Bonjour à toutes et à tous ! Me revoilà pour le vingtième chapitre de S'aimer malgré les préjugés.
Tout d'abord, réponses aux reviews :
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Zackos : Je comprends parfaitement, c'est gentil de ta part de reviewer malgré la fatigue ! Merci à toi =) Pour l'heure, j'ai 21 chapitres d'avance, mais j'essaie de maintenir le rythme afin de pouvoir continuer à vous garantir deux chapitres par semaine ;) J'espère que ce chapitre te plaira !
Butterfly Fictions : Contente que toutes ces relations te plaisent ! Pour ce qui est du titre de ce chapitre, ça peut laisser présager tout et n'importe quoi XD Le Quidditch sera très présent dans cette fic, mais pas trop non plus sinon je pense que ça lasserait XD C'est exactement ça pour Hermione, elle devrait rompre mais elle n'arrive pas à s'y résigner :/ En ce qui concerne Severus, ça va venir, il faut juste être patient (sans mauvais jeu de mots) XD Merci pour ta review ! =)
Gryffondor : C'est clair que la discussion est le meilleur moyen pour apprendre à se connaître et pour se rapprocher. Mais ça aussi, ça va venir ;) Sirius reste un gamin dans sa tête, on ne va pas le changer, je pense XD Mais c'est vrai que Harry n'a pas été habitué à écrire avec une plume et sur du parchemin :/ Mais Sirius a du mal à s'en souvenir, lui qui est un Sang-Pur et qui a toujours baigné là-dedans :/ Quant aux rondes, elles vont effectivement s'intensifier, ça c'est sûr ! La lutte contre le trafic de potions droguées va prendre de plus en plus d'importance, les professeurs et les préfets ne sont pas au bout de leurs peines :/ Merci pour ta review ! =)
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Je vous laisse avec ce nouveau chapitre. Bonne lecture ! =)
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20 – Coming-out et conséquences
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(mardi 26/09) POV Théo
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- Je la sens mal, cette journée.
- C'est parce qu'on a divination en première heure que tu t'entraînes à faire des prédictions ?
Théo lança un regard noir à Draco en guise de réponse.
- Oh là là, tu m'as l'air de bonne humeur, ça fait peur... T'es tombé du lit ou quoi ?
- J'ai juste un mauvais pressentiment.
- Qu'est-ce que tu veux qu'il t'arrive ? On a cours toute la journée. Ça devrait plutôt être rassurant pour toi. Tant que tu es dans une salle de classe, tu te sens bien, non ?
- En temps normal, oui. Mais je ne sais pas, j'ai l'impression qu'il va se passer quelque chose durant l'un des cours.
- Oui, tu as raison, il va se passer tout un tas de choses. Trelawney va encore nous prédire plein de malheurs, Manley va encore nous saouler avec la persécution des sorciers et des sorcières, Black va encore faire baver toutes les filles, Hagrid va encore nous présenter des créatures hideuses, Gordon va encore se prendre des boulettes de parchemin dans le dos et Severus va encore persécuter les Gryffondor. Ça va être une sale journée. Mieux vaut rester couchés. Je t'apporterai les cours pour que tu puisses les rattraper.
Pour toute réponse, Théo envoya un oreiller à la figure de Draco. Celui-ci éclata de rire.
- Allez, habille-toi ! Il est hors de question que tu traînes au lit et que tu en profites pour ne pas venir déjeuner. De toute façon si tu sautes le p'tit dèj Severus va le savoir et tu vas te faire tancer.
- Tu es obligé de me dire ça, sérieux ?! C'est bon, j'ai compris la leçon, il m'a assez pris la tête samedi pour que tu en rajoutes ! Je vais aller déjeuner, c'est promis. Mais sors d'ici, que je puisse m'habiller.
- Qu'est-ce que tu peux être prude...
- Tu devrais avoir l'habitude, depuis le temps.
- Mais tu es trop coincé !
- Je n'aime pas mon corps alors je ne veux pas en faire profiter les autres ! répliqua Théo.
- Raaah mais je suis sûr que si tu t'ouvrais un peu plus aux autres, si tu te faisais un peu plus confiance, tu aurais plein de filles à tes pieds ! Il faut juste que tu t'acceptes comme tu es. Tu devrais te mettre au strip-tease, c'est une super façon de prendre confiance en soi.
- Mais t'es malade ou quoi ?! Jamais je ne ferais ça !
- Je ne te demande pas de le faire directement devant les autres ! Commence par le faire seul avec toi-même. Après si tu ne sais pas comment faire, je peux te montrer.
Théo se sentit rougir comme une tomate. Mais cela ne l'empêcha pas de prendre son air le plus menaçant :
- Enlève un seul de tes vêtements devant moi et je te jure que tu vas le regretter !
Draco sourit d'un air moqueur.
- Tu n'oserais pas. Tu m'aimes trop pour ça. Mais j'ai compris, je vais te laisser tranquille. Seulement, si dans cinq ans tu es encore puceau, va pas falloir venir te plaindre.
Théo voulut envoyer un autre oreiller en direction de Draco mais celui-ci eut juste le temps de s'enfuir pour éviter le projectile. Théo était affreusement gêné. Il avait horreur quand Blaise ou Draco parlaient de... de... de ça. Cela le mettait terriblement mal à l'aise. Il détestait en entendre parler, mais avec deux amis dont les hormones étaient en ébullition, c'était très difficile d'y échapper. Théo savait qu'il était prude et coincé mais il n'y pouvait rien. Il était comme ça. Encore plus déprimé qu'il ne l'était déjà, il soupira, se leva de son lit et s'habilla.
Le petit-déjeuner fut long pour Théo. Deux jours plus tôt, il avait eu un rendez-vous avec son directeur de maison pour contrôler son poids et ses différents traitements. Le professeur Snape avait été satisfait en constatant que Théo dormait beaucoup mieux grâce aux potions d'infusions de plantes qu'il lui avait données. Il le trouvait cependant encore trop fatigué et lui avait donc donné des potions vitaminées. Le professeur Snape avait ensuite contrôlé son traitement pour son trouble de fluide magique ainsi que son traitement pour son épaule. Tout allait bien de côté-là. Puis il avait abordé le sujet qui fâchait. Son poids. Théo avait prié pour ne pas avoir perdu trop de poids mais il n'avait visiblement pas été écouté. En deux semaines, il avait perdu trois kilos. Alors qu'il en avait une quinzaine à reprendre. Il avait admis qu'il ne prenait pas autant de potions de nutrition qu'il le devait et qu'il ne mangeait pas beaucoup lors des repas. Le professeur Snape l'avait alors mis face à ses responsabilités et lui avait clairement expliqué ce qui l'attendait s'il continuait comme ça. Cela avait terrifié Théo. Il n'avait pas eu d'autre choix que de promettre de faire des efforts. Et il comptait bien tenir sa parole. Mais il n'avait pas d'appétit alors ce fut difficile pour lui de manger en quantité suffisante. Il fut bien soulagé lorsqu'il fut l'heure d'aller au cours de divination.
La matinée se passa relativement bien. Aucune catastrophe ne se produisit mais Théo n'était pas rassuré pour autant. Il avait toujours ce mauvais pressentiment qui l'oppressait. Il mangea un peu plus à midi que lors du petit-déjeuner, ce qui eut l'air de rassurer Draco qui ne le quittait presque pas du regard. Mais une visite impromptue de Graham en plein dessert mit subitement fin au repas de Théo. Car ce fut évidemment à lui que le capitaine s'adressa :
- Théo, j'aimerais te voir à dix-sept heures après les cours. Je t'attendrai sur le terrain de Quidditch. C'est important alors ne me fais pas faux bond.
Graham s'en alla sur ces mots sans laisser le temps à Théo de répondre. Il était devenu livide.
- Je le savais. Je le savais que quelque chose allait arriver. Je vais être renvoyé de l'équipe !
Draco, Blaise et Pansy le regardèrent avec des yeux ronds.
- Ne dis pas n'importe quoi ! s'exclama Pansy. Tu es l'un des meilleurs éléments de l'équipe ! Tu n'es que remplaçant et tu te débrouilles pourtant mieux que Cassius qui est titulaire ! Il ne peut pas te virer, c'est impossible. S'il veut gagner la coupe cette année, il doit te garder.
Les paroles de Pansy étaient sensées mais elle ne savait pas tout. Elle ignorait le rentre-dedans que Graham faisait à Théo depuis la rentrée. Théo était sûr que c'était pour cela que le capitaine voulait le voir. Il refusait obstinément ses avances alors Graham avait sûrement décidé de le virer. Mais il ne pouvait pas lui faire ça. Pour Théo, le Quidditch, c'était sa bouffée d'oxygène. Il s'était découvert une véritable passion pour ce sport. Graham ne pouvait pas lui enlever ça.
- Il trouvera quelqu'un d'autre, murmura Théo. Je vous avais bien dit que j'avais un mauvais pressentiment. Je vous dis ça ce matin et comme par hasard, Graham vient me voir ce midi car il veut me parler ce soir. Avouez que c'est étrange comme coïncidence.
- C'est surtout toi qui te fait des idées, Théo, soupira Draco. Mais bon, ce qui est au cool au moins, c'est que tu vas pouvoir profiter du reste des cours de la journée, maintenant. Tu ne vas plus avoir peur qu'une catastrophe t'arrive en plein cours.
Théo ne répondit pas, mais même si c'était dit sur le ton de l'humour, Draco avait raison. Il n'avait plus à craindre le reste de la journée, désormais. Du moins, jusqu'à ce qu'il aille voir Graham.
Bien que tourmenté à l'idée de ce qu'allait lui dire le capitaine, Théo se détendit lorsque ses amis et lui se rendirent à leur cours de soins aux créatures magiques. Ce cours avait toujours cet effet-là sur lui. Il adorait tellement les créatures que même s'occuper des Scroutts à Pétard, ça le relaxait. L'année passée, il avait été le seul à trouver ces créatures amusantes. Ses amis l'avaient traité de fou et avaient été sérieusement inquiets pour sa santé mentale. Cela avait plus amusé Théo qu'autre chose. Heureusement, cette année-là, le programme de Hagrid était censé être un peu plus raisonnable. Théo en eut vite la preuve en arrivant à l'endroit où se tiendrait le cours. Ce cours allait être le plus passionnant de tous pour lui. Car à quelques mètres des élèves se tenaient sept magnifiques licornes. Toutes les pensées négatives de Théo s'envolèrent à la vue de ces splendides créatures. Il était vraiment heureux de les voir.
- Bon, vous êtes tous là ? À vue d'oeil, oui. Je vous demanderai de rester à quelques mètres des licornes afin de ne pas les effrayer.
- Mais on les a déjà étudiées l'année dernière, lança Goyle. On va encore se les farcir cette année ?
- Il y a des choses que je ne vous ai pas dites et qu'il est nécessaire que vous sachiez. C'est important. Je n'oblige cependant personne à rester dans mon cours.
Le sous-entendu était clair. Goyle était libre de partir s'il le souhaitait. Cela aurait bien plu à Théo qu'il s'en aille. Mais, apparemment, Goyle voulait suivre le cours puisqu'il resta. Hagrid leur expliqua alors tout ce qu'ils devaient savoir sur le crin et la corne de licorne, mais sous un angle différent de ce qu'ils avaient pu apprendre en cours de potions. Cela n'avait rien à voir. C'était vraiment propre au cours de créatures. Théo fut ravi de découvrir des choses qu'il ne savait pas encore malgré ses (très) nombreuses lectures. Il était sûrement le plus captivé de tous. Ils étaient une bonne vingtaine à suivre cette option. Ils étaient même proches d'une trentaine d'élèves. Il y avait principalement des Gryffondor, des Poufsouffle et des Serpentard. Les Serdaigle étaient en franche minorité. Ils étaient bien plus nombreux en runes et en arithmancie.
- Il est chiant, ce cours, se plaignit Draco alors que Hagrid leur montrait la différence entre les crins de licorne et les crins d'un autre animal.
- Peut-être mais il est utile, répondit placidement Théo.
- Tu peux me dire à quoi ça va nous servir, plus tard ?!
- À savoir ce que tu risques si tu agresses une licorne pour te procurer ses crins ou sa corne. Mille gallions et deux ans d'emprisonnement à Azkaban, ça te dit ?
Draco se renfrogna.
- Je n'irais jamais faire ça. J'ai bien assez d'argent pour directement acheter ces ingrédients.
- Et si tu étais pauvre ?
Draco leva les yeux au ciel.
- Je ne le ferais pas non plus.
- Bien. Tu es un bon garçon.
Draco tira la langue à Théo en guise de réponse. Ils se concentrèrent de nouveau sur le cours – même si Théo avait continué à écouter ce que disait Hagrid. Draco et Blaise l'enviaient pour sa capacité à pouvoir faire deux choses à la fois. Selon eux, c'était quelque chose que les hommes ne savaient pas faire. Théo ne trouvait pas cela flatteur. Car cela voulait implicitement dire qu'il n'était pas un homme. Pour se rassurer, il préférait se dire qu'il n'était pas un homme «comme les autres». Même s'il se fichait un peu de tout cela, à vrai dire.
Tandis que Hagrid leur parlait de la façon dont ils pouvaient obtenir le droit de se procurer des crins et des cornes de licorne à même l'animal, Théo sentit une présence inhabituelle à côté de lui. Il tourna la tête et sourit en voyant que c'était une des sept licornes. Elle s'était approchée de lui sans faire de bruit, comme si elle ne voulait pas se faire repérer. Elle n'avait visiblement pas voulu attendre la fin du cours pour avoir des caresses. C'était la moins craintive de toutes les licornes. La preuve : ses amies étaient toujours à la même place que lorsque les élèves étaient arrivés. Théo était ému que cette licorne soit venue lui quémander des caresses. Sans réfléchir, il se mit à la grattouiller entre les oreilles. La licorne souffla doucement par les naseaux en fermant les yeux, appréciant grandement ce traitement. Tout à sa joie d'avoir la compagnie d'une de ces créatures qu'il aimait tant, Théo ne se rendit pas compte tout de suite que tous les bavardages qu'il y avait quelques minutes plus tôt s'étaient soudain arrêtés. C'était en grande partie dû au fait que Hagrid, lui, continuait son cours. Mais Théo finit tout de même par s'apercevoir que le cours était plus silencieux que d'ordinaire. Il se retourna... et vit que tous ses camarades le regardaient. L'incrédulité et le choc se lisaient sur leurs visages. Réalisant subitement ce qu'il venait de faire, Théo eut une furieuse envie de disparaître sous terre. Crabbe fut le premier à réagir :
- Non mais quelle horreur ! Je suis choqué ! Je laisse mon lit à qui le veut ! Il est hors de question que je reste dans le même dortoir que cette erreur de la nature !
Jamais de sa vie Théo n'avait eu aussi honte. Mais ce ne fut rien comparé à ce qu'il ressentit lorsque Goyle renchérit :
- J'avoue, moi je serais son binôme je ferais attention à mes fesses !
- Non mais ça se trouve c'est pour ça que Finch-Fletchley le fuyait ! Il savait et il avait peur de se retrouver dans le plumard de son pervers de binôme !
C'en fut trop pour Théo. Il prit son sac et quitta brusquement le cours. Sans faire attention aux cris derrière lui, il rejoignit le château en courant. Il voulait qu'on lui fiche la paix. Pour toujours.
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Au même moment, POV Harry
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Le cours était plutôt intéressant. Du moins, c'était l'opinion de Harry. Il écoutait avec attention ce que disait Hagrid quand il entendit un «Oh non» murmuré par Hermione. Il leva la tête, suivit le regard de son amie et écarquilla les yeux. Il s'attendait à tout sauf à ça. Théo était en train de caresser une licorne. Comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Il ne comprit pas tout de suite le «Oh non» de Hermione. Lui était subjugué par ce qu'il voyait. Il se sentait presque de trop en observant Théo en pleine complicité avec cette licorne. C'était comme si ce moment n'appartenait qu'à eux. Mais Harry se rendit compte qu'il n'était pas le seul à regarder ce qui était pour lui un émouvant spectacle. En voyant l'air de ses camarades, il comprit qu'il était le seul à voir les choses de cette manière. Tous semblaient choqués. Harry réalisa alors ce que cela signifiait pour eux. Ils devaient tous savoir que seul un garçon gay pouvait approcher une licorne, en-dehors des spécialistes des créatures. À cette pensée, il se sentit affreusement mal pour Théo qui, sans le vouloir, venait de faire son coming-out. Il aurait voulu dire quelque chose, n'importe quoi pour aider son ami mais Crabbe et Goyle le devancèrent :
- Non mais quelle horreur ! Je suis choqué ! Je laisse mon lit à qui le veut ! Il est hors de question que je reste dans le même dortoir que cette erreur de la nature !
- J'avoue, moi je serais son binôme je ferais attention à mes fesses !
- Non mais ça se trouve c'est pour ça que Finch-Fletchley le fuyait ! Il savait et il avait peur de se retrouver dans le plumard de son pervers de binôme !
Ce fut au tour de Harry d'être choqué. Il savait que l'homophobie existait mais il n'y avait jamais fait face. Il était scandalisé par ces propos injurieux. Mais il fut vite sorti de sa léthargie lorsque Théo quitta brusquement le cours. Alors que Zabini et Parkinson lui criaient de revenir, Malfoy sortit sa baguette et la pointa sur Crabbe et Goyle.
- Vous allez payer pour ce que vous venez de dire ! hurla-t-il.
Le sang de Harry ne fit qu'un tour. Il ne pouvait pas laisser Malfoy s'en prendre aux deux gorilles. Théo avait plus besoin que jamais du soutien de ses amis. Malfoy ne pouvait pas prendre le risque de se prendre une semaine de retenue. Il devait rester près de Théo. Harry tenta alors d'intervenir :
- Malfoy, ne fais pas ça !
- Occupe-toi de tes affaires, Potter !
- Mais réfléchis deux secondes avant de faire n'importe quoi, bon sang ! Tu crois que c'est le moment de t'attirer des ennuis ? Tu ne crois pas que Théo a davantage besoin de toi près de lui plutôt qu'en retenue avec Rusard ? Pense un peu à lui. Ne fais pas attention à ces deux idiots. Ils n'attendent que ça. Que tu aies des ennuis à cause d'eux. Ne leur fais pas ce plaisir.
La main de Malfoy tremblait violemment autour de sa baguette. Il finit par l'abaisser mais sans quitter Crabbe et Goyle du regard. La tension était à son comble. Tout le monde avait assisté à la scène sans parler. Harry tourna la tête vers Hagrid qui semblait complètement dépassé par la situation. Même s'il n'avait pas vu Théo caresser la licorne, il semblait avoir compris ce qui s'était passé. Il reprit cependant contenance et déclara :
- Le cours est terminé. Vous deux, j'ai à vous parler, ajouta-t-il à l'attention de Crabbe et de Goyle.
Harry fut autant surpris que ses camarades. Il restait près d'une heure de cours, ce n'était pas dans les habitudes de Hagrid de les lâcher aussi tôt. Mais Harry se doutait qu'il voulait s'occuper tout de suite du cas des deux gorilles. Il n'allait certainement pas laisser passer ce qu'ils avaient fait. Ou, plutôt, ce qu'ils avaient dit. Mais cela arrangeait bien Harry. Il voulait aller voir Théo. Après ce qui venait de se passer, il ne supportait pas de le savoir seul. Il avait même peur. Théo semblait tellement mal lorsqu'il était parti que Harry craignait qu'il fasse n'importe quoi. Il ne savait pas pourquoi il se sentait aussi proche de Théo mais une chose était sûre : il était son ami et jamais il ne le laisserait tomber. Il s'adressa alors à Malfoy qui rangeait son cours – très peu fourni – dans son sac :
- Est-ce que tu sais où a pu aller Théo ?
- Sûrement dans notre dortoir. Pourquoi ?
- J'aimerais le voir.
- Tu le verras plus tard. Tu m'as bien dit qu'il allait avoir besoin de moi alors c'est moi qui vais aller le voir. Avec Blaise et Pansy.
- Je doute qu'il veuille vous parler dans l'immédiat, répondit calmement Harry. Ce n'est pas contre vous, c'est juste qu'il va sûrement avoir peur de votre réaction.
- Et il ne va pas avoir peur de la tienne, peut-être ?!
Harry ne répondit pas mais soutint le regard de Malfoy. Celui-ci comprit alors immédiatement ce que ce silence signifiait.
- Tu savais, lâcha-t-il avec du reproche dans la voix.
- Je ne pouvais rien dire, se défendit Harry. Ce n'était pas à moi de vous l'annoncer, de toute façon.
- Mais ça fait dix ans que nous sommes ses amis et il ne nous a rien dit ! Alors que toi ça fait seulement deux semaines que tu parles avec lui et il s'est confié à toi !
- Certaines choses sont plus faciles à dire à quelqu'un que tu connais peu. Mais là n'est pas la question. Il faut aller le voir et vite. Ça se trouve, je me trompe et il acceptera de vous parler. Mais si ce n'est pas le cas, je veux être là pour essayer à mon tour de discuter avec lui. Je le rassurerai à votre sujet, c'est promis. Je ferai tout pour qu'il vous ouvre ses rideaux.
Malfoy sembla hésiter un moment avant de soupirer.
- D'accord. Je vais prévenir Blaise et Pansy. Si tu pouvais en profiter pour le convaincre d'aller en cours de Défense Contre les Forces du Mal, ce serait cool. Il n'a jamais séché un seul cours mais avant, ça ne lui était jamais arrivé non plus de quitter un cours comme ça.
- Je ferai de mon mieux.
Malfoy alla voir ses amis puis ils rentrèrent tous ensemble au château. Ils se rendirent à la salle commune de Serpentard, puis au dortoir des garçons de cinquième année et ne furent pas surpris de voir une paire de rideaux fermés. Ils échangèrent un regard avant de se diriger d'un même pas vers les rideaux en question. Ce fut Malfoy qui se lança en premier :
- Théo, on aimerait te parler.
Harry essaya de ne pas lever les yeux au ciel. Ce n'était pas du tout la bonne approche. Théo dut penser la même chose puisque ses rideaux restèrent fermés.
- On ne veut pas t'embêter, Théo, insista Malfoy. Tu n'as rien à craindre.
Les rideaux ne bougèrent pas. Zabini et Parkinson essayèrent à leur tour mais n'eurent aucun résultat. Malfoy soupira et fit signe à Harry de tenter sa chance.
- Théo, laisse-moi entrer, s'il te plaît.
Il y eut un moment de flottement avant que les rideaux ne s'ouvrent. Harry entra et les referma derrière lui. Théo avait apparemment usé de sa baguette pour les ouvrir puisqu'il était sur son lit, couché sur le côté.
- Tu as décidé de faire la tête à tout le monde ? demanda gentiment Harry.
- Je n'ai rien à dire à personne.
- Oh, dommage. Je voulais avoir une discussion avec toi. Tant pis, je vais repartir alors.
Harry, qui venait de s'asseoir sur le bord du lit, se redressa mais une main le retint en attrapant son poignet. Il se retourna et fit face au visage triste de Théo. Il n'y avait cependant pas de traces de larmes. Mais la détresse était clairement visible sur les traits du Serpentard.
- Reste, s'il te plaît, murmura-t-il.
Harry hocha la tête et se rassit. Théo, lui, s'allongea sur le dos et fixa le plafond. Harry ne savait pas quoi dire, alors il ne dit rien. De toute façon, il sentait que Théo allait bientôt parler. Il en eut la preuve au bout de quelques minutes :
- J'ai été stupide. Complètement stupide.
- Ne dis pas ça, protesta doucement Harry.
- Ah oui ? Alors comment appelles-tu quelqu'un qui souhaite cacher son homosexualité et qui se met pourtant à caresser une licorne devant une vingtaine de ses camarades ?
- Ce n'était pas de la stupidité. C'était juste un moment d'inattention. Les personnes stupides ce sont celles qui ne t'acceptent pas comme tu es et qui ont fait ces odieuses remarques. Et crois-moi, ces personnes ne s'en sont pas sorties aussi facilement. Hagrid a écourté le cours et a demandé à Crabbe et à Goyle de venir le voir. Après, je comprends que tu t'en veuilles, mais...
- Ce n'est pas comme ça que je voulais que ça se sache.
- Tu avais une idée de la façon dont tu allais le faire savoir ?
- Non, avoua Théo à mi-voix. Mais j'aurais quand-même voulu choisir le moment. Là ça s'est imposé à moi. Je n'ai rien pu contrôler. Je vais devenir la risée de l'école.
- Mais non, apaisa Harry. Tout le monde a été choqué mais la plupart de nos camarades s'en fichent que tu sois gay, hétéro, bi, pan ou que sais-je encore. Je pense qu'ils ne s'attendaient surtout pas à l'apprendre comme ça. Mais ils ne vont pas se moquer de toi. Une infime minorité te fera sûrement des remarques mais tu ne dois pas en tenir compte. Tu dois les ignorer.
- Plus facile à dire qu'à faire... Et si on m'agresse à cause de ça ?
- Je crois qu'il faudra encore plus que tu évites de te promener seul dans le château. Tant que tu seras avec tes amis, il ne t'arrivera rien. Mais pour ça il faut que tu acceptes de les voir. Encore une fois je comprends ta réaction, tu as peur de la leur mais tu penses vraiment qu'ils vont te rejeter ? Tu penses vraiment qu'ils sont venus jusqu'ici pour t'insulter et pour te dire qu'ils ne veulent plus jamais te parler ? Je ne vais pas te mentir : Malfoy t'en veut un peu. Mais pas pour ce que tu es. Il est juste vexé que tu ne lui aies rien dit avant. Il a deviné que j'étais au courant, alors ça l'a encore plus frustré. Et là tu acceptes de me voir moi au lieu d'eux... Je ne te fais aucun reproche, je veux juste t'expliquer ce que tes amis ressentent en ce moment-même. Mais ils restent tes amis alors ils ne t'en veulent pas vraiment. Il faut juste que tu leur expliques pourquoi tu ne leur as rien dit avant.
Théo acquiesça.
- D'accord, je vais suivre ton conseil. Tu as raison, c'était stupide de ma part de refuser de leur parler. C'est moi qui les ait rejetés, en fait. Merci de m'avoir aidé à y voir plus clair. Tes amis ont beaucoup de chance de t'avoir, tu sais.
Ces mots touchèrent Harry.
- Mais tu fais partie de mes amis, maintenant, rappela-t-il à Théo en souriant. C'est normal que je te soutienne. Mais tu as d'autres amis qui attendent de pouvoir te parler alors je vais leur laisser ma place.
-Non, attends... Je préfère attendre ce soir. On va être pressés par le temps, on ne sera pas du tout dans des conditions idéales pour s'expliquer.
- Parce que tu souhaites quand-même aller en Défense Contre les Forces du Mal ? s'étonna Harry.
- Évidemment, répliqua Théo, l'air choqué par cette question. Je n'ai jamais séché le moindre cours et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer.
- D'accord, je vais leur dire de te laisser tranquille jusqu'à ce soir.
- Tu es mon ange gardien, en fait, plaisanta Théo.
- Exactement, répondit Harry en riant. Allez, je te laisse. Je vais retrouver Ron et Hermione.
- Tu pourras la rassurer, car j'imagine qu'elle doit s'inquiéter...
- Je le ferai, promit Harry.
Il souhaita bon courage à Théo puis il prit congé de lui. Il retrouva Malfoy et Zabini derrière les rideaux.
- Il préfère attendre ce soir pour les explications, déclara-t-il.
- Oh non, c'est dommage, je suis de ronde aujourd'hui, se désola Parkinson. Mais je le comprends. C'est vrai qu'on n'a pas trop le temps, là. J'aurai une petite discussion plus tard avec lui, c'est tout. Du coup ça s'est bien passé ? Il va bien ?
- Oui, il est juste un peu secoué. Bon, j'y vais.
- Attends, Potter...
Harry se retourna et regarda Draco.
- Je ne sais pas ce que tu lui as dit mais... merci. Tu as su trouver les mots qu'il fallait. Je ne comprends pas grand-chose à votre amitié mais tu as l'air d'être quelqu'un d'important pour lui. Et vice-versa. Alors merci.
D'abord surpris, Harry finit par sourire avant de sortir du dortoir. Sans savoir pourquoi, il était heureux que Malfoy l'ait remercié. Harry savait qu'il avait dû mettre sa fierté de côté pour cela. Il était donc particulièrement touché. Et il était surtout heureux que Malfoy accepte son amitié avec Théo. Qui sait, peut-être deviendrait-il un jour ami avec Malfoy... Vu les miracles qui avaient eu lieu depuis le début de l'année, Harry se disait que oui, tout était possible. Même l'impossible.
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Quelques heures plus tard, POV Draco
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- Je suis désolé de te laisser seul avec Théo, ce n'était absolument pas prévu...
- Je sais bien, tu ne pouvais pas t'attendre à ce que Gordon te convoque avec ton binôme. Mais vous avez tant galéré que ça sur ce devoir ?
- Ni elle ni moi ne sommes doués en Défense Contre les Forces du Mal. Donc oui, le devoir a été un peu compliqué pour nous.
- Dans ce cas, bonne chance avec Gordon. Enfin je dis ça mais ça devrait aller. C'est une vraie patte molle ce prof. Il manque carrément d'autorité. Ça m'étonne même qu'il vous ait convoqués, en fait. Ça se trouve il va vous inviter à prendre le thé dans son bureau.
- Manquerait plus que ça, grimaça Blaise. Bon, je vais y aller. Kellah m'attend. Je vous raconterai si Gordon nous a proposé du thé et des petits gâteaux.
- S'il prend le thé avec vous, n'oublie pas de nous dire s'il met du sucre !
- Promis ! dit Blaise en riant.
Il rejoignit son binôme, laissant Draco seul. Ils venaient de sortir de leur cours de potions qui était leur dernier cours de la journée. Ils avaient eu Défense Contre les Forces du Mal juste avant et c'était durant ce cours que Blaise et son binôme avaient été convoqués à dix-sept heures par le professeur Gordon. Étant donné que Pansy était de ronde ce jour-là, Draco se retrouvait donc seul avec Théo. Enfin, il allait se retrouver seul avec lui. Car actuellement, Théo était en train de parler avec leur directeur de maison. Draco se demandait si Severus savait déjà ce qui s'était passé durant le cours de soins aux créatures magiques. Il en déduisit que non en voyant Théo sortir rapidement du cachot.
- Qu'est-ce qu'il te voulait ?
- Il voulait juste savoir si j'allais bien. Il a remarqué qu'il y avait un peu trop de regards posés sur moi. J'ai vite coupé court à la discussion. Je ne voulais pas en parler avec lui maintenant. Je sais que, quand il le saura, il me convoquera, de toute façon. Je ne peux même plus éternuer sans qu'il me demande de venir le voir.
- Il se préoccupe de toi, protesta Draco. Il ne fait pas ça pour t'embêter.
- Je sais, soupira Théo. Mais c'est juste que... je n'ai pas l'habitude. Ça me gêne, qu'il s'occupe de moi comme ça. Il prend tous mes problèmes en main et... ça m'effraie. Personne ne m'avait jamais aidé comme ça avant. C'est assez perturbant. Le fait qu'il m'accorde autant d'attention, ça me rend mal à l'aise.
- Je comprends. Mais tu n'as pas à être gêné. Il ne fait que son métier. Même s'il ne devrait pas l'exercer au sein de l'école. Mais il est un peu devenu ton médicomage attitré alors oui, c'est vrai, il te surveille beaucoup. Mais c'est parce qu'il sait que tu ne viendrais pas le voir spontanément de toi-même si tu avais un souci. Du coup il t'observe afin de pouvoir déceler de lui-même si tu as des problèmes.
- Oh... Je n'avais pas vu les choses comme ça. Je m'en veux, du coup. Parce que lors de notre entrevue samedi, je...
- Tu n'as pas été très coopératif, oui, je sais, coupa Draco en souriant. Mais il ne t'en veut pas pour ça, ne t'inquiète pas. Il sait que c'est compliqué pour toi de te faire suivre ainsi par un médicomage. Car comme tu l'as si bien dit, tu n'as pas l'habitude. Tu ne supportes donc pas quand il te fait des reproches sur ton poids et sur ton comportement alimentaire. Mais il est patient et coriace, alors il ne lâchera pas l'affaire aussi facilement. Bon, et si on allait à notre dortoir ? On y sera plus à l'aise qu'ici.
Draco sentit Théo se tendre. Tout comme lui, Théo n'avait pas oublié qu'ils étaient censés parler. Draco essayait de le cacher mais il était autant gêné que lui. Pourtant, ils devraient crever l'abcès. Draco devait faire comprendre à Théo qu'il n'aurait pas dû avoir peur de sa réaction ainsi que de celle de Blaise et de Pansy concernant son orientation sexuelle. Mais cela risquait d'être très dur d'avoir une discussion à ce sujet. Théo était extrêmement pudique et Draco, lui, n'avait jamais parlé de ça avec qui que ce soit. Il était bien conscient que ça existait, les gens qui préféraient les personnes du même sexe, mais il n'en avait jamais côtoyé de près. Enfin si, mais il ne le savait pas jusqu'à ce jour-là. Quoi qu'il en soit, malgré sa propre gêne, il savait que ce serait à lui de prendre les choses en main et de mener la discussion. Mais avant cela, il devait rassurer Théo.
- Je veux juste qu'on discute calmement, dit-il doucement. Potter a dû te dire que je ne t'en voulais pas. Si c'est vraiment ton ami, crois-le.
Théo écarquilla les yeux. Il ne s'attendait visiblement pas à ce que Draco utilise son amitié avec le Gryffondor pour le rassurer. Mais cela porta ses fruits. Il se détendit considérablement.
- D'accord, allons-y.
Draco et Théo se rendirent ainsi à leur salle commune puis à leur dortoir. Ils s'installèrent sur le lit de Théo, qui, d'après Draco, était le plus confortable.
- De quoi veux-tu parler exactement ? demanda Théo d'une voix tendue.
- Je voulais savoir pourquoi tu ne nous as pas dit avant que tu étais gay, dit prudemment Draco. Avec Blaise on a souvent parlé de filles, tu aurais pu nous dire à un moment que tu n'étais pas de ce bord...
- J'ai essayé de vous le faire comprendre, murmura Théo.
- Oui, tu nous disais que ça «ne t'intéressait pas». Mais nous on pensait que tu voulais dire par-là que c'étaient les relations amoureuses en général qui ne t'intéressaient pas pour le moment. Pas les filles en elles-mêmes.
- J'avoue que ce n'était pas très clair, grimaça Théo. Je crois que je faisais exprès de laisser planer le doute, en fait.
- Sûrement. Mais ça ne répond pas à ma question. Pourquoi tu ne nous as pas dit clairement que tu étais attiré par les garçons ?
- Parce que ce n'est pas facile à dire. Et puis j'avais peur que ça crée un malaise entre Blaise, toi et moi.
- Pourquoi ?
Théo rougit. Draco fit les gros yeux en comprenant la réponse à sa question.
- Attends, tu n'as quand-même pas eu peur qu'on croit que tu avais des vues sur nous ?! s'étrangla-t-il.
- Ça aurait pu, se défendit Théo. Imagine si je vous l'avais appris comme ça. Repense à toutes les fois où on a pu être proches. Repense à la fin de l'été où on a dormi dans ton lit. Est-ce que tu n'aurais pas été un peu mal à l'aise si, à la rentrée, je vous avais dit que j'étais gay ?
Draco se troubla. Théo n'avait pas tort. Comme il était franc avec lui, Draco décida de l'être aussi :
- Si. Je me serais peut-être posé des questions. Mais je t'aurais cru direct si tu m'avais dit que tu n'avais aucune vue sur moi. Nous sommes amis depuis plus de dix ans, je te fais entièrement confiance.
Théo sembla rassuré. La tension redescendit d'un coup entre les deux amis.
- Je vais te prouver qu'il n'y a absolument aucune ambiguïté entre toi et moi.
Ni une, ni deux, Draco se jeta sur Théo et le serra entre ses bras. Le pauvre Théo, qui n'avait rien demandé, poussa une exclamation de surprise mais se laissa faire. Grossière erreur. Car Draco avait une idée en tête ou, plutôt, une vengeance à accomplir. On ne cachait pas quelque chose d'aussi important à Draco Malfoy sans en subir les conséquences. Il attendit donc quelques secondes avant de commencer à descendre discrètement ses doigts le long des hanches de Théo. Il les arrêta au niveau de la partie la plus sensible et se mit à le chatouiller. Théo se mit à crier et à rire en même temps. Il avait toujours été très, très, très chatouilleux et Draco le savait très bien. Il avait souvent utilisé ce moyen pour le faire parler. Là, c'était pour se venger mais cela lui permit également d'entendre de nouveau le rire de Théo. Il réalisa à quel point cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas entendu. Il en profita alors au maximum jusqu'à ce que Théo lui demande grâce.
- Tu es horrible, dit ce dernier, hors d'haleine. Je te déteste. Je n'ai rien fait pour mériter cette séance de torture !
- Ça t'apprendra à nous cacher des choses, répliqua Draco. Mais c'est bon, tu es pardonné, maintenant.
- Je remercie ta grande bonté de m'avoir accordé ton pardon, ironisa Théo. Bon, sors de mon lit, je dois le refaire. À cause de toi il est tout défait.
Draco obéit sagement, un sourire en coin. Il avait retrouvé le Théo qu'il connaissait et qu'il aimait tant. Il savait que c'était provisoire et fragile mais cela voulait dire que malgré tout ce qui lui était arrivé, il n'avait pas complètement perdu sa joie de vivre et sa bonne humeur. Il fallait juste le pousser à les exprimer. Lorsque les draps furent correctement remis par les soins de Théo, Draco se réinstalla sur le lit. Théo secoua la tête et s'allongea à ses côtés, le regard rivé vers le plafond. Draco le regarda pendant de longues minutes avec une envie irrésistible de lui poser une question qui lui brûlait les lèvres. N'y tenant plus, il finit par demander :
- T'as quelqu'un en vue en ce moment ?
Si Théo ne fixait déjà pas le plafond, Draco était certain qu'il aurait levé les yeux au ciel.
- Tu es impossible, Draco.
- Ça ne répond pas à ma question.
- Non, je n'ai personne en vue.
- Oh... fit Draco, déçu. Mais tu as déjà été intéressé par quelqu'un ?
- Non, jamais.
- Alors comment as-tu pu savoir que tu étais gay ? Une licorne t'a laissé l'approcher et hop, ça y est, tu as eu une révélation ?
- Mais non, dit Théo en riant. Enfin... si, en quelque sorte, mais disons que ça n'a fait que confirmer mes doutes. En fait je l'ai su quand je me suis aperçu que je regardais d'un peu trop près les garçons.
- C'était quand ?
- J'ai commencé à m'en rendre compte au début de notre troisième année. Je n'y ai pas plus prêté attention que ça sur le moment mais ça m'a quand-même troublé. Dans le même temps, j'ai fait la connaissance des licornes. Je savais très bien qu'elles n'aimaient pas la présence masculine alors je suis resté relativement en retrait. Mais je me suis très vite aperçu qu'il n'y avait aucune crainte dans leur regard quand elles m'observaient. Ça m'a beaucoup intrigué. Je ne suis pas du genre téméraire mais je me suis mis à me rapprocher un peu plus à chaque fois que je venais. Elles ne manifestaient toujours aucune crainte et moi, j'étais de plus en plus fasciné par elles. J'ai donc fini par me retrouver très proches d'elles. Ça s'est alors passé de la même façon que durant le cours de soins aux créatures d'aujourd'hui. Une des licornes est venue vers moi et m'a quémandé des caresses. Je n'en revenais pas. J'étais limite choqué. Je ne comprenais pas comment c'était possible. J'ai quand-même saisi ma chance et j'ai caressé cette licorne qui n'attendait que ça. C'était un moment hors du temps. Je crois que ce jour-là, je suis définitivement tombé amoureux de ces magnifiques créatures. Mais j'avais besoin de réponses à mes questions alors je suis allé voir Hagrid. Il ne m'a pas dit les choses clairement mais il m'a fait comprendre implicitement ce qu'il en pensait. J'en ai conclu une théorie qui n'a rien de fondé mais qui tient la route. Peut-être certains l'ont-ils eue avant moi, je n'en sais rien. Mais c'est depuis ce jour que j'ai su que j'étais gay.
Théo se tut sur ces mots. Draco resta un moment silencieux. Il était complètement subjugué par le récit de Théo. Il trouvait ça beau et très émouvant. En fait, en y réfléchissant, ça ne le surprenait pas que Théo soit gay. Il aurait même dû s'en douter. Il n'avait pas su voir pourquoi Théo était toujours gêné lorsqu'il parlait de filles avec Blaise. Ou, plutôt, quand Blaise parlait de filles. Parce qu'en réalité, Draco ne faisait que rebondir sur le sujet quand Blaise en parlait. Il n'ouvrait presque jamais lui-même une discussion là-dessus. Les seules fois où il l'avait fait, c'était lorsqu'il avait embrassé une fille et qu'il souhaitait en parler. Ce qui n'était pas arrivé très souvent. Jusque-là, il avait embrassé quatre filles et était sorti avec trois d'entre elles. Mais aucune de ces trois relations n'avait duré bien longtemps. Quelques jours pour la première et une semaine pour les deux autres. Autant dire qu'il n'avait pas énormément d'expérience. Mais il en avait toujours plus que Blaise et Théo. En fait, il ne trouvait rien d'attrayant à embrasser quelqu'un. C'était... bizarre. Il ne ressentait rien. Mais cela s'expliquait sûrement par le fait qu'il n'avait pas encore trouvé la bonne personne. Il n'était jamais tombé amoureux. Peut-être fallait-il qu'il aime la fille pour aimer l'embrasser.
- Perdu dans tes pensées ?
La voix de Théo fit sortir Draco de sa rêverie. Il tourna la tête et vit Théo, appuyé sur un coude, qui le regardait avec un air amusé.
- Ouais, je pensais à mon expérience avec les filles. Mais je crois que je vais arrêter d'y penser car sinon ça va me déprimer. En plus il faut que j'avance sur le devoir de divination.
- Quel est le rapport ?
- Il n'y en a pas, c'est juste que je viens d'y repenser. C'est dommage, ton lit est trop confortable.
- C'est parce qu'il est bien fait.
- Mouais, t'as juste le meilleur lit du dortoir, c'est tout.
Ce fut sur cette mauvaise foi sans bornes que Draco rejoignit son propre lit. Il était content d'avoir eu cette discussion avec Théo. Ils avaient tout mis à plat et c'était exactement ce qu'il fallait. Théo devait encore parler à Blaise et Pansy mais Draco savait que ça allait bien se passer. En revanche, une chose était sûre : maintenant qu'ils en savaient plus sur l'orientation de Théo, ils n'allaient pas le lâcher sur sa vie sentimentale !
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(mercredi 27/09) POV Harry
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- Qu'est-ce que j'en ai marre de terminer la journée par un cours de potions !
Harry shoota dans une boulette de parchemin qui traînait par-là, pensant que cela le calmerait. Mais ce ne fut pas le cas.
- Mais pourquoi tu ne lui as pas répondu ? demanda Malfoy, l'air sérieusement perplexe.
- Tu te fiches de moi ? s'écria Harry. Il m'aurait collé pendant une semaine avec en prime un devoir supplémentaire à faire ! En plus de celui que j'ai à faire avec toi ! En plus je n'avais rien fait. Tu étais à côté de moi, tu as forcément vu que ce n'est pas moi qui ait lancé la bombabouse.
- C'est vrai. Mais le professeur Snape ne savait pas qui c'était, alors...
- Alors au lieu de se montrer neutre en lâchant l'affaire, il a décidé de me punir sans preuves parce qu'il savait que je ne dirais rien ?
Harry vit le remords dans les yeux de Malfoy.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire...
- Oui mais c'est ce que lui a pensé. Mais bon, on va arrêter d'en parler car sinon ça va m'énerver. On a un devoir à continuer, il faut que je sois focus là-dessus.
- Justement, je voulais t'en parler. Ça te dirait qu'on aille dans ma salle commune ? C'est Théo qui me l'a suggéré. Il m'a dit qu'on serait plus tranquilles. En plus comme je suis respecté parmi les miens, personne ne me dira quoi que ce soit si je ramène un Gryffondor. Surtout que c'est mon binôme de travail, quoi.
- Je suis partant, approuva Harry. C'est vrai qu'à cette heure-là, il y a souvent du monde dans la salle des binômes. Mais tu es sûr que tes camarades vont m'accepter ?
- Mais oui, ils n'oseront rien dire si je suis là.
Harry décida de faire confiance à Malfoy. Deux semaines plus tôt, cette pensée l'aurait fait hurler de rire. Aujourd'hui, cela lui semblait presque naturel. Leur relation avait vraiment beaucoup changé. Ils n'étaient pas amis, certes, mais ils se respectaient mutuellement. Et cela suffisait amplement à Harry.
Lorsqu'ils entrèrent dans la salle commune de Serpentard, Harry dut s'efforcer de feindre la surprise. Étant déjà venu trois ans plus tôt, il savait à quoi elle ressemblait. Mais afin de ne pas éveiller les soupçons, il fit celui qui la découvrait pour la première fois. Il se montra plutôt bon acteur. Il promena son regard un peu partout, ce qui lui permit de voir qu'Adrian était là. Ce fut alors l'inverse qu'il dut faire : rester neutre alors qu'il n'avait qu'une envie : lui sourire. Il vit les lèvres d'Adrian tressaillir, preuve qu'il essayait lui aussi de se retenir. D'ailleurs, il ne tarda pas à détourner le regard. Harry fit de même. Alors qu'il cherchait une table libre avec Malfoy, quelqu'un s'exclama derrière eux :
- Tiens, Draco qui nous ramène un mec ! On devrait aller chercher Théo, histoire de faire les présentations. Ah bah non, je suis bête, il le connaît déjà, puisqu'ils sont de la même promo. Enfin bon, Théo est tellement coincé qu'il n'aurait pas osé venir vers lui s'il lui plaisait...
Outré et choqué par tant de méchanceté gratuite, Harry faillit répondre vertement au Serpentard mais Malfoy l'en empêcha.
- Laisse, il est intenable depuis hier soir. Il a trouvé une nouvelle cible alors il s'en donne à coeur joie. Après le dîner, Blaise, Théo, Pansy et moi avons voulu continuer notre devoir de divination ici mais Aberton était tellement insupportable qu'on a dû monter à nos dortoirs. C'était surtout dur pour Théo, en fait. C'était humiliant pour lui de se faire chambrer comme ça. Mais ne t'occupe pas d'Aberton, il n'en vaut pas la peine. Ah, il y a une table au fond. Viens.
Harry suivit Malfoy jusqu'à la table qu'il avait repérée. Ils s'installèrent et sortirent leurs affaires. Harry sentit de nombreux regards posés sur lui mais comme Malfoy le lui avait dit, personne ne dit rien. Il était cependant troublé et oublia quel devoir il était censé faire avec Malfoy.
- C'est quoi déjà le devoir qu'on doit faire ?
- Celui de botanique.
- Ah oui, c'est vrai.
Harry sortit son cours de botanique et se mit au travail avec Malfoy. Ils eurent à peine le temps de se concentrer que deux Serpentard entrèrent dans la salle commune en riant bruyamment. Harry lança un regard en biais à Malfoy qui eut la décence de paraître gêné.
- Je croyais qu'on devait être «tranquilles» ici ? Qu'il y aurait moins de monde ?
- C'était l'idée de Théo, je te rappelle, se défendit Malfoy. Non mais on n'a qu'à s'entourer d'une bulle de silence et...
- Ooooh mais qui voilà ? Je rêve ou Potter est parmi nous ?
Les deux garçons qui venaient d'entrer dans la salle commune s'étaient approchés de la table de Harry et Malfoy.
- C'est mon binôme, Graham, répondit calmement Malfoy. Il a le droit d'être ici. C'est mon invité.
Le dénommé Graham allait répliquer mais son acolyte – que Harry reconnut – le devança :
- Oh, très bien. Si c'est ton invité, on n'a rien à dire, alors. Non, plus sérieusement, bienvenue parmi nous, Potter. Tu te rappelles de moi, cette fois, j'espère ?
Harry ne put s'empêcher de sourire. Il regarda discrètement Adrian qui lui fit un clin d'oeil. Évidemment que Harry se souvenait de ce garçon. C'était celui qui se trouvait avec Adrian à la ménagerie magique sur le Chemin de Traverse.
- Oui, tu es Caïus Carrington, c'est ça ?
Harry avait prononcé ces mots sur un ton parfaitement innocent mais en faisant littéralement exprès d'écorcher le prénom et le nom du Serpentard. Serpentard qui parut outré avant qu'un sourire n'étire ses lèvres.
- C'est tout à fait ça. Enchanté de faire ta connaissance, Harriet Pottier. Allez, viens Grazam, on doit discuter affaires.
Harry dut se retenir pour ne pas rire alors que Warrington s'éloignait avec son ami pour s'installer un peu plus loin. Harry tourna de nouveau la tête vers Adrian qui paraissait très amusé par la scène. Puis il reporta son attention sur Draco qui, lui, semblait passablement irrité.
- Ça y est ? C'est bon ? T'as fini ton petit cirque ? Quinze minutes que tu es là et tu es déjà devenu la coqueluche de la salle commune de Serpentard !
- Oh là là, pète un coup, ça ira mieux, rétorqua Harry.
Malfoy écarquilla tellement les yeux que Harry crut qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Puis Malfoy se mit à rire. Rire qui devint de plus en plus fort jusqu'à devenir un véritable fou rire. Harry, lui, le regardait se gausser sans comprendre la raison de sa soudaine hilarité. Il était trop occupé à le regarder, en fait. Car c'était la première fois qu'il voyait Malfoy rire ainsi. Il dut attendre plusieurs minutes pour que son binôme se calme.
- Excuse-moi, je n'avais jamais entendu cette expression avant, dit Malfoy en s'essuyant les yeux. Mais c'est sûrement parce que nous ne venons pas de la même classe sociale.
- Je crois bien, en effet. Ravi de t'avoir fait rire, en tout cas, ironisa Harry. Blague à part, tu as appelé un des deux garçons «Graham». Qui est-ce ?
- Tu ne suis vraiment rien, toi, c'est dingue, lâcha Malfoy. C'est Graham Montague, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard.
- Ah, ok. Eh bien qu'il garde ses distances avec moi. Je ne l'aime pas trop. Bon, remettons-nous à notre devoir.
Harry et Malfoy se concentrèrent de nouveau sur leur devoir mais ils furent une nouvelle fois interrompus par un Serpentard qui s'exclama :
- Dites, j'espère que tous les troisième, quatrième et cinquième année ne vont pas se ramener avec leurs binômes ! Si Nott ramène le sien ça va sûrement copuler dans le dortoir ! Après je m'en fous, c'est pas le mien, mais je pense quand-même à ceux qui partagent son dortoir...
- T'en fais pas, Julian, dit Montague. Notre nouveau poursuiveur ne risque pas d'aller copuler où que ce soit. Il faudrait déjà qu'il s'enlève le balai qu'il a entre les fesses pour pouvoir y mettre autre chose. Il est hy...
- NON POTTER !
Harry s'était levé d'un bond et avait dégainé sa baguette pour la pointer sur Montague, le regard empli de haine et de rage. Mais Malfoy avait senti le coup venir et avait attrapé son bras sur lequel il exerçait une pression assez ferme pour l'empêcher de le bouger et de lancer le moindre sort.
- Lâche-moi, siffla Harry.
- Non, hors de question. À quoi ça va te servir de te battre en duel avec lui ? Tu vas te prendre un mois de retenue parce qu'il t'aura balancé. C'est tout ce que tu auras gagné. Et le temps que tu passeras en retenue, ce sera du temps en moins qu'on aura pour nos séances de travail. Alors sois raisonnable, s'il te plaît.
Les mots de Malfoy réussirent à ramener Harry à la raison. Il abaissa lentement sa baguette mais sans lâcher Montague du regard.
- Pas si Gryffondor que ça, lança le Serpentard.
- Ne le cherche pas, Graham, répliqua fermement Malfoy. Je viens de te sauver la mise alors ne va pas le relancer !
- Excuse-moi mais je trouve sa réaction quand-même bizarre. C'est quoi qui t'a gêné, Potter ? Le fait que je dise que Théo avait un balai entre les fesses ? T'es aussi prude que lui ? J'ai choqué tes petites oreilles sensibles ? Ou alors tu as voulu le défendre ? Attends, j'ai compris : tu sors avec lui ! Mais alors... ça veut que tu es de ce bord-là, toi aussi ?
Harry devait se retenir pour ne pas se jeter sur Montague. Il voulait lui faire payer au centuple ce qu'il avait dit sur Théo. Il allait payer aussi pour Aberton. Il ne supportait pas cet acharnement des Serpentard à l'égard de Théo. Il n'avait eu que deux exemples mais il était persuadé que Montague et Aberton n'étaient pas les seuls élèves qui s'en prenaient verbalement à Théo depuis son coming-out involontaire. Il fallait que cela cesse. Que les Serpentard laissent Théo tranquille. Que Théo ne soit plus au centre des discussions. Harry ne voyait qu'un seul moyen pour cela.
- Tu m'impressionnes par ta lucidité, Montague, lâcha-t-il. Tu as visé juste : je suis gay, moi aussi. Et ce n'est même pas une blague. Je sors même avec un de tes condisciples.
Harry tourna discrètement la tête vers Adrian et planta son regard dans le sien dans une question muette. Adrian acquiesça imperceptiblement, lui donnant ainsi son accord. Harry lui sourit en retour. Puis il reporta son attention sur Montague.
- Je suis Harry Potter alors tu te doutes bien que j'ai choisi le meilleur des Serpentard, le plus beau des garçons et le plus talentueux des joueurs de l'équipe de Quidditch de sa maison.
Harry se détourna de Montague et s'avança d'un pas décidé vers Adrian. Il avait le coeur qui battait à mille à l'heure. Il s'apprêtait à officialiser son couple. Il n'avait jamais fait ça avant avec ses deux anciens petits-amis. Il savait que ça allait faire parler. Mais il avait fait son choix et il s'y tiendrait. D'une, cela soulagerait Théo et de deux, il n'aurait plus à se cacher pour retrouver Adrian. Ce fut donc avec un air déterminé qu'il arriva devant son petit-ami. Petit-ami qui se leva sans hésiter. Comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit, ils s'embrassèrent devant tout le monde. Même si ce fut bref et chaste, Harry profita pleinement de ce moment. Il était un peu stressé car c'était son tout premier baiser en public mais le simple fait qu'il s'agissait d'Adrian le mit en confiance. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, il ne regretta absolument pas ce qu'il venait de faire. Il se sentait au contraire soulagé. À présent, son couple n'était plus un secret. D'ici vingt-quatre heures, tout Poudlard saurait qu'il sortait avec Adrian Pucey. Par la même occasion, tout le monde saurait qu'il était gay. Bizarrement, cette pensée lui parut bien futile. Il s'en fichait presque. Il avait juste envie de vivre son histoire d'amour au grand jour. Il regretta encore moins sa décision lorsqu'il vit le visage rayonnant d'Adrian.
- Tu as illuminé ma journée, murmura celui-ci.
Harry sourit, ému.
- J'aurais dû le faire bien plus tôt. On pourra se retrouver où bon nous semblera, maintenant.
- Et quand on voudra, aussi. Mais je crois qu'on va devoir se voir un peu plus tard. Ton binôme t'attend.
Harry se sentit soudain un peu coupable. Avec tout ça, il avait complètement oublié Malfoy !
- On pourra se voir après le dîner, si tu veux, proposa-t-il à Adrian.
- Où ça ? Devant l'entrée de la Grande Salle ? Devant la bibliothèque ? Dans la volière ? Dans le parc ? Devant ta salle commune ? Devant la mienne ? Il y a le choix, maintenant, dit Adrian avec humour.
Harry se mit à rire.
- On n'a qu'à s'attendre devant l'entrée de la Grande Salle.
- Ça me va. À tout à l'heure.
- À tout à l'heure.
Harry déposa un léger baiser sur les lèvres d'Adrian puis rejoignit Malfoy sans faire attention à tous les regards qui étaient posés sur lui. Il ne manqua pas en revanche celui de son binôme qui semblait choqué et consterné.
- C'est une mode ? demanda-t-il alors que Harry s'asseyait.
- Quoi ?
- Être gay. C'est une mode ?
Harry fronça les sourcils.
- Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Tu es sérieux, là ? Hier Théo, aujourd'hui toi, demain ce sera qui ? Un de mes collègues préfets ? Faut me le dire hein, qu'on lance les paris maintenant !
Les paroles de Malfoy laissèrent place à un silence quelque peu gênant. Harry ne s'était pas attendu à cette réaction de la part de son binôme. Il l'avait bien pris pour Théo la veille, alors pourquoi le prenait-il mal pour lui ?
- Ça te dérange que je sois gay ? demanda-t-il.
- Non, je n'en ai rien à faire ! Tu fais ce que tu veux de tes fesses, je m'en fous royalement ! Mais juste... évitez de vous dévorer la bouche devant tout le monde, quoi !
Harry écarquilla les yeux. Il trouvait cette remarque profondément injuste.
- Ok donc en fait t'es homophobe mais tu ne l'assumes pas, dit-il sèchement. Ça ne te fait rien que ton meilleur ami et ton binôme soient gay mais, par contre, faut surtout pas que ça embrasse un mec devant toi. Désolé mais je ne compte pas m'empêcher d'embrasser Adrian quand je serai ici. Nous ne faisons rien de mal. Nous faisons juste comme les autres couples. Je ne vois pas pourquoi on devrait se cacher et pas les autres. Ça fait deux ans que je me cache pour éviter de me prendre des réactions comme la tienne. Aujourd'hui j'ai décidé de vivre mon histoire avec Adrian au grand jour et je compte bien en profiter. Alors, si ça te dérange, eh bien tant pis pour toi.
Harry se leva sur ces mots, prit ses affaires et quitta la salle commune de Serpentard. Il se sentait affreusement mal. Il avait l'impression d'avoir été trahi. Il était surtout déçu et peiné de la réaction de Malfoy. Pourtant, cela ne devrait pas l'étonner. Il aurait dû s'y attendre. C'était Malfoy, après tout. Mais cela ne l'empêchait pas d'être triste. Sa relation s'était grandement améliorée avec Malfoy et tout venait de partir en éclats. C'était surtout cela qui le peinait. Il soupira et décida de se promener dans les couloirs afin de se changer les idées. Il était dix-huit heures, cela lui laissait une heure avant le dîner. Il commença donc à déambuler dans les couloirs, sans vraiment savoir où il allait, l'esprit complètement ailleurs. Arrivé au troisième étage, il n'eut plus envie de marcher. Il s'arrêta, s'assit contre un mur, ramena ses jambes contre lui et enfouit sa tête dans ses bras. Il ne sut combien de temps il resta ainsi mais il était tellement plongé dans ses pensées qu'il sursauta lorsque quelqu'un s'adressa à lui :
- Harry ?
Il releva brusquement la tête et découvrit Remus qui se tenait devant lui.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda son directeur de maison, l'air inquiet.
- Je... je réfléchissais.
- Il n'y a pas d'endroits plus confortables pour ça ?
- Je... ça m'est venu d'un coup. Je marchais et... j'ai eu besoin de m'arrêter.
Le regard de Remus se fit de plus en plus soucieux. Harry avait bien conscience que ses paroles n'étaient pas faites pour le rassurer. Mais il n'avait pas la force de mentir, là, tout de suite, maintenant. Il était triste, las, fatigué et il avait envie de pleurer. Cela devait tellement se voir sur son visage que Remus n'eut aucun mal à le deviner :
- Tu as surtout besoin de parler, je crois.
Harry hésita un moment. Il se rendit compte qu'en effet, il avait besoin de se confier. Il n'avait pas envie de faire comme si tout allait bien. Il ne voulait pas garder tout cela pour lui. Il voulait être écouté et réconforté. Il eut honte à cette pensée mais il savait que c'était un désir tout à fait normal. Il finit alors par acquiescer.
- Bien, viens avec moi, dans ce cas.
- Où ça ? demanda Harry en se tendant brusquement.
Il ne voulait parler qu'à Remus. En temps normal, il aurait voulu se confier également à Sirius mais comme il allait devoir parler d'Adrian... Il préférait que Sirius l'apprenne en même temps que les autres. C'est-à-dire le lendemain, à la première heure. Sinon il allait l'embêter avec ça et ce n'était pas du tout le bon moment. Harry savait que Remus, lui, resterait sérieux. Ce dernier sembla d'ailleurs comprendre ce qui se passait dans la tête de Harry.
- On va aller dans mon bureau, si ça te convient, dit-il en souriant.
Harry hocha la tête, rassuré, et suivit Remus jusqu'à son bureau. Une fois arrivés, Harry s'installa à la demande de Remus qui commença à préparer le thé. Quelques minutes plus tard, il tendit une tasse fumante à Harry.
- Voilà. Fais attention, c'est chaud. Bon, raconte-moi tout, maintenant.
Harry prit une grande inspiration et se lança :
- Après les cours, Malfoy et moi avons décidé de travailler sur notre devoir de botanique. Comme à dix-sept heures, la salle des binômes est souvent bondée, Malfoy m'a proposé d'aller dans sa salle commune. Pensant qu'on y serait mieux, j'ai accepté. Sauf que c'était loin d'être calme. En plus, ça n'arrêtait pas de parler du coming-out de Théo. Ils faisaient tous des remarques désobligeantes et ça m'a énervé. J'ai même failli me battre avec le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard qui est allé beaucoup trop loin. On s'est quand-même écharpés verbalement et sans le vouloir, il m'a poussé à faire mon propre coming-out. Et comme je voulais que tout soit clair, je suis allé embrasser celui avec qui je sors en ce moment. Il s'appelle Adrian et ça fait trois semaines que nous sommes ensemble. Comme je l'aime et que j'ai envie que notre histoire dure le plus longtemps possible, j'ai décidé de la rendre publique. Adrian était d'accord, il attendait juste que je sois prêt. Finalement, c'est moi qui ait officialisé notre couple. Bon, pour être tout à fait honnête, je l'ai fait pour que les Serpentard cessent de parler de Théo. Je préférais encore être au centre de leurs discussions plutôt qu'ils continuent à dire des choses horribles sur Théo. Seulement, lorsque j'ai rejoint Malfoy, je ne m'attendais pas à ce qu'il réagisse comme il l'a fait. Il avait très bien pris le coming-out de son ami mais le mien n'est pas du tout passé de la même manière. Déjà, il croyait qu'être gay, c'était une mode ! Bon, je ne lui en ai pas tenu rigueur, ça pouvait se comprendre. Mais après il m'a carrément dit que j'étais prié de ne pas «dévorer la bouche d'Adrian» devant tout le monde ! Limite il m'a demandé de prendre une chambre, quoi ! Alors que je suis sûr que ça ne le gêne absolument pas de voir un garçon et une fille s'embrasser ! En gros ça ne le dérange pas que deux mecs sortent ensemble mais pas devant lui !
Harry avait presque les larmes aux yeux en prononçant ces mots. Il fut néanmoins soulagé que Remus ne le regarde pas avec pitié. Il semblait triste, voire même très triste, mais il n'y avait pas de pitié dans son regard. C'était comme si... comme s'il savait ce que Harry ressentait. Peut-être était-ce ce que vivait Remus lorsque quelqu'un apprenait pour sa lycanthropie. Quoi qu'il en soit, Harry savait qu'il s'était confié à la bonne personne.
- Je comprends que la réaction de ton binôme t'ait fait de la peine, ce n'était pas très gentil et ça manquait cruellement de tact. Mais je crois qu'il n'a tout simplement pas réfléchi avant de parler. Je ne veux pas le défendre, Harry. Mais essaie de se mettre à sa place. D'après ce que tu me dis, hier, il a appris comme les autres qu'un de ses amis était gay. Ça a déjà dû lui faire un choc. Aujourd'hui, il apprend qu'un autre garçon de son «entourage» est gay lui aussi et que ce n'est nul autre que son binôme. Deux coming-out en vingt-quatre heures, ça doit faire beaucoup pour une seule personne. Qu'elle soit à l'aise sur le sujet ou non. Maintenant, prends en compte le fait que Draco n'a sûrement jamais eu de contacts avec une personne gay avant qu'il n'apprenne pour son ami et toi. Il ne sait pas ce que c'est. Il est face à l'inconnu. Il est alors un peu perdu et il ne sait pas comment réagir. Et comme souvent dans ce genre de situation, on fait et on dit n'importe quoi. Je suis sûr qu'en ce moment-même il s'en veut pour ce qu'il t'a dit. Tu sais, je vous observe en cours et je vois bien qu'il n'y a plus de haine dans ses yeux quand il te regarde. Être assis à côté de toi ne semble plus être une obligation pour lui. Et pour toi non plus. Je suis sûr qu'il n'a pas envie de perdre cet équilibre fragile que vous avez réussi à construire, alors si tu lui en laisses l'occasion, il va sûrement s'excuser pour ce qu'il t'a dit. Il faut juste que tu lui donnes une chance.
Harry se laissa totalement porter par les paroles de Remus. Il n'avait pas du tout vu les choses comme ça et il s'en voulait désormais d'avoir réagi au quart de tour.
- Je n'avais pas réfléchi à tout ça, avoua-t-il. Je n'avais pas pensé que Malfoy puisse être chamboulé. Mais tu as raison. Je vais attendre demain pour lui parler. On commence à onze heures, avec un peu de chances, je vais réussir à le trouver avant les cours.
- Je suis certain que tu vas le trouver facilement, en effet. Bon, maintenant, je veux en savoir plus sur deux personnes que tu as mentionnées. Si j'ai bien compris, tu es devenu ami avec Théodore Nott ?
- Oui, on s'est découvert des points communs alors évidemment, ça nous a rapprochés.
Le sourire moqueur qui apparut sur les lèvres de Remus fit rougir Harry.
- Je ne parlais pas de ce point commun ! s'écria-t-il. Je n'ai appris que très récemment qu'il était gay. Tout comme il l'a appris récemment pour moi. C'est juste que nous voyons tous les deux les Sombrals, par exemple.
- Oh... Je n'avais pas fait ce rapprochement. Comme tout autre professeur, j'ai pourtant des informations essentielles sur tous les élèves mais je ne me suis pas dit qu'il était capable de voir les Sombrals. Je n'y avais pas pensé non plus pour toi, à vrai dire. En fait, je crois qu'on préfère oublier l'existence des Sombrals.
- Ce sont pourtant des créatures inoffensives, murmura Harry.
- Je le sais bien, dit doucement Remus. Mais c'est ce qu'elles représentent et la raison pour laquelle certaines personnes peuvent les voir que ça nous met mal à l'aise. Mais c'est une très bonne chose que vous en parliez ensemble.
- On s'est aussi aidés mutuellement pour nos binômes. J'ai participé au changement d'avis de Justin sur Théo et Théo a participé au changement d'avis de Draco sur moi. Mais pour Justin il y a eu aussi l'aide de Hermione et de Draco et pour Draco il y a eu l'aide de Hermione. En fait ça a été un travail d'équipe, si on peut appeler ça comme ça.
- C'est ce que je vois et je trouve ça très bien, approuva Remus. L'idée de Dumbledore commence à porter ses fruits, on dirait. Voir des maisons s'unir pour arranger les choses au sein de deux binômes, c'était exactement le genre de résultat escompté. Continue à t'ouvrir aux autres, Harry. À présent, je veux en savoir plus sur cet Adrian. Mais seulement si tu veux bien m'en parler.
- Il est génial, dit Harry en souriant. Il est gentil, doux, patient, attentionné, drôle, beau, joyeux... Il est parfait, quoi.
- Tu sembles déjà beaucoup attaché à lui, fit remarquer Remus. Mais ça ne m'étonne pas. Durant ton récit tu as dit que tu l'aimais.
Harry se troubla un instant. Il ne s'en était pas rendu compte. Sa réaction fit sourire Remus.
- C'est bien ce qu'il me semblait. Tu l'as dit sans réfléchir. Mais c'est révélateur de ce que tu ressens. C'est ton inconscient qui a parlé.
- Tout à fait, confirma Harry. Je n'en avais pas encore vraiment conscience. On ne se l'est pas encore dit, en fait, ajouta-t-il, un peu gêné.
- C'est normal, voyons, dit gentiment Remus. Cela ne fait que trois semaines que vous êtes ensemble. Laissez-vous un peu de temps. Bon, j'aurais bien aimé te poser un milliard d'autres questions mais il est l'heure d'aller dîner. Si je te fais sauter un repas en te retenant, je vais avoir Sirius sur le dos. Et il aura bien raison. D'ailleurs, j'imagine que tu sais que, dès demain, il sera au courant comme tout le monde pour Adrian et toi ?
- Oui, et je vais soigneusement éviter son regard. J'espère juste qu'il le prendra bien.
- À vrai dire, nous nous doutions déjà depuis quelques jours que tu avais un petit-ami, avoua Remus. Il sera donc juste surpris par l'identité du petit-ami en question.
- C'est fou comme c'est agréable d'avoir une vie privée, à Poudlard, ironisa Harry. Mais ça m'arrange. J'espère juste qu'il ne va pas me faire toute une scène parce que je ne lui en aurais pas parlé avant. Je ne veux pas le vexer, mais... je préférais attendre avant de le lui dire.
- Je sais, il peut être vraiment agaçant quand il s'y met. Je vais essayer de le raisonner à ce sujet.
- Merci, dit Harry, sincèrement reconnaissant. Bon, j'y vais. Merci de m'avoir écouté et conseillé, ça m'a vraiment fait du bien de parler.
- De rien. N'hésite pas à venir me voir quand ça ne va pas.
Harry acquiesça, souhaita une bonne soirée à Remus et s'en alla. Il n'avait pas très faim mais il se rendit quand-même à la Grande Salle. En revanche, il était épuisé. Il avait eu un peu trop d'émotions en seulement deux heures. Son repas fut donc vite expédié. Comme prévu, il attendit Adrian à l'entrée de la Grande Salle. Même s'il comptait aller rapidement se coucher, il avait bien l'intention de passer un peu de temps avec son petit-ami. Il lui manquait dès que cela faisait vingt-quatre heures qu'il ne l'avait pas vu. C'était comme s'il lui manquait une part de lui-même. Harry n'aurait jamais pensé devenir accro aussi vite à Adrian. Mais il avait déjà vécu ça et il savait que cela portait un nom : l'amour, tout simplement. À présent, il devait bien le reconnaître : il était bel et bien amoureux d'Adrian. Et cela le rendait bêtement heureux.
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(jeudi 28/09) POV Théo
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- Tu es sûr que ça va, Théo ? Tu es tout pâle.
- Oui, ça va, je te l'ai déjà dit.
- Ça n'a pas l'air.
- C'est juste un peu de stress, rien de plus.
- Du stress ? Tu es stressé ? Pourquoi ?
Théo soupira. Draco n'allait pas le lâcher, il le savait.
- Parce que j'ai une séance de travail avec Justin à la fin des cours.
- Et en quoi ça te rend nerveux ?
- Parce que depuis lundi on n'a pas travaillé ensemble.
- Et alors ? Vous avez bien attendu deux semaines pour faire votre première séance de travail. Comparées à ça, soixante-douze heures, qu'est-ce que c'est, franchement ?
- Durant ces soixante-douze heures il s'est passé quelque chose, je te rappelle !
- Tu veux parler de ton coming-out ?
- Oui.
- Et alors, c'est quoi le problème ?
- Tu en fais exprès ou quoi ?! s'agaça Théo.
- Non, c'est juste que je ne comprends pas ce qui te rend nerveux comme ça !
- Mais enfin, c'est évident ! À la rentrée, je lui faisais peur parce que j'étais un Serpentard, un Sang-Pur et un fils de Mangemort ! Alors aujourd'hui je pourrais très bien le dégoûter parce que je suis gay !
Draco s'arrêta brusquement, surprenant Théo qui marchait à côté de lui.
- Tu es sérieux, là ? Mais ça n'a rien à voir du tout !
- C'est un préjugé comme un autre !
- Mais ce n'est pas parce qu'il avait trois préjugés à la rentrée qu'il est forcément homophobe ! C'est un Poufsouffle, ces gens sont ouverts d'esprit, normalement. Ce n'est pas lui qui ira te dire ce que j'ai dit à Potter hier...
Théo grimaça. Draco lui avait raconté ce qui s'était passé la veille au soir avec Harry. Théo ne l'avait jamais vu aussi mal. Draco s'en voulait terriblement d'avoir blessé Harry. Heureusement, ils s'étaient expliqués le matin-même, Draco s'était excusé, Harry lui avait pardonné et il lui avait dit qu'il ne lui en voulait pas du tout. Au lieu d'être rassuré, Draco s'était senti encore plus mal. Il estimait ne pas mériter la gentillesse de ce «crétin de Gryffondor». Théo n'avait pas pu s'empêcher de rire. Même lorsque Draco trouvait Harry trop gentil, il était obligé de l'insulter. C'était désespérant. Mais drôle, aussi. Se rappelant qu'ils devaient se rendre à leur cours de métamorphose, Théo se remit en marche.
- Dépêchons-nous, sinon on va être en retard.
- Ce n'est pas moi qui ait voulu parler au professeur Black à la fin du cours...
- Je ne t'ai jamais demandé de m'attendre !
- Je voulais juste m'assurer que tu n'allais pas draguer notre professeur de sortilèges. J'ai fait ça au nom de ton amitié avec Potter.
Théo leva les yeux au ciel.
- Bon sang je vais le regretter longtemps mon coming-out involontaire ! Non mais franchement, tu me vois vraiment draguer un professeur ?!
- Je plaisantais, apaisa Draco. Je sais bien que tu n'es pas comme ça. Et tu as raison, on ferait mieux de se dépêcher.
Draco et Théo arrivèrent quelques minutes plus tard à la salle de métamorphose. Le professeur Lupin ne leur tint pas rigueur de leur retard et leur permit de s'installer. En s'asseyant à côté de Justin, Théo croisa son regard perplexe et lui fit un signe de la main qui voulait dire «Je t'expliquerai plus tard». Justin acquiesça et lui fit un petit sourire. Théo se sentit étrangement troublé. Il rendit bêtement son sourire à son binôme avant de sortir ses affaires de son sac. Il avait le coeur qui battait légèrement trop vite sans savoir pourquoi. Il avait peut-être dû marcher un peu trop rapidement avec Draco. À l'avenir, il allait devoir éviter de demander des renseignements auprès de ses professeurs alors qu'il avait un cours qui l'attendait. Il était sous trois traitements différents, il devait donc peut-être se ménager.
Le cours passa plutôt vite. Lorsque le professeur Lupin les libéra, presque tous les élèves se ruèrent aussitôt hors de la salle de classe. Théo soupira.
- Il va encore y avoir un monde fou dans la salle des binômes...
- On s'entourera d'une bulle de silence, comme d'habitude, suggéra Justin. Après, si tu préfères qu'on reporte notre séance à plus tard...
- Non, non, ça fait déjà trois jours qu'on n'a pas travaillé ensemble. Il est temps de s'y remettre. Allons-y.
Théo et Justin quittèrent la salle de métamorphose et se rendirent à la salle des binômes. Ils choisirent une table relativement isolée, s'installèrent et commencèrent à travailler. À chaque fois que Justin lui posait une question, Théo s'efforçait de lui répondre sans le regarder. Malgré ce que lui avait dit Draco, il avait peur de voir du dégoût dans le regard de Justin. Si Théo avait espéré que son attitude passerait inaperçue, il s'était lourdement trompé. Au bout d'une demie-heure, Justin lui prit sa plume des mains et referma le livre qu'il lisait tout en écrivant. Théo leva la tête, surpris. Il croisa alors le regard à la fois triste et inquiet de Justin.
- Pourquoi tu m'évites, Théo ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Rien, pourquoi ? demanda Théo en se sentant rougir.
- Parce que tu ne m'as pas regardé dans les yeux une seule fois depuis qu'on est arrivés ! Je dirais même que c'est depuis mardi après-midi que tu évites mon regard. Je veux savoir pourquoi.
Théo baissa les yeux sans répondre. Il entendit Justin soupirer.
- C'est à cause de ce que Crabbe et Goyle ont dit durant le cours de soins aux créatures magiques ? Tu crois que je pense comme eux ?
- Je ne sais pas, avoua Théo. J'ignore ce que tu penses de... de ça, alors... j'avais peur de ta réaction.
- Tu saurais peut-être ce que j'en pense si tu me l'avais demandé, lâcha Justin. C'est sûr que tu ne peux pas le savoir si tu m'adresses à peine la parole.
Théo se sentit mal. Justin avait raison. Il s'était conduit comme un imbécile.
- Hé.
Il sursauta en sentant la main de Justin se poser sur son épaule. Il tourna la tête et tomba sur le regard azur de son binôme qui lui souriait.
- Je m'en fiche que tu sois gay. J'ai des préjugés débiles mais je ne suis pas homophobe.
Théo eut l'impression qu'un grand poids s'ôtait de ses épaules. Il était immensément soulagé. Mais il avait également honte d'avoir douté de son binôme.
- Désolé, j'ai été idiot, s'excusa-t-il.
- Non, ça peut se comprendre. Après ce que je t'ai fait vivre pendant deux semaines, c'est normal que tu aies douté de mon ouverture d'esprit. Mais je n'ai rien contre les gay, c'est promis. Est-ce que, du coup, je pourrai avoir l'honneur que tu me regardes quand tu me réponds, maintenant ? Ou est-ce que je vais devoir me contenter du sommet de ton crâne ?
Théo sourit, amusé.
- Non, c'est bon, tu vas avoir le droit de voir mes yeux. Même si je doute que ce soit un réel honneur.
- Pourquoi dis-tu ça ?
Théo haussa les épaules.
- Ils sont à mon image. D'une banalité affligeante.
Justin écarquilla les yeux.
- C'est comme ça que tu te vois ?
- Ben... oui.
- Tu devrais faire examiner ta vue, alors. S'il y a une seule chose qui est pourrie chez toi, ça doit être ça. Allez, on s'y remet ?
Sans attendre de réponse, Justin se replongea dans son cours d'histoire de la magie, complètement inconscient du trouble qu'il venait de causer chez Théo. Celui-ci mit un long moment à reprendre ses esprits et eut beaucoup de mal à se remettre lui aussi au travail. Il ne savait pas ce qui lui arrivait mais c'était très perturbant. Il allait vraiment devoir parler de ses potions au professeur Snape. Soit il en avait trop à prendre, soit elles avaient des effets secondaires très indésirables. Dans tous les cas, il était sûr que ces potions étaient la cause de son trouble. S'il devait arrêter l'une d'entre elles à cause de ses effets secondaires, il n'était pas sorti de l'auberge !
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(vendredi 29/09) POV Harry
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En à peine vingt-quatre heures, la nouvelle du coming-out de Harry s'était répandue dans tout Poudlard comme une traînée de poudre. Mais contrairement à ce qu'il avait «espéré», il n'était pas le seul à être au coeur des discussions. Il se partageait la vedette avec Théo alors qu'il avait fait son coming-out dans l'espoir que les élèves arrêtent de parler de son camarade. Mais Théo l'avait rassuré en lui disant qu'il entendait quand-même moins de gens parler de lui, que ce soit dans sa salle commune ou dans le château en général. Il l'avait également chaleureusement remercié avant de lui dire qu'il n'aurait pas dû faire ça. Mais Harry ne regrettait absolument pas. Au moins, il n'avait plus à se cacher.
Il se rendait actuellement à son cours de potions en compagnie de ses deux amis. Comme tous les vendredis, c'était un double cours durant lequel ils allaient devoir préparer une potion. Ce jour-là, ils feraient de nouveau la potion qu'ils avaient apprise la semaine précédente. Lorsqu'ils entrèrent dans le cachot, Harry ne se sentit pas très bien. Il avait un sentiment d'insécurité. Mais il le chassa bien vite et alla se mettre à sa place habituelle. Il commença à préparer sa potion comme tout le monde en suivant scrupuleusement chaque consigne. Alors qu'il en était à la cinquième étape, un «plouf» puis un cri se firent entendre. Harry se retourna vivement et fut frappé d'horreur en voyant Théo couvert de cloques et d'une épaisse substance verdâtre. Malfoy et Zabini voulurent se précipiter vers lui mais Snape les en empêcha :
- Ne le touchez pas ! Le moindre contact avec cette substance vous couvrira de cloques vous aussi. Emmenez-le simplement à l'infirmerie, M. Malfoy. Mme Pomfresh saura arranger cela. Vous n'en garderez aucune trace, M. Nott.
Théo acquiesça et sortit du cachot en compagnie de Malfoy. Harry remarqua que tous ses camarades semblaient consternés, sauf deux d'entre eux. Il dut serrer les poings pour ne pas faire exploser son chaudron sous le coup de la colère. Il ne faisait aucun doute pour lui que Crabbe et Goyle étaient derrière tout ça. Si maintenant ils s'en prenaient à Théo même en plein cours... Son coming-out involontaire l'avait encore plus mis dans leur collimateur, c'était sûr et certain. Mais Harry pensait que Crabbe et Goyle n'auraient jamais osé faire quoi que ce soit sous les yeux de leur directeur de maison ! Enfin bon, le directeur de maison en question n'avait rien vu puisqu'il avait le nez plongé dans ses copies... Furieux et agacé, Harry dut déployer de gros efforts pour se maîtriser. Il se calma et reprit posément la préparation de sa potion. Il l'avait déjà réussie la semaine précédente, c'était donc plutôt facile pour lui. Alors qu'il était à l'avant-dernière étape, il entendit un bruit de plastique derrière lui. Il se retourna et eut juste le temps de voir une pierre arriver droit devant lui. Il se baissa, plongea sous sa table et se protégea la tête de ses mains. Il ferma fort les yeux en entendant son chaudron exploser et ses camarades hurler.
- M. POTTER SORTEZ IMMÉDIATEMENT DE VOTRE CACHETTE !
Harry obéit à contrecoeur.
- Vous ne pouvez donc pas vous en empêcher ! Tout Poudlard parle déjà de vous mais vous devez quand-même vous faire repérer en plein cours ! Qu'avez-vous mis dans votre chaudron pour qu'il explose ?!
- Rien du tout ! répondit Harry avec véhémence. Quelqu'un a lancé une pierre dans mon chaudron et ce quelqu'un c'est la même personne qui a envoyé un de ses camarades à l'infirmerie !
- Je vous conseille de baisser d'un ton, M. Potter ! Avez-vous une preuve de ce que vous avancez ?
- Non, admit Harry du bout des lèvres. Mais je l'ai vu !
- Je crains que cette excuse ne soit pas suffisante, dit Snape d'une voix doucereuse. Dégradation de matériel et trouble pendant le cours. Voilà qui vous vaudra une soirée de retenue, M. Potter.
Harry fut tellement abattu qu'il se retrouva incapable de dire quoi que ce soit. Il accepta sans mot dire la sentence. Mais ce ne fut pas le cas de Ron qui décida de voler au secours de son meilleur ami :
- Professeur, excusez-moi mais vous ne trouvez pas ça étrange que, dans le même cours, ce soient Nott et Harry qui aient été victimes d'une explosion de chaudron ? À savoir les deux personnes qui ont fait leur coming-out récemment ? C'est quand-même une drôle de coïncidence, non ?
Snape regarda Ron avec tant de fureur que Harry crut un instant qu'il allait l'Avada Kedavariser.
- On ne parle pas dans mon cours sans y être invité, M. Weasley, lâcha froidement Snape. Dix points en moins pour Gryffondor. Et je vous déconseille fortement de répondre sinon ce sera le double et vous accompagnerez votre ami en retenue ce soir.
Au grand soulagement de Harry, Ron se tut. Il préférait être seul en retenue plutôt que son meilleur ami l'accompagne pour l'avoir défendu. Et puis, s'ils pouvaient éviter de perdre trop de points... Harry soupira et regarda son chaudron. Il se sentit soudain las. Il était épuisé. Il en avait marre. Tous les efforts qu'il faisait ne servaient strictement à rien. Il avait beaucoup moins d'ennuis du temps où il était nul en potions. Et si c'était ça, la solution ? Et s'il devait juste redevenir nul pour que Snape lui fiche la paix ? Car s'il était aussi infect depuis la rentrée, c'était simplement parce qu'il ne voulait pas accepter le fait que Harry avait fait des progrès en potions. S'il redevenait mauvais, Snape ne pourrait plus l'accuser de tricher. Harry était triste de devoir en arriver là après tous les efforts qu'il avait faits mais il n'en pouvait vraiment plus. Aller en retenue lorsque c'était mérité, il n'avait rien contre ça. Mais se prendre des retenues totalement injustifiées, ça, non, ça ne passait pas. Et puis ce n'était pas comme si les potions lui seraient utiles plus tard. Il ne savait pas encore ce qu'il voulait faire mais il y avait tout un tas de métiers où un ASPIC en potions n'était pas requis. Déçu mais soulagé d'avoir trouvé un moyen de se sortir de cette situation, Harry se résigna à redevenir l'élève nul qu'il avait été durant ses quatre premières années.
Lorsqu'il sortit du cachot vingt minutes plus tard, il fut touché de voir qu'Adrian l'attendait. Ce fut le coeur un peu plus léger qu'il s'avança vers lui.
- Que fais-tu là ?
- Eh bien j'ai fini les cours alors je suis venu te chercher au tien. Ta journée s'est bien passée ?
- Euh... oui mais il me reste encore un cours, en fait.
- Oh... Désolé, j'avais oublié. Je ne sais pas pourquoi je me suis persuadé que le vendredi tu finissais à seize heures.
- Parce que tu avais hâte de me voir, tout simplement, répondit Harry en faisant les yeux doux à Adrian.
- Ça doit être ça, en effet, dit ce dernier en riant. Bon, ce n'est que partie remise. On se voit à dix-sept heures ?
- J'aurais bien aimé mais ça ne va pas être possible, grimaça Harry. Je suis collé, ce soir. Je viens juste de l'apprendre.
- Encore Snape qui a fait des siennes ? demanda Adrian, de la colère dans la voix.
Harry fit une moue triste en guise de réponse.
- Je vais lui faire bouffer ses chaudrons, siffla Adrian.
- Non, ne t'en mêle pas, soupira Harry. Ron a voulu me défendre et il a fait perdre dix points à Gryffondor alors qu'il était resté très respectueux. Je suis désolé mais il faut que j'y aille. J'ai cours de sortilèges. Si j'arrive en retard, je vais me le faire dire.
- D'accord, je ne vais pas te retenir plus longtemps. Elle est à quelle heure, ta retenue ?
- Vingt heures.
- Ah oui, ça fait tard. Tant pis, on se verra demain. Je peux juste avoir un bisou avant de te laisser ?
Harry sourit et posa de lui-même ses lèvres sur celles d'Adrian. Celui-ci répondit aussitôt au baiser et attira Harry tout contre lui. Harry ne put retenir un gémissement, appréciant la chaleur qui émanait du corps d'Adrian. Il voulut approfondir le baiser mais son Serpentard de petit-ami sépara leurs lèvres pour diriger les siennes vers l'oreille de Harry.
- Je vais te laisser un souvenir de moi que tu garderas sur toi durant ta retenue.
- Tu m'as déjà dit ça lorsque tu m'as embrassé pour la première fois... Et c'était juste avant ma première retenue de l'année.
- Oui mais là ce sera beaucoup plus flagrant, dit Adrian avec un sourire malicieux.
Harry n'eut pas le temps de répondre qu'Adrian plongea ses lèvres dans son cou. Il dut retenir un cri lorsqu'Adrian prit un bout de peau entre ses lèvres avant de l'aspirer d'abord doucement, puis de plus en plus fort. Il remonta ensuite vers ses lèvres sur lesquelles il déposa un léger baiser. Harry n'avait aucune idée de la raison pour laquelle Adrian venait de faire ça mais ce qu'il savait, c'était qu'il avait beaucoup aimé.
- Tu devrais cacher ton cou, par contre, prévint Adrian. Je préférerais que ce souvenir reste entre nous. Bon courage pour ce soir avec Snape.
Adrian embrassa rapidement Harry puis il s'en alla. Harry n'avait rien compris de ce qui venait de se passer. Il faisait encore relativement chaud en cette fin de mois de septembre alors il n'avait aucune envie de protéger son cou comme le lui avait conseillé Adrian. Il allait étouffer sinon. Il décida d'oublier les recommandations étranges de son petit-ami et se dépêcha de se rendre à son cours de sortilèges. Il avait déjà plus de cinq minutes de retard. C'était clairement de la faute d'Adrian mais il n'arrivait même pas à lui en vouloir. Lorsqu'il entra dans la salle de sortilèges, il reçut un regard très noir de la part de Sirius. Vu son air furieux, il savait d'ores et déjà qu'il allait devoir rester à la fin du cours. Il s'installa à côté de Malfoy et sortit rapidement ses affaires. Alors qu'il prenait son parchemin et son encrier, il se rendit compte qu'il avait légèrement mal à l'endroit où Adrian avait suçoté la peau de son cou. Il lui demanderait d'y aller moins fort, la prochaine fois. Pourtant il avait beaucoup aimé, sur le moment. Il n'y fit cependant pas attention et commença à noter le cours que Sirius était en train d'énoncer. Ce n'étaient que des informations sur la personne qui avait inventé le sort sur lequel Harry et ses camarades allaient devoir s'entraîner mais il savait que c'était toujours bon à mettre dans un devoir. Il ne put cependant pas écrire grand-chose puisqu'il fut vite l'heure de passer à la pratique. Harry maîtrisa rapidement le sort du jour, ce qui lui valut un «Bien» de la part de son professeur. Alors qu'il s'exerçait à augmenter l'intensité du sort, il fut interrompu par Malfoy :
- Potter, tu peux me regarder ?
Harry fronça les sourcils et tourna la tête vers Malfoy. Celui-ci eut alors un sourire moqueur.
- Je comprends mieux pourquoi tu étais en retard. J'ai été incapable de dire à notre cher professeur où tu étais. Enfin, plutôt devrais-je dire avec qui tu étais.
- Et comment tu as pu le savoir ? demanda Harry, agacé.
Le sourire de Malfoy se fit encore plus large.
- Ça se voit. J'espère que Black est cool avec ça. Sinon tu vas passer un sale quart d'heure.
Harry voulut répondre mais Sirius leur intima d'arrêter de discuter. Harry se concentra de nouveau sur l'exercice demandé et se remit à travailler sur l'intensité du sort. À la fin du cours, il prit tout son temps pour ranger ses affaires. Comme il l'avait prédit, Sirius lui demanda de rester. Harry attendit que tous ses camarades soient partis pour aller le voir.
- Dix minutes. Dix minutes de retard ! Je me demandais si tu allais daigner nous faire grâce de ta présence !
- T'énerve pas...
- Je m'énerve si je veux ! Non mais qu'est-ce que tu croyais ? Que parce que tu es mon filleul, tu pouvais te permettre d'arriver à l'heure que tu voulais dans mon cours ?
Harry accusa le coup. Il ne s'attendait pas à se faire disputer comme ça par Sirius.
- Je suis désolé, murmura-t-il.
- Je l'espère bien. Ton binôme a été incapable de me dire où tu étais. Personne ne le savait, en fait. C'était comme si tu avais subitement disparu de la circulation entre le cours de potions et le... mais qu'est-ce que tu as dans le cou ?
Harry porta instinctivement sa main à l'endroit que Sirius fixait. C'est-à-dire l'endroit où Adrian avait suçoté son cou. Il commença alors à comprendre. Adrian lui avait laissé une marque. C'était pour cela qu'il lui avait conseillé de cacher son cou. En voyant l'air choqué de Sirius, il se sentit soudain mal à l'aise.
- Ce n'est pas du tout ce que tu crois...
Il ne savait absolument pas ce que Sirius croyait mais il avait jugé bon de dire un truc comme ça.
- Ah oui ?! Et qu'est-ce que je dois croire, alors ? Que tu t'es fait ça tout seul, peut-être ?!
- Oh ça va, y a pas mort d'homme ! répliqua Harry, agacé.
- Ne me parle pas comme ça !
- Mais c'est toi qui me prend la tête, là ! Oui, j'étais avec Adrian, oui, il m'a embrassé, oui il m'a laissé une marque, et alors ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? C'est ma vie privée, j'en fais ce que je veux ! Tu n'as pas à t'en mêler ! J'ai quinze ans, je ne suis plus un enfant alors fous-moi la paix !
Harry voulut s'en aller sur ces mots mais Sirius le retint en lui attrapant le poignet.
- Tu restes là ! On n'a pas fini de parler, jeune homme ! Je ne sais pas ce que tu as aujourd'hui mais tu vas te calmer parce que ta petite crise d'ado là ça commence à bien faire !
Harry se retourna et s'extirpa de la poigne de son parrain, récupérant ainsi son poignet. Il croisa les bras sur sa poitrine et regarda Sirius avec une expression de défi. Sirius soupira.
- Je ne veux pas la guerre avec toi, Harry. Mais je ne peux pas laisser passer le comportement que tu viens d'avoir avec moi. Est-ce que tu te rends compte de la façon dont tu m'as parlé ?
- Mais...
- Non, Harry. On ne pourra pas discuter calmement si tu es sur la défensive comme ça.
- Alors laisse-moi parler, rétorqua Harry.
Il soutint le regard de Sirius qui le fixa un long moment avant d'accepter sa requête :
- Bien. Je t'écoute. Pourquoi es-tu arrivé en retard ?
- Parce que j'étais avec Adrian. Mais ce n'était pas prévu, précisa aussitôt Harry. Il savait que j'avais un cours de potion de quinze à seize, il a cru que j'avais fini les cours alors il est venu me chercher pour me faire la surprise. Sauf que pas de bol, j'avais encore un cours. Il m'a alors proposé de se voir à dix-sept heures mais j'ai dû refuser parce que dois dîner tôt ce soir.
Sirius fronça les sourcils.
- Pourquoi ?
Harry baissa les yeux.
- Harry, je t'ai posé une question.
- Jesuiscollé.
- Pardon ?
- Je suis collé, répéta Harry plus distinctement.
Sirius ferma les yeux dans un effort évident de garder son calme.
- Par ton professeur de potions, j'imagine ?
- Oui.
- Qu'est-ce que tu as encore fait, cette fois ? Tu as donné la bonne réponse à une de ses questions ? Tu as rendu un bon devoir ? Ta cravate était de travers ? Tes cheveux n'étaient pas assez bien coiffés ?
Harry ne put s'empêcher d'être soulagé en comprenant que Sirius n'était pas en colère contre lui mais contre Snape. Il ne voulut cependant pas lui raconter exactement ce qui s'était passé, craignant que Sirius n'aille tuer Snape de ses propres mains. Il se contenta de lui dire que son chaudron avait explosé, qu'il avait tenté d'expliquer que ce n'était pas de sa faute mais que Snape n'avait pas voulu le croire. Ce n'était même pas le dixième de la vérité mais il sut qu'il avait fait le bon choix en voyant la colère qui se peignit sur les traits de Sirius. Cela lui fit néanmoins du bien de lui en parler, même s'il ne lui avait clairement pas tout dit. Après les tensions qu'il venait d'y avoir entre Sirius et lui, il ne voulait plus cacher ce genre de choses à son parrain. Même s'il ne lui disait pas tout. Il s'en voulait de s'être emporté vingt minutes plus tôt. Les choses s'étaient apaisées mais il savait que le sujet «Adrian» allait revenir sur le tapis et il se promit cette fois de ne pas s'énerver.
- Il va falloir faire quelque chose, ça ne peut pas continuer comme ça, lâcha Sirius. Tu ne vas pas passer l'année à aller en retenue pour des raisons totalement injustifiées !
- Ça va s'arranger, promit Harry. J'ai trouvé une solution. Ce n'est rien d'illégal, ajouta-t-il en voyant l'air suspicieux de Sirius. Et ça n'implique personne d'autre que moi. Je ne peux pas t'en parler mais je t'assure qu'il ne pourra plus me coller.
Sirius le regarda longuement avant de soupirer.
- D'accord. Je te fais confiance. Mais je te préviens : à la moindre retenue injustifiée, je m'en mêle, que tu le veuilles ou non.
- Très bien, accepta Harry.
- Donc c'est parce que tu as une retenue avec Snape ce soir que tu as dû refuser de voir ton petit-ami après les cours. Tu as eu besoin de dix minutes pour lui dire tout ça ?
- Non, dit Harry en rougissant. On s'est embrassé. Je lui ai dit que j'avais un cours mais comme il savait qu'on n'allait pas se voir, il a voulu me laisser un petit souvenir pour que je pense à lui durant ma retenue.
- D'accord, je comprends mieux. Ce souvenir c'est donc le magnifique suçon qu'il a laissé dans ton cou ?
Harry haussa les sourcils. Sirius écarquilla les yeux :
- Tu ne savais même pas que ça s'appelait comme ça ?! Rassure-moi, il t'a demandé ton avis avant de te le faire au moins ?!
- Euh... c'était censé être un genre de surprise alors...
- Mais on ne fait pas ça sans demander l'avis à son partenaire ! Tu peux très bien ne pas avoir envie d'avoir cette marque que tout le monde peut voir !
- Il voulait simplement me faire plaisir, tempéra Harry. Mais ne t'en fais pas, je vais avoir une discussion avec lui à ce sujet.
Sirius soupira de nouveau.
- Tout ça c'est de ma faute. J'aurais dû te parler de ce genre de choses bien avant. Je t'ai fait la grande discussion mais ce n'était pas suffisant. J'aurais dû te parler de toutes ces choses-là. Excuse-moi, Harry. Tu mérites bien mieux comme parrain. Je fais de mon mieux mais je vois bien que je ne suis pas à la hauteur.
- Non, c'est faux, asséna Harry. Tout ça c'est nouveau pour toi, alors c'est normal que tu patauges. Je ne te facilite pas la tâche, en plus. C'est plutôt moi qui devrais m'excuser. Je n'aurais pas dû te parler comme je l'ai fait. Je n'aurais pas dû non plus arriver en retard. Je comprends que ça t'ait énervé et je comprends aussi que tu n'aies pas apprécié de voir ce truc dans mon cou. Mais je te promets qu'Adrian ne m'a forcé à rien. C'est vraiment quelqu'un de bien. Je l'aime et... j'aimerais que tu acceptes ma relation avec lui.
Sirius se détendit et sourit.
- Tant qu'il est correct avec toi et qu'il te rend heureux, je suis tout à fait prêt à accepter que tu sois en couple avec lui. Mais je veux que tu me promettes de ne rien faire que tu ne veuilles pas.
- Je te le promets. Mais tu n'as pas à t'en faire pour ça. Il est très respectueux.
- Bien. Je te crois. Si tu n'as rien d'autre à me dire, je vais te laisser y aller. Fais juste attention à toi, d'accord ?
Harry acquiesça. Il eut l'étrange impression d'avoir un père inquiet en face de lui. Mais c'était peut-être tout simplement parce que Sirius agissait en tant que tel. Harry lui était reconnaissant de s'occuper de lui comme ça et il eut envie de le lui dire.
- Sirius ?
- Oui ?
- Je voulais te dire... merci. Je sais que ce n'est pas facile pour toi de me rappeler à l'ordre comme ça mais je sais aussi que tu fais ça pour mon bien. Et je voulais aussi te dire merci pour tout ce que tu fais pour moi et pour toute l'attention que tu me portes. Je sais, tu vas me dire que je n'ai pas à te remercier pour ça mais j'ai toujours été seul et personne n'a jamais été là pour moi, alors laisse-moi t'être reconnaissant, s'il te plaît. Tu te crois nul mais moi je te dis que tu es super. Tu m'aimes et rien que pour ça, tu fais mille fois mieux que les Dursley. Alors ne doute plus jamais de toi car moi je suis hyper heureux d'avoir un parrain comme toi.
Les mots de Harry laissèrent Sirius sans voix. Du moins, c'est ce que Harry pensa en voyant son parrain le regarder sans prononcer le moindre mot. Il semblait presque sonné. Face à son manque de réaction, Harry commença à se dire qu'il n'aurait pas dû dire tout ça, que c'était beaucoup trop tôt mais il fut coupé dans ses pensées par Sirius qui s'approcha de lui et qui le prit dans ses bras. D'abord surpris, Harry se détendit vite et profita pleinement de l'étreinte réconfortante et pleine de tendresse de son parrain. C'était la première fois que Sirius le prenait dans ses bras. Et Harry espérait que ce ne serait pas la dernière car il aimait beaucoup ça. Lorsque Sirius le relâcha, Harry vit qu'il était tout aussi ému que lui.
- Merci, Harry. Je me rappellerai de tout ça la prochaine fois que je douterai de mes talents de super parrain, plaisanta Sirius. Allez, file.
Harry acquiesça, souhaita une bonne soirée à son parrain et s'en alla. Il se sentait incroyablement bien. Il se fichait presque de la retenue avec Snape qui l'attendait moins de trois heures plus tard. Il avait plein de gens qui l'aimaient autour de lui et c'était tout ce qui comptait pour lui.
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(samedi 30/09) POV Théo
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- Quelle idée de s'entraîner aujourd'hui alors qu'il pleut à verse... On va être tout trempés, ça va être génial...
- Tu devrais avoir l'habitude, depuis le temps. Toi ça fait trois ans que tu es dans l'équipe. Tu as dû en avoir plusieurs, des entraînements sous la pluie.
- Oui mais je déteste ça.
- Parce que tes beaux cheveux blonds vont être tout plaqués ?
Pour toute réponse, Blaise reçut un regard noir de la part de Draco. Théo, lui, les écoutait tout en ayant l'esprit ailleurs. Il ne savait pas pourquoi mais entendre parler de cheveux blonds lui avait fait penser à son binôme. Les cheveux de Justin n'avaient pourtant rien à voir avec ceux de Draco. Ceux de Justin étaient un peu plus longs, plus fournis, plus épais, ils tombaient légèrement sur le front du Poufsouffle et s'accordaient magnifiquement avec... Mais à quoi était-il en train de penser ?! Cela n'allait pas du tout ! Il fallait qu'il se reprenne ! L'entraînement allait lui faire le plus grand bien. Il avait clairement besoin de se changer les idées. Ils étaient presque arrivés aux vestiaires, d'ailleurs. Ils s'y changèrent rapidement, écoutèrent les conseils du capitaine avant de se rendre sur le terrain avec leurs coéquipiers. Une fois dans les airs, Théo oublia tout ce qui le préoccupait. Ce jour-là, l'entraînement prenait la forme d'un match entre titulaires et remplaçants. Quatre-vingt-dix pour cent des entraînements avaient lieu ainsi, les dix pour cent restants étant des exercices propres à chaque poste. Théo préférait largement la forme d'affrontements entre titulaires et remplaçants car, même si la pression n'était pas la même, cela lui permettait d'apprendre à gérer son stress en situation de match. Il était un peu moins angoissé qu'avant mais il fallait quand-même qu'il travaille dessus.
Alors qu'il avait le souafle en main, il comprit pourquoi Draco râlait à l'idée de s'entraîner par un temps pareil. Ce n'était pas pratique du tout ! Théo voyait à peine devant lui. Mais il s'y habitua assez vite et parvint à passer le souafle à Pansy qui le passa à Blaise. Celui-ci voulut marquer mais il fut déstabilisé par un cognard qui vint percuter l'arrière de son balai. Théo pesta. Il n'y avait pas à dire, ils avaient de bons batteurs dans l'équipe. Aussi bien chez les titulaires que chez les remplaçants. Car même s'ils lui faisaient endurer un calvaire, Théo devait bien reconnaître que Crabbe et Goyle étaient bons à leurs postes. Il resta néanmoins concentré sur l'entraînement et put vite de nouveau avoir le souafle. Il fit le tour du terrain, Pansy et Blaise étant dispersés à cause des cognards qui les attaquaient tous les trois à tour de rôle. Il parvint à se rapprocher de Blaise à qui il envoya la balle. Elle fut ensuite lancée à Pansy qui la renvoya à Théo. Comme il était suffisamment proche des buts, il tenta un tir et marqua. Il essayait de suivre les conseils que lui donnaient Graham, à savoir corriger sa posture, se montrer précis lors de ses tirs ou encore faire attention aux mouvements de ses bras, que ce soit pour passer le souafle ou pour marquer. Il se rendait alors compte à quel point Graham avait eu raison lors des sélections : les joueurs novices comme lui manquaient cruellement de technique. Même si Théo avait été bon dans ses tirs et ses passes, sa performance avait dû être horriblement moche à voir comparée à celle de Graham, Adrian ou Cassius. Mais il faisait désormais tout pour s'améliorer et Graham lui disait sans cesse qu'il faisait de gros progrès. Cela ne suffisait cependant pas à lui donner confiance en lui.
L'entraînement se poursuivit et se passa plutôt bien malgré les conditions météorologiques. Lorsqu'ils regagnèrent la terre ferme, Théo était aussi épuisé que trempé. Il n'avait qu'une envie : prendre une douche bien chaude. Mais comme tous ses coéquipiers, il dut d'abord assister au debrief de l'entraînement. Les points forts, les points faibles, les choses à améliorer, les objectifs à viser pour le match contre les Gryffondor qui devait avoir lieu cinq semaines plus tard... Lorsque Graham les libéra enfin, Théo était de nouveau stressé. Le premier match de l'année allait venir beaucoup trop vite. Il espérait de tout coeur qu'il n'aurait pas à remplacer qui que ce soit. Il ne se sentait pas du tout prêt.
Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre les douches, Graham le retint.
- Théo, je peux te parler ?
Théo eut bien l'idée de faire comme s'il n'avait pas entendu mais ce n'était pas très honnête, comme comportement. Il se retourna donc, même s'il n'avait aucune envie de parler à son capitaine. Il avait entendu dire que Graham avait dit des choses insultantes à son sujet quelques jours plus tôt dans leur salle commune. Il n'était pas du genre à écouter les ragots mais lorsqu'il avait demandé à Draco si c'était vrai, celui-ci n'avait pas voulu lui répondre. Théo en avait donc conclu que c'était bel et bien vrai. Cela ne l'avait pas vexé mais il n'avait rien à dire à quelqu'un qui cassait du sucre dans son dos.
- Quoi ? demanda-t-il sèchement.
- Hé, calmos. Je ne te veux aucun mal. Bien au contraire.
- Alors dis-moi ce que tu me veux, que je puisse vite aller prendre ma douche.
- On n'a qu'à faire d'une pierre deux coups si tu es si pressé. On va se laver et on discute en même temps.
- Tu peux toujours rêver.
- Je ne te plais pas ?
L'air faussement blessé de Graham énerva Théo plus qu'autre chose.
- Non, pas du tout. Si c'est tout ce que tu voulais savoir, je vais y aller.
Théo reprit la direction des douches sur ces mots. Cette fois, Graham ne le retint pas. Théo n'y comprenait rien. Il sentait que Graham n'était pas réellement intéressé par lui mais qu'il voulait simplement le lui faire croire. Mais il ne parvenait pas à comprendre pourquoi. Il décida de ne pas se prendre la tête avec ça et prit sa douche qu'il estimait bien méritée. En sortant des vestiaires, il vit que Draco l'attendait.
- Blaise et Pansy sont partis ?
- Oui, ils avaient une séance de travail avec leur binôme, l'informa Draco. J'aurais dû en avoir une aussi mais comme demain, il y a la sortie à Pré-au-Lard, l'entraînement de Potter a été décalé à aujourd'hui. Du coup je suis libre. Mais qu'est-ce que tu as fait pour traîner dans les douches comme ça ? Tu étais accompagné ou quoi ?
- Non, Merlin merci j'ai réussi à prendre ma douche seul, répliqua Théo du tac-au-tac.
Il regretta d'avoir parlé sans réfléchir en voyant Draco hausser les sourcils.
- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ?
- Rien du tout.
- Ne me prends pas pour un idiot ! Quelqu'un t'a embêté ?
- Non.
- Tu mens.
Théo voulut répondre mais Graham sortit des vestiaires au même moment. Il n'en fallut pas plus à Draco pour comprendre.
- Graham en a après toi ?
Sachant que cela ne servait plus à rien de nier, Théo céda :
- Il me cherche, oui. Mais j'arrive à me débarrasser de lui assez facilement donc ça va.
Draco fronça légèrement les sourcils.
- Je comprends mieux pourquoi il ne passe plus autant de temps avec moi après les entraînements. Il préfère le passer avec toi. Avant, quand on sortait des vestiaires, il restait systématiquement un bon quart d'heure avec moi. Mais depuis la rentrée, il s'est considérablement éloigné de moi. Tu dois être devenu son nouveau chouchou.
Théo fut surpris par le reproche qu'il entendit dans la voix de Draco.
- Tu es jaloux ? demanda-t-il, incrédule.
- Pas du tout, répliqua Draco. Il passe son temps avec qui il veut. Je préfère même qu'il le passe avec toi, tu vois. Vous êtes visiblement du même bord. Alors qu'il n'a rien à espérer de moi.
Les mots de Draco troublèrent profondément Théo. Il avait vraiment l'impression que Draco était jaloux de l'attention que Graham lui portait. Et qu'il essayait de se convaincre lui-même que Graham «n'avait rien à espérer de lui». Mais il devait sûrement se tromper. Draco n'avait pas à s'en convaincre puisqu'il était hétéro. Théo se faisait des idées, voilà tout. Sentant qu'il était grand temps de changer de sujet, il proposa à Draco de rentrer :
- Bon, on ne va pas rester plantés là, sous la pluie. On sera mieux au chaud et au sec.
- Tu as raison. Allons-y.
Théo et Draco se dépêchèrent ainsi de rejoindre le château et se mirent bien au chaud dans leur salle commune. Elle avait beau se situer dans les cachots, il y faisait tout de même plus chaud que dehors en temps de pluie. Ils s'installèrent à une table libre et planifièrent leur journée du lendemain à Pré-au-Lard. D'habitude du genre à écouter passivement sans intervenir, Théo participa cette fois-ci activement à la discussion. En même temps, Blaise et Pansy n'étaient pas là, il n'allait donc pas laisser Draco parler tout seul. Et puis, surtout, parler lui permit de s'occuper l'esprit. Car depuis quelques jours, dès que son esprit était au repos, il avait tendance à vite divaguer. Et cela ennuyait beaucoup Théo. Car son binôme se retrouvait souvent au coeur de ses pensées. Or, il n'avait pas lieu de penser à lui. Ce n'était pas parce qu'il venait de faire son coming-out qu'il devait soudain s'intéresser de près à un garçon ! De surcroît à son binôme ! Un peu de tenue, que diable ! Il prépara donc en long, en large et en travers la sortie à Pré-au-Lard avec Draco. Ils soumettraient leurs idées à Blaise et Pansy quand ils reviendraient et ils espéraient qu'elles leur plairaient. En tout cas, Draco et lui avaient hâte d'être au lendemain. Après ce premier mois de cours éreintant, ils avaient bien mérité de s'amuser. Et pour ça, rien de tel qu'une bonne journée à Pré-au-Lard entre amis.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu =) On se retrouve vendredi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Professeurs divisés, préfets unifiés». La fic passera au rating M mais je le préciserai dans la NA. À vendredi et bisous tout le monde !
