Bonjour à toutes et à tous ! Me revoilà pour le vingt-deuxième chapitre de SAMLP. Avant de vous laisser le lire, je vais répondre aux deux reviews reçues sur le chapitre précédent :
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Zackos : Alors il va y avoir un POV Adrian mais à la toute fin de sa relation avec Harry XD Comme je dois déjà jongler avec une dizaine de POV, je ne peux pas inclure celui d'un personnage qui n'est pas voué à rester important jusqu'à la fin du tome, même si j'aurais bien aimé faire des POV Adrian =) Quant à ce qui va se passer entre Adrian et Harry ... suspense XD XD
Gryffondor : Oui, Sirius est très satisfait de ce qu'il a obtenu à l'issue de cette réunion ! C'est clair que le rythme était beaucoup trop soutenu pour des élèves qui n'ont pas l'habitude ! Severus s'en fiche tant que Draco n'est pas concerné, effectivement ^^ Du moins, pour l'instant :p Alors il n'y aura pas la réunion profs/préfets en détails, elle sera résumée dès le début du chapitre ^^ Cela n'avait pas une grande importance de la relater en direct, à part entendre les préfets répéter tout ce qu'on sait déjà XD Pour ce qui est de Sirius, Remus et Harry, tu as dû avoir le chapitre en avance, ce n'est pas possible autrement XD XD Sirius est complètement dépassé en ce qui concerne les relations amoureuses de Harry :/ Mais en effet, il devrait lui parler ^^
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Merci à tous deux pour vos reviews ! =) Je vous laisse avec le nouveau chapitre, bonne lecture !
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22 - Doutes (1/2)
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(samedi 07/10) POV Harry
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Trois jours avaient passé depuis le rassemblement des préfets. Ces derniers avaient réussi à se réunir la veille avec les directeurs de maison. Pendant deux jours, les préfets s'étaient tenus au courant, avaient parlé à leurs professeurs, ces mêmes professeurs s'étaient entretenus avec les autres professeurs afin de parler de ce que leur avaient dit les préfets et tout cela avait fini par aboutir à cette réunion. Harry n'y avait pas assisté mais Hermione lui avait tout raconté. Les préfets avaient relaté ce que leur avaient dit Harry et Théo, ils n'avaient omis aucun détail, ils avaient parlé des choses les plus gênantes et ils avaient même fait passer les dessins que Harry et Théo avait gardés et qu'ils avaient donnés aux préfets. D'après Hermione, les professeurs avaient été très choqués. Harry avait été très sceptique concernant Snape lorsqu'elle lui avait dit ça mais Hermione avait affirmé qu'elle ne l'avait jamais vu autant en colère. Elle avait précisé que les Serpentard allaient sûrement passer un mauvais quart d'heure. Tout comme Harry, elle pensait que les directeurs de maison attendraient le lundi matin pour parler aux élèves dans leur salle commune. Harry, qui devait prendre le thé chez Sirius et Remus le lendemain, avait un peu peur d'y aller. Il ne voulait surtout pas en parler avec eux mais il savait qu'il n'allait pas pouvoir y échapper. Il allait voir leur inquiétude, leur colère, leurs remords et c'était tout ce qu'il souhaitait éviter. Il ne voulait pas que Sirius et Remus se sentent coupables de n'avoir rien vu, rien entendu. Bref, tout cela le stressait énormément.
C'était donc pour se changer les idées que Harry avait décidé d'aller se promener dans le parc. Il était seul, Ron et Hermione étant avec leurs binômes. Cela ne le dérangeait pas du tout : la solitude lui convenait très bien. Il était toujours avec quelqu'un depuis la rentrée alors se retrouver un peu seul lui faisait du bien. Enfin, il pensait ça mais si Adrian apparaissait soudain devant lui, il n'aurait qu'une envie : se jeter dans ses bras et passer le reste de la journée avec lui. Adrian était littéralement devenu sa drogue et il ne pouvait pas s'en passer. Il tombait amoureux trop vite, il le savait, mais ce qu'il vivait avec Adrian était vraiment fort. Il en était là dans ses pensées lorsqu'il aperçut deux têtes rousses devant lui. Ses sens se mirent aussitôt en alerte. Enfin il tombait sur eux ! Il se précipita vers eux et hurla :
- Fred ! George !
Les jumeaux se retournèrent et parurent surpris de voir arriver Harry devant eux. Taquins comme toujours, ils se moquèrent :
- HARRY !
- MAIS QUEL PLAISIR DE TE VOIR !
- NOUS AUSSI ON PEUT CRIER TU SAIS !
Harry leva les yeux au ciel alors qu'il arrivait à la hauteur des jumeaux. Enfin, c'était une façon de parler. Car ils faisaient une bonne quinzaine de centimètres de plus que lui.
- Vous êtes bêtes. Ça fait quatre jours que je vous cherche. On est dans la même maison et je ne vous ai pas croisés une seule fois dans la salle commune.
- On n'a pas dû y être aux mêmes heures, commenta Fred.
- C'est surtout qu'on ne l'a pas beaucoup fréquentée, rectifia George.
- George...
- Quoi ?
Fred leva les yeux au ciel.
- Bref, dit-il en appuyant bien sur le mot. Tu souhaitais donc nous parler, Harry ?
- Oui, dit ce dernier, un peu troublé par l'échange des jumeaux. J'ai besoin d'une information et vous êtes les plus à même de me la donner. Enfin je pourrais demander à Angelina ou Alicia mais je préfère vous demander à vous.
- Quel honneur, se pâma Fred. Nous t'écoutons.
- Mardi, est-ce que vous étiez en cours à quatorze heures ?
Fred et George échangèrent un regard.
- Mais... tu n'as pas un certain Serpentard de notre année à qui tu pourrais poser la question ?
- Je lui ai demandé mais il m'a dit qu'il avait raté cette heure de cours.
- Ah oui, c'est vrai. Il a fait un malaise l'heure d'avant et il est resté environ une heure et demie à l'infirmerie. Et, non, on te jure qu'on n'y est pour rien, ajouta Fred alors que Harry le regardait d'un air soupçonneux.
- Il ne m'a pas dit ce qui a provoqué ses vertiges alors oui, je me méfie, répondit Harry. Mais je vous crois si vous me dites que vous n'y êtes pour rien. Bon, sinon, vous y étiez, vous, à ce cours ?
- Oui, affirma George. Mais pourquoi veux-tu savoir ça ?
- Parce que je mène une petite enquête. Est-ce qu'il y a deux Serdaigle qui seraient arrivés en retard à ce cours, par hasard ?
Les jumeaux se regardèrent en fronçant les sourcils avant de reporter leur attention sur Harry.
- Tu nous intrigues, Harry. Pourquoi Merlin nous demandes-tu ça ?!
- Répondez, s'il vous plaît. C'est important. Si vous me dites oui, alors il est fort probable que ces deux Serdaigle aient agressé un de mes amis pour lui faire payer le fait d'être gay.
Harry vit George pâlir brusquement. Il avait trouvé les bons mots pour le faire réagir.
- Tu... tu es sûr de ce que tu dis ? demanda George d'une voix faible.
- Oui, c'est moi qui l'ait retrouvé juste après son agression et j'ai toute confiance en lui. Je sais qu'il ne m'aurait pas menti. Je pense qu'il y a d'autres moyens de se rafraîchir que plonger la tête dans la cuvette des toilettes.
- Ils lui ont fait ça ? s'étrangla George.
- Dick Milligan et Josh Parker, lâcha Fred au même moment.
- Quoi ? demanda Harry, surpris.
- Les deux Serdaigle. Ils s'appellent Dick Milligan et Josh Parker, précisa Fred. Ne garde pas ces infos pour toi, Harry. Balance-les. Leurs actes ne peuvent pas rester impunis.
- Merci, Fred, soupira Harry, soulagé. Mais je ne peux rien faire pour le moment. L'ami dont je vous parle ne veut pas les balancer. Et je refuse de le faire contre son gré. Il me fait confiance. Et je ne veux surtout pas trahir cette confiance.
Fred et George semblèrent mitigés. Ils comprenaient visiblement le dilemme de Harry et eux-mêmes ne devaient pas savoir ce qu'ils feraient à sa place.
- Essaie de le convaincre, dit doucement George. C'est grave, ce qu'ils lui ont fait.
- En fait les professeurs savent ce qui s'est passé. Mais ils n'ont pas pu avoir de noms. Je vais en parler avec le principal concerné.
- Essaie de ne pas lâcher l'affaire, conseilla Fred. Oh mais... ANGELINA ! Excusez-moi, je dois aller la voir. George, on se retrouve dans vingt minutes où tu sais. À plus tard, Harry !
Fred partit sans attendre de réponse, sous le regard blasé de George et celui amusé de Harry.
- «Où tu sais» c'est l'endroit où vous êtes quand vous n'êtes pas dans la salle commune ? devina Harry, moqueur.
- Exactement, dit George en souriant. Fred ne veut le dire à personne mais bon, toi, ce n'est pas pareil. C'est quand-même toi qui nous a permis de nous lancer dans notre affaire et on te sera à jamais reconnaissants pour ça. Alors je peux bien te le dire : on a trouvé une salle pour faire nos expériences en étant sûrs de ne déranger personne.
- Ah oui ? Vous avez trouvé une vieille salle de classe abandonnée que vous avez protégée et cachée à la vue de tous par de nombreux sorts ?
- Tu nous surestimes, là, Harry. Nous ne sommes pas assez doués en sortilèges pour ça. Enfin, c'est surtout que nous ne connaissons pas les sorts en question. Non, c'est un autre genre de salle. Si je te le dis, tu ne le répéteras à personne, hein ?
- Évidemment, assura Harry.
- Elle se situe au septième étage, près de la tapisserie de Barnabas le Follet.
Harry ne put s'empêcher de hausser les sourcils. Il ne s'était pas attendu à ça. Pourtant, il aurait dû. S'il y avait deux personnes qui étaient capables de découvrir la Salle sur Demande, c'étaient bien les jumeaux !
- Je rêve ou tu n'as pas l'air surpris ? s'étonna George.
Comme il avait été franc avec lui, Harry décida de l'être à son tour. Après tout, Fred et George connaissaient déjà cette salle, et Harry savait que George ne dirait rien s'il lui confiait qu'il avait lui aussi connaissance de cette salle. Cela faisait belle lurette que George lui avait prouvé qu'il était de confiance.
- Si tu parles de la Salle sur Demande, je la connais aussi, avoua Harry.
George écarquilla les yeux.
- Sérieux ?! Mais... comment l'as-tu trouvée ?!
- En fait on me l'a fait découvrir, précisa Harry, gêné.
- Attends, tu es en train de me dire qu'il y a une quatrième personne qui la connaît dans ce château ?!
- Oui mais cette personne m'a elle-même fait promettre de ne rien dire, tempéra Harry.
George parut soudain comprendre. Il sourit, l'air amusé et taquin.
- Tu y passes du temps avec ton Serpentard, c'est ça ?
Harry se sentit rougir. George éclata de rire.
- Il n'y a pas de quoi être gêné, voyons ! Cette salle est bien plus pratique pour se retrouver en amoureux. Surtout quand on n'est pas de la même maison. C'est difficile pour l'un d'emmener l'autre dans sa salle commune et encore plus dans son dortoir... Tu te fais vite chambrer.
- J'ai plutôt de la chance de ce côté-là vu que j'ai accès assez facilement à la salle commune des Serpentard grâce à mon binôme.
- Ah oui, c'est vrai... Tu en profites pour voir ton copain, du coup ?
- Oui, parfois. Mais on finit vite par aller dans la Salle sur Demande.
- Oui, c'est sûr, c'est mieux pour discuter.
George avait prononcé ces mots sur un ton parfaitement innocent mais le sourire qu'il n'arrivait pas à retenir indiqua à Harry que ses arrières-pensées étaient tout sauf innocentes. George était taquin à ce sujet mais Harry savait que, s'il souhaitait en parler sérieusement, le rouquin serait là pour l'écouter et le conseiller. Mais là, il se moquait gentiment de lui et Harry ne trouvait pas ça gentil.
- Ne te moque pas de moi, dit-il en boudant. Je ne te faisais pas de remarques quand tu sortais avec Olivier à Poudlard.
- Parce que tu étais trop jeune pour ça, répliqua George. Mais je ne vais pas t'embêter avec ça. Le principal c'est que tu sois bien avec ton beau Serpentard et que vous y alliez à ton rythme. Et si tu as besoin d'en parler avec quelqu'un, je suis là.
- Je sais, dit Harry en souriant. C'est gentil de ta part. Au fait, en parlant d'Olivier, comment ça s'est passé à Pré-au-Lard ?
- Super bien, répondit George, un doux sourire aux lèvres. Ça nous a fait du bien, cet après-midi passé ensemble. Un mois sans se voir, c'est long. Grâce aux visites à Pré-au-Lard, on peut se voir assez souvent et c'est plutôt cool. Mais c'est toujours un déchirement quand on se quitte.
- Plus que neuf mois et tu pourras quitter Poudlard, positiva Harry. Vous pourrez vous voir bien plus souvent.
- Oui, mais pas autant que je le voudrais, soupira George. En fait, pour être honnête, j'aimerais emménager avec lui dès que je sortirai de Poudlard.
Harry haussa les sourcils. Il savait que George était très, très, très amoureux d'Olivier – et vice-versa – mais il ne s'imaginait pas que c'était à ce point.
- Tu crois qu'Olivier serait d'accord ?
- Je pense, oui. Mais ce n'est qu'un souhait, ça ne pourra pas se réaliser.
- Pourquoi ?
- Parce que mes projets professionnels ne s'accorderont pas avec mes projets personnels. Olivier sait très bien ce que j'ai prévu après Poudlard et il ne voudra pas qu'on emménage ensemble si cela signifie que je dois renoncer à mes projets professionnels. Mais ce n'est pas grave, va. Comme tu dis, on pourra toujours se voir plus souvent. Bon, je vais voir si Fred a fini avec Angelina.
- Ça avance entre eux ?
- Étonnamment, oui. Angelina semble intéressée par Fred. Mais elle veut prendre son temps, d'après ce qu'il me dit.
- J'espère que ça marchera entre eux. Angelina sera peut-être plus cool lors des entraînements, plaisanta Harry.
- Que Merlin t'entende ! Allez, passe bonne fin de journée. Et n'oublie pas ce qu'on t'a dit sur ton ami et les deux Serdaigle.
George adressa un clin d'oeil à Harry puis il s'en alla. Harry soupira. Cela allait être compliqué de convaincre Théo. N'ayant plus envie de se promener, il décida de rentrer au château. Sachant qu'il y aurait peu de monde, il choisit de se rendre à sa salle commune. Alors qu'il se dirigeait vers les escaliers, il vit Sirius et le professeur Chourave arriver dans le sens inverse. Il tenta de faire demi-tour mais Sirius l'appela :
- Harry !
«Zut» pensa Harry. Il se retourna et fit comme s'il ne venait pas d'essayer délibérément d'éviter son parrain. Celui-ci n'était plus avec le professeur Chourave qui semblait s'être volatilisée quand Harry avait voulu rebrousser chemin.
- Je rêve ou tu me fuis ?
- Non, j'ai des choses à faire, mentit Harry.
- Mouais, tu as surtout peur d'avoir une certaine discussion avec ton parrain. Eh bien tu ne vas pas y échapper. Tu viens avec moi.
Harry retint un soupir et obtempéra sans discuter. Il suivit Sirius jusqu'à ses appartements. Une fois arrivés, son parrain le conduisit au salon où se trouvait Remus.
- Regarde qui je ramène ! s'exclama Sirius.
- J'hésite entre ton filleul ou un élève de ma maison, lâcha Remus. Mais je crains que ce ne soit ni l'un, ni l'autre. Ou alors il l'a oublié.
Harry baissa les yeux. Il se sentait mal. Il se rendait compte à présent qu'il n'aurait pas dû cacher à Sirius et à Remus le harcèlement qu'il subissait.
- Harry, appela doucement Remus. Regarde-nous, s'il te plaît.
Harry releva timidement la tête.
- Nous ne sommes pas fâchés contre toi, dit Sirius. Nous sommes juste déçus que tu ne sois pas venu nous en parler. À quoi nous servons si tu ne viens même pas nous confier ce genre de problèmes ? Nous avons eu l'air malin hier quand nous avons appris en même temps que les autres professeurs que tu subissais un lynchage au sein de l'école. Ce n'était pas aux préfets de nous le dire, Harry. Tu as eu de la chance qu'ils aient pris les choses en main. Mais c'était à toi de nous le dire. À Remus parce qu'il est ton directeur de maison et à moi parce que je suis ton parrain. Et de façon plus globale parce que nous sommes tes professeurs.
- Je sais, je suis désolé, murmura Harry. Mais je ne voyais pas l'intérêt d'en parler à un professeur. Je pensais sincèrement que ça allait finir par passer. J'attendais que les élèves se lassent. Mais ce qui est arrivé à Théo... ça a été comme un électrochoc. J'ai su à ce moment-là qu'on ne devait plus se taire. Je sais que j'aurais dû en parler avant mais... quand on est dans ce genre de situation, on a trop honte pour se plaindre. Et puis on a peur alors on ne réagit pas comme on le devrait. Mais on a compris notre erreur. Et nous sommes très reconnaissants aux préfets de nous avoir aidés.
- Ils ont fait un travail remarquable, confirma Sirius. Et ils ont eu un sacré sang-froid. Cela n'a pas dû être facile pour eux de nous raconter ce que vous subissiez. En tout cas ils méritent bien leur titre de préfet.
- Oui, et ça fait du bien d'avoir des préfets aussi dévoués, approuva Remus. C'est exactement ce qu'on attend d'eux. Même si on aimerait que ce genre de situation ne se produise pas. J'espère qu'il n'y en aura pas d'autres mais la prochaine fois que tu te fais embêter, viens nous en parler.
- Promis, dit Harry.
- Bien. On va te laisser tranquille avec ça. À moins que tu aies quelque chose à nous dire ?
Harry secoua la tête.
- Non, c'est bon.
Il discuta encore un peu avec Sirius et Remus puis il prit congé d'eux. En prenant une fois de plus le chemin de sa salle commune, il tomba sur Théo.
- Tu te promènes tout seul ? demanda Harry, surpris.
- Non, je vais rejoindre Justin. J'avais oublié quelque chose dans mon dortoir, et comme Crabbe et Goyle sont occupés ailleurs, j'ai pu y aller tout seul.
- Oh, je ne vais pas te retenir, alors.
- Je peux quand-même m'arrêter pour discuter quelques minutes avec toi, dit Théo en souriant.
- En fait, ça m'arrange de te croiser car j'ai une information qui pourrait t'intéresser. Même si elle te sera inutile vu que tu n'en feras pas grand-chose...
- Je vois. Tu es allé fouiner je ne sais où et tu as obtenu le nom des deux Serdaigle ?
Harry se renfrogna.
- Tu m'as suivi ou quoi ? Comment tu as fait pour deviner ?
- Je commence un peu à te connaître, se moqua gentiment Théo. On lit en toi comme dans un livre ouvert. Mais tu as raison, je suis curieux de savoir. Et puis... je ne suis peut-être plus si opposé que ça à l'idée de les dénoncer. J'ai juste besoin d'un peu de temps pour me décider.
- Je comprends, dit Harry en acquiesçant. Tu veux savoir les noms, du coup ?
- Oui, je veux bien.
- Ils s'appellent Dick Milligan et Josh Parker.
- D'accord, merci pour l'info. Quand on aura un peu plus de temps tu m'expliqueras comment tu l'as dénichée. À moins que tu aies suivi ton plan et que tu sois allé chercher l'info auprès des jumeaux ?
Harry avait effectivement dit à Théo qu'il comptait aller voir Fred et George afin de s'assurer que c'était une bonne idée. Théo l'avait approuvée.
- Exactement, dit Harry. Je te raconterai tout, promis. Travaille bien avec Justin.
- Merci, ça devrait aller. On va faire de la botanique, nous sommes tous les deux bons dans cette matière donc ça devrait aller.
- Ah bon ? C'est bizarre, j'avais un doute sur toi, s'étonna faussement Harry.
- Tu me cherches, Harry Potter, menaça Théo en plissant les yeux.
- Ouh là, un Serpentard pas content. Je vais y aller, moi. Au revoir Théo !
Harry reprit sa route, un sourire bête sur les lèvres. Il adorait chercher la petite bête avec Théo et il savait que ce dernier allait lui rendre la pareille dès qu'il en aurait l'occasion. Mais ce n'était jamais méchant, bien au contraire. C'était juste bon enfant. Les choses étaient déjà bien assez compliquées comme ça à Poudlard, alors s'ils pouvaient s'amuser un peu, ils n'allaient pas se priver pour en profiter.
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Au même moment, POV Justin
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- Ah, te voilà, dit Justin en voyant Théo revenir.
- Désolé, j'ai discuté un peu avec quelqu'un sur le chemin du retour. Il avait quelque chose d'important à me dire.
- Oh... Rien de grave, j'espère ?
- Non, enfin la situation de base l'est un peu mais... de toute façon je ne sais pas ce que je vais en faire.
- Ok, on va faire comme si j'avais tout compris.
- Non mais je sais que ce n'est pas du tout clair, dit comme ça. Mais c'est parce que la situation ne l'est pas.
- C'est compliqué, quoi.
- Voilà.
- Tu peux m'en parler, si tu en ressens le besoin. Nous sommes très en avance sur nos devoirs, ça peut attendre.
- C'est vrai, admit Théo. Bon, en fait je sais qui sont les deux Serdaigle qui m'ont agressé. Il s'agit de Dick Milligan et Josh Parker.
Justin resta choqué un moment. Soit il avait mal entendu, soit Théo s'était trompé.
- Tu es sûr de ce que tu dis ?
- Oui, pourquoi ?
- Tes sources sont fiables ?
- Je pense, oui. Du moins, j'ai entièrement confiance en la personne qui m'a donné ces noms. Et je sais que cette personne ne m'aurait pas donné l'info sans être sûre que ce soit vrai ou non. Mais pourquoi me demandes-tu ça ?
- Parce que je connais l'un de ces deux garçons et... je ne l'imaginais pas faire une chose pareille.
- Oh. Mieux vaut qu'on n'en parle plus, alors.
Justin se mordit les lèvres. Il ne voulait pas que Théo prenne sa réaction comme un manque de confiance.
- Est-ce que tu peux me dire qui t'a donné ces noms ?
- Si je te le dis, ça ne va pas t'aider à me croire. Mais je vais te le dire quand-même parce que je sais qu'il ne m'en voudra pas : c'est Harry.
Justin grimaça.
- Tu vois, je te l'avais dit, se défendit Théo.
- Non, ce n'est pas ce que tu crois. Je ne vais pas te dire que c'est faux parce que l'info vient de Harry. C'est juste que le fait que tu aies cru que j'allais dire ça, ça me fait réaliser à quel point j'ai été injuste envers Harry à deux reprises. Mais comment a-t-il eu les noms ?
- Grâce à deux septième année qu'il connaît bien.
- J'aurais dû m'en douter. Ils ne seraient pas batteurs dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, par hasard ?
- Gagné. Je ne sais pas si ça t'aide à avoir confiance...
- Ils sont connus pour leurs blagues mais pas pour colporter de fausses rumeurs. Enfin, si, mais tant que ça ne nuit pas aux personnes concernées. Ils peuvent dire que telle personne a embrassé telle personne mais ils n'iraient jamais dire que telle personne a agressé telle autre personne. Surtout s'ils n'en sont pas sûrs. Ils sont même plutôt doués pour savoir des choses que les autres ne savent pas. Comme les relations amoureuses dans l'école. C'est notamment à cause d'eux que j'entends des ragots à longueur de journée dans ma salle commune. Donc je pense qu'ils sont une source fiable. Mais du coup, qu'est-ce que tu comptes faire, toi ? Maintenant que tu as les noms, tu pourrais les dénoncer...
- Je te l'ai dit : je n'en sais rien. Il faut que j'y réfléchisse. Contrairement à ce qui a pu être dit dans la Gazette cet été, je ne suis pas du genre à balancer les gens comme ça. Je veux surtout oublier et passer à autre chose, en fait.
- Mais ils méritent d'être punis pour ce qu'ils t'ont fait. Ils ont quand-même mis ta vie en danger !
- Ils ne m'ont pas tenu longtemps sous l'Aguamenti. Ils ont arrêté quand j'ai commencé à suffoquer.
- Mais c'était déjà trop ! En fait, tant qu'ils n'ont pas réussi à te tuer, tu ne considères pas que c'est grave, c'est ça ?
Théo ne répondit pas. Justin avait ironisé en posant cette question, ne pensant pas une seule seconde que ce soit vrai. Il fut donc atterré de comprendre que c'était bien ce que pensait Théo. Mais qu'avait-il bien pu subir durant les quinze premières années de sa vie pour qu'il ait cette définition du mot «grave» ?! Malfoy lui avait fait comprendre que le père de Théo faisait payer à son fils le fait qu'il ne respectait pas la suprématie de leur sang. Était-ce grave à ce point, ce que ce Mangemort avait fait à Théo ? Il ne voulait même pas savoir. Mais en tout cas, une chose était sûre : Théo devait dénoncer ces Serdaigle.
- Tu dois les balancer. Ça se trouve ce n'est pas la première fois qu'ils s'en prennent à quelqu'un de cette manière. Jusque-là, toutes les victimes ont dû garder le silence. Mais ça ne peut pas continuer ainsi. En te taisant, tu leur permets de s'en prendre à d'autres élèves. Qui sait, dans quelques jours, peut-être feront-ils de Harry leur nouvelle victime.
Théo écarquilla les yeux d'effroi. Justin avait visé juste. Son binôme n'accepterait pas d'avoir laissé les deux Serdaigle attaquer son ami de Gryffondor.
- D'accord, je vais les dénoncer. Mais j'ai quand-même besoin de quelques jours pour me lancer.
- Comme tu veux. Bon, on se met au travail ?
Théo acquiesça et sortit ses affaires. Une pensée traversa soudain l'esprit de Justin.
- Mais, au fait, tu n'étais pas censé avoir un rendez-vous, aujourd'hui ?
- Si, mais ça a été reporté. Je m'y attendais un peu, en fait. Ça me paraissait un peu trop beau d'avoir pu avoir un rendez-vous aussi tôt. Du coup je suis libre, contrairement à ce qui était prévu.
- Tu as une autre date pour le rendez-vous ?
- Dans trois semaines, normalement. Je te retiendrai au courant. Désolé de ne pas te l'avoir dit. Je pensais que tu ne te souviendrais pas que j'avais un rendez-vous aujourd'hui.
La remarque de Théo troubla Justin. Il n'était pas du genre à se souvenir de ce genre de choses. Combien de fois, l'année passée, avait-il oublié qu'Emily avait rendez-vous avec tel ou tel prof pour parler des BUSE, des matières qu'elle voulait garder pour l'année suivante, de ce qu'elle ferait après Poudlard... ? Pourtant, ce n'était pas faute à Emily de le lui avoir rappelé plusieurs fois. Alors que là, Théo ne lui avait dit qu'une fois que le samedi sept octobre, il avait un rendez-vous à l'extérieur de Poudlard et Justin s'en était parfaitement souvenu. C'était étrange. Il préféra mettre cela sur le compte du hasard.
- J'ai quand-même mis du temps à m'en souvenir. Bon, est-ce que tu as trouvé des informations sur la plante ?
- Oui, j'ai ramené plusieurs livres de la bibliothèque, d'ailleurs.
Théo reprit son sac et en sortit trois livres. Justin suivit chacun de ses gestes, hypnotisé par la grâce naturelle avec laquelle Théo effectuait ses mouvements. Il ne faisait rien dans la précipitation mais ne semblait pas pour autant réfléchir à tout ce qu'il faisait. Justin ne savait pas s'il s'agissait de manières de Sang-Pur mais en tout cas, il trouvait cela fascinant. Il se rendit soudain compte qu'il regardait peut-être un peu trop fixement les faits et gestes de Théo et s'efforça donc de se concentrer sur les livres que son binôme avait apportés. Heureusement, c'était de la botanique. Il était facile pour lui de se focaliser sur cette matière. Théo et lui travaillèrent de façon très efficace, comme lors de chacune de leurs séances de binôme. Lorsqu'ils se séparèrent, Justin se dit une fois de plus qu'il avait vraiment de la chance d'avoir été mis en binôme avec lui. Il était bien loin de s'imaginer à quel point Théo allait bousculer sa vie qu'il pensait pourtant si bien rangée.
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(mardi 10/10) POV Severus
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Severus regrettait vraiment de n'avoir pas obtenu gain de cause lors de la réunion entre professeurs qui avait eu lieu neuf jours plus tôt. Pour lui, ses collègues ménageaient trop les élèves. C'était à cause d'enseignants aussi incompétents que les taux de réussite à la plupart des formations étaient excessivement faibles ! Les élèves n'étaient absolument pas habitués à travailler dur et à consacrer tout leur temps à leurs études, alors évidemment, ils n'étaient pas du tout prêts à affronter la masse de travail qu'exigeait la plus facile des formations. Et ne parlons donc pas de la formation d'Auror, de potionniste, de médicomage, de briseur de sorts, d'avocamage... Lui-même avait été surpris par le travail demandé lors de sa formation de potionniste. Mais il passait déjà tout son temps à travailler lorsqu'il était à Poudlard, alors il avait moins souffert que la plupart de ses camarades de promotion. Il n'avait donc pas eu peur non plus de se lancer ensuite dans une formation de médicomage en parallèle de son emploi de professeur à Poudlard. Il n'avait jamais compté ses heures et c'était ce qui lui avait permis de devenir à la fois potionniste, professeur et médicomage. Il était donc énervé de ne pas avoir été écouté lors de cette réunion. Mais il savait que ses collègues allaient vite regretter leur décision. Car, pendant un mois, ils avaient eu moitié moins de copies à corriger. Là, ils allaient de nouveau avoir quarante copies à corriger pour deux des trois sortes de devoirs que les élèves avaient à faire par mois. Cela ne dérangeait nullement Severus : lui était habitué à travailler dur. Mais il savait que ce n'était pas le cas de bon nombre de ses collègues. Eh bien tant pis pour eux.
Il se retrouvait donc actuellement à corriger les devoirs individuels que les cinquième année lui avaient rendus la veille tandis que ces mêmes élèves étaient en train de lire plusieurs pages dans leur manuel de potions, comme il le leur avait demandé. Il avait déjà noté cinq devoirs qui étaient tous légèrement meilleurs qu'avant. Mais pour deux d'entre eux, ils n'étaient pas aussi bons que les devoirs rendus en binôme. C'était bien la preuve que le niveau pouvait être très inégal entre deux élèves d'un même binôme. Là, il en était à la copie de Miss Patil de Gryffondor. Lors des deux devoirs en binôme qu'elle avait rendus avec Miss Greengrass, elle avait eu un Effort Exceptionnel. Le devoir individuel qu'il était en train de corriger, lui, ne vaudrait pas plus qu'un Acceptable. C'était toujours mieux que les copies de certains Gryffondor et Poufsouffle. Miss Patil était sûrement l'une des Gryffondor qui obtenaient les meilleures notes en potions.
Il ressentit un certain plaisir en voyant que le devoir suivant était celui de Potter. Il avait hâte de voir le niveau baisser par rapport aux devoirs qu'il avait rendus avec son binôme. Il pourrait ainsi prouver que Potter n'avait absolument pas progressé et que les bonnes notes obtenues à ses deux premiers devoirs de l'année étaient uniquement dues au talent de son binôme. Il commença donc à lire le devoir et ne tarda pas à voir qu'il avait raison. Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne s'en retrouva pas réjoui. Quelque chose clochait dans ce devoir. Il était mauvais, il n'y avait rien à redire là-dessus. Mais cela ne ressemblait pas pour autant aux devoirs que Potter lui rendait lors de ses quatre premières années. En fait, Severus devait reconnaître qu'il était parfaitement bien écrit. Il était très bien organisé et les tournures de phrases étaient tout à fait correctes. Mais c'était le contenu qui n'était pas bon. Et cela ne collait pas du tout avec le reste. Un devoir ne pouvait pas être aussi bien écrit tout en étant aussi mauvais en terme de contenu. Tout ce que disait Potter sur la pierre de lune était atrocement faux. Severus avait clairement l'impression que Potter avait juste mis de mauvaises informations dans un devoir très bien rédigé. C'était complètement incohérent. Perplexe, il décida d'en avoir le coeur net :
- M. Potter, pouvez-vous me donner deux types de potions qui nécessitent la pierre de lune comme ingrédient ?
- Le philtre de paix et les potions de soin et de guérison, répondit aussitôt Potter.
Severus pinça les lèvres.
- Pouvez-vous me donner les effets de la pierre de lune ?
- Elle a des pouvoirs relaxants, elle permet de mieux se concentrer, elle favorise le sommeil, elle guérit les troubles cutanés et elle diminue bon nombre de douleurs.
Severus resta un bon moment stupéfait. C'était impossible. Ce n'était pas Potter qui venait de lui répondre. Ou alors... ce n'était pas Potter qui avait rédigé ce devoir. C'était pourtant bel et bien son écriture. Il ne comprenait pas. Il y avait quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond.
- Vous viendrez me voir à la fin du cours, ordonna-t-il.
Potter baissa la tête. Ça non plus, ça ne lui ressemblait pas. Mais que se passait-il avec cet élève, bon sang ?! Pourquoi n'avait-il pas rendu un devoir tout simplement mauvais d comme s'y attendait Severus ?! Pourquoi avait-il donné d'aussi bonnes réponses alors qu'il s'était trompé dans son devoir ? Severus devait tirer tout ça au clair. Heureusement, le cours des cinquième année était son dernier cours de la journée. Il pourrait garder Potter aussi longtemps que nécessaire puisque c'était aussi le dernier cours du Gryffondor.
Vingt minutes plus tard, Severus libéra ses élèves. Il vit Potter attendre patiemment que tous ses camarades soient partis pour venir le voir.
- J'ai corrigé votre devoir durant le cours, annonça Severus sans préambule. Je vous ai mis un Désolant. Cela ne doit pas vous surprendre, j'imagine ?
- Non, professeur.
- Vous saviez donc que votre devoir était mauvais ?
- Je m'en doutais, oui.
- Alors comment expliquez-vous le fait que vous ayez répondu correctement aux questions que je vous ai posées durant le cours alors que vous n'avez donné que des mauvaises informations dans votre devoir ? C'étaient exactement les mêmes questions que vous deviez traiter !
- J'ai fait le devoir le jour-même où vous nous l'avez donné à faire. J'ai eu l'occasion entre temps de me rendre compte que je m'étais trompé absolument partout. J'ai dû le faire un peu trop vite, en fait. Je n'ai pas pris le temps de réfléchir. Et puis, quand bien même j'aurais pris le temps, mon devoir n'aurait sûrement pas été meilleur. J'aurais toujours trouvé le moyen de vous rendre quelque chose de mauvais. Car je suis incapable d'être bon en potions, vous me l'avez assez répété. Alors pourquoi ça vous étonne tant que j'aie eu un Désolant ? Oui, j'ai bien répondu à vos questions durant le cours, mais vous n'avez qu'à vous dire que j'avais bêtement appris mon cours le matin-même parce que je suis soudain devenu bon en divination et que j'avais deviné que vous alliez me poser ces questions durant ce cours. Mais rassurez-vous : je ne suis pas devenu bon pour autant dans votre matière. Vous n'aurez pas le déplaisir de m'avoir l'année prochaine dans votre cours.
Severus eut la sensation de s'être pris le Magicobus en pleine figure. Il n'eut même pas la présence d'esprit de relever l'impertinence de Potter. Ce dernier semblait d'ailleurs regretter ce qu'il venait de dire puisqu'il baissa les yeux. Ça aussi, c'était quelque chose que Potter ne faisait pas avant. Severus avait l'impression que ce n'était pas le même Potter qu'avant qu'il avait en face de lui. Et cela le déstabilisait beaucoup. Il ressentit soudain le désir, le besoin de le voir déguerpir au plus vite.
- Sortez, dit-il froidement.
Potter releva la tête, l'air surpris. Il s'était sûrement attendu à se prendre une retenue pour son insolence mais il était hors de question pour Severus de passer la soirée avec lui. Il ne voulait plus voir ce Potter qu'il ne reconnaissait pas. Car Severus n'était tout simplement pas prêt à se remettre en question. Or, il savait que c'était ce qui l'attendait si Potter restait une minute de plus face à lui. Car Severus ne résisterait pas à la tentation de savoir ce qui se passait chez Potter et il n'était vraiment pas prêt à y faire face. Parce qu'il savait, au fond de lui, qu'il n'était pas étranger au changement de comportement de Potter. Mais il ne voulait pas l'admettre pour le moment. Déjà bien irrité, il s'agaça de voir Potter qui ne réagissait pas.
- Je vous ai demandé de sortir, répéta-t-il sèchement.
Cela sembla être le déclic pour Potter. Il bafouilla un «Oui, pardon, je.. au... au revoir» et quitta précipitamment le cachot. Severus poussa un long soupir. Il s'en était fallu de peu pour qu'il s'énerve et retire tous les points que Gryffondor avait dans son sablier. Il s'apprêtait à se replonger dans la correction de ses devoirs lorsqu'il entendit des coups frappés à la porte.
- Entrez, dit-il d'un air las.
Il fut surpris de voir la porte s'ouvrir sur celui qui était à la fois son élève et son patient. Il était rare qu'il vienne le voir après un cours.
- Approchez, M. Nott.
L'élève obéit et vint se poster en face de lui. Il n'avait pas l'air très à l'aise.
- Vous souhaitiez me parler de quelque chose ? demanda-t-il d'un ton neutre.
- Oui mais je... je ne sais pas si... si... vous...
- Dites-moi et on verra ensuite.
- Je crois savoir qui sont les deux Serdaigle qui m'ont agressé, lâcha son élève d'une traite.
Dire que Severus était surpris était un euphémisme. Il ne s'attendait pas du tout à ça.
- Vous croyez ?
- Je n'ai pas de preuves. Juste... des coïncidences.
- Si vous êtes venus me voir c'est que vous devez considérer que ces coïncidences sont assez flagrantes pour servir de preuves.
- En effet.
- Asseyez-vous et dites-moi tout.
Théo prit une chaise, s'installa et se lança :
- Je pense qu'il s'agit de Dick Milligan et de Josh Parker.
Severus fronça légèrement les sourcils et vérifia rapidement ses listes.
- Deux Serdaigle de septième année, cela correspond bien à ce qu'ont dit les préfets lorsqu'ils ont parlé de l'agression que vous avez subie. Ils ont juste pu préciser que c'étaient deux garçons qui étaient plus grands et qui semblaient plus vieux que vous. Vu que vous ne les connaissiez pas, vous n'avez pas pu donner leurs noms aux préfets.
- C'est exact.
- Comment avez-vous découvert leur identité, alors ?
- Ce n'est pas moi qui ait mené l'enquête. C'est le même élève qui m'a retrouvé après cette agression. Il est parti du fait que ces deux Serdaigle avaient forcément dû arriver en retard à leur cours après s'en être pris à moi dans les toilettes. Il a d'abord essayé d'avoir des informations auprès d'un élève de septième année mais sans résultats. Quelques jours plus tard, il est allé demander à deux autres élèves s'ils se souvenaient avoir vu deux Serdaigle arriver en retard à leur cours de quatorze heures, le jour de mon agression. Il a dû user d'arguments mais ces deux élèves lui ont répondu par l'affirmative et lui ont donné les noms. C'est tout ce que je sais.
Severus considéra longuement les explications de son élève.
- Si j'ai bien compris, c'est M. Potter qui a mené l'enquête ? Les préfets ont dit que c'était lui qui vous avait retrouvé.
- C'est bien cela.
- Et qui sont les deux élèves qui lui ont donné les noms des deux Serdaigle ?
- Fred et George Weasley.
- Étonnant, commenta Severus avec sarcasme. Dès qu'ils peuvent fourrer leur nez dans les affaires des autres... Mais je dois avouer qu'il y a de fortes chances pour qu'ils aient dit la vérité. Je vais tout de même m'assurer que M. Milligan et M. Parker soient bien arrivés en retard ce jour-là et à l'heure de votre agression. Elle a bien eu lieu le mardi trois octobre à quatorze heures ?
- Oui.
- Bien, je vérifierai tout ça. Si les faits sont avérés, souhaitez-vous maintenir ce que vous venez de me dire ? À savoir qu'ils vous ont agressé ?
Severus vit clairement l'hésitation dans le regard de son élève. Il vit la peur, aussi.
- Vous n'avez rien à craindre, dit-il doucement. Ils seront convoqués pour qu'ils puissent répondre à vos accusations. Qu'ils les affirment ou qu'ils les réfutent, ils seront renvoyés chez eux jusqu'à l'audience disciplinaire qui décidera de leur sort. Cela les empêchera de s'en prendre à vous dès qu'ils sauront que vous les avez dénoncés.
- Quand seront-ils renvoyés chez eux ? demanda Théo.
Il ne semblait pas rassuré malgré les paroles de Severus qui étaient censées l'apaiser.
- Dès le lendemain de leur convocation chez le directeur qui devrait avoir lieu vers dix-sept heures. Durant ce court laps de temps, je vous demanderai de rester dans votre salle commune. Vous n'aurez pas à assister à la convocation, votre présence n'est pas requise. En revanche vous devrez être là lors de l'audience disciplinaire. Mais nous reparlerons de tout cela plus tard.
Théo acquiesça en baissant les yeux. Il avait l'air fatigué et triste. Severus songea que cela faisait un peu trop pour lui. Il n'avait toujours pas eu son rendez-vous avec la directrice du service de la justice magique et il venait d'apprendre qu'il allait devoir assister à une audience disciplinaire.
- J'essaierai de faire en sorte que l'audience disciplinaire ait lieu le plus vite possible, dit Severus. Déjà, la convocation chez le directeur devrait avoir lieu avant la fin de la semaine. Cela permettra ensuite d'avoir une date pour l'audience. Je vous tiendrai au courant, de toute façon.
- Merci, professeur.
- Avez-vous des questions ?
- Non, pas à ma connaissance.
- Bien, vous pouvez y aller, dans ce cas.
- Merci, bonne soirée, professeur.
Théo se leva et s'en alla. Severus soupira de nouveau. Ses corrections allaient devoir attendre, il avait à parler de toute urgence à son collègue de duel et au directeur. Ces deux Serdaigle n'allaient pas s'en tirer comme ça. Ils devraient répondre de leurs actes et ils seraient sanctionnés pour cela. Severus y veillerait personnellement.
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(mercredi 11/10) POV Ginny
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Ginny rentra épuisée dans sa salle commune après être allée dîner. Les entraînements après une journée de cours, c'était vraiment l'horreur. Bien sûr, aucune équipe n'avait assez du week-end pour se préparer aux matchs qui les attendaient mais c'était tout de même dur de subir un entraînement en pleine semaine. Ginny n'avait cependant pas trop à se plaindre. Elle avait seulement eu quatre heures de cours ce jour-là. Mais elle avait un cours d'astronomie le soir-même. Elle avait un peu moins de deux heures pour se reposer. Ce serait largement suffisant. Elle avait juste besoin de se poser un peu.
Elle devait avouer qu'elle était tout de même moins fatiguée depuis que les professeurs avaient décidé de revoir à la baisse le nombre de devoirs à rendre en binôme par mois. Cela avait été un grand soulagement pour tout le monde. Elle passait toujours autant de temps avec son binôme mais ils pouvaient mieux organiser leurs séances grâce au couvre-feu retardé à vingt-trois heures. Ces séances étaient moins condensées. Les binômes avaient davantage de temps pour se voir. Pour Simon et elle qui avaient leurs entraînements de Quidditch à gérer en plus de leurs séances de travail, cet aménagement était plus que bienvenu.
Tout était donc presque parfait. Il n'y avait qu'une ombre au tableau : sa «relation» avec Blaise. Ils ne s'étaient pas reparlés depuis le baiser qu'ils avaient échangé trois semaines plus tôt. Cela commençait à faire long. Lorsqu'ils se trouvaient en même temps dans la salle des binômes, elle sentait bien le regard de Blaise posé sur elle. Mais dès qu'elle tournait la tête vers lui, il reportait son attention sur son binôme. Elle ne savait pas ce que cela signifiait. Regrettait-il ce baiser ? S'était-il rendu compte qu'en fait, elle ne lui plaisait pas ? La regardait-il parce qu'il voulait venir lui parler sans y arriver ? Ou bien était-il perdu comme elle ? Quoi qu'il en soit, Ginny, elle, était sûre d'une chose : elle avait aimé ce baiser. Même plus qu'aimé. Mais elle ne savait pas ce qu'elle ressentait pour Blaise. Il lui plaisait, ça, c'était indéniable. Il avait l'air gentil, drôle, un peu mesquin, sincère, loyal et tout cela l'attirait beaucoup. En fait, elle avait peut-être déjà commencé à tomber amoureuse de lui. Mais elle ne voulait pas envisager quoi que ce soit avec lui sans savoir ce que lui ressentait pour elle. Car elle n'avait pas envie d'une histoire qui pouvait s'arrêter du jour au lendemain. Elle n'avait pas non plus envie de se caser. En fait, elle voulait une histoire sérieuse... mais pas trop. Comment Blaise pourrait-il accepter de sortir avec elle si elle lui imposait ces exigences contradictoires les unes avec les autres ? Il allait forcément se dire «Oh là là, elle est trop compliquée cette fille» ! Et il aurait entièrement raison. Elle ne s'était pourtant pas posé toutes ces questions avec Michaël. C'était venu tout seul. Elle était restée quatre mois avec lui sans s'être demandé quel genre de relation elle voulait avec lui. C'étaient leurs caractères trop incompatibles qui avaient mis fin à leur couple. Ils avaient pourtant eu une assez belle histoire. Elle ne regrettait absolument pas d'être sortie avec Michaël, en tout cas. Elle ne savait donc pas pourquoi elle rendait les choses aussi compliquées avec Blaise. C'était incompréhensible. Elle en était là dans ses réflexions lorsque Hermione vint la rejoindre.
- Salut Ginny. C'est rare de te voir ici.
- Je pourrais en dire autant de toi, répliqua Ginny, moqueuse.
- On ne vient pas aux mêmes heures, alors, conclut Hermione en souriant. En fait je crois que c'est la première fois qu'on se parle vraiment depuis la rentrée.
- C'est vrai, ça. Alors que nous faisons partie de la même maison. C'est triste, quand-même. Mais ça c'est à cause de nos binômes. Ils nous accaparent sans cesse.
- À qui le dis-tu ! Ron et Harry c'est pareil. Je ne les vois presque pas. Surtout Harry. Quand il n'est pas avec son petit-ami, il est avec son binôme ou avec Théo. Tous des Serpentard. Il va vraiment finir par devenir un des leurs !
Ginny éclata de rire.
- J'avoue ! Je crois qu'il n'est plus cent pour cent Gryffondor, maintenant. Il est à la fois Gryffondor et Serpentard. Mais je trouve que ça lui réussit plutôt bien de passer du temps avec des Serpentard.
- Je trouve aussi. Si les ennuis pouvaient arrêter de lui courir après, ce serait encore mieux.
- Harry les attire, tu le sais bien. Ou alors c'est Harry qui est attiré par les ennuis, on ne sait pas encore. En tout cas il a l'air épanoui avec son petit-ami. Ça fait plaisir à voir. J'espère que Pucey sera le bon.
Ginny réalisa qu'elle en avait peut-être trop dit en voyant Hermione la regarder attentivement. Bon, après tout, Harry lui avait dit qu'il n'était plus opposé à ce que les autres sachent qu'ils étaient très proches l'un de l'autre. Ils n'avaient plus à craindre les rumeurs puisque Harry avait fait son coming-out. Mais Hermione, elle, l'avait visiblement deviné. Elle ne tarda pas à le lui prouver :
- Tu es très amie avec Harry, n'est-ce pas ? demanda-t-elle sérieusement.
Ginny se contenta d'acquiescer. Hermione sourit.
- C'est pour ça qu'il n'a pas craqué l'année dernière malgré tout ce qui lui tombait dessus. Il avait un soutien dans l'ombre.
Ginny fut soulagée de voir que Hermione ne semblait pas fâchée. Elle avait l'air plutôt rassurée et... reconnaissante ?
- Je me doutais bien qu'il avait un confident ou une confidente quelque part. J'ai été très proche de lui durant toute l'année, je voyais bien qu'il était isolé mais il n'avait pas l'air aussi abattu qu'il aurait dû l'être. Jusque-là je pensais qu'il était régulièrement en contact avec Sirius, que c'était ça qui l'aidait à tenir mais non, en fait c'était toi. Vous avez bien caché votre jeu.
- Il valait mieux que notre amitié reste secrète. Des rumeurs nous auraient vite prêté une relation amoureuse. Et Harry n'avait vraiment pas besoin de ça. Il avait déjà plein d'ennuis à gérer.
- Je sais, l'année n'a vraiment pas été simple pour lui, soupira Hermione. Heureusement qu'il a pu compter sur toi. Et vous avez eu raison de cacher votre amitié. Cette sale fouineuse de Rita Skeeter m'a prêté une histoire avec Harry et Viktor à la fois alors qu'il n'en était rien. Ça a fait le tour de l'école et même ta mère y a cru.
- Oui, je m'en souviens, dit Ginny en grimaçant. J'ai eu quelques... hum... désaccords avec elle à ce sujet. Je t'ai défendue du mieux que j'ai pu mais elle a mis du temps à comprendre que ce que disait la Gazette était faux. À ce moment-là, j'avoue que ça aurait été bien que je sois réellement en couple avec Harry. On l'aurait dit et ça aurait fait taire toutes les rumeurs. Mais il n'y a jamais eu le moindre baiser entre nous. Nous sommes trop amis pour ça. En plus il est cent pour cent gay.
- Tu n'étais pas amoureuse de lui, en première année ? s'étonna Hermione.
- Si, enfin... c'était plus compliqué que ça. Il m'impressionnait, il était Harry Potter, il était mignon et il était le meilleur ami de mon frère... Mais autant dire que ce coup de coeur est vite passé. Dès le début de ma deuxième année je n'étais plus amoureuse de lui. Je n'étais plus du tout la même petite fille que durant ma première année. Ce qui s'est passé avec le journal...
Ginny sentit le malaise l'envahir à ce souvenir. Son corps se tendit alors qu'elle se concentrait pour fermer son esprit. Il ne fallait pas qu'elle y pense.
- Désolée, Ginny, je n'aurais pas dû te faire rappeler ta première année, murmura Hermione.
- Ce n'est pas de ta faute. Ça restera toujours gravé en moi, il faut que je m'y fasse. En tout cas je peux t'assurer que ça fait belle lurette que je ne suis plus amoureuse de Harry. Et heureusement car je n'avais pas la moindre chance avec lui.
- Tu savais déjà qu'il était gay ? devina Hermione.
- Oui, je l'ai su de manière purement fortuite. Je n'étais pas encore sa confidente à ce moment-là, ce n'était là aussi qu'au début de ma deuxième année. Je le voyais regarder avec insistance un certain élève et, de fil en aiguille, j'ai compris qu'il était vraiment intéressé. En fait ça fait un an qu'on est vraiment proches, lui et moi.
- Je vois. Est-ce que tu sais quel est le deuxième garçon avec qui il est sorti ?
- Oui, répondit Ginny en toute franchise. Mais je ne peux pas te le dire. Je ne sais même pas si je le pourrais, en fait. Je n'ai pas envie de repenser à leur histoire.
- Harry nous a dit que ce garçon ne lui avait pas fait de mal mais à t'entendre...
- Non, je te rassure, il t'a dit la vérité. C'est juste que c'est difficile d'en parler. Je pense qu'un jour, il sera prêt à en parler. Tu comprendras mieux à ce moment-là.
- Bien, je n'insiste pas, alors. De toute façon c'est à lui de nous le dire et uniquement s'il en a envie.
- Exactement. Bon, et toi alors ? Tu as des nouvelles de Viktor ?
Ginny comprit qu'elle avait gaffé en voyant Hermione détourner le regard.
- Oups... J'ai fait une boulette ?
- Oui... et non.
Ginny grimaça. Cela faisait vraiment trop longtemps qu'elle n'avait pas parlé avec Hermione. Elle était autant la confidente de Harry que de Hermione côté amours. Elle était la seule, à part un camarade de classe de Hermione, à savoir que cette dernière avait un semblant de relation avec Viktor Krum. Visiblement, son amie avait des soucis avec le bulgare et elle avait besoin d'en parler. Ginny allait devoir y aller en douceur pour inciter Hermione à se confier.
- Tu corresponds toujours avec lui ?
- Oui, mais pas autant que je le devrais.
- En même temps, vu tout le travail que tu as, ce n'est pas étonnant.
- C'est vrai, durant les trois premières semaines je manquais de temps. Je n'arrivais pas à m'en sortir. Mais je savais que j'aimais toujours Viktor alors je ne voulais pas laisser tomber. Cela confirmait pourtant ma pire crainte : celle de ne pas pouvoir gérer une relation à distance. J'en ai parlé avec Théo et lui a été plutôt clair sur le sujet. Il m'a dit qu'il valait mieux que je rompe. Mais têtue comme je suis, je n'ai pas voulu l'écouter. J'ai fini par trouver le temps de répondre à Viktor, il m'a écrit en retour, je lui ai écrit également, il m'a répondu et depuis cette lettre je ne lui ai pas écrit. Ce n'est pourtant pas le temps qui me manque. Malgré tout ce que j'ai à faire, j'arrive super bien à m'organiser. Mais je n'arrête pas de repousser le moment où je dois répondre à Viktor. Je trouve toujours une bonne excuse. Il y a une semaine j'ai préféré faire un devoir qui n'était absolument pas urgent au lieu de lui écrire ! Et quand je me suis endormie...
Hermione rougit brusquement, ce qui intrigua Ginny.
- Je crois que je deviens folle, en fait, lâcha Hermione. J'ai pensé à mon binôme au lieu de penser à Viktor. Ça doit sûrement être mon inconscient qui m'envoie un message.
- Tu dis peut-être ça sans y croire mais moi je pense que c'est vrai, dit sérieusement Ginny. Je ne sais pas quel message exactement veut te faire passer ton inconscient mais il veut forcément te dire quelque chose. En tout cas je crois qu'il y a au moins une chose qui est sûre : tu dois quitter Viktor.
Hermione baissa les yeux.
- Je ne peux pas faire ça.
- Pourquoi ? Parce que tu l'aimes encore ?
- Je ne sais pas.
- Si, tu le sais. Tu ne veux juste pas l'admettre.
- C'est faux, répliqua Hermione. Je ne veux pas le quitter et me rendre compte une semaine plus tard qu'en fait je suis toujours amoureuse de lui !
- Tu crois vraiment que c'est cette révélation que tu vas avoir ?
Hermione fixa Ginny d'un air désespéré.
- Je n'en sais rien. Je ne sais plus. Je... je suis perdue, Ginny. Je tiens à Viktor, c'est quelqu'un de vraiment important pour moi. Je... je ne veux pas qu'il soit triste à cause de moi. Lui il m'aime, ça se sent dans ses lettres...
- C'est donc ça. Ce qui te retient de le quitter, c'est juste la peur de lui faire de la peine. Tu ne veux pas te sentir coupable de lui faire du mal. Tu as peur de ne pas avoir la conscience tranquille.
Ginny savait qu'elle avait visé juste. Le choc qui se lisait dans le regard de Hermione en était la preuve.
- Tu crois que c'est ça ? demanda-t-elle dans un murmure.
- Ce n'est pas à moi que tu dois poser la question. C'est à toi. Je comprends que tu veuilles avoir mon avis et celui de ton confident. Je comprends que tu veuilles savoir ce qu'on en pense. Mais à un moment, tu dois te demander ce que toi, tu en penses. Il n'y a que toi qui sache ce que tu dois faire. Nous ne pouvons pas décider à ta place. Seulement tu as peur de tes propres réponses. C'est pour ça que tu es perdue, Hermione. Parce que tu ne t'écoutes pas. Tu es pourtant ta meilleure conseillère. Car tu es la seule à savoir ce que tu ressens. Prends une heure pour te poser, pour réfléchir au calme, pour sonder tes pensées, tes sentiments, et tu auras les réponses à tes questions.
Hermione hocha lentement la tête.
- D'accord. C'est ce que je vais faire. Merci, Ginny.
- Y a pas de quoi. Je suis là pour ça, plaisanta Ginny. Je devrais penser à en faire mon métier. Mais je crois que ça ne me conviendrait pas. Je dois connaître les gens pour pouvoir les conseiller.
- Et tu fais ça très bien. J'espère que tu appliques tes conseils à toi-même ?
- Est-ce une façon détournée de me demander si j'ai quelqu'un en ce moment ? s'amusa Ginny.
- Absolument pas, mais si tu veux me le dire... proposa innocemment Hermione.
- Je ne peux même pas répondre à ta question implicite car je n'en sais rien, avoua Ginny. Mais je vais répondre à celle que tu m'as explicitement posée : je suis du genre à donner des conseils aux autres mais à ne pas les appliquer moi-même. Je suis complètement perdue, moi aussi. Mais d'une autre façon que toi. Je ne sais pas ce que je veux. Et ça m'empêche de faire le premier pas. Même si, en soi, le premier pas a déjà été fait.
- Ça m'a l'air bien compliqué, ton histoire.
- Oui, ça l'est.
- Dis-moi tout.
Ginny raconta alors à Hermione tout ce qui s'était passé avec Blaise depuis leur «rencontre» sur le Chemin de Traverse. Elle était sûre d'être devenue rouge comme une brique en racontant le baiser qu'elle avait échangé avec le beau Serpentard mais Hermione, elle, n'avait rien laissé paraître.
- D'accord, je vois, dit cette dernière lorsque Ginny eut terminé son récit. En gros, tu ne sais pas quel genre de relation tu veux avoir avec ton Serpentard.
- Voilà.
- Cela s'explique sûrement par le fait que tu ne sais pas encore ce que tu ressens pour lui. Enfin, si j'ai bien compris, tu crois être amoureuse de lui mais tu n'en es pas sûre.
- C'est tout à fait ça.
- Il faudrait peut-être que tu apprennes à le connaître pour savoir ce que tu veux vivre avec lui. Tant que vous resterez les deux pieds dans le même sabot, tu n'avanceras pas. Vous ne vous êtes même pas parlé depuis le fameux baiser. Comment veux-tu être au clair sur ce que tu ressens envers lui si tu n'as pas de contacts avec lui ?
- Donc tu me conseilles d'aller le voir ?
- Ça me paraît être la meilleure solution pour faire avancer les choses, oui. Surtout qu'il n'a pas l'air décidé à venir te voir, lui.
- C'est un grand timide.
- Pas quand il embrasse, apparemment.
- Hermione ! gronda Ginny en rougissant.
- Quoi ? fit Hermione, l'air de rien. Ça avait l'air assez chaud, entre vous, d'après ce que tu m'as dit.
- Je n'aurais jamais dû te raconter ça, gémit Ginny. Je pensais que tu n'allais prêter aucune attention à ce passage de mon récit...
- J'en apprends et j'en vois de belles depuis plusieurs semaines alors ce n'est pas un échange buccal passionné contre le mur d'une salle de classe abandonnée qui va traumatiser mes petites oreilles.
Ginny resta choquée un moment. Elle ne s'attendait pas à ce que Hermione soit aussi... ouverte sur le sujet. Mais en y réfléchissant, elle crut comprendre d'où venait cette soudaine absence de gêne. Elle rebondit sur ce que son amie venait de dire :
- Quand tu dis que tu en vois de belles, tu veux dire... pendant tes rondes ?
- Entre autres, oui. Je pensais que ce n'étaient que des rumeurs quand j'entendais dire que des élèves batifolaient dans les coins secrets du château mais non, c'était bel et bien vrai. Bon, je t'avoue, la première fois, ça m'a choqué. C'est mon homologue qui a dû réagir.
- C'était qui ?
- Je ne m'en souviens plus, je ne les connaissais pas.
- Je parlais de ton homologue, Hermione.
- Aaaah... C'était Ernie, le préfet de Poufsouffle.
- Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Il a pris les noms des deux élèves, il les a fait déguerpir et il a écrit un rapport pour les directeurs de maison des deux élèves concernés. La fois d'après, j'ai suivi son exemple et c'est moi qui ait réagi.
- Mais... euh... ça arrive souvent, ça ?
- Non, rassure-toi, dit Hermione en souriant. Enfin, je suis quand-même tombée sur ce genre de scène quatre ou cinq fois. Je ne sais pas combien de fois ça s'est produit avec les autres préfets donc tout compte fait, je ne peux pas vraiment dire si c'est fréquent ou non. En tout cas ça t'enlève une certaine innocence.
- Je vois ça. Je ne sais pas si je pourrais être préfète. De toute façon la question ne se pose pas puisque, l'année prochaine, il n'y aura pas de nouveaux préfets choisis. Les préfets nommés cette année garderont leur poste. Je trouve ça dommage, d'ailleurs. Ce serait mieux s'il y avait des préfets nommés tous les ans.
- Je suis bien d'accord. Mais nous n'avons pas notre avis à donner sur ce genre de choses. Après, dans trois ans, tu pourras peut-être être nommée préfète-en-chef. Pour le coup, c'est un poste qui change tous les ans. Et je pense que tu as de grandes chances d'être choisie si tu continues comme ça.
- C'est gentil, ça. On verra bien, de toute façon. Dis, est-ce que tu as l'heure ?
- Oui, il est un peu plus de vingt-et-une heures.
- Déjà ? Je ne pensais pas qu'il était si tard.
- Que veux-tu, quand des filles discutent, elles ne voient pas le temps passer.
- Merci pour le cliché, ironisa Ginny. Bon, il faudra qu'on trouve vite un autre moment pour parler. J'espère que d'ici là tu auras réglé la situation avec ton bulgare.
- Je vais essayer, promit Hermione. Et toi, règle la tienne avec ton Serpentard.
Ginny donna à son tour sa parole. Hermione et elle se souhaitèrent une bonne nuit puis elles rejoignirent chacune leur dortoir. Cette discussion avait fait beaucoup de bien à Ginny. Elle comptait réellement suivre les conseils de Hermione. Blaise lui plaisait vraiment et elle ne voulait pas rater sa chance de vivre une belle histoire d'amour avec lui.
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(vendredi 13/10) POV Harry
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Harry n'avait aucune envie d'aller à son double cours de potions. En soi, ce n'était pas nouveau, il n'avait jamais eu envie de se rendre à ce cours. Mais là, il était particulièrement stressé. Trois jours plus tôt, il avait vraiment eu peur que Snape comprenne son petit jeu. Il avait vu le doute dans le regard de son professeur de potions. Harry savait qu'il se posait des questions. Et c'était de sa faute. Il aurait dû être plus attentif lorsqu'il avait rédigé son devoir. Il n'avait pas été cohérent. Il l'avait trop bien écrit par rapport à son contenu. Ce n'était pas étonnant que Snape se soit douté de quelque chose. Il espérait juste qu'il ne remettrait pas le sujet sur le tapis. Il ne l'avait pas fait le lendemain, donc il n'y avait pas de raison pour qu'il le fasse ce jour-là. En tout cas, il était soulagé de constater que Snape le laissait tranquille depuis qu'il avait décidé de «redevenir» nul dans ce cours. À part le jour où il avait reçu une pierre dans son chaudron, Snape ne lui avait plus donné de retenue à la suite d'un cours pratique. Cela devait l'avoir satisfait de voir Harry rater de nouveau ses potions. Tant mieux, se disait Harry. C'était le but recherché. En revanche, il avait bien vu que cela avait intrigué Hermione. Elle s'était habituée à le voir réussir ses potions et devait trouver ça bizarre qu'il se remette d'un coup à les rater. Heureusement, elle ne lui avait fait encore aucune remarque.
C'était donc à reculons qu'il se rendait aux cachots en compagnie de Ron et de Hermione. Une fois arrivé, il s'installa à sa place habituelle et sortit ses affaires. Il avait également dû faire un effort pour que les comptes rendus de ses potions soient mauvais afin que ce soit cohérent avec la qualité de ses échantillons. Il ne s'était pas imaginé que ce serait aussi épuisant mentalement parlant de faire exprès d'être nul en potions. Merlin merci, c'était la seule matière où il devait faire ce cinéma.
À peine eut-il sorti son livre de potions que Snape prit la parole :
- Aujourd'hui, vous allez préparer une potion de babillage. La recette se trouve à la page deux cent quarante-cinq de votre manuel. Comme d'habitude, vous avez deux heures pour la préparer et pour rédiger un compte rendu. Commencez.
Harry alla aussitôt chercher les ingrédients qui lui manquaient. Puis il revint à sa place et commença la préparation de sa potion. Il se sentit frustré en voyant à quel point elle avait l'air simple. Enfin, il disait ça parce qu'il avait compris comment il fallait s'y prendre, à quel moment il fallait être le plus attentif, à quel moment il pouvait écrire une partie de son compte rendu entre deux étapes... Mais il se doutait que pour Neville, par exemple, c'était beaucoup plus compliqué. C'était une torture pour Harry de faire exprès de se tromper. Mais il s'efforça pourtant de rater sa potion, en confondant un ingrédient avec un autre, en omettant une étape, en faisant un tour de trop, en tournant dans le mauvais sens... De temps à autre, il sentait un regard posé sur lui. Mais il avait beau regarder autour de lui, il ne voyait pas qui s'amusait à le fixer. Ce devait être quelqu'un qui savait observer les gens en toute discrétion. Il se doutait que ce n'était pas Snape : ce dernier ne se cachait pas pour le regarder comme s'il n'était qu'un veracrasse particulièrement repoussant. Enfin, ça, c'était avant. Depuis une semaine, il faisait davantage comme s'il n'existait pas, ce qui arrangeait bien Harry. Pourtant, ce jour-là, lorsqu'il vint rendre son échantillon et son compte rendu, il eut droit à un regard sceptique et soupçonneux de la part de Snape. Il n'y prit pas garde et sortit du cachot, étant donné que c'était la fin du cours. Il attendit ses amis qui ne tardèrent pas à sortir à leur tour. Il se fit aussitôt alpaguer par Hermione.
- Dis donc, tes bonnes résolutions, elles ne durent pas très longtemps.
- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? demanda Harry sur la défensive.
- Que tu étais censé avoir décidé de faire des efforts en potions ! Tu as tenu un mois et depuis deux semaines tu es redevenu comme avant ! C'est incompréhensible, d'ailleurs. Tu t'es remis d'un coup à rater tes potions, alors que la dernière que tu avais préparé méritait sûrement un Optimal. Qu'est-ce qui se passe, Harry ?
- Rien, je n'ai pas tenu le coup, c'est tout.
- Arrête, je vois bien que tu mens. Je me fais peut-être des idées mais j'ai l'impression que tu en fais exprès.
- Tu as raison. Tu te fais des idées. Tu as trop d'imagination, Hermione. Il faut laisser ton esprit se reposer un peu.
Harry regretta ses paroles en voyant l'air peiné de Hermione. Il voulut s'excuser mais elle le devança :
- Oui, c'est ça, je dois être fatiguée. On en reparlera plus tard.
Elle s'en alla sur ces mots. Harry sentit une main se poser sur son épaule.
- Ça lui passera, dit Ron.
- Non, je sais qu'elle va remettre le sujet sur le tapis.
- Elle n'a pas tort, en même temps.
Harry se tourna brusquement vers Ron. Celui-ci semblait mal à l'aise.
- Je ne veux pas t'embêter avec ça mais... avoue que ton comportement est étrange. Tu étais devenu bon en potions et paf, d'un coup, tu redeviens nul. Alors que les potions qu'on avait à préparer ne sont pas devenues soudain vachement compliquées d'une semaine sur l'autre.
- Pour vous, peut-être. On ne réagit pas tous de la même manière face à la difficulté d'une potion.
- Oui mais passer d'un Optimal à un Désolant...
- Je me rattraperai sur le prochain devoir en binôme, répondit Harry, agacé.
- Tu ne dois pas compter uniquement là-dessus...
- Je sais, répliqua sèchement Harry. On peut arrêter d'en parler, s'il te plaît ?
- Ouais, je dois rejoindre Susan, de toute façon. Salut.
Ron tourna les talons et s'éloigna. Harry se morigéna d'avoir vexé coup sur coup ses deux meilleurs amis. Il s'apprêtait à partir à son tour quand quelqu'un l'appela.
- Harry ?
Il se retourna et vit qu'il s'agissait de Théo. Il semblait inquiet.
- Ça va ?
- Ouais, super, je viens de me fâcher avec Ron et Hermione, c'est l'éclate.
- Ils s'inquiètent pour toi. Et ils ne sont pas les seuls. Je t'ai regardé pendant le cours et...
- C'était toi ! s'exclama Harry. Je sentais qu'on m'observait, j'ai voulu savoir qui c'était mais personne ne semblait me fixer. Je peux savoir pourquoi tu m'espionnais ?
- Je ne t'espionnais pas, rétorqua calmement Théo. Je voulais juste savoir pourquoi ton niveau avait baissé d'un coup en potions.
- Théo, je t'arrête tout de suite. Me brouiller avec Ron, j'ai l'habitude, je peux le supporter. Me brouiller avec Hermione, c'est un peu plus rare mais je peux le supporter aussi. Par contre, me brouiller avec toi, ça non, je ne pourrai pas le supporter. Alors oublie ce que tu allais dire, s'il te plaît.
Loin de se vexer, Théo sourit, au plus grand soulagement de Harry.
- D'accord, fais comme si je n'avais rien dit. Tu veux bien m'accompagner à ma salle commune ?
Harry sourit à son tour.
- Avec grand plaisir.
Il emboîta le pas à Théo et se rendit avec lui à la salle commune des Serpentard qui ne se trouvait pas très loin des cachots. Les Serpentard ne semblaient plus étonnés de voir arriver Harry dans leur antre, que ce soit en compagnie de Malfoy, de Théo ou d'Adrian. Ce dernier était d'ailleurs là, ce qui réchauffa instantanément le coeur de Harry.
- Je vais rejoindre Draco, Blaise et Pansy, dit Théo. Je te laisse entre de bonnes mains.
Théo adressa un sourire entendu à Harry et prit congé de lui pour aller retrouver ses amis. Harry se tourna vers Adrian qui se leva et s'avança vers lui.
- C'est assez rare qu'on se voit le vendredi, fit-il remarquer. À moins que tu sois venu jusqu'ici pour me dire que tu es en retenue ce soir ?
- Non, dit Harry en riant. Pour une fois je suis libre comme l'air.
- Super. Où veux-tu aller ?
Harry hésita.
- Je n'ai pas envie de bouger. Mais je n'ai pas non plus envie de rester ici. J'aimerais qu'on soit seuls mais j'ai la flemme d'aller jusqu'à notre salle secrète.
- On peut aller dans mon dortoir, alors. Une dizaine de mètres, c'est supportable pour ta flemmingite aiguë ?
- C'est ça, moque-toi, bouda Harry. Mais sinon oui, ça me va.
Harry suivit ainsi Adrian jusqu'à son dortoir. Harry y était déjà venu deux fois et il avait vite pris goût à cet endroit. Il attendit qu'Adrian se soit installé sur son lit pour s'allonger à son tour. Il exhala un soupir de bien-être. Il était bien. Il était au calme, avec son petit-ami et il n'était pas pressé par le temps. C'était parfait. Il sentit le corps d'Adrian se blottir contre lui, ses lèvres se poser dans son cou et ses mains dégrafer les attaches de sa robe de sorcier. Il le laissa faire mais ne participa pas, ayant vraiment la flemme de faire quoi que ce soit. Adrian avait pris l'habitude de le dévêtir de sa robe, préférant le voir sans. Harry s'en amusait, trouvant ça mignon. Cependant, lorsque les mains de son petit-ami se glissèrent sous sa chemise, il se crispa et attrapa les poignets d'Adrian.
- Désolé mais je n'ai pas la tête aux caresses, avoua-t-il.
- Oh, pardon. Tu as passé une mauvaise journée ?
- Pas vraiment. J'ai terminé plus tôt que d'habitude, vu que tous les professeurs avaient une réunion à seize heures. Mes cours se sont plutôt bien passés, sauf celui de potions, évidemment. Mais je me suis pris la tête avec Ron et Hermione et j'ai horreur de ça.
- D'accord, je comprends mieux. Tu veux en parler ?
Harry secoua la tête.
- Je préfère ne plus y penser. Je veux juste être avec toi. Mais... chastement, précisa Harry, gêné.
Adrian sourit.
- Pas de soucis. Je ne voulais pas te brusquer. Je n'avais pas compris que tu n'avais pas la tête à ça.
- Parce que je ne te l'ai pas dit, reconnut Harry. Et je n'avais pas deviné où tu voulais en venir quand tu m'as débarrassé de ma robe. Mais attends, tu ne m'as pas emmené dans ton dortoir pour ça, quand-même ?!
- Mais non, tempéra Adrian. Je n'avais rien prévu. Tu étais fatigué, tu ne voulais pas marcher, alors je t'ai proposé de venir ici parce que c'était l'endroit le plus proche où on pouvait être tranquille.
Les mots d'Adrian apaisèrent Harry.
- Excuse-moi, je me suis fait des idées. Je ne veux pas de caresses mais je ne suis pas contre un câlin.
- Qui suis-je pour refuser, alors ?
Adrian ouvrit ses bras dans lesquels Harry vint aussitôt se blottir. Il se sentit tout de suite mieux en sentant la chaleur du corps d'Adrian contre le sien.
- Attends, je vais avoir chaud, par contre.
Harry se dégagea, laissa Adrian se défaire de sa robe de sorcier puis se cala de nouveau dans ses bras. Il sentit alors quelque chose au niveau de la poche droite d'Adrian. Il baissa les yeux et vit une fiole qui en dépassait.
- C'est quoi que tu as dans ta poche ? demanda-t-il, curieux.
Il sentit Adrian se crisper pendant un quart de seconde. Il extirpa la fiole de sa poche et la rangea dans le tiroir de sa table de chevet.
- J'ai un traitement à prendre contre une allergie. Lorsque j'ai des périodes de crises j'en ai toujours une sur moi.
- Oh, d'accord. C'est quoi, ton allergie ?
- Un truc compliqué. C'est quelque chose qu'il y a dans l'air et qui est présent presque à longueur d'année.
- Ce doit être fatigant...
- Assez, oui. Mais la potion me soulage bien, donc ça va. Par contre ça a parfois des effets secondaires un peu dérangeants.
- Comme quoi ?
- Eh bien ça peut me rendre susceptible et un peu agressif. Il vaut donc mieux ne pas me contrarier dans ces cas-là.
- Très bien, j'y penserai.
- Je suis bête, j'aurais dû t'en parler plus tôt.
- Non, je comprends que tu aies voulu garder ça pour toi.
- C'est surtout que je n'ai pas pensé à t'en parler, avoua Adrian. Je suis nul. Heureusement que je n'ai pas eu d'effets secondaires depuis qu'on est ensemble.
- Je ne t'imagine pas du tout agressif, songea Harry. Ça fait longtemps que tu l'as, cette allergie ?
- Je l'ai développée il y a deux ans mais je dois l'avoir depuis ma naissance. C'est le genre de choses qui survient d'un coup sans signe avant-coureur. C'est donc assez difficile à prévenir.
- Je vois. Et... euh... tu vas l'avoir à vie, cette allergie ?
- Aucune idée. Il faudrait que je me fasse désensibiliser mais ça coûte bonbon.
- Plus cher que ton traitement à la longue ?
- Je pense, oui. Et puis ce n'est pas entièrement fiable. Ce n'est pas sûr que ce soit efficace. Je n'ai pas envie de dépenser dix mille gallions que je n'ai pas pour rien. Et les prêts à Gringotts avec les intérêts, laisse tomber. Je préfère prendre mes bonnes vieilles potions.
- Normal, approuva Harry. Après, si ton traitement marche et que tu arrives à le supporter, tu as sûrement raison de vouloir le continuer. Tout ce que j'espère, c'est que tu ne deviendras jamais allergique aux Potterites dans les airs.
Adrian se mit à rire.
- Il n'y a pas de risques ! Je crois qu'il y a surtout des chances que j'en devienne accro... si ce n'est pas déjà fait.
Harry sourit et leva la tête vers Adrian qui l'embrassa. Ils restèrent ainsi blottis l'un contre l'autre jusqu'au dîner, parlant de tout et de rien et échangeant de longs baisers aussi tendres qu'amoureux. Harry était tellement bien qu'il oublia sa brouille avec Ron et Hermione. Lui était complètement accro à Adrian et ça, ce n'était pas près de changer.
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(samedi 14/10) POV Justin
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Le temps était froid, venteux et pluvieux, ce qui obligeait les élèves à rester au château. Sauf ceux qui avaient un entraînement de Quidditch, bien sûr. Justin les plaignait beaucoup. Lui était tranquillement assis dans sa salle commune en train de lire un livre, n'ayant plus aucun devoir à faire. Ce temps libre, il ne le devait qu'à son binôme qui était d'une efficacité à toute épreuve. Ils s'étaient beaucoup vus pendant la semaine, travaillant sans relâche pour boucler tous leurs devoirs et espérer avoir un week-end de pure détente. Ils avaient finalement eu droit à trois jours de repos, ayant réussi à finir leurs devoirs l'avant-veille. En effet, deux jours plus tôt, ils avaient profité du couvre-feu repoussé et étaient restés jusqu'à vingt-trois heures dans la salle des binômes. Ils n'avaient pas bâclé leur travail pour autant – c'était bien mal connaître Théo. Il avait néanmoins été temps qu'ils se reposent car Théo avait failli s'énerver parce qu'il n'arrivait pas à tourner une phrase correctement. Justin avait vite appris que quand Théo commençait à pester contre lui-même et à soupirer d'agacement toutes les cinq secondes, c'était qu'il fallait urgemment passer à autre chose. Mais quand ils étaient fatigués et sous pression, cela pouvait aussi devenir drôle. Ils partaient vite dans des délires qu'ils préféraient sagement oublier le lendemain. Par exemple, trois jours plus tôt, Théo avait comparé une sorcière du Moyen-Âge à Mme Pince et...
- Justin, je dois te parler.
Tiré brusquement de ses pensées, Justin sursauta. Il fut un peu irrité d'avoir été dérangé par sa petite-amie alors qu'il pensait à un souvenir agréable avec son binôme. Surtout qu'Emily avait l'air d'avoir quelque chose d'important à lui dire et qu'il n'était pas vraiment enclin à avoir une discussion sérieuse. Mais comme c'était Emily, il fit un effort.
- Je t'écoute.
- Il y a des rumeurs qui commencent à circuler sur une agression qu'aurait subie ton binôme. Deux élèves ont été accusés à tort et ont balancé l'affaire. Enfin, l'un des deux est innocent, ça, c'est sûr. L'autre, je ne sais pas. Mais vu que c'est son meilleur ami, il doit être innocent aussi.
Justin soupira. Il avait espéré qu'Emily n'apprenne jamais cette affaire. Il ne pensait pas que les deux élèves se défendraient en clamant leur innocence dans toute l'école et en balançant l'agression de Théo dont ils étaient réellement coupables par la même occasion. Il pensait que ces élèves auraient fait profil bas et qu'ils auraient gardé secrètes les accusations que Théo portait contre eux. Il s'était bien trompé.
- Est-ce que tu étais au courant de cette agression ? demanda Emily.
- Oui, répondit honnêtement Justin.
- Théo t'a parlé de ses accusations ?
Justin se mordit la lèvre.
- Réponds-moi, ordonna Emily.
- Oui, murmura Justin.
- Tu savais et tu ne m'as rien dit ?!
- Ce n'est pas contre toi, je...
- C'est mon cousin qu'il accuse, Justin ! Tu aurais dû m'en parler ! Tu aurais dû le défendre ! Tu aurais dû raisonner ton binôme ! Au lieu de ça tu l'as laissé accuser Josh alors qu'il n'a rien fait !
- Comment peux-tu en être aussi sûre ? répliqua Justin.
- Je le connais, c'est mon cousin ! Il est incapable de faire une chose pareille ! C'est quelqu'un de gentil et tu le sais ! Ce n'est pas son genre d'agresser les gens comme ça ! Il n'est pas homophobe !
- Tu ne le connais peut-être pas aussi bien que tu le penses, alors, lâcha Justin.
Le choc se lut dans le regard d'Emily.
- Attends, tu es en train de me dire que tu crois aux accusations de ton binôme ?!
- Oui, affirma Justin sans hésiter.
Emily se prit la tête entre les mains et se mit à aller et venir devant Justin, essayant visiblement de garder son calme.
- Récapitulons. Théo accuse mon cousin de l'avoir agressé alors qu'il n'a jamais fait de mal à une mouche et toi, au lieu de croire en l'innocence du cousin de ta petite-amie, tu préfères croire ton binôme que tu considérais, rappelons-le, comme un Mangemort au début de l'année ? Il n'y a pas quelque chose qui te semble bizarre, là-dedans ?!
- J'ai appris à ne plus me fier aux apparences, c'est tout, dit posément Justin.
- Mais ça ne t'empêche pas de regarder les choses en face, bon sang ! Ça ne fait pas assez longtemps que tu es en de bons termes avec Théo pour que tu lui fasses confiance à ce point !
- Non mais c'est la meilleure ! C'est toi qui m'a fait la tête pendant trois semaines parce que je rejetais Théo ! Tu as même décidé de faire un break à cause de ça ! Et maintenant tu me reproches de le croire ? Il faut savoir ce que tu veux !
- Mais il y a des limites, Justin ! Le monde n'est pas tout blanc ou tout noir ! Ce n'est pas parce que tu t'entends désormais bien avec Théo que tu dois croire tout ce qu'il te dit !
Emily s'assit et rapprocha son fauteuil de celui de Justin. Il soutint son regard lorsqu'elle le regarda droit dans les yeux.
- Écoute, je n'en veux pas à Théo, ça arrive à tout le monde de se tromper. Mais il ne peut pas accuser un innocent comme ça. Josh va être convoqué pour une audience disciplinaire alors qu'il n'a rien fait. Il risque d'être exclu de Poudlard et de ne pas pouvoir passer ses ASPIC. Tu dois raisonner Théo. Tu ne peux pas le laisser gâcher l'avenir d'un innocent. Il peut encore se rétracter alors parle-lui et vite.
Justin ne savait pas quoi faire. Pour lui, c'était évident qu'Emily se faisait des idées et que c'était elle qui refusait de voir les choses en face. Il y avait des preuves qui ne trompaient pas contre son cousin et le meilleur ami de celui-ci. Théo était sûr que ses agresseurs étaient des Serdaigle et comme par hasard, Josh et son meilleur ami – qui étaient des Serdaigle – étaient arrivés en retard à leur cours qui avait eu lieu à l'heure où Théo s'était fait agresser. Il ne fallait pas s'appeler Einstein – ou Merlin – pour faire le rapprochement ! Il tenait à son couple avec Emily mais il ne pouvait pas demander à Théo de retirer ses accusations parce qu'Emily le lui demandait. Il fallait que Josh et Dick soient punis pour ce qu'ils avaient fait. Ils auraient pu noyer Théo. C'était grave. Très grave. Justin réalisa alors à ce moment-là qu'il n'aurait pas supporté de perdre son binôme. Non, cet acte ne pouvait pas rester impuni. Il devait y avoir justice.
- Non, je ne parlerai pas à Théo, annonça-t-il. Je suis désolé, Emily. Ton cousin a fait quelque chose de mal, il doit payer pour ça.
Les yeux d'Emily s'embuèrent de larmes. Justin détourna le regard, incapable de voir la peine dans le regard de la fille qu'il aimait.
- Tu me déçois, Justin. Je ne pensais pas que tu retournerais ta veste comme ça. Puisque tu as choisi ton camp et que ce n'est pas le mien, alors nous n'avons plus rien à nous dire. Au revoir, Justin.
Un mouvement d'air fit comprendre à Justin qu'Emily était partie. Il se sentait mal. Terriblement mal. Il venait de provoquer la fin de son couple pour défendre Théo. Cela ressemblait tellement à un gag que ça le ferait presque rire si son couple ne venait pas d'exploser en mille morceaux. Il savait pourtant qu'il avait fait le bon choix. Il était un Poufsouffle, la loyauté était donc quelque chose de sacré pour lui. Il ne pouvait pas empêcher une victime de dénoncer ses agresseurs. C'était tout bonnement impensable à ses yeux. Il soupira. Il ne restait plus qu'à espérer que Josh et Dick assumeraient leur actes. Emily reconnaîtrait ainsi qu'elle avait eu tort et elle reviendrait vers lui. En attendant, il devait prendre son mal en patience. Il regretta soudain d'avoir fini tous ses devoirs. Une séance de travail avec Théo lui aurait fait le plus grand bien. Cette pensée qu'il venait d'avoir le troubla aussitôt. Comment pouvait-il se dire ça alors que, sans le vouloir, Théo était à l'origine de sa rupture avec Emily ? Il fallait qu'il arrête de penser à Théo à longueur de journée. Le travail en binôme lui montait trop à la tête. C'étaient plutôt les deux jours de repos qui allaient lui faire du bien. Il allait juste devoir s'occuper l'esprit pour éviter de penser à Emily. Elle lui manquait déjà car il savait qu'ils n'allaient pas se réconcilier de sitôt. Mais il ne ferait pas le premier pas. Il n'avait rien à se reprocher. C'était à Emily de revenir vers lui. Et il savait qu'elle le ferait. Il devait juste être patient.
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(dimanche 15/10) POV Théo
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Allongé sur son lit, les yeux rivés vers le plafond, Théo réfléchissait. Il avait beau tourner et retourner le problème dans tous les sens, il ne voyait pas d'autres solutions. Il se redressa et tira les rideaux qui le séparaient du lit de Draco.
- Draco, je peux te poser une question ?
- Mmmh ?
- C'est à propos de Harry.
- Mmmh.
Théo leva les yeux au ciel.
- C'est bon, laisse tomber.
- Mais je n'ai rien dit ! Pourquoi tu prends la mouche comme ça ?
- Parce que tu n'as pas été très expressif, justement.
- Excuse-moi de ne pas sauter de joie à l'idée que tu veuilles parler de Ha... euh... de Potter.
Théo haussa un sourcil, surpris par la «gaffe» que Draco avait failli faire. Mais il ne dit rien. Il savait que s'il relevait cette «gaffe», il allait vexer et fâcher Draco. Or, ce n'était pas le moment pour Théo de se brouiller avec son ami. Il devait absolument lui parler de Harry.
- Il n'y a que toi qui puisse me donner les informations dont j'ai besoin.
- Parce que tu enquêtes sur Potter, maintenant ?
- Mais non, je veux juste savoir ce qui se passe dans sa tête en ce moment.
- Tu perds ton temps pour rien, alors. Personne ne peut comprendre Potter. C'est un mystère pour l'humanité.
- Tu n'es pas sympa.
- Oh ça va, ce n'est pas méchant. Je te rappelle qu'on a fait la paix, lui et moi.
- Oui, tu as raison, ça se voit, railla Théo.
- C'était pour plaisanter, insista Draco.
- Mmmh.
- C'est ma réplique, ça.
Théo haussa les épaules, se rallongea et se tourna sur le côté. Il ne tarda pas à sentir un poids sur son lit, preuve que Draco venait de le rejoindre.
- Hé, je ne voulais vraiment pas être méchant avec Potter. C'était pour rigoler. Tu me crois ?
Théo se retourna et fit face au regard inquiet de Draco. Cela le surprit autant que ça le toucha.
- Oui, bien sûr, dit-il en souriant.
- Je ne veux pas que tu croies que je déteste toujours Potter, dit sérieusement Draco. On s'entend bien, lui et moi, maintenant. Ça n'a plus rien à voir avec avant. On rit même ensemble, parfois. Il n'est pas du tout comme je l'imaginais depuis la première année. Je commence vraiment à regretter de lui avoir cherché des noises pendant tout ce temps. Mais ça m'a vraiment vexé quand il a refusé de me serrer la main lors de notre premier jour passé à Poudlard. Il n'a pas voulu être mon ami et j'ai pris ça comme un affront. Alors j'ai décidé de le lui faire payer. À ce moment-là, je ne le savais pas encore mais je n'aurais pas pu être ami avec lui, de toute façon. Mon père savait que Tu-Sais-Qui reviendrait. Je ne pouvais pas devenir ami avec Potter alors que mon père travaillait pour quelqu'un qui voulait l'éliminer... C'est cette stupide barrière qui nous a séparés, Potter et moi. J'étais du côté du mal, lui du côté du bien. Je suivais bêtement ce que me disait mon père et ça m'a empêché de voir plus loin que le bout de mon nez. J'ai fait de Potter mon ennemi sans chercher à le connaître. Mais encore une fois, je ne pouvais pas.
Ces quatre simples mots mais pourtant pleins de sens résonnèrent douloureusement dans l'esprit de Théo. De façon à la fois différente et semblable, Draco et lui avaient connu une entrave à leur liberté. Draco n'avait pas pu choisir ses amis et avait dû faire de Harry son ennemi. Théo, lui, n'avait pas pu dénoncer les maltraitances de son père tant que celui-ci était en liberté. Comme Draco, il n'avait pas pu non plus se faire les amis qu'il aurait voulu avoir. Tous deux pouvaient néanmoins s'estimer heureux d'avoir pu former leur groupe d'amis avec Blaise et Pansy. C'était leur plus belle réussite et ils en étaient fiers.
Il profita du silence de Draco pour répondre :
- Mais là, maintenant, tu peux, dit-il doucement. Si tu lui tendais la main, je suis sûr que cette fois, Harry la serrerait. Il n'est sûrement plus opposé à l'idée de devenir ami avec toi.
- Tu penses vraiment que c'est possible ? souffla Draco.
- Oui, répondit Théo avec assurance. Ça ne changera pas grand-chose à la relation que vous avez déjà, tu sais. En fait je pense que vous êtes même déjà presque amis. C'est juste que ce n'est pas officiel. Mais fais comme tu le sens. Tu n'es pas obligé de devenir ami avec Harry si tu n'en as pas envie. Il peut juste rester ton binôme de travail.
- Je verrai. Il faut que j'y réfléchisse. Bon, qu'est-ce que tu voulais me demander à son sujet ?
- J'aimerais que tu sois honnête.
- Ouh là, tu me fais peur. Mais je serai honnête, promis.
- Depuis que vous travaillez en binôme, est-ce que Harry a fait des progrès en potions ?
- Ah, je vois. En terme de préparation de potions, je n'en ai aucune idée puisque les cours pratiques ne se font pas en binôme.
- Je sais, c'est surtout au niveau des connaissances que je te pose la question. Est-ce que, par exemple, lors des devoirs que vous avez rédigés ensemble, c'est toi qui a fait tout le travail ?
- Bien sûr que non ! Pour le premier devoir c'est même lui qui a presque tout fait. Il n'est pas du genre à laisser son binôme faire tout le boulot.
- Tu veux dire par-là que vous avez autant rédigé l'un que l'autre ?
- Oui.
- Mais dans ce cas, c'est peut-être toi qui est à l'origine du contenu de vos devoirs ?
- Non, nous nous sommes répartis équitablement les parties. Mais pourquoi me demandes-tu ça ? Tu cherches à discréditer Potter ou quoi ? Il n'était pas censé être ton ami ? Pourquoi tu veux l'enfoncer comme ça ?
- Parce qu'il est justement mon ami et que je m'inquiète pour lui, répliqua Théo. Je sais qu'il a eu un Désolant au devoir individuel qu'on a rendu il n'y a pas longtemps. Il me l'a dit machinalement au cours d'une discussion tout à fait banale. Je crois qu'on parlait des BSUE. Et j'ai trouvé ça étrange parce que je sais aussi que vous avez obtenu la meilleure note lors de vos deux devoirs collectifs. Je ne comprends pas comment on peut passer d'un Optimal à un Désolant. Et puis il n'y a pas que ça. Il y a aussi le fait que, pendant un mois, il réussissait toutes ses potions à la perfection et que, d'un coup, depuis deux semaines, il s'est remis à toutes les rater. Alors que le niveau n'a pas du tout augmenté. Je ne suis pas le seul à avoir remarqué tout ça et à m'inquiéter. Vendredi, il s'est pris la tête avec ses deux meilleurs amis à ce sujet. Il y a quelque chose qui ne va pas. Mais je ne sais pas quoi. Et je n'ai aucune idée de ce que je dois faire. Déjà, je ne sais même pas si je dois m'en mêler. Tu vas me dire que je m'en mêle déjà en t'en parlant mais...
- Mais moi je ne peux rien faire, compléta Draco. Tu sais que je n'irai rien dire à Harry puisque, peu importe ce que je lui dirai, ça ne servira à rien. Il restera prostré et ne voudra rien me dire. Du coup ça ne change pas grand-chose que tu me fasses part de tes doutes. Ça te permet juste de te soulager en te confiant à quelqu'un.
- Voilà.
- Je t'avoue que je ne comprends pas trop non plus son comportement. Pour moi, il ne fait aucun doute qu'il a progressé en potions. Durant nos séances de travail, je vois bien qu'il accumule les connaissances et qu'il les garde. Sans moi il serait parfaitement capable de rendre un devoir qui vaut un Effort Exceptionnel. Je ne comprends donc pas pourquoi il s'est tapé un Désolant. Ça ne correspond pas du tout à son niveau.
- Tu ne penses pas qu'il en aurait fait exprès de rendre un devoir mauvais ?
- Pourquoi aurait-il fait ça ? s'étonna Draco.
- Pour être tranquille, peut-être, lâcha Théo. Depuis qu'il est redevenu... nul, il n'a plus de retenues. C'est peut-être ça qu'il voulait.
- Tu crois qu'il en avait marre à ce point ? murmura Draco.
- Je pense, oui.
- Mais alors pourquoi il ne s'est pas rebellé, tout simplement ?
- Parce qu'il sait qu'il se serait pris une retenue. Il était coincé, ajouta tristement Théo. Avant, quand il se prenait des retenues, c'était parce qu'il répondait ou parce qu'il était tenu responsable pour quelque chose alors qu'il était innocent. En faisant profil bas, il s'assure une certaine sécurité.
- Je vois. Mais il ne peut pas continuer comme ça. Il ne peut pas continuer à rendre des devoirs nuls alors qu'il est capable de faire bien mieux, s'indigna Draco.
- Je suis bien d'accord. Mais comme je te l'ai dit, je ne sais pas quoi faire. J'espérais que tu aurais une idée...
- Non, je n'en ai pas, avoua Draco. Mais c'est parce que nous sommes trop impliqués. On n'a pas le recul nécessaire. Moi je suis son binôme et toi tu es devenu très proche de lui. Il faut l'avis de personnes extérieures. Attends-moi là, je reviens.
Bien qu'intrigué, Théo ne posa aucune question. Il patienta jusqu'à ce que Draco revienne accompagné de Blaise et de Pansy.
- J'espère que c'est important, Draco. J'étais en plein devoir de métamorphose ! se plaignit Pansy.
- Et moi en plein devoir de sortilèges, renchérit Blaise.
- Ouais tu regardais surtout la fille Weasley.
- Comment tu peux le savoir si tu étais en «plein devoir de métamorphose» ? répliqua Blaise.
- Parce que c'est une fille et qu'elle sait faire deux choses à la fois, répondit Draco à la place de Pansy. Mais ne râlez pas comme ça, c'est vraiment important et ce ne sera pas long. Et puis c'est l'occasion de se retrouver tous les quatre, ce qui se fait rare depuis la rentrée. Bon, je laisse Théo vous expliquer, il saura mieux le faire que moi.
- Ça m'aurait étonné... maugréa Théo.
- Hé, je suis allé les chercher et ce n'était pas une mince affaire, rétorqua Draco. J'ai fait ma part. À ton tour, maintenant.
Théo ne put rien contre cet argument. Il se tourna vers Blaise et Pansy.
- Vous pourrez garder pour vous ce que je vais vous dire ?
- Évidemment, dit Pansy en levant les yeux au ciel.
Théo raconta alors à Blaise et à Pansy la discussion qu'il venait d'avoir avec Draco.
- Je vois, commenta Pansy. Pour moi c'est évident. Il faut en parler au professeur Lupin.
- Il a trop d'affects avec lui, objecta Draco. Ils sont proches, tous les deux.
- Oui mais là on s'en fout, c'est à lui de régler cette histoire, point, insista fermement Pansy. C'est son directeur de maison, c'est à lui de veiller sur ses résultats scolaires. Je pense même qu'il faudrait en parler au professeur Black. C'est le parent de Potter, si son filleul a des ennuis avec un de ses professeurs, il doit le savoir.
- Mais il va aller assassiner Severus, s'inquiéta Draco.
- Mais non, s'agaça Pansy. Le professeur Lupin l'en empêchera. Et puis bon, je te rappelle qu'il n'est pas tout blanc dans cette histoire, ton parrain. Le coup de coller Potter parce qu'une pierre a atterri dans son chaudron...
- Pardon ?! s'exclama Draco, stupéfait.
Théo se plaqua une main sur le front. Harry lui avait raconté cet indicent mais Théo savait qu'il n'avait rien dit à Draco à ce sujet. Vu qu'ils n'avaient pas de séance de travail prévue ce jour où Harry s'était pris une retenue, il n'avait pas eu à annuler et il n'avait donc pas dit à Draco qu'il s'était fait coller pour une raison aussi minable. Il avait trop honte.
- Tu... tu n'es pas au courant ? s'étonna Pansy, l'air soudain mal à l'aise.
- Apparemment, non, lâcha Draco. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Pansy tourna la tête vers Théo et Blaise, espérant visiblement un soutien de leur part.
- Tu as gaffé, tu assumes, ma vieille, se moqua Blaise.
- Merci, c'est vraiment trop gentil, se vexa Pansy.
Elle reporta son attention sur Draco.
- Tu te souviens du cours où tu as dû emmener Théo à l'infirmerie ?
- Oui, je ne suis pas prêt de l'oublier, grimaça Draco.
- Tu dois te douter que ce sont Crabbe et Goyle qui ont fait exploser le chaudron de Théo ?
- Oui, je pense que tout le monde l'a deviné, d'ailleurs.
- Eh bien ils ont recommencé pendant que Théo et toi n'étiez pas là, mais cette fois en s'en prenant à Potter. Il a réussi à se protéger à temps et il n'a pas été touché par l'explosion. Mais ton parrain a cru que Potter était responsable et il l'a collé le soir-même.
- Vous n'aviez pas de séance de travail prévue ce soir-là, du coup Harry n'a pas eu à annuler auprès de toi et il n'a pas jugé utile de t'en parler, justifia Théo.
- Sympa, s'offusqua Draco. Mais il s'est défendu au moins ?
- Oui, pour une fois il ne s'est pas laissé faire, mais ça n'a pas suffi, soupira Blaise. Snape n'a rien voulu entendre. Tu sais que je le respecte parce que c'est ton parrain, mais là, il a vraiment abusé. Théo et Potter ont été victimes de la même blague par les mêmes personnes, et ils ont pourtant eu un traitement complètement différent. D'accord, Potter n'a pas été touché, mais pourquoi s'est-il pris une retenue et pas Théo ? Pourquoi Snape a aussitôt accusé Potter d'avoir lui-même fait exploser son chaudron alors qu'il n'a rien dit à Théo ? Weasley a même voulu défendre son ami en disant que, comme par hasard, c'étaient les chaudrons des deux élèves qui avaient fait leur coming-out récemment qui avaient explosé mais Snape n'a pas voulu l'écouter et il a même retiré des points à Gryffondor.
- Mais c'est complètement stupide... murmura Draco. Et injuste.
- Nous sommes bien d'accord. Alors tu vois, je serais Lupin, je n'essaierais même pas d'empêcher Black de régler ses comptes avec Snape, lâcha Blaise.
- Eh bien Severus recevra une visite avant d'avoir celle de Black, dit froidement Draco. Je serais allé le voir plus tôt si j'avais été au courant de cette histoire.
- Ne te mets pas non plus ton parrain à dos, conseilla Pansy.
- Désolé mais il n'a pas à s'en prendre à Ha... à Potter comme ça, s'énerva Draco. C'est mon binôme, il est de mon devoir de le défendre.
Théo se retint tant bien que mal de sourire. Draco ne se rendait même pas compte qu'il considérait déjà Harry comme un ami. Mais Théo comprenait que Draco avait besoin de temps. Ce n'était pas facile d'effacer d'un coup quatre années de haine. Il fallait un sas de décompression. Mais il préféra ne rien dire à ce sujet et décida de prêter main forte à Pansy :
- Pansy a raison, Draco. Il ne faut pas que tu te fâches avec ton parrain. C'est gentil de ta part de vouloir défendre Harry, je t'encourage même à le faire mais fais-le tout en restant calme. Si tu vois que ton parrain ne veut rien entendre, n'insiste pas.
Théo sut qu'il avait obtenu gain de cause lorsque Draco soupira.
- Bon, d'accord, je vais essayer de me maîtriser. Je n'ai pas vraiment envie de me prendre la tête avec Severus, de toute façon. Bon, sinon, pour en revenir à Potter...
- Comme si on avait vraiment changé de sujet, ironisa Pansy.
- ... qui va en parler à Black et Lupin ? continua Draco en ignorant Pansy. Parce que j'avoue que je ne suis pas très à l'aise à l'idée d'aller parler de Potter à son parrain et à son directeur de maison...
- Je vais le faire, dit Théo. Je vais juste demander à Hermione de venir avec moi. Ce sera plus facile de les convaincre si elle est là pour appuyer mes propos.
- Bonne idée, approuva Blaise. Tu comptes leur parler quand ?
- Demain, puisqu'on a sortilèges et métamorphose. Le matin je dirai au professeur Black que je dois lui parler de Harry ainsi qu'au professeur Lupin, il en parlera à son collègue à midi, ils essaieront de trouver un créneau libre pour avoir cette discussion et l'après-midi, le professeur Lupin me donnera le créneau en question. Je pense que ce sera le soir-même. Donc si tout va bien, d'ici demain soir, Hermione et moi auront parlé au parrain et au directeur de maison de Harry.
- Cela me semble être un bon programme, affirma Pansy. Il faut que tu en parles vite avec Granger, dans ce cas.
- Elle est de ronde bientôt, annonça Draco. Avec Boot. Tu pourras les trouver à dix-sept heures au rez-de-chaussée.
- Super, merci Draco. J'y vais, du coup. Merci à tous les trois.
Théo enjamba souplement Draco qui était toujours sur son lit et sortit du dortoir afin d'aller chercher Hermione. Il espéra la trouver avant le début de sa ronde, sinon il devrait attendre le lendemain. Mais il n'était pas encore dix-sept heures, il avait donc un peu de temps pour la chercher.
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Au même moment, POV Hermione
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Hermione était en train d'attendre Terry près du hall d'entrée lorsqu'elle vit Théo arriver vers elle. Elle haussa un sourcil, à la fois surprise et amusée.
- Théodore Nott, aurais-tu pris du Polynectar pour prendre l'apparence de mon homologue préfet de Serdaigle, par hasard ? Si c'est le cas, sache que c'est raté.
- Oh, je ne suis pas sous les traits de Terry Boot ? fit Théo, faussement déçu.
- Non, désolée, plaisanta Hermione. Bon, qu'est-ce qui t'amène ?
- Je dois te parler de Harry.
Hermione se tendit d'un coup. Si Théo venait la voir alors qu'il savait qu'elle avait bientôt sa ronde à faire, c'était que ça devait être vraiment urgent.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle, inquiète.
- Je sais que tu n'as pas beaucoup de temps alors je ne vais pas y aller par quatre chemins. Harry fait exprès d'avoir de mauvaises notes et de rater ses potions pour que le professeur Snape le laisse tranquille.
Hermione écarquilla les yeux. Elle en était venue elle aussi à cette conclusion mais l'entendre de vive voix était... choquant.
- C'est ce que je pense aussi, avoua-t-elle. Mais pourquoi viens-tu m'en parler maintenant ?
- Parce qu'on doit en parler au professeur Black et au professeur Lupin.
- Qu... quoi ?!
- Ils doivent savoir, Hermione. Et il n'y a qu'eux qui peuvent régler la situation. Quitte à ce qu'ils s'écharpent avec le professeur Snape s'il le faut. Ça ne peut pas continuer comme ça. Il faut faire quelque chose. Le professeur Lupin est le directeur de maison de Harry et le professeur Black est son parrain, ils doivent donc être mis au courant de ce qui se passe durant les cours de potions.
- Ils le savent déjà plus ou moins mais ils ne savent pas que Harry fait exprès d'être mauvais. Mais je crois qu'ils voudront d'abord en parler avec Harry. Le forcer à dire de lui-même qu'il sabote ses devoirs et ses potions. Et ensuite ils s'expliqueront avec le professeur Snape. Harry risque de nous en vouloir, ajouta tristement Hermione. Mais c'est pour son bien. Du coup j'imagine que tu as besoin de moi pour aller en parler au professeur Black et au professeur Lupin ?
- Oui, je crois que tu les connais un peu mieux que moi, tu sauras davantage leur parler. J'avais pensé à aller voir le professeur Black demain matin à la fin du cours de sortilèges. On lui dira qu'on souhaite avoir un rendez-vous avec le professeur Lupin et lui pour parler de Harry. Il en parlera sûrement à son collègue lors du déjeuner et ils choisiront un créneau que le professeur Lupin nous transmettra à la fin du cours de métamorphose. Je pense que ce sera demain soir, après les cours. Ils voudront certainement nous donner un rendez-vous au plus vite.
- D'accord, je viendrai avec toi. Je te laisse gérer demain matin avec le professeur Black, tu me tiendras au courant. Moi j'interviendrai surtout lors du rendez-vous en lui-même. Ce soir je vais rassembler tout ce que je sais sur Harry, ses résultats, son comportement et les cours de potions. Comme ça je saurai quoi dire lors du rendez-vous.
- Très bien, je ferai de même de mon côté. Ah, voilà ton collègue. Je te laisse, à demain.
Théo s'en alla, laissant Hermione seule. Mais pas pour longtemps puisqu'elle fut rejointe quelques secondes plus tard par Terry.
- Je lui ai fait peur ? s'étonna celui-ci.
Perdue dans ses pensées alors qu'elle regardait Théo s'éloigner, Hermione sursauta. Elle se retourna et, comprenant que Terry parlait de Théo, elle sourit :
- Non, c'est juste qu'il savait que j'avais une ronde à faire et qu'il ne voulait pas m'embêter plus longtemps.
- Oh, je vois.
Hermione vit Terry la regarder plus attentivement avant qu'il ne fronce les sourcils.
- Ça va ? demanda-t-il, l'air inquiet.
- Oui, pourquoi ? répondit Hermione sans réfléchir.
- Tu as l'air soucieuse.
- Ce n'est rien, ce sera vite réglé. Enfin, je l'espère. On y va ?
Terry acquiesça et emboîta le pas à Hermione. Ils vérifièrent si tout était en ordre au rez-de-chaussée puis ils montèrent au premier étage. Ils tombèrent aussitôt sur les jumeaux Weasley qui semblaient en pleine négociation avec un autre élève.
- Ça va, on ne vous dérange pas ? s'enquit Hermione.
Les jumeaux se retournèrent brusquement.
- Qu'est-ce que vous faites là ? Vous nous espionnez ?!
- Non, nous faisons juste notre ronde, répliqua Terry. On peut savoir ce que vous faites ?
- On parle affaires, répondit Fred.
- Et on négocie, ajouta George.
- Bien sûr, vous ne vous apprêtiez pas du tout à vendre une de vos inventions ? ironisa Hermione.
- Nous ?! Mais pas du tout ! s'offusqua George.
- Tu nous déçois, Hermione, enchaîna Fred. On pensait que tu avais confiance en nous. Comment une fille aussi jolie, aussi intelligente, aussi gentille et aussi parfaite peut-elle accuser les frères de son meilleur ami de vendre leurs inventions dans les couloirs du château ?
- La flatterie ne marche pas avec moi, Fred, rétorqua Hermione, mi-agacée, mi-amusée. Filez d'ici et que je ne vous y reprenne plus. Ça vaut pour toi aussi, précisa-t-elle en s'adressant à l'élève qui avait failli devenir un client des jumeaux.
L'élève ne se le fit pas dire deux fois et déguerpit, tout comme Fred et George.
- Quel toupet, je n'y crois pas, siffla Terry.
- Il fallait bien se douter qu'on finirait par les coincer lors d'une ronde.
- Je ne parle pas de ça ! L'un des jumeaux t'a carrément draguée comme s'il était seul avec toi ! Ça ne se fait pas ! D'autant plus que tu étais dans l'exercice de tes fonctions !
- Mais il ne m'a pas draguée du tout ! s'exclama Hermione en faisant les gros yeux. Il cherchait juste à m'amadouer pour que je le laisse partir en faisant comme si je n'avais rien vu ! Et moi, comme une idiote, je me suis faite avoir.
- Et en plus il a réussi son coup, lâcha Terry, l'air écoeuré. Il a réussi à te séduire et c'est pour ça que tu l'as laissé filer avec son frère.
- Mais pas du tout, répliqua Hermione en levant les yeux au ciel. C'est juste que je ne voyais pas l'intérêt de leur retirer des points ou d'en référer à leur directeur de maison vu que c'était la première fois qu'on les coinçait. Et ne viens pas me dire que c'est parce qu'ils sont des élèves de ma maison, tu sais bien que je suis impartiale.
- C'est vrai, reconnut Terry.
- Et je ne me suis pas laissée séduire, contrairement à ce que tu crois, clarifia Hermione. Je ne suis pas du genre à me laisser berner par le premier garçon qui passe.
- Je te crois, assura Terry. Excuse-moi, c'était idiot de ma part de réagir comme ça. J'ai juste trouvé ça complètement déplacé qu'un élève de septième année drague une préfète pendant sa ronde.
- Si ça peut te rassurer, je ne l'intéresse pas non plus, s'amusa Hermione. Il a déjà quelqu'un en vue, d'après ce qu'on dit. Mais j'ai tendance à éviter les ragots, donc je ne sais pas si c'est vrai.
- Si tu veux parler d'Angelina Johnson, je crois que tout le monde sait qu'il en pince pour elle, dit Terry, l'air moqueur. Certains leur prêtent déjà même une relation. Ils ont été vus ensemble lors de la sortie à Pré-au-Lard, alors évidemment, ça a vite fait le tour de l'école...
- C'est aussi facile d'avoir une vie privée à Poudlard que d''obtenir un compliment du professeur Snape quand on ne fait pas partie de la maison de Serpentard.
Terry éclata de rire.
- Jolie comparaison ! Bon, reprenons notre ronde, on a encore six étages à vérifier.
Hermione hocha la tête et se remit en route avec Terry. Ils ne virent rien d'autre au premier étage, sermonnèrent deux élèves au deuxième étage, sanctionnèrent un quatrième année au troisième étage et faillirent se faire attaquer en montant au quatrième étage.
- C'était qui ? demanda Hermione, effrayée.
- Aucune idée, répondit Terry, l'air tout aussi inquiet qu'elle.
Ils jetèrent un coup d'oeil derrière eux avant de se regarder.
- On reste sur nos gardes, dit fermement Terry. On surveille nos arrières.
Hermione acquiesça et raffermit sa prise sur sa baguette qu'elle avait sortie en voulant se défendre lorsqu'elle avait été attaquée avec Terry. Sauf que leur agresseur s'était déjà volatilisé.
- Il faut s'attendre à découvrir un trafic de potions, déclara Terry, la voix tendue.
- Je n'aime pas ça, murmura Hermione.
Elle ne se souvenait que trop bien du duel dans lequel elle s'était retrouvée engagée lors d'une ronde avec Malfoy. Elle en avait fait des cauchemars pendant trois nuits consécutives.
- Je te défendrai si je serai en mesure de le faire et si tu en auras besoin, promit Terry. Mais je suis sûr que tu auras le dessus. Ce sont à eux d'avoir peur.
Hermione sourit, légèrement rassurée. Ils avancèrent en essayant de faire le moins de bruit possible et ne tardèrent pas à percevoir des voix. Ils se firent encore plus discrets et s'approchèrent encore. Ils tournèrent au bout du couloir et tombèrent sur deux élèves. L'un était de face, l'autre de dos. Le premier aperçut vite les deux préfets et dégaina aussitôt sa baguette en les aveuglant avec un puissant Lumos. L'autre élève sursauta, se retourna, se figea un quart de seconde avant de s'enfuir en courant sans que personne n'ait le temps de l'en empêcher. Mais même si Hermione avait pu réagir à temps, elle ne l'aurait pas fait tant elle était choquée. Car malgré le puissant Lumos qui l'empêchait de voir correctement, elle avait reconnu l'élève qui s'était enfui. Problème : elle le connaissait indirectement. Car cet élève, c'était Adrian Pucey.
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J'ai longtemps hésité à couper juste avant XD Hâte de savoir ce que vous en pensez ! Je vous retrouve vendredi pour la deuxième partie de ce chapitre ! Bisous tout le monde !
