peu à peu une respiration normale. Non mais quelle bêtise, franchement ! Elle se retourna et s'aperçut que son sauveur n'était nul autre que le Serpentard qui lui faisait tourner la tête. Il la regardait avec un air quelque peu inquiet.
- Ça va ?
- Oui oui, j'ai juste eu peur. Merci de m'avoir aidée. Je ne sais pas d'où tu tiens ces réflexes mais ça a été très utile.
- Tu n'as pas à me remercier, voyons. Je n'allais pas te laisser t'étouffer sans rien faire. Par contre tu es un peu rouge.
- C'est parce que j'ai chaud.
- Tu veux qu'on aille prendre l'air ?
Tout en posant cette question, Zabini posa doucement sa main sur le bras de Ginny. C'était un geste tout à fait innocent mais cela lui envoya plein de papillons dans le ventre. Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, une voix cria soudain :
- Petrificus Totalus !
Le corps de Blaise se raidit avant qu'il ne tombe par terre. Ginny se retourna et vit que c'était Ron qui avait lancé le sort.
- Non mais ça va pas ?! hurla-t-elle. Qu'est-ce qui t'a pris de lui jeter ce sort ?!
- Il n'avait pas à être aussi proche de toi ! Je m'en vais cinq minutes et lui il en profite pour venir te draguer ! C'est inadmissible comme comportement !
- Mais il m'a sauvée espèce d'abruti ! J'étais en train de m'étouffer et il m'a aidée ! Il était juste en train de s'assurer que j'allais bien !
- Ça lui donnait le droit d'être aussi proche de toi et d'avoir sa main sur ton bras ?!
- Mais il ne faisait rien de mal ! C'est toi qui a des idées et un esprit tordus ! Au lieu de surveiller les garçons qui osent commettre le crime de m'approcher, trouve-toi une copine, ça t'occupera ! Mais avant tu vas libérer Blaise du sort que tu lui as lancé !
Ginny et Ron s'affrontèrent du regard pendant quelques secondes avant que Ron ne se décide à libérer le Serpentard du Maléfice du Saucisson.
- Tu n'as pas intérêt à t'approcher une fois de plus de ma soeur sinon tu vas le regretter, cracha Ron.
Il partit sous le regard médusé de tous les élèves présents dans la salle. Ginny, elle, était à la fois choquée, déçue et en colère. Mais c'était surtout la colère qui dominait. Elle se tourna vers Blaise qui, lui, avait l'air courroucé.
- Je suis désolée, je ne m'attendais pas à ce qu'il débarque et à ce qu'il t'agresse comme ça...
- Tu n'as pas à t'excuser pour les agissements de ton frère. Il est responsable de ses actes.
- Je sais mais j'ai honte. C'est dans ces moments-là que j'aimerais ne plus avoir mes frères à Poudlard. Ron n'avait pas à se mêler de ma vie privée comme il vient de le faire.
- Je crois que tu as bien mis les choses au clair avec lui. Il ne devrait pas recommencer de sitôt.
- Je l'espère.
Ginny voulut ajouter quelque chose mais en regardant machinalement par-dessus l'épaule de Blaise, elle vit la partenaire de travail de celui-ci qui semblait commencer à s'impatienter.
- Tu devrais rejoindre Kellah. Elle t'attend.
- Oh oui, c'est vrai... C'est dommage, je serais bien resté plus longtemps avec toi. Maintenant que ton frère est parti... Au revoir, Ginny.
Blaise adressa un sourire à Ginny avant de retourner s'asseoir en face de son binôme. Ginny resta plantée debout pendant une bonne minute, troublée par les derniers mots du Serpentard. Elle finit cependant par reprendre ses esprits et alla se rasseoir à sa propre table. Simon revint quelques minutes plus tard avec cinq gros livres dans les bras.
- J'en ai peut-être ramené plus que nécessaire mais au moins, on a de quoi remplir notre devoir.
Ginny sourit. Elle reconnaissait bien là Simon.
- Tu voudras emmener quelques livres avec toi ou tu préfères que je les garde tous ?
- Je peux en prendre deux, afin de t'éviter de remonter à ton dortoir avec ces cinq gros livres. Mais je ne suis pas sûre de les lire ce soir.
- Oh, tu n'es pas obligée de les lire tout de suite. Moi-même je vais sûrement attendre un peu. Sinon je vais faire une overdose d'histoire de la magie. D'ailleurs je te propose qu'on s'arrête là. On a vraiment bien avancé et puis je pense que la concentration est déjà partie en week-end, elle.
Ginny se mit à rire.
- C'est vrai. Je crois qu'on a trop travaillé pour aujourd'hui. On se revoit demain, du coup ?
- À quatorze heures ?
- Ça marche.
Ginny et Simon rangèrent leurs affaires et prirent respectivement deux et trois livres. En quittant la salle avec son binôme, Ginny adressa un signe de la main à Blaise qui lui répondit. Simon et elle se séparèrent afin de se rendre chacun à leur dortoir. Alors qu'elle se dirigeait vers sa salle commune, Ginny s'aperçut que Zabini était devenu Blaise dans son esprit. Cela la troubla légèrement. Elle ne savait pas trop ce que cela signifiait. Et elle n'avait pas vraiment envie de se poser de questions. Elle voulait juste oublier cette fin d'après-midi qui avait été un peu trop riche en émotions. Elle se sentait un peu fatiguée, d'ailleurs. Il valait mieux qu'elle se repose un peu avant d'aller dîner. Les sélections avaient lieu deux jours plus tard et il fallait qu'elle soit le plus en forme possible pour montrer à tous ce dont elle était capable.
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Au même moment, POV Draco
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Draco était tranquillement en train de lire un livre après sa longue journée de cours quand Blaise entra en furie dans le dortoir.
- Il est complètement malade ce crétin de Weasley ! Il faut qu'il aille se faire soigner, c'est pas possible !
Draco haussa un sourcil. Ce n'était pas dans l'habitude de Blaise de critiquer qui que ce soit. Même un Weasley. Enfin, récemment, il entendait plutôt parler de la fille Weasley. Mais pas en mal. Plutôt le contraire. C'était donc assez surprenant d'entendre Blaise vociférer contre un de ses camarades. Ce dernier passa à travers les rideaux de Draco et s'assit au bout du lit.
- Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda Draco, mi-perplexe, mi-amusé.
- Il m'a attaqué !
- Quoi ?!
Draco n'avait plus du tout envie de rire.
- Mais qu'est-ce qu'il lui a pris ?!
- Je venais de sauver Ginny qui s'étouffait, j'étais en train de lui demander si ça allait bien, j'étais un tout petit peu trop proche d'elle selon son crétin de frère et il m'a lancé un Petrificus Totalus.
- Mais il est fou, lâcha Draco, sonné. Il n'a pas le droit de faire ça ! Il est préfet, en plus ! C'est à lui de donner l'exemple ! Et au lieu de ça il agresse un de ses camarades sans raison valable ! Je ne sais pas ce qui me retient d'aller lui mettre mon poing dans sa figure !
- Ton statut de préfet, je pense. Toi aussi tu dois montrer l'exemple.
- Il ne va pas s'en tirer comme ça pour autant. Mais il a dû te voir sauver sa soeur, pourtant ?
- Non, justement. À ce moment-là il n'était pas dans la salle des binômes. Il était parti chercher des livres, je crois. Il est revenu quand j'ai proposé à Ginny d'aller prendre l'air. J'avais une main sur son bras et ça ne lui a pas plu. Et je devais être trop proche d'elle d'un demi millimètre.
- Et personne n'est intervenu ? Ça n'a perturbé personne qu'il y ait un élève pétrifié par terre ?!
- Visiblement, non. Mais Ginny était en train de se disputer avec son frère, du coup je pense que personne n'a osé intervenir. Et puis Ginny a réussi à convaincre son frère de me libérer du maléfice. Il est parti juste après. Devant Ginny j'ai fait genre «C'est pas grave, tu l'as bien remis à sa place, il ne va sûrement pas recommencer» mais en vrai j'avais la haine contre lui.
- Je comprends tout à fait, grimaça Draco. Il mérite d'être puni pour ce qu'il a fait. Il a agressé un élève, quoi ! Alors qu'il est préfet ! Je devrais en parler à un des directeurs de maison.
- Ça n'en vaut pas la peine. Il m'a juste pétrifié. Il ne m'a rien fait de mal, en soi.
- Ce n'est pas une raison. Mais bon, je vais laisser passer pour cette fois. Mais s'il recommence, là je serai beaucoup moins indulgent.
- D'accord, on fait comme ça. Sinon tu ne m'as pas dit comment ça s'était passé avec Potter, hier.
Draco se renfrogna.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
Blaise fronça les sourcils.
- Ça s'est mal passé ?
Draco soupira.
- J'ai fait l'idiot. Je voulais à tout prix aider Théo avec son binôme et ça s'est retourné contre moi.
- Comment ça ?
- Je me suis dit que Potter serait la meilleure personne pour parler à Finch-Fletchley. Parce qu'il a été dans la même situation que Théo. À deux reprises. Il s'est fait injustement accuser par Finch-Fletchley alors qu'il était innocent. Je voulais donc convaincre Potter d'aller lui parler. Pour cela, j'avais besoin de le mettre dans de bonnes conditions. Je lui ai fait croire que j'étais prêt à travailler sur le devoir de sortilèges et je lui ai présenté mes excuses. Puis je lui ai parlé de Théo. Comme Potter l'apprécie beaucoup, ça n'a pas été difficile de le convaincre de l'aider. Tout se passait bien jusqu'à ce qu'il reparle du devoir. Il voulait qu'on s'y mette sauf qu'il a vite compris qu'en réalité, je n'ai jamais eu l'intention de le faire là, tout de suite, maintenant. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'il comprenne mes véritables intentions. Il était hyper blessé. Je m'en suis mordu les doigts. J'étais content d'avoir pu arranger les choses avec lui, j'avais vraiment été sincère dans mes excuses et j'ai tout foutu en l'air. Je n'aurais pas dû jouer avec lui comme ça. Je suis en train de réaliser à quel point je me suis trompé à son sujet. Granger et Théo me l'ont bien fait comprendre. Je me rends compte que c'est quelqu'un d'hyper sensible et moi, tout ce que je trouve à faire, c'est jouer avec ses sentiments et sa naïveté... Je me dégoûte. Aujourd'hui j'ai vraiment envie d'apaiser les tensions avec lui et je suis trop stupide pour y arriver. Je suis vraiment un cas désespéré.
- Non, ne dis pas ça. Tu as déjà fait de gros progrès, tu commences à voir Potter sous un nouveau jour et ça, ce n'était pas gagné. Mais ce n'est pas en restant affalé sur ton lit que tu vas régler cette histoire. Il faut que tu te bouges. C'est toi qui est en tort alors c'est à toi d'aller vers lui. Et si j'étais toi, j'irais le voir tout de suite.
- Je ne sais pas où il est.
- Aux dernières nouvelles, il était dans la salle des binômes.
Draco regarda Blaise, perplexe.
- Qu'est-ce qu'il faisait là-bas sans moi ?
- Il accompagnait sûrement ses amis mais il a dû en profiter pour travailler, lui aussi.
Draco sentit de nouveau la culpabilité l'envahir. Potter était en train de se taper tout le boulot tout seul. Draco ne pouvait pas laisser les choses continuer ainsi.
- Je vais aller le voir.
- Bien, te voilà redevenu raisonnable. Au fait, il est où, Théo ?
- Ici, il se repose. Tu n'as pas vu ses rideaux fermés en arrivant ?
- Euh... non. J'étais trop occupé à beugler, je crois. Il va bien ?
- Oui, oui, il est simplement un peu fatigué. Il ne mange pas beaucoup, il a trente heures de cours par jour à cause de toutes ses options alors évidemment, il est légèrement épuisé le soir, surtout en fin de semaine.
- Il va falloir remédier à ça.
- Laisse-le dormir, pour l'instant. Allez, j'y vais, à tout à l'heure.
Draco sortit du dortoir et se dirigea vers la salle des binômes. Lorsqu'il arriva, il fut soulagé de voir que Potter était encore là. Il le rejoignit et s'assit en face de lui. Potter leva la tête, surpris. Ne souhaitant pas que quiconque les entende, Draco lança le sort de silence autour d'eux. Puis il s'adressa au Gryffondor.
- Potter, je sais que tu m'en veux mais je n'ai pas voulu que ça se passe comme ça. Je l'avoue, j'ai cherché à endormir ta méfiance et j'ai joué sur tes sentiments pour que tu acceptes d'aider Théo mais j'étais sincère quand je me suis excusé. Je voulais vraiment qu'on reparte sur de nouvelles bases, toi et moi. J'ai compris que je faisais fausse route à ton sujet et c'est en grande partie grâce à Granger et Théo. Je n'ai pas l'habitude de m'excuser, tu sais. Je ne le fais sincèrement qu'envers mes amis et celui qui est responsable de moi. Sinon je m'excuse juste parce qu'il le faut. Avec toi ce n'est pas le cas. J'étais sincère. Je m'y suis mal pris pour te parler de Théo et j'en suis vraiment désolé. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais. Et je m'y prendrais autrement. Cette fois je ne vais pas te mentir : je ne suis pas venu pour travailler. Je voulais juste m'expliquer et m'excuser.
Potter regarda longuement Draco avant de hocher la tête.
- Je veux bien te croire. Mais je peux savoir ce qui t'a soudain décidé à venir me voir ? On est vendredi, il est dix-huit heures, tu devrais préférer être dans ton dortoir plutôt qu'ici.
- Disons que j'ai été poussé par quelqu'un. Blaise, pour être plus précis. D'ailleurs, pendant qu'on en parle, tu serais bien gentil de dire à ton meilleur ami de laisser le mien tranquille !
Le visage de Potter s'assombrit. Comprenant la méprise, Draco s'empressa de se rattraper :
- Non, ce n'est pas du tout ce que tu crois ! Je ne suis pas venu juste pour ça ! Là je profitais juste de l'occasion et... oh et puis zut, laisse tomber.
Draco voulut partir, ne voulant pas s'enfoncer encore plus qu'il ne l'avait déjà fait mais une main lui attrapa doucement le poignet.
- Malfoy, attends.
Draco se retourna.
- J'ai mal interprété tes intentions, mais je te crois.
Draco soupira, soulagé.
- Je sais que j'accumule les bourdes mais il va falloir que tu sois patient avec moi. Je... je ne sais pas comment m'y prendre avec toi. J'ai l'impression que tout ce que je dis ne fait que creuser davantage le fossé entre nous. Quand je te détestais, c'était facile de te parler, je n'avais pas à craindre ta réaction... Mais là c'est différent. Je veux que les choses s'apaisent mais il y a tellement de méfiance entre nous que ce n'est pas facile du tout.
Potter sembla touché par ce que Draco venait de dire.
- Il va falloir du temps pour qu'on se fasse confiance, ça, c'est sûr. Mais je serai patient. Et j'essaierai de ne pas prendre la mouche à chaque fois que tu feras une bourde. Moi c'est depuis la rentrée que je veux apaiser les choses entre nous. Alors tu te doutes bien que maintenant que tu es dans le même état d'esprit que moi, je vais tout faire pour que ça se passe bien.
Draco baissa les yeux.
- Je suis vraiment désolé pour le comportement que j'ai eu envers toi depuis qu'on est revenus à Poudlard. Je te croyais responsable de ma peine, je voulais te faire payer alors qu'en fait, tu n'y étais pour rien du tout.
- Oublions tout ça, proposa gentiment Potter. Tout ce que je te demande, c'est de travailler avec moi. Les premiers devoirs sont à rendre lundi, on était censés les rendre ensemble mais vu qu'on n'a pas pu travailler ensemble, on les a fait chacun de notre côté. Est-ce que tu accepterais qu'on se voit demain un certain temps pour qu'on mette nos devoirs en commun et qu'on les réécrive ensemble sur un même parchemin ? On aura juste à comparer nos devoirs et à prendre le meilleur dans chacun d'eux. Vu qu'on les a déjà faits, on n'aura pas besoin de réfléchir.
- D'accord, ça me va. S'il le faut on essaiera de se voir dimanche après tes sélections mais ça risque d'être compliqué. Elles ont bien lieu l'après-midi, les tiennes ? s'assura Draco.
- Oui, et toi le matin ?
- C'est ça. Demain, je crois que la matinée est réservée aux Poufsouffle et l'après-midi aux Serdaigle. Le terrain de Quidditch ne va pas désemplir, en fait. Mais au moins, comme ça ce sera fait et on pourra s'organiser pour nos séances de travail. Bon, je vais aller dîner. On se retrouve à quelle heure, demain ?
- Dix heures, ça te va ? On fera une pause à midi pour aller manger et on reprendra ensuite.
- D'accord, ça me convient parfaitement. À demain, alors.
Draco adressa un sourire à Potter et s'en alla. En passant entre les tables, il remarqua que beaucoup d'élèves le dévisageaient. Il se demanda un instant pourquoi avant de se rendre compte qu'il venait de discuter avec Potter pendant vingt bonnes minutes sans s'être disputé avec lui ni s'être battu en duel avec lui et qu'il s'en allait désormais avec un air satisfait, comme si ce n'était pas avec son ancien ennemi qu'il avait eu une assez longue discussion. Cela pouvait paraître stupéfiant aux yeux des autres élèves. Et c'était très agréable d'être dévisagé de la sorte pour quelque chose de positif. Car oui, pour lui, avoir fait la paix avec Potter, c'était quelque chose de très positif. Et il pouvait remercier ses amis pour cela. Il en était maintenant sûr : il avait les meilleurs amis au monde qui soient. Et il comptait bien les aider à son tour.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu. Je vous dis à mardi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Acceptation, agression et sélections». Ouais, je me suis bien amusée à trouver trois rimes en «ion» XD Bonne fin de semaine à tout le monde et à bientôt !
