Bonjour à toutes et à tous ! Me revoici pour le vingt-cinquième chapitre de SAMLP. Après celui-là, il restera cinq chapitres et ce sera la fin de la deuxième partie. Cela ne change pas grand-chose en soi mais ça marquera un tournant dans l'histoire =)

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Jesss : Harry ne considère pas que Sirius et Remus sont «rien» pour lui, au contraire, ils comptent énormément pour lui. Mais il va mal, très mal, et dans ce genre de situation, c'est souvent à ses amis et à sa famille qu'on ment et à qui on refuse de parler :/ Il va se passer quelque chose, oui, et ça rapprochera indéniablement Harry de Sirius et de Remus :)

Zackos : Tu n'imagines même pas à quel point ! Oui, ça ne doit rassurer personne mais comme dit Ombrage, je ne dois pas dire de mensonges XD

Meranath : Contente que le chapitre t'ait plu ! J'espère que celui-ci te plaira tout autant ! C'est vraiment le désordre pour tout le monde XD

Mel : Tu as bien du courage XD Ça m'est arrivé quelques fois mais c'est frustrant après car il faut attendre la suite XD Déjà Draco et Harry vont devoir tous deux se remettre d'une histoire compliquée, donc ce n'est pas encore pour tout de suite XD Ça va être très progressif mais ils vont créer un lien très fort bien avant de se mettre en couple*-* "Se construire un manoir sur les rives du déni" mais c'est tellement eux XD Blaise et Ginny, c'est de l'amour et de la passion XD Adrian est un personnage très ambigu, je pense qu'il n'y a plus beaucoup de mystères à son sujet maintenant XD A moins qu'il soit réellement innocent dans cette histoire de potions droguées ... :p Théo est déjà un peu plus tranquille à présent que ses agresseurs sont exclus, mais il a encore plein d'autres choses à gérer XD :/ Contente que le couple Justin/Théo te plaise *-* C'est l'un des couples qui va mettre le plus de temps à se mettre en place, enfin leur relation va vite devenir très compliquée XD Oui, Severus a enfin reconnu ses torts XD Et ce n'est que le début, là encore ce n'est rien XD Merci pour cette review et ravie que tu aies aimé ce chapitre =)

mimibou : Étant donné que Tonks a été reniée par sa famille, Draco n'a jamais pu faire sa connaissance, c'est à peine s'il est au courant de son existence XD Bon, j'exagère mais c'est l'idée x)

Gryffondor : Oui, l'étau se resserre effectivement autour de Harry et ce n'est que le début pour lui :/ Severus a promis qu'il allait essayer de trouver ce que Harry cache et il ne va pas lâcher comme ça ! Il est têtu, notre Severus XD Sirius et Remus vont finir par prendre le centaure par son arc pour tenter de comprendre ce qui se passe, ça va bientôt arriver :) Harry va être littéralement épié, ça c'est sûr ! Perdue comme elle est, Hermione pourrait croire tout et n'importe quoi :/ En ce qui concerne les agresseurs de Théo, ils sont bien mieux hors de Poudlard, c'est clair ! Ils devaient être punis pour ce qu'ils ont fait. Merci pour ta review =)

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Merci à tous pour vos reviews, c'est toujours un plaisir =) Je vous laisse avec ce nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira =) Bonne lecture !

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25 – Désordre sentimental

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(samedi 28/10) POV Severus

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- Détendez-vous, ça va bien se passer.

- Je sais mais ça me stresse quand-même.

Severus et Théo étaient en train d'attendre devant le bureau de la directrice du service de la Justice Magique. Le rendez-vous devait avoir lieu dix minutes plus tard. Vu la matinée que Severus avait passée, il aurait préféré que ce rendez-vous n'ait pas lieu l'après-midi même. Il pensait encore à ce qui s'était passé avec Black, Lupin et Potter. Il n'aurait jamais cru qu'il accepterait un jour de se remettre en cause concernant son attitude vis-à-vis de Potter. Mais il avait bien été obligé de le faire. Il n'avait pas pu nier la vérité plus longtemps : il avait mal jugé Potter. Il avait encaissé choc sur choc face aux tirades de Black et de Potter. Mais celle qui l'avait le plus choqué était sans conteste celle de Potter. Tout ce qu'il avait dit était vrai. Mais jusque-là, Severus n'avait pas voulu le voir. Il n'avait vu en Potter que sa ressemblance avec son père. Et cela avait été une grave erreur. Après y avoir réfléchi durant le reste de la matinée, Severus se rendait bien compte désormais que Potter n'était pas comme son père. Il lui ressemblait physiquement, ça, c'était indéniable, il avait également hérité de quelques-uns de ses défauts mais ça s'arrêtait là. Potter avait moins de défauts que son père. Il avait même sûrement hérité de certaines qualités de Lily, même si Severus n'était pas encore prêt à l'admettre pour le moment. Il aurait dû voir tout cela bien plus tôt. Et, surtout, il n'aurait pas dû se montrer aussi injuste envers Potter depuis le début de l'année. Mais il avait promis de changer et il allait tenir parole. Cependant, il restait persuadé que le soudain attrait de Potter pour les potions cachait une raison bien plus obscure que ce qu'il voulait faire croire. Severus avait juré de découvrir cette raison et il allait le faire.

Tout cela ne quittait donc pas l'esprit de Severus alors qu'il se trouvait en ce moment-même avec Théo au Ministère. Il faisait néanmoins attention à son élève qui semblait vraiment stressé. Severus admirait son courage. Il savait que c'était dur pour lui d'encaisser tout ce qui lui tombait dessus depuis la rentrée. Mais il ne se plaignait pas, ne bronchait pas et acceptait tout avec une sorte de résignation qui ne plaisait pas à Severus. Un gamin de quinze ans n'avait pas à subir tout cela et à l'accepter comme si c'était normal.

À quatorze heures précises, la porte du bureau s'ouvrit sur Amelia Bones qui salua Severus et Théo et les invita à entrer.

- Il me semble que cela fait des lustres que j'ai reçu votre lettre, M. Snape. Je suis navrée d'avoir dû reporter ce rendez-vous mais j'ai été très occupée. Normalement ce sont des Aurors qui auraient dû vous recevoir mais ils sont tous mobilisés chaque jour sur le terrain sur deux affaires qui ne peuvent pas attendre pour le bien de la communauté magique, voire même moldue.

«En gros, pour retrouver les deux Mangemorts encore en liberté» comprit Severus.

- Je vais commencer par vérifier votre identité, M. Nott. Vous êtes bien Théodore Nott, né le trente août mille neuf cent quatre-vingt à Farnham, dans le Surrey ?

- Oui.

- Bien. D'après la lettre que m'a envoyée M. Snape, vous souhaitez porter des accusations envers votre père, est-ce exact ?

- Oui, c'est bien cela.

- De quelles accusations s'agit-il ?

Severus sentit son élève se tendre. Il posa une main sur son épaule.

- N'ayez pas peur, vous êtes là pour tout lui dire.

Théo acquiesça. Bien que toujours crispé, il se lança :

- Il me maltraite depuis que je suis tout petit. Enfin, il me maltraitait. Je sais qu'il ne pourra plus rien me faire mais cela n'enlève rien à ce qu'il m'a fait et je... on m'a dit que... je devais...

- Je l'ai poussé à porter plainte, termina Severus à la place de son élève.

- Je vois. Votre professeur a eu raison, M. Nott. Même si votre père est déjà à Azkaban et qu'il ne peut effectivement plus rien vous faire, vous ne devez pas taire tout ce qu'il a pu vous faire subir. De plus, il est actuellement à Azkaban en attente de son procès. Il va être jugé pour son passé et ses actes commis en tant que Mangemort. Le fait qu'il soit déjà sous un chef d'accusation ne doit pas vous empêcher de le dénoncer pour des actes commis sur vous. Il est important que vous me disiez tout. Et, surtout, que vous me disiez la vérité.

Severus tiqua sur ces derniers mots. Comme si c'était le genre de son élève de porter de fausses accusations envers quelqu'un ! «Ce n'est pas ce qu'elle a voulu dire, Severus. Elle est obligée de le préciser, de toute façon.» lui dit une voix intérieure. Théo, lui, ne semblait pas l'avoir mal pris et écoutait attentivement Mrs Bones. Severus reconnaissait bien là son élève. Toujours attentif et concentré.

- Je vous écoute donc, M. Nott.

- Je ne sais pas par où commencer...

- Dites-moi ce que votre père vous a fait. Nous verrons ensuite pour les détails.

- Il m'a fait subir toutes sortes de tortures. Ça a commencé par des gifles, je crois. Il y a eu aussi des coups de pied et des coups de ceinture. Puis il s'est mis à user de sorts. Des sorts de coupures et de lacération. Il utilisait aussi un couteau avec du venin sur la lame pour me taillader les bras, le dos et les jambes. Il a commencé à me lancer des Doloris durant l'été qui a suivi ma première année à Poudlard. Il me privait de nourriture pendant un certain laps de temps. Et il me considérait un peu comme son elfe de maison. Je crois que c'est à peu près tout.

- Merci, M. Nott. Pouvez-vous me dire quel âge vous aviez lorsque votre père a commis les premières maltraitances sur vous ?

- Je devais avoir trois ou quatre ans quand les gifles et les coups ont commencé. Ça arrivait très souvent, mais je ne saurais donner une fréquence précise. Il y avait des périodes où c'était plus calme, mais je ne sais pas si c'était parce qu'il était moins énervé ou si c'était parce qu'il n'était pas là. Les coups de ceinture ont très vite suivi. C'est vers mes huit ans que mon père s'est mis aux sorts. Il profitait que ma mère ne soit plus là. De son vivant, elle me protégeait autant qu'elle le pouvait. Les tortures avec les sorts étaient elles aussi assez fréquentes, mais peut-être moins que les coups. Les blessures au couteau ont commencé peu après. Ça, en revanche, c'était beaucoup moins fréquent. C'était difficile à soigner donc il ne pouvait pas recommencer autant qu'il l'aurait souhaité. Ensuite, comme je vous l'ai dit, c'est peu avant mes douze ans qu'il a commencé à me lancer des Doloris. J'y ai eu le droit à chaque période de vacances et durant tout le temps que je passais au Manoir. C'était quasi quotidien.

Severus savait déjà tout cela mais réentendre Théo raconter son histoire le choquait toujours autant. Il ne comprenait pas comment un père pouvait se montrer aussi cruel envers son enfant. Quel était l'intérêt de faire un enfant si c'était pour le maltraiter de la sorte ? Théo était un héritier, en plus. Quand il était né, son père était déjà vieux. Il aurait pu finir par tuer Théo en le maltraitant autant. Il se serait retrouvé sans héritier et il n'aurait peut-être pas pu en avoir un autre. Alors pourquoi s'était-il acharné comme ça sur Théo ? Severus n'arrivait vraiment pas à comprendre. La seule explication qu'il voyait, c'était que le Mangemort Nott n'avait jamais voulu être père et qu'il avait procréé dans le seul but d'avoir un héritier. Mais même ça, ce n'était pas une raison pour Severus. Personne ne devait maltraiter un enfant. Pour aucune raison que ce soit. Théo n'avait rien fait. Il n'avait pas demandé à naître pour devenir un héritier. Bref, Severus était vraiment ulcéré. Mrs Bones l'était peut-être aussi mais en bonne professionnelle qu'elle était, elle ne laissait rien paraître. Cependant, Severus la connaissait assez pour savoir que les deux récits de Théo ne pouvaient pas l'avoir laissée indifférente.

- Je vous remercie pour ces précisions. Vous disiez que, de son vivant, votre mère faisait tout pour vous protéger. Elle était donc au courant des agissements de votre père ?

- Oui mais elle ne pouvait rien contre lui ! Il était beaucoup plus fort qu'elle ! Elle n'est plus là pour se défendre, je ne veux pas qu'on salisse sa mémoire ! Elle n'a jamais voulu m'abandonner, elle m'aimait ! Mais c'était devenu trop dur pour elle, alors elle... elle... Je ne veux pas qu'on la juge, termina Théo, la voix tremblante.

Severus le regarda avec inquiétude. Il était visiblement en proie à une crise de panique. Il avait heureusement anticipé ce genre de situation.

- Ce n'était pas du tout mon intention, dit doucement Mrs Bones. Je voulais juste...

- Excusez-moi, je crois que M. Nott a besoin de retrouver un état plus calme, coupa Severus.

Il sortit une fiole du sac qu'il avait pris avec lui et la tendit à Théo.

- Tenez, cela va vous apaiser un peu.

- M. Snape, êtes-vous sûr que cela soit nécessaire ? J'ai besoin que M. Nott soit en pleine possession de ses moyens pour qu'il puisse faire correctement sa déposition.

- Oui, c'est nécessaire et rassurez-vous, cela ne le privera pas de ses moyens. Il pourra continuer à faire sa déposition de façon tout à fait normale. En revanche, s'il ne prend pas cette potion, son état de stress risque de s'intensifier au point de devenir difficilement contrôlable et il ne pourra donc pas continuer sa déposition. Les fortes émotions peuvent être néfastes pour lui, or j'aimerais le ramener en forme à Poudlard.

Mrs Bones pinça les lèvres.

- Bien, faites.

Théo prit donc la potion que lui tendait Severus et la but. Il retrouva très vite sa sérénité.

- Reprenons, dit Mrs Bones. J'ai bien compris que votre mère ne pouvait rien dire et rien faire. Ce que je voulais savoir, c'est si d'autres personnes étaient au courant de ce que vous faisait votre père.

- Ses amis Mangemorts, sans doute, répondit amèrement Théo. Même lorsque Vous-Savez-Qui n'était plus là, je pense que mon père continuait à voir ses collègues Mangemorts. En tout cas, deux de mes compagnons de dortoir étaient au courant grâce à leurs pères. Le mien s'en ventait sûrement. Sinon, personne d'autre ne savait, je pense.

- Aucun membre de votre famille ne se doutait de quelque chose ?

- Je n'ai plus de famille. Mon père est âgé, mes grands-parents paternels ne sont plus là. Il n'a ni frère, ni soeur. Ma mère n'en avait pas non plus. Et ses parents ne sont plus de ce monde également. C'est pour ça que l'été prochain, je vais sûrement aller en foyer. Donc, non, personne ne pouvait dénoncer les actes de mon père.

- Je vois. Ces informations sont très importantes. Cela prouve que votre père pensait pouvoir agir en toute impunité. D'après ce que vous me dites, vous auriez pu avoir de nombreuses infections à cause de toutes les blessures que votre père vous infligeait ?

- Il me soignait entre chaque séance de torture, précisa Théo.

- Comment s'y prenait-il ? Pour soigner ce genre de blessures, il faut quand-même s'y connaître, fit remarquer Mrs Bones, l'air perplexe.

- Il utilisait des potions et des baumes qui n'étaient pas très légaux, avoua Théo, gêné. C'était très puissant et très efficace. Ça me rendait amorphe pendant plusieurs jours mais ce qui comptait pour mon père c'était que ça soignait vite.

«Pour pouvoir tout aussi vite recommencer» devina Severus, écoeuré. Il était surpris et choqué par les révélations de Théo. Soit il avait oublié ces détails, soit Théo ne lui en avait pas parlé.

- C'est pour cela que j'ai pu vous soigner facilement, cet été, murmura-t-il. Vous n'étiez pas du tout accoutumé aux potions saines et égales. Ça a donc pu faire effet aussitôt.

Tout lui paraissait clair, maintenant.

- Vous dites que vous avez soigné M. Nott cet été ? demanda Mrs Bones. Cela me dit quelque chose. Vous l'avez sûrement mentionné dans la lettre que vous m'avez faite parvenir.

- En effet, affirma Severus. Je vous enverrai un rapport stipulant l'état de M. Nott que j'ai constaté au cours de l'été. J'indiquerai également les soins qui lui ont été apportés.

- Merci, ce sera effectivement nécessaire lorsque le père de M. Nott devra répondre de ses actes s'il doit y avoir un procès. Il me faudra également plusieurs souvenirs afin de prouver la véracité des dires de M. Nott.

- Je m'en occuperai, déclara Severus. J'ai les compétences pour cela.

- Je le sais bien, répliqua Mrs Bones, l'air soudain tendue. Il faudra vous assurer qu'il ne puisse pas brouiller ses souvenirs ou en créer de faux lorsque vous serez dans son esprit.

- Je ne ferai jamais ça, rétorqua Théo.

- Ce n'est pas contre vous, M. Nott. C'est juste la procédure.

- Et comment ça va se passer, exactement ? Comment allez-vous vous y prendre pour vous assurer que mes souvenirs sont vrais ? Vous allez me passer sous Veritaserum et je devrai dire si j'ai créé ou non de faux souvenirs ou si je les ai brouillés ? Si je l'ai fait et que je suis obligé de l'avouer, vous allez devoir recommencer ? Ça peut durer longtemps, comme ça. À moins qu'il existe une potion ou un sort pour m'empêcher de brouiller ou de créer des souvenirs ? S'il y a une potion, je veux bien la prendre, ça ne me dérange pas, mais ce serait inutile puisque, de toute façon, je n'ai aucune envie de m'amuser à fabriquer de faux souvenirs pendant qu'on sera dans mon esprit... Je n'ai rien à cacher, tout ce que je viens de vous dire est vrai, je n'ai donc aucune raison de créer des souvenirs dans lesquels mon père me fait ce que je viens de vous raconter. Ça m'a assez traumatisé pour que je veuille revoir ça dans mon propre esprit.

Severus dut se retenir de sourire en voyant l'air complètement dépassé de Mrs Bones. Elle venait de faire la connaissance de la facette quelque peu déconcertante de Théo. Elle se tourna vers Severus.

- Vous êtes sûr de lui avoir donné une potion calmante ? demanda-t-elle, l'air clairement sceptique.

- Absolument sûr. Cette potion calme la personne qui la boit, mais n'empêche pas sa vraie nature de ressurgir à tout moment. Il est tout à fait normal, je vous rassure. Mais je crois qu'il a besoin d'être rassuré. Si ce jeune homme veut bien vous laisser parler, bien sûr.

Théo se mit à rougir, l'air contrit.

- Excusez-moi, je ne voulais pas m'emporter comme ça.

- Ce n'est rien, vos questions sont légitimes, assura Mrs Bones en se radoucissant. Et je vais y répondre. Il existe en effet une potion afin d'empêcher une personne de modifier ses souvenirs ou d'en créer des faux. Elle est dosée pour être effective le temps de l'extraction des souvenirs que le Legilimens devra rechercher. Mais M. Snape vous expliquera tout cela plus en détails. Il est dans son domaine à la fois en tant que potionniste et en tant que Legilimens. Avez-vous autre chose à me dire, M. Nott ?

- Non, je vous ai tout dit.

- Bien, dans ce cas j'ai juste quelques questions à vous poser. Savez-vous comment votre père se procurait les baumes et les potions de soins qu'il utilisait pour vous soigner ?

- Pas vraiment, je sais juste que ces potions et ces baumes n'étaient pas légaux. Il devait sûrement se servir de ses connaissances.

- D'accord. Votre père usait-il également d'insultes, d'humiliations, de remarques désobligeantes et d'autres violences morales ?

- Tout cela à la fois. Cela ne me semblait pas nécessaire de le préciser puisque...

Théo se tut. Severus sentit qu'il ne voulait pas entendre la suite.

- Puisque ? insista Mrs Bones.

Théo se mordit les lèvres.

- J'ai fini par croire à tout ce qu'il me disait, alors pour moi ce n'étaient plus vraiment des insultes et des remarques désobligeantes. Ni même des violences morales.

Severus dut se retenir pour ne pas se rendre immédiatement à Azkaban afin d'aller tuer le vieux Nott.

- Pouvez-vous me dire ce qu'il vous disait ?

- C'étaient toujours les mêmes choses mais je ne m'en souviens plus vraiment tellement il y avait d'insultes et de remarques. Je n'ai pas l'esprit assez clair pour me rappeler certaines d'entre elles.

- Je comprends. Vous verrez cela avec M. Snape lorsqu'il extraira vos souvenirs. Ce sera sûrement plus simple pour vous. Je crois ne plus rien avoir à vous demander. Avez-vous des questions ?

- Oui. Est-ce qu'il va y avoir un procès ?

- Je ne peux pas encore vous le dire. Des Aurors devront interroger votre père mais si je dois être tout à fait honnête, il est fort probable qu'il y ait un procès. Il m'est cependant impossible de vous l'affirmer pour le moment, par pure déontologie.

- Je vois. Mais s'il y a un procès, est-ce qu'il aura lieu un autre jour que celui qu'il doit déjà avoir pour être jugé concernant son passé et ses actes de Mangemort ?

- Non, même si ce sont deux affaires différentes, elles seront réglées durant le même procès. Nous avons arrêté tellement de Mangemorts en plus d'autres malfaiteurs que les procès vont s'enchaîner à une vitesse hallucinante. Nous n'avons donc pas le temps de faire deux procès distincts pour une seule et même personne.

- D'accord. Est-ce que je vais vraiment devoir y participer ? Vu que vous aurez mes déclarations et mes souvenirs, vous n'aurez donc pas besoin de moi ?

- Votre présence sera quand-même requise. Je sais que ce n'est pas une partie de plaisir mais c'est essentiel. Mais vous ne serez pas seul. Le professeur Snape sera avec vous et vous aurez le droit d'avoir un avocat. C'est à vous de choisir sur ce point mais je vous le recommande vivement.

- Je vais y réfléchir, dit Théo.

- Avez-vous d'autres questions ?

- Non, c'est bon.

- Bien, vous pouvez y aller, dans ce cas. Sauf vous, M. Snape. J'aimerais vous parler.

- Navré mais je dois retourner à Poudlard, dit Severus. De plus, je ne peux décemment pas laisser M. Nott tout seul.

- Je ne veux pas vous retenir très longtemps. Vous avez bien cinq ou dix minutes ?

Severus s'apprêtait à répondre mais quelqu'un frappa à la porte du bureau au même moment.

- Entrez, lança Mrs Bones.

La porte s'ouvrit sur la même Auror aux cheveux roses que Severus avait vue à deux reprises au cours de l'été.

- Tonks, par Merlin que faites-vous ici ?! s'exclama Mrs Bones. N'êtes-vous pas censée être en repos ?

- Censée est le mot juste, en effet. Vu qu'on m'a envoyée en repos alors que je n'en avais absolument pas besoin, eh bien me voilà.

- Vous êtes désespérante, s'agaça Mrs Bones.

Son regard se posa sur Théo. Le sourire qui apparut sur ses lèvres n'augura rien de bon pour Severus.

- Tout compte fait, c'est une bonne chose que vous soyez là, ma chère Tonks. Puisque vous avez visiblement besoin d'occupations, je vais vous en donner une. Pouvez-vous raccompagner M. Nott à Poudlard ? Je dois parler à M. Snape et il n'est pas rassuré à l'idée de laisser M. Nott seul un instant. Vous emmènerez M. Nott au bureau du directeur afin de lui expliquer la situation.

- Très bien, je m'en occupe tout de suite ! En plus je le connais déjà, on s'est vus cet été. Allez, suis-moi Théo. Tu devrais te sentir honoré, tu sais. Tu vas te faire raccompagner par une Auror, c'est trop la classe ! Ne vous en faites pas, M. Snape, je vais bien prendre soin de votre élève.

Sans attendre de réponse, Tonks sortit du bureau en traînant joyeusement Théo derrière elle. Alors qu'il aurait dû regarder son élève partir, ce fut la jeune Auror que le regard de Severus suivit jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision. Lorsqu'il s'en rendit compte, Severus se retrouva gêné et cacha son trouble en reportant son attention sur la directrice du service de la justice magique.

- Tu n'as pas honte ?! siffla-t-il, outré.

- De quoi tu parles ?

- Ne fais pas l'innocente. Tu as profité de cette jeune Auror pour lui refiler le gamin afin de pouvoir me garder et me parler ! Ce n'est pas du tout professionnel !

- Tonks était là, elle voulait travailler et elle n'avait manifestement aucune envie de profiter de son jour de repos qu'on l'a pourtant forcée à prendre. Et elle paraissait visiblement très heureuse de s'occuper de ton élève. Tu peux lui faire confiance, elle est très douée avec les adolescents.

- Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre. Mais ce n'était pas une raison pour lui demander de ramener mon élève à Poudlard !

- Je n'avais que cette solution pour pouvoir te parler.

- Il ne t'est pas venu à l'esprit que si je refusais de rester, c'était parce que je n'avais pas envie d'avoir une discussion avec toi ?

Amelia sembla blessée. Severus n'arriva pas à s'en vouloir. Leur histoire était terminée depuis bien longtemps, il ne pensait pas qu'elle chercherait à lui remettre le grappin dessus ! D'autant plus que c'était elle qui l'avait quitté.

- Je voulais simplement qu'on discute calmement, se justifia-t-elle. De l'eau a coulé sous les ponts, je pensais qu'on pourrait repartir sur de bonnes bases, toi et moi.

- Tu t'es faite refouler par un homme qui t'intéresse, c'est ça ? Du coup tu as décidé de te réconforter avec moi en attendant que cet homme daigne te regarder ? Tu m'as déjà fait le coup, Amelia.

- Tu n'avais pas dit non à l'époque ! J'ai été franc-jeu, avec toi !

- Parce que j'avais deviné ce qui s'était passé ! Sinon tu ne me l'aurais jamais dit !

- Ça ne t'a pas empêché d'accepter de sortir avec moi ! Et puis je te rappelle que tu étais intéressé par une autre fille, de ton côté ! Une fille qui n'a jamais voulu de toi ! Une fille que tu as traitée de...

- Ça va, je sais, merci ! Je m'en souviens ! Inutile de me rappeler ! Je l'ai assez regretté comme ça ! Ce n'est pas ça que je te reproche, de toute façon. C'est la façon dont tu m'as quitté. Tu savais que j'avais fini par tomber amoureux de toi. Qu'il n'y avait que toi qui me rendait heureux durant la journée. Tu m'as laissé me faire des illusions et tu m'as quitté du jour au lendemain à cause de simples rumeurs qui circulaient dans l'école.

- Rumeurs qui se sont révélées exactes ! se défendit Amelia.

- Tu ne l'as su qu'après ! Bien après ! Tu n'as même pas cherché à savoir si c'était vrai ou non ! En soi, oui, c'était vrai, enfin en partie seulement. J'étais effectivement intéressé pour rejoindre les rangs des Mangemorts parce que je n'avais plus que ça à faire. Mais je n'avais pas encore pris ma décision. Parce que je ne voulais pas perdre la seule personne à qui je tenais encore à cette époque. Sauf que cette personne m'a abandonné sans me laisser l'occasion de m'expliquer. Pourtant, si tu ne m'avais pas quitté, j'aurais pu rester du bon côté. Parce que c'est plus facile de se battre contre ses démons quand on a quelqu'un à côté de soi pour nous soutenir et nous aider. Sauf que là, je me suis retrouvé tout seul. Je n'avais plus personne sur qui compter. Alors j'ai choisi la facilité. Car j'étais incapable de me battre seul contre la pression que me mettait Tu-Sais-Qui pour que je rejoigne ses troupes. Tout ça, j'aurais pu te le dire si tu m'en avais laissé le temps. Mais au lieu de ça tu as préféré aller te réfugier dans les bras de ce garçon qui t'avait toujours intéressée, qui s'était enfin rendu compte de ton existence et qui avait commencé à te tourner autour. Un Serdaigle bien sous tous rapports, sans projet de marque sur l'avant-bras et qui comptait sûrement faire un métier noble et honorable. Je ne pouvais pas lutter face à une perfection pareille. Crois-moi, ce n'est pas de gaieté de coeur que je suis devenu un Mangemort. C'est juste que j'étais isolé, que je n'avais plus personne et que je n'avais pas envie de passer ma vie à me cacher pour échapper au recrutement de Tu-Sais-Qui. J'ai longtemps regretté d'avoir fait ce choix. Mais je n'ai pas pu revenir en arrière.

Severus termina sa tirade sur ces mots. Amelia semblait choquée.

- Je ne savais pas tout ça, murmura-t-elle.

- Évidemment, puisque je n'ai pas pu te le dire, ironisa Severus.

- C'est bon, j'ai compris que tu m'en voulais, pas la peine de continuer à te montrer désagréable, s'agaça Amelia. Si j'avais su, je me serais conduite différemment avec toi. Mais je ne serais pas restée avec toi pour autant. Ça aurait été au-dessus de mes forces, Severus. Juste le fait que tu avais l'idée de devenir un Mangemort, c'était trop pour moi. Je voulais déjà faire carrière dans la justice, c'était tout bonnement incompatible pour moi d'être en couple avec quelqu'un qui était attiré par les idées des Mangemorts. Car c'était eux que j'allais devoir combattre. Cela signifiait que j'allais devoir également te combattre toi. J'étais coincée. Je ne pouvais pas renoncer à mon choix de carrière. C'était ce que je voulais faire depuis que j'étais toute gamine.

- Alors tu ne devais pas m'aimer assez pour vouloir tenter de me raisonner. Tout compte fait, c'est sûrement toi qui avait raison. Nous n'étions pas faits pour être ensemble. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle. Maintenant je comprends mieux. Mais je maintiens que si j'avais été soutenu, je n'aurais pas fait le mauvais choix.

- Mais les choses ont changé, désormais. Tu n'es plus un Mangemort, tu es potionniste, professeur et d'après ce que j'ai compris, tu as même un diplôme de médicomage. L'homme que tu es aujourd'hui n'a rien à voir avec l'adolescent que tu étais lors de nos années Poudlard. Cet homme que tu es maintenant, je peux l'aimer.

- Désolé mais ça ne va pas être possible. Je veux bien qu'on soit amis mais ça s'arrête là.

- Tu ne veux pas y réfléchir ?

- Non. Je ne changerai pas d'avis. Je suis désolé, Amelia.

- Pa autant que moi. Je ne vais pas te retenir plus longtemps, alors. En plus, j'ai du travail.

- Bien, je vais te laisser, dans ce cas. Passe une bonne fin de journée.

Severus fit un signe de tête à Amelia et quitta son bureau. À peine eut-il fait quelques pas qu'il croisa Tonks.

- Ah, chouette, vous êtes encore là ! s'exclama la jeune Auror. Je reviens de Poudlard, j'ai bien amené votre élève au directeur. Il a été surpris de me voir, je lui ai dit que vous aviez été retenu par la directrice du service de la justice magique, que ça ne rigolait pas avec elle, que vous ne pouviez pas refuser et il a très bien compris. Je lui ai donc laissé votre élève qui, je vous rassure, va très bien. Je ne l'ai pas blessé à cause d'une de mes innombrables maladresses. Il avait juste l'air un peu fatigué.

- Si vous avez parlé à cette vitesse pendant tout le temps que vous avez passé avec lui, cela n'a rien d'étonnant qu'il soit épuisé...

- Il semblait très intéressé par ce que je lui disais, se défendit Tonks. Je lui ai raconté mes bourdes commises pendant ma formation d'Auror, ça l'a beaucoup fait rire. Il est adorable. Il doit être facile à gérer en cours. Beaucoup plus que moi.

- Les deux choses que je vous reprochais durant votre scolarité, c'étaient vos maladresses et vos bavardages incessants. Je ne sais pas comment vous faisiez pour obtenir d'aussi bonnes notes alors que vous n'écoutiez pas en cours.

- Mais si, j'écoutais ! s'offusqua Tonks. Je prenais même beaucoup de notes. Ce n'est pas de ma faute si j'arrivais à écrire tout en parlant... Mais avec le recul, j'avoue que ça devait être très agaçant. Franchement c'est cool de ne pas m'avoir sous-notée à cause de ça. Sans un Effort Exceptionnel ou un Optimal en potions aux ASPIC, je n'aurais jamais pu devenir Auror.

- Cela aurait été dommage.

- Oui, il n'y avait pas vraiment d'autres métiers qui m'intéressaient.

- Non, je voulais dire... pour le Ministère. Cela aurait été dommage qu'il se prive de vous.

Severus se sentit mal à l'aise en voyant Tonks le regarder avec des yeux ronds comme des gallions. Il cherchait un moyen de se sortir de cette situation gênante lorsqu'elle éclata de rire.

- Oh vous m'avez fait peur, j'ai cru que vous étiez sérieux ! Je suis vraiment trop naïve. Une vraie Poufsouffle ! Bon, je dois retourner travailler. Enfin, normalement je dois être de repos mais je n'ai pas besoin de me reposer alors je vais essayer de me rendre utile au Ministère. Bon retour à Poudlard, M. Snape.

Tonks s'éloigna sous les yeux d'un Severus totalement dépassé. Il aurait voulu la retenir, lui dire que ce n'était pas une blague, qu'il pensait vraiment ce qu'il disait, mais... à quoi bon ? Si elle pensait qu'il était incapable de reconnaître qu'elle était une bonne Auror, eh bien tant pis pour elle ! Il se sentait tout de même frustré. Mais il ne savait pas pourquoi. Parce qu'elle ne l'avait pas cru ? Parce qu'il n'avait pas pu s'expliquer ? Parce qu'il aurait voulu rester plus longtemps avec elle ? Non, ça ne pouvait pas être la troisième option. Pourquoi aurait-il voulu passer plus de temps avec elle ? Pour admirer ses cheveux rose bonbon ? Non mais et puis quoi encore ! Il avait du travail qui l'attendait à Poudlard, en plus. Lui n'était pas en repos. Ce fut donc irrité contre lui-même qu'il sortit du Ministère avant de transplaner. Cela aurait été beaucoup plus rapide de prendre la poudre de Cheminette, étant donné qu'il ne pouvait pas transplaner et atterrir dans l'enceinte de Poudlard mais cela lui ferait du bien de marcher. Et c'est ce qu'il fit. Il avait vraiment besoin de se changer les idées. Pourtant, sur tout le chemin qui menait des grilles aux portes du château, la jolie Auror aux cheveux roses et au rire clair ne quitta pas une seule seconde son esprit...

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(lundi 30/10) POV Draco

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- Il est passé où, mon exemplaire de la Gazette ?

- Aucune idée. Tu es sûr de l'avoir reçu ?

- Évidemment, répliqua Draco, agacé. Je ne l'ai pas lu ce matin car je n'avais pas le temps mais maintenant qu'on a fini les cours, j'aimerais bien savoir comment se porte le monde magique.

- Il n'a pas beaucoup changé depuis hier, répondit platement Blaise. Franchement ça ne vaut pas le coup que tu cherches ton exemplaire et que tu perdes du temps à le lire.

- Je n'ai que ça à faire, mon binôme est avec son mec et l'entraînement n'a lieu que dans trois heures. Alors je peux tout à fait perdre mon temps à lire la Gazette.

Sur ces mots, Draco repartit à la recherche de son exemplaire. Il était certain de l'avoir posé dans son dortoir avant d'aller en cours. Il ne pouvait pas avoir disparu en une journée ! En soi, ce n'était pas bien grave s'il ne pouvait pas lire la Gazette. Ce n'était qu'un passe-temps pour lui. Mais il avait horreur de perdre quelque chose, lui qui était toujours si ordonné. C'était comme une insulte à son égard. Il fouilla donc de fond en comble sa partie du dortoir, sans pour autant mettre la main sur son journal. Il se tourna vers Blaise qui était allongé sur son lit et qui semblait plongé dans un bouquin. Sauf qu'il avait les yeux beaucoup trop fixes pour être réellement en train de lire son livre. Il eut soudain un terrible doute.

- Blaise ?

- Oui ?

- Tu n'aurais pas caché mon exemplaire, par hasard ?

- Pourquoi aurais-je fait ça ?

- Je ne sais pas, c'est à toi de me le dire.

- Ne le prends pas mal, je voulais juste...

- Alors tu l'as vraiment caché ? Non mais t'as quel âge, sérieux ? Moi j'ai largement passé celui de jouer à cache-cache alors rends-moi tout de suite mon journal !

- Ça va, ne t'énerve pas...

Blaise ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en sortit un journal qu'il tendit à Draco.

- Je voulais simplement te préserver.

- J'ai quinze ans, Blaise, je n'ai plus besoin qu'on me couve !

Draco tira brusquement les rideaux qui séparaient son lit de celui de Blaise, se vautra sur son lit et ouvrit son journal sans prendre la peine de lire les gros titres. Il aurait peut-être dû. Rien ne le préparait à ce qu'il découvrit sur la première double page. En grosses lettres s'étalait l'information suivante : «Les Aurors auraient retrouvé la trace du Mangemort Lucius Malfoy et de sa femme». Il resta bloqué un long moment sur ces mots. Il savait que cela allait arriver un jour. Il savait que ses parents finiraient par être retrouvés. Il savait qu'ils avaient tous les Aurors à leurs trousses. Mais tant que ces derniers n'avaient toujours pas de piste sérieuse, Draco avait l'infime espoir que ses parents ne se fassent pas retrouver. Ils avaient beau l'avoir abandonné, il les aimait quand-même toujours. Ils n'avaient pas réellement voulu l'abandonner. Ils n'avaient tout simplement pas eu le choix. Et ils savaient qu'il serait entre les mains de la bonne personne. Draco ne manquait pas d'amour, bien au contraire. En réalité, il n'en voulait pas à ses parents. Mais il le faisait croire parce qu'il ne voulait pas admettre qu'ils lui manquaient terriblement. C'était pour cela qu'il refusait d'en parler. Quoi qu'il en soit, il préférait les savoir en liberté plutôt qu'à Azkaban. Il réalisa alors soudain et pleinement que, si les Aurors les retrouvaient vraiment, c'était ce qui attendait ses parents. Azkaban. Ils n'en ressortiraient sûrement plus jamais. Cette pensée lui fut insupportable. De rage, il envoya valser son exemplaire de la Gazette et il donna un coup de pied dans sa table de chevet. La voix inquiète de Blaise s'éleva alors :

- Draco, ça va ?

Draco ne répondit pas. La respiration rapide, il fixait le sol. Il ne réagit pas non plus lorsqu'il entendit les rideaux derrière lui s'ouvrir. Cependant, lorsqu'une main se posa sur son épaule, il se retourna brusquement. La main se retira aussitôt alors que Blaise faisait un pas en arrière, effrayé par la colère qui devait se lire sur le visage de Draco.

- Pourquoi tu as voulu me cacher ça ?! cria celui-ci. Tu ne penses pas que j'avais le droit de savoir ?!

- Je te l'ai dit, je voulais te préserver, se défendit Blaise. Et quand je vois ta réaction, je ne le regrette absolument pas. C'était justement ça que je souhaitais éviter : que tu te mettes en colère.

- JE NE SERAIS PEUT-ÊTRE PAS EN COLÈRE SI UN DE MES MEILLEURS AMIS N'AVAIT PAS ESSAYÉ DE ME CACHER UNE INFORMATION IMPORTANTE QUI ME CONCERNE !

Jamais Draco n'avait hurlé ainsi. C'était la première fois qu'il haussait la voix sur un de ses amis. Il était vraiment hors de lui.

- Je suis désolé, j'ai fait ça pour ton bien...

- Mais je ne t'ai rien demandé ! Tu n'avais pas à faire ça !

- Je suis désolé, répéta Blaise.

- Je n'en ai rien à faire.

Draco se leva de son lit, prit sa baguette et se dirigea vers la porte du dortoir.

- Où vas-tu ?

- Ça ne te regarde pas ! Tu t'es assez mêlé de mes affaires pour aujourd'hui !

Il sortit du dortoir sur ces mots et claqua la porte derrière lui. Il réserva le même sort à la porte de la salle commune sans tenir compte des regards des Serpentard qui se posèrent sur lui. Il commença à arpenter les couloirs sans se demander où il allait. Il avait besoin de marcher, c'était tout ce qu'il savait. Il en eut cependant vite marre de se promener dans le château. Il était tellement énervé qu'il avait chaud et qu'il étouffait donc dans ces espaces confinés. Il décida alors de sortir dehors. L'air y sûrement plus respirable. Il sortit du château et se dirigea vers l'orée de la forêt interdite. C'était là où Théo se rendait lorsqu'il voulait être seul. Draco n'y était jamais allé car il n'avait jamais ressenti l'envie de s'isoler. Enfin, là, il avait surtout besoin de se calmer. Ça non plus, ça ne lui était encore jamais arrivé. D'habitude, il restait maître de ses émotions. Il ne s'énervait jamais. Du moins, pas au point de se mettre à crier sur quelqu'un comme il l'avait fait avec Blaise. Ça ne lui ressemblait pas. Il commençait d'ailleurs à s'en vouloir. Mais il était encore trop sur les nerfs pour aller s'excuser. Il valait mieux attendre. Il parlerait à Blaise après l'entraînement. Heureusement, ils n'avaient pas besoin d'échanger ensemble durant la séance puisqu'ils n'occupaient pas le même poste. Ils ne faisaient même pas partie de la même «équipe». Draco en était là dans ses pensées lorsqu'il vit la moitié d'une ombre dans la clairière devant laquelle il s'était arrêté. Il aurait dû deviner ce que c'était pour avoir souvent entendu Théo en parler mais il fut tout de même surpris de voir une licorne émerger de l'obscurité de la forêt interdite. Elle fut bientôt suivie par d'autres licornes, toutes aussi pures et blanches les unes que les autres. Draco les avait déjà vues plusieurs fois en cours de soins aux créatures magiques mais là... c'était différent. Il n'était pas en cours. Il était seul. Il n'avait pas d'explications à écouter. Il pouvait concentrer toute son attention sur ces créatures. Et ce fut ce qu'il fit. Il s'était souvent demandé comment Théo pouvait passer des heures à les regarder – ça, c'était avant qu'il n'apprenne que Théo pouvait également les caresser et qu'il ne passait donc pas son temps uniquement à les regarder – mais à présent il comprenait parfaitement. Elles avaient un côté fascinant. Leur beauté était incontestable. Elles étaient discrètes et, pourtant, elles attiraient le regard malgré elles. Il émanait d'elles une élégance qui n'appartenait qu'à elles. Elles étaient hypnotisantes. Draco envia soudain Théo de pouvoir les caresser. Cela devait être un moment à part, hors du temps. Il se demanda quelle serait la réaction de Théo s'il lui disait qu'il était lui aussi tombé sous le charme des licornes. Draco savait qu'il ne se moquerait pas. Mais il serait sans doute surpris. Bon, Théo ne risquait pas de l'apprendre tout de suite puisqu'il était actuellement à son cours de runes. Il ne devait pas se demander ce que faisaient ses amis en ce moment-même. Ou peut-être bien que si. Théo était capable de se poser la question tout en suivant le cours. Draco l'admirait pour ça... et pour plein d'autres choses.

Il resta donc pendant deux heures et demie à regarder les licornes qui ne semblaient absolument pas gênées par sa présence. Elles l'observaient parfois aussi pendant un moment, l'air plus intriguées qu'autre chose. Draco ne voyait pas de peur dans leur regard. Ce fut à regret qu'il les quitta pour aller chercher ses affaires de Quidditch dans son dortoir. Lorsqu'il arriva, Blaise n'était plus là. Il devait sûrement déjà être dans les vestiaires. Il en eut la confirmation en y pénétrant cinq minutes plus tard. Il n'y avait encore presque personne puisqu'il n'était pas encore tout à fait dix-sept heures. Tout le monde ne finissait pas le lundi à quatorze ou seize heures comme les cinquième année. Théo était déjà là, tout comme Blaise et Pansy. Draco s'installa à la droite de Théo qui avait pourtant laissé une place entre Blaise et lui. Théo fut probablement surpris mais il ne fit aucun commentaire. C'était ça, entre autres, que Draco appréciait chez lui. Il ne le bombardait pas de questions dès qu'il remarquait quelque chose d'étrange dans son comportement. Ce ne fut donc pas par les questions inexistantes de Théo que Draco fut dérangé, mais par les regards que tous ses coéquipiers posèrent sur lui lorsqu'ils entrèrent dans les vestiaires. Ils avaient sûrement lu la Gazette, eux aussi. Cela le gêna autant que ça l'agaça. Il avait l'impression d'être une bête de foire et il avait horreur de ça. Mais il ne fut pas le seul à en être irrité puisque Pansy ne tarda pas à s'en mêler :

- Ben quoi ? Pourquoi vous regardez tous Draco comme ça ? Il a un bouton sur le nez ? Moi je n'en vois pas, perso. Je ne vois même rien d'anormal sur son visage. Et même si c'était le cas ce ne serait pas une raison pour le fixer comme vous le faites. Ce n'est pas poli du tout. Alors vous êtes priés d'arrêter tout de suite. Le premier qui me demande de quoi je me mêle, je lui ferais simplement remarquer que je suis préfète. Il est donc de mon devoir de réprimer ce genre de comportement. Voilà, c'était l'intervention chiante de la journée. Désolée, Graham, je ne voulais pas casser l'ambiance.

- Ce n'est pas grave. Tout compte fait c'est bien qu'il y ait deux préfets dans l'équipe. Ça permet d'y remettre de l'ordre quand il y en a besoin. Bon, on va passer directement au briefing, puisque tout le monde est là. Le match contre Gryffondor arrive à grands pas, il faut mettre les bouchées doubles et s'entraîner dur pour avoir une chance de gagner. Ça nous aiderait d'avoir la stratégie des Gryffondor mais on peut toujours rêver pour l'obtenir. Adrian pourrait nous y aider mais il tient trop à son couple pour ça. C'est un vrai Poufsouffle quand il est amoureux. Bon, du coup on va se baser sur les points forts et les points faibles des joueurs de Gryffondor. C'est presque la même équipe qu'il y a deux ans, il n'y a que le gardien qui a changé. Il ne sera jamais aussi bon que Dubois, il ne faudra donc pas hésiter à marquer. On peut engranger pas mal de points. Après, les trois poursuiveuses ont chacune leurs points forts et leurs faiblesses. Spinnet, par exemple, perd vite ses moyens lorsqu'elle se retrouve cernée. Dès qu'elle a le souafle, il faut donc la prendre en sandwich, comme ça, ça la stresse et il y a des chances qu'elle lâche le souafle. En tout cas, ce sera plus facile de le lui prendre. Bell, elle, se fait souvent distraire par les cognards. Crabbe, Goyle, n'hésitez donc pas à la viser quand elle aura le souafle. Johnson, en revanche, n'a pas vraiment de points faibles. Il faut donc se concentrer sur ses deux coéquipières. Elle ne peut pas gagner un match à elle seule. Les jumeaux Weasley, vous les connaissez, ce sont de vrais cognards humains. Ne baissez donc jamais la garde. Quant à Potter, eh bien je pense qu'il faut simplement prier pour qu'il lui arrive quelque chose la veille du match et qu'il ne puisse donc pas le jouer. Bon, il ne faut pas que ce soit trop sérieux sinon Adrian ne pourra pas s'amuser le soir avec lui.

- Mais arrête avec ça ! protesta Pucey.

- Quoi, je n'ai pas raison peut-être ? Depuis quelques temps tu rentres tard, le soir.

- Je ne crois pas que ce soit le sujet, dit prudemment Pansy.

Graham pinça les lèvres.

- Ouais, nous en reparlerons plus tard. Je tiens juste à préciser que je vous veux tous en forme le jour du match. Alors hors de question que vous batifoliez avec vos copains ou vos copines la veille au soir. Je pense que vous pouvez survivre à un soir d'abstinence. Bon, je crois que je vous ai tout dit. Dépêchez-vous de vous changer, je vous veux sur le terrain dans cinq minutes !

Draco s'empressa d'obéir et alla vite enfiler sa tenue. Il arriva sur le terrain en même temps que les autres. Au coup de signal, il s'envola sur son balai. Il prit de l'altitude et se stabilisa afin de regarder ce qui se passait un peu plus bas. Ce qu'il vit le troubla quelque peu. Pucey, qui était sans conteste le meilleur poursuiveur de l'équipe, ne semblait pas être dans son bon jour puisqu'il lâcha à plusieurs reprises le souafle. «Bien fait» pensa Draco. Il avait une certaine rancoeur envers Pucey depuis qu'il l'avait pratiquement viré de la salle des binômes cinq jours plus tôt. Il avait surtout mal pris la façon dont Pucey s'était comporté envers son binôme. Il n'avait pas apprécié du tout de voir Pucey traiter Potter comme son chien. Il se fichait donc comme de sa première baguette que Pucey fasse un mauvais entraînement, il espérait juste qu'il retrouverait son niveau habituel lors du match contre Gryffondor. Mais il n'y avait pas que lui qui semblait manquer de concentration. Blaise n'était pas très brillant, lui non plus. Mais ça, c'était peut-être parce que Draco et lui s'étaient disputés trois heures avant l'entraînement. C'était même sûrement ça. Draco allait vraiment devoir lui parler. Sinon, à part Pucey et lui, les autres joueurs étaient à leur niveau habituel. Enfin ça, c'était ce que Draco pensait avant que Miles ne tombe d'un coup de son balai sans raison apparente. Graham gagna aussitôt la terre ferme afin d'aller voir le gardien titulaire de l'équipe. Ce dernier n'avait visiblement rien de grave puisqu'il ne tarda pas à remonter sur son balai et à reprendre sa place dans les buts. L'entraînement reprit, mais Draco vit bien qu'il n'y avait aucune dynamique. D'habitude, il se régalait à voir son équipe jouer, mais là c'était tellement mollasson qu'il décrocha et se perdit dans ses pensées. Elles dérivèrent évidemment vite sur ce qu'il avait appris dans la Gazette en début d'après-midi. Il songea à ses parents, au fait que les Aurors étaient sur leur trace et cela lui suffit pour qu'il se mette à paniquer. Non, il ne devait pas penser à ça maintenant. Il devait rester concentré. À peine se fit-il cette réflexion qu'il vit Harper passer devant lui à la vitesse de l'éclair. Il ne mit qu'une demie-seconde à comprendre qu'il avait vu le vif d'or. Il ragea contre lui-même. Perdu qu'il était dans ses pensées, il avait complètement relâché son attention ! Il poursuivit aussitôt Harper mais il était déjà parti loin. Il allait vite, ce bougre ! Il suivait les zigzag du vif d'or avec une aisance naturelle qui impressionna Draco malgré lui. Il devait reconnaître que son remplaçant était bon. Mais il devait le rattraper. C'était lui qui devait avoir le vif d'or, et non Harper ! Il deviendrait la risée de l'équipe s'il se faisait doubler par son remplaçant ! Cela ferait vite le tour de l'école, tout le monde se moquerait de lui et il n'aurait plus aucune crédibilité ! Que dirait son père si... Non, il ne devait pas penser à lui. Trop tard, le visage déçu de son père s'imposa dans son esprit. Il avait rejoint l'équipe deux ans plus tôt dans l'espoir de rendre son père fier de lui. Même s'il ne le verrait plus jamais jouer, Draco ne pouvait s'empêcher de vouloir attraper le vif d'or pour le rendre fier. Mais Harper était vraiment beaucoup trop loin. Il volait à la même vitesse que Draco qui n'arrivait donc pas à grignoter son retard. Alors qu'il voyait Harper tendre le bras et refermer ses doigts sur la petite balle, il entendit un cri et un bruit de chute. Il se retourna brusquement et vit tout le monde se précipiter à terre. Il fit de même, inquiet et ne sachant pas qui était tombé. En s'approchant, il découvrit que c'était Cassius.

- Mais qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Graham. J'ai vu le cognard arriver sur Cassius et Théo qui étaient engagés dans un duel serré mais je n'ai pas vu d'où venait le cognard. Dites-moi que ce n'était pas voulu ? Dites-moi que ce cognard n'a pas été sciemment lancé à une vitesse pareille ?!

- Je crois bien que si, répliqua Erwan Gray, l'un des batteurs remplaçants. Je pense que Goyle voulait viser Théo mais qu'il a raté sa cible et qu'il a touché la mauvaise personne. En tout cas, c'est Goyle qui a lancé le Cognard, ça, c'est sûr.

Graham se tourna vers Goyle.

- Est-ce vrai ?

- Bah... s'il le dit...

- Non, je veux une réponse claire.

- Oui, c'est vrai, céda Goyle.

- Tu es au courant que nous sommes en entraînement ? Qu'il n'y a aucun vrai enjeu ? Que ça ne servait donc à rien de frapper aussi fort ?! À cause de toi Cassius est sûrement out pour le match contre Gryffondor !

- On ferait peut-être mieux de l'emmener à l'infirmerie, d'ailleurs, non ? suggéra Miles. Enfin, s'il peut se relever... Cassius, ça va aller ?

- Ouais, j'ai juste le bras en vrac, c'est tout.

- Bon, Erwan, Neil, emmenez-le, ordonna Graham. Adrian, Blaise, Miles et Draco, je dois vous parler après avoir mis les choses au clair avec Gregory. Attendez-moi dans les vestiaires.

«Aïe, ça ne sent pas bon» pensa Draco. Bien conscient d'avoir été mauvais durant l'entraînement, il plaignit Graham d'avoir eu une bande de bras cassés ce jour-là. Bon, pour Miles, il voulait sûrement s'assurer de son état de forme. Mais pour Pucey, Goyle, Blaise et lui, ça allait être une autre histoire. Quatre personnes à rappeler à l'ordre en un seul entraînement, cela faisait beaucoup. Avec ses trois camarades, Draco se rendit donc aux vestiaires où ils attendirent leur capitaine. Celui-ci arriva quelques minutes plus tard. Il voulut leur parler seul à seul et commença par Miles, avant d'appeler Blaise, puis Pucey. Si le premier sortit serein de son entretien avec Graham – ce qui confirmait les pensées de Draco – Pucey et Blaise, eux, faisaient mauvaise mine. Contrairement à leur coéquipier, ils avaient dû se faire reprocher leur prestation plus que moyenne. Draco savait qu'il allait subir les mêmes remontrances. Lorsqu'il avait intégré l'équipe, Graham en faisait déjà partie et il l'avait aussitôt pris sous son aile. Draco était vite devenu proche de lui et ce, jusqu'à la fin de sa quatrième année même si, l'année précédente, il n'y avait pas eu de Quidditch. Cependant, depuis la rentrée, Graham s'était éloigné de lui. Draco avait d'abord pensé que c'était dû à son statut de capitaine, mais il voyait pourtant Graham proche de Théo. Il ne s'était pas posé de questions jusqu'à ce qu'il apprenne que Graham était gay. Depuis, il soupçonnait son capitaine d'avoir des vues sur Théo. Et cela l'agaçait prodigieusement. D'une, parce que Théo n'était pas du tout prêt à avoir une relation et que Draco trouvait ça malsain de lui tourner autour comme ça, et de deux, parce que Draco était un tout petit peu jaloux de voir que l'attention de Graham était portée sur quelqu'un d'autre que lui. Il s'était habitué à être le chouchou de Graham et il voulait le rester.

Il fut sorti de ses pensées lorsque Graham l'appela. Draco le rejoignit, un peu anxieux.

- Qu'est-ce qui s'est passé aujourd'hui ? Pourquoi étais-tu autant à la traîne derrière Simon ? Tu as un problème avec ton balai ou quoi ?

- Non, non, il va très bien.

- Alors qu'est-ce qui t'est arrivé ?

- J'avais les idées ailleurs. Je sais, ce n'est pas une raison car je dois rester concentré mais... c'était compliqué, aujourd'hui.

Graham fronça légèrement les sourcils.

- À cause de ce qui est paru ce matin dans la Gazette ?

- Entre autres, oui.

Après une seconde d'hésitation, Draco ajouta :

- Je me suis engueulé avec Blaise à cause de ça.

- Oh, je comprends mieux. Blaise m'a dit qu'il s'était disputé avec quelqu'un mais il n'a pas voulu me dire qui.

Graham soupira.

- J'aurais dû me douter qu'il y aurait des problèmes de ce genre en vous prenant, Blaise, Théo, Pansy et toi. Lorsque deux d'entre vous se disputent, ça fait deux membres qui ne sont pas à leur max durant l'entraînement. Et à six jours du premier match de l'année, c'est assez problématique. Je passe l'éponge pour cette fois mais la prochaine fois qu'il y a une dispute au sein de votre groupe, je ne veux pas que ça transparaisse durant l'entraînement, est-ce clair ?

- Oui.

- Bien. Montre-toi bon lors du prochain entraînement et ce sera oublié.

- D'accord. Je peux y aller ?

- Non, j'ai quelque chose à te proposer. Vendredi soir je fête mon anniversaire, ça te dirait de venir ? Ça te changerait les idées.

Draco ne sut quoi répondre. Il ne s'attendait pas à ça. Graham le calculait à peine depuis la rentrée et d'un coup, il lui proposait de venir à sa fête d'anniversaire comme s'ils étaient de bons vieux amis ? «Peut-être veut-il justement se rapprocher de toi de nouveau» lui souffla une voix dans sa tête. Non, Graham n'en avait rien à faire de lui. Il voulait juste lui changer les idées, comme il le disait si bien. En plus, la fête de Graham aurait lieu l'avant-veille du match. Il voulait donc sûrement faire en sorte que Draco soit au top de sa forme, aussi bien dans son corps que dans sa tête. Il ne savait pas s'il devait accepter. Prudent, il demanda :

- Ce sera quel genre de fête ?

- Il y aura principalement des personnes majeures ou presque, il n'y aura donc pas que de l'eau et du jus de citrouille, si c'est ça ta question.

- C'était entre autres ça que je voulais savoir, oui. Je me rabattrai sur l'eau et le jus de citrouille. Et niveau invités, il y aura qui ?

- Nous serons une vingtaine de personnes, à savoir des sixième et des septième année. Tu peux ramener tes amis, si tu as peur de te sentir seul.

- Je leur demanderai, dit Draco, soulagé. Et où aura lieu cette fête ?

- Dans notre salle commune. Il n'y aura presque que des Serpentard, c'était donc plus pratique comme ça. On l'insonorisera pour ne pas déranger les gens dans leurs dortoirs et on s'assurera de ne pas se faire attraper.

- Comment ça ?

- Disons qu'avec tous les sorts qu'on posera sur la porte de la salle commune, on aura largement le temps de rejoindre nos dortoirs et de tout ranger lorsqu'on verra que quelqu'un essaiera d'entrer.

- Ingénieux, reconnut Draco.

- Alors, ça te tente ?

- Si je peux venir avec mes amis, oui.

- Blaise et Pansy seront les bienvenus.

Draco haussa un sourcil.

- Sympa pour Théo.

Graham prit un air moqueur.

- Tu sais très bien qu'il n'acceptera jamais de venir à une fête. Surtout si tu lui dis qu'il y aura de l'alcool et plus de vingt personnes. Il préférera passer la soirée seul en tête-à-tête avec son livre de runes ou d'arithmancie.

- Ce n'est pas très sympa, ce que tu dis, répliqua sèchement Draco. À quoi tu joues exactement, avec lui ? Tu lui tournes autour depuis la rentrée, il semble beaucoup t'intéresser et ça ne t'a pourtant pas empêché de te moquer de lui lorsqu'il a fait son coming-out involontairement. Tu as même été limite insultant envers lui alors qu'il n'était même pas là. Après coup je me suis demandé pourquoi j'avais empêché Potter de t'attaquer.

Graham perdit son sourire moqueur et s'approcha de Draco.

- Tu n'as donc toujours rien compris, dit-il à voix basse. Je n'en ai rien à faire de Théo. Ce n'est pas lui qui m'intéresse. Il est mignon, oui, j'en aurais même bien fait mon quatre heures s'il n'était pas aussi coincé mais c'est tout, ça s'arrête là. Si, comme tu dis, je lui tourne autour depuis la rentrée, c'était pour te rendre jaloux. Il n'y a toujours que toi qui m'a intéressé, Draco.

Draco sentit son coeur se mettre à battre plus vite alors qu'il ne comprenait pas ce que Graham essayait de lui dire. Enfin si, il pensait comprendre, mais... il devait se tromper. Il se faisait sûrement des idées. Cela faisait trois ans qu'il fréquentait Graham. Draco s'en serait forcément rendu compte si Graham était attiré par lui ! «Ah oui ? Et comment ? Tu as été incapable de voir qu'il était gay alors que Blaise, Pansy et Théo l'avaient vu, eux !» lui souffla de nouveau cette voix. Il devait bien reconnaître que cette voix avait raison. Il réalisa soudain que Graham s'était encore rapproché de lui. Un peu trop, même, selon Draco. Il ne fit pourtant aucun geste pour reculer, alors qu'il aurait pu. Il devait, pourtant. Il ne pouvait pas laisser une telle proximité entre Graham et lui. Mais c'était comme s'il était cloué sur place. Comme si ses pieds étaient collés au sol.

- Est-ce que tu as compris, maintenant ? murmura Graham. Tu m'as toujours plu, Draco. Je n'ai jamais osé te le faire comprendre clairement jusque-là parce que tu étais trop jeune pour que je tente quoi que ce soit avec toi. Mais là je pense que tu as suffisamment grandi.

Graham combla l'espace qui le séparait de Draco et posa ses lèvres sur les siennes. Surpris, Draco resta immobile pendant quelques secondes. Puis, très vite, il se sentit transporté par l'odeur de Graham et la sensation de ses lèvres sur les siennes. Sans vraiment réaliser ce qu'il faisait, il entrouvrit la bouche lorsque Graham demanda gentiment l'accès. La langue de son vis-à-vis trouva la sienne et la taquina alors que les mains de Graham glissaient dans son dos pour le rapprocher de lui. Draco se laissa faire, appréciant autant le baiser que la sensation du corps de Graham contre le sien. Il alla même jusqu'à répondre timidement au baiser, ce qui sembla beaucoup plaire à Graham. Mais tout prit subitement fin lorsque Draco se rendit compte qu'il était en train d'embrasser un garçon. Cette pensée le choqua, si bien qu'il se dégagea brusquement de l'étreinte de Graham. Celui-ci parut alors désorienté.

- Draco, qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose de mal ?

Draco fut incapable de répondre. Il se contenta de récupérer son sac de Quidditch et de quitter précipitamment les vestiaires. Heureusement, Graham ne chercha pas à le retenir. Draco rentra au château aussi vite que s'il avait le Quintaped aux trousses. Il se rendit immédiatement à son dortoir en passant d'abord par sa salle commune où, une nouvelle fois, tous les regards se posèrent sur lui. Il s'en moqua complètement. Lorsqu'il entra dans son dortoir, il découvrit avec soulagement que celui-ci était vide. Il rejoignit son lit, tira les rideaux et s'allongea en fermant les yeux. Il tenta de comprendre ce qui venait de se passer. Pourquoi avait-il laissé Graham l'embrasser ? Pourquoi avait-il lui-même répondu au baiser ? Pourquoi l'avait-il apprécié ? Cela n'avait aucun sens ! Il était hétéro ! Non, tout ça c'était à cause de ce qu'il avait lu dans la Gazette au début de l'après-midi et de sa dispute avec Blaise. Cela l'avait perturbé, Graham avait été là pour l'écouter, il l'avait embrassé et Draco avait seulement apprécié le réconfort qu'il avait trouvé dans ce baiser. Il n'avait pas apprécié le baiser en lui-même. Tout comme il n'avait pas apprécié le corps de Graham contre le sien. Il avait apprécié sa présence. Cela faisait deux mois que Draco était frustré de voir Graham l'ignorer, et là d'un coup il se rapprochait de nouveau de lui, cela avait perturbé Draco qui avait tout confondu. C'était aussi simple que ça. Il allait juste devoir mettre les choses au clair avec Graham et lui dire qu'il n'était pas intéressé. Draco ne voulait pas qu'il se fasse des illusions. Il lui parlerait le mercredi suivant, après l'entraînement. Il venait tout juste de prendre cette décision lorsqu'il entendit la porte du dortoir s'ouvrir. Il devina que c'était Blaise quand celui-ci tira ses rideaux. Le bruit était trop proche pour que ce soit Crabbe ou Goyle dont les lits se trouvaient en face et pas assez proche pour que ce soit Théo dont le lit était juste à côté de celui de Draco. Il se demanda ce qu'il devait faire. Blaise avait sûrement vu que les rideaux de Draco était fermés, signe qu'il était dans le dortoir et il n'était pourtant pas venu le voir. Cela signifiait-il que Blaise ne voulait pas lui parler ? Ou craignait-il simplement de se faire envoyer sur les roses ? S'étant calmé et n'en voulant plus à Blaise, Draco décida d'aller lui parler. Il se rendit devant ses rideaux et demanda :

- Blaise, j'aimerais qu'on discute, je peux entrer ?

Un grommellement lui répondit. Prenant ça pour un oui, Draco ouvrit les rideaux de son ami. Il le découvrit avachi sur le ventre, la tête dans son oreiller. Pas étonnant que sa réponse n'était pas très claire. Draco s'assit à côté de lui et s'excusa :

- Je suis désolé pour tout à l'heure, je n'aurais pas dû m'énerver comme ça.

Blaise tourna la tête.

- Non, c'est moi qui suis désolé. Je n'aurais pas dû cacher ton exemplaire. C'était idiot de vouloir te préserver comme ça. Je n'aurais pas dû m'en mêler. Tu avais le droit de savoir. Surtout que tu en aurais entendu parler dans l'école, de toute façon... Mais tu refusais de parler de tes parents depuis la rentrée alors j'ai eu peur que ça te fasse un choc d'apprendre ça dans la Gazette...

- Je comprends et je ne t'en veux plus. C'est vrai, ça m'a fait un choc. Je n'y étais pas préparé. Personne n'en avait parlé ce matin en cours, ni en début d'après-midi en métamorphose...

- Ils devaient savoir qu'ils se feraient réprimander s'ils en parlaient ou s'ils t'embêtaient avec ça en cours. Les professeurs n'auraient pas laissé passer ça.

- Oui et j'ai d'ailleurs eu de la chance que Pansy soit là lorsque tout le monde m'a dévisagé dans les vestiaires. Elle les a bien remis à leur place, ça a dû leur faire les pieds.

- C'est sûr. Au fait, j'étais dans la salle commune quand tu as déboulé, tu semblais avoir le Nundu aux trousses... C'est ton entretien avec Graham qui t'a mis dans cet état ? Il t'a pris la tête ?

- Non, pas vraiment. Je n'ai pas envie d'en parler.

- Bon, comme tu veux.

Il y eut quelques secondes de silence avant que Blaise ne reprenne la parole :

- Dis, vu que tu es là... Je crois que Crabbe et Goyle essaient de s'en prendre de nouveau à Théo.

- Ils semblaient l'avoir laissé tranquille, pourtant, lâcha Draco, perplexe.

- C'était pour endormir notre méfiance. D'après ce qu'a dit Erwan, Goyle visait Théo, pas Cassius. Seulement, ils étaient dans un duel serré, le cognard de Goyle avait cinquante pour cent de chances de toucher la mauvaise cible. Et c'est ce qui s'est produit. C'est pour ça que le cognard a été envoyé aussi fort. Goyle voulait blesser Théo. Il va falloir qu'il soit de nouveau sur ses gardes.

- On va reformer notre protection, alors, déclara Draco. J'en aviserai Potter et Granger.

- Tu ne crois pas qu'il faudrait plutôt prévenir tous les préfets ?

- Non, je préfère voir comment ça évolue avant de prendre des mesures aussi drastiques. Crabbe et Goyle vont sûrement se calmer de nouveau en nous voyant réagir au quart de tour et protéger une nouvelle fois Théo.

- Tu as sûrement raison, approuva Blaise. Normalement à nous cinq – Potter, Granger, Pansy, toi et moi – on devait réussir à le protéger. En tout cas, j'espère que Théo n'aura pas besoin de remplacer Cassius.

- Graham semblait très pessimiste quant aux chances de Cassius de pouvoir jouer le match. À mon avis, Théo va devoir jouer sa première titularisation, songea Draco.

- Il ne va jamais vouloir. C'est trop tôt pour lui.

- Je pense qu'il fera passer le bien de l'équipe avant sa peur. Et il n'osera pas tenir tête à Graham bien longtemps. Mais on verra tout ça demain je pense. Il faut d'abord savoir si Cassius pourra jouer le match ou non.

- Espérons que oui. Bon, ça te dirait qu'on aille dîner ?

Comme s'il avait entendu la proposition de Blaise, le ventre de Draco se mit à gargouiller.

- J'ai ma réponse, je crois, dit Blaise en riant. Allons-y, alors !

Draco et lui sortirent du dortoir et se rendirent à la Grande Salle. Sur le chemin, Draco repensa à la fin de sa discussion avec Blaise. Il ne savait pas s'il valait mieux ou non que Cassius joue le match contre Gryffondor. Il n'était plus aussi bon qu'avant depuis la rentrée. C'était comme s'il n'avait plus vraiment le goût du Quidditch. Alors que Théo, lui, était passionné et bon. Il valait donc peut-être mieux que ce soit lui qui joue le match. Il s'en sortirait sûrement mieux que Cassius. Mais encore fallait-il que le principal concerné soit d'accord...

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(mardi 31/10) POV Justin

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- Ça y est, j'ai fini ma lettre. Je vais l'envoyer et je reviens.

- Tu ne veux vraiment pas réfléchir à prendre un hibou ou une chouette ? insista Hannah, perplexe.

- Tu m'as déjà posé la question cent mille fois, comme Ernie et la réponse est toujours non. Ce serait trop compliqué durant l'été. Mes parents n'ont pas l'habitude de ce genre d'animaux. Dans le monde moldu ce sont plutôt des perroquets ou des canaris qu'on a chez soi. Pas des hiboux ou des chouettes. Et encore moins des crapauds. Ça les stresserait d'avoir un hibou à la maison. Surtout que ça vit la nuit, ce qui peut être assez gênant. Et puis je suis habitué à utiliser les hiboux de Poudlard. Ce n'est pas ce qui manque ici. Si Ernie et Susan arrivent et qu'ils te demandent où je suis, dis-leur que je suis à la volière.

- Et pour les autres ? Je leur dis quoi ? Que tu es allé rendre visite au Calmar Géant ?

Justin leva les yeux au ciel.

- À plus tard, Hannah.

Il sortit de la salle commune et se rendit à la volière. Il n'écrivait pas souvent à ses parents, préférant leur envoyer de longues lettres une fois par mois plutôt que de courtes lettres plusieurs fois par semaine. C'était plus simple pour eux. Ils n'étaient pas du tout familiers avec les hiboux, c'était toujours désorientant pour eux de recevoir une lettre par ce moyen. Mais ils savaient que c'était la seule façon qu'avait leur fils pour leur donner des nouvelles.

Justin avait eu beaucoup de mal à écrire sa lettre. Il y avait plein de choses qu'il ne pouvait pas dire à ses parents alors qu'il aurait bien voulu les partager avec eux. Déjà, il ne pouvait pas trop leur parler de Théo alors qu'il passait la moitié, voire les trois quarts de ses journées avec lui. C'était assez frustrant. Il ne pouvait pas non plus leur dire qu'il s'était séparé d'Emily puisqu'il se serait senti obligé de leur expliquer pourquoi. Il aurait été ainsi amené à leur parler de l'agression des deux Serdaigle envers Théo et il valait mieux pour tout le monde qu'il passe ceci sous silence auprès de ses parents. Enfin, surtout auprès de son père. Il y avait aussi des choses trop centrées sur la magie qu'il ne pouvait pas leur expliquer. Du moins, pas dans une lettre. En fait, c'était très compliqué d'écrire une lettre à ses parents moldus quand on était scolarisé dans une école magique. Et plus précisément à Poudlard où il se passait toujours plein de choses. Mais il avait quand-même réussi à dire pas mal de choses dans sa lettre.

Une fois arrivé à la volière, il choisit un hibou, attacha la missive à sa patte et le mena à la fenêtre. Il s'envola et Justin le regarda partir jusqu'à ce qu'il disparaisse au loin. Il se retourna et manqua de pousser un cri en voyant quelqu'un juste devant lui.

- Désolée, je ne voulais pas te faire peur, s'excusa Emily.

- Ce n'est rien, je ne t'ai juste pas entendue entrer. Je m'en allais, de toute façon.

- Attends, je... C'est parce que tu es là que je suis venue, en fait.

- Comment tu savais que j'étais là ?

- C'est Hannah qui me l'a dit. Enfin, elle m'a dit que tu étais soit allé te jeter dans le lac noir pour jouer avec le Calmar Géant, soit que tu étais aller envoyer une lettre. Te connaissant, j'ai pensé que c'était plutôt la deuxième option. Je ne sais pas pourquoi elle m'a parlé du Calmar Géant...

- C'est l'humour déconcertant de Hannah, tout simplement. Tu voulais donc me parler ?

- Oui. Je... je suis désolée de ne pas avoir cru ton binôme. J'étais persuadée qu'il mentait parce qu'il mettait en cause mon cousin et... je n'ai pas su faire la part des choses. Je le regrette. Je n'aurais pas dû en faire pâtir notre couple. On aurait pu juste décider de ne pas en parler.

- Nos divergences d'opinion auraient créé trop de tensions. Notre couple aurait forcément fini par en être impacté quand-même. Ce break était nécessaire jusqu'à ce que la vérité soit rétablie. Enfin, si c'était bien un break... Ce n'était pas très clair quand on s'est quitté, alors...

- C'était bien un break pour moi, affirma doucement Emily. Mais je ne pensais pas que les choses prendraient cette tournure, en fait. Je croyais que tu allais revenir vers moi quand l'innocence de mon cousin aurait été prouvée, et au lieu de ça c'est moi qui suis revenue vers toi car il a avoué les faits et a été reconnu coupable. Je... je ne m'attendais pas du tout à ça. Je pensais vraiment qu'il était innocent. Parce que c'est mon cousin et que, rien que pour ça, pour moi, il était forcément innocent. Je ne le pensais pas capable de faire une chose pareille. J'étais sûre de le connaître. Et j'apprends qu'en réalité, non, je ne le connaissais pas. Je m'en veux d'avoir cru en la mauvaise personne.

Emily baissa les yeux, sûrement pour dissimuler les larmes qui menaçaient d'en déborder. Justin réalisa alors que la situation était loin d'être simple pour elle. Elle avait dû se sentir trahie par ce cousin en qui elle croyait tant. Cela avait dû être un choc pour elle d'apprendre qu'il avait bel et bien agressé un élève en raison de son homosexualité. Justin lui avait souvent parlé et il devait bien reconnaître qu'il n'aurait jamais pensé que ce garçon soit homophobe. Il ne l'avait jamais laissé paraître. Ce n'était donc pas étonnant qu'Emily n'ait pas voulu croire aux accusations de Théo. D'autant plus qu'elle était très proche de son cousin. Justin avait énormément de peine pour elle. Sans réfléchir, il la prit dans ses bras et la serra contre lui. Il ne tarda pas à sentir les larmes d'Emily dans son cou. Il n'osa pas imaginer ce qu'elle ressentait depuis que la Gazette avait relaté le Conseil disciplinaire. Déception, chagrin et culpabilité devaient se mêler en elle. Il n'aimerait pas être à sa place. Là, ce qu'il voulait, en ce moment-même, c'était la réconforter pour qu'elle cesse de pleurer. Cela prit de longues minutes pendant lesquelles il caressa son dos et ses cheveux. Lorsqu'elle se calma, elle se sépara légèrement de lui.

- Est-ce que tu veux bien qu'on reprenne notre histoire ? demanda-t-elle, l'air incertaine.

- Évidemment, répondit Justin sans hésiter. On essaie de tenir plus longtemps que trois semaines, cette fois ? ajouta-t-il en plaisantant.

- T'es bête, dit Emily en secouant la tête. On ne devrait plus se disputer, désormais. Du moins, pas au point de se séparer. En tout cas je suis vraiment désolée pour ton binôme. Que ce soit par mon cousin ou par quelqu'un d'autre, il n'avait pas à se faire agresser.

- Je suis bien d'accord. Mais il s'en est remis et le conseil disciplinaire l'a soulagé. Il veut passer à autre chose, maintenant. Peut-être devrions-nous en faire autant ?

- Entièrement d'accord, approuva Emily en souriant.

Il n'en fallut pas plus à Justin pour poser ses lèvres sur celles d'Emily. Les chouettes et hiboux purent ainsi assister à leur baiser de réconciliation. Emily voulut ensuite aller dans un endroit plus tranquille, considérant que la volière n'était pas faite pour passer un moment en amoureux mais Justin fut obligé de refuser, devant réviser son cours d'histoire de la magie pour un devoir sur table prévu le lendemain. Il devait également retrouver Théo à dix-neuf heures pour une séance de travail, ce qui faisait qu'Emily et lui ne pourraient pas se voir le soir-même. Emily sembla un peu déçue mais elle comprit et souhaita bon courage à Justin avant de s'en aller. Ce dernier resta pensif un moment puis il quitta la volière à son tour. Il retourna à sa salle commune où il retrouva Ernie, Susan et Hannah. Cette dernière le regarda avec un sourire en coin, comme si elle savait ce qui s'était passé dans la volière. En même temps, elle avait quasiment envoyé Emily dans ses bras en lui disant où il était... Comme elle était incapable de garder quelque chose pour elle, elle lui prouva au bout de quelques minutes qu'elle était au courant :

- Emily est revenue il y a un moment et elle m'a remerciée. Elle m'a dit que ça s'était très bien passé.

Justin regarda Ernie et Susan qui ne semblaient absolument pas surpris. Il leva les yeux au ciel en comprenant que Hannah leur avait déjà tout dit. L'intimité dans ce château, c'était vraiment un luxe.

- Tu veux que je confirme ce qu'elle a dit ?

- Nous sommes tes amis, nous voulons juste nous assurer que ta vie sentimentale se porte bien, minauda Hannah.

- On s'est remis en couple, si c'est ce que tu veux savoir.

- Je le savais ! C'est trop génial. Mais alors pourquoi tu n'es pas revenu avec elle ?

- Parce qu'elle voulait qu'on passe du temps ensemble dans un endroit calme et que j'ai dû refuser puisque je dois réviser l'histoire de la magie.

- Tu abuses, protesta Hannah. Vous venez tout juste de vous réconcilier et tu préfères aller réviser plutôt que passer du temps avec elle !

- Je n'aurais pas eu l'esprit tranquille et je n'aurais donc pas pu en profiter.

- Dans ce cas tu peux la retrouver après le dîner ?

- J'ai une séance de travail avec Théo. Et elle risque de se finir tard.

- Super, bonjour le romantisme, ironisa Hannah. Tu as intérêt à te rattraper sous la couette la prochaine fois que vous passerez la nuit ensemble.

- Ne lui mets pas la pression, Hannah, intervint Ernie.

- Ce n'est pas du tout ce que je fais. Je lui donne un conseil, c'est tout. Tu n'es pas d'accord avec moi ?

- Je n'en sais rien, tout ce que je leur demande, c'est de poser le sort d'insonorisation, dit simplement Ernie.

- Parce que c'est déjà arrivé qu'ils ne le fassent pas ?! s'exclama Hannah, horrifiée.

- Mais non, soupira Ernie. Écoute, je ne pense pas que Justin ait envie qu'on déballe sa vie intime devant tout le monde.

- Pffff, ce n'est vraiment pas drôle... C'est le seul qui en a une, alors si on ne peut même pas en parler... Je vais réviser dans mon dortoir, pour la peine. Tu viens, Susan ?

- Si tu veux. On se voit au dîner, les garçons.

Susan et Hannah s'en allèrent. Justin se tourna vers Ernie.

- Merci, dit-il, gêné.

Ernie sourit.

- De rien. Il ne faut pas hésiter à lui dire quand elle est trop lourde.

- J'ai peur de la vexer...

- Hannah se vexe aussi vite qu'elle oublie. Et puis bon, tu la connais, elle est curieuse. Un peu trop, même. Tu es le seul à être en couple alors évidemment elle veut tout savoir. Quand j'aurai une copine ce sera moi qu'elle harcèlera de questions. Et je n'imagine même pas ce que subira Susan quand elle aura un petit-ami... Je ne pense pas que Hannah aura des confidences intimes de sa part. En fait je crois que Hannah se calmera quand elle aura elle-même un petit-ami.

- Prenez votre temps, surtout, conseilla Justin. Le célibat c'est une certaine tranquillité assurée. Il n'y a pas de disputes de couple, au moins.

- Pourquoi tu t'es remis avec Emily si tu aimais tant ton célibat, alors ? s'étonna Ernie.

- Parce que je l'aime, tout simplement, répliqua Justin. Je sais que je n'ai pas été très romantique en préférant réviser plutôt que rester avec elle mais je ne suis pas une flèche en histoire de la magie alors j'ai vraiment besoin de réviser en vue du devoir sur table.

- Je comprends parfaitement, assura Ernie. Et tu as fait le bon choix. Et puis, comme le dit Hannah, tu pourras toujours te rattraper. Mais pas forcément de la façon dont elle parlait.

- Il va pourtant bien falloir s'y remettre...

Ernie fronça les sourcils.

- Comment ça ?

- Rien, oublie, dit Justin en détournant le regard.

- Bien, comme tu veux. Mais si tu veux en parler...

Ernie laissa sa phrase en suspens et reprit ses parchemins qui devaient sûrement être son cours d'histoire de la magie. Justin resta indécis pendant plusieurs minutes. Il n'osait pas en parler mais Ernie lui avait implicitement dit qu'il était là pour l'écouter. Autant en profiter. Ernie n'avait aucune expérience mais il était son meilleur ami et il était aussi une bonne oreille.

- C'est compliqué, finit-il par dire.

- C'est ce que j'ai cru comprendre.

- En fait, on n'a rien fait depuis la rentrée. Voire même depuis qu'elle a passé deux semaines chez moi cet été. On s'est séparés le jour de la rentrée, on est restés brouillés pendant deux semaines et demie, puis on s'est remis ensemble, ça a duré trois semaines puis on s'est de nouveau séparés. Durant ces trois semaines, un couple normal aurait eu des retrouvailles sous la couette au bout d'un moment sauf que ça n'a pas été notre cas. Ce n'est pourtant pas faute à Emily d'avoir voulu.

- Ça arrive à tout le monde de ne pas avoir envie. Enfin, j'imagine. Bon, trois semaines, j'avoue, ça commence à faire long mais tu avais peut-être simplement d'autres choses en tête ?

- Non, pas forcément. Mais j'étais obligé de trouver des excuses parce que je voyais bien que ça la vexait, à force.

Ernie sembla sceptique.

- Tu es sûr que tu l'aimes toujours ?

- Bien sûr, répondit Justin sur le ton de l'évidence.

- Dans ce cas il y a peut-être juste un problème de désir ? C'était déjà arrivé depuis que vous êtes ensemble ?

- Ça fait deux ans qu'on sort ensemble et ce n'est que depuis mars que notre relation a pris un côté plus intime. Ça n'était jamais arrivé jusque-là mais je ne pense pas que ce soit vraiment indicatif.

- Mais depuis mars, ça allait bien, de ce côté-là ?

Justin grimaça. Il devait être honnête.

- Je n'ai jamais recherché ce genre de moment, avoua-t-il. En fait, je crois que notre relation serait tout aussi bien sans ce côté charnel. Pour moi, en tout cas. Je ne sais pas ce que les garçons ont tous avec ça mais moi je trouve ça sans intérêt.

Justin se sentit libéré d'un gros poids qu'il n'était pas conscient d'avoir sur le coeur. Tout ça, il ne pouvait décemment pas le dire à Emily. Elle ne comprendrait sûrement pas pourquoi il ne voulait pas de sexe dans leur relation.

- Je vois, dit doucement Ernie. Je crois qu'il était nécessaire que tu en parles. Visiblement, ça te pèse. Mais du coup, tu te forces, avec Emily ?

- Un peu, oui. Elle fait ce qu'il faut donc ça va mais ce n'est pas l'extase, quoi.

- Ok, je comprends mieux pourquoi tu disais que c'était compliqué. Je me doute que ce n'est pas évident mais il faudrait peut-être que tu en parles avec elle. Le problème ne vient peut-être pas de toi mais plutôt de votre couple. Ou alors tu n'étais peut-être pas prêt la première fois et depuis ça te bloque. Ou alors tu as peut-être besoin de temps pour laisser le désir venir. Ou alors Emily n'est peut-être pas le genre de fille que tu désires. Franchement il y a plein de raisons qui peuvent expliquer pourquoi ça ne marche pas de ce côté-là. Il y a des gens qui te diront qu'en fait les filles, ce n'est pas ton truc mais bon, il ne faut pas les écouter, ce n'est pas tout le temps vrai.

- C'est impossible vu que j'aime Emily.

- C'est ce que je me dis aussi. Pour moi il faut vraiment que tu lui en parles. Il n'y a que comme ça que vous pourrez espérer débloquer la situation. Tout le monde dit que la communication dans un couple, c'est hyper important.

- Tu as raison. Je vais y réfléchir. Mais c'est compliqué d'aborder un sujet pareil...

- Je sais mais là c'est vraiment nécessaire. Et puis Emily mérite que tu sois honnête avec elle.

- C'est vrai, admit Justin. Merci pour tous ces conseils. On va dîner ? Mon cours d'histoire de la magie ne m'emballe pas des masses, là.

- Attends, même ça, ça ne t'excite pas ? T'es vraiment bizarre, s'étonna faussement Ernie.

Justin se saisit d'un coussin posé sur un fauteuil à côté de lui et le balança au visage d'Ernie qui éclata de rire. Justin ne tarda pas à l'imiter tout en le traitant d'idiot. Ce fut dans une ambiance bien plus détendue qu'ils se rendirent à la Grande Salle pour aller dîner.

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Comme prévu, à dix-neuf heures, Justin rejoignit Théo dans la salle des binômes. Il avait réussi à finir de manger à temps, ce qui n'était pas du tout gagné puisqu'il était allé dîner assez tard. Lorsqu'il s'installa en face de Théo, il vit que celui-ci avait l'esprit ailleurs. Il ne remarqua même pas sa présence. Il dut appeler Théo pour qu'il réagisse.

- Oh, pardon, je ne t'avais pas vu...

- Ce n'est pas grave, dit Justin en souriant. On s'y met ?

Théo acquiesça et ouvrit son manuel de botanique tandis que Justin sortait ses affaires.

- Je sais qu'on était censés rester au moins jusqu'à vingt-deux heures mais ça te dérange si on finit la séance un peu plus tôt ? Je n'ai pas vraiment eu le temps de réviser l'histoire de la magie avant le dîner...

- Non, pas de soucis, on s'arrêtera vers vingt-et-une heures trente ou même avant si tu veux. À vrai dire j'aimerais bien réviser, moi aussi. Si tu veux, pour ne pas trop culpabiliser d'avoir écourté notre séance, on peut rester ensemble pour réviser.

Cette idée plut beaucoup à Justin. Il serait sûrement bien plus motivé pour réviser en étant avec Théo qu'en étant tout seul. Ils n'avanceraient pas sur leur devoir comme c'était prévu mais, au moins, ils travailleraient. Il pensa alors à Emily qui aurait sûrement voulu passer la soirée avec lui même si c'était pour le voir réviser. Cela leur aurait tout de même permis d'être ensemble. Emily aurait peut-être révisé, elle aussi. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Il tenta de se rassurer en se disant qu'Emily se serait peut-être ennuyée. En plus, cela aurait été moins productif pour Justin puisqu'ils n'auraient pas révisé la même chose. Alors qu'avec Théo, ils reliraient le même cours. Surtout qu'Emily et lui n'étaient pas de la même année. Non, il valait vraiment mieux qu'il passe la soirée avec Théo.

- C'est une bonne idée, dit-il alors à son binôme. On fait notre devoir de botanique jusqu'à vingt-et-une heures et ensuite on révise jusqu'à vingt-deux heures. Comme ça, on aura l'impression d'avoir été au bout de notre séance de travail.

- Tout à fait. Tu as déjà travaillé un peu sur le devoir ?

- Légèrement. J'ai relu le cours plusieurs fois donc, déjà, j'ai tout en tête.

- Super, on va pouvoir se concentrer sur des livres pour avoir d'autres informations. J'en ai ramené plusieurs de la bibliothèque.

- Comme d'habitude, dit Justin en souriant.

Théo rougit et voulut visiblement le cacher en cherchant les livres en question dans son sac. Justin s'en voulut de le trouver adorable lorsqu'il était gêné comme ça. Il n'avait pas à le trouver adorable. Enfin, pas comme ça. Et il n'avait pas non plus à avoir ce sourire niais en le regardant comme il le faisait actuellement. Il n'arrivait pourtant pas à détacher son regard du visage de Théo. C'était plus fort que lui. Il dut cependant se faire violence et tourner la tête quand Théo leva les yeux vers lui. Que penserait son binôme s'il le voyait le fixer ainsi ? Qu'il le regardait en douce ? Cette pensée le gêna car c'était vrai. Il devait se ressaisir. Il ne sut pas pourquoi il eut soudain besoin de se rappeler qu'il était amoureux d'Emily. C'était comme s'il avait besoin de s'en persuader. Son cerveau ne tournait vraiment pas rond. Il chassa toutes ces pensées de son esprit et se saisit d'un des livres ramenés par Théo. Il ne devait vraiment pas être disposé à travailler puisqu'une question lui traversa soudain l'esprit.

- Au fait, j'ai appris qu'hier, un joueur de ton équipe avait lourdement chuté de son balai. Est-ce qu'il va bien ? demanda-t-il, inquiet.

Théo se rembrunit.

- Il va bien, oui. Enfin il n'a rien de trop grave, en tout cas. Il s'est fait une fracture de l'omoplate mais ça aurait pu être bien plus sérieux que ça. Il s'en sort bien. Mais il ne sera pas remis pour dimanche et ne pourra donc pas jouer le match.

- Oh... Le remplaçant a déjà été choisi ?

- Oui, dit Théo en grimaçant.

- Ouh là... Tu n'es pas d'accord avec ce choix ?

- Non. Parce que c'est moi.

En temps normal, Justin aurait félicité son binôme mais vu la tête qu'il faisait, il jugea préférable de s'abstenir. Il n'avait pas l'air emballé à l'idée de jouer ce match.

- Tu aurais voulu que ce soit quelqu'un d'autre ? s'enquit-il gentiment.

- Franchement, oui, avoua Théo.

- Si tu as été choisi c'est que tu étais le meilleur choix pour remplacer ce joueur. Tu devrais plutôt être fier, c'est un honneur. Tu savais bien que ça pourrait arriver, non ?

- Oui mais... j'aurais préféré que ça n'arrive pas. En fait...

Théo se tut, n'osant visiblement pas continuer sa phrase. Mais Justin l'y poussa, voyant bien qu'il avait besoin de se confier :

- Oui ?

Il n'en fallut pas plus pour que Théo cède :

- Je n'ai pas intégré l'équipe dans l'espoir de jouer un match un jour. Ça peut paraître capricieux comme ça mais je voulais juste faire du Quidditch. Ne serait-ce qu'une seule fois. Pour être franc, quand je me suis présenté aux sélections, je ne pensais pas une seconde que je serais pris. Je n'avais jamais fait de Quidditch de ma vie, je pensais que j'allais être nul. Et je l'ai peut-être été, mais pas assez pour être recalé, apparemment. Bien sûr, je vais le jouer, ce match. Mais j'aurais vraiment préféré que le capitaine choisisse quelqu'un d'autre.

- Mais pourquoi es-tu aussi réticent à l'idée de jouer ce match ? C'est le fait d'être en compétition qui te gêne ?

- Non, je m'y fais lors des entraînements puisqu'on joue par équipes.

- Alors c'est quoi ?

Théo soupira.

- J'ai peur d'être nul et de faire perdre mon équipe. Je m'en voudrais des semaines et des semaines si, à cause de moi, on ne gagnait pas le match.

- Tu n'as pas à t'en faire pour ça, dit doucement Justin. Si vous perdez, ce ne sera pas de la faute d'une seule personne. Tu n'es pas le seul poursuiveur, Théo. Il y en a deux autres aussi qui seront là pour marquer des buts. Tout ne repose pas uniquement sur toi. Et puis tu pourras toujours dire que c'était le gardien qui était trop fort. Moi je suis sûr que tu vas être très bon. Tu ne seras pas seul, de toute façon. Tu auras tous les gens de ta maison pour t'encourager. Je serai là, moi aussi. Je ne sais pas si c'est fait pour te rassurer mais je te soutiendrai.

Les lèvres de Théo s'étirèrent légèrement.

- Je pense que ça va autant me stresser que me rassurer. En tout cas ça me fera plaisir de te savoir dans les gradins.

- Je serai là, alors. C'est promis.

Théo offrit cette fois-ci un vrai sourire à Justin. Puis il se remit au devoir. Justin se força à en faire autant, mais tout en gardant le sourire de son binôme dans un coin de sa tête. Ils se mirent à lire chacun un livre afin de recueillir le plus d'informations possible sur le sujet de leur devoir. Comme prévu, ils travaillèrent dessus jusqu'à vingt-et-une heures, puis ils révisèrent l'histoire de la magie. Justin eut alors une facilité déconcertante à se concentrer sur son cours. La présence de son binôme n'y était sûrement pas étrangère. Ils ne virent tellement pas le temps passer qu'il était largement plus de vingt-deux heures lorsqu'ils sortirent de la salle des binômes. Mais Justin s'en moqua totalement. Cette séance de révision avec Théo avait été très productive pour lui, c'était tout ce qui comptait. Il raccompagna son binôme jusqu'à sa salle commune puis il rejoignit la sienne. Sur le chemin, après avoir passé quatre heures avec Théo, il se sentit un peu seul et un peu vide. Il se dit que c'était normal et que ça faisait sûrement ça aussi aux autres binômes. Alors qu'il arrivait près des cuisines, il pensa à Emily. Il regrettait de ne pas avoir pu passer la soirée avec elle mais il avait vraiment besoin de travailler. Il était cependant heureux de s'être remis avec elle. Il avait retrouvé la fille qu'il aimait et il comptait bien faire durer leur couple le plus longtemps possible.

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(mercredi 01/11) POV Hermione

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Hermione faisait les cent pas devant sa salle commune quand Ginny arriva en face d'elle. Elle pria pour que son amie ne s'arrête pas pour lui parler mais son voeu ne fut pas exaucé.

- Hermione, ça tombe bien que tu sois là ! J'ai quelque chose à te demander. Mais tu attends peut-être quelqu'un ?

Hermione soupira. Son amie avait visiblement besoin d'elle et elle était toute seule pour le moment. De plus, elle ne se voyait pas dire à Ginny qu'elle n'avait pas de temps pour elle. Même si c'était la vérité.

- Oui mais ce quelqu'un est en retard. Du coup, s'il arrive, eh bien il attendra que j'ai fini de discuter avec toi.

- Ouh là, tu m'as l'air bien remontée.

- Oui mais ce n'est pas important. Tu voulais me parler de quelque chose ?

- Oui. Mais c'est un peu compliqué alors je ferais mieux d'attendre que tu sois plus disponible pour t'en parler...

- Je te l'ai dit : ce quelqu'un attendra. Je t'écoute, dit Hermione en se radoucissant.

- Je vais essayer de faire bref. Simon, mon binôme, a un père qui est Auror. Ce père veut que son fils suive les mêmes traces que lui. Sauf que Simon n'a pas du tout envie de devenir Auror. Ça ne l'intéresse absolument pas. Du coup, il fait exprès d'avoir de mauvaises notes en potions pour ne pas pouvoir continuer cette matière après les BUSE. Je sais, ce n'est que dans plus d'un an et demi pour nous mais il doit s'y prendre à l'avance pour que ses notes ne baissent pas d'un coup en cinquième année. Je comprends sa démarche, je ferais sûrement pareil à sa place. Mais je trouve ça dommage et idiot qu'il se prive de bonnes notes alors qu'en réalité il est bon en potions... Il me l'a dit et je le vois bien dans les devoirs de potions qu'on fait en commun. Nous obtenons la plupart du temps des Effort Exceptionnel et on a même eu un Optimal. Car, évidemment, il ne peut pas «tricher» avec nos devoirs en commun. Il ne veut pas me pénaliser alors il révèle le bon élève qu'il est lorsqu'on doit faire un devoir de potions ensemble. Mais du coup ça crée un gros contraste entre les notes qu'il obtient à ses devoirs sur table et individuels et les notes qu'il obtient à nos devoirs en commun... Le professeur Snape n'est pas dupe, il l'a bien vu. Et je sais qu'il me soupçonne d'être le cerveau du binôme alors que c'est totalement faux. Simon et moi sommes aussi bons l'un que l'autre dans cette matière. Tu vas me demander comment je peux être persuadée que le professeur Snape a des doutes et je vais donc te dire pourquoi. Depuis un moment, il n'arrête pas de m'interroger en cours. Il me pose parfois des questions vachement dures. C'est même de plus en plus fréquent. Je suis quelqu'un d'honnête alors comme j'ai la réponse, eh bien je la donne. Mais ça ne fait que confirmer ses doutes. Je ne sais donc pas quoi faire. C'est pour ça que je viens t'en parler. Pour savoir si tu as des conseils à me donner. Le professeur Snape va forcément vouloir en avoir le coeur net. J'ai l'impression que ça l'agace énormément, cette histoire.

Hermione retint un soupir. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à faire exprès d'être nuls en potions ?! Elle comprenait autant les raisons de Harry que celles du binôme de Ginny mais c'était quand-même dingue. Quoi qu'il en soit, Ginny avait raison de venir se confier à elle. Elle ne pouvait rien faire concrètement mais pouvait effectivement la conseiller. C'était un de ses devoirs de préfète.

- Je pense que tu dois d'abord en parler calmement avec Simon. Ne lui demande pas d'arrêter de rendre volontairement des mauvais devoirs, il ne t'écoutera pas et il aura raison parce que ce n'est pas par là qu'il faut commencer. La source du problème, c'est son père. C'est lui qu'il faut raisonner en premier lieu. Il doit comprendre qu'il n'a pas le droit d'imposer à son fils de faire tel ou tel métier. Mais ce n'est apparemment pas Simon qui réussira à le convaincre. Il faut que quelqu'un d'autre parle à son père. Et pour moi, la meilleure personne, c'est le professeur Snape. Simon est un élève de sa maison, et en plus il est le professeur de la matière où Simon se force à être nul. Le professeur Snape est donc doublement concerné. C'est à lui d'essayer de régler la situation. Mais ce n'est pas à toi de lui en parler. C'est à Simon. C'est là que tu dois intervenir. Tu dois le pousser à aller voir son directeur de maison. Il va sûrement être un peu difficile à convaincre. Mais je te connais et je sais que tu vas y arriver.

- Tu places peut-être un peu trop d'espoirs en moi, Hermione, plaisanta Ginny. Mais je ne m'inquiète pas trop pour ça. Par contre tu es sûre que le professeur Snape va savoir raisonner le père de Simon ?

- Oui, ça peut surprendre mais je lui fais confiance pour ça. Quand quelqu'un réussit à se raisonner lui-même en acceptant d'oublier une haine qui dure depuis quatre ans, je pense qu'il est largement capable de raisonner le plus têtu des hommes.

- Attends, tu ne parlerais pas de Harry, par hasard ? Je n'ai pas pu parler avec lui récemment, donc si les choses se sont améliorées avec Snape, je ne suis pas au courant.

- Il t'expliquera en temps voulu, alors. Je ne sais pas encore ce que ça a donné dans leur relation mais je sais en revanche que le professeur Snape a accepté de reconnaître les progrès de Harry en potions. Ce qui était franchement inespéré.

- Il va vraiment falloir qu'il m'explique tout ça. Je vais essayer de l'attraper dans les couloirs. Bon, je vais te laisser. On va devoir aussi se trouver un moment pour parler un peu plus longtemps. Tu attends qui, au fait ?

- Mon binôme. Il a vingt minutes de retard. Ce n'est pas comme si je n'avais que ça à faire !

- Hé, calme-toi, il a sûrement une bonne raison pour être en retard. C'est un Serdaigle, les élèves de cette maison sont des gens ponctuels. Je le sais pour être sortie avec Michaël. Ton binôme doit avoir une bonne raison d'être en retard. Ça se trouve il a eu des obligations de préfet.

- Je n'avais pas pensé à ça, avoua Hermione. Pourtant ça me semble évident, maintenant.

- Je crois que tu es un peu trop énervée pour réfléchir calmement. Et ça n'a rien à voir avec le retard de ton Serdaigle. Dure journée ?

- Pas spécialement.

- Dans ce cas c'est Viktor ?

- C'est un peu de tout, en fait. J'ai l'esprit en ébullition depuis le début de l'année et ça ne se calme jamais. Je m'en fais pour tout le monde et à la longue c'est épuisant. Si mes amis pouvaient arrêter d'avoir des problèmes, je me reposerais un peu.

- Ok, je vois. Je sais ce qui s'est passé pour ton camarade de runes et d'arithmancie mais ça s'est arrangé, je crois ?

- De façade, oui. Mais il s'est passé quelque chose lors de son dernier entraînement qui me fait penser que les ennuis ne sont pas terminés pour lui. C'est Malfoy qui m'en a parlé et... enfin bref, c'est...

- Compliqué, termina Ginny.

- Voilà. Et il y a aussi Harry qui m'inquiète. Enfin pas lui directement, mais c'est pareil, je ne peux pas vraiment en parler... Ou alors si mais il faudrait que tu me promettes de ne rien dire.

- Tu m'en parleras quand tu auras un peu plus de temps, proposa Ginny en souriant. Je vais te laisser attendre patiemment ton binôme. Ne lui saute pas à la gorge quand il arrivera, laisse-le s'expliquer.

- Je ne suis pas une sauvage non plus...

Ginny sourit et se dirigea vers le portrait de la Grosse Dame. Trois secondes plus tard, elle entra dans la salle commune, disparaissant à la vue de Hermione. Elle se retrouva seule, mais pas pour bien longtemps. En effet, elle fut bientôt rejointe par son binôme de travail. La panique la gagna aussitôt lorsqu'elle vit l'oeil au beurre noir qu'il arborait.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?!

- Rien, juste un élève qui n'a pas trop apprécié que je le rappelle à l'ordre. Le respect envers les préfets est une pure légende.

- C'est inadmissible. Tu sais le nom de cet élève ?

- Non, mais c'était un Serpentard et il devait être en sixième année, je pense. C'est une déduction car il était plus vieux que moi, je connais la tête des cinq garçons de Serpentard de septième année et la sienne ne me disait rien. J'étais tout seul avec lui, le couloir était désert donc personne n'a pu m'aider et reconnaître l'individu. Puis j'ai dû aller à l'infirmerie, c'est pour ça que je suis en retard. Désolé, d'ailleurs.

- Ce n'est pas grave, dit Hermione, oubliant instantanément sa mauvaise humeur. Tu te sens assez en forme pour une séance de travail ?

- Oui, ne t'en fais pas pour ça, assura Terry en souriant. Allons-y, on a déjà assez perdu de temps comme ça.

Hermione acquiesça et emboîta le pas à Terry. Tandis qu'ils se rendaient à la salle des binômes, les méninges de Hermione tournèrent à plein régime. Elle n'était pas réellement surprise que Terry se soit reçu un coup. Comme dans n'importe quelle école, sorcière ou moldue, il y avait des élèves qui ne supportaient pas l'autorité. Qu'ils soient petits ou grands. De plus, c'était facile de s'en prendre physiquement à Terry qui était relativement mince et qui n'était pas le plus grand des garçons. Cela n'enlevait rien au fait qu'il était très mignon, songea Hermione avant de rougir brusquement. Mais qu'est-ce qui lui prenait de penser ça ?! Ce n'était pas la question ! Pour en revenir à l'oeil au beurre noir de son binôme, Hermione savait que si Terry avait été une fille ou bien un garçon d'un mètre quatre-vingt-dix et de soixante-dix kilos, le Serpentard n'aurait pas osé donner ce coup de poing. C'était vraiment de la lâcheté pure et simple. Une volonté d'affirmer sa supposée supériorité en terme d'âge et de...

- AOUCH !

Hermione venait de s'écraser face la première contre le sol. Elle n'avait rien vu venir. Elle avait juste senti le bout de son pied buter contre quelque chose mais elle n'avait pas eu le temps de se rattraper et Terry non plus. En revanche il fut près d'elle en moins de deux secondes pour lui demander si elle allait bien.

- Ça va Hermione ?!

- Oui, oui...

Terry l'aida à se relever. Elle se retrouva alors proche de lui, ce qui la troubla beaucoup. Elle avait rarement été aussi proche d'un garçon mis à part Harry lorsqu'elle le prenait dans ses bras, Ron n'étant pas adepte de ce genre de contacts. Il y avait eu Viktor, aussi, mais... ce n'était pas du tout pareil. Ce n'était pas la même chose qu'elle ressentait. Elle avait beaucoup apprécié le baiser qu'elle avait échangé avec Viktor mais elle n'avait rien ressenti de spécial. Sûrement parce que c'était son premier baiser. Alors que là, elle avait juste la main de Terry dans la sienne et ce simple contact suffisait à l'électriser. Pourquoi cela lui faisait-il autant d'effet ? C'était incompréhensible. Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, Terry finit par lâcher sa main, s'étant apparemment rendu compte qu'il la tenait toujours dans la sienne. Il semblait gêné, lui aussi.

- Tout compte fait, je... je crois qu'il vaudrait mieux qu'on remette cette séance à demain, dit-il d'une voix hésitante. Si ça ne te dérange pas, bien sûr.

- Euh... je... non, pas du tout, bredouilla Hermione. Tu seras libre ?

- J'ai une ronde donc pas avant vingt heures, le temps que je mange. Je crois que je dois la faire avec toi.

- Non moi c'est vendredi, avec Ernie.

- Oh, dommage... Enfin non, je veux dire... c'est cool pour toi. On se retrouve demain à vingt heures, alors ?

- Ça me va, approuva Hermione avec un petit sourire.

- Bien alors... bonne soirée, dit Terry, l'air toujours troublé.

Il sourit timidement à Hermione puis il s'en alla. Hermione resta de longues minutes plantée au milieu du couloir, ne comprenant pas vraiment ce qui venait de se passer. Tout allait bien jusqu'à ce qu'elle tombe et que Terry l'aide à se relever... En temps normal elle était très à l'aise avec lui, voire encore plus qu'avec Harry et Ron... Mais là, elle s'était sentie terriblement gênée. Ce contact, cette proximité... Si elle devait être honnête avec elle-même, elle avait beaucoup aimé être aussi proche de Terry. Et c'était peut-être justement ça qui l'avait troublée. Elle n'aurait pas dû apprécier. Elle avait toujours cette relation avec Viktor, elle ne pouvait pas s'intéresser à un autre garçon... En ce moment-même, elle aurait bien aimé être chez elle et pouvoir appeler sa cousine Olivia. C'était une fille calme et posée qui ne paniquait jamais et qui était toujours de bon conseil. Elle aurait su l'aider à y voir plus clair. Car là, c'était le flou complet. Tout s'embrouillait dans son esprit. Elle ne savait pas quoi faire, pas quoi penser. Que ce soit avec Terry ou avec Viktor. De toute évidence, il y avait quelque chose entre Terry et elle. Car son binôme avait semblé aussi troublé qu'elle. Mais tout cela s'expliquait sûrement de façon rationnelle.

Terry était probablement la personne qu'elle voyait le plus depuis le début de l'année, et la réciproque était valable pour Terry. Ils étaient non seulement binôme de travail mais aussi homologues préfets. Ils passaient énormément de temps ensemble. Que ce soit durant leurs séances de travail ou durant leurs rondes. Ils étaient même assis à la même table dans plus de la moitié des cours que suivait Hermione. Après, certes, ils ne faisaient qu'une ronde ensemble par semaine, mais c'étaient tout de même deux heures qu'ils passaient ensemble. Cela les avait indéniablement rapprochés, comme le reste. Bien que les séances de travail y étaient pour beaucoup. Mais Hermione n'était pas idiote. Elle se doutait bien que tous les binômes ne se rapprochaient pas autant qu'eux simplement parce qu'ils travaillaient ensemble sur bon nombre de devoirs. Il y avait quelque chose entre Terry et elle qui s'était révélé au fil des séances et des rondes.

Le contact était tout de suite bien passé entre eux. Même s'ils n'avaient pas la même façon de faire leurs devoirs et de travailler en général, ils s'étaient aussitôt bien entendus. Ils auraient sûrement pu créer ce lien avant s'ils avaient pensé à se parler. Mais, encore une fois, Hermione ne pouvait pas s'intéresser à Terry. Elle avait Viktor. Elle ne pouvait pas aimer deux garçons à la fois... Enfin, elle ne savait même pas si elle aimait Terry. Ils se connaissaient à peine. Elle aimait sa façon d'être, son sérieux, son intelligence, son humour, sa gentillesse, son honnêteté, son côté un peu timide, son calme, sa serviabilité, sa générosité... Ça faisait quand-même beaucoup de choses qu'elle aimait chez lui. Sans compter qu'elle le trouvait vraiment mignon. Ce qu'elle préférait, c'était sans doute son regard. Il exprimait plein de choses à la fois. Il y avait une grande douceur et une bienveillance qui le caractérisaient parfaitement. Hermione aimait également lorsque ses yeux étaient rieurs. Car cela allait de pair avec son sourire qui lui plaisait aussi beaucoup. Elle réalisa alors qu'en fait, elle aimait tout chez Terry. Et que, sans s'en apercevoir, elle l'avait énormément regardé. Cela signifiait-il qu'elle était tombée amoureuse de lui ? Ou qu'elle était en train de le devenir ? Si oui, était-elle réellement amoureuse de Viktor ? Car ce qu'elle ressentait envers lui était complètement différent de ce qu'elle ressentait envers Terry. Ce n'était pas du tout la même chose. Elle n'avait jamais été troublée en présence de Viktor. Elle n'avait jamais fait la liste de toutes ses qualités. Elle ne l'avait jamais regardé aussi attentivement qu'elle le faisait avec Terry depuis le début de l'année. Cela n'avait vraiment rien à voir. Maintenant qu'elle y réfléchissait, avec Viktor, c'était plutôt... de l'attirance. Mais alors pourquoi avait-elle cru qu'elle était amoureuse de lui ?!

La réponse était simple : elle ne s'était jamais intéressée à un garçon avant lui. Elle avait donc bêtement cru que c'était de l'amour. Mais à présent qu'elle ressentait quelque chose qui la dépassait envers Terry, elle réalisait que ce n'était pas du tout de l'amour qu'elle éprouvait envers Viktor. Elle s'était accrochée à une relation car elle était persuadée d'aimer Viktor alors que ce n'était pas le cas. Elle s'était entêtée à poursuivre cette relation, convaincue qu'il y avait vraiment quelque chose de possible entre Viktor et elle et ne voulant pas passer à côté alors qu'il n'en était rien. Pourtant, Théo et Ginny avaient essayé de la raisonner. Ils lui avaient dit qu'il valait mieux qu'elle rompe, qu'elle ne devait pas donner de faux espoirs à Viktor, qu'elle n'arriverait sans doute pas à préserver cette relation. Mais elle n'avait rien voulu entendre. Et maintenant, elle le regrettait. Car elle savait désormais qu'elle devait mettre fin à sa relation avec Viktor.

Mais cela voulait-il dire qu'elle devait couper tout lien avec lui ? Qu'elle devait arrêter de correspondre avec lui ? Ne pouvait-elle pas rester amie avec lui ? Toutes ces questions lui firent tourner la tête alors qu'elle était toujours plantée au milieu du couloir. Il valait mieux qu'elle remonte à son dortoir. Alors qu'elle faisait demi-tour et prenait la direction de sa salle commune, elle repensa à la discussion qu'elle avait eue avec Ginny une demie-heure plus tôt. Elle avait trouvé en dix secondes une solution au problème de son amie (ou plutôt au problème du binôme de Ginny) alors que ça faisait deux mois qu'elle pataugeait au sujet de Viktor et qu'elle n'avait toujours pas réglé la situation. Elle était capable de résoudre instantanément un problème dans ses fonctions de préfète mais dès qu'il s'agissait de régler un souci dans sa vie sentimentale, il n'y avait plus personne ! Pourquoi fallait-il qu'elle se retrouve soudain attiré par les garçons, aussi ?! Alors qu'elle arrivait à son dortoir, elle poussa un soupir agacé. Les hormones, c'était vraiment la plaie.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu =) Il marque le début de nouveaux sentiments pour plusieurs personnages =) Je vous dis à mardi prochain pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Fête, match, non-dits et conséquences». Bonne fin de semaine et bisous tout le monde !