Bonjour tout le monde ! Me revoilà pour le vingt-troisième chapitre de SAMLP =)

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Meranath : Severus déteste tellement Harry que c'est impossible pour lui de se remettre en question du jour au lendemain XD Il n'y aura pas de violences, cette fois-ci XD Donc pas de coquards x) L'identité du deuxième petit-ami de Harry est tenue secrète pour des raisons qui seront dévoilées dans une dizaine de chapitres XD Alors, est-ce qu'Adrian se drogue vraiment ? Bonne question XD Il va falloir un peu de temps pour que Draco se mette à appeler Harry par son prénom, ça arrivera en temps voulu et sûrement pas de la façon dont ils l'auraient imaginé XD Merci pour cette review, en tout cas ! =)

Gryffondor : En effet, Harry n'en a pas fini avec Sirius et Remus, c'est le moins qu'on puisse dire ! Severus a des doutes, oui, mais il ne veut pas encore se remettre en question :/ Tout le monde s'y met pour aider Harry, oui, même Draco XD Théo a fait le bon choix en balançant les deux Serdaigle mais ce n'est pas un choix facile à assumer :/ En ce qui concerne Adrian et les potions, il faudrait déjà que Hermione fasse le bon choix, elle aussi :/ Merci pour cette review =)

Miellina : Désolée, je ne peux pas aller plus vite en terme de rythme de publication XD XD En effet, je n'avais absolument pas vu cette coquille lors de la relecture ! Merci de me l'avoir fait remarquer ! Je vais corriger ça dès que possible =) Contente que l'histoire vous plaise ! Enfin, les histoires, plutôt x) Ça va être très compliqué entre Justin et Théo, il y aura de nombreux obstacles sur le chemin de leur mise en couple :/ Pour ce qui est du deuxième petit-ami de Harry, je ne sais pas si je dois lever le mystère et dire si oui ou non c'est bien Cédric puisque vous pensez tous que c'est lui XD J'hésite, j'hésite x) Hermione est lente à se décider, effectivement ! Mais elle n'a jamais eu de petit-ami donc elle ne sait pas trop comment réagir et ce qu'il convient de faire :/ Les relations entre Sirius, Remus et Severus vont changer, ça, c'est certain ;) Mais entre Sirius et Remus, ce sera là aussi compliqué XD Merci pour cette première review ! =) En espérant que la suite vous plaira !

Zackos : C'est sûr que la fin du chapitre n'est guère encourageante pour le couple Harry/Adrian ! (ou Harrian, comme une amie appelle ce couple XD) Oui, Justin et Théo vont finir ensemble, tous les couples cités dans la NA du premier chapitre verront le jour dans ce tome ;) Je pense même qu'en plus de la photo, il y a la biographie de Severus à cette définition XD Pour Cédric, il va vraiment falloir que je décide si je dois répondre à la question XD Je me doutais bien qu'Emily n'allait pas être appréciée dans ce chapitre x) Et à raison ^^ Alors niveau sadisme, là ce n'est rien comparé à la fin du dernier chapitre que je viens d'écrire XD Merci pour cette review, le chapitre est enfin là ! =)

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Merci vraiment du fondu du coeur à vous tous pour ces reviews ! Ça me fait vraiment plaisir ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre, à savoir la deuxième partie du précédent ! Bonne lecture =)

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23 – Doutes (2/2)

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(dimanche 15/10) POV Hermione

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Hermione fut tellement choquée qu'elle fut incapable de réagir. De toute façon, elle n'aurait pas pu viser correctement avec le Lumos qu'elle avait dans les yeux. Mais cela n'empêcha pas Terry de pointer l'élève de sa baguette et de le désarmer :

- Expelliarmus !

La baguette vola dans les airs et atterrit dans la main de Terry. Libérée de la lumière aveuglante, Hermione cligna plusieurs fois des yeux. À côté d'elle, Terry pointait toujours sa baguette vers l'élève qui les aveuglait quelques secondes plus tôt.

- Vide tes poches, ordonna Terry.

- Tu crois que je vais obéir à un petit élève de cinquième année ?

- Si tu te servais un peu de tes yeux, tu verrais que j'ai un badge de préfet accroché à ma robe. Alors je te conseille de faire ce que je te dis. Tu es sans défense, de toute manière. Et nous sommes deux alors que tu es tout seul. Donc je te le répète : vide tes poches.

L'élève s'exécuta de mauvaise grâce et sortit tout ce qui se trouvait dans ses poches. Il y avait un peu de tout mais pas de fioles.

- Vide ton sac, maintenant.

L'élève obéit de nouveau et renversa le contenu de son sac par terre. Cette fois, il y avait une bonne dizaine de fioles.

- Tu peux m'aider à les ramasser ?

Hermione sortit de sa torpeur en entendant Terry s'adresser à elle. Elle prit la moitié des fioles et échangea un regard avec son binôme. «C'est le moment de mettre en pratique ce que nous avons appris lors du stage de potions» se dirent-ils silencieusement. Ils ne perdirent pas de temps et prirent chacun une potion «témoin» qu'ils avaient toujours sur eux lors de leurs rondes. Ils prirent ensuite une fiole vide qu'ils avaient également dans leur sac et versèrent dedans une goutte de la potion témoin, puis une goutte d'une des potions de l'élève. Au vu de la couleur que prit le mélange, ils devinèrent qu'il s'agissait d'une potion droguée. Ils répétèrent l'opération avec toutes les fioles en jetant un Evanesco entre chaque test et découvrirent que toutes les fioles contenaient la même potion droguée. Tout cela n'avait pris qu'un peu plus de cinq minutes. Hermione était surprise de s'être fait la main aussi vite. Elle leva les yeux vers le dealer.

- Quel est ton nom ?

- En quoi ça te regarde ? cracha-t-il.

- Je dois faire un rapport et sur ce rapport doit figurer ton nom, expliqua Hermione sur le même ton qu'elle aurait pris face à un petit enfant.

Le dealer la regarda comme si elle n'était qu'une bouse de dragon malodorante.

- Gary Hooper, dit-il à contrecoeur.

- Tu es dans quelle maison ?

- Serpentard.

«Super» pensa Hermione. Comme Terry et elle devaient rapporter ce genre de situation au directeur de maison de l'élève concerné, ils allaient devoir en informer le professeur Snape. Elle aurait largement préféré que l'élève soit un Poufsouffle ou un Gryffondor.

- Très bien, c'est noté, dit-elle comme si elle venait de donner au Serpentard un rendez-vous avec son médecin traitant. Attends-toi à être convoqué sous peu.

- Avant de te laisser partir, nous voudrions savoir quel est le nom de l'élève à qui tu t'apprêtais à vendre tes potions, ajouta Terry.

- Vous croyez que je vais vous le dire ? demanda Hooper sur un ton moqueur. Vous pouvez toujours rêver. Je ne balance pas mes clients. Il y a une relation de confiance et je sais que mes clients ne me balanceraient pas si c'était eux qui se faisaient prendre.

«Voilà pourquoi c'est si difficile de démanteler ces trafics» songea Hermione, amère. Si les dealers taisaient le nom de leurs clients et vice-versa... Tout faisait soudain sens pour elle. Elle se retrouvait face à la réalité et c'était mille fois plus parlant que de la simple théorie.

- Tu feras sans doute moins le malin face au directeur, lâcha-t-elle. De toute façon j'ai reconnu ton client, et je pense qu'il le sait. Alors si tu donnes son nom, il pensera peut-être que c'est moi qui l'ait dénoncé.

- Tu bluffes, accusa Hooper.

- Si ça te fait plaisir de le penser... Allez, dégage, on t'a assez vu.

Hooper lança un regard meurtrier aux deux préfets puis il tourna les talons et s'en alla. Terry se tourna vers Hermione.

- Bien tenté, le coup de bluff, dit-il gentiment.

- Ce n'était pas du bluff, soupira Hermione.

- Tu as vraiment reconnu le client ?!

- Oui. Mais j'aurais aimé que ce ne soit pas le cas.

Hermione se sentait mal. Terriblement mal. Elle ne savait pas quoi faire. Adrian était quelqu'un de gentil. Il rendait Harry heureux. Jamais elle n'aurait pensé qu'il se droguait. Peut-être était-ce la première fois ? Peut-être l'avait-elle empêché de tomber dans des travers dont il aurait eu du mal à s'en sortir ? Peut-être ne s'était-il encore jamais drogué jusque-là ? Elle avait envie d'y croire. Pour Harry.

- Pourquoi ? Tu le connais ?

La voix de Terry la fit sortir de ses pensées. Elle soupira de nouveau.

- Indirectement. C'est quelqu'un qui est très cher à un de mes amis et... je me sens mal par rapport à ça. Je sais que c'est quelqu'un de bien, enfin c'est ce que je pensais jusqu'à maintenant...

- Il n'y a pas que les gens mauvais qui se droguent, dit doucement Terry. Il y a des élèves bien sous tous rapports qui se mettent soudain aux potions parce qu'ils pensent que ça peut les aider à oublier leurs soucis. Sauf que ce n'est pas une solution. Ce garçon fait peut-être partie de ce genre d'élèves.

- Je l'espère, murmura Hermione.

Elle n'arrivait pas à se défaire de ce sentiment qui l'oppressait. Elle était tellement déçue et triste pour Harry... Il pensait avoir trouvé le petit-ami parfait en la personne d'Adrian et il s'avérait que ce garçon n'était pas aussi parfait qu'il en avait l'air... Harry allait tomber de haut s'il venait à l'apprendre. Il idéalisait tellement Adrian... Il était complètement accro à lui. Il ne parlait que de lui. Il ne pensait qu'à lui. Il ne jurait que par lui. Il était tout simplement fou amoureux. Hermione ne savait pas comment il réagirait s'il apprenait la vérité sur Adrian. Peut-être allait-il nier. Peut-être allait-il s'énerver en disant que c'était n'importe quoi. Ou peut-être allait-il y croire et sombrer dans la dépression. Et s'il venait à savoir que Hermione était au courant ? Et s'il lui en voulait de ne rien lui avoir dit ? Et s'il n'avait plus confiance en elle ? Et si leur amitié prenait fin à cause de ça ? Là, c'était Hermione qui n'était pas sûre de s'en remettre. Et si Ron lui tournait le dos, lui aussi, pour soutenir Harry ?

- Hermione ?

Elle sursauta violemment et se retourna vivement. Elle croisa le regard inquiet de Terry.

- Ça va ? Tu n'as pas l'air bien...

- Je... je ne sais pas... j'ai peur... je...

Elle se tut, incapable d'aligner deux pensées cohérentes. Des larmes se mirent à couler sur ses joues. Terry fit alors une chose surprenante : il la prit dans ses bras. Elle ne mit que quelques secondes à se détendre et à se laisser aller. Elle en avait besoin. Cela faisait trop en une journée. Elle ne s'était jamais autant inquiétée pour Harry. Elle avait peur pour lui. Elle avait l'impression que tout lui tombait dessus depuis quelques temps. Snape depuis la rentrée, puis son coming-out, maintenant les soucis d'Adrian... Pourquoi est-ce qu'on ne le laissait donc pas tranquille ? Pourquoi fallait-il que le sort s'acharne sur lui ? Elle trouvait ça tellement injuste... Elle pleura un long moment dans les bras de Terry. Elle sentait sa main qui faisait des cercles dans son dos et cela lui faisait du bien. Peu à peu, ses larmes se tarirent. Elle se sentit alors vide et épuisée.

- Je peux terminer la ronde tout seul si tu veux, proposa gentiment Terry.

- Non, ça va aller, dit Hermione en souriant. J'ai juste eu un petit coup de mou. Je suis désolée, d'ailleurs. Je n'aurais pas dû me laisser aller comme ça.

- Ne dis pas n'importe quoi, ça arrive à tout le monde.

- Ça ne devrait pas arriver en pleine ronde. En plus j'ai été nulle, je suis restée plantée là sans réagir pendant plusieurs minutes au lieu d'essayer de désarmer le dealer...

- Parce que tu étais sous le choc. Tu venais de reconnaître ce garçon. En plus tu avais un Lumos en pleine figure. C'est le sort préféré des Serpentard pour empêcher l'ennemi de faire quoi que ce soit. Mais tu as fait ce qu'il fallait ensuite avec Hooper. Et puis dis-toi que c'est le client qui s'est enfui, pas le dealer. Ce sont les dealers qu'on cherche à coincer en priorité. Ça aurait été plus ennuyeux si c'était Hooper qui s'était enfui.

Hermione acquiesça. Terry avait raison, elle le savait.

- C'est vrai. Il faudra qu'on pense à aller voir le professeur Snape à la fin de notre ronde, d'ailleurs.

- Je m'en occuperai, si tu veux. Tu auras sûrement envie de rentrer directement à ta salle commune.

- Non, je tiens à faire mon devoir de préfète jusqu'au bout. Je vais y aller avec toi.

- D'accord, c'est comme tu le sens. On y retourne ?

Hermione hocha de nouveau la tête. Terry et elle reprirent leur ronde et montèrent au cinquième étage. Il n'y eut pas d'autre incident, ce qui leur permit de terminer rapidement leur ronde. Ils se rendirent ensemble au bureau du professeur Snape qui parut surpris de les voir. Il les fit entrer et les invita à s'asseoir.

- Je vous écoute.

Ce fut Hermione qui prit la parole.

- Nous revenons d'une ronde et au quatrième étage, nous sommes tombés sur un trafic de potions. Le client a réussi à s'enfuir mais pas le vendeur. Nous avons pu recueillir les informations nécessaires à son sujet. Il s'agit d'un Serpentard nommé Gary Hooper. Nous avons fait les tests qui s'imposaient et ils ont révélé que c'étaient bel et bien des potions droguées.

- Des potions type euphoriques, précisa Terry.

- Les avez-vous sur vous ?

- Oui, il y en avait une dizaine, nous les avons toutes récupérées, informa Hermione.

Comme Terry, elle déposa sur le bureau du professeur Snape les potions qu'elle avait testées.

- Vous êtes sûrs qu'il n'y en avait pas d'autres ?

- Nous avons demandé au dealer de vider ses poches et son sac, répondit Terry. Nous ne voyons pas où il aurait pu cacher d'autres fioles. Peut-être dans ses chaussettes mais j'avoue que nous n'y avons pas pensé sur le moment.

Hermione se retint difficilement de sourire. Elle ne savait pas si Terry était sérieux ou s'il essayait de faire de l'humour mais en tout cas, elle trouvait ça très drôle.

- Merci pour cette remarque, M. Boot. Le sac et les poches sont effectivement les principaux endroits où les potions sont généralement cachées. Et lors des saisies, les préfets et les professeurs trouvent le plus souvent entre dix et quinze fioles. Vu que vous en avez récupéré douze, je ne pense pas qu'il y en avait d'autres, surtout si vous avez bien fait vider le sac et les poches à l'élève. Qu'en est-il de l'autre élève ? Que s'est-il passé pour qu'il ait pu s'enfuir ?

- Le dealer nous a aveuglés avec un Lumos, nous n'avons donc pas pu empêcher le client de prendre la fuite, expliqua Terry.

- L'avez-vous reconnu ?

Hermione s'efforça de rester neutre alors que Terry répondait :

- Avec le Lumos en plein visage, c'était impossible. Nous ne pourrions même pas dire s'il était brun, blond, roux ou châtain.

Le professeur Snape poussa un soupir agacé.

- Ce n'est pas cette année encore que nous allons pouvoir mettre fin à ce trafic. Si les vendeurs deviennent intelligents et que les clients deviennent plus rapides qu'un vif d'or... Mais vous avez pu coincer le dealer, c'est le plus important. Je le convoquerai au plus vite. Vous pouvez y aller.

Hermione et Terry ne se firent pas prier, souhaitèrent une bonne soirée au professeur Snape et sortirent de son bureau. Hermione attendit qu'ils se soient suffisamment éloignés pour s'adresser à Terry :

- Merci de m'avoir couverte. Tu as dû mentir et je sais que ce n'est pas dans tes habitudes.

- Je n'ai menti qu'à moitié. Et puis je ne sais pas qui est ce garçon que tu veux couvrir mais j'ai bien compris que ça causerait du tort à un de tes amis si tu le dénonçais. En plus, d'après ce que tu me dis, c'est quelqu'un de gentil. Je me doute que tu préfères garder le secret mais si ça te pèse trop, tu peux m'en parler. Je ne dirai rien.

- Merci, dit Hermione, touchée. J'ai besoin d'y penser à tête reposée pour le moment. Je suis encore sous pression, je ne peux donc pas réfléchir correctement.

- Je comprends. Tu veux que je te raccompagne à ta salle commune ?

- Si tu n'as rien d'autre à faire, je veux bien, accepta Hermione en souriant.

- Allons-y, alors.

Terry et Hermione se rendirent ainsi ensemble jusqu'à la salle commune de Gryffondor. Une fois arrivés, ils se souhaitèrent une bonne fin de journée puis Terry s'en alla. Hermione donna le mot de passe à la Grosse Dame, entra et rejoignit directement son dortoir. Elle se laissa tomber sur son lit et fixa le plafond. Elle resta un long moment immobile, essayant de remettre de l'ordre dans ses pensées. C'était tellement le fouillis qu'elle avait du mal à s'y retrouver. Elle ne savait vraiment pas quoi faire. Sans le nommer, elle avait dit à Terry qu'Adrian était un garçon gentil, mais en était-elle sûre ? Elle ne le connaissait pas, après tout. Elle ne faisait que croire ce que Harry lui disait. Mais Harry était amoureux, il n'était donc pas objectif. Et puis, quand bien même Adrian serait quelqu'un de bien, qu'en était-il sous l'effet de la drogue ? Peut-être n'avait-il pas encore été en compagnie de Harry après avoir pris une potion. Si cela arrivait, comment se comporterait Adrian ? Et s'il devenait violent envers Harry ? S'il se mettait à lui crier dessus ? À le frapper ? S'il essayait de forcer Harry à se droguer ?

Elle tenta de se raisonner. Elle n'était même pas sûre qu'Adrian se droguait. Comme elle l'avait pensé deux heures plus tôt, peut-être était-ce la première fois qu'il se fournissait de la drogue. Peut-être n'essaierait-il pas une deuxième fois. Cela ne servait sûrement à rien de dire à Harry ce qu'elle avait vu. Cela risquerait de mettre le bazar dans son couple alors que ça n'en valait pas le coup. Tout le monde serait malheureux et ce serait de sa faute à elle. Alors qu'elle aurait très bien pu se taire. Non, il valait mieux qu'elle garde ça pour elle. Elle se sentit déjà un peu mieux d'avoir pris cette décision. Il ne restait plus qu'à espérer qu'elle ne regretterait pas son choix.

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(lundi 16/10) POV Théo

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- Justin, tu peux me passer l'engrais s'il te plaît ?

Théo n'obtint aucune réponse. Il tourna la tête et vit que Justin avait les yeux dans le vague. Il n'avait pas du tout l'air attentif à ce qui se passait autour de lui. Théo passa alors une main devant les yeux de Justin, ce qui le fit réagir. Il sursauta et se tourna brusquement vers Théo.

- Désolé, je ne voulais pas te faire peur, s'excusa Théo.

- Non, c'est moi, j'étais perdu dans mes pensées. Tu me disais quelque chose ?

- Je te demandais si tu pouvais me passer l'engrais.

- Ah oui, tout de suite.

Justin prit un pot et le donna à Théo.

- Non, ça c'est du compost.

- Ah... Excuse-moi, je n'ai pas fait attention.

Justin regarda autour de lui, cherchant visiblement l'engrais, mais il ne devait pas avoir les yeux en face des trous puisqu'il ne remarqua pas que l'engrais était juste à côté de lui.

- Justin, il est à ta droite.

Justin tourna la tête et trouva enfin l'engrais qu'il passa à Théo. Celui-ci regarda son binôme, intrigué et perplexe. Cela faisait plusieurs jours que Justin était bizarre, ce qui inquiétait Théo. Il n'osait pas lui demander s'il avait des problèmes, se disant qu'il avait déjà trois amis à qui en parler. Théo n'était que son binôme, jamais Justin ne se confierait à lui. Mais cela ne l'empêchait pas d'être inquiet. Il remercia Justin pour l'engrais et en versa dans le pot où ils devaient faire pousser leur plante. Il trouvait cela amusant de devoir le faire en binôme. S'occuper d'une plante à deux, c'était plus drôle que tout seul. Ils pouvaient discuter ensemble de son évolution, faire un roulement pour tenir à tour de rôle le carnet de bord, débattre pour trouver un nom à la plante... Bon, ce dernier exemple n'avait rien d'obligatoire. C'était Théo qui avait eu cette idée. Justin s'était montré franchement sceptique au début, puis il s'était laissé prendre au jeu et avait proposé toute une liste de noms. Ajoutés à ceux qu'avait suggérés Théo, cela avait fait une trentaine de noms à départager. Après plusieurs jours de débats, ils n'avaient toujours pas réussi à se mettre d'accord. Ils avaient donc renoncé à l'idée de nommer la plante. Mais quelques jours plus tôt, en plein cours de botanique, Justin avait lancé à Théo que le compost «ne sentait pas la rose». Cela avait aussitôt fait tilt dans l'esprit de Théo. Comme il ne voulait pas un nom qui était déjà celui d'une fleur ou d'une plante, il avait proposé à son binôme d'appeler la leur «Rosalie». Cela avait de suite plu à Justin. Depuis, leur plante se nommait donc Rosalie. Bien sûr, ils gardaient ça pour eux. Ils n'avaient pas jugé utile de le faire savoir à toute la classe. C'était comme un secret.

Alors qu'il arrosait délicatement la plante, Théo se fit soudain piquer par un insecte qu'il n'avait pas vu tourner autour du pot. Il retira précipitamment sa main, ce qui attira l'attention de Justin.

- Ça va ? demanda ce dernier, l'air inquiet.

- Oui, oui, je me suis juste fait piquer, rien de grave, assura Théo.

- Tu es sûr ? Il faudrait peut-être aller à l'infirmerie...

- Mais non, ça va aller, apaisa Théo. En plus je n'ai pas envie de manquer le début du cours de sortilèges.

- Bon alors ne fais plus rien, je vais m'occuper de Rosalie.

Ni une, ni deux, Justin prit les choses en main. Lui qui avait l'air complètement ailleurs cinq minutes plus tôt semblait désormais totalement alerte. Il fit tout ce qu'il fallait faire jusqu'à la fin du cours. Théo le regarda faire, captivé. C'était fou comme Justin pouvait changer d'attitude du tout au tout en un quart de seconde. Ce n'était pas la première fois que Théo s'en rendait compte. L'exemple le plus marquant avait été lorsque Justin avait changé radicalement d'avis à son sujet du jour au lendemain, grâce à une simple discussion entre Harry, Hermione, Draco et lui. Oui, bon, «simple» n'était peut-être pas le bon mot pour qualifier cette discussion. Mais cela démontrait bien à quel point Justin pouvait être imprévisible. Théo avait un peu de mal à s'y faire, mais c'était comme ça qu'il connaissait Justin et il ne le changerait pour rien au monde.

À la fin du cours, Théo constata qu'il avait eu raison de ne pas aller à l'infirmerie : son doigt n'avait visiblement pas souffert de la piqûre. Il y avait juste un petit point et c'était légèrement douloureux. Rien de bien méchant. Il rentra au château avec ses camarades et se rendit à la salle de sortilèges, un peu anxieux à l'idée de parler au professeur Black après le cours. Cela lui était déjà arrivé une fois, mais pour parler du cours en lui-même, et non pas du filleul de son professeur. Il était donc un peu nerveux lorsqu'il s'assit à sa place habituelle. Il parvint néanmoins à se concentrer durant le cours, réussissant comme toujours à lancer du premier coup les différents sorts que le professeur Black leur apprit. Théo aimait déjà beaucoup cette matière avant mais il l'adorait encore plus depuis que le professeur Black l'enseignait. Il savait intéresser les élèves, les encourager, leur donner confiance, les faire progresser sans qu'ils ne s'en rendent compte... Il était sûrement le plus «cool» des professeurs, n'ayant pas besoin de se montrer sévère pour se faire respecter. Et, surtout, il était extrêmement drôle. Il avait un humour à toute épreuve, ses blagues étaient souvent nulles mais elles n'étaient jamais méchantes et elles faisaient toujours rire. Et il avait aussi le don de raconter de façon tordante des anecdotes de ses années passées à Poudlard en tant qu'élève. Elles étaient très souvent instructives sans en avoir l'air et c'était sûrement cela qui les rendait si intéressantes, en plus de leur côté comique. Bref, Théo était en pleine admiration devant le professeur Black. Cela ne lui était jamais arrivé avant d'apprécier autant un professeur, lui qui avait plutôt l'habitude de rester distant avec le corps enseignant et même avec les adultes en général. Sauf Hagrid. Lui ce n'était pas pareil. Et c'était différent par rapport au professeur Black. Tout cela était un peu compliqué mais ça n'avait rien d'étonnant lorsqu'on s'appelait Théodore Nott. Ses amis avaient depuis longtemps arrêté de chercher à le comprendre.

Lorsque le professeur Black libéra la classe, Théo prit tout son temps pour ranger ses affaires. Il avait demandé à Draco, Hermione et Justin de l'excuser auprès du professeur Gordon pour son retard et lui dire qu'il devait parler à son professeur de sortilèges. Une fois tous ses camarades partis, Théo alla voir le professeur Black.

- Ah, je me demandais pourquoi tu traînais ainsi, dit joyeusement celui-ci. Tu voulais me parler ?

- Oui mais je vous dérange peut-être ? Vous avez sûrement cours...

- En effet mais les élèves peuvent bien attendre cinq minutes. Je crois qu'ils ont botanique juste avant moi, en plus. Ils arrivent toujours un peu en retard. Que voulais-tu me dire ?

Théo prit une grande inspiration intérieure et se lança :

- Je dois vous parler de Harry. Mais pas tout de suite. Et pas tout seul. En fait il faudrait que le professeur Lupin soit là aussi. Et je... j'ai également besoin de Hermione.

L'inquiétude se lut aussitôt sur les traits du professeur Black.

- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Harry a des problèmes ? Il se fait encore harceler ?

- Je ne peux pas vous en dire trop pour le moment, il vaut mieux que je vous en parle de façon posée et pas entre deux cours, assura Théo.

- Oui, bien sûr, tu as raison, je vais en parler à Re... au professeur Lupin, puisqu'il doit être présent d'après ce que tu me dis. Est-ce que tu es libre ce soir à dix-sept heures ?

- Oui, répondit Théo, soulagé. Je n'ai pas d'entraînement de Quidditch aujourd'hui et Hermione n'a pas de ronde. Nous sommes même libres à partir de seize heures.

- J'ai cours jusqu'à dix-sept heures mais je libérerai les sixième année un peu plus tôt. Le professeur Lupin, lui, aura fini les cours à seize heures. Vu que je suis celui qui termine le plus tard, je vous donne rendez-vous à tous ici-même à dix-sept heures.

- Très bien, merci, professeur.

- Veux-tu un mot pour justifier ton retard ? Tu as cours, actuellement, j'imagine ?

- Oui, avec le professeur Gordon. En réalité je n'ai pas vraiment besoin de mot puisqu'il ne demande jamais de justification mais je ne veux pas en profiter.

Le professeur Black haussa les sourcils.

- Il laisse les élèves arriver en retard sans rien dire ?

- Oui, dit Théo, un peu gêné. Il... non, rien.

- Si, continue, insista le professeur Black. Je ne lui dirai pas ce que tu m'auras dit à son sujet, si c'est ce qui t'inquiète. Pour être franc, je me doute bien qu'il y a un problème mais je n'ai pas assez d'informations pour l'aider.

- En fait je trouve que c'est un super bon professeur, ses cours sont très intéressants, il nous apprend plein de choses, aussi bien en théorie qu'en pratique, il est presque aussi bon que le professeur Lupin, mais... il manque cruellement d'autorité, avoua Théo. Il y a des élèves qui en profitent et qui se comportent mal pendant ses cours et ce serait bien d'y remédier.

- Je vais essayer d'en discuter avec le principal concerné et, s'il est d'accord, j'en parlerai aux quatre directeurs de maison. Ils feront tous un point à ce sujet avec leurs élèves. Je te remercie de m'avoir informé de cela, en tout cas. Je te fais le mot et tu pourras y aller.

Le professeur Black griffonna quelque chose sur un bout de parchemin qu'il donna ensuite à Théo.

- Merci, professeur. Je serai là à dix-sept heures.

Théo partit sur ces mots et prit la direction de la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Il était soulagé. Hermione et lui allaient pouvoir parler des problèmes de Harry aux deux seules personnes qui pouvaient l'aider. Il était également heureux de faire ça pour Harry. Le Gryffondor ne l'avait jamais lâché depuis le début de l'année, il avait toujours été là pour lui, il avait contribué au changement d'avis et de comportement de Justin, il lui avait offert son amitié, il avait même fait son coming-out pour que les élèves arrêtent de parler du sien... Il avait été là récemment lorsque Théo s'était fait agresser par les deux Serdaigle, il l'avait emmené à l'infirmerie, il avait fait en sorte de justifier son absence à son cours de runes... Il lui avait donné sa confiance alors que c'était quelque chose qu'il avait visiblement du mal à faire. Il était devenu un vrai ami pour Théo. Alors il pouvait bien aider Harry à son tour. Et c'était bien ce qu'il comptait faire.

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La fin de la journée arriva très vite. Théo et Hermione avaient eu la confirmation par le professeur Lupin qu'ils étaient tous trois attendus à dix-sept heures dans la salle de sortilèges par le professeur Black. Théo resta donc avec son amie de Gryffondor jusqu'à l'heure du rendez-vous. Lorsqu'ils arrivèrent, la porte était ouverte et leurs deux professeurs étaient déjà là. Ils entrèrent avec l'autorisation du professeur Black. Ils s'installèrent sur une table, les deux adultes étant eux-mêmes assis sur le bureau du professeur Black. Ce dernier pensait que ce serait moins stressant pour les deux élèves si tout le monde était assis «à la cool». Théo se disait plutôt que son professeur était en réalité angoissé à l'idée de ce que Hermione et lui allaient lui dire et qu'il cherchait à se rassurer comme il le pouvait.

- Bien, dites-nous tout, dit le professeur Lupin. Vous vouliez nous parler de Harry, je crois.

- Oui, confirma Hermione. Nous nous inquiétons beaucoup pour lui. Ou, plutôt, pour ses notes en potions. Je ne sais pas si vous avez vu ses dernières notes mais...

- Les directeurs de maison font un bilan lors de chaque fin de mois. Il est préférable de considérer les notes sur un mois entier plutôt que considérer les notes de façon individuelle. C'est plus parlant pour voir comment les notes d'un élève évoluent. Donc je n'ai pas vu les notes de Harry depuis le début du mois, que ce soit dans une matière ou dans une autre, informa le professeur Lupin.

- Eh bien vous allez être surpris, alors, lâcha Hermione.

- Que voulez-vous dire par là ? demanda calmement le professeur Lupin.

- Vous avez dû voir que, durant le mois de septembre, Harry a eu d'excellentes notes en potions ?

- En effet. Il n'a eu que des Effort Exceptionnel et des Optimal.

- Eh bien, la semaine dernière, il a eu un Désolant à son devoir individuel. Alors que deux semaines plus tôt, il avait eu un Effort Exceptionnel à son devoir sur table qu'il avait donc fait seul, comme son devoir individuel. Et il s'est remis à rendre de très mauvais échantillons. Alors que depuis le début de l'année, les potions qu'il préparait valaient presque toutes un Optimal. Le changement est brusque et flagrant et je trouve ça inquiétant.

- Merci, Hermione, dit doucement le professeur Black. Théo, confirmes-tu tout cela ?

- Oui, dit Théo sans hésiter.

Il ne savait pas pourquoi mais il se sentait en confiance face au professeur Black. Il était moins sur la défensive et il n'était pas aussi nerveux qu'il le croyait. En fait, il savait que Hermione et lui seraient entendus et écoutés. Cela l'aidait beaucoup à être détendu.

- Est-ce que vous savez ce qui a causé d'un coup cette baisse de niveau chez Harry ? s'enquit le professeur Black.

Théo échangea un regard avec Hermione. La voyant hésitante, il décida de prendre la parole :

- Je crois qu'il en avait tout simplement assez de voir que ses efforts n'avaient servi à rien, dit-il assez sèchement. Il rendait de meilleurs devoirs et de meilleurs échantillons par rapport à l'année passée et tout ce qu'il y gagnait, c'étaient des accusations de tricherie et des retenues. Je respecte énormément le professeur Snape, bien plus que bon nombre d'élèves, mais il se montre terriblement injuste envers Harry. C'est presque de l'acharnement. Il ne veut pas admettre que Harry a fait des progrès. Il est persuadé que s'il a des bonnes notes, c'est parce qu'il triche. Il pense que si Harry obtient des Optimal ou des Effort Exceptionnel aux devoirs qu'il rend avec son binôme, c'est parce que c'est son binôme qui a fait tout le travail. Plus Harry devient bon, plus ça énerve le professeur Snape, plus il se prend de retenues. Alors je pense qu'il a tout simplement décidé de redevenir nul.

- Mais... pourquoi ? demanda le professeur Black, l'air dépassé.

- Parce que c'était le seul moyen pour lui d'être tranquille. Et ça a marché. Il n'a plus de retenues simplement parce qu'il s'est remis à avoir des mauvaises notes en potions. En gros, il doit faire semblant d'être nul pour avoir la paix. Alors qu'il est capable d'être très bon.

Le professeur Black semblait s'être pris le Magicobus en pleine figure. Il n'avait pas l'air bien du tout. Le choc se lisait sur son visage. Le professeur Lupin ne semblait guère aller mieux. Mais il était légèrement moins pâle que son collègue.

- Ce n'est pas possible, souffla le professeur Lupin. Harry n'a pas pu en arriver là... Il a toujours tellement galéré en potions, il n'aurait jamais gâché le talent qu'il s'était soudain découvert...

- Je crois que si, pourtant, dit tristement Théo.

- La situation était donc si désespérée que ça ? gémit le professeur Black. Il souffrait donc tellement en cours de potions ? C'était devenu si insupportable que ça ?

Théo ne put qu'acquiescer, tout comme Hermione. Le professeur Black se prit la tête entre les mains. Ébranlé et ne sachant visiblement pas quoi faire, le professeur Lupin se contenta d'entourer de son bras les épaules de son collègue. Celui-ci finit par sortir son visage de sa cachette, révélant un air totalement désemparé.

- Il fait exprès d'être nul. Pour avoir la paix. Mais comment un élève peut-il en arriver à de telles extrémités ?!

- Je crois que c'est simplement une haine qui dure depuis un peu trop longtemps, risqua Théo d'une voix peu assurée.

- Oui, c'est ça. C'est entièrement ça. C'est de la faute de Snape, dit lentement le professeur Black.

La colère remplaça peu à peu l'abattement sur son visage. Ses traits devinrent durs.

- Je vais le tuer, siffla-t-il.

- Si vous parlez du professeur Snape, j'ai promis à Draco que le professeur Lupin allait vous empêcher de le faire. Je ne voudrais pas lui avoir menti.

Théo prononça ces mots très calmement, comme si le professeur Black ne venait pas de projeter un assassinat contre un de ses collègues. Un peu plus et Théo lui proposait une tasse de thé. Sa réaction pour le moins surprenante eut pourtant le mérite de raisonner le professeur Black.

- Non mais je n'y pensais pas vraiment, assura-t-il avec une parfaite mauvaise foi. Évidemment que je ne vais pas le faire. Mais je vais avoir une discussion avec lui.

- Vous ne voulez pas parler à Harry, d'abord ?

C'était clairement davantage une suggestion qu'une question, mais jamais Théo ne se serait permis de donner directement un conseil à son professeur. Néanmoins, une fois de plus, le professeur Black considéra sérieusement ce que Théo venait de dire.

- Pourquoi ? demanda-t-il, perplexe.

- Il serait peut-être préférable de débloquer d'abord la situation avec Harry, expliqua Théo. Si on veut que ça s'arrange entre le professeur Snape et lui, il faut que la situation soit claire pour tout le monde. Qu'il n'y ait plus de non-dits. Car, pour le moment, vous n'êtes pas censé savoir ce que Hermione et moi vous avons dit. Harry doit vous en parler de lui-même. Vous pouvez l'y pousser puisque vous savez la vérité, désormais. Ensuite vous pourrez régler les choses avec le professeur Snape. Car tout sera clair. Enfin je dis ça mais je n'ai pas à m'en mêler...

- Je crois pourtant que vous avez raison, approuva le professeur Lupin. Sirius, il vaut vraiment mieux que tu parles d'abord à Harry. Ça doit faire trop longtemps qu'il nous cache tout ça pour qu'il en soit arrivé là. Depuis combien de temps ça dure, au fait ? ajouta-t-il à l'adresse de Théo et Hermione.

- Depuis la rentrée, quasiment, répondit Hermione. Mais ça fait deux semaines que ça s'est calmé puisqu'il a décidé de rater systématiquement toutes ses potions. Enfin ça ne l'a pas empêché d'avoir une retenue il y a dix jours alors qu'il n'avait rien fait...

Théo grimaça à l'évocation de cet «incident». Ce n'était pas fait pour arranger les affaires du professeur Snape mais il estimait que le professeur Black et le professeur Lupin devaient tout savoir. C'était essentiel pour qu'ils puissent aider Harry.

- Tu veux parler du cours pendant lequel le chaudron de Harry a explosé ? s'enquit le professeur Black.

- Vous êtes au courant ? s'étonna Hermione.

- Oui, enfin il m'a juste dit que son chaudron avait explosé, qu'il avait dit qu'il n'y était pour rien mais que votre charmant professeur n'avait rien voulu entendre et qu'il l'avait collé sans chercher à en savoir plus.

- Il ne vous a presque rien dit, alors, soupira Hermione. C'est beaucoup plus sérieux que ça. Cette retenue était beaucoup plus injuste que ce que Harry a bien voulu vous faire croire. Il aurait pu être gravement blessé et ça n'aurait sûrement rien changé pour autant.

Théo vit le professeur Black pâlir. Apparemment, Harry ne lui avait vraiment rien dit.

- Expliquez-vous, Hermione, dit doucement le professeur Lupin. Que s'est-il vraiment passé ?

Hermione expliqua alors la véritable injustice qu'avait subie Harry. Elle raconta absolument tout. Cela choqua encore plus Théo que lorsque Harry lui en avait parlé. Car Harry avait essayé de minimiser les choses alors que Hermione, elle, disait tout sans tabou.

- Il va vraiment falloir que tu me retiennes, Remus, lâcha le professeur Black lorsque Hermione eut terminé son récit. Je ne sais pas ce qui me retient d'aller régler son compte à Snape tout de suite.

- La raison, Sirius. La raison. Merci pour toutes ces informations, vous avez vraiment bien fait de venir nous voir. Y a-t-il autre chose que nous devrions savoir ?

Théo et Hermione échangèrent un regard. L'un devina que l'autre ne voyait rien d'autre à dire.

- Non, on vous a tout dit, affirma Hermione.

- Ah, si, se souvint soudain Théo. Enfin c'est juste un... un...

- Un conseil ?

Théo acquiesça en rougissant.

- Nous vous écoutons, dit le professeur Lupin en souriant.

- Demain, nous avons un devoir sur table. Comme il n'y en a pas eu depuis que Harry a décidé de baisser volontairement son niveau...

- Il vaudrait mieux attendre que Harry ait la note de ce devoir avant de lui parler, compléta le professeur Black. C'est tout à fait juste. Mais ça retarde l'échéance, du coup.

- Le professeur Snape corrige rapidement ses copies, déclara Théo. D'ici vendredi il nous les aura rendues.

- Très bien, nous convoquerons Harry vendredi, dans ce cas, annonça le professeur Lupin. Y a-t-il autre chose ?

- Non, c'est bon.

- Bien, vous pouvez y aller, alors.

Théo acquiesça et se leva mais une autre pensée traversa soudain son esprit. Il regarda ses professeurs avec crainte.

- Est-ce que vous allez être obligés de dire à Harry que c'est nous qui vous avons tout raconté ? Car je suis devenu ami avec Harry et... j'assume totalement ce que je vous ai dit mais... je ne voudrais pas... je sais que c'est le risque mais...

- Nous ne citerons personne, promit le professeur Black.

Il semblait à la fois amusé et touché.

- Et... ça vaut aussi pour le professeur Snape ? demanda Théo, inquiet. Je ne peux pas en dire trop mais il m'a énormément aidé depuis cet été et j'ai l'impression de le trahir en vous disant comment il se comporte avec Harry... Je lui suis vraiment reconnaissant, je ne veux pas qu'il m'en veuille de vous avoir dit tout ça...

- Nous ne dirons absolument rien, c'est promis, tempéra le professeur Lupin. Cessez de vous en faire, vous avez pris la bonne décision. C'est même très courageux de votre part d'avoir été aussi honnête. Nous allons désormais prendre les choses en main. Vous avez largement fait votre part, c'est à notre tour maintenant de faire la nôtre. Nous allons y remédier et faire retrouver à Harry ses bonnes notes sans qu'il doive renoncer pour autant à sa tranquillité.

Rassuré, Théo hocha la tête. Hermione et lui souhaitèrent une bonne soirée à leurs professeurs puis ils quittèrent la salle de sortilèges. Une fois dans le couloir, Théo se sentit vide. C'était une sensation très bizarre. Il n'était pas entièrement soulagé. Il avait peur que le professeur Black et le professeur Lupin n'arrivent pas à régler la situation et qu'il ait donc trahi Harry et le professeur Snape pour rien. Car le professeur Snape pouvait très bien rester campé sur ses positions face à ses deux collègues. Cela faisait quatre ans qu'il haïssait injustement Harry, alors pourquoi accepterait-il du jour au lendemain de revoir son jugement ? Hermione dut deviner ses craintes puisqu'elle tenta de le rassurer :

- Hé, fais-leur confiance. Ils ne vont pas lâcher l'affaire aussi facilement. Le professeur Black est quelqu'un de très persévérant. Il a plein de ressources. Je te rappelle qu'il s'est quand-même enfui d'Azkaban. Ce n'est pas un simple collègue qui va lui faire peur.

Ces mots réussirent à faire sourire Théo.

- C'est vrai. Bon, je vais rejoindre mes amis dans notre salle commune.

- Tu veux que je t'accompagne ?

- Si ça ne te dérange pas... avoua Théo, gêné. Je ne sais pas où sont Crabbe et Goyle donc je préfère ne pas prendre de risques.

- Et tu as bien raison. En route !

Théo se fit donc raccompagner par son amie de Gryffondor. Il la remercia, lui souhaita «bonne chance avec Harry» puis il entra dans sa salle commune. Il y retrouva ses trois meilleures amis qui s'empressèrent évidemment de lui demander comment ça s'était passé avec le professeur Black et le professeur Lupin. Théo leur raconta tout et fut touché par la réaction de ses amis qui semblaient admiratifs. Comme Hermione, ces derniers comprirent vite les craintes de Théo et s'efforcèrent à leur tour de le rassurer. Théo fut quelque peu soulagé et se dit qu'il avait de la chance d'avoir des amis comme Blaise, Draco, Pansy et Hermione. Mais il avait également un autre ami, un garçon brun aux yeux verts et il espérait de tout son coeur conserver cette amitié.

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(mardi 17/10) POV Blaise

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Blaise et Kellah étaient en train de travailler sur leur devoir d'histoire de la magie lorsque Kellah brisa le silence qui s'était installé entre eux :

- Tu te sens prêt pour le premier match de l'année ?

Blaise leva les yeux de son parchemin.

- Tu veux dire pour mon premier match tout court ? rectifia-t-il.

- Ah oui, j'ai tendance à oublier que tu es nouveau dans ton équipe, avoua Kellah. Il faut dire que je commence tout juste à m'intéresser au Quidditch.

Blaise haussa les sourcils.

- Tu n'aimais pas le Quidditch, avant ? s'étonna-t-il.

- Disons que ça ne me passionnait pas des masses. J'étais un peu comme Hermione sauf qu'elle est bien plus réfractaire que moi. Mais j'imagine qu'il y a peu de chances pour que tu joues le match ?

- Eh bien, il faudrait juste qu'un des poursuiveurs titulaires se blesse assez sérieusement dans les deux semaines qui suivent. Mais je ne pense pas que je serais le premier à être appelé pour remplacer. Théo serait beaucoup plus légitime que moi. Rah je suis bête, je suis en train de te dire de qui il faut se méfier parmi les membres de mon équipe alors que tu fais partie du camp adverse !

Kellah se mit à rire.

- Je ne dirai rien, c'est promis. De toute façon, même si je disais aux membres de l'équipe de ma maison qu'il faut se méfier de Théodore Nott, je pense qu'ils ne me prendraient pas au sérieux et qu'ils ne se méfieraient pas d'un «simple remplaçant».

- Grand bien leur fasse, alors, répliqua Blaise. Mais bon, j'avoue que je réagirais comme eux à leur place. Mais on devrait se concentrer sur nos devoirs au lieu de parler Quidditch.

- Oui, tu as raison.

Cela faisait une heure que Blaise et Kellah s'étaient installés dans la salle des binômes et ils n'avaient toujours pas avancé sur leur devoir. La motivation n'était clairement pas au rendez-vous. C'était peut-être dû au fait qu'il était vingt-et-une heures et que Blaise avait eu un entraînement de Quidditch trois heures plus tôt. Franchement, pour l'assiduité dont il faisait preuve en étant présent à chaque entraînement, il espérait presque devoir remplacer un des poursuiveurs lors du match contre Gryffondor. Enfin, il pensait ça mais il savait que si cela devait arriver, il claquerait des dents à l'idée de devoir jouer le match. Bien sûr, si vraiment il devait remplacer quelqu'un, il le ferait. Il ne se défilerait pas. Mais comme il l'avait dit à Kellah, ce serait sûrement Théo qui serait réquisitionné. C'était sans conteste lui le meilleur poursuiveur de réserve. Il était fait pour ce poste et Blaise trouvait ça dommage qu'il n'ait pas intégré l'équipe plus tôt. Il manquait juste encore de technique, comme toutes les nouvelles recrues. Mais Graham disait qu'il apprenait vite. Et Blaise était bien d'accord. Mais il devait arrêter de penser au Quidditch. Il avait un devoir d'histoire de la magie à faire.

Blaise baissa les yeux et relut ce qu'il avait déjà marqué. À savoir quatre malheureuses petites lignes. Alors qu'il fallait rendre quatre-vingt centimètres de parchemin. La motivation de Blaise descendit encore d'un cran. Bon, il devait être clair avec lui-même : il n'avait aucune envie de travailler. Il décida donc d'être franc avec son binôme :

- Euh... Kellah ?

- Oui ?

- On peut remettre ce devoir à plus tard ? Je ne suis pas très motivé, là.

- Je t'avoue que moi non plus. Mais tu n'es pas motivé pour ce devoir ou pour travailler tout court ?

- Pour travailler tout court, admit Blaise.

- D'accord, on va arrêter là pour aujourd'hui alors. On se retrouve demain à treize heures ?

- Oui, comme prévu.

- Super, à demain dans ce cas.

Kellah se leva, rangea ses affaires, sourit à Blaise et quitta la salle des binômes. Blaise resta pensif pendant quelques minutes avant d'imiter son binôme et de partir à son tour. Il venait de sortir quand il entendit des pas précipités derrière lui. Il s'arrêta et se retourna si vite que la personne qui le suivait faillit le percuter. Il fut surpris de voir qu'il s'agissait de Ginny. Ils ne s'étaient pas reparlés depuis le baiser qu'ils avaient échangé. Comme s'il n'avait jamais existé, en réalité. Il aurait bien voulu aller voir Ginny mais il ne savait absolument pas quoi lui dire. Car il était perdu concernant ce qu'il voulait avec elle. Et il ignorait ce qu'elle voulait de son côté puisqu'elle l'évitait autant que lui le faisait. Mais elle avait apparemment décidé d'arrêter de le fuir. Elle n'aurait pas couru ainsi derrière lui si elle ne souhaitait pas lui parler. Il reprit un air neutre et lui demanda d'un ton détaché :

- Tu me suis ?

Ginny se mit à rougir.

- Oui je... je voulais te parler. Mais tu es peut-être pressé ?

- Non, non, pas du tout, s'empressa Blaise de répondre. Tu veux qu'on aille quelque part ?

- On peut aller du côté des cachots, comme ça si un professeur nous surprend je n'aurai qu'à dire que je sortais d'une séance de travail dans la salle commune de mon binôme et que toi tu te rendais à cette même salle commune et qu'on s'est croisés en chemin.

- Impressionnant, commenta Blaise. C'est parti, allons-y.

Ils se rendirent ainsi tous les deux près des cachots et s'arrêtèrent non loin de la salle commune de Blaise.

- Je t'écoute, dit-il à Ginny.

Elle rougit de nouveau. Blaise ne put s'empêcher de se dire à quel point elle était belle.

- Je... j'aimerais qu'on parle du baiser qu'on a échangé il y a... euh...un petit bout de temps.

«Presque un mois» se dit Blaise.

- Je... je voulais savoir ce que ça représentait pour toi. On s'est un peu jetés l'un sur l'autre alors je me demandais si c'était une simple pulsion pour toi ou s'il y avait autre chose.

Blaise commençait déjà à se sentir mal à l'aise. Ginny lui posait des questions auxquelles il n'avait absolument pas la réponse.

- Je ne sais pas, avoua-t-il. Ça m'est venu d'un coup, alors je n'ai pas réfléchi et...

- Et tu m'as embrassée sans te poser de questions, compléta Ginny.

- C'est ce que tu as fait aussi, non ? se défendit Blaise.

- Oui mais...

- Alors nous sommes quittes. Tu n'as rien à me reprocher.

- Ce n'est pas la question. Ce que je veux savoir c'est... qu'est-ce que tu ressens pour moi ?

Blaise grimaça. C'était exactement la question qu'il se posait depuis qu'il était tombé sous le charme de Ginny. Et il était incapable d'y répondre. C'était la première fois qu'il ressentait ce genre de choses, il ne savait donc pas ce que c'était.

- Je n'en sais rien, c'est assez flou, dit-il, terriblement gêné. Tu m'attires, c'est indéniable, mais... je n'arrive pas à savoir ce que je ressens exactement. Je sais juste que quand je te vois, j'ai envie de t'embrasser et de te sentir contre moi.

Ces mots semblèrent blesser Ginny.

- C'est tout ce que je suis pour toi ? Une fille bonne à plaquer contre un mur et à embrasser ? C'est comme ça que tu considérais tes anciennes petites-amies ?

- Mais non, je n'ai jamais...

- C'est ça, je vais te croire !

- Mais laisse-moi t'expliquer, Ginny...

- Ne m'appelle pas par mon prénom ! Tu me déçois, Zabini. Je pensais que tu étais quelqu'un de bien. Mais je me suis bien trompée. Tu peux d'ores et déjà aller te trouver une autre fille car toi et moi, on n'a plus rien à se dire.

Ginny cracha presque ces mots avant de s'en aller. Blaise fut trop dépassé par la situation pour essayer de la retenir. Il put juste la regarder s'éloigner, impuissant. Il ne comprenait pas. Comment les choses avaient-elles pu dégénérer comme ça ? À quel moment avaient-elles basculé ? Avait-il dit ou fait quelque chose de mal ? La réponse à cette question était sûrement oui. Mais elle ne lui avait pas laissé le temps de s'expliquer, aussi ! Elle avait réagi au quart de tour et l'avait catalogué direct comme un mec qui collectionnait les filles ! Alors qu'il n'avait jamais eu de petite-amie avant elle... C'était ça qu'il avait voulu lui dire. Mais elle ne l'avait pas laissé parler. S'il avait pu lui dire ça, elle aurait compris pourquoi c'était compliqué pour lui... Il soupira, frustré et dégoûté. Ginny lui plaisait vraiment, il était peut-être amoureux d'elle – comment pouvait-il le savoir ? – et il venait de tout gâcher bêtement. Il n'avait plus qu'à rentrer à son dortoir et se mettre sous les draps en maudissant ses parents d'avoir conçu un fils aussi bête. Et c'était ce qu'il allait faire. Il se rendit donc à sa salle commune en espérant ne croiser personne sur le chemin qu'il lui restait à faire. Son voeu fut exaucé. Sitôt arrivé, il gagna son dortoir. Il prit juste la peine de se déshabiller avant de se glisser sous les draps. Sans s'en rendre compte, il se mit à pester contre le monde entier. N'ayant pas insonorisé son espace, ses grommellements parvinrent vite aux oreilles de ses amis. Ses rideaux ne tardèrent donc pas à s'ouvrir.

- Quelque chose ne va pas ? demanda la voix inquiète de Draco.

- Non, rien, grogna Blaise.

- Arrête, on t'entend ronchonner depuis l'autre bout du dortoir... Ta séance de travail en binôme s'est mal passée ? C'est pour ça que tu rentres si tôt ? Et que tu es déjà couché alors qu'il n'est que neuf heures et demie ?

Blaise grogna de nouveau en guise de réponse. Il entendit Draco soupirer.

- D'accord, je n'insiste pas.

Ne voulant pas que Draco parte, Blaise se résigna à sortir de sa réserve :

- Non, attends, reste...

- Si tu ne veux pas me parler ça ne sert à rien.

- Non mais c'est bon, je vais te parler.

- Bien.

Draco s'approcha et s'assit au bout dut lit de Blaise.

- Allez, dis-moi tout.

- J'ai fait l'idiot avec Ginny.

- Ginny ? Mais... euh... tu n'étais pas censé être avec ton binôme ?

- Si mais on n'avait pas envie de travailler alors on a vite mis fin à notre séance. En sortant de la salle j'ai entendu quelqu'un qui me suivait, je me suis retourné et j'ai vu que c'était Ginny. Son binôme était déjà parti, du coup je pense qu'elle a attendu que je m'en aille pour me suivre.

- C'est cool, vous avez pu vous parler.

- Oui, sauf que j'ai dit tout ce qu'il ne fallait pas dire, apparemment. Je ne sais pas comment parler aux filles, c'est affreux. Elle m'a demandé ce que je ressentais pour elle, je lui ai dit que je n'en savais rien, que je savais juste qu'elle m'attirait et elle est partie au quart de tour. C'est limite si elle m'a accusé de la voir comme une fille de joie...

- Ah ouais, elle a de l'imagination, la petite. Franchement je comprends pourquoi elle t'intéresse tant. Elle a un sacré caractère. C'est exactement ce qu'il te faut. Tu t'ennuierais avec une fille trop placide. Mais pourquoi tu ne lui as simplement pas dit ce qui te plaît chez elle ?

- Parce que je n'y ai pas pensé, avoua Blaise, dépité. Je me suis retrouvé pris au dépourvu et j'ai dit n'importe quoi. Mais je n'ai pas l'habitude, je n'ai jamais eu de petite-amie avant elle...

- Tu le lui as dit ?

- J'ai voulu mais elle ne m'a pas laissé m'expliquer. Elle a dit que je pouvais me trouver quelqu'un d'autre parce qu'on n'avait plus rien à se dire, elle et moi. Mais moi je ne veux pas quelqu'un d'autre. La seule fille qui m'intéresse, c'est elle.

Il y eut un long silence pendant lequel Blaise regarda dans le vague tandis que Draco, lui, semblait réfléchir.

- Ça va s'arranger, finit-il par dire. Laisse passer un peu de temps et va la voir. Je ne la crois pas une seule seconde quand elle dit qu'elle ne veut plus te parler. Elle a dit ça sans réfléchir. Et puis je pense qu'elle n'est pas très claire avec elle-même. On ne s'énerve pas pour si peu, sérieusement. Elle a sûrement dû vouloir des réponses aux questions qu'elle-même se pose. Le mieux c'est que vous en discutiez calmement.

- Avec son caractère ça risque d'être compliqué...

- Dans ce cas établis des règles pour que la discussion se passe le mieux possible. Par exemple, si l'un coupe la parole à l'autre, eh bien il ou elle aura un gage. Ça peut être très dissuasif au bout de trois gages.

- Tu en as des idées, toi... Mais j'avoue que ce n'est pas bête du tout. Je vais laisser passer quelques jours comme tu me le conseilles et j'irai la voir. Merci, Draco.

- À ton service. Je peux juste te poser une question ?

- Oui, bien sûr.

- Pourquoi est-ce qu'elle a cru que tu la prenais pour une fille de joie ?

Blaise fut soudain mal à l'aise. Il avait oublié de dire à ses amis que Ginny et lui s'étaient embrassés.

- Parcequ'ons'estembrasséscontrelemurd'unevieillesalledeclasseabandonnée, dit-il à voix basse et à toute vitesse.

- Pardon ? Je n'ai rien compris. Tu peux parler moins vite et un peu plus fort, s'il te plaît ?

Blaise soupira.

- Parce qu'on s'est embrassés contre le mur d'une vieille salle de classe abandonnée, répéta-t-il plus distinctement.

- Ah, d'accord, je comp... ATTENDS QUOI ?! Tu peux répéter ce que tu viens de dire ?!

- Je crois que tu as très bien compris.

- Mais... mais... Pourquoi tu ne nous as rien dit ?! C'est le genre de choses qu'on doit dire à ses amis, normalement ! s'offusqua Draco.

- Parce que ce n'était absolument pas prévu et que j'étais gêné par rapport à ça, expliqua Blaise, agacé. Je te rassure, elle était consentante. On s'est littéralement jetés l'un sur l'autre. Je ne l'aurais jamais embrassée contre son gré.

- Tu n'as pas besoin de le préciser, je sais que tu n'es pas comme ça, dit Draco en levant les yeux au ciel. Mais pourquoi étais-tu gêné au point de nous cacher ça ?

- Parce que je trouve que ce n'est pas un comportement très digne. Et parce que ça résume très bien la situation dans laquelle je suis : je ne sais absolument pas ce qui se passe avec Ginny. Il y a clairement de la passion mais je veux plus que ça avec elle. Je n'ai pas envie qu'on se retrouve juste pour s'embrasser dans un couloir ou dans une vieille salle de classe... Je veux discuter avec elle, apprendre à la connaître, tout savoir sur elle, passer le maximum de temps avec elle...

- Eh bien c'est exactement ça que tu dois lui dire ! conseilla Draco.

- Mais j'ai peur que ce ne soit pas réciproque...

- Tu ne le sauras qu'en lui disant ce que tu viens de me dire. Et puis, si ce n'est pas réciproque, les choses seront claires, au moins. Mais je pense que vous êtes sur la même longueur d'ondes. Il faut juste que tu te décides à aller lui parler pour être fixé.

- Je le ferai, assura Blaise.

- Bien, approuva Draco. Bon et sinon, ce baiser, il était comment ?

- Génial, répondit Blaise d'un ton rêveur. Je ne sais même pas ce que j'ai préféré tellement j'ai tout aimé. J'ai aimé sentir sa langue contre la mienne, j'ai aimé sentir son parfum typiquement féminin, j'ai aimé la sentir tout contre moi, j'ai aimé caresser ses cheveux si doux et si soyeux... Je me sentais vraiment bien, à ce moment-là. J'aurais voulu que ça ne s'arrête jamais. Il n'y avait qu'elle qui comptait. C'était elle que je sentais à travers tous mes sens. Jamais une autre fille ne pourra me faire vivre les sensations que j'ai eues avec Ginny.

Blaise se perdit un instant dans son souvenir avant de sortir de sa rêverie et de reporter son attention sur Draco. Il remarqua que son ami avait l'air troublé.

- Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta Blaise.

- Si, si... C'est juste que j'ai hâte de connaître tout ça.

- Tu n'as pas ressenti tout ça avec les filles que tu as embrassées ?

- Non, murmura Draco. Contrairement à toi c'était super fade. Pourtant elles embrassaient plutôt bien. Enfin je pense, je n'ai pas énormément d'expérience donc je ne pouvais pas trop comparer. Mais je n'ai rien ressenti de spécial. Leurs cheveux ne m'attiraient pas tant que ça et ça m'a un peu gêné quand je me suis retrouvé collé à l'une d'entre elles. Je devais sûrement être un peu trop crispé. Il faut que je me détende la prochaine fois que j'embrasserai une fille.

- Oui, et il faut surtout que tu tombes sur une fille qui te plaît vraiment. Tu n'en as pas une en vue, en ce moment ?

- Non, je ne les regarde pas trop donc ça n'aide pas vraiment. Et puis je n'ai pas envie de me trouver une copine. Je suis trop occupé pour ça. Mes priorités sont les cours, mes devoirs de préfet et le Quidditch.

- Tu as bien raison. Moi je ne suis pas préfet donc je peux remplacer ça par Ginny.

Draco sourit, l'air amusé.

- Tu es vraiment à fond sur elle. C'est mignon. Moi je suis sûr que tu es amoureux. Tu as juste besoin de temps pour t'en rendre compte. Bon, je vais te laisser. J'ai le devoir d'astronomie qui m'attend. Bonne nuit et ne pense pas trop à ta rouquine, ça va t'empêcher de dormir.

Draco se leva du lit de Blaise et rejoignit le sien. Blaise se laissa tomber sur son oreiller et soupira. Il se demandait ce qu'il ferait sans ses amis. Il se sentait beaucoup mieux qu'avant cette discussion. Il essaya de suivre le conseil de Draco mais ce fut pourtant avec l'image d'une fille aux yeux marrons et aux cheveux roux qu'il sombra dans le pays des songes.

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(vendredi 20/10) POV Sirius

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Sirius était stressé. Fatigué, aussi. Il n'arrivait plus à dormir depuis le rendez-vous avec Remus, Théodore Nott et Hermione. Il s'était pris coup de massue sur coup de massue. Il s'en voulait de n'avoir rien vu concernant Harry. Même si, techniquement, il n'aurait rien pu deviner. Il ne voyait pas Harry tous les soirs et ce dernier avait passé l'âge de devoir montrer toutes ses notes à son parrain. En fait, si Snape avait bien fait son travail de professeur, il aurait dû parler à Sirius de la baisse soudaine et significative des notes de Harry. Un élève ne passait pas d'Optimal à Désolant sans que cela n'alerte son professeur ! Sirius lui-même se serait inquiété si un de ses élèves avait eu plusieurs Optimal ou Effort Exceptionnel depuis le début de l'année avant d'avoir soudain des Piètre ou des Désolant... En plus Snape n'avait aucune excuse puisque, grâce à sa matière, il pouvait davantage noter ses élèves. Il n'y avait pas que des devoirs individuels, collectifs ou sur table, il y avait aussi les potions préparées en classe ainsi que les comptes rendus. Mais ce n'était pas étonnant qu'il n'ait rien dit à Sirius puisqu'il avait obtenu ce qu'il voulait, à savoir voir les notes de Harry baisser. S'il l'avait dit à Sirius, il aurait eu ce dernier sur le dos. Mais ce n'était pas une excuse, bien au contraire ! Un professeur n'avait pas à souhaiter voir chuter les notes d'un de ses élèves ! Il devait l'encourager à faire de son mieux, et non l'inverse ! Sirius était hors de lui à chaque fois qu'il y pensait. Il n'osait même pas imaginer ce que Harry avait pu ressentir pour en venir à décider de redevenir nul en potions. Alors qu'il s'était entraîné pendant une bonne partie de l'été, qu'il avait fait de nombreux progrès et qu'il était fier de ses efforts. Harry avait espéré avoir une année normale en étant enfin bon en potions et c'était tout l'inverse qui s'était produit. Ses progrès lui avaient juste valu des accusations de tricherie et des retenues. C'était tout bonnement horrible et injuste. Sirius s'était retenu plus d'une fois d'aller voir Snape et de lui faire bouffer ses chaudrons. Il était tellement en colère... Il n'arrivait même plus à regarder Harry en face lors des cours. Car, encore une fois, il s'en voulait. Cela avait forcément dû se voir sur le visage de Harry qu'il avait des ennuis en cours ! Et il n'avait rien vu. Il n'était pas un bon professeur. Et encore moins un bon parrain. Il ratait sans cesse tout avec Harry. Alors qu'il aimait son filleul du plus profond de son être et qu'il serait prêt à tout pour lui. Alors pourquoi était-il incapable de voir quand ça n'allait pas ? Pourquoi était-il incapable de faire correctement attention à lui ? Pourquoi était-il incapable de l'aider ? Sirius se posait ces questions en boucle. Il se sentait vraiment mal depuis que Hermione et Théo lui avaient raconté ce qui se passait durant les cours de potions. Il n'arrêtait pas d'y penser. Il s'inquiétait énormément pour Harry. Il voulait tellement le prendre dans ses bras, s'en aller avec lui et l'emmener loin de Poudlard... Car entre Snape et le harcèlement dont il était victime depuis son coming-out, Harry n'était vraiment pas épargné depuis la rentrée. Jamais Sirius n'avait éprouvé à ce point l'envie et le besoin de protéger Harry. Il ne méritait vraiment pas tout ce qu'il subissait. Sirius trouvait vraiment cela incompréhensible. Pourquoi ne laissait-on donc pas son filleul tranquille ?! Bref, Sirius était totalement déprimé, mais il avait la chance d'avoir Remus à ses côtés. Sans lui, cela ferait sûrement longtemps qu'il aurait réglé ses comptes avec Snape. Et pas de la façon la plus pacifiste qui soit. Mais Remus arrivait toujours à le retenir et à le raisonner. Et puis Sirius avait ses cours. Cela l'aidait vraiment à rester calme. Il savait qu'il ne devait pas faire le moindre écart de conduite sinon il perdrait son poste. Il ne pourrait pas le supporter. Car cela voudrait dire qu'il serait une fois de plus séparé de Harry. Et ça, il en était hors de question.

Sirius se trouvait justement en ce moment-même avec les cinquième année, comme tous les vendredis de seize à dix-sept heures. Et c'était pour ça qu'il était stressé. Car il avait demandé à Harry de venir le voir à la fin du cours. C'est-à-dire moins de vingt minutes plus tard. Là, Harry était en train de s'entraîner comme ses camarades au sort que Sirius leur avait montré. Il semblait loin de se douter de la raison pour laquelle Sirius voulait le voir. Il semblait loin de se douter que deux de ses amis avaient tout dit à son parrain et à son directeur de maison. Il semblait loin de se douter que Sirius savait tout. Le choc allait être rude. Sirius allait devoir mettre Harry face à ses mensonges par omission. Cela allait être dur pour tout le monde.

Sirius vit l'heure tourner avec appréhension. À dix-sept heures, il libéra à contrecoeur ses élèves. Il essaya de garder un air neutre lorsque Harry vint le voir.

- Est-ce le professeur qui souhaite me parler ? demanda-t-il, incertain.

- Pas seulement, avoua Sirius. Je veux te parler en présence de Remus alors on va se rendre à mes appartements.

- Pourquoi ? demanda aussitôt Harry, sur la défensive. Qu'est-ce que j'ai fait encore ?

«Il se braque déjà» songea nerveusement Sirius. Cela allait être compliqué de lui parler.

- Ne t'énerve pas, dit-il d'une voix calme. Je ne te dirai rien tant que nous serons ici.

Harry soupira et donna de mauvaise grâce son assentiment. Ils sortirent de la salle de classe et se dirigèrent vers les appartements de Sirius et de Remus. Ce dernier s'y trouvait déjà. Sirius le vit grimacer lorsque son regard se posa sur Harry. Il semblait avoir compris que l'adolescent n'était pas très enclin à discuter. Sirius proposa à Harry de s'asseoir et s'installa lui-même à côté de Remus.

- Nous n'allons pas y aller par quatre chemins, annonça-t-il. Je sais qu'il y a deux semaines, tu t'es pris une retenue par Snape puisque tu m'en as parlé. Seulement, tu avais été très, très vague à ce sujet. Tu m'avais juste dit que ton chaudron avait explosé, que tu n'y étais pour rien mais que Snape n'avait pas voulu te croire et qu'il t'avait collé sans chercher à en savoir plus. Or, Remus et moi en avons entendu parler cette semaine de manière purement fortuite et ce que nous avons appris ne nous a pas plu du tout. Ça avait l'air beaucoup plus sérieux que ce que tu as essayé de me faire croire. Mais nous n'avons cependant pas tout bien compris. C'était assez confus. Peux-tu donc nous expliquer ce qui s'est réellement passé ?

- Ce n'est pas très important, prétendit Harry.

- Ça, c'est à nous d'en juger, contredit calmement Remus. Tu trouves ça normal, toi, de te prendre une retenue sans raison valable alors que tu aurais pu être blessé sans que ce soit de ta faute ?

- Ce n'est pas comme si c'était la première fois que ça arrivait.

- Ce n'est pas une raison, répliqua Remus. À t'écouter on devrait tout laisser passer. Sauf qu'à un moment, trop, c'est trop. Alors dis-nous ce qui s'est passé. Nous ne voulons pas t'embêter, Harry. Bien au contraire. Nous sommes là pour t'aider. Sirius et moi t'avons dit cet été qu'on ne te lâcherait pas. Que tu pourrais toujours compter sur nous. Tu en as désormais la preuve.

Harry sembla touché. Remus avait dû trouver les bons mots puisqu'il consentit à raconter ce fameux cours de potions avec l'incident de la pierre dans son chaudron.

- Je suis sûr que même si j'avais été aspergé de potion comme Théo, Snape ne m'aurait même pas envoyé à l'infirmerie et il m'aurait quand-même donné une retenue, cracha-t-il avec hargne à la fin de son récit. Mais je n'ai rien fait. Je ne vois pas comment j'aurais pu plonger la pierre dans mon chaudron et réussir à me cacher sous la table en même pas deux secondes... Je vous promets que je n'ai rien fait. Je n'ai pas de preuves tangibles mais je sais que ce sont Crabbe et Goyle qui ont fait le coup.

- Nous te croyons, assura Sirius. Mais tu es bien conscient que Snape n'avait pas à te coller pour ça ? Qu'il a été complètement injuste ?

- Oui, il faudrait vraiment être bête pour ne pas s'en rendre compte, rétorqua Harry.

- Donc on ne peut pas laisser passer ça. Il faut que Remus et moi lui en parlions. Nous allons lui demander pourquoi Théo et toi avez eu un traitement différent alors que vous avez tous deux subi la même blague dangereuse, à la différence près que Théo a été touché et pas toi.

- Si vous voulez, dit Harry en haussant les épaules. Ce n'est pas ça qui changera grand-chose, le mal a été fait. C'est donc de ça dont vous vouliez me parler ? C'est tout ? Je peux y aller ?

Sirius sentit son coeur se serrer en voyant le regard plein d'espoirs de Harry. Comme s'il espérait que Remus et lui n'allaient pas aborder d'autres sujets, et en particulier celui de ses notes en potions...

- Non, nous devons te parler d'autre chose, répondit Remus. En fait, nous avons aussi entendu par mégarde que tes notes avaient baissé en potions. Nous l'avons là aussi entendu de la bouche de plusieurs de tes camarades qui semblaient très étonnés. Il y a de quoi, en même temps. Tu serais apparemment passé d'Optimal à Désolant. Peux-tu nous expliquer comment tes notes ont-elles pu chuter autant ?

- Les devoirs sont devenus plus durs, voilà tout, mentit Harry.

- Au point de passer de 18 à 5 d'un devoir à l'autre ? répliqua Remus.

- Vous vous basez sur un seul devoir, ça ne veut rien dire, objecta Harry.

- Ah oui ? Nous savons de source sûre que mardi, vous avez eu un devoir sur table. Ton professeur de potions est du genre à vite corriger les copies. Vous avez sûrement eu vos notes aujourd'hui. Pouvons-nous savoir quelle note tu as eu ?

- Désolant, avoua Harry à contrecoeur.

- Cela fait donc deux fois que tu as eu cette note. Alors qu'il y a encore trois semaines, tu nous disais que tu n'avais que des Optimal et des Effort Exceptionnel.

- Mais qu'est-ce que vous cherchez à me faire dire ? s'agaça Harry. Ça arrive à tout le monde, une baisse de régime, non ? Ce n'est pas parce que je m'appelle Harry Potter que je dois être bon partout ! J'ai toujours été nul en potions, ça se trouve c'était juste un coup de chance, les bonnes notes que j'avais depuis le début de l'année !

- Tu sais très bien que c'est faux, asséna Remus. Tu as passé un mois à t'entraîner tous les jours pour essayer de rattraper ton retard. Sirius et moi t'avons vu t'améliorer de jour en jour, nous t'avons vu préparer des potions de plus en plus réussies, nous t'avons vu t'extasier à chaque progrès que tu faisais, nous t'avons vu être fier du fruit de ton travail ! Tu étais décidé à être bon en potions cette année ! Tu y croyais, parce que tu savais que tu étais capable de l'être ! Alors oui, ça nous semble vraiment étrange que tes notes aient autant baissé d'un coup. D'autant plus que nous nous sommes quand-même renseignés auprès de certains de tes camarades qui nous ont dit que le niveau n'avait pas du tout augmenté, ou alors très peu et de façon tout à fait gérable. Il y a donc forcément une autre explication à cette baisse soudaine de tes notes et nous voulons savoir laquelle. Tu ne sortiras pas d'ici avant de nous avoir dit la vérité.

Sirius n'avait jamais vu Remus se montrer aussi ferme avec Harry. Ce n'était pas seulement le professeur qui parlait, là. C'était aussi et surtout quelqu'un qui prenait vraiment à coeur l'éducation de Harry. C'était quelqu'un comme Sirius, en fait. Sauf que lui était pour le moment incapable d'être aussi ferme avec Harry. Enfin, pas de cette manière. En tout cas, les mots de Remus semblaient avoir eu beaucoup d'effets sur Harry qui se sentait visiblement pris au piège. Son regard allait de Sirius à Remus, comme s'il espérait que l'un des deux fléchisse et lui dise que, finalement, il pouvait y aller. Mais ni Sirius ni Remus ne cédèrent.

- Je veux sortir, finit par dire Harry.

- Je crois que tu n'as pas bien compris ce que Remus vient de te dire. Tu ne sortiras pas tant que tu ne nous auras pas dit la vraie raison pour laquelle tes notes ont baissé.

Harry ne répondit pas et se contenta de se diriger vers la porte du salon. Sirius et Remus lancèrent le même sort en informulé et virent Harry sursauter en voyant la porte se fermer d'un coup devant lui. Il tenta de l'ouvrir mais elle resta fermée. Sirius tenta de garder un air neutre lorsque Harry se tourna vers Remus et lui en les fusillant du regard.

- C'est nouveau ? Vous me séquestrez, maintenant ?! Vous savez que vous n'avez pas le droit, au moins ?

- Tu ne nous laisses pas le choix, Harry, dit tristement Sirius. Nous te laisserons sortir uniquement lorsque tu nous auras dit la vé...

- D'ACCORD, C'EST BON, VOUS AVEZ GAGNÉ, JE VAIS VOUS LA DIRE, LA VÉRITÉ ! hurla alors Harry. JE FAIS EXPRÈS D'AVOIR DES MAUVAISES NOTES EN POTIONS POUR AVOIR LA PAIX ! ET JE NE REGRETTE ABSOLUMENT RIEN PARCE QUE ÇA MARCHE ! ALORS JE VAIS CONTINUER, QUE ÇA VOUS PLAISE OU NON ! J'EN AVAIS MARRE DE ME FAIRE HARCELER PAR SNAPE ! QUOI QUE JE FASSE, IL ARRIVAIT À TROUVER UNE EXCUSE POUR ME METTRE EN RETENUE ! JE N'EN POUVAIS PLUS ! IL N'A JAMAIS VOULU ADMETTRE QUE J'AVAIS VRAIMENT FAIT DES PROGRÈS ! IL M'ACCUSAIT DE TRICHER DE TOUTES LES MANIÈRES POSSIBLES ET IMAGINABLES ! PENDANT LES RETENUES IL FAISAIT EXPRÈS DE TOURNER AUTOUR DE MOI, À ÉPIER TOUT CE QUE JE FAISAIS POUR ME DÉCONCENTRER ET POUR QUE JE ME TROMPE ET QUE ÇA LUI DONNE RAISON ! J'EN TREMBLAIS TELLEMENT IL ME STRESSAIT ! JE ME SUIS SENTI MAL PLUS D'UNE FOIS ! MAIS JE N'AI JAMAIS LÂCHÉ PARCE QUE JE VOULAIS LUI PROUVER DE QUOI J'ÉTAIS CAPABLE ! SAUF QUE ÇA NE SERVAIT À RIEN ! C'ÉTAIT TOUJOURS PAREIL ! IL TROUVAIT TOUJOURS UN MOYEN DE ME DÉCRÉDIBILISER ! ALORS OUI À UN MOMENT, J'EN AI EU MARRE ET J'AI LAISSÉ TOMBER ! PARCE QUE J'EN AI MARRE DE ME BATTRE POUR TOUT, TOUT LE TEMPS ! JE VEUX QU'ON ME LAISSE TRANQUILLE !

Harry termina sa tirade en éclatant en sanglots. Cette fois, Sirius ne se retint pas et se précipita vers lui pour le prendre dans ses bras. Il sentit alors Harry s'accrocher à lui comme à un Botruc à son arbre. Sirius caressa son dos et ses cheveux tandis que Harry pleurait toutes les larmes de son corps. Cela fit mal à Sirius de le voir dans un tel état mais il savait que c'était passager et qu'il fallait en passer par-là. C'était pour cela que ni Remus, ni lui ne l'avaient arrêté quand il avait commencé à hurler. Il fallait que ça sorte et c'est ce que Remus et lui attendaient. Ils l'avaient poussé à bout, cela avait été dur pour eux mais cela en avait valu la peine. Car Harry avait tout avoué et leur avait dit tout ce qu'il avait sur le coeur depuis un bon moment. C'était une étape essentielle pour que Sirius et Remus puissent ensuite faire le nécessaire pour régler la situation. Et c'était ce qu'ils allaient faire. Ce fut ce que dit Sirius lorsque les pleurs de Harry se calmèrent :

- Nous allons nous occuper de tout ça. Nous allons parler à Snape. Il va peut-être falloir que tu sois avec nous mais je te promets que nous ne le laisserons pas t'insulter et s'en prendre verbalement à toi. Nous te protégerons et nous ne lâcherons pas tant qu'il n'aura pas entendu raison. S'il le faut, nous en référerons à Dumbledore. Je pense qu'il n'y a que lui qui puisse raisonner Snape. Ou, du moins, le convaincre d'arrêter de te persécuter. Le but, c'est que tu puisses retrouver ton bon niveau en potions sans que tu te prennes de nouveau des retenues injustifiées. Nous allons tout faire pour y arriver. D'accord ?

Harry acquiesça.

- Je ne sais pas comment vous allez vous y prendre mais je vous fais confiance. Je... je suis désolé pour mon comportement. Je n'aurais pas dû vous cacher tout ça mais la situation était tellement désespérée que je me disais que ça ne servait à rien que je vous en parle... Je ne voulais pas vous embêter avec ça, en plus. Je sais, vous allez me dire que je ne vous embête jamais et que vous êtes là pour m'aider mais j'ai vraiment du mal à me confier quand j'ai des problèmes, c'est loin d'être automatique... Et j'avais peur aussi qu'il y ait un affrontement entre Sirius et Snape, que vous en veniez aux mains, que tu sois renvoyé... Et puis j'ai fini par trouver une solution que je croyais être la bonne.

- Redevenir nul en potions ? Ce ne sera jamais une bonne solution de prendre ce genre de décision, Harry, dit doucement Remus. Au contraire. Mais nous ne t'en voulons pas, si ça peut te rassurer. Nous avons juste été terriblement inquiets lorsque nous avons appris tout ça.

- J'ai quand-même du mal à imaginer que vous ayez entendu plusieurs élèves parler de ce fameux cours de potions, lâcha Harry, visiblement sceptique. Surtout deux semaines après les faits, quoi... Je sais bien que tout le monde adore parler de moi mais à un moment il faut passer à autre chose... À moins qu'en réalité, ces élèves soient directement venus vous en parler ?

Sirius se sentit soudain mal à l'aise. Harry n'était visiblement pas dupe et avait tout compris. Mais est-ce qu'il se doutait de l'identité de ces élèves en question ?

- Vous pouvez me le dire, hein, ajouta-t-il, un sourire moqueur aux lèvres. Vendredi dernier je me suis brouillé avec Ron et Hermione et j'ai failli en faire de même avec Théo parce qu'ils étaient tous inquiets au sujet de mes notes. Et comme par hasard, une semaine plus tard, mon parrain et mon directeur de maison me séquestrent pour m'en parler à leur tour. Je n'en voudrai pas du tout à mes amis si ce sont bien eux qui ont vendu la mèche. Je sais que s'ils l'ont fait, c'est pour mon bien. Je serais juste quand-même un peu surpris. Je ne pense pas que Ron s'en serait mêlé. Je pense donc avoir été balancé par Théo et Hermione.

- Ils nous ont fait promettre de ne rien te dire, grimaça Sirius.

- Je comprends. Ils ont peur que je leur en veuille et c'est normal. Mais ils ont bien fait de venir vous en parler. Vous m'avez redonné espoir alors je leur dois bien ça. Mais ça m'étonne vraiment que Théo soit venu vous dire que Snape me persécutait. C'est son directeur de maison et j'ai cru comprendre qu'il lui était très reconnaissant pour une raison que j'ignore.

- Ça n'a pas été facile pour lui, en effet, approuva Remus. Mais il semblerait que tu sois plus important pour lui que son dévouement envers son directeur de maison. Il avait cependant peur que tu découvres qu'il était venu tout nous dire et il craignait de perdre ton amitié à cause de ça. Il semble énormément tenir à toi.

- C'est vrai, il n'aurait certainement pas fait ça pour n'importe qui, renchérit Sirius. Il a l'air d'être quelqu'un de très réservé. Ça ne doit pas être dans ses habitudes de s'entretenir avec des professeurs comme ça.

- C'est un très bon ami, c'est vrai, reconnut Harry. On s'est beaucoup aidés mutuellement depuis le début de l'année. Je ne sais pas vraiment d'où vient notre amitié mais elle me fait beaucoup de bien, en tout cas. Hermione et Ron me disent que je me «Serpentardise» à force d'être avec Malfoy, Théo et Adrian. Mais ils ne m'en veulent absolument pas. Ils sont même contents pour moi.

- Nous sommes vraiment ravis et soulagés que tu aies des amis sur qui compter, et pas seulement à Gryffondor, dit sincèrement Sirius. C'est vraiment une bonne chose. Tu as une facilité déconcertante à te faire des amis – et pas que – quand tu oses aller vers les autres, alors profite-en.

Harry acquiesça.

- Bon, qu'as-tu prévu pour ce week-end ? voulut savoir Remus.

- Pour demain, entraînement de Quidditch, voir Adrian, séance de travail avec Malfoy, voir Adrian et faire mes devoirs individuels. Pour après-demain, voir Adrian, voir mes amis, venir prendre le thé ici, faire mes devoirs, voir Adrian et me détendre un peu le soir avant d'aller me coucher.

Sirius et Remus se regardèrent.

- Il y a beaucoup de «voir Adrian», remarqua Remus.

- C'est parce qu'on se voit environ deux fois par jour le week-end, expliqua Harry. Voire trois si je travaille avec Malfoy dans la salle commune des Serpentard. Mais vous remarquerez que je ne néglige en aucun cas mes devoirs. Parfois, je ne reste pas longtemps avec Adrian parce que j'ai des devoirs à faire, que ce soit tout seul ou avec Malfoy. Mais j'essaie quand-même de garder du temps pour Adrian.

- Tant que tu gardes du temps pour manger et dormir, c'est le principal, dit Sirius. Ça se passe toujours bien avec Adrian ?

- Oui, répondit Harry, l'air rêveur. Je me sens vraiment bien avec lui. C'est le petit-ami parfait pour moi.

- Tu dis ça parce que tu es amoureux, se moqua gentiment Sirius. Mais je suis heureux pour toi. Tout ce qui m'importe, c'est qu'il se comporte bien avec toi.

- C'est le cas, affirma Harry.

- Tant mieux, dit Sirius en souriant. Bon, si tu n'as rien d'autre à nous dire, tu peux y aller. Tu dois sûrement avoir prévu de voir quelqu'un.

- La question est de savoir qui, ajouta Remus. Tu es tellement demandé...

- Pfff... fit Harry en levant les yeux au ciel. Pour votre gouverne, personne ne m'attend avant vingt heures. Et si vous voulez vraiment tout savoir, je dois voir Adrian à cette heure-là.

- Dis donc, tu ne profiterais pas du couvre-feu à vingt-trois heures à des fins autres que scolaires, toi ? soupçonna Remus.

- En fait je crois qu'il m'attend maintenant, tout compte fait, alors je vais y aller.

- Harry tu ne vas pas t'en tirer comme ça ! menaça Remus.

- Sinon dimanche je suis toujours censé venir prendre le thé ici, alors on se voit à quinze heures, comme d'hab ? Ok, super, salut !

Et Harry partit sans demander son reste.

- Le garnement ! s'exclama Remus, outré.

Sirius éclata de rire.

- C'est juste un ado amoureux... Mais j'avoue qu'il est culotté.

- Pour une fois j'ai envie de dire qu'il tient ça de James, ironisa Remus. Et pourtant tu sais que je n'aime pas comparer Harry à son père.

- Non mais tu as raison. C'est du James tout craché. Il doit bien se marrer, de là où il est, à nous voir galérer avec Harry ! Tu parles d'un meilleur ami...

Cette fois ce fut Remus qui se mit à rire.

- Il a dû s'assurer que ta vie serait bien agitée en te laissant un filleul pareil sur les bras.

- J'aurais vraiment aimé m'occuper de Harry quand il était tout bébé, soupira Sirius. Mais bon, je me rattrape plutôt bien maintenant que je suis professeur à Poudlard. D'après toi, je récupérerai combien d'années de la vie de Harry en enseignant ici jusqu'à ce qu'il quitte Poudlard, en le voyant le week-end et pendant les cours ? Sans compter les vacances, bien sûr.

- Ouh là, on est vendredi, il est dix-huit heures, tu m'en demandes un peu trop.

- Tu as raison, mieux vaut penser à autre chose. J'ai une monstrueuse pile de copies qui m'attend, de toute façon.

- Tu veux vraiment t'y mettre maintenant ? s'étonna Remus.

- Oui, j'ai envie d'avoir le moins de travail possible pendant mes deux jours de repos. Je m'avance, quoi.

- Si on m'avait dit un jour que Sirius Black s'avancerait dans son travail... J'étais habitué au Sirius flemmard mais le Sirius travailleur me plaît aussi beaucoup. Ça change. Bon, je vais travailler, moi aussi.

Remus prit son sac et sortit une pile de devoirs sous les yeux d'un Sirius qui était resté en mode «pause». Il était resté bloqué sur quelques mots prononcés par Remus. «Le Sirius travailleur me plaît aussi beaucoup». C'était forcément lancé de façon innocente, sans aucune arrière-pensée, mais... Sirius ne pouvait pourtant pas s'empêcher de se poser des questions. L'idée qu'il pouvait «plaire» à Remus le troublait beaucoup. Malgré lui, il n'avait pas oublié le baiser échangé plus d'un mois plus tôt. Mais il devait arrêter de se faire des idées. Remus avait dit ça parfaitement innocemment. Sirius voyait des double sens partout, tout simplement. Il fallait vraiment qu'il s'occupe l'esprit. Corriger ses copies lui ferait le plus grand bien. Ce fut ainsi qu'il se mit au travail, essayant par-là de chasser des pensées aussi malvenues que gênantes.

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(samedi 21/10) POV Théo

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- Il est à quelle heure l'entraînement demain, déjà ?

- À quatorze heures, comme d'habitude, répondit machinalement Théo.

- Tu es dans l'équipe depuis plus longtemps que nous, tu devrais le savoir, renchérit Blaise.

- Pas forcément puisque les horaires changent d'une année sur l'autre, répliqua Draco.

- Ouais mais bon, ça fait quand-même un mois qu'on a nos entraînements les mêmes jours à la même heures toutes les semaines...

- Oui bon j'avoue, j'ai toujours eu du mal avec les horaires, vous êtes contents ? s'agaça Draco.

- C'est embêtant vu que tu es titulaire, fit remarquer Pansy. D'ailleurs, les poursuiveurs titulaires semblent toujours en forme. Blaise, Théo et moi allons sûrement rester sur le banc.

- Il reste deux semaines, Pansy, l'un d'entre eux a largement le temps de se blesser d'ici là. Ce que je ne souhaite pas, bien sûr. Pour le bien de l'équipe, il vaut mieux que nous n'ayons pas besoin de jouer. Que les titulaires gardent leurs postes. Surtout pour le premier match. Théo encore ça va, mais toi et moi, on a encore un peu de mal.

- Ça c'est sûr, je crois que je désespère Graham un peu plus à chaque entraînement, grimaça Pansy. Il va regretter d'avoir pris une fille dans l'équipe.

- Mais non, tu manques juste de confiance en toi, c'est tout, apaisa Draco. En tout cas, Miles, lui, ne semble pas regretter ta présence dans l'équipe.

Pansy se renfrogna.

- Oui, ça je l'ai bien vu, grommela-t-elle.

- Il ne t'intéresse pas ?

- Voyons, Blaise, tu sais très bien que ce n'est pas Miles qui intéresse Pansy, rappela Draco.

- Ah oui, c'est vrai. C'est plutôt un des poursuiveurs titulaires.

- On se demande bien qui, ironisa Draco.

- Facile : c'est le seul hétéro, indiqua Blaise.

- N'importe quoi, il y a Graham, aussi, répliqua Draco.

Trois regards éberlués se braquèrent sur Draco.

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Non mais tu es sérieux, Draco ? lâcha Blaise. Ça fait trois ans que tu es sous son aile et tu ne sais toujours pas de quel bord il est ? Même Théo s'en est rendu compte, apparemment, vu la réaction qu'il vient d'avoir... Tu as vraiment un train de retard...

- Désolé de ne pas m'intéresser à la vie sentimentale de tous les joueurs de l'équipe, bouda Draco, vexé.

- Mais Draco, il n'y a pas besoin d'être dans l'équipe pour savoir que Graham est gay, dit Blaise, l'air dépassé. Tout le monde le sait.

- En plus ça m'étonne vraiment car je pensais que tu l'avais compris quand tu m'as sorti que Graham et moi étions «visiblement du même bord», ajouta Théo.

- Mais je ne le pensais pas vraiment ! s'écria Draco. J'étais juste énervé alors j'ai dit n'importe quoi... Mais j'étais loin de penser qu'il était réellement gay.

- Eh bien tu te coucheras moins bête ce soir, conclut Blaise.

Draco marmonna quelque chose avant de se tourner vers Théo.

- Mais du coup il est vraiment intéressé par toi ?

- Je n'en sais rien. Mais je ne pense pas.

- Il n'arrête pas de te coller, pourtant.

- Oui, quand tu es dans les parages, rétorqua Théo.

- Je ne vois pas le rapport, dit Draco, perplexe.

- Laisse tomber, soupira Théo en levant les yeux au ciel.

- Bon, sinon, Pansy, il n'y a toujours rien entre Cassius et toi ? demanda Blaise afin de changer de sujet.

- Non, il ne me calcule pas du tout, se plaignit Pansy.

- C'est bizarre, j'étais pourtant sûr qu'il te sauterait dessus, s'étonna Draco. C'est un vrai coureur de jupons, ce mec.

- Il a changé, apparemment, pensa Blaise. Il a peut-être décidé de se calmer cette année. Mais c'est vrai qu'avant, il enchaînait les filles. C'est d'ailleurs peut-être à lui que je devrais demander de l'aide pour aborder Ginny...

- Je te le déconseille fortement, prévint Draco. Tout ce qu'il va te donner, ce sont des astuces pour la mettre dans ton lit. Je doute que ce soit ça qui t'intéresse pour le moment.

Blaise eut l'air choqué.

- Bien sûr que non ! Enfin, pas tout de suite, on se connaît à peine et... je n'y connais rien et... il est hors de question que... rah mais zut Draco t'as tout gâché !

Blaise se leva et prit la direction de son dortoir d'un air courroucé. Draco cligna des yeux, l'air stupéfait.

- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

- Non, tu viens juste de faire comprendre la vie à Blaise, c'est tout, rit Pansy. Il n'avait pas encore compris que s'il voulait des enfants plus tard, il allait devoir passer par-là. Tu sais bien qu'il est un grand romantique. Il ne s'était sûrement pas encore imaginé faire ce genre de choses avec la fille Weasley. Tu as brisé son innocence, en fait.

- Ce n'était pas voulu, se défendit Draco, confus. Ça me paraissait évident, pour moi. Surtout qu'on a déjà parlé de ça, quoi...

- Oui mais c'était juste de la théorie. Il ne s'imaginait pas dans la pratique. Mais c'est bien de l'avoir fait grandir d'un coup. N'est-ce pas, Théo ?

- Pansy, n'essaie surtout pas de le lancer sur ce sujet, il est complètement hermétique. Quand Blaise et moi on en parle, il fait comme s'il n'était plus là. Je le soupçonne même d'insonoriser son espace dès qu'il nous entend en parler. Lui il ne s'imagine ni dans la théorie, ni dans la pratique.

- C'est parce que je ne suis pas concerné, se justifia Théo.

- Comment ça ? s'intrigua Draco. Ah, parce qu'on parle de filles ? Mais ce n'est pas parce que tu es gay que tu n'auras pas de vie sexuelle plus tard...

Théo se sentit devenir rouge comme une brique. Il se cacha du mieux qu'il put derrière son livre de botanique.

- Il est à l'envers, dit alors Draco.

- Quoi ? De quoi tu parles ? demanda Théo, distrait.

- De ton caleçon. Mais non, de ton livre, banane ! T'es encore pire que Blaise, ma parole. Je savais que tu étais prude mais à ce point... Il faut bien que tu te renseignes sur ce qui t'attend. Tu ne comptes pas rester éternellement puceau, quand-même ?

- Je n'en sais rien, ça ne m'intéresse pas du tout pour le moment. On peut parler d'autre chose, s'il vous plaît ?

- Comme tu veux, soupira Draco. Il va mieux, ton binôme ?

- Non. Il a l'air toujours aussi déprimé. Et ça m'inquiète. Même quand il sourit il a l'air triste.

- Tu as essayé de savoir ce qu'il avait ?

- Non, je n'ose pas lui demander quoi que ce soit. Je ne suis pas un de ses amis, ce n'est pas à moi qu'il va se confier.

- Il t'apprécie beaucoup, pourtant, objecta Pansy. Moi je suis sûre qu'il te répondrait si tu lui demandais ce qui ne va pas.

- Si tu n'oses pas lui poser la question directement, tu peux toujours essayer de te renseigner auprès de ses amis, suggéra Draco.

- Tu peux aller voir Hannah, si tu veux, enchaîna Pansy. Tu n'auras qu'à lui dire que c'est moi qui t'ait conseillé d'aller la voir. Vu que j'ai été son binôme et que je suis une de ses collègues préfètes, ça passera.

- Mais... vous croyez que ses amis vont accepter de me dire ce qu'a Justin ? demanda Théo, sceptique.

- Je ne sais pas mais ils pourront peut-être te rassurer. Ça ne coûte rien d'essayer, en tout cas.

- C'est vrai. Je vais voir s'il y a un ou une de ses amies dans la salle des binômes. Normalement oui puisque Crabbe et Goyle sont censés y être. Vous n'avez pas besoin de m'accompagner, du coup. Merci pour les conseils.

Théo se leva, quitta la salle commune et prit la direction de la salle des binômes. Sur le chemin, il croisa un Serdaigle qui l'interpella.

- Tiens donc, Nott... Ça fait un moment que je te cherche.

- Eh bien tu m'as trouvé, lâcha Théo. En revanche ce n'était pas réciproque puisque je ne te connais pas.

Les yeux du Serdaigle se rétrécirent.

- Tu oses faire le malin ? Tu n'en as pas eu assez ? Ça ne t'a pas suffi d'envoyer deux septième année en conseil de discipline ?

- Ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient, répondit sèchement Théo. Ils ont cru que j'allais me taire et qu'ils s'en sortiraient comme ça, eh bien ils se sont trompés. J'ai été plutôt bien conseillé, vois-tu.

- Ça c'est sûr, une fillette comme toi ça ne sait pas prendre de décisions tout seul, cracha le Serdaigle. Vous êtes bien tous les mêmes. Dick et Josh auraient dû te laisser plus longtemps sous l'Aguamenti. Au moins on serait débarrassés de toi à l'heure actuelle.

Théo serra tellement les poings que ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes. Il ne voulait surtout pas laisser paraître que les paroles du Serdaigle l'affectaient.

- Est-ce que tu es conscient de ce que tu as fait, au moins ? Est-ce que tu réalises que tu as gâché l'avenir de deux personnes ? Que tu vas sûrement les empêcher de passer leurs ASPIC ? Qu'ils ne pourront rien faire sans ce diplôme ? Qu'ils seront voués à se coltiner des boulots minables ?

Théo sentit la Pimentine lui monter aux oreilles. Ça c'était fort de chaudron ! Mais il resta calme.

- Ils n'avaient qu'à réfléchir avant de se comporter comme ils l'ont fait.

Le Serdaigle le regarda avec dégoût.

- Et tu n'as aucun remords, en plus. Mais est-ce que tu sais que tu as foutu en l'air le couple de ton binôme avec tes histoires ?

Théo resta quelques secondes choqué.

- Quoi ? demanda-t-il d'une voix sourde.

- Eh bien oui, à cause de toi ton binôme a rompu avec sa petite-amie ! Josh, l'un des deux mecs dont tu as gâché l'avenir, c'est le cousin de la copine de Justin. Sauf qu'au lieu de défendre Josh, Justin a préféré te défendre toi. Et ça n'a pas plu du tout à sa copine. Et je crois bien qu'il déprime, depuis. Tout ça c'est de ta faute. Alors si tu avais un semblant d'humanité, tu retirerais tes accusations envers Josh et Dick. Mais je ne me fais pas trop d'illusions. Les gens comme toi ça n'a rien d'humain.

Le Serdaigle s'en alla après avoir lancé un regard plein de haine à Théo. Ce dernier mit du temps avant de réagir, dévasté par la discussion qu'il venait d'avoir. Il avait l'impression qu'une chape de plomb lui était tombée sur la tête. Il ne s'attendait pas du tout à ça. Il se sentait affreusement mal, maintenant. Il était responsable de la rupture de Justin et de sa petite-amie. Il n'était même pas au courant que Justin était en couple mais cela n'enlevait rien au fait que c'était de sa faute s'il avait rompu avec sa copine. Et puis, en y réfléchissant, ce Serdaigle avait raison. À cause de lui, Milligan et Parker n'allaient peut-être pas pouvoir passer leurs ASPIC. Et sans ce diplôme, c'était presque impossible de trouver un bon emploi. Bien sûr, Théo voulait que les deux Serdaigle paient pour ce qu'ils avaient fait, mais au fond, était-ce vraiment nécessaire ? Le mal était fait. Cela ne changerait absolument rien. Est-ce que cela valait la peine de gâcher l'avenir de deux adolescents ? Théo ne pouvait s'y résoudre. En plus, s'il revenait sur ses accusations, Justin pourrait peut-être se réconcilier avec sa petite-amie... Pour Théo, voir son binôme retrouver le sourire était plus important que voir ses agresseurs être punis pour leurs actes. Sa décision était prise. Il se rendit donc au bureau de son directeur de maison en espérant qu'il y soit. C'était le week-end, il était peut-être plutôt dans ses appartements. Il frappa à la porte et fut soulagé d'entendre un «Entrez». Il ouvrit la porte et pénétra à l'intérieur du bureau.

- M. Nott. Qu'est-ce qui vous amène ? Ce n'est pas aujourd'hui que nous avons rendez-vous.

- Oui, je sais, c'est la semaine prochaine que vous devez tout passer en revue. Je ne viens pas vous voir pour ça. Je... je souhaiterais revenir sur mes accusations.

Théo tenta de soutenir le regard du professeur Snape qui semblait surpris.

- Installez-vous, finit-il par dire d'un ton neutre.

Théo obéit et s'assit en face de son professeur.

- Je vous écoute.

- Je maintiens que je me suis fait agresser mais pas par Dick Milligan et Josh Parker. Je me suis trompé. Ils sont innocents.

Le professeur Snape parut encore plus surpris.

- Êtes-vous sûr de ce que vous dites ?

- Oui.

- Comment vous en êtes-vous rendu compte, alors ?

- Parce qu'on m'a dit à quoi ils ressemblaient et que ça n'a rien à voir avec les deux élèves qui m'ont agressé, mentit Théo.

- Et donc vous vous basez uniquement sur des «on dit» ? Vous ne trouvez pas cela un peu léger ?

- Je crois les personnes qui m'ont décrit ces deux Serdaigle, c'est tout, se défendit Théo.

- M. Nott, loin de moi l'idée de mettre votre parole en doute mais j'ai beaucoup de mal à vous croire. Certes, M. Milligan et M. Parker n'ont pas avoué mais lors de la convocation devant le directeur, leur professeur a confirmé qu'ils étaient arrivés en retard à l'heure de votre agression. C'est un élément qui joue fortement en leur défaveur. De plus, ce sont deux Serdaigle qui sont plus grands et plus âgés que vous, comme vous l'avez décrit aux préfets. À moins que vous souhaitiez revenir également sur cette déclaration ?

- Non, murmura Théo.

- Donc si je comprends bien, vous maintenez avoir été agressé par deux Serdaigle plus âgés que vous, mais vous affirmez que ce ne sont pas M. Milligan et M. Parker qui sont pourtant deux élèves de Serdaigle de septième année qui sont arrivés en retard à leur cours qui avait lieu en même temps que votre agression ? Est-ce que vous seriez en train de vous moquer de moi, par hasard ?

Théo ne répondit pas mais il baissa les yeux, ne pouvant soutenir davantage le regard du professeur Snape.

- M. Nott, si vous avez reçu des menaces ou des intimidations, vous devez me le dire. L'audience a lieu dans cinq jours, les amis de M. Milligan et de M. Parker doivent se douter que vous êtes fragile à l'approche de l'échéance et ils pourraient très bien en profiter pour vous mettre la pression afin que vous retiriez vos accusations. Est-ce ce qui s'est passé ?

- Je n'ai pas vraiment reçu de menaces mais plutôt des pressions, oui, avoua Théo. Un Serdaigle a voulu me faire culpabiliser.

- Et ça a réussi, apparemment, lâcha le professeur Snape.

- Il a utilisé des arguments... convaincants. Il m'a dit que j'allais gâcher l'avenir de ces deux élèves. Il n'a pas tort, en soi. À cause de moi, s'ils sont renvoyés de Poudlard, ils ne pourront pas passer leurs ASPIC.

Le professeur Snape poussa un long soupir.

- M. Nott, écoutez-moi. Les seuls coupables dans cette histoire, ce sont eux. Vous, vous êtes une victime. Vous n'avez jamais demandé à ce qu'ils s'en prennent à vous dans ces toilettes. Vous ne les y avez pas forcés. Ils ont commis cette agression de leur plein gré. Ils ont gâché eux-mêmes leur avenir en faisant cela. Vous ne les auriez pas dénoncés s'ils n'avaient rien fait. Ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes. Ils n'avaient pas le droit de faire ce qu'ils ont fait. Ils ont failli vous tuer et ils doivent être punis pour ça. Ils s'attendaient à ce que vous gardiez le silence, vous ne l'avez pas fait et vous avez eu raison. Le silence est leur meilleure arme. Grâce à vous, ils ne pourront pas faire d'autres victimes au sein de cette école. Est-ce que vous comprenez ce que je veux vous dire ?

- Oui, répondit sincèrement Théo. Mais il n'y a pas que ça. Suite à mes accusations, mon binôme a rompu avec sa petite-amie et je m'en veux pour ça. Parce que la petite-amie de mon binôme est la cousine de Josh Parker. Et mon binôme a préféré me défendre moi plutôt que le cousin de sa copine. Je me sens mal à cause de ça. Je me sens responsable.

- Les histoires personnelles ne doivent pas être prises en compte dans votre décision de maintenir ou non vos déclarations. Cela ne vous concerne pas et vous devez penser avant tout à ce que justice soit faite. De plus, si votre binôme a préféré vous défendre au détriment de son couple, c'est qu'il savait ce qu'il faisait. Cela m'étonnerait donc beaucoup qu'il soit ravi d'apprendre que vous êtes revenu sur vos déclarations. Il a fait son choix en vous soutenant et il était conscient des risques qu'il prenait. Il a foi en la justice. Vous rendriez inutile le sacrifice de son couple si vous retiriez vos accusations. Mais, encore une fois, ces considérations ne doivent pas être prises en compte. Cela me semblait juste important de souligner ces faits afin que vous ne vous trompiez pas dans la vision des choses que vous devez avoir. Est-ce clair ?

- Oui.

- Souhaitez-vous donc toujours retirer vos accusations ?

Théo hésita.

- Je ne sais pas. Vous avez raison, j'en suis bien conscient, mais... ces accusations ont trop de conséquences auxquelles je n'avais pas pensé.

- Si cela peut vous rassurer, ces deux élèves ne seront sûrement pas renvoyés de Poudlard.

Théo sentit soudain son coeur être soulagé d'un gros poids.

- Du moins, pas définitivement, précisa le professeur Snape. Ils seront probablement renvoyés deux semaines et ils auront un rappel devant la loi. À la prochaine incartade, cependant, les juges ne leur feront pas de cadeau. Ils auront aussi sûrement une amende dont ils devront s'acquitter pour préjudice moral. Je vous dis tout ça mais je n'en suis pas sûr. Mais c'est fort probable. Est-ce que cela vous aide dans votre décision ?

- Oui. Je... je maintiens mes déclarations.

- Vous êtes sûr ?

- Oui.

- Bien. De toute façon, il aurait été très difficile d'annuler cette audience. Vous pensiez réellement que tout allait être annulé uniquement parce que vous avez changé d'avis ? Vous êtes bien naïf. Vous auriez remis en question la crédibilité des préfets qui ont reporté votre agression devant tous les professeurs. Vous auriez également dû convaincre M. Potter de revenir sur ses propres déclarations puisque c'est lui qui vous a donné le nom de ces deux Serdaigle. Et autant dire que vous auriez dû ramer, je pense. On ne revient pas aussi facilement sur ses déclarations, M. Nott. De plus, cela ne vous aurait pas été bénéfique. Vous n'auriez pas été tranquille tant que vos agresseurs n'auraient pas été jugés pour leurs actes. Vous auriez eu peur d'eux jusqu'à la fin de l'année. Une fois l'audience passée, ils n'oseront pas s'en prendre de nouveau à vous. Ils sauront ce qu'ils encourront et ils sauront également qu'ils seront surveillés. S'il vous arrive quoi que ce soit, ils seront les premiers suspects. Vous n'aurez donc rien à craindre. Mais tout cela sera plus clair lors de l'audience. D'ailleurs, est-ce que vous êtes sûr de pouvoir enchaîner l'audience et le rendez-vous avec Mrs Bones à seulement trois jours d'intervalle ?

- Oui, les deux sont très importants et je n'ai pas trop le choix, de toute façon.

- Bien. Si vous vous sentez stressé et angoissé, n'hésitez pas à venir me voir, en parler vous fera le plus grand bien. Vous ne pouvez pas gérer ça seul. Avant de vous laisser partir, j'aimerais vous donner un conseil : ignorez toutes les remarques qui vous seront faites à propos de cette histoire. Si un élève vous interpelle et commence à vous en parler, fuyez. Ou alors blindez-vous pour ne pas vous laisser atteindre. Si vous écoutez tous les idiots qui vous feront des remarques, vous n'avez pas fini de venir me voir jusqu'à l'audience pour retirer vos accusations.

Théo sourit.

- Je les laisserai parler sans me préoccuper d'eux, c'est promis.

- Je vous fais confiance. Vous pouvez y aller.

Théo remercia le professeur Snape et sortit du bureau de celui-ci. Il se sentait stupide d'avoir voulu revenir sur ses déclarations. Mais, en même temps, il ne supportait pas l'idée d'être à l'origine de la rupture entre Justin et sa petite-amie. «Non, ce n'est pas toi qui est à l'origine, c'est l'agression et donc ceux qui t'ont agressé. Sans cette agression, Justin n'aurait jamais eu à te défendre face à sa petite-amie» se dit aussitôt Théo. Mais il s'en voulait quand-même. Il prit soudain pleinement conscience de quelque chose. Justin avait sacrifié son couple pour le défendre. Depuis quand son binôme lui était-il autant dévoué ? Et, surtout, pourquoi avait-il fait ça ? Il souffrait visiblement beaucoup de cette rupture, ce qui signifiait qu'il aimait encore son ex petite-amie... Pourquoi avait-il préféré mettre son couple en péril pour défendre Théo alors qu'il le connaissait encore très peu ? D'accord, Justin était un Poufsouffle et les élèves de cette maison avaient un grand sens de la justice, mais quand-même... En fait, s'il devait être honnête avec lui-même, Théo était touché que Justin l'ait soutenu face à sa petite-amie. Il devait l'avouer : il aimait beaucoup son binôme. Une fois les tensions passées, il avait découvert un Justin complètement différent de celui qu'il était à la rentrée. C'était probablement ça, le vrai Justin. Et le vrai Justin était un garçon drôle, gentil, généreux, sensible, attentionné, souriant... Et puis il était plutôt mignon avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus, son doux sourire, son nez fin, ses po... Mince mais à quoi était-il en train de penser ?! Il n'avait pas le droit de se dire des choses pareilles ! Et puis à quoi ça rimait, d'abord ? Il n'avait jamais été intéressé par qui que ce soit ! Il avait déjà trouvé des garçons «mignons» mais ça s'arrêtait là. Il ne les avait jamais regardés en détail. Alors que là, il semblait avoir un peu trop regardé Justin... Il devait se ressaisir. Il n'était de toute façon pas prêt à s'intéresser à un garçon. De plus, Justin était son binôme. Si Théo voulait que ça continue à bien marcher entre eux, il ne devait pas le regarder d'aussi près. De toute manière, Justin ne l'intéressait pas. C'était juste son esprit fatigué qui se mettait à dérailler. Ce fut sur cette pensée qu'il prit le chemin de sa salle commune. Mais il eut beau essayer de se convaincre, le doute s'insinua de plus en plus en lui. Il maudit son imagination d'être aussi fertile. Comme si, avec ce qui lui tombait dessus en ce moment, il avait besoin de se poser des questions sur les sentiments qu'il nourrissait à l'égard de son binôme ! Il se raisonna et chassa du mieux qu'il put ces pensées gênantes et envahissantes. Il y parvint partiellement et ce fut donc avec un air parfaitement neutre qu'il rejoignit Draco, Blaise et Pansy qui étaient loin d'imaginer les doutes et les questions qu troublaient l'esprit de leur meilleur ami.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! =) Je vous dis à mardi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Réponses» =) Bonne fin de semaine !