Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le vingt-quatrième chapitre de SAMLP. Merci à tous d'être encore là et de suivre toujours aussi fidèlement les aventures de tous ces personnages. Ça me fait vraiment chaud au coeur !

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Zackos : Oui, Harry craque, et dans ce chapitre aussi XD

Guest : Ravie que l'histoire te plaise !

luxcie : Merci pour tes 4788532 reviews, et merci de m'avoir prévenue avant que je ne les voie XD Tu m'as littéralement noyée, heureusement j'avais une bouée de sauvetage XD Tu as déjà eu tous mes retours en privé, sauf pour la dernière review à laquelle je vais répondre. En effet, l'histoire commence à prendre un tournant, même s'il reste encore la plupart des couples à former et même si Justin et Emily ne vont pas se séparer définitivement tout de suite XD Ginny est une vraie furie, et elle est assez impulsive, c'est comme ça que je la vois XD Ça va être très explosif entre Blaise et elle x) Contente que la relation Harry/Théo te plaise, elle est vraiment importante dans l'histoire et elle va prendre de plus en plus d'ampleur =) En ce qui concerne Adrian, les choses ne sont pas prêtes de se clarifier :/ Il est évident que Hermione doit en parler à Harry mais ce genre de situation, on ne prend pas toujours la bonne décision :/ Théo en voit des vertes et des pas mûres, heureusement il y a toujours quelqu'un pour l'aider ! Pour ce qui est de Severus, une confrontation va avoir lieu dans ce chapitre ;) Est-ce que ça va bien se passer ? Mystère XD Merci pour toutes tes reviews, elles me font extrêmement plaisir ! Il y a plein de personnages et comme si ce n'était pas suffisant, d'autres POV vont apparaître par la suite, mais de façon très épisodique ;)

Mel : Bienvenue à toi ! =) J'admire toujours autant les personnes comme toi qui prennent l'histoire en route et qui lisent les 300 000 mots déjà postés XD Le courage, quoi XD Ginny est effectivement montée sur des ressorts XD Mais l'explication de son comportement arrive dans ce chapitre ;) La séparation Harry/Adrian va intervenir dans moins de dix chapitres, mais Drarry va mettre beaucoup de temps à se former, ils reviennent de loin et ils auront tous deux besoin de temps pour assumer leurs sentiments ;) Ravie que le personnage de Théo te plaise ! C'est clairement l'un des personnages principaux de l'histoire, je l'aime tout particulièrement et je voulais le mettre avec quelqu'un avec qui on n'a pas l'habitude de le voir en couple, et surtout avec quelqu'un qui est aux antipodes de lui XD Je vais essayer de garder ce rythme de publication, j'ai encore pas mal d'avance sur les chapitres écrits donc pour l'instant on reste sur 2 chapitres par semaine =) Merci pour ta review, c'est un vrai plaisir !

Gryffondor : Terry a bien compris que Hermione voulait garder secret le nom du potentiel client :/ C'est clair que Severus ne les aurait pas lâchés ! Concernait Adrian, c'est un vrai mystère XD Soit il dit la vérité, soit c'est un très bon comédien ... Pour Severus, rien ne lui fait plus plaisir que de voir les notes de Harry baisser :/ Sirius et Remus vont agir pas plus tard que dans ce chapitre XD Mais personne ne sortira blessé de la confrontation XD Théo est très influençable lorsqu'on touche à ses faiblesses :/ Heureusement, il est revenu sur sa décision de revenir sur ses déclarations (le premier qui dit que ce garçon est compliqué ... a entièrement raison XD) Merci pour ta review ! =)

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Merci à tous pour vos retours, ça me fait vraiment, vraiment, vraiment plaisir ! Je souhaite juste revenir sur un point évoqué par luxcie : le nombre de préfets. Dans la saga, ce nombre n'est pas spécifié, on ne sait pas si, durant le cinquième tome, Hermione, Ron, Ernie, Hannah, Anthony, Padma, Draco et Pansy sont les seuls préfets. Dans un souci de clarté au sein d'une histoire qui est déjà assez compliquée comme ça, j'ai préféré ne pas inclure d'autres préfets d'années supérieures XD Mais rien ne dit qu'il en sera de même dans les prochains tomes ... :p

Je souhaite également apporter une précision concernant ce chapitre : il contient une audience disciplinaire et je sais que parmi les lecteurs de SAMLP, il y en a qui lisent DRAP (De Retour A Poudlard), fiction écrite par ma soeur. Elle m'a aiguillée pour le déroulement de l'audience mais le contenu m'est propre. L'audience dans ce chapitre est de toute façon différente de celle dans un des chapitres de DRAP XD Nous nous inspirons mutuellement des idées mais nous écrivons chacune nos propres histoires =)

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Voilà, désolée pour cette looongue NA, je vous laisse avec le chapitre ! Bonne lecture !

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Warning : ce chapitre est classé M en raison d'une scène sexuellement explicite.

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24 : Réponses

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(lundi 23/10) POV Ginny

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- Bon, le match est dans deux semaines, il faut vraiment commencer à jouer tactique. On ne sait pas quelle est celle des Serpentard vu qu'ils ont changé de capitaine, alors il va falloir jouer sur tous les fronts. Il ne faut cependant pas s'en faire : vu que notre équipe a également changé de capitaine, ils ne sauront pas non plus quelle est notre stratégie.

- À part si un membre de l'équipe a fait des confidences sur l'oreiller à un membre de l'autre équipe, dit malicieusement Fred.

Tous les regards se tournèrent évidemment vers Harry, sauf celui de Ginny qui fut irritée par la remarque de son frère.

- Je n'ai rien dit, se défendit Harry. On ne parle pas de la stratégie de nos équipes respectives.

- Mais tu ne démens pas avoir des discussions sur l'oreiller ?

- Fred, ça ne te regarde pas, intervint Ginny, mal à l'aise pour son ami.

- Ginny a raison, et ce n'est pas le sujet, répliqua Angelina. Je disais donc qu'il allait falloir jouer sur tous les fronts. Il faudra allier défense et attaque. Cela signifie autant marquer qu'empêcher l'équipe adverse de le faire. Fred, George, concentrez-vous sur les poursuiveurs. Ne vous préoccupez pas des autres joueurs. Sauf si vous voyez que les batteurs adverses s'acharnent sur un de nos joueurs, évidemment. Katie et Alicia, nous allons devoir marquer le plus possible. Mais si les poursuiveurs adverses nous collent aux basques, il faudra avant tout garder le souafle. Tant pis si on passe plusieurs minutes sans marquer. Le principal c'est qu'ils n'aient pas la balle. Ron, quelle que soit la stratégie des Serpentard, ton rôle reste le même. Empêche-les de marquer. Point. Enfin, Harry, les directives que tu devras appliquer sont sûrement les plus dures à décider. Vu qu'on ne connaît pas la stratégie de l'équipe adverse, essaie de bien suivre le score. Lorsque le vif d'or apparaîtra, si tu vois qu'on est menés ou qu'on mène de peu, essaie de l'attraper au plus vite. En revanche, si tu vois qu'on est mené à plus de cent points d'écart, laisse-nous réduire l'écart avant d'attraper le vif d'or. Cela veut dire que tu devras empêcher Malfoy de s'en saisir. Utilise tes meilleures feintes mais ne le laisse pas s'approcher de trop près du vif d'or. Le but est d'avoir au moins cent cinquante points d'écart. Tous les conseils que je viens de donner valent aussi pour les remplaçants. Je m'adresse aux titulaires car, jusqu'à présent, ils sont encore tous censés jouer le match contre les Serpentard. Mais entraînez-vous comme si vous alliez devoir les remplacer. Il faut qu'on soit tous prêts. Est-ce que quelqu'un a des questions ? Non ? Alors changez-vous et rendez-vous sur le terrain dans cinq minutes.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tout le monde se mit en tenue avant de se rendre sur le terrain. Quelques minutes plus tard, tous les joueurs étaient dans les airs. Ginny prit de la hauteur et observa ses coéquipiers jouer tout en vérifiant régulièrement si le vif d'or était apparu. Sur sa droite, assez loin d'elle, Harry faisait de même. Au début, Ginny ne fit pas vraiment attention à lui, sachant qu'elle devait se comporter comme s'il était un adversaire. Elle lui jetait tout de même des coups d'oeil de temps en temps afin de voir s'il semblait avoir aperçu le vif d'or. À un moment, elle le regarda plus longtemps que les fois précédentes car elle venait de remarquer qu'il ne semblait pas au meilleur de sa forme. Il était pâle et avait les traits tirés. Lorsqu'il vit qu'elle l'observait, il détourna le regard, l'air gêné. Cela ne fit qu'inquiéter davantage Ginny. Mais elle s'efforça de rester concentrée sur ce qu'elle devait faire. Elle ne voyait toujours aucune trace du vif d'or mais elle savait qu'il pouvait faire son apparition à n'importe quel moment. Elle eut raison de rester attentive car il ne mit pas longtemps à pointer le bout de ses ailes. Ginny le vit aussitôt et se lança à sa poursuite. Elle avait réagi plus vite que Harry et elle avait déjà une bonne avance sur lui lorsqu'il repéra à son tour la petite balle. Elle suivit les mouvements du vif d'or qui zigzaguait tantôt à gauche, tantôt à droite et qui s'amusait à perdre et à gagner de l'altitude. Il l'obligea à faire des virages très serrés mais cela ne lui faisait pas peur. Elle se rapprochait de plus en plus du vif d'or et n'était plus qu'à un mètre de lui. Elle commençait à tendre le bras quand elle se fit attaquer par un cognard. Elle l'évita de justesse en virant brusquement à droite et perdit de vue le vif d'or par la même occasion. Elle regarda partout autour d'elle mais ne le trouva pas. Harry, à l'autre bout du terrain, semblait le chercher, lui aussi. Bon, au moins, il ne l'avait pas attrapé. Il se passa plusieurs minutes pendant lesquelles elle scruta les alentours, jusqu'à ce qu'elle voit du coin de l'oeil Harry partir soudain dans une direction. Ne sachant pas s'il avait vraiment vu le vif d'or ou il s'agissait d'une feinte, elle resta une dizaine de secondes sans réagir. Mais lorsqu'elle vit un éclat doré quelques mètres devant Harry, elle fonça sans attendre vers lui. Elle le rattrapa anormalement vite. D'habitude, il volait bien plus rapidement qu'elle. Là, il peinait considérablement à suivre le rythme imposé par la vitesse du vif d'or. Si bien qu'elle parvint facilement à dépasser Harry. Cette fois, elle en était sûre : il n'allait vraiment pas bien. Elle décida de se dépêcher d'attraper le vif d'or non pas pour la gloire, mais pour que l'entraînement se termine au plus vite pour son ami. Ce fut donc sans plaisir que ses doigts se refermèrent sur la petite balle dorée quelques minutes plus tard. Elle regagna la terre ferme, très vite imitée par Harry. Alors que leurs coéquipiers redescendaient, Ginny se dirigea vers son ami.

- Est-ce que ça va, Harry ? demanda-t-elle, inquiète.

- Oui, je suis juste un peu fatigué. J'ai voulu faire l'entraînement et... je n'aurais peut-être pas dû. Il n'a pas vraiment été très productif pour moi. Bravo pour ta prestation, d'ailleurs.

- Je l'ai eu uniquement parce que tu n'étais pas dans ton état de forme habituel. Tu veux que je t'accompagne à l'infirmerie ?

- Non, ça va aller, assura Harry en souriant. Je vais juste me reposer dans mon dortoir jusqu'à mon cours d'astronomie.

- Tu es sûr de pouvoir y aller ?

- Mais oui, ne t'en fais pas.

Ginny voulut insister mais les autres membres de l'équipe les rejoignirent et se mirent à la féliciter. Sam, le remplaçant au poste de gardien, se montra un peu trop chaleureux envers elle. Cela faisait plusieurs entraînements qu'il cherchait sa compagnie, ce qu'avait aussitôt remarqué Harry. Elle avait d'abord pensé que c'était innocent mais elle commençait désormais à avoir des doutes. Comme elle avait envie de vite rentrer au château, elle tenta de se débarrasser de Sam mais il ne sembla pas vouloir comprendre le message. Harry n'était peut-être pas patraque mais cela ne l'empêcha pas de dire clairement à leur coéquipier que Ginny avait envie d'être seule. En temps normal, elle n'aimait pas quand quelqu'un venait l'aider dans ce type de situation mais Harry savait quand il était nécessaire d'intervenir. Et là, c'était le cas. Il réussit ainsi à faire partir Sam qui eut l'air quelque peu déçu.

- Merci, dit-elle à Harry. Il est un peu long à la détente.

- Je pense qu'il faut juste être direct avec lui. Bon, je vais me doucher et ensuite je rentre. Tu veux que je t'attende devant les vestiaires ?

- Non, ce n'est pas la peine, je vais directement aller manger, de toute façon.

- D'accord, pour ma part je vais aller dormir un peu. À mercredi si on ne se revoit pas avant.

Harry prit congé de Ginny et se rendit aux vestiaires. Ginny ne tarda pas à l'imiter, souhaitant aller dîner le plus vite possible. Dix minutes plus tard, elle sortit des vestiaires et rejoignit le château. Dans le hall, elle eut la surprise de tomber sur Blaise qui, lui, ne sembla pas étonné de la voir. Elle en conclut qu'il l'attendait. Elle passa à côté de lui sans lui accorder le moindre regard mais il la retint en lui attrapant le bras.

- Ginny, attends...

Elle se tourna vers lui et le fusilla du regard.

- Je ne t'avais pas demandé d'arrêter de m'appeler par mon prénom ?

- Mais c'est ridicule...

- Et en plus tu me traites de ridicule ?!

- Je n'ai pas dit ça ! C'est la situation que je trouve ridicule, pas toi. J'aimerais qu'on s'explique mais pour ça il faut que tu évites de m'Avada Kedavariser à chaque fois que j'ouvre la bouche.

Ginny le fixa pendant plusieurs secondes avant de répondre :

- D'accord, mais lâche mon bras d'abord.

Blaise obéit et lui rendit son bras. Elle croisa les siens sur sa poitrine et continua de fixer Blaise.

- Je voulais te dire que j'étais désolé pour ce qui s'est passé la dernière fois qu'on s'est vu. Je me suis mal exprimé et ça a provoqué des quiproquos. Mais je ne t'ai jamais prise pour une fille de joie, ça je peux te le jurer. Je ne te vois pas seulement comme une fille que je peux plaquer contre un mur pour l'embrasser. Et ce n'est pas du tout ce que j'ai fait avec mes ex petites-amies puisqu'il n'y en a jamais eu. J'ai voulu te le dire mais tu ne m'en as pas laissé l'occasion. Je ne suis jamais sorti avec une fille avant toi. Tu es la première fille qui me fait perdre la tête comme tu le fais.

Blaise semblait si sincère que Ginny fut obligée de le croire. Elle fut très touchée par ces mots. Mais elle fut également très surprise. Jusque-là, elle était persuadée que Blaise avait eu de nombreuses petites-amies. Alors qu'en réalité, il n'en avait eu aucune. Elle s'en voulait désormais de ne pas l'avoir laissé parler. Elle avait peut-être un peu trop réagi au quart de tour. Elle décida donc de faire amende honorable.

- Je ne sais pas quoi dire... Enfin, si, je... je suis désolée d'avoir réagi comme ça. J'aurais dû te laisser t'expliquer. Je me suis emballée parce que tu n'as pas su me répondre quand je t'ai demandé ce que tu ressentais pour moi. Je suis pourtant mal placée pour t'en vouloir vu que moi non plus je ne sais pas ce que je ressens pour toi. Enfin si mais... c'est confus et je n'arrive pas à mettre de mots dessus. Je pensais qu'en te posant la question, les choses seraient plus claires mais comme tu n'as pas pu y répondre, ça m'a frustrée et c'est pour ça que je me suis énervée. Je suis désolée. J'aurais dû me contenir.

Ginny termina ses explications sur ces mots. Elle n'avait absolument rien préparé, n'ayant pas prévu de s'excuser devant Blaise ce jour-là. Ni aucun autre jour, d'ailleurs. Mais les mots étaient venus tout seuls. Elle avait dit la vérité, tout simplement. Blaise sembla touché à son tour. Il ne tarda pas à lui sourire.

- Oublions tout ça, alors, proposa-t-il gentiment.

- Je veux bien mais... ça ne résout pas le problème pour autant, nuança Ginny. Je ne sais toujours pas ce que je ressens pour toi et toi non plus, apparemment.

- Je pense qu'on ne le saura pas tant qu'on ne passera pas plus de temps ensemble. Je ne te demande pas de sortir avec moi, mais juste... de faire connaissance ?

Ginny fut un peu surprise par cette suggestion mais elle trouva que c'était une bonne idée.

- Ça me va, dit-elle en souriant. Mais comment va-t-on trouver le temps pour se voir ?

- On peut se retrouver le soir quand nous n'avons ni entraînement de Quidditch, ni séance de travail en binôme. Par exemple, demain, j'ai un entraînement de dix-sept heures à dix-huit heures trente mais pas de séance avec Kellah. Ce qui fait que je suis libre du dîner jusqu'à vingt-trois heures.

- Et moi je n'ai ni séance de travail, ni d'entraînement de Quidditch. On peut donc se retrouver vers vingt heures, si ça te va.

- C'est parfait, approuva Blaise. On verra à chaque fois quand on pourra se voir la fois d'après. Je vais te laisser, je dois dîner tôt pour pouvoir finir mes devoirs.

- Pourquoi tu es venu m'attendre si tu avais des devoirs à faire ? demanda Ginny, intriguée.

- Parce que je n'arrêtais pas de penser à toi, répondit franchement Blaise. J'aurais été mal tant que je n'aurais pas eu une discussion calme et constructive avec toi. Je n'étais pas bien depuis notre prise de tête et je voulais à tout prix me réconcilier avec toi. Je ne suis pas seulement attiré physiquement par toi, Ginny. Tout me plaît chez toi. Je veux apprendre à te connaître. Je veux savoir le maximum de choses sur toi. Du moins, ce que tu voudras bien me dire.

Ginny se sentit fondre face à ces paroles si belles et tellement sincères. Jamais personne ne lui avait dit ce genre de choses. Jamais on ne l'avait regardée comme Blaise le faisait. Jamais elle n'avait été aussi émue par les mots d'un garçon. Elle avait l'impression de découvrir le vrai Blaise et elle était encore plus sous le charme. Elle ne savait toujours pas ce qu'elle ressentait exactement – même si elle commençait sérieusement à avoir des doutes – mais une chose était sûre : elle aussi voulait apprendre à connaître Blaise.

- D'accord, on n'a qu'à faire comme ça, approuva-t-elle.

- Super, à demain, alors, dit Blaise en souriant.

Il fit attention que personne ne les voyait et déposa un baiser rapide sur la joue de Ginny qui rougit aussitôt. Blaise s'en alla d'un pas léger, visiblement heureux d'avoir fait la paix avec elle. Et il n'était pas le seul. Ginny se sentait beaucoup mieux alors qu'avant la discussion, elle ignorait qu'elle n'allait pas aussi bien qu'elle ne le pensait. Elle était ravie de pouvoir repartir sur de bonnes bases avec Blaise. Il y avait juste une chose qui la chiffonnait : il l'avait embrassée sur la joue. C'était hyper mignon mais elle avait tellement aimé le baiser passionné qu'elle avait échangé avec lui un mois plus tôt qu'au fond d'elle, elle avait hâte de recommencer. Elle devait se l'avouer : elle n'avait pas envie d'une simple amitié avec Blaise. Elle voulait plus que ça. Mais ils devaient d'abord apprendre à se connaître. Elle le comprenait et l'acceptait. Elle tenait vraiment à Blaise alors elle était prête à attendre le temps qu'il faudrait pour voir les choses évoluer entre eux.

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(mercredi 25/10) POV Harry

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- Qu'est-ce qu'il me gonfle ce devoir !

- T'es pas le seul... Je comprends mieux pourquoi il nous a donné deux semaines et demie pour le faire. On va passer seize jours à réfléchir et vingt-quatre heures à rédiger !

- C'est pour nous préparer aux BUSE, justifia Harry.

- Mais il est au courant que c'est dans huit mois et qu'on a donc largement le temps d'y penser ?!

- Ça arrivera plus vite qu'on ne le pense. Et puis il ne nous prend pas en traître, au moins.

- Ça, c'est sûr. Je sais bien - et j'admets – que c'est un très bon prof et que je l'ai mal jugé il y a deux ans mais ses devoirs, c'est vraiment de l'abus.

- Je suis d'accord, reconnut Harry. Ils sont encore plus durs que ceux du professeur McGonagall.

- Tu ne voudrais pas lui parler pour qu'il revoit à la baisse la difficulté de ses devoirs ?

Harry haussa les sourcils face à la demande de Malfoy.

- Tu es sérieux là ? Tu me demandes de soudoyer le professeur Lupin parce que je suis proche de lui ?

- C'est ce qu'on appelle se servir de ses relations. Chez nous, les Serpentard, c'est très courant de faire ce genre de choses.

- Eh bien pas chez les Gryffondor, répliqua Harry.

- Mais tu es un demi-Serpenatrd, appuya Malfoy. Le Choixpeau a voulu t'y envoyer. Et depuis un mois tu passes plus de temps avec des Serpentard qu'avec tes amis de Gryffondor.

«Touché» pensa Harry. Il ne pouvait pas contredire Malfoy sur ce point. Il trouva néanmoins une parade :

- Certes. Mais tu vois, chez les moldus, t'as les gens qui fument des cigarettes et qui sont donc des fumeurs actifs et t'as les gens de leur entourage qui ne fument pas mais qui subissent la fumée et qui sont donc des fumeurs passifs. Eh bien moi c'est pareil. J'appartiens à la maison de Gryffondor, ce qui fait de moi un Gryffondor actif mais j'ai des Serpentard dans mon entourage, ce qui fait de moi un Serpentard passif.

Malfoy sembla impressionné par cette remarque.

- Jolie comparaison. Mais tu sais, il n'y a pas que chez les moldus qu'il y a des fumeurs. Il y en a aussi chez les sorciers. Sauf qu'ils sont peut-être moins fréquents.

- Pourquoi ? s'étonna Harry.

- Parce que c'est plus difficile de s'en procurer. Enfin, je pense que ça devient quand-même de plus en plus facile. Mais tu ne trouveras pas ça à Poudlard. En revanche, tu trouveras beaucoup plus facilement des potions droguées. Car, pour le coup, c'est plus facile de s'en procurer.

- Oh. Je ne savais pas tout ça. Je ne suis pas encore très au point sur toutes les différences qu'il y a entre le monde sorcier et le monde moldu.

- Comment ça ? demanda Malfoy, perplexe.

- Bah... quand je suis arrivé à Poudlard, je ne connaissais rien sur le monde magique. J'ai grandi comme un né-moldu, en fait. Je ne savais même pas qui j'étais. Enfin si, je savais que j'étais Harry Potter, mais je ne connaissais pas mon histoire. Vous, dans le monde sorcier, vous saviez tous que j'avais réduit à néant le plus grand mage noir de tous les temps à seulement un an mais moi, je n'en avais aucune idée. Je ne savais pas que j'étais célèbre. Je sais, c'est difficile à croire et tu ne me crois sûrement pas alors autant parler d'autre chose. Revenons-en au devoir.

- Mais...

- Tu en es où ?

Malfoy voulait visiblement rebondir sur ce que Harry venait de dire – probablement pour lui dire que cela ne servait à rien de mentir comme ça – mais il en fut empêché par Adrian qui vint les rejoindre à leur table. Il semblait un peu courroucé. Et Harry savait pourquoi. Il avait dit à Adrian qu'il essaierait de se libérer pour dix-neuf heures, il était dix-neuf heures trente et il était toujours avec Malfoy.

- Tu es encore là ? demanda Adrian d'un air irrité.

- Je suis désolé, je sais qu'on devait se voir à dix-neuf heures mais je t'avais dit que je n'étais pas sûr d'être sorti à temps de ma séance de travail...

- Tu peux peut-être la remettre à plus tard, non ? Vous n'aviez pas vraiment l'air d'être en train de travailler...

- Non mais de quoi je me mêle ? s'indigna Malfoy. Tu n'as rien à faire là, d'abord. Cette salle est réservée aux binômes de travail, c'est-à-dire aux élèves de troisième, quatrième et cinquième année. Or, toi, tu es en septième année, tu n'es donc pas concerné. Et tu serais prié de laisser mon binôme tranquille. Nous avons encore du travail à faire.

- Désolé mais ce n'est pas seulement ton binôme, c'est aussi mon petit-ami, répliqua sèchement Adrian. Nous avions rendez-vous alors je suis dans mon droit de venir le chercher.

- Non mais tu t'entends parler ? On croirait que tu parles de ton chien !

- Je n'ai pas de leçon de morale à recevoir de toi, Malfoy ! Ce n'est pas parce que tu es le chouchou du capitaine que tu dois te croire au-dessus de tout le monde !

- Hé, c'est bon, calmez-vous, vous n'allez quand-même pas faire un scandale ici ! intervint Harry en se levant.

Il se tourna vers Malfoy :

- Je crois que ça vaudrait mieux qu'on se voit un autre jour. On a plus de deux semaines pour faire ce devoir, ça nous laisse largement le temps.

- Comme tu veux, dit Malfoy à contrecoeur. Mais la prochaine fois, fais en sorte de ne pas prévoir de retrouver ton mec à une heure précise juste après notre séance de travail.

Malfoy se leva, rangea ses affaires et sortit d'un pas raide de la salle des binômes. Harry soupira et regarda Adrian.

- Tu étais obligé de venir faire ce cirque ici ? Je t'avais pourtant dit que je serais sûrement en retard. Ce n'est pas comme si je t'avais posé un lapin. Je t'avais prévenu.

- Oui mais tu me manquais. Je voulais te voir.

- Ce n'est pas une raison, Adrian. Nos devoirs passent avant nos rendez-vous, je croyais qu'on était d'accord là-dessus. Je ne peux pas écourter une séance de travail juste parce que tu as envie de me voir. Surtout qu'on était sur un devoir compliqué.

- Je dérange, alors ? lâcha Adrian, l'air vexé.

- Mais non, je n'ai pas dit ça, s'agaça Harry. Moi aussi j'avais hâte de te voir, mais tu ne peux pas me reprocher de faire passer mes devoirs avant notre couple. Imagine que je rende un devoir en retard parce que j'aurais préféré être avec toi plutôt que travailler, est-ce que tu me vois vraiment expliquer ça à un professeur ?

Adrian grimaça.

- Non, tu aurais eu des ennuis, c'est sûr. Je suis désolé, j'ai été idiot, je n'aurais pas dû t'arracher comme ça à ton binôme. Tu peux peut-être essayer de le rattraper ? Il est sûrement dans notre salle commune, je peux t'y emmener si tu veux.

- Non, il sera trop énervé pour travailler. Autant profiter toi et moi du temps qu'il nous reste avant le couvre-feu. Je range mes affaires et on y va.

Adrian acquiesça alors que Harry commençait à remettre ses affaires dans son sac. Il était en train d'enrouler le parchemin sur lequel il avait écrit le début de son devoir quand Hermione vint le voir.

- Harry, je peux te parler ?

Harry leva la tête et fut surpris par l'air inquiet de Hermione.

- Euh... oui, bien sûr.

Il se tourna vers Adrian :

- Tu peux m'attendre devant notre salle ? Je te rejoins vite.

Adrian sembla mal à l'aise. Son regard voyagea entre Harry et Hermione. Cette dernière paraissait gênée, elle aussi. Harry sentit qu'il y avait anguille sous roche mais Adrian répondit avant qu'il n'ait le temps de poser la moindre question :

- D'accord, je t'attends là-bas.

Adrian s'en alla, laissant Harry seul avec Hermione.

- Que voulais-tu me dire ? lui demanda Harry.

- Je souhaitais savoir ce qui vient de se passer avec Adrian. Il avait l'air assez agressif. Il a même fait fuir Malfoy, d'après ce que j'ai vu. Tu es sûr de vouloir le suivre ?

- Bien sûr, il ne m'a rien fait, il est juste irrité parce qu'on devait se voir et que j'étais en retard.

- Ça lui donne le droit de faire fuir ton binôme et de mettre fin à ta séance de travail par la même occasion ?

- Il s'est excusé, dit calmement Harry. Il a compris qu'il avait fait une erreur et il s'en veut. Vu que Malfoy ne voudra pas reprendre notre séance même si j'allais le chercher, je préfère passer le reste de la soirée avec Adrian comme c'était prévu.

- Tu crois vraiment que ça va bien se passer avec lui ?

- Mais oui, cesse de t'inquiéter, il s'est calmé, tout va bien, apaisa Harry. Je peux y aller ?

- Oui, vas-y, soupira Hermione. Passez une bonne soirée.

- Merci, travaille bien avec ton binôme.

Harry termina de ranger ses affaires, sortit de la salle des binômes et rejoignit Adrian devant la salle sur demande. Ils y entrèrent et s'installèrent comme à l'accoutumée sur leur canapé.

- Qu'est-ce que te voulait Hermione ? s'enquit Adrian.

- S'assurer que tu n'allais pas me faire de mal, s'amusa Harry. Elle t'a vu faire fuir Malfoy et ça l'a inquiétée. Elle est gentille, je l'adore, mais parfois elle est un peu parano sur les bords.

- Sa réaction est compréhensible, justifia Adrian. En fait, tout ça, c'est de ma faute. J'aurais dû mettre les choses au clair tout de suite avec elle.

Harry se redressa en fronçant les sourcils.

- Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire par-là ?

- Elle ne t'a rien raconté ?

- Non, pas à ma connaissance. Mais de quoi tu parles ?

- Je vais tout t'expliquer. Il y a dix jours, j'ai surpris un dealer en train d'essayer de vendre des potions droguées à un jeune élève. Je suis intervenu avant que la transaction n'ait lieu et j'ai pu faire partir le jeune élève. Il devait être en troisième ou quatrième année, pas plus. Je ne voulais pas que quelqu'un d'aussi jeune tombe dans la drogue. Je sais que ce n'était pas mon rôle, que les préfets et les professeurs sont là pour ça mais j'ai essayé de subtiliser les potions au dealer pour l'empêcher d'essayer de continuer à les vendre. Sauf que Hermione et un de ses homologues sont arrivées à ce moment-là. Comme j'ai eu peur qu'ils croient que je cherchais à me procurer ces potions pour ma consommation personnelle, j'ai pris la fuite mais je sais que Hermione a eu le temps de me reconnaître. Depuis, elle doit croire que je me drogue et je n'ai pas eu le courage de clarifier la situation avec elle. J'aurais dû car ça aurait évité ce qui vient de se passer.

- Oh... Je comprends mieux, maintenant. Mais tu aurais dû m'en parler bien plus tôt.

- Je sais mais je n'en voyais pas l'intérêt vu que Hermione ne semblait pas t'en avoir parlé. Tu aurais sûrement trouvé ça bizarre que je te raconte ça, tu aurais pu croire que je cherchais à prendre les devants au cas où Hermione t'en parlerait... Qui aurais-tu préféré croire entre ton petit-ami et ta meilleure amie, franchement ?

Harry grimaça à son tour. Ça, c'était une bonne question.

- Franchement je n'en sais rien, avoua-t-il. Je n'aurais voulu me brouiller ni avec elle, ni avec toi. Mais je pense que je t'aurais quand-même fait confiance et que j'aurais compris que Hermione avait mal saisi ce qui s'était passé. Ce qui a d'ailleurs été le cas. Je mettrai les choses au point avec elle afin que tout soit clair. Il ne faut pas rester dans cette situation.

- Entièrement d'accord. Je suis désolé d'avoir causé tout ce remue-ménage, si je n'étais pas intervenu auprès de ce dealer, Hermione ne se serait jamais inquiétée et on ne serait pas en train d'en parler à l'heure qu'il est.

- Ce n'est pas grave, tu as sauvé un jeune élève, c'est ça le plus important. Mais vu que c'est réglé, arrêtons d'en parler. J'aimerais bien que tu m'embrasses.

- Il suffit de demander, dit Adrian en souriant.

Il posa ses lèvres sur celles de Harry qui répondit aussitôt au baiser. Il se laissa faire lorsqu'Adrian le coucha sous lui, étant quelque peu habitué depuis la première fois qu'ils avaient partagé un moment intime, à savoir trois semaines plus tôt. Ils avaient eu d'autres moments de ce genre mais Harry ne s'était pas encore aventuré à rendre les caresses d'Adrian qui lui intimait de prendre son temps. Ils s'étaient cependant plusieurs fois donné du plaisir ensemble en se frottant l'un contre l'autre à travers leurs vêtements, ce qu'avait beaucoup apprécié Harry. C'était ce qu'il avait déjà fait avec son deuxième petit-ami, il était donc plutôt à l'aise avec ça. Actuellement, Adrian ne faisait que l'embrasser mais Harry sentait bien qu'il n'allait pas en rester là. Et cela tombait bien car il avait envie de plus également. Il eut la preuve des projets qu'avait son petit-ami lorsque le baiser s'intensifia et qu'Adrian le débarrassa de sa robe de sorcier. Il frissonna quand les mains de son petit-ami passèrent sous sa chemise et il lui prit l'envie de faire la même chose. Il n'avait encore rien voulu enlever devant Adrian et il ne se sentait pas encore prêt à le faire, que ce soit le haut ou le bas. Adrian le respectait et ne cherchait jamais à le forcer. Ce dernier quitta les lèvres de Harry qui râla mais il gémit en sentant celles de son Serpentard se poser dans son cou. C'était quelque chose qu'il affectionnait tout particulièrement et qui le mettait dans tous ses états à chaque fois. Il ne comptait plus le nombre de suçons qu'Adrian lui avait faits. Il continua à caresser le dos d'Adrian pendant que celui-ci mordillait son cou et faisait voyager ses mains sur les hanches et le torse de Harry. L'une d'entre elles commença lentement à descendre sans que Harry ne cherche à l'arrêter. Il savait où elle allait se poser et il n'allait pas l'en empêcher puisqu'il en avait très envie. Elle atteignit le bord de son pantalon, se glissa dessous et alla effleurer le sous-vêtement de Harry déjà déformé par son érection. Harry se cambra, cette simple caresse ayant envoyé une onde de plaisir dans tout son corps, du sommet de son crâne à ses orteils. Adrian réitéra son geste en appuyant plus franchement, arrachant un gémissement à Harry. Il frissonna de nouveau quand il sentit le souffle d'Adrian près de son oreille.

- Veux-tu faire la même chose ?

Harry mit quelques secondes à comprendre le sens de la question d'Adrian. Il fut un peu surpris car jusque-là, Adrian avait préféré ne pas lui proposer de lui rendre la pareille, souhaitant vraiment que Harry prenne son temps. Il ne savait pas s'il était prêt à franchir cette étape mais il en avait envie. Il était bien conscient qu'il y avait une différence entre «se sentir prêt» et «en avoir envie» et c'était bien pour cela qu'il ne voulait pas se précipiter. Comme il ne savait vraiment pas s'il était prêt ou non, Harry décida que le seul moyen de le savoir, c'était d'essayer.

- Je veux bien mais... tu... tu peux me guider, s'il te plaît ? Je n'oserai pas le faire moi-même...

- Ça viendra avec le temps, assura Adrian en souriant.

Il prit la main de Harry et la dirigea vers son propre pantalon. Harry rougit en sentant la bosse dure qui le déformait mais cela ne lui fit pas peur pour autant. Il ne broncha pas non plus lorsque ses doigts entrèrent dans le pantalon et touchèrent le caleçon d'Adrian. Il se sentait en confiance et il avait vraiment envie de rendre à Adrian le plaisir que ce dernier lui donnait lorsqu'il le caressait de cette manière.

- Je peux continuer seul, affirma-t-il.

- D'accord, je vais me concentrer sur toi alors, murmura Adrian.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Adrian faufila sa main dans le sous-vêtement de Harry tout en posant ses lèvres sur celles du Gryffondor. Ne voulant pas être en reste, Harry fit de même, surprenant Adrian qui sembla cependant apprécier cette initiative inattendue. Harry fut un peu intimidé en posant ses doigts sur le membre dur d'Adrian, n'ayant jamais touché aucun autre sexe que le sien. Mais il se dit que c'était pas différent que lorsqu'il se donnait du plaisir à lui-même. Il commença donc à faire aller et venir sa main autour de la virilité tendue d'Adrian qui fit les mêmes gestes sur son sexe, lui soutirant de nombreux gémissements. Il avait chaud et il savait que la température ne redescendrait pas tant qu'il n'aurait pas atteint la jouissance. Il se concentra autant sur les mouvements de sa main que sur ceux des doigts d'Adrian sur son propre sexe et il sentit le plaisir grimper à une vitesse phénoménale. Cela n'avait rien à voir avec les fois précédentes. C'était mille fois mieux de donner du plaisir à son petit-ami tout en laissant ce dernier lui en donner aussi. C'était un vrai moment de partage. D'autant plus qu'Adrian l'embrassait plus fougueusement que jamais, ce qui accentuait nettement son plaisir. Il accéléra ses mouvements en même temps qu'Adrian et se sentit bientôt sur le point d'exploser. Il n'avait jamais ressenti autant de plaisir et ce fut dans un cri qu'il ne put retenir qu'il se libéra entre les doigts d'Adrian qui le suivit quelques secondes plus tard. Il sépara leurs lèvres, laissant Harry reprendre son souffle et se remettre de son orgasme. Il lui fallut plusieurs minutes pour revenir complètement à lui. Il tourna la tête et tomba sur le regard enamouré d'Adrian. Il sentit son coeur fondre d'amour face à cette vision. Bon sang qu'il aimait Adrian... Il repensa à Hermione qui pensait que son petit-ami allait lui faire du mal. Elle était si loin du compte, la pauvre... Adrian lui faisait au contraire énormément de bien. Il était doux, patient, attentionné, amoureux, généreux...

- À quoi tu penses ?

La voix d'Adrian sortit soudain Harry de sa rêverie. Il regarda son petit-ami et lui sourit.

- À toi et à toutes tes qualités.

Adrian lui rendit son sourire, visiblement touché.

- Je t'aime, Harry.

Il l'embrassa comme pour prouver ses paroles puis il lança un sort afin de les nettoyer tous les deux. Il s'allongea ensuite à côté de Harry et l'attira contre lui. Harry soupira de bien-être et se pelotonna contre son petit-ami qui se mit à lui caresser les cheveux. Le sommeil commença vite à gagner Harry, ce qui ne l'étonna guère. Cela faisait une dizaine de jours qu'il dormait mal la nuit, ses potions de sommeil sans rêves ne semblant plus faire vraiment effet. Elles le faisaient dormir, oui, mais il avait l'impression qu'il ne se reposait pas suffisamment. Deux jours plus tôt, il était complètement passé à côté de son entraînement de Quidditch tellement il était fatigué. Ginny avait même attrapé le vif d'or, ce qui n'était jamais arrivé depuis le début de l'année. Harry devait vraiment trouver ce qui n'allait pas avec ses potions. Il avait d'abord pensé qu'il avait oublié de les mettre sous le sort de fraîcheur et de conservation, sachant que c'était indispensable pour que la potion ne tourne pas, mais ce n'était pas le cas. Elles étaient fraîches et bien conservées. Après réflexion, il aurait dû se douter que ce n'était pas ça, sinon il aurait été bien plus mal que ça. Une potion de sommeil sans rêves qui avait tourné rendait malade la personne qui la consommait. Cela pouvait aller assez loin : fortes douleurs abdominales, nausées, vertiges, malaises... Harry ne s'était pas du tout senti comme ça. Il était juste fatigué. Il devait avoir oublié un ingrédient. Il ferait davantage attention la prochaine fois qu'il referait son stock. Il lui restait encore des potions et il ne voulait pas les jeter. De plus, c'était difficile de trouver du temps pour préparer ces potions et verser tout un chaudron dans une vingtaine de fioles. Bref, il préférait attendre qu'il ne lui en reste presque plus pour en refaire.

Perdu dans ses pensées, il ne s'était pas rendu compte que la main qui dorlotait ses cheveux avait arrêté ses caresses. Harry tourna la tête et sourit en voyant qu'Adrian s'était endormi. C'était la première fois qu'il le voyait dormir et il trouva ça trop mignon. Sa raison lui dicta de le réveiller afin qu'ils regagnent tous deux leurs dortoirs avant le couvre-feu mais il n'avait absolument pas envie de quitter Adrian. De toute façon, personne n'allait vérifier s'ils étaient bien dans leurs dortoirs. Ils pouvaient donc se permettre de passer la nuit dans la salle sur demande. Harry n'avait encore jamais dormi avec un de ses petits-amis mais il savait que là, ce serait en tout bien tout honneur. Cela ne le gênait donc pas du tout. Il voulait au contraire dormir tout contre Adrian. Et ce fut ce qu'il fit. Fatigué, il ferma les yeux et ne tarda pas à rejoindre son petit-ami dans le pays des songes.

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(jeudi 26/10) POV Théo

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- Théo, tu ferais mieux de manger un peu.

- Je n'ai pas faim.

- Je me doute mais il faut que tu te forces. L'après-midi va être intense émotionnellement parlant, tu risques de ne pas tenir le coup si tu as le ventre vide. Ce serait quand-même bête que tu fasses un malaise en pleine audience. Elle sera sûrement reportée et je pense que tu préfères plutôt que cette affaire soit réglée aujourd'hui. Alors mange au moins tes pommes de terre.

Théo soupira et consentit à manger ce qu'il y avait dans son assiette. Il n'avait vraiment pas d'appétit mais il se força.

- Si je vomis dans le réseau des cheminées, ce sera de ta faute, bougonna-t-il à l'adresse de Draco.

C'était par ce moyen qu'il devait se rendre au Ministère. Il n'avait pas du tout envie d'aller à cette audience mais il n'avait pas le choix. Il avait surtout peur de se retrouver face à ses agresseurs, même s'il savait qu'ils ne pourraient rien lui faire. Mais il était bien conscient que les deux Serdaigle devaient être jugés pour ce qu'ils avaient fait. Ils devaient être reconnus coupables de leurs actes. Et puis il y avait une pensée qui le motivait. Si Parker et Milligan avouaient l'avoir agressé, la petite-amie de Justin allait sûrement l'apprendre, elle irait peut-être s'excuser auprès de Justin et avec un peu de chance, ils se remettraient ensemble et Justin serait de nouveau heureux... Théo ne supportait vraiment pas de voir son binôme triste. Il voulait que Justin retrouve son sourire. Rien que pour ça, cette audience devait avoir lieu.

Lorsqu'il eut mangé sa dernière pomme de terre, Théo se leva de table.

- J'y vais, déclara-t-il à Draco, Blaise et Pansy.

- Mais tu dois rejoindre Severus à treize heures trente et il n'est même pas une heure moins le quart, s'étonna Draco.

- Je sais mais je préfère être en avance plutôt qu'en retard. Et puis il vaut mieux qu'on arrive assez tôt au Ministère. Profitez bien de votre après-midi banalisé.

Théo ne laissa pas le temps à ses amis de répondre et sortit de la Grande Salle. Il allait prendre la direction des cachots lorsqu'il entendit quelqu'un l'appeler. Il se retourna et sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine en voyant que c'était Justin.

- Tu t'en vas déjà ? L'audience n'est pas censée être à quatorze heures ?

Théo ne put s'empêcher de sourire.

- Encore une information que tu as bien retenue, fit-il remarquer.

Justin rougit.

- Il faut croire que travailler avec toi a amélioré ma mémoire, suggéra-t-il. Tu n'es pas trop stressé ?

- Si, avoua Théo.

- Qu'est-ce qui t'angoisse ?

- Je ne sais pas, c'est un mélange de tout. Mais je crois que ce qui me fait le plus peur, c'est qu'ils n'avouent pas. Et qu'ils ne soient donc pas punis. L'audience n'aurait servi à rien et je pense que j'aurais du mal à le supporter.

- Il y a des preuves qui sont contre eux, ils ne pourront pas les nier.

- Mais ils pourront toujours trouver une excuse pour justifier leur retard à ce fameux cours...

- Peut-être mais je ne pense pas qu'il y ait d'autres Serdaigle de leur année ou de sixième année qui soient arrivés en retard à leur cours le même jour à la même heure. Sous la pression ils peuvent vite avouer, tu sais.

- Je l'espère, murmura Théo.

- Ça va bien se passer, assura Justin.

Théo leva la tête et fut troublé par la façon dont Justin le fixait. Son regard était à la fois doux, intense et pénétrant. Cela le mettait mal à l'aise mais il ne pouvait détacher son regard de celui de son binôme. Au prix d'un effort surhumain, il parvint à détourner les yeux, brisant ainsi le contact visuel.

- Je... je vais y aller, bafouilla-t-il.

Il voulut partir mais Justin lui attrapa le poignet.

- Attends...

Théo se retourna et leva difficilement les yeux vers Justin.

- Laisse-moi au moins de souhaiter bon courage.

- Merci, s'entendit dire Théo.

Justin et lui se regardèrent pendant de longues secondes avant que le Poufsouffle ne se décide à lâcher le poignet de Théo.

- À demain, souffla Justin.

Il s'en alla, laissant un Théo perdu et chamboulé. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Pourquoi avait-il été autant troublé par le regard de Justin ? Pourquoi sentait-il encore ses doigts autour de son poignet ? Pourquoi se posait-il ces questions en ce moment-même ? Quelque chose ne tournait pas rond chez lui. Et ce n'était pas du tout le bon moment pour s'encombrer l'esprit avec toutes ces questions. Agacé contre lui-même, il reprit son chemin et se rendit au bureau de son directeur de maison. Il frappa et entra avec l'autorisation de son professeur.

- Je ne m'attendais pas à vous voir si tôt, déclara celui-ci. Avez-vous au moins pris le temps de manger ?

- Oui, mes amis m'y ont forcé.

- C'est bien.

Théo n'était pas vraiment d'accord avec le fait que ce soit «bien» mais il garda cette pensée pour lui. Ce n'était pas non plus le moment de parlementer avec son professeur de potions.

- Vous avez l'air tendu, remarqua celui-ci.

- Non, ça va, prétendit Théo.

Il ne comprenait pas pourquoi il mentait au professeur Snape alors qu'il avait dit la vérité à Justin quelques minutes plus tôt. Peut-être parce qu'il préférait se faire rassurer par son binôme plutôt que par son directeur de maison ? Il se fustigea aussitôt d'avoir eu cette pensée. Il fallait vraiment qu'il se calme. Son binôme n'était pas là pour le réconforter !

- C'est normal que vous soyez stressé, insista le professeur Snape. Mais je ne pense pas me tromper en disant qu'il y a autre chose. Si vous avez des soucis autres que ce qui concerne cette audience, il faut que vous en parliez tout de suite afin que vous ayez l'esprit clair lors de l'audience.

- Non, c'est bon, merci mais ça va aller, dit précipitamment Théo.

Le professeur Snape le regarda longuement mais n'insista pas, au plus grand soulagement de Théo.

- Bien, comme vous voulez. Mais si vous avez encore des remords concernant votre binôme et ses déboires sentimentaux causés indirectement par vos accusations, vous feriez mieux de les oublier sur-le-champ.

- Ça n'a rien à voir avec mon binôme, répliqua Théo. Je ne vois même pas ce qu'il vient faire là-dedans. Ce n'est pas forcément toujours de sa faute si je suis troublé ! Ma vie ne tourne pas autour de lui !

Tout en disant ces mots, il avait l'impression que c'était la mauvaise foi en personne qui parlait à sa place tellement il mentait. Il se rendit compte qu'il avait été un peu trop virulent et s'en excusa aussitôt :

- Pardon, je... je crois que je suis un peu trop stressé, tout compte fait, murmura-t-il.

- Cela vous ferait du bien d'en parler. Vous ne pouvez pas arriver à l'audience dans un état de nerfs pareil. Vous devez rester maître de vos émotions. Cela ne vous ressemble pas de vous emporter ainsi. Si vous vous énervez comme ça, c'est qu'il doit vraiment y avoir quelque chose qui vous torture l'esprit.

- Peut-être mais il n'y a rien que vous puissiez arranger, répondit Théo. Et je ne peux vraiment pas en parler, c'est trop personnel.

- Je comprends. J'espère juste qu'il n'y a pas encore des problèmes entre M. Finch-Fletchley et vous. Si c'est ça que vous considérez comme étant «trop personnel», sachez que vous devez m'en parler. Tout élève qui rencontre de sérieux problèmes avec son binôme doit en référer à son directeur de maison. Je vous dis cela car vous avez réagi au quart de tour lorsque j'ai évoqué votre binôme.

Théo était terriblement mal à l'aise. Comment le professeur Snape pouvait-il être si loin et en même temps si proche de la vérité ? Oui, il avait des «problèmes» avec Justin mais ce n'était pas du tout le genre de problèmes auxquels son directeur de maison pensait. Les mots sortirent malgré lui :

- Non, c'est encore plus personnel que ça.

Il avait prononcé ces mots si bas qu'il se demanda si le professeur Snape les avait entendus. En levant la tête et en voyant l'air surpris de son professeur, il devina qu'il avait non seulement entendu mais qu'il avait aussi compris ce que voulaient dire vraiment ces mots. À savoir qu'il éprouvait des sentiments inconvenants envers Justin et que c'était précisément ça le problème.

- Je vois. Peut-être devriez-vous en parler à vos amis ?

- Je ne peux pas leur parler de quelque chose alors que je ne sais pas ce que c'est, objecta Théo, désespéré. Je sais juste que je ressens quelque chose mais... je ne sais pas quoi exactement, ajouta-t-il, rouge et gêné.

- Dans ce cas, ils pourront sûrement vous aider à y voir plus clair. Parler de ce qu'on ne comprend pas permet souvent d'éclaircir la situation. Vous avez la chance d'avoir des amis qui tiennent à vous et qui seront toujours là pour vous aider, alors profitez-en.

Théo acquiesça. C'était bête mais il n'avait pas du tout pensé à en parler avec ses amis.

- En attendant, vous feriez mieux d'oublier tout ça. Cet après-midi, tout ce qui compte, c'est l'audience. Vous aurez tout le temps de penser au reste plus tard.

Théo hocha de nouveau la tête.

- Avez-vous des questions concernant l'audience ?

- Je ne sais pas, dès que j'y pense tout est brouillon dans ma tête. Est-ce que je vais devoir répéter ce qui s'est passé ou est-ce que quelqu'un exposera les faits que je devrai confirmer ou non ?

- Vous allez devoir confirmer ou non les faits qui seront présentés par la personne qui présidera l'audience. Vous devrez ensuite dire si vos agresseurs sont bien M. Milligan et M. Parker. Vous allez peut-être devoir répondre à quelques questions mais personne ne cherchera à mettre votre parole en cause, si c'est ce qui vous inquiète. Celui qui devra davantage s'expliquer, c'est M. Potter.

Théo leva brusquement la tête.

- Parce qu'il sera là ?

- Oui, mais cela n'a été décidé qu'hier, c'est pour cela qu'il ne vous l'a certainement pas dit. Il y avait une hésitation quant au fait s'il devait être présent ou non. Il n'a pas été un témoin direct de votre agression, il n'a pas donc pas vu qui étaient vos agresseurs. Ou alors si mais très furtivement. Il vous a juste découvert une fois l'agression passée. En revanche, au lieu de rester à sa place comme il aurait dû le faire, il a estimé que c'était à lui de mener l'enquête pour découvrir l'identité de vos agresseurs. Il devra s'expliquer à ce sujet. Je pense que la présidente du conseil en profitera quand-même pour avoir sa version des faits en lui demandant d'expliquer ce qu'il a constaté lorsqu'il vous a découvert.

Théo fut irrité par ce que venait de dire le professeur Snape. Il comprenait la raison pour laquelle Harry devait être présent, il trouvait même cela logique. Mais il estimait que Harry avait été assez impliqué comme ça dans cette histoire pour qu'il doive en plus assister à l'audience. Mais il ne dit rien, sachant que cela ne changerait de toute façon pas les choses. Et puis il devait avouer que cela le rassurait que Harry soit là. Il se sentirait moins seul.

- Nous pouvons y aller maintenant, si vous voulez. À moins que vous ne craigniez d'être encore plus stressé là-bas qu'ici ?

- Je pense que ce sera pareil. Alors autant y aller.

- Bien, vous allez prendre en premier la Poudre de Cheminette. Vous vous souvenez de l'adresse ?

- Oui, c'est bon.

Théo se dirigea vers la cheminée, prit de la Poudre de Cheminette, prononça l'adresse du Ministère et jeta la poudre dans l'âtre. Il vit un bon nombre de cheminées défiler avant d'arriver à destination. Le professeur Snape le rejoignit quelques minutes plus tard.

- Les autres professeurs ne devraient pas tarder à arriver ou alors ils sont déjà là.

- Qui y aura-t-il ?

- Les quatre directeurs de maisons. Mais étant donné que les deux accusés sont des Serdaigle, que le témoin est un Gryffondor et que la victime est un Serpentard, le professeur Flitwick, le professeur Lupin et moi-même ne pourrons pas nous exprimer. Nous serons remplacés par d'autres professeurs afin d'éviter tout favoritisme. Il y aura également le directeur et la sous-directrice de Poudlard.

- Je vois. Et qui seront ces remplaçants ?

- Le professeur Vector remplacera le professeur Lupin, le professeur Babbling remplacera le professeur Flitwick et le professeur Sinistra me remplacera.

- Ces trois professeurs sont tous allés dans la même maison que le professeur qu'ils représenteront ?

- Exactement.

- C'est étrange, je ne voyais pas du tout le professeur Sinistra à Serpentard. Je l'imaginais plutôt à... Je ne sais même pas où je l'imaginais, en fait.

- Le Choixpeau a sûrement fait le meilleur choix, dit le professeur Snape, la voix tendue.

Théo comprit qu'il valait mieux changer de sujet. Son directeur de maison n'était visiblement pas en de très bons termes avec sa collègue d'astronomie. Bien qu'il fût encore tôt, ils décidèrent de se rendre près de la salle où aurait lieu l'audience. Comme Théo s'y attendait, ils trouvèrent la plupart des professeurs ainsi que ses deux agresseurs présumés. Il y avait aussi Harry. Théo croisa le regard de ce dernier et tous deux se sourirent. Théo eut très envie d'aller le voir, ce que comprit vite le professeur Snape qui leva les yeux au ciel.

- Allez retrouver votre ami, cela vous aidera sûrement à vous détendre. S'il peut servir à quelque chose, pour une fois...

- Merci, professeur.

Il n'en fallut pas plus à Théo pour rejoindre Harry.

- Désolé de ne pas t'avoir dit que je serai là, dit aussitôt celui-ci. Je ne l'ai su qu'hier et...

- Je sais, le professeur Snape me l'a dit. On n'a pas eu le temps de se parler, c'est normal que tu n'aies pas pu me prévenir. C'est plutôt moi qui devrait être désolé. À cause de moi tu te retrouves à devoir assister à cette audience alors que tu as bien d'autres choses à faire...

- Arrête de dire que c'est de ta faute, ordonna fermement Harry. C'est toi peut-être qui a demandé à ces deux abrutis de t'agresser ? Tu les as payés pour ça ?

- Bien sûr que non, murmura Théo.

- Alors ce – n'est – pas – de – ta – faute, asséna Harry en détachant chaque mot. Combien de fois va-t-il falloir te dire que tu es une victime, dans cette histoire ? Moi je ne viens pas pour témoigner que quelqu'un a voulu se faire agresser. Je viens pour témoigner que quelqu'un s'est fait agresser alors qu'il voulait juste se rendre aux toilettes. Après si tu m'as menti et que tu as voulu cette agression et que tu es donc entièrement responsable, dis-le-moi tout de suite et je retourne illico à Poudlard.

- Tu ne ferais pas ça ?! s'indigna Théo.

- À ton avis ? rétorqua Harry. Dis-moi ce que je veux entendre et je reste.

Théo fut soufflé par ce chantage purement Serpentardesque. Il fut bien obligé d'y céder :

- Je n'ai pas voulu cette agression et je ne suis pas responsable, dit Théo en soupirant.

- Bien, nous sommes d'accord. C'était quand-même important de clarifier les choses à vingt minutes du début de l'audience. J'espère juste que tu crois vraiment à ce que tu viens de dire et que tu n'as pas dit ça uniquement pour que je reste.

- Non, j'y crois vraiment, assura Théo. Je ne sais pas comment tu fais mais tu as une manière bien à toi de me convaincre et ça marche.

- Eh bien tant mieux.

Il y eut un silence de quelques secondes avant que Théo ne se tourne vers Harry :

- Juste une question... Tu serais vraiment parti ?

Harry sembla retenir tant bien que mal un sourire.

- Je suis obligé d'assister à l'audience maintenant que je suis là.

- Alors tu as bluffé ! s'exclama Théo, outré. Draco a raison, en fait. Tu es vraiment en train de te Serpentardiser !

Harry se mit à rire. Théo se rendit compte qu'il était incapable de lui en vouloir. Parce que c'était Harry, tout simplement. Et parce qu'il savait que Harry avait fait ça pour son bien. Ils changèrent de sujet et continuèrent à discuter jusqu'à ce qu'on leur permette d'entrer dans la salle. Ils s'installèrent à la place qui leur fut désignée et ils furent soulagés de se trouver l'un à côté de l'autre. «C'est logique, en même temps» pensa Théo. Lorsque tout le monde fut assis, Mrs Bones, la présidente du conseil, prit la parole :

- Bonjour à tous. Il est quatorze heures, le conseil disciplinaire du jeudi 26 octobre 1995 peut commencer. Cette audience sera présidée par moi-même et je serai secondée dans cette tâche par Mrs Clay, la sous-directrice du Service de la Justice Magique. Étant donné qu'il s'agit d'une affaire concernant quatre élèves de Poudlard, à savoir M. Milligan, M. Parker, M. Nott et M. Potter, la présence du directeur et la sous-directrice de Poudlard ont tout naturellement été requises. Sont également présents le professeur Snape, directeur de la maison de Serpentard, le professeur Lupin, directeur de la maison de Gryffondor, le professeur Flitwick, directeur de la maison de Serdaigle et le professeur Chourave, directrice de la maison de Poufsouffle. Étant donné que M. Milligan et M. Parker sont issus de Serdaigle, M. Nott de Serpentard et M. Potter de Gryffondor et afin d'éviter tout favoritisme dans les prises de parole, trois professeurs ont été nommés pour remplacer les trois directeurs de maison concernés. Ainsi, le professeur Sinistra remplacera le professeur Snape, le professeur Vector remplacera le professeur Lupin et le professeur Babbling remplacera le professeur Flitwick. Chaque maison sera représentée par un parent d'élève. Mrs Roberts représentera Serdaigle, M. Summers représentera Poufsouffle, Mrs Johnson représentera Gryffondor et M. Harper représentera Serpentard. Passons maintenant aux faits. Selon le rapport qui nous est parvenu, M. Théodore Nott accuse M. Dick Milligan et M. Josh Parker de l'avoir agressé le lundi deux octobre dernier dans les toilettes du premier étage de Poudlard à cause de son orientation sexuelle. M. Nott, confirmez-vous cette déclaration ?

- Oui, répondit Théo d'une voix assurée.

- Confirmez-vous également que vos agresseurs sont bien ces deux élèves ?

- Oui, répéta Théo.

- D'après vos déclarations, un de ces deux élèves vous maintenait la tête dans la cuvette des toilettes tandis que l'autre faisait augmenter le volume d'eau avec un Aguamenti. Est-ce exact ?

- Oui.

- Sur le moment, vous ne saviez pas qui étaient ces deux élèves. Vous n'avez donc pas pu préciser qui faisait quoi. Aujourd'hui, pouvez-vous vous apporter cette précision ?

Théo regarda attentivement les deux Serdaigle.

- Josh Parker me maintenait la tête tandis que Dick Milligan usait de l'Aguamenti.

- Merci pour cette précision. M. Milligan, M. Parker, reconnaissez-vous les faits ?

- Oui, dirent les deux Serdaigle d'une même voix.

Théo tourna la tête vers eux, surpris. Il s'était attendu à ce qu'ils nient, étant donné qu'aucune vraie preuve ne les accablait. Cependant, lorsqu'il croisa leurs regards, il comprit immédiatement qu'ils ne regrettaient en rien leurs gestes.

- M. Potter, est-ce bien vous qui avez découvert l'identité des deux agresseurs de votre camarade ?

- Oui.

- Bien. Messieurs, mesdames, souhaitez-vous poser des questions à ces quatre élèves ? Oui, Mrs Roberts ?

- J'ai une question à poser à M. Potter. Comment vous y êtes-vous pris pour découvrir l'identité des trois agresseurs de M. Nott alors que lui-même ne les a pas reconnus ?

Théo vit Harry se lever sans montrer la moindre appréhension.

- Théo était légèrement en retard à son cours de runes puisqu'il avait dû se rendre aux toilettes. Il devait être quatorze heures dix lorsque j'ai vu ces deux élèves sortir précipitamment des toilettes. J'en ai déduit qu'ils étaient eux aussi en retard à leur cours. Théo ne les connaissait pas et a juste pu me dire que c'étaient deux élèves de Serdaigle qui étaient plus grands et probablement plus âgés que lui. J'en ai donc conclu qu'il s'agissait très certainement de deux Serdaigle de sixième ou de septième année. De là, j'ai décidé de demander à plusieurs élèves de septième année si, le lundi deux octobre, ils avaient vu deux Serdaigle arriver en retard à leur cours de quatorze heures. Fred et George Weasley m'ont indiqué qu'en effet, Dick Milligan et Josh Parker étaient arrivés en retard à ce cours. Je sais très bien que cela ne constitue pas une preuve fiable, mais j'estime que ce sont des coïncidences troublantes. J'ai donc donné l'information à Théo qui, après plusieurs jours de réflexion, a décidé de dénoncer ces deux élèves.

- Merci, M. Potter. Je crois qu'il n'y a pas plus clair et précis comme réponse.

Théo était tout à fait d'accord.

- Quelqu'un a-t-il une autre question ? Oui, M. Harper ?

- J'ai une question pour M. Nott. Pourquoi affirmez-vous que ces deux élèves vous ont agressé à cause de votre orientation sexuelle ? Vous l'ont-ils explicitement dit ?

Théo se leva avec la sensation d'avoir les pieds et les mains moites. Il n'était pas du tout aussi à l'aise que Harry. Ce fut pourtant d'une voix claire qu'il s'exprima :

- Ils me l'ont fait comprendre à travers les insultes qu'ils ont proférées à mon encontre avant de me plonger la tête dans la cuvette.

- Quelles étaient ces insultes ?

Théo fut encore plus mal à l'aise et se sentit affreusement gêné. Les doigts que Harry entremêla aux siens lui donnèrent pourtant le courage et la force de répéter les insultes que lui avaient dites Parker et Milligan. Une fois lancé, il décida de tout dire :

- Ils m'ont également dit que je ne méritais pas d'exister, que je n'étais qu'une erreur de la nature, que la place des gens comme moi était dans la benne à ordures et qu'on devrait me brûler vif pour oser préférer les garçons au lieu des filles.

Bon, les deux Serdaigle avaient dit les choses bien plus vulgairement mais c'était l'idée. Vu l'air choqué des professeurs et des parents d'élèves, il avait sûrement bien fait de rester poli.

- M. Parker, M. Milligan, confirmez-vous les dires de M. Nott ? demanda Mrs Bones aux deux Serdaigle.

- Oui, répondirent une fois encore les agresseurs sans aucune hésitation.

Mrs Bones pinça les lèvres.

- Y a-t-il d'autres questions ? Non ? Bien. M. Parker, M. Milligan, vous reconnaissez donc tous les faits qui vous sont reprochés. Mais savez-vous qu'il est interdit de s'en prendre à quelqu'un à cause de son orientation sexuelle ? Que cela ne regarde personne d'autre à part lui-même ? Qu'en aucun cas vous n'avez le droit de vous en mêler ?

- Nous voulions juste faire comprendre à Nott que sa place n'était pas à Poudlard, répliqua Parker.

- Devons-nous comprendre par-là que vous ne regrettez pas vos actes ?

- Non, dirent en choeur Milligan et Parker.

- Et on aurait continué à le noyer avec l'Aguamenti si on n'avait pas cru entendre du bruit près des toilettes, ajouta amèrement Milligan.

Théo écarquilla les yeux, choqué. Jusque-là, il croyait que les deux Serdaigle l'avaient lâché parce qu'ils l'avaient entendu suffoquer. Il avait bêtement cru qu'ils ne comptaient pas réellement le noyer. Il avait été bien naïf. Il réalisa alors pleinement qu'ils l'auraient tué sans le moindre scrupule si leur imagination ne leur avait pas joué un tour. Cette pensée le traumatisa.

- Êtes-vous conscient que vous venez d'aggraver votre cas ? lâcha Mrs Bones.

Apparemment, Milligan dut se rendre compte de ce qu'il encourrait en ayant dit ça car il se rétracta :

- Je ne le pensais pas, prétendit-il. J'ai parlé sans réfléchir. Nous ne souhaitions pas le tuer, juste lui faire comprendre que sa place était ailleurs qu'à Poudlard.

- Dans ce cas je suis désolée de vous l'apprendre mais ce sont vous qui devrez certainement vous passer de Poudlard pendant un certain temps. Si personne n'a rien d'autre à ajouter, nous allons délibérer.

Personne ne se manifesta. Harry, Théo, Milligan, Parker, le professeur Snape, le professeur Lupin et le professeur Flitwick durent donc quitter la salle. Théo était légèrement soulagé car d'après ce que venait de dire Mrs Bones, les deux Serdaigle allaient temporairement être exclus de Poudlard. Rien n'effacerait ce qui avait été fait mais ce serait déjà une juste sanction. Pendant tout le temps que prit la délibération, Théo resta avec Harry. Ils ne parlèrent pas beaucoup, se contentant d'attendre en silence. La simple présence de l'un suffisait à l'autre. Théo avait cessé de se demander comment il avait pu devenir aussi proche de Harry en si peu de temps. Il regrettait juste de ne pas avoir abordé plus tôt le Gryffondor. Ils se ressemblaient énormément et se complétaient avec leurs différences et c'était sûrement cela qui les avait rapprochés. Près d'une heure plus tard, ils furent de nouveau autorisés à entrer dans la salle. Ils se rassirent à leur place et attendirent nerveusement que tout le monde en fasse autant.

- Voici ce que le Conseil a décidé, déclara Mrs Bones. M. Parker, M. Milligan, vous êtes exclus de Poudlard pour une durée de cinq semaines, vous devrez vous acquitter d'une somme de deux cent gallions chacun pour préjudice moral et lorsque vous reviendrez à Poudlard, vous serez surveillés et sous liberté conditionnelle. Ce qui signifie qu'à la moindre incartade, vous serez définitivement exclu de Poudlard et vous devrez répondre de vos actes devant le Magenmagot. Vous n'aurez également pas le droit de vous approcher de M. Nott et vous n'aurez pas non plus le droit de vous promener dans les couloirs en-dehors des cours jusqu'à la fin de votre scolarité. Tout ceci dans le but d'éviter que vous vous en preniez de nouveau à votre camarade. Sur ce, je déclare le Conseil clos.

Tout le monde se leva, y compris Théo et Harry qui furent les premiers à se diriger vers la porte de la salle. Ils allaient en sortir lorsque le professeur Snape appela Théo.

- M. Nott, veuillez rester ici, s'il vous plaît. Je dois vous parler.

Théo adressa un sourire d'excuse à Harry.

- On se retrouve à Poudlard ?

Harry acquiesça, lui souhaita bon courage et s'en alla. Théo rejoignit son directeur de maison qui se trouvait avec la présidente du Conseil.

- Mrs Bones avait un peu de temps libre et elle est d'accord pour répondre à toutes les questions que vous vous posez peut-être à propos du rendez-vous que vous aurez samedi avec elle. Donc si vous en avez, profitez-en.

- Je... c'est gentil mais là, tout de suite, je n'ai aucune question qui me vient en tête. J'en ai plein, pourtant, mais...

- J'aurais dû vous demander de les écrire sur un bout de parchemin. Vous n'avez vraiment aucune question ?

- Non, je suis un peu trop pris au dépourvu.

- En même temps, votre professeur a l'art et la manière de présenter les choses, ironisa Mrs Bones. Il y a heureusement des choses qui ne changeront jamais. C'est normal que vous soyez stressé, M. Nott, mais notre rendez-vous va bien se passer, ne vous en faites pas. Vous aurez juste à me décrire les faits de la façon la plus précise possible. Je serai là pour noter ce que vous me direz, pas pour vous juger ou quoi que ce soit d'autre. Lorsque vous aurez terminé, je vous expliquerai ce qui se passera par la suite et vous pourrez me poser des questions si vous en avez. Est-ce que tout cela est clair ?

- Oui, répondit sincèrement Théo.

- Bien, vous pouvez y aller. M. Snape, puis-je vous parler deux minutes ?

- Navré mais je dois retourner à Poudlard. Et je ne tiens pas à laisser M. Nott seul ne serait-ce que deux petites minutes. Depuis le début de l'année, il a une facilité déconcertante à s'attirer les ennuis sans pour autant les chercher alors j'aimerais le ramener en un seul morceau à Poudlard.

- Bien. Vu que vous accompagnerez M. Nott à son rendez-vous, j'espère que vous aurez davantage de temps à me consacrer.

- Vous pouvez toujours espérer, en effet. Au revoir, Mrs Bones.

Théo salua lui aussi la directrice du service de la Justice Magique avant de sortir de la salle derrière le professeur Snape. Il prit de nouveau la Poudre de Cheminette et atterrit dans le bureau de son directeur de maison. Ce dernier apparut quelques minutes plus tard.

- Avant que vous ne partiez, je tiens à vous féliciter, dit-il en s'époussetant. Vous avez été parfait lors de l'audience. Vous avez tout dit, même ce qui était compliqué à avouer. J'espère que vous êtes soulagé par les sanctions qui ont été prises à l'encontre de M. Milligan et de M. Parker.

- Je le suis, en effet. Je ne savais pas vraiment à quoi je m'attendais mais je trouve ces sanctions justes et proportionnées à la situation, même si je n'y connais pas grand-chose.

- Je suis du même avis que vous. Si vous n'avez rien à me dire, vous pouvez y aller.

Théo acquiesça, souhaita une bonne fin de journée à son professeur, quitta le bureau et partit à la recherche de Harry. Il se fustigea de ne pas lui avoir donné un endroit précis où se retrouver. Il allait devoir ratisser tout le château. S'il ne trouvait pas Harry, au moins, il aurait fait son sport pour la journée.

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(jeudi 26/10) POV Justin

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Justin lisait rarement la Gazette. Hannah s'en occupait pour Ernie, Susan et lui et leur faisait un compte rendu de tout ce qu'elle avait trouvé d'intéressant dans le journal. Elle détaillait tellement certains articles que Justin avait parfois l'impression que c'était elle qui les avait écrits. Ou qu'elle était au courant de tout avant la parution de la Gazette. Il était certain qu'elle ferait une très bonne journaliste mais cela n'attirait pas Hannah car elle ne pourrait pas dire ce qu'elle pensait sur chaque affaire. Justin lui avait alors suggéré de devenir chroniqueuse à la RITM, la station radio du monde magique. Depuis, Hannah était en intense réflexion. Ce matin-là, pourtant, Justin avait réussi à se procurer un exemplaire de la Gazette pour pouvoir le lire lui-même. L'audience disciplinaire des deux Serdaigle qui avaient agressé Théo avait eu lieu la veille et Justin voulait savoir comment ça s'était passé, si Parker et Milligan avaient avoué et quelles sanctions avaient été retenues contre eux. Il aurait aimé en parler directement avec Théo mais il ne l'avait pas vu depuis que ce dernier était revenu du Ministère. Évidemment, l'audience faisait la une de la Gazette, ce qui permit à Justin de trouver facilement la double page qui en parlait. Nul doute qu'il avait dû y avoir une conférence de presse après l'audience. Il parcourut rapidement l'article et fut soulagé d'apprendre que les deux Serdaigle avaient reconnu les faits. Il lut ensuite les différentes sanctions prononcées à leur égard et il trouva cela plutôt juste. Au moins, ils ne remettraient pas les pieds à Poudlard avant un bon moment. Mais ce qui le rassurait le plus, c'était qu'ils ne pourraient plus s'approcher de Théo. Son binôme était en sécurité et c'était tout ce qui comptait pour lui.

- Eh bah dis donc, ça ne rigole pas aux conseils disciplinaires ! s'exclama Hannah. Mieux vaut se tenir à carreaux.

- Les faits sont graves, Hannah, dit posément Susan. Tous les conseils disciplinaires n'aboutissent pas à ce genre de sanctions. Parfois il y a juste un rappel devant la loi. Ou deux ou trois semaines d'exclusion. Ce n'est pas tous les jours que deux élèves comparaissent pour agression homophobe. Déjà, ce n'est pas tous les jours qu'il y a une audience disciplinaire qui concerne un ou plusieurs élèves de Poudlard. C'est même relativement rare. Mais j'avoue que les sanctions sont quand-même assez sévères.

- C'est peut-être une façon pour le Ministère de bien se faire voir, songea Ernie. Comme ça ils montrent qu'ils sont hyper impliqués dans la lutte contre l'homophobie, ce qui ne peut leur être que bénéfique. C'est toujours bien vu de soutenir ce genre de cause.

- Ma tante n'est pas comme ça, Ernie, soupira Susan en levant les yeux au ciel.

- Je ne parlais pas d'elle, répliqua Ernie. Mais de celui qui est à la tête du Ministère.

- Oh. Je vois. Tu penses que Fudge a demandé à ce que ce que ce conseil disciplinaire ne soit pas pris à la légère pour montrer que le Ministère réprouve fermement le genre d'actes perpétrés par Parker et Milligan ? C'est possible, connaissant le personnage. Mais ma tante n'a pas eu besoin que Fudge lui donne des consignes pour prononcer les sanctions qui ont été prises contre ces deux élèves. Elle est intègre et honnête. Elle ne rend pas des décisions dans le but d'embellir l'image du Ministère. Mais rassure-toi, je n'aime pas beaucoup Fudge non plus. Je pense que le monde sorcier se porterait bien mieux si on changeait de ministre. Bon, sinon elle dit quoi d'autre, la Gazette ?

- Euh je ne sais pas encore, je n'ai lu que l'article sur le Conseil. Je te dis ça dans un instant.

- On n'aura pas besoin d'attendre vu qu'on aura les commentaires en direct...

Justin ne put s'empêcher de sourire face à la remarque d'Ernie. C'était tellement vrai. Hannah était incapable de lire la Gazette sans commenter tout ce qu'elle lisait. En fait, quand elle faisait son compte rendu, Ernie, Justin et Susan savaient déjà à peu près tout, mais c'était toujours bien d'avoir une synthèse claire et ordonnée.

Alors que Hannah lisait et commentait un article sur des soupçons de dopage au sein d'une équipe professionnelle de Quidditch, Justin vit Théo sortir de la Grande Salle. Ni une, ni deux, il planta ses amis et se lança à la poursuite du Serpentard.

- Théo, attends !

Son binôme se retourna et sembla se crisper en le voyant. Justin n'en était pas vraiment sûr puisque la crispation de Théo ne dura qu'une demie-seconde. De plus, il lui sourit presque aussitôt.

- Tu as quelque chose de si important à me dire pour me courir après alors qu'on se voit en cours dans deux heures ? se moqua-t-il gentiment.

En effet, le jeudi, les élèves qui ne suivaient pas l'option d'études des moldus commençaient les cours à onze heures. Il n'était actuellement que neuf heures mais la plupart des élèves qui n'avaient pas pris l'option préféraient prendre leur petit-déjeuner assez tôt.

- Disons que je voulais discuter calmement avec toi, sans être pressé par le temps.

- Tu veux savoir comment s'est passée l'audience, c'est ça ? devina Théo.

- Oui, admit Justin. Je sais le principal grâce à la Gazette mais elle ne dit pas comment tu te sens, par exemple. Alors que pour moi, c'est ça le plus important.

Théo parut surpris et touché par ce que venait de dire Justin, si bien qu'il mit plusieurs secondes avant de répondre :

- Eh bien... Je vais bien. Je me sens soulagé. Et rassuré. Je ne vais plus voir ces deux Serdaigle pendant plus d'un mois et ça, c'est vraiment cool. Même si ça fait déjà une dizaine de jours qu'ils ne sont plus à Poudlard.

- Je t'avoue que je suis soulagé pour toi aussi. Ils vont avoir le temps de penser à ce qu'ils ont fait durant leur mois d'exclusion.

- Ils ne vont pas regretter pour autant, soupira Théo.

- Il ne faut pas être défaitiste comme ça, voyons, dit gentiment Justin.

- Je ne suis pas défaitiste, je sais ce que je dis. Ils ont clairement dit lors de l'audience qu'ils ne regrettaient pas leurs actes.

Théo avait l'air amer en disant cela. Il avait aussi le regard fuyant. Justin comprit alors qu'il y avait autre chose que Théo ne voulait pas lui dire.

- Ils ont juste dit ça ? demanda Justin sur un ton innocent.

Théo soupira.

- Milligan a dit aussi qu'ils m'auraient maintenu sous l'Aguamenti s'ils n'avaient pas cru entendre un bruit près des toilettes. Ça je ne le savais pas. Je l'ai appris comme tout le monde lors de l'audience. Je pensais bêtement qu'ils avaient juste voulu me faire peur alors qu'en réalité ils voulaient me...

Théo s'interrompit, comme si les mots étaient restés bloqués dans sa gorge et qu'ils ne voulaient pas sortir. Il avait les yeux étrangement brillants. Cette vision brisa le coeur de Justin. Il n'avait pas beaucoup de certitudes dans la vie mais là, il était sûr d'une chose : il ne voulait pas voir Théo pleurer. Cela lui était insupportable. Il préférait le voir sourire. Il eut une folle envie de le prendre dans ses bras mais il ne pouvait pas. Il posa alors ses mains sur les épaules de Théo et lui dit :

- Il ne faut pas que tu penses à ça. Ils n'ont pas réussi et c'est ça le principal. Je ne sais même pas comment Milligan a pu être autorisé à revenir à Poudlard alors qu'il a dit une chose pareille devant le Conseil...

- Il a vite retiré ce qu'il a dit, murmura Théo. Il savait ce qu'il encourrait en disant une telle chose et il s'est rétracté. Ça a suffi pour qu'il ne soit pas inquiété. Mais je sais qu'il pensait vraiment ce qu'il a dit. Il voulait juste se sauver la mise en se rétractant.

- Il n'aura pas le droit de s'approcher de toi quand il reviendra, c'est ça que tu dois te dire, insista Justin. Parker non plus, d'ailleurs. C'est toi qui a gagné, dans l'histoire. Ils ont été punis pour ce qu'ils ont fait.

Théo se mordit la lèvre. Il semblait en proie à un dilemme intérieur. Il finit cependant par se lancer :

- Justin... Je ne peux pas te le cacher plus longtemps car j'estime que tu dois le savoir...

Justin sentit soudain son coeur battre plus vite. Merlin mais qu'est-ce que Théo allait lui dire ?! Il avait bien vu que leur échange de la veille avait troublé Théo, surtout quand ils s'étaient regardés dans le blanc des yeux... Théo avait eu l'air gêné, Justin n'avait pas compris sur le moment mais là Théo s'apprêtait à lui dire quelque chose de visiblement important alors se pouvait-il que...

- Je suis au courant pour ta rupture avec ta petite-amie.

Justin eut l'impression de s'être reçu un grand seau d'eau froide sur la tête. Théo avait calmé d'un coup ses pensées. Il s'était clairement fait des idées. Il s'en voulut pour ça. Comment avait-il pu croire que Théo avait des sentiments pour lui ?! Il réalisa soudain ce qu'il venait de lui dire. Il fronça les sourcils.

- Attends, comment as-tu appris ça ?! Comment sais-tu que j'étais en couple, déjà ? Je ne me suis jamais vraiment caché mais je ne me suis jamais vraiment montré non plus...

- Je ne savais pas que tu étais en couple lorsque j'ai appris ta rupture, précisa Théo. C'est un élève de Serdaigle qui me l'a dit. Il voulait me faire culpabiliser d'avoir dénoncé Dick et Parker et il m'a donc balancé qu'à cause de moi, mon binôme avait rompu avec sa petite-amie. Il m'a dit que Josh Parker était le cousin de ta petite-amie et que tu avais préféré me défendre face à elle plutôt que défendre son cousin. Je suis vraiment désolé pour tout ça. Je ne voulais pas provoquer la fin de ton couple... Quand je l'ai appris j'ai voulu retirer mes accusations mais...

- QUOI ?! Tu es sérieux, là ?! Mais il en était hors de question ! On s'en fout de mon couple, à la rigueur, ce n'est pas ça le plus important ! Ces abrutis devaient payer pour ce qu'ils ont fait, un point c'est tout !

Justin se calma en voyant que Théo avait baissé les yeux.

- Écoute, je comprends pourquoi tu as voulu retirer tes accusations mais... il ne fallait pas faire ça. Tu penses trop aux autres et pas assez à toi. Surtout que tu n'es pas du tout responsable de la fin de mon couple.

- Je sais, on me l'a expliqué. Mais maintenant que le cousin de ta petite-amie a reconnu les faits, elle va admettre que tu avais eu raison de me défendre et vous allez peut-être pouvoir vous remettre ensemble... Je vois bien que tu es déprimé depuis ta rupture, et ça me rend triste de te voir comme ça.

Justin sentit son coeur fondre face à ces mots débordants de sincérité. Comment avait-il fait pour ne pas voir le garçon adorable qu'était Théo ? Pourquoi s'était-il laissé autant aveugler par ses satanés préjugés ? Théo lui faisait tellement de peine à s'inquiéter comme ça qu'il s'empressa de le rassurer :

- Je suis sûr qu'elle va vite venir me voir. Ne t'en fais pas pour moi. Ça va aller mieux, maintenant. Ce n'est pas la première fois qu'on se brouille. À vrai dire, elle m'a imposé un break dès le jour de la rentrée parce qu'elle n'avait pas supporté l'attitude que j'avais eue vis-à-vis de toi. On s'est réconcilié quand elle a su que les choses s'étaient arrangées entre toi et moi.

- Donc ça fait deux fois que je suis à l'origine d'une rupture entre vous ? lâcha Théo, perplexe.

Justin n'avait pas encore vu les choses comme ça. Mais c'était la vérité, même si Théo n'était pas responsable de ces deux ruptures.

- Oui mais encore une fois tu n'y es pour rien. En tout cas tu n'as pas à t'en faire. Ça va s'arranger.

- Si tu le dis, je te crois, dit Théo en souriant. Bon, je vais retourner à ma salle commune et y rester jusqu'au cours de Défense Contre les Forces du Mal. On se retrouve dans une heure et demie, du coup. À tout à l'heure.

Théo partit sur ces mots. Incapable de détacher son regard de lui, Justin le regarda s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision. Il s'en rendit compte et en fut terriblement gêné. Il fallait vraiment qu'il se ressaisisse. Il avait hâte qu'Emily vienne le voir, qu'ils s'expliquent, qu'ils se remettent ensemble et que tout redevienne comme avant. Mais il avait le sentiment que tout n'allait pas être aussi simple que ça...

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(samedi 28/10) POV Harry

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Harry était stressé. La veille, Sirius et Remus avaient réussi à convaincre Snape d'avoir une discussion à son sujet. Cette discussion devait avoir lieu à neuf heures dans les appartements de Sirius et de Remus. Harry était déjà là et patientait nerveusement dans le salon. Snape devait bientôt arriver et cela l'angoissait énormément. Il ne savait pas du tout comment cela allait se passer. Il avait peur que Snape ne veuille rien entendre et qu'ils en restent toujours au même point. Harry plaçait tellement d'espoirs dans ce rendez-vous qu'il ne supporterait pas que cela n'aboutisse à rien.

- Harry, cesse de t'en faire, lui dit la voix posée de Remus.

Harry tourna la tête et vit que Remus s'était assis à côté de lui. Il était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne l'avait pas entendu.

- Plus facile à dire qu'à faire, marmonna-t-il.

- Sirius et moi avons la situation en main, nous ne lâcherons pas ton professeur de potions tant qu'il n'aura pas accepté de se remettre en question et tant qu'il ne nous aura pas promis d'arrêter de te persécuter.

Harry voulut répondre mais quelqu'un frappa à la porte au même moment. Remus et lui entendirent Sirius crier «J'y vais !», ce qui fit grimacer Remus. Harry devina qu'il aurait préféré y aller, de peur que Sirius décide de régler ses comptes avec Snape sur le pas de la porte. Heureusement, ce fut sans dommages visibles que tous deux entrèrent dans le salon quelques secondes plus tard. Harry soutint difficilement le regard de son professeur lorsque celui-ci se posa sur lui.

- Merci d'être venu, Severus, dit poliment Remus.

- Je n'ai pas que ça à faire alors passons au vif du sujet.

- Asseyons-nous tous d'abord, alors.

Snape s'installa sur une chaise avec une réticence évidente.

- Que vouliez-vous me dire ? s'enquit-il sèchement.

Harry vit Remus échanger un regard avec Sirius avant qu'il ne prenne la parole :

- Sirius et moi avons eu connaissance de ce qui se passe avec Harry depuis le début de l'année. Nous savons que tu lui as donné plusieurs retenues injustifiées, que tu l'as accusé plusieurs fois d'avoir triché alors que tu n'avais pas de preuves et que tu t'acharnes sur lui en cours. Je tiens à préciser que ce n'est pas Harry qui nous l'a dit en premier, mais certains de ses camarades. Et pas forcément ceux que tu crois. Nous ne donnerons pas de noms car nous ne voulons pas que tu t'acharnes sur eux à leur tour. Est-ce que tu reconnais tout cela ?

- J'ai donné plusieurs retenues à Potter, oui, mais de façon totalement justifiée.

- Ah oui ? Tu trouves ça justifié, toi, de donner une retenue à un élève simplement parce qu'il a réussi sa potion ? lâcha Remus, visiblement indigné.

- Potter ne se serait pas retrouvé en retenue s'il n'avait pas triché, répliqua Snape.

- Qui te dit qu'il a triché ? As-tu des preuves pour affirmer cela ?

- Je n'ai pas de preuves concrètes, non, mais je n'en ai pas besoin pour savoir qu'il n'a pas réussi ces potions de lui-même.

- Pourquoi cela ? riposta Sirius.

Snape eut un sourire mauvais.

- Ça se voit que tu as raté les quatre premières années de ton filleul à Poudlard, dit-il d'une voix doucereuse. Un vrai parent ne me poserait pas cette question. Un vrai parent saurait que Potter a toujours été d'une nullité affligeante en potions.

Harry sentit une rage sans nom s'emparer de lui à l'entente de ces mots. Et cette rage se décupla lorsqu'il vit le visage livide de Sirius. Il haït Snape de tout son être d'avoir blessé ainsi son parrain. Il n'avait pas le droit de balancer à la figure de Sirius qu'il n'avait pas pu s'occuper de lui pendant ses quatre premières années passées à Poudlard. Sirius n'y était pour rien et Snape le savait très bien.

- Retire tout de suite ce que tu viens de dire, siffla Sirius. Si Harry a eu de mauvaises notes dans ta matière durant quatre ans, c'est parce que tu as tout fait pour le dégoûter des potions ! Tu n'arrêtes pas de le comparer à son père alors que Harry n'a rien à voir avec James ! Il m'a fallu un an pour le comprendre, toi tu en as eu quatre et tu es toujours incapable de t'en rendre compte ! Harry n'est pas l'élève que James a été ! Harry ne s'amuse pas à lancer des sorts aux Serpentard avec ses amis comme James et moi avons pu le faire ! Il a même réussi à sympathiser avec son binôme alors que ça faisait quatre ans qu'ils se haïssaient ! C'est même lui qui a fait des efforts en premier ! Si Harry te répondait en cours, c'est parce que tu le cherchais et que tu le poussais à bout ! On ne récolte que ce que l'on sème, Servilus !

Un long silence suivit les paroles de Sirius. Snape semblait choqué. Il reprit cependant contenance assez vite et retrouva son masque froid :

- Cela ne m'explique pas pourquoi Potter serait soudain devenu un génie en potions, ironisa-t-il. L'année dernière il me rendait des échantillons qui valaient un Piètre ou un Désolant et à la rentrée, ses potions valaient soudain un Effort Exceptionnel ou un Optimal. Excuse-moi de me poser des questions !

- Nous avons déjà eu cette discussion, Severus, répondit Remus. Nous t'avons dit que Harry s'était entraîné durant l'été.

- Je n'étais pas là pour le voir.

- Alors crois-nous sur parole, bon sang ! s'énerva Sirius. Je veux bien que tu doutes de moi parce que je suis le parrain de Harry mais là c'est Remus qui te le dit, et tu sais très bien que Remus est quelqu'un d'impartial ! Il ne te dirait jamais que Harry s'est entraîné durant une partie de l'été si ce n'était pas vrai ! Il ne fait preuve d'aucun favoritisme envers Harry, tu peux demander confirmation auprès de tous ses camarades ! Je sais que cela peut te sembler bizarre que Harry ait pris goût à ta matière pendant les vacances mais il a souhaité s'améliorer dans l'espoir d'avoir enfin une année tranquille ! Il pensait naïvement que tu arrêterais de t'en prendre à lui en cours s'il devenait bon, sauf que c'est tout le contraire qui s'est produit puisque tu refuses de voir qu'il est réellement devenu bon ! Il a tenu bon pendant un mois face à tes injustices mais à un moment il en a eu assez de voir que ses efforts n'avaient servi à rien et il a décidé de redevenir nul pour que tu cesses de l'accuser de tricher et pour que tu le laisses tranquille une bonne fois pour toutes !

Sirius acheva sa tirade, légèrement hors d'haleine. Snape semblait s'être pris une beuglante en plein visage. Harry ne se serait pas mieux défendu lui-même. Sirius avait abattu toutes les cartes. Il ne pouvait plus rien faire, plus rien dire de plus pour tenter de convaincre Snape. Celui-ci finit par répondre avec la volonté visible de garder la main sur la situation bien qu'elle lui échappait clairement :

- D'accord, je veux bien accorder le bénéfice du doute à Potter. Mais ne pensez pas que je vais vous croire comme ça sur parole. Je vais octroyer une chance à Potter de me prouver qu'il a réellement progressé en potions. Et pas plus tard que maintenant. Il va faire une potion qu'il n'a jamais préparée jusque-là et il me fera ensuite un devoir sur un sujet qu'il est censé maîtriser. Je ne le prends pas en traître : c'est un sujet que j'aurais très bien pu donner lors du dernier devoir sur table. Cela doit donc être encore frais dans sa mémoire. Je noterai sa potion et son devoir aussitôt, étant donné que je suis attendu à quatorze heures et si ses résultats sont bons, je suis prêt à reconnaître que je me suis trompé.

Harry sentit son coeur se libérer d'un énorme poids. Il n'y croyait plus et pourtant, Snape venait de dire qu'il était prêt à admettre ses erreurs. «Ne t'emballe pas, Harry. Il veut d'abord voir ce que tu vaux. Rien ne te dit que tu vas réussir la potion et le devoir qu'il va te donner à faire. Ça se trouve tu vas te foirer complètement.» lui dit une voix intérieure. Cette pensée le terrifia. Il ne pouvait pas s'imaginer rater cette chance que lui donnait Snape. Il devait réussir. Mais il avait peur. Inquiet, il regarda Sirius et Remus qui avaient l'air d'hésiter. Ils ne s'étaient visiblement pas attendus à ce que Snape veuille le tester.

- Comment pouvons-nous être sûrs que tu ne chercheras pas à déconcentrer Harry et à lui mettre la pression ? demanda Sirius, méfiant.

- Je ne peux rien faire d'autre que te donner ma parole, répliqua Snape. Il est hors de question que Lupin et toi soyez là. Je veux être seul avec Potter.

- Mais...

- Ça va aller, Sirius, assura Harry. Il a raison, vous ne pouvez pas venir avec moi.

Sirius soupira et se tourna vers Snape.

- D'accord, je te le laisse. Mais tu as vraiment intérêt à le laisser tranquille pendant qu'il fera sa potion et son devoir.

- Je n'ai pas envie de vous avoir sur le dos, Lupin et toi, alors je vais tenir ma parole, s'agaça Snape. Potter, préparez vos affaires et suivez-moi.

Harry ne se le fit pas dire deux fois, alla chercher son sac et revint très vite dans le salon. Sirius et Remus lui souhaitèrent bonne chance puis il partit avec Snape. Il le suivit jusqu'aux cachots avec appréhension. Une fois arrivé, il s'installa et sortit tous ses ingrédients.

- Vous allez préparer une potion affaiblissante, indiqua Snape. La recette ne se trouve pas dans votre manuel puisqu'elle n'est pas au programme. Les élèves ne sont pas censés l'apprendre à Poudlard, de toute façon. Mais elle est au niveau d'un élève de cinquième année. Je vais vous inscrire la recette au tableau.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Harry observa Snape noter les étapes sur le tableau. La préparation n'avait pas l'air très longue mais à part la bile de tatou, Harry ne connaissait pas les ingrédients demandés. Après avoir écrit la dernière étape, Snape se tourna vers lui.

- Allez chercher ce dont vous avez besoin.

Harry obéit sans attendre. Il prit de l'actée en épi, de la bile de tatou, de l'essence de cigüe, du jus de Horglup, du sumac vénéneux et de la poudre de Raifort. Il retourna à sa place et relut attentivement la recette :

1 - Faire chauffer l'eau à 70°C

2 - Verser 4 grammes d'actée en épi pilée (rouge)

3 - Tourner 2 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

4 - Ajouter 3 grammes de bile de tatou (rose)

5 - Chauffer pendant deux minutes à 75°C

6 - Verser 4 cl d'essence de cigüe (rose pâle)

7 - Tourner 5 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre

8 - Ajouter 3 grammes de sumac vénéneux haché (marron clair)

9 - Tourner 4 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

10 - Chauffer pendant cinq minutes à 70°C

11- Verser 6 cl de jus de Horglup (turquoise)

12 - Tourner 3 fois dans le sens inverses des aiguilles d'une montre

13 - Ajouter 5 grammes de poudre de Raifort (turquoise foncé)

14 - Tourner 4 fois dans le sens des aiguilles d'une montre

15 - Chauffer pendant 3 minutes à 75°C

Harry grimaça en se rendant compte que la préparation était peut-être ni courte, ni longue, mais elle n'était pas des plus facile. Une erreur d'inattention était très vite arrivée. Mais il resterait concentré et il réussirait cette potion. Il commença donc à la préparer en faisant chauffer l'eau et en écrasant l'actée en épi avant de la verser dans le chaudron. Il fit deux tours dans le sens des aiguilles d'une montre puis il ajouta trois grammes de bile de tatou. Sa potion devint rose. Parfait. Il fit chauffer pendant deux minutes et versa précisément quatre centilitres d'essence de cigüe. Il faillit en mettre un peu trop et releva à temps sa fiole. Son coeur rata un battement. Il était trop stressé. Pourtant, le professeur Snape ne tournait pas autour de lui et était sagement à son bureau en train de corriger ses copies. Il ne faisait même pas attention à lui. Il tenta de calmer les pulsations rapides de son pouls et tourna consciencieusement cinq fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le temps d'un instant, il crut avoir fait un tour de trop. De quelle couleur devait être la potion, déjà ? Ah oui, rose pâle. Et la sienne était... eh bien, rose pâle. Tout allait donc bien. Mais le stress ne semblait pas vouloir le quitter. Il avait peur de faire une bêtise, de rater sa potion et, par conséquent, rater également la chance que lui avait donnée Snape... Il lui restait huit étapes. Il n'allait jamais y arriver. Il sentit les larmes lui monter aux yeux. Pourquoi fallait-il qu'il se mette dans des états pareils alors que sa potion était très bien réussie pour le moment ? Il tenta de se raisonner et ajouta trois grammes de sumac vénéneux. Sa potion devint marron clair. C'était exactement la couleur qu'elle devait prendre. Il tourna ensuite quatre fois dans le sens des aiguilles d'une montre. Cette fois, il eut peur de s'être trompé de sens. Mais non, il avait tourné dans le bon sens. Cela ne le calma pas pour autant. Son coeur battait trop vite. Ses mains commençaient à trembler et à devenir moites. S'il se mettait à douter à chaque étape, il n'allait pas tenir. De toute façon, il était trop angoissé pour pouvoir terminer la préparation de sa potion. Il allait forcément finir par faire une erreur. Surtout avec ses mains qui tremblaient. Cela ne servait à rien de continuer. Il fit donc ce qu'il s'était promis de ne pas faire : il abandonna. Tant pis pour la chance que lui avait donnée Snape. Il aurait aimé lui prouver qu'il s'était amélioré mais il ne pouvait pas. Il tourna la tête vers lui et lui dit :

- Professeur, vous aviez raison. Je ne suis jamais devenu bon en potions. Je suis incapable de réussir celle-là. Puis-je y aller ?

Snape fronça les sourcils. Il se leva, rejoignit Harry, examina la potion et demanda :

- À quelle étape êtes-vous ?

- À la neuvième étape.

Snape regarda de nouveau le chaudron et plissa les yeux.

- Eh bien, votre potion est réussie jusque-là. Elle a la couleur escomptée. Pourquoi voulez-vous arrêter, Potter ?

- Je vous l'ai dit, je ne vais pas y arriver, répéta Harry.

- Je ne vois pas pourquoi vous n'y arriveriez pas alors que vous êtes sur la bonne voie. Vous en êtes à la neuvième étape, votre potion doit être marron claire et elle est marron claire. Qu'est-ce qu'il vous faut de plus ?

Désespéré, Harry sentit de nouveau les larmes lui monter aux yeux. Pourquoi Snape ne voulait-il pas comprendre ? Il était clair, pourtant !

- Je sais que je ne vais pas y arriver, insista-t-il. Je ne peux pas vous l'expliquer, c'est comme ça, c'est tout !

Snape le regarda pendant de longues secondes, nullement impressionné par son ton agacé.

- Et si vous commenciez par vous calmer ? C'est sûr que si vous êtes dans cet état, vous n'allez pas réussir jusqu'au bout.

- Eh bien c'est exactement ça le problème, je n'arrive pas à me calmer ! Je tremble, alors autant vous dire que ce n'est pas pratique du tout pour faire une potion !

Harry était certain que Snape allait finir par lui retirer des points pour oser lui crier dessus ainsi. Mais il ne fit rien de tel et se contenta de sortir sa baguette afin d'éteindre le feu sous le chaudron.

- Vous faites une crise de stress, c'est pour ça que vous tremblez. Vous avez dû commencer à douter de vous, à ne plus avoir confiance en vous, à paniquer et voilà le résultat. Mais vous n'avez aucune raison de douter de vous, M. Potter. Votre potion est parfaite, cessez de paniquer pour un rien et tout se passera bien. J'ai éteint le feu pour que votre potion ne brûle pas, calmez-vous et vous pourrez le rallumer et reprendre la préparation de votre potion.

Snape retourna s'asseoir à son bureau sur ces mots. Harry resta un moment sans réagir. Il avait dû mal entendre. Ou alors il avait rêvé. Snape venait-il réellement de lui dire que sa potion était parfaite ? Venait-il réellement de lui donner des conseils ? Apparemment, aussi étonnant que cela puisse paraître, oui. Quoi qu'il en soit, il se rendit compte que ses mains ne tremblaient plus. Il était de nouveau calme. Il allait pouvoir reprendre la préparation de sa potion. Il chassa donc son trouble et ses questions afin de se concentrer au maximum. Il ralluma le feu sous son chaudron et reprit là où il s'était arrêté. Il fit chauffer sa potion pendant cinq minutes à soixante-dix degrés puis il versa six centilitres de jus de Horglup. Sa potion devint turquoise. Parfait. En confiance mais sans pour autant relâcher son attention, il tourna trois fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre puis il ajouta cinq grammes de poudre de Raifort. Il tourna quatre fois dans le sens des aiguilles d'une montre, chauffa pendant trois minutes à soixante-dix degrés et éteignit le feu. Sa potion arborait une jolie couleur turquoise foncé. Il leva les yeux vers Snape qui dut sentir son regard puisqu'il tourna la tête vers lui.

- Vous avez terminé ?

- Oui.

Snape se leva de nouveau et vint examiner la potion de Harry.

- Elle me semble parfaite. C'était inutile de douter de vous comme vous l'avez fait. Cependant, je ne comprends toujours pas comment vous avez pu vous améliorer d'un coup comme ça. J'ai bien saisi que vous vous êtes entraîné durant l'été, mais vu le niveau que vous aviez, même huit semaines d'entraînements intenses n'auraient pas pu vous faire progresser autant. Vous devriez avoir le niveau d'un élève de début de quatrième année tout au plus. Or, là, vous êtes capable de préparer une potion de niveau de fin de cinquième année, voire de début de sixième année.

- Vous m'aviez dit que c'était un niveau de début de cinquième année ! s'offusqua Harry.

- C'est vrai, j'assume vous avoir menti. Je voulais savoir quel était votre véritable niveau. Je n'ai pas voulu vous dire le niveau exact de cette potion car je savais que vous auriez perdu direct tous vos moyens. Et vu la crise de stress que vous m'avez faite durant la préparation de cette potion, j'en conclus que j'avais raison de vous mentir sur la difficulté de cette potion. Vous êtes bien plus doué que ce que vous avez voulu me faire croire jusqu'à la rentrée. Puis-je donc savoir pourquoi vous avez toujours été mauvais lors de vos quatre premières années ?

- Pour la même raison pour laquelle j'ai fait une crise de stress il y a vingt minutes. Parce que vous étiez là, et que votre seule présence me stressait, m'oppressait et me faisait peur ! Parce que vous m'avez toujours dénigré, parce que vous étiez toujours là à me dire que j'étais comme mon père, parce que vous m'avez catalogué comme lui dès le premier cours, parce que vous ne m'avez pas laissé l'occasion de vous prouver que j'étais une personne à part entière, parce que vous m'avez détesté dès la première fois que vous m'avez vu alors que moi je ne vous connaissais même pas ! Je n'avais encore rien fait, je n'avais pas encore eu l'occasion de vous montrer qui j'étais ! Vous m'avez de suite comparé à mon père alors que je ne le connaissais pas, lui non plus ! Je n'avais jamais vraiment entendu parler de lui ! J'ai cru pendant dix ans que mes parents étaient morts dans un accident de voiture parce que c'était ce que m'avaient dit les Dursley ! Je ne savais même pas que j'étais un sorcier jusqu'à ce que Hagrid vienne me chercher ! Je n'ai eu qu'un mois pour me faire à cette idée ! Dès le premier cours vous m'avez posé tout un tas de questions comme si j'étais censé avoir retenu tout ce que contenait le manuel de potions de première année ! J'avais bel et bien lu le manuel de potions mais je ne m'étais pas attendu à subir une interrogation dès le premier cours ! Alors oui, inconsciemment, j'ai décidé de ne faire aucun effort parce que j'ai bien compris que ça ne servirait à rien ! Cet été j'ai vraiment voulu m'améliorer car comme vous l'a dit Sirius, j'espérais passer une année tranquille et je pensais que ce serait le cas si vous constatiez que j'avais fait des progrès dans votre matière ! Mais au lieu de ça vous n'avez rien voulu voir et vous avez préféré m'accuser de tricher alors que vous n'aviez aucune preuve ! J'ai été obligé de redevenir nul pour que vous me fichiez la paix ! Et maintenant je vais sûrement me retrouver collé jusqu'à la fin de l'année pour tout ce que je viens de vous dire et pour vous avoir parlé ainsi ! Mais ça ne fait rien, je m'en fiche, j'ai l'habitude !

Harry termina sa tirade en crachant presque ces mots. Vidé et à bout de nerfs, il sentit les larmes couler sur ses joues. Honteux de pleurer face à Snape, il se retourna. Il n'était plus à une insolence près. Il se passa un long moment sans que personne ne parle, si bien que Harry crut un moment que Snape était parti. Mais ce dernier finit par prendre la parole :

- Je regrette toutes les erreurs de jugement que j'ai pu commettre à votre égard, M. Potter. Je sais que rien ne rattrapera ces quatre années durant lesquelles je vous ai dénigré mais je peux vous promettre en revanche de ne plus vous persécuter comme j'ai pu le faire. Vous pourrez vous montrer bon élève sans avoir peur de recevoir des accusations de tricherie et des retenues injustifiées. Que ce soit dans la pratique ou dans la théorie. Je vais d'ailleurs vous dispenser du devoir que vous deviez faire. La potion que vous venez de préparer me suffira.

Harry sentit son coeur battre dans ses oreilles. Il ne savait pas à quoi il s'était attendu après sa tirade mais certainement pas à... ça. Certes, Snape ne s'était pas réellement excusé mais pour Harry, c'était tout comme. C'était surtout bien plus que ce qu'il aurait espéré avoir. Il ne pensait pas que Snape était capable de reconnaître ses torts. Et c'était pourtant ce qu'il venait de faire. Gêné par ses larmes, il répondit sans se retourner :

- Merci, professeur. Est-ce que je peux y aller ?

- Je dois vous accompagner pour parler à votre parrain. Rangez vos affaires et allons-y.

Harry aurait préféré retourner seul chez Sirius et Remus mais il ne broncha pas, remit à leur place les ingrédients qu'il n'avait pas utilisés et suivit le professeur Snape hors du cachot. Ils se rendirent en silence aux appartements de Sirius et de Remus. Ce fut Remus qui leur ouvrit. Il dut voir les traces de larmes sur le visage de Harry puisqu'il sembla aussitôt inquiet. Harry le rassura d'un sourire qui parut apaiser Remus. Il les conduisit jusqu'au salon où se trouvait Sirius. Ce dernier fut très surpris de les voir arriver.

- Vous êtes déjà là ? Mais...

- La potion que ton filleul a préparée a suffi à me convaincre. Je l'ai donc dispensé du devoir.

- Tu avais dit que tu lui donnais une chance ! cria Sirius. Et cette chance incluait une potion et un devoir ! Pourquoi tu le saques sans l'avoir laissé faire son devoir ?!

- Ainsi donc tu pars du principe que ton filleul a raté sa potion ? Quelle confiance tu as en lui.

- C'est à toi que je ne fais pas confiance, Servilus !

- Eh bien tu devrais, pour une fois. Sa potion était parfaite, nous avons eu une... discussion et il m'a fait voir les choses sous un autre angle. Je n'ai pas jugé nécessaire de lui faire faire le devoir. Je reconnais qu'il a fait de gros progrès et même plus que tu pourrais le penser. Je lui ai promis de ne plus me montrer injuste envers lui. Je le traiterai simplement comme un élève comme les autres. S'il se comporte mal, il sera logé à la même enseigne que les autres.

- Tant que c'est justifié, je n'aurai rien à en redire, affirma Sirius.

- Nous sommes d'accord. En revanche, je reste sceptique sur ses motivations à devenir soudain un bon élève en potions.

- Bon sang mais on te l'a déjà dit plusieurs fois ! s'énerva Sirius.

- Je sais, mais pour moi il y a autre chose. Quelque chose que ton filleul nous cache.

Harry tenta de soutenir sans ciller le regard que Snape posa sur lui. Ce dernier n'était pas dupe, il avait compris qu'il y avait anguille sous roche. Sauf qu'il était hors de question que Harry avoue que ses progrès en potions venaient du fait qu'il avait eu besoin de se faire des potions de sommeil sans rêves. Personne ne devait le savoir. Mais il savait que Snape n'allait pas lâcher l'affaire aussi facilement. Tant pis, il garderait et protégerait son secret aussi longtemps qu'il le faudrait. Il ne baissa donc pas les yeux face au regard soupçonneux de Snape. Il commença cependant à se sentir mal à l'aise en voyant Snape le fixer un peu trop intensément, comme s'il cherchait à pénétrer dans son regard. Il sursauta violemment en entendant Remus crier :

- N'Y PENSE MÊME PAS ! ARRÊTE ÇA TOUT DE SUITE, SEVERUS !

Harry se retourna et découvrit Remus, baguette à la main qu'il pointait en direction de Snape. Il avait l'air choqué et furieux.

- Avoir fait amende honorable envers Harry ne t'autorise pas à avoir tous les droits sur lui ! Tu n'es pas autorisé à pratiquer la Legilimancie sur lui sans le prévenir au préalable et sans avoir une excuse valable ! Tu n'as pas à pénétrer son esprit de force pour vérifier s'il nous cache quelque chose ! Alors laisse-le tranquille, par Merlin !

Les yeux de Snape lancèrent des éclairs. Il n'appréciait visiblement pas de s'être fait remettre à sa place par son collègue. Ce fut pourtant d'une voix calme qu'il répondit :

- Bien, je vais vous laisser. Mais je découvrirai la vérité, vous pouvez me croire. Pas besoin de me raccompagner, je connais le chemin.

Il partit sur ces mots. Harry se retrouva seul avec Sirius et Remus sans avoir vraiment compris ce qui venait de se passer. Il se tourna vers Remus, perplexe.

- Pourquoi tu t'es énervé comme ça ? Il n'avait pas l'air de faire quelque chose de mal, pour une fois...

- Si, mais tu dis ça parce que tu ne sais pas ce qu'il s'apprêtait à faire. Il a voulu pénétrer de force dans ton esprit sans t'avoir prévenu et expliqué ce qu'il allait faire. Il n'avait de toute façon aucune raison valable de le faire.

- Je vois. Je ne savais pas en effet qu'il était possible de pénétrer de cette manière dans l'esprit de quelqu'un.

- C'est ce qu'on appelle la Legilimancie. Les personnes qui la pratiquent sont des Legilimens. Et Severus est un excellent Legilimens. Ainsi qu'un excellent Occlumens.

- Occlumens ?

- Ce sont les personnes qui pratiquent l'Occlumancie. C'est-à-dire les personnes qui savent protéger leurs esprits et empêcher quiconque d'y pénétrer.

- Oh... Ça a l'air intéressant. Et tu sembles beaucoup t'y connaître.

- Je suis un très bon Occlumens mais je n'ai absolument aucune compétence en Legilimancie. Je sais juste ce que c'est, c'est tout. En fait, de par ma nature, j'ai été un peu obligé d'apprendre à protéger mon esprit. Il fallait que j'empêche mes employeurs de découvrir ma lycanthropie, par exemple. Bien sûr, il était peu probable que mes employeurs sachent pratiquer la Legilimancie et qu'ils aient l'idée de le faire sur moi mais je ne devais courir aucun risque.

- C'est pour ça que c'était plus facile pour toi de travailler dans le monde moldu, murmura Sirius.

- Exactement. Pour en revenir à Severus, je suis désolé d'avoir réagi comme ça mais je ne pouvais pas accepter son comportement.

- Je comprends mieux, maintenant, dit Harry. Mais je ne pense pas qu'il s'y risquera de nouveau. On vient de faire la paix, ce serait dommage qu'il refasse déjà l'idiot.

- Tout à fait. Je suis d'ailleurs ravi qu'il se soit enfin remis en question. Cela devrait mieux se passer entre vous, désormais.

- Je l'espère, oui.

- Tu veux bien nous raconter ton heure passée avec Snape ? demanda Sirius.

- Si vous voulez, répondit Harry en souriant.

- Je vais préparer du thé, déclara joyeusement Remus.

Il sortit gaiement du salon tandis que Harry et Sirius s'installaient à table. Remus ne tarda pas à revenir avec le thé et des petits gâteaux. Tandis qu'il faisait le récit de la préparation de sa potion, Harry se dit qu'après deux premiers mois compliqués, il allait peut-être enfin avoir droit à son année tranquille...

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! On se retrouve vendredi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Désordre sentimental». À bientôt et bisous tout le monde !