Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le vingt-sixième chapitre de SAMLP. Tout d'abord, réponses habituelles aux reviews :
.
ccassandre24 : Bienvenue à toi et ravie que l'histoire te plaise ! =) Ça me fait énormément plaisir que tu aimes la construction par POV ainsi que l'aspect psychologique de la fic =) C'est en effet un sujet qui est très présent, même si l'histoire n'est pas entièrement basée dessus :) J'espère que ce chapitre te plaira ! =)
Mel : À l'heure où j'écris, ils sont sur le point de se mettre en couple XD Mais il y aura des rapprochements bien avant ça*-* Ah mais si tu savais le nombre de coïncidences qu'il peut y avoir XD Parfois je publie un chapitre dans lequel il est question de quelque chose qui revient dans le chapitre que j'écris actuellement XD Là tu n'as pas eu à attendre longtemps pour avoir la réponse XD Graham a l'air assez tordu comme ça mais les «torts» ne viendront pas toujours de lui ;) Enfin c'est assez compliqué, comme tout dans cette histoire XD Pour Nott senior, là aussi ça va être compliqué XD Amelia n'a aucune chance avec Severus, lui ce qui l'intéresse c'est la jolie Auror aux cheveux roses XD En ce qui concerne Justin, tu n'imagines même pas à quel point Emily va être un obstacle entre Théo et Justin ! À moins que ce soit Théo qui soit un obstacle entre Justin et Emily ? XD Oui Hermione est quelqu'un de réfléchi, de posé, elle sonde assez facilement ce qu'elle ressent même si c'est parfois le bazar dans son esprit XD Merci pour ta review ! =) J'espère que tu apprécieras tout autant ce chapitre ! =)
Zackos : Oui il ne faut jamais mettre en doute tout de suite la parole de la victime, mieux vaut attendre d'avoir des preuves avant de dire si il ou elle ment :/ Il y a en effet tout un tas de numéros pour tout genre de situations, ainsi que des assos qui peuvent vraiment aider mais ce n'est pas connu de tout le monde :/ Je ne sais pas encore si je vais parler des personnes asexuelles et aromantiques, j'aimerais bien mais ça ne concernera pas un personnage principal. Je pense que si j'aborde le sujet, ce sera à travers une petite-amie de Ron. Voire même deux si j'aborde les deux sujets XD Mais pas tout de suite XD En tout cas, ni Draco ni Justin ne seront concernés. Après je pourrai aussi parler des bigenre et des pan, j'ai une amie qui est calée là-dessus, elle pourrait m'aiguiller mais la fic n'est pas vouée à traiter autant de sujets XD Enfin je verrai bien, ce ne sera pas pour ce tome, ni pour le suivant je pense XD J'avoue qu'avoir un prof comme Severus, ça n'aide pas à vouloir faire des progrès XD Pas grave pour la longueur de la review, j'espère juste que tout va bien pour toi :)
mimibou : Merci pour tes deux reviews ! =) Alors pour tout te dire, c'est prévu que Harry apprenne à Draco que Ron et lui avaient découvert la salle commune de Serpentard en deuxième année, et je pense aussi qu'il va lui dire que c'est Hermione et lui qui ont sauvé Buck, ce pauvre hippogriffe que Draco voulait faire exécuter XD Et il doit y avoir bien d'autres choses que Harry peut avouer à Draco x) Pour les cours de duel, ils ont déjà commencé mais je crois que parmi les personnages qui ont leur POV, aucun n'assiste à ce cours XD Mais je vais essayer d'inclure une scène avec un cours de duel, il faut juste que je trouve la place dans un chapitre déjà écrit XD En effet, les couples se forment et ça va continuer petit à petit =)
Gryffondor : Severus n'est clairement pas un bon professeur dans l'attitude qu'il a envers les élèves :/ Mais Severus va beaucoup changer au fil de l'histoire :) Hermione ne va pas faire grand-chose pour Simon (le binôme de Ginny), mais tout ça s'expliquera dans quelques chapitres :) Le couple Justin/Emily bat de l'aile mais d'un côté, il y a Emily qui aime sincèrement Justin et de l'autre côté il y a Justin qui se persuade d'être amoureux d'Emily car c'est plus confortable ainsi ... Il va mettre du temps à ouvrir les yeux :/ Pour Draco, c'est clair qu'il ne s'attendait pas à ce que Graham lui mette le grappin dessus ! Mais ce n'est peut-être pas pour lui déplaire, tout compte fait XD Merci pour ta review =)
.
Merci à vous tous pour vos retours, et merci de suivre aussi assidûment cette histoire =)
.
Avant de vous laisser, je tiens à faire la promo de Cédric et Harry, un amour infini d'AliceCullen0027 qui est la suite de Champions, oui, mais pas adversaires et qui est topissime ! J'ai les chapitres en avance puisque je les corrige et ils sont vraiment top ! Je vous recommande aussi De retour à Poudlard, de la même auteure, dont la suite est toujours aussi géniale !
.
Voilà, je vous laisse avec ce nouveau chapitre en grande partie centré sur Harry, Draco et Théo =) Bonne lecture !
.
.
26 – Fête, match, non-dits et conséquences
.
.
(vendredi 03/11) POV Draco
.
- Draco, qu'est-ce que tu fous ? On va être en retard !
- Ce serait dommage, en effet...
Blaise soupira.
- Si tu n'as pas envie d'aller à l'entraînement il faut le dire.
- Mais non, ce n'est pas ça...
- Tu peux le dire, hein. C'est la troisième fois qu'on s'entraîne en cinq jours, ça pourrait te lasser.
- Ça fait la troisième année que je suis dans l'équipe, Blaise. Je suis habitué. Et Marcus était tout aussi rigoureux que Graham question entraînements. Il y en avait autant par semaine lorsque les matchs approchaient.
- Alors pourquoi n'es-tu pas motivé ?
- Pour rien. Tu as raison, allons-y.
Draco termina de ranger ses affaires et sortit de la salle de sortilèges avec Blaise. Ils retrouvèrent Théo et Pansy qui les attendaient. Alors qu'ils sortaient tous ensemble du château, Draco repensa au dernier entraînement qui avait eu lieu deux jours plus tôt. Il aurait dû parler à Graham ce jour-là mais il n'en avait pas eu le temps, ayant dû aller dîner juste après l'entraînement afin d'être à l'heure pour sa séance de travail avec Potter. Il allait donc devoir parler à son capitaine ce soir-là. Il fallait absolument qu'il fasse comprendre à Graham qu'il n'avait rien à espérer avec lui. Ce baiser était une erreur. Il n'aurait jamais dû exister.
Lorsqu'ils arrivèrent aux vestiaires, ils virent que tous leurs coéquipiers étaient déjà là. En même temps, le vendredi, les septième et quatrième année (qui étaient nombreux dans l'équipe) finissaient plus tôt que les cinquième année. C'était donc plus facile pour eux d'arriver à l'heure. L'équipe étant au complet, Graham put commencer le briefing. Il répéta sensiblement la même chose que lors des deux derniers entraînements. Il insista sur la stratégie qu'ils devaient avoir, rappela ce qu'il fallait travailler et demanda à tous les joueurs d'être concentrés et efficaces. Puis il donna rendez-vous à tout le monde sur le terrain cinq minutes plus tard. Ce fut le temps nécessaire à Draco pour se changer. Il sortit des vestiaires en même temps que Blaise, Pansy et Théo et se rendit sur le terrain avec eux. Graham donna le signal et tous les joueurs s'élevèrent dans les airs. Comme d'habitude, Draco prit de la hauteur et regarda ses coéquipiers jouer. Il resta cependant très attentif à ce qui se passait autour de lui, voulant être le premier à voir le vif d'or. Harper aussi était concentré, mais Draco se promit de ne pas se faire doubler une nouvelle fois. Lors de l'entraînement de mercredi, il avait réussi sans trop de difficultés à s'emparer du vif d'or avant son remplaçant. Il comptait faire encore mieux ce jour-là. Il regarda les titulaires jouer contre les remplaçants et fut ravi de constater que les deux équipes se débrouillaient très bien. Il y avait bien plus de dynamisme que lors du premier entraînement de la semaine. Mercredi, Théo avait rejoint l'équipe des titulaires et un Serpentard de troisième année avait été choisi au pied levé pour prendre sa place dans l'équipe des remplaçants. Il était plutôt bon, si bien que Graham avait envisagé de le nommer «remplaçant de joueur de réserve». Remplaçant de remplaçant, quoi. Le troisième année pouvait s'en sentir honoré.
Draco sortit de ses pensées et regarda de nouveau autour de lui. Toujours pas de vif d'or. S'ennuyant et voulant jouer un tour à son remplaçant, il fit pourtant comme s'il avait vu la petite balle dorée et vira brusquement sur sa droite. Harper tomba immédiatement dans le panneau. Draco l'entendit le suivre, ce qui était exactement l'effet recherché. Tout à coup, il se décala, laissant Harper passer en flèche devant lui. C'est alors qu'il vit pour de vrai le vif d'or. Il avait bien fait de mettre Harper sur une mauvaise piste ! Ainsi, il pouvait se diriger tout seul vers le vif d'or, estimant avoir dix secondes avant que Harper ne s'aperçoive que la petite balle n'était pas devant lui. Il avait donc déjà une large avance lorsque Harper se rendit compte de la supercherie. Draco suivit sans relâche le vif d'or et essaya à plusieurs reprises de l'attraper. Mais il était encore un peu trop loin. Il dut éviter plusieurs fois un cognard, ce qui l'éloigna un peu de la petite balle. Mais il parvint à se rapprocher d'elle et put bientôt tendre le bras pour la quatrième ou la cinquième fois. Cette fois, ses doigts touchèrent la petite balle ailée et se refermèrent autour d'elle. Il redescendit doucement alors que ses coéquipiers continuaient à s'entraîner. Plongés dans leur «match», ils mettaient parfois plusieurs minutes pour s'apercevoir que les attrapeurs n'étaient plus dans les airs. Là, il leur fallut au moins trois minutes pour le remarquer. Graham, Pansy et Théo furent les premiers à regagner la terre ferme.
- Désolé, il y avait une super dynamique, les passes et les buts s'enchaînaient, on n'a pas vu que le vif d'or avait été attrapé. Mais je vous ai quand-même vus à l'oeuvre. Tu as été parfait, Draco. Super feinte. Simon, il va falloir davantage te méfier. Mais tu as bien récupéré ton retard, même si ça n'a pas été suffisant. Les autres, direction les vestiaires pour faire le debrief de l'entraînement ! Draco, Simon, vous n'êtes pas dispensés de nous suivre.
«Ça tombe bien, je dois te parler» pensa Draco alors qu'il rejoignait les vestiaires avec son équipe. À peine furent-ils tous entrés que Graham commença à commenter l'entraînement :
- C'était beaucoup mieux que lors des deux derniers entraînements. Je pense qu'il y a simplement eu une baisse de régime, ça arrive mais c'est quand-même à éviter à quelques jours d'un match. Surtout un match contre Gryffondor, quoi. Mais soyez aussi bons qu'aujourd'hui et on le gagnera, ce match. Bon, il y a quand-même quelques petits trucs à améliorer. Crabbe et Goyle, vous visez toujours la même personne, je vous ai pourtant dit d'attaquer tous les poursuiveurs. Neil, tu dois essayer de couvrir tout l'espace. Les tirs peuvent venir de n'importe où. Si jamais tu dois remplacer Miles lors d'un match, tu vas avoir à faire à des joueurs qui ne tireront pas forcément de la même manière que Théo, Adrian ou moi. Pansy, tu dois prendre plus d'initiatives. C'est bien de vouloir laisser les autres marquer mais il faut que tu marques aussi toi-même. Blaise, tu sais très bien te dépêtrer quand tu te es pris en sandwich entre deux poursuiveurs adverses mais le problème c'est que tu te libères si vite que tes coéquipiers n'ont pas le temps d'arriver à ta hauteur. Du coup tu es obligé de les attendre et ça casse un peu la dynamique. Mais c'est peut-être parce que Pansy et Murray n'allaient pas assez vite de leur côté. Enfin, pour terminer, Erwan, Allan, vous devez être un peu plus actifs avec les cognards. Voilà, ce sont juste des petits points à revoir mais les titulaires, normalement, vous êtes prêts pour le match contre Gryffondor. Allez vous doucher, vous l'avez bien mérité.
Les joueurs ne se firent pas prier. Ayant peur que Graham ne soit déjà parti lorsqu'il sortirait de la douche, Draco décida d'aller lui parler tout de suite.
- Graham, je peux te parler ?
Graham se retourna et haussa un sourcil.
- Je croyais que tu avais oublié mon existence. Avant-hier tu as fait comme si je n'étais pas là et tu t'es barré dès la fin de l'entraînement.
- J'avais une séance de travail avec mon binôme. J'avais prévu de te parler justement mercredi mais je devais vite aller dîner pour ne pas être en retard et faire attendre mon binôme. Mais là je suis libre. Après, si toi tu ne l'es pas...
- Non, non, je n'ai rien à faire jusqu'à vingt-et-une heures. J'ai donc tout mon temps. Allons dans ma cabine personnelle, on y sera plus tranquilles pour discuter.
Graham se dirigea vers ladite cabine, invitant clairement Draco à le suivre. Celui-ci hésita avant d'emboîter le pas à son capitaine, admettant qu'ils seraient en effet plus tranquilles dans sa cabine. Une fois à l'intérieur, Graham se tourna vers Draco.
- En fait je suis plutôt content que tu sois venu me voir. J'avais peur que tu m'en veuilles pour ce qui s'est passé lundi et que tu ne veuilles plus me parler. Mais apparemment c'est tout le contraire puisque tu voulais déjà me voir avant-hier... Tu ne peux déjà plus te passer de moi, en fait.
- Je t'arrête tout de suite, je voulais te voir pour te dire que ce baiser, c'était une erreur, répliqua Draco. Je n'aurais jamais dû te laisser m'embrasser. Mais je n'allais pas bien, j'étais perdu, je n'avais pas les idées très claires alors j'ai réagi un peu n'importe comment. En temps normal, je n'aurais jamais répondu à ton baiser.
- Comment peux-tu en être aussi sûr ?
- Parce que je suis hétéro. Les mecs ce n'est pas mon truc.
- Tu en avais déjà embrassé un avant moi ?
- Non, avoua Draco.
- Alors tu ne peux pas affirmer à cent pour cent être hétéro. Je sais que tu as déjà embrassé plusieurs filles, tu t'en es vanté un certain nombre de fois dans la salle commune. Mais est-ce que toutes ces greluches que tu as pu embrasser t'ont fait ressentir ce que moi, je t'ai fait ressentir ? Est-ce que tu as autant aimé avec elles qu'avec moi ? Pose-toi les bonnes questions, Draco. Je veux bien admettre que tu n'avais pas les idées très claires quand je t'ai embrassé, comme tu le dis. Mais là elles sont claires, non ? Tu ne voudrais pas réessayer, pour voir ?
Perdu, Draco ne sut quoi répondre. C'était vrai, ce que disait Graham. N'ayant jamais embrassé un garçon avant lui, il ne pouvait pas être sûr d'être vraiment hétéro. Il en était persuadé jusque-là mais le baiser de Graham lui avait quand-même bien plu... Il ne pouvait le nier. Il avait cependant peur de retenter l'expérience. Il n'était pas prêt à accepter les éventuelles conclusions qu'il en tirerait. Mais ce n'était pas bon de rester avec des incertitudes. Il devait être fixé. Après tout, en embrassant Graham en ayant cette fois les idées claires, il trouverait peut-être ça nul et cela le conforterait dans le fait qu'il était hétéro. Oui, c'était sûrement ça qui allait se passer. Il prit donc sa décision :
- D'accord, je veux bien essayer.
Graham sourit, franchit le mètre qui le séparait de Draco et posa ses lèvres sur les siennes. Draco tenta de ne pas se focaliser tout de suite sur le délicieux parfum de son vis-à-vis qui envahit aussitôt ses narines. Il ne pensa à rien et se concentra sur le baiser en lui-même. Baiser qui ne tarda pas à s'approfondir sous l'initiative de Graham qui quémanda l'accès à la bouche de Draco. Ce dernier le lui accorda sans réfléchir et décida de ne pas rester inactif. Bien que timidement, il répondit au baiser. Il laissa la langue de Graham s'enrouler autour de la sienne et fit la même chose, alors qu'il avait toujours rechigné à le faire avec les filles qu'il avait embrassées. Mais là ce n'était pas pareil. Il s'était lourdement trompé. C'était avec les filles que ça avait été nul. Avec Graham, c'était bien. Mais peut-être était-ce parce qu'il s'y connaissait ? Au fond, apprécier un baiser, que ce soit avec un garçon ou avec une fille, était-ce vraiment révélateur de son orientation sexuelle ? Une bouche était une bouche, peu importe à qui elle appartenait... Toutes ces pensées qui se bousculaient dans l'esprit de Draco furent balayées d'un coup lorsque Graham le poussa contre le mur et se pressa contre lui. Il se surprit à gémir face à cette soudaine proximité. Bon sang il aimait ça. Il aimait sentir le corps de Graham tout contre le sien. Il sentit les mains de Graham descendre le long de ses hanches mais il n'y prit pas garde, trop obnubilé par le baiser qu'il lui offrait. Pourtant, lorsque ces mêmes mains se posèrent sur ses fesses, il se crispa mais il n'eut pas le temps de dire ou de faire quoi que ce soit puisque, dans le même temps, Graham ondula contre lui, faisant glapir Draco. Une certaine partie de son anatomie avait un peu trop aimé ce contact. Mortifié, il rompit le baiser et repoussa Graham. Celui-ci le regarda d'un air déçu.
- Tu ne pourras pas fuir éternellement, Draco. Tu dois accepter la réalité.
- Ce n'est pas parce que j'ai apprécié ce baiser que je suis gay !
- Tu te défiles, Draco.
- Pas du tout ! C'est toi qui tires des conclusions trop hâtives !
- Si ça te fait plaisir de le penser... Mais c'est toi qui refuse de voir les choses telles qu'elles sont. Je vais arrêter de te tourner autour puisque tu n'as pas l'air prêt à assumer ton attirance. Mais tu es toujours invité à ma fête ce soir.
- Pansy et Blaise ont refusé de venir. Blaise n'aime pas ce genre de fête et Pansy considère qu'elle n'a pas le droit d'encourager ce type de soirée à cause de son statut de préfète.
- Et tu n'as pas demandé à Théo, alors ? J'avais donc raison. Tu penses comme moi, en fait. Sauf que tu n'oses pas te l'avouer. Tu ne manquerais pas d'un peu de courage, par hasard, Draco ?
Draco sentit la Pimentine lui monter aux oreilles.
- Absolument pas ! Je vais le lui demander et je suis sûr qu'il acceptera parce qu'il ne voudra pas me laisser y aller tout seul !
- Que c'est mignon, se moqua Graham. C'est sûr que Théo ferait n'importe quoi pour toi. Tu devrais peut-être te poser des questions. Ça cache sûrement quelque chose. Je dis ça, je dis rien...
- Eh bien tu ferais mieux de te taire alors. Ça t'éviterait de dire des bêtises plus grosses que toi.
Draco quitta la cabine de Graham sur ces mots. Il se rendit aux douches, se lava, s'habilla, sortit des vestiaires et rentra au château. Il rejoignit la salle commune où il retrouva ses amis.
- Qu'est-ce que tu faisais ? interrogea Blaise. Tu en as mis du temps.
- Je parlais avec Graham.
- C'est lui qui a demandé à te voir ? s'enquit Théo.
- Oui, pourquoi ? répondit Draco, sur la défensive.
- Rien, c'était juste une question. Tu dois être content, du coup. Il s'intéresse de nouveau à toi alors que tu pensais qu'il t'ignorait depuis la rentrée.
- Ça veut dire quoi, ça ? répliqua sèchement Draco.
Théo haussa les sourcils.
- Rien, je ne disais pas ça méchamment... C'est juste que tu semblais triste qu'il ne s'intéresse plus autant à toi qu'avant alors j'étais content pour toi qu'il ait voulu te parler.
- Je n'étais pas triste du tout, je m'en fous complètement qu'il m'ignore ! Tu dis n'importe quoi !
Théo baissa les yeux. Draco s'en voulut immédiatement d'avoir été aussi agressif mais il n'eut pas le temps de s'excuser puisque Théo se leva et s'en alla. Il se fustigea mentalement. Il n'aimait pas faire de la peine à Théo. En plus il savait qu'il ne fallait pas lui crier dessus.
- Qu'est-ce que tu attends ? demanda Pansy.
Draco se tourna vers sa meilleure amie, les sourcils légèrement froncés.
- Qu'est-ce que j'attends pour quoi ?
- Mais pour aller lui parler, espèce d'idiot ! Il n'est pas parti parce qu'il t'en veut mais parce qu'il s'en veut lui. Tu le connais, il suffit d'élever un peu trop la voix contre lui pour qu'il se soumette et se renferme sur lui-même.
Les paroles de Pansy culpabilisèrent encore plus Draco. Mais elle avait raison.
- J'y vais.
Il se leva et prit la direction de son dortoir. Il savait que c'était là où s'était réfugié Théo. Et en effet, lorsqu'il entra, il vit que les rideaux de son ami étaient tirés. Il s'avança, s'arrêta devant les rideaux en question et se lança :
- Théo, je suis désolé, je ne voulais pas être aussi blessant... Laisse-moi te parler, s'il te plaît.
Il savait que, dans ce genre de situation, il valait mieux être ferme pour obtenir ce qu'il voulait. S'il demandait d'une voix toute hésitante «Est-ce que je peux te parler ?», Théo n'allait pas lui répondre. Sa fermeté porta ses fruits puisque Théo le laissa entrer. Draco ouvrit les rideaux et vit son ami en train de lire un livre, la mine sombre. Et triste. Draco se morigéna une fois de plus. Il s'assit à côté de Théo et le regarda quelques secondes avant de s'excuser :
- Je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas te parler comme ça. Ce n'était pas contre toi. Tu n'avais rien fait. C'était juste moi qui étais de mauvaise humeur. Ça aurait pu tomber sur n'importe qui.
- J'aurais dû me taire quand tu as commencé à être agressif, alors.
- Non, tu as voulu t'expliquer, voire même te défendre et c'était tout à fait normal. C'est moi qui n'aurait pas dû te sauter à la gorge comme je l'ai fait. J'ai été nul. Excuse-moi.
Théo leva la tête de son livre et sourit.
- On oublie et on passe à autre chose ?
Draco acquiesça, soulagé.
- S'il y a quelque chose qui te prend la tête, tu peux m'en parler, tu sais. Mais je ne t'oblige à rien. C'est comme tu veux.
- Je préfère ne pas en parler, avoua Draco.
- Je comprends. J'espère juste que ça va entre Graham et toi.
- Oui, ne t'inquiète pas, il m'a même invité à sa fête d'anniversaire qui a lieu ce soir.
- Tu vas y aller ?
- J'aimerais bien, oui. En fait... je voulais te proposer de m'accompagner mais après ce qui vient de se passer, j'imagine que j'ai grillé toutes mes chances pour que tu acceptes...
- Je t'ai dit que c'était oublié. Mais tu sais bien que ce n'est pas mon truc, les fêtes. Il y a trop de monde et je ne suis pas à l'aise avec ça.
- On pourra rester ensemble, si tu veux. Il n'y aura presque que des Serpentard, ils seront plus vieux que nous donc moi non plus, je ne les connaîtrai pas vraiment. C'est pour ça que je voulais que tu viennes avec moi. Mais je comprendrais que tu refuses. Surtout qu'il y aura de l'alcool alors...
- Tu es sûr que tu veux que je vienne ? se moqua gentiment Théo. Tu es en train de me donner toutes les raisons pour me dissuader d'avoir envie d'y aller.
- Je préfère être honnête, répliqua Draco. Et que tu saches à quoi t'attendre. Je ne veux pas que tu te sentes mis au pied du mur en découvrant sur place de l'alcool et des gens plus âgés que toi. Je ne veux pas non plus que tu me reproches de ne t'avoir rien dit. Et puis, quitte à être franc, autant l'être jusqu'au bout : j'ai dit à Graham que j'allais te proposer de venir et que tu allais accepter parce que tu ne voudrais pas me laisser y aller tout seul.
Théo écarquilla les yeux.
- Mais pourquoi tu lui as dit ça ?!
- Parce qu'il m'énervait. Il disait que tu étais tellement coincé que tu ne voudrais jamais aller à cette fête. J'ai voulu lui rabattre son clapet et j'ai limite parié que j'allais réussir à te convaincre. Là c'est moi qui aurait dû me taire. Je suis désolé, encore une fois. Je n'aurais pas dû lui dire ça.
- Non, tu as bien fait.
Draco leva la tête, surpris par le ton froid qu'avait pris Théo. Il regardait droit devant lui et avait un air de défi dans le regard.
- Je crois qu'il a bien besoin d'être remis à sa place. On va y aller ensemble, à cette fête.
- Tu... tu es sûr de toi ? Je ne veux pas que tu te sentes obligé...
- Ce n'est pas le cas, je te rassure. J'en ai juste un peu assez du comportement de Graham. Je vais lui prouver que je suis capable de participer à une fête, contrairement à ce qu'il croit. Elle est à quelle heure, la sienne ?
- À vingt-et-une heures, je crois. Elle aura lieu dans la salle commune.
- Oh suis-je bête, j'aurais dû m'en douter quand j'ai appris que la salle commune devait être libérée ce soir... Est-ce qu'il faut être habillé d'une certaine manière ?
- Oublie le costume cravate, si c'est ça ta question. Je pense que Graham veut juste qu'on soit habillé de façon correcte. Mets une chemise et un pantalon et ça fera l'affaire. Mais on verra ça plus tard. On ferait mieux d'aller dîner.
Théo acquiesça et rangea son livre dans le tiroir de sa table de chevet. Draco y vit un exemplaire de la Gazette. Cela lui fit penser qu'il n'avait pas lu celui qu'il avait reçu le matin-même. Encore une fois, il n'avait pas eu le temps. En fait, depuis quelques semaines, il préférait se lever plus tard, quitte à devoir se dépêcher de prendre son petit-déjeuner. Du coup, il recevait la Gazette vers huit heures quarante et il n'avait pas assez de vingt minutes pour la lire, surtout s'il devait manger en même temps. Il décida de prendre son propre exemplaire afin de le lire pendant le dîner. Il se rendit ensuite avec Théo dans la Grande Salle après avoir prévenu Blaise et Pansy qu'ils devaient manger tôt parce qu'ils étaient attendus à vingt-et-une heures. Leurs amis comprirent aussitôt qu'ils avaient prévu d'aller à la fête de Graham. Blaise parut surpris que Théo veuille y aller mais un regard de Draco le dissuada de dire quoi que ce soit. Draco avait une chance inouïe que Théo veuille bien l'accompagner, il était donc hors de question que Blaise vienne tout gâcher !
.
Alors qu'il attaquait sa tarte à la mélasse, Draco se décida à ouvrir la Gazette. Comme tous les jours depuis le début de la semaine, la traque de son père faisait la une du journal. D'après des «sources sûres», les Aurors avaient fait de nombreux repérages, avaient interrogé de nombreuses personnes, avaient déployé de nombreux moyens et tout cela avait semblé confirmer que la piste qu'ils avaient trouvée était la bonne. Cela ne faisait qu'angoisser Draco. Il aurait préféré qu'ils se trompent. Et ce qu'il lut dans la Gazette ce soir-là n'apaisa pas ses craintes. Le journal disait qu'une opération allait avoir lieu pour essayer d'attraper son père. Et qu'il n'y aurait pas moins d'une dizaine
d'Aurors qui seraient envoyés sur place. Les parents de Draco n'avaient aucune chance de s'en sortir. Les Aurors allaient forcément réussir à les arrêter, ils les enverraient illico à Azkaban et ça, Draco ne pouvait s'y résoudre. L'appétit coupé, il repoussa sa part de tarte et referma le journal.
- Tu veux toujours aller à cette fête ? lui demanda alors Théo.
Draco leva les yeux vers son ami. Il avait l'air inquiet et triste. Draco lui fut reconnaissant de ne pas lui demander s'il allait bien, de ne pas lui parler de l'article, de ne pas lui dire que ça allait bien se passer, de ne pas lui conseiller d'arrêter de lire la Gazette... Draco n'était pas d'humeur à entendre ce genre de choses et Théo le savait très bien. En revanche, il montrait à Draco qu'il était là en lui demandant s'il souhaitait toujours se rendre à la fête de Graham. Draco ne savait absolument pas s'il en avait toujours envie. Il se sentait inquiet et angoissé. Mais il savait que dans son dortoir, seul avec son livre ou ses devoirs, il n'arrêterait pas d'y penser. Alors qu'il se changerait sûrement les idées en allant à cette fête. Même si ça prendrait un peu de temps. La décision était donc simple à prendre.
- Oui, ça va me faire du bien d'y aller, affirma Draco. Après si toi, tu n'en as plus envie...
- Non, non, moi je m'en fiche. C'est toi qui compte. Je me disais que tu n'avais peut-être plus trop le moral.
- Si, t'inquiète, ça va, répondit Draco en souriant. Tu as fini de manger ?
- Oui, c'est bon.
- Cool, allons-y, alors.
Draco et Théo se levèrent, quittèrent la Grande Salle et se rendirent à leur salle commune, puis à leur dortoir. Ils passèrent devant les rideaux ouverts de Blaise qui était pourtant là.
- Tu es déjà là ? s'étonna Draco.
- Oui, je ne voulais pas me faire jeter dans trois quarts d'heure par Graham.
- Tu es sûr de ne pas vouloir venir ?
- Sûr et certain. Ça ne m'attire pas du tout. Par contre j'espère que tu n'as pas forcé Théo à venir avec toi ?
- Mais non, pour qui tu me prends ?
- Ce n'est pourtant pas le genre de Théo de faire la fête...
- Je ne vais pas faire la fête, j'accompagne juste Draco, intervint Théo. Je ne vais pas danser, boire, faire le zouave ou que sais-je encore. Je vais me mettre quelque part et je vais attendre que la soirée se passe.
- Mais tu vas t'ennuyer, lâcha Blaise, perplexe.
- Pas du tout, dit Théo en souriant. Je n'ai pas besoin de parler ou de faire quoi que ce soit pour faire passer le temps. J'observe, j'écoute les discussions si elles me parviennent aux oreilles et, souvent, je me perds dans mes pensées. Et puis bon, si de gentils Serpentard bien élevés viennent me parler, je ne fuirai pas la discussion, loin de là. Je vais essayer de sortir un peu de ma réserve si l'occasion se présente.
- C'est fou comme tu as réussi à me convaincre que tu vas passer une super soirée alors que moi, ça m'ennuierait prodigieusement, souffla Blaise, ahuri. Si jamais il te faut une autre occupation, pense à surveiller Draco. Quelque chose me dit qu'il ne va pas rester à l'eau, ce soir.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?! protesta Draco, piqué au vif.
- Je ne sais pas, une intuition.
- Oui bah même si c'est vrai c'est mon droit. Je fais ce que je veux. Et puis quinze ans c'est l'âge des premières cuites. Même si je ne compte pas forcément m'en prendre une ce soir. Car, contrairement à ce que tu penses, j'avais prévu de rester à l'eau. De toute façon, je n'ai pas besoin que quelqu'un me surveille. Bon, qu'est-ce que tu vas faire, toi, ici tout seul ?
- Je vais sûrement lire et m'avancer dans mes devoirs.
- Tu aurais pu proposer à ta chérie de venir ici.
- Au cas où tu l'aurais oublié, je ne serai pas vraiment seul, rectifia Blaise. Crabbe et Goyle restent là, eux.
- Oui mais on s'en fout, un sort d'insonorisation et c'est réglé. Ce ne sont pas eux qui viendront te déranger parce qu'ils voudront te parler, contrairement à moi ou... non, juste moi, en fait.
Il allait dire «contrairement à moi ou à Théo» mais Théo n'était pas du genre à ouvrir les rideaux d'un de ses amis sans demander la permission ou sans se demander si l'ami en question était occupé. Alors que Draco, lui, ne se privait pas pour le faire.
- Ça, c'est sûr, ils font comme si je n'existais pas, répondit Blaise. Mais attends, tu pensais à quoi en parlant de sort d'insonorisation ?!
- À rien du tout, dit Draco d'un air parfaitement innocent. C'est toi qui a l'esprit mal placé, Blaise.
- Ouais, c'est ça, ironisa Blaise. Je tiens juste à te signaler qu'on fait simplement connaissance, Ginny et moi. Ce n'est même pas encore vraiment «ma chérie».
- Genre, vous ne vous êtes pas embrassés une seule fois depuis que vous avez mis les choses à plat ?
- Non, on veut vraiment prendre notre temps. Mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque, pourtant. Ses lèvres m'appellent. J'ai envie de la toucher. J'ai envie de respirer son odeur. J'ai envie de la serrer tout contre moi.
- Oui bah fais attention car un jour, tu vas avoir simplement envie tout court.
- Elle n'a que quatorze ans, Draco. On ne fera rien avant un bon moment. Et, je te le répète, nous ne sommes pas encore en couple.
- Si je comprends bien, tu veux attendre d'être en couple avec elle pour passer aux choses sérieuses ?
- Bah... oui.
- Tu es bien romantique.
Blaise haussa les sourcils.
- Parce que, toi, ça ne te gênerait pas de coucher avec une fille sans être en couple avec elle ?
Cette question troubla Draco. Bizarrement, il ne s'imaginait pas coucher avec une fille. Que ce soit dans un avenir proche ou lointain. Cela supposait de voir cette fille nue et cela l'effrayait presque tant ça ne l'attirait absolument pas.
- Je n'en sais rien, avoua-t-il franchement. C'est juste que je ne suis pas amoureux pour le moment alors je n'ai pas la même vision des choses.
- Je comprends, dit Blaise en hochant la tête. Mais on va arrêter de parler de ça sinon on va perdre Théo.
- Oh non, je vous en prie, continuez, ne vous préoccupez pas de moi, répliqua Théo en rougissant.
- Non, je préfère qu'on parle de quelque chose qui nous intéresse tous les trois.
- Quelque chose qui commence par Qui et qui finit par dditch ? se moqua Draco.
- Par exemple, approuva Blaise.
- Ça me va, assura Théo.
C'est ainsi que les trois amis parlèrent Quidditch jusqu'à ce que Draco et Théo prennent congé de Blaise afin de se changer avant de se rendre dans leur salle commune. Une quinzaine de personnes étaient déjà présentes. Draco sentit Théo se tendre à côté de lui. Il se tourna vers lui mais Théo lui adressa un sourire qui signifiait «ça va, je gère». Draco admirait vraiment Théo qui faisait l'effort de l'accompagner alors qu'il n'était pas du tout à l'aise dans ce genre de rassemblement. Il n'était pas asocial puisqu'il adorait aider quand il le pouvait, il aimait autant travailler seul qu'en groupe, il avait même une amie à Serdaigle et deux amis à Gryffondor, mais c'était juste que la foule lui faisait peur. En revanche, il n'était absolument pas terrifié lorsqu'il se trouvait au milieu d'une vingtaine de Scroutt à Pétard. Mais Théo était comme ça : il était beaucoup plus à l'aise entouré d'animaux ou de créatures qu'entouré d'humains. Draco s'y était vite fait, tout comme Blaise et Pansy.
À peine firent-ils quelques pas dans la salle commune que Cassius et Miles vinrent les voir. Draco sentit Théo très vite détendu en leur présence. Il s'entendait très bien avec eux au sein de l'équipe et c'était visiblement la même chose en-dehors. Draco décida d'en profiter pour aller voir Graham. Mais il préféra d'abord en avertir Théo :
- Ça te dérange si je m'absente quelques minutes ?
- Non, pas, du tout, vas-y, dit Théo en souriant.
- Je reviens vite, promit Draco.
- On le surveille, il ne va pas s'enfuir, ne t'inquiète pas, plaisanta Miles.
Cela eut le mérite de détendre Draco qui sourit à Miles avant de rejoindre Graham.
- Alors, pas trop déçu de t'être trompé ? demanda-t-il d'un ton détaché.
- Pas du tout. Je suis content pour toi. Tu te sentiras sûrement moins seul. Par contre, je le plains, lui. Il n'a pas dû venir de son plein gré.
- Détrompe-toi, je ne l'ai absolument pas forcé, répliqua sèchement Draco. Si tu veux tout savoir, on s'était à moitié disputé juste avant que je lui propose de m'accompagner et il n'a pourtant pas hésité une seule seconde avant d'accepter. Il n'a pas trop aimé que son capitaine le trouve trop «coincé».
- Oh, je vois, c'est un genre de défi qu'il s'est lancé, en fait ? Il veut juste me prouver que, non, il n'est pas coincé ? Il a plus de fierté que je ne le croyais. C'est pour ça qu'il a mis un pantalon serré sur ses jolies petites fesses ? Tu aurais dû lui conseiller de s'habiller autrement. Sauf s'il a envie de se faire embêter quand la soirée sera un peu avancée mais ça m'étonnerait beaucoup. Une fois bien bourrés, gay ou hétéro, les mecs n'y regardent pas et prennent tout ce qui leur tombe sous la main. Enfin, certains, pas tous. Il y a aussi des mecs hétéros qui pourraient juste profiter de la soirée pour s'adonner à de nouvelles expériences. Ton ami a donc intérêt à faire attention à lui.
- Théo ne boira pas, lui. Il n'hésitera pas à se servir de sa baguette pour se défendre. Chose que ne pourront pas faire ces mecs puisqu'ils seront trop bourrés pour faire fonctionner leurs neurones. Et puis tu m'as dit que tu t'en fichais de lui. Tu ne devrais donc pas t'inquiéter à son sujet.
Graham esquissa un sourire moqueur.
- Serais-tu jaloux ? Préférerais-tu que je m'inquiète pour toi ?
- Pas du tout, répliqua Draco, agacé.
- Tant mieux parce que j'ai compris le message. Je ne t'intéresse pas donc je vais passer à autre chose. D'ailleurs, il y a un mec avec qui je pourrais bien finir la soirée. Il est bi, je crois. J'ai donc toutes mes chances. Amuse-toi bien, Draco.
- Ouais, c'est ça, joyeux anniversaire quand-même, dix-huit ans de débilité, ça se fête, cracha Draco.
Graham s'en alla sans même prêter attention à la réponse cinglante de Draco. Celui-ci aurait jeté son verre par terre s'il en avait un dans la main, tellement il était en rage. Graham avait tout fait pour le mettre à bout et il avait réussi. Il refusait pourtant de s'avouer que ce qui l'avait le plus énervé, c'était que Graham comptait finir la soirée avec un mec. S'il avait vraiment été honnête avec lui-même, il aurait précisé «avec un autre mec que lui». S'il avait vraiment été honnête, il aurait admis qu'il était tout simplement jaloux. S'il avait vraiment été honnête, il aurait admis qu'il avait envie d'aller frapper ce mec qui intéressait Graham. S'il avait vraiment été honnête, il aurait admis qu'il voulait rattraper Graham et le réquisitionner pour lui seul pendant toute la soirée. Mais il n'était pas honnête avec lui-même. Alors il n'admit rien de tout cela. Il préféra rager et ruminer seul, en silence. Il éprouva le désir d'oublier tout ça. D'oublier Graham et tout ce qu'il refoulait. Et pour cela, il ne vit qu'un moyen. Il était bien conscient d'avoir presque fait une promesse à Blaise mais il n'avait pas prévu que le début de cette fête prendrait une telle tournure pour lui. Il avait voulu passer une soirée calme, à parler et à rire avec ses camarades de Serpentard, et voilà qu'au lieu de ça il se retrouvait avec une rage et une jalousie à oublier... Et puis il était grand, il faisait ce qu'il voulait. Ce fut sur cette pensée qu'il se dirigea résolument vers le bar improvisé où étaient disposées toutes sortes de boissons. Il y en avait pour tous les goûts. Jus de citrouille, jus d'orange, jus de fruits, bièreaubeurre, hydromel, vin de sureau, rhum groseille, whisky pur feu... Draco devait admettre que c'était riche et varié. Il y avait autant de choix pour ceux qui voulaient rester sobres que pour ceux qui voulaient se mettre la tête à l'envers. Draco était intéressé par la deuxième option mais n'y connaissant rien du tout, il ne savait pas quoi prendre. Il n'avait jamais bu d'alcool donc il ne savait pas ce qui était fort, ce qui ne l'était pas et ce qui était modéré. Il décida de demander conseil à celui qui tenait le bar, à savoir un Serdaigle qui devait être en sixième ou septième année. Il était l'un des seuls élèves participant à cette fête qui n'était pas de Serpentard.
- Tu me conseilles quoi ? demanda Draco sans préambule.
- Ça dépend. Tu veux une boisson alcoolisée ou une boisson fruitée ? Ou de l'eau ?
- Une boisson alcoolisée, mais je n'en ai jamais bu alors je ne m'y connais pas du tout...
- Tu devrais commencer par quelque chose de faible, alors.
- En fait, j'aimerais oublier tout ce qui me prend la tête, avoua franchement Draco.
- Oh. Je vois. En gros tu veux te prendre une cuite ?
- C'est un peu ça l'idée, oui.
- Dans ce cas je te conseille le rhum groseille ou le whisky pur feu. L'hydromel et le vin de sureau ne te feront pas grand-chose.
- D'accord. Mais... euh... tu sais que je ne suis pas majeur ?
- Bien sûr.
- Et ça ne te dérange pas de me servir de l'alcool malgré tout ?
- Je ne suis pas là pour faire la police. Moi ma première cuite je l'ai eue à quatorze ans alors ça ne me choque pas qu'à quinze ans, tu veuilles en faire l'expérience. Alors, rhum groseille ou whisky pur feu ?
- Euh... rhum groseille, s'il te plaît.
Le Serdaigle prit une bouteille et remplit un verre qu'il donna à Draco.
- Vas-y doucement, par contre. Au moins pour le premier verre.
- Ouais, je vais y penser.
Draco prit son verre et rejoignit Théo qui était toujours avec Miles et Cassius. Tous avaient un verre à la main. Cassius dut sentir l'odeur de celui de Draco car il fronça le nez.
- Ouh là, il n'y a pas que du jus dans ton verre, toi.
- C'est juste pour essayer, se défendit Draco.
- Oh mais tu fais ce que tu veux. Moi je préfère attendre un peu avant de m'y mettre. La soirée ne fait que commencer. On était en train de parler du match d'après-demain. Je félicitais Théo pour avoir été choisi pour me remplacer. Une première titularisation, ça se fête ! J'espère donc le garder avec moi assez longtemps pour le convaincre de boire au moins un verre. Mais je sens que ça va être compliqué. Il est têtu, le bougre ! Ce n'est pourtant pas tous les jours qu'on a la chance de participer à un anniversaire deux jours avant son premier match et qu'on peut donc fêter sa première titularisation par la même occasion !
- Ne l'embête pas trop, réprimanda gentiment Draco. Il fait déjà un effort en étant là, les fêtes ce n'est pas trop son truc.
- Ah oui, c'est vrai. Je vais le laisser tranquille, alors. Mais je compte bien passer la soirée avec mon remplaçant. Enfin, si ça t'intéresse, évidemment, ajouta Cassius en se tournant vers Théo.
- Je ne demande pas mieux, répondit ce dernier en souriant. Si tu pouvais me donner des conseils...
- Oh là là, ils me stressent à parler de ce match tout le temps... dit Miles d'un air ennuyé. Tu viens, Draco ? Tu vas faire plus ample connaissance avec quelques-uns de mes amis.
Draco regarda Théo, indécis.
- Vas-y, tu n'es pas obligé de rester avec moi toute la soirée, dit-il doucement. Amuse-toi, tu en as bien besoin.
Draco acquiesça et suivit Miles. Il fut présenté à deux élèves de Serpentard ainsi qu'à un Serdaigle de sixième année. Eux n'avaient aucune modération sur la boisson. Ils mirent aussitôt Draco à l'aise en faisant des vannes débiles, mais drôles. Draco se détendit rapidement, participa aux diverses discussions et enchaîna les verres tout comme les quatre autres garçons du groupe. Il ne tarda pas à se sentir flotter et oublia par la même occasion tout ce qu'il y avait autour de lui, y compris Graham qui ne vint pas hanter une seule fois son esprit jusqu'à ce que celui-ci soit de toute façon trop embrumé pour aligner deux pensées cohérentes...
.
.
POV Théo
.
Cela faisait plus de deux heures que Théo discutait avec Cassius lorsque Graham vint les rejoindre.
- Salut les gars, vous vous amusez bien ?
- Ouais, on parle Quidditch, je donne des astuces à Théo.
- C'est gentil mais pas très prudent pour toi. S'il devient trop bon il risque de te prendre ta place.
- Eh bien l'équipe gagnera au change. De toute façon, l'année prochaine je serai parti, tout comme Adrian et toi, il faudra reconstituer l'équipe et je pense qu'il y a de grandes chances pour que Théo soit titulaire. Il aura bien plus d'expérience et de talent que tous ceux qui se présenteront au poste de poursuiveur. Et puis, je crois qu'on sait tous qui sera le nouveau capitaine. Ce ne serait pas du tout étonnant qu'il nomme Théo titulaire.
Théo fronça les sourcils.
- Vous savez déjà qui sera le nouveau capitaine ?
- Non mais on pense savoir. Ce sera le plus ancien de l'équipe et il aura l'âge d'être capitaine. On peut même le devenir dès sa cinquième année. Ou dès la quatrième année si tu es vraiment précoce et que tu as les qualités requises.
- Je vois. Vous pensez à Draco ?
- C'est ça. Ce sera soit lui, soit quelqu'un qui rejoindra l'équipe, qui aura tout d'un capitaine mais qui n'aura jamais fait de Quidditch avant. Certes, il connaîtra la théorie sur le bout des doigts, il saura tout sur les figures, les fautes, les feintes, tout ça mais il n'aura aucune pratique. Je ne souhaite pas un capitaine comme ça pour l'équipe, même si je n'en ferai plus partie.
- Et vous pensez que Draco sera un bon capitaine ?
- Oui, ça ne fait aucun doute pour moi, affirma Cassius. Après, ce n'est pas moi le capitaine, je ne m'y connais pas aussi bien que Graham...
- J'attends de voir comment il va gérer la pression cette année pour me prononcer, dit Graham. Mais Draco me semble être un bon choix, en effet.
- Dommage qu'il ne soit pas là pour te l'entendre dire, fit remarquer Cassius.
- Draco sait ce que je pense de lui.
- Bon alors il ne devrait pas être trop surpris s'il est nommé capitaine. En attendant ce serait quand-même bien que tu gardes le secret, Théo. D'ailleurs, en parlant de ceux qui ne sont pas là, Adrian n'a pas voulu venir ?
- Non, monsieur préférait passer la soirée – et sûrement la nuit – avec son petit-ami. Il fait ce qu'il veut pour ce soir mais demain il a intérêt à faire abstinence. Comme tous les membres de l'équipe.
- Mais ça peut nous détendre, et c'est important d'être détendu pour un match, plaida Cassius.
- Oui mais je ne veux pas que vous passiez la nuit à batifoler. Dodo à vingt-deux heures max.
- Tu n'as aucun moyen de savoir si tout le monde va respecter tes consignes.
- Je compte sur le bon sens de chacun. Enfin bon, pour Théo, au moins, je ne me fais pas trop de souci. Ce ne sera pas lui qui ira batifoler avec qui que ce soit...
Théo serra les doigts autour de son verre de jus d'orange. Ne pas le jeter au visage de son capitaine. Ne pas le jeter au visage de son capitaine. Ne pas le jeter au visage de son capitaine. C'était tentant, pourtant. Graham dut voir sa réaction puisqu'il esquissa un sourire narquois.
- Vous voulez que je vous apporte quelque chose à boire ? Je dois aller me chercher un verre, alors autant que j'en prenne pour tout le monde.
- Du whisky pur feu pour moi, dit Cassius.
- Jus de citrouille, répondit Théo lorsque Graham s'adressa à lui.
- Bien, je ramène ça tout de suite.
Graham s'éclipsa et revint quelques minutes plus tard avec trois verres.
- Je crois que j'aurais dû choisir quelqu'un d'autre pour tenir le bar. Gary est déjà complètement bourré. En même temps, à force de boire un verre avec tous ceux qu'il doit servir... Je vais retourner le voir pour savoir s'il peut encore rester ou s'il vaut mieux l'envoyer se coucher. Je reviendrai peut-être vers vous plus tard.
Graham s'en alla, laissant ses deux camarades seuls. Cassius se tourna vers Théo.
- Hé, n'hésite pas à lui répondre quand il se montre un peu trop... taquin. Ce n'est pas parce qu'il est capitaine qu'il a le droit de se moquer à tout bout de champ d'un de ses joueurs.
- Je préfère le laisser parler. Lui répondre lui donnerait trop d'importance. Déjà qu'il croit en avoir plus qu'il n'en a...
Cassius haussa les sourcils avant d'éclater de rire.
- Ça c'est bien envoyé ! Bon, même si tu restes au jus de fruits, on trinque à ta titularisation ?
Théo acquiesça et entrechoqua son verre avec celui de Cassius avant de le porter à ses lèvres. Il faillit recracher aussitôt la gorgée qu'il but mais se retint à temps. Le liquide lui avait bien trop brûlé la gorge pour que ce ne soit que du jus de citrouille.
- Ça va ? s'inquiéta Cassius.
- Il y a de l'alcool dans mon verre. Je n'en savais rien alors j'ai pris une gorgée normale en pensant que c'était du jus de citrouille...
- C'est ce que tu as demandé à Graham, en effet.
Théo tourna la tête vers Graham qui était accoudé au bar et qui le regardait d'un air goguenard. Théo serra les dents.
- Il en a fait exprès, siffla-t-il.
- Et il s'attend à ce que tu viennes redonner ton verre et en prendre un autre.
- Il peut toujours rêver.
- Tu ne vas quand-même pas le boire ?
Théo haussa les épaules.
- Ne rentre pas dans son jeu, il n'en vaut pas la peine, dit Cassius.
- Je ne vais pas lui faire le plaisir de m'avouer vaincu devant lui ! J'ai quand-même ma fierté. Sinon je ne serais pas là ce soir. Tu veux bien juste rester avec moi ? Histoire que je ne boive pas tout seul.
- Évidemment. Je suis ton ange gardien.
- Désolé, j'en ai déjà un, plaisanta Théo.
- Tu peux en avoir un autre !
- Mmmmh... Il faut que j'en parle avec le premier, songea Théo.
Il but une autre gorgée de son verre qui passa beaucoup mieux que la première. C'était fort, mais pas mauvais. Loin de là. C'était fruité, ce qui étonnait Théo qui pensait que les alcools n'avaient pas vraiment de goût.
- Tu peux me dire ce que c'est ? demanda-t-il en tendant son verre à Cassius.
Celui-ci le renifla.
- Rhum groseille. Ça va, Graham t'a quand-même donné quelque chose qui a du goût.
- Oui, ce sera moins dur que je le pensais de terminer mon verre. Pfff, qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour garder sa fierté, quand-même...
- C'est clair. Je n'aurais jamais pensé voir Théodore Nott boire pour clouer le bec à son capitaine. Mais c'est bien. Tu ne te laisses pas faire. Et puis, comme ça, on a vraiment pu trinquer, même si on ne le savait pas. D'ailleurs, est-ce que tu as besoin d'autres conseils ?
- Non, c'est bon, merci. Merci pour tout ceux que tu m'as donnés. Tu souhaites faire une carrière professionnelle en sortant de Poudlard ?
- Oh non, j'aime beaucoup le Quidditch mais je ne compte pas en faire mon métier.
- Tu veux faire quoi, alors ?
- Un truc qui n'a rien à voir. Faire des recherches en astronomie.
- Oh c'est hyper intéressant ! C'est un des nombreux métiers que j'aurais voulu faire. Mais bon on ne peut pas faire tout ce qu'on veut dans la vie alors il a bien fallu choisir. Mais c'est un sujet vaste, l'astronomie. Sais-tu précisément sur quoi tu veux porter tes recherches ?
Cassius et Théo parlèrent donc ainsi d'astronomie pendant plus d'une heure. Ayant pris goût à son rhum groseille et ne trouvant pas cela si fort que ça, Théo prit un deuxième verre et le regretta une fois l'avoir vidé. C'était bien plus fort qu'il le pensait. Il s'y était juste habitué et cela avait faussé son jugement. Heureusement, Cassius fut là pour l'escorter jusqu'à son dortoir. Théo en fut gêné mais Cassius interpréta mal son trouble en lui disant qu'il était cent pour cent hétéro, alors que Théo avait juste honte d'avoir bu au point de devoir se faire raccompagner. Deux verres et déjà dans un état lamentable... Une fois arrivé à son dortoir, il remercia néanmoins Cassius et se coucha aussitôt. Il se sentit de suite mieux, même s'il avait la tête qui tournait un peu. Il s'endormit quelques minutes plus tard en se faisant la promesse de bien faire attention la prochaine fois que quelqu'un lui offrirait un verre.
Il pensa n'avoir dormi que dix minutes lorsqu'il fut réveillé en sursaut par un bruit dans le dortoir. Il se redressa et tendit l'oreille. Il reconnut la voix de Draco qui disait à d'autres personnes de ne pas s'en faire et que tout allait bien. Puis la porte du dortoir se ferma. Il se passa quelques secondes avant que Théo n'entende Draco dire «Le sol il est pas droit». Il ne fallut qu'une demie-seconde à Théo pour réagir. Déjà remis de ses deux verres – l'adrénaline prenant sûrement le dessus – il bondit hors de son lit, prit sa baguette et vint à la rencontre de Draco. Il lança un Lumos et découvrit son ami qui se tenait au mur. Il regardait le sol avec une étrange fascination. Cela amusa autant Théo que ça l'affligea. Combien de verres Draco avait-il pu boire ? Il savait qu'il n'aurait pas la réponse, puisque Draco était trop ivre pour lui donner un nombre exact et qu'il aurait oublié le lendemain, mais une chose était sûre : il avait trop bu. Théo soupira et décida de s'occuper de l'énergumène qu'était son ami.
- Draco, tu vas te coucher, tu seras mieux allongé. Je vais t'aider.
- Mais le sol il bouge.
- Non, le sol est tout à fait normal, c'est toi qui n'est pas stable sur tes appuis.
Draco regarda Théo comme s'il venait de parler chinois. Théo se retint de lever les yeux au ciel.
- Aucune importance, viens.
Théo attrapa doucement le bras de Draco et l'aida à marcher jusqu'à son lit. Draco s'affala dessus sans aucune grâce.
- T'as raison chuis vachement mieux...
- Oui mais tu ne vas pas dormir comme ça. Il faut que tu te déshabilles et que tu te mettes sous les draps.
- Mais je suis bien là...
- Peut-être mais tu seras encore mieux sous les draps.
Draco grogna mais consentit à faire ce que lui disait Théo. Enfin, du moins, il essaya. Mais même quelque chose d'aussi simple que déboutonner sa chemise fut une véritable épreuve pour lui. Théo finit par avoir pitié de son ami et décida de prendre les choses en main.
- Laisse, je vais le faire.
- Mais chpeux le faire tout seul...
- Oui c'est ça, et dans deux heures on y est encore...
Draco grogna de nouveau mais se laissa convaincre une fois de plus. Théo l'aida à se débarrasser de sa chemise qu'il rangea dans l'armoire de son ami tandis que celui-ci s'attaquait à son pantalon. Lorsque Théo se retourna, il vit Draco batailler avec sa ceinture. Il aurait dû se douter que ça aussi, ce serait trop dur pour Draco.
- Laisse-moi faire, dit-il dans un soupir.
- Petit coquin.
Théo ignora cette remarque et entreprit de finir ce que Draco avait commencé.
- C'est pas bien de profiter de mon état pour me mettre le grappin dessus.
- Je ne profite de rien du tout, répliqua Théo. Je veux juste que tu sois à l'aise pour dormir.
- Tu mens. Z'êtes tous pareils. Vous voulez tous prouver que chuis gay.
Alors qu'il était en train de faire glisser le pantalon de Draco, Théo suspendit son geste. Qu'est-ce que Draco voulait-il par là ?
- De qui tu parles ? demanda-t-il doucement.
- Hein ?
- Qui incluais-tu quand tu disais «vous» ?
Draco fronça les sourcils.
- Quand je disais «vous» ?
Théo soupira. Draco avait visiblement déjà oublié ce qu'il venait de dire.
- Laisse tomber.
Il termina d'enlever le jean de Draco et le rangea également dans l'armoire.
- Allez, mets-toi sous les draps.
Afin d'éviter que Draco ne déborde trop son lit, Théo préféra repousser de lui-même les draps avant de les remonter vers Draco lorsque celui-ci fut allongé.
- Tu sais avec qui Graham il a terminé la soirée ?
- Non, pourquoi ?
- Parce que c'était pas avec moi.
La tristesse voila un instant le regard de Draco avant qu'il ne ferme les yeux. Quelques minutes plus tard, il dormait déjà paisiblement. Théo préféra le mettre sur le côté, au cas où il vomirait pendant la nuit. Puis il rejoignit son propre lit. Même s'il n'était plus du tout fatigué. Il allait avoir du mal à retrouver le sommeil. Les derniers mots de Draco ne cessaient de tourner dans sa tête. Il en était désormais sûr : il s'était passé quelque chose que Draco ne lui avait pas dit et qui le pesait. Et Théo pensait ne pas se tromper en supposant que Graham n'était pas étranger à tout cela. En tout cas, Draco semblait jaloux de la personne avec qui Graham avait terminé la soirée. Théo ne comprit pas pourquoi. Tout était confus dans son esprit. Il sentait que quelque chose lui échappait, qu'il touchait la vérité du bout des doigts sans pouvoir réellement l'atteindre. Théo poussa un long soupir et ferma les yeux tout en se retournant dans son lit. Tout un tas de pensées se bousculèrent dans son esprit jusqu'à ce que le sommeil finisse par l'emporter. Juste avant de s'endormir, Théo se dit qu'au lieu d'accompagner Draco à cette maudite fête, il aurait bien mieux fait de l'empêcher d'y aller...
.
Quelques heures plus tard, le réveil fut dur pour Théo. Non pas à cause des deux verres qu'il avait bus, mais à cause du peu d'heures de sommeil qu'il avait eues. Il eut néanmoins très vite la lucidité de penser à Draco. Théo n'avait pas assez bu pour avoir la gueule de bois mais il savait que ce ne serait pas le cas de Draco. Il se leva de son lit, s'habilla, vérifia que Draco dormait toujours et sortit discrètement de son dortoir afin de ne pas réveiller les autres garçons. C'était une chance qu'ils n'aient rien entendu malgré le raffut qu'avait fait Draco en débarquant dans le dortoir à deux heures du matin.
Il était encore assez tôt et c'était samedi, Théo ne rencontra donc personne jusqu'à ce qu'il arrive à l'infirmerie. Il frappa, entra et fut vite accueilli par Mme Pomfrey.
- M. Nott, qu'est-ce qui vous amène à une heure aussi matinale ? Vous ne vous sentez pas bien ?
- Non, ce n'est pas pour moi. C'est pour un ami. Il se sent barbouillé, il a mal à la tête et il ne peut rien manger.
Bon, Théo anticipait grandement les choses mais il savait très bien de quoi souffrirait Draco au réveil. Mieux valait avoir de quoi le soigner immédiatement. C'était mieux qu'attendre que Draco se réveille et le laisser en plan à ce moment-là pour aller à l'infirmerie...
- Mmmh, je vois, répondit Mme Pomfrey. Votre ami n'aurait pas participé à une fête hier soir, par hasard ?
Théo grimaça. Il préféra être honnête.
- Si, avoua-t-il. Est-ce que... est-ce que vous pouvez quand-même lui donner quelque chose pour le remettre d'aplomb ?
- Normalement c'est à lui de venir me voir mais j'imagine qu'il n'est pas assez en forme pour cela. Ah là là, les jeunes, incapables de se modérer... Je vais vous donner de quoi le requinquer.
Mme Pomfrey s'éclipsa et revint quelques minutes plus tard.
- Voici une potion contre les nausées, une potion contre les douleurs et une potion vitaminée. Il y a ce qu'il faut dans cette potion pour qu'il ne soit pas obligé de manger ce matin. En revanche, il serait préférable qu'il déjeune ce midi, même s'il ne mange pas beaucoup.
- Je sais, j'ai... je maîtrise le sujet.
Mme Pomfrey haussa les sourcils. Théo se maudit d'avoir dit ça.
- Merci pour tout, je... je vais rejoindre mon ami. Passez une bonne journée.
Il s'en alla sur ces mots et se dépêcha de sortir de l'infirmerie. Il rejoignit tout aussi vite son dortoir. En attendant que Draco se réveille, il décida de s'avancer dans ses devoirs. Trois heures passèrent pendant lesquelles il entendit Blaise, Crabbe et Goyle sortir tour à tour du dortoir. Puis il perçut du bruit venant du lit de Draco. Ce dernier grogna et gémit. Théo se leva de son lit, ouvrit doucement les rideaux de son ami et découvrit celui-ci sur le ventre, la tête dans son oreiller.
- Réveil difficile ?
Un grommellement lui répondit.
- J'ai de quoi te requinquer.
Draco grogna de nouveau.
- Je ne parle pas encore le Troll, s'amusa Théo.
Draco leva péniblement la tête et la tourna vers Théo. Son regard tomba sur les fioles que Théo tenait à la main.
- Hors de question que j'avale ça, protesta-t-il.
- Ça va te faire du bien, pourtant.
- Je vais les revomir aussitôt, Théo.
- Eh bien prends celle contre la nausée en premier. Allez, je suis allé à l'infirmerie hyper tôt ce matin exprès pour toi, tu peux bien faire un effort pour me remercier...
Draco regarda un long moment Théo avant de soupirer et de prendre les fioles qu'il lui tendait. Il les but une par une et n'en revomit aucune. Il reprit très vite des couleurs et sembla aller mieux.
- Merci, je ne pensais pas que ça ferait autant effet... C'est sympa de ta part d'être allé les chercher. Tu n'étais pas obligé, tu sais.
- Oui mais je me sentais un peu coupable. J'aurais dû t'empêcher d'aller à cette fête au lieu de t'y accompagner. Et puis même, je ne voulais pas que tu sois patraque au réveil.
- C'est gentil.
Théo hésita à questionner Draco. Il n'arrivait pas à oublier ce qu'il lui avait dit quelques heures plus tôt.
- Pourquoi tu t'es mis dans cet état, Draco ?
- Je ne sais plus.
- Il doit forcément y avoir une raison. Tu avais presque promis à Blaise que tu ne boirais pas.
- Oui bah j'ai sûrement changé d'avis.
- Tu paraissais ennuyé à l'idée que Graham termine la soirée avec quelqu'un. C'est peut-être ça qui t'a poussé à boire ?
- Ne dis pas n'importe quoi, répliqua sèchement Draco. Je m'en contrefous des personnes avec qui Graham peut bien coucher ! Ce ne sont pas mes histoires !
Théo préféra ne pas insister. Il ne voulait pas se brouiller avec Draco.
- D'accord, oublie ce que je viens de dire. Tu n'es pas obligé de prendre un petit-déjeuner ce matin mais ce serait bien que tu manges ce midi. Conseil de l'infirmière. Je pense que ça devrait aller de mieux en mieux dans la journée mais pas sûr que tu sois au top de ta forme demain pour le match. Je vais retourner à mes devoirs, j'en ai une tonne à faire.
Théo se leva mais Draco le retint en lui attrapant le poignet.
- Théo, attends. Je ne voulais pas être désagréable. Je suis peut-être un peu jaloux, c'est vrai. J'avais l'habitude que Graham s'intéresse à moi donc ça me frustre un peu qu'il porte son attention sur d'autres personnes. Tu sais que j'ai toujours été un enfant pourri gâté. Ça ne changera pas de sitôt.
Théo sourit.
- C'est vrai. C'est mignon, en fait. Je ne t'imaginais pas jaloux comme ça, même en amitié. Mais c'est logique, quand on te connaît bien. Bon, je vais te laisser te reposer. Tu en as besoin. Tu vas pouvoir avoir un vrai sommeil récupérateur avec les potions que tu viens de prendre.
Draco acquiesça et se remit sous les draps. Théo sourit, quitta l'espace de son ami et retrouva son propre lit. Il se remit à ses devoirs mais ses pensées étaient ailleurs. Les explications de Draco tournaient sans cesse dans son esprit. Elles justifiaient bien le comportement qu'il avait eu mais Théo avait l'impression que cette jalousie cachait autre chose que Draco ne voulait pas lui dire. Théo voyait bien que son ami était bizarre depuis le début de la semaine. Mais Draco ne semblait pas prêt à se confier. Il avait dû se passer quelque chose et Théo avait la certitude que c'était à cause de ça que Draco avait bu autant. C'était comme s'il avait cherché à oublier. Mais oublier quoi ? Théo n'arrivait pas à mettre le doigt dessus alors qu'il sentait que la réponse était évidente. Il soupira. Mieux valait qu'il se concentre sur ses devoirs, et plus particulièrement sur son devoir de runes. Lui, au moins, était bien plus facile à comprendre que Draco !
.
.
(dimanche 05/11) POV Ginny
.
- Tu es sûr que ça va aller ?
Ginny venait de sortir du château avec Harry. Ils s'étaient croisés et avaient décidé de se rendre ensemble sur le terrain de Quidditch où allait se tenir le premier match de l'année.
- Oui, pourquoi ?
- Parce que tu n'as pas l'air bien. Tu es fatigué, ça se voit.
- Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, c'est pour ça.
- Ne me dis pas que tu étais stressé pour ce match ?
- Pas spécialement.
- Alors qu'est-ce qui t'a empêché de dormir ?
- Je n'en sais rien, c'est comme ça, voilà tout.
Ginny préféra ne pas insister. Elle voyait pourtant bien que Harry était vraiment épuisé. Hermione aussi l'avait remarqué. Ginny et elle en avaient discuté plusieurs fois et même si Hermione ne le disait pas explicitement, Ginny avait compris que son amie soupçonnait Harry de consommer des potions qui le mettaient dans cet état. Des potions droguées, en somme. Ginny, elle, n'y croyait pas du tout. Harry n'avait rien d'un drogué. Elle était quelqu'un d'objectif et elle l'aurait admis si elle pensait au fond d'elle que Harry prenait des potions. Mais elle savait que ce n'était pas le cas. C'était une certitude qui ne s'expliquait pas. Mais elle était cependant d'accord sur un point : Harry cachait quelque chose à tout le monde. Et c'était ce quelque chose qui était à l'origine de son état. Et Ginny voulait découvrir ce que c'était. Mais cela allait devoir attendre. Il y avait le match dans moins de dix minutes et Harry semblait bien décidé à le jouer. Arrivés sur le terrain, Ginny dut se séparer de Harry. Elle se dirigea vers les gradins tandis que son ami rejoignait les vestiaires. Elle ne tarda pas à repérer Hermione qui était déjà là. Ginny s'assit à côté d'elle, le corps tendu comme un arc, ce que remarqua vite son amie.
- Ouh là, tu m'as l'air stressée.
- Non, pas stressée. Inquiète.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda aussitôt Hermione, alarmée.
- Harry.
Ginny entendit Hermione soupirer.
- Je ne l'ai pas vu, depuis ce matin. Il est toujours aussi fatigué ?
- Oui, je ne sais même pas comment il va faire pour tenir sur son balai. Mais il dit que ça va aller. Impossible de le raisonner. Il ferait un malaise devant tout le monde qu'il assurerait quand-même pouvoir faire la match.
- Tu ne peux pas trop le lui reprocher. Tu serais pareil à sa place. Vous êtes aussi têtus l'un que l'autre.
- C'est pour ça que vous nous aimez.
Hermione leva les yeux au ciel, faisant sourire Ginny. Elles n'eurent pas le temps de se chamailler davantage car les deux équipes entrèrent sur le terrain. Harry semblait toujours aussi fatigué mais cela ne l'empêchait pas d'avoir l'air de vouloir en découdre. Il avait toujours cet esprit de battant. Quelques minutes plus tard, Mme Bibine donna le signal et les quatorze joueurs s'envolèrent dans les airs. Ginny sentit l'excitation la gagner. Elle adorait les matchs de Quidditch. Elle était bien contente de n'être que remplaçante. Cela lui manquerait sûrement de voir le match si elle devait y participer. Comme d'habitude, ce fut Lee Jordan qui commenta le match. Ginny se demandait qui allait le remplacer l'année suivante. La voix de Lee résonna dans les tribunes :
- Le souafle est entre les mains de Johnson qui passe à Spinnet qui passe à Bell qui évite de peu un cognard mais qui lâche le souafle. Il est récupéré par Pucey qui passe à Montague qui est obligé de repasser à Pucey puisque Nott a dû éviter un Cognard mais il revient, Pucey lui passe le souafle, Nott le lance à Montague qui s'approche des buts, qui tire et... qui marque ! Dix points à zéro en faveur de Serpentard.
- Ça commence bien, grogna Hermione.
- Ce n'est que le début, Gryffondor va se rattraper, assura Ginny.
- Salut les filles !
Ginny leva la tête et sourit à Luna qui venait d'arriver. Une de ses joues portait les couleurs de Gryffondor tandis que l'autre joue portait les couleurs de Serpentard. Visiblement, elle avait décidé de soutenir à la fois les deux équipes. Ginny se décala afin qu'elle puisse s'asseoir à côté d'elle.
- Les poursuiveurs de Serpentard ont l'air d'être d'attaque, commenta Luna. Les Gryffondor vont devoir faire attention.
- Soit ils se réveillent et ils marquent, soit Harry devra repérer le vif d'or le plus tôt possible et s'en saisir au plus vite, répondit Ginny.
Elle gardait le regard rivé sur le terrain tout en parlant. Serpentard venait de marquer un autre but alors que Gryffondor n'en avait encore aucun à son actif.
- Gryffondor est mené mais ses joueurs ne se démontent pas. Spinnet passe le souafle à Johnson qui passe à Bell qui repasse à Johnson qui évite un cognard tout en tentant de se rapprocher des buts. Elle passe à Spinnet qui passe à Bell qui repasse à Johnson qui tire et... qui marque ! Dix à vingt, toujours en faveur de Serpentard.
Ginny se sentit à moitié soulagée. Gryffondor ne se laissait pas faire, certes, mais son équipe s'était rarement retrouvée menée dès le début du match.
- Le souafle est redonné aux Serpentard, et plus précisément à Montague. Il passe à Nott qui passe à Pucey qui évite un cognard et qui envoie à Montague. Johnson et Bell tentent de le déstabiliser mais il trouve Nott sur sa droite à qui il passe le souafle. Nott se rapproche des buts, semble hésiter, tirera ? Tirera pas ? Personne à gauche, personne à droite, pas le choix, il tire et... il marque ! Trente à dix en faveur de Serpentard.
- Et ça continue, grommela Ginny.
- Je ne peux pas trop en vouloir à celui qui vient de marquer, grimaça Hermione.
- Moi non plus, renchérit Luna.
Ginny leva les yeux au ciel. Cela l'aurait étonnée ! Dès qu'il s'agissait de leur ami de Serpentard, il n'y avait plus aucun esprit d'équipe. Bon, elle devait avouer qu'elle n'en voudrait pas non plus à Blaise s'il était à la place de Nott. En fait, elle aurait préféré que ce soit Parkinson qui remplace Warrington. Au moins, ni Hermione, ni Luna, ni elle-même n'auraient eu d'affinités avec un des poursuiveurs de Serpentard.
Elle reporta son attention sur le match qui était très animé pour un premier match de l'année. Elle adorait quand c'était aussi actif car il n'y avait pas le temps de s'ennuyer. Tout aurait été parfait si c'était Gryffondor qui menait et pas Serpentard. Ron encaissa encore deux autres buts mais parvint à en stopper trois, donnant ainsi un peu d'air à Gryffondor. Bletchley, lui, contra quatre buts sur les cinq que tirèrent les poursuiveurs de Gryffondor. Le score monta à cinquante points pour Serpentard contre vingt pour Gryffondor. Ginny se rongea les ongles.
- Le souafle est de nouveau entre les mains de Gryffondor. Spinnet semble avoir décidé de garder le souafle jusqu'à se retrouver le plus près possible des buts. Est-ce une tactique pour essayer de remonter au score ? La voilà qui passe à Johnson qui passe à Bell qui passe à Spinnet qui tire et... qui ne marque pas à cause d'une parade de Bletchley. Le souafle est redonné aux Serpentard. Pucey est aussitôt visé par un cognard qui ne l'atteint pas. Il passe à Montague qui passe à Nott qui passe à Pucey qui repasse à Montague qui passe à Nott qui passe à... euh... vous pouvez aller moins vite, s'il vous plaît ? Je n'arrive plus à suivre. Bon euh... Nott a le souafle, il évite un cognard, il manque de se faire toucher par un autre, il passe à Montague qui passe à Pucey qui passe à Nott qui veut passer à quelqu'un mais y a personne, de toute façon il est près des buts alors il tire et... il marque ! Soixante à vingt en faveur de Serpentard.
- Vivement que le vif d'or apparaisse, murmura Hermione.
Ginny ne put qu'acquiescer. Son amie était ignare en Quidditch mais il n'y avait pas besoin de s'y connaître pour savoir que la situation commençait à être légèrement tendue pour Gryffondor. Bon, rien n'était perdu, Gryffondor pouvait encore remonter mais les poursuiveurs de Serpentard étaient indéniablement en pleine forme. Sur les quatre buts qui furent tentés par Gryffondor, Bletchley n'en laissa passer qu'un tandis que Ron ne réussit à parer qu'un but sur les cinq qu'essaya Serpentard de marquer. Le score était désormais de cent pour Serpentard contre trente pour Gryffondor. Là, ça devenait vraiment tendu. Gryffondor n'était pas mauvais, pourtant. Mais Serpentard était largement meilleur. Bon, il fallait dire que Ron laissait passer trop de buts mais il n'était pas aidé par Pucey, Montague et Nott qui savaient marquer de façon à ce que Ron ne puisse pas intercepter la balle.
- Le vif d'or a, semble-t-il, été repéré par l'attrapeur de Serpentard !
Oh non, manquait plus que ça ! Ginny agrippa la première chose qu'elle trouva à sa portée et s'y agrippa fort.
- Aïeuh ! cria alors Hermione. Ginny, c'est mon avant-bras que tu écrases, là.
- Oh... pardon. Mais qu'est-ce qu'il fabrique Harry, bon sang ? Ah, ça y est, il l'a vu !
Ginny avait rarement été aussi stressée durant un match opposant Gryffondor à une autre maison. Mais là, il y avait de quoi être stressé.
- Potter a lui aussi vu le vif d'or et tente désormais de rattraper Malfoy qui a une bonne avance sur lui... Pendant ce temps Spinnet a le souafle mais elle est cernée à gauche par Montague et à droite par Pucey, elle n'arrive pas à se dépêtrer de cette situation et... elle perd le souafle. Pucey est là pour s'en saisir, passe à Montague qui se rapproche des buts, qui évite de justesse un cognard mais qui perd à son tour le souafle qui est récupéré par Johnson. Les Serpentard sont dispersés, elle en profite pour filer à l'autre extrémité du terrain, elle passe à Spinnet qui passe à Bell qui tire et qui MARQUE ! Cent à quarante, toujours en faveur de Serpentard. Concernant le vif d'or, eh bien il semble que les deux attrapeurs l'aient perdu de vue. Je le vois, moi, pourtant, de là où je suis. Mais que font Potter et Malfoy, alors ? Ah, Potter semble l'avoir retrouvé... Oui, il fonce droit vers lui ! Malfoy a compris que son adversaire avait vu la petite balle et se lance à sa poursuite. Il est visé par un cognard savamment envoyé par l'un des jumeaux mais manque de se le prendre en pleine figure. Où sont donc passés ses réflexes ? Ah, Potter a de nouveau perdu la trace du vif d'or... Plus bas, le souafle est entre les mains de Gryffondor. Bell est près des buts, elle passe à Spinnet qui tire et... qui marque ! Cent pour Serpentard, cinquante pour Gryffondor.
Ginny respira un peu mieux. Gryffondor commençait à recoller au score mais rien n'était joué. Elle en eut la preuve durant les quarante minutes qui suivirent. Serpentard marqua cinq buts alors que Gryffondor ne put en marquer qu'un. Le score devint alarmant. Cent cinquante à soixante en faveur de Serpentard. Gryffondor se faisait littéralement laminer.
- Il faut que Harry attrape vite le vif d'or, ça ne peut plus durer, se lamenta Ginny.
À peine eut-elle prononcé ces mots que Harry sembla avoir de nouveau aperçu la petite balle dorée. Problème : Malfoy la vit aussi, au même moment. Ils s'élancèrent donc tous deux vers le vif d'or et se retrouvèrent vite au coude à coude. Ils firent le tour du terrain en suivant la petite balle qui ne voulait visiblement pas se faire attraper. À aucun moment l'un ne réussit à prendre l'avantage sur l'autre. La tension était à son comble. Harry tenta une accélération et parvint à semer quelque peu son adversaire. Ginny se mit à crier sans s'en rendre compte.
- OUI VAS-Y HARRY ÉCRASE-LE CE SALE BLONDINET ARROGANT ! VAS-Y, TU PEUX LE FAIRE !
Elle ne savait pas du tout si les deux attrapeurs l'avaient entendue mais Malfoy fut peut-être vexé car il accéléra lui aussi et colla de nouveau Harry. Ils étaient une fois de plus au coude à coude. Entre-temps, Gryffondor et Serpentard avaient marqué deux buts chacun et en avaient également raté un chacun. Serpentard menait toujours avec quatre-vingt-dix points d'avance. Tandis que Lee s'égosillait contre Crabbe et Goyle qui harcelaient Alicia avec leurs cognards, Malfoy tendit la main et donna une accélération.
- NON ! hurlèrent Ginny et Hermione en choeur.
Un cognard vint alors frapper l'arrière du balai de Malfoy, le déstabilisant et l'empêchant ainsi de se saisir du vif d'or. Celui-ci changea brusquement de direction mais Harry parvint à le suivre et se rapprocha rapidement, si bien qu'il tendit bientôt le bras à son tour.
- OUI VAS-Y HARRY TU Y ES PRESQUE !
Ginny n'était pas la seule à crier. Tous les Gryffondor encouragèrent Harry qui se pencha et tendit davantage le bras. De là où elle était, Ginny vit ses doigts se refermer autour du vif d'or. Une salve d'applaudissements retentit dans les tribunes alors que les Gryffondor exultaient leur joie. Ginny et Hermione se jetèrent dans les bras l'une de l'autre en criant avant de se mettre elles aussi à applaudir frénétiquement. Les quatorze joueurs redescendirent et regagnèrent la terre ferme. Ils avaient tous l'air épuisés. Surtout les Gryffondor, à vrai dire. Ce qui n'était guère étonnant. Ils s'étaient fait mener dès le début et n'avaient pas vraiment réussi à reprendre le dessus. Gryffondor ne devait sa victoire qu'à Harry qui avait pourtant failli voir Malfoy attraper le vif d'or. En fait, en y réfléchissant bien, aucun Gryffondor n'avait été vraiment brillant. Au vu de l'état de Harry, Malfoy aurait largement pu apporter la victoire à son équipe mais lui-même n'avait pas été à son niveau habituel.
Lorsque Harry passa devant les gradins, Ginny remarqua qu'il était très pâle. Il n'avait pas l'air de quelqu'un qui venait de faire gagner son équipe. Elle décida d'aller le voir avant qu'il ne rejoigne les vestiaires.
- Harry, est-ce que ça va ? demanda-t-elle, inquiète.
- Oui, le match m'a juste fatigué plus que je ne l'étais déjà. Mais ça va aller. On va faire la fête dans la salle commune, ça va me requinquer.
- Tu es sûr que tu ne préfères pas aller te reposer ?
Harry haussa un sourcil.
- Et rater la fête alors que, sans moi et mon immense talent, Gryffondor n'aurait même pas atteint la barre de cent points, d'après ce que j'ai entendu ?
Ginny ne put s'empêcher de sourire, soulagée. Si Harry se mettait à se vanter pour plaisanter, c'était qu'il allait bien malgré la fatigue visible sur son visage.
- Tu as raison, tu ne peux pas manquer cette fête. On se retrouve dans la salle commune dans un quart d'heure, le temps que tu prennes une douche bien méritée ?
- Ça marche !
Harry tourna les talons et se dirigea vers les vestiaires tandis que Ginny prit la direction du château en courant pour rattraper Hermione qui était devant elle. Elles rentrèrent ensemble et se rendirent à leur salle commune où elles s'installèrent et attendirent l'arrivée de l'équipe de Gryffondor. Celle-ci entra une quinzaine de minutes plus tard et, au vu de la tête des joueurs, Ginny sut que s'il y avait un quelconque projet de fête, celui-ci était d'ores et déjà à oublier. Angelina traversa sans un mot la salle commune, les poings crispés et la démarche raide. Ron ne s'arrêta pas non plus et rejoignit son dortoir, tout comme Katie et Alicia. Mais ce qui surprit le plus Ginny, ce fut la marque rouge sur la joue de Fred. George, qui essayait visiblement de consoler son frère, croisa le regard de Ginny et fit une grimace équivoque. Il entraîna Fred avec lui et vint s'asseoir sur un fauteuil en face de Ginny et Hermione.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Ginny.
- Angelina était furieuse contre l'équipe. On en a tous pris pour notre grade. Elle a dit qu'elle avait honte de nous. Et qu'elle n'aurait pas vu la différence si les remplaçants avaient joué à notre place. Elle s'en est surtout prise à Alicia, Katie, Ron et Harry. Elle a accusé Alicia et Katie de ne pas avoir été assez concentrées, Ron d'avoir été une vraie passoire et Harry d'avoir confondu le match avec une sieste sur son balai. Elle a été moins agressive envers George et moi en nous disant simplement qu'on aurait dû mieux viser les joueurs adverses. En fait c'est nous qu'elle a critiqué en premier. Elle s'est déchaînée ensuite sur les autres.
- Harry avait presque les larmes aux yeux lorsqu'elle s'en est prise à lui. Il n'était déjà pas bien avant le match, tout le monde l'a bien vu et il a pourtant assumé son poste et il nous a offert la victoire. Mais Angelina n'a pas voulu voir ça. Elle s'est défoulée sur lui, si bien qu'à un moment, George est intervenu pour lui demander d'arrêter de s'acharner sur lui. Elle lui a ordonné de ne pas s'en mêler mais elle a quand-même laissé Harry tranquille pour s'attaquer à Ron. Elle a été tout aussi horrible avec lui. Là c'est moi qui ait dû le défendre, ça n'a pas plu à Angelina, on s'est disputé, je l'ai traitée de tyran et de vieille folle, elle a vu rouge et elle m'a giflé. Katie et Alicia ont essayé de calmer le jeu, Angelina n'a pas décoléré mais elle nous a dit qu'on pouvait y aller. Le prochain entraînement va être tendu.
Ce fut sur ces mots que Fred termina ses explications.
- Vous allez vite regretter Olivier, commenta Hermione.
Ginny se crispa en voyant George se rembrunir. C'était typiquement le genre de choses qu'il ne fallait pas dire devant lui. Hermione se rendit compte de sa bourde en voyant Ginny lui faire les gros yeux.
- Oh pardon George, je ne voulais pas dire ça...
- Ce n'est pas grave, je ne peux pas vous empêcher de parler de lui, surtout quand on parle de l'équipe, soupira George. Je vais y aller, de toute façon.
- Je viens avec toi, dit Fred. Au revoir, les filles.
Les jumeaux se levèrent et partirent. Ginny remarqua que l'atmosphère était pesante dans la salle commune. Elle n'aimait pas ça. Elle se tourna vers Hermione.
- Ça te dérange si je te laisse toute seule ?
- Non, vas-y. Je vais en profiter pour faire mes devoirs.
- Bon courage, alors.
Ginny se leva à son tour et sortit de la salle commune. Elle commença à se promener sans vraiment savoir où elle allait. Instinctivement, elle descendit les sept étages et ses pas la menèrent vers les cachots. Elle savait ce qui la poussait à prendre ce chemin mais elle préférait se dire que c'était du pur hasard. Alors qu'elle s'approchait de la salle commune des Serpentard, elle entendit des bruits de pas derrière elle. Elle se retourna et vit l'équipe de Quidditch de Serpentard arriver devant elle. Elle se sentit soudain bête d'être là. Tant pis, elle n'aurait qu'à dire qu'elle attendait son binôme.
- Tiens donc, Weasley, tu n'es pas en train de fêter la victoire de ton équipe ? lança le capitaine de Serpentard.
- Apparemment, non, répliqua Ginny. Sauf si quelqu'un trouve mon clone dans la salle commune de Gryffondor.
Montague pinça les lèvres. Il ne s'attendait sûrement pas à ce que Ginny lui réponde de la sorte. Il passa devant elle, entraînant les autres membres avec lui. Un seul ne suivit pas le groupe. Blaise fit croire qu'il devait relacer sa chaussure et fit mine de le faire jusqu'à ce que le dernier Serpentard soit rentré dans la salle commune. Il se redressa et rejoignit Ginny. Il avait l'air inquiet.
- Pourquoi n'es-tu pas avec les autres Gryffondor ? La fête est trop nulle à ton goût ?
- Ça ne risque pas, il n'y a pas de fête, soupira Ginny.
- Oh... Quelque chose ne va pas dans l'équipe ?
- Disons que la victoire n'a pas vraiment bon goût pour notre capitaine. Le fait que Harry ait attrapé le vif d'or ne suffit pas pour elle. Toute l'équipe a subi ses foudres et.. bref, je n'ai pas très envie d'en parler.
- D'accord, je n'insiste pas. Mais tu as l'air toute triste. Est-ce qu'il y a autre chose qui te tracasse à part le match ?
- Oui mais...
- Tu ne veux pas en parler ?
Ginny se mordit la lèvre. Blaise lui sourit.
- Tu peux me le dire, je ne le prendrai pas mal.
- J'aimerais t'en parler mais il y a des choses que je ne peux pas te dire. Quoique...
- Tu veux qu'on aille dans un endroit tranquille ?
- Oui, ce serait mieux.
- On va aller dans un des cachots, dans ce cas. Viens.
Ginny suivit Blaise qui l'emmena dans un cachot inutilisé. Ils s'assirent sur une table, face à face et se regardèrent avant que Blaise ne prenne la parole :
- Allez, dis-moi tout.
- Je m'inquiète pour Harry. Il est de plus en plus fatigué.
- Oui, Draco l'a remarqué aussi.
Ginny leva la tête, surprise. Blaise parut amusé par sa réaction.
- Ils s'entendent bien tu sais, maintenant. C'est normal que Draco s'aperçoive que son binôme ne va pas très bien.
- Oui mais de là à ce qu'il t'en ait parlé... Est-ce qu'il a remarqué autre chose ?
- Il serait un peu moins attentif mais c'est sûrement lié à la fatigue.
- Il n'a pas de trouble du comportement ?
Blaise haussa un sourcil.
- Si c'est le cas, Draco ne m'en a pas parlé.
- Donc il n'a pas eu de périodes de délire, de divagations, il ne s'est pas énervé sans raison ou que sais-je encore ?
- Non, répondit Blaise, perplexe. Mais pourquoi me demandes-tu tout ça ?!
- Pour rien.
- Ginny...
- Tu vas me trouver idiote si je te le dis. En plus ce n'est même pas moi qui croit ça, c'est Hermione.
- Apparemment tu y crois quand-même un peu puisque tu viens d'essayer de te rassurer. Ginny, ôte-moi juste d'un doute : tu ne crois quand-même pas que ton ami se drogue ?
Ginny détourna le regard, mal à l'aise.
- Tu es sérieuse ?! s'exclama Blaise, stupéfait.
- Je te l'ai dit, ce n'est pas moi, c'est Hermione, se défendit Ginny. Elle a des raisons de s'inquiéter, d'après elle. Elle dit que Harry aurait pu être influencé par quelqu'un dont il est proche. Sauf que je pense savoir de qui elle parle mais si c'était vraiment le cas, ils ne réagiraient pas du tout de la même manière aux potions qu'ils prendraient. Il n'y a qu'à voir le match d'aujourd'hui...
- Dans ce cas tu n'as pas à t'en faire. Hermione se trompe sûrement. Je sais que c'est dur à concevoir pour elle mais ça arrive à tout le monde.
Ginny ne put s'empêcher de rire. Blaise avait ce pouvoir de la faire rire même quand ça n'allait pas. Elle redevint néanmoins vite sérieuse.
- Mais ça n'explique pas la fatigue de Harry. Moi je suis sûre qu'il ne se drogue pas. Mais je crois qu'il prend quand-même quelque chose qui le met dans cet état. Un truc qui est censé lui faire du bien, lui remonter le moral, mais qui a l'effet inverse. Parce qu'il a l'air déprimé depuis la rentrée. Il prend peut-être des anti-dépresseurs qui finissent par le fatiguer... Je n'en sais rien, en fait. Et ça m'énerve. Je m'inquiète pour lui et je ne peux rien faire pour l'aider puisqu'il refuse de parler !
Ginny donna un coup de pied rageur dans la table sur laquelle Blaise était installé. Celui-ci en descendit, se positionna devant Ginny et prit ses mains dans les siennes. Ginny sentit aussitôt une douce chaleur l'envahir.
- Je t'aurais bien laissée t'énerver autant que tu le souhaites si on avait été dans un endroit vraiment tranquille mais là on risque de se faire repérer. Je crois que tu t'en fais un peu trop. Ça se trouve ton Harry il traverse juste un passage à vide. Ça n'a pas été simple pour lui depuis la rentrée, il accuse peut-être le coup. Essaie de penser à autre chose, d'accord ? Sinon tu vas continuer à te prendre la tête et ça ne va servir à rien puisque tu ne peux rien faire.
Ginny acquiesça. Elle leva les yeux vers Blaise et fut touchée par la façon dont Blaise la regardait. Il y avait tant de choses qui se lisaient dans son regard... Elle sut alors de quoi elle avait envie, là, tout de suite, maintenant. Elle savait qu'il ne serait pas contre mais elle avait peur qu'il refuse et elle le comprendrait parfaitement.
- Blaise, je peux te demander quelque chose ?
- Oui, bien sûr.
- J'aimerais... j'aimerais que tu m'embrasses. Je sais qu'on est censé faire connaissance pour l'instant, qu'on avait décidé de rester sages mais... j'en ai envie. Tu peux refuser, je ne t'oblige à rien du tout, je comp...
Ginny ne put terminer sa phrase car deux lèvres se posèrent sur les siennes. Elle soupira et répondit aussitôt au baiser. Il se fit d'abord sage mais, bien vite, leurs bouches s'entrouvrirent, leurs langues se mêlèrent, les mains se posèrent dans les cheveux et dans le dos et leurs corps se rapprochèrent. Ginny aurait pu rester des heures ainsi. Elle adorait sentir Blaise contre elle. Elle ne fut même pas gênée lorsqu'il l'attira à lui et qu'elle se retrouva assise tout près du bord de la table avec ses jambes enroulées autour de la taille de Blaise. C'était presque... naturel. Elle ne pouvait pas être encore plus proche de lui et c'était tout ce qui comptait pour elle. Elle oublia où ils étaient, ne profitant que de la présence de Blaise et de tout ce qu'il pouvait lui donner. Et elle était presque sûre que c'était la même chose pour Blaise. Vu la passion avec laquelle il l'embrassait, il ne pouvait pas penser à autre chose. Elle se pressa davantage contre son torse et approfondit autant qu'elle put le baiser. Blaise ne fut pas en reste et répondit avec ardeur, fourrageant dans ses cheveux et la serrant toujours plus contre lui. Il commença à faire chaud dans le cachot, un mouvement involontaire de la part de Ginny fit gémir Blaise, elle se sentit glisser contre le rebord de la table, Blaise posa ses mains sous ses fesses pour la réinstaller convenablement et ce fut ce moment-là que choisit la porte du cachot pour s'ouvrir. Ils n'eurent pas le temps de se séparer que la voix de leur professeur de potions se fit entendre :
- Puis-je savoir ce que vous faîtes ici ?!
Blaise se dégagea brusquement d'une Ginny qui se retrouvait avec une robe froissée et des cheveux décoiffés. Elle se sentit rougir comme une pivoine alors qu'elle réarrangeait sa robe et ses cheveux. Elle avait honte. Et en même temps une envie irrépressible de rire s'empara d'elle. C'était ce genre de situation où il ne fallait surtout pas rire mais que l'envie se faisait pourtant sentir.
- Nous sommes désolés, professeur, dit Blaise. Nous voulions juste un endroit calme pour discuter, nous savions que ce cachot était inutilisé alors on s'est dit qu'on pouvait l'emprunter. Nous avons tout laissé en ordre, nous n'avons pas mis le bazar, nous n'avons même pas déplacé des tables. Et nous ne faisions rien de mal. J'aidais juste Ginny à se réinstaller lorsque vous êtes entré.
Ginny regarda Blaise avec admiration. Il avait un aplomb incroyable qui la fascinait. Ce qui n'était visiblement pas le cas du professeur Snape qui ne semblait pas convaincu du tout par les paroles de Blaise.
- Et cela impliquait forcément que vous ayez le visage collé contre celui de Miss Weasley ? Me prenez-vous pour un idiot ?
- Nous étions juste en train de nous embrasser, plaida Blaise.
- Il y a d'autres endroits pour ça, M. Zabini !
- Oui sauf que personne n'est encore vraiment au courant, si vous voyez ce que je veux dire. Il vaut donc mieux que nous restions discrets.
- Cela ne regarde que vous, alors soit vous assumez, soit vous vous retenez ! Je vais passer l'éponge pour cette fois mais que je ne vous reprenne plus à utiliser les cachots pour batifoler !
Outrée par le verbe employé, Ginny voulut répliquer mais Blaise l'en empêcha :
- C'est promis, professeur. Nous vous remercions pour votre clémence. Nous vous souhaitons une bonne fin de journée. Au revoir, professeur.
Blaise et Ginny quittèrent le cachot sans attendre de réponse. Ils coururent et ne s'arrêtèrent qu'au bout d'une ou deux minutes. Alors qu'ils reprenaient leur souffle, Ginny s'excusa :
- Je suis désolée, c'est moi qui t'ait demandé de m'embrasser.
- Tu ne m'as pas mis la baguette sous la gorge pour que j'accepte, rétorqua gentiment Blaise. J'en avais envie aussi. Mais il a quand-même raison sur un point. Il va falloir qu'on se trouve un endroit plus approprié pour se retrouver.
- J'ai bien une idée mais il faut que j'en parle avec quelqu'un d'abord. Enfin, après, on peut se retrouver dans l'une de nos salles communes. Personne ne se posera de questions s'ils nous voient juste discuter. Ils penseront sûrement qu'on parle simplement de Quidditch.
- Et comment on fait s'il nous prend l'envie de s'embrasser ?
Ginny regarda Blaise avec surprise.
- Je... je croyais que c'était juste une... une exception pour cette fois, bafouilla-t-elle. On avait dit qu'on faisait simplement connaissance alors...
- Oui mais apparemment c'est plus fort que nous. Après, rien ne nous empêche d'apprendre à se connaître tout en s'embrassant quand on en a envie. Je veux qu'on fasse les choses sans se prendre la tête. Je ne veux pas dire par-là que je veux une relation légère, ce n'est clairement pas mon truc.
- Je comprends, dit Ginny en souriant. Je n'avais pas vu les choses comme ça mais je suis d'accord. En gros, on laisse les choses venir, c'est ça ?
- Tout à fait. Bon, ça ne règle pas la question de l'endroit où on va se retrouver. Avant, ça ne nous dérangeait pas qu'on se fasse repérer car on ne faisait que discuter mais vu que notre accord vient de changer...
- Laisse-moi quarante-huit heures et je te tiens au courant, promit Ginny. Je dois juste en parler à quelqu'un, comme je te l'ai dit.
- D'accord, je te fais confiance. Bon, je vais y aller. Je vais à la bibliothèque, je n'ose donc pas trop te proposer de m'accompagner...
- Au contraire, là, au moins, on sera obligés de ne pas se sauter dessus et on pourra quand-même passer du temps ensemble. Et si des rumeurs se mettent à circuler sur nous, on n'aura qu'à dire que tu m'aidais dans une ou plusieurs matières.
- Très bien, ça me va. On y va ?
Ginny acquiesça et emboîta le pas à Blaise. Alors qu'ils se rendaient à la bibliothèque, elle se dit que, tout compte fait, c'était une bonne chose qu'il n'y ait pas eu de fête dans sa salle commune. S'il y en avait eu une, elle ne se serait pas promenée dans le château et elle n'aurait pas passé tout ce temps avec Blaise. Ce match désastreux n'avait donc pas eu que de mauvaises conséquences...
.
.
Pendant ce temps, POV Harry
.
Cela faisait une heure que Harry était avec les Sombrals. Il n'avait pas eu le coeur à rentrer au château avec le reste de l'équipe après le savon qu'Angelina leur avait passé. Il savait qu'il n'avait pas fait un très bon match mais les reproches de sa capitaine l'avaient terriblement blessé. Il était fatigué, il n'avait pas besoin de ça pour lui miner encore plus le moral... Il avait donc décidé d'aller voir les Sombrals après être allé chercher de la viande pour les nourrir. Aussi étonnant que cela puisse paraître, leur compagnie l'avait réconforté. Il ignorait pourquoi et il ne se posait pas la question. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il se sentirait mieux ici que dans sa salle commune ou dans son dortoir. Personne ne viendrait le déranger. Il était tranquille. Mais maintenant qu'il se sentait un peu mieux, il avait besoin de réconfort. Et pas du réconfort de n'importe quelle personne. Il voulait celui d'Adrian. Il connaissait le mot de passe actuel de la salle commune de Serpentard mais il n'osait pas y aller. Il avait un peu peur d'être mal accueilli. Après tout, son équipe avait quand-même gagné le match contre la leur. Même s'il savait qu'Adrian ne lui en tiendrait pas rigueur, il était tout de même gêné par la situation. Mais il avait vraiment envie de le voir. Allez, au diable le regard des autres, il n'aurait qu'à proposer à Adrian d'aller dans le dortoir de celui-ci. Il rentra donc au château et prit la direction de la salle commune de Serpentard. Sur le chemin, il croisa Hermione et Ernie qui devaient faire leur ronde.
- Oh, te voilà Harry, dit Hermione en souriant. Tu te rends à la salle commune ?
- Oui mais pas la nôtre.
- Oh... je vois. Franchement je crois que l'ambiance sera meilleure là où tu iras.
Harry grimaça.
- L'humeur n'est pas au beau fixe ?
- Disons qu'au lieu d'une ambiance de fête, c'est une ambiance à couper au couteau qui règne. Il n'y a même pas de fête du tout, en fait.
- En effet, je serai mieux chez les Serpentard, dans ce cas. Enfin, du moins, avec Adrian. J'y vais, d'ailleurs. Bon courage pour ta ronde.
Hermione remercia Harry puis repartit avec Ernie. Harry reprit son chemin vers la salle commune de Serpentard. Il y arriva quelques minutes plus tard. Il donna le mot de passe – «sournoiserie» – et entra timidement. Des regards se tournèrent vers lui où il lut de la surprise, de la perplexité et dans certains d'entre eux, du reproche. «Évidemment, tu n'allais pas être accueilli à bras ouverts par tout le monde» lui souffla une voix intérieure. Il ignora ces regards et promena le sien jusqu'à trouver Adrian. Lui semblait plus surpris qu'autre chose. Il finit par lui sourire, l'invitant implicitement à le rejoindre. Harry ne se priva pas et se dirigea aussitôt vers son petit-ami.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda celui-ci, l'air curieux.
- J'avais envie de te voir.
- C'est mignon, s'attendrit Adrian. Mais j'aurais pensé que tu fêterais ta victoire avec tes camarades.
- Il n'y a pas de fête. Je me suis fait disputer pour ma prestation, tout comme les autres membres de l'équipe.
Harry ne s'était pas rendu compte que les autres Serpentard écoutaient discrètement sa discussion avec Adrian mais il s'en aperçut lorsque le silence s'installa dans la salle commune après les mots qu'il venait de prononcer. Il réalisa que tout le monde avait entendu ce qu'il avait dit et il en fut gêné. Adrian, lui, eut l'air choqué.
- Mais... tu as attrapé le vif d'or, lâcha-t-il.
- Pas assez vite au goût d'Angelina. Mais elle a raison. J'ai été nul. Je tenais à peine sur mon balai.
- Parce que tu étais fatigué. Tout le monde l'a vu. On s'est même demandé pourquoi tu ne te faisais pas remplacer. C'est encore plus étonnant que tu aies attrapé le vif d'or vu l'état dans lequel tu étais. Après, notre attrapeur n'était pas au top de sa forme non plus, donc vous étiez un peu à égalité. Vous auriez tous les deux dû vous faire remplacer. Franchement ta capitaine c'est un vrai tyran !
- Ne lui dis pas ça devant elle ou ta joue s'en souviendra, grimaça Harry. Un joueur de l'équipe en a fait l'expérience.
Le silence fut encore plus assourdissant. «Ah oui, c'est vrai, on m'écoute» se rappela Harry. Il avait presque oublié. Il regarda autour de lui et ne vit que des regards choqués. Même Malfoy, qui était assis à une table avec Théo, semblait ahuri. Harry haussa les sourcils, ne s'attendant pas à cette réaction de la part des Serpentard. Il se tourna de nouveau vers Adrian.
- Mais c'est ce que vous viviez avec Flint, j'imagine ? Et c'est ce que vous vivez actuellement avec Montague ?
- Non, pas du tout, répondit Adrian. Les capitaines de Serpentard nous font travailler dur mais ils ne nous manquent jamais de respect. Ils nous taquinent, ils nous disent quand nous sommes nuls, ils nous font des reproches quand c'est nécessaire mais ils ne nous descendent pas pour rien. Ils ne nous humilient pas. C'est peut-être pour ça que nous ne gagnons plus la Coupe des Quatre Maisons depuis plusieurs années mais au moins l'ambiance est bonne au sein de l'équipe.
Adrian avait dit ces mots de façon tout à fait calme et douce tout en étant ferme, mais Harry eut tout de même l'impression de s'être pris une claque. Il ne s'était absolument pas imaginé ce genre de capitaine chez les Serpentard. Il les imaginait plutôt comme Angelina. Il s'était royalement trompé. Il s'était basé sur de stupides préjugés. Pour lui, tous les capitaines de Serpentard étaient des gens odieux qui passaient leur temps à rabaisser les joueurs. Parce que c'était l'image des Serpentard que Harry avait toujours eu à cause de Malfoy. Mais il savait pourtant bien maintenant que tous les Serpentard n'étaient pas comme ça. Bien au contraire. Malfoy lui-même avait changé. Il fallait vraiment qu'il revoit son jugement sur cette maison.
- Toi tu pensais qu'on se faisait massacrer verbalement avant et après chaque entraînement et chaque match ? se moqua gentiment Adrian.
- Un peu, oui, avoua Harry. Mais j'ai compris mon erreur.
- À vrai dire, nous on pensait que les capitaines de Gryffondor étaient plutôt cool. On s'est aussi trompé. Mais franchement je n'apprécie pas du tout votre capitaine. Elle n'avait pas à te traiter comme ça.
- Tu ne dois pas laisser passer ça, Potter, intervint Bletchley. Tu dois en parler à ton directeur de maison. Même si votre capitaine est en colère, elle doit vous respecter.
- Mais notre équipe a vraiment été nulle, plaida Harry. On était en-dessous de nos moyens. Surtout moi. Honnêtement c'est vous qui auriez dû gagner le match. Notre victoire est un peu injuste. Si le vif d'or ne valait pas cent cinquante points...
- On peut très bien avoir perdu ce match et gagner la Coupe de Quidditch. Ça se compte au cumul des points. Si nous faisons de meilleurs matchs que Gryffondor par la suite, nous pourrons gagner la Coupe.
- Ce sera mérité, dit sincèrement Harry.
- Tu es sûrement l'un des seuls à penser ça, ironisa Warrington. Mais c'est sympa de ta part. Par contre Miles a raison. Ne vous laissez pas faire par votre capitaine. Si vous ne dites rien la première fois, elle va croire que ce sera pareil pour les autres fois et elle n'hésitera pas à recommencer.
- Je préfère croire que c'était la pression du premier match, s'entêta Harry. Et puis, je suis habitué à me faire disputer pour rien. C'est pour les autres que j'ai de la peine, en réalité. Bon, je vais profiter de mon petit-ami, maintenant.
- Faites pas de trucs cochons devant nous, hein.
Harry leva les yeux au ciel avant de s'asseoir sur les genoux d'Adrian. Il se pencha pour l'embrasser mais la voix de Malfoy l'en empêcha :
- Potter, je peux te parler ?
Harry retint un soupir, se leva des genoux de son petit-ami et se retourna. Malfoy se tenait juste devant lui.
- C'est urgent ?
- Assez, oui.
Harry regarda Adrian qui acquiesça comme pour dire «Vas-y». Harry lui sourit et suivit Malfoy qui le mena jusqu'à une table à l'autre bout de la salle commune.
- Désolé d'avoir perturbé tes niaiseries avec ton mec mais vu que tu es là, j'aimerais qu'on planifie nos séances de travail pour la semaine prochaine. Je sais quels sont mes jours de ronde et je sais aussi que mon équipe devrait normalement repasser à deux entraînements par semaine.
- Oh, super. Tu as raison, on va faire ça tout de suite. Si ça ne change pas d'ici là, mes entraînements seront mardi et jeudi, et toi ?
- Lundi et mercredi, à dix-sept heures. Et j'ai une ronde mardi et vendredi, donc c'est sûr que mardi, on ne pourra pas se voir. Du moins, pas avant vingt heures.
- Tu penses pouvoir supporter une séance de travail ?
- Je n'en sais rien, mais mieux vaut ne pas en prévoir une, au cas où.
- D'accord. Je sens que ça va être compliqué de s'organiser...
- Mais non, on va y arriver.
Malfoy avait sûrement été un peu trop optimiste. Ils s'arrachèrent les cheveux pendant une heure avant de trouver un planning qui leur convenait à tous les deux. Ils le notèrent chacun sur un bout de parchemin avant de se lever de la table à laquelle ils s'étaient installés.
- Avant que tu n'ailles rejoindre ton mec... pense à ce que t'a dit Miles. Il a raison. Même en colère, Johnson doit rester respectueuse envers vous.
- Oh... j'y penserai, promit Harry, un peu troublé.
- Ce n'est pas parce qu'on fait partie de deux maisons différentes que l'un ne doit pas aider l'autre s'il rencontre des problèmes dans son équipe.
- C'est gentil, dit Harry, touché. D'ailleurs, ça se passe bien pour toi avec ton capitaine ? Quand je suis sorti des vestiaires, j'ai vu que tu discutais avec lui et ça avait l'air assez... tendu. Il devait y avoir un sort d'insonorisation autour de vous car je n'ai rien entendu.
- Il m'a juste reproché ma piètre performance. Il n'était pas content et c'était normal. Je lui ai dit que c'était un peu de sa faute – ce qui est totalement vrai – il ne l'a pas bien pris du tout et on s'est pris la tête.
- Je vois. Mais il avait l'air assez proche de toi. À un moment j'ai cru qu'il allait...
- Ne dis pas n'importe quoi, répliqua sèchement Malfoy. Graham sait qu'il n'a aucune chance avec moi.
Harry haussa les sourcils avant de rougir en comprenant la méprise.
- Ce n'est pas du tout ce que j'allais dire, se reprit-il, gêné. Je voulais dire que j'avais eu peur qu'il te prenne par le col de ton haut pour te menacer ou quelque chose dans le genre. Je n'ai pas pensé une seule seconde qu'il pourrait t'embrasser.
Ce fut au tour de Malfoy d'être mal à l'aise. Harry remarqua alors qu'il avait quelque chose dans les cheveux. Il franchit la distance qui les séparait et tendit la main pour enlever ce quelque chose mais Malfoy le repoussa violemment.
- Ne me touche pas avec tes sales pattes ! Je ne suis pas de ton bord, je ne suis pas un sale gay comme toi ! Je suis un vrai mec, moi ! Pas comme toi, Pucey, Montague et compagnie ! Alors arrêtez de me persécuter et fichez-moi la paix !
Harry recula d'un pas, effrayé par la violence des propos de Malfoy. Il avait l'impression d'avoir été poignardé en plein coeur tellement ces mots l'avaient blessé. Malfoy sembla s'en rendre compte et voulut visiblement s'excuser mais Harry ne voulait pas l'écouter. Il désirait seulement quitter cet endroit au plus vite. Et ce fut ce qu'il fit. Il quitta précipitamment la salle commune de Serpentard sans faire attention à la personne qui l'appelait. Tant pis si c'était Adrian. Il ne pouvait pas rester là. Il voulait mettre le plus de distance possible entre Malfoy et lui. Il voulait partir loin. Très loin. Il ne réfléchit pas et se dirigea vers les appartements de Sirius et de Remus. Il ne savait pas ce qui le poussait à se rendre chez eux mais ça lui était venu instinctivement. Une fois arrivé, il frappa quelques coups à la porte. Ou, plutôt, il tambourina à la porte. Bon, il allait peut-être devoir se calmer. Il ne fallait pas que Sirius et Remus se doutent de quelque chose. Ce fut Sirius qui vint lui ouvrir, l'air un peu alarmé.
- Harry, c'est toi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Quelque chose ne va pas ?
- Euh... non, je... je voulais juste vous voir, en fait. Désolé si j'ai frappé un peu fort.
- Juste un peu, oui, se moqua Sirius. Mais ne reste pas là, entre.
Harry pénétra à l'intérieur des appartements et suivit Sirius jusqu'au salon. Il y vit Remus qui était en train de corriger des copies.
- Installe-toi, je vais préparer du thé, lui dit Sirius.
Harry acquiesça et s'assit à table. Remus leva les yeux vers lui.
- Tu vas bien, Harry ? lui demanda-t-il, l'air inquiet.
- Oui, oui, ça va. C'est plutôt à toi que je devrais demander ça.
- C'est toujours moins fatigant quand la pleine lune tombe en début de semaine. J'ai le week-end pour m'y préparer et me reposer. Donc ça va plutôt bien. Mais toi tu m'as l'air bien fatigué. Tu étais très pâle avant, pendant et après le match.
Harry haussa les épaules. Remus sourit.
- D'accord, je n'insiste pas. Mais si tu te sens vraiment épuisé, pense à aller voir Mme Pomfresh.
Harry acquiesça tandis que Sirius revenait avec trois tasses de thé qu'il posa sur la table.
- Alors, qu'est-ce qui t'amène ici ? On ne s'attendait pas à te voir, tu sais. On pensait que tu étais en train de fêter la victoire des Gryffondor.
- Il n'y a pas de fête, dit Harry un peu sèchement. On s'est tous fait rembarrer par Angelina. Mais je n'ai pas très envie d'en parler. J'aimerais oublier ce match, en fait.
- Bien, comme tu veux.
Harry baissa les yeux vers sa tasse de thé. Il se sentait mal. Il n'arrivait pas à oublier ce que lui avait dit Malfoy. Il sentit une main se poser sur son bras.
- Harry, tu es sûr que ça va ?
Harry leva la tête vers son parrain qui le regardait avec un air vraiment inquiet.
- Oui, murmura-t-il.
- Excuse-moi d'insister mais je vois pourtant que non, ça ne va pas. J'ai bien compris que tu ne voulais pas parler du match mais peut-être y a-t-il autre chose qui te tracasse ?
- Non, il n'y a rien.
Sirius soupira.
- Ne me mens pas, s'il te plaît. Je t'ai déjà dit que Remus et moi étions là pour t'écouter. Alors dis-nous ce qui se passe.
Quelque chose céda en Harry. Il explosa sans pouvoir s'en empêcher :
- Vous voulez savoir ? Eh bien je vais vous le dire ! Il se passe que je ne peux faire confiance à personne ! Mon binôme s'est bien foutu de ma gueule en me faisant croire qu'il avait changé et qu'il m'acceptait tel que j'étais ! Tout ça c'était du flan ! En réalité il n'a jamais changé car il n'est qu'un connard de crétin homophobe !
- HARRY ! Je t'interdis de parler comme ça !
Harry baissa de nouveau les yeux. Tout était redescendu d'un coup. Il s'en voulait de s'être emporté ainsi. Mais ça avait été plus fort que lui. Il avait eu besoin d'extérioriser sa peine et sa colère.
- Pardon. Je ne voulais pas être aussi grossier. J'étais en colère alors je n'ai pas réfléchi avant de parler. Je suis vraiment désolé. Je ne recommencerai plus, c'est promis.
- Tu es pardonné, dit doucement Sirius. Je sais que tu ne l'as pas fait exprès mais je ne peux pas accepter ce genre d'écart. Maintenant raconte-nous ce qu'a pu dire ou faire ton binôme pour que tu sois autant en colère contre lui.
- Si je te le dis, tu vas vouloir aller lui rectifier le portrait.
- Je l'en empêcherai, promit Remus. Mais Sirius a raison. Tu dois nous dire ce qui s'est passé. Si Draco a eu un comportement homophobe à ton égard, tu dois en parler. Ce n'est pas tolérable. Sirius ne s'en prendra pas physiquement à lui mais il faudra quand-même que quelqu'un ait une discussion avec lui. Alors parle-nous, s'il te plaît.
Sachant que ni Sirius, ni Remus ne le lâcheraient, Harry céda de nouveau.
- J'étais dans la salle commune de Serpentard parce que je voulais être avec Adrian mais Malfoy a voulu me parler pour qu'on planifie nos séances de travail. Alors qu'on était en train de parler, j'ai voulu enlever quelque chose dans les cheveux de Malfoy. Sauf qu'il a cru je ne sais quoi et qu'il m'a violemment repoussé. Il m'a dit de ne pas le toucher avec mes sales pattes, qu'il n'était pas comme moi, que je n'étais qu'un sale gay et qu'il était un vrai mec contrairement à moi.
Il y eut un long silence après les explications de Harry. Puis Sirius se leva brusquement, faisant sursauter Harry.
- Il va le payer, cet espèce de veracrasse peroxydé !
Horrifié, Harry se leva à son tour.
- Non, Sirius ! Tu as dit que tu n'irais pas voir Malfoy !
- Ce n'est pas lui que je vais voir, dit froidement Sirius. J'ai juré de ne pas m'en prendre à lui mais je n'ai rien promis en ce qui concerne la personne qui est censée s'occuper de son éducation !
Sirius s'en alla sur ces mots. Harry se rassit en gémissant.
- J'aurais dû me taire, se lamenta-t-il.
- Non, tu as bien fait de tout avouer. Je te l'ai dit des centaines de fois : Sirius est là pour te protéger. Tu ne pourras jamais l'empêcher d'aller te défendre face à tous ceux qui te font du mal. Fais-lui confiance, Harry. Il ne va rien faire à Severus. Il va juste avoir une discussion... animée avec lui.
Bien que dubitatif, Harry acquiesça, un peu rassuré quand-même par les paroles de Remus. Une question lui vint soudain à l'esprit.
- Comment sais-tu que c'est le professeur Snape que Sirius va aller voir ?
Remus parut un peu gêné.
- Eh bien... parce que c'est le directeur de maison de Draco.
Harry fronça les sourcils en repensant à ce qu'avait dit Sirius juste avant de partir.
- C'est vraiment aux directeurs de maison de s'occuper de l'éducation de leurs élèves ?
- Je pense que Sirius s'est juste mal exprimé. Quoi qu'il en soit, il a raison d'aller voir Severus. C'est lui qui devra avoir une discussion avec Draco. Il va sûrement lui faire la morale et lui demander de te présenter des excuses qui se feront devant Severus, toi et moi.
- Je ne veux pas voir Malfoy, Remus.
- Je me doute bien mais il devra quand-même s'excuser devant toi. On ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé. Lancer des insultes homophobes à quelqu'un, c'est grave. On ne peut pas accepter ça, surtout au sein d'une école où on est censé vous apprendre le respect et la tolérance. Dis-toi que je serai là, si ça peut t'apaiser. Tu ne seras pas tout seul.
Harry hocha de nouveau la tête. Cela le rassurait, effectivement.
- En tout cas tu as bien fait de venir nous voir. Je sais que tu ne voulais pas nous parler de tout ça à la base mais inconsciemment, tu savais que tu devais le faire. Tu n'es pas venu ici par hasard alors que ce n'était pas prévu qu'on se voit aujourd'hui.
- Je crois que tu as raison, admit Harry. Je ne sais pas vraiment pourquoi je me suis rendu ici. C'était instinctif. Mais ça m'a fait du bien de vous parler de tout ça. D'ailleurs, pour en revenir à Malfoy, même s'il s'excuse, je ne vais pas pouvoir lui pardonner. Il m'a trop blessé.
- Tu réagis à chaud, Harry. Je vous observe depuis la rentrée et j'ai bien vu qu'il avait changé. C'est pour ça que ça m'a étonné qu'il ait eu un comportement homophobe envers toi. Il a pourtant été exemplaire lorsqu'un de ses amis a subi une agression homophobe. Il avait vraiment l'air d'être scandalisé. Je ne crois pas qu'il pouvait jouer la comédie à ce point. Je ne veux pas le défendre, loin de là, mais je pense qu'il y a un contexte qui est responsable de son dérapage. En temps normal il ne t'aurait pas insulté de la sorte. Mieux vaut que tu attendes avant de le juger. Ça ne doit pas être facile pour lui, en ce moment. Depuis une semaine, il ne se passe pas un jour sans qu'un article ne paraisse dans la Gazette au sujet de la traque de son père. Ça doit le perturber. Il n'avait pas l'air vraiment concentré lors du match. Lui aussi semblait fatigué.
- C'est ce que m'a dit Adrian, murmura Harry.
- Il y a fort à parier que ça a joué dans sa réaction. Ça ne l'excuse pas pour autant, mais disons qu'il a des circonstances atténuantes dont il faut tenir compte.
- Je comprends, affirma Harry. Je crois que j'ai besoin d'y réfléchir calmement.
- Bien, cessons de parler de ça pour le moment, dans ce cas, dit Remus en souriant. Veux-tu une autre tasse de thé ?
- Je veux bien, oui.
Remus prit sa tasse et celle de Harry et quitta le salon. Harry repensa à ce que son professeur et directeur de maison venait de lui dire. Au fond de lui, il savait qu'il ne voulait pas rester fâché avec Malfoy. Il aimait la relation qu'ils avaient réussi à construire et il avait même envie qu'elle devienne plus amicale. Mais ce qu'avait dit Malfoy l'avait vraiment blessé. Il était trop peiné et en colère pour le moment mais peut-être que le lendemain, il se serait calmé et qu'il accepterait facilement les excuses de Malfoy s'il les lui présentait ? Il n'en avait aucune certitude mais il avait envie d'y croire. Après tout, peut-être Remus avait-il raison. Peut-être Malfoy n'avait-il pas voulu lui faire de la peine. Peut-être était-il perturbé par les articles incessants de la Gazette sur son père et qu'il était à bout de nerfs. Peut-être Harry avait-il simplement été une victime collatérale de tout ça. Toutes ces suppositions se bousculèrent dans l'esprit de Harry qui ne savait plus quoi penser. Heureusement, le bruit des pas de Remus qui revenait avec le thé l'empêcha de se poser davantage de questions. Il avait clairement besoin de penser à autre chose et il savait que Remus était la meilleure personne pour l'y aider.
.
.
Vingt minutes plus tôt, POV Draco
.
Draco regrettait amèrement ce qu'il venait de dire. Il voyait la peine et la douleur dans les yeux émeraudes de son binôme. Il voulut s'excuser, dire qu'il n'avait pas réfléchi avant de parler, qu'il ne pensait pas ce qu'il avait dit mais Potter ne lui en laissa pas l'occasion. Il quitta la salle commune sans faire attention à Pucey qui l'appelait. Ce dernier se tourna vers Draco, le visage dur :
- Je peux savoir ce qui t'a pris de lui dire ça ?!
- Je... je ne sais pas, bafouilla Draco, je... je ne voulais pas lui dire ça...
- Ah oui ? Eh bien excuse-moi mais ce n'était pas flagrant ! cracha Pucey. Tu t'es conduit comme le pire des homophobes ! Tu me dégoûtes, Malfoy ! Je n'aurais jamais pensé ça de toi ! Ne t'avise pas de t'approcher de Harry après ce que tu viens de lui dire ! Ou tu auras à faire à moi !
Pucey s'en alla sur ces mots. Draco se sentit encore plus mal qu'avant. Mais ce n'était rien comparé à ce qu'il ressentit lorsque ses yeux croisèrent ceux de Théo. Son regard était empli de peine, de rancoeur et de déception. Draco réalisa alors qu'en ayant insulté son binôme, il avait aussi insulté Théo. Il s'en voulut énormément à cette pensée. Il ignorait ce qu'il devait faire jusqu'à ce que Théo tourne les talons et prenne la direction de leur dortoir d'un pas raide et rapide. Là, il sut qu'il devait le suivre. Il devait s'expliquer et s'excuser auprès de lui. Quitte à lui dire ce qu'il lui cachait depuis le début de la semaine. Il avait sûrement perdu son binôme, il ne voulait pas en plus perdre Théo. Il se lança donc à sa suite et le rejoignit dans leur dortoir. Théo venait à peine d'y entrer lorsque Draco arriva.
- Théo, attends, je veux te parler...
- Non, Draco. Je ne veux pas t'entendre. Tu ne m'as pas cité mais je fais pourtant partie des «sales gay» qui te répugnent tant.
Le coeur de Draco se serra à l'entente de ces mots. Jamais Théo ne lui avait parlé comme ça. Là, c'était sûr, Draco l'avait vraiment blessé.
- Je n'ai jamais voulu dire ça, plaida-t-il. Je n'ai absolument rien contre les personnes gay, c'est sorti tout seul, je te jure que je n'ai pas pensé ce que j'ai dit. Théo, s'il te plaît, crois-moi...
Théo ne répondit pas et se dirigea vers ses rideaux derrière lesquels il disparut. Draco n'eut pas la force, ni le courage d'insister. Le coeur en miettes, il rejoignit son propre lit. Il s'y allongea, enfouit son visage dans l'oreiller et laissa libre cours à son chagrin. Il n'essaya pas de retenir les larmes qui coulèrent abondamment sur ses joues et qui trempèrent vite son oreiller. Il se mit à sangloter, puis à pleurer franchement, dévasté par la peine qui le rongeait au plus profond de son être. Il avait perdu deux personnes à cause de sa bêtise et il pensait que rien ne pourrait rattraper cela. Mais il ne pleurait pas uniquement pour ça. Il pleurait de fatigue et de lassitude. Ce qui venait de se passer était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Il pensait sérieusement à aller se jeter dans le Lac Noir lorsqu'il crut entendre une voix timide l'appeler. Sachant qu'il n'y avait que Théo et lui puisqu'il n'avait pas entendu la porte du dortoir s'ouvrir, il se dit qu'il avait rêvé. Mais la voix l'appela de nouveau, un peu plus fort cette fois-ci. Draco se figea. C'était la voix de Théo. Non, ce n'était pas possible, Théo était sur son lit en train de le maudire sur dix générations. Super, donc en plus d'être un sombre crétin, il avait des hallucinations, maintenant. Du moins, c'était ce qu'il croyait jusqu'à ce qu'il sente un poids – certes, léger, mais un poids quand-même – à côté de lui. Il consentit à tourner la tête et tomba sur le regard empli de tristesse et de culpabilité de Théo.
- Je suis désolé, je ne voulais pas te faire de la peine, murmura celui-ci.
Draco le regarda, surpris. C'était à lui dire de ça, pas à Théo. Enfin, Théo lui avait fait de la peine, oui, mais c'était de la faute de Draco, à la base...
- Ce n'est pas à toi de t'excuser, dit-il. C'est moi, j'ai été stupide, j'ai dit n'importe quoi et... j'ai tout foutu en l'air. Aussi bien avec toi qu'avec Potter et avec toute la communauté gay de l'école, aussi minoritaire soit-elle. Mais je ne pensais vraiment pas ce que j'ai dit. Je sais que c'est facile comme excuse mais c'est la vérité. Je suis vraiment désolé. Je n'ai vraiment rien contre les personnes gay, je te le promets.
- Je te crois, dit doucement Théo. Mais il va falloir que tu me dises tout, Draco. Je pense avoir compris ce qui s'est réellement passé mais je veux que tu me le dises de toi-même. Après je sais que c'est dur de se lancer alors je peux te poser une question qui nous fera entrer dans le vif du sujet.
Le coeur de Draco se mit à battre plus vite. Il sentait que cette question allait tout changer. Mais ils devaient tout mettre à plat alors il acquiesça, la gorge serrée. Il soutint tant bien que mal le regard de Théo lorsque celui-ci le regarda droit dans les yeux.
- Est-ce que tu es gay ?
La question percuta Draco de plein fouet. Théo ne lui laissait aucune échappatoire. Draco pouvait très bien lui mentir mais il savait qu'il ne devait pas le faire. Mais il ne pouvait pas lui fournir une réponse sûre puisque c'était exactement cette question qu'il se posait et qui le tourmentait depuis le début de la semaine. C'était elle qui semait le doute dans son esprit, c'était à cause d'elle qu'il se sentait perdu et c'était à cause d'elle qu'il avait réagi ainsi envers Potter.
- Je ne sais pas, avoua-t-il, la voix tremblante. Je... je crois que oui mais... je n'en sais rien, je... je suis perdu, je ne sais plus quoi penser...
Théo dut sentir la détresse de Draco car il se rapprocha de lui et le prit dans ses bras. Normalement, c'était Pansy qui distribuait les câlins pour réconforter ses amis mais elle n'était pas là et Théo faisait un très bon substitut. Draco se laissa aller, détendant ses muscles pour la première fois depuis ce qui lui semblait être une éternité. Il avait enfin quelqu'un à qui se confier. Il ne savait pas pourquoi il n'avait pas parlé plus tôt à Théo de ses doutes qui lui torturaient l'esprit. Mais c'était sûrement parce qu'il n'était tout simplement pas prêt. Jusque-là, il n'avait pas voulu admettre qu'il était peut-être gay. Il s'entêtait à se dire qu'il était hétéro, que ce qu'il avait ressenti durant les baisers qu'il avait échangés avec Graham ne voulaient rien dire, qu'il n'était absolument pas attiré par les garçons... Mais il ne pouvait plus se mentir à lui-même. Il se décala de Théo et le fixa d'un air grave.
- Je suis gay. Enfin... je crois.
- Comment as-tu commencé à avoir des doutes ? demanda doucement Théo.
Draco n'hésita pas et se décida à tout lui dire. Il lui raconta tout ce qui s'était passé avec Graham, sans rien omettre et en insistant sur ce qu'il avait ressenti et sur la façon dont il avait réagi. Théo l'écouta attentivement sans avoir l'air de le juger une seule seconde.
- Je vois. Pour moi ça ne fait pas de doutes. C'est normal que tu n'aies pas voulu l'admettre, tu sais. Tu n'as toujours parlé que de filles avec Blaise. Il ne t'est jamais venu à l'esprit que tu pouvais être gay car tu n'avais aucune raison de le penser. Tu t'es persuadé que tu étais hétéro sans même t'en rendre compte. Je pense même que tu voulais être hétéro. Tu voulais être comme la plupart des gens. Tu ne voulais pas faire parler de toi sur un sujet aussi sensible en te démarquant de la grande majorité de la population. Mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Le destin nous joue parfois de vilains tours. La vie ne respecte pas toujours nos souhaits. Mais ce n'est pas une tare d'être gay. Tu n'es pas obligé de l'assumer devant tout le monde pour le moment. Tu peux garder ça pour toi. Mais je pense que tu dois au moins la vérité à Harry. Il faut qu'il comprenne pourquoi tu as réagi comme ça. Parce que j'imagine que c'est à cause de ça que tu l'as repoussé ?
- Oui, tout s'est mélangé dans ma tête, soupira Draco. Il venait de me parler de Graham, il me disait qu'il nous avait vus discuter près des vestiaires après le match, à un moment il y a eu un quiproquo, je pensais qu'il allait me dire qu'il avait cru que Graham allait m'embrasser alors qu'il voulait me dire qu'il avait cru que Graham allait m'attraper par le col de mon haut... J'ai donc bêtement cru qu'il avait des doutes sur mon orientation alors quand il s'est approché de moi d'un coup j'ai paniqué, je l'ai repoussé et je lui ai dit toutes ces horribles choses. J'ai voulu me persuader moi-même de ce que je lui disais. Et je l'ai regretté aussitôt. Je ne voulais pas le blesser. Ni te blesser toi. Je sais que je te l'ai déjà dit mais je suis vraiment, vraiment désolé.
- Je sais, et je ne t'en veux plus, dit Théo en souriant. Tu as juste craqué, ça arrive à tout le monde, surtout quand on a l'esprit aussi torturé que le tien. Mais il faut vraiment que tu t'expliques avec Harry. Que tu lui dises tout ce que tu viens de me dire.
- Je le ferai, promit Draco. Mais il faut qu'il accepte de me parler.
- Essaie et s'il ne veut pas, je verrai ce que je peux faire, assura Théo. Le but c'est vraiment qu'il accepte de t'écouter. Quand tu lui auras tout dit, je suis sûr qu'il comprendra et qu'il ne t'en voudra plus.
- Merci, dit Draco, touché. Mais sinon... toi, ça... ça ne te dérange pas ? Je veux dire... que je sois gay ?
- Je suis un peu surpris, je te l'avoue. Je vais peut-être avoir besoin d'un peu de temps pour me faire à l'idée parce que j'étais totalement persuadé moi aussi que tu étais hétéro. J'avais pourtant pensé à l'hypothèse que tu sois en réalité gay quand tu as commencé à être jaloux de l'attention que Graham me portait, mais je l'ai très vite écartée. Mais à part ça, non, ça ne me dérange pas du tout. Sinon je ne t'aurais pas pris dans mes bras, espèce d'idiot.
- Idiot toi-même.
Théo secoua la tête, amusé.
- Bon, ça te dirait qu'on aille dîner ?
Ce ne fut qu'en entendant cette question que Draco se rendit compte qu'il avait faim, ce qui ne lui était pas arrivé depuis un moment, trop perturbé par ses pensées qui assaillaient son esprit.
- Avec grand plaisir ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu faim.
- Ça, c'est parce que tu as le coeur et l'esprit un peu plus léger. Se confier, ça aide vraiment à se sentir mieux.
- C'est ce que je constate. D'ailleurs j'ai tellement faim qu'on ferait mieux d'y aller tout de suite si tu ne veux pas que ce soit toi, mon repas.
- Tu peux toujours essayer, je me défendrai, rétorqua Théo. De toute façon je sais que tu ne mettras pas ta menace à exécution. Tu as trop besoin de moi et de mon oreille attentive.
- Tu n'es qu'un vil Serpentard, Théo.
- Heureux que tu t'en sois enfin aperçu.
Un «pffff» tint guise de réponse à Théo alors que les deux garçons sortaient du dortoir. Tout en se dirigeant vers la Grande Salle, Draco se rendit compte qu'il se sentait réellement mieux. Il était plus que soulagé que Théo lui ait pardonné et qu'il ait pu se confier à lui. À présent, il ne lui restait plus qu'à espérer que Potter soit tout aussi compréhensif et qu'il lui accorde lui aussi son pardon. Mais ça, Draco savait que ça risquait d'être bien plus compliqué...
.
.
Voilà pour aujourd'hui ! Draco a fait une belle boulette, il va devoir ramer pour se faire pardonner ! Je vous dis à vendredi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Assumer». Bisous tout le monde ! =)
